‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 126 sur 137 · CLASSIS · texte numérisé non relu

CLASSIS

Contre le brigandage et la piraterie, fléaux endémiques dans le monde romain [latifundia, p. 909, lathocinium, i-iratae], l’Empire a dû établir en beaucoup d’endroits, outre les frumentarii [fhumentarius], des postes de police. A Rome les cohortes urbaines fournissent dus stationarii aux différents quartiers2 [urbanae cohortes]. En Italie, Auguste et Tibère établissent de nombreuses slationes aux endroits favorables3. Ce système a dû être développé par leurs successeurs, surtout par Septiine Sévère4', dans l’Italie 5 et dans les provinces. Les soldats sont fournis par les légions ou par la garde impériale3; les postes sont établis soit dans les grandes villes, Ephèse, Utique1, Nicomédie, Byzance8, soit dans lacampagne, sur les grands domaines impériaux9, dans les districts miniers10, surtout au croisement, à la bifurcation des routes11. Ils sont commandés par des centurions, par des beneficiarii 12, peut-être aussi par des curatores 13, et des curiosin. Ils ont les listes et les signalements des malfaiteurs, poursuivent et arrêtent les brigands, les esclaves fugitifs10. Ils ont une juridiction sommaire16. Ils s’occupent aussi de la poste. En Égypte on les voit recevoir les dénonciations pour pillages, voies de fait, désordre public17. Ils existent encore sous Dioclétien et sous Constantin, qui interdisent aux stationarii de recevoir les plaintes au lieu du gouverneur, d’avoir des prisons, de s’occuper de la levée des impôts18. Mais ils sont remplacés ensuite par d’autres milices, les agentes in rebus , les curiosi , les praefectiani. Le mot stationarius ne désigne plus <1 ue les soldats du garde dans les garnisons et aux frontières 10.

Outre les diogmites, les irénarques, les liménarques et les magistrats spéciaux, assistés d’esclaves publics20 [diogmitae, iuenarcua, limenarcua, magistratus municipales, p. 1543], la police municipale a eu aussi ses slalionarii jusqu’au Bas-Empire; ils sont classés parmi

1 C. ins.lat. 8, 2532. — 2 £)ig. 1, 12, 1 § 12. — 3 Suet. Aug. 32 ; Tib. 37. — 4 Terlull. Apol. 2-3. — & Juv. 3, 300-7 (gardes dans les marais pontiiis) ; C. ins. lat. 4, 3081 (àPompèi) ; Notiz. dei Scavi, 1902, 08 (un soldat de la secundo. Parthica stationarius à Avcia chez les Vesliui). — CA Ephèse (C. ins. lat. 3, 7130) et à Utique (Cagnat, Année épigraph. 1899, n° 1), sans doute par honneur pour les proconsuls d’Asie et d’Afrique. — 7 C. i. I. 3, 7130 ; 433 (légionnaire agens curam carceris). — 3 Plin. Ad Trai. 10, 74, 77-78. — 9 Greufell et Hunt, Oxyrinch. Papyr. n° 02; C. i. I. 8, 14 G03. V. Rostovvzew, Philolog. 04, 1905, 297-307; , von Domaszewski, Hôm. Mitth. 17, 1902, p. 334, note 2, — 10 C. i. I. 2, 5181. — tl Ibid. 3, 3385 ; 10, 312-313 (en 185, en Paunouie) ; 8, 11107 ; Waddiugton, Voy. arch. 2524 (Syrie) ; Gagnai, l. c. 1895, u° 181 (Madcba eu Arabie) : Orelli-Henzen, 1685 ; Ath. Mitth. 1883, p. 77 (Misthia en Cilicie). — 12 plin. Ad Trai. 10, 77-78; Sterrett, Papers, 2,93 (Antioche de Pisidie) ; Grenfell et lluut,

1. c. nos 02, G4, 05; Gr. Urk. Berl. Mus. 522; Waddiugton, l. c. ; C. i. L 3, 14 329; 3, 17 208, 17 634; 8, 17 626, 17 028 ( exacta , expletu statione ); 3, 825 {agens in munere stationis ); 7, 996 ; 13, 2, 1, 0037 ( prima statione)-, 4, 3949, 13,

2, 1, 0137, 6440 ( statione iterata). V. von Domaszewski, Westd. Zeitschr .21, 1902, p. 158-211 ; Waltzing, Mus. Belge , 7, 1903, p. 337-340; Greek Papyr. of. the Brit. Mus. 2, p. 158, 173 ; Nicole, l'apyrus de Genève, n° 17. — 13 Cauer, Eph. epigr. 4, 435, n°8 23-37. — 14 Mol, qui apparaît dans Terlullien (de fuga , 13). — 15 Tertull. L c.\ Dig. 11,4, L§ 2, 4. — IC Gr. Urk. Berl. Mus. 275, 321, 322; Big. 5, 1, 01 § 1 où le latrunculator, le chef de poste, ne peut pas juger en matière pécuniaire. Voir Mitleis, Hernies , 30, 50. — 17 C. Th. 8, 5, 1. — 18 C. Just. 9, 2, 8 (Dioclétien et Maximien) ; C. Th. 8, 5, 1 ; 8, 4. 2 et C. Just. 12, 58, 1 (loi de Constantin ; our l’Afrique. Les stationarii primipilarium sont les subalternes des centurions). — 19 Ç. Th. 7, 20, 2 g 2 (320) ; Ammian. 18, 5, 3. — 20 Dig. il, 4, i § 6; 47, 2, 52 § 12; Plin. Ad Trai. 19, 20. — 21 C. i. I. 9, 2438 ; 2, 2011 ; C’. Th. 6, 29, 1 ; 16, 2, 31 ; C. Just. 12, 1, 6;40ptat, Schism. Donat. 1, 14, 27 ; Acta

les appariteurs elles ministeria 21 . On peut les rapprocher des 7tapacpuXaxÏTai qu’on trouve dans beaucoup de villes de l’Asie Mineure sous la direction d’un TtapatpûXa; ou d’un àpyticapaféXaS**, à l’imitation de Per game sous les Altalides 2S, et aussi sous les Lagides et à 1 époque romaine dans les villages d’Egyple24. En Orient, à i époque de Justinien, l’empereur met des troupes à la disposition des gouverneurs, mais leur défend d’envoyer pour la police des X7i<rroSi(oxTat, des ptoxtüXÛTai, des àiioîpXi'JTat 26. Les grands domaines, les sultus2C’, soit des villes2', soit des particuliers, ont eu aussi leurs gardes, généralement esclaves ou affranchis, appelés en Occident sultuurii 28 , en Orient ôp£oci.ûXax£;, ôpotpûXax£ç 2J. Ch Lécrivain.

STATOR. — Au temps de la République romaine, on trouve désignés sous le nom de statores des appariteurs de magistrats et particulièrement de gouverneurs de provinces. Cicéron en parle dans ses lettres1, mais sans qu’on puisse deviner quelles étaient leurs fonctions spéciales et en quoi, par exemple, ils différent des licteurs.

Les statores que les inscriptions signalent, à l’époque impériale, ont un caractère militaire très net. Ils sont attachés soit à des préfets d’ailes auxiliaires2, soit à des légats légionnaires3, soit à des gouverneurs de provinces : il y' en avait, en particulier, en Égypte auprès du préfet ; ils formaient même là une compagnie, sous les ordres d'un praefectus statorum1- .

Les textes les plus nombreux que l’on possède se rapportent aux statores Augusti de Rome"; comme tous ces soldats de police ou d’apparat, qui étaient réunis autour de l'empereur, ils étaient subordonnés au préfet du prétoire et constituaient un numerus spécial6, divisé en centuries1. Cette troupe était hiérarchiquement supérieure aux cohortes de vigiles et inférieure aux cohortes urbaines6. On ne saurait définir la nalure propre de leurs attributions C'était, dit-on, des officiers de justice et de police °. Dans le camp décrit par Hygin, les statores sont établis derrière le praetorium, qu’ils couvrent de ce côté 10. R. Cagnat.

STATUA. — Définitions. Les Anciens ont employé un grand nombre de termes pour nommer les statues. Us les distinguaient d’abord suivant leur destination religieuse ou profane, suivant le personnage humain ou

Saturn. Fel. Bat. Migne, Patrol. lat. 8,p. 088. — 22 Journ . of hell. stud. 15, 1 17 ; 17, 411 ; Inscr. Brit. Mus. 3,579 a ; C. ins. gr.i 413 c ; 4360 x\ Bull, decorr. hell. 2, 202 ; 7, 273 ; 9, 70, 346 ; 10, 54 ; 16,432 ; Waddington, Voy. arch. 1093 l.\ Ath. Mitth. 8, 329 ; *19, 306 ; Ramsay, Cities, p. 307, u° 115. — 23 Frankel, Inschr. von Pergam. 1, p. 174. — 24 Voir Bouché-Leclercq, Histoire des Lagides , IV, p.5G-62.

— 25 Bull, de corr. hell. 1893, p. 501-520 ; Justin. Nov. 8, 12, 13, 128, 21.

— 26 Rostowzew, l. c. — 27 C. i. I. 5, 715 ; Cagnat, An. epigr. 1900, n« 25. — 28 Dig. 32, 1, 6; 33, 7, 12 § 4; 33, 7, 15 § 2; Pelron. Sat. 53; C. i. I. 5, 2383, 5548, 5702; 8, 6976, 10895; 6, 9874; 9, 700, 3421 ; 10, 1085, 1409; Cagnat, l. c. 1904, no 55. — 29 Ramsay, Gcogr. of Asia Min. 175, 178 ; Cities and bish. of Phrygia I, 2, 615; Corp. gloss. 11, 177,48; 111, 350. — Bibliographie. Godefroy ad Cod. Theod. 6, 29 ; Naudet, De la police des Romains sous V Empire(Mém. Acad. Sc. mor. G, 703-770) ; llirschfeld, Die Sicherheitspolizei im rom. Kaiserreich (Sitz. Ber. Berl. Akad. 1891, 24, 804; 1893, 411); Mommsen, Strafrecht , Leipzig, 1899, p. 319-322 (Irad. française, I, p. 358-377) ; Von Domaszewski, Inschrift eines stationarius (Rom. Mitth. 1902, 17, 330-335) ; Hohlwein, Note sur ta police égyptienne de l'époque romaine ; la police des villages égyptiens à l'époque romaine (Musée belge , 1902, p. 159-160 ; 1905, p. 189-194, 394-399); Bouchè- Leciercq, Histoire des Lagides , Paris, 1907, t. IV, p. 56-62.

STATOH. 1 Cic. Ad fam. II, 17, 1 ; 19, 2; X, 21, 2. — %Corp. ins. lat. III, 4309, 4379, 12 356 ; X 111, 8070. — 3 Ibid. 111, 8117; Inscr. gr. rom. 1, 501. — 4 C. i. I. 111, 0859; Jtiscr. gr. rom. 1, 1262 — 6 C. i. I. VI, 2949, 2950, 2952, 295G, 2957, 2958, 32 740, 32 747. — 6 Numerus statorum praetorianorum , Ibid. 2951, 2952, 2954, 2955; X, 1760. — 1 Ibid. VI, 1009,2949, 2952, 2953, 2954, 2955, 2958 ; XI, 5040.

— S Ibid. VI, 1009 : centuriones cohortium praetorianarum et urbanarum statorum , evocati ; XI, 5G4G. — 9 Rom. Mittheil. XVII, 1902, p. 330 sq. ; Von Domaszewski, Die Ranyordnung der [rôm. Heeres , p. 28. — 10 Lxb. de mu/t. castror. 19.

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divin qu’elles représentaient. On trouvera des explications pour les mots é'oo; et üdavov1 à l’article donarium : pour aya^ga, àvSpiaç, eixiiv , à l’article imago; il existait chez les Grecs quelques autres désignations plus rares4. Chez les Latins, la statue s’appelle signum , simulacrum , statua, effigies , imago 3. On classe encore les statues, suivant leurs dimensions, en colosses, statues de grandeur naturelle, et statuettes :Sigillum, figlinum opus]. Suivant leur type, on les définit comme statues en pied, (reXsia slx<î>v), bustes, (repoTCigT;, imago), hennés [hermae] ; ou, comme statues pédestres, (e’txiov 7teÇ7j, ueiâx7j, statua pedestris), équestres (è<p’ 'I-kkov, eçotTco;, statua equestris), statues sur chars, ( statuae in bigis, in quadrigis) L L’usage était de spécifier par des termes particuliers de quelle matière éLaient faites les statues, et quel aspect elles présentaient d’après leur attitude et leur costume 6.

Nous n’étudions point ici la technique de la statuaire (voir pour les statues de marbre ou de pierre, sculptura, pour les statues de bronze, statuaria ars) ; nous nous occupons seulement de l’origine et du rôle des statues, de leur disposition dans les monuments sacrés ou profanes, publics ou privés, enfin de leur mise en place, de leur entretien, et de leur destinée.

1. Origine et rôle des statues. — En Grèce, le principe créateur de la statuaire est d’origine religieuse; les premiers sculpteurs d’idoles ne visent pas à satisfaire quelque instinct esthétique, mais obéissent plutôt au besoin inconscient d’élucider la notion divine par l’image. C’est une des raisons pour lesquelles la plastique débute assez Lard u. Il fallait que son apparition fût préparée par un premier travail de réflexion, organisant au préalable le type des puissances supra-humaines.

Avant la période d’existence de la statue, on adore les dieux comme des forces le plus souvent invisibles, et capables d’animer à l’occasion n’importe quel objet7. Les souvenirs de cette époque de croyance subsisteront assez tard. Longtemps après la création de la statuaire, à l’époque classique, certains xoana étaient considérés encore comme de véritables fétiches8. La divinité passait pour s’y incorporer temporairement ; ils étaient la divinité même9. A cette période fout à fait primitive succède la période aniconique, où la statue

n’existe pas véritablement, mais se pressent sous les formes de plus en plus anthropomorphiques du symbole 10 Les dieux sont d’abord généralement des pierres brutes [arcoi litroi], très souvent des aérolithes 11 , qui, par leur origine mystérieuse, leur couleur noire, leur forme, frappaient vivement l’imagination populaire. Jusqu’à la fin de la vie grecque, on conserva dans certains sanctuaires 14 ces symboles naturels que l’on considérait comme la maison d’un dieu [raetylia] Encore à l’époque de la décadence hellénique, les fidèles venaient les arroser d’huile ou les couronner de bandelettes u. Peu à peu, l’instinct de symétrie conduisit à façonner ces pierres suivant des formes régulières et géométriques; on eut ainsi des pyramides, des cônes, des colonnes, ou des piliers (fig. 6587,

6588) l5. Beaucoupdecessymboles avaient subsisté en divers points de la Grèce et du monde antique à l’époque de Pausanias. Le plus célèbre était le cône sacré de Delphes [omrualos]. On leur rendait un culte 1C, mais en certains endroits on ne comprenait plus leur valeur symbolique, eton les interprétait comme des siègesayanl servi à des dieux ou à des héros11. Un progrès décisif

Fig- 6588. — Pierre conique d’Aphrodite à Paplios.

Fig. «587. -- Apollon en p i lier d'Ainbracie.

vers la création de la statue fut fait lorsqu’on eut l’idée d’envelopper certaines de ces idoles avec des chapes empruntées à la garde-robe des temples (lig. 6589), quelquefois de les couronner avec des mitres ou des diadèmes l8. Pour que le symbole fût en rapport plus étroit avec la divinité, on inventa alors d’y ajouter Fig. 6589. — Héru quelques parties caractéristiques de l’être vivant; en même temps, ces transformations devaient faciliter la mise en place des offrandes; on eut de la sorte des piliers pourvus d’une tête, de bras rudimentaires, d’un phallus10; l’hermès était créé (fig. 6590), forme intermédiaire entre le pilier et la statue, qui devait

STATUA. 1 Article donarium, note 156; ajouter Scbubart, Die Wôrter âya a |a«, eîxiÜv, U«vo», àvSç/iaç, Philol. t. XXIV, 561-587; Max. Frankel, De verbis potioribus quibus opéra statuaria Graeci notabant, thèse, Leipzig-, 1873. — 2 U. Blümner, Technologie und Terminologie der Geiverbe und Kilnste bei Griechen und Rômern , p. 180-1 : Eixa<r ga, pup.7]|j.a, tûku» jau , eîSoç, l8éu, £<oov ; pour les statuettes, efôuiXov, Ç«.'>$c<»; la plupart de ces termes sont ambigus, parce qu’ils désignent également des représentations peintes ; de même xùito* se rencontre tantôt dans le sens de relief, Hcrodol. Il, 136, I; Paus. II, 19, 7, tantôt dans le sens de statue, Avili. Pal. VI, 56, 5. Sur le mot ppÉT«ç, cf. 11. Blümner, op. I. p. 180; on rencontre dans les inscriptions la forme Soâvtov, cf. Inscr. insul. mar. Aegei , III, p. 55, n° 248. — 3 H. Blümner, op. I. p. 184 sq. ; Thésaurus ajitiquitatum romanarum , congestus a J. G. Graevio, 1699, V, 129 sq. ; VII, 2182; X, 585 sq., 807 sq. — 4 E. Kuhnert, Die Statuen zu Ross und zu Wagen bei den Griechen, dans les Jahrbücher f. klass. Philol. 11. v. A. Fleckeisen, 14° Supplemenlband, 1885, p. 329 sq. — 3 e lx wv XtOtvyj, p-ap-

jAaptvij, ya A x ^aXxiJ Èiït/poooç, ^puo-ïj; TEOwpaxi(T|AÉvov;

statuae civili habitu , togatae, habitu militari , thoracatae , iconicae, achilleue. Pour la définition de ces termes, voir imago, et Lexicon antiquitatum romanarum, auct. S. Pitisco, III, s. v. statua. — 6 Colliguon, If. de la sculpt. gr. I, p. 1 à 100. — 7 Reichel, Ueber vorhellenische Gôtterkulte) S. Kciuacb, Rev. crit. XL1V, 1897, p. 391 ; Karo, Archiv. f. Religionswissensch. VII, 1904, p. 139, 142, 155. — « P. Poucart, Le culte de Dionysos en Attique, 1904, p. 173; Cli. Michel, Rev. d hist. des relig. 1909, p. 141 sq. — y Sur la ressemblance que présente à ce sujet la religion grecciue avec l’ancienne religion égyptienne, G. Foucart, Rev. des idées , 15 uov. 1908 ; Maspero, Ét. de mythol. et (l'archéol, égypt. II, p. 104-5, châsses sacrées animées par la présence intermittente du dieu. — 10 Overbeck, Berichte der Süchs. Gesellsch. der Wis-

sensch. 1864, p. 151 sq.; Baumeister, Denkm. d. kl. Altert. art. Gôtterbildcr p. 601 ; W. de Visser, Die nicht menschengestaltigen Gottcr der Griechen , 1903; Overbeck, Griech. Runslmythol. 1, 1879, p. 3 sq.; Gruppe, Griech. Mythol. und Relig ionsgesch. p. 772 sq. ; Collignon, H. de la sc. gr. I, p. 101 sq. - H Paus.v nias mentionne comme aérolithes les trois pierres d’Orchomcne, IX, 38, 1. — 12 paus. VII, 22, 3 ; IX, 24, 3 ; 27, 1 ; 35, 1 ; Luc. Charon, 22; Alex. 30; le galet d'Antibes est une de ces pierres sacrées; cf. Ch. Michel, Rec. d'inscr. grecques, n° 1251

— 13 Ajouter F. Moore, Raetylia , dans YAmeric. journ. of arch. 1903, p. 198 sq

— UCIem. Al. Strom. VII, *1, 4; 4, 26; Vlll, 713; Luc. Philops . 30; Theoplir Char. 16; Arnob. Adv. nat. 1, 39; Apul. Florid. I, 1. — 15 S. W. Hcad, JJist. num. p. 270, fig. 181 (Apollon d’Ainbracie); G. F. Ilill, Cat. greek coins Rrit. Mus pl. xvu (Aphrodite de Paplios); Paus. L 44, 2; II, 9, 6; Overbeck, Griech. Kunst myth. V, Apollon , p. 1 à 5; Münztaf. 1 à 7. I. Zeus\ p. 5; à Pharae, en Acliaïe, trente piliers quadrangulaircs portant chacun le nom d’un dieu, Paus. VII, 22, 3-4; autres exemples ; VI, 20, 5; VIII, 39, 6. — 16 Sur le culte du pilier eu Crète, Evans, Mycenaean tree and pillar cuit and its mediterran. relations , Journ. u) hell. stud. 1901, p. 99-204; Girard, Rev. d. ét. grecq. 1905, 34 sq. — I7 Paus. I, 423,5 ; 1,35, 3 ; IX, 10,3 ; Aristoph. Equit., schol. au vers 785 ; autres légendes expliquant le culte des bétyles, Paus. IX, 34, 2 ; X, 24, 6 ; llesiod. Theogon. V, 68 sq.; Plut. Quaest. gr. 137 ; (notre fig. 2394). — l#La figure représente le revers d'une monnaie

de I impératrice Elruscilla ; cf. Fr. Gerhard, idoles cryptocéphales des monnaies do

Samos, Pergé, lasos; Akad. Abhandl. pl. ux, »o« 2, 3, 4-7 ; Baumeister, Den/cmüler , I, p. 0u3, fig. 645 sq. ; survivances île cet usage à l'époque classique ; dans Athènes aux Plyntéries, le Ijôavov d’Athéua Polias est recouvert d'un voile, paré de bijoux et porté dans les rues, Xenoph. Hellen. L 4, 2 ; Plut. Alcibiad. 34 ; Foucart, Culte de Dionys. enAtt. p. 157, 177. — 19 Idoles pourvues de têtes; cf. Artémis de Pergé, Ilill, Cat. of greek Coins of Lycia, Br. Mus. pl. xxiv, fig. 5 et 6 ; pour l’analogio

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qe conserver pendant tonte la vie antique [herMae]. On ijoiitait quelquefois au symbole certains accessoires, amulettes ou armes’; cette idée conduisit à imaginer 1 e palladium (tig. 6.791), symbole déjà presque complètement a nthropomorphique 2. Des lors, la forme humaine se dégagea de plus en plus de sa gaine; si, dans certaines statues de culte, l’apparence rigide, hiératique, devait subsister toujours (6 g.

i;;;02)3, on peut considérer néanmoins que la statue ex istait à l’état indépendant au début de la période des xoana. Il faut noter qu’avant cette date la pierre n’avait pas été seule à fournir les symboles divins ; on adorait pareillement l’arbre [arbores sacrae], et les animaux. Or ces formes primitives du culte ont eu aussi leur influence sur le développement de la statue. La zoolalrie a fourni à la sculpture des types hybrides que l’esprit grec réussit difficilement à éliminer4; d’autre part, certains xoana gardèrent le type île l’arbre, de la planche, ou de la poutre5; jusqu’à la fin de la vie grecque, il y eut aussi des divinités arbres 11 (lig. 6593; cf. fig. 443, 2237), auxquelles on attachait, comme aux arbres sacrés, des bandelettes et des figurines. Cette évolution du symbole aniconique à l’idole explique certaines particularités du type des statues ; elle fuit comprendre même ce que fut primitivement le rôle des effigies sacrées. Issue du symbole, la statue ne vise point d'abord à être un portrait véritable du dieu: elle est sur¬

tout le signe de sa présence, son enveloppe apparente. La raideur et les conventions des premiers xoana ont pour cause non seulement les difficultés matérielles de la représentation plastique, mais le respect du type divin, le désir de reporter l’esprit aux primitifs objets d'adoration .

Cette piété futassez longtemps un obstacle aux progrès de la statuaire; les nouveaux artistes ne cherchèrent d’abord qu’à reproduire les idoles anciennes 7 ; dans les colonies, on imitait exactement les statues de la métropole s. — Entre le symbole et la statue, il y avait pourtant une différence capitale. Tandis que le bétyle ou

, . . . i- , Fig. 6502. — Statue de cullc.

1 arbre sacre sont considérés comme récélant originairement un esprit mystérieux qui s’y incorpore, la statue ne devient demeure sacrée que par le fait de la consécration

(îopûff tç), qui y attire le dieu ; c’est même la consécration qui, primitivement, détermine l’identité de la statue, tous les types divins étant semblables. Cette différence capitale provoquera toute l’évolution de la statue grecque. Nous

avec les chasses égyptiennes ornées de tôles en ronde-bosse, Maspero, Et. de mylh. et. d’arch. égypt. I. c. ; Hermès pourvus d’une tôte avec la barbe en coin, (t©ï]vo- Artcmid. Il, *37; les bras des hennés se réduisent souvent à des moignons en saillie auxquels peuvent ôlre accrochées les couronnes; cf. Müller-Wieseler, IJenkm. d . ait . Kunst. I, 3 [fig. 2003]; pour la fig. 0591, Gerhard, A/cad. Abhandl. Il, pl. i.xiii, 4. — l P. Girard, Ber. des él. grecq. XVIII, 1905, p. 1 sq. Mômes étapes 'le transformation pour certains fétiches des Cvclades, Tsountas, ’E®. àp^. 1887, p.102sq., pl. x, n° 2 ; sur l'hoplolatrie dans la Grèce primitive, A. -J. Rcinach, Rev. Ivist. des relig. 1909, p. 101 sq. ; p. 309 sq. ; 1910, p. 197 sq. — 2 Jahrb. d. arch. Inst. Anzeig. 189G, p. 30 ; Roschcr, Ausführl. Lexilc. der AJyth. art. Palladion; E. Gardner, Palladio, front Alykenae , Journ. of hellen. Slud. 1893, p. 11- -1; A.-J. Reinach, l. c. p. 331. Des palladia dérivent les déesses armées encore existantes au temps de Pausanias, III, 15, 10. — 3 La fig. 6593 représente une statue de culte, d’après Millingen, Peint, des Vases gr. pl. u; Zens Teleios de Tégéc, Paus. VIII, 48, G; Apollon Amycléen, Paus. II, 19, 2; Bull. corr. hell. i 9U0, p, 430 sq. ; Artémis d’Ephèse, Roscher, Lexikon, art. Artémis ; Pauly- " issowa, Real-Encycl. art. Epkesia , p. 2707 ; Apollon Charinos à Mégare, Paus. I, 2 ; Zeus de Chios, en forme d'obélisque, Quatremère de Quincy, Jup. Olymp. P- H ; Hérayfiov d’Argos, Phoronis, dans Clcm. Al. Strom. 1, 21, p. 418; Dionysos ’teputovtoç à Thôbcs, ibid. I, 348 ; Homolle, De antiquiss. Dianae simulacris deliac.is, p. 72 sq. ; Muller- Wieseler, o. /. I, pl. u, nos 12, 13, 14. La forme de la gaine on du pilier est encore conservée dans leshermôs; on rivait des plaques de métal sur la gaîne (figure 931). — 4 Déméter de Phigalic à tôle de cheval, Pausan. ' Ml» '*2; statuettes à tôte de vache ou de brebis, du temple de la Despoina à Lycosonra, Pcrdrizet, Bull, de corr. hellén. XXIII, 1899, p. 035, avec une liste de divi¬

nités zoocéphales en Grèce ; Guigniaut, Relig. de l'antiq. III, p. 1221. — ^Collignon, Sculpt. gr. I, 104 sq.; les Dioscures de Sparte étaient figurés sous forme de deux poutres [dioscuiu, p. 255]; Plut. De frat. amore,p. 478 a; Clem. Al. Strom. I, p. 418; sur la liera <xavtç de Samos, Callim. Euseb. Praep. erang. III, 8 ; Clem. Al. Protrept. IV, p. 40; Déméter Raria à Eleusis est représentée par un tronc d’arbre; Tertull. Apol. 10 ; Ad nat. I, 12; de môme l’Athéna de Lindos est un ),eï ov e3o; ; voir encore Aruob. Advers. gent. VI, 2. — 6 Arbores sacraf. ; la lig. 0594 reproduit lin vase peint du Louvre; Gruppe, Gr. Mythol. p. 779; Botticher, Ucber den Baumkultus der Hellen. und Rôm.\ Otto Kern, dans Pauly-Wissowa, Real. Encycl. III, p. 155 sq., nie l'existence de divinités arbres. Pour les relations avec les religions orientales, Maspero, Et. de myth. et d’arch. égypt. II, p. 227 ; cylindres chaldéens, lleuzcy, Ber. arch. 1887, II, p. 2G7 sq., fig. 8; Découv. en Chaldée, pl. xxx 6i$, n° 17 6, et 4° livr. fasc. 2, p. 287, fig. g. En Grèce, Zeus Endendros de Rhodes, Hesych. s. v. *’EvSev3ooç; Artémis AuyôS£>T[Aa de l^conie, Paus. III, 16, Il ; Artémis Karyatis, Paus. III, 10; 7; Girard, Reo. des èt. grecq. 1905, p. 46. Les dieux manifestent des préférences pour certains bois, llcrodot. V, 82; arbres sacrés en relation avec la vio des dieux; Plin. Nat. hist. XII, H ; Paus. VIII, 23, 5; Thcophr. Hist. plant. IV, 13, 2, etc. — 7 Onatas reproduit exactement la Déméter Mélaina de Phigalie, détruite dans un incendie, l’aus. VIII, 42; Myron sculpte suivant l’ancien type l'Hccate d’Egine, Overbeck, Schriftq. 535 sq. ; Calamis refait l’Athéna Nike d'Olympie d’après un xoanon d’Athènes, Benndorf, Ucber das Cultbild der Athéna Nike ; Festschrift z. 50* Grilndungsfeier des Arch. Inst, in Rom. Vienne, 1879 ; Slrabon VIII, 6, 10, mentionne des xoana de Polyclètc qui ont dû être exécutés de la môme façon. — 8 Sur ces statues dites à®iSçü|Aaxa, Diodor. XV 49; Strab. VI, p. 179.

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la voyons perdro pou à pou son caractère religieux, à mesure que la notion première s'efface, et que le rite de consécration devient moins important.

Les plus anciennes statues sont des^onnfl1 (fig6593, 6394; cf. lig. 1910, 2367), généralement taillés dans le bois, moins souvent en pierre2. Malgré leur gaucherie, ils témoignent déjà d’un grand progrès technique, et surtout d’une profonde évolution religieuse. L’homme est désormais capable de représenter à sa ressemblance des dieux dont il commenccà fixer l’image et le caractère. Les Grecs avaient conscience de cet effort, et ils attribuaient les plus perfectionnés des.ro«?m au légendaire Dédale [daedalds]. C’est à propos de ces idoles, encore toutes proches des origines, que nous concevons le mieux ce que représente primitivement la stalue à l’esprit grec. Le xoanon est le dieu en pertff- sonne3, agissant et vivant, tourmenté des

Vis;. mêmes instincts, des mêmes besoins que

l’homme. Dans le culte qu’on lui rend, on cherche surtout l’occasion de le servir et de le soigner à la manière humaine : on le lave, on l’alimente, on l’habille*. 11 est le substitut du dieu dans le culte et exerce les prérogatives sacrées6. Souvent, on cache son nom pour empêcher qu’un ennemi n’agisse sur lui par puissance magique 6. Non seulement il a des serviteurs attentifs à contenter ses désirs1, mais pour réjouir son regard, on place sous ses yeux d’autres divinités et ses adorateurs mêmes 8. Il est vrai qu’on l’attache pour l’empêcher de quitter la contrée qu’il protège, ou de venir troubler la tranquillité des mortels9 ; car on est persuadé qu’il peut marcher, qu’il est animé d’une vie secrète, au besoin hostile, et toujours prête à se manifester10; à l’occasion, on n’hésite pas à agir sur lui par des moyens

Fig. 6594. — Xoanon d'Artémis trouvé à Délos.

matériels pour le contraindre à satisfaire aux désirs d,,. fidèles; à Athènes, aux Skirophories, on couvrait h xoanon de poussière pour lui faire comprendre que ]. campagne desséchée avait besoin de pluie11. — Ces figuh' conservèrenLleur puissance sainte et leur caractère divin longtemps après que la foi populaire eût commencé ;i décroître12. Le Æoanonétait ordinairement statue do culte dans le temple13; on entourait son histoire de légendes surprenantes ou terribles. Il passait pour être tombé du ciel u, ou pour avoir été créé selon la volonté des dieux *« Souvent on le croyait capable de provoquer la cécité |a folie ou la mort, pour se venger de ceux qui eussent osé porter la main sur lui10. Lorsque le xoanon ne pouvait manifestement se recommander d’une origine divine on le disait venu parla merde lointaines régions, ou apporté par des personnages mythiques11. Les cités se disputaient la possession des plus anciens, des plus illustres 1S. On allait jusqu’à se les voler, par piété, de ville à ville10. Dans une place menacée, on les emportait à la veille de l’assaut20. En cas de péril, le xoanon offrait un refuge aux suppliants, qui venaient embrasser ses genoux (fig. 1208, 2367, 2369, 5673); le dieu punissait toute atteinte au pouvoir protecteur de sa statue 21 .

C’est à partir du ve siècle que commence à apparaître en Grèce le mouvement d’esprit qui changera tout à fait le rôle et la signification des statues. La foi religieuse n’est pas morte, mais un autre instinct déjà germe et grandit : l’instinctartistique. Cette puissante tendance va peu à peu supplanter l’esprit religieux, qui fut toujours moins vif en Grèce qu’en Orient, parce qu’on ignoraiL en grande partie le symbolisme des rites primitifs. Jusqu’au vc siècle, il n’y a en Grèce que des statues religieuses ; même les statues d’homme se justifient par un intérêt de piété. Mais après cette date, la statue tend à devenir seulement une œuvre d’art ou un pLVTjp.a

1 Sur le sens du mot xoanon, H. Blümner, Techn.und Terminal. Il, 477; 0. Millier Arch. d. Kunsty par. G8-69; pour la figure 6595, Ilomolle, De antiq. Dianae simul. deliacis ; Collignon, Sc. gr. 104 sq. Le mot dérive du verbe t-éw, gratter, polir, et s’applique par conséquent à des œuvres d’un art déjà perfectionné, à des epya tuçoa, par opposition à làçoo^ (javîç. Le début de la période des xoana ne saurait être fixé exactement; selon Helbig, Das Borner. Epos , XXXII, 410 sq., les Grecs avaient déjà commencé à tailler des statues à forme humaine lors de la construction des premiers temples. C'est à une époque assez récente que l’on distingua les xoana par leur attitude et les particularités de leur type, Diodor. I, 98; IV, 76; Apollod. II, 2, 2. — 2 Gardner, Journ. of hell. slud. 1890, p. 133-134, semble attacher une importance excessive au fait qu’on a pu appeler xoana certaines statues en pierre, ou recouvertes de plaques métalliques. La majeure partie des xaana était taillée en bois. — 3 Plat. Leges , XL p. 931 A ; Plutarch. De Jsid. et Osir. LX XII. — 4 Voir plus loin à propos de l’entretien de la stalue. — B Mariage mystique de la Basilissa avec le xoanon de Dionysos à Limnai, lors de la fête des Anthestéries ; Mommsen, Die Feste der Stadt Af/ten, p. 393 sq. Aux Grandes Dionysies, le xoanon du dieu est amené au théâtre et siège à l’orchestra pendant la durée des jeux; Mommsen, ibid. p. 436 sq. — 6 Pans. VIII, 25, 4 ; sur le môme usage à Rome, et sur les evocationes, voir plus loin. — 7 Sur le sens précis du mot: serviteur de la divinité; Martha, Les sacerd. athén. p. 51. — 8 C’est là l’origine des àrâ).|AaTa [àyàV/.tu, orner, parer], et des àvaôqfiaTa; voir plus loin. — 9 Xoanon d Eurynomé près Phigalie attaché, Pans. VIII, 41, 4; statues enchaînées à Chios, Erythrées, d’après Polémon, Fragm. hist. graec. III, 146; Aphrodite de Sparte enchaînée, Paus. III, 15, 11 ; sur une explication locale, légendaire et tardive, de cet usage, ibid. III, 15, 7. l'origine réelle semble avoir été orientale, Plutarch. Quaest. rom. 61 ; Diodor. XVII 41, 9; Quint. Curt. IV, 31. — 10 Les statues de Dédale marchaient; Luc. Philop8. 19; les Rhodiens passaient pour avoir appris d'Athéna à fabriquer des statues Vivantes, Pindar. Olymp. VII, vers 52 et schol. \ les xoana trompaient les héros et môme les dieux par leur apparence de vie ; Plat. Alenon , 97 • schol ad h. L. p. 302 ; sur l’erreur de Héra et la fête des Daidala en Béotie, Paus. IX, 3, 1. — !» Arisloph. Vesp. 926, et schol. ad h. I. ; Schœmann, Griec/i. Altert. II, p. 474. Paus. II, 4, 5 : lici-tpeicei Si ti *aï evOeov toûtoiç ; Porphyr. De abstinent. II, 18. — 13 C’est pour celle raison que l’on continue à fabriquer des xoana à l’époque classique, Atlien. Mittheil. XIV, 1889, p. 91. Un xoanon est consacré à J uni 1er Cynthnn au Ier siècle avant J.-C., Lebègue, Decker, sur Délos,

p. 160, iriser. 14; au temple d'Apollon Epikourios à Bassae, la statue de culte était une idole en bois ; on n’a pas remarqué de trace de fondations pour une base dans la cella. Une stalue plus récente se dressait au dehors, sur un grand socle dont on a retrouvé les substructions au sud-ouest. — H A Troie, le Palladion est un Stoitm'î, Apollod. III, 12, 3; cf. pour l’Athéna Polias, Paus. I, 26, 6 ; Lysias, Fr.agni, 214; Euripid. Jphig. Taur. 87 ; Suidas, s. v. Stont-cl; ; Worner, art. Palladion du Lexi/cun de Roschor, col. 3424; sur le Sioue-cls ayaAjjia d’Ephôse, cf. Kukula, Forsch. in Ephesos, I, p. 247 sq. — 15 Un oracle a désigné le bois dont devaient être faites les statues de Darnia et Auxesia, Herodot. V, 82. — 16 L’Artemis *uy<>St<xna rend fous ceux qui l’ont trouvée ; Tirésias devient aveugle pour avoir vu se baigner le Palladion d’Alalkomcnai; cf. pour l'époque romaine, Serv. ad Acn. IV, 166; Saint- Augustin, De civit. dei, III, 7 ; Cic. Pro Scauro, 48. A Ephôse, on entretenait par des moyens matériels la croyance au pouvoir meurtrier de la statue ; Isidor. Peliota IV, ep. 207; Migne, Patrol. gr. LXXVIII, 1299; OEcumen. Ad Acta apost. XIX, 18-34 (Patrol. gr. CXVlll,251). — 17 Paus. III, 23, 2; 23, 4; VII, 5, 5; X, 19. L'Athéna d’Athènes aurait été le Palladion môme d’ilion ; Paus. I, 28, 9. Le xoanon d’Apollon à Délos aurait été consacré par Erysichthon, Plutarch., De Daedal. Plataeens. Frg . X, éd. Didot ; voir encore Paus. IX, 40, pour un xoanon apporté par Thésée et Ariadnc. — 18 Strabon, VI, I, 14, constate que Rome, Laviniuin, Lucérie, Siris, veulent toutes avoir le réel Palladion de Troie ; sur les prétendions de Rome, Ovid. Fasti, VI, 423; sur la façon dont est gardé ce Palladion, Cic. //* Philipp ., 23 ; on réclamait l’Artémis enlevée parOrcslc et Iphigénie enTauridcà la fois à Brauron, Paus. I, 23, 7, à Limnai, ibid. III, 16, 7, à Sparte, ibid. III, 16. 8, et en outre dans plusieurs villes d’Asie-Mincure; Slrab. XII, 2, G. — 19 Paus. VIII, 46; Martha, Sacerd. ath. p. 46. — 20 Dans sa pièce des Xoanephoroi , Sophocle montrait les dieux d’Ilion emportant les xoana à la veille de la prise de la ville, Schol. Aeschyl. Sept, in Theb. V, 310; Fragm. Sophocl. p. 361, Didot- Quand Alexandre marche contre Thèbes, le feu prend au palladion conservé dans la ville; Aelian., Var. hist. XII, 57. La croyance à la surveillance exercée par les dieux sur leurs statues survécut longtemps: Zeus aurait empôché lui-mômc le rapt et le transport de sa statue d’OIympie, Sueton., Caligula XXII: Dio. Cassius, L1X, 28, 3. — 21 Strab. VI, I, 14. Scènes sur les vases: hydric de Naples, Furlwaengler-Reichold, Gricch. Y asenmalerei , pl. xxxiv ; amphore de Vienne, Annali , 1849, p. 159 sq., pl. D ; amphore de Nola, Cat. of vas. British Mus. III, p. 230; n° E, 336 ; cf. encore une peinture de Pompéi, Overbeck, A potion , p. 16, fig. 2.

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profane. On sera aussi flatté de posséder dans un temple une belle statue d’un maître récent que le plus vénérable, lu plus mystérieux xoanon. On commence même à remarquer le ridicule des anciennes idoles; on ne se prive pas de railler leurs postures étranges, leur raideur1. Les nouvelles divinités provoquent une admiration assurément plus enthousiaste, mais nullement religieuse; on croit fort peu à leur vie secrète2; le caractère grave ou terrible des dieux archaïques s’est atténué dans la statuaire comme dans la légende 3 ; à la place des xoana barbares, disparaissant sous les étoffes, les attributs et les offrandes, les dieux nouveaux ont l’air de splendides athlètes ou de gracieuses jeunes femmes, et ne sont que des mortels « en état de gloire » ; comme leurs traits détendus font paraître une grâce bienveillante, l’art prend des libertés avec eux ; on s’habitue à les considérer avec des sentiments tout humains'*. Dès le iv,; siècle, on a tellement oublié déjà le sens religieux des effigies divines que l’Aphrodite de Cnide inspire à un jeune homme une passion sacrilège8. Plus tard, Lucien composera avec les traits des déesses de Calamis, Phidias, ou Praxitèle, le type idéal d’une beauté complaisante G. Le même Lucien hiérarchise les dieux « selon leur mérite, c’est-àdire la matière dont ils sont faits » ’. On ne craindra plus, à telle époque, de voler aux statues divines les attributs de leur puissance 8.

En même temps que la statue devient surtout œuvre d’art, la sculpture cesse de s’intéresser uniquement à la glorification des dieux. Elle consent, au service des particuliers et des villes, à illustrer le souvenir des bons citoyens et leurs mérites publics. Par là encore, la statue perd de son caractère religieux. Avec la décadence des mœurs, l’art se mettra de plus en plus au service de la tlatterie; on peut dire que le respect des effigies de toutes sortes diminue à mesure que le nombre en augmente. Dans la province d’Asie, à l’époque romaine, on est devenu incapable de distinguer entre les honneurs divins et les honneurs humains. De simples gouverneurs, à plus forte raison les

1 Mal. Hippias A/aj. p. 282; dans Athénée, XIV, 614 b, anecdote sur la Lélo de Déios ; Acusiias, dans Apollodor. Il, 2, 2.-2 |jUC, Philops. 20; de ,s ncrif . Il ; Jupit. conf. 8; Jap. trag. 8. — 3 l/anecdote banale racontée par Slrabon, VIII, p. 353, "et par Wacrobe, Salurn. V. 13, p. 23, sur le Zcus il Olympic, est suspecte. — 4 On pourrait dater approximativement ce changement O esprit : en 360, les gens de Cos préfèrent encore l'Aphrodite drapée à l'Aphrodite nue. Pour les sentiments nouveaux, voir les commentaires des visiteurs du temple d Aphrodite do Cnide, Luc., De amorib. il sq. ; cf. encore la phrase de Ouintilicn, Inst. orat. XII, 10, 9, sur le Zeus de Phidias. — 3 Luc., de Amorib. 15 sq. il ne faut voir dans celle anecdote qu'une légende significative ; voir aussi \(*lian. Var. hist. IX, 39. — G Luc. Imagin. 6. — 7 Luc. Dcor. r.onv. passiin ; Jap. trag. 7 à 12. — 8 Luc. Jap. trag. 25, 10; Deor. Dialoy. 7, 10; hislin, XXXIX, 2. — 9 Frankel, Inschr. v. Pergamon, n° 243; Beurlier, De divinis honorib. quos acceperunt Alexander et suceessores ejus, p. 102. — 10 Dédicace O une slalue d'Isis, à Éplièse, Hicks, Inscr. of Britisk Mas. III, n" 503; à Blauudos deMysie, même cas; cf Lebas, Voy. en As. A/in. 1044; /le v. de philol. i, 1843, P- 218. — il L'usage avait commencé à l’époque macédonienne; Seleucus !"• est représenté comme ivuçôxEpiu;, Appain. Syr. 37, Libanius, I, p. 301 ; Lysimaque sous 1rs traits d iiéraklès, Anth. Palat. Il, p. 654 ; Auguste est figuré à Césarée sous les Laits de Jupiter, Joseph. Dell. jud. I, 21 (fig. 3992) ; Néron prend le premier la corona radiala\ son exemple est suivi par Gallien, cf. Trebellius, 16, 18; Lommode est figuré en Hercule, Lamprid. 9 (v. fig. 3810); à ce sujet cf. une épigramme de Dion Cassius dans les I\ov. collectan. de Mai, II, p. 225; Beurlier, bssai sur le culte rendu aux empereurs romains, p. 41 sq. — 12 Templesmusées ; cf. l’Asklepieion de Cos, Herondas, mime IV ; galerie de tableaux et de sculptures dans l'Heraion de Samos : Strab. XIV, ch. 14. — 13 Charités do houpalos conservées dans les appariements d'Attale, Paus. IX, 35, 6; /nsehr. v. Pergamon , VI I 11 , n° 46, 48, 50. Sur la collection d’art des Attali des, Couze, Site, lier Berl. Akad. der Wissensch. 1893, p. 207 si*. ; Frankel, Jahrb. des arch. Instit. VI, 1891, p. 49; Pontremoli et Collignou, Pergame, p. 151, 196. Sur le musée de Juba II, voir, à propos des slalues trouvées à Cherchell, Ac. des /nscr

vin.

rois, ont un temple et des prêtres pour leur statue”. Les formules des dédicaces reflètent le changement d’esprit ; non seulement hommes et dieux y voisinent d’égal à égal, mais il arrive que l’on consacre la statue d’un dieu à un homme 10. A Rome même, il devient de règle de figurer les empereurs sous les types consacrés en Grèce pour les dieux, et de traiter leur statue comme effigie sacrée".

Pour achever de détruire le sens religieux des statues, l’ornementation privée s’en empare; à partir de l’époque macédonienne, la statuaire de genre s’emploie à décorer les maisons et les parcs; on n’apprécie plus alors les statues que pour leur valeur esthétique ; les temples eux-mêmes deviennent des musées 12, avec lesquels rivalisent les collections des particuliers et des rois13.C’estlemomentoù une société raffinée commence à s’intéresser historiquement à l’art". On pourchasse en Grèce et en Asie, jusque dans les sanctuaires, les originaux célèbres. On les copie, on les adapte à outrance. Jamais la statuaire n’a eu tant de diffusion 16, et en apparence plus de gloire; l’Erosde Thespies attire les touristes du monde entier avant que Néron l’enlève à la ville déchue 16. Aux fêtes de cour données par les souverains d’Égypte et d’Asie, de magnifiques statues, vêtues d’or, délilent en processions17. Mais cette gloire est suspecte. A partir de l’époque hellénistique, la statue vise à l’effet ; elle a conscience, semble-t-il, de plaire surtout par ses dimensions colossales, ou pour des circonstances piquantes, bizarres18. Comme on a moins de respect pour elle, on l’utilise à des emplois matériels ; elle devient clepsydre, lampadophore, ou fontaine19, à moins qu elle ne serve au charlatanisme des faux devins 20.

C’est la superstition populaire qui garde le plus pieusement, de la Grèce à Rome et jusqu’aux temps modernes, un souvenir décoloré du sens originel de la statue ; le peuple croira longtemps quelle est vivante21, comme à l’époque où le dieu habitait mystérieusement sous son enveloppe de bois ou de pierre.

IL l’emploi et la disposition des statues. — La statue étant aux origines en relation étroite avec la vie reli-

C. r . 111, p. 16-18. — 14 Sur la naissance de l’élude de la statuaire, au point de vue critique el historique, C. Robert, Arch. Afacrchen, p. 49 sq., p. 115-120 ; Hauser, Die neu-att. Reliefs , p. 180-i. — 15 Au icr siècle, la sialuairc grecque a porté son influence jusqu'aux Indes; Philost., Vita Apollon. III, H; cf. Foucher, Les bas reliefs gréco-bouddhiques du Gandhâra-, voir aussi A/onum. Piot , Vil, 1900, monuments gréco-bouddhiques. — 16 Cic. /n Verrem, H, 4, 2. —17 Callixen. ap. Alhen. V, p. 196 sq., fête de Plolémée il ; i’oiyb. XXXI, 3, 13. — 18 Colosse de Rhodes, Zeus do l'Agora de Tarente, par Lysippc; slalue de Sérapis à Alexandrie, où le sculpteur passe pour avoir amalgamé les éléments de façon magique. De v. arch. 1902, II, p. 5-21 ; 1903, II, p. 177-204. Sur une slalue magique d'Hécale, Euseb. Praep. evang. V, 14; le Zeus de Lysippe à Tarente est une statue équilibrée, qui résiste aux plus violents orages, mais qu'on peut remuer à la main; Plin. (V. hist. XXXIV, 40; on admire le Laocoon, à Rome, parce qu'il est taillé d’un seul bloc, Pliu. N. Hist. XXXVI, 5. — 19 Hermès-clepsydre de l'agora de Pergame, Jnsch. v. Pergamon, VIII, n» 183; Coure, Zur Topogr. v. Pergamon dans les Site. d. Derl. Akad. 1884, p. 10-11 ; éplicbe de Pompéi lampadophore, Mon. antichi, X, 1901, p. 641-654; Artémis lampadophore d'Éphcse, Hicks, /nscr. Drit. A/us. III. p. 4, n” 4SI, 1. 81; le Faune Rarberini conservé à Munich servait de fontaine, probablement dans les jardins de Néron; H. Bulle, Jahrb. d. arch. Jnst. XVI, 1901, p. 1 à 18; hydrophore fonlaine, A/onum. Piot, 1903, X, p. 8 sq. avec une liste de slatues-fontaines ; voir encore Monum. Piot, 1896, III, p. 167 sq. pi. xix, et p. 171, avec liste de statues utilisées de même sorte ; statues pour fontaines, à Pompéi : Overbeck, Pompeji, p. 483 sq. ; ibid. p. 488, petits bronzes employés comme supports. L’utilitarisme dans la statuaire sévit particulièrement à Byzance ; A. Michel, H. de l'art, I, p. 280 ; il se continue pendant le Moyen Age ; tète de centaure du Musée de Spire transformée en peson de balance ; S. Reinach, Bronzes fig. de la Gaule rom., p. 114, n" 117.— 20 Gusman, Pompéi, p. 80. A Rome, on appelait neurospastes [nburospastok) des statues mues mécaniquement et qui rendaient des oracles. Les prêtres milhriaques utilisaient ;es statues de leur dieu pour organiser de prétendus miracles ; cf. Cumout ; Textes et monum. relatifs à Mithra, il, 253 sq. fig. 286, p. 375. — 21 La croyance à la

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gieuse, c’est d’abord pour les besoins du culte qu’on l’emploie : ensuite seulement, elle sert à la décoration des villes, aux hommages rendus dans la vie publique; en dernier lieu, on en dispose pour la satisfaction des besoins des particuliers. L’ordre logique que nous allons suivre se trouve donc être à peu près un ordre chronologique, autant qu’une séparation systématique peut correspondre h la réelle et historique évolution de la statue.

A. Les statues et la vie religieuse. — 1. Statues (le dieux hors (les temples. — En Grèce, dans la vie religieuse, et même à l’époque classique, la statue, étant le substitut du dieu, est plus nécessaire au culte que le temple. Lorsqu une statue venait à disparaître d’un sanctuaire, il arrivait qu’on abandonnât la place1. D’autre part, dans une ville comme Athènes, un dieu de l’importance de Zeus Soler se passait fort bien de temple, et se contentait d’une simple statue2. Beaucoup de centres religieux3 étaient établis en plein air, autour d’effigies placées sur les montagnes ou sur les collines \ dans les bois sacrés5, près des fontaines et des sources G [aquae, fig. 395], au bord des mers \ au longdès routes8, sur les limites agraires 9; les symboles divins qu’on y trouvait, souvent des xoana fort antiques10, étaient protégés par de simples édicules11, ou placés dans des niches12; lorsqu'on le pouvait,

vie des slalucs a son origine en Orient et en Egypte; G. Foucart, Rev. des Idées , 15 nov. 1908 ; statues magiques des Assyriens, d’après les fragm. de Chérémon, dans une lettre de Psellus, Bull, de corr. liellên. I, p. 205 et note 2 ; Psellus, Wiffsaïuvixi) piSXio 0Vj x ri , V, p. 478 ; statues magiques el vivantes du palais d'Héphaislos. Homcr. lliad. XVIII, 417-420. Le point de départ en Grèce est la croyance à la vie du xoanon ; les statues des Telchines ont un renom d’ôlrcs magiques, et les Telchines eux-mémes passent pour de malicieux enchanteurs ; cf. Pindar. Olymp. Vil, 50. Les xoana voyageaient ; légende de l’Iléraklès d’Erylhrées, Paus. VU, 5, 7 ; statues de Diomède en Daunie qui, jetées à la mer, reviennent d elles-mcmes en place, Tsetzès, Comm. ad Lijcophr. Gto ; une légende analogue dans Paus. III, 23, 2; sur les miracles des xoana , Strah. VI, 1, 14; Lycophr. Cass. 978-992 ; Athen. XII, 4; Eurip. Iphig. Taur. 1165 sq. ; le regard de certains xoana cause la démence; Paus. III, 10, 7; l’Artémis de Pellène a la propriété de dessécher les arbres, et d'en faire tomber les fruits, Plutarch. Aratus, 32. Le xoanon a une volonté qu'il manifeste ; voir pour Artémis Orthia, Paus. Il, 24, 6 ; pour la statue d’Ammon, Diodor. Sic. XVII, 50; pour les prodiges des statues au temple d'Hiérapolis, Luc., De dea Syr. 10, 30, 37 ; nombreux miracles cités par Plutarch. De orac. XXIII; certaines slalucs passaient pour des êtres humains encore vivants sous la pierre, Paus. IX, 24, t el 2. Elles agissaient comme des humains ; anecdote de la statue de Théagénôs qui, insultée, se laisse choir sur l’ennemi, le tue et est mise en jugement, Paus. VI, 11, 6-8. En plusieurs autres occasions, les statues sont traitées comme des êtres animés ; histoire du taureau de Corcvre, Paus. V, 27, 9-10 ; X, 9, 3-4; voir aussi V, 27, 1-7, pour une statue ensorcelée. Nombreuses anecdotes dans Lucien sur des statues vivantes, Philops.

sq. ; l’une guérit la fièvre et fustige les voleurs; une autre hante la demeure comme un revenant ; statue guérisseuse, Deor. couvent. 12. On croyait certaines statues douées de la parole; origine de cette superstition en Egypte, Maspero, Hist. anc. des peuples de l'Orient class. I, 119-120; en Chaldée, ibid. I, 679; statues parlantes, statues prophétiques, mentionnées par Plutarch. De fort. Rom. IX. De ora ç. XVIII. Celte croyance se renouvelle au temps d Apollonius de Tyane ; cf. V. Chapot, La prov. rom. d'Asie , p. 52t. Dans les circonstances graves, les statues manifestaient leur angoisse; elles pleuraient, saignaient ou se couvraient de sueur; ainsi l'Héraklès donné par Lysippe à Alexandre prédit la mort du roi; Martial. IX, 44; Stat., Silv., IV, 1 ; voir encore Jul. Obscquen5, XXI, et les prodiges des statues à la mort de César; Virgil. Gcorg. I, 480 ; voir aussi Plutarch. Timol. 12, Coriol. 38. Anecdote du rire de la statue de Zeus, Sueton. Calig. 22. La croyance à la vie des statues dure pendant toute l'époque romaine ; cas de la statue d’Apollon qui tombe d’un toit et se retrouve couchée dans un lit, Vopisc. Florian, p. 232; statue qui descend de son piédestal, Liv. X, 21 ; lors des invasions barbares, les statues repoussent l’envahisseur, Photii Biblioth. éd. Bekker, p. 60, 1. 25 sq., p. 58, 1. 22. Un pourrait suivre cette curieuse superstition à travers tout le Moyen Age. — l Paus. IX, 33, 6. On a de bons exemples à Délos de l’importance primordiale accordée à la statue : c’est elle qui quelquefois détermine le temple jusque dans sa forme architecturale ; ainsi dans le temple des Athéniens, dit Temple aux sept statues, le plan est conformé aux dispositions de la base demi-circulaire où reposaient les dieux ; pour laisser apercevoir du dehors les effigies sacrées, on avait même ouvert dans le mur du naos, en plus de la porte, deux'fenêtrcs : à ces ouvertures correspondaient les piliers du prodomos. — 2 Cette statue était placée dans le voisinage du Portique Roval, Paus. I 3, 2; Judeich, Topogr. der Stadt Athen , p. 302-3, note p. 303. Même usage à Rome. Le Mars de la voie Appienne n’a’ pas de temple; Liv., XI, 3, — 3 paus

on les abritait dans les grottes ou les cavernes 13 • quelquefois on les logeait dans les arbres (fig. ViN)i. [aedicula, arrores sacrae]. Dans les villes, les Portiques et les Propylées avaient leurs statues sacrées 15 • l’Acropole10, l’Agora n, les monuments publics destinés à la vie civile ou aux fêtes18 regorgeaient d’effi gies de dieux : il y en avait encore de ci de là par les rues, sans compter les hermès [iiermae], qui, dans les carrefours, étaient honorés d’offrandes non sanglantes par la piété publique.

2. Statues de dieux dans les temples. — Le temple n’est primitivement que la maison de protection du symbole divin. La façon dont y sont disposées les statues révèle en détail l’évolution que nous avons déjà sommairement signalée : on va des principes religieux aux principes esthétiques. Au début, on veut, par le moyen des effigies sacrées, créer une sorte d’enseignement visuel, mettre sous les yeux des fidèles un dieu, une famille de dieux, ou quelquefois un cycle de légendes. Plus tard, on cherche surtout à compléter l’effet de la décoration architecturale 19, en même temps qu’on vise à réunir dans les temples le plus grand nombre possible de chefs-d’œuvre.

C’est dans la cella que se trouve la statue de culte, l’è'Boç20. Elle est parfois invisible aux fidèles, ou

II, 20, 10, 26, 3: VIII, 30, 10 ; IX, 23, 4; 34, 5; 38, S; 41, G. — ’* Paus. I, 32, 2; 44, 9 ; A nth. Pal. VI, 268 ; IX, 249 ; E. Kuhnert, Statue und Ort in ihrem Verhültn. bei den Griech. dans les Jahrb. f. cl. Philo/. 14° Suppl. 1885. — >> Paus. IX, 30, 9 ; 34, 4; Plut. Alex. 14. — 6 Curlius, Plastik der Griech. an Quellen , Abh. d. Berl. Akad. 1876, p. 139 ; aménagenieul des slalucs près de la source Pirènc inférieure, à Corinthe ; cf. fons. lie sont surtout des statues de Muses, Plat. Phaedr.

I, 1 ; Paus. IX, 12, 6 ; quelquefois de Pan, Antli. Pal. IX, 330 ; ou d'IIermcs, Paus.

II, 31-10; pour d’autres divinités. Paus. II. 2, 8, 3, 5; groupes justifiés par des légendes locales, Thcocrit. VII, 6, et schol. Les sources enfermées dans les sanctuaires recevaient une statue du dieu du temple : Paus. III, 20, 7 ; IV, 33, 4. — 7 Paus. I, 1, 3, II, 3, 4, VII, 21, 10; Poséidon du môle de Csnchrécs, II, 2, 3; du port du Nymphaion, III, 23, 2; v. encore Slrab. VIII, 343 ; Sorv. ad Aen. III, 12; Pans.

III, 24, 5. — 8 Hermann. De terminis ; statues d’Hermès ’EvtiStoç : Theocr.25, 4; Anth. Pal. VI, 299; IX, 314; Paus. VII, 27, I ; Strab. VIII, p. 343 ; Plat, fii/ipareil., 228 d.; autres divinités, Curlius, Abh. Berl. A/cad. 1854, p. 252 sq.

— 0 Surtout des Hermès, Paus. II, 38, 7 ; VIII, 34, 6; quelquefois aussi d’autres dieux, ou même des héros; Paus. VIII, 35, 2; Anth. Pal. IX, 316. — 10 Xoanon d'Athéna sur une route, Paus, 111, 19, 7; xoana de Pan, en grand nombre, dans Pile de Psyttaleia; Paus. I, 36, 2. — H Strab. VIH, 343 : aedicula. - 12 Paus. IX, 20,6; Decharme, Arch. des miss, scient. 1867, p. 176. — 13 Paus. II, 23, 1 ; VII, - , 10; VIII, 42, 1; X, 32, 3; Luc., Deor. dial. IV, I; grotte de Pan à l’Acropole d'Athènes, Simon, fragm. 136 ; Paus. I, 28, 4; VIII, 56, 6; c’est quelquefois la position de la grotte qui amène à y placer une statue; Paus. Il, 25, 4; III, 21, 2 ; quelquefois c’est une légende locale, Paus. IX, 39, 2 ; X, 32, 4. — 14 Athen.

70 le ; Plin. XII, 5; Paus. II, 31, 10; Anth. Pat. IX, 314; on installait volontiers les statues sous le feuillage des platanes ; PhilosLrat. V, 2, 1-10; Plut. Dem. XXXI Philetds de Cos, ap. Athen. XIII, 508 F; Anth. Pal. IX, 314. — 15 Paus. Il, 3, 2; IV, 33, 3. — 16 Statues de Zeus el d'Athéna, sur presque toutes les acropoles; outre Athènes, voir Paus. Il, 24, 3; 29, 1; III, 21-9; 22, 9; 26, 5; IV, oi, ' autres divinités ; Paus. I, 15, 1 ; II, 2, 6; 2, 8; 9, 8; 34, 1; III, 11, 11; VII. 22, - Inschr. v. Pergamon , VIH1, n° 183; Plut. Cimon , Il ; Paus. III, 21, 8. — L agora est surtout la place de Zeus ; Strab. VI, 3, l ; souvent aussi d'Hermès, des dieux protecteurs de la ville, ondes divinités d’intérêt local; Kuhnert, L c. p. 205 sq.

— 18 Kuhnert, l. c. 290 sq. —19 Perrot, AJél. Weil , 1898, La sculpt. dans le temple grec. — 20 Sur le terme VSo;, voir donarium, note 156; à l’époque classique, chaque dieu a sa statue de culte ; Pausanias mentionne comme une rareté lorienlal Allis qui est adoré sans effigie; VII, 20, 3. Ce ne peut-être que par exception qu on voit des statues de culte placées ailleurs que daus la cella ; le cas se produisit à Délos, après l’abandon du temple archaïque dit Porinos Naos; l'Apollon de Tcklaios cl d’Angelion fut alors transféré, vers 279 au plus tard, dans le grand temple nouvellement édifié ; en attendant la fin des travaux, il y fut installé, scmblc-l il, d

le prodomos. C’est une question de savoir si, à l’époque homérique, il exisUd déjà des slalucs de culte; Y Iliade mentionne seulement une Athéna assise, plau* dans un temple troyen, VI, 9 0, 273, 303. La statue parait bien exceptionnelle à celle époque; partout ailleurs il est simplement question d'un £wu.6; ; llia.d. VIII, XXIII, 148; Odyss. VIII, 162-3, 363. A l’époque post-homérique, l’usage le plus ancien semble avoir été d'installer la slatuc de culte tout au fond de la cella, contre le m" ainsi dans les trésors de Sélinonle et de Géla, à Olympie ; puis, peu à peu, la sial"' s’avance dans la cella du côté du pionaos ; ce n’est d ailleurs pas une loi al>s,'lu dans le temple de la Despoina à Lycosoura, la base du groupe de Damopbon csl Ou au fond de la cella, contre le mur d’arrière du temple, et elle est isolée par une gi 1

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pio-, 0595. — Statue de culte sur un trône. Monnaie d’Aiuos.

vigibfti seulement certains jours *. Quelquefois elle est placée, bien en vue, sur une colonne; quelquefois elle a pour base un piédestal (cf. plus haut U 0594; cf. fig. 326), ou un trône (fig. 6595)2. 11 arrive ipi on l’abrite derrière un voile ou dans une aedicule eu forme de châsse ou de chapelle; il arrive aussi qu’on la sépare du reste du naos par une balustrade, Ipujjia,

soit pleine, soit à jour, s’élevant à hauteur d'appui3.

Elle est debout ou assise, et disposée de façon à recevoir commodément les adorations \ A l’origine, c’est d’ordinaire un xoanon : une statue de bois était plus facile à transporter pour les besoins des cérémonies. En certains endroits, cette effigie, souvent grossière, était honorée directement par la piété des fidèles ; on la couvrait de guirlandes, de tablettes votives, ou même d’offrandes plus singulières, par exemple de chevelures5. A mesure que les principes esthétiques triomphent0, on tend à remplacer le xoanon par des statues d’exécution plus moderne, richement travaillées dans le marbre, le bronze, et souvent dans l’ivoire et l’or; le demi-jour de la cella était particulièrement favorable aux statues chryséléphanlines [ebur]1. Dès lors, les xofina disparaissent des nouveaux temples et sont relégués dans les vieux édifices, où on les conserve surtout comme reliques8. Rarement les anciennes elles nouvelles statues coexistent dans la cella9; en tout cas, les effigies les plus récentes prennent de plus en plus l’importance principale. Parfois le désir de rappeler le passé fait placer dans leurs mains les antiques xoana lu. Mais elles ne sont le plus souvent que des adaptations très libres des types primitifs Peu à peu leurs dimensions grandissent jusqu’à excéder les proportions du temple12. Ces statues colossales expriment le suprême effort des cités rivales et de l’art dans la représentation des dieux.

Les anciens sanctuaires devaient être d'abord des édifices restreints, comparables aux laraires pour le peu

d’étendue 13. Lemaître du lieu y avait seul son effigie, sauf le cas de temples dédiés à plusieurs divinités parèdres, Osot cûwa oi u ; on resserrait alors les statues de culte sur la même base 16, ou bien on divisait le naos en deux par un mur de refend, de façon à ce que chaque statue occupât un des côtés de la cella ie. La première infraction à cette simplicité primitive se produit lorsqu’on place, à côté de la divinité principale, d’autres dieux qui ont avec elle un rapport plus ou moins étroit de filiation mythique, ou dont la présence ne peut s’expliquer que par des légendes locales11. On est alors amené à constituer de véritables familles de dieux 18 ; les statues secondaires sont rangées autour du simulacre principal, quelquefois sur des degrés en contre-bas19. Ces groupes exposent la destination du temple, l’histoire des dieux qu’on y honore ; ils complètent l'instruction qu'offrent les sculptures décoratives des frontons et des frises 20. 11 est vrai qu’avec le temps, la théoxénie devenant plus large et les statues plus nombreuses, on renonce à l’étroitesse rigoureuse du principe ; sans aucune parenté avec le maître du temple, des dieux nouveaux s’introduisent dans la cella21.

Ces dieux habitaient depuis longtemps au voisinage, mais sans avoir obtenu d’abord l’accès de la partie vraiment sacrée de l’édifice. Leurs statues formaient les i yoD^a-ra, placés ordinairement dans le pronaos. Ils figuraient là comme la cour du dieu principal, et semblaient venus en bons voisins pour le réjouir de leur compagnie. Leurs statues étaient dédiées au maître du sanctuaire22 ; elles se mêlaient à celles des dieux locaux dépossédés, des héros introducteurs du culte, fondateurs des jeux ou du culte23. Lorsque le principe religieux se fut affaibli, on fut conduit à multiplier les ara : un mouvement général faisait souhaiter partout, même dans les plus humbles cités et les pays les plus reculés ?4, quelques-uns des chefs-d’œuvre que créaient les artistes des grandes villes d'art. Naturellement les centres célèbres profitèrent les premiers de l’abondance des statues 25. Avec la facilité accrue des communications, la religion était devenue moins locale; on apportait dans les temples principaux les effigies des petits possesseurs de sanc-

1 Dans certains anciens temples comme k Sélinonle, et en quelques aulres sanctuaires, il existe en arrière de la cella un adyton, tabernacle de la statue invisible. Statues visibles certains jours seulement; cf. Paus. Il, 10; VIII, 41, 4-5; IX, -5, 3. Môme usage en Italie ; Cic. Jn Verr. II, 4, 45. — 2 La base de la statue de culte porte assez souvent des décorations en relief, se rapportant à l’histoire du dieu; ainsi, a Manlinéc, Paus. VIII, 9, le socle de la statue de Latonc et de ses enfants, aujourd'hui au musée d'Athènes, salle VI, n” 21 5-2 17. Le trône a une importance encore plus grande, cf Rcichol, Vorhellen. Gôtterkulte. La fig. 0596 reproduit une monnaie 'I Ainosen Thracc ; Poole, Cat. of'gr. Coins Brit. Mus. p. 80 ; pour le trône du Zeus il Olympie, cf. les reslaur. proposées par Quatreraère de Ouincy et aulres, Jupit. O/i/rop.pl. viet vu ; cf. Üuruy.JÆ/LsL des Grecs , I, p. 331, Arch. Zeit. 1852, pl. xi.m,elc.; à propos du trône de l'Apollon Amycléen, Bull, de corr. hell. 1900, p. 430 sq ; Frazer, Bausan. III, 18,9, p. 351 sq. — 3 Statues de culte protégées par un voile, Paus. V, 12, 1 ; statues de culte dans une édicule [aediculà] ; statues isolées par une balustrade ; •’aus. V, 11, 4-6. A Olympie, balustrade en marbre blanc, décorée de peintures sur les côtés, avec une porte pour l'accès. — 4 Acscli. Sept. adv. Theb. 95: les dieux sont dits: vUiéç oi. — 0 Eurip. Hippolyt. v. 73 k 84 ; pour les offrandes de chevelures, ,aus- H, 11, 6. — 6 L’usage a pu commencer assez tôt; la tète archaïque de la Héra •1 Olympie semble avoir appartenu à une statue de culte, Collignou, H. de la sc. gr. I, fig. 1 15. — 7 Voir, k l'article ebur, les précautions prises k Olravpie, k Athènes, k Peigne, pour les statues chryséléphanlines. — 8 Slrab. XIV,' ’l, 20, p. 640 ; k Éphèse, les ■ioana sont placés dans les vieux temples du Solmissos; k Athènes, le xoanon '* Aliéna Polias était de même dans l’Erechthcion ; la plus ancienne effigie de Dionvsos <1 Eleuthères est dans le plus vieux temple, Mommsen, Die Feste d. St. Athen, p. +36, note 4; de même k Limna, ibid. p. 392; xoanon conservé uniquement comme relique, Paus. IX, 40, 3. — 9 paus. II, 17, 5. — 10 Ainsi l’Artémis de Kittiou, a Chypre, œuvre de Praxitèle, Jahrb. d. Fais. Samml. d. Oster. Kaiserh. V, 1887, P1- i- Lue Aphrodite de Naples (n° 1325) s'appuie sur une idole peinte. — H Ainsi 1 Apollon sminlhicn de Scopas, l'Apollon sauroctone de Praxitèle, ou l’Artémis 'e ^rauron, dont la Diane de Gabics, au Louvre, semble être une réplique.

— 12 Slrab. VIII, p. 353. — 13 II semble qu’un souvenir des dispositions primitives se retrouve jusqu’au bout dans l'étroitesse de la cella [templum]. — 14 Paus. I, 8, 4 ; VII, 26, 4, etc. — 15 Paus. VI, 24, 7 ; VIII, 9, 1 ; 37, 3. Quelquefois les statues sont taillées dans un même bloc, Paus. VIII, 37, 1. — 16 C’est le cas du vaô? StiïXo-jç ; Paus. II, 10 ; VIN, 9-1 ; k Athènes, au Parthénon, un seul des deux côtés du naos servait au culte; l'autre formait le Parthénon proprement dit et l'opisthodome, Bull. corr. hell. 1908, p. 508. — 17 Kuhnert, l. c. — 18 Paus. IX, 33, 3 ; 1. 2, 4; I, 28, 6; par exemple les groupes doubles du temple d’Asklépios k Messène, ibid. IV, 31, 10. — 19 Paus. VIII, 37, 1. — 20 Sur le rôle des sculptures décoratives du temple, k ce point de vue, Americ. journ. of arch. 1893, p. 20-27 ; l'exacte correspondance des sculptures décoratives du temple avec l'histoire du dieu n’est pourtant pas une règle absolue. — 21 Paus. VII, 26, 7 : Isis et Sérapis dans un temple d’Apollon. — 22 Sur cet usage, Rev. arch. 1844, I, 439 ; 1848, V, 248 ; Longpérier, Cat. des br. du Louvre, n° 63, p. 17; Bull. corr. hell. I, 308; Annali, 1834, p. 223; sur le sens précis d’ayoGqj./., Bckker, Anecd. 324, 4. — 23 Paus. Il, 11, 6; III, 20, 5; V, 10, 10 ; VIII, 31 , 7 ; c’est k titre d'introducteur du culte que Pégase est placé k Athènes dans le bois sacré de Dionysos, Paus. 1, 2, 5. — 24 Platées ne se contente pas de la Héra de Callimaque, mais veut aussi faire travailler Praxitèle ; Paus. IX, 2, 7. Les Tégéales tiennent k posséder une statue de Scopas; Paus. VUl, 47, 2 sq. ; Lysippe 'a travailler pour le petit sanctuaire d’Alysia, en Acarnanie ; Collignon, Lysipp. p. 76. Ou citait comme une rareté Tilhronion en Phocide, où le temple d'Apollon n'avait pas de statue; Paus. X, 33, 11. On appelle Scopas en Asic-Mineurc, et k Gortyue, eu Crète, Paus. VIII, 28, 1. — 25 p. ex. le sanctuaire d’Asklepios k Messène, Paus. IV, 31, 10 ; l'Heraiou de Samos, Slrab. p. 637; ou l’Hcraion d’OIympic, Paus. V, 17, I. La quantité des statues préseules dans Iss temples parait être en rapport avec l’importance et la diffusion des cultes: dans les sanctuaires d’intérêt local, les statues sont à la fois moins nombreuses et plus groupées : ainsi, Paus. I, 8, 4 ; 43, (» ; 44, 2 ; II, 24, 3; X, 2, 7, 34, 1 ; d’autres fois la pauvreté de la contrée est seule cause de la rareté des statues ; ainsi en Phocide; Paris, Elatèe , p. 120 sq.

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tuaires1 ; il fallut à la longue les reléguer jusque sous les portiques, dans le péristyle 2. LA même, ces statues gardaient au moins leur signification esthétique. Elles étaient comme les annexes du temple, détachées et éloignées des parois murales, mais unies à l’édifice dont elles étaient les« membres dispersés ». Leurs piédestaux ramenaient la pensée vers les supports des architraves. Les colonnes qui les soutenaient semblaient sœurs des colonnes du temple3.

3. Statues d'hommes da?is les temples. — Outre la statue de culte et les àYiXjAaxa, les temples recèlent encore la multitude des statues d’offrandes, àvaO-/jp.aTa [donarium]. Ce sont le plus souvent des statues de mortels.

L’usage est ancien et révèle bien l’étroit rapport primitif de la statuaire avec la vie religieuse. On veut rester sous le regard même de la divinité, pour mieux s'assurer sa constante faveur; d’autre part, on espère, étant placé dans le temple, bénéficier de la vie divine et du profit matériel des sacrifices. Car, à l’origine, la statue d’homme, comme la statue de dieu, est la personne même ; elle participe dès lors à tous les besoins des êtres vivants : dans les dédicaces de consécration, on a soin de recommander tel ou tel aux dieux en général, mieux encore à un seul protecteur particulier; ceL usage s’est conservé jusqu’à la fin de la vie grecque 4.

„ „ . ’•*’ Mais plus tard cette précaution

d'Anténor. pieuse ne fut plus, semble-t-il,

qu’un détour; comme on n’osait s’ériger à soi-même ou ériger à ses proches une

effigie, privilège à l’origine divin, on évitait l’uêpiç on

statue d’offrande. Plus tard, les idées ont changé. Les hommes veulent surtout défier la mort, en faisant fixer dans le marbre ou le bronze un souvenir exact de leurs traits [imago].

— Les statues d’offrande sont généralement placées dans le péribole des temples, ou dans les bâtiments accessoires. Ellessontdressées sur des colonnes ou sur des bases (fig. 6589) 10, à ciel ouvert ou sous de petites aedicules; à demi-cachées par les arbres, animées

Fig. 6598. — Base d'une slatue archaïque, œuvre d’Iphicartidès.

1 Cela ne va pas pourtant jusqu'à la constitution de Panthéons, assez rares en Grèce ; Paus 1, 19, 9 ; 11, 2, 8, 25, 6 ; 111, 22, 8 ; IV, 22, 1 ; Inscr. gr. XII, 8, n> 374.

2 a Olympie, on a relevé de nombreuses traces de bases sur le pavement du

péristyle de l llcraion et du temple de Zeus ; ce sont en majorité des statues de bronze. Hermès ou xoana de divinités dans le péristyle des temples, Paus. Il, H, 8 ; VIII, 31, 17. — 3 Léchât, Au Musée de l’Acropole , p. 260. — * S. Reinach, Epigr. grecq. p. 379; la dédicace est faite à tous les dieux, ou à un en particulier; quelquefois une prière accompagne la dédicace. — ;j P. Foucart, Rev. arch. 1866,

j5 p# 163. fi La volonté des fidèles lui donne une destination; c’est pourquoi,

par exemple, les Korés ont toutes un avant-brus rapporté; le sculpteur complétait la statue selon le désir de l'acheteur. — 7 Telle est la destination des statues chypriotes dites les Maîtres du sacrifice, lier. arch. 1879, I, p. 323 ; Perrot, U. de l'Art , III, 251 sq., et aussi de certaines statues espagnoles de style gréco-phénicien, Ileuzey> Bull, de corr. hellén. XV, 1891, p. 615 ; citons enfin, à Athènes, le Moscliophore de l’Acropole, Léchât, Au M. de l’Acrop. p. 106. — 8 Léchât, Au M. de l'Acrop. p/ 261 sq. La statue reproduite par la fig. 6597 est l’œuvre du sculpLeur Anténor; Musée de l’Acropole d’Alhéncs; cf. Anti/ce Dcnlcrn. I, pl. lui; Perrot, Hist. de l’Art, t. VIII, p!. n. — 9 La statue reproduite à la fig. 6598 est celle du Kouros dit de Théra; sur cette statue et sur les Apollons archaïques en général, cf. Déonna, Les Apollons archaïques, p. 9 sq. On reconnaît aujourd'hui que certains de ces Kouroi ont bien pu ô’.re des Apollons et même des statues de culte; cf. Deonna, l. c., n^* 77, 81, 127; d’autres, de simples athlètes. Pour la plupart, ce sont cependant des types impersonnels; il esL bon de noter qu’on en trouve une preuve dans le fait que le Colosse des Naxiens, offert à Apollon Délien comme àvâôr.aa, est appelé àvSpla; dans la dédicace. — 10 La base, transition entre le sol et la statue, a une importance assez grande qui vient des idées orientales : on attribuait une influence mystérieuse à ce qui louchait le sol ; des statuettes très anciennes sont déjà préparées pour s’enfoncer dans la terre par une base prophylactique en forme de pointe. Les têtes de bélier et le Gorgoncion sculptés sur la base d'Iphica tidès (fig. 6599) ont la môme signification; ce sont des apotropaia. En Grèce la forme de la base dérive de la plinthe, support des statues archaïques : à l’origine, les bases, dans la rainure desquelles la slatue s’encastre, sont très peu élevées, Homolle, Bull, de corr. hellén. XII, p. 467 ; Deonna, Les

Apoll. arch., base de Xénophanlos, n° 12; base du colosse de Délos, n» 81 ; base de Charopinos le Parien, u° 69; base du Kouros du Sounion, n° 7; voir aussi que ques bases de monuments funéraires attiques, qui supportaient peut-être ues Kouroi , Alhen. Mitthcil. IV, p. 289 sq. Pour les sU.lues funéraires seulement, la base est parfois pyramidante ; cf. la base de Vourva, Perrot, H. de l’Art, VIII. p. fig. 50. On peut diviser les bases en bases simples, sans ornement, arrondies ou équarries, quelquefois ovales; et en bases architectoniques, qui portent un décor sculpté, quelquefois peint. L’idée des bases sculptées est assez ancienne, voir ci-dessus (fig. 6599) la base d’une statue d’Iphicartidès, Bull, de corr. hell. t. XII, pl. xin ; Collignon, U. de la sc. gr. I, p. 131, fig. 65. Les ornements sculp’.és sont variés; cf. Jahrb. des arch. Inst. IV, 93, no 7 ; Mus. Borbon. 8, 56; 11, 26; pour les bases des Kouroi archaïques, Deouna, Les Apoll. arch- 55-46; pour les bases des Korés de l'Acropole, Collignon, H. de la Sc. gr. I. 349 sq., 365, 392; Léchât, Au Mus. de l'Acr. p. 257; Perrot, H. de l’Art , MH, p. 593, fig. 298 ; p. 82, fig. 50. Voir une base à chapiteau supportant un kouros trouvé à Délos, Deonna, Les Apoll. arch. n° 107. Plus tard les bases s élargissent et s’étendent : p. ex. la base du monument des Progoncs, près du Portique d Antigone a Délos; elles deviennent quelquefois circulaires ou demi-circulaires; base du temple des Athéniens à Délos, dit « temple des sept statues » ; base du Philippe'011 cl Olympie; hase de la tholos de Marmaria, à Delphes. Plusieurs exemples de bases triangulaires : base d’Iphicartidès à Délos, base de la Nike de Paeouios à Olympie, 1 1 ■ De nombreuses bases ont porté des ornements peints ou en relief: ainsi les bans de l'Athéna du Parthénon, du Zeus d’Olympie; autres exemples à Olympia Eleusis, etc. ; les sujets de ces décors sont souvent en rapport étroit avec la sla mqui domine la base; ainsi pour le socle du groupe de Manlinée, découuil | a M. Fougères; cf. Paus. VIII, 9, 1 ; voir encore une base de Sparte, Fnedcric is- Wolters, 72; Berliner Wincleelmansprogr. 1876 ; Paus. 2, 3, 1. Certaines ba ^ ont une forme insolite et très curieuse; ainsi celle en forme d osselet suppôt a un Kairos, trouvée à Olympie ; cf. Benndorf, Gesatn. stud. zür Kunstgescb .. ^

Festgabe züm 4 mai 1885 , für A. Springer , 1885. D'ordinaire, il semble que^ bases aient été confiées à des artistes de second ordre, exception laite Pcu pour quelques-unes; on n’hésite pas à employer pour elles de la PICI1^^ bon marché ; leur polychromie contraste souvent avec celle de la statue, sm

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r l’ombre mobile des feuillages, elles forment un peuple Tressé aux couleurs papillotantes; la patine sombre des bronzes fait tache aü milieu delà polychromie des marbres.

I pg statues s’unissent parfois en groupes1; au milieu d’elles, dans les grands sanctuaires, les ex-voto de haute slaluré semblent jaillir d’un plein essor vers le ciel2.

* point n’est besoin de mérite éclatant, ni même d’un litre quelconque à la faveur céleste pour offrir au dieu sa propre statue. L’usage est absolument libre3, et les motifs de consécration très divers: pour un succès, pour un service reçu ou même demandé, chacun peut l'aire édifier son effigie4. On consacre aussi les membres de sa famille, ses bienfaiteurs, ses amis3. A partir du ve siècle, le progrès du luxe et delà vanité entraîne toute la Grèce à un débordement d’offrandes. Les statues de personnalités insignifiantes, reproduites avecl’exactitude de portraits, abondent dans les temples et les lieux sacrés6; comme on hésite à les détruire de temps en temps avec les ex-voto de moindre valeur [favissae], on en encombre l’opisthodome, transformé en garde-meuble, et les chapelles particulières ou Trésors [donarium]'.

Si l’on songe que les temples contenaient encore les groupes mythologiques d’offrande8 et les consécrations publiques dont il sera parlé plus loin, on comprendra comment, à la longue, certains sanctuaires devaient ressembler à des expositions permanentes, à nos musées actuels. On linissaitpar y collectionner lesstatues uniquement pour le plaisir des yeux9 Ainsi, dans l’IIeraion de Samos, on avait cherché à réunir les plus célèbres chefsd'œuvre 10 ; dans i’Heraion de l’Altis, on apportait du dehors les pièces rares qu’on enlevait à d’autres édifices 11 ; on avait constitué de la sorte toute une série de statues chryséléphantines, rassemblées pour le plaisir des visiteurs et la commoditéde l’entretien matériel13.

B. Les statues et la vie publique [imago]. A une époque où l’on commençait déjà à oublier 1 origine i< i gieuse et le sens primitif des effigies, la Grèce invente de récompenser les mérites des citoyens par l’érection de statues honorifiques, avoptavreç. Il semble qu on ait commencé par celles des athlètes, qui n étaient pas a l’origine des portraits, mais des représentations impersonnelles destinées à conserver la mémoire de la force ou de l’agilité des vainqueurs i3. En dehors de ces statues, les offrandes publiques sont rares au début, et supposent toujours des motifs exceptionnels “. Le yaXxoOv Ttva rr-Xaai était presque alors une 7)pcoix7| TijAij. Les premières statues iconiques élevées à Athènes l’ont été en l’honneur de Solon 1 ', puis plus tard des Tyrannoctones 16 (fig. 6599. 6600) et de Conon. — Bien que de telles effigies aient été installées postérieurement jusque

dans les temples, au milieu des offrandes privées, leur principe est tout différent : elles sont moins un acte de piété aux dieux que l’expression d’une décision de la cité,

Fig.6599. — Groupe des Tyrannoctones. Stalère de Cyzique.

dont le pouvoir commence à grandir et à s’affirmer à côté du pouvoir divin. 11 s’en suit que, tandis que l’érection d’une statue d’offrande est toujours libre, c’est la cité seule qui concède l'honneur des statues iconiques. La décision émane soit du peuple soit du conseil, ou à Athènes, à l’époque impériale , de l’Aréopage 17 Le droit peut comporter des limitations ; les frais sont ordinairement à la charge des intéressés ou de leurs amis ; la place du

Fig. GGOO. — Groupe des Tyrannoctoues. Télradrachme d’Alhènes.

,|uand la statue est de bois ou de bronze. Tour les statues sur colonnes, cf. columka ; pour l'effet de ces statues, voir le petit bronze d'Olympie monté sur colonnette, Olympia , Die Bronzen, IV, pl. vin, p. 19, n» 51 ; il y avait, à Olympie même, près du Pœcile, dos statues de Ptolémée Philadelphe et de sa femme Arsinoc, portées suides colonnes ioniques hautes de dix mètres ; statues sur colonnes représentées sm îles vases : cf. le cratère de Bologne; Jahrb. II, 1887, p. 324; ibid-, p. 140. Une étude d'ensemble sur les bases des statues grecques est à écrire. — < A Delphes, Olympie, l'abondance de cos groupes est considérable. Jusqu'à l'époque hellénistique, les figures ne sont pas liées ; elles s'alignent en files, juxtaposées sur des bases rectangulaires ou carrées, comme les statues des frontons archaïques ; quelquefois elles sont abritées dans de grandes niches spéciales, môme, plus lard, dans des soldes de chambres particulières ; DM. corr. hell. XXI, 1697, p. 59S-G00 ; Sauer, Anfù'nge der Statuengruppe. — 2 Ainsi la Nike d'Olympie, la colouneaux acanthes de Delphes. Dans l'Hiéron de Délos il y avait aussi une colonne aux acanthes, dont quelques fragments ont été retrouvés.— 3 On s'est demandé si le prêtre avait le droit d'interdire la consécration d’une statue d'offrande ; Kuhnert, l. c. p. 258; d'après les textes le prètredécide seulement de la place de l'offrande ; ilerodot. Il, 1 10 ; Diod. I, 58 ; la statue d'offrande ne dépend pas non plus d une permission de la cité; la déférence de Crésus envers les Lacédémoniens, llerod. 1, 09-70, est une précaution diplomatique, que n’imite pas, vis-à-vis d Athènes, la reine Olympias, Hyperid. Pro Euxenip. 35 sq. il y a bien des décrets (le l'0).upiuovi*r, Soùin autorisant des consécrations à Olympie, Arch. Zeit. 1877, n°* 82, 97, 98, 101, mais c’est une formalité qui n’est pas obligatoire ; ibid. u0!36, 39,41 , 47 , 59 , 93, 94. — 4 Nombreuses statues de vainqueurs aux jeux, qui sont plutôt des ünopvijuixT. que des 4va8<j|x«v«, Paus.V, 20, 8 ; VI, 12, 1 ; Furtwaengler, Ath. Mit.

I, 1880, 29 sq. ; [’urgold, Arch. Zeit. 1881, p. 80; simples ex-voto de fidèles, Paus.

II, 7, 8; 29, 6-7, llerod. 1, 24, 9, etc. Le désir d’attirer la faveur du dieu ou de la reconnaître explique les nombreuses statues de poètes dans les temples d Apollon cl des Muses ; Paus. IX, 26, 9 ; X, 7, 4 ; 24, 2; de même, la statue de Pliryné dans le lemple d’Eros à Thepsies, Paus. IX, d-1, 5 ; cf. encore Paus. I, 24, 7; 27, 5 ; IX, 4, 2. L'usage est libre ; Phèdre, dans Platon, Phaedr. XI, parle de consacrer, sans raison particulière, sa statue, en or, à Delphes ; nous savous que tiorgias y avait la sienne, Arch. Zeit. 1877, no 54. — 3 Statue d lsocrale, consacrée de sou vivant par sou fils, dans rûlympieiou ; une autre, à Élcusis, consacrée par son ami Timolhéos ; Ps. Plut. X, Oral, vit., Isocr.it. 838 ; Lycurg. C. Leocrat. p 231 ; statues dédiées par les membres d’une même famille, Lœwy, Inschr. gr. BiUlh. n° 301 ; statues résultant de dispositions testamentaires, Smyrne, G. i. gr. 11, 3192; Bev. arch., août 1S85, inscr. d Hypaepa ; Diog. Laert. V, 15 ; Ps. f’lut. I. c. p. 839 d ; Bull. corr. hell. IV, 1880, P- 67. Pour les formules des dédicaces privées, 1. gr. HD, 931 ; Corp. i. gr. 11, 2431 ;

souvent la formule est abrégée ; le nom du dieu à qui la dédicace est faite disparait, cf. Heuzey, Le mont Olympe , p. 475, n“ 10; quelquefois, c'est le dédicant qui ne mentionne pas son nom, Bail. corr. hellén. 1882, p. 324, no 15. — c Les nombreuses statues de guerriers ou de chasseurs qui encombrent l’Acropole, Paus. I, passim, ne peuvent être que des offrandes privées ; encore Pausanias ne nomme-t-il que les statues célèbres par leurs titulaires ou leurs auteurs. — ~ Les trésors ne devaient contenir originairement qu un petit nombre de statues sacrées en relation avec les fondateurs; mais déjà au temps d'Ilérodote, I, 50-51, IV, 162, ils sont encombrés de toutes sortes d'elligies qu'on ne pouvait loger ailleurs; Paus. VI, 19 7 à 10 • des étrangers consacrent de nouvelles offrandes dans des trésors déjà en place, Paus. VI, 19, 6; à l’époque romaine, les statues iconiques elles-mêmes envahissent les trésors, Paus. VI, 19, 10. — 8 Groupes nombreux surtout à Delphes, où l'oracle attire rois et particuliers, et à Olympie, à cause de la vanité des villes. Ordinairement en bronze, ils sont l'œuvre des plus grands artistes; Paus. X, 1 ; X, 6 ; X, 9, 5-7 ; X, 10, l ; X, 13, 5 ; à Alhcues, ex-voto d’Attale; I, 25,2. — 9 A Delphes, copies en marbre de l'ex-voto en bronze de Daochos, dont l’original élait ailleurs : Bull. corr. hell. XXlli, 1899,421-485. — 10 Strab. 637 c. — " Paus. V, 17, (; VI 19, 8-12. On apporte dans l'Heraion de l’Altis les slatucs des Hespéridcs de Théoclcs, venues du trésor d’Épidamne, l'Athéna du trésor des Mégariens, plus lard de nouveaux groupes disposés en vis-à-vis. A différentes dates, l'Héraion s'enrichit encore de l'Hermès portant Dionysos, groupe praxitélien retrouvé en place, de l'Aphrodite eu bronze de Cléon de Sicyone, près de laquelle on placera l'enfant doré de Boelhos; Paus. V, 17, 4. — '2 Statues chryséléphantines des princes macédoniens, apportées du Philippeiou. — 13 La statue ne devient iconique qu'après trois victoires, Plin. N. hist. XXXV, 34 ; sur les premières statues d'athlètes à Olympie, Paus. VI, 10, 1; 14, 2; 15, 4 ; 18, 5. — U Kôliler, Veber die Ehre der Bildsaûlcn, Schr. der Mùnch. Akad. vol. VI, p. 67 ; Hirt, Abh. d. Berl. Akad. 1814-15; p. 0; Bœckh, C. i. gr. 1, p. 18 sq., p. 878 sq. A Olympie, jusqu'au vi" siècle, toutes les statues sont des ex-voto privés, sauf celles de Lysandrc et d’Archidamos, Paus. VI, 3, 15-17, 15, 7. — 15 paus. I, 16, 1; Demoslh. XXVI, 23; Aelian. Var. hist. VIII, 16.— 16 La fig. 6600 reproduit un statère de Cyzique, Percy Gardner, Types of greek coins, 1, pl. x, n° 4. Pour le télradrachrae d’Ahènes (fig. G60I), cf. Beulé, Bonn. d'Athènes, p. 335 ; Percy Garder, o. c. pl. xv, n» 30. Les statues en marbre du Musée de Naples sont des imitations postérieures de I ancien groupe en bronze; Colliguon, H. de la sc. I, p. 3G7 sq. — 11 Pour ces formules, b. Reinach, Epigr.gr. p. 367, 379 ; les formules sont gravées quelquefois sur la base même, quelquefois sur une plaque de bronze fixée à la statue ; G. Gerlach, Griech. Ehreninsclir. Halle, 1908.

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