‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 127 sur 137 · S TA · texte numérisé non relu

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monument est souvent assignée. A Athènes, il a été défendu, au moins â certaines époques, d’élever des statues à côté du groupe d’Marmodios et d’Aristogiton, isolé en évidence sur l'Agora Seuls ceux qu’on appela les Sauveurs, Démétrius Poliorcète et Antigone, et plus tard les nouveaux Tyrannicides, Brutus et Cassius, eurent droit de voisiner avec les premiers libérateurs du peuple2.

Une petite partie des statues honorifiques aujourd’hui connues provient des temples. L'usage est tardif et exceptionnel3. Les plus grands mérites étaient souvent récompensés aux origines par une simple peint ure1. Quand la coutume des statues est adoptée, c’est la haute antiquité des sanctuaires et leur célébrité qui déterminent à y placer de préférence les personnages récompensés à titre public. L’honneur est d’autant plus estimé que la statue se trouve plus rapprochée du dieu3. 11 est assez rare cependant qu’un mortel ait obtenu de prendre place dans la cella avant l’époque de décadence6; généralement, on choisit à l’intérieur de l’enceinte sacrée un autre endroit plus ou moins en vue selon l’importance du personnage honoré '. Dans le péribole, c’est le côté de l’entrée qui est le plus recherché. Les vainqueurs aux grands concours sacrés, les fondateurs de cérémonies ou de jeux y trouvent place assez naturellement. Les statues de sculpteurs ou d’architectes, de prêtres et de prêtresses, qu’on rencontre à coté sont presque toujours des offrandes privées 8. On compte plutôt comme offrandes publiques les statues d’orateurs ou hommes d’État9, puis, à partir du 111e siècle, les rois, empereurs10, villes, peuples, ou corps administratifs11. Dans bien des cas, l’érection d’une statue de ce

genre était avant tout une mesure politique; aussi les changements de régime bouleversaient-ils le peuple des temples 12. — Comme les statues honorifiques des sanctuaires risquaient d’être confondues avec des offrandes privées, il arrivait qu’on élevât à la fois deux statues à un même personnage, l’une dans un temple, l’autre en quelque endroit profane. Il semble même qu’on ait préféré les places ou les monuments publics aux lieux sacrés. Cela explique comment, pour la plupart, les statues mentionnées par Pausanias surl'Acropole sont des offrandes privées. En dehors des temples, l’Agora, centre delà vie des cités, est la place de prédilection pour les statues iconiques. Elles s’y ressemblent en foule, placées en plein air, ou sous les portiques, ou dans des niches spéciales tantôt rectangulaires, tantôt demi-circulaires 13. Elles rappellent le souvenir des héros locaux, des éponymes, des protecteurs de la ville ou de la constitution, des généraux victorieux ; les prêtres et vainqueurs de jeux sont rares; par contre, les rois et princes abondent, aussi bien que les hommes d’État, les poètes, les arlistes14. Souvent la statue résulte de L’initiative d’une cité étrangère, honorant pour service rendu certains citoyens d’une autre ville18. Les divers monuments profanes ne sont pas moins bien partagés que l’Agora. Le Prytanée, le Bouleutérion semblent avoir été réservés à des mérites de premier ordre16. A partir du ivc siècle, les théâtres et lesodéons s’enrichirent d’effigies de poètes, d’acteurs, de musiciens ; à l’époque romaine, ils reçurent les statues iconiques des princes17. Aux hippodromes, aux gymnases, aux stades, aux palestres

1 Curtius, Stadtgesch. von Athen , Schrifq. z. topogr. v Atli. p. i.v; Pans. I, 8, 5 ; M. Caroll, The Altica of Paus. 217 sq. Sur les avalars de ce groupe, Collignon, H. de la sc. gr. 1, p. 308-373. — 2 Statues des Sauveurs, dorées, sur char ; Curtius, Stadtgesch. ibid. p. Lin ; Beloch, Griech. Gesch. 111, p. 1 et 133. Pour 1 interdiction en général, Inscr. gr. U, n» 300, p. ‘123 ; ou avec la formule de style, itt.v oî ol vopot àsa-foçciouaiv, 1. gr. Ibid, n» 463, p. 242; li,n" 410, complété par IV, p. 409 ; sur les statues de Brutus et Cassius, Dio Cass. XLVU, 40. - 3 Beaucoup des statues des temples sont des olïrandes privées; Lœwy, Insch. gr. Bildh. 110, 117, 124, statues d’ergastines, dédiées par leurs parents. Kuhnert, op. I. p. 262, fait remarquer qu’une des statues de prêtresse au temple de Héra à Myccnes, Paus. II, 17, 7, était celle de la prêtresse Chrysis qui, par sa négligence, avait laissé brûler le temple; ce ne devait pas être une ofTrande publique ; à Athènes, tous les serviteurs de l’Athéna Polias lui dédient leur statue, Aili. Mittheil. VI, 1881, pl. vi à xi ; 1886, pl. ix, 3; cf. Paus. 1, 27, 4; 11, 17, 13; 33, 8; Martha, Sacerd. ath. p. 148; la coutume se prolonge assez lard, C. i. gr. I, 387 ; I. gr. IIP, 720 ; Kaibel, 8Ik>, 863; elle existe encore au temps de Julien, Lebas, Voj. en Grèce et en A. Min. 11, 144 i; pour la plupart, les stalues placées dans les temples peuvent donc être considérées comme des offrandes privées ; cependant l'usage des consécrations il titre public est en certains cas indubitable, Xenoph., hiero, IV, 3. 4 Paus. I,

■<S 2. — 3 Dio. Chrys. XXXI, 013. — 6 Au début, la cella est interdite, semble-t-il, aux statues honorifiques ; le Cheirisophos, Paus. VIII, 53, 8, doit être une oflrande privée. Daus le temple de Léto à Argos, la Niobide Chloiis, qui n'est peut-être pas d'ailleurs une Niobide, est considérée comme béroïsée, ibid. H, 21, 9; les statues de Pausanias, roi de Sparte, dans la cella de l'Athéna Chalkioikos sont là à titre expiatoire et non honorifique, ibid. III, 17, 7-9; exemples douteux : Paus. II, 20, 8 ; VI, 3-16, 17 ; IX, 4, 2; les statues d’Amasis, dans l'Ileraion d' Argos sont placées seulement près des portes, Herodot. Il, 182. C’est déjà à I époque de décadence qu’Attale III de Pergame installe son effigie près de celle d'Asklépios, Frankel, Inschr. v. Pergam. 246 ; un prêtre de Cuide est mentionné comme étant devenu de la déesse qu'il servait, Lebas, Voyage , 111, 1572; voir

les honneurs rendus en Egypte à Ptolémée Epiphanès, C. i. gr. III, 4697 ; scs statues sont placées dans chaque temple, près du maître du sanctuaire ; pour l'usage à l’époque hellénistique, cf. C. i. gr. II, 3593: Liv. XXXVI, 20; Liban. LXI, 333 ; à Rome, il devient légal que les statues d'empereurs soient inter simulacrà deorum-, Dio Cass. XLIU, 45; la coutume sc propage eu Grèce; Paus. I, 40 2; V, 12, 6, 20, 9; le Métroon d’Olympic est converti, à l’époque romaine, eu temple d'Auguste et des empereurs ; leurs statues sont dressées dans la cella ; nombreux autres cas analogues; au début, protestations de Tibère contre cet honneur; Sueton. Tiber. 26; Hadrien les renouvelle ; Plin.J. Panegyr. 32. — 7 Surtout à l'époque tardive, les décrets demandent souvent que la slalue soit placée év -z IxtoavsoTâvw voi ï vâo3 vonui, C. i. gr. Il, 3395. 8 La statue

de Thémistocle dans le temple d’Artémis sur l'Acropole est sans doute une offrande privée, Plut. Tliem. XXII; mais les statues d’Hadrien dans l’OIympieion, C i. gr. I, 1623 sont là à titre officiel. Tour les statues de vainqueurs élevées

par décret public dans les cités d’origine, Paus. 1, 19, 6 ; 11, 19, 3 ; un décret de ce genre à Didymes, C. i. gr. 11, 2888. — 9 Paus. II, 23, 4; VIII, 31, 1; C. i. gr. I, 363; statue de üeeimus Cossutius dans l’OIympieion; voir aussi Paus. VIII, 53, 7-8. Pour les stalues de prêtres et de prêtresses, les cas d'offrande publique sont rares, Lebas, Voyage, III, 1572. Les statues des Branchides, de Rhodes sont des offrandes privées. — 10 Paus. 1, 24, 7 ; 27, 3 ; II, 20, '8 ; IV, 32, 1, 31, 10 ; IX, 4, 2 ; X, 10, 1 ; 33. 3. — H Statues de princes ; Ælian. Var. hist. VI, 11; Liv. XXXVI, 20; Paus. 1, 24, 7; 40, 2 ; V, 12, 6; 20, 9; 4-9; VI, 11, 1; 12, 1-4; 5; statues de villes et peuples, Polyb. XXXI, 16. Bull, de corr. hetl. I\, 544; statues de la déesse Rome à Athènes, Curtius,. Stadtgesch. 246 sq. ; Paus. 1, 3, 2 ; à Délos, Bull, de corr. hell. VII, 1883, p. 404 sq. Sur le culte de Rome, Tacit.

Ann. IV, 56 ; Liv. XLIII, 6. — 12 A Ephèse, à Samos, pendant la lutte entre

Athènes et Sparte, on place successivement dans les temples les vainqueurs des deux partis, Paus. VI, 3, 16 et 17 ; Fraenkel, Inschr. v. Pergamon, 246 ; Ranghabe, Ant. hellén. 689 ; Corp. ins. gr., I, 1625; Lebas, Voyage , III, 1018 ; Lorp. ins.gr. H, 2771, 2775 c cl d-, I. gr. IIU, 623, — 13 Homolle, Délos, Bull, de corr. hell.

1881, p. 390 ; groupes sous des portiques d’Agora, Paus. li, 31, 7; III, II, 3;

stalues dans des niches, surtout à l’époque hellénistique; niches du Portique d’Athéna Polias, à Pergame, Alterl. von Pergam. H, p. 45, pl. xxvi-xxvu; l’onlrc-

loli-Collignon, Pergame, p. 113-115. — 14 Strab. X, 463 ; Paus, VIII, 48, 8-., talucs des éponymes à Athènes, consacrées sous Clisthènes, Wachsmullî, Ber ’tadt Athen , I, 165; elles servent à certains actes de la vie publique; c est là que :s parèdres des euthunoi viennent recevoir les plaintes contre les magistrats preraicateurs, Anstot. Besp. Alhen. XLVII I ; on expose sur le piédestal les documents slatifs à la tribu désignée par l'éponyme, Aristopli. Pax , 1 183. A Elatée, la statue u fondateur de la ville se trouvait exceptionnellement près d’une porte, Paus.

11, 20, 7. Les Tyranuoctones à Athènes occupaient r Orchestra Statues de gnu ■ aux vainqueurs, Paus. I, 8, 2; 4, 16, 2, C. Nepos, Cliabrias, I; Paus. IX, 12,(l> xrcs statues de vainqueurs de jeux: Paus. V'III, 40, t, 48, 1 ; quelques prêtres, 'orp.ins.gr., 3657. Pour les rois cl priuces, Id. Il, 3137; Lebas, Voyage, HL 0 ; Paus. i, 3, 2 ; 16, I : III, 11,10 ; Dinarcli. Contr. Dcmosth. 53; Ins. gr. IM, 311,

12. Statues d'Hadrien à Athènes, Paus. I. 3, 2, à Kynailha, VIII, 19, 1. Pour les

rands hommes, statue de Solon à Athènes el à Salamiue, Paus. VIII, 48, I, L ,n> ; de Polybe, à Mégalopolis et à Tégée, VIII, 30, 8; 48, 8; de Lycurgue, de lémosthèuc, de Démocharès à Athènes, I, 8, 2 ; 8, 4 ; la statue de Démocharcs lui ■ansportée plus tard dans le Prytaneion, Ps-Plut. X Orut. vitae, 369; slatue du liéteur Aelius Aristidès à Smyrne, Philoslrat., Vit. Sophist. II, 9, 2 ; nombreuse tatuesde poètes, Paus. I, 8, 4; IX, 27, 5 ; Suidas, s. v. Plut. Alex. XV I :

e musiciens, Paus. IX, 12, 5. - 15 I. gr. II', 251, 287 ; C. i. gr. il, 3655. - ^ M'1' ade et Thémislocle dans le Prytanée d’Athènes, Paus. 1, 18, 3 ; 26, 3. >l.dm ’Olympiodoros, Paus. 1, 26, 3; d'Autolykos, Plin. N. Eist. XIX, 17 ; statue ' c appho dans le Prytanée à Syracuse, Cic. in Verr. II, IV, 57 ; dans le Bouleutum e Syracuse, statues de Marcellus, de Verrès (par ordre), Cic., in Verr. - > \ i. gr. II, 2060. — 17 Paus. I, 8, 6 9, 3, 4; 11, 1 ; Wood, Ephesus, p. 47; Paus.

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appartenaient de droit les portraits de ceux qui les avaient fait construire1. Ils voisinaient là avec les maîtres de la jeunesse [epuebi], avec les triomphateurs de la beauté, de la force, de l’intelligence2. Restaient encore aux amateurs de bustes ou de statues les écoles, les bibliothèques, les jardins, sans compter les rues, où les personnages de marbre et de bronze, placés sur des piédestaux bas, semblaient vouloir se mêler encore à

la foule des vivants 3.

C’est à partir de la guerre du Péloponèse que les statues ironiques, à Athènes et dans toute la Grèce, se multiplièrent à l’infini. A l’époque de la décadence on les accordait par dizaines à un même homme ; on ne les refusait à personne; toutes sortes d’inconnus durent alors encombrer les places et les temples *. Pour les rois et les grands personnages on ne put longtemps se contenter des honneurs permis à tous : il fallut créer des sanctuaires spéciaux, honorer lesslalues iconiqUes comme des statues de culte3. A cette période d’héroïsation, de divinisation à outrance, il semble que la Grèce se souvienne qu’entre les dieux et l’homme elle a mis seulement une différence de degré. A la longue, les statues devinrent si nombreuses qu’on ne put suffire à tailler les nouvelles ; on réemployait les bases, quelquefois même la statue presque entière, en changeant la tète et l'inscription0. Encore est-on surpris, en constatant le nombre des décrets où l’honneur de la statue est concédé, que si peu de monuments soient parvenus jusqu’à nous. Comme les frais étaient à la charge des intéressés, il faut penser que le souci de l’économie lit adopter souvent lYtxwv ypa^T-q, peinte sur bouclier cupeiîs] 7. Peut-être aussi bon nombre de statues restèrent-ellesà l’état de principe dans les archives publiques.

C. Les statues et la vie privée. — La statue achève logiquement son évolution lorsqu’elle se met au service des particuliers. Pourtant, historiquement, à cause de son rôle tout d’abord religieux, elle a commencé de bonne heure à s’employer dans les cultes privés et dans l’ornementation funéraire.

Les chapelles, de culte privé ont existé partout en Crèce malgré les grands temples, centres du culte public. On a remarqué dans les villes hellénistiques, à Priène par exemple, que les deux formes de piété sont en rapport étroit: les dieux des grands temples sont aussi les dieux des petites chapelles. Mais le plus

I, 21, 1; | 22 2, . qr. III*, 120, 760 ; Allien. I, 19 b-c. Ilévos, généraux,

princes. Palis. 11,7,5; VI II, 40, 1 ; n p v.% t m à, 1882, 2.1-20 ; T liera , 111, p. 259- 261. « Pans. I, 17, 2; C. i. qr. I, 360; II, 2384, 3524, statues du gymnase lie Priène, Prie ne, p. 260 ; bustes de cosmétes dans les palestres, Dumont,

Irram. de la Gr. propre. II, 215-221. — 2Mouv. natptSL. 1876, p. 22, 114; 1878, p. 22; 1. qr., 1IM, 1104; Bail, de corr. hcll. I, 220 sq.; Pans. VU, 17, 5; X, 30, 9; statue d'athlète à Délos. Pull. corr. hell. 1895, XIX, p. 482;

pour les statues de poètes, orateurs, Lebas, 4 ojaqc, III, 1018; Paus. I, 17,

2; Pim. N. Hist. VII, 37. — 3 Bustes et statues dans les bibliothèques,

Ihog. I.aert. III, 25, V, 51-52; Plin. .V. Hist. XXXV, 2; sur les statues dans les bibliothèques à l'époque romaine, cf. Jahresheftc , 1004, Beiblatt, p. 33 ; [ Vov. aussi imago, eibi.iotheca . Pur la disposition des statues dans les avenues

de villes, à Priène, Jahrb, XII, 1897; Anzeig-, p. 183; à Corinthe, statues placées tout au long de la rue du I.ecliaion. — '* Démétrius de Phalères reçoit

360 statues d’après Plin. N. Hist. XXXIV, 0; Dion Chrysost., XXX\II, p. t22, en porte le nombre à 1500. Sur les statues d'Hadrien, C. i. gr. 321 sq. ; un décret accorde 20 statues à un môme personnage, Bull, de corr. hell. 1885,

IX, p. 515. Sur les statues honorifiques à Pompéi, Overbeck, Pompeji, 492 sq. — » L'usage dérive eut-ètre des habitudes des Égyptiens, qui rendaient un culte aux statues de eurs rois ; il n’apparaît guère en Grèce qu'avec Alexandre. Cependant l'honneur do l'héroi'salion avait été accordé déjà à Lysandrc, Plularch. Lys.., XVIII; et à Brasidas, Thucyd. V, 11. Décret de Skcpsis sur la divinisation d'Antigone, Journ. of hellen. stud. XIX, p. 330; Beurlier, De divin, honorib.

quos acceperunl Alex, et succès, ejus ; Essai sur le culte rendu aux emp. romains. On adore les statues impériales ; elles sont « consacrées » comme fies statues de dieux; les rois étrangers leur font des sacrifices; Dio. Cass. LX, 5; LIX, 27 ; Claude interdit cet usage, ibid. LX, 5; sous Tibère, on sacrifie môme aux statues de Séjan, ibid. LV11I, 4, 8 ; Sueton. Tib. 48 ; les soldats rendent un culte aux effigies des princes; Corp. ins. lat. VII, 2554; Tac. XV, 54; Herod. IV, 4, 5 ; cette adoration dure jusqu’après l’installation de l’empire à Constantinople et le triomphe du christ ianisme ; saint Jérôme, in Daniel. III, 18; saint Ambroise, He.ramer. VI, 9, 57; saint Jean Damasc. Oral, de imaginib. III, 41; Cod. Theodos, XV, 4, 1 ; Dio Chrys. De laud. S. Pauli , Homel. VII. — G Surtout à Rome; cf. plus loin; mais le fait, dit : ptvayséçeiv, s est produit en Grèce meme : on voit encore à l'Acropole la plinthe des statues des cavaliers de Lvkios qui, retournée, a été utilisée pour une statue de Germanicus. Un groupe exécuté par Léocharès et Sthcnnis pour la famille de Pasiclès fut remplacé, sur la môme base, par des statues de la famille d'Auguste. — 7 Bull, corr. hell. 1885, t. IX, p. 132-133. — 8 A Aigion, culte privé de Zcus cl d’Héraklès, Paus. VII, 24, 4; à Messéne, culte privé de Zeus ; à Manlinée, de Perséphone, Paus. IV, 32, 2 ; Ann. de l'Ass, des Ét. grecques, IX, 328 ; culte privé du sceptre de Zeus à Chéronée, Paus. IX, 40 , 42. — a Slrab. VIII, p. 343. — 10 Leonid. Tar. 25, 35 ; chez les Romains, Tibull. I, 1; Virg. Eglog. Vil, 33; Kaibel, 812; Leonid. Tarent. 26; Tlieocr. I, 21; Longus, Past. p. 7 ; Luc. Timon, 42. — Il La figure reproduit un gobelet d'argent, de Vicarello, Ai ch. Zeit. XXV, p. 78, pl. ccxxv. 2, 3. Voy. aussi notre fig. 714.

souvent les cultes privés se sont développés surtout dans les villes d’importance secondaire, où il n \ avait pas de temple public pour tous les dieux ; dans ce cas, certaines statues sacrées habitaient chez des p a r ti c iiliers, qui en étaient prêtres8. Nous avons là l’exemple de cultes arrêtés à mi-chemin de leur développement et qui n’ont pas franchi la période de l’organisation par

ysvr,. Dans la Fig. 6601. — Entretien d’un sanctuaire rustique.

campagne,

chaque domaine avait ordinairement son lieu de culte, muni d'une statue ou de statuettes. Certaines contrées étaient ainsi peuplées de petites chapelles dédiées à Artémis, à Aphrodite, aux Nymphes °. Hermès promettait la fécondité aux enclos. Les pâtres décoraient les grottes des bois et des monts avec des effigies rustiques de Pan 10. Sur certain es représentations an tiques, on voit un hermès dressé sur une colonnette à l’abri d’un arbre consacré , devant lequel est une table d’offrande (fig. 6601) 11 * * * * * * IX, ; tels devaient être ces lieux de culte. Dans les villes, les maisons avaient toutes leurs sanctuaires privés [lares, sigillum] : à chaque partie delà demeure étaient assignés des dieux spéciaux, ordinairement figurés par des statuettes en bois, en argile ou en plâtre, sans grande valeur artistique; on les plaçait tantôt dans des édicules 'fig. 6602),

Fig. 6602. — Édicule de eullc privé.

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Fig. 6603. — Apollon de Ténéa.

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ou des niches, tantôt dans des coffres, des amphores ; quelquefois on les fixait avec des chevilles sur les stèles en place1. La coutume des statues de grandeur naturelle dut naître assez fard et resta rare 2. En Attique, devant la porte des maisons on dressait Hermès, ou Hécate, ou la pyramide d’Apollon Agyieus ; Hermès Strôphaios surveillait l’entrée; Zcus était dans l’auXip Les Gsot iraTpSoi et les Geoi xxtjouoi se partageaient les appartements, et jusqu’aux cuisines :i. Chacun honorait chez soi, librement, les protecteurs de son travail ou de sa vie b

Les statues funéraires se rattachent déjà moins étroitement que les statues des cultes privés au principe religieux. Aucune croyance à la nécessité du double pour la survie du mort, comme en Égypte, ne justifie en Grèce la coutume de telles effigies b. Le mort a ses amulettes dans la tombe [sigillum, figlinum opus, sepulcrum] s. La statue funéraire n est donc point pour lui un fétiche. A la vérité, elle se rattache comme la stèle au principe du uŸ|[ia ; elle est destinée à représenter le mort en état d héroisation, c’est-à-dire avec un caractère déjà semidivin; c’est par cette intention quelle s’explique et se justifie à l’origine. Elle est restée rare. Quoique confiée d’ordinaire à des praticiens de second ordre \ elle était coûteuse pour des particuliers. Or les

I La figure 6602 reproduit une pierre gravée de Florence ; cf. aedicui-a, p. 93, sacbificiüm, p. 968. Petites aedicules avec statuettes de dieux, Berlin, Antiquar. n“ 7678 ■ ces dieux sontle plus souvent Dionysos ou Zeus, A nth. Pal. 29o ; Suidas, s. v. statues déplâtré. Pans. IX, 32, 1 ; statuettes de dieux placées dans des

amphores, Athen. XI, 473, b-c, Etyn. Magn. s. v. i Rhoden, Terrak. v.

Pompeii, p.26 ; Plat. Conviv. 216; niches nombreuses dans les maisons hellénistiques, à Délos, Bull, de corr. hell. 1895, p. 405 ; 1906, p. 51 1, 512, 650 ; à Tliéra, Thera. 111 p. 189. — 2 En 250 av. J.-C., le P.-Dicéarque constate encore la pauvreté des maisons d'Athènes; Fragm. I, Millier, I; à Tliéra, Thera, III, P- 162-3, sculptures du Palazzo, statuette d lléraklès, àlap. 173. fragment de la p. 176; maison de Pothitos, maison du Pliallos, statue de Tyché, p. 131, 191. Beaucoup de terres cuites pl de la p. 172, et de la p. 173. A Délos, ou a trouvé quelques statues de dieux dans les maisons, Bull, de corr. hell. XIX, p. 476-483, p. 491-2. Mais une part de la découverte provientd’un atelier de marbrier, ibid. p. 510, 51o-6 ; les principaux morceaux sont le Dionysos assis, ibid. XXXI, 1907. p. 511 sr,„ et le groupe Aphrodite, Pan, Eros, 1906, p.6 10 sq., trouvé dans l'établissement des Poseidomastcs; quant à la maison dite de Kerdon,el!e semble avoir été un atelier de sculpteur, ibid 1903, p. 52. Pour Priènc, voir Prime, p. 178 et p. 3G0 sq. - ■' Hermès dans les maisons de Priène, Prient, p. 343; à Délos, Bull, de corr. hell. 1906 p 589, 607 ; pour Hécate, schol. de Tlieocr., Il, 36; Aristoph. \ esp. 798 ; pour’ Apollon Agyieus, Aristophan. Vesp. 870 ; pour Hermès Exfo?*To5, Pollux, VIH, 32; Suidas, s. v. et ’Eçpü; ; Bull, de corr. hell. 1905, p. 16; pour

Zeus l'aus. -Il, 24, 3 ; d'autres dieux se rencontrent naturellement dans les maisons, Bull.' de 'corr. hell. 1906, p. 527-558 ; llcsych., s. v. «,5,'axo; ; Athen. XI 473 b ■ par exemple Athéna Ergané dans l'appartement des femmes, Alcipl.ron, lll’, 41 ailleurs, Hépfaaistos, Agathe Tyché, Agatl.odaimon ; voir, pour une maison ne Tliéra Thera 111, p. 130. — 4 Sanctuaire de la maison de Pindaro, Pans. IX, 25, 3, avec l'an et Cybéle ; Pindar. schol, Pytli. III, 137. A Priène, beaucoup de maisons ont des statuettes en terre cuite de Cybéle, de la déesse Baubo, Pnenc, p 330 sq. Voir SIGU.LCM. — 5 G. Foucart, Bev. des Idées, 15 nov. 1908. - 6 Collier, Ouam ob causam Graeci in sepulcris figlina si,, Ma deposuerinf, Haussoullier, Quomodo sepulcra Tanagraei decoraverint, p. 88-89. - 7 On connaît pourlanl des statues funéraires de grands maîtres; le cavalier en ImSur/ de tombeau mentionné par l'aus., I, 2, 3, attribuable à Praxitèle ; les /lentes matronae de Praxitèle le Jeune et de Sthennis; Plin. N. Hist. XXXIV, 90 ; XXXVI, 70. - « Perrol, H. de l'Art, VIII, 68 sq. ; rapprocher de la loi de Solon une loi de Nisyros. interdisant de dresser sur la tombe un tihrTapa quelconque; Berl. phil. Wochensch. 1896, p. 190; Jahrb. XI, 24, 45. Démélrius de Phalères promulgue encore une loi restrictive analogue, mais où il n'est pas question de statues tombales ; Cic. De Legib.

11 06 — 9 Cic. De Legib. H, 26, 65 : sepulchrum neque opéré tectorio ex-

ornari, neque hermas lios quos vacant licebat imponi. — l» Pour le rôle funéraire des Sirènes, Weicker, Der Seelenvoge ; Itohde, Psyché ; Sirène sur le tombeau

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Grecs, au contraire des Orientaux, ont toujours tendu, à partir de l’époque mycénienne, à restreindre le luxe de la demeure funèbre8. Même, une loi somptuaire de Solon avait défendu quelque temps la mise en place d’IIermès sur les tombes8. A part les êtres mythologiques, Sphinx, Sirènes, Ilarpyes, Néréides, et les animaux fantastiques ou réels qui symbolisent, comme en Orient, les génies de la mort veillantsurle tombeau10, la statuaire funéraire traite le type humain". Elle a eu sans doute les mêmes antécédents que la statuaire ordinaire ia. Elle semble avoir débuté à une date fort ancienne. Plusieurs des prétendus « Apollons » archaïques (fig. GG03), et même quelques Korés doivent être considérés comme nous offrant le type des premiers a/igara en ronde bosse13; plus tard, sans abandonner encore la représentation impersonnelle, on prête au mort héroïsé une figure idéale et les attributs divins ; ce

’ig. 6004. — Stalue funéraire dite Hermès d’Andros.

sont les types de la grande statuaire avec un travail un peu plus rapide. Les morts sont souvent groupés par couples. Les hommes sont en Hermès, debout près d’un tronc d’arbre où s’enroule le serpent (fig. G604), ou appuyés sur un cippe1'. On \oil

de Sophocle, Paus.,1,21, 2; Philostrat. Vita sophist. I, 17; sur le tombeau dïso craie, Plut, in Rhet. de Isocrate-, Salinas, Bev. arcli. 1864, p. 309, pl. xu; Antli. pal ’vi, 491; VII, 710. Sur les Néréides, Martin, Quid significaverint sepulchrales Nereidum figurae 7 Pour le Sphinx, cf. Athènes, Mus. nat. salle VI, n">

76 ; Sphinx de Spata, du Pirée ; c’est probablement un sphinx qu'il faut restituer au-dessus de la base de Lambrika [Lamptrae] ; Collignon, H. de la sc. ijr. p. 383, fig. 198 ; sphinx sur lécythes, WcisshSupl, Attische Grabstatuen, dansl Eranos Vindobnn p. 49. Avec le sphinx, le lion est le principal gardien des lombes. Sur le type du lion funéraire, Perdrizet, Bev. arch. XXX, 1897, p. 134; l'idée vient ,1e l'Orient; lions en Lycie, Phrygic : Perrot, H. de l'Art, V, fig. 64-6o ; Menai1, Ane. monum. of Lyd. and Phryg. Pour la Phénicie, Perrot, l. cil. III, P dans l’Odyssée, il est fait mention de chiens (7) gardant le palais d'Alkmons. Lion deCnide, Collignon. H. de la Sc. gr. H, p. 385 ; voir encore Perrot, l. cit. VIL, 518 ; Collignon, Strena Helbigiana, 41 sq. Pour d'autres animaux, taureaux, aigles, chiens, voir Cat. of British Mus. I, n" 680 ; Journ. of hell. stud. VI, p. 32, ph sur le chien du Céramique, Salinas, Mon. sépulcral i scop. pesso la chiesa delta S Trinila, 1803, p. 17, pl. iv, fig. I. — » Représentations de statues funéraires sur un lécythe d'Érétric, '12.. ’An, 1886, pl. IV bis, (fig. 6322 du Dictionnaire); statues avec leurs heroa, sur des reliefs funéraires, Jahrb. XX, 1905, 60, 132 ; sur des vases larentins, Coll. Cuputi, à Ruvo ; Jalla, Cal. délia Coll. Caputi. lll, sq ■ Jahrb. XV, 1900, p. 154, Anzeig. Sur la statue funéraire en généra, Gar'dner, Sculptured Tombe of Hellas, 1890; documents céramographiques dans Weisshüiipl, Ait. Grabstat., Eranos Vindobon. p. 48 sq. ; voir encore Furtwaeneler, Coll. Sabouroff I, p. 53 sq., 150; Perrot, H. de V Art, VIII, P- ll"s' p 056- Atb. Mittheil. 1897, p. 109; Bonner Jahrb., 1890.pl. x; IV, en. Jahresh. *898, 1 sq. ; Gaz. arch. 1887, 92 sq. ; Bev. arch. 1903, I, p. 3 sq.; Monum. antichi, I. 796; 1908, p. 132, note 1, elc. ; Collignon, les Statues funéraires dans l’art grec, 1910. — 12 Pilier funéraire de Sardes, Berlin, Beschreib. p. n" 883 ; Curtius, Antilce J/erme, p. 18 sq., fig. 12-14; Jahrb. 1900, p. ■ ce monument, hennés d'un côlé et relief de l'autre, est l'antique rtp-i « P1 ,c funéraire a subsisté pendant toute l'antiquité ; il est quelquefois surmonté : , figure, Bercy Gardner, op. c. p. 110; Jahrb. XX, 1905, p. 79. - 13 Sur les début» la statuaire funéraire : Athen. Mittheil. IV, 1879, 299 sq. ; Milchhofer, ibid. . Loewy, Insch.gr. Bild. n»» 11, 12, 395; pour les Kouroi funéraires, voir Deo , Les Apoll. arch. p. 187 sq., Apollon de Ténéa, ibid. p. 227 (fig. 6604) ; s *luc dl ; (|ü vre, Gaz. arch. 1887, pl. xi; statue de Marion, Déonna, l. c. p. 238, n°

Mégara Hyblaea, ibid. p. 247, n» 155; Kouros de Kalyvia-Kouvara, E=. A?-/, -•

p. 43-50, pl. ni, iv ; pour les Korés funéraires, cf. la base de Vourva, Lécha , • ;

av Pbid. p. 2 16, note 2 ; lastatuc funéraire archaïque du type féminin asouvi u l’aitilude assise, Athènes, Mus. nat. n»6, 7, la. 107; Rayet-Thomas Mxlet, p ■ '

-H Hermès d'Audros (fig. 6005), Athènes, M.nat. Salle VI, 218; Collignon, H. d . Sc. gr. t. II, p. 382. Hernies d’Ægiou, ibid. Salie VIII, n°24I ; Ilormes d J

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araître quelquefois comme sur les slèles les personji'iges conventionnels du cavalier, de l’homme armé1. Ijes femmes, drapées, souvent voilées (fig. 6605), sont debout ou assises2. Seul un geste discret indique la mélanr0lie je la mort. Quelquefois, surtout pour les femmes, la statue se réduit à un buste 3. A mesure qu'on tend vers l’époque romaine1, et surtout après l'invention du modelé sur cadavre, la statue funéraire, comme la statue d'offrande, vise déplus en plus à la représentation

réaliste5 [imagoJ. En même temps, des sujets nouveaux apparaissent 6; les sépultures se compliquent ; des esclaves, hommes et femmes, assis sur un rocher, sur le tertre du tombeau, dans le dromos des sépultures de famille, pleurent la destinée de leurs maîtres. Peu à peu, la vogue passe aux grands groupes, aux tombeaux ornés d’une profusion de statues7. D’autre part, ainsi que l’eixcôv honorifique, l’effigie funéraire- devient à la

l ig. GG03. — Slaluc funéraire.

longue un véritable e8oç.

Elle est placée parfois au centre d'un temple-tombeau, dont les abords et les entrecolonnements sont ornés d’autres statues8. Dans la mort comme dans la vie, l’homme s’efforce à conquérir les honneurs divins.

Les Grecs s’avisent assez tard de donner aux statues un rôle uniquement décoratif, esthétique. L’usage date surtout de la période hellénistique ; il n'a pu se développer qu’avec les progrès du luxe et la décadence de l’esprit religieux. A partir de l’époque alexandrine, la sculpture fournit aux besoins nouveaux de grands groupes pittoresques, faits pour orner les bosquets artificiels etlesaboids des sources9. Les statues humaines peuplent les parcs. Iférode Atticus avait fait placer partout, dans les bois, près des fontaines, ses fils adoptifs morts prématurément lü. L’ornementation des maisons utilise surtout la statuaire de genre; en outre, on place chez soi les effigies de ses

, Cavalier do Vari, Atlien. Mittlieil. IV, 1879, pl. ni; hommes armés, Paus. VU, 2, 9 ; archers, Rev. arch. 1804, pl. xn, p. 366. — 2 Prétendue Pénélope ,du Vatican, Ant. Denkm., I, 1888, pl. xxxt a, p. 17 (fig. 6000); autres exemples, Athènes, Mus.nat. 380,825; Coll. Sabouroff, pl. xi; on aparu croire quelquefois que le type debout était réservé aux mortes; statue du Louvre, Collignon, H. de laSc. gr.

II, lig. 200, p. 381 ; statue d'Audros, Athènes, M. nat. 219 ; Koerte, Ath. Milthcil.

III, p. 95 à 103; statue d’Ægion, Athènes, M. nat. 212; Koerte, ibid. III, p. 25; le type astfls aurait appartenu plutôt aux pleureuses; Collignon, Rev. lit. gr. X\ I, 1903, p. 299 ; Mon. Piot, IV, 225; Furlwaengler, Coll. Sabour. pl. xv, xvti; Th. Kcinach et Hamdy-Bcy, i'ne nécrop. royale à Sidon, p. 244, note 3 ; mais ce u est pas là une règle absolue ; on a eu ell'et des exemples de mortes assises ; Collignon, Mon. Piot, IV, 220-227 ; et le type ditdc la pleureuse est souvent employé pour la morte elle-’môriic, Collignon, ibid. — 3 Les bustes funéraires n’exislcnt pas, à notre connaissance, en Atliquc, mais ou en a trouvé à Milo, Anaplii, Cyrènc, surlotit à Théra ; l'usage semble avoir élé propre surtout aux cités doriennes ; licnndorf, Wien. Jaliresh. I, 1898, 1 sq.; Collignon, Rev. de l'Art anc. et mod. IX, 1901, p. 377, 384; le célèbre buste d'Elché, trouvé en Espagne, élait probablement funéraire et servait de Ironc à cendres ou à offrandes, Jalirb. XV, 1900, Anzeig. p. 23. — 4 L'usage des statues funéraires se prolonge très longtemps; cf. Woisshiiupl, Rie Grabgedichte der gr. Anthol., Abhandl. des arch. epigr. Semin. der Universitât , Vienne, 1889, VU, p. 101; dans Kaibel, pour l'époque romaine, 108, 186, 200 ; du tu« au iv' s. après J.-C. 406, 590: Hadrien fait placer une statue funéraire sur la tombe d'Alcibiade à Melissa ; Atlien. XIII, 574, F; Anth. Pal.. VII, 049 ; stalues funéraires à Home, Corp. ins. lat. II, 1923, 2000, 4020; Petron. Sat. 71 ; Kiessling, Anecd. Basil, p. 6 ; Kuhnert mentionne comme dernière statue funéraire celle du stéphanophore Lamachos , Constant. Porphyr. Re admin. imper. 53, p. 153. — °Pliu. N. hist. XXXV, 13-t.

ancêtres, les bustes des personnages qu’on vénère particulièrement11. Les délicats collectionnent les statues de prix, les répliques d’œuvres fameuses "• D ordinaire, pourtant, le luxe de l’habilation, en Grèce, reste modique. Les maisons de Délos et de Priène contiennent bien moins d’œuvres d’art qu’à Pompéi, où, il est vrai, h r> larges péristyles semblent appeler plus naturellement un décor de statues13. Dans les demeures helléniques, il n y a que de petites cours, point de grands espaces, point de jardins ; on orne surtout avec des terres cuites. Mais aussi la sculpture d’appartement, là où elle se rencontre, estelle supérieure à la moyenne des décorations de Pompéi ; à Pompéi, on ne voit guère que des répliques; dans les maisons grecques, au contraire, les petits morceaux de genre, les statuettes à taille réduite, dérivées des types praxitéliens, ont une grâce élégante qui reporte quelquefois l’esprit aux meilleurs modèles.

L’Etrurieet Rome. — La statuaire a débuté de bonne heure en Etrurie14 [etrusci], mais elle y est toujours restée un art d’importation. Elle met en œuvre principalement l’argile et le métal [figlinum opus, statuaria ; nous la voyons surtout employée pour les besoins religieux et funéraires ; elle a produit pourtant des portraits i imago]. Il y a eu dans le culte des Etrusques, au début, une période aniconique. où l’on vénérait des pierres et des idoles en tronc d’arbre l5. Si la statue ne tarda pas beaucoup à apparaître, son développement fut lent, la forme abstraite et mystérieuse des dieux locaux se prêtant mal à une interprétation plastique; on s empressa, dès qu’on lé put, d’adopter le type des statues divines helléniques. — La sculpture funéraire a une originalité plus marquée; elle dérive de 1 idée de 1 uine canope, telle qu’on la voit dans la nécropole de Cliiusi. Cette urne prend peu à peu 1 aspect humain [etrusci, p. 837] 16, et vise à représenter le défunt lui-même 17 ; on a trouvé en Etrurie des cippes funéraires terminés par un buste de femme, et rappelant les xoana grecs 18. De là, on passe à l’idée de la statue assise, avec tête et membres mobiles; le corps creusé reçoit les cendres". Au lieu de celte statue-urne simple, représentant le mort, on rencontre quelquefois tout un groupe"1. La sculpture funéraire étrusque traite en outre les types d animaux protec-

On peut considérer la statue de Xéuophon à Sciltonle, Paus. V., 66, comme un des plus anciens portraits funéraires. — G Tel le type de la statue de lemme couchée, Kuhnert, l. c., p. 319-320. - 7 Colliguon, Mon. Piot, IV, p. 221 ; groupe funéraire en pierre calcaire du musée d’Alexandrie ; le tombeau de Théodecte de Phaselis était orué de nombreuses stalues de poètes [sepulcrum], 8 Statues de Mausole et d’Artémisia, dans le Mausolée, Journ. of hell. stud. XXV, 1905, p. I à 13 ; XXIII 1903, p. 121-120. — 8 Groupes pittoresques ; Colliguon, H. de la sc. gr. 11, p. 532 sq. ; ’ statues de Naïades. — 1» Philoslrat. 11, 4-10 ; statues de I’olydeukion, Corp. ins. gr. 1, 989 ; 1ns. gr. 1111, 813-814. — U Philostr., V, 217 ; Eue. Aigrin. Il ; Plin. N. Aisf. XXXV, 2; Luc. Philops. 2t. — 12 Luc. Philops. 18; la maison d'Eucratès. — 13 Priene, p. 360 ; sur la décoration à Pompéi, Overbeck, Pompeji, 470 sq. Dans le péristyle de la maison des Vettii, nombreuses statuettes envoyaut de l'eau dans des bassins de marbres ; ce sont des pull i de marbre ou de bronze ; cf. Mus. de Naples, n« 818, 819, slalue de Priape, de satyres ; nombreux petits bronzes placés au milieu de l’impluvium de maisons privées. Les slalueltcs d’argile sont rares ; la qualité des œuvres est généralement médiocre, beaucoup plus qu'à Hcrculanüm; ef. Gusman, Pompéi, p. 427-8.; Jahrb. XIX, 1904, p. 101, 106, 107,

ipg 14 Plin. .V. hist. XXXIV, 33. — 15 Idoles adorées sous forme d'arbres, Virg.

Aen. VU, 178 ; Propert. Eleg. IV, 2, 59 ; Jupiter de Populonia en bois de vigne, Plin. A. hist- XIV, 9 ; le Véjovis du Capitole, à Rome, élail en cyprès, ibid. XVI, 216. — 1» Martlia. L'art étrusque, p 333 sq.; voir dans le Dictionnaire les ligures 2800 à 2809. — liMilaui, Mus. liai. 1, pl. xu, 2; Denuis, The cities and cemet. of Etruria. Il, p. 310, 311; Micali, Mon. ined. p. 188, pl. xxxui; le mort, en forme de xoanon, est dressé sur son urne, eutourc de petites figurines qui rcssembleut à des pleureuses. — m Dennis, Op.l. Il, p. 299. — l'J Micali, Op. I. pl. xxvxt; Inghirami, Mus. Chius. pl. xvit, xvm; Dcunis, Op. I. H, p. 299, 314 sq. — '-0 Milani, Noliz. d scavi, 1888, p. 222 ; Monumenti, VI, pl. lx ; Annali 1860, lav. d'agg. N.

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teurs de la tombe \ et les statues couchées sur sarcophages, soit gisants, soit personnages de banquet J [SARCOPHAGUS J .

ARome, nousretrouvons, comme en Grèce, la statuaire sous ses trois formes, en relation avec la vie religieuse, la vie politique et l’ornementation privée. Mais en pays latin, on fut toujours plus occupé d’administration et de guerre que d’art. On semble un peu avoir pris à la lettre le excudent alii spirantia mollius aéra3. La sculpture a surtout vécu de l’adaptation des types grecs ; d’ailleurs, à la statue les Romains préféraient le bas-relief, qui se prêtait davantage à leur goût pictural, narratif, et documentaire1. — La statue a moins d’importance dans le culte qu’en Grèce; au dire de Varron, les Romains restèrent cent soixante dix ans sans posséder d’effigies pour leurs dieux: un édit de Numa passait pour avoir interdit cet usage s. On représentait les divinités par des symboles ; les dieux étaient des esprits mystérieux dont on cachait les noms, dont les prêtres seuls connaissaient la forme8; leurs substituts gardèrent longtemps le caractère de véritables fétiches 7. La statuaire religieuse commence seulement avec les Tarquins, d'abord sous l'influence étrusque8. Elle se développe assez rapidement ; on prit l’habitude de couler des statues pour les temples avec le produit des biens confisqués ou le butin des guerres8. Mais ce fut surtout l’apport extérieur qui multiplia à Rome les effigies divines. Pendant toute l'époque républicaine, les familles italiennes amenaient dans la ville leurs dieux locaux i0. Dans les guerres on

1 Deunis, O. I. 1,33 sq., 250; Bullet. delV Inst, di corr. arch. 1841, p. 0; Annali , 1832, p. 273, 295. — 2 Marllia, Op. I. p. 344 sq. — 3 Virg. Aen. VI, 847 sq. ; Friedlànder, Ueber d. Kunstsinn d. Borner in der Kaiserzeit ; Id. Darstellungen, III3, 267 sq.; pour la thèse contraire, Hermann, Ueber d. Kunstsinn d. Bômcr ; sur la rareté des noms de sculpteurs romains, Brunn, Gesch. d. gr. Kïinstler , I, 529 sq. — 4Courbaud, Le bas-relief romain à représent, histor. Il n’est pas rare devoir la statue représentée en trompe-l’œil sur des bas-reliefs ; cf. E. Slrong, Roman sculpt. from Augustus to Constantine , p. 96, 97, pl. xxxn. La slatue est même assez souvent imitée en peinture ; cf. Mon. ined. Xll,pl.xxix, I,à propos d une statue archaïque grecque ayant servi de modèle à une peinture trouvée sur remplacement de la Farnésine. D’autre part, à Rome, la statue a toujours eu peine à se délaclicr du mur; on le constate par l'abondance des pseudo-reliefs qui sont des statues attenant encore aune paroi : voir l’autel des Vicomagistri, E. Stroug, Op. I. p. 74, 75, pl. xxiv ; voir encore les Nations Soumises, à la basilique de Neptune, sur des pilastres qui décorent les enlrecolonnements, Ibid. p. 243, 243, pl. i.xxv ; très souvent, à Rome, la slatue n'est qu’un expédient architectural destiné à justifier Futilité d’un ressaut, qui n’est là Jui-mèmc que pour juslilicr une colonne; voir l are de triomphe de Constantin, Ibid. p. 328, pl. cil ; C. i. I. Hl?, 2922. — 3 Varr. cité par saint Augustin, De civit. dei , IV, 31 ; Plut, ifiiina, 8 ; Clcm. Alex. Strorn,

I, to, 71 ; Tcrtull. Apolog. 25. Pline, N. bist. XXXIV, tt sq., fait remonter à tort à l’époque de .Numa un Janus qui, dit-on, indiquait l'heure en pliant les doigts. — 6 Sur la première période de la représentation des dieux, Arnob. Adv. nat. G> tl ; Clcm. Al. Protrept. 4, 4C ; Plut. Romul. 29; Justin. 43, 3; le silex éLait le symbole de Jupiter, Scrv. Ad Aen. VIII, 64l ; sur le fétichisme, Servius, l. cit.

II, 351 : Ad Gebrg. I, 498 ; Plin. N. bist. X XV 111, 18; pour les Pénates et leur caractère, Serv. Ad Aen. III, i2; Plut. Quaest. rom. 61. — ï Certaines statues étaient attachées, par exemple la slatue de Saturne, de la Regia, que l'on déliait seulement aux Saturnales ; Macrob. Sat. I, 8, 5 ; Luc. Cronosol. 10 ; Saturn. 7; De sait. 37; on enchaînait, pour les retenir, les dieux protecteurs, Plut. Quaest. rom. Gl ; Lobeck, Aglaop/iamus, p. 275; Bôllicher, Tektonik, II2, p. G19 sq. Les empereurs romains avaient dans leurs appartements une statue d'or de la Fortune qu'on remettait, à chaque changement de règne, au successeur. D'après uue tradition, d'ailleurs suspecte, Constantin aurait fait encore attacher la Tyché de sa ville nouvelle; Anonym. Bunduri, lmp. Orient, p. 10-12. Sur la croyance au pouvoir prophétique des statues, Dio Cass. XLIV, 18: XLV1, 33. Après une guerre, on emmène en captivité les statues des dieux vaincus; Polyb., Marcelle 2t. A l’époque impériale, pour se venger d'un homme, on traîne encore sa statue en prison, Ibid., LXV, 21. — 3 plin. N. hist. XXXV, 157. — 9 Statue de Cérès en bronze, coulée avec le produit des biens de Spurius Cassius ; statue de Jupiter Capitolin, offerte après la défaite des Samniles par Spurius Carvitius, Liv., IX> 40, X, 38 : devant elle se trouvait la statue de Carvilius lui-môme, fondue en limaille de fer; IMin. N. hist. XXXIV, 1* ; aussi bien pour les statues résultant d'amendes que pour celles qui provenaient du butin des guerres, l'usage dérive delà Grèce. — 10 Marquardt-Mommsen, Man. des ant. rom. trad. fr. p. 155, note.

il Liv. XXVI, 34, 12 ; sur les dieux du Capitole, Jordan, Topogr. der Stadt

Rom in Altert. I2, p. 13 sq ; tous les dieux sont honorés au Capitole, Serv. Ad

évoquait les protecteurs delà cité adverse; après la victoire, leurs statues, remises aux pontifes, allaient peupler le Capitole et les temples11. Sous l’influence hellénique on réussit enfin à constituer un groupe de douze grands dieux, les DU consentes [dii], qui eurent leur effigie sur le Forum12. La réforme d’Auguste installa un peu partout ces dieux officiels13 ; mais à côté d’eux vécurent fréquemment les dieux orientaux, apportés d’Asie Mineure, de Syrie, ou d’Egypte11. — On ne sera pas surpris qu’à Rome et dans l’Italie, comme en Grèce, les progrès du luxe et de l’art aient provoqué à la longue le triomphe du principe artistique sur le principe religieux. Le changement est sensible dans la disposition des statues de culte, et dans l’aménagement des sacraria et des Laraires15 [sacrarium, sacellum].

