Stipulation judiciaire 3. Le juge prescrit, suivant
les cas, diverses stipulations, telles que la stipulation de dol, qui garantitle demandeur contre la détérioration de la chose par le fait du défendeur, ou contre la constitution d’un droit réel 4, la stipulation sur le partage des créances dans l’action familiae erciscundae B, la stipulation par laquelle le défendeur à la revendication promet de restituer la chose après que le demandeur aura prouvé son droit 6 [rei vindicatio]. Il y a aussi des stipulations communes, qui sont imposées tantôt par le juge et tantôt par le magistrat, comme la stipulation rem pupilli salvam fore [tutela]. Ed. Cuq.
STLATA ou STLATTA1. — Transport de commerce, sorte de chaland servant à la navigation fluviale. Une épître d’Ausone2 mentionne la stlata parmi diverses naves onerariae employées sur la Garonne et sur le Tarn. La mosaïque d’Althiburus (Medeina en Tunisie)3 place ce navire dans le voisinage immédiat du fleuve couché qui occupe l’une des extrémités du tableau, l’opposant ainsi aux vaisseaux de mer qui sont groupés à l'autre bout, auprès d’une tête d’Océan ; elle le représente
comme un bateau large et plat, ce qui répond à la définition de Feslus : genus navigii latum magis quant altum (fig.6640).
L’avant et l’arrière sont peu relevés. La coque est ronde et massive. Le bordage est renforcé d’une préceinte saillante à laquelle sont accrochés des cordages. Le navire se manœuvrait à la rame. Sur la mosaïque d’Althiburus, il est monté par un rameur, dont la figure est à demi-détruite, qui des deux mains manie un aviron unique. Au-dessus de l’image est inscrit le nom du bateau; stlatta ; au-dessous un hexamètre d’un poète inconnu, peut-être d’Ennius4, qui prouve que la stlatta était parfois utilisée par les Romains pour les transports militaires : hinc legio stlattis jam transportaverat amne... P. Gauckler.
i Ulp. Dig. XXI, 1, 1, 1. — 2 Ulp. Reg. VII, 3; Paul. Dig. XXIV, 3, ^5, 4; 55. Cf. Cujas. Opéra , VIII, 1 056. Voir cependant Kübler, Festschrift fur Hirschfeld, p. 52, et la conjecture proposée par E. Lefèvre, Bu rôle
des tribuns de la plèbe en procédure civile , 1910, p. 16G. — 3 Gaius, 7 ad
Ed. prov. Dig. VI, I, 18 et 20. — 4 Ulp. 19 a«l Ed. Dig. X, 2, 2, 5; Inst.
IV, 17, 2 et 3. — 5 Paul. 21 ad Ed. Dig. VI, 1, 27, 4. — 6 Pompon. Dig.
XLV 1, Spr. Ulpien entend autrement les stipulations judiciaires : ce sont celles qui assurent la marche d’une instance, Dig. XLV1, 5, 1, 1. — Bibliographie : Liebc, Die Stipulation und das ein fâche Versprechen. 1840 ; Gneist, Die formelle Vert rage , 1845 ; Girtanner, Die Stipulation und ihr Verhdltniss zum W esen der Vertragsobligation , 1859 ; Ortolan et Labbé, Les instituts de Justinien , 1884, 12e éd. t. III, p. 153; Accariâs, Précis de droit romain , 4° éd. 1891, t. Il, p. 23; Karlowa, Bômische Bechtsgeschichte , t. II, 1895, p. G99 ; Morilz Voigl, Romische Bechtsgeschichte , 1892*1902, t. I. p. 42 ; 599; t. II, p. 890; t. III, p. 340 ; H. John Roby, Roman private Law in the times of Cicero and tlie Anlogines , 1902, vol. Il, 11 ; Emilio Costa, Corso di storia del diritto romano , 1903, vol. 1I,21G; P. F. Girard, Manuel élémentaire de droit romain, 4e éd. 190G, p. 482; Edouard Cuq, Les Institutions juridiques des Do -
STLOPPUS. — Jeu, amusette d’enfanl, qui consistait à gonfler ses joues et à taper dessus, du bout des doigts, pour en chasser l’air avec bruit1.
