RUA
voit (fig. 5938) assis faisant face aux spectateurs des deux côtés de la scène.
On peut rapprocher de ces rhabdouchoi des surveillants du même nom, appelés aussi et p.a<mvo-
vogo!, armés de bâtons ou de fouets, qui assistaient les agonothètes dans les luttes gymniques1 et rappelaientles lutteurs à l'observation des règles en empêchant ceux qui avaient le dessus de faire abus de leurs forces [flagellfm, p. 1156, lucta, pugilatus, p. 759]. Il y en avait pareillement dans les courses '2 et dans les concours musicaux
Il y en avait aussi qui veillaient à l’exacte observation des règlements dans la célébration des mystères. Des rhabdophoroi sont nommés dans l’inscription d’Andania4. D’une manière plus générale, les titres de paêô&üyoq, paêScqdpo;, comme les verbes paêoo^opéa>, paëSou^Éw, paraissent avoir été employés en parlant de tous ceux pour qui les verges étaient la marque de leur autorité. Les écrivains grecs qui se sont occupés des institutions romaines s’en sont servis à propos des licteurs, qui portaient les fasces [lictor]6. E. Saglio.
RIIABDOU ANALÈPSIS (’Pâêoou àviÀrpjuç). — Fête célébrée à Cos en l’honneur d’Asclépios 1 . Cette dénomination se trouve dans une lettre de la collection hippocratique’2. La « prise de la baguette », sans doute symbole de l’entrée en charge du prêtre d’Asclépios, faisait, d’après ce texte, partie de la fête annuelle d’Asclépios à Cos, cjui comportait une panégyrie et une procession solennelle au lieu dit KuTtapcnrov. C’est la fête qu’on trouve désignée, dès le 11e siècle avant J.-C., SOUS le nom d’ ’A<7xXot7ttEia 3 xi sv Ktü, ’AaxXrjtsta xà (jiyaXa4. Mentionnons, en effet, ici, comme complément à l’article asklepieia, qu’à côté des inscriptions déjà connues, d’autres inscriptions non encore publiées, découvertes par les savants allemands dans leurs fouilles de l’Asclépieion de Cos, se rapportent à cette grande fête ’. L’une d’elles donne la liste des concours musicaux et gymniques qui en rehaussaient l’éclat 6. Em. Cahen.
RH APH ANIDOSIS [adulteriumJ .
RIIAPSODUS ( 'Pattfunôd;). — L’étymologie et, par suite, la signification originelle du mot pcnj/ioSd; sont objet de controverse 1 . Mais une chose certaine, c’estqu’à l’époque historique ce terme désigne spécialement les chanteurs de poésies épiques2. Toutefois le rhapsode ne doit pas être confondu avec l’aède primitif3. Il en diffère par plusieurs traits. D’abord par la date : le rhapsode n’apparait qu’à une époque relativement récente, où la production épique est tarie. De celte première différence en découle une seconde: tandis que, généralement, l’aède était poète en même temps que chanteur, le rhapsode n’est plus que l’interprète des œuvres du passé. Une autre nouveauté, de moindre importance, c’est que le rhapsode n’accompagne plus ses chants des sons de la
1 Pollux, 111, 145, 153 ; Dig. L, 4, 18, 19. Pour les aÀuvaL d’Olympie ; cf. hellanodikai, p. 63. — 2 Pausan. VI, 2, 2. — 3 Plat. Protag. 338A; Time. V, 50 ; Lucian. Adv. indoct. 9. — 4 Sauppe, Die Myterieninschrift ans A ridante, Goett. 1860; LeBas-Foucart, Voyage, Insor. 1. 40, 44. — 5 P0lyb. V, 26, 10; Dion. liai. 111,61, 62; Plul. Num. 20, etc.
RIIABDOU ANALÈI-S1S. 1 Cf. Nilsson, Grieeh. Fest. p. 411. - 2 Hippocr. 111, p. 778 Kiihn. = Littré, t. IX, p. 32G. — 3 Cf. Dittenberger, Syll. inscr. gr. 2, n. 676. — 4 Cf. Ibid. n. 677. — 5 Cf. Arch. Ans. 1903, p. 197. — (i Ibid. p. 198.
RIIAPSODUS. 1 Pour les uns l’étymologie est jàSSoç baguette et ài.'Stiv chanter : le mot aurait désigné originairement les chanteurs de poésies épiques qui, renonçant à la cithare, donnèrent 1 exemple de débiter ces poésies en tenant simplement une baguette à la main. Selon une autre opinion plus générale, le mot serait composé des éléments fàxteiv et ioiSq ; mais on ne s’accorde même pas sur le sens de cette étymologie, faut-il eutendre « assembleur de morceaux détachés n, ou (selon l’usage
phorminx. En raison des progrès accomplis par 1 art musical, cet accompagnement pauvre et grêle avait fini sans doute par paraître ridicule : on l’avait supprimé. Mais, par tous les autres traits, le rhapsode est le successeur de l’aède. Comme l’aède, il est nomade, et va de ville en ville, de fête en fête; car c’est, pour lui, une nécessité de renouveler incessamment son public. Comme l’aède, le rhapsode récite, non des poèmes entiers, mais des épisodes détachés qui n’ont d’autre lien que la communauté du sujet (pa7rxéüv èttÉüiv àotoot, dit Pindare) 4. Les rhapsodes ont été les propagateurs de la poésie homérique à travers tout le monde grec. Hérodote mentionne, au vie siècle, à Sicyone des concours de rhapsodes, que le tyran Clisthène abolit 5. Bientôt il n’y eut, pour ainsi dire, pas une ville grecque qui n’admit dans le programme de ses fêtes un concours de ce genre6. Même èn pays dorien, ces récitations, après quelque résistance', s’introduisirent à Sparte, en Crète, à Cyrène, à Syracuse, etc. 1 . Mais les concours rhapsodiques les plus mémorables, etpar l’intervention officielle de l’Étal et par l’influence qu’ils eurent sur la constitution du texte écrit des poèmes homériques, ce sont ceux d’Athènes. D’un témoignage, à la vérité assez obscur, de Diogène Laerce8, il paraît résulter que Solon imposa à ces concours un règlement public. Primith'ement on avait laissé les rhapsodes libres de choisir dans VIliade et dans YOdyssée les morceaux qui leur convenaient et de les réciter dans l’ordre qui leur plaisait. Solon les obligea à une succession régulière, « de telle sorte que chacun d’eux commençât au point où le précédent s’était arrêté9 ». Cela revient à dire que les deux épopées devaient être chantées d’un bout à l’autre, sans transposition, ni lacune. Mais un tel règlement n’était évidemment applicable qu’à la condition qu’on possédât un texte officiel de VIliade et de YOdyssée. C’est ce que comprit Pisistrale : il chargea, dit-on, une commission spéciale d’établir le texte authentique des poèmes homériques 10. Cette commission convoqua sans doute les meilleurs rhapsodes et écrivit sous leur dictée : son travail personnel se borna à attribuer à ces épisodes détachés une suite régulière, et à supprimer ou à concilier les divergences. C’est à cet exemplaire officiel d’Homère que les rhapsodes, dans leurs récitations, durent désormais se conformer. Après Pisistrate, son fils Hipparque prescrivit que les poèmes homériques seraient récités dans toute leur étendue par les rhapsodes aux Panathénées : usage qui subsistait encore au iv* siècle [panatuenaia, p. 308] n. Sur les conditions extérieures et sur la mise enscè ne de ces représentations rhapsodiques, Y Ion de Platon nous a conservé des détails intéressants. Le rhapsode se présentait au public en grand appareil [cith aroedus, p. 1216], vêtu d’une robe éclatante, la tête
homérique du mot fàiweiv) « compositeur de chants, poète », ou autre chose encore ’ Contre ces deux étymologies, du reste, la même objection se dresse : on ne s'explique pas la transformation du s en {.. Voir Maurice Croiset, Littér. gr. I, p. 391, n t.
— 2 Herod. V, 67. — 3 M. Croiset, Littér. gr. I, p. 391 sq. — 4 Nem. II, I.
— 3 Herod. V, 67. — 6 plat. Ion. 530 A. — 7 Max. Tyr. XXIII, 5 ; Schol. ad Pind. Nem. II. i. — 8 D. I, 2, 57. Nous suivons l'interprétation de M. Croiset, O. I. p. 394. — 9 Diog. Laert. L. I. : orou ô rçüto; t'Xr.xtv txtrdtv Zçytelan T-ov
— 10 Cic. l)e orat. III, 34 ; Ael. Hist. var. XIII, 14; Pausan. VII, 26; Liban. Socrat.
apol. t. III, p. 25 Reiske; Anthol. gr. (Jacobs), t. IV, p. 186; Suid. s. v. 'CVrf»t ; Euslath. nrf Jliad. I, v. 1 et X, v. 1. Voir Wilamowitz, Bom. Untersuch. 2« part. I, p. 235 sq. et Cauer, Grundfrag. d. Bomerkrit. p. 60 sq ; Sengcbusch, Dissert, poster, p. 36-38 (voir la bibliographie). — Il [Plat,] Bipparcli. p. 228 B : ’llieàç/u oç f;vàyxaT£ Tôt; nav«6r,v«t'ois U lyt;!;; aù-ri S„<.
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