La statue honorifique, à l imitation delà Grèce16, apparaît à Rome assez tard11 [imago]. Mais comme cette coutume plaît tout à fait à l’esprit romain, elle prend vile une extension considérable, qui provoquait déjà la mauvaise humeur de Caton l’Ancien 1S. A la fin de la seconde guerre punique, le Forum et le Capitole étaient encombrés de statues de bronze, élevées à toutes sortes de personnages, vivants ou morts, hommes et femmes, Romains ou étrangers19. Il fallut, en 138, que les censeurs fissent enlever toutes celles qui n’avaient pas été érigées par décret du peuple ou du sénat20. En principe, en effet, c'est le sénat qui accordait les statues: et, sauf plus tard pour les empereurs, il resta toujours écrit dans la loi qu’on n’érigerait aux vivants ni bustes, ni effigies complètes.

Aen. Il, 319 ; Terlull. De spect. 12 ; transport des slatues de culte étrusques après la chute de Veii, de Volsimi ; Liv. V. 22, Plin. N. Iiist. XXXIV, 3i ; après la prise de Capoue, Liv. XXVI, 34, 12. —12 Varr. De re rust. I, t, 4; Bekker, Topoyr. p. 318; C. i. lat. VI, *02 ; sur les statues de dieux exécutées à Rome par des Grecs, Plin. iV. hist. XXXVI, 35. — *3 Auguste consacre scs étrennes à installer les dieux, Lafaye, Reo. de V hist. des relig. 1889, XX, p. 34 sq. — *4 Sur la résistance de l’Etat à celte intrusion, Tertull. Apol. 6 ; Ad notion. 1, 10. Arnob. 2, 73 ; ouvrage général sur la question : Curnont, Des religions orient, dans le paganisme rom. — *5 Cer Laines prescriptions religieuses, malheureusement peu connues, réglaient la disposition des statues sacrées dans les temples. A Pompéi, d ms le temple d Apollon nous voyous qu'Arlémiset Apollon ont leur stalue de chaque côté de l'entrée; ces statues, eu bronze, ne sont pas plus grandes que celles dos autres dieux accueillis dans le temple. A Pompéi encore, le temple de Jupiter présente au fond trois cellae étroites pour abriter les effigies de la triade capitoline; au moment de la catastrophe, les statues avaient été transportées hors du temple déjà en ruine ; elles étaient dans le sanctuaire de Zens Meilichios, où on les a retrouvées dans la cella, sur une base commune. A l'époque républicaine, il était interdit de consacrer une cella à plus d'une divinité ; de même chaque dieu avait droit à une olfrande spéciale, sauf s il s'agissait des certi dei; I.iv., 27, 23 ; sur les certi dei, Serv. Ad Aen., II, 141 ; Arnob. Ado. gent., 2, 63. Ces prescriptions durent être oubliées à la longue. Dans les Laraires on plaça à l'origine peu de statues ou même de statuettes, le Lare étant en principe unique ; mais plus tard, nous voyons installer dans les chapelles privées les effigies des hommes à qui l’on voue une particulière reconnaissance; Capitol. Vitu M. Anton. III, 5; après Actium, le genius Augusti prend place partout dans les sacraria-, Ovid. Fast. V, 143. A propos du progrès des tendances artistiques, il faut noter qu'à l’époque de Cicéron, ln Verr. Il, 4, 2 à 4, les particuliers recherchai' ni déjà poui^ leurs chapelles privées les œuvres de maîtres; le sacrarium d lleius à Messine passait pour avoir contenu un Bros de Praxitèle, un lléraklès do Myroit, deux canéphorcs de Polyclèle, umonnoa d’Athéna Tyché. — L'idée de la slatm honorifique vient de la Grèce; au début, les inscriptions, à Rome, reproduisent l« formule grecque, C. inscr. lat., 1, 533 ; 193 av. J.-C. — *7 Sur les débuis de cette statuaire, cf. Pinza, .Von. antichi, 1905, Mon. primitivi di Roma e dei lazio anticu ; les statues de Romulus, de Numa, d'Ancus Martius et des héros de la légende répu blicaine, que mentionne Pline, N. hist. XXXIV, 14, 23, 2i, sont certainement postérieures aux débuts de la République, comme le prouve le type idéalisé dü Visage cl la convention de la nudité ; ce sont probablement des œuvres de facture gi ecque ; Urhclis, Griech. Statuen in Republik Rom, 1880. — *8 Figrelius, De statuts illustr. Romanorum , 1056; sur la destination des slatues à Rome, Friedliinder, Darslell. III. 183-239. Sur les protestations de Caton, qui finit d'ailleurs lui aussi par avoir sastalia . Plut. Praec. ger. reip. 73. - *9 Pline, N. hist. XXXIV, 26, mentionne sur le Forum des effigies d'Alcibiade, de Pylhagore, consacrées sur ordre d un oracle au temps de la guerre samnite, voy. forum; il y a aussi une statue d Hermo*! d'Éphèse, Ibid. XXXIV, 21 ; pour les statues de femme, ibid. XXXIV, 6, 31; l'article imago; C. i. t. V2, 3332. 11 ne parait pas que la place des statues sur Forum fût assignée par ordre : C. i. I X, 5853. Sur l’encombrement des statues daus les Curiae, ibid. X, 1126. — 20 Plio. N. hist. XXXI V, 6.

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Mais ces restrictions, après une certaine date, demeurèrent profondément oubliées. On se passa fort souvent d'un decret quelconque. D’autre part, vers la fin de l’époque républicaine, nous voyons honorer d’une statue de simples petits magistrats, même, dans les municipes, des particuliers b On trouva moyen d’étendre abusivement jusqu’à la loi qui concédai tune effigie aux triomphateurs2. D’ailleurs l’exemple de la famille impériale encourageait à multiplier les statues : Auguste avait garni son forum avec les effigies des grands généraux et des citoyens illustres de la Rome républicaine; les municipes s’empressèrent de l’imiter3. Avec César, les honneurs divins commencent à être rendus au princeps. Dès lors, l’adulation donne naissance à un nombre grandissant de statues; peu à peu le maître du pouvoir, sa famille, ses favoris, occupent les forums impériaux, se répandent dans toutes les provinces ; bientôt chacun veut avoir non seulement le portrait des princes, mais son propre portrait à leur exemple4. Cet abus amena Claude à enlever le droit tant convoité à ceux qui n’avaient pas au moins élevé ou réparé un édifice public 5. Même après celle décision, les temples etles monuments conlinuèrentàs’encombrer d’effigies, souvent colossales6. L’usage des bustes, en plâtre ou en marbre, et des hermès-portraits ne se propageait pas moins, d’autant que, dans les constructions privées et lesmaisons particulières, chacun pouvait sans contrainte s’entourerdesimagesdesvivants ou des morts1. On commença dans les ateliers de sculpteurs par adapter les types de la Grèce; on ne se gênait pas, à l’occasion, pour transformer en portraits latins des hermès de divinités helléniques s. A partir de l’époque impériale, pour

i Sur le droit à la statue, Digest. XLIII, 9, 2 ; C. i. I. I, 40; elogia 7 à 19 ; en principe, les empereurs seuls ont droit de leur vivant à une statue; sur les statues d’Auguste, Hübner, 28e Progr. fur Winc/eelmannsfeste, 1808, p. 7 ; sur l’oubli de la défense légale, Ascon. In Pison. p . 12 ; C. i. L I, p. 278 ; II, 1955 ; d’autre part, c’est le sénat quidoitautoriser les statues, mais on se passe de sa permission, Cic. In Verr. , II, IV, 62 ; plus tard le droit appartient à l’empereur, Suelou. Calig. XXXI V, 3 ; C. i. L XII, 6038 ; Arcadius et llonorius, I, c. De stat. et imag. ; Claude le rend au sénat, Dio Cass. LX, 081 D ; Plin. J. Epist. Xf, 7 ; dans les municipes, nombreuses statues de protecteurs et de patrons; Wilmans, 653, 654; Mommsen, /. Neap. 1984; môme de simples particuliers ont leur el’tigie, Wilmans, 655 ; les prétextes allégués pour l’érection des statues deviennent de plus en plus étranges ; C. i. L II, 1 305. On élève des statues môme à des enfants, Ibid. XIV, 324; l’abus porte également sur les formes et la matière des statues; Plin. N. hist, XXXIV, 6 et 7 ; primitivement les statues in bigis avaient été réservées à des mérites assez exceptionnels ; bientôt on place des statues in quadrigis jusque dans les maisons des intendants, Martial. IX, 09 ; Tacit. De orator.S , Il ; Juven. VII, 126; Apul. Florid. p. 136; sur l’abondance des statues honorifiques à Pompéi, Overbeck, Pompeji, 492 sq. Les statues de marbre ou de bronze ne suffisent pas ; on met en usage les statues dorées, Liv. XL, 34; Cic. Philipp. IX, 6 \C.ins. lat. III2, 214; Plin. N. hist. XXX III, 4 ; môme, pour les empereurs, les statues sont faites entièrement d’argent et d’or ; Plin., N. hist. XXX lll, 12; Plularch. Boni. 15; Suet. Domit. 13; Stat. Silv. V, I, 191 sq. ; Trcbell. Pollio, Claud. Vit. 2 ; certains empereurs fixent des limites au poids et aux dimensions de leurs slalues, Dio. Cass., LXXV1II, 12.

— 2 Tacit. Agricol. 40; Plin. N. hist. XXXUI, 13; Dio Cass. LV, 10 ; Marquardt- Mommsen, Man. des ant. rom., Org. milit. XI, p. 344; voir imago. — 3 Suet. Aug. 31; Horat. Carm. IV, 8, 13; c’est dans le Forum d’Auguste que, jusqu’à Trajau, on continue à placer les généraux honorés du triomphe; Tac. Ann. IV, 15; ensuite, on les installe au Forum de Trajan, C. i. I. I, 282 a. Les statues des municipes créées à l’imitation de celles d’Auguste nous sont connues par les elogia des bases; Plin. N. hist. XXXIV, 17; Mommsen, C. i. I. I, p. 281.

— 4 Statues d’empereurs dans les maisons; Suet. Aug. 72; Tac. Ann. I, 73; Üvid. Pont. IV, 9, 105: Hist. August., Tacit. 9; Fronto, p. 74; statues de la famille impériale dans les écoles, C. i. I. VIII, 2554. Certains empereurs répandent particulièrement le goût des statues; Lamprid. Alex. Sever. vit. 25; Herod. IV, 8. A l’imitation des empereurs, statues des favoris, de Séjan ; Dio Cass. L V II, 21, 3; LV11I, 2, 7; 4, 4; on mentionne môme des statues de délateurs, Pline J. Epist. IV, 2, 5 ; Dio. Cass. L VI 1 1 , 14. Pour les statues décernées par des assemblées provinciales, C. i. I. XII, 6038, l. 13; Rev. arch. 1885, VI, p. 105. Slalues de prêtres, C. i. I. Il, 4188 sq; XII, 6038. L’érection des statues était l’occasion de festins, C. i. I. II, 1046, 1047, 1258, 1278, 1330, 1338, 1341, 144', 2100, etc.; V2, 7906. — 5 Dio Cass. LX, p. 783. — 6 Sur l’encombrement de l’Ara Capitolina, Cic. Ad. Attic. VI, 1, 17 ; Sueton. Caligxil. 34 ; le théâtre de Scaurus possédait 3000 slalues de bronze dans ses entrecolonne-

satisfaire à l’universelle manie, plus lard aussi, pour suffire à la multiplicité des effigies nécessitées par les changements sociaux et les révolutions militaires, les praticiens se firent une règle d’avoir chez eux des types tout préparés, auxquels on ajoutait rapidement les têtes en faveur. Il est un moment où les statues changent de visage aussi fréquemment que le gouvernement change de maître9. — L’usage des bustes et des statues honorifiques survit à Rome, même après que l’empire s’est transporté à Byzance l0. Au temps de Théodoric, le peuple des statues égalait en nombre, nous dit-on, le peuple des vivants il. Ce fut surtout avec l’apport des chefs-d’œuvre helléniques, aux deux derniers siècles de la République, que se forma à Rome le goût des amateurs12. On ne se contente plus alors de regarder avec admiration les statues exhibées dans les triomphes et placées dans les temples. On veut faire travailler pour soi des artistes grecs13 ; des Romains de grande famille ne dédaignent pas d’aller sur place acheter des marbres, guider le choix de leurs amis dans la décoration de leurs demeures14. 11 se forme autour des atria auctionaria toute une classe d'experts, de courtiers, de marchands d’antiquités, de restaurateurs de statues13. Le goût des amateurs, qui resta toujours un peu inexpérimenté, nous a valu les nombreuses copies et adaptations par lesquelles nous connaissons surtout, encore aujourd’hui, la statuaire hellénique 16. A celte époque, dans les vieilles cités grecques besoigneuses et même dans les villes nouvelles, fonctionnaient des ateliers spéciaux, chargés d’exécuter des répliques industrielles des types consacrés auxquels s’attachait surtout la vanité des parvenus romains 17. Beaucoup de statues furent

ments, Plia. XXXIV, 36 ; XXXVI, 5 et 114. On sait que le premier théâtre de Pompée fut pourvu abondamment de statues par les soins d’Allicus; Cic. Ad Attic. IV, 9 ; Plin. N. Hist. XXXVI, 4t ; Suet. Nero, 46 ; on a retrouvé dans les thermes de Caracalla plusieurs centaines de slalues de marbre ; le Panthéon d’ Agrippa n’était pas moins riche. Il y aurait encore à tenir compte du nombre des statues placées sur des colonnes autour des édifices, Plin. N. hist. XXXIV, 5; ou sur des arcs de triomphe, Plin. N. hist. XXXVI, 5. — 7 a Pompéi, presque tous les propriétaires ont leur hermès à l’entrée de leur maison; l’usage des statues est si répandu dans toute l'Ualie qu’on en voit demander par testament, C. i. L II, 3165 a ; XIV, 2934. Hermès et bustes dans les bibliothèques ; Juv. II, 4. 5; Martial, IX, 47 ; Plin. N. hist. XXXV, 9-10 ; Cic. Ad Attic. IV, 9 ; Plin. J. Epist I, 17, 3 ; bustes dans les columbaria et sur les lombes ; voir, pour le tombeau des Halcrii, la figure 3977 du Dictionnaire. Cippes funéraires en forme d’hermès, à Pompéi, Overbeck, Pompeji , p. 366, fig. 216; édifices funéraires ornés de statues, C. i. I. XIV, 2795.

— 8 Ainsi l’hermès de L. Caecilius Jucundus, à Naples, est un aucien hermès de dieu grec ; voir l'article hersjae. — 9 César met sa propre lôte sur le torse de l’Alexandre de Lysippe, placé au Forum; Stat. Silv. I, 1, 86 sq.; à Pompéi, tôle de Holconius Rufus sur un torse vôtu du costume impérial, Gusman, Pompéi, p. 441. M. von Rohden, Donner Stud. B. Kekule gewidm. 1890, a montré la fréquence de cet usage pour les statuae thoracatae. Pour les statues d'empereur, l'usage est encore considéré comme sacrilège à l’époque de Tibère, Tac. Ann. I, 74 ; mais plus lard, un Néron devient un Commode, Herod. I, 15; Dio Cass, LXX1I, 22; pour la fréquence de ces transpositions à l’époque byzantine, Euseb. Hist. eccles. X, 11. — 19 Nombreuses statues honorifiques à Byzance; on en accorde môme à des danseuses; Planud. Anth. IV, 283 sq. — H Cassiod. Var. VII, 13 sq.

— 12 Collignon, H. de la sc. gr. II, p. 611 ; Petersen, Allgcm. Einleit. in d. Studium der Arcluiol. trad. Friedrichseu, Leipzig, 1829. — 13 Collignon, Op. I. II, p. 610. — 14 Friedlander, Darstell. lis 168-170 ; Boissier, Cic. et ses amis , p. 148. Sur la manie des collections, Horat. Sat. II, 3, 64; II, 2, 180; Senec. Epist. 1 15, 8 ; voir les ’Exooà<rsi; de Callislrale, qui sont des descriptions d'œuvres d’art; Nicole, Un catal. d'œuvres d’art, Genève, 1906 ; les collections sont gardées par des esclaves spéciaux appelés a statuis C. i. I. VI, 4032. — 15 Sur le prix des œuvres d’art, Urlichs, op. /.; Cic. Verr. II, IV, 7 ; Plin. N. hist. XXXIV, 55; un type curieux d’expert est ce C. Aviauius Evander, à qui Cicéron achète des statues, et qui restaure une Artémis de Timothéos, Brunn, Griech. Kiinstler , 1, p. 547. — 16 Pline, N. hist. XXXIV, 2, se moque de l’ignorance des amateurs de sou temps; elle était pourtant de mode, Cic. Verr. IV, 59; 132, 60, 134; II, 35» 87 ; VI, 2, 4, 3, 5, 43, 94 ; Friedlander, Darstell. III3, 270 s.q On connaissait surtout la valeur marchande des statues, plutôt que leur mérite; Plin. XXXV, 24; sur Mummius, Vell. Patcre. 1, 13; Dio Chrys. XXXVII, 137; pourtant il y avait à Rome des discussions esthétiques et de prétendus connaisseurs ; Stat. Silo. IV, 6, 24; Plin. iV. hist. XXXIV, 4, 8; Furtwacngler, Statuenkopieen im Alterth., 1896. — *1 Overbeck, Gesch. der gr. Plastik , H3, p. 425.

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alors transformées ou retaillées1; il eût été étrange que le faux ne sévît point5. A partir de l'époque impériale, la manie des statues d’ornementation suit les progrès du luxe de la vie privée ; les jardins, les portiques, les thermes (voy. fîg. 1782) s’emplissent d'œuvres d'art enlevées à la Grèce3. Certains empereurs, Néron par exemple à la Maison Dorée, assemblent de véritables trésors*. Point de riche demeure, où les marbres ne prennent place sous les péristyles, dans les cours, dans les salles de repos.

III. — Mise en place, entretien et destinée des statues. — Mise en placedesstatu.es. — La mise en place des statues [YSpuci;, consecratio] exige à la fois des rites religieux et une surveillance profane. Les rites religieux ont surtout leur importance àl’époque primitive, et pour les statues sacrées ; ils dérivent de l’idée qu’on se fait, à l’origine, du rôle de l’effigie. On les retrouve aussi bien dans les cérémonies privées que dans les cérémonies publiques; ils se reproduisaient chaque fois qu’une statue était changée de demeure. Nous savons qu'ils ont existé aussi bien à Rome qu’en Grèce5 | consecratio].

Pour ce qui est de la surveillance profane, l’érection des statues était souvent confiée à des délégués spéciaux, sTrur-axai, curatores [epimeletai] 6, sur les attributions desquels nous avons quelques renseignements, en Grèce comme à Rome, mais surtout à partir de l’époque romaine7. L’office du curateur de statues est essentiellement temporaire et occasionnel ; il ne constitue point une fonction rétribuée ; le décret qui décide la statue désigne en même temps, d’ordinaire, le curateur, très souvent parmi les plus hauts fonctionnaires des cités, archontes, stratèges, éphores, membres du conseil, prytanes, secrétaires, proconsuls, questeurs, etc. 8. Quand il s'agit d’effigies honorifiques, le rang du curateur est d’autant plus élevé que le titulaire de la statue a plus d'importance sociale. Mais il arrive aussi que l’on choisisse de simples particuliers, voire, à l’époque tardive, les parents ou amis de l'intéressé9. Si celui que l'on honore est vivant, il s’occupe quelquéfois en personne de faire dresser son effigie10. Les pouvoirs publics se bornaient dans ce cas à donner une simple auto¬

risation, et la cité évitait ainsi d’accroître outre mesure l’orgueil des particuliers. Dans le cas où une ville accordait à un étranger une statue, un ou plusieurs curateurs allaient préalablement demander l’emplacement nécessaire11. Rien des ambassades furent ainsi envoyées à Athènes, après l’achèvement de l’Olympieion 12, lorsque les cités, à l'envi, firent dresser des monuments à l’empereur Iladrien. Des lois spéciales réglaient l’érection des statues aux vainqueurs des jeux, soit que l’initiative vint des pouvoirs publics, ou de particuliers, ou du personnage lui-même u. Il y a quelques exemples de collectivités ou de villes, s’occupant de la curatelle de statues au nom de communautés plus vastes dont elles font partie u. A Rome, le nom du personnage ou de la communauté qui élève la statue est inscrit sur la base, ordinai. rement après le nom du personnage honoré. La formule indique dans quelles conditions la statue a été érigée, et quel a été le curateur. 11 arrive souvent que le personnage honoré prenne à ses frais l’érection du monument; sa libéralité est alors mentionnée sur la base 15.

L’office du curateur consiste d’abord à faire la commande de la statue1''; lorsque celle-ci est mise au concours11, ou en adjudication18, le curateur règle les détails de l’entreprise; quand la statue est terminée, il verse aux artistes et aux praticiens le prix du travail, tel qu’il l’a reçu de l’intéressé, ou d’un magistrat désigné à l’avance19. Au besoin, c’est lui qui s’occupe des fournitures, du transport du matériel, et, dans le cas où la statue est entourée d'une balustrade, de la mise en place de cet i'puga. Pour les statues placées en plein air, il fait faire les fondations de la base, et, s’il le faut, la base ellemême 20 .

Entretien des statues. — La piété que les Grecs montrent envers leurs statues n’a rien, à l’origine du moins, du souci esthétique dont nous entourons les chefs-d’œuvre de nos musées. Elle est dictée par 1 idée qu’on se fait de la présence du dieu dans le symbole21. 11 faut défendre l’hôte invisible de la pierre et du bois contre les accidents, les intempéries, lui donner tous les soins nécessaires à sa vie [sacerdos]. — On lave et on polit les xoana plusieurs fois l’an (fig 6606); si on ne les renouvelle

Ateliers à Aplirodisias, à Athènes ; Wien. Jahresh. 1901, p. 188-189 ; le Pugilatore de Naples, trouvé à Sorrentc, porte la signature d’un sculpteur d’Aphrodisias ; Notizie, 1889, p. 289. — l Types de têtes changées, Bull. corr. hell. XIX, 1895, p. 483 ; Caligula remplace la tête des divinités par la sienne propre, Sueton. Calig. XXII; on modifie au besoin les dédicaces, S. Reinach. Epigr. gr. p. 539; on arrange en bustes et en tètes des statues brisées ; ainsi le bronze d’Herculanum, trouvé en 1756 safis doute dans la villa dite des Pisons. Tètes retaillées et transformées en tètes de statues funéraires, Heuzey, Recherches sur les fig. de femmes voilées datis l'art grec , p. 4 à 5; Gaz. arch. III, 1877, p. 101 ; Mon. Piot , I, 1894, p, 71-72, note 1. — 2 Bœckh, De nomin. artific. in monum. artis interpolât. 1832. — 3 Jardins de Salluste, L. Mariani, Bullet. d. Commiss. arch. di Roma, XXIX, 1901, p. 71-81, pl. vi ; statues des Thermes de Dioclétien, Paulin, Restaurât, des therm. de Diocl. Paris, 1890. Statues du théâtre de Pompée, des Thermes d’Anlonin, de Constantin, et surtout de Trajan. Le groupe de Laocoon qui y a été retrouvé provenait de la Maison Dorée de Néron. On place dans les Thermes les statues qu’on veut mettre en vue, C. i. I. IX, 1588, X, 3714 ; Agrippa eut désiré que toutes les statues fussent exposées ainsi, Plin. XXXV, 9; statues mises en évidence pour l'ornementation, C. i. I. VIII, 8935, IX, 1563 ; collections du Portique d’Oclavie; bustes desavants dans les bibliothèques, Pers. Prol. V ; luven/II, 4, VII, 29. — 4 Sur les collections de Néron dans la Maison Dorée, E. Strong,o/). I. p. 103; une partie est transportée par Vespasien dans le temple de la Paix, Plin. XXX1V.84.

— «Arisloph. Plut. 1191; pour cette cérémonie le prêtre porte une torche et est «accompagné d’une femme portant une marmite de fèves bouillies ; Atben. XI, p. 473 c. Sur la consécration des statues à Rome, C. i. I. Il, 1923, 4512 ; Mommsen-Marquardt, Op. I. XII, Culte, I, p. 330; pour les rites accompagnant le transport d’une statue, Insch. von Magnesia, n° 100. — 6Kuhncrl, De cura slatuarum apud Graecos , 1883.

— 1 Avant l’époque romaine, lns.gr. 111,251, 300, 312, 331, 592. Formules de curatelle de statues, dans des dédicaces trouvées «à Délos ; Bull. corr. hell. 1879, p. 151, 157, 158. — 8 Kuhnert, p. 11 à 16. 11 arrive souvent qu'il ne soit fait mention d’aucun

curateur, surtout quand la statue est élevée par un particulier ; sur la désignation tirs curateurs, Scliol. Aristophan. Pax , 606. — 9 Lorsqu'on choisit des particuliers, leur nombre varie de un à quatre ; C. i. gr. I, 1078, II, 2154; 2371 ; III, 38 84, 4012 , 58* t , à mesure qu’on avance vers l'époque romaine, les curateurs sont pris plus souvent parmi tes amis ou parents, Kuhnert, l. cit. p. 17 ; C. i. I. XIV, 2624. — 1 Mo,r. X. pt6X. i 878, p. 23; 'A8r;v. Il, 482; même formule dans les inscr. romaines, C. i. I. VIII, p. 7. — u La formule comporte dans ce cas la mention St» itfiirSttüv, I. gr. ID, 231 ; A6x,v. V, 9 ; pour l’époque poslér. à notre ère, C. t. ‘J’'. 351, 5306 6: /. gr. III*, 622, 688; formules différentes, I. gr. 1U1, 4/9-4M.

— lapaus. I. 18, 6; /. gr. HD, 471, 472, 475, 476, 478, 479. 483, 486; d est notable que la plupart des ambassadeurs sont des particuliers. 13 Kulm

i. cit. 20 sq. - 14 Arch. Zeit. 1872, p. 188; Le Bas-Waddington, Voyage, 738, 2308 ; voir un décret de Cyzique autorisant l’érection de statues en 1 10,1 neur d’une prêtresse de Cybèle Plakiunè, C. i. gr. 3657. l^Cagnal, ^ ^ lat. p. 226-230; sigles : HC1R, 11AIR; voir particui rement C. i. I- X1,

— 1» Lebas, Voxjaye, 111, 1002 A. — » Statues mises en adjudication, « ■ Moral.. 498, E; Bull. corr. hell., 1888, p. 422 et note 1; 1890, P-

— 18 statues mises au concours, Furtwaeugler, Aegina, p. 273; Id. Sif Bag. Alcad. 1904, p. 379; mise au concours des statues d'aorotôres à O ympu une inscription mentionne la victoire de Paeonios ; concours [’?J Pom la d’Amazone du sanctuaire d’Artémis à Ephèsc, lin. XXXIV, 53 ; voir incuie XXXV, 17; Tzclzès, Chil. VIII, 353. — 19 Sur les prix des lânder, Acta Acad. Albertir.ae , 1865. — 20 paus. V, 20, 4; C. i. (!'

latin’ Plin.

talues, Fricd

Acia a eau. Amertume, iouj. — - ■ i | e d

Rebas, Voyage , II, 116 a. Quelquefois le soin de faire faire

celui de la faire mettre en place sont confiés à deux curateuis ^ I Lebas, /. c. 1602 a; à Erythrécs, le SoûXao^o;, officiellement statues de la ville, lbs paye quelqucfo s ; mais c’csl une libéralité \o on ^ cf. C. i. or. add. 2264, 2811, 3430, 3424. — 21 Ce sont les mômes usages qu on ■

J , ,, ^ v,.r „ iRft r. i-oucaui

d’abord en Egypte, en Ch^d^e ; Dali, Procetlings, Xl\, p-

4 G0 D. Foucart

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nas à chaque fête, on les repeint, on les redore1; on entretient de même la polychromie des statues de pierre tendre ou de marbre [sculptura]2. Comme ce soin

Fig. GG06. — Lavage d’un liermcs.

paraît un naturel hommage, il ne semble pas qu’on au évité de laisser en plein air même les marbres, moins résistants pourtant aux intempéries que les bronzes : on remédiait à leur détérioration par de régulières applications d’un enduit protecteur3. Mais la preuve qu’on n’hésilait pas à exposer des statues, mêmes divines, à la pluie, c’est qu’on citait comme miraculeuse l’Artémis de Bargylia qui n’était mouillée ni par les ondées ni par les neiges ‘.Contre les oiseaux attirés autour des temples, on employait le ménisque MÉNISIvOS] 6.

A la longue, le souci esthétique prévalut aussi sur le

Type de s la lue habillée.

Uèth compar. pour thist. des religions, p. 83 S([.; pour l'usage en Grèce, Marllia, Sacerd ntl,, p. 43 sq. - 1 DM. corr. hell. 1889, XIII, p. 163, ligne 26; sur l'entretien des xoana , Schubert, Rhein. Mus. 1860, N. F. XV, p. 111 ; inscription do Délos sur le renouvellement du xoanon de Dionysos à chaque fête, Bull. corr. hell. -XIV, 1800, p. 502-3 ; pour les xoana dorés, liq/putra, Paus. Il, 26 ; Xcn. Ex. Cyri, V, 3, 12; Eur. Troj.lOU-, Schubart l.cit. p. 98 -, l'usage de dorer les statues de marbre se répand à Rome à l'époque impériale; sur le Dionysos doré du sanctuaire des dieux orientaux au Janicule, Mil. Ec. de Rome , XXIX, 1909, p. 36. avec une liste de satues, entièrement ou en partie dorées; C. rend Acad, iis. 1909, p. 619; 1910, p. 395; ajouter une AphrodiLe à tête dorée de Naples, ip «8; une statue d'Isis dorée et peinte, n» 928, ibid.-, sur les statues dorées en général Amelung Wien. Jahresheft. 1908, p. 183. Sur la toilette spéciale des slalues de culte pour les fêtes, Bull. corr. hell. XIV, 1890, p. 182, I. 18-19, p. 180 ; à Athènes, les Kallyntéries étaient la fête du nettoyage des statues ; Mommsen, I-cst. Stadt 1 then p. 480 sq.; voir aussi une inscription crétoise, 'E». ’An. 1908, p. 200. Pour le soin des slalues à Rome, C. i. I. V2, 6355, 7906 ; VIII, 8935, 9052 ; X, 5853, 1. 10 • XII, 4397 ; XIV, 367. La figure 6607 reproduit un bas-relief du Mus. Worsleyan.

I I pl xv ■ cf Miiller Wieselcr, Déniera. ait. Kunst , t. i.pl. i, n° 4. - Entretien

du Dionysos de Simmias à Athènes; Clcm. Al. Proptr IV 42 ; Overbeck, Schriftq.

IG Sq. — 3 Léchât, Polychrom. desslat. grecq., Rev. desEtud. anc X, 1908, p. 1 01 ; Jnhrb.. Anzeig . XI I, p. i 34. — 4 Polyb. XVI, 1 2 ; cas de statues de bronze placées près des sources et noirtics par l'humidité, Philostrat. Vita Sophist. 1, 21. — & L usage du ménisque semble disparaître quand le souci esthétique l'emporte sur le principe religieux. — 6 La figure 6608 reproduit une monnaie de la province d'Asie, datant de l'époque. d’Hadrien ; cf. E. Pindcr, Ueber die Cisloph. und ueber die Kaiser!. Silbermedaillons der rômiscli. Provinz Asia, dans les Abhandl. der A. Alcad. der Wissensch. zu Berlin 1855, p. 595, n° 76, et pl. vin, fig. 3. Statues habillées : Overbeck, Griech. Kunslmyth. Il, Milnztaf. 1 ; Percy Gardner, Types of yreek coins, pl. xv, n® 5 ; sur la garde-robe des statues, Rul.l, Ueber Bekletdung ant. Statuen, Cas-el, 1848 ; Quatremère de Quincy, Jupit. Olymp., 8 sq. Inventaires ; garde-robe de la Héra de Samos, Curtius, Inschr. und Stud. zur Gesch. von Samos, p. 10, n» 6; Ath. Mitth. VH, 1882, p. 367 ; garde-robe de l’Artémis Braurouicnne, Athènes, 1. yr. 111, 751; sur le manteau des hermès, Paus. VIII, 39,4; D:od. Sic. XVII, 50, Diog. Laert. V, 82; voir encore Bull. corr. hell. Il, p. 426 ; V, p. 364 ; statues vêtues sur les vases, Elite des mon. cêramogr. 111, pl. ix ; Annali, 1878, Tav. d'agg. G ; Monum. d. Inst. 1800, pl. xxxvu ; Le Bas-Foucart, Inscr. du Pélop 352 A ', p. 213, col. 1, 1. 2 à 7. Fréquentes mentions de ces vêtements sacrés, Paus. Il, 11,6; 11, 30, 1 ; VI, 25, 4-5 ; Vil, 15, 5 ; 23, 5 ; 25, 9 ; la Héra argienne sc vengé d'évoir été dépouillée de ses parures par les filles do Proitos, Scrv. ad Eyl. VI, 48. L'usage d'habiller les dieux existe en pays latins; liste d'objets de parure olferts â la Diana°Nemorensis, Hermès, 1871, 8 sq.; à une Isis, en Espagne, Ibid. 1866, p. 343 ; statues habillées à Rome, Plin. A . Hist. VIII, 74, xxxiv, 7 ; C. i. I.

principe religieux dans l’entretien des statues: il n y a plus rien d’un rite dans les précautions qu’on prend par exemple pour la conservation des statues chrysélephantines [ebur].

Nous avons déjà dit qu’on habillait les statues. Presque toutes, et les écoonn: surtout, avaient une garde robe. Aux fêtes, elles paraissaient couvertes de vêtements précieux et de parures, comme certaines madones rustiques des églises de campagne (fig. 6ü07)6. Les étoffes d habillement étaient données aux dieux soit comme diine de travail, soit comme offrande de remerciements, ou, en certains cas, pour le paiement d’amendes1. Non seulement, on habillait les statues, mais on les parfumait, on les couronnait, on leur mettait des anneaux*. Celte toilette appartenait à un personnel de serviteurs spéciaux, à qui était aussi confiée la garde des vêtements 9.

Un des rites les plus importants du service sacerdotal était la nourriture du dieu. On ne peut douter que les Crées, comme les Égyptiens et les Chaldéens, aient observé la coutume de donner a manger aux statues sacrées10. On plaçait dans leurs mains la chair elles entrailles des victimes ; peut-être barbouillait-on leurs lèvres avec le sang des sacrifices 11 . A Rome on nourrissait les Lares; on oignait de beurre, on baignait de lait la tête de certains dieux12. Le sens de ces rites primitivement journaliers de purification, d’habillement, de nourriture delà statue, alla en s'effaçant à travers la vie grecque. 11 en resta un souvenir décoloré et comme exceptionnel dans les fêtes. Certaines divinités avaient encore une fois l’an leurs baignades sacrées 13. On promenait dans Athènes, aux grandes Panathénées, le péplos d’Athéna u. Si la nourriture quotidienne des statues, destinée à réjouir et à for-

VIII, 1887; IX, 5177; Sueton. Calig. 22; Petron. Sat. 62; V opisc. Prob. 10; Lactaot. II, 4-7, 6-13; mention de vestitores divinorum simulacrorum, Firmicus, 111 12 ‘ C.i. I. XIV, 44 ; sur les stolistes et l'habillement des divinités alexandrines, La’faye’, H. du culte des div. d’Alex. 134 sq. - 1 Voir à l'article dokarium le relevé des différentes pièces de costume offertes ordinairement à des statues divines. -8 Bull.de corr. hell. 1882, p. 119; 1886, p. 445, ligue 108; 1890, p. 498; Longpérier, Œuvres, 11, p. 454. L'usage existe aussi à Rome, Cic. Verr. II, IV, 35 ; C. i. I. V2, 7906, VIH, 1842; X, 6303 ; on couronne les Lares, Fest. Ep. p. 69; Plaut. Aidai. 385; Juven. IX, 137; XII, 83; on couronne en général tous les dieux; Plin. XXI, 3 ; Cic. Ad AU. XV, 27; dans les fêtes et les circonstances mémorables, on couronne enfin toutes espèces de statues, même de mortels, I lut. Alex. 24, 28; Capitolin. M. Anton. 4; Justin. XVIII, 2, 9; Martial, IX, 24; Cic. Pro Mur en. 41 ; Dio. Cass. XL1V, 4.-9 Cetlc fonction s'appelle .ovpttv,

Pollux, I, 14 ; Eurip. Ion, 94-11) ; Le Bas-Foucart, Ins. du Pélop. 352 A, I. 7 : les femmes chargées de l'habillemenl d'une déesse sont appelées xoepr.TaL Koopvmai; Bail. corr. hell. 1882, p. 4S, 1. 179-180 ;C. i. gr. 2823, 3002, 3003, etc. ; ailleurs x»<r^oùv«, ; cf. Délos, comptes de 269-250, ligne 61 ; à Olympie, les serviteurs de Zeus sont les Sevrai, Paus. V, 14, 5 ; Philol. XXIII, 214 sq.; cf. encore Marlha, Les sacerd. ath. 54. Les soins de la toilette des slalues sont d'ordinaire le privilège de certaines familles, les descendants de Phidias à Olympie, les Praxiergides à Athènes; Hesych. eçaEtsgyfSat ; Plut. Alcib. 34 ; I. gr.. H1, 374, 1. 1 >-18 ; voir encore Hesych. WjiSe; ; Etym. magn. Mwavlirrns ; Le Bas-Foucart, Op. I. 352 A. A Ephèse, la parure d'Artémis élait porlée dans les processions par une confrérie de xoiqioisoooi, C. i. gr. 2963 ; à Ephèse encore, il est fait mention de o«eifoeé{oi, ou porteurs du voile, Wien. Jaliresh. 1904, Beiblatt, p. 44, 1. 19 à 23 ; cosmophylaques dans un décret de Cyzique, Ath. Mitt. Vil, 1882, p. 155 ; sur les serviteurs de la statue à Rome, saint Augustin, De Civ. Dei, VI, 10. — '0 Repas de la statue en Egypte, Maspero, Inscr. des pyram. de Saggarah, et Table d’offrande, dans la Rev. d’hist. des Relig., XX ; en Chaidée, Thureau-Dangin, Inscr. de Sumer et tl Akkad, statues de Gudea, p. 106 sq.; Scheil, Le culte de Gudea, Rec. de travaux, 1896. p. 64. — U Aristoph. Aves, 518 ; cet usage explique les tables d'offrande des temples, Arisloph. Plut., 678, sch. ad h. 1. ; Bull. corr. hell. [I, 76-78, I. gr. Il1, 631; même usage à Rome, Mommscu-Marquardt, op. I. Culte, I, p. 197 sq. — !2 On offre aux Lares des gâteaux, du miel, de l'encens; Theopln-. Caract. 16; Tibull. I, 3, 34; Juv. IX, 137; XII, 90 ; quelquefois on leur sacrifie un porc; Horat. Carm. 111, 23, 4; Sat. II, 3, 165; offrandes à Jupiter Dapalis, Cat. de agric. 132. — U Euripid. Iphig. Taur. 1199; fêle d'Arlémis Dailis à Éphèsc, Wien. Jahresh. VU, 1904, 210-215; bain ,1e la Héra d’Argos, Callimach. Hymn. XIII; Ovid. East. IV, 135; Etym. magn. s. v. 'Hfirittg. — 14 O. Jalm, De antig. Miner vae simulacris atticis; Wcilhauer, Études sur ta Fête des Panathénées dans l'ancienne Athènes ; Mommsen, Die Feste, 41 sq.

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lifîer le dieu, devint à la longue fictive, il y cul toujours en Grèce des banquets solennels auxquels le xoanon assistait, couché sur un lit de parade [lectisternia] Enfin la trace des promenades habituelles de la divinité se retrouve dans les processions ou exodoi. A l’occasion de ces cérémonies, il arrivait que la statue fût transportée solennellement dans un temple autre que le sien ou dans un édifice public : elle assistait là à des réjouissances, à des cérémonies en son honneur2. Quelquefois, elle émigrait plusieurs jours de la cclla pour aller, comme en villégiature, dans les sanctuaires voisins ; certaines statues, qui n’avaient pas de demeure propre, empruntaient régulièrement un temple à l’époque de leurs fêtes 3. Voy. religio, rites, sacrificilm, pour la participation de la statue au culte.

Les statues étaient placées sous la protection divine, représentée par l’intermédiaire des prêtres et des pouvoirs publics 1 . On n’osait souvent y toucher, même pour une restauration, qu’après décision d’un oracle8. Les dégrader était un sacrilège [asebeia, sacrilegium], parliculièrementgrave lorsqu’il s’agissait de statues sacrées0. 11 suffit de rappeler le scandale qu’excita dans Athènes l’affaire de la mutilation des hermès. Lorsque accidentellement une statue se trouvait détériorée, les prêlres ou les pouvoirs publics la faisaient restaurer1. Certains xoana furent ainsi bardés de bronze pour prévenir la ruine du bois; on confiait cette tâche à des artistes en renom8. Parfois on remplaçait une tête vermoulue, de caractère par trop archaïque, par une tète en marbre; on refaisait les extrémités d’une vieille idole ; ainsi naquirent vraisemblablemen t les acroli thés [acrolithus]. On réparait

• 11 est important de noter que les lectisternia peuvent ôlre décernés à des statues de mortels; Val. Max. II, 10, 1. — 2 G. Foucart, R. des Idées , nov. 1908, p. 15 : à l’origine la procession est la promenade du dieu ; sur l’usage en Grèce, Faus. I, 29,2 , 20; III, 38, 8 ; X, 19 ; Philostrat. Vit. sophist. II, 15; Mommsen, Op. I. p. 436 sq. ; Marllia, Op. I. p. 53; Journ. hell . stud. XIV, p. 262 ; Bull, coi'r. hell. 1883,p. 38 ; char servant pour les promenades, Bull.corr. hell. XIV, 504; mention d’un aurige de l’allas, chargé de conduire la statue de la déesse au temple, I. gr. IIM, 1202,1. 14; voir encore Bull. corr. hell. XI, 1887, p. 385; 1891, XV, p. 174, p. 178; Hicks, 1ns. o[ British Mus. III, n« 481; etc. Voir aedicui.a, représentations de châsses portatives de divinités. Statues portées en procession à Magnésie du Méandre, O. Kern, lnschr. Mayn. p. 82, n° 98, 1. 41-42. — 3 La slatue d'Artémis à Eplièse va régulièrement passer quelques jours dans un temple au bord de la mer, W ien. Jahresh. 1904, 210 sq. ; elle séjournait aussi sans doute dans les temples du Solmissos, Hicks, Inscr. Brit. Mus. 111, n° 483 ; pour des transports de statues, lors des fêles, avec ou sans processions, Faus. II, 7, 5; 7, 8 ; II, 7.

— 4 Cf. dans l'inscription sur les mystères d’Andauie, Lcbas-Koucart, II, 326 a. 1. 85 sq., les prescriptions sur renlrctien de la slatue placée près de la source et confiée à Mnasistralos ; oracles ordonnant l'érection de statues, Fiat. Ley. V, 138 r ; Fl in. XXXI V, 26 ; à Alhèues, dans l’assembléedcs grandes Dionysies, l’archonteroi est tenu de prouver qu’il a conservé en bon état la statue de Dionysos ; Dcmoslh. Mid.,\ 9, sch. ad h. I. Eu Italie, le Sénat connaissait de l’enlèvement des slalucs, Cic. Verr. Il, 4, 39, 45; on ne pouvait môme les déplacer sans permission de l’autorité, C. i. I. VIII. 798, 1648, 5290; voir la Lex parieti faciundo de Pouzzoles, C. i. I. I, 577; Flin. J. Epist. X, 73 ; un citoyen est arrêté pour avoir louché à la couronne d’une statue; Flin. N. hist . XXI, 3; une femme est mise à mort pour manque de respect à une statue de Domilien, Dio Cass., LXVII, 12; sur les transports et déplacements des statues à Home ou en Italie, C. i. I. X, 3714, 5961.

— 5 /. gr. I1D, 71. — 6 peines portées contre toute atteinte à des statues, Hicks, Inscr. Brit. Mus. p. 4, n° 481. 1. 121 sq. ; voir le second des trois décrets de Mylasa punissant des crimes de lèsc-majeslé ; Dittenberger, Syll. 2, n° 95; il s’agit d une offense à une statue royale. A Rome, les statues d’empereurs sont considérées comme sacrées; voir Bcurlier, Culte rendu aux enip. rom.\ elles ont droit de protection et d’asile; Digest. LXV11I, 19, 28, 7 ; loi d’Antonin contre les abus de ce droit; La:our-Gayet, Antonin le Pieux , p. 264; il est défendu de les vendre; Tacit. Ann. I, 73 ; de maltraiter son esclave réfugié, près d'elles; Claude fait déplacer une statue d’Auguste pour lui éviter d’assister à des exécutions judiciaires ; la statue devra tout au moins être voilée pendant les supplices, Dio Cass. LX, 13; on ne peu!, sous peine de sacrilège, changer de vêtements devant la slatue de l’empereur, Sueton. Tiber. 58. — 7 Voir sculptdra. Sur la restauration du colosse de Délos, renversé par la chute du palmier de bronze de Nicias Déonna, Les A poil. arch. p. 195. Réparations de statues mentionnées. 1ns. gr. IV, 2, p. 62, n° 198 c; 11, 839 ; IV, 2, p. 169, n° 623 e; sur les réparations de l’Alhena Farlhénos, Kohler. Alhen. Mitth. V, 1880, p. 89 ; Schreiber, Athéna Parthcnos,

pareillementlesbronzesetles statues chrysélëphantines 9 Malgré ces soins, les statues .vieillissaient ; beaucoup surtout celles qui se trouvaient placées en plein air

étaient en fort mauvais état. Lucien parle de bronzes creux

où logeaient rats et musaraignes10. Les passants ne sè gênaient pas pour inscrire des graffiti sur les statues mises à leur portée11. D’ailleurs la piété des fidèles n’était pas ce qui dégradait le moins les effigies saintes. Selon Cicéron, la bouche et le menton d’un lléraklès, à Agrigente, avaient été usés par les baisers de dévots12. Lucien cite une statue qui avait été matelassée de feuilles d'or sur la poitrine et garnie d’oboles collées à la cire sur les cuisses, par les soins de malades reconnaissants13. Les temples contenaientbeaucoup de reliques qui étaient des statues brisées, ou abattues par la vétusté u. On les entassait dans l’opislhodome ; quelquefois on les reléguait dans les favissae. Il semble qu’on ait dû, de temps en temps, procéder à leur destruction ou à l’ensevelissement rituel exigé par le respect des choses saintes. On a retrouvé de véritables nécropoles de statues18.

Destinée des statues. — Lorsque le sentiment religieux qui protégeait les statues se fut affaibli, elles ne restèrent pas garanties des déprédations. Dans les petits temples, plus d’une avait mystérieusement disparu à l’époque de Pausanias l0. On peut admettre néanmoins que ces enlèvements furent exceptionnels. Les changements sociaux influèrent pendant toute la vie antique sur les statues honorifiques: on les brisait quand elles rappelaient un régime odieux ;par contre, un bouleversement politique pouvait les remettre en faveur17. Pour les statues religieuses, le plus grand fléau fut la guerre et

p. 628. Mention de pareil travail sur deux bases de statues d’Agasias. découvertes à Délos, C. i. yr. 2285 b ; Bull. corr. hell. V, p. 462 ; C. i. /. V2, 5558; VIH, 754; IX, 444, 31 46; restauration do la statue du proconsul Billicnus, à Délos; un Dionysos en marbre trouvé à Rome au Janicule porte des restaurations antiques, Met. Ecole de Rome , XXIX, 1909, p. 42. — 8 Faus. Il, 26 ; IX, 12, 4 ; Strab. VIII.

