SIA
STA
époques et les régions; tantôt ce sont de longues voûtes parallèles au grand axe de l’édifice, tantôt c’est une suite de petites voûtes perpendiculaires à cet axe et fermant comme à Perge 1 des chambres s’ouvrant sur l’extérieur et qu’on a pu louer à des boutiquiers. Les gradins sont rarement en nombre égal sur les deux côtés longs du stade. On n'observe de symétrie que dans les édifices asiatiques construits en terrain plat comme à Magnésie du Méandre Aizanis, Perge, etc. Partout ailleurs, il y a une différence d’autant plus grande que l’un des côtés repose sur une pente plus rapide. A Delphes, on trouve six rangs sur le côté sud et douze sur le côté nord 3; à Épidaure, il semble qu’il y ait eu une trentaine de gradins sur le côté nord et une douzaine seulement sur le flanc sud, le plus rapproché du torrent qui coule au fond de la vallée sacrée. Ce manque de symétrie empêche souvent de se rendre compte du nombre des spectateurs que pouvait contenir un stade : on estime que celui d’Éphèse contenait 76 000 personnes4; celui d’Athènes5 47 000 ou 60000: d’OIympie6 45000; de Delphes1 7000.
6° Les portiques que l'on devait construire, d’après Vilruve8, pour préserver les spectateurs de la pluie, ne nous sont guère connus. On cite celui de Tralles 0 comme exemple ; Blouet a donné une restauration de celui de Messène 10, dont le plan rectangulaire encadre la courbe surhaussée que dessine la cavea.
7° La piste qui s’allonge entre les talus et qui formait le dromos est toujours droite etoblongue. Elle n’est rectangulaire que dans le stade d’Épidaure 11 . A Olympie, elle ne l’est pas. On voit nettement dans la partie ouest déblayée par les Allemands, que les deux côtés longs obliquent en dehors12. L’écartement progressif bien qu’insensible 13 fait soupçonner un plan hexagonal ou mieux octogonal, cette forme-ci répondant mieux à la courbe que dessine chacun des grands côtés dans les stades pythique14 et panathénaïque 16. Les limites de la piste sont toujours nettement fixées; à Olympie, par un « petit seuil de pierres il!; » à Delphes, par un « socle élevé, xprjTTi; ou podium 11 ; » à Athènes18 par un mur de marbre qui « avait une hauteur constante de 1 m. 66. » En dedans de cette barrière, et parallèlement, on trouve d’ordinaire une rigole entaillée dans la pierre, faisant le tour de la piste et communiquant avec des cuvettes rec¬
tangulaires placées à égale distance les unes des autres On ignore le nom et l’usage de cette canalisation qui est peut-être le prototype de YEuripe20 des arènes romaines. Le champ de la course du stade est marqué par deux raies blanches formées de dalles plates « plantées dans le sol comme des pavés’21 » et barrant presque la piste à ses deux extrémités. Ces dalles portent sur leur face libre une suite de deux sillons parallèles incisés en biseau et séparés des suivants par une surface unie au centre de laquelle est un trou carré pouvant recevoir un piquet. Tout concurrent se plaçait entre deux piquets et emboîtait chacun de sespieds dans les entailles des lignes parallèles. A Olympie, il y avait vingt postes de coureurs22; à Delphes, dix-sept ou dix-huit23; à Épidaure, onze24; à Sicyone, Beulé les décrit sans les compter25. Ces deux raies blanches sont appelées ypa|j.gvî 26, par les auteurs du ve siècle 21 et le mot désigne aussi bien celle du but28 que celle du départ29 ; celle-ci, dans Aristophane, est plus spécialement nommée ftaÀêiç 30 par les Athéniens et û(77cÀaytç31, par le héraut Spartiate ; les grammairiens de l’empire et les archéologues préfèrent les expressions
â'psdu;32, xspga33, x-xu.7tTT|peç 3 *.
La distance entre ces deux raies blanches varie en raison de la longueur du pied employé; elle est de 192 m. 27 à Olympie36 ; 181 m. 08 àÉpidaure36 ; 177 m. 5b à Delphes37; on estime qu’elle devrait être de 177 m. 60 à Athènes38. Ces quantités représentent la longueur du stade local de 600 pieds ou 6 pléthres; les pléthres sont marqués, à Epidaure, par des colonneltes de tuf et les demi-pléthres par les cuvettes du canal bordant la pisLe39. M. Homolle a remarqué qu’à Delphes, les escaliers sont également placés « de demi-pléthre en demipléthre 40 » par rapport au champ même de la course'1.
8° Affectation des stades. Ces monuments servaient pour la course du stade qui durait de seize a vingt secondes, le diaule 42, le doliçhos, la course armée [cuKsus] et les courses de jeunes filles [uehaia, v. p. 77 j, la lutte [lucta], le pugilat et le pancrace [pugilatus], le pentathle [quinquertium], et, parfois, la danse43. Avant chaque concours, on mettait en adjudication les travaux d’aménagement et de nettoyage, vàv èxxaOapaiv dit une inscription de Delphes44. On retournait la terre de la piste, et on l’aplanissait, sxâ<|/tv, t>p.âXtÇtv46 [skapbeionJ,
1 F. Trémaux. Explor. arch. en As. Afin. pl. Perge iv, plan du stade et coupe de la sphentloné; pl. n, vue pliotogr. de l'ensemble ; cf. Lanckoronski, (J. c. p. Cl. — - 01. Ilayel et Alb. Thomas, Milet et le golfe Lat m. (1877), I, p. 131 : « ... le stade ménagé dans un petit vallon ». La préciuction infér. avait 12 degrés, la supérieure 13. — 3 Homolle, O. c. p. 606. — * Edw. Falkener, O. c. p. 106} Aug. de Forbin, Voy. dans le Levant (1310), p. 58 : « Le stade devait, ce nrc semble, coulenir trois fois plus de speclaleurs (pie le Cotisée de Home». — 3 Polilis, O. c. p. 38. — G (j. Fougères, O. c. p. 348. — 7 Homolle, O. c. p. 600.
— 8 V, 9. — 0 1b. Trallibus portions ex utraque parte scenae supra stadium. 01. Bayet ( O . c. p. 50) dit que : « il ne reste plus quedes subslruclions grossières » de ce stade. — 10 O. c. I, pl. xxv. — O Kavvadias, O. c. p. 96. La largeur est au milieu, comme aux extrémités, de 23 m. 05. — 12 Ce détail est très nettement rendu sur le plau de M. K. Borrmann ( Baudenkm . von Olymp. (1892) 1 pl. xi.vit, 4.). — 13 La différence paraît être de 90 centimètres, sur une longueur de 12 mètres. — 14 Homolle, O. c. p. 603 : « la largeur est aux deux extrémités O. et E. de 25 m. 25 et 25 m. Go; au milieu de 28 m. 50. C’est une courbe voulue et calculée comme Ventasis des colonnes, comme la flexion des lignes horizontales des édifices. » — ,5 Politis, O. c. p. 37. » La différence de largeur est de 1 m. 18. » C’est la différence qu'on aurait à Olympie si l'on admet que chaque côté long était formé de trois droites égales doul les deux extrêmes auraient l’obliquité qu'indique le plan de M. Borrmann.
— 16 Laloux et Monceaux, O. c. p. 145. Il devait être plus élevé au v° siècle, puisque pour le franchir, Phéréniké laissa voir quelle était la mère de Peisirodos ; Paus. V, 6, 7 ; cf. Olympia, p. 180. — 17 Homolle, O. c. p GOG et fi g. 3. — 18 Politis, O.c. p. 37. — m Pour Olympie, cf. Baudenkm. I. pl. xt.vn ; pour Epidaure, Kavvadias, O. c. p. 106. L’intervalle moyen entre deux cuvcltes est de 30 m. 50.
— 20 Gic. De leg. V, 2, 1 ; Suet. Caes. 39; Hcsxch. s. v. Kipîicitouç ’Ao^âç jSatuiv.
— 21 Homolle, O. c. p. 004. — 22 Laloux el Monceaux, O. c. p. 104 ; cl. Baudenkm. pl. 1, xi.vn, 3. - 23 Homolle, U. c. p. 604. - 24 Kavvadias O. c. fig. p. 1 12 et les 2 phologr. p. 104. Le nombre des postes fut
•«luit a
quatre quand on eut placé les cinq colonnes en pierre et les deux cuvctlcs
— 26 0. c. p. 339. — 2(i Loi lux, 111, 147. — 27 Kavvadias, O. c. p. III 11 ■ 1
— 2» Pind. Pyth. IX : iv tipimxiiiv &ï5v°; du vers 200 est la périphrase de
ïoiniiâ du vers 208. D'où la métaphore d'Euripide ( Anliy . fr. 13; Electr. 'J"i, imitée par Horace : Alors, ultima linea rerum est (Epist. I, tu, i5)- — 1
topli. Ach. 483.— 30 Equit. 1159; cf. Schol. yraec. in Aristoph. ed. Didol p. 72, 31 Lysistr. 1000 ; semble désigner l'action de quitter la hgm
plutôt que la ligne meme nommée par Pollux (/. c.) et en ‘*'MK
ûraXag. — 32 pollux, l. c. ; cf. hippodiiomos. — 33 11. XXIII, 300, 3-3.
Odyss. VIII, 193; Pollux, III, 30, 147. — 34 Collin- 186, 26. Ce mot désigne les deux extrémités, le retrouve cependant à propos du -tade pylliiquc une inscr. citée par M. Homolle, O. c. p. 614. — SS Laloux et Monceaux, O. Cp. 145. — 30 Kavvadias, p. 109. — 37 Homolle (O. c. p. 615) explique pourque ce nombre est préférable aux 17S m. 35 relevés par M. Couvert. 38 | oliln- ^ p. 44. G. Fougères donne le nombre 178 m. ( Athèn . et ses environs, 190ti, f ^
39 Kavvadias, p. 108. — 40 Homolle, O. c. p. 608. — n Ad
Electr. 691. Aucune decouverte 11a permis de vérifier l'assertion d un sc 10 ia-^ qui prélend qu'une borne portant l’inscription emùSc se trouvail à mi-distance^ départ et du but marqués également par deux autres bornes ; la première avec t àptffTïue ; la dernière, avec xà|*4ov. — 42 Kavvadias (p. 1 13, n. 1) ci oit q"e * ^
course 011 p n-la.it du terme et on y revenait après être passé par I a|ihe»is- —
Ion, 497. — 44 Homolle, O. r. p. 0 î 4. — '*■> Ib.
358, 402, 465. 757 l. c.; Etym. magn. p.
tournants de la spina ; on
STA