‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 134 sur 137 · L. Saglio · texte numérisé non relu

L. Saglio

SUGGESTUS. — Nom de toute élévation formée de matériaux apportés ( sub gero ), et en particulier :

I. — La tribune du président des comices et celle d’où les orateurs adressaient la parole aux membres de l’assemblée [comitium, p. 1384 et 1394]. La tribune aux harangues, qui était consacrée par les anciens, par conséquent un temple [templumI, n’a pas d’autre nom connu avant l’époque où elle fut décorée des proues des vaisseaux pris aux Antiates (368 av. J.-C,) ; on l’appela alors les Rostres 1 [forum, p. 1297 sq.].

IL — Le podium supportant le cubiculum d’où l'empereur assistait aux jeux publics2; c’était une loge close de toutes parts, sauf sur le devant; de là il voyait sans être vu [ampuitueatrum, p. 245]. Un autre suggestus constituait le tribunal judicum de ces jeux [circus,

III. — La chaire, dominant les auditeurs, où se tenaient les lettrés qui se faisaient entendre dans les lectures publiques 3 [lector], et la « barre » de l’avocat4.

IV. — Le tribunal d’où le préteur rend la justice [tribunal] 6, et sur lequel est posée la sella curulis [sella],

V. — L’estrade d’où un général harangue son armée6. Ce suggestus est très nettement indiqué sur plusieurs

SUFFRAGIUM. 1 On l’a rapproché aussi de suffrage >, un osselet; cf. Wunder, Codex Erfurtensis, p. llxxvii, Var. Lect. p. 167. — 2 Mommsen, Droit public rom. VI, I, p. 463 de la trad. fr. — 3 Ovid. Met. XV, 4i. — 4 Dion. Hal. II, 14; IV, 12 ; V, G; VII, 174; X, 41 ; XI, 52, etc. — 5 T. Liv. I, 17, 9 ; II, 56, 10 ; III, 17, 4; VI, 35, 7; X , 13, 11. — G Cic. De dom. XVII, 45 ; Rep. 1,31; Ad fam. E 27, 7 ; Pro Scsi 51, 109. Poraponius et Sisennaap. Non. Marc. p. 468. -- 7 Suffragator dans Plaut. Casin. II, 420. Suffragium se rencontre constamment chez Cicéron.

SUGGESTUS. l Plin. H . nat . XXXIV, 5, 20 : C. Maenius in suggestu rostra, devictis Antiatibus , fixerat ; Liv. VIII, 14, 12. — 2 Suet. J. Caes. 76, 1 ; cf. Ner. 12, 1 ; Plin. Pan. Tr. 51, 4-5 ; Flor. 11, 10. — 3 Pers. I, 17. — 4 Cic. Divin. I, 54: illud suggestum , in quo causam dixerat, ascendens ; add. Tusc. V, 20. — » Liv. XXXI, 29, 9. — G Caes. B. G ail. VI, 3, 6 ; Tac. Hist. I, 36 et 55. — 7 H. A. Grueber et R. S. Poole, Roman Médaillons in the Br. Mus. London, 1874, pl. xxxvu, 2 ; XXXVJ11, 5; XL1, 5 et G. — s C. Cichorius, Die Reliefs der Traiansâule, Berlin 1896, pl. xi, xxi, lvi, lxxvii ; S. Reinach, Répert. de reliefs, Paris, I (1909), p. 333 sq. — 9 Petersen-Domaszewski, Die Marcus-Saule , München, 1896, pl. lxiii A ; Reinach, O. I. p. 308, 56 et 311, 67. — 10 Dütschke, Ant. ildu). in Oberitalien ,

monnaies ou médaillons, qui représentent Yadlocutio (fig. 1 06, 2857) de l’Empereur, chef militaire \ et dans plusieurs scènes de la colonne Trajane 8 et de celle de Marc- Aurèle9. C'est de cette hauteur que le général assiste à une bataille et dirige les opérations, comme le montrent divers bas-reliefs de sarcophages 10 ; qu’il tient un conseil de guerre11. Il y reçoit des ambassadeurs12, préside à un congiaire ou à toute autre distribution (fig. 6011, 6012).

Des médaillons et d’autres monuments représentent l’Empereur assis sur le suggestus, où l’on peut accéder par des degrés (fig. 6684 et 5876) 13 [congiarium].

Dans les camps permanents, le suggestus consiste en une maçonnerie, qui compte de quatre à sept assises de pierres de tailles14 ; il atteint à peu près sur les monuments le tiers ou la moitié d’une hauteur d’homme, mais l’échelle en est peut-être réduite à cause de l’étroitesse du cadre. L 'Imperator y est souvent entouré de plusieurs officiers15

VI. — L’échafaud sur lequel un condamné est exposé ou subit son supplice [crux, supplicium]. Victob Ciiapot.

SUMMA HONORAR1A [ronoraria SUMMa].

SUMMANUS. — Ce vocable religieux qui en rappelle d’autres semblables, tous s’appliquant à d’anciennes divinités romaines ou latines [soranus], se rencontre pour la première fois chez Plaute : le dieu qu’il désigne est invoqué par un esclave voleur, et le verbe sumtnanare est employé ailleurs comme un synonyme pittoresque de furtum facere Dans l’histoire du culte, il ne remonte pas au delà des guerres contre Pyrrhus ; c’est en 278 av. J.-C. qu’une statue en argile qui le représentait, ou sur le fronton, ou au faîte du temple de Jupiter Capitolin, fut frappée de la foudre et la tête projetée dans le Tibre où on la retrouva plus tard2. Pour expier ce prodige on voua à Summanus un sanctuaire auprès du Grand Cirque, dans le voisinage de celui de Juventas ; la dédicace en eut lieu le 20 juin, date à laquelle on continua de lui offrir des sacrifices. Parmi les prodiges de l’an 197 av. J.-C., au cours de la seconde guerre Punique, on mentionne que la foudre frappa également le sanctuaire3. Tous les témoignages des historiens sont, en ce qui concerne la nature du dieu, ou obscurs ou ambigus ; pour les uns Summanus est une divinité spéciale, pour les autres seulement un vocable donné à Jupiter Capitolin4. On les peut concilier en admettant

I, 60 ; II, 105 et 401. — H Cichorius, Traiansüule , pl. ix et lxxviii. — 12 Marcus- Saule , pl. lvi A. — 13 Grueber et Poole, Op. cit. pl. xlvii, 2; Frœhncr, Les médaillons de V Empire romain, Paris, 1878, p. 175 (add. fig. 1896). — 14 Traiansüule, Marcus- Saule, loc. cit. — 15 Sur un médaillon de Probus, Frœhner, O. c. p. 86, 99 (p. 238), des captifs sont groupés au bas de la tribune comme s ils la soutenaient. Sur l’arc de Constantin à Rome, on voit l’empereur faisant une allocution du haut d’une tribune en bois ; les clous sont indiqués très nettement (Reinach, Op. cit. p. 241-243, 247, 248; cf. la colonne Aurélienne, ibid. p. 325, n. 123).

SUMMANUS. l Plaut. Bacchid. 895; Curcul. 413, 543. — 2 Cic. Divin. I, 10 , T. Liv. Epit. XIV. — 3 Ov. Fast. VI, 729 sq.; T. Liv. XXXII, 29, 1; Plin. Hist. n. XXIX, 57; Corp. i. lat. I2, p. 320; Kal. Venus. Esq. Amit. summan (o) ad circ (um) maxim (um). Pline, par erreur, a placé l’image en argile du dieu, non au Capitole, mais au sanctuaire du Grand Cirque. — 4 De môme dans les inscriptions Orelli, 1216, jovi alto summano que Preller-Jordan, Roem. Myth. I, p. 24*, coi rige et explique à tort : Jovi alto tonanti et Summano. L’inscription chez Orelli, 32.>6, est en l’honneur de Jupiter Summanus. Cicéron, loc. cit., dit expressément que ce fut la statue de Summanus qui fut renversée par la foudre ; Tite-Live, Epit. XI \ ,

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