6, 10. — 9 V. Kuuis , stat da ni A : pour la restauration du Zeus d’OIympic par Damophon, Faus. IV, 31,6. — 10 Luc. Jup. Iray. 8; Gall. 24. — H Déonna. Les A poil. arch. p. 193; inscription du colosse d’Abou-simbul, C. i. gr., 5126 ; à l'époque romaine, les graffiti satiriques sur les statues abondent. — 12 Cic. In Verr. II, IV, 43. Ou suspendait communément aux statues des dieux des tablettes votives. Dans Acschyl. Suppl. 463, les DanaVdes menacent de se pendre aux statues des dieux et les orner ainsi depina/ces d’un nouveau genre. — 13 Luc. Philops. 20 ; cf. Philostrat. lleroica, III, 2 ; slatue devenue méconnaissable par suite du zcle de ceux qui y suspendent des tablettes votives et qui l’oignent. — 14 Tête de la coll. Blacas, an British Mus. ; S. Reinach, Têtes antiq. pl. cxcv, trouvée dans une groile-sancluaire, où elle avait été consacrée à titre de relique ; on couservait dans le temple de Dionysos à Tanagre un Triton décapité ; Faus. IX, 20, 44. Dans le temple d’Apollon à Délos, le vieux xoanon de Tektaios et Angclion lui gardé jusqu’au uc siècle av. J.-C. , les inventaires mentionnent l’existence dans les temples des reliques sacrées assez mutilées ; Bull. corr. hellên. 1882, p. 127 et note 4; p. 128 et 129 ; à Délos encore, on montrait au temps de Pausanias un xoanon d’Artémis, à hase de pilier, devenu manchot; Overheck, Schriftq. 99, 118 ; ailleurs Pausanias, II, 10, mentionne un Hypnos dont il ne reste que la tète. — la Rev. arch. VI, 1862 ; p. 245 ; ou a retrouve aussi des dépôts de statuettes d'offrande; Pollier, Quam ob causam Graeci in sepulcris , etc.; Paris, Elatéc , p. 139 sq. — iGLuc. Jup. Iraq. 10, 25; Dial. deor.

7, 1; Juven. X 1 1 1 , 147; sur les vols de Verrès, Cic. Verr. De Signis, II, IV; Verrès n’est pas seul dans son cas; Cic. Tuscul. V, 35, 102; Kacius, Collcctanea zur griech. und rom. Altertumsk. 1811. En 208-, Lacharès vole les joyaux de l’Athéna chrysélépliauline du Parthénon ; Isocrat. C. Callim. 57; Suid. s. v- 4>i).ojo o;, 4>iXï«ç ; Faus. I, 25, 6; Alhen. XI, p. 4u5 F; autres vols, Plut. De ls. et Osir. LXXII; Aelian. Var. hist. I, 20, 29 ; vols à Rome, Cic. Nat. deor. I, 29, 89. A l'époque impériale on vole les pierres précieuses formant les orbites des statues de bronze ; enfin on vole quelquefois la statue elle-même, C. i. L VIII, 7063. — 17 Slalucs de Démêtrius de l’halères détruites, Plut. Praec. ger. respubl. LXXVI ; la slatue de Dcmade est fondue, ibid. ; à Athènes, destruction des statues de Philippe, Liv. XXXI, 44; slalucs des Romains brisées en Asie lors du triomphe de Mithridate, App. Mithrid. 21; décret de Cliio ordonnant la restauration dune statue de tyrannoctone, Hicks, Manuel of gree/c hist. inscr. p. 126; martelage d'inscriptions de statues en Grèce, Inscr. jurid. gr. Il, p. 24 sq. n° XXII, L 3a, et commentaire, p. 40. Destruction de statues à Rome, Tac. Annal. III, 14, Flin. XXXIV, 6; Juven. X, 56 sq. ; Flin. J. Panegyr. 52, 3; Sueton .Domit. 23, 2; Dio Cass. LXV1II, 1 ; XXXI, 1 ; XLVUI, 31 ; LI, 19; LVIU, H ; LXXV, 16; Eus. IX, 11; Lamprid. Beliog. 13.

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l'invasion : la venue des Perses à Athènes, en 480 et 479, laissa l’Acropole déserte ; à la place du peuple des statues, il ne resta que des charbons et des pierres noircies qu’il fallut mettre à la fosse commune; rien n’échappa que les xoarui emportés sur les navires1. Dans le grand désordre qui suivit la mort d’Alexandre, d’autres dévastations tout aussi funestes vinrent de temps en temps ruiner certains temples-. Cependant, dans l’ensemble, la destinée des statues grecques eût été encore assez tranquille sans l’intervention des Romains3. Pour des gens habitués à la décoration en terre-cuite, les beaux marbres helléniques furent une révélation. L’avidité romaine vit en eux de superbes proies. Les premiers chefsd’œuvre vinrent à Rome de l’Italie du sud4 ; quand ils eurent fait apprécier la statuaire d’origine grecque, partout, dans les provinces, les gouverneurs et les publicains organisèrent plus ou moins ouvertement le régime du rapt3. C’était une forme d’hommage au génie des vaincus qui s’accordait parfaitement avec l’esprit pratique des conquérants. Aux premiers siècles de la République, c’est une quasi obligation, pour tout général revenant de Grèce ou d’Asie, que de fonder à Rome un temple orné des plus beaux morceaux de la statuaire hellénique6. On sc défend d’abord de piller les sanctuaires ; le collège des prêtres est là pour prévenir tout sacrilège7. Mais peu à peu, le goût des œuvres d’art fait passer outre aux interdictions ; on enlève d’abord les offrandes; bientôt, on ne respecte même plus les simulacres des dieux. On en arrive à la longue à un pillage systématique et brutal; Corinthe dévastée fournit des chefs-d’œuvre à toute l’Italie8. Mais souvent les plus belles pièces périssent mutilées dans l’assaut des villes, fondues pour

1 llerod. VIII, 53 ; f’aus. I, 27, G ; sur l’enlèvement de l’Apollon de Kanakhés à Didymes, Hcrod.'VI, 19; Pans. I, 16,3; VIH, 4G, 3. — 2 Polyb. IV, 18, G2, G7 ; V, 9, 11; IX, 34, 33 ; Philippe ravage deux fois Thermos

et y enlève 2000 statues, Polyb. V, 9; XI, 4; môme dévastation au Nicépliorion de Pergame, Ibid... XVI, I; sur les pillages de Prusias, ibid. XXXII, 25 ; xoana renversés par Ménophane, Paus. 111, 23, 2. — 3 H y a eu deux causes du déplacement des statues que nous signalons seulement, mais qui mériteraient d’ètre étudiées à part; c’est d’abord le transport matériel pour la vente: il n’est pas certain que les primitives statues aient pu être transportées loin de leur chantier d’origine ; le fait a pourtant du sc produire ; mais beaucoup de statues ont ' le taillées sur place, soit par des ateliers permanents, soit par des ateliers nomades; à partir de Pépoque classique, le transport pour la vente est constant, l’hilostr. Yita Apoll. V. 20. Il faudrait d’autre part étudier la diffusion des cultes par la slatue : celle diffusion se fait soit à la suilc de guerres (Paus. II, 24, 3, ic. Yerr. Il, IV, 34; les dieux sont alors enlevés parmi le butin); soit par importation pacifique, Paus. I, 18, 5; 111, 18, 4; VII, 19; VIII, 31, 5; IX, 40, 3; Plut. Thés. 2| : de îs. et Osir. 26. — 4 Liv. XXV, 40; XXVI, 21, 8; XXVI, 34, XXVII, 16, 7; Colin, Home et la Grèce de 200 à 146 au. J.-C. p. 97 sq. — 3Chapol, La province d'Asie , p. 60 ; sur le pillage en général, Juven. VIII, 100 ; pillages de Dolabella, Cic. Philipp. XI, 2; pillage du Paccile à Athènes par un proconsul, Syncs. Ep. 133, p. 272. — 6 En l ü4, triomphe de Quinctius Kl am ininus ; hiv. XXXIV, 52, 4; XXXII, 16, 17; en 189, triomphe de Scipion l'Asiatique, Liv. XXXVII, 59, 3; Plin. N. hist. XXXIII, 148, 9; en 187, triomphe de Fulvius Nobilior ; Liv. XXXIX, 5, 15; XXXVIII, 9, 13; 43, 6 ; en 167, triomphe de Paul- Emile, Plut. Paul. Aem. XXXII; en 146, triomphe de Metellus, Vell. Paterc. I,

1 C 3, 4; en 143, triomphe de Mummius; Colin, Op. laud. p. 563 sq. — 7 Modération de Marccllus, Cic. Verr. II, 4, 54; IV, 3, 52; de Q. Fulvius, Liv. XXVI, 34; de Fabius, Liv. XXVII, 16; voir pourlant Slrab. VI, p. 278 ; Marcellus aurait enrichi même des temples grecs, Plut. Marcel , XXX; reproches adressés à Fulvius Nobilior pour avoir pillé les temples, Liv. XXXVIII, 44. — 8 Slrab. VIII, 6, *3; Plin. N. hist. XXXIII, 149; XXXIV, 36; XXXVII, 12; on s’adressait à Mumnnus comme à un courtier, pour orner les péristyles de ses villas ou les temples nouveaux. — 9 Polyb. XL, 7 ; statues naufragées dans les transports, Rev. des Et. qr. XIV, 1901, 122 sq. ; Luc. Zeuæ 3; ’Eor.jA. ’A o/. 1902, 145 sq. ; Journ. hcll. stud. 1903, p. 152 sq . ; pillages des pirates, Plut. Pomp. 24; en 1909 des fouilles au large de Tunis ont amené la découverte d’une cargaison de statues naufragées ; •l-des Sav. août 1909, p. 374; C.-rend. Acad, laser. 1910, p. 223, 243, 248, 268, 585. — 10 Sallust. Catilin. II; ; Slrab. XII, 3, 12; Plin. N. hist., XXXIV, 7; Vtelkel, Wegführ. d. Kunstw. aus d. erob. Landern nacli Rom , 1798 ; Sickler, Wegnahme u. Abfilhr. vorzüglicher Kunstw. aus. d. erob. Landern in d. Lânder der Sieger , 1803 ; Wunderer, Manubiae Alexandrineae , Wurzburg, 1S94.

les besoins de la guerre, ou quelquefois naufragées dans les transports9. Les déprédations sont loin de cesser au temps des compétitions et des guerres civiles10; les rapines d’Antoine étaient demeurées fameuses en Asie; Auguste se vante de les avoir en partie réparées". Lui même était amateur d’art, et surtout d’art archaïque, mais il achetait, au lieu d’enlever de force ti. Ses successeurs n’eurent pas toujours les mêmes scrupules 13. — On pouvait croire au moins que l’exode des statues s’arrêterait à Rome. Pourtant, lorsque l’Empire latin tombe à son (omet se transporte à Byzance, la plupart des belles œuvres grecques suivent la destinée de leurs nouveaux possesseurs; surtout à l’époque de Constantin, elles s’en vont orner les monuments, les portiques, et les places de la nouvellecapitale ". Elles ne tardèrent pasàyèlre rejointes par tout ce que le hasard avait laissé en place dans la Grèce et en Asie Mineure 15. Ce fut là, il est vrai, leur dernière aventure; celles qui échappèrent aux accidents de l’exil périrent victimes du triomphe chrétien, ou plus misérablement encore pendant les invasions barbares par l’incendie des palais16. C’est l’époque où l'on fond les bronzes, soit pour le rachat des captifs, soit au profit des églises nouvelles11. Une décision impériale ruine d’un coup le Serapeum d’Alexandrie, avec toutes ses richesses d’art 18. A travers le monde païen, le zèle des néophytes sévit et n’épargne certains chefsd’œuvre que grâce à des confusions singulières19. Parfois la haine du christianisme militant pour les vieilles divinités anthropomorphiques et les souvenirs du monde païen s’apaise. Une intervention passagère arrête le mal causé par la main des hommes 20. Mais c’est pour les statues le court répit d’une agonie : aussi bien, l’esprit

— H Plin. N. hist. XXXIV, 8, 58; Mon. d' Ancyre , IV, 49, ch. xxiv; Slrabon cite quelques exemples de ces restitutions, d’ailleurs parliellcs, faites par Auguste, XIII, p. 595 ; XIV, I, 4. — Plin. XXXVI, 13; F’aus. VIII, 46, là4; à ce goût de l’empereur serait due la difiusion de l’art grec archaïque en Italie; Lœwy, Insch. gr. Rildh. 497, (inscription douteuse); Strab. VIII, 2, 19. — 13 f'illages de Cal igula, Winckel mann, VI, I, p. 235 ; pillages de Néron, à Athènes, Delphes, Olympic, ibid. p. 257 ; Paus. V, 26, 2. — i+Euseb. Vit. Constant. III, 54; De laud. Constant. 8; Rev. Etud. gr. IX, 40 ; Anthol. éd. Jacobs, I, 37 : description des statues du gymnase de Zcuxippe. Banduri, Jmp. orient. Il, p. 862 ; sur un manuscrit de saint Grégoire de Naziancc, représentation de statues grecques sur colonnes, au milieu d’une place publique à Constantinople; A. Michel, H. de l'Art , I, p. 246, fig. 135. Le Zeus d’Ülympie, œuvre de Phidias, fut transporté à Constantinople; il était dans la maison de Lausus, Cedrenus, Comp. histor. p. 322B ; Overbeck, Schriftq. 680- 690, 744-754. L’Athéna Parlhénos du môme artiste existait encore en Fan 375 de notre èie ; on a pu croire, d’après un texte, il est vrai suspect, qu’elle avait été transportée aussi à Constantinople ; Schol. Arislid. Orat. 50. — t5 Constantin pille le temple d’Athéna Lindia pour orner sa résidence. — 1 6 Les chrétiens d’Afrique, Terluliien, Saint Augustin, Clément d’Alexandrie condamnent à la fois la plastique et la peinture; le concile d’Illibéris, un peu mieux disposé en faveur de la peinture, n'est pas plus favorable aux statues que les doctrinaires d’Afrique; Grüneisen, Ueber die Ursachen und Grünzen des Kunsthasscs in den drei ersten Jahrh. n. Christ , 1831 ; dans une inscription d’Ephèse, Forsch. i?i Ephesos, I, p. 103, un chrétien se vante d’avoir détruit une idole d’Artémis. L’ordre direct de détruire les temples ne commence qu’avec les fils de Théodose ; on se réjouit de pouvoir montrer au peuple l’intérieur poudreux d’un colosse chryséléphantin, Euseb. Yita Constant. III, 54 ; Nicetas Choniat. p. 738 ; statues fondues au momeut des invasions barbares, Zozim. V, 41 ; stalues enterrées, Rev. arch. X, 1864, p. 329 ; sur les incendies, voir principalement l’incendie du Lauseon, du bain de Zcuxippe ; Cedrenus, 348 A : Zouaras. Ann. XIV, p. 62. Le Lauseon fut détruit sous Zénou. A Rome, la dévastation continue tout au cours du moyeu âge ; Nicbuhr, Kleine Schrift. p. 433 ; Heyne, De interitu operum tum antiquae cum serions artis quae Capitoli fuisse memorantur , Comm. Gotting. XII, p. 273; Lanciani, The destruction of ancienl Rom. — 17 Voir l’article statuauia — 18 Le Sérapis de Bryaxis, Rev. arch. 19022, p. 5, 21 ; 19032, p. 177-204, est brisé à coups de hache. — 19 Gardner, Ilandbookof greek Sculpl. I, p. 6 ; ou respecta d’une façon générale les monumeuls de caractère funéraire. — 20 En 382, édit de Gratien, protégeant les œuvres d'art en Orient ; Cod. Theod. 16, 10, 8. A Rome, on crée un centurion, plus tard un tribun, puis un cornes rerum nitenlium pour la protection des œuvres d’art ; Vales, ad Atnmian. XV I, 6; au temps de Cassiodore, il existe pour cet office un « cornes romanus », dont la fonction est appelée comitiva romana; Cassiod. Var. Vil, 13, Terlulliau. Apolog. 29 ; Arnob. VI, p. 205.

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qui les avait créées et animées allait finir ; elles ne pouvaient survivre. Si quelques-unes demeurèrent intactes, ce fut pour permettre aux croisés d’attester par de nouvelles destructions la vivacité de leur foi A Que Ton pense à toutes ces ruines, en y ajoutant l’effet des fléaux naturels, du vandalisme, de l’ignorance2: on cessera d'être surpris du petit nombre de pièces conservées sur l'immense quantité des chefs-d’œuvre connus de la statuaire antique3. Charles Picard.

STATUARIA. — Le passage bien connu de Pline1, concernant Pasitélès, distingue nettement les unes des autres : la plastique en terre, plastice [figlinum opus, iiiJ2, la toreutique [caelatura] 3, la statuaire en bronze, statuaria, et la sculpture en pierre [scllptura]. La statuaria , chez les écrivains de l’époque impériale, consisLe dans l’exécution de statues en bronze par les statuarii' .

Si les Latins donnaient à ces mots une signification bien précise, les Grecs n’avaient pas d’expression exactement correspondante s ; un passage de Quinlilien est à cet égard significatif6.

I. La technique de la statuaria — 1° La fonte pleine , le sphyrelaton et les origines de la fonte creuse. — - La fonte du bronze, dans les pays de l’antiquité classique, remonte à une époque très reculée [aes] 8. La fonte pleine, qui fut d’abord la seule connue9, ne permettait pas d’obtenir des figures de grandes dimensions, car plus la masse coulée est considérable, plus s’y font sentir les effets de la rétractionprovoquée parle refroidissement10. Aussi, toutes les figures en fonte pleine que nous a léguées l’antiquité 11 sont-elles petites par les nécessités mêmes du procédé employé. Si Ton voulait obtenir des figures plus grandes, on était obligé de recourir au procédé consistant à river entre elles des feuilles de métal battues au marteau (. sphyrelaton )12. Ces deux procédés, lors de l’apparition d’une technique plus perfectionnée, ne furent pas abandonnés : la fonte pleine continua à être employée pour les figurines, le sphyrelaton transmit

i Nicetas, iVarralto de statuis antiquis quas Franci destruxerunt ; Rev. des Et. gr. 1907, p. 399. — 2 Statues foudroyées, incendiées par accident ; statues employées dans les fours à chaux (Agora des Italiens, à Délos), statues utilisées comme pierres brutes dans les reconstructions; ce dernier usage, qui a fait disparaître tant de pièces de valeur, existait dès l’antiquité ; Tliucyd. 1,90; on a retrouvé, maçonnés dans le mur de Thémislocle, un grand nombre de fragments sculptés provenant, soit de stèles, soit de statues en ronde-bosse; à ldalium, statues transformées en socles, S. Reinach, Chron . d'Orient. p. 1 00 ; voir encore Déouna, Les Apoll. arch., 195-196 ; Homolle, Mon. grecs , 1872-81, p. 52. — 3 On peut prendre une idée de l'abondance des statues antiques par quelques chiffres que nous donnent les anciens; à Rhodes, après les pillages, un ami de Vespasien compte encore, selon Pline, N. Hist. XXXIV, 17, 3000 statues ; sur l’abondance des statues à Délos, Ovid. Heroid. XXI, 98 ; de petites îles comme Bacchion, près de Phocée, contenaient un nombre surprenant d'œuvres d’art, Liv. XXXVII, 21. Sur le nombre des pièces conservées et connues aujourd’hui, S. Reinach, Répertoire de la statuaire grecque et romaine.

STATUARIA. i Hist. nat. XXXV, 156 : Laudai (Varro) et Pasitelen quiplasticen matrem caelaturae et statuariae sculpturaeque dixit. — 2 Deonna, Les statues de terre cuite en Grèce , 1906 ; Les statues de terre cuite dans l’antiquité , 1908; La statuaire céramique à Chypre, 1907. — 3 Bliimner, Technologie und Terminologie der Gewerhe und Künste , IV, p. 229 sq. ; Quatremère de Quincy, Le Jupiter Olympien , p. 73 sq. ; Wiener Jahreshefte, 1904, p. 154 sq. ; 1905, p. 51 sq. — 4 Cf. encore l’emploi du mot statuaria chez Plin. XXXIV, 35, 65 ; XXXVI, 15 ; sur la signification de ce mot et sur les textes des auteurs anciens qui s’en servent, cf. Bliimner, Op. I. II, p. 175, 186; IV, p. 324; Quatremère de Quincy, Op. I. p. 87 sq., 90 sq.; Pauly-Wissowa, Real- Encyklopüdie , s. v. Erzguss , p. 608 ; Walters, Catal. of the Bronzes in the Brit. Mus. p. 29; Americ. Journ. of arch. 1907, p. 414; sur les statuarii , cf. les références précédentes, en particulier Bliimner, Op. I. II, p. 186. Le mot statuarius désigne d’une façon très spéciale le fondeur de statues en bronze. Sénèque, Ep. 88, 18, distingue nettement les statuarii des marmorarii. — 5 Bliimner, Op. I. IV, p. 321 sq.; Walters, l. c. — °1I, 21, 10 : Nam siquaeras quae sit materia statuarii , dicetur aes; si quaeram, quae sit excusoris, id est fabricae ejus quam Graeci ya*xei mx-qv vocant , similiter aes respondeant ; atqui plurimum statuis différant vasa. — "Cf. Pauly-Wissowa, Op. I. s. v. Erzguss, p. 607 sq. (Blümner); Quatremère de Quincy, Op. I. p. 90 sq.,

sa technique à la statuaire ebryséléphantine [eisur Tous les arts anciens ont commencé par pratiquer la fonte pleine et le sphyrelaton. Les statues trouvées à Komel-Ahmar, que Ton croit du temps de Pioupi Ier (VIe dynastie), sont faites de pièces de cuivre repoussées au marteau et jointes par des attaches mécaniques13. Cependant les Egyptiens connurent de bonne heure le procédé de la fonte en creux, qui, à l’époque des rois suites, est très perfectionné. Même les petites figurines, que les Grecs de l’âge classique fondaient d’habitude en plein, étaient en Egypte, fondues en creux, d’une manière très habile, avec des parois déjà très minces14. Les statues de l’ancienne collection Posno, au Louvre15, que M. Maspéro place quelques années avant l’avènement de Psammétik Ier, c’est-à-dire avant 664 ; la statue d’IIoinis, provenant de la même collection, au même musée16, datant aussi du vii° siècle, sont coulées d’une seule pièce, sauf les bras, qui, suivant un procédé usité aussi en Grèce, sont rapportés ; la fonte en est légère, et la figure, sortie du moule, est soigneusement retouchée au ciseau. Les bronzes de la reine Takoushit, au Musée d’Athènes17, de la reine Karomâmâ, au Musée du Louvre18, tous deux de la période suite, sont des chefs d’œuvre de fonte. Ces monuments ne sont pas de très grandes dimensions, car l’Égypte ne nous a laissé qu’un petit nombre de grandes statues en bronze, mais les débris de forte taille que possèdent les collections privées et publiques montrent que les habiles fondeurs égyptiens n’ont pas craint les difficultés multiples de leur art19. On peut encore citer le fragment d’une statue du roi Petoukhânou exécutée aux deux tiers de la grandeur naturelle20.

Dans le bassin du Tigre et de l’Euphrate, on connut aussi, dès une époque très ancienne, la fonte en creux. La statue de la reine Napir-Asou, trouvée en Susiane par la mission de Morgan21, date du xive siècle avant notre ère; elle est de grandeur naturelle, fondue en creux et remplie d’une seconde coulée de métal qui Ta trans-

112 sq., 144 sq. ; Baumeisler, Denkmaler, s. v. Erz, p. 504 sq.; Cala', génér. des antiquités égypt . du AJ usée du Caire , X, Edgar, Gree/c Moulds, p. 6 sq. (Urcck bronze casting) ; Blümner, Op. I. IV, p. 178 sq. ; Wallers, Op. I. p. 17 sq. ; Dietionn. de l’ Acad, des Beaux-Arts, s. v. Bronze; Lüer, Technik der Bronzeplastik (Monograp. des Kunslgewcrbes IV); Wiener Jahreshefte, 1904, p. 154 sq., 1909, p. 212 sq. (Pcrnice, Untersuch. zur antik. Toreutik; cf. Rev. des Etudes grecques, 1906, p. 119); Jahrbuchdes arch. deutsch. lnstit. 1903, XVI, Anseiger, p. 14 sq.; Tarbell, Hist. of greek art, p. 120 sq. ; Gardner, A Handboolc of gree/c Sculpture, I, p. 23 sq. ; Perrot, Hist. de l'Art, VIII, p. 168 sq. ; Clarac, Musée de sculpt. 1, p. 55 sq. ; Lewin, Ueber die Technik antik. Bronsen, Jahrbucli., XVI, Beiblall, 16. — 3 Wallers, Op. I. p. 22 sq ; origine du bronze, lloernes. Lryeschichte derbild. Iiunst in Europa, p. 906 sq.; Dussaud, Les civilis. pré lie lléniques, p. 189 sq. ; Morgan, Les premières civilis. p. 205. — 9 Sur la fonte en plein, cf. Blümner, Op. I. IV, p. 279 sq. ; Wallers, Op. I. p. 29 sq. — 10 Perrot, Op. I. VIII, p. 170. — il Ex. les slalucllescn bronze mycéniennes : Münchenersilzberichte, 1899, II, p. 559 sq. (Furlwacnglcr, cf. Rev. des Ét. grecques , 1900, p. 373) ; Walters, Op. I. p. 37 sq. — 12 Cf. s. v. caelatuha, aes; Walters, Op- lp. 30 sq., XXXVI; Quatremère de Quincy, Op. I. p. 154 sq. ; Marquardt, Manuel des Ant. rom., XV, Vie privée, 2, p. 327. — 13 Perrot, Op. I. VIII, p . 171, noie I ; Americ. Journ. of arch. 1S99, p. 245, 697-8; Capart, L'art égyptien, 1908, p. 1^, pl. xu ; Springer-Michaelis, (8), I, p. 21, fig. 52; Maspéro, L’arch. égyptienne, 190 , p. 292. — 14 Perrot, Op. I. I,p. 650 sq. ; Pauly-Wissowa, l. L; Monum. Piot, lV,p. L» : Collignon, Sculpt. grecque , I, P- 158; Milnch. Sitzungsberichte , 1897, II, p. I*‘ (Furlwaengler).— lo C.rend. de l' Acad, des Inscr. 1875, p.3i5; Longpéricr était enclin à les placera une date beaucoup trop reculée. Cf. Perrot, Op. I. I, P- 650 sq. fig. 434-5 ; Monum. Piot, IV, p. 16 ; Pauly-Wissowa, l. I. ; Collignon, Op. I. I, p- 158, note 4; Maspéro, Archéol. égypt. p. 292. — 16 Perrot, Op. I. I, p- 64, fig- 11 Tarbell, A history of greek art, p. 31, fig. 1 1 . — 17 Gaz. archéol. 1883, p- 185, pl. Lxxxm-iv ; Maspéro, L. L p. 292; ld. Hist. anc. des peuples de l Orient, IIp. 534, pl. m ; Monum. Piot , IV, p. 16. — 18 Monum. Piot, IV, p. 15 sq., pl- ,n* — 19 Ibid. p. 15; les arlisles égyptiens adoptèrent sans doute de bonne heure fi fonte dite en carton, Ibid. p. 24. — 20 Ibid. p. 16; Maspéro, Arch. égypt • p. 292. — 21 Gaz. des B.- Arts, XXXV, 1900, p. 10-11, fig. ; Revue de l’Art anc. et moderne , XIX, 1906, p. 266, 209.

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formée en un bloc massif. Diverses' statuettes de bronze provenant des mêmes fouilles 1 sont aussi exécutées en creux par un procédé analogue à celui de la cire perdue, mais où le bitume tenait le rôle joué par la cire.

Il semble qu’on ait songé, en Grèce, dès l’époque mycénienne, à fondre en creux. Un petit cerf, trouvé à Mycènes 2, fait d’un alliage d’argent et de plomb, est creux, et présente sur son dos un tuyau qui a servi à la fonte. L'ouvrier, ayant modelé en cire le cerf, l’aura recouvert d’argile, fait une ouverture sur le dos de l’animal et fondu la cire au feu. Dans cette forme ainsi préparée, il aura versé le métal en fusion, puis, dès que celui- ci se sera un peu refroidi et attaché aux parois intérieures, vidé le reste du métal encore liquide. Si cette explication est exacte 3, on voit que ce n’est qu’une variante de la fonte pleine, qui témoigne cependant du désir de fabriquer des figures creuses, plus légères. Ce n’est là qu’un exemple isolé. Dans les régions helléniques, les procédés de la fonte en creux ne furent mis en usage qu’à une époque assez récente.

2° Les procédés techniques de la fonte en creux. — Les anciens attribuaienfcaux Samiens Rhoecos et Théodoros, qui vivaient au vnc siècle*, l’invention de la fonte du bronze6. En réalité, ces artistes se bornèrent à introduire en Grèce des procédés déjà connus de longue date par les Orientaux, et c’est en Egypte sans doute qu’ils apprirent à pratiquer une technique qui leur était nouvelle6. L’histoire que rapporte Diodore7 sur la statue d’Apollon Pythien fabriquée en deux parties par Théodoros et son père Téléklès, peut être rejetée au nom de la vraisemblance, mais il n’y a aucun motif de douter que Téléklès et Théodoros aient fait, comme il le dit, un séjour en Egypte et qu’ils s’y soient instruits dans leur art8. Il en fut sans doute de même pour Rhoecos, l’artiste samien 9. On sait combien étroites sont à cette époque les relations de l’Ionie, de Samos, de Milet, de Rhodes, de Chypre, avec l’Egypte 10. La technique nouvelle dut s’introduire à Chypre vers le même temps qu’à Samos, car on a trouvé dans le sanctuaire de Limniti des figurines de bronze, qui ne sont pas postérieures au vie siècle, et qui sont fondues en creux, suivant le procédé égyptien, c’est-à-dire avec le noyau laissé à l’intérieur11.

Mais quel genre de fonte les Samiens mirent-ils en œuvre12? Les textes ne le disent pas et on est réduit à des hypothèses. M. Collignon13 ne pense pas qu’ils aient employé le procédé à cire perdue, technique trop savante, dit-il, pour l’époque. La méthode adoptée aurait été celle de la fonte au sable , en plusieurs morceaux. Voici en quoi elle consiste. Le modèle en plâtre ou en argile de la statue est débité en morceaux, qui sont moulés séparément dans un moule de sable fin et un peu

1 Gaz. des B.- Arts, p. 16 ; Revue de l'Art anc. et mod., 1909. I, p. 2859 ; Morgan, °P- l- P- *34, noie 2. Cf. sur la fonte en carton en Chaldée, Heuzey, Catal. des antiquités chaldéennes, p. 291, 293, 321, 322. — 2 Schliemann, Mykenae, p. 296, «. 376- — 3 Arch. fur Anthrop., XII, p. 445; Blümner, Op. I. IV, p. 285, note 4.

- '> Textes relatifs à ces artistes, Overbeck, Schritfquel. n" 273 sq. — S paus. V|II> 'h 8; Overbeck, Op. I. n°> 275, 277; id. X, 38, 6. — 6 Sur l’invention de Rhoecos et de Théodoros, cf. Collignon, Sculpt. gr., 1, p. 154 Sq.; Perrot, Gist. de l'art, VIII, p. 169 sq. ; Walters, Op. I. p. 49 sq. — 1 Diod. Sic. I, M; Overbeck, Op. I. n» 279. — » Léchât, Au musée de l'Acropole, p. 412!

— 9 Petrie, Naucratis, II, p. 65; Bull, de corr. hellén. 1890, p. 153; Collignon,

l. I, p. 159; Léchât, Op. I. p. 412. — 10 Sur les relations de Samos°avec Egypte, cf. Léchât, p. 410 sq. ; en général, sur les relations enlre la Grèce e‘ l'Egypte à cette époque, cf., Mallet, Les premiers établiss. des Grecs en Ut/ypte-, Deonna, Les Apollons archaïques, p. 291, 295 302 — 11 Arch

gras. Ce moule est ensuite rempli par un noyau en sable soutenu par une armature, auquel on donne, en le refoulant, un retrait calculé sur l’épaisseur de bronze qu’on veut obtenir. Les pièces sont ainsi fondues séparément, puis assemblées. On peut croire cependant que le procédé de la fonte à cire perdue était connu des Grecs11. On façonnait une maquette 16 (7tptS7cAa<Tg.a, artjilla), en terre, ou en plâtre, soutenue par une armature de fer ou de bois, xàvapoç, crux [crux, iii] lf. Plusieurs monuments anciensmontrentProméthée, ou un simple ouvrier, modelant des figures dans la terre, comme le devaient faire les bronziers l7. Une peinture de vase montre aussi Athéna

Fig- 0608. — Modelage en terre.

modelant un cheval (fig. 6008) 1S. Sur ce modèle, on étendait une couche de cire d’une épaisseur suffisante pour pouvoir modeler soigneusement la statue à l’aide de l’ébauchoir. Une fois le modelage terminé, la maquette était recouverte d'un manteau d’argile, appliqué par couches successives à demi-liquides, qui épousait exactement les détails de la cire. On mettait au feu, on faisait fondre la cire entre le noyau et le manteau, on la faisait écouler au dehors par des ouvertures spéciales ; elle laissait ainsi la place nécessaire au métal19. On coulait le bronze ; après refroidissement, on enlevait la chape extérieure et le noyau intérieur, au moyen de crocs de fer, par la semelle des pieds, ouverture par laquelle on avait coulé le métal. Tel est, dans ses grandes lignes, le procédé à cire perdue, auquel font souvent allusion les auteurs anciens 20, et qu’on pratique encore de nos jours.

Anzeig. 1889, p. 88; Milnch. Sitzungsher., 1897, II, p. 114-5 (Furlwaengler).

— 12 Sur les différents genres de fonte du bronze, cf. Clarac, Op. I. 1, p. 67 sq., 100 sq. — 13 Op. I. I, p. 157. 14 Sur ce procédé : Blümner, Op. I. IV, p. 286 sq., 326; Walters, Op. I. p. 31; Catal. des ant. du Musée du Caire, Edgar, Greek moutds, p. 7, IX; Mon. anlichi, 1909, 19. p. 118, note 1. — 16 Sur les maquettes, cf. figlinom opi:s, p. 1132; Deonna, Les stat. de terre cuite en Grèce, p. 20, (référ.). — 16 Deonna, p. 17. — 17 Ces monuments sont énumérés dans Roscher, Lexikon. s. v. Prometheus, p. 3103 sq.; cf. Deonna, Op. I. p. 18-9. — 18 Annali dell' Jst., 1880, pi. K, p. 56*.

— 19 Cf. la description de ce procédé de fonte : Liier, Die Technik der Bronseplastik, p. 19 sq.; Wiener Jahreshefte, 1904, p. 156, note 4; on voit dans les pieds de 1 éphèbe Sabouroll et de 1 éphèbe de Pompéi, l’ouverture qui a servi à retirer le noyau ; Wiener Jahr., IV, p. 177; IX, p. 134. — 20 Cf. ci-dessus les références sur la fonte & cire perdue, où sont réunis les passages qui y ont trait.

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La statue pouvait être fondue d’un seul jet. Le plus souvent cependant, les bronziers la fondaient par parties séparées, comme nous l'apprennent les textes 1 et les monuments. Voici une coupe bien connue du Musée de Berlin (fig. GG09), montrant un atelier de fondeur ’. On remarquera qu’un ouvrier est en train de travailler une statue colossale de bronze, dont la tète, fondue à part, est encore séparée du tronc et git à terre. Si on examine

les statues de bronze, ou les fragments de statues que nous possédons, on constatera que l’usage de fondre la statue par morceaux était courant, et que bien rares sont les figures fondues d'un seul jet3. Dans une statue féminine de Munich4 par exemple, on verra que le fondeur a coulé à part : le bas du chiton jusqu'au manteau, le manteau jusqu’aux grands plis obliques, le haut du manteau, le chiton sur la poitrine, les bras, la tête6. Les pièces fondues séparément se multiplieront dans les œusTes romaines, avec la décadence de la statuaria. C’est ainsi qu'une statue féminine du musée de Naples est faite de 10 morceaux6.

Les pièces fondues n'étaient pas toujours sans défauts; quelque bulle d’air, quelque scorie, pouvaient avoir endommagé l’épiderme, et il fallait y remédier au moyen de petits rapiècements, qui sont nombreux sur les bronzes antiques7. Afin de faire disparaître le défaut, on agrandissait la cavité, de manière à lui donner la forme d’une fente allongée, à bords nets; puis, dans une mince

feuille de bronze, on découpait des triangles minuscules, très aigus au sommet. On les insérait, la pointe en avant, dans les petites fentes ainsi préparées, on coupait

1 Philo Bvz. De sept, spect. 4: Quintil. II, I, 12; VII, pr. 2. — 2 Caelatura, p. 790-1, fig. 937-9; Blümner, Op. I. IV, pl. v, p. 330 (référ.) ; Wallers, Op. I. p. 33; Hartwig, Meisterschalen, p 3S1 (référ.); Iwaovon Miiller, VI, Handbuch cler Arch. p. 405; Pauly-Wissowa, Op. I. s. v. Erzguss, p. 611 ; Wiener Jahresh., I, 1898, p. 57; Jahrb. der arch. Inst. XXII, 1901, Arch. Anzeig. p. 15; Marq'uardt, Manuel des ant. rom. XV, Vie des Rom. Il, p. 315, noie 8; Baumeister, Denk., s. v. Erz, p. 506, fig. 547; Mitchell, Bist. of anc. sculpt. p. 198; Collignon, Op. 1. 1, p. 158 ; Gardner, Bandbook of yreek sculpt. I, p. 26 ; Marilia, Art étrusque, p. 304. — 3 Cf. sur cette méthode ; Blümner, Op. I. IV, p, 427 ; Pauly-Wissowa, L. I. : Monum. Piot , X, p. 70; Arch. Anzeig., 1901, p. 15-6; Walters, Op. I. p. 33. —4 Furtwaengler, Beschreib. der Glypt. p. 366, no 444.

5 Autres exemples de pièces fondues à part ; boucles de cheveux : Furlwacn-

o-Ier, Intermezzi, p. 4-5; Olympia , IV, p. 14. n° 21 ; Fouilles de Delphes, V ([» fasc.), p. 41-2 ; lèvres : Olympia, IV, p. 10, n. 2 ; tête et boucles : ibid. pl. i, n° 1, texte, p. 9 ; bras : ibid. p. 12, n» 5 ; corne de taureau: ibid. p. 12, n°4; parties sexuelles : Furtwaengler, Beschreib. derGlypt.p. 372, n»457. — 6 Wiener Jahreshefte, IV, 1901, p. 187. — 7 Fouilles de Delphes, V (fasc. I), p. 35,

le surplus à l’extérieur, et on limait s. Une statuette d’Aphrodite trouvée à Dodonc 9 est ainsi toute hérissée à l'intérieur de ces petites pointes. Quelquefois, la surface était plus sérieusement endommagée: le bronzier ajustait alors des lamelles de métal rectangulaires, qui pansaient la blessure. Un bras de statuette, trouvé à Delphes (fig. 6610) 10, tout couturé de ces pièces de réparation, est un exemple frappant de ce procédé.

Les pièces fondues à part étaient assemblées entre elles. Le plus souvent, c’était au moyen d une soudure11; celle-ci était généralement peu solide; aussi les pièces des statues se sont-elles facilement détachées et perdues 12. On les unissait aussi par des rivets; ils occupaient le centre d’un petit carré creux ; quand ils avaient été enfoncés, et que la tête en avait été limée de façon à ne faire aucune saillie au dehors, on remplissait l’étroit

carré avec une pellicule de bronze que fixait en place une fine soudure *3. On remarque aisément ce mode d’attache dans la figurine d’Aphrodite de Dodone, formée de deux parties se rajustant à la ceinture (fig. 6611)“. Le pubis d'une statue d’Olympie, fondu à part, était attaché au corps par trois clous15. Parfois, les longues tresses pendantes de la chevelure étaient fixées par des crochets111. Dans plusieurs bronzes gallo-romains, comme le Jupiter d’Evreux, la grande statue de Lillebonne, et celle du Musée de Vienne (Isère'), les pièces fondues à part sont raccordées au moyen de petites lames de métal très adroitement repolies17.

Toutes les parties de la statue n’étaient pas fondues. Certains détails étaient découpés dans des feuilles de bronze battues au

marteau. Tels étaient les cils, que l'on imitait aussi fidèlement que possible [sculptera, p. 1145]. La statuaire moderne a perdu l’habitude de représenter les cils et fait les yeux glabres, comme le reste du corps, mais les artistes anciens, eux, ont rendu les cils avec la meme

Fig. G6I i. — Cils d’une statue de bronze.

,„s 39, 42 ; Bull, de corr. hell., 1891, p. 470 sq. ; Perrot, Op. I. VIII, p. I '■’! Monum. Piot , 111, p. 55; Forschungen in Ephesos , I, p. 188; Olymp *“< ■

,.16 ; Ath. Mitth. XXIV, p. 4SI, note 1, Iiev. arch., 1909, 1. p. 1 .8. Ces dé onle dans les bronzes égyptiens sont souvent bouchés avec du mastic ; i on. ' . X 1902 p. 124 - 8 Bull. corr. hell. 1891. p. 471-2 (Léchât); Perrot, op. ■ ail p. ’ 175. -*Bull. corr. hell. 1891, pl. ix-s. - *0 Pouilles de Delphes, fasc. I), p. 41, n° 68, fig. 128. - "Sur la soudure, cf. caelatura, p. ' s'jîlümuer, Op. I. IV, p. 290 sq.; Jahrb. d. arch. Inst. II, 1887, p. • ’

889, p. 116; Monum. Piot, XII, p. 56; Potticr-Reinach,^ Necrop.^ ^ 1 lyrina, p. 493 ; dans l'art mycénien, Bull. c. hell. 189*, p. 9. ■

le taureau soudée au plomb, Olympia, IV, p. 12, n" 4; doigt:

Delphes, V (fasc. 1), p. 41, n« 71 ; bras ; Monum. Piot, I, p. 109 1 ’’ P' ’/ ,s!)l, irisées anciennement et resoudées, ibid. 111, p. 56. - 13 Bv.ll.corr- te •

,. 470; Perrot , Op. I. VH1, P- 174-5. - U Bull. corr. hell. ««b ^ * . a «. Walters On L p. 3Î. — Olympia , I\, p. 1>, n 3 —

Delphes, V (fasc. I), p. 42, n» 76. - n Reinach, Bronzes fig. de la Gaule lonuw ■ ). 29; Gonsc, Chefs-d'œuvre des musées de France , p. 192.

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exactitude minutieuse que les poils du pubis ou du ventre. Aussi trouve-t-on fréquemment de ces bandes de bronze découpées en forme de cils qui proviennent de statues, tel l’exemplaire reproduit ici (fig. GG12), trouvé ù Delphes1. Ailleurs, c’était le vêtement que fournissait le travail’du bronze au repoussé, comme dans une petite statue de Bacchus trouvée à Pompéi, dont la nébride est faite d’une pièce battue au marteau et rapportée2.

La statue, une fois montée et réparée, était loin d’être achevée. 11 fallait enlever les croûtes métalliques qui restent souvent adhérentes à la surface des objets sortant de la fonte ; il fallait effacer les joints des pièces soudées entre elles. C’est à ce travail de polissage que sont

occupés des ouvriers, sur la coupe du Musée de Berlin (lig. G613). A l’aide de lames recourbées, ressemblant à des strigiles, ils polissent un colosse armé de la lance et du bouclier. Ce travail soigneux fera défaut dans les œuvres de la décadence. Sur la statuette dite de Charlemagne, datant de l’époque carolingienne, on aperçoit encore les lignes de suture des diverses parties3.

Tout ce travail mécanique était confié à des praticiens qui, lorsqu’il s’agissait de pièces de grandes dimensions, montaient sur des échafaudages dressés autour de la statue, comme ceux que i’on voit sur la coupe de Berlin déjà citée, et contre lesquels on pouvait appuyer des échelles [scalae] \ Une inscription mentionne les dépenses faites pour des échafaudages destinés à permettre de travailler des statues de bronze H.

Puis intervenait de nouveau l’artiste qui avait conçu et fondu la figure. Une statue qui vient d’être fondue est dans un état à peu près semblable à celui d’une figure de marbre sortant des mains d’artistes secondaires pour passer dans celles du sculpteur qui y met les finesses de détail, l’expression, et des recherches de travail qu'on pourrait comparer aux demi-teintes et aux reflets de la peinture6. Le bronzier ciselait sa statue au burin, rendant les divers détails, la chevelure, les draperies, etc., en un mot, lui donnait le fini qui lui manquait. Dans l’antiquité, l’artiste ne confiait pas à un autre le soin d'achever son œuvre1. Aussi les plus grands bronziers étaient-ils renommés comme Loreuticiens, tel Myron,

1 Fouilles de Delphes , V (fasc. I), p. 43, n° 87, fig. 131 (divers ex.);

1 arapanos, Dodone , p. 219; cf. l’Aurige de Delphes, etc. Môme détail dans •es œuvres de marbre, cf. la Coré d’Auténor, Léchât, Au musée de l'Acrop. I1, 242. — 2 Bull, dell' Ist.} 1849, p. 156. — 3 Wiener Jafiresh. IV, 1901, p. 198. — 4 Blümncr, üp. I. IV, p. 332-3. — 5 Wiener Jahresh. I, 1898, p. 57. — 6 Clarac, Op. I. I, p. 61. — 7 Ibid. p. 58 ; Collignon, Op. I. I, p. 477 Bch ~~ 8 Clarac, I, p. 59. — 9 Walters, Op. I. p. 33. — 10 Cf. la base d’Olympie avec un pied de bronze, Olympia , IV, pl. ni, p. 11, n° 3. — il Sacken, Ant. Rronzen, p. 119 ; de môme certains reliefs sont remplis de plomb, pour empêcher

dont on vantait les coupes ciselées. Le statuaire grec avait une conception différente de celle de nos artistes modernes qui, imparfaitement au courant des pratiques de la fonte, ne sachant pas se servir des instruments du ciseleur, sont obligés d’abandonner leurs statues aux soins d’ouvriers qui sont loin d’être des artistes, ou encore suppriment tout le travail du ciseleur B. Le statuaire grec se livrait au même travail que le coroplasle, et ciselait avec le burin ce que son humble confrère retouchait à l’ébauchoir dans la terre molle de ses figurines sorties du moule.

Un caractère des fontes anciennes estleur extrême légèreté. Lastatue de l’Adorantde Berlin (plus loin, fig. 6623), par exemple, peut être portée par un seul homme ’. Aussi fallait-il consolider les statues de quelque manière. Elles étaient scellées sur leurs bases, et nombreuses sont les bases dépourvues de leurs statues qu’on a retrouvées, et qui permettent d’étudier le mode de fixation 10. Le pied tout entier pouvait être rempli de plomb, pour donner plus de stabilité à la statue”. On avait rempli avec des pierres l’intérieur du colosse de Rhodes, œuvre de Charès de Lindos12. La statue élamite delà reine Napir-Asou, que nous avons citée, avait été remplie d’une seconde coulée de bronze, évidemment pour lui donner plus de poids et de stabilité. On peut comparer ces procédés à ceux qui étaient usités parfois dans les statues de terre cuite, que l’on remplissait de chaux dans le même but13.

3° La polychromie du bronze. — a Par les alliages.

— Plutarque14 se demandait si la coloration des statues des vainqueurs d’Aegos-Potamos à Delphes n’était pas le résultat d’un alliage, d’un traitement particulier du bronze. Nous savons en effet que les anciens, en variant la composition de leur bronze, obtenaient des teintes très diverses13 [aes]. Le bronze de Corinthe comportait trois variétés, de couleurs différentes : celle où dominait l’argent en recevait une teinte claire et blanche; celle où l’or entrait en plus grande dose participait à la couleur de ce métal ; la troisième se reconnaissait à une combinaison égale des trois substances métalliques16. 11 existait en Grèce quelques statues dont on recherchait le métal pour la singularité de sa couleur, appelée hepalizon n, parce qu’elle approchait de la couleur du foie13. Le statuaire savait à merveille utiliser ces diverses teintes du bronze suivant la nature du sujet qu’il avait à représenter19; il se plaisait à établir entre la couleur réelle ou artificielle du métal et le sujet de son œuvre des rapprochements de ton. De même par exemple que le marbrier taillait dans le marbre noir les statues du Nil, parce que ce fleuve traversait le pays des Ethiopiens20, de même le statuaire, pour rendre le ton des corps d’athlètes brunis par le grand air et la gymnastique, employait un bronze d’une couleur semblable21.

Par ce moyen, les artistes savaient pratiquer une véritable polychromie du métal22. Le statuaire Silanion

les déformations. Ath. Mitth. XXIV, p. 474, note t. — l* Collignon, Op. I. II, p, 489. — 13 Deonua, Op. I. p. 24. — 44 De Pyth. orac. 395, B sq. — 43 Cf. aes, p. 122; Quatremère de Quincy, Op. I. p. 57; Blümner, Op. I. IV, p. 182, 329; Walters, Op. I. p. 34; Rev. [arch. 1896, I, p. 195; II, p. 335.

— 16 Quatremère de Quincy, l. c. — 17 Plin. H. n. XXXIV, 9; cf. Blümner,

Op. I. IV, p. 330, note t. — 43 Quatremère de Quincy, p. 58. — 19 Id. p. 59 ; Blümner, IV, p. 329. — 20 Paus. VIII, 24; Quatremère de Quincy, p. 59. — 21 Dio Chrys. Or. XXVI II, p. 289 M. : etyt Si x«\ -cb o|j.oiov £«).voi xixçanivw. Cf,

Blümner, IV, p. 330. — 22 Rev. arch. 1896, II, p. 336.