Ce mot a dû êtreà l’origine une onomatopée; un poète latin l’emploie par métaphore pour désigner une parole retentissante et creuse2. G- Lafaye.
STOLA (StgXtî). — Les Grecs employaient le mot crroXïj dans un sens très général pour désigner le vêtement, quel qu’il fût, d’un homme ou d’une femme, à peu près comme nous nous servons du mot habit. Le mot latin stola, comme le remarque Nonius, fut à l’origine d’une acception aussi vague Mais bientôt il ne s’appliqua plus qu’à une forme de vêtement déterminée. Il désigna la robe des dames romaines. Le costume habituel des matrones se composait de trois pièces: la tunica ( in terior ou intima ), qui tenait lieu de chemise ; la stola , qui était la robe proprement dite; et la palla , simple manteau carré, pareil au pallium grec, qu on jetait librement sur le tout [pallium, tunica].
Les textes, où il est fait mention de la stola, nous la montrent comme une longuerobe [ad lalos stola demissa-) qui tombait à terre avec de nombreux plis3. C’était, sauf les exceptions qu’on verra plus loin, un vêtement exclusivement féminin 4. Le droit de la porter était le privilège des matrones5. Le mot stola en vint par suile à s’employer comme synonyme de matrona 6.
Quand on passe de l’examen des textes à celui des monuments, il apparaît que la stola est dans sa forme identique au chiton des femmes grecques [tunica]. Les figures, peintes ou sculptées, de dames romaines qu’on doit nécessairement supposer vêtues de la stola , ne portent jamais sous le pallium qu’une même sorte de vêtement: la longue tunique plissée, dont l’usage s’était généralisé en Grèce à partir du vie siècle. Ce n’est pas comme le péplos dorien un habit sans coutures [péplos], mais un ample fourreau cousu, retenu à la taille par une ceinture, laissant parfois les bras à découvert, parfois ayant des manches cousues ou agrafées.
Cette robe ne se distingue par rien d’essentiel de la tunica intima , qu’elle recouvre. Ce n’est qu’une seconde tunique, plus ample et généralement plus longue. Quelquefois, lorsqu’elle est sans manches, elle laisse voir
mains, t. I, 2e éd. 1905, p. 208 ; t. II, 1908, p. 373, 835, et Yindex, p. 930; Bekker, Vermutungen Ü ber den ürsprung der Stipulation ( Zeits . der Savigny-Stiftuny R.-A., 1909, XXX, 41).
STLATA ou STLATTA. l Gell. Noct. attic. X, 25. — *2 Auson. Epist. 22, 31. — 3 La Blanehère et Gauckler, Catal. du musée Alaoui , 1897, p. 32, n<> IGG; Gauckler, C. rendus de V Acad, des inscr. 1S98, p. 642, et Monum. et Mém. Piot. XII, 1905, p. 140 et suiv., n° 19 et flg. 24; F. Bücheler, Neptunia prata , ap. Bhein. Mus. LIX, p. 325, n° 17. — 4 L’épithète stlattaria , dérivée de stlatta , qu’emploient Pétrone ( Satyricon , 108) et Juvénal (Salir. VU, 134), se trouve déjà dansEnnius: Schol. ad Juv. Sat. Vil, 134.
STLOPPUS. 1 A la forme adoptée jusqu’ici par les lexicographes on doit vraisemblablement substituer scloppus, leçon des ni illeurs manuscrits; Pers. V, 13^ 3e éd. Jalra et Bücheler (1893). — 2 Pers. I. c. et schol. ad h. I. ; Priscian. sv
STOLA. 1 Nonius, p. 537, 24; Enn. Frag. 285, 287, Ribbeck. — 2 Horat, Sat. 2, 99. — 3 Mart. III, 93. — 4 Scn. Vit. beat. 13. — 5 Paulus, Sent. 125, 15, (malronas appellabant eas fere quibus slotas habendi jus erat) ; cf. Varr. Ling., Lat. Vil I, 28 ; IX, 48; X, 27 ; Ovid. Pont. 3, 51 ; Mart. I, 35, 8 ; Ulp. Dig. 34, 2, 24. — G Slat. Silv. 2, 235.
Fig. GG40. — La stlata.
romaine.