‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 23 sur 137 · R1IE · texte numérisé non relu

R1IE

RHE

ceinte d’une couronne d’or, et récitait du haut d’une tribune (âva>0sv hzz o toû (3ïj[i.»Toç) Sa déclamation passionnée, sa mimique expressive faisaient, dit Platon, frémir et pleurer les vingt mille spectateurs assemblés 2. La rhapsodique de cette époque est vraiment, comme l’impliquent, du reste, plusieurs expressions d’Aristote3, une partie de Yhypocritique. Par d'autres côtés aussi, notamment par leur vanité et leur sottise, les rhapsodes méritaient d’être comparés aux comédiens*. Entendu de cette façon dramatique, l’art des rhapsodes continua à se produire sur les théâtres, bien au delà de l’époque classique, à la cour des Ptolémées et jusqu’à l’époque romaine6. O. Navarre.

IU1EA 1 [cybele] I, p. 1677 sq.

RHEA SILVIA. — La mère de Romulus et de Rémus [romulus; mars, p. 1615]. Le nom de Rhea signifierait la « consacrée » ( rea voti) et désignerait clairement sa qualité de vestale1 ; le gentilice Silvia la rattache aux familles albaines. Bien que mise au rang des déesses par son alliance avec le Tibre2, Rhea n’a été l’objet d’un culte ni à Rome, ni dans les provinces3. La plupart des monuments figurés suivent la version rapportée par Ovide*. Mars descend d’une hauteur vers Rhea endormie5; quelquefois, il plane horizontalement au-dessus de la Vestale ; mais, généralement, les artistes ont renoncé à rendre visible le vol du dieu6. G. Nicole.

RHEDA, R EDA ou RAEDA1. — Voiture d’origine gauloise 2, de bonne heure adoptée par les Romains 3. C’était un char à quatre roues4, fortement construit et capable de porter de nombreux voyageurs et une charge considérable. Des constitutions impériales en fixent6 à mille livres le maximum; à huit ou dix, selon la saison, le nombre de chevaux ou de mulets qui peuvent y être attelés. Mais il n’est là question que des transports publics [cursus publicus] °. Ces réglementations jugées nécessaires au Bas-Empire ne s’appliquent pas à toutes

1 535 D-E. — 2 Ibid. — 3 Rhet. III, i, p. 1403 b, 1404 a; Poet. 20, p. 1462 a. — L Xenopli. Mem. III, 2, 10 ; Plut. De garrul. 22 ; Plat. Ion, passim. 5 Athen. XII, 538 E; XIV, c. 12; Plut. Quaest. convie. IX, 1, 2; Corp. inscr. <jt. 1583-1587. — Bibliographie : J. Kreuzer, Homerische Rliapsoden, kôln, 1833; Nilzsch, De rhapsodie aetatis atticae, Kei), 1835; S. -F. Dresig, De rhapsodie, Lips. ; Wolf, Proleg. ad Homerum, p. 96 sq.; Wolckcr, Der epische Cyclus . p. 338 sq.; Sengebusch (en tête de Y Iliade et Odyssée de G. IJindorf, Teubner), Dissertât. prior, p. 91. 128, 147; Dissert, posterior, p. 36-38; Maurice Croiset, Littér. grecque, I, p. 391-398.

RHEA. 1 Pour la Rhea grecque, les textes sont réunis dans Farnell, Cuits of thegreek States, 1907, 111, p. 379 sq.; nous donnons ici ceux qui n'ont pas été cités dans l'article cvbele, répartis géographiquement : Ampbipolis, Dali. corr. hell. 1894, 423 sq. ; Orchomène, Corp. inscr. Gr. sept. 1, 3216; Chéronéo, Ibid. 3315, 3378; Thespies Ibid. 1, 1811; Tanagra, Athen. Mittheil. III, 388 sq. ; Athènes, Bokker, Anecdot. gr. p. 229 ; H es y ch. s. v. Arrian. Anab. 3, 16, 8; Aeschin. Adr.