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avait fait en bronze la statue de la reine Jocaste, représentée morte ; il imagina d'y introduire une apparence de pâleur, en mêlant dans le métal dont il forma le visage, une assez forte dose d’argent1. Une statue d’Aristonidas à Rhodes représentait Athamas se réveillant de sa folie sanguinaire, et son visage était rouge de honte2. Callistrate, à propos des statues attribuées par lui à Praxitèle et à Lysippe, signale d'autres raffinements de coloration plus remarquables encore3. Que, dans ces histoires, on fasse aussi large qu on voudra la part de 1 exagération, toujours est-il que les anciens savaient, grâce à la diversité des alliages, dans une même œuvre, fondue naturellement en plusieurs pièces, obtenir certains effets de polychromie.

b) Par V incrustation de métaux ou de pierres * [sculptura, p. 1144 sq.; caelatura]. — Le bronzier pouvait varier l’aspect de sa statue et en marquer certains détails, par l’incrustation de métaux et de pierres de couleurs diverses. Rien de plus fréquent que les incrustations des mamelons des seins en cuivre rouge5, que les, lèvres recouvertes d’argent ou de cuivre6, qu’une lame d’argent indiquant la blancheur des dents’, que des yeux en argent9, parfois avec iris d’or9. Pausanias cite une statue dont les ongles étaient d’argent 10, et nous constatons en effet ce détail dans plusieurs bronzes11. Dans l’Apollon de Piombino, les sourcils, les lèvres, les seins, sont incrustés de cuivre 12. On employait aussi dans ce but la pâte de verre, l’émail, le marbre, les pierres précieuses, qui offraient au bronzier une riche gamme de teintes permettant d’imiter de près la nature. Dans l’éphèbe de Sélinonte13, les sourcils sont indiqués en

pâte blanche, ainsi que le globe de l’œil, dont la prunelle était rapportée encore en une autre matière. Dans la tète barbue d’Anticylhère, les yeux sont aussi en pâte blanche u. C’étaient en effet les yeux que traitait avec soin le bronzier, qui s’efforcait de leur donner le plus de vie possible [ocularius]. Les yeux rapportés, taillés soit dans le marbre, soit dans l’ivoire, sont presque de règle dans les statues de bronze 15 . Voici, entre autres exemples, un œil de pierre blanche, trouvé à Dodone (fig. 6614), dont la prunelle renferme un cercle en cristal de roche entouré d’un anneau ; ce dernier a disparu avec la matière colorée qui marquait au centre le point visuel16. On peut comparer ce travail minutieux avec celui

1 Plut. Quaest. conv. V, 2. § 6 ; De aud. poetis, 3. Cf. Quatremère de Quincy, Op. I. p. 59-60 ; Revue arch. 1896, II, p. 336. — 2 Plin. XXXIV, 14, §140.-3 Ils sont énumérés dans Quatremère de Quincy, p. 60 sq; Rev. arch. 1896, II. p. 336. — 4 Cf. en général, Perrot, Op. I. Vlll, p. 178 ; Rev. arch. 1896, 1, p. 195 sq ; Quatremère de Quincy, p. 40 sq. ; cHavsocBAPHiA, p. 1136. — 3 Ex. Ephèbe dÉplicse, Porsch. in Ephesos, I, p. 188 ; autres exemples : Sacken, Op. I. p. 100 ; Babelon, Rronzes, p. 1, n" 3 ; p. 50, n° 105. — 6 Sacken, p. 14, 102-105; l.elronne, Annali d. Ist. VI, p. 230. — 7 Ex. : Aurige de Delphes, Monuments Piot, IV, p. 195; tête de Catane, Reinach, Rec. de têtes, pl. clxxxix. — » Annali d'ht. VI, 1894, p. 230 ; Sacken, Op. I. p. 18, 23, 38, 40, 41, 42, 46, 48, 90 ; Walters, Op. I. p. 34.

— 9 Sacken, p. 102. — 10 I, 24, 3. — H Ann. d. ht. 1834, p. 230; Quatremère de Quincy, p. 42. - 12 Ann. d. ht. 1834, p. 230. — 13 Perrot, Op. I. VIH, p. 495.

— hJourn. hell. S. 1903, p. 233, fig. 4. — 15 Sur les yeux rapportés, cf. Qualremere de Quincy, Op. I.; Marquardt, Op. I. p. 346, note 7 (référ.) ; Carapanos, Dodone, p. 218; Olympia, IV, p. 14, n° 18 sq.; Fouilles de Delphes, V (fasc. I); p. 43; Wiener Jahresh. IV, 1901, p. 175; Arch. Anzeig. 1889, p. 102, fig.; Furtwaengler, Aegina, p. 426, fig. 333 Bull. corr. hell. 1896, p. 453. - 16 Cara-

par lequel on a indiqué l’œil dans le scribe accroupi du Louvre : un morceau de quartz opaque, dans lequel on a incrusté une prunelle de cristal de roche transparent, au centre de laquelle est planté un petit bouton métallique ; tout l’œil est enchâssé dans une feuille de bronze qui remplace la paupière et les cils11. La matière qui formait l’œil était en effet contenue dans une coque de bronze qui la maintenait, et dont on retrouve souvent des exemplaires détachés des statues 18.

Puisque l’artiste n’hésitait pas à varier de la sorte la teinte des parties vivantes de son œuvre, on comprend aisément qu’il ait aussi appliqué le même procédé aux parties accessoires, draperies, etc. Les exemples abondent : le bandeau d’une des danseuses d’Herculanum est incrusté d’argent et de cuivre19, comme celui del’Aurige de Delphes ; l’inscription du pied gauche de l’Apollon de Piombino est incrustéeen argent20; sur la pardalided’un Dionysos sont inscrustés des grenats21; ailleurs, un diadème est orné de pierres précieuses22.

L’incrustation sur métal ou sur pierre 23 a été, diton, empruntée par l’artiste grec à 1 Orient, où le procédé est très ancien. Il est souvent usité dans l’art chaldéen, où l’œil, les sourcils, les vêtements, le pelage des animaux, sont incrustés de métaux ou de pierres multicolores21. En Égypte, de même, les bronzes à incrustations sont nombreux, tel le bronze de la reine Karomâmâ, déjà cité, tout bigarré d or, d électrum et d’argent. Ce goût pour la polychromie par incrustations se retrouve ailleurs encore : les Gaulois aimaient à relever l’éclat du bronze par celui, de cabochons de corail, technique qui leur est propre, et qu'ils remplacèrent vers “200 av. J.-C., par celle des émaux 2S.

c) Par des accessoires rapportés en métal d'une autre couleur. — Callistrate décrit une statue en bronze d Oiphée, placée sur l’Hélicon, dont la tiare et le baudriei étaient en or26. Ces pièces rapportées sont fréquentes dans les bronzes anciens que nous possédons: ici, c est une nébride en cuivre 27 , ou une peau d animal en argent; ailleurs, ce sont des bracelets d’or, d argent, des colliers28.

d) Par la dorure, l'argenture 29. — L’épiderme du bronze pouvait être recouvert en tout ou en partie^" d’une couche d'or ou d’argent fixée sur le bronze, soit directement, soit au moyen du mercure soumis a 1 action du feu31. Parmi les restes de bronzes dorés trouves à Olympie, Furtwaengler 32 distingue deux genres de dorure, l’une, la plus ancienne, en lamelles se détachant facilement, l’autre plus solide, qui a été passée au feu.

Les textes anciens mentionnent souvent des statues en

nos, Op. I. p. 218, pl. XX, 6. - H Ibid. p.

19 WienerJahresh.lv, 1901, p. 184. - 20 Ann. dJst. 1834, p. 193.

•onces, p. 165, no 369. - 22 Sacken, Op. I. p. III. - 23 Lee sourcUs deyoulpU^ y p tiennes, chaldéennes, palmyréennes sont souvent incrustés. C . ■

■p. 187; Rev. Ét.gr. 1904, p. 98.-* Heuxey, Strena Betbigiana, p onum. Piot, VU, p. 7 sq. ; Catal. des ant. chald. du Louvre. ^

05 II p. 309 ; Michel, Hist. de l'Art, 1 (2), p. 934, note 1. - ' ,

1. — 21 Sacken, Op. I. p. 71. - mhi d., p. 41, 42; Roux et *rré, Bercuhnum Pompei , VII, p. 18. - 29 Sur la dorure et l'argenture des statues d b ^ >rrot Op. 1 VIII, p. 178; lwan von Muller, Handb. dei Aie . i P ümuèr, Op. I. IV, p. 308 sq. 319 ; Bull, de la Soc. des Antiq. de Fran , ^

120 sq.; 1809, p. 74 sq. et Mém. 1869, p. 55 sq.; Qnatremere de Q îj ^ 11; Walters, Op. I P- 35 sq.; Jahrb. des arch. Inst 18 ’ ^ exemples

ouvera à ces références l'indication des textes anc.cns et de nomb , statues. -30 Dans une statue de Munich, les ttM seules so urtwaengler, Beschreib. der Glypt. p. 372, ^ 457. - 31 Walters, Op. P . 32 Olympia , IV, p. 16.

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Ijronze doré1. Telles étaient la statue de Pliryné, par Praxitèle2, la statue d’un enfant, de Boéthos3. Pline mentionne * une statue de Lysippe que Néron ordonna Je dorer. On employa pour celte opération le procédé le plus simple, et aussi le plus ancien, par application de feuilles d’or, car on ne pouvait, à cause des grandes dimensions de la statue, la passer au feu3. Ce passage de Pline montre que les anciens ont blâmé l’emploi de la dorure dans certains cas : on s’aperçut en effet que la dorure avait détruit le charme du travail, on enleva l’or, et l'on remit tant bien que mal la statue dans son premier état. Les protomes des de Préneste et de la Garenne

(Musée de Saint-Germain), qui sont dorés, témoignent de l’ancienneté de cette pratique". Plusieurs statues de bronze ont conservé, plus ou moins bien, leur dorure ; tels le Marc-Aurèle du Capitole, l’Hercule du Vatican, l’Apollon de Lillebonne au Louvre, etc.

On remarquera que ce sont surtout les statues romaines qui sont dorées. Il ne semble pas que le bronzier grec ait souvent recouru à ce procédé. 11 y avait là une sorte de tricherie, qui répugnait à son goût sobre et réaliste, et qui consistait à faire passer une statue de bronze pour une statue en or, comme le faisaient les coroplastes pour leurs figurines ’. On peut dire que l’emploi fréquent de la dorure dans la statuaire est une preuve de décadence artistique 8. L’argent ne paraît pas avoir été employé aussi souvent que l’or, comme parure du bronze. Les textes ne mentionnent pas de statues argentées, mais les fouilles en ont livré, tels l’éphèbe de Pompéi 9, le buste de Galba au Musée de Naples, etc. ,0.

e) Par la peinture. — On peut se demander si la peinture ne servait pas aussi à l’artiste à rehausser et à varier l’aspect de ses bronzes. Si aucun texte ne permet de l’affirmer, on trouve parmi les monuments des arguments en faveur de cette hypothèse 11 . Un gorgoneion du Musée de Berlin porte encore des traces de couleur antique 12 : le globe de l’œil est vert clair, l’iris noir, les coins des yeux rouges, les dents vert clair, la langue rouge. Un protome de griffon, de travail étrusque, est peint en rouge i3. Parmi les monuments de l’art moderne, on trouve des applications du même procédé14.

Aussi peut-on hésiter, en présence des textes des auteurs anciens qui parlent de la coloration des bronzes, et se demander si cette couleur était due à la nature de l’alliage (cf. p. 1491), ou si elle provenait simplement d’une couche de peinture appliquée sur la statue. Les textes sont trop peu précis pour permettre de trancher la question ;. mais, en lisant certaines descriptions de Callistrale, on conçoit fort bien que le bronze ait pu être peint. Dans le Dionysos en bronze de Praxitèle16, « le métal rougissant, quoique inanimé, semblait prétendre à exprimer les apparences de la vie. Le lierre qui ornait son front semblait verdoyant, et la peau de chevreuil

1 Walters, Op. I. p. 35, 1; Qualremère de Quincy, Op. I. p. 81, 1 02 ; Bliimner, Op. I. IV, p. 309 sq. — 2 Palis. X, 14, 7. — 3 Id. V, 17, 4; Quatremère de Quincy, p. 81. — ^ H. n. XXXIV, 63. — 5 Blümner, \ I, p. 310, note 2.-6 Fouilles de Delphes , V (fasc. I), p. 85. — 7 Mélanges Graux, P- 157 ; Poltier-Reinach. Nécrop. de Myrina, p. 139, 165. — 8 Bull, de la Soc. des Ant. de Fr. 1869, p. 75. — 9 Wiener Jahresh. IV, 1901, p. 174, lig. 186 (cf. ci-dessus p. 1504). — *0 Blümner, Op. I. IV, p. 319 ; Babelon, Bronzes, p. 147, 11' 327. — 11 Jahrb. des arch. Inst. 1906, p. 180 ; Furtwaengler, Aegina, p. 303. — 12 Jahrb. des arch. Inst. VII, 1892, Arch. Anzeig. p. 110, n» 8. — 13 Manchenersitz. 1905, p. 249, n» 6. — '4 Manteau rouge de la statue en bronze du cardinal de Birague. Buste de Jean d'Alézia au Louvre, Mém. des Antiquaires de Fr. 1882, p. 95-96, note 2. — l&Elç toC Aiovûffou ayaV^a. — 16 Elç (v Sixuûivi

qu’il portait en contrefaisait la couleur ». Les joues du Kairos de Lysippe étaient « colorées d un incarnat semblable à la rose.... tout bronze qu’il était, il rougissait » 16. Les joues de l’Eros de Praxitèle étaient rouges 17. On a prétendu que ces différences de coloration étaient dues à des alliages différents 18, que les parties colorées étaient faites de pièces fondues à part et rapportées 1 J. 11 semble qu’il eût été difficile de cacher les sutures entre deux pièces de bronze de teintes diverses, surtout quand il s’agit d’endroits aussi délicats et visibles que les joues; la peinture permettait d’obtenir facilement des transitions insensibles d’une couleur à l’autre.

f) Par la patine 20. — Les bronzes antiques présentent des patines de teintes variées, qui se répartissent en trois groupes bien tranchés : patine bleue, patine vert-sombre, patine noire21. On s’est demandé si ces colorations ne sont que des oxydations d’un genre particulier, dues à des circonstances favorables, ou si elles ont été voulues et préparées par l’artiste, qui les aurait obtenues, soit grâce à un alliage spécialement préparé à cette fin, soit par l’application d’une sorte de vernis ou de teinture artificielle. Cette question de la patine préoccupait déjà les anciens. Plutarque se demandait, devant les statues des navarques de Delphes 22, si le métal avait été coloré par l’artiste, mais penchait cependant à croire que la coloration vert-bleu des bronzes de Delphes n’était due qu’a une oxydation causée par l’air 23. M. Heuzey, le premier, a attiré l’attention sur la possibilité d’une patine artificielle24, et celte hypothèse a été reprise et développée par M. Léchât26, qui montre que la patine est voulue par l’artiste et fait partie intégrante de son œuvre au même titre que la polychromie des statues de marbre. Ces patines voulues se partagent en deux catégories : les naturelles , qui sont, suivant le mot de Plutarque,

« exhalées » par le bronze grâce à des formules particulières d’alliages calculées en vue de la production de la patine, et les artificielles , qui consistent en des vernis colorés capables de suppléer la patine naturelle dont la production est toujours lente et capricieuse. Plutarque cite parmi les industries d’art d’Athènes des fiacpeï; ■f puaou qui avaient pour profession de teindre l’or en diverses couleurs; peut-être y existait-il aussi des flatpEf? yaXxoO dont le métier consistait à teindre le bronze26. Pour M. Léchât, la patine, qu’elle soit produite par les agents extérieurs, ou qu’elle soit un vernis, est toujours le produit réfléchi de la volonté de l’artiste. Il n’admet pas de patine accidentelle due au hasard. On remarquera pourtant que les bronzes d’une même région, faits d’un alliage différent, ont souvent la même patine, due évidemment à faction du sol27, tels les bronzes de Pompéi, à la patine vert-bleu, ceux d'Herculanum, à la patine noire, les bronzes étrusques du lac de Fallerone, à la patine vert-brun, etc. Toutefois, l’emploi d’une patine

Toff Katçou. — 17 E\ 5 TO -oCT "Eçuto? aya^pLa. — 18 Uuatremère de Quincy, p. 62 sq.

19 Rev. arch. 1896, II, p. 336. — 20 Cf. l'exposé de la question: Walters, Op. I.

p. 34; Perrot, Op. I. VIII, p. 176 sq.; Monum. Piot, 1, p. 113; Collignon, Op. I. II, p. 166 ; Periiice, Bronze Patina und Bronzetechnik im Âltertum, Zeitschrift fur bild. Kunst , 1910, p. 219 sq ; Dict. Larousse, s. v. Patine (cf. éd. A, 1892, 1, p. 411) ; Kekule- Wiunefeld, Op. I. ; Woch . klass. Phit. 1909, p. 853. — 2t Rev. arch. 1896, I, p. 206. -- 22 De Pyth. or. 395 B. sq. — 23 Bull. corr. hell. 1891, p. 474; Revue arch. 1896, I, p. 67. — 24 Carapanos, Dodone, p. 217. — 25 Bull, corr. hell. 1891, p. 474 ; R en. arch. 1896, II, p. 331 sq.; cf. aussi Mon. antichi, 1909-10, p. 120 sq. — 26 Cf. de Villenoisy, Rev. arch. 1896, I, p. 67 sq.; 194 sq. Celte thèse est aussi combattue dans Kekule-Winnefeld, Bronzen aus Dodona , I p. 32. — 27 Walters, Op. I. p. 35.

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artificielle semble prouvé. Pline atteste formellement l’existence d’un usage qui consistait à appliquer sur le bronze un enduit coloré1. On avait donc l’habitude d’enduire et de teindre les statues de bronze soit avec du bitume pur, soit plutôt avec un mélange dont le bitume constituait la partie principale2. Sacken remarquait déjà, sur certaines figurines de bronze du musée de Vienne, l’existence d’un vernis foncé qu’il distinguait de la patine habituelle, et qui avait pour but, disait-il, d’empêcher l’oxydation3. On pourrait rapprocher cet usage de la patine de celui des coroplastes, consistant à recouvrir la statue ou statuette d’un vernis noir, destiné peut-être, non pas à imiter le bronze, mais à préserver la terre, comme on le voit sur une tête de Zeus d’Olympie, sur un dauphin en acrotère, de même provenance, sur une tète du musée Chigi à Sienne \ Cette couche protectrice affectait aussi l’apparence d’un vernis transparent, comme sur un sphinx en terre cuite du Louvre 3. Ce vernis serait, pour les modeleurs si étroitement unis aux bronziers, l’équivalent de la patine artificielle des bronzes. Peut-être que cette méthode de patiner le bronze est originaire d’Égypte, à qui les Grecs, qui lui étaient déjà redevables du procédé de la fonte en creux, ont pu l’emprunter. On a constaté en effet que plusieurs bronzes égyptiens ont été frottés, encore chauds, d’un vernis résineux qui en remplissait les pores et laissait à la surface une patine inaltérable6.

On voit que l’habitude de la polychromie était universelle dans l’art antique, et s’appliquait non seulement au marbre, à la terre cuite, mais aussi au bronze. « Sous le ciel gai, au milieu des statues de marbre aux vives couleurs, au milieu des temples, splendides demeures des dieux où l’or étincelait parmi le rouge et le bleu, quel air maussade et attristant auraient eu des bronzes ternes et noirâtres, comme sont trop souvent aujourd’hui ceux de nos places publiques qui paraissent faits surtout pour les temps de pluie « 7. La statue de bronze, pensaient les anciens, ne devait pas plaire seulement par la beauté de ses lignes; elle devait être aussi, par sa polychromie obtenue grâce à la teinte variée des alliages, par l’incrustation, par la dorure et l’argenture, par la peinture, par la patine, une douceur et une joie pour les yeux.

4° La statuaria et la plastice*. — Si Pausanias attribuait à Rhoecos et à Théodoros l’invention de la fonte du bronze, Pline voyait en eux les inventeurs de la p/astice 9. Les deux techniques, celle de la fonte du bronze et celle du modelage de fa terre, sont en effet étroitement unies l’une à l’autre. Pour que la statue puisse être fondue, il faut auparavant qu’elle ait été exécutée en terre aux mêmes dimensions qu’elle doit avoir dans le métal. Pasitélès disait donc avec raison que la plastice était la mère de la statuaria , et Pline10 pouvait affirmer l’antériorité de la plastique en terre sur l’art du bronze. C’est dans les régions où la plastique en terre fut

1 H. n. XXXIV, 4, 15 ; XXXV, 15, 182; Walters, p. 35. — 2 Rev. arch. 1896, 11, p. 340. — 3 Op.l. p. 51,118, 70. — 4 Üeotina, p. 26. — ° Ibid. p. 25. — 6 Maspero, L'arch. égypt. p. 289 ; Revue des études grecques, 1897, p. 369, rem. 2. — 7 Léchât, Bull. corr. hell. 1891, p. 480. — 8 Je résume ici ce que j’ai exposé dans mes études : Les stat. de terre cuite en Grèce , p. 20 ; Les stat. de terre cuite dans l'ant. p. 29 sq. — 9 H. n. XXXV, 152. — 10 H. n. XXXIV, 7 : « quo apparet antiquiorem hanc fuisse scienliam quam fundendi aeris ». — il Deonna, Les stat. de ter. cuite en Grèce , p. 26. — 12 ld. Les stat. de ter. cuite dans l'antiq. p. 26. — I3 Clarac, Op. I. I, p. 135: « quelque solide et dure que soit une statue de bronze, si on considère la série des moyens employés pour la produire, on sent qu'ils ne sont que le résultat de la plastique en terre ».

le plus en honneur que l’art du bronze fut le plus développé. Corinthe, avec ses vases et ses statues de terres", était célèbre à l’époque archaïque, et l’on sait que de bonne heure la fonte du bronze y fut pratiquée. Eu Élrurie, où les bronziers sont renommés, le modelage en terre est presque devenu un art national.

On est donc autorisé à se demander si les deux branches de l’art antique n’ont pas influé l’une sur l’autre, et si l’on ne retrouve pas dans les produits de l’une des procédés particuliers à l’autre. Certains détails ont passé du métal dans la terre cuite, tels les yeux faits en une matière différente12. Mais la réciproque est vraie aussi, ce qui se conçoit aisément, puisque la statue de terre précède celle de bronze, qui n’en est en quelque sorte que le moulage 13. On le constatera par quelques exemples. M. Conze a remarqué au revers de certains bronzes un trou analogue au trou d’évent des terres cuites, qui pourrait provenir du modèle en terre14. Les incisions, les lignes tracées au burin dans l’œuvre de bronze, ne sont que la transposition dans le métal des lignes incisées par l’ébauchoir dans la terre fraîche. Dans certaines tètes de bronze archaïques, ou dans des têtes de marbre copiées d’œuvres de bronze, les boucles de la chevelure, surtout celles du front, s’étalent sur plusieurs rangs et s’enroulent en une double volute dont le centre fait une saillie assez marquée. M. Collignon a remarqué que ces boucles sont produites tout naturellement par l’ébauchoir dans le modèle d’argile 15 ; le vase de Cléoménès111, la tête de Zeus en terre cuite d’Olympie (fig. 4224) 1T, en offrent la preuve. C’est aussi dans la maquette en terre qu’ont été conçues les boucles de chevelure en tire-bouchon que portent certains bronzes, comme la tête d’Herculanum 18, à comparer pour ce détail avec une tète de terre cuite de Chypre 19 (fig. 6615), ou les boucles longues, qui tombent jusque sur la poitrine, comme celles de l’Apollon de Pompéi. A une époque plus récente, la chevelure fouillée des têtes lysippiques a été créée dans l’argile avant de passer dans le bronze et le marbre ; on en verra des exemples en terre cuite dans le beau torse d’éphèbe du Musée de la villa Giulia à Rome20, dans des statues d’éphèbes du Musée de Naples21. Ce que nous venons de dire subit sans doute à montrer que bien des détails que l’on considère comme particuliers à l’art du bronze sont nés en réalité de la statue en terre. Les progrès de la sculpture antique sont dus surtout aux bronziers ; on pourrait dire plus justement : au modeleur que devait être tout bronzier.

- lt Jahrb. d. arch. Inst. II, 1887, p. 133-4. — K Bail. corr. hell. 1892, p. 451; Monum. grecs , 1895-7, nos 23-5, p. 61; Léchât, Sculpture attique , p. 451; Reinacb, Bec. de tètes antiques, p. 16, note 4 ; Deonna, Stat. de cuite dans l'ant. p. 33-4. — 16 Monum. grecs , 1895-7, pl. xvi-xvii , d' ' arch. 1900, II, pl. xii ; Deonna, Stat. de t. cuite en Grèce, p. 26 (refei .). Furtwaengler areconnu finalement l'authenticité de ce vase ; cf. Gaz. B.-Arts ,

II, p. 442, note 2.— n Olympia, III, pl. VII, 4; Deonna, Stat. de t. cuiteen Grèce, p. 57, n” 9 (référ.). — 1# Brunn-Bruclonann, pl. dvi (cf. ci-dessous), p-

— 19 Ohnefalsch-Richter, Kypros, die Bibelund Borner, pl. xliv, I. 20 Deonna, Stat. de t. cuite dans l’ant. p. 117, fig. 5. — 'RIbid., p. 203, n" Il ; p.

Gusinan, Pompéi, p. 443.

en terre.

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5° La statuaria et la sculpturd. — Les marbriers ont emprunté aux bronziers certains détails de leur I De même que le bronzier incrustait ses staLues, je "même le marbrier, pour varier l’aspect de son !, -uvre, pouvait recourir à des matières autres que le marbre. C’est ainsi que les yeux sont parfois rapportés, lin exemple de ce procédé est offert par la Coré d’Anlénor [statua, fig. 6597] 1 où tout, de plus, trahit l’inllucnce du travail du bronze, ce qui n’a rien d’étonnant, îniisqu’Anténor était un bronzier. Les yeux rapportés, fréquents dans les bronzes, sont cependant rares dans les marbres2, et on peut croire que ce détail a passé du bronze dans le marbre3.

L’usage des pièces rapportées dans les œuvres de marbre pourrait avoir été emprunté à la technique du bronze. M. Léchât a étudié minutieusement ce travail du marbre par pièces rapportées dans les Corés de l’Acropole*, et l’explique par la crainte qu’avait le marbrier, on entreprenant sur la statue même la ciselure de pièces délicates, qu'un coup mal porté ne gâtât le marbre ; il a mieux aimé réserver ces parties tout entières, et, sa statue une fois terminée, rajuster d’une main sûre les morceaux manquants5. Mais n’est-ce pas l’habitude du bronzier deprocéder par pièces rapportées (cf. ci-dessus, p. 1490)? Dans la Coré 672 de l’Acropole, tout un pan de l’iiimation a été rapporté ; le morceau venait s’engager dans un large sillon creusé au flanc de la statue, et il était maintenu par trois chevilles de plomb-, 1 orifice des tious de scellement était dissimulé par une petite rondelle de marbre collée à la chaux, qui rendait invisible toute trace de l’opération». Cela ne rappelle-t il pas les procédés de rivage des diverses parties d’une figure de bronze, que nous avons constatés dans l’Aphrodite de Dodone, où de même, les têtes des rivets étaient cachées par une mince plaque de bronze ?Dans un torse de marbre, le sculpteur avait, modelé les pectoraux sans se soucier de la légère saillie que font les mamelons ; le torse achevé, il a percé un petit trou à la place des mamelons, et y a inséré une fiche de marbre qu’il a laissé dépasser de quelques millimètres1. Le bronzier procédait de même pour incruster les seins de ses statues.

M. Léchât fait remonter à la sculpture en pierre tendre l'origine de ce procédé s. Cette pierre était cassante, aussi l’artiste composait-il son œuvre de plusieurs morceaux habilement rajustés les uns aux autres. Quand le marbre fut substitué à la pierre tendre, les mêmes nécessités matérielles n’existaient plus, mais 1 habitude était piise et subsista. Ailleurs cependant, M. LecliaL accorde que la grande statuaire chryséléphantine, qui ne pouvait procéder que par pièces de rappport, a dû influer a ce point de vue sur la statuaire en marbre9. On pourrait croire plutôt- que la statuaire en bronze, qui procédait de même, soit pour unir les unes aux autres les pièces séparément fondues, soit pour réparer les défauts de fonte, a transmis cette méthode au marbre. L’influence de la technique du bronze sur les Corés du vie siècle, où ce procédé est

i Léchât, Au musée de l'Acrop. p. 242; Perrot, Op. I. VIII, p. 189.

— 2 Léchât, Op. I. p. 242; Bull.corr. Iiell. 1898, p. 453-454. — 3 Furtwaenglcr, Meisterw. ’p. 11.— 4 0p. /. p. 227 sq. — 5 Ibid. p. 234. - 6 Ibid. p. 231.

— 1 Ibid. p. 240, note. - 8 Ibid., p. 238-9. - 9 Ibid., p. 240, note 1. - >° Bev. lit. grecq. 1903, p. 139-140. — U Sculpt. attique, p. 348, note I ; cf. Dconna, St al. de t. cuite dans faut. p. 40. — 12 Dconna, p. 40, p. 36 sq. (La plastique en terre et la statuaire en pierre). — 13. Reinach, Bec. de tètes, p. <0.

— 14 Sur les bronzes copiés en marbre, Annal, d. Ist. 1850, p. 239.

fréquent, a en effet été constatée par M. Poltier l0, et se trahit dans le costume, la chevelure, les ornements. Ce serait un tour de force pour transporter dans le marbre les délicatesses minutieuses du métal, dont les statues ont gardé souventla sécheresse et la rigidité. M. Léchât" admet cette influence, tout en pensant qu’elle se sera exercée d’une manière indirecte sur le type féminin, par l’intermédiaire des figures masculines nues, qui, contrairement aux Corés, ont dû être plus fréquentes en bronze qu’en marbre. L’influence de la technique du bronze a été fréquemment constatée dans les œuvres de marbre de toutes les époques, et, devant un marbre d un travail sec et précis, on peut supposer généralement l’imitation d’un original de métal. La sculpture en marbre, qui copie souvent les œuvres de bronze, a dû aussi, par ce fait même, hériter d’un certain nombre de détails conçus dans la terre; la plastique en terre, la technique du bronze, sont à l’origine de beaucoup de conventions adoptées par les marbriers12. C’est par exemple la technique de la terre, par l’intermédiaire de celle du bronze, qui a appris aux marbriers à fouiller les boucles de la chevelure, à les évider, à les disposer en pyramides, en torsades, toutes combinaisons que le travail du marbre seul n’aurait jamais suggérées Les œuvres les plus célèbres des bronziers anciens ne nous sont plus connues que par des copies en marbre. Mais, transportée du bronze dans le marbre, la statue nécessitait l’emploi de procédés particuliers à la nouvelle matière mise en œuvre1*. Le bronze, par sa légèreté et sa ténacité, permettait de réaliser les conceptions artistiques les plus hardies, les mouvements les plus libres, les plus violents15. C’est dans le bronze seul que Myron avait pu concevoir son Ladas, qui, dit une épigramme de l’Anthologie, dressé sur la pointe des pieds, semblait s’élancer en avant. Le marbre ne permettait pas cette liberté d’attitude, et la copie en marbre d’un bronze devait être étayée de supports qui la consolidaient. De là "tous ces attributs divers, ces troncs d’arbres, ces draperies, qui alourdissent les copies de bronzes. Comparez par exemple la Vénus Callipyge15, où la draperie ne fait que jouer le rôle de support, avec le petit Hermaphrodite en bronze d’Épinal", répétant le même motif, mais que la matière employée a permis de dégager de cet accessoire. Rarement le marbrier s’est hasardé à supprimer ces supports nécessaires. L’Agias de Delphes cependant, afin d’imiter de plus près l’allure libre et dégagée du bronze original, les a omis 18 ; la statue n a pour appui que la base étroite et fragile de ses chevilles, à peine renforcée en arrière des deux pieds par un accotoir de marbre dont la largeur est dissimulée par la jambe.

L’œuvre du bronzier pouvait s’allier à celle du marbrier. Les ornements en métal rapportés sur les statues de

15 Sur les qualités slaluaires du bronze : Dictionnaire de l'Ac.

des Beaux-Arts, s. v. Bronze; Guillaume, Études d'art ant. et moderne, p. 180, 280, 286, 402 ; Id. La stat. en bronze ; Perrot, Op. I. VU], p. 143 sq., 180 sq. — 16 Brunn-Bruckmann, m.xsviu, et texte, fig. 1-2. n ld. teste de la pl. m.xxvm, p. 5, fig. 4-5 ; Reinach, Bronzes fig. de la Gaule romaine, p. 116, n» 118; Gouse, Ch.-d'amvre des musées de France, p. 180, lig. et pl. — l» Bull. corr. hell. 1899, p. 444; Americ. Journ. of. arch. 1907, p. 414-5.

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marbre sont fréquents1. Dans une statuette d'Asklépios imberbe du Louvre2 (fig. 6616), les parties drapées étaient en bronze, et les parties nues en marbre.

Inversement, à une époque tardive, les œuvres de marbre ont été parfois copiés en bronze, et à certains détails, on peut reconnaître dans quelle matière à été conçue l’œuvre originale. C’est ainsi que dans les bronzes copiés des marbres, on remarque parfois sous un pied relevé, un petit support, qui est nécessaire dans le marbre, mais sans motif dans le bronze3. Ce sont surtout les bronzes de grandeur moyenne qui répètent les œuvres de la grande sculpture en marbre 4 .

L'influence du bronze sur la sculpture en pierre a été considérable. N’est-ce pas par désir d’imiter de plus près l’œuvre de bronze que l’artiste a employé certaines matières spéciales, comme le basalte, qui rend le ton du métal8 ? On est enclin, dans l’histoire de l’art antique, à accorder une part trop grande à la statuaire en marbre, au détriment de celle en bronze. C’est à tort, car les plus grands artistes grecs furent des bronziers, et la majeure partie des marbres que nous possédons ne sont que des copies d'originaux en bronze disparus. Comme l’a dit avec raison Quatremère de Quincy 6 « la sculpture en pierre ne fut pas celle qui donna jadis le ton aux travaux et au goût des statuaires. »

6° Le moulage et la statuaria. — Dans l'histoire de l’art grec, le moulage des statues est une invention de date récente 7 [sculptura, p. 1150], M. Reinach, à ce propos, a admis une différence entre les bronzes et les marbres, les premiers pouvant toujours être moulés sans inconvénient, les seconds, polychromes, ne supportant pas cette opération8. A cela, nous ferons une légère restriction, si nous admettons que la peinture était parfois usitée pour les bronzes comme pour les marbres (cf. p. 1-493). Mais il n'y a aucun doute que les statues de bronze furent souvent moulées. Tel est le cas de cet Hermès Agoraios, que Lucien fait parler en ces termes9 : « je me trouvais récemment enduit de poix par des bronziers sur la poitrine et sur le dos. Une cuirasse ridicule était façonnée et attachée autour de mon cou par un art imitateur, modelant l’empreinte entière du bronze. » On a prétendu que les statues en bronze des Lutteurs au Musée de Naples sortaient d’un même moule10. M. Pernice11, qui les a étudiées attentivement, montre que les torses sont identiques, mais que les extrémités, pieds, mains, tètes, présentent entre elles, des divergences. On a moulé toutes les parties qui auront pu l’être avec un ou deux moules seulement, comme le torse, les jambes, les bras, une partie du visage. Quant aux parties plus délicates, qui • auraient exigé l’emploi de plusieurs

moules, elles ont été travaillées à la main. Jusqu’à l’époque hellénistique, dit M. Pernice, on n’a pas fait usage de moules partiels pour copier des statues- de bronze, et même après cette époque, l’emploi de ces moules partiels fut très restreint12. Cependant, en ce qui concerne du moins les petits bronzes, on sut employer des moules divisés en un grand nombre de parties, comme le prouvent les petits moules en plâtre du Musée du Caire (des i-iic siècles ap. J.-C.), qui ont servi à reproduire des objets de bronze. Toutefois leur emploi était indirect: on en tirait des épreuves en cire qu’on fondait ensuite en métal 13.

Le moulage sur le vif, attribué à Lysistratos u, fut sans doute une invention profitable aux bronziers, qui pouvaient reproduire exactement par la fonte les traits individuels. Elle coïncide avec le grand développement du portrait réalisé en Grèce, attribué aussi au même artiste15. Plusieurs portraits en bronze que nous possédons, tel le prétendu Sénèque de Naples, pourraient n’êlre qu’une reproduction fidèle d’un moulage pris surnature. M. Collignon a prouvé l’influence du moulage sur le portrait, en étudiant un buste en terre cuite du Musée de Bruxelles, datant du Ier siècle après notre ère, portrait funéraire obtenu par un moulage sur le cadavre 16 ; l’exemple peut aussi servir pour l’art du bronze, étant donnée l’étroite union entre la « plastice » et la « statuaria ».

II. L'histoire et les monuments de la statuaria. — I. L’histoire de la statuaire en bronze dans l’antiquité a été esquissée par Pline17, qui s’est inspiré des ouvrages de ses devanciers, comme Xénocrate de Sicyone18, des inventaires d'objets d’art19, ou qui a décrit les statues qu’il voyait lui-même. Aucun ouvrage d’archéologie moderne n’a encore été consacré à l’histoire de la statuaria, et on a toujours étudié ensemble les œuvres de bronze et celles de marbre. C’est que les grands bronzes anciens sont rares, car le métal a été recherché avidement de tout temps. La plupart des chefs-d'œuvre des bronziers antiques ont péri, brisés et jetés à la fonte. Lors de la prise de Constantinople par les Croisés, les statues de bronze qui ornaient la ville furent brisées et converties en pièces de monnaies par les envahisseurs. Nicétas a donné l’énumération des principales20. C’était la statue colossale de Junon; il fallut un chariot attelé de quatre paires de bœufs pour en transporter seulement la tête dans le grand palais où se faisait la fonte. C’était l’Hercule colossal de Lysippe, dont la jambe était de la grosseur d’un homme, et bien d autres encore21. Les chevaux de bronze que Théodose II avait fait enlever de Pile de Cliios, furent peut-être les seuls objets qui échappèrent à la fonte ; ils allèrent décorer la

l Quatremôre de tjuiucy, Op. I . p. Al ; Perrot, Op. I. Vllt, p. 189 ; Léchât, Au musée de l’Acrop. p. 236, note 2.-2 Monum. Piot, III, p. 639, fig. I ; Rev. Ét. gr. 1897, p. 343-6. — 3 Alh. Milt. XXIV, p. 469; Wiener Jahreshefte, IV, 1901, p. 143, 177. — 4 Brunn-Bruckmann, texte de la pl. duv (à la fin).

5 pt, gr. 1896, p. 266 ; cf. statue d'éphèbe du musée des Thermes, Rôm.

Jlitt. X, 1893 pl. 1. — 6 Op. I. p. 44. — 7 Sur le moulage des statues, cf. Blümncr, ' Op. I. Il, p. 143 stj. ; Rev. arch. 1900, II, p. 384; 1902, II, p. 5 sq. (référ.) ( Cultes , Mythes , U, p. 338 sq.); Joubin, Sculpt. grecque, p. 41, note 1 ; Wiener Jahresh., 1904, p. 175 sq. (Pernice); Gaz. Beaux-Arts. 1902, I, p. 143 sq.; Acad, inscr. 1900, p. 535 sq. ; Rev. critique, 1910, p. 388. — 8 Rev. arch. 1901, I, 131 ; 1902, II, p. 12-13; Gaz. des Beaux-Arts , 1902, I, p. 143; Bec. de tâtes, p. 130; Léchât, Pythagoras de Rhegion, p. 68, note 5 ; Rev. Ét. gr. 1908, p. 23. — 9 Lucian. Jap. Trag. 33; cf. Rev. arch - 1902, 11, p. 8; Wiener Jahresh. 1904, p. 180. — 10 Wiener Jahresh. IV, 1901, p. 173. — u Ibid. 1904, p. 174-5; Rev. d. Êt. gr. 1906, p. 169. — 12 Wiener Jahresh. 1904, p. 174-5, 179. — 13 Ibid. p. 157 sq. ; Calai, du musée du Caire, Edgar, Greelc Moulds; Hauser,

Rener Jahresh. 1905, p. 83 sq. reconnaît dans un de ces moules le portrait i Ptoléméc IV, ce qui permettrait de dater ces objets des environs ^ 0 av. J.-C.; Edgar {Md. 1906, p. 27) combat l'opinion de Ha“s“’ * aintient la date que nous avons donnée. Cf. Americ. Journ. of aie >

430.— H Plin. U. nat. XXXV, 153; cf. Rev. arch. 1902, II, p- H i ‘ ’ p. 7 [scolptuha, p. 1150]; Collignon, Lysippe, p. 92; le moulage sur t davre est plus ancien, cf. Rev. arch. 1903, I, p. 5 sq. , masTue ^ âtre de lKhouniatonou, Maspero, Causeries d'Egypte, p- 7j ^

- 18 Rev. arch. 1902, H, p. U; sur le portrait, cf. imago. — '

•ch. 1903, I, p. 3 sq., pl. 1-11 ; Deonna, Statues de t. cuite en - <

70 n" 25. — n H. n. XXXIV. — 18 Blake-Sellers, The elder ■.apters, p. 25 ; Collignon, Lysippe, p. 10-11. - MJahrb. des an ‘' '

lof, p. 93 sq.; 1905, p. 114 sq. ; Rev. Ét. gr. 1902, p. 396; *•**■£*•

' arch. 1902, p. 199; Rôm. Mitt. 1905, p. 206 sq. - 2° N'cet. . (b ^ induri, Imperium orientale. Antiq. Constant. I, p. i07. 1 a ar

arts industriels , 1, p. 5G.

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iuçadc de l'église de Saint-Marc à Venise *. Ce n’est pas sans raison que Nicétas donne le nom de barbares à ces seigneurs francs qui convertirent en gros sous ces statues inestimables. A Rome, si la statue équestre de Marc-Aurèle a échappé à la destruction, c’est grâce à la légende populaire qui voyait en elle le héros de la foi chrétienne, Constantin 2. Brisées par les chrétiens, parce qu’elles rappelaient une époque abhorrée, recherchées pour la matière dont elles étaient faites, les statues de bronze étaient encore attaquées par un autre ennemi, le temps. Rongées à l’extérieur par l’oxydation, elles l’étaient à l’intérieur par les restes du noyau dont on ne débarrassait pas toujours entièrement la ligure3.

2. La « statuaria » en Grèce. — a) Généralités. — Les bronzes grecs étaient renommés. Pline vante ceux d’Égine, de Délos, de Corinthe, ce dernier comprenant lui-même trois variétés1. Le bronze de Délos était la matière préférée de Myron ; Polyclète se servait exclusivement de celui d’Égine.

Le bronze fut la matière de prédilection de l’artiste grec, et tous les grands artistes furent des bronziers. Pourquoi cette préférence3 ? L’artiste a aimé le bronze, parce qu'il s’adaptait mieux que toute autre matière à rendre avec fidélité la pensée créatrice. La création artistique, modelée dans la terre docile à refléter la moindre pensée de l’artiste, était ensuite, par des moyens mécaniques, qui ne l’altéraient en rien, lixée dans le bronze. Pas de tâtonnements, comme dans la pierre, pas le péril d'avoir à réclamer le concours d’un sculpteur en sousordre. Fidèle, la méthode était aussi rapide, plus que le marbre, dans lequel la forme ne se dégage que petit à petit. Le bronze permettait toutes les attitudes violentes qu’interdisait le marbre. Aucun autre mode de travail n'offrait à l’artiste les mêmes attraits et ne le provoquait plus directement à multiplier ses ouvrages. Si Lysippe n’avait pas eu le bronze à sa disposition, aurait-il laissé les 1500 statues que lui attribuait la tradition 0 ?

On remarquera que l’art du bronze a fleuri surtout dans le Péloponnèse. C'est que là, on se plaisait davantage à la représentation du corps masculin, dans sa nudité robuste, et que le bronze plus que le marbre était propre à faire valoir les contours durs et les formes précises1. Au vic siècle, les ateliers insulaires, celui de Chios, préféraient le marbre, dont les qualités spécifiques s’accordaient mieux avec leur sentiment secret de l’art, qu’ils armaient souriant, coquettement paré, tel qu’ils l’exprimaient dans leurs Corés. Le bronze sera avant tout la matière dans laquelle s’immobilisera le corps de l’athlète, et les grands bronziers du vc siècle, Myron, Polyclète, et au ive siècle, Lysippe, représenteront de préférence la forme athlétique. Au ivc siècle, Praxitèle sera le sculpteur de la grâce féminine et du corps ambigu de l’adolescent ; il préférera le marbre, dans

1 Ibid.-, Friederich-i-Wollers, Gipsabgûsse, |). 683,11“ 1698. — 2 Gardner, Uarulbook of greek sculpture, I, p. 6. — 3 Monum. Piot, IV, p. 23 ; Olympia, IV, p. 9.

— 4 Sur les divers bronzes [aes] ; Clarac, Op. I. I, p 62 sq. ; Quai réméré de Quincy, Op. I. p. 68 ; Blümner, Op. I. IV, p. 183 ; Walters, Op. t. p. 27. — 6 Perrot, Op. I. \ UI, p. ISO sq. — 6 Plin. B. nat. XXXIV, 37 — ^ l.ecliat, Phidias, p. 12 ; Reinacli, Esquisses arcli. p. 229, note 1. — S Carapanos, Dolone, pl. lx; Kckulé-Winncfeld, Bronz. ans Do, loua. — 9 Olympia, IV, p. 9 sq. — 10 Collignon, Op. I. I, p. 103, fig- 73; Brunn-Bruckmann, pl. lvi. — H Lecliat, Au Musée de l'Acrop. p. 393 sq.

— 12 Ibid. p. 403, noie 3. — i^Jahrb. des arch. Inst. 1899, p. 73 sq. — H V. l’exposé de la question par Léchât, l. c. — 13 Bull. corr. hell. 1886, pl. îv ; Deonna, les Anollons archaïques, p. 133, n“ 28. — 16 Léchai, Op. I. p. 413; Miiller, Nacktheit

vin.

lequel il pourra rendre mieux que dans le bronze les formes alanguies et douces de ses modèles.

On verra combien sont rares les originaux grecs, dont les plus nombreux appartiennent à la période gréco-romaine. Les grandes fouilles méthodiques n’ont, en général, dans ces dernières années, donné que des fragments de statues de bronze: Dodone8, Olympie", Délos, Priène, Pergame. Delphes s’enorgueillit de son Aurige, précieux original du ve siècle.

b) L' introduction de la fonte en creux en Grèce. — C’est avec l’introduction de la fonte en creux à Samos par Rhoecos et Théodoros que commence l’histoire de la statuaria en Grèce. Au vie siècle, à Samos, la matière préférée est le bronze. On s’est efforcé de se représenter quel était le style des bronziers samiens du vie siècle. On a reconnu leur influence dans l’Héra de Samos au Louvre 10 et dans les deux statues féminines de l’Acropole (n0* 619, 677) M, dont on a même voulu un instant attribuer l’une à Théodoros de Samos12. L’abus de l’incision qu’on y constate a rappelé les lignes tracées au burin dans le bronze ; d’autre part, M. Winter 13 a voulu prouver que la forme même de ces statues trahissait la copie d’œuvres de bronze : l’art samien, débutant dans la technique nouvelle du bronze, se serait efforcé de réduire les difficultés de la fonte au minimum, et pour cela aurait ramené le corps à une forme quasi cylindrique, afin que deux moules pussent servir, l’un pour la face, l’autre pour le revers11. Ce sont donc, pour la majorité des archéologues, des œuvres samiennes, qui ont servi à rattacher à l’école de Samos d’autres monuments : un « Kouros » du Ptoion (Athènes) 1S, des torses de Naucratis 16, des figurines en bronze d’Olympie n, d’Amyclées l8, d’Espagne 19, une tête en poros de Samos20. Mais c’est là un groupement hybride. Loewy a combattu la théorie de Winter et montré que la forme cylindrique desdites statues samiennes s’explique autrement que par les nécessités de la fonte 21 ; si la statuette d’Olympie était samienne, elle devrait être, semble-t-il, en fonte creuse, or elle est en fonte pleine; les statues récemment trouvées à Samos montrent un style tout différent, qui est identique à celui de Milet 22 ; en revanche, la tête de la statue 677 de l’Acropole et celle du Kouros du Ptoion présentent une étroite ressemblance avec le Sphinx de Delphes23, et sont, à n’en pas douter, des œuvres naxiennes, comme le prétendait déjà Sauer, mais pour d’autres motifs21. Il ne subsiste donc rien de ce groupe samien, et il faut renoncer à se figurer l’apparence des premiers bronzes de Samos.

C’est au vic siècle cependant qu’on voit apparaître les premiers bronzes fondus en creux23. Le lébès que les Samiens consacrèrent dans l’Héraion28 au vne siècle, était sans doute orné de têtes de griffons exécutées au repoussé comme celui du tombeau de Préneste27 : le lébès consacré dans l’IIéraion au temps de Crésus 28 était

und Entblôssung , p. 112-3; Mallet, Premiers êtabl. des Grecs en Egypte , p. 267-6. — 17 Olympia , IV, pl. vu, 74. — 18 Perrot, Op. L VIII, p. 290, noie 3. — 19 Americ. Journ. of arch. 1907, p. 136, fig. 4. — 20 Ath. Mitt. 1900, p. 152, fig. — 21 Die Natunoiedergabe, p. 33 sq.; cf. aussi Ath. Mitt. 1906, p. 167 (Curtius). — 22 Ath. Mitt. 1906, pl. x-xn, XIV. — 23 Fouilles de Delphes , IV, pl. v-vi; Perrot, Op. I. VIII, p. 395; fig. 185. — 24 Ath. Mitt. XVII, p. 39, n° 5, p. 41- ; cf. aussi Klein, Gesch. d. griech. Kunst. I, p. 135 ; Miiller- Wieseler, Denknuïler (4 • éd. Graef), Apollon, p. 272. Sur la discussion de cette école dite samienne, Deonna, les Apollons archaïques , p. 285 sq. — 25 Milnch. Sitzungsberichte , 1897, II, p. 115 (Furtwaeugler). — 26 Herodot. IV, 152. — 27 Olympia, IV, p. Il9sq. — 28 Herodot. I, 70.

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déjà exécute suivant le nouveau procédé. Dans un tombeau de Corneto, on a trouvé, parmi des vases qui remontent au vue siècle, ou en tout cas au commencement du vie siècle, des têtes de griffons fondues en creux

Le premier monument de la statuaria fondu de la sorte que nous possédons, est, au dire de Furt-

waengler, une tête masculine trouvée à Sparte2 (fig.

6617), qui serait contemporaine d’une protome de griffon fondu en creux trouvé à Olympie, et daterait du milieu du vi' siècle3; cette date paraît trop reculée mais la tête appartient bien encore au vie siècle. Un autre exemple est fourni par une statuette de Delphes 6 du type des « Apollons » à bras détachés ; elle date de la deuxième moitié du vi' siècle, et est sans doute le produit d’un atelier ionien.

M. Studniczka s’est efforcé de prouver6 que la fonte en creux n’avait été introduite dans le Péloponnèse que vers 500, qu’auparavant on n’v faisait de grandes figures qu’au repoussé. Les plus anciennes statues fondues en creux de l’art péloponésien seraient l’Apollon Philésios de Kanachos, vers 500, dont serait à peu près contemporain l’Apollon de Piombino (fig. 6619)1. Comme l’œuvre du maître sicyonien était en bronze éginétique, la technique de la fonte en creux aurait été introduite dans le Péloponnèse par Égine, qui elle-même l’aurait reçue de Samos, avec qui elle était en relation6. C’est d’Égine aussi que cette technique nouvelle serait venue à Athènes, dont l’œuvre la plus ancienne serait la tête barbue de l’Acropole, apparentée au style éginétique. Anténor, auteur du groupe des Tyrannicides, aurait été, par la technique de son œuvre, élève des Éginètes. Les théories de M. Studniczka ont été combattues par Furtwaengler 9. La tête de Sparte, qui est une œuvre laconienne, prouverait, dit-il, que la fonte en creux était connue dans le Péloponnèse dès le milieu du vie siècle; elle aurait été introduite à Sparte non pas par Égine, mais directement par les Samiens : la tradition mentionne en effet les étroits rapports qui unissaient Sparte à Samos : Théodoros de Samos avait élevé la Skias, et Bathyklès de Magnésie, auteur du trùne

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d’Amyclées, était sans doute un artiste du cycle sairnen 111 Nos connaissances sur la statuaire en bronze au vic siècle se réduisent à peu de chose. Dans le Pélopon¬

nèse ", Corintheest le centre d’une école de bronziers qui exporte jusqu’en Sicile et en Etrurie. L’école d’Égine, dont la prédilection pour l’art du bronze est marquée, ne nous est guère mieux connue pour la période primitive. De bonne heure, l’art de la fonte fut en faveur à Argos, à Sparte, dont l’école est représentée par Gitiadas, à qui Furtwaengler attribue la tête de Sparte. Le vie siècle est pour le bronzier une période de conquête patiente, qui lui donne une technique perfectionnée, dans laquelle excelleront les maîtres du vc siècle.

Peut-être est-ce à la fin du vie siècle, sinon aux premières années du ve siècle, qu’on peut rapporter la Chimère d’Arezzo (fig. 1364), œuvre grecque qu’Amelung voudrait attribuer à un atelier de Corinthe ou de Sicyone i2, la Louve du Capitole (fig. 66 1 8; u, qui pourrait être de travail ionien (Helbig), la tête de Gythère u, considérée tantôt comme une œuvre péloponésienne 15, tantôt, et plus justement, comme une œuvre ionienne

c) Ve siècle. — L’activité d’Égine grandit au vc siècle, et sa fonte (aeginetica temperatura) est si renommée, qu’à Sicyone, Kanachos ne se fait pas faute d’en adopter le procédé. Le maître le plus célèbre de l’école éginétique est alors Onatas11; l’Héraklès Oppermann nous conserverait peut-être le souvenir de son lléraklès consacré à Olympie par les Thasiens18. Deux têtes détachées de statues de grandeur naturelle peuvent être rapportées aux Éginètes, la tête d’éphèbe d’Herculanum l3, et la tête barbue de l’Acropole 20.

A Sicyone, l’art du bronze est en honneur ; Kanachos est

de Riombino.

1 Olympia. IV, p. 123. — 2 Münch. Sitzungsberichte , 1897, II, p, 112 sq., pl. i; Perrot, Op. I. VIII, p. 171, Gg. 92. — 3 Münch. Sitzungsb., 1897, II, p. 115.

— 4 Lecliat, Rev. Ét.gr. 1898, p. 181. — 5 Deonna, Op. I. p. 271, n° 87 ; Fouilles de Delphes , V (1e fasc.), pl. iv, p. 35, n° 39. — 6 Rom. Mitt. II, 1887, p. 108 sq. ; cf. Münch. Sitzungsber. 1897, II, p. 1 13 ; Joubin, Sculpt. gr. p. 20, noie 2. — 7 Perrot, Op, l. VIII, pl. xi ; Deonna, Op. I. p. 274, n° 102. — 8 Furtwaengler a récemment constaté l'influence samienne dans les frontons d’Egine, Aegina, p. 342, 503 ; cf. Rev. de l’Art, anc. et moderne , 1907, p. 190, note 3 (Pottier). — 9 Münch. Sitz. ber. 1897, II, p. 113 sq. Cf. Mon. antichi , 14, p. 771. — 10 Ibid. p. 114.

— il Collignon, Op. I. 1, p. 219. — Amelung, Führer durch die Ant. in Florenz, p. 253 sq., n° 247 (réf.) ; Furlwaenglcr, Meisterw. p. 294, rem. p. 078.

— 13 Helbig, Führer (2), I, p. 429, 59, n°638; Baumeister, Denkmüler s. v. Etrurien,

p. 510, fig. 552; Ravel, Monum.de l’Art antique, , pl. 27; Marquaidt, Antiq . rom. (trad. fr) XV,’ Vie privée, 2, p. 314; Martha, Art. étr. p. 303, note 1. On y a vu aussi une œuvre étrusque ou une œuvre carolingienne. — 14 Collignon, Op. I. I, p. 210, fig. 110; Kekulé, Griecli. Sculptur. p. 49, 51, fig. — 18 Collignon, c. — i6 Klein, Gesch. d. griech. Kunst, 1 ; Joubin, Sculpt. gi'> P* "1>’ Kekulé, L c. ; Deonna, Op. I. p. 113, note 8. — 17 Collignon, Op. I. U P- 282 s,>' — 18 Babelon, Bronzes, n° 518 (référ.). D'autres archéologues ont attribué u 11 figurine à l’école altique ou béotienne. Mailler a suggéré le nom d .Hégias, Rev. ét. gr. 1899, p. 452, 1900, p. 377. — 19 Collignon, Op. L I, P- 303> fiS; ’ Rayet, Monum. de l'art ant. I, pl. 20 ; Wiener Jahresh. IV, 1901, p. l'I (lL*‘ 1 1 ’ Brunn-Bruckmann, pl. lvi (référ.); Reinach, Recueil de têtes, p. 19, pln'admet pas l’attribution à l’école d'Egine. — 20 Collignon, Op. I. F P'

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célébré par son Apollon Philésios, qu’on a reconnu sans motifs suffisants dans l’Apollon de Piombino 1 (fig. 6019).

Dans les ateliers d’Argos, un grand nom domine tous les autres, celui d’Agéladas2; c’est le style de l’école argienne de son temps qu’on veut reconnaître dans le petit bronze de Ligourio3, dans le bronze Sciarra \

dans des statuettes du L ouvre 5 (fig.

6620) et dans une tête d'éphèbe d’assez grandes dimensions, au Musée de Berlin*. On peut encore attribuer à l’art des bronziers du premier quart du ve siècle la tète barbue d’Olympie 1 (fig. 4220).

En A 1 1 i q u e , le groupe de bronze des Tyrannicides [statua, p. 1477], dû à Anténor, avait été remplacé en 477 par celui de Critios et de Nésiotès, dont les statues de Naples seraient des copies8. C'est à Ilégias, le maître de Phidias, qu’on rapporte d’ordinaire la petite tète de l’Acropole9. Outre les monuments datant du premier quart du ve siècle que nous venons de citer, il en est d’autres encore, dont on discute encore l’attribution à telle ou telle école. Ce sont : l’Aurige de Delphes, attribué à Pythagoras de

Rhegion, à Calamis, à Onatas, à Glaukias, à Critios, à Amphion de Cnosse, etc. 10 (fig. 6621); le Poséidon de Créusis", œuvre éginétique (Léchât) ou attique (Philios, Joubin); l’éphèbe de Sélinonte 12 ; le “ Spinario ” du Capitole 13 , dans lequel on a reconnu 1 art de Myron, de Pythagoras, celui d'Argos ou de Sicyone; la tête Chatsworth, pour Furtwaengler œuvre originale de Pythagoras de Rhegion, opinion combattue par M. Léchât14; le torse de Florence, trouvé à Livourne, original grec que Furtwaengler rattache nu cycle de Critios ’5. On pourrait encore mentionner l’ex-votode Platées à Delphes, qui se trouve maintenant à Constantinople"-’ et qui, dans un autre genre, témoigne aussi de l’habileté des bronziers du premier quart du vc siècle.

Nous avons mentionné quelquesunes des hypothèses qui ont été émises au sujet de ces bronzes. Mais aucune n’entraine la certitude. Nos

t-ig. uuii. — l. a unge

connaissances sont trop imparfaites de Delphes, pour nous autoriser à reconnaître dans telle ou telle œuvre le style d’un bronzier plutôt que celui d’un autre, lequel peut être entièrement inconnu n. Il faut nous résigner à ignorer l’œuvre des bronziers célèbres que furent Calamis 18, Pythagoras de Rhegion et bien d'autres encore. Les grands bronziers du milieu du vc siècle sont Myron et Polyclète. Si leurs œuvres nous sont connues par des répliques en marbre ou par de petits bronzes20, aucune grande statue de bronze ne peut leur être attribuée21. Polyclète continuait la tradition des bronziers argiens, et les anciens étaient una-

fig. loi ; de Ridder, Catal. des bronzes de l'Acropole, n° 768 ; Perrot, Op. I. VIII, p. 526-7, fig-. 271-2; Rcinacli, Bec. de têtes, p. 4, pl. v-vi. Celle lêle pourrait être détachée d’une slaluc d’boplilodromc, Rev. ét. gr. 1896, p. 251. Dans ces deux tclcs les sourcils sont indiqués en saillie, de môme que dans l’Apollon de Piombino, l’éphèbe Sciarra, la petite tôte de l’Acropole, le Poséidon de Créusis, œuvres attribuées à des ateliers différents. A cause de ce détail commun, Arndt les réunit en un groupe corinllio-sicyonicn ; cf. Brunn-Bruckmann, texte de la pl. lvi.

— 1 Duruy, Bist. des Grecs, I, 420; Perrot, Op. I. VIII, pl. xi, p. 472 ; Collignon, Op. I. I, pl. v; Dconna, Op. I. p. 359. — 2 Collignon, Op. I. I, p. 316 sq

— 3 50o Winckelmannspr. (Berlin), p. 125 sq., pl. i; Joubin, Sculpt. gr. p. 109, fig. 30; Collignon, Op. I. I, p. 322, fig. 162. Furtwaengler a remarqué que les bronzes qu’on peut attribuer à l’école argienne sont brillants et de couleur foncée, caractères provenant de l’alliage spécial du bronze, 50e Winckelmannspr. p. 127. — 4 Sludniczka, Rom. Mitt. II, pl. ; Joubin, Op. I. p. 146, fig. 44; p. 73, fig, 8 ; Furtwaengler reconnaît en lui une œuvre italique du cycle de Critios et de Nésiotès. Cf. Münch. Sitzber. 1897, II, p. 112, 128; 50 0 Winckelmannspr. p. 151, 'note 90; Meisterw. p. 77, 684. — 5 Furtwaengler, Br. von Olympia , pl. vin, p. 18 [jupiter, p. 701] ; Monum. Piot , I, p. 105 sq., pl. xv-xvi.

— 6 Furtwaengler, Meisterw. p. 675 sq., pl. xxxu. — 7 Olympia, IV, pl. i ; Collignon, Op. 1. 1, p. 326, fig. 164 ; Perrot, Op. I. VIII, p. 467-8, fig. 235-6. — 8 Cf. sur ce groupe, Léchai, Sculpt. attique , p. 438 sq. ; articles récents : Hauser, Rom. Mitt. 1904, p. 163 sq (= Rev. des Ét. gr. 1906, p. 154); Sludniczka, Jahrbuch. kl. Alt. XVII, R106, p. 344 (= Americ. Joura. of arch. 1907, p. 214). Reconstitution au musée de Brunswick, Rom. Mitt. 1905, pl. xi. — 9 Furtwaengler, Meisterw. p. 80, 684; Collignon, Op. I . I, p. 323, fig. 163 ; de Ridder, Catal. des bronzes de l’Acrop. n° 767; l’errot, Op. I. VIII, p. 679, fig. 347; Furtwaengler, Intermezzi , p. 9 ; id. 50 Winckelmannspr. p. 140-1. D’autres archéologues l’attribuent à l’art du Péloponnèse.

— 10 Fouilles de Delphes, IV, pl. xlix-l ; Reinach, Rec. de Têtes , p. 6, pl. ix-x (réfer.) ; Joubin, Op. I. p. 141 sq., fig. 43, 45-7 ; Léchât, Phidias , p. 31-2, fig. 9. Articles récents : Sludniczka, Jahrb. des arch. Instit. 1907, p. 133 sq. ; Ponlow, Münch. Sitzber. 1907, p. 241 sq. Tour von Duhn, la statue serait un original de Pythagoras de Rhegion (Ath. Mitt. 1900, p. 421 sq.), opinion combattue par Furtwaengler ( Münchenersitz . 1907), qui y reconnaît le style de Critios. Léchât (Pythagoras de Rhegion, p. 100) la rapporte à l’école d’Egine. L’hvpolhèse la plus récente voit dans l’Aurige l’œuvre d’Amphion de Cnosse. Cf. Rev. arch. 1908, I, p. 126 srl- î 1907, II, p. 330; Rev. Et. grecq. 1908, p. 177, 348 sq. ; Ausonia, 1907, p. 22 (varietà) ; Americ. Journ. of arch. 1906, p. 152 sq.; 1908, n° 2 (Washburn. référ.).

p. 198 sq.; 221 ; Robert, Nachricliten der Gesellsch. d. Wiss. Gotiingen, 1907; Kœpp, Neue. Jahrb. 1909, p. 465; Keramopoulos, Ath. Mitt. 1909, p. 33 sq.

— it Eph. arch. 1899, pl. iv-v ; Rev. Ét. gr. 1900, p. 374 (Léchât) ; Joubin, Op. I. p. 100 sq., fig. 32-5. — 12 Perrot, Op. I. VIII, p. 491 sq., fig. 253-5; Arndt, Einzelaufn. 569-572. — 13 Collignon, Op. I. I, p. 416 sq., fig. 215; Friederichs- YVollers, Gipsabgïisse, p. 102, n*> 215; Furtwaengler, Meisterw. p. 685-6; Joubin, Op. I. p. 131, 135 sq.; Hclbig, Fvhrer (2), I, p. 427, n° 637 (référ.); Amelung. Führer durch dieAnt. in FLorenz , fig. 12; Lediat, Pythag. de Rhegion, p. 101-2.

— H Furtwaengler, Intermezzi. p. 3 sq. ; pl. t-iv ; Joubin, Op. I. p. 96-7, fig. 20-1 ; l.echat, Pythag. de Rhegion , p. 102. — lo Furtwaengler, Meisterw. p. 676, note 1 ; Münch. Sitz. berichte, 1897, II, p. 112; Jahrb. d. arch. Inst. 1892, p. 132; Amelung, Op. I. p. 275, n° 269 (référ.). — 10 Friederichs-Wollers, Op. t. p. 110, n° 227 (référ.); Jahrbuch, 1886, p. 176; Münch. Sitz. ber. 1904, p. 413 sq.

— 17 C’est ce que dit Furtwaengler à propos de l’Aurige de Delphes, Münch. Sitz. ber. 1907, p. 160. — 18 Reisch a voulu prouver récemment qu'il y avait deux Calamis. Le premier travaillait vers 4S0-460 ; le second, son petit-fils, u’élait plus exclusivement bronzier. et ses œuvres s'échelonnaient de 385 à 362, Wiener Jahresh. 190C, p. 199 sq. ; Sludniczka a accepté en partie cette théorie, Sachs. Abhandl. XXV, p. 1 sq. Pour Furtwaengler, cette hypothèse n’est pas soutenable, Calamis le Jeune est une fiction, Münch. Sitz. ber. 1907, p. 160 sq. Cf. encore : Rev. Ét. gr. 1907, p. 250-1; Americ. Journ. of arch. 1907, p. 216, 459; Collignon Scopas et Praxitèle, p. 16; Deouna, Peut-on comparer l’Art

de la Grèce à l'Art du Moyen-àge , 1910, p. 78, note 23, référ. 19 Sur

cet artiste, cf. Léchai, Pythag. de Rhegicn, 1905. — 20 Ex. : Le Marsyas de Myron sc retrouve dans un petit bronze du Brit. Mus. : Collignon, Op. I. p. 468, fig. 244 ; Walters, Catal. Bronzes Brit. Mus. p. 35, n* 269. On a voulu reconnaître le souvenir de la célèbre vache de Myron dans un bronze du Cabinet des Médailles: Babelou, Bronzes , n° 1137; dans une statue de marbre du Palais des Conservateurs, Rom. Mitt. 1901, p. 42 sq., pl. iv ; Rev. étud. Gr. 1901, p. 426-7; Fouilles de Delphes , V (1® fasc.), p. 53. Un petit bronze de Munich reproduit le Discobole, Friederichs Wolters, Op. I. p. 190 n° 453, etc. Remarquer que parmi les petits bronzes on ne trouve aucune réplique exacte du Doryphore ; Furtwaengler, Statuencopien , p. 56. - H On a voulu reconnaître, mais sans motifs sérieux, le Ladas de Myron dans un des Lutteurs en bronze du Musée de Naples; Mailler, Polyklet, p. 16; Amelung a rejeté celte hypothèse; Reinach pense cependant quelle n’esl pas invraisemblable, Recueil de têtes, p. 56.

STA

nimes à louer en lui la perfection de la technique

Bien que Phidias ne fût pas exclusivement bronzier comme Myron et Polyclète, on vantait certaines de ses statues en bronze, comme la Lemnia, la Promachos2.

La statuaire en bronze fut en honneur pendant tout le V siècle, surtout dans l’école d’Argos, où les disciples de Polyclète continuèrent la tradition de leur maître.

C’est à la deuxième moitié du ve siècle qu’on peut attribuer les monuments suivants : les statues de Tarse, au Musée de Constantinople3, l’une sans tête \ l’autre, réduite à la tète et au haut du torse6, qu’on a rattachées à la tradition myronienne, et qui datent de la fin du V siècle6; 1‘ “ Idolino ” de Florence, original grec de 440-130, œuvre éclectique trahissant l’influence attique sur un type polvclétéen 1 ; la tête dite de Bénévent, au Louvre, œuvre attique très apparentée à l’Athéna de Bologne, et sans doute du même atelier (Phidias?) 8 ; le buste en bronze de Munich, original du temps de Phidias et de Polyclète 9 : l’éphèbe Sabourolf, œuvre argienne de la fin du vc siècle10. Citons encore une petite tête de la Villa Albani, reproduisant le type de l’Athéna Hope11, le fragment d’une statue colossale d’Arès, trouvé en Grande-Grèce, au British Muséum et datant du milieu du ve siècle l2.

d) IV* siècle. — L’art du ive siècle accorde au bronze une place moins exclusive. Scopas, élève des fondeurs du Péloponnèse, débute par des statues de bronze, comme celle de l’Aphrodite Pandémos, mais, plus tard, semble se vouer à la sculpture de marbre, qui a fait la gloire de l’école attique. Praxitèle est surtout un marbrier, et les anciens affirmaient qu’il réussissait mieux dans le marbre que dans le bronze i3. Le rythme nouveau de ses œuvres a été conçu dans le marbre : ces torses déhanchés, qui s’appuient contre un support et permettent de mettre la figure hors d’aplomb, de donner au corps des lignes plus onduleuses, naissaient tout naturellement dans le marbre qui nécessite des appuis, mais ce sont des attitudes contraires aux qualités mêmes du bronze, faiLes d’indépendance et de mouvement. Les chefs d’œuvre de Praxitèle sont des marbres; c’est dans celle matière qu’il trouve, sous son ciseau, les délicatesses les plus subtiles, pour traduire, dans un corps de femme ou

d'éphôbe, le moelleux de la chair et la souplesse de h vie. C’est à la tendance praxitélienne qu’on peut rapporter le bronze d’il ypnos, de Berlin11, la tête d’IIypnos de Pérouse, au Musée Britannique 16.

L’Athéna d’Arezzo, au Musée de Florence16, serait une œuvre grecque du cycle de Praxitèle; Amelung y verrait même une œuvre de jeunesse de ce maître.

Lysippe, lui, est avant tout un bronzier 17, et. le bronze lui rendait possible l’exécution de statues aussi hardies que celles de son Kairos, debout sur une sphère qu’il touchait seulement de la pointe des pieds; la tradition de la fonte se maintient dans son école avec ses successeurs, Daippos, Boédas, Charès de Lindos, etc., qui continuèrent à rendre dans le bronze la précision du corps athlétique. C’est à Boédas qu’on attribue généralement la statue de l’Adorant d Berlin 13 (fig. 6622).

C’est encore du iv6 siècle qu’on peut dater d’Erzindjan, au Musée Britannique19, qui, pour M. Reinach20, est une œuvre du début du ivc siècle, encore inspirée des grands maîtres du Ve siècle; pour M. Coliignon 2I, une œuvre de la fin du ive siècle, sous l’influence scopasique; la tête de Satyre de Munich22, œuvre du temps d’Alexandre.

Avec le iv= siècle, la fonte du bronze a atteint en Grèce son apogée, et ne fera dès lors plus de progrès23.

e) Epoque hellénistique et qreco-romaine. — C’est à l’époque hellénistique qti convient de rapporter 21 un fragment de statue féminii drapée du Musée de Berlin (me siècle), la tète ( Lybien du British Muséum trouvée à Cyrène, c

Fig. 0622.— L'Adoranl de Berlin.

la lèli

Fig. 6023. — Pugiliste du Musée des Thermes.

1 Plia. H. n. XXXI V, 50. — 2 Sur Phidias, cf. les récentes études de Léchai, l Acropole d Athènes, Phidias , 1909. Sur la Promachos, article récent ;

Revue arch. 1905, 1, p. 241 sr[. (= Rev. êtud., gr. 1 900 , p. 156). Reinach reconnaît la Promachos dans un petit bronze de Boston ; Bronzes de la Gaule rom. p. 40, n° 12 ; Gaz. B. -Arts, 1902, 11., p . 467-9. L'attribution de la Promaohos à Praxitèle l'Ancien est abandonnée. — 3 Gaz. archéol. VIII, 1883, p. 85 sq. pl. i-ii ; Revue arch. 1899, II. p. 19 sq., pl. xiimhy (Joubin' ; Rev. ét. gr. 1899. p. 453 sq. (Léchât) ; Friederichs- Wollers, Op. I. p. 197, n° 461; Furtwaengler, Meisterw. p. 318, note “2. — 4 Gaz. arch. pl. n. — 5 Ibid. pl. i; Collignon Op. I. p. 479, fig. 246. — 6 Joubin, Sculpt. gr. p. 1.5 sq.. les place à tort vers 460. — 7 Reinach, Rec. de têtes, p. 57, pl. vu (référ.); Bmnn-Bruckmann, texte de la pl. dlxvii, p. 6 sq. ; Furtwaengler, Meisterw. p. 497 sq., fig. 89 ; 49e Winckelmannspr. (Berlin), p. 3 sq., pl. mi ; Wiener Jahresh. IV, 1901, p. 179, fig.; Amelung, Führer dur ch die Ant. in Florenz , p. 272 sq. (référ.). — 8 Reinach, Rec. de têtes, p. 58.pl. lxxii (référ.); Collignon, Op. I. 11. p. 169, pl. (I attribue à l’école polvclétéenne) ; id. Scopas et Praxitèle, p. 21. Cette tète provient s. en réalité d'Herculanum, Rev. ét. gr. 1896, p. 30 L — 9 Furlvvaengler, Beschr. d. Glypt. p. 372, n» 457 (référ.) ; id. Meisterw. p. 507; Collignon, Op. I. 1, p. 421, fig. 217. L’éphèbe en basalte du musée des Thermes serait une œuvre du même artiste ; Hauser prononce môme le nom de Calliclès, fils de Théocosmos de Mégare ; Rom. Mitt. 1895, p. 97 sq., pl. i ; Rev. ét. gr. 1896, p. 266. — 10 Furlwaeuglcr, Coll. Sabouro/f, i, pl. vm-xi; Kekulé, Griech. Sculpt. p. 160, fig.; Wiener Jahreshefte, IV, 1901, p. 1743, fig. 187 ; Beschr. derant. Sculpt. (Berlin) n° 1. Furlvvaengler, après avoir attribué cette statue à la tendance péloponésicnne du ive siècle, la rapporte ensuite à l’école d’Euphranor, Meisterw. p. 583. — il Helbig, Führer (2). Il, p. 22, n° 795 ; Furtwaengler, Meisterw. p. 1 1 1-2, — 12 Walters, Catal. ofthe Bronzes , p. 33, n° 265 (référ.). — 13 Plin. U. n. XXXIV, 19, 10: marmore felicior. — 14 Arch. Anz. 1903,

p. 33, lig. 1 ; Kekulé, Griech. Skulptur. p. 262, fig. — 15 Walters, Op. I. p. 31, u° 257 (référ. ). Celle tète n est nullement de travail étrusque, comme le croit Marllia, Art Étrusque, p. 303. — 16 Amelung, Führer in Ftorenz, p. 256, n° 248 (référ.).

1" Lysippe cependant a aussi travaillé le marbre. Peut-être qu’une tête masculine do marbre, trouvée à Olympic, serait celle de Philandridas, mentionnée par Pausanias comme œuvre de ce maître ; ce serait donc un marbre original de Lysippe. L Agias de Delphes ne serait pas une copie d’un original de bronze, mais luimême lin original de la main de Lysippe. Ces hypothèses, très contestables, ont été émises récemment par M. Waller Woodburu H y de. Amer. Journ. of arch. 1907, p. 396 sq. Cf. Collignon. Lysippe (bibliogr.). Un relief d’ivoire reproduit l'Heraklès de Tarcnte, Furtwaengler, Mûnch. Sitz. ber. 1902, p. 433 sq.; \meric. Journal of arch. 1904, p. 475. — 13 Collignon, Op. I. II, p. 483, fig. 252; Kekulé, Op. I. p. 266, fig.; Collignon, Lysippe , p. 96 ; Friederichs-Wolters, Op. /. n° 1562; Beschr. derant. Slculpt. (Berlin), n° 2. — 19 Walters, Op. L p. 33, n° 266 (référ.). — 20 Rec. de têtes, p. 108, pl.cxxxix (référ A. — 21 Op. I. II, p. 477, fig. 217.

— 22 Friederichs-Wolters, Op. L no 1 497 ; Brunn-Bruckmann,pl. v b ; Furtwaengler, Beschr. der Glypt. p. 369, n° 450. — 21 Pline après avoir énuméré les maîtres du bronze, dit : « cessavit deinde ars (il n’entend que IVirs stotuaria), ac rursus Olympiade ci.vi revixit », ce qui ne signifie pas qu’il y ait eu cessation de la statuaria, puisqu il cite encore après des bronziers : il veut dire que l'art du bronze avait atteint avec Lysippe cl son école le plus haut point, et qu après il y eut arrêt dans les progrès de la fonte du bronze ; H. n. XXXI V, 52 ; Baumeister, Denkmüler, s. v. Perg.imon, p. 1229. — 24 Beschr. d. ant. Skulpt. (Berlin), n° 3; Brunn-Bruckmann, texte de la pl. di.vijî, fig.; Kekulé, Op. I. p. 267 fig.

— 2» Collignon, Op. I. I(, p. 567, fig. 292 ; Rayet, Monum. de l’art, ant. II, pl- $7 ; Arndt Bruckmann, Gr. uni rôm. Portr. pl. xn-n. Walters, Op. L p- 34, n» 268

s'affirme le réalisme artistique de cette époque. Le pugiliste des Thermes1 est d’un style déjà plus avancé (vers 200) (fig. 6023), de même que la tète d’athlète d’Olympie2, la statue du Musée des Thermes, dans laquelle on a parfois voulu reconnaître Alexandre Bala de Syrie (149 av. J.-C.)3. Du ne siècle date encore une belle tète de Centaure du Musée de Spire 4, découverte dans le Palatinat; c’est un original grec, transformé en peson de balance dans cette région à demibarbare, produit tardif, comme le Laocoon qu’elle rappelle, de l’art pergaménien. Citons encore la tête de Sophocle, à Londres6, provenant de Constantinople.

Les bronziers grecs n’ont plus de souci d’originalité ; ils se bornent à copier les œuvres de leurs devanciers. L’Apoxyoménos d’Ephèse6 est une copie romaine d’une œuvre de l’école lysippique, à propos de laquelle Hauser a prononcé le nom de Daipnos, fils de Lysippe. L’Héraklès de la Glyptothèque Ny-Carlsberg 7 reproduit un type attique du iv" siècle, où se mêlent les éléments du style polycléléen et du style scopasique ; il est parent de l'Héraklès Lansdowne, et montre même technique que l’Apoxyoménos d’Éphèse et que le bronze d’Anticythère, son contemporain. La statue de Dionysos (Apollon ?) du British Muséum8, qui provient d’Égypte et date du 1er siècle av. J.-C., est la copie d’un original que Furtwaengler attribue à Euphranor. Le navire naufragé à Anticythère, au ier siècle de notre ère, contenait une riche cargaison d’œuvres d’art9. Aucune des pièces conservées n’est un original; ce sont des copies libres, faites pour l’exportation, et destinées, semble-t-il, au marché de Borne 10. Parmi les grands bronzes, une statue d’éphèbe a pu être restaurée11 ; une tête barbue est la copie d’un beau portrait de l’époque hellénistique ,2.

Le Musée de Naples contient un grand nombre de bronzes provenant de Pompéi ou d’Herculanum. Plusieurs rappellent par leur style l’éphèbe d’Anticythère, et proviennent peut-être des mêmes ateliers d’Athènes18. On a souvent discuté s’il fallait voir dans les bronzes de Naples des originaux ou des copies relativement récentes. Benndorf a montré que sauf la tête éginétique d’Hercu-

(référ.) propose de l'aUribuer à Lysislratos. — 1 Collignon, Op. L. II, p. 492, fig. 256 ; Helbig, FiXhrer (2), II, p.228, n° 113 (référ.); Rev. Kt.gr. 1899, p. 20t. — 2 Collignon, Op. L. II, p. 492, fig. 255-5 bis ; Kekulé date celle léle du ve siècle, Ueber den Bronzelcopf eines Siegers in Olympia , 1903. Cf. de la même époque : pied d’une slatue d’Olympie, Friederichs-Wollers, Op. L. p. 915, n° 324; aulres fragments d’Olympie, Ibid. p. 146, n° 325-7. — 3 Collignon, Op. I. Il, p. 493, fig. 257; Helbig, Kührer, (2), II, p. 231, n° 1114- (référ.); Arndt- Bruckmann, Op. I. pl. ccclviii-ccclx. Cette statue n’a pas de ressemblance avec les monnaies d’Alexandre Bala ; ce serait une copie romaine d’une statue d athlète du ni® siècle; Journ. hell. stud. 1905, p. 96, n° 1. — * Keinacb, Bronzes fig. de la Gaule rom. p. 114, n° 117; id. Rec. de têtes , p. 189, p!. ccxxxm-iv (référ.). — & Walters, Op. I. p. 153, | n° 847 ; Bernoulli, Gr. Ikonogr. I, pl. xv, p. 134 sq. — 6 'Forsch. in Ephesos , I, pl. vi-ix, p. 181 sq. ; Collignon, Scopas et Praxitèle , p. 22-3. — 7 Furlwaengler, Meislerw. p. 518 ; Arndt, Glypt. Ny-Carlsberg , pl. lxxxix-xci. — 8 Furlwaengler, Op. I. p. 585, g.; Walters, Op. I. n° 828 (référ.). — 9 Eph. arch. 1902. p. 145 sq. ; Journ. hell. stud. 1903, p. 152 sq.;7teu. Ét. gr. 1901, p. 445; 1904, p. 94; Slais, ’Amxuûr, wv 1905. Cf. aussi le navire naufragé de JVlalidia,

Rev. arch. 1909, II, p. 132, 455 ; 1908, II, p. 131, 416; Journ. des Sav. 1909, p. 374 sq. ; L. rend. Acad. d. B.-L. , 1908, 245 sq., 386 sq., 532 sq. ; 1909, p. 649 sq., p. 420, 430 sq., 442; 1910, p. 585 ; Arch. Anzcig. 1909, [p. 267 sq.; Klio, IX, 2, 1909, p. 252 sq. ; Bull. Soc. Antiq. de France , 1909, p. 205 sq. ; Gaz. B. A. 1909, p. 191, 195; Amer. Journ. of arch. 1909, p. 102 sq. ; Rev. Et. grecques, 1909, P 290 ; Rev. ant. 1908, II, p. 22, 308; Woch-Klass. Philol. 1908, p. 1103; 1909, P- 10; Classic. Review, 1 Ov.9 . nov. p. 229. — 10 Journ. hell. stud. 1903, p. 217 sq. ; Rev. Et. gr. 1905, p. 120. — H Sans doute copie d’une œuvre hellénistique, bien qu’on ail voulu y reconnaître le style de Scopas, de Praxitèle, ou môme d'Alcamènc. Cf . Journ. hell. stud. 1903, p. 221 ; reproductions : 76iif.pl. vm-ix ; 1904, p. 129 sq. ; Eph. arch. 1902, pl . vm-x ; Slais. Op. L pl. ; Collignon, Scopas et Prax. fig. 2 : Rev. Et. gr. 1904, p. 94, fig. — 12 Journ. he'l. stud. 1903, p. 233, fig. 4; Eph.

lanum (cf. p. 1498), et des portraits d’art local, ces bronzes étaient des répliques du temps d’Auguste, faites sans doute à Athènes, et importées en Italie peu de temps avant l’éruption du Vésuve u. Le buste du Doryphore, qui porte la signature d’Apollonios, fils d'Archias, Athénien, en est à lui seul une preuve évidente. A cette époque, il se passait à Athènes ce qui se passe de nos jours en Italie, surtout à Naples : on copiait industriellement les bronzes célèbres pour l’exportation16. Les originaux de ces bronzes remontent à diverses époques. Les Danseuses d’Herculanum 1,1 répètent le type cher à l’art de la première moitié du vc siècle, celui de la femme en chiton dorien [péplos, fig. 5359]; l’Apollon de Pompéi 17 dérive d’une œuvre argienne antérieure à 430; le buste du Doryphore de Polyclète a été fidèlement côpié par Apollonios 1S, tandis que le buste qui lui faisait pendant reproduit les traits d’une Amazone polyclétéenne 19 ; deux bustes d’éphèbes 20 sont des copies de types polyclétéens 2 *; les deux lutteurs22 reproduisent, diversement modifiés, un original grec du ve siècle ; d’un original de la fin du ve siècle dérive la tête de Dionysos barbu 23 longtemps appelée Platon. L’Hermès assis répète un motif lysippique21; la tête d’Artémis (dite longtemps Bérénice) dérive d’une œuvre du ive siècle, qui, pour Reinach, pourrait être de Léocharès 28 ; l’éphèbe de Pompéi reproduit une œuvre éclectique, où le style attique se mêle au style argien 26 ; le satyre endormi est un type hellénistique du me siècle 27, comme le satyre ivre28; le Dionysos (dit Narcisse) est une copie d’un type attique de l’âge hellénistique29; l’Apollon et l’Artémis du temple d'Apollon 30 remontent aussi à des originaux du m° siècle.

Les portraits hellénistiques sont nombreux. Celui qui a passé pour représenter Sénèque, d’Herculanum, est le [dus connu31. Ce sont encore: le portrait de Seleucus 1 Nicator 32, le buste dit de Sapplio33, deux bustes de princes hellénistiques 3l, des tètes de Grecs et de Grecques inconnus, etc. 35. On rencontre dans toute l’Italie ces portraits grecs comme ceux du Musée de Naples, qui sont peut-être des copies importées de Grèce.

arch. 1902, pl. xw, — 13 Jauni, hell. slucl. 1903, p. 231 sq. ; lie v. Él. gr. 1905, p. 120. — U Wien. Jahresh. 1901, p. 100 sq. ; Rev. Él. gr. 1902, p 400.

— 13 Mien. Jahresh. 1901, p. 188 9. — 16Collignon, Op. I. 1, p. 424, lig. 219; Léchât, Phidias, p. 25 ; Rayct, Mon. del' art ant. 1, pl. 37 à 39 ; Mien. Jahresh. 1901, p. 180 sq., fig. 193 sq. (référ.). — O Mailler, Polyklet, p. 66 sq., fig. 16-17 ; Collignon, Op. I. Il, p. 606, fig. 350 ; Furlwaengler, Meislerw. p. 79, fig. 3 ; Amelung. Führer durcli die Ant. in Florent, fig. 38; Rev. Êt. gr. 1890, p. 433-5 (référ.) ; Furlwaengler, Intermezzi, p. 47 ; Collignon, Scopas et Praxitèle, p. 22. — 1» Collignou, Op. I. I, p. 495, fig. 252; Gaz des B.-Arts, 19o2, 11, p. 403, fig. ; Reinacli. Rec. de tôles, p. 37, pl.xm-vu ; Friederichs-Wollers, Op. I. p. 228, n° 503 (référ.).

— 19 Gaz. des B.-Arts, 1902, 11, p. 404, fig. ; Reinach, Op. I. p. 43, pl. r.vii (rérér.’.

— 20 Rayct, Mon. de l'art ant. 11, pl. 54; Reinach, Op. I. p. 46, pl. i.vm (référ.).

— 21 Rayet, Op. I. II, pl. 66; Furlwaengler, Meislerw. p. 49ôsq., fig. 87-8. — 22 Reinach, Op. I. p. 56, pl. T.xv (référ.); Wiener Jahresh. IV, 1901, p. 172-3. —23 Reinach, Op. I. p. 99, pl. ex xv (référ.); Friederichs-Wollers, Op. I. p. 464, n“ 1285; Rayct, Op. I. 11, pl. 54; Mien. Jahresh. IV, 1901, p. 172. — 24 Rayet, Op. I. Il, pl. 50;

Reinach, Op. I. p. 176, pl. ceux ; Collignon, Lysippe, p. 121, fig. 24. 23 Friederichs-

Wolters, Op. I. n° 4603; Rayet, Op. I. Il, pl. 51 ; Reinach, Op. I. p. 177, pl. eexx.

— 26 Rev. Ét. gr. 1001, p. 463 (référ.); Wien. Jahresh. 1901, p. 174 sq., fig. 186 sq.; Collignou, Scopas et Prax. p. 12. — 27 Wien. Jahresh. 1901, p. 173; Reinach, Op. I. p. 212, pl. cci.x (référ.). — 2» Friedorichs-Wolters, Op. I. p. 588, n” 1199; Wien. Jahresh. 1901, p. 172. — 29 Collignon, Seulpt. gr. Il, p. 451, fig. 234; id. Scopas et Prax. p. 22; Wien. Jahresh. 1901, p. 172; Amelung, O. I. fig. 21; Rayet, Op. I. 11, pl. 48. — 30 Friederichs- Wollers, Op. I. p. 604, u" 1329-3» (référ.); Wien. Jahresh. 1901, p. 173.

— 31 Collignou, Op. I. Il, p. 000, fig. 317; Rayet, Op. I. 11, pl. 59; Bernoulli, Griech. Ikonogr. II, pl. xxm, p. 161, n» 1 (référ.). — 32 Arndt-Bruckmann Gr. and rôm. Portr. pl. ci-cn. — 33 Friederichs-Wollers, Op. I. p. 048, n" 1004.

3, Arndt, Op. I. pl. Xi'.i-li, xcm-iv. — 33 Ibid. pl. cuii-iv, ci.ru-viti, u.ix-ci.x, ct.xxxvii-vm.

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3° La « statuaria » en Etrurie. — La pierre n'a jamais joué un grand rôle dans l’art étrusque1; l'argile fut la matière préférée des artistes, et nombreuses sont les statues de terre cuite qui sont parvenues jusqu’à nous2. On comprend donc, étant donnée l’union qui existe entre la « plastice » et la « statuaria », que cette dernière fut aussi florissante en Toscane. Les ouvrages des bronziers étrusques étaient renommés; les signa tuscanica étaient colportés dans le monde entier, dit Pline3, et lors de la prise de Vulsinii(264av. J.-C.),les Romains y trouvèrent à emporter 2000 statues de bronze. Vulsinii, Arretium paraissent avoir été les centres principaux des bronziers étrusques, car de là proviennent la plupart des statues de bronze4 ; 1 art du bronze florissait dans le pays compris entre la haute vallée du Tibre et la source de l’Arno. Pendant longtemps, ces ateliers ont été en pleine activité et ont répandu leurs produits dans l'Ualie centrale 5.

Un emploi spécial des statues de bronze en Étrurie consistait à leur faire orner le tympan des temples qui, en bois, et placé en porte-à-faux, ne permettait qu’une décoration très légère, en terre cuite ou en bronze doré6.

Les mêmes procédés techniques qu'en Grèce étaient usités en Étrurie; cependant, les statuarii étrusques ont poussé plus loin que les Grecs le désir de rendre l’expression de la vie dans leurs œuvres. Dans une tète en bronze de Florence1 * *, il y avait peut-être à l’intérieur une lampe, dont la lumière brillait à travers la matière transparente des yeux, et donnait au regard une vie intense; de même dans le bronze Sciarra*.

L’art du bronze a passé en Étrurie par les mêmes phases qu’en Grèce. On commença par le sphyrélaton, dont le buste de Vulci, au Musée Britannique, qui est antérieur à 600, est un exemple bien connu (tig. 2820)". La fonte en creux semble avoir été introduite dans ces régions plus tard qu’en Grèce10. Une tête de la collection Tyszkiewicz11, de grandeur demi-nature, travail étrusque de 500 av. J.-C., ou des premières années du vc siècle, est encore en fonte pleine. La technique nouvelle fut sans doute importée de Grèce au début du vc siècle.

Les grands bronzes étrusques ne sont pas nombreux 12. La louve du Capitole, qui, pour certains, serait étrusque, estplutôtde travail grec(fig. 6618), demêmequelaChimère d'Arezzo (fig. 1364), la tête d'IIypnosde Pérouse, l’Athéna d’Arezzo, dans laquelle AVinckelmann reconnaissait déjà une œuvre grecque. Ceci prouve que, malgré la renommée des bronzes étrusques, les œuvres des bronziers grecs leur faisaient concurrence dans leur pays même. On n'a laissé à l’art étrusque que ce qu’on ne pouvait lui ôter sans invraisemblance. C’est l’Arringatore de Flo¬

rence (fig. 6624) )3, portrait de Metilius, qui, l’inscription l'indique, fut commandé par la veuve du défunt, Aulesi Clensi, à l’artiste Tenine Tuthinas ; cette statue est contemporaine des guerres puniques. Le Mars de Todi, au Vatican (fig. 28 17) 1 v , imite, au ni0 siècle avant J.-C., un original grec du milieu du ivc siècle. Les fragments d'un attelage monté par des divinités (sans doute Apollon et Diane), trouvés à Chianciano, près de Cliiusi, et conservés au Musée de Florence, datent sans doute aussi du m® siècle13. Une statue féminine de Vulci, à la Glyptothèque de Munich16, est un travail étrusque des n°-ier siècles av. J.-C., imitant un type praxitélien. La statue de Zeus imberbe n'est pas antérieure

aux iiie-n° siècles et reproduit un type idéal de l’époque d’Alexandre I7. Les œuvres de bronze de dimensions plus restreintes ne manquent pas. Nous mentionnerons seulement les diverses statues d’enfants (fig. 2831) qui sont un motif fréquent 1S.

Les Étrusques furent plutôt d'habiles techniciens que des artistes et leur réputation fut surtout celle de fabri¬

cants industriels, fournissant des candélabres, des cistes, des miroirs1". Dans leurs statues, ils imitent les œuvres des bronziers grecs, et leurs imitations peuvent être confondues avec les originaux de la Grèce ; ou encore, ils créent des œuvres d'un goût local portant la marque du style étrusque, tel l’Arringatore : bien que lourd et

emprunté dans sa démarche, bien que les plis du pallium soient mal rendus, que les proportions ne soient pas irréprochables, ce n'est pas une œuvre vulgaire, et le réalisme cher aux Étrusques et aux Romains s’y fait fortement sentir. Les Romains avouaient cette infériorité de la statuaire étrusque sur celle de la Grèce 2ü.

4° La « statuaria » à Rome. — Les mœurs à Rome furent simples, jusqu’à la conquête de la Grèce et de 1 Orient, disaient les anciens. La statuaire céramique suffisait a décorer les temples et à représenter les divinités11. On peut croire cependant que de bonne heure les bronzes étrusques pénétrèrent à Rome, comme ceux de 1 Italie méridionale, qui possédait des ateliers de fondeurs célèbres22. La première statue de divinité faite en bronze que Pline mentionne à Rome est celle de Cérès, faite avec les biens confisqués de Spurius Cassius23.

Les grands bronzes antérieurs à l’époque impériale sont rares. Le Dionysos des Thermes, datant des nrii° siècles, serait une œuvre campanienne importée, ou une œuvre romaine subissant l’influence des bronziers de la

1 Martha, Art étrusque, p. 302 sq. ; p. 497 sq. ; Walters, Op. I , p. 44 sq. ; Marquardt, Manuel des ant. rom. XV, Vie privée, 2, p. 344; Baiimeister,

Denkm. s. v. Etruricn, p. 510; f.trusci, p. 840. — 2 Sur la plastice étrusque,

Deoima, Slat. de t. cuite dans l’Ant. p. 79 sq. — 3 H. n. XXXIV, 34. Les bronzes étrusques pénétraient môme en Grèce; cf. Walters, Op. I. p. 49.

4 Martha, Op. I. p. 499, 303. — 3 Tertull. Apolog . 23 : ingénia Tuscorum fin-

gendis simulacris Urbem inundaverunt. — 6 Vilruv. III, 2, 5 : cf. Martha, Op.

I. p. 278-9, 282, 328-9; Deonna, Op. cit. p. 93. — 7 Amelung, Führer durch die

Ant. in Florenz. p. 253. — 8 Jtôm. Mitt. II, p. 94-5. — 9 Etrusci, p. 840,

fig. 2820 ; Walters, Op. I. p. 59, n" 434 (référ.). — f0 Münch. Sitz. ber. 1897, II’

p. 112, note 2 (Furtwacngler). - n Frfihner, Collect. Tyszkiewicz, pi. x,„.

— 12 Martha, Op. I. p. 303. —13 Etrusci, p. 840, fig. 2819 ; Amelung, Op. I. p. 257,

n« 249 (référ.) ; Baumeister, Op. I. s. v. Etruricn, p. 512, fig. 553 ; Arndt-Rruckmann’

Gricch. undrôm. Portr. pl. i.xxxvi-i.xxxvm. — 14 Etrusci, p. 840, fig. 2817; Rayet,

II, pl. 08 ; Helbig, Führer (2), II, p. 375, n» 1382. — 13 Amelung, Op. I. p. 252-3.

— 10 Friederichs-Wolters, Op. 1. n" 1085 ; Furtivaengler, Beschr. d. Olypt.p. 300,

n° 444. 1' Arndt-Bruckmann, Op. t. pl. ci.xxxviii-ix ; Furlwaengler, Op.l. p- 375,

n» 463. — 18 Ex. : enfant assis, avec bulle, Vatican, Helbig, Führer (2), II, p. 370, n» 1390 ; enfant assis tenant un oiseau, Vatican, Ibid. Il, p. 371, n» 1370 ; môme motif, Leyde, Friederichs-Wolters, Op. I. p. 90, n“ 1209. — 19 Walters, Op. /• p. 48, 50 sq. — 20 Quint. XII, 10, 1-7 : nec solum spccie ut signutn signo, sed genere ipso ut Graecis Tuscanicae statuae... duriora et Tuscanicis proxima Gallon atque Hegesias. — 21 pijn. H. nat. XXXIV, 34: mirumque mihi videtur, cum statuarum origo tam velus Italiae sit, lignea patins ant fictilia simulacra in delubris dicata, nsque ad devictam Asiate, undc luxur'ut. Cf. Lfconna, Les slat. de t. cuite dans lantiq. p. 86 sq. — 22 Büimncr, Die gewerbl ThCdigkeit der Vôlker des Iclass. Alterth. p. 116 (Campanie), p. 121 (Rhegion), p. 125 (Sicile).

— 23 H. n. XXXIV, 15.

Campanie L De l’époque républicaine date le Camille du Parlais des Conservateurs 2, qui, au dire d’Helbig, pourrait être la création d’artistes grecs travaillant à Rome.

A partir de l’époque impériale, les monuments abondent. Mais le bronzier romain est de beaucoup inférieur au bronzier grec. L’art de la fonte est en décadence3 et Pline l’avoue en mentionnant le colosse fondu par Zénodore*. Les bronzes romains sont d’une fonte plus épaisse, plus lourde, moins fine, d’un alliage moins parfait. Si la qualité déchoit, la quantité et les dimensions des bronzes ne diminuent pas. La statue de Zénodore était de dimensions colossales, et les colosses ou fragments de colosses romains que nous possédons ne sont pas rares : au Vatican, un Héraclès en bronze doré, qui date du temps de Pompée ou de Tibère5, les fragments d’une statue de Neptune, du temps de Trajan G ; au palais des Conservateurs, une tète dans laquelle on a reconnu Néron, Domitien, Commode7, un pied de statue8; dans la collection Ouvaroff, une tète de Zeus9 ; au Louvre, un buste de Titus, etc. 10.

Si on veut saisir la différence qui existe entre un bronze grec même de basse époque, et un bronze romain, il suffit de considérer les bronzes du Musée de Naples. Les bronzes de Pompéi et d’Herculanum sont, nous l’avons dit, de deux sortes: les uns, copies d’originaux grecs exécutées à Athènes, sont d'un travail soigné et d’une fonte légère; les autres, des produits romains, telle la têtebien connue de Caecilius Jucundus (lig. 6625) u, sont d’un travail plus rude, d'une fonte moins fine. On peut dire que les œuvres originales de Naples sont romaines, et sans mérite artistique, tandis que les œuvres artistiques ne sont que des copies grecques12. Aussi les Romains préféraient-ils à leurs bronzes nationaux les œuvres des bronziers grecs, et recouraient-ils à tous les moyens pour se les procurer. Antoine avait proscrit Verrès, parce que celui-ci avait refusé de lui donner ses bronzes corinthiens13, et Auguste agissait de même u. Les trésors artistiques de la Grèce furent mis au pillage par les conquérants, et vinrent enrichir l’Italie.

A Rome, comme en Étrurie, l’art du portrait était en grande faveur ; aussi de nombreux bronzes nous livrentils les traits de personnages célèbres. En voici quelquesuns: tête de Jules César, à Berlin 15 ; tète de Scipion (?),

» Helbig, Führer (2), 11, p. 233, n" 117 (référ.). — 2 Ibid. 1, p. 422, n» 627, (référ.) ; Friederichs-Wollers, Op. I. n° J oG I . Au Musée de Naples se trouve une copie moderne de ce bronze, qui a longtemps été considérée comme antique. Cf. Wiener Jahresh. IV, 1901, p. 109. Une statue de bronze de New-York, dite Gela, serait plutôt un Camille; elle date du icr siècle av. J. C. Münch . Sitz. ber. 1905, p. 262, pl. il. — 3 Qualremère de Quincy, Op. I. p. 56 ; Clarac, Op. I. I, p. 58; Baumeister, Denkm. s. v. Erz, p. 507; Mitchell, Hist. of anc. sculpt. p.66f>. — 4 H. n. XXXIV, 5 : adeoque exolevit fundendiacris pretiosi ratio ; ibid. 46, ea statua indicavit interisse fundendi aeris scientiam . — 6 Mèm . des Ant. de France , 1869, p. 51 sq. ; Helbig, Führer (2), I, p. 194, n° 306 (référ.).

— 6 Friederichs-Wollers, Op. I. n° 1615; Helbig, Op. I. II, p. 367, u° 1353

— " Helbig, Op. I. 1, p. 373, n° 553 (référ.). — 8 Id. I, p. 426, n° 634. — 9 Reiuacb, liée, de têtes, p. 194, pi. ccxxxix. — 10 Longpérier, n<> 657 ; Bernoulli, Jtôm. 1/conogr. II (2), p. 34, n° 22, pl. xi a-b. — H Wiener Jahresh . IV, 1901, p. 187 ; Arndt-Bruckmann, Op. I. p1. cdlv-vi. — 1- W iener Jahresh. IV, 1901, p. 187

— 13 Plin. [J. n. XXXIV, G. — 14 Suet. Aug. LXX ; cf. Blakc-Scllers, Elder Pliny's chapt. XXXIV, p. 7, note 18. — 13 Arndt, Op. I. pl. cci.xv-yi.

— 13 Ibid. pl. cxcui-iv ; Bernoulli, Rom. Ikonog. 1, p. 38, pl. ni. — 17 Ann. d'Ist. 1863, p. 437 ; Helbig, Führer (2), II, p. 172, n° 1005 (référ.). — 18 Helbig, Op. I. H, p. 232, n° 1015. — 19 Amelung, Op. I. p. 277, n° 27G. — 90 Helbig, Op. I. H» p- 172, n° 1006 (référ.). — 21 Arndt, Op. 1. pl. cnxxxxv-vi. — 22 Ibid.

à Naples 10 ; tète d’Auguste, à la bibliothèque \ aticane 1 ; tètes de Tibère, au Musée de Thermes18 et à Florence18; tète de Néron, au Vatican20; tête de Lucius Junius Rrutus, au palais des Conservateurs21; tête de Narbonus Sorex, à Naples22 ; tête de llamen, à Naples21 ; têtes d’inconnus, à Naples24, au Musée des Thermes -5; tête de jeune romaine, à Parme26; tête de Galba, à Naples27, etc. Ces bronzes datent pour la plupart du 1er siècle de 1 Empire. Au u” siècle appartiennent la statue équestre de Marc-Aurèle, au Capitole28, une tête féminine de Horence20, dont la coiffure rappelle celle de Faustine, épouse d’Antonin le Pieux, une tête d'Anlinoüs30. On peulattribuer au iiic siècle des têtes de Septime Sévère31, de Balbin32, à la bibliothèque Vaticane, une tête de Trebonianus Gallus, au Musée étrusque du \atican ', et une statue du même personnage, à New-York34.

A part le genre du portrait, il n’y a aucune originalité dans les bronzes romains, qui répètent les types créés parles Grecs. Un joli buste de Zeus, à Vienne35, reproduit un original grec de la fin du ive siècle, qui sortait peut-être de l’atelier de Bryaxis (Reinach); le cheval du Palais des Conservateurs pourrait dériver d'une œuvre de Lysippe, qui étaitcélèbre comme animalier 36 ; on peut le comparer avec une tête de cheval de Florence3', ci un magnifique travail. Mentionnons encore la Victoire de Brescia38, celle de Calvatone, à Berlin39, un quadrige monumental d’Herculanum40, une tète féminine (Athéna) à Berlin 41, l’Héraklès de Boston12, copie romaine d’une œuvre hellénistique du 111e siècle av. J.-C.

Les copies de portraits grecs, dont nous avons déjà cité quelques exemples du Musée de Naples, sont aussi nombreux, et remontent à des originaux hellénistiques. Nous mentionnerons ceux d’Homère 43, de Sophocle 44, de deux Grecs inconnus45, au Musée de Florence, qui tous quatre décoraient une villa romaine près de Livourne ; celui de Socrate, à Munich46, celui d’un Grec inconnu, à Madrid47.

L’amour du luxe, le goût de la décoration des demeures, des jardins, favorisa le développement de l’art du bronze à Rome. Nous avons cité les portraits grecs, qui ornaient une villa de Livourne ; il en était de même à Pompéi, où nombreuses sont les statues décoratives, telles le Faune à l’outre 4\ le Silène dansant 49, les figures d’enfants, d’Eros50, de pêcheurs (fig. 5i90)61, etc.

5° La « slatuaria » en Gaule et dans les colonies romaines 52. — L’industrie était développée en Gaule, mais la statuaire n’existai t'pas avant la conquête de César,

pl. CDLVii-vni. — 23 tbid. pl. GDLxi-ii. — 24 Ibid. pl. cdlix-lx. — 25 Helbig, Op. I. H, p. 99, n° 918 (référ.); Friedericlis-Wolters, Op. I. p. 663, no 1638.

— 23 Arndt , Op. i. pl. xcviu-xc. — 27 Bernoulli, Rom. Ikonog. II (2), pl. 1, p. 3.

— 28 Helbig, Op. I. I, p. 257 (référ.); Arndt, Op. I. pl. ccxxi-u. — 29 Amelung, Op. I. p. 277, n° 275. — 30 Ibid. p. 278, no 278. — 31 Helbig, Op. I. Il, p. J 71, n° 1003. — 32 Ibid. p. 171, u° <004. — 33 Ibid. p. 370, n° 1366 (référ.). — 34 Bull, of the Metrop. Muséum of art, I, 1905, p. 12, fig. ; Bernoulli, Op. I. 1, p. 165; Reinach, Répert. de la stat. II, p. 571, 3; Americ. Journ. of arch. 1906, p. 365. — 35 Reinach, Rec. de têtes , p. 192, pl. ccxxxvn (référ.). — 36 Helbig, Op. I. I, p. 426, n° 635 (référ.); Friederichs-Wolters, Op. I. p. 682, n° 1G97 ; Collignon, Lysippe , p. 113, lig. 22. — 37 Amelung, Op. I. p. 276, n° 270 ; sans doute Friederichs-Wolters, Op. I. n® 1699 — 38 Friederichs-Wolters, Op. I. p. 564, n° 1453; Furlwaeugler, Meisterwerke , p. 63. — 39 Beschreib. n° 5; Schrocder, 67* Wmckehnannspr. (Berlin). — 40 Bev. arch. 1907, H, p. 167. — 41 Beschr. u® 6.

— 42 Roscher, Lexik. I, p. 2180 (2); Americ. Journ. of arch. 1906, p. 377 sq. ; pl. xiv-xv. — 43 Amcluug, Op. I. p. 276, n° 272. — 44 Ibid. p. 277, u® 274.

— 45 Ibid. p. 276, n° 271 ; p. 277, n» 273 ; Arndt. Op. I. pl. cdv-vi. — 40 Furtwaengler, Beschr. der Glypt. p. 368, n° 4 48. — 47 Arndt, Op. I. pl. cdxci-iu. — 48Gusinan, Pompéi, p. 433, fig. — 49 Friederichs-Wollers, Op. I. p. 590, n° 1504, Gusmau ,0p. I. p. 431, fig. — 60 Reinach, Bec. de têtes , p. 207. u® 269 ; Gusman, Op. I. p. 437.

— Friedcrichs-WoUors, Op. 1. p.614. n® 1548 fréf*r.). — 53 Cf. Walters, Op. I. p. mu.

lig. 6625. — For trait romain.

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parce que la représentation de la ligure humaine en sculpture était probablement interdite par la religion Aucun monument de la « slatuaria » n’est antérieur à la domination romaine.

L’art gaulois du bronze est représenté par des monuments très grossiers, comme certains bustes-, le cheval de Neuvy3, qui date sans doute du 11e siècle après J.-C. Peu de pièces s’élèvent au-dessus du médiocre ou du mauvais*. Une preuve de l’inhabileté des artistes locaux à fondre le bronze, est l’emploi fréquent qu’ils font de la technique au repoussé, même pour de grandes ligures, comme celle du sanglier de Neuvy 5, de grandeur naturelle. C’est là un signe irrécusable d’infériorité technique, qui persistera pendant tout le moyen âge.

Mais l’influence des bronziers grecs se faisait sentir en Gaule. Zénodorc avait fondu un colosse de bronze pour la cité gauloise des Arvernes, avant de travailler à Rome pour Néron G. Plusieurs bronzes trouvés en Gaule ou dans les pays du Rhin, du Danube, sont des œuvres grecques importées ; nous avons mentionné déjà la tête de Centaure de Spire. Au icr siècle av. J.-C., l’importation des bronzes campaniens de Capoue était déjà considérable en Germanie1.

Les imitations d’œuvres grecques par des bronziers romains sont nombreuses dans la Gaule et les pays germains. Nous en citerons quelques-unes. Le Jupiter d’Évreux (fig. 4288), du 11e siècle, est conçu dans la tradition lysippique8, comme le bronze de Coligny, au Musée de Lyon9. La tète du Cabinet des Médailles, qui aurait été commandée par la municipalité de Lutèce, serait une copie d’une œuvre d’Alcamène (Furtwaengler) ou de Phidias (Reinach 10). La tète de Dionysos, de Lezoux, du ier siècle après J.-C., dérive d’un type de Phidias11; un buste d’éphèbe trouvé à Saint-Barthélemy de Beaurepaire12, rappelle la copie du Doryphore d’Herculanum ; latète d’éphèbede Lillebonne, au Musée de Rouen 13, bien que médiocre, trahit cependant aussi l'influence grecque. Ce sont encore : la tête de la Maison Carrée à Nimes14, portrait d’un grec inconnu, la tète de Junon à Lyon13, le Zeus de Lyon, du 111e siècle16, la Fortune, trouvée à Aoste (Isère), au Musée de Lyon17; l’Apollon du Musée de Troyes, trouvé à Vaupoisson 18, des ii-iii' siècles ; l’Apollon de Lillebonne, au Louvre19.

Les bronzes gréco-romains ont pénétré plus loin encore. L’éphèbe d’Helenenberg (Carinthie), au Musée de Vienne 20, reproduit, au Ier siècle av. J.-C., un type polyclétéen. L’éphèbe de Xanlen, au Musée de Berlin 21, date des ier-ne siècles après J.-C. Une tête d’Isis, au Musée de Vienne, a été trouvée dans le Danube23. Nous citerons encore un griffon, qui faisait partie d’une statue d’Apollon23, une tète de Zeus, provenant du Tyrol 21, une tête de jeune homme 2\ des pieds de statues, trouvés à Carnuntum, à Vienne, etc. 26.

1 Reinacli, Bronzes fig. de la Gaule rom. p. 1. — 2 Ibid. p. 226, n° 218-223.

— 3 Ibid p. 250, n° 247. — 4 Ibid. p. 23. — ° Ibid, p 251, n° 249. — 6 Ibid. p. 2; Monum. Piot, IV, p. 13 ; Rev. arch. 1905, II, p. 311. — 7 Rhein. Mus, LX1I,

^ 1907, p. 133 sq. (Willcrs) ; Willers, Neue Untersuchungen über die rôm. Bronze industrie von Capua , 1907 ; Americ. Joum. of arch. 1907, p. 478. — 8 Reinach, Op. I. p. 29. ; Gonse, Chefs-d'œuv. des Musées de France, p. 192, fig. et pl.

— 9 Monum. Piot , X, pl. ix ; Rev. d. Ét. gr. 1905, p. 127 ; Gonse, Op. I. p. 240, pl.; Gaz. des B. -Arts, 1906, I, p. 341, fig. — R* Reinach, Rec. de tâtes, p. 87 ; Gaz. des B. -Arts. 1902, I, p. 459. — H Reinach, Rec. de tâte', p. 83. — 12 Ibid. p. 50, pl. lxiii ; Bronzes fig. de la Gaule rom. p 222, n° 213. — 13 Reinach, Bronzes fig. p. 223, n° 214, — H Arndt, Op. I. pl. cnxciv-vi ; Gonse, Op. I. p. 141, fig. — 15 Bull. d’Ist. 1800, p. 217 ; Gonse, Op. I. p. 241, fig. — 16 Bull. 1860, p. 210 ; Gonse, Op. I. p. 241. — 1" Gonse. Op. I. p. 241. fig. — l * Ibid. p. 344, fig — 19 Longpî'rirr.

Comme témoignage de l’expansion des bronzes romains, mentionnons encore la tète d’Iladrien, trouvée dans la Tamise21, le buste de Julie, fille de Titus, trouvé à Emporiae (Espagne)28, la tète de Gordien III, trouvée à Rudanovo (Bulgarie), au Musée de Sofia21.

6° La décadence de la « statuaria » 30. — L’art de la fonte, quoique déjà déchu, et ne pouvant rivaliser avec l’art des bronziers de la Grèce, se maintint cependant encore pendant les siècles de la décadence latine. Constantin avait rassemblé à Constantinople les chefsd’œuvre des bronziers antiques. Là se voyait entre autres un Apollon colossal, attribué à Phidias, qui, par l’adjonction d’un sceptre, de rayons et du globe du monde, avait été transformé en une statue de Constantin. Les bains de Zeuxippe, commencés par Sévère, et que Constantin avait embellis, furent enrichis de plus de 60 statues de bronze, qui périrent dans l’incendie allumé sous Justinien, dans l’émeute de 532. Les successeurs de Constantin suivirentson exemple, et la vue de tous ces chefs-d’œuvre stimula d’une vive émulation les artistes qu’ils employèrent. Les fondeurs, aerarii fusores , étaient compris parmi les artistes qu’une loi du Code théodosien exemptait des charges personnelles. Théodose le Grand avait fait exécuter sa statue équestre en bronze dans le Milliaire. C’est cet empereur que représente peut-être la statue colossale deBarletta31 (fig. 6626), le plus grand bronze que nous possédions; bien que d’un art de décadence, il atteste que les bronziers étaient encore habiles dans les procédés de la fonte. Il en fut de même dans la suite33. Procope décrit la statue équestre en bronze de Justinien, colosse élevé dans l’Augusteon, et une place embellie par cet empereur de nombreuses statues de bronze, si bien travaillées «qu’on les croirait sorties des mains de Phidias, de Lysippe ou de Praxitèle ».

Avec les empereurs iconoclastes et la défense du concile, convoqué en 7o4 par Constantin Copronyme, de représenter aucune figure religieuse sur toile, bois, pierre, marbre, or, cuivre, l’art du bronze dut, comme les autres arts, décliner rapidement. Du ixe au xie siècle, les artistes byzantins se vouent uniquement à la prati-

u° 71. — 20purLwacng!er, Meisterw.p. 606 ; Brunn-Bruckuiann, pl. cccxxv; Schneider, Album der Antiken Sammlung , p. 1-2, pl. xxvni ; Sackcn, Op . I. pl- 2X1 > Jahrb. d. kunsthist. Samml. XV, p. 103 sq.; pl. xi-xiv. — 21 Beschreib ., n11 4,

— 22 Reinach, R.‘C. de tètes, p. 121, pl. cclxxiv-v. — 23 Schneider, Op. I. P- 13) pl. xxxiv. — 21 Ibid. pl. IV, p. 13. —23 Ibül. pl. XI, 2, p. 113. - » Ibid. p. H». 0, pl, XLViJi, 9. — 27 Bernoulli, Rôm. Ikonog. Il (2), pl. xxxix, p. Ile, »° 9--

— 28 Rev. arch. 1896, II, p. 163 sq., pl. v. — 29 Ibid. 1899, 1, p. 123, n"

— 30 Sur celle période, cf. Labarle, Hist. des arts industr. 1, p. U sq.; ffl slh’ Miche!, Hist. de l'Art. 1 (1), p. 280 ; Venluri, Storia dell’arte italiana , IV, p. 117 sq.; 967 sq. — 31 Mus. Dorbon. XIV, p. 25 ; Baurneisler, Denhn. s. v. Théo dosius, p. 1763, fig. 1816-7; Venluri, Op. I. 1, p. 414, p. 164, fig. 164 (réfu.), Arch. Zeitung, 1860, p. 33 sq,; pl. cxxxvi; Bernoulli, Rôm. lkonogr. M

pl , i vi. p. 237 sq. — 32 I.aha’-le, Op. . 1. p. 29 sq.

Fig. 0626. — Stalue colossale de Barlclta.

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que des arts industriels1. C’étaient des œuvres purement industrielles que ces coqs, boucs, béliers, qui lançaient l’eau dans un bassin de pierre, devant la basilique de Basile Ier (867-88-4) 2. La fonte des grandes statues ne se fait plus, et si le moine Théophile (x-xie siècle), dans sa Schedula diversarum artium , donne les instructions nécessaires pour la fonte du bronze à cire perdue, elles ne s’appliquent qu’à des cloches, des ostensoirs.

[1 en fut de même en Occident. Les monuments que mentionne le Liber Pontificalis 3, à partir du ve siècle, sont des œuvres industrielles, candélabres, portes de bronze, etc. On ignore la fonte des statues. A la fin du viiic siècle, quand le pape Adrien Ier a besoin de statues, il les fait faire en bois recouvert d’argent travaillé au repoussé4. La fonte industrielle décline à son tour, et, au xie siècle, on peut dire que l’art de fondre le bronze n’est plus connu en Italie. C’est de Constantinople que l’abbé Didier, du Mont-Cassin, fit venir des portes de bronzes et des candélabres pour l’église de Saint-Benoît, de même que Hildebrand, sous le pape Alexandre II (I0G1-1073), pour la basilique de Saint- Paul-hors-les-Murs. W. Deonna.

STATU LIBER. — Dans l’affranchissement testamentaire, le legs de liberté peut être fait à terme [ex die ) ou sous condition [sub condicione). Dès l’adition d’hérédité, l’esclave devient statu liber ; il est sous la puissance de l’héritier ; mais dès que le terme est arrivé ou que la condition est réalisée, ou dès que l’héritier en rend l'accomplissement impossible, il devient aussitôt libre, même s’il a été aliéné1 [libertus, p. 1202].

Ch. Lécrivain.

STATUS. — En droit romain ce mot, synonyme de caput , exprime l’ensemble des qualités qui constituent la capacité juridique. On distingue plusieurs états ou degrés de status , suivant qu’une personne jouit de la liberté ( libertas ), des droits attachés à l’agnation dans une famille ( familia ), de la cité romaine (civitas)1. Chacun de ces états peut être détruit par une déchéance dite capitis deminutio [caput]. G. Humbert.

STATUS QUAESTIO. — Ce mot désigne les procès relatifs à l’état d’une personne, sur la question de savoir si elle est libre ou ingénue ou enfant légitime de tel individu. Le status étanlassimilé à un droitréel, l’action en reconnaissance du status est considérée à l’époque classique comme une action in rem1. Dans la procédure formulaire c’est probablement sous la forme d’un praejudicium de libertate ou de ingenuitate ou de partu ugnoscendo , plutôt que sous la forme d’une action réelle que le procès s’engage pour un vivant, qu’il y ait en jeu un intérêt moral ou simplement un intérêt pécuniaire 2. A l’égard d’un mort la question d’état n’est discutée que préalablement à une autre question, devant le juge même de celte dernière ; et depuis Nerva, l’état ne peut plus être conteslé après les cinq années qui suivent la

1 Labarte, Op. I. I, p. 49, 54. — 2 Michel, Op. I. I (1), p. 280. — 3 Inventaire fie tous les objets d’art auxquels l’Italie a donné naissance du iv° au ixe siècle. *1. Labarte, Op. I. I, p. 64 sq., et l’édition de Mgr. L. Duchesne. — 4 Labarte, Op. L.

I- p. 66-7 ; celte technique, qui est un retour au sphyrêlaton des Grecs, a persisté jusqu’au début du xiv° siècle; A. Michel, Hist. de l’Art , II, (2), p. 956. Au

siècle, elle est démodée, Jbid. 111 (2) p. 872.

STATU LIBEK. 1 Diy. 40, 7 ; Ulp. 2, 1-6; Gai. 2, 201 ; Festus, s. v. statuliber.

Bibliographie. Voir celle de l’art, libertus.

STATUS. I Di (j. 38, 17, 1 § 8 ; Ulp. 11, 13; Inst, i, 12, 1 ; 1, 16.

STATUS QUAESTIO. • Inst. 4, 6, 13. — 2 C. Just. 3, 8, 2 : 7, 16, 21 ; Dig. 48, 14, 6; 40. 12, 24 § 4. Quelques-uns, dont Lcnel, Edict. perpet. p. 306,

mort, sauf pour faire donner au défunt un état meilleur3.

Pour les trois procès de libertate (ou libevalis causa), de ingenuitatc , de parla ugnoscendo , nous renvoyons à l’article praejudicium. Ajoutons seulement que pour les deux premiers, il y a la procédure extraordinaire devant les consuls au moins dès l’époque d’Antonin4; ensuite aux consuls a été adjoint le préteur de liber alibus cousis [praetor], qui après Dioclétien a seul juridiction en cette matière. L’Empire a généralement favorisé par tous les moyens la revendication de la liberté ( favor libertatis) [libertus, p. 1206]. Ch. Lécrivain.

STELLA ( ’Airrepidxoç). — Les anciens arpenteurs [agrimensores, mensores] désignaient ainsi un instrument de topographie, qui se composait essentiellement de deux règles assemblées par leur milieu à angle droit, et à chacune des extrémités desquelles se trouvait un fil à plomb. Ni Columelle, qui appelle de même la croix formée, dans le treillage de la vigne, par la perche horizontale avec les pieux verticaux qui la traversent1, ni Héron d’Alexandrie, qui en a fait une critique défavorable2, ne renseignent davantage sur la Stella. On sait seulement, par le célèbre ingénieur alexandrin, que l’usage de cet appareil présentait des difficultés provenant de ce que les fils à plomb, au lieu de se placer promptement dans le sens de la verticale, oscillaient un certain temps, surtout lorsque le vent agissait sur eux.

« C’est pour cela, dit Héron, que quelques personnes, afin de remédier à ce désavantage, introduisent les fils dans des tubes de bois. Mais alors, quand les plombs viennent frotter contre les parois de ces tubes, les fils ne restent plus rigoureusement perpendiculaires à l'horizon. » On souhaiterait d’autres détails et plus de précision. On ne voit pas, notamment, de quelle manière les tubes étaient placés, et il est probable qu’ils reposaient à même sur le sol ; mais la Stella, abstraction faite de cet accessoire, se conçoit sans aucune peine. Les deux règles qu’elle comportait ne pouvaient être utilisables qu’à la condition d’être placées en équilibre ( perpensa ) dans un plan horizontal, sur un support quelconque, tel qu’une tige reposant elle-même sur un trépied. Elles fournissaient, alors, par les plans perpendiculaires que déterminaient les fils, le deuxième côté d'un angle droit dont on connaissait, ou dont on se donnait le premier. Nous verrons plus loin de quelle manière.

Selon Venturi3, la Stella ainsi décrite ne serait pas différente de la groma dont les Romains se servaient pour la mesure des champs. « Saumaise, dit-il, avait bien deviné que celle-ci était une espèce d’équerre en en faisant venir le nom, sur l’autorité de Festus4 et des glossaires, du mot grec yvwfuov ; mais ensuite il se trompe étrangement en la confondant avec le chorobate de Vitruve [chorobates]. L&groma était précisément l’étoile critiquée par Héron... L’arpenteur embrassait de l’œil deux des fils opposés, c’est-à-dire dirigeait par ces fils un

tiennent cependant pour l’action réelle d’après Dig. 40, 12, 30 et Gai. 4, 44 qui ne cite que le procès aliquis libertus sit. — 3 C. Just. 3, 8, 1 ; 7, 21, 3; 8, 16, 13; Dig. 40, 15, 1 pr. § 4. — 4 Dig. 35, 1, 50. — Bibliographie. V. art. libertus, praejudicium et Wlassak, Zeitschr.de Grünhut, 19, 1892, p. 5-20; Schlossmann, Zeitschr. d. Savigny-Stift. 13, 1892, p. 225-245.

STELLA, l Columcll. I V , 13, 17, 26. — 2 üeo'i £tô*Tpa;, dans Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque imp., t. XIX, p. 298. — 3 Commentari sopra la storia e le teorie delV ottica , Bologne, 1814, traduit et cité par Vincent, Notices et extr. t. XIX, p. 302. — 4 Groma ( gruma ap. Nonium) appellatur genus machinulae cujusdam , quo regiones agri cujusque cognosci possunt, quod genus Graeci dicunt p«ü|Aova (De verb. signif.).

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rayon visuel ; et c’est ainsi qu'il dictait les rigores et les metae sur le terrain. Puis il plaçait les interversurae et les tetrantes en visant parles deux autres fils. »

Les arpenteurs romains nomment, sans les distinguer, la groma et le ferramentum. Yenturi fait, de celui-ci, le support de la ste/la ou de la groma, mais en reconnaissant que l'appareil tout entier a pu être désigné également sous le nom de ferramentum. Hase et Biot1, et après eux Vincent2, sont du même avis que Venturi pour ce qui regarde la synonymie des mots Stella et groma , et les mots groma et ferramentum doivent bien être pris l’un pour l’autre, seulement ce serait la groma , qui aurait donné son nom au ferramentum , dont elle n’était que la pièce principale, c’est-à-dire, l’ensemble des deux règles et des fils à plomb. D’après Rudorff enfin, et son opinion nous paraît la meilleure, le mot groma , dans un sens plus précis, se serait appliqué à la totalité de l'instrument composé de deux parties : les règles, ou Stella , avec leurs fils ( nerviae , fila , perpendiculi ), et le support ou ferramentum* . En soi, d’ailleurs, celte question n’a

qu’un intérêt relatif. Ce qui importe le plus, est de savoir si la groma comptait une Stella dans ses éléments, ou se confondait avec elle; or, il ne semble pas que, sur ce point, les avis soient partagés, encore, nous le répétons, que tout témoignage précis fasse défaut.

Jusqu’à ces dernières années, on ne possédait, de la Stella ou de la groma , qu’une image, fournie par l'épitaphe d'un mensor , conservée au musée d’Ivrée4. Le personnage, un ancien affranchi, appelé Aebutius Fauslus, parvenu au sévirat, avait, de son vivant, fait sculpter, sur sa tombe, les insignes de sa fonction religieuse, c’est-à-dire le bisellium , garni d’un coussin et les faisceaux, puis, au-dessous, l’instrument de sa profession.

Celui-ci se composait, ainsi qu’on le voit (fig.

6627), d'une sorte de tige, représentée verticalement, et de deux règles croisées, entre les bras desquelles, à droite et à gauche, sont suspendus deux fils à plomb. La tige, dont la forme est légèrement tronconique, est pourvue, à sa partie inférieure, d’un renflement accompagné de deux volutes et se termine, à l’autre bout, par un bourrelet et un court cylindre de très faible diamètre. Les deux règles, mi-

partie biseautées sans raison bien apparente, ne sont pas assemblées rigoureusement à angle droit; mais cette circonstance, presque sûrement imputable à la maladresse du sculpteur, et aussi cet autre fait, tenant sans doute à la même cause, qu’il n’a été représenté que deux fils à plomb, au lieu de quatre, en admettant, ce qui serait à vérifier sur l’original, qu’il n’ait pas existé deux autres fils à plomb dans la partie inférieure, assez endommagée, de la pierre, n’empêchent d’aucune sorte de reconnaître une groma dans l'instrument figuré. Tous les éléments, tels que Rudorff les conçoit, s’y retrouvent. La tige tronconique estle ferramentum et les deux règles, avec leurs fils à plomb, forment la steüa. Nous avons ainsi l’appareil démonté en deux parties; pour se le représenter dans sa position normale, il suffit de faire reposer, par la pensée, la Stella sur le bourrelet du ferramentum, en engageant le court cylindre de celui-ci dans le logement qui devait lui correspondre au point d’assemblage des règles. Le support étant tenu verticalement, les quatre branches ( corni cula ) des deux règles se trouvaientalors horizontales et se mouvaient, suivant les besoins, à la manière d’un tourniquet.

Cette explication, déjà donnée depuis longtemps par Cavedoni \ est confirmée par la découverte d'une groma à Pfünz, près d’Eichstaett, où elle est conservée dans la collection Winkelmann. D’après la description qu’en a faite M. Schône6, cet instrument, incomplet de ses plombs, qu'on n’a pas retrouvés, ne diffère que par certains détails de celui qui est représenté sur la tombe d’Ivrée.

Les deux règles non biseautées, de 0 m. 27 de long sur 0 m. 010 de large et 0 m. 009 d'épaisseur, en fer plaqué d’argent, assez fortement rongées par la rouilleaux endroits où le placage s'est détaché, sont assemblées à angle droit, en laissant entre elles un œilleton etcoudées versle bas, à leurs extrémités, sur une longueur de 0 m. 032 (fig. 6028 et 6629). Les crochets ainsi formés, larges de 0 m. 015 et épais de 0 m. 004 a 0 m. 003, sont percés, dans la direction de la règle à laquelle ils appartiennent, d’une ouverture circulaire où se trouve encore engagée (sauf pour un crochet moins bien conservé) une tige de fer assez semblable a un gros clou dont la pointe serait écrasée. Le suppoit tronconique, comme sur la tombe d’Ivrée, a une longueur

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Fig. C62T. — Insignes d’un mensor.

1 Journal des Sav mars et avril 1849. — 2 Notices et extr. t. XIX, p. 305. — 3 Rudorff, Gromatische Institutionen ( Rom . F eldmesser , t. Il), p. 335. — 4 Cor/t. inscript, lat. V, 6786. Voy. aussi Gazzera, Além. de l’Acad. dessc. de Turin , série II, vol. XIV, p. 25 et pi. iv ; Promis, Storia dell’ antico Torino , 1869, p. 455; Id.

Vocab. lat. di architett. p. 133; Rossi, Groma e squadro, 187*, p. 43 et lir ^ Canlor, Vorlesungen über Geschichte der Alathemalik, Ie, p. 501 ; Legnazzi, < Catasto romano , 1887, p. 51 et pl. xxviu. — ° Ballet, arch. Napolit., 1 p. 69. — 6 Jahrbuch der deutsch. archdolog. Instituts , 1901, p. I-1 41 1

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do 0 m. 355 et se termine, à chacun de ses bouts, par un petit cylindre. Celui du liant s’engage parfaitement clans l’œilleton des règles ; l’autre, d’une longueur un peu plus grande, semble avoir été fait pour entrer dans du bois. M. Schône a supposé que les tiges de fer qui traversaient les crochets servaient à relier les règles à un cadre de bois destiné à les protéger contre les déformations. Les figures 6628 à 6630 montreraient de quelle façon cette liaison se serait opérée; mais le savant allemand a fait observer, avec juste raison, que le cadre ne faisait nécessairement pas partie de la groma et pourrait tout aussi bien avoir une autre forme ou manquer sans que l’appareil cessât, pour cela, de pouvoir

servir. Partant de ces données, M. Schône a donné de la groma , découverte à Pfünz, la restitution cicontre (fi g. 6630). Son mécanisme lui a paru plus difficile à expliquer.

Contrairement à ce que l'on a cru jusqu’ici, M. Schône ne pense pis que les directions aient été prises, en visant d’un fil à plomb sur celui qui lui était opposé. L’opération n’aurait pas été possible, à son avis, en raison de l’épaisseur du support qui se serait interposé entre les deux fils. 11 émet l’opinion que les directions à angle droit s’obtenaient en visant d’un fil à plomb sur le fil voisin, puis de celui-ci sur le fil qui faisait face au précédent. Ainsi, l’angle droit aurait été déterminé, non pas par les directions des règles, mais par celles des côtés du carré que formaient les fils à plomb. M. Schône s’appuie sur ce passage de Nipse, indiquant de quelle manière on devait pratiquer l’arpentage: « figes ferra mentum ad lapidem ita , ne in rigore limitis figas ; fixo f erramento couvertes umbilicum soli, supra punctum lapidis et sic perpendes ferramentum ; perpenso f erramento ab umbilico soli emittes perpendiculum. ita , ut in puncto lapidis cadat ; comprehendes [ quattuor? ] signa eu quae posuisti in limitem ; aliis corniculis tenebis alium limitem 1 ». 11 lui semble, d’après ce texte et surtout d’après les mots ad lapidem , qqe le rigor limitis n’était pas au centre de l’appareil, c’est-à-dire sur la verticale fournie par l’axe du support [ferramentum), mais à côté, au-dessous de l’un des fils à plomb, celui précisément qui, d’après sa méthode, aurait constitué le sommet de l’angle droit et porté le nom technique d'umbilicus soli. Tout cela est possible, encore que Rudortf ait pensé différemment2; mais la disposition du ferramentum par rapport à la pierre ne ressort pas assez du texte pour qu’on doive renoncer complètement au système de visées auquel les auteurs se sont ralliés jusqu’à ce jour. L’argument que Lire M. Schône de l’épais-

Reconstitution de la groma.

seur du support disparait d’ailleurs, si l’on suppose que les fils avaient une longueur suffisante pour que les plombs vinssent aboutir au-dessous du plan de la tablette du trépied dont il admet l’existence, et qui, effectivement, était plus particulièrement de nature à donner à l’appareil la stabilité dont il avait besoin.

Cette hypothèse de longs fils est, du reste, d’autant plus vraisemblable, qu’on engageait parfois les plombs, ainsi que nous le savons par Héron d’Alexandrie 3, dans des tubes de bois destinés à les soustraire à l’action du vent. Avec des fils courts et des règles à hauteur d’homme, il aurait fallu donner à ces tubes, s’ils reposaient, comme c’est probable, sur le sol, une longueur trop grande, préjudiciable à leur propre stabilité.

De toute manière, l’arpentage des anciens et le lever des plans ( mensuratio ) ne pouvaient se faire que par la méthode dite encore, de nos jours, « par abscisses et ordonnées », c'est-à-dire au moyen de mesures convenablement pratiquées suivant des lignes perpendiculaires. L’idée de remplacer les fils à plomb par des pinnules et de rendre mobile l’une des règles, en la faisant tourner sur un cercle gradué permettant, par rapport à la règle fixe, des visées de toute valeur angulaire dans tous les sens, conduisit à la dioptre, dont la description est trop connue pour qu’il soit utile de la rappeler [geodesia] *.

Avec les perfectionnements que la science leur a fait subir, la groma est devenue le graphomètre et la dioptre le théodolite. Em. Espérandieu.

STELLIOiVATUS. — On entend par stellionat 1 , dans le droit moderne, cette espèce de dol qui consiste à vendre ou à engager une chose qui ne nous appartient pas ou qui est déjà engagée ou hypothéquée à une autre personne. A Home, le stellionat comprenait non seulement le fait de vendre ou d'engager une chose appartenant à autrui ou déjà engagée, mais aussi tous les faits d’escroquerie et d'abus de confiance qui ne tombent pas sous l’application d’une disposition positive et précisé du droit pénal2. Ce crime est, du reste, d’origine récente et on n’en saisit les premières traces que sous le règne des Sévères. Il donne lieu à une poursuite extraordinaire J et à une peine arbitraire, qui ne peut toutefois excéder celle des mines pour les plébéiens, et qui est ordinairement pour les personnes revêtues de quelque honneur la rélégation à temps ou l’exclusion de leur ordre*. L'accusé peut d’ailleurs prévenir la condamnation en désintéressant la victime 3. Bien que le stellionat ne constitue point un judicium publicum, la condamnation entraîne cependant l’infamie6. L. Beauchet.

STEMMA — 1° Couronne, bandeau, bande¬

lette [CORONA, DIADEMA, INFULA, LEMNISCUS, VITTA, SERTAS CONSECRATIO].

2° Tableau généalogique exposé dans l’atrium des grandes maisons romaines. Les noms et les portraits des ancêtres y étaient reliés par des bandes peintes (stemmata ), indiquant par leurs ramifications l’extraction et les degrés de parenté et de consanguinité des personnes nommées ou représentées1. L’usage s’en est conservé dans les arbres généalogiques des modernes.

1 Pelâmes ser , t. I, p. 287. Cf. également Frontin. De limit. (. Feldm . b 11, p. 287). — 2 Feldmesser, t. Il, p. 338. — 3 nepi SiÔTs-cçaç, dans Notices et extr. t. XIX, p. 300. — 4 11. Vincent, Notices et extr. t. XIX, p. 157 à 337.

STELLIONATUS. 1 Les Romains fout dériver le mot steliionatus de stellio, rom d’un lézard venimeux, dont la peau est lachetéc de points étoilés. Columell. De

rc rust. IX, 7, 5; Ovid. Mer. VIII, 458 ; Fest. s. v. slellionem ; Plin. Hist. fiat. XXX, 89. — 2 L. 2, Dig. XLVII.20, De crim. stell. — 3 L. 1, Ccd. Just.lX , 34. — 4L. 1, 2, 3 pr. ibid. — & L. 3 § 2, ibid. — 6 L. 3 § i, D, De stellion. XLVII, 20 ; 1. 4, ibid.

STEMMA. — 1 Senec. De benef. III, 28; Plin. H. nat. XXXV, 2, 2; Suet. Nero , 37; Galb. 2; Malr. IV, 40, l. Voy. Raoul-Rocliette, Peint, ant. incd . p. 343; 0. Jalm. ad Pcrs. III, 28.

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Les hommes de loi se servaient du même moyen pour élablir, au point de vue du droit, les rapports entre les membres d'une famille’. E. Saglio.

STENIA. — [tuesmophoria] *

STÉPHANE (Stetfâwi). — 1. — Ce mot, synonyme de créftxvoç avec la signification de couronne [corona], a aussi une acception plus restreinte; il désigne alors une parure de femme*. On semble s’accorder à y voir cette couronne spéciale, qui ne fait pas le tour entier de la tête, mais qui est posée sur le devant et dont le bord supérieur, décrivant une courbe, est plus haut ordinairement en son milieu qu’à ses extrémités. C’est ce que la bijouterie moderne appelle diadème [diadema], s’éloignant en cela du sens ancien du mot. Les monuments

et les textes nous le montrent sur la tête de Iléra [jtjno], d’Athéna2, d’Artémis 3, d’Aphrodite4 et d’autres déesses et aussi de mortelles 3 ; de dieux 6, ou

d’hommes pour lesquels il est l'insigne d’une fonction, d’un rang supérieur, ou la marque d’unluxe extraordinaire, quelquefois d’une origine étrangère1. Le haut diadème d’or, précieusement travaillé, souvent enrichi de pierreries ou de perles, fut en effet connu d’abord en Asie, et certainement il se passa beaucoup de temps avant que des femmes grecques 8 prissent l’assurance de mettre sur leur tête la tiare et la couronne d’abord réservées aux divinités ou à leurs ministres. Dans les exemples que nous possédons on ne distingue pas toujours les stéphanés qui ont pu appartenir aux unes et

1 Isid. Orig. IX, 6, 28.

STEPHANE. 1 Kôo-poç yuvaixsTo:;, ap.Schol. Horn. Iliad. VII, 12. On ne trouve dans les poèmes homériques que la forme féminine. Pour l’emploi des deux formes, cf. Athen. V, p. 201, 202; Pliot. T:ç;o<Txc><x}iY)|Aa yuvaixeïov ; Hekker, Anecd. p. 301, 29 ; tlSoç xôfffxou, Pollux, V, 95. — 2 Pottier, Les statuette3 de terre cuite , p. 41, fig. 15; Winler, An\. Terrakott. I, p. 230; cf. minerva, fig. 5054; Winler, l. c. p. 48 sq., pl. ccxv ; Heuzey, Fig. de terre cuite du Louvre , pl. xvm. — 3 Diana, fig. 3377; Clarac, Mus. de Sculpt. p. 284; Winter, I, p. 91 sq. — '* Winler, II, p. 268 sq.; Babelon et Blanchet, Bronzes de la Bibl. Nat. n. 274, 292 sq. — 5 Aelian. Var. hist. I, 18, titt tïJç xesaXîJç <TTe*àv»jv èitETtôtvTo ud/rjA^v auxà al icàvu ira^ata;. — 6 V. pour Dionysos les terres cuites de Tarente, Winler, I, p. 199-206 ; Farnell, Cuit of the greek States , V, pl. xixvn, xxxvm. — 7 Aristoph. Eq. 977 ; Hcrodot. VII, 118; Herodian. V, o, 4. — 8 Ael. L. Lucian. Amor. 41. Nous laissons de côté, mais non sans les menlionner ici, les diadèmes de Mycènes (Schliemann, Mxj cènes , fig. 281-284), qui ont appartenu à des femmes d’un autre âge. — 9 D’après l’original du Louvre ; cf. Fontenay, Les bijoux anc. et modernes , 1889, p. 385.

— 10 V. p. ex. Pottier et Reinach, Nécropole de Myrina , pl. n ; Winter, O. I. I, p. 167; II, p. 219, 220. — H Iliad. VII, 12; X, 31 ; XI, 96 ; cf. Plut. Symp. VIII, 6 ; de môme, Hcsiod. Theog. 578. — 12 V. Helbig, L’Épopée homérique , p. 396 de la trad. franc. — *3 Vitruve, II, 8, emploie de môme corona. — Denteron. 22, 8.

— 15 Eur. Bec. 910 ; Tro. 763. — 16 Hesycli. s. v. — 17 Apoll. Rh. II, 918 et schol.

— 18 Jos. Ant. Jud. VIII, 3, 7. — 19 ûlosch. II, 53. — 20 p0lyb. XII, 16, G et 18.

— 21 Eur. Hec. 910 ; Anth. pal. IX, 97, 8.

aux autres. Celle qu’on voit (fig. 0631) 9 peut avoir été portée ou bien consacrée dans un temple; elle est de pur style grec et contraste par ses proportions mesurées et le goût de ses ornements avec les dimensions exagérées et la décoration surchargée, plus asiatique qu’hellénique, dont beaucoup de statuettes d’un temps postérieur nous montrent les modèles ,0. La lig. 6632 reproduit une petite tête en terre cuite du musée du Louvre, d’un type qui se rencontre assez fréquemment, où est imitée l’orfèvrerie des diadèmes de la période hellénistique, tleuronnés ou dentelés, ciselés, repoussés, repercés et garnis de pierres précieuses.

IL — Dans la langue homérique” désigne

encore un casque ou la partie du casque qui entoure et couvre le front 12.

III. — Le même nom a été donné aux parties saillantes qui forment couronnement au sommet d’une construction quelconque 13, maison ”, tour ’% autel ’6, tombeau17, d’une table même18 ou d’une corbeille10, aussi bien qu’à la précinction supérieure d’un théâtre20, ou à l’enceinte crénelée d’une ville 21.

IV. — Stéphane est aussi un piège disposé en couronne pour prendre les bêtes sauvages [pedica]. E. Saglio.

STEPIIANÈPHORlAjSTEipavïiîfopi'a). — C’était l’usage en Grèce de ceindre son front d’une couronne dans les fêtes *, ou quand on allait offrir un sacrifice [corona] 2 ; mais en dehors de ces cas généraux, certains personnages portaient, constamment, semble-t-il, une couronne comme insigne de leurs fonctions : ainsi les chorèges et les thesmolhètes3. L’entrée en charge du prêtre de Panamara, qui n’a point le titre de stéphanéphore, se dit itapiXï/juç toD cTs^âvou 4. Il est donc singulier que ce titre ait été réservé à un seul dignitaire dans un certain nombre de villes. Ses attributions, variables etmal connues, devaient être surtout religieuses, concerner le culte du dieu, principal protecteur de la cité3, et elles entraînaient la prérogative de l’éponymie6 [eponymos]. Cette stéphanéphorie se rencontre principalement en Ionie7, à Milet8, à Iféraclée du Latmos9, à Aegialè dans l’ile d’Amorgos10, à Amyzon11, à Priène où le prytane est remplacé, connue éponyme, par le stéphanéphore à l’arrivée d’Alexandre dans le pays12, etc. 13. A l’époque hellénistique et au début de l’époque romaine, elle a surtout un caractère très honorifique14 ; aussi la décerne-t-on volontiers à un souverain : Alexandre fut éponyme de Milet18; dans la

STEPHAINÈPIIORIA. I Plut. Mor. 184 A ; Dcm. XXI, 51. Lies décrets ordonnent aux citoyens de se couronner en signe de réjouissance : llittenijcrgcr, 1”5,

190, 277, etc. ; Monro, Journ. of hell. st. XIX (1899), p. 330 sq. 11, I. 23 cl 33 ; liillcr von Gaerlringen, Inschr. v. Priene , Berlin, 1906, 14, 1. 20 : oTïŒawiyooerv [t]o[ù]ç anav[-a;] ; add. Il, I. 22. — 2 Cf. cubona, p. 1 525 ; Corp. ins. gr. 3393, 1. 31 : 2144, 1.7. — 3 Pind. Olymp. VIII, 10; Eur. Electr. 862; Poli. III, 152; Plut. J/or. 558 B. Pour les archontes, Eschinc (I, 19) dit : .T.œav^odçoq r, ào/^. — 4 Bull, corr. hell. XV (1891), p. 173. I, a couronne de prôtre ne se rencontre point dans les pays de langue latine; on connaît seulement un coronatus en Llacic (Corp. i. lat. III, 1433); add. pour l’Afrique, Tertull. De iclol. 18. — 5 Allien. V, 54, p. 215 B; 'lit') TÎJÇ ita-DÎSoç ffTE®avT)©i>ço; gcI^cSeiç, toutéttiv tesrù; 'HpaxXcou; ; Id. XII, 45, p. 533 C, dit de Thémis toclc à Magnésie : ttjv trTE®avn?dpov à.aXaSowra H j.ui AOrçvü. 0 C épo¬

nymie peut être ordinairement supposée là où les termes de l’inscription ne l impliquent pas. — 7 Mais aussi ailleurs, ainsiàTénos ; Corp. inscr. gr. 2336 ; Laodicécdu Lycos : ibid. 3942. — 8 Wiegaud, Berlin. Sitzungsber. 1905, p. 543. A illilct, les sléphauéphores sont en môme temps aisymnëtes. — 9 Haussoullier, Rev. de philol. XXIII (1899), p. 102, note 1 et 288; Ditteuberger, Or. gr. Inscr. sel. 459. — 10 Inscr. gr. XII. 7, n”> 416-418. — U Inschr. v. Priene, 51, I. 3. — 12 Ibid. v-3. — 13 Compléter avec ma Province d'Asie , Paris, 1904, p. 101, note 5, el \V. Liebenam, Stüdteverwaltung im rom. Kaiserreiche , Leipzig, 1900, p. 5ol>- 558. ■ — 14 A Tarse, le stéphanéphore, prôtre d’Héraclès, revêt une tunique blanche à large bande de pourpre et des brodequins blancs (Athen. V, -'i, p. 215 B.) — 15 Wiegand, loc. I.

Fig. 0032. — Déesse portant une Stéphane,

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liste d’IIéraclée on trouve plusieurs personnages appelés Kaïcap, qu’on ne peut exactement identifier, mais qui semblent être Auguste et divers membres de sa famille; à Milet encore, un empereur reçut la même faveur2. Naturellement, la stéphanéphorie ne tarda pas à devenir une charge aristocratique et dispendieuse, comme la plupart des magistratures municipales de ces contrées. A Priène3, le stéphanéphore Zosimos invite tout venant, citoyen ou étranger, à un repas fin (yXuxiu- |xo;), terminé par un concert et des exercices de pantomime ; il donne des bains gratuits, consacre à une divinité locale une phiale d’argent de grand prix. A Iasos, un habitant a promis de s’acquitter de cette éponymie dans deux ans ; les citoyens supportent avec peine ce délai ; pour les faire patienter, il donne un acompte de 2000 deniers4. Une inscription de Nysa6 constate les libéralités d’un perso nnage qui a voulu rendre la stéphanéphorie « immortelle»; craignant qu’on ne trouvât personne pour y subvenir, il a fait une fondation destinée à en couvrir les frais 6. La dignité est probablement élective en principe 1 , mais il faut avant tout être riche; par suite, une femme peut être désignée. Pour faire honneur aux plus généreux, on n’indique pas toujours dans les inscriptions le nom du stéphanéphore en exercice ; les textes portent quelquefois :

£7Tt <7T£CpaV7)(pdpOU TOU TTpOJTOU (SeuTÉpou XTÀ.)

[xexi (tov oeïva) s. Si personne ne se présente, et que le trésor du sanctuaire soit en mesure d’y suffire, l’éponymie est conférée au dieu le plus Ion est stéphanéphore

vénéré de la ville9. Apol-

â Antandros

à Priène

avec Zeus ’2. Quand le même honneur est réservé au héros éponyme d’une tribu (Ajax, Acamas, Cécrops,

Ilippothon, etc.) I3, on voit moins nettement qui en fait la dépense. On s’est demandé 14 si, à l’époque romaine, la stéphanéphorie était une magistrature ou une liturgie. ’Apyvj, disent les textes plus anciens 16 ; mais la question n’ofîre qu’un intérêt théorique; comme tou tes les anciennes magistratures, celle-ci a évolué vers la liturgie ’6.

A Athènes, l’atelier monétaire se trouvait, à ce qu’il semble, dans un héroon dédié à un personnage dit stéphanéphore et qui devaitêtre Thésée; de là cette formule, transmise par une inscription ’7, de drachmes du stéphanéphore [dracumae steehaneprori]. V. Chapoï.

STEPTERIOX [septerion].

STHENIA. — Fête argienne ’. Au dire de Plutarque2, célébrée d’abord en l’honneur de Danaos, elle fut consacrée plus tard à Zsùc Eôévigç, qui avait un autel entre Trézène et Hermione3. Emile Caeen.

STIBADIILM (ST'.piotov). — Le mot grec est un diminutif de GTijîa; *, qui signifie une couche grossière, telle qu’on put en faire d’abord, d’herbes et de feuillages mis en tas sur le sol 2. Les Grecs opposaient aux lits véritables ces couches primitives, simples litières, à l’usage des pauvres gens ou des soldats dans les camps 3.

Chez les Romains, le nom de stibadium fut adopté pour désigner le lit en demicercle ou sigma [lectus], quand on commença, vers la fin de la République, à avoir des lits semblables pour les repas, auprès des petites tables rondes dont la mode vint dans ce temps-là 4.

Trois, cinq, six6, sept6, huit7 convives y prenaient place (fig. 1699, 1704, -4973); on en fit même pour un plus grand nombre de personnes, comme on le voit surtoutdans des peinturesdes bas temps (fig. 6633) 8 ; le demi-cercle s’y allongeait avec la table à laquelle il

— Le stibadium.

1 Dillcnberger, toc. cit. 1. 26 : KaTaaç ib xéxaoxov. — 2 Haussoullicr, Étud. sur l’histoire de Milet , Paris, 1902, p. 260. — 3 Inschr. 113 (icr siècle av. J.-C.). — 4 Th. Reinacli, Rev. d. et. gr. VI (1893 j , p. 157 sq., n° 3 A.

— 3 M. Clerc, Bull. corr. hell. IX (1885), p. 128; cf. 1. 44. — 6 Add. les largesses des stéphanéphores de Ténos (Uraindor, Mus. belge , XI (1897), p. 107, uüS 2-3), d’un autre de Dorylée (G. Mirbeau, Échos d’Orient, X (1907), p. 77, n° 1).

— 7 Une épigramme relative au « stéphanéphore d’Hestia et Apollon », à Délos, dit èxà/Ovj (Bull. corr. hell. XXVI, (1902), p. 509). — 3 Le Bas, Jnscr. p. 87 (Iasos). — 9 Kern, Inschr. v. Magn. Berlin, 1900, 90, 1. 1 : <Tt£®aVYJ©0Ç0ÙVX9Ç XO'J Oeoff; add. Insch. v. Priene, 51, 1. 2 (Héraclée) ; Haussoullier, Milet , p. 206. n<* 5.

— 10 Fahricius, Berlin. Sitzungsber. 1894, p. 905-907. — H Inschr. v. Priene, 44, 1. 31-32. — 12 Ibid. 141. — 13 Ibid. 108, 1. 79 ; I. 28, etc..., 1. 89, 1.20, etc..., 1- 31. etc. — 14 P. Paris, Quatenus feminae res publicas... attigerint, Parisiis, 1891, p. 79-83. — 13 Délos, Bull. corr. hell. XXIX (1905), p. 225, n° 83 : dpi-aç xv;v <m©avYjcpôpov àçj^v ; add. Athen. XII, 45, p. 533 E. — 16 Sur la couronne des slépha-

néphores de l’époque impériale, Hill, Priesterdiademe, Jahreshefte d. Œsterreich. Instit. 1899, p. 245 sq. ;cf. É. Michon, Rev. archéol. 1901, 11, p. 399. — 17 Jnscr. gr. Il, 476, 1. 29 et 31. — Biblioghaphie. Aut. Van Dale, ûissertationes , Amstelodami, 1702, p. 3G0-389 ; Eckhel, Doctrina num. IV, p. 212 sq.; CL Gnacdiuger, De Graecorum magistratibus eponymis quaestiones selectae, Argeutorati, 1892, p. 3 et 14. STIIENIA. 1 Hesych. s. v. — 2 Plut. De mus. p. 1 140 c. — 3 Cf. Paus. Il, 32, 7. STIBADIUM. l De (rxEtôw, fouler. — 2Aristoph. Plut. 151, et Schol; Plat. Rep. II, p. 372 B; Athen. IV, p. 138 F ; Lucian. Tox. 31; Phot. <xtt,3d; ; cf. Plin. H. nat. Vî II, 193. — 3 Eur. Tro. 515; Xen. Hell. VII, 2, 22; Plut. Inst. Lac. p. 237, B; Philop. 4 ; Polyb. II, 17, 10. — 4 Varr. Ling. lat. V, 1 18 ; Serv. Ad Aen. I, 698 : Antiqui stibadia non habebant sed stratis tribus lectis epulabuntur ; cf. Schol. Juven. V, 17. — 5 Ausou. Eph. p. 58 Bip.; Mart. IX, 59, 9. — 6 Mart. X, 48, 6 ; Athen. II, p. 47, 1. — 7 Mart. XIV, 87 ; Lampr. Heliog. 29 ; Sid. Apoll. I, Il ; Arist. Mir. ausc. 1. Il y en a neuf dans une peinture de Pompé' (fig. 1703) ; cf. Capitol. Ver. 5. — 8 D'après la peinture du musée du Louvre : cf. Campana, Due sepolcri

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devait s’adapter; ou bien toute table était supprimée, par exemple quand on mangeait en plein air, en s’étendant sur le gazon1. Même à l’intérieur des maisons il y eut un moment où l’on voulut avoir un stibadium bas, poséà terre2. E. Saglio.

STIGMA. — Marque imprimée avec un fer chaud sur une partie du corps. Il en a été parlé ailleurs d’une manière générale [nota]. On a vu aussi [servi, p. 1362, 1278] que la peine de la marque était fréquemment appliquée aux esclaves fugitifs ou coupables de quelque méfait ; on les appelait à Rome, notis comprincti ou inscripti, literati , stigmatiae.stigmosi 1 ; aux termes de la loi Aelia Sentia, quand ils étaient ensuite affranchis, ils n’obtenaient que la condition de dediticii2. La marque est également infligée aux individus condamnés pour culumnia (c’était la lettre lv sur le front) a, et aux criminels envoyés aux mines*; pour ces derniers, Constantin remplaça la marque sur le front par la marque au mollet ou à la main6. Au Bas-Empire on marqua aussi, aux bras ou aux mains pour empêcher leur fuite, les recrues, les ouvriers des fabriques d’armes impériales, à Constantinople les aquarii, chargés du soin des aqueducs6. La marque des prisonniers de guerre, quelquefois pratiquée chez les Grecs', ne l’a été que fort rarement à Rome8. Ca. Lécrivain.

STILLATURA. — De tout temps il fut d’usage, sinon de droit, dans l’armée romaine que les soldats fissent à leurs chefs des cadeaux, soit en échange d'exemptions de service, soit dans certaines circonstances [legio]. La stillatura est une contribution de celte sorte, prélevée en nature sur les fournitures touchées par les soldats et s’ajoutant à celles qui revenaient aux chefs, particulièrement aux tribuns, ou une somme d’argent équivalente en principe. Fendant les premiers siècles, les empereurs, observateurs de la discipline, tentèrent de s’opposer à cet abus’ ; il allaient pour le combattre jusqu’à condamner àmort les commandants coupables2 ; au vesiècle ils jugèrent plus simple de reconnaître la coutume en la réglementant3. Une loi de 406* décida que la stillat uni , payée en argent, ne pourrait pas être supérieure au prix de la stillatura en nature, calculée au cours du marché, et qu’elle devait représenter au maximum sept jours de l’annone annuelle d’un soldat. Ailleurs3 le prix de la stillatura est fixé conformément au tarif officiel réglant les fournitures en nature accordées aux troupes. R. Cagnat.

STILLIGIimJM [servitus, p. 1293].

STILUS1.— Style, tige droite, rigide et pointue2. l°(rpxcpt's 3, yoassïo graphium*), poinçon à écrire6. C’était une lige de la longueur de nos porte-plumes, en os3, en ivoire ou en métal, très finement aiguisée en pointe à son extrémité inférieure, dont on se servait pour écrire sur du plomb

Fig. 6634. — Styles à écrire.

ou sur des tablettes enduites de cire (BéX-roc, mvaxsç, SiTtxu^a , xfnrruya, tabulae). L’extrémité supérieure , ordinairement droite, quelquefois coudée (fig. 6634) 8, était arrondie ou conique, plus souvent aplatie en forme de palette ou de racloir, afin que l’on pût étaler la cire, lorsqu’on voulait effacer l’écriture, d’où l’expression « vertere stilum », retourner le style, pour dire corriger3. L’usage du poinçon et des tablettes était aussi commun que celui du calarne et du papyrus, et même certaines personnes le préféraient, notamment dans les écoles, parce qu’il dispensait de recourir à l’encrier l0. Le stilus était donc un objet très répandu, qu’on portait volontiers sur soi avec les tablettes ( pugilfares ). Plusieurs monuments nous en offrent l’image, par exemple la peinture des catacombes reproduite fig. 623, une autre (fig. 464) au Musée Kircher, etc. 11 ; on remarquera la forme évasée et plate de la partie supérieure. La ii g. 6633 représente une jeune femme, dans l’attitude de la méditation, qui se prépare à écrire sur ses tablettes, en portant à ses lèvres la pointe du style12. On conçoit qu’un instrument si acéré, facilement transporlable dans un pli du

Fig. 6035. — Tablettes et style.

tlel secolo di Augusto> 1843. pl. xiv. Le support en maçonnerie de la fresque du Louvre est conservé dans une maison de Pompéi, Thédenat, Pompéi , 1906, I, p. 83, fig. 50. — *1 Par exemple, sur une fresque, 0. Jalm, T Vandgemâlde des Columbariums in der Villa Pam/ili , pl. vi, 17. Il n'y a pas de table sur le basrelief de Montfaucon. Ant. expliq. pl. ni, p. 57. — 2 Lampr. Heliog. 26.

STIGMA. 1 Di g. 11, 4, 2; Gai. 1, 13; Plaut. Casin. 2, 6, 49; Plin. Hist.nat. 18, 3; Juv. 10, 183; 14, 21-22; Petron. Sat. 103-107 ; Apul. Metam. 9, p. 185; Mari. 8, 75, 9 ; Cic. Off. 8, 7 ; Pro Rose. 7 ; Val. Max. 6, 8; Auson. Epigr. 15 ; Claudian. In Eutrop. 2, 344. — 2 Gai. 1, 13; Ulp. Reg. 1, H. — 3 Cic. Pro Sext. Rose. 20, 57; Plin. Pan. 35; Seuec. De ira. 3, 3, G; Dig. 22, 5, 13 ( integrae fronlis homo ). V. Mommsen, Strafrccht, p. 435, note 2. — 4 Suet. Gai. 27 ; Pont. Vit. Cyprian. 7. —5 Cod. Theod. 9, 40, 2. — 6 C. Th. 10, 22,4; Cod. Just. Il, 12, IG ; Vegct. 1, 8 ; 2, 5. — 7 Plut. Per. 26 ; Vilruv. 2, 8. — 8 Cedrcnos, p. 373 (sur des Arméniens par Constantin). — Bibliographie : Godefroid, Ad. Cod. Theod. 9, 40, 2.

STlLLATlillA. 1 Vita Hadriani. 10; Vita Pescenn. 3; Vita Alex. 15. — 2 V . Pèse. I. c.; V. Alex. Le. — 3 Cod. Theod. VII, 4, 28, 29, 36; Zosim. V, 46 ; Waddiugton, Insc. de Syrie , 1906 a. — '* Cod. Theod. VII, 4, 28 = Cod. Just. XII, 87, 12. — ô Ibid. 29, 36. — Bibliographie: Godefroid, Commentaire du Code Théodosien (VII, 4, 28).

STILUS 1 Stylus est certainement une mauvaise orthographe: «rcuXoç n'a pas pu donner stilus et n’a été employé avec le môme sens qu’à une basse époque

comme une transcription hellénisée du mot latin. Stilus doit se rattacher à la môme racine que stinguo et stimulus. Bréal, Dict. étymot. lat. p. 367-368. — 2 Pousse d'asperge, Colum. XI, 3; sciou d'olivier, V, 10. — 3 Plat. Prolog, p. 326 c ; Aristot. Phys. VII, 4, 4; Anthol. Pal. VI, 63, 65, 67, 68; Athen. III, 106 c; Scliol. Aristoph. Ran. 1497. — 4 pollux, IV, 18; X, 59; Athen. XIII, p- 582 c; Plut. Eumen. 1; Sol. an. p. 968 E; Mor. p. 859 E, 868 c; Schol. Aristoph. \esp. 848 ; Eust. Opusc. p. 333, 47, 69; p. 336, 66. — 5 Ov. Amor. I, 11, 23; Senec. Clem. J, 14; Plin. H. nat. XVI, 73, 1 ; Suet. Caes. 82 ; Cal. 28; Isid. Orig. VL 9, 1. Grdphiolum : Not. Tir. p. 124. — 6 plant. Bacch. IV, 4, 63, 76 ; Ov. Met. IX, 522, 571; Sen. Clem. I, 14; Mart. XIV, 21; Plin. H. nat. XXXIV, 139: Quintil. X, 4, l ; Apul. Met. X; Prudent. Peristeph. IX, 51 ; Augustin. De ver. rel. 39 ; lsid. Orig. VI, 9 ; Syrnph. Aenigm. 1 . — 7 Isid. I. c. — 8 Au musée d Évreux, Bonnin, Antiq. des Eburoviques , J II, xxxvn, 6. La fig. 6634 reproduit aussi un style d’ivoire, provenant d'Érétrie, en Eubée, au Musée Britannique: Greek and rom. life, n. 456, fig. 193; et un style trouvé à Home, d’après Boldetti, Osserv. sopia i cimeteri di Ho ma , 1720, p. 512. — 9 Cic. Verr. II, 41, 101 ; llor. Sat. I, 10, 72; Prudent, Syrnph. Augustin. I. c. — 10 V. ludüs, p. 1382. Cf. educatio, p. 103 et 106. — n Perret, Catacomb. de R. pl. lxxui, 6 [calamus, fig. 995]; Mus. Borbon. XIV, 31, 2 = Pitt. d’Ercol. II, 45, p. 237; Helbig, Wandgem. Campan. n. 1721. Autres : Mus. Borbon. I, 12, 2= Helbig, n. 1726; Mus. Borb. XIV, tav. AB — Helbig, n. 1722. — 12 Mus. Borbon. XIV, 31, 1 = Helbig, n. 1422 ; Mus. Borb.V 1, tav. xxxv = Helbig, n. 1420. Fresques analogues : Helbig, n. 1425 14 J>,

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vêtement, pouvait à l’occasion devenir une arme dangereuse et tenir lieu de poignard, comme nous le montrent certains récits

Nos musées possèdent un très grand nombre de bétonnets en os, en fer ou en bronze, qui peuvent passer pour des styles et qu’on a classés comme tels2, précisément parce que la forme, la plupart du temps, devait en être très simple; mais on les confond trop souvent avec des objets similaires qui ont pu avoir un emploi tout différent. On en a vu plus haut plusieurs dont l’emploi est clairement déterminé. Le sLyle représenté dans la fig. 66Î16 a été trouvé àOrvieto avec d’autres antiquités étrusques; il est en bronze doré; le fût est orné, en haut, de la figure d’un écolier, tenant lui-même un style dans la main droite et un diptyque sous le bras gauche; ses yeux devaient être en argent. Le bouton conique qui se dresse au-dessus de sa tête, a dû servir à égaliser la cire3. Certains de ces objets portent des inscriptions qui en déterminent sûrement l’usage :. On appelait graphiarium ou graphiaria theca un étui, analogue à nos plumiers, dans lequel on enfermait les styles ; les écoliers, les copistes et les scribes de tout ordre en avaient souvent sur eux5.

2° Chausse-trape employée autour des places de guerre, en avant du retranchement, pour arrêter la cavalerie de l’assiégeant; il y en avait de deux sortes : de gros pieux aiguisés du bout, plantés à intervalles réguliers et dissimulés sous des broussailles (07m); des bâtons armés de pointes de fer, complètement enfoncés en terre [stimulus]. Le mot stilus se rencontre comme un synonyme désignant soit le premier de ces engins, soit le second, mais plutôt le second “.

3° Aiguille (aroiyeïov) d’un cadran solaire '

[horologium].

4° A la campagne un style en bois ou en bronze pouvait rendre différents services, par exemple pour

Fig. 6636. — Style en bronze doré.

greffer 8 ou pour gratter l’écorce des arbres attaqués par les chenilles et les insectes nuisibles *. Georges Lafaye.

STIMULUS Kévvpov, xevtçr'c. — Aiguillon, instrument pointu servant à piquer les esclaves, les bœufs, les ânes, les mulets et les chevaux. Kévtoov serait l’un des mots les plus anciens de la langue grecque s’il entre, comme on l’a dit, dans la composition du nom des Centaures*; Y Iliade l’emploie déjà comme terme générique désignant même le fouet, lAohj-ciÇ3 [flagellum]. Plus tard, on le trouve avec le sens d’éperon 4 [calcarJ. D’où cette conclusion que xévtpov s’applique moins à un instrument de forme déterminée qu’à toute une série d’instruments divers armés d’un aiguillon \

I. — Tige rigide servant à stimuler les chevaux attelés * ou montés7; on ne doit pas la confondre avec la cravache des cavaliers (fig. 3079) ou avec ces baguettes flexibles des conducteurs de chars figurées sur les vases du Dipylon (fig. 2203). Ordinairement le xévrpov est droit (fig. 2207, 2219); maison trouve sur le vase liurgon 8 un spécimen terminé par une crosse recourbée, armée de deux pointes ("fig. 6637); presque toujours cet instrument esL assez long pour atteindre la tête du cheval ; cependant on voit sur une stèle de Cyzique 9 un spécimen formé

Fig. 6637. — Aiguillon de conducteur.

d’une pointe, peut-être en pierre, s’emmanchant à angle droit dans une courte poignée (fig. 6638).

II. — Boûxcvrpov 1 0 , PouxévTûtov11, |3ou7r)iŸj£ **, g.ûcü'I' 13 . Les bouviers ayant l’habitude de placer un aiguillon à l’extrémité de leur aiguillade, àxatva, les Grecs confondirent les

cf. 698. [imago, fig. 3975]. Nous citerons pour les Grecs une terre cuite archaïque du Louvre (Pottier, Diphiios , pl. vi, n° 154) et quelques vases peints : El. céram. 1,77 [min er va, fig. 5047]; Arch. Zeil. XXXI, pl. [educatio, fig. 2598 J ; Gerhard, Arch. Zeil. I, pl. ii ; Ann. Ist. arch. 1869, p. 9; Harlwig, Meistersch. p. 460, fig. 59, etc. — l Suet, /. c. et Claud. 35 ; Prudent., Augustin, l.c. — 2 Attributions plus ou moins certaines : Carapanos, Dodone, pl. lui, 9, 10 ; Montfaucon, Ant. espt. III, 2, pl. cxcui; Grivaud de la Vincelle, Arts et mét. des anc pl. vm ; Desnoyers, Catal du ntus. d’Orléans , p. 112, no* 226-264 ; p. 114, n. 285-289 ; Babelon et Blanchet, flronz.ant.de la Bibl. nat. p. 609, n. 1607 ; S.Reinach, Catal. du Mus. de Saint - Germain (1892), p. 86 et 97, vitrines 27 et 56; Arch. Zeit. XXXVII (1879), p. 104 ; Cpmarmond, Antiqu. de Lyon , p. 321, n. 409-419; p 446, n. 16, 18; Fricderichs, Klein. Kunst. im Alterth. p. 135, n. 548-564; Jahrb. d. Alt. freunde im Rheinl. IX (1846), p. 33, 39 ; LXXXVII | (1889), p. 20; Walters, Catal. of bronz. British Mus. 2374 sq ; 2682 sq. ; Guide to the exhib. of greek and. rom. life , p. 186; Bull, de la Soc. des Antiq. de France , 1858, p. 97, 1882, p. 179 ; Mon. IX, p. 57 ; Lindenschmidt. Alterth. uns. heidn. Vorzeit , IV, 46, 23, 27, 28 (?) ; Graevius, Thés. ant. rom. XII, p. 961, pl. îx, 1. — 3 Arch. Zeit. XXXV (1877), pl. xi, n. 4 = Baumeister, Ant. Denkm. p. 1585, fig. 1643. Le style, comme les tablettes de cire, est resté en usage jusqu'au xm° et au xiv° siècle ; Jahrb. d. Alt. freunde im Rheinl. XL1V, p. 153. — 4 Par exemple ( H)ego scribo sine manu , ou : Dicta felix, felicior scribe. Corp. inscr. lat. XIII, 10 027, n. 228, 229, 233 ; 10 028, n. 3 ; 10 032, n. 15. Cf. VIII, 22 657, n. 3. — 5 Mart. XIV, 21 ; Suet. Claud. 35. — 6 Hirt. Bell. afr. 31 ; Sil. liai. X, 414. Cf. Caes. Bell. gall. V, 18 ; VII, 73 ; Bell. civ. I, 18. Dans ces passages il n'est pas question du tribulus (Veg. III, 24), qu'on jetait à la main sur le champ de bataille au moment d’engager l’action. — 7 Martian. Cap. VI, 194. — 8 Colum. XI, 3, 53 ; Pallad. IV, 9. Greffe vient de yraphium. — 9 Pallad. IV, 10.

STIMULUS, l D’après MM. Bréal et Bailly (Dict. étym. lat. 1885, p. 368) stimulus serait le diminutif d'un vocable perdu dérivé du primitif stinguo. — 2 Servais, AdGeorg. III, 115, donne pour étymologie xevteTv -+- -rajooç. Cf. Sch. ad Pind. Pyth. II, 78; Beurlier, Mém. des Antiq. de Fr. 1887, XLVII1, p. 57 sq.; Panofka (Ann. de l' Inst . corr . V, p. 285) a proposé xevTtlv -}- ««90;, lièvre. — 3 Quand Diomède perd son fouet, p.â<r::î;. scs chevaux restent sans aiguillon, aveu x/vipoto (XX VIII, 387). Les Troyens sont qualifiés de xîvxoçe; (II. V, 102). Même confusion apparente dans Plaut. Menech. V, 2, 12 et Ovid. Metam. I, 127. — 4 Cf. Stimulare equos calcaribus dans Val. Maxim., III, 2, 9. — 5 Sur les grosses et très anciennes monnaies d'argent des ’Op^axtot ( Orestae de Mionnel, III, 85; cf. V. Duruy, H . des Rom. Il, p. 34 ; Babelon, Traité des monn. II, p. 1059 sq. pl. xi.v, 1059), le héros conduisant les deux taureaux tient dans sa droite soit deux « javelots » soit un fouet à deux lanières terminées par des boules ; ces prétendus « javelots » et ce fouet avaient probablement le même nom de xévtoov. — Voy. les conducteurs sur les monnaies de la Sicile ; Agrigente (Cat. P. Dupré , n. 101); Camarine ( Cat . J. Gréau , n. 703); Hiéron Ier (Ib. n. 952); Syracuse (G. Romans, Sopi'a aie. monete scov. in Sicilia , fig. 1 et 8); Ros-Melkarth (lb. fig. 2) ; etc. — 7 Dans une course hippique représentée sur un vase (Gerhard, Trinkschalen u. Gefasse , XI V) , le second cavalier frappe la tête de son cheval avec un instrument à petite pointe recourbée à angle aigu, alors que le troisième cavalier tient un fouet à deux lanières. — 8 Mon. d. Jstit. X, pl. xlviii ; Brit. Mus. Cat. Il, 130. — 9 Bull, de corr. hcllén. 1894, p. 493 ; Rev. des ét. gi*. 1910, p. 189. — 10 Greg, Naz. I. p. 891 B; Etym. mag. p. 43, 50 (axaiva). — H Suidas, s. v. xév-cp-.ov. — i2Eustathe explique ce mot par poûxevTpov. — 13 Etym. m. p. 785, le donne comme synonyme de poûxevïpov pour expliquer l'aiguillon du porcher. Dans l'Antho¬

logie, on trouve pour l'aiguillon du laboureur ; (Antiphil. , VI, 95) £ou<rroô®ov , àxootrt$ap«v ; (Pllilipp., \ I, 104) xévToa t ùtciaûovuyTÎ (Agathias, VI, 41) JïoÛTXr.xTpov uxatvov.

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deux mots et les employèrent indifféremmenldansle sens de poûxEvrpov. D’après les peintures de vases, on voit qu'il y avait plusieurs formes d’aiguillades : d'ordinaire, c’est

une longue gaule droite et rigide (fig. 430, 432, 1943/ ; une coupe du Louvre représente un pouxev-rcov dont l’extrémité est recourbée à angle droit (fig. 433).

Le stimulus 1 du bouvier italien est une longue gaule rigide, droite et de même forme que Yagolum ou la pertica, avec lesquels on le confondrait s’il n’était armé à son extrémité d’un petit aiguillon pointu.

Stimulus cuspidatus rallo 2 [rallum, fig 436 et 5916],

Les laboureurs y mettaient un racloir servant à nettoyer le soc de la charrue.

III. — Stimula 3, xévxpa. Instruments de torture employés par les Perses 4 et les Grecs5; ceux-ci donnaient à l’esclave méritant ce supplice le nom de xévtoidv g, que Plaute traduit par les périphrases stimulorum seges\ stimulorum loeulus*, stimulorum tritor* .

IV. — Clou, TjXoç, ou croc de fer, humus , implanté dans de larges planches ou des piquets que l’on dissimulait en terre à de petites distances les uns des autres pour protéger les retranchements. Ces chausse-trapes, simple modification d’un vieil engin asiatique employé contre les éléphants de guerre 10 , furent inventées par Damis au siège de Mégalopolis11 (318 av. J.-C.); Jules César s’en servit devant Àlesia ’2. On a retrouvé à Alise- Sainte-Reine six de ces stimuli13 (fig. 6639).

SoRLIN DoRIGNY.

STIPENDIUM. — Le mot stipendium se rencontre dans deux sens différents. Il sert à désigner: 1° la solde attribuée aux troupes ; 2° une sorte d’impôt direct.

I. — Solde. — L’établissementd’unesolde pourl’armée romaine ne date, dit-on, que du siège de Véies L Auparavant on payait seulement aux cavaliers I’aes equestre etl’AES hordeariem, destinés à l’achat et à la nourriture de leurs chevaux de guerre; pour l’infanterie, on s’en

Fig. 6639.

Chaussetrape.

remettait aux tribus qui devaient trouver l’argent nécessaire à son entretien2. Les choses changèrent en 348 — 406. Le trésor public dut désormais fournir aux militaires une indemnité, semestrielle, si le service auquel on était appelé durait moins de six mois ; annuelle s’il dépassait cette mesure3. De cette indemnité on déduisait les fournitures faites par l’État pour l’habillement, les armes et les vivres4. Le taux ne nous en a été conservé par aucun auteur avant l’époque des guerres puniques. Il faut arriver à Polybepour obtenir un renseignement précis sur la question5.

De son temps, le légionnaire touchait par jour deux oboles, le centurion quatre oboles, le cavalier une drachme. La valeur de ces « deux oboles » a donné lieu à plus d’une interprétation qu’il n’est pas possible de rappeler ici L’opinion reçue généralement, qui est celle de Le Beau6, de Hullsch \ de Marquardt8, est que ces deux oboles équivalaient à 3 as 1/3. « Les deux oboles, dit Le Beau, équivalent le 1/3 de la drachme et par conséquent du denier romain, toujours regardé comme équivalent de la drachme. Je puis doncsupposer avec vraisemblance que la paye du soldat fait toujours le 1/3 du denier. Avant la deuxième guerre punique, le denier contenait 10 as ; la paye journalière était donc alors de 3 as 1/3 ». Ce qui porte la solde annuelle, pour 360 jours, à 120 as ou 120 deniers. Le centurion, par suite, aurait touché 240 deniers, et le cavalier 360 deniers.

M. Babelon s’est élevé contre cette évaluation, beaucoup trop faible, à son gré. « Polybe, a-t-il écrit 9, se sert, comme tout le monde, de l’as libral comme monnaie de compte, et le. terme d’obole signifie dans ce passage as libral de 327 grammes. Dès lors, nous aurons le tableau suivant pour la solde des soldats romains. Fantassin : 2 oboles ou 2 as libraux, soit 634 grammes ou 24 as onciaux. Centurion : 4 oboles ou 4 as libraux, soit 1308 grammes ou 48 as onciaux. Cavalier : une drachme valant 6 as libraux (puisque la drachme a 6 oboles), soit 1962 grammes ou 73 as onciaux environ. Ces sommes, traduites en argent romain du temps de Polybe10, c’està-dire dans le système oncial, nous donnent : Fantassin : 2 deniers et 4 as onciaux par jour. Centurion: 4 deniers et 8 as onciaux. Cavalier : 7 deniers et 3 as onciaux ». Mais, ainsi qu’il a été dit, cette indemnité, quelle que fût la valeur des 2 oboles de Polybe, n’était pas versée intégralement aux hommes, puisque le soldat devait payer là-dessus sa nourriture, son entretien etson équipement. Aussi la solde effective était-elle très inférieure à lasomme énoncée par Polybe. M. von Domaszewski, dans un article important11, sur lequel nous nous appuierons dans la suite, l’évalue à 75 deniers seulement par an12.

César, le premier, apporta à cet état de choses des modifications. Suétone nous apprend qu’il doubla la solde des légionnaires 13 ; c’est-à-dire, qu’il ajouta un second stipendium à celui qui existait déjà; la solde entière d’un légionnaire se composa donc désormais de

1 Ovid. Aletam. XIV, 647 ; Tibul. I, 1, 10 ; Colum. Il, 2, 26. — 2 Pljn. H. nat. XVIII, 49, 4. — 3 Plaut. Most. 54; Cic. Phil. II, 34. — 4 Herod. III, 130.

— 5 Xenopli. HelL. III, 3, li cf. flagellum, p. 1155. — S Sopli. fr. 309.

— 7 AuLul. 45. — 3 Cas. 427. — 9 Pers. 784. — 10 Diod. Sic. XIX, 84.

— n ld. XVIII, 71. — 12 Caes. B. GalL. VII, 73 et 82. Cf. V. Duruy, Hist. des

Boni. 1881, III, p. 213, qui donne une vue de la restitution que M. AI. Bertrand

avait placée au musée de St-Germain. — 13 Napoléon III (Hist. de J. César ,

1866, II, p. 304 et fig. 7, pl. xxvu) en décrit cinq; un sixième exemplaire a été découvert l'an dernier par M. Espérandieu.

STIPENDIUM. 1 Liv. IV, 59, V. 4; Florus, I, 12; Diod. XIV, 16; Lydus, De

maq. I, 45. — 2 Mommsen, Die rom. Tribus, p. 31. — 3 Varr. d’après Nonius, p. 532 ; Liv. XXIV, H ; XL, 41, XLU, 34; Diod. XIV, 16; Dionys. VIII, 68, IX, 36, 9; Polyb. VI, 19. Cf. Langen, Ueber die Heeresverpflegung der Borner, p-

— 4 Polyb. VI, 39. — 6 Ibid. — 6 Mèm. de V Acad, des Inscr. XLI, p- 1*^.

— 7 Métrologie , p. 252 sq. — 8 Organis. financière , p. H 8. — 9 C. rendus de I,' Acad, des Inscr. 1906, p. 468. — 10 Nene Heidelberger Jahrbiicher , X, p. 218 sq. — 1* La proportion du triple pour la solde entre la cavalerie et l’infanterie subsista, tant que la cavalerie fit partie de la légion. Cf. Le Beau, L cit. p. 195. — 12 L. r.. p. 219. — 13 Suet. Caes. 26 : legionibus stipendium in perpetuum duplicuvit.

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deux stipendia de l’époque républicaine, soit 75x2 ou 150 deniers par an1.

Auguste, à la suite des guerres malheureuses qui marquèrent la dernière partie de son règne, crut devoir améliorer le sort des troupes; il ajouta un troisième slipendium aux deux qui étaient payés depuis César2 : la solde annuelle fut de 225 deniers ou 3600 as, soit dix as par jour ; somme nettement indiquée par Tacite comme établie à l’avènement de Tibère3.

Les choses restèrent en cet état pendant plus d’un demi-siècle. Les légionnairescontinuèrent à toucher trois fois par an 75 deniers, tous les quatre mois ; c’est la pratique qui était appliquée pour l’armée d’Égypte en 81 ap. J.-C., d'après un papyrus latin 1 : il y est dit qu’un légionnaire reçoit, en l’année troisième du règne de Domitien, « stipendium I, stipendium II, stipendiurn III ».

Deux ans après, un nouveau changement se produisait. En 83, à la suite de l’expédition heureuse qu’il fit contre les Chattes, voulant s’assurer la fidélité des troupes, l’Empereur augmentait encore d’un stipnedium la solde des légionnaires « addidit et quartum stipendium militi 8 », si bien que. désormais, chacun d’eux loucha 100 deniers tous les quatre mois, soit 300 deniers par an.

L’accord constant qui se remarque entre la somme des stipendia et les taux des différentes gratifications accordées par les empereurs aux troupes dans les circonstances solennelles [donativa] a permis à M. von Domaszewski de suivre jusqu’au règne de Caracalla l’histoire des variations de la solde. D’après lui, larèglementation de Domitien demeura en vigueur pendant un siècle environ. Au bout de ce temps, l’empereur Commode, poussé par les circonstances, surtout par la nécessité de satisfaire aux appétits toujours croissants des prétoriens, dut élever la solde de ces soldats d’élite. La solde des légionnaires s’accrut dans les mêmes proportions ; un cinquième stipendium vint s’ajouter aux autres, et le total annuel fut porté de 300 à 375 deniers 6.

Nouvelle au gmentation sous Seplime Sévère. A l’exemple de ce qu’avait fait Domitien, ce prince ajouta à chaque stipendium établi avant lui un aureus , c’est-àdire 25 deniers, ce qui donne pour les cinq stipendia 125 deniers de plus ; en tout 500 deniers ou 2000 sesterces1. Ce sont les « largissima stipendia », dont font mention les inscriptions légionnaires de l’époque8.

Enfin Caracalla, voulant faire oublier aux troupes le meurtre de Géla, leur accorda un supplément de solde égal à la moitié de ce qu’elle était antérieurement. Dès lors, les légionnaires reçurent annuellement 750 deniers, ce qui est précisément, comme on le verra et comme l’a

1 Von Domaszewski, l. c. p. 220. — 2 Ibid. p. 222 sq. D’autres rapportent la mesure à César, qui, au lieu d’un stipendium de 1200 as anciens, aurait payé 3 stipendia en as nouveaux, c’est-à-dire une solde de 3600 as. Cf. Marquardt, op. cit. p. 119 avec les notes. — 3 Tac. Ann. 1, 17; dénis in diem ussibus animam et corpus aestimari. — 4 Papyrus de Genève ; J. Nicole et Ch. Morel, Archives militaires du ier siècle, I, col. a; cf. Journ. des Savants, 1900, p. 378 sa.; C.-rendus de V Acad, des Inscr. 1900, p. 444; Klio, 1903, p. 5. Le même document nous apprend que pour le paiement des sommes règlementaires on tenait compte de la valeur variable de l'argent dans chaque province; cf. Mommsen, Hernies , XXXV, p. 449 ; von Premerstein, Klio, toc. cit. p. 9. — 6 Sucl. Domit. 7; Zonaras, XI, 19; cf. Gsell, Essai sur le règne de Domitien , p. 156. — 6 Von Domaszewski, loc. cit. p. 230. — 7 Vita Severi , 5;

fait remarquer M. von Domaszewski, le taux de la solde des prétoriens sous Auguste 9.

Pour les auxiliaires on ne peut pas arriver à un résultat sérieux. A l’époque républicaine, on sait que les soc» n’avaient droit à aucun stipendium , mais ils recevaient gratuitement, durant toute la campagne, les fournitures de toute sorte qui étaient, pour les légionnaires, déduites de leur solde théorique ,0.

A l’époque impériale il n’est question de solde qu’une seule fois dans les auteurs, à propos de troupes aux iliaires, les cohortes Bataves. Tacite nous apprend qu’elles réclamaient un duplex stipendium “. De ce passage M. von Domaszewski conclut que les hommes étaient payés comme tous les soldats de l’époque républicaine, 75 deniers par an ; ce qui est loin d’être évident. On peut, au contraire, établir avec quelque probabilité le taux du stipendium ou plutôt des stipendia successifs attribués aux troupes de Rome, prétoriens ou soldats des cohortes urbaines. D’un passage de Tacite on peut déduire que les prétoriens recevaient, au début du règne de Tibère, deux deniers par têle et par jour12 ; c’est-à-dire 2x 365= 730 deniers par an, s’il faut prendre le chiffre de Tacite à la lettre, ou si, comme le veut M. Domaszewski, l’historien n’a mentionné qu’un chiffre rond, 750 deniers13. S’appuyant sur cette donnée, confirmée à ses yeux par d’autres témoignages annexes, ce savant est arrivé aux conclusions suivantes : Époque républicaine, solde annuelle de 125 deniers, pour la cohors praetoria du général1’*. César double la solde des légions; la même mesure doit s’étendre à la cohors praetoria ; le stipendium est porté à 250 deniers par tète15. Sous Auguste, cette somme est élevée successivement à 500 deniers16 et, à la fin du règne, à 750 deniers (3 stipendia). Le quatrième stipendium, ajouté par Domitien, nous conduit, pour son époque, au total de 1000 deniers11. Pour le ne et le me siècle, la progression de la solde des prétoriens ayant été constamment parallèle à celle des légionnaires, comme le prouvent tous les textes relatifs aux libéralités impériales envers l’armée, nous admettrons que Commode ajouta aux 1000 deniers un nouveau stipendium, soit 1250 deniers18; Septime Sévère 18 aurei ou 450 deniers, soit 1700 deniers19; et enfin Caracalla un dernier supplément qui porta la solde annuelle des prétoriens à 2 500 deniers '20.

Le sort des soldats des cohortes urbaines, toujours d’après M. von Domaszewski, se serait pareillement amélioré peu à peu. Au temps d’Auguste elles auraient reçu, par tète d’homme, d’abord 250, puis 375 deniers21; 500 deniers après Domitien22; 625 après Commode; 850 sous Septime Sévère, et 1250 sous Caracalla23.

Les différentes soldes successives des simples soldats jusqu’à Dioclétien pourraient donc se résumer dans le tableau suivant, qui reproduit à peu près celui qu’a

qui etiam [bina]sestertia quod nemo unquam principum militibus dédit. Lacorrec tion bina est de M. Domaszewski, loc. cil. p. 231 — 8 Corp. ins. lat. VIII, 2553, 2554 ; Ann. épigr. 1898, 108 ; 1899, 60, etc. — 9 Loc. cit. p. 235 sq. — 10 Polyb. VI, 39. — 11 Tac. Hist. IV, 9. — 12 Tac. Ann. I, 17; praetorias cohortes quae binos denarios acceperint. — 13 Loc. cit. p. 220. — 14 Le texte de Kestus (Epit. p. 223 M) où il est dit que Scipiou emmena au siège de Numance une cohors praetoria et qu’il donna à chaque homme sexquiplex stipendium nous amène au chiffre de 180 deniers annuellement, dont il faut déduire les fournitures en nature, comme pour la légion. — 15 Tac. Ann. I, 8; Suet. Aug. 100; Dio. LVI, 32; LIX, 2. — 16 Von Domaszewski, p. 221, avec référence à Dion. (LUI, 11), corrigé. — 17 Ib. p. 226. — 18 76. p. 230. — 19 76. p. 236. — 20 76, p. 335. — 21 Ib. p. 220. Cf. Dio, LIX .2. — 22 76. p. 2 8. — 23 76. 238.

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STI 1514

dressé M. von Domaszewski à la suite de son article :

Légions

Prétoriens

Cohortes urbaines

République

75 deniers

César

Auguste

Domitien

Commode

Sévère

Caracalla

La solde des centurions légionnaires était naturellement beaucoup plus élevée que celle de leurs hommes. Au temps de Polybe, ils recevaient une somme d'argenl double des simples légionnaires*; mais l’importance de ces ol liciers ne tarda pas à augmenter dans des proportions considérables, si bien qu’au temps de la guerre civile, d’après Appien2, ils touchaient non plus deux fois, mais cinq lois plus que les simples soldats. Plus tard, la solde s'accrut encore. M. von Domaszewski 3 se basant sur le texte d’Appien d'une part, de l'autre sur une inscription du début du m« siècle4, admet que le slipendium (quartier de solde) pour les centurions au début de l’Empire, est de 1-250 deniers, c’est-à-dire cinq fois la rémunération d’un prétorien. Dès lors, il suffit de se reporter aux différentes variations de la solde des prétoriens sous l’Empire pour avoir celle des centurions. Au temps d’Auguste, ils auraient reçu 3 x 500 deniers = 2500 deniers, s’ils n’appartenaient pas aux prirni ordinvs, 5000 deniers dans le cas contraire ; 5 000 deniers ou 10000 après Domitien ; 6250 ou 12500 après Commode. Septime Sévère n’aurait point amélioré ces derniers traitements, puisque ce sont précisément là les deux sommes qui figurent sur l’inscription à laquelle il a été fait allusion quelques lignes plus haut et qui date de CaracaHa °- La solde des primipili paraît avoir été ainsi qu ,1 est logique, du double de celle des primi ordines c est-à-dire de 10000 deniers6.

Quant aux sous -officiers et aux officiers supérieurs ( principales ), leur solde peut se calculer d’après la hiérarchie qui existait entre eux : c’est encore M. von Domaszewski qui a posé à cet égard les règles essentielles. Il a montré que, dans les collèges militaires, la somme payée sous le nom d 'anularium aux vétérans qui les quittaient était en corrélation étroite avec la solde qui leur était attribuée lorsqu'ils en faisaient partie et pouvait servir à la déterminer1. Ainsi les immunes de rang subalterne cornicen , tubicen ) recevaientla même somme que les simples soldats (500 deniers au temps de Septime Sévère). Les sous-officiers et les immunes qui leur étaient assimilés ( librurii , exacti, immunes attachés à Yofficaun du général en chef, du légat légionnaire, du préfet de la ville), étaient payés une fois et demie plus cher

(soit 750 ou 800 deniers). Les bénéficiaires avaient double solde (1000 deniers) ; et les officiers en passe d’arriver au centurionat ( cornicularius , optio, aquilifer), triple solde (1500 deniers). C’est aussi le taux de la solde attribuée au décurion d’une aile de cavalerie, au centurion et au décurion d’une cohorte auxiliaire qui, eux aussi peuvent arriver de là au grade de centurion, tandis que le duplicarius cohortis était payé deux fois comme un légionnaire et le sesquiplicarius alae une fois et demie 8

Même gradation entre les différentes charges des principales parmi les prétoriens, en tenant compte de la situation privilégiée faite à la garde impériale : au temps d’Auguste, les sous-officiers recevaient 1125 deniers, les bénéficiaires, 1500 deniers, et les officiers voisins en dignité des centurions, 2250 deniers9.

Pour les officiers supérieurs au grade de centurion, et dont lesfonctions rentrentdans lacatégorie des milices équestres, il suffira de transcrire avec quelques petites modifications te tableau récapitulatif que M. von Domaszewski a dressé de leurs émoluments10. 11 l’a établi en considérant d une part la hiérarchie de ces différents grades et, de l’autre, leur place dans la carrière équestre avant ou après des procuratèles dont les appointements sont connus (sexayenariae, centenariae , ducenariae).

Tribun us leg. semestris

-5 000 sesterces 1 1 .

Tribunus leg. angusticlavius

Praefectus castrorum

sous Auguste (10 1)00

sous Domitien 80 000

sous Commode 100 000 —

Praefectus cohortis

plus de 25 000(40000?) ‘2

Praefectus alae

entre 50 000 et 60 000, —

Tribunus laticlavius

entre 60 000 et 100 000 (80 000 ?) —

Tribunus vigilum

ld.

Tribunus cohortis urbanae

1 00 000 environ.

Tribunus cohorlis praetoriae

entre 100 000 et 150 000(1 20 000?)—

Primus pilus iterum

ld.

Nous n’avons que peu de renseignements sur la solde de l'armée après les réformes de Dioclétien. Les auteurs n'en parlent presque pas ; et dans le Code Théodosien 13 qui a consacré un livre entier à l’organisation militaire, il n est point question de stipendium , mais seulement de commuda, c est-à-dire des fournitures en nature laites aux troupes, pain, vin, viande, huile, vêtements, armes; il n y est fait mention d’argent que dans les cas où cet argent est destiné a remplacer des fournitures en nature, de même valeur14. C’est que, à cette époque, en dehors desdiles fournitures et de cadeaux extraordinaires, il n existait plus de solde pour les troupes13. Le mot stipendium , lorsqu’il se rencontre au ivc siècle, désigne ce qu on appelai tan térieurement un donatiourn IC.

iant que les tribus durent verser elles-mêmes 1 argent nécessaire à l'entretien des légionnaires, c’est

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,Æ7'P'. *• “* Ly- wscr- lat ■ *4i‘«- •’Vous no pouvons pas entrer ie/c

Ja discussion de détail. — 5 Von Domaszewski, Die Bangordnung, p. III. — 6

p. la). • n,. p. ,1. s \eget. II, 7; cf. von Domaszewski, loc. cit. p - Ib. p. 72. - 10 lb. p. uo et I il. Il C. i. I. XIII, 3102. - 12 Les chif

eulic parenthèses sont ceux qu'admet M. von Domaszewski dans son tableau.

- 10 Sur le sens du mot cf. Godefroid, Cad. Theod. IV, p. 302, à propos de la loi, VII, 4, 10. — H Par ex. Cod. Theod. VII, 14. 4. — IC Cf. 0. Seeck, Gesch. des Untergangs der antiken Welt, il, p. 234 et 339; Millier, Philol. 1903, p. 623.

— 16 Par ex. Amm. Marc. XVII, 9. 0 ■ XXIX, 5, 37; XXXI, 11,1.

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naturellement aux tribuni aerarii qu’il appartenait de payer la solde. Quand l’État eut pris la dépense à sa charge, ce soin revint aux questeurs1. Plus tard, sous l’Empire, où l’armée dépendait directement et uniquement du prince, les questeurs furent remplacés par les procurateurs provinciaux 2.

11 n’y eut point, au commencement, de terme fixe pour l’opération. On payait aux légionnaires l’argent qui leur était dû, soit tout à fait à la fin de la campagne, soit seulement lorsqu’on avait récupéré sur l’ennemi l’argent suffisant pour couvrir les frais de l’expédition :i. Aux derniers temps de la République, probablement sous César4, on établit que les militaires toucheraient leur solde trois fois par an, cous les quatre mois : le 1er janvier, le 1er mai et le 1er septembre. La règle subsista même après que Domitien eut augmenté d’un quart le taux de la solde : les dates de paiement ne furent point modifiées; la quotité de la somme touchée chaque fois fut seulement élevée d’un douzième3.

IL — Impôt. — Le premier soin d’un vainqueur, à la suite d’une guerre heureuse, est de prélever sur le vaincu une contribution pécuniaire, qui le couvre amplement des frais de l’expédition. Les Romains ont naturellement appliqué ce principe6: ils condamnaient les peuples soumis à supporter les dépenses qu’ils avaient faites pour les soumettre : ceux-ci devaient même, pendant la trêve qui précédait la paix, payer la solde des troupes victorieuses D’où le nom de stipendium donné à la contribution de guerre, puisque cette prestation est véritablement victoriae praemium ac paena belli 8. Le terme, une fois passé dans l’usage, servit à désigner les taxes imposées aux provinciaux, dont le pays était réuni au domaine du peuple romain, comme signe de sa propriété sur ce nouveau territoire, même lorsqu’elles étaient employées à un tout autre usage que l’entretien des troupes. 11 devint synonyme d’impôt provincial. La différence entre les deux mots qui caractérisent l’impôt direct, stipendium et tributum , n’étant pas toujours nettement observée par les auteurs, surtout à l'époque impériale où ils arrivèrent à se confondre presque complètement9, il est très difficile de séparer l’étude du stipendium de celle du tributum. Nous reviendrons donc, ù propos de ce dernier terme, sur cette matière délicate et nous donnerons alors sur le stipendium , impôt, les détails que comporte le sujet. R. Cagnat.

STIPS. — L’origine et l’étymologie du mot paraissent avoir été inconnues des anciens. Varron le dérive, non sans hésitation, du grec uTot^vj : slips ab mi GVj fortasse graeco verbe. 11 le rapproche également du verbe stipare : n stipando stipern dicere coeperunt1. Festus exprime la même opinion: stipern dicebant pecuniam signalant , qaod stiparetur'2. Il est peu vraisemblable que slips soit, dans la formation verbale, postérieur à stipare; le con-

1 Polyb. IV, 30; Cic. Verr. I, 15, 40; Pro Flacco, 44; Tac. Ann. XI, 22.

— 2 Strab. III, 167 ; Dio. LUI, 15. — S Liv. V, 32; VIII, 2, 36; IX, 41; X, 40.

— 4 JVlarquardt, Organis. financière , p. 119; Mommsen, Eph. cpigr. VII, p. 460 ; cf. le papyrus de Genève de l’année 81 (v. p. 1513, note 4). — 5 Eph. epigr. VIII, p. 458 (document qui date de l’année 156). — G Cf. à ce sujet Mommsen, Droit public rom. IV, 2, p. 364 sq. — 7 Liv. V, 27, 32 ; IX, 43; Dionys. VIH, 68; IX, 17, 36, 59, etc. — 8 Cic. Verr. III, 6, 12. — 9 Bouclié-Leclercq, Man. des Institutions romaines , p. 233, note 2. — Bibliographie. Le Beau, De la paye du soldat légionnaire , dans les Mèm. de l’ Acad, des lnscr. XLI, p. 181 sq. ; Bureau de la Malle, Économie politique des Domains , I, p. 134 sq. ; Mommsen, Die rom. Tribus , p. 31 sq. ; Langen, Ueber die Heeresverp/legung der Dômerim letzen Jahrh. der Depublik (Brieg, 1880), II, p. I sq. ; von Domaszcwski, Der Trup-

traire est plus probable. Le mot peut être rattaché ;ï la racine gtcS, d’où sont issus les mots <ttÆo;, ctiIjxç, <rrïçp&;, i7Ti©poç, etc. La notion fondamentale exprimée par tous les mots de cette famille est celle d’un objet ou d’une matière foulée, d’un groupe ou d’un tas compact.

Le sens primitif nous est indiqué à la fois par la double définition de Festus et par un passage significatif de Tacite 3. « Stipern dicebant pecuniam signatam ;

— Stipern esse nummum signatum testimonio est, etc., » nous dit Festus. Quant à Tacite, il rapportequ’au moment de l’inauguration du Capitole reconstruit par Vespasien, passim injectae fundamentis argenti aurique stipes et metatlorum primitiae nu/lis fornacibus viclae, sed ut gignuntur. Argenti aurique stipes. ce sont des pièces monnayées ; metatlorum primitiae , ce sont des lingots bruts. Mais, ù l’origine, les Romains ne monnayèrent que le cuivre, et le mot slips fut d’abord appliqué aux as librales’\ Plus tard, il resta synonyme de aes ou aéra \ et fut surtout employé pour désigner la menue monnaie, modica aéra. Un texte de Pline l’Ancien nous permet de croire que le mot s’appliquait à Yuncia comme àl’ns 6 ; il est vraisemblable qu’il pouvait servir également poulies autres subdivisions de l’as. Le Cabinet des Médailles possède un as romain qui porte au revers l’inscription Fortunai stipe 7.

C’est du sens très ancien de menue monnaie que dérivent la plupart des significations, que le mot stips acquit plus tard. Stips ou stipes, c’étaient les pièces de petite valeur qu’on donnait soit aux mendiants, qui tendaient la main aux passants sur le Pons Sublicius 8, soit aux membres des confréries Isiaques ou aux Galles de Cybèle quêLant par les rues de Rome 9 ; c’éLaient encore les pièces que l’on aimait par jeu à donner aux éléphants10. Tacite applique le mot à la distribution d’argent que Néron fit au peuple lors des ludi Juvenales “.

Mais le sens qui parait avoir été le plus usuel fut celui « d’offrande en pièces monnayées aux divinités » 12. Chaque dieu, chaque temple semble avoir eu une caisse, un trésor alimenté par de telles offrandes. Les textes des écrivains et les inscriptions nous font connaître à Remo une stips Apollinis l3, un estips Ce reris et Proserpinae ’ 4, une stips Aesculapii et une stips Jovis Jurarii 15 ; dans le sanctuaire de Diane duMons Tifata, voisin de Capoue, une stips Dianae t6. Les pièces monnayées offertes à ces divinités et destinées ù grossir les trésors de leurs Lemples étaient déposées, comme les epulae et les libaliones , sur les wte?îs«equi se trouvaient immédiatement devant l’image du dieu ou delà déesse11. L’as du Cabinet des Médailles, que nous avons signalé plus haut, provient peut-être d’un temple de la Fortune. Les fonds, constitués par toutes ces offrandes, étaient employés en œuvres diverses : on s’en servait pour des constructions 1S, pour ériger des statues19, pour acheter des terrains20.

pensold der Kaiserzeit, dans les N eue Ueidelberger Jahrbücher, X, 1S, p. 2)8 sq. ; Liebenam, art. Exercitus, dans Paiily-Vviaso.v ;i , liealencyclopaclie. VI, col. 1609 sq.

STIPS. < Varr. De ling. lat. V, 182. — 2 6’. «. Stipern. — 3 Histor. IV, 53.

— 4 Varr. loc. cit. — 6 Ulp. Dig. L, 16, I. 27. — 6 Nat. hist. XXXIV, H : unciara

stipe collata. — ■ 7 Babelon, Traité des monnaies gr. et rom. I, p. 079. 8 Scnec.

De vila beata, 25; Suet. Aug. 91. — 9 Val. Max. VU, 3, 8; Cicer. De leg. Il, 9 et 16. — 16 Plia. Nat. hist. VIII, 5. — il Annal. XIV, 15. — 12 Seueo. De benef.

VU, 4, G; Epist. 115, 5. — 13 Liv. XXV, 12; Apul. De magia, 42. U Jul.

Obseq. Prodig. lib. cm, evi, cxm. — 15 Corp. inscr. lat. 1, 1105 ; VI, 7; Eesaier, Vile Tibérine. p. 189 et 256. — 16 C. i. I. X, 3781. — 17 Macrob. Saturn. 111, 11. 16. — 18 Besnier, l. cit. — 19 C. i. I. XII, 839 1840 2186 2378, 2388, 2526, 3131. — 20 C. i. I. X, 3781.

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Les pièces de monnaies, offertes aux divinités des eaux, étaient jetées dans les sources ou les fleuves; cet usage était très répandu : 1 expression stipetn ou stipes jacere n est pas moins fréquente que stipetn ponere *. Pline le Jeune signale les nombreuses pièces visibles au fond de la source du Clitumnus2. Sénèque mentionne les stipes jetées par les prêtres dans les eaux du Nil, non loin de Philae J. Plusieurs trésors de monnaie ont été trouvés au fond de sources sacrées, par exemple à Vicarello en Italie 4 ; dans la fontaine de la Dea Coventina ou Conventina à Procolitia, le long du vallum Hadriani au nord de la Bretagne 6 ; en bien d'autfes points encore °.

Un autre sens du mot stips , qui souvent parait se confondre avec le sens d’ « offrande aux divinités », mais qui néanmoins doit en être distingué, est celui de souscription en vue d’une œuvre ou d’uue cérémonie spéciale. Parfois l'œuvre ou la cérémonie, à laquelle la stips est destinée, a un caractère religieux : c’est, par exemple, la construction d’un temple1, un lectisternium 8, un taurobolium* ; mais ce peut être aussi une œuvre purement laïque, des jeux10, l’érection d’une statue11, la construction d’un pont12, etc.

A ce sens de souscription spéciale, exceptionnelle, s’oppose le sens de cotisation régulière que le mot a eu également. Le terme stips menstrua est le terme en quelque sorte officiel dont on se servait pour désigner la cotisation mensuelle que devaient payer les membres des collèges funéraires13.

Stips ou stipes, c’étaient encore lesétrennes en espèces que les Romains se donnaient au début de l’année [strenae] ; cet usage était courant ; Ovide le signale dans les Fastes u, et Caligula sut en profiter pour extorquer à ses courtisans des sommes considérables 10.

Enfin il est possible que le mot stips ait signifié: amende en numéraire. Mais le texte de Valère Maxime10 où il semble avoir ce sens, paraît être corrompu ; dans le membre de phrase : nodosam exsolvite stipem , le mot nodosa est très douteux. Slips peut avoir été employé ici dans le sens de « contribution. » Il s’agit dans le passage bien plus d’un impôt sur les célibataires que d’une amende au senspénal du mot. J. Toutain.

STIPULATIO. — Ce terme du droit romain a une double acception : il désigne soit une forme de contracter, soit le contrat qui résulte de l’emploi de cette forme. L’usage de la stipulation est une conséquence du principe de l'ancien droit, d’après lequel l’accord des volontés ne suffit pas pour créer une obligation. Le simple pacte n’est pas sanctionné par la loi; il doit en général être revêtu d’une forme solennelle. La plus répandue estcelle de la stipulation1. Elle a pour but, comme son nom l'indique, de rendre ferme l’engagement contracté 2.

L — Formes de la stipulation. — La stipulation consiste en une interrogation du créancier suivie d’une réponse

' is«n. De benef. VU, 4, 6; Suet. Aug. 75 — 2 PüQ. Epist. VIII, 8.

— 3 Senec. Quaest. nat. IV, 2, 7. — 4 L. Marchi, La stipe tributata aile acque

Apoliinari-, et. L. Milani, Rivista ital. di numism. IV (1891), p. 27. 5 Eph.

Epigr. 111, p. 314-318; Dermes, XII (1870), p. 257 sq. - 6 Babelon, Traité des monnaies gr. et rom. I, p. 673-674. — 7 Ovid. Fast. IV, 351 ; C. i. I. II, 5439 :

§ LXXII. — 8 Macrob. Sut. I, 6, 13. — 9 C. i. I. XII, 4321. — 10 pijn. p/at. hist. XXXIII, 48. — n Id. Ibid. XVIII, 4; XXXIV, H. — 12 c. i. I. Il,

760. — 13 Dig. XLVII, 22, 1.1 ; C. i. I. XIV, 2112 ; Wallzing, Et. histor. sur les corporations professionnelles chez les Romains, I, p. 142-143, p. 451-453.

— P* I, 189 sq. — 15 Suet. Calig. 42. — 16 Val. Mai. Il, 9, 1.

STIPULATIO. — I L'usage de la slipulation au vi« siècle de Rome est attesté

par Plaute, Rud. V, 3, 22 et par le séaatus-consullc des Bacchanales de 568 ; Corp. inscr. lat. I, 193, 1. 13. -— Paul. Sent. V, 7, 1 : Stipulum.... veteres firmum

concordante du débiteur3, l’une et l’autre conçues en termes consacrés4. La stipulation exige la présence des parties, mais non celle de témoins solennels comme il est de règle dans la mancipation. Les contractants doivent être capables de parler et d’entendre, ce qui exclut les muets, les infantes et les sourds5. Il faut aussi que la réponse suive immédiatement la demande : Fade doit être accompli sans désemparer ( continuus actus) 6 ■ on ne tolère qu’un bref intervalle 7.

Anciennement, le terme consacré pour la demande et pour la réponse était celui de spondere\ Le créancier demandait : ccntum dare spondesne‘1 Le débiteur répondait : centum dare spondeo. Le mot spondere , dont l’étymologie rappelle un acte religieux, une libation9 (aTtévS M=fundere), désigne uniquement à Rome un acte formel de volonté10. L’usage en était réservé aux citoyens romains ; une seule exception était admise pour la conclusion d’un traité entre le peuple romain et une nation étrangère “. Mais d’assez bonne heure on admit des équivalents : dabis ? promittis ? fidepromittis? fidejubes? faciès ? On pouvait même s’exprimer en grec 12 Dès lors, la stipulation devint accessible aux pérégrins.

La distinction entre les formes delà stipulation n’a pas perdu son intérêt pratique depuis l’édit de Caracalla qui, en 212, accorda la cité romaine aux pérégrins. La portée de cet édit est loin d’être aussi large qu’on l’avait cru jusqu’ici sur la foi de quelques textes 13. Un papyrus du musée de Giessen, publié récemment 14, prouve que l’édit ne s’appliquait pas aux déditices. Cette catégorie de personnes est formellement exclue par Caracalla : elle comprend les pérégrins habitant les régions qui n’étaient pas organisées en cités, et soumis à l’impôt de capitation15. Telle était en Égypte la situation de la classe inférieure de la population indigène ; le régime municipal, introduit par Sévère en 202 dans cette partie de l’empire, n’y a reçu qu’une application restreinte.

Au me siècle de notre ère, le formalisme fut atténué, dans la stipulation, de plusieurs manières. On n’exige plus que la réponse concorde exactement avec la demande : les parties peuvent employer chacune un terme ditlérent 1G. Si le débiteur promet une quantité plus forte ou plus faible que celle qu’on lui a demandée, la stipulation n’est pas nulle : elle vaut jusqu’à concurrence de la quantité la plus faible 11. De même on valide les pactes qui précèdent ou qui suivent la stipulation : on les considère comme faisant corps avec elle18.

Le formalisme fut atténué surtout par l’usage de rédiger par écrit les conventions 19. Cet usage, emprunté à la Grèce, facilitait la preuve en justice; mais à Rome, où 1 on joignait au chirographum une clause de stipulation ( stipulatio subjecta ) 20, il eut un autre avantage : il dispensait en certains cas de prouver que les paroles de la stipulation avaient été prononcées. Lorsque l’écrit avait

appellaverunt ; cf. Jnst. III, 19 pr. D’autres étymologies ont été proposées par Isidor. Orig. V, 24, 30 ; Fest. vo stipem. — 3 Ulp. Dig. XLV, 1, l pr. — 4 Pompon. eod. 5, 1 : verborum conceptio. — 5 Gaius, IV, 105-109. — « Venul. Dig. XLV, 1.

137 pr. — 7 ülp. eod. 1, 1. — » Gaius, III, 92. — 9 Homer. lliad. II, 339; III,

155. L usage des libations dans les temples de l’Egypte subsistait encore à l’époque romaine. Un papyrus du musée gréco-romain d’Alexandrie (n° 122) de l’an 65 de noLre ère mentionne le orcovâeïov cf. Vitelli, Mél. Châtelain , p. 288. — 10 Varro, Ling. lat. VI, 7, 60. Cf. loi de Gortyne, §§ 25 et 30. — il Gaius, III, 94. — 12 Ibid.

93. — 13 Ulp. Dig. 1, 5, 17; Dio Cass. 77, 9, 4; Augustin. De civit. Dei , 5, 17.

— l '*• Griech. Papyri im Muséum des Oberhess. Geschichtsvereins zu Giessen , 1910, I, 2, n» 40, 1. 8-9. — 15 Cf. Paul M. Meyer, ibid. p. 30. — 15 Ulp.

Dig. XLV, 1, 1, 2. — 17 Ibid. 1, 4. — 18 paul. eod. 134, 3 ; Dig. Il, 14, 4, 3 ; XII,

1, 40 pr. —19 Cic. P. Caec. 18, 51 ; Ad Alt. XI, 17, 2. — 20 pauI. Dig. XLV, 1,

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été rédigé par le débiteur ou en sa présence, on présumait que la stipulation avait eu lieu1; lorsque l’écrit constatait la promesse du débiteur, on présumait que le créancier l’avait interrogé2. Le mot stipulation est employé par Ulpien pour désigner l’écrit ( instrumen lum)3. Désormais, la forme antique n’est plus indispensable : la présence des parties est seule nécessaire.

La stipulation ainsi modiliée s’introduisit dans les pays de civilisation grecque. On la trouve en Égypte, appliquée à un contrat de mariage, dans un papyrus d’Oxyrhynchos de l'an 17Ü de notre ère4. On l’employait parfois pour confirmer des actes juridiques autres que des conventions, par exemple des testaments, dans un papyrus du Fayoum, de l’an 233 5. Ici également, on confondait la stipulation avec l’écrit °.

Au Bas-Empire, une constitution de Léon de 472 supprima les paroles solennelles 7 ; la présence des parties à l’acte n’est même plus nécessaire : il suffit d’être présent dans la cité le jour où l’acte a été rédigé 8.

IL — Caractères et objet de la stipulation. — La stipulation est un contrat unilatéral par lequel une personne [promissor) s’oblige envers une autre (. stipulator ). A l’origine, cette obligation devait avoir pour objet une somme d’argent déterminée. On put ensuite promettre une chose certaine autre que de l’argent, par exemple, telle quantité de blé, un fonds de terre ; puis on valida les stipulations qui avaient pour objet un fait ou une abstention 9. Dès lors, la stipulation s’appliqua à toute sorte d’obligation.

La stipulation est un contrat de droit strict. Lorsqu’on l’invoque en justice, le juge a un pouvoir d’appréciation limité par les termes de la formule délivrée par le magistrat et qui reproduit elle-même les termes de la stipulation10. Par exemple, le débiteur d’un corps certain n’est tenu que de son fait actif 11 : il ne répond ni des cas fortuits ni de ses négligences. Le juge ne peut, d’après les Proculiens, tenir compte des faits postérieurs à la demande : satisfaction fournie par le défendeur1'2, perte fortuite de la chose. Il ne pouvait même au début rechercher si le débiteur avait été victime d’un dol ou d’une violence13 [jurisconsulte p. 720].

Avec le temps, le caractère strict de la stipulation fut atténué par l’insertion de la clause de dol dans la formule du contrat14. Le débiteur promettait de s’abstenir de tout dol dans l’exécution du contrat, soit dans le présent, soit dans l’avenir. Cette clause conférait au juge un pouvoir d’appréciation analogue à quelques égards à celui qu’il avaitdansles actionsde bonne foi : ilpouvaittenir compte des événements que les parties n’avaient pas prévus16.

III. — Modalités de la stipulation. — La stipulation, à la différence des actes juridiques de l’ancien droit romain ( actus legiti/ni), comporte l’apposition d’une modalité, telle que le terme, la condition, l’alternative, Vaccessio personne. Pour le terme et l’alternative, voir

134, 2. Ulp. Dig . II, 1 4, 7, 12. Papyrus du Louvre, n° XXI bis. — 1 UIp. Uig. XLV,

1, 30. Cf. Inst. III, 20, 8. — 2 Paul. Sent. V, 7, 2. Sev. Carac. Cod. Just. VIII, 38,1. — 3 Ulp. Dig. U, 13, 1,4: Edere stipulationem toiam ; cf. Couslantin. Cod. Just. IV, 32, 25, où la stipulation est appelée chirographum. — 4Grenfell-Hunl, The Oxyrhynchos Papy ri , VI, 905. — 5 Wessely, Wiener Studien , IX, 241. — 6 Paul. Dig. XVI, 3, 26, 1. Papyrus Nicole, Rev. de philologie , XX, 50, I. 22. Papyrus grecs du Musée du Louvre, n° XXI bis, 1. 30 ; Aegyptische Urkunden aus den K. Museen zu Berlin , Gr. U. 1, 349. — 7 Cod. Just. VIII, 37, 10. — 8 Ibid. 14,

2. — 9 Inst. III, 15, 7; 19 pr. 1, 2 et 22. — 10 Gaius, IV, 53. — H Paul. Dig. XLV, 1, 91, 3. — 12 Les Sabiuiens ont fait prévaloir l'opinion contraire : omnia judicia esse absolutoria , Gaius, IV. 114. — 13 Cf. Edouard Cuq, Institut, jurid. des

DIES, p. 177, et MODUS, p. 1!>59. Il y a accessio personne lorsqu’on stipule pour soi ou pour un tiers"’. Ce tiers, adjectus solulionis gratia,e stune sorte de mandataire 1 \ chargé éventuellement de recevoir le paiement avec ou sans obligation de rendre compte18.

La condition est un événement futur et incertain duquel les contractants font dépendre la perfection ou l’extinction de l’obligation. Cet événement ne doit pas consister en un fait impossible, illicite ou immoral, à peine de nullité 19. Il ne peut non plus dépendre de la pure volonté du débiteur : la condition si voluero excluL l’intention de s’obliger20. La stipulation sous condition suspensive n’est pas, dans l’opinion qui a prévalu, considérée comme inexistante tant que l’événement prévu reste incertain 21 : elle produit divers eflets ; par exemple, elle confère un droit transmissible aux héritiers ; elle permet au créancier de prendre des mesures conservatoires22. Mais le créancier ne peut invoquer en justice un droit qui n’est pas parfait23 ; de son côté, le débiteur qui par erreur paie la dette peut répéter l’indû 24. Si la condition ne se réalise pas, la stipulation est non avenue. Si elle se réalise, la stipulation devient parfaite : elle prend la date du jour où les parties se sont mises d’accord, La condition extinctive n’a pas d’effet d’après le droit civil; mais en vertu du droiL Prétorien, le débiteur peut paralyser par une exception l’action que le créancier exercerait contre lui, contrairement à la convention25. C’est ce qui a lieu dans le cas d’une stipulation de rente viagère.

IV. — Sanction de la stipulation. — La stipulation a été de bonne heure sanctionnée; elle l'était au milieu du ve siècle de Rome : le second chapitre de la loi Aquilia prévoit une fraude commise au préjudice du stipulant [lex, p. 1130, n. 8, 16 à 19]. Quelle était à cette époque la procédure à suivre pour faire valoir l’obligation résultant de la stipulation? La question est discutée36. Il est douteux qu’on ait eu recours à l’action de la loi par serment. La stipulation donne naissance à un droit très différent de celui qui se forme per aes et librarn en vertu d’un nexum. Il est vraisemblable qu’on employait l’action de la loi per condictionem, créée par la loi Silia pour sanctionner les dettes d’argent certaines (action certae pecuniae), puis étendue parlaloiCalpurnia aux dettes qui ont pour objet une chose certaine autre que de l’argent [condictio triticaria) [lex, p. 1164, n.20; 1133, n. 7]. Cette action ne sanctionne que les stipulations certaines, celles où les paroles prononcées font connaître quelle est la chose due, quelle en est la qualité et la quantité21. Les stipulations incertaines furent d’abord sanctionnées indirectement par une stipulation de peine, puis directement par une action nouvelle, l’action ex stipulatu qui existait au début du vue siècle de Rome (loi Rubria, c. 22 : lex, p. 1162, n. 14). Cette action confère au juge le pouvoir d’estimer l’intérêt du demandeur, de

Romains, II, 372, n. 3. — 14 Cette clause figure toujours dans les stipulations prétoriennes et judiciaires ; elle est d’usage dans les stipulations conventionnelles. — Jul. Dig. XLV, t, 53. — 16 Paul. Dig. XL1V, 7, 44, 4. — H Jul. Dig. XLVl, 3, 56, 2. Gaius, eod. 106. — 18 Scæv. eod. 131, 1. — *9 Gaius. 111, 97. 98. — 20 Ulp. Dig. XLV, 1, 17; Paul. eod. 46, 3. — 21 Ulp. Dig. XLIV, 7, 42; Paul. Dig. XLV, 3 , 26. — 22 Gaius, Dig. XXXV, 2, 73, 1 ; Paul. Dig. XVIII, 1, 8 pr. Papin. Dig. X LU, 6, 4 pr. — 23 Marc. Dig. XXI, 13, 5. II en est ainsi meme dans la stipulation prépostère dont Justinien admit la validité, Inst.

1 II, 19, 13. Cod. VI, 23, 25. — 24 Pompon. Dig. XII, 6, 16 pr. — 25 Paul. Dig. XLIV, 7, 44, 1. — 26 Cf. Ë. Cuq, Op. cit. 12, 212, n. 5. — 27 Gaius, Dig. XLV, 1, 74.

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tenir compte des fruits et des intérêts moratoires, comme dans une action de bonne foi1.

— Applications de la stipulation. — On ne citera que les principales, en distinguante elles qui résultent de la volonté des parties (stipulations conventionnelles), et celles qui sont imposées par le magistrat ou parlejuge2.

A. Stipulations conventionnelles. — 1° La stipulation sert à rendre obligatoires des conventions qui par elles-mêmes n’ont pas de valeur juridique.

a) Pacte de donation [donatio, p. 384], Au Bas- Empire, Justinien lit de la donation un pacte légitimedès lors la promesse de donner fut obligatoire indépendamment de toute stipulation 3.

b) Promesse d’une dot [dos, p. 395]. La stipulation peut etre remplacée par une forme plus simple, celle de la i lotis dictio. Ici encore, le simple pacte a été rendu obligatoire par une constitution de Théodose le Jeune4.

c) Promesse de restituer la dot. Cette stipulation eut d abord une application restreinte au cas de répudiation (caiitio rei uxoriae 6) ; le mari promettait, lors de la constitution de la dot, de restituer, en cas de répudiation, la res uxoria, c’est-à-dire les biens acquis du chef de la femme, soit à titre de dot, soit par l’effet de la manus. Sous l’Empire, le mari s’engage à restituer la dot, quel que soit le mode de dissolution du mariage6. A cette époque, la restitution peut avoir pour objet la totalité de la dot ' ; on ne sait s’il en était de même à l’époque antérieure, ou si le mari devait rendre seulement la quotité fixée par un arbitre8. Depuis Justinien, cette stipulation est sous-entendue et sanctionnée par une action exstipulatu, transmissible aux héritiers et qui ne comporte aucune retenue, si ce n’est pour les impenses nécessaires B.

d) Stipulation d annuités payables pendant un temps limité. Telle est la stipulation annua , bina, trima die, usitée pour la restitution des quantités composant la dot (denrées, argent monnayé). Le mari les restitue par tiers dans un delai de trois ans depuis la dissolution du mariage10. Cette faveur lui est refusée quand le divorce a lieu pour adultère; pour toute autre faute, le délai est réduit de moitié11 [divortium, p. 323; lex julia p. 1149, n. 10],

e) Stipulation de rente viagère. Le créancier stipule une certaine somme payable chaque année, durant sa vie. Cette stipulation était, en théorie, perpétuelle car le terme n était pas à Rome un mode d’extinction des obligations. Mais le débiteur avait la faculté de paralyser, par une e-xception de pacte, l’action que les héritiers du crédi-rentier auraient exercée contre lui13. Lorsque le créancier était obligé d’agir en justice pour réclamer une annuité échue, il devait avoir soin de faire insérer une praescriplio dans la formule pour se réserver le droit aux annuités subséquentes14. A défaut de cette précaution, son droit était épuisé [litis contestatio].

f) Stipulation d’intérêts. Le prêt étant un contrat à

l VT- 3 r ST1/ IV9' XXI1, *’ 4 pr' ~~ 2 Pompon- 27 ad Sab- DiQ- XLV, ’ IV’21> ,7--4C«‘L Theod. HJ, 13, 4. - s A. üeil. IV 3

Di XXIV3" l^cTj V ’t * v 3 ; JUSt’ C°d' V' 13’ 1 < 4 el «■ - 7 Afric. 7, q„æst. Du,. XXIV, 3, 33. Cad. Just. V. 13, 1, 7. 8 Boet. lib. VI, in Cio. Top. 17 § C5 • cf

Edouard Cuq, Institutions juridiques, t. II, p. 109. -9 Jnst. IV, 6, 37 -10 Uln

Reg. VI, S. Paul. Dig. XLV, 1, 140, l. — 11 Ulp. Rea. VI 12et 13 — 12 p„ P’

Hud XV' V3 T’cr’3 T T XU’ ’’ 56’ 4' - U Gaius> ,V- 1:1 '■ - 13 Plant

3’ — Cf- sur 1 usase du pari, Jobbé-Duval, Études sur l’hist de la procedure acte des les Rom. I, 35. - 18 Cf. Scaev. Dig. XLVI, 3, 38. Certains aulenrs pensent que cette stipulation est conclue par le banquier avec les acbe

Dli-e gratuit, le prêteur ne peut exiger d’intérêts qu’en vertu d’un contrat spécial, d’une stipulation jointe a„ Lmutuum, p. 2132], Par exception, la st;DU lation est inutile et le simple pacte suffit pour rendre productifs d’intérêts les prêts consentis par des cités

ainsi que le prêt à la grosse [nauticum foenus, p. 13 ; ’’

g) Pari 13 et dette de jeu. La stipulation d’une dette de jeu n est admise par la loi que pour les jeux de force et d’adresse ( virtutis causa ) [lex, p. H 38, n. Il],

h) Stipulatio argentaria , conclue par le banquier chargé d’une vente aux enchères, avec le propriétaire des objets vendus. Lorsque le banquier ne lui paie pas comptant le produit de la vente, il promet de lui en payer le montant, sous déduction d’une commission ( vente sima). Cette stipulation 16 est mentionnée dans la lex rnetalli Vipascensis 17, et dans les tablettes d’un commissaire-priseur de Pompéi 18.

i) Promesse de constituer une servitude19, ou de n’en pas empêcher l’exercice 20 [servitus, ususfructus],

2“ La stipulation sert à préciser les obligations résultant de certains contrats, tels que la vente elle mutuum.

C est la stipulation debiti 21. Le créancier stipule le prix de vente22, le montant du prêt et des intérêts23. Cette stipulation accessoire facilite la preuve en justice; elle est sanctionnée par une action qui diffère de celle du contrat principal lorsqu’il est de bonne foi comme la vente. Jointe au mutuum, elle sert en même temps à iaire courir les intérêts. L’efficacité de la stipulation était subordonnée à la réalisation du prêt, quand le promettant s était engagé à rendre la somme prêtée 2l. Si, au contraire, on avait stipulé l’objet du prêt, le promettant était tenu même s’il n’avait pas reçu l’argent ; il pouvait toutel°is réel amer sa libération ou opposer une exception de dol 25.

3° La stipulation sert à transformer une obligation préexistante. C’est la stipulation novatoire 21i. Elle a lieu tantôt entre les mêmes personnes, tantôt entre personnes différentes. Dans le premier cas, on transforme un contrat de bonne foi en un contrat de droit strict en vue de lestieindie le pouvoir d appréciation du juge; ou bien on modifie 1 obligation antérieure en ajoutant ou en retranchant un terme ou une condition2'. Dans le second cas, lastipulation novatoire permet de prendre à sa charge la dette d autrui [exprom issio) [intercession. 551, n. 15].

1 our être valable, la stipulation novatoire doit avoir le même objet que 1 obligation antérieure28; la forme seule de 1 obligation est changée. Mais cette condition a été atténuée vers la fin dun° siècle de notre ère; on peut stipuler la valeur pécuniaire de la dette primitive29. Au Bas-Empire, 1 identité d’objet n’est plus exigée: on peut augmenter ou diminuer la quantité due 30 ; et pour savoir s il y a substitution d une dette à une autre, ou création d une obligation coexistant avec la première, il faut rechercher si les parties ont exprimé la volonté de nover 31.

La stipulation novatoire a pour effet d’éteindre l’obli-

tcurs. CL sur celte question, Karlowa, Rôm. Rechtsgesch. t. I, p. 804; t. II, p.J26. -17 Corp. inscr. lot. Il, 5181, 1. I; cf. Flach, Nouv. Rev. Uist.de droit, 1878, p. 655. — 18 Corp. inscr. lut. IV, il» I, IV, V, etc. : mercede minus. Cf. Caillemer, Nouv. Rev. hist. de droit , 1877, p. 401. — 19 Cato ap. Paul. Dig. XLV,

*’ il 1 1 GIP- eod- 71 Pr- cr- Pour les fonds provinciaux, Gaius, II, 3t. - 20 Jul. ap. Ulp. eod. 38, 6; Pompon, eod. lu. — 21 Alf. Dig. XVII, 2, 71 pr. — 22 Corp.

mser. lut. III, p. 396, 944, 945, 959 — 2374, rf. vol. III, p. 935. Cf. Plin. Bist.nat.

XXXIII, 1, «8. — 24 Paul. Dig. XII, I, 30. —25 datas, IV, 116; Ulp. Dig. XL1V, 4,

2, 3. — 26 Ulp. Dig. XLVI, 2, 1 pr. — 27 Gains, III, 177 , 4 7 9. —28 Ulp. Dig . XLVI,

2, 4. - 29 Papin. eod. «8. — 30 Cod. Just. VIII, 42, 8. — 31 Jnst. III, 29, 3.

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galion antérieure et de créer une obligation nouvelle1. Avec la dette antérieure s’éteignent les sûretés personnelles ou réelles qui pouvaient en garantir l'exécution 2. La novation produit un autre efi'et: elle arrête, s’il y a lieu, le cours des intérêts de la dette primitive3.

Parmi les stipulations novatoires, il faut mettre à part la stipulation A quilienne 4 , dont la formule a été composée par le jurisconsulte Aquilius Gallus [jurisconsulti, p. 718, n. 17]. Elle s’applique non seulement aux obligations, mais aussi aux droits réels; elle se compose d’une stipulation et d’une acceptilation : la première sert à transformer en une créance unique tous les droits réels ou de créance qu’on a contre une personne; la seconde à éteindre la créance ainsi formée. On l’emploie par exemple à la suite d’une transaction, ou lorsqu’on veut donner décharge à un mandataire général à la fin de sa gestion3. Il s’agit le plus souvent d’un droit litigieux.

La stipulation novatoire peut également servir à faire une délégation : un débiteur donne à son créancier ou à la personne qui lui est désignée un autre débiteur qui s’oblige à sa place0. C’est la delegatio debitoris , qui exige le concours de trois personnes : le délégant qui prend l’initiative del’acte, le délégataire qui en bénéficie, le délégué qui s’obligea la place du délégant. Cette délégation se distingue de la delegatio pecuniae , dans laquelle le délégué, au lieu de s’obliger, fait un paiement au délégataire pour se libérer envers le délégant7.

La délégation, usitée dès le temps de Caton l’Ancien8, se faisait souvent par l’intermédiaire d’un banquier. Elle permettait aux commerçants de faire ou de recevoir des paiements partout où leur banquier avait des correspondants. Les papyrus en contiennent de nombreux exemples. Les contribuables payaient leurs impôts par une délégation donnée au percepteur sur leur banquier ; le percepteur, à son tour, faisait ses versements aux caisses publiques par l’intermédiaire de son banquier1.

4° La stipulation sert à créer une obligation au profit de plusieurs personnes qui ont un droit égal ( correi stipulandi ), ou dontl’une est un créancier principal, l’autre un créancier accessoire ( adstipulator ). Dans le premier cas, la stipulation est faite dans une forme spéciale: chaque créancier interroge le promettant qui ne doit répondre qu’après la double interrogation l0. L’obligation ainsi formée est appelée corréale ou solidaire. Elle confère à chacun des créanciers le droit d’agir pour le tout contre le débiteur commun, mais le paiement fait à l’un libère le débiteur à l'égard des autres11 qui perdent leur droit. Il y avait là un risque pour les créanciers. Ce risque était écarté lorsqu’il existait entre eux une communauté d’intérêts résultant par exemple d’une société; en pareil cas, le créancier qui avait reçu le paiement devait partager avec les autres.

L 'adstipulator est une personne qui stipule à côté du stipulant principal en qualité de mandataire12. On a conjecturé qu’anciennement ce mandat était donné poulie cas où le mandant serait empêché d’agir en justice:

i Gaius, III, 176. — 2 Paul. Dig. XLVI, 2, 18 et 29; Carac. Cod. Just. VIII, 40, 4. — 3 Papin. Dig. XLVI, 2, 27. — 4 Ulp. Dig. II, 15, 2; Paul. eod. 15.

- * Inst. III, 29, 2; Flor. Dig. XLVI,. 4, 18, 2. — 6 Ulp. Dig. XLVI, 2, U.

— 7 Jul. Dig . XVI, 2, 19, 5 ; Neral. ap. Ulp. Dig. XX11I, 3, 5, 8. — 3 Calo, De re rust. 146. — 9 Cf. Preisigke, Girowesen im griech. Aegypten, 1910. — *0 Inst. III, IG pr. — H Javol. Dig. XLV, 2, 2; Venul. Dig. XLVI, 2, 31, 1 ; cf. Lab. ap. Paul. Z>ip. 11, 14, 27 pr. — 12 Gaius, III, 110, 111 ; Cic. In Pis. 9; Plia. üist. nat.

c’était un moyen d’écarter la règle qui défendait d agir en justice au nom d’autrui [legis actio, p. lOd-i, n. 141 : X adstipulator faisait valoir une créance qu il avait personnellement acquise. Auue siècle de notre ère, X adstipulatio n’a plus qu’une application restreinte : elle est employée pour rendre valable une stipulation post mortem suarn13. Le droit d’action acquis par le stipulant accessoire ne compte pas dans son patrimoine11; il est intransmissible à ses héritiers: il doit être exercé dans l’intérêt du mandant. L’ adstipulatio a disparu lorsque Justinien a validé les stipulations/msf mortem"'.

5° La stipulation sert à fort i fier le droit du créancier, lorsqu’il se fait promettre la même prestation 16 par plusieurs débiteurs solidaires ( correi promittendï) ou par un débiteur principal et par des cautions ( adpromissores ), Dans le premier cas, chacun des codébiteurs est tenu pour le tout, mais le paiement fait par l'un libère les autres n. Ici, comme pour la solidarité entre créanciers, il importe de savoir s’il y a communauté d’intérêt entre les codébiteurs ; lorsqu’ils sont associés, celui qui a payé toute la dette a un recours contre les autres. Pour le cas (Xadpromissio , voir l'article intercesslo, p. 551.

6° Stipulation de peine. C’est en général une stipulation accessoire qui confère au créancier un droit à une indemnité, fixée à forfait, en cas d’inexécution de 1 obligation principale. A l’origine, l’inexécution d'une promesse était traitée comme un délit; le débiteur était frappé d'une peine fixée par les parties lors du contrat. Sous l’Empire, lorsque la jurisprudence distingua les idées de peine et d’indemnité, on conserva l’usage de la stipulation de peine, qui subsiste encore en droit moderne sous le nom de « clause pénale ». Elle avait l’avantage d’écarter l’arbitraire du juge pour la fixation des dommages-intérêts, avantage précieux lorsque l’obligation avait pour objet un fait ou une abstention l8. — Elle était également employée pour faire un compromis. On donne ce nom à une convention par laquelle deux personnes s’engagent à confier la décision d’un différend à un arbitre choisi d’un commun accord, à faciliter l’accomplissement de samission etàexécuter sa sentence19. Cette convention, subordonnée à l’acceptation de l'arbitre20, était confirmée par des slipulations réciproques ( corn promittere). — La stipulation de peine servait aussi à valider la stipulation pour autrui et la promesse du fait d’autrui21. La stipulation pour autrui est nulle soit à l’égard du tiers qui ne peut invoquer une convention à laquelle il n’a pas pris part, soit à l’égard du stipulant qui n’a pas en général d’intérêt pécuniaire22. Cette dernière cause de nullité disparait grâce à la stipulation de peine qui prouve l’intérêt du stipulant. 11 en est de même pour la promesse du fait d’autrui: on la rend valable en stipulant une peine pour le cas où le tiersn’accomplirait pas ce qui a été convenu. Dans les cas de ce genre, la stipulation de peine forme le contrat principal: le paiement de la peine est subordonné à l’inexécution de la prestation stipulée pour autrui 23. La peine est due, même si le débiteur a été empêché par un cas fortuit

XXIX, 5 ; Quintil. Inst. orat. XI, 3. — 13 Gaius, III, i 17. — 14 Ibid. 114. — 13 Inst.

III, 19, 13. — 16 Inst. 111, 16 pr. : Una res vertitur ; Paul. Dig. XLVI, 8, 14. — 17 Ulp. Dig. XLV, 2, 3, 1 ; XLVI, 1, 5. Il en était de même dans le droit babylonien, à l'époque de Hammourabi ; cf. Ed. Cuq, N. liev. hist. de droit, 1910, XXXVI, 445. — 18 Inst. 111, U», 7. — 19 Paul. Dig. IV, 8, 1. — 20 Ulp. eod.

IV, 8, 13, 2. — 21 g. Mue. Dig. L, 17, 73, 4. Paul. Dig. XLIV, 7, 11. — 22 Ulp. Dig. XLV, 38, 17. — 23 papin. Dig. XLV, 1, 115, 2.

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d’accomplir le fait posé en condition Lors, au contraire, que la stipulation de peine est accessoire, la peine est due à moins que l’inexécution résulte d'une cause indépendante de la volonté du débiteur2. Sauf convention contraire, cette peine ne se cumule pas avec l’obligation principale3. On permet seulement au créancier d’opter entre les deux actions, et s’il a d’abord exercé la moins avantageuse, il peut exercer l’autre pour le surplus4. Quant aux dettes d’argent, la peine se cumule, pourvu qu’elle n’excède pas le taux légal de l’intérêt.

La stipulation de peine était facultative dans l’action de la loi per condicionetn : le débiteur d’une somme d argent pouvait stipuler du créancier un tiers de la somme réclamée, pour le cas où la demande serait mal fondée: réciproquement, il devait promettre de payer un tiers en sus, s’il était condamné: sponsioet restipulatio tertiae partis [per condictionem actio],

~ Stipulations de garantie. — a) Garantie contre l’éviction [evictio, p. 865]. Cette garantie donne lieu à trois stipulations distinctes : 1° stipulation secundum mancipium Elle est usitée lorsque l acquéreur par mancipation veut faire garantir par des cautions l’obligation de l’aliénateur de lui payer le double du prix s’il ne lui prête pas assistance contre un tiers revendiquant; 2° stipulation du double, usitée dans la vente des res mancipi , réalisée par une simple tradition s; 3° stipulation rem habere licere, usitée dans les ventes de res nec mancipi '. Ces deux dernières stipulations assurent à l’acheteur un recours que la loi ne lui accordait pas avant la tin du nc siècle8. Dans l’une, l'indemnité est fixée à forfait au double du prix de vente; dans l’autre, elle est égale au préjudice causé par l’éviction et varie suivant l’appréciation du juge.

b) Garantie contre les vices rédhibitoires. Le vendeur promet d’indemniser l’acheteur du préjudice que lui causerait la découverte de vices non déclarés au moment de la vente et qui rendent la chose impropre «à l’usage auquel elle est destinée9.

c) Stipulations emptae et venditae hereditatis. L’acheteur et le vendeur d une hérédité stipulent respectivement, l'un que le vendeur lui transmettra tout le bénéfice de la succession, 1 autre que l’acheteur 1 indemnisera de toutes les sommes qu’il débourseraà titre d’héritier10.

d) Stipulations partis et pro parte. Le légataire partiaire et 1 héritier stipulent respectivement, l’un que 1 héritier lui tiendra compte des sommes payées par les débiteurs héréditaires, 1 autre que le légataire parLiaire l’indemnisera des sommes payées aux créanciers de la succession11 [legatum, p. 1044],

B. Stipulations imposées par le magistrat ou par le juge. — d. — Stipulation prétorienne. — Le Préteur prescrit de faire cette stipulation, en vue de procurer à une personne un droit que la loi ne lui accorde pas12. C’est un expédient destiné à combler une lacune de la loi. Elle est imposée par l’édit pour assurer la marche et le résultat d’une procédure engagée devant le Préteur.

a) Stipulation de 25 sesterces. La procédure per sponsionem, usitée au temps de Cicéron et sous l’Empire, en

1 Cf. Paul. D,g. IV, 3, 18, 5; IV, 8, 21, 9 ; IX, 2, 22 pr. - 2 Ulp. Dig. XLV

1, 69. - 3 paul. Dig. XUV, i, 46. - 4JuI. Dig. XVII, 1, 28 ; Ulp. Dig XVIl’

2, 41 et 42 ; Papiu. Dig. XXII, 1,9 pr. 6 Cic. Ad. AU. V, 1 ; C i l II 504“»’

- 6 Varr. De re rust. Il, 10, 5. - 7 Ulp. Dig. XLV, 1, 38 pr. ; Yarr. De rè rust 11,2, o. - SJavoI. 9 Epist. Dig. XLI, 3, 23, 1 ; Jul. Dig. XIX, 1, 11-14- Ulp. Dig. XXI, 2, 37 pr. - 9 Ulp. Dig. XXI, 1, 10 pr. ; 1, 8; 14, 10; Plaut. Cure.

cas de revendication, s’engage au moyen d’une stipula tion faite devant le Préteur : le revendiquant stipule 25 sesterces de son adversaire pour le cas où il prouverait son droit de propriété13. C’est une manière indirecte de soumettre au juge le litige; les 25 sesterces ne sont pas effectivement payés: la sponsio est préjudicielle et non pénale. Le montant de la stipulation est porté à 125 sesterces par la loi Crepereia, lorsqu’on plaide devant les centumvirs ,4.

b) Stipulation pro pvaede litis et vindiciarum. Dans la procédure per sponsionem, le demandeur stipule de son adversaire une somme égale à la valeur du litige [litis aestim atio, p. 1270] , pour le cas où le possesseur condamné ne lui restituerait pas la chose et les fruits perçus au cours du procès. Cette stipulation tient lieu des praedes litis et vindiciarum de la procédure par serment15 [sacramentijm, p. 953],

c) Stipulation judicatum solvi. Elle remplace la précédente dans la procédure par formule pétitoire. Le défendeur promet de payer le montant de la condamnation, de défendre au procès, de s’abstenir de tout dol [cautio, p. 979 ; judicatum, p. 643].

d) Stipulation fructuaria. Cette stipulation peut être rapprochée des précédentes bien qu’elle soit facultative. Elle est usitée dans la procédure de l’interdit uti possidetis. Elle a lieu lorsque les parties ont fait régler la possession intérimaire par le magistrat et qu’elle a été adjugée à celui des plaideurs qui a offert la plus forte somme pour le cas où il succomberait. Son adversaire a la faculté de stipuler de lui la somme promise. Le possesseur intérimaire, qui perd son procès, doit payer cette somme à titre de peine, sans préjudice de son obligation de restituer la possession et les fruits u.

e) Stipulations in judicio sisti, amplius non peti , ratam rem dominum habiturum. La première de ces stipulations garantit la comparution d’une personne au jour fixé par le magistrat17. Dans la seconde, celui qui plaide au nom d’autrui promet que le mandant ne renouvellera pas la poursuite l8. Dans la troisième, le mandataire promet que le mandant ratifiera ce qui a été fait en son nom l0.

Les stipulations prétoriennes ont une autre application : elles servent à garantir un droit éventuel ou déjà né. Telle est la stipulation par laquelle l’usufruitier promet de jouir en bon père de famille [ususfructus], le tuteur de conserver intact le patrimoine du pupille [tutela] ; l’émancipé, appelé par le Préteur à la succession paternelle, promet à ses frères restés en puissance, d’apporter à la masse les biens qu’il a acquis depuis son émancipation [bonorum collatio, p. 733]. Celui qui refuse de contracter l’obligation imposée par le Préteur est passible d’une action fictice20. Le magistrat peut aussi vaincre sa résistance par voie de coercition [pignoris capio] ou par un envoi en possession 21 [missio in possessionem]. Le Préteur exige souvent que la promesse soit garantie par des cautions: elle reçoit alors le nom de satisdatio.

2. Stipulation édilitienne. L’édit des édiles oblige le vendeur d’esclaves à garantir l’acheteur contre les vices

V, 2, 4 et 67; 3, 31. — 10 Gaius, IV, 252. — U Gaius, IV, 254. — 12 Ulp. 70 ad Ed. Dig. XLVI, 5, 1, 2. — 13 Cic. 2 ln Verr. I, 45, 135 ; Gaius, IV, 93.

— U Gaius, IV, 95. — lo Gaius, IV, 91, 94; Ulp. 77 ad Ed. Dig. XLVI, 7,

5, 2. — 10 Gaius, IV, 166-170. — 17 Ulp. 7 ad Ed. l>ig. Il, 10, 1, 3. — 18 Jul. Dig, XLVI, , 23. — 19 Pompon. 26 ad Sab. eod. 18. — 20 Loi Rubria, c. XX; Ulp. Dig. I, 7, 19, 1. — 21 Inst. I, 24, 3; Ulp. Dig. XXXVI, 4, 5pr.

cachés sauf convention contraire, et à promettre le double en cas d’éviction 1 [aedilis, p. 97].

3. Stipulation tribunitienne. Les tribuns de la plèbe autorisent le mari, qui a promis de restituer la dot, à stipuler de sa femme le remboursement des impenses ou des obligations qu’il a contractées pour elle 2.

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