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ordinairement de bronze, percée de trous serrés dont le périmètre déchiré fait saillie d’un seul côté; il en existe de semblables dans les collections : celle que l’on voit (fig. 5913) a été trouvée en Italie dans les fouilles de la Chartreuse de Bologne 1 avec des objets étrusques et grecs du vic et du vc siècle av. J.-C. ; elle mesure 16 centimètres et demi de long sur 8 de large. On hachait de la même manière des légumes et l’on chapelait le pain 2.
Peut-être faut- il mettre encore sous le titre de cet article des instruments de fer et de bronze, dont le nom ancien reste incertain, mais dont la forme indique clairement la destination : faits d’une barre de grandeur variable et pouvant, au besoin, être allongée par un manche en bois, courbés à leur extrémité, ils servaient de ringards à remuer le combustible et le métal dans les fourneaux industriels (Hg. 5914)3, â ramasser et retirer la cendre et les charbons des foyers plus petits (fig 3165, focus, p. 1196). Dans quelques-uns de ces derniers, généralement en bronze et Fig. sou. - d'un travaii soigné, le bout est recourbé et
Ringard de fer. ,, , . , 1 • . -
a la forme d une main dont les doigts reunis se replient comme pour ramasser les matières qu on veut attirer à soi (6g- 5915)4. C est 1 instrument qui figuie dans des inventaires anciens sous le nom de « tire-feu ».
Rappelons encore là règle à 1 aide de laquelle les men-
sores de l’annone rasaient le grain qui débordait la surface des mesures officielles. Rader et radoire sont restés avec ce sens des termes techniques dans notre langue [mensor, fig. 4917]. E Saglio.
RALLUM (de rado), racloir. — Outil pour débarrasser
Fig. 5916. — Aiguillon muni de rallum.
le soc de la charrue, de la terre et des herbes qui y res-
1 Zannoni, Certosa ili Bologna , pl. cxliii, vi ; autres trouvés à Nocera (Musée de Naples). Ballet. Napolet. 1856, pl. m, p. 178; à Arles, à Marseille (Musée du Château Borely), à Arceria. — 2 Athen. III, p. 51 1 d; XII, p. 516 d; Eust. L. I. p. 872, 9. — 3 Ringard en fer, conservé à l.uxeui! . où on en a pris le dessin de notre ligure 5914; cf. fig. 3200. — ‘ Babclon et Blanchct, Bronzes de la Biblioth. nationale, n° 1817; Micali, Monum. per servire a la storia d. popoli italiani, Flor. 1832, pl. cxm, 3 et 4 ; K. Friedrichs, Klein. Kunst und Industrie, n. 764; Helbig, Führer, 1891, 11, p. 345, n. 330. — 5 De Laborde, Glossaire, p. 516.
RALLUM. 1 Plin. B. nat. XVIII, 177 (49, 2). — 2 Micali, Mon. ined. pl. exiv, t. III, p. 210. — 3 L.cit. — ‘ Mittkc.il. d. arch.Jnst. Sez. rom. I,p. 23. - 3 Bull. Inst. 1880, p. 213, n. 1637 ; Musée de Naples, Haccolla Cumaria; Gsell. Nécrop.
taient adhérents ’. On le voit aux mains d’un laboureur dans le groupe connu en bronze, d’Arezzo (tig. 5916) 2 : c’est une petite pelle emmanchée au bout du bâton de l’aiguillon (stimulus cuspidatus rallo, dit Pline)3. On a trouvé de ces outils en assez grand nombre, en fer, à Vulci 4, en bronze, à Cumes et ailleurs6. Tous ont une forme à peu près sembla- Fig 59n. -jtatium. ble, celle d’une palette à tranchant droit ou légèrement arrondi (fig. 5917) avec une queue où le manche s’insérait. E. Saglio.
RAP1NA, BOXA VI RAPTA. — La notion de violence, en droit pénal, fut introduite simultanément à Rome dans la procédure des quaestiones et dans la procédure civile, par les mesures prises en 77 ou 76 av.-J.-C. 1 pour mettre fin aux troubles occasionnés par Lepidus et surtout aux brigandages des bandes d’esclaves et de gladiateurs. La loi Plotia de vi eut pour pendant l’édit du préLeur pérégrin M. Terentius Varro Lucullus d'où sortirent le délit privé de rapina et l’action pénale privée vi bonorum raptorum. Cette action qui suppléait à l’insuffisance de la loi Aquilia, de la procédure des interdits, et de la restitutio in integrum , était donnée à celui qui avait été la victime de dommages causés par une attaque violente, par une bande armée2. Ce délit se rattachait au damnum de la loi Aquilia, mais aggravé par l’adjonction des éléments de dol, de violence et d’attroupement3. L’appropriation par le vol, même avec violence, ne rentrait pas d'abord dans la notion de l’édit, mais elle y fut rapidement introduite, comme le montre le titre de l’action vi bonorum raptorum ; le dommage a même passé au second plan'. L action fut encore plus dénaturée lorsqu onsupprimal élément de 1 attroupement et qu’on la donna pour toute détérioration ou appropriation, violente du bien d autrui5. Elle aboutissait à une condamnation du quadruple de la valeur de la chose, étant ainsi rei persecutoria pour le simple et pénale pour le triple6. Elle ne s’appliquait qu’aux meubles ; pour les immeubles, on avait les interdits et 1 action publique de la loi Julia de vi privata 1 [vis]. On put appliquer aussi l’action vi bonorum raptorum contre la détérioration et l'appropriation du bien d autrui commises à 1 occasion d’une calamité publique, incendie, naufrage et contre l’extorsion illégale d’impôts et de redevances par des publicains8. Cn. Lécrivain.
RARTUS. — En droit romain, le rapt est le crime d’enlèvement d’une fille ou d’une femme de condition honorable, malgré sa volonté ou celle de ses parents, qu’il aboutisse ou non au mariage. Il $’est appliqué aussi à l’enlèvement d’un garçon et même d’une esclave’.
Nous ignorons comment il a été réprimé sous la République ; le tribunal domestique pouvait évidemment intervenir. Le rapt put ensuite être poursuivi par le père ou le mari au moyen de l’action d injure, en raison
d. Vulci, p. 13 et 415 ; fouilles d’Arceria, Mon. Accad. d. Lincei, IX, pl. iv, 5.
RAPINA, BONA VI RAPTA. I Ascon. In orat. in tog. cand. p. 84. — 2 Cic. Pro T ail. 2' et 9. — 3 Ibid. 2, 7, 9, 12, 27, 39. Lucullus avait enlevé de sa formule la clause de dommages causés à tort (injuria) pour ôter tout prétexte aux conflits al.niés 4 B, g. 47, 8, 2 pr. 7, 17. Dans le texte le plus récent de la formule ont disparu le mot armati, superflu, et le mot vi, dont l om.ssion dénature faction.
p)îg. 47, 8, 2, 7. — 3 Cic. Pro Tull. 7, 41 ; Gai. 3, 209; Inst. 4, 6, 25 ; Dig.
4 2, 14, 1 ; 4, 2, 16, 1 ; 47, 8, 1, 2, 13; C. Just. 3, 41, 4. — 7 C. Just. 9, 33, 1. — Paul. Sent. 1, 3, 2 ; Dig. 39, 4, 9, 5 ; 47, 9, t pr. — Bibliographie. Mommsen, Strafreclit, Leipzig, 1899, p. 652-667 (trad. franç. Paris, 1907, II, p. 370-387).
RAPTUS. 1 C. Just. 9, 20, 1.