Tim. § 60 ; Demosth. Adv. Arist. A, § 97 ; Harpocrat. s. v. ^tççi m; C. inscr. att, 1,4; 1, 273- 2, 607: 2, 1288 b; 2,1594 ; 3, 2062 ; Muller, Pragm. hist. graec. 1 p, 539 ; Cleitodemos, Fr. I ; Arch. Anzeig. 1895, p. 129; Ath. Mittheil. 1896, p. 275 ; Pagai (Mégare), Head, Hist. nom. 340; Corinthe, Pausan. 2, 4, 7; Head, Hist. num. 330 ; Hermione, Head, 370 ; Epidaure, ’Açy.. 1883, 151 ; Carvadias, Fouil¬

les d'Epid. n" 04; Sparte, Paus. 3, 12, 9; Akriai, Athen. Mittheil. II, 329 ; Arcadie, Akekesion, Paus. 8, 37, 1 ; Mont-Alphée. Uio Chrys. Orat. 1, 60-61 R ; Mont Azanion, Lact. Plac. ad Stat. Theb. 4, 292; Asea, Paus. 8, 44, 3 ; Megalopolis, Paus. 8, 30,4; Olyrapie, Schol. Pind. Olymp. 5, 10; Mcssénie, Paus. 4, 31, 6, 4, 31, 9; Üélos, B. corr. hell. 1882, p. 500, n. 22; cf. n” 25. Paros, Ath. Milth. 1901, 160, 162; Chios, B. corr. h. 1879, 234; Samolhrace, Arch. Anz. 1893, 130; Head, Hist. num. 226 ; Lesbos, Conzc, Lesbos, 10 ; Classical Review, 1902, 290; Cos, Paton et Hicks, Inscr. 38 ; Arch. Anz. 1891, 170, 44; Phaeslos, Musco Italiano, III, 736; Athen. Mitth. 1893, 272, 1894, 290 ; Chypre, Ohnefalsch Richler. Die antiken Kultustatten auf Kypros, 1 15 ; Byzance, Hesych. Miles. Fragm. ; Muller, Frag. hist. gr. 4, p. 149; Zosim. Nov. Hist. 2, 31; Rom. Mitth. 1899, 8 ; Héraelée du Pont, Arr. Peripl. 13; Nicée, Conze, Lesbos. 45, 19 ; Nicomédie, Plin. Epist. 10, 58; Phrygie, Journ. of hell. ’stud. 5, 245: Platon, Euthyd. 227 D ; Cyzique, Apol). Rhod. Argon, t, 1092, fin, 134 sq.; Schol. 1126; Paus. 8, 46, 4; Plakia, Head. Hist. num. 465; Pessinonte, Ilerod. t, 80; Plut. Marias, 17; Authol. Pal, 5, 51; Polyb. 22, 20; Ath. Mitth. 1897, 38; Paus. 1, 4, 5; Lydie, Lucian. Tragoedopoda, 30;

les rer/ae, ni à leur usage en tous temps. Il en est fait mention dès le temps de la République 7.

Ce qu’on peut retenir des témoignages plus anciens, c’est que la reda était une voiture lourde, opposée aux voitures- légères el à deux roues, telles que I’essedum ou le cisium8; qu’elle pouvait être de capacité et de grandeur différentes suivant sa destination. Les particuliers en avaient de très spacieuses pour voyager en famille ou

eh compagnie9, avec paquets et provisions10; d’autres étaient capables de fournir de longues courses rapides; il y en avait aussi de louage [reda meritoria )**. Le nombre des bêtes de traits variait également 12. Ces véhicules étaient sans luxe. Alexandre-Sévère permit aux sénateurs de faire couvrir d’argent celles dont ils se servaient 13, comme ils faisaient déjà pour la carruca, leur voilure d’apparat. Celle-ci était découverte; la reda sans doute l’était aussi. On la garnissait de banquettes ( sedularia ) et de couvertures ( lapetia vel lintea 14). Le jurisconsulte Paul, qui les nomme, range dans le mobilier la rheda et les sedularia ; il en distingue les couvertures qu’il considère comme faisant partie du bagage du voyageur, aussi bien que les pelles qui enveloppent les

Anthol. Palat. G, 324; Mont Sipyle, Ath. Mitth. 1887, 253; Sardes, Plut. Themist. 31; Pergame, Frankel, Inschrift. 334, 481 ; Ancyre, Journ. of hell. stud. 1902, 191; Temnos, Journ. hell. stud. II, 291 ; Myrina, Arch. Anz. 1892, 106; Smyrne, Drit. Mus. cat. of Coins, lonia. pl. xxv, x; Erythrée, Strab. G45; Dittenberger, Sylloge 2, II, 600, 1. 106; Tralles, Strab. p. 440; Téos, Arch. epigr. Mitth. 1883, 180, 37 ; Telmesse, Journ. hell. stud. 1896, 234; Ephèse, Br itish Muséums Inscr. III, sect, 2, p. 205; Strab. 640; Plut. Them. 30; Laodicée, Ath. Mitth. 1888, 237; Olbia, Latyschef, Inscr. Pont Eux . I, n° 107 ; Panlicapée, Corp. inscr. gr. add. 2017 b. La bibliographie récente dans Frazer, