‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 125 sur 137 · IX · texte numérisé non relu

IX

Il existe toute une série de statères d’argent ou didraclmies de poids attique aux types corinthiens, frappés pendant le cours du siècle qui précéda Alexandre, dans

diverses parties des contrées helléniques. On y voit les noms, les monogrammes ou les symboles accessoires d’Aclium, d’Alyzia d’Acarnanie, d’Ambracie, d’Argos Amphilochique, d’Anactorium d’Acarnanie (fig. (1578), de Corcyre, de Dyrrhacliium, de Leucade, des Locriens, de Naupacte, de Syracuse, de Tauromenium de Sicile, deThyreum d’Acarnanie, d’Agrigenle, des Léontins de Sicile, et d’autres cités encore. Eckhel2 et Cousinéry 3 ont supposé que ces pièces désignaient les villes où elles ont été frappées comme des colonies de Corinthe. Raoul Rochelle4 a pensé quelles avaient plutôt dû être émises à l’occasion de l'expédition de Timoléon pour la délivrance de Syracuse par les divers peuples qui y prenaient part sous la suprématie de Corinthe B.

Les statères ou didrachmes de

t’i". 6570, — Didrachme de Cuossos en Crête. Corinthe, à Causé

du Pégase qui

leur servait de type, avaient reçu le nom populaire de poulains, irwXot0; c’est à ce nom que faisait allusion

1 riiucyd. I, 27 ; Curji. ins. gr. n° 1 845. — 2 Doctr. num. t. Il, p. 243-255. - 1 Monnaies de la ligue a chienne et des colonies de Corinthe, p. 1 07 sq.

Ann. Ue / Inst, arcli. I. I, p. 330 sq. — 6 [ Brit . Mus. Cotai. Corinth. < atonies of Corinth, introd. p. 48J. — G Poltux, IX, 76. — 7 IX, 75. — 3 Uomolle, Bul1- Cürr- hell. I. VI. p. 132. —9 Uomolle, toc. cit. p. 131. — 10 [Brit. Mus. ,atal. lonia, pl. îx, fig. 8) Babelon, Traité, 2" part. Descr. hist. I. II, P. 1 099J. — H Homolle, toc. cit. p. 132. — 12 [Brit. Mus. Catal. loniu, pi. ix,

Euripide, dans les vers de son drame satyrique de Sur on sur les courtisanes de Corinthe, que cite l’ollux .

[cretici STATERES (KsT)Tixot (TTrrqpe;). Espèce mentionne! dans les comptes Déliens8 ; il s’agit des didrachmes d'argent de poids éginélique qu’ont émis la plupart des villes de la Crète (fig. 6579), du vc au 111e siècle avant notre ère. |

CROESEI STATERES (Kpoceretot Grarrqpe;) [CROESEIDES].

CYZ1CENI STATERES [CYZICENl],

Ei’iiESii stateres ( ’E&Écioi ' GTaTŸ|pe;). — Cette espece qui figure dans l’énumération des comptes des hiéiopt s sacrés à Délos, en 279’, désigne probablement les télradrachm.es de poids rhodien(15gr.28), si abondants, qu’Ephèse fit frapper de 390 à 295, aux types de l’abeille et d’une protomé de cerf 111 Fig. OSSO — Télradrachmo d'Épbèsc.

(fig. 6580). Cependant, comme ces pièces sont qualifiées tetradrachmes (texpaSpoty gov ’Ecpétrit/v) dans les mêmes inventaires 1 ', on a pensé qu’il s’agit plutôt, dans l’expression ’Kfémoi, des rares tridrachmes d’argent, de poids rhodien (11 gr. 46), qu’Ephèse frappa de 394 à 387, aux types <le l’abeille et d’IIéraclès enfant étouffant les serpents "■

LAMPSACENI STATERES (Xpuaoü Aapijixxqvot). —

Cette monnaie est mentionnée dans divers textes épigraphiques, notamment dans un compte de recettes publiques athénien, datant de l’an 3 de la lxxxvC Olympiade 1 Les statères d’or de Lampsaque sont bien connus des numismates. Ils portent au droit une tête qui varie, ou bien un sujet tel que Hercule enfant et les serpents14, ou Thétis apportant les armes d’Achille13, et constamment au revers, dans un carré dessiné par quatre traits, le demi-

1, de Lampsaque.

hippocampe aile qui etail I em-

blême monétaire invariable delacité mysienne (fig. 6581). Tous ceux que l’on connaît jusqu’à présent sont du même style et paraissent avoir été frappés pendant un espace de temps assez restreint, de la fin du ve au milieu du ive siècle avant notre ère. Les statères de Lampsaque sont donc exactement contemporains des cyzicènes [cyziceni], mais ils en diffèrent entièrement par leur poids et la nature de leur métal. Ils sont d’or pur et pèsent de 8 gr. 36, à 8gr. 49 1G. Ainsi c’est sur ladarique d’or [üaricus] et le stalère attique, non sur le cyzicène d’electrum, que ces pièces sont modelées11.

[PIULIPPEI STATERES (<ï>; Ab:7re[0i uxaTTjpsç, y puacii «biAbcTreiot,

Philippei, P/tilippi.) Sous cette appellation il faut comprendre généralement les célèbres statères d’or de Philippe de Macédoine, le père d’Alexandre, qui ont pour types la tête d’Apollon et le bige(fig.6582), rappelant les victoires de Philippe aux jeux Olympiques. Ces pièces qui ont le poids attique un peu affaibli, de 8 gr. 60, sont

(ig. G; E. Babelon, Traité , 2e pari. t. II, loc. cit J. — 13 Bhangabé, n° 114; \C. i. Alt. nos 301 à 311: C. i. Gr. Sept. u° 241b el 2425]. — l^Seslini, Staleri antichi, pl. iv, n°‘ 3-0 el pl. vi, u° 10 ; [E. Babelon, Traité , ir pari. t. Il, pl. ci.xxi el clxxh, où Ions les slalèrcs connus de Lampsaque sonl reproduits]. — lù Scslini, pl. vi, no 13. — 16 Mommsen, Rœm. Münzwes. p. 10. — 17 p. Lcnormaut, Rev. num. 18G8, p. 423 sq. ; [E. Babelon, Traité , lro part. t. I, p. 490 ; 2° pari. t. II, p. 13GG

Fig. 0581. — Stalère d'or

STÀ

STA

Fig. 6582. — Slalère d’or de Philippe.

Fig. G5S3. — Slalère d’or de Philippe Arrhidée.

souvent mentiounées par les auteurs et les textes épigraphiques*. Ou sait que les Gaulois les imitèrent et frappèrent, jusque chez les Arvernes, des philippes et des doubles philippes d’or 2. Mais après Alexandre, les

deux rois Philippe IV Arrhidée et Philippe V ont frappé à leurs noms des slalères d’or (fig. 6583), aussi de poids attique (8 gr. 60) comme les stalères d’Alexandre, auxquels s’applique également le nom de CTTaTŸipsç quÀbnreioi3. La popularité de ces monnaies chez les Romains après la conquête de la Macédoine fait que par extension, à Rome, on donnait le nom de philippi à toutes les monnaies d’or. Ce nom fut

remis en honneur à partir du règne des deux empereurs appelés Philippe. Dans un rescrit de l’empereur Valérien au procuraLeur de Syrie, citée par Trebellius Pollion, on lit: dabis Claudio philippeosnostri millus annuos centum quinquayinta 4. Le nom de philippi a même fini, au me siècle, par désigner abusivement les monnaies de tout métal: Vopiscus cite des argenlei philippei minutuli et des aerei philippei'’ .

PHOCAÏCI STATERES (4>ü)xatxoi CTQtT'/jpeç, <7TarŸ)psç «.oixaixat, cpcoxalosç). Ce terme désigne les monnaies d’éleclrum de Phocée, frappées depuis le vie siècle jusqu’à l’époque d’Alexandre le Grand. Ces pièces eurent une vogue immense aux v“ et ive siècles, et longtemps encore après

qu’elles eurent cessé d’être frappées. Thucydide parle d’une somme de deux mille (7xax7|paç cpwxairaç e, et Démosthène les mentionne également 7. Les inventaires du trésor du Parthénon, à 407, les comptes des hiéropes du temple d’Apollon à Délos, encore vers 280, attestent que cette espèce de monnaie figurait abondamment parmi les ofiTandes des fidèles8. La division appelée proprement slalère du poids normal de 15 gr. 90, est très rare, mais l’hecté pesant 2 gr. 65 est au contraire fort répandue et commune dans les médailliers. Les types en sont extrêmement variés, mais ils sont tous accostés d’un symbole, le phoque , emblème parlant de l’atelier de Phocée (fig. 6584).

de 434

On a aussi, dans l'antiquité, étendu l’appellation de pku caïdesaux hectés d’électrum(fig. 6585) frappées A M y tilène de Lesbos; vers la fin du vc siècle, en effet, un traité dont la teneur nous a été conservée, fut conclu entre Phocée eL Mytilène pour la frappe en commun, dans les deux ateliers, de ces hectés d’électrum de même poids et de même titre9. Les types de celles de Mytilène sont aussi très variés, mais elles ont en symbole un petit coq, à la place du phoque. Dans les comptes sacrés de Délos, les ph0caïdes étant en éleclrum sont naturellement groupés avec le ypuorov Xeuxov 10 ; leur métal les fait ranger, par les auteurs des bas temps, parmi les monnaies de mauvais aloi 1 1 .]

puocici stateres (<i>ü>xcxoi axax-ïipeç). — Tel est le nom d’une monnaie que mentionne, parmi d’autres, une inscription athénienne contemporaine de la guerre du Péloponèse12. Les statères dont il est ici question doivent être des pièces d’argent comme ceux de la Béotie et de Chalcis que mentionne la même inscription. Les monnaies d’argent de la Phocide, qui débutent dès le milieu du vi° siècle, ont pour type une tète de bœuf vue de face, et au revers une Lê Le d’Artémis, biles appartiennent au système éginétique. Parmi celles que l’on a jusqu’ici pesées, les plus forles sont (fig. 6586) des trioboles (3 gr. 10) 1 3 . Mais Sestini en a publié une de plus grand module14, dont malheureusement il n’a pas donné le poids, et rien ne s'oppose à ce que l’on pense qu’il en a existé de la valeur de deux drachmes que l’on aurait appelées statères , car jamais ce nom n’a été appliqué à des pièces d’argent inférieures au didrachme 1S.

F. Lenormant. [F. Babelon.]

STATIîRA [lirha, p. 1225].

STATIO, STATION A Itl US. — Le mot stalio désigne le local et les employés d’un service administratif, surtout fiscal, d’une station postale [cursus publicus, p. 1655; ratio, p. 812] *.

C’est aussi le nom du local où se réunissaient à Rome, sous l’Empire, les députés des xvilles 2, ou les groupes d’étrangers, surtout d’Orientaux3.

Au point de vue militaire, il désigne un poste, c’est-adire l’endroit et le local aussi bien que la troupe 4, surtout celle qui est préposée à la garde des camps, des portes ", de la tente du chef, aux principia 6, et aussi les déla-

Fig. 0581» — Drachme de Phocide.

Pig. 6585. — Iteclé ou éleclrum de Mytilène.

1 Diod. Sic. XVI, 3; Pollux, iX, 84, dans tlullsch, Metrol. Script. I. I, p. 283 et 294; C. ins. Att. t. IV, n. 834 b, col. Il, 1. 88 el 89; comptes des hiéropes de Délos, Bull. corr. hell. t. VI, 1882, p. 131 ; comptes du temple d’Eleusis, id. t. VIII, 1884, p. 198, etc. — * H. de La Tour, Atlas de monn. gauloises, pt. si, fig. 3614 sq. — 3 Ce sout ces philippes aussi bien que ceux de Philippe, père d'Alexandre, qui sont mentionnés dans Tite-Live, XXXIV, 52; XXXVII, 59; XXXIX, 5 et 7 ; XLIV, 14. Cf. aussi chez les auteurs latins, Plaut. Bud. V, 2, 27; Asin. I, 3, 1 ; Trin. IV, 2, 112; Hor. Epist. Il, I, 233.

— ATrebell. Poil. Claud. 14; cf. Bigest. XXXIV, 2, 27, 4; VII, I, 28. — 6 Vopiscus, Aurel, 9 et 12; Probes, 4. Cf. Mommsen-Blaca», Monn. rom. t. III, p. 08, note 4 cl p. 72, note; F. Lenormant, Rev. num. 1808, p. 238 ; La monn. dans l'Antig. t. I, p. 81; [E. Babelon, Traité, 1" part. I. I, p. 480], — c Thucyd. IV, 52. — 7 Demosth. Contra Uoeot. p 1019, §36.-8 c. ins. Gr. n. 150, § 19 et 22 ; C. ins. Alt. t. 1, n«> 199, 207 ; t. H, n«* 704, 708, 7U9; l. IV, n. 052 b.

— 9 Conze, Lesbos, pl. vi, 1 (fac-similé) ; Fr. Lenormant, Rev. num. 1868, p. 242; [B. llead, Brit. Mus. calai. lonia, iutrod. p. 22 ; Ch. Michel, Recueil d inscr. grecq. p. 4, n» 6], — 10 [Homollc, Bull. corr. hell. I. VI, 1882, p. 132. ]

— 11 Hesych. dans Hultsch, Metrol. Script, t. 1, p. 328. Sur les phocaïdes , Mommscn-Blacas, Monn. rom. t. I, p. 6 ; F. Lenormant, Rev. num. 1868, p. • [B. Ilead. Brit. Mus. Catal. lonia, iutr. p. 20 ; E. Babelon, Traité, lr0 part, t h p. 489 ; surtout, 2* part. t. Il, p. 1195 à 1230 et pi. envi» à clxi], — *2 Rhangabé, Anf.AeIIdn.no 125 ;[C. ins. Alt A. 1, n»207].— 13 V. Vasquez Queipo, labié XXIII, n°s 95-110; [B. llead. Hist. numor. p. 287 ; Brit. Mus. Catal. Central Greeci, pl. ni] — 14 Descriptio numorum veterum, p. 171, u° 20, — 15 h. Lenormant, Revue numismatique, 1868, p. 430 ; [E. Babelon, Traité, lru part. t. I, p. 1 2e part. t. I, p- 982 et pl. xuij.

STATIO, STATION AUI LS. 1 Cod Theod. 8, 5, 65. Il y a des stationarii du portorium en Afrique ( C . Th. 4, 12, 2, 3, 321). — 2 Blin. Hist. nat. lu, 86, I ■ Suet. /Ver. 37. - — 3 V. Turlzewitsch, Orbis in Urbe ; Rie Zentralstàtten Genossenschaften der Landsleute in kaiserlicher Rom, Nie6liin, 1902. ’ 111

Tib. 37; Tac. Ann. 13, 24; 14, 8: Liv. 10, 32 3, 5; 5, 44; Caes. Bel. gai ■ ", 41 ; Bel. civ. 1, 59. - 6 Tac. Ann. I, 25, 28, 32, 35; 11, 13; 13, 35; t*»- Bel. gai. S, 15; 7, 69; Ammiau. 19, 6, 7.-6 Uygin. De munit, cast. 10, 32; Tac. Hist. 1,28.

STA

STA

cheinenls chargés d’un service permanent1. En ce dernier scns lout soldat pourrait s’appeler stationarius ; mais c0 mot a été appliqué essentiellement aux postes de police, tanLde l’État que municipaux.

Statio est aussi le lieu où une flotte est rassemblée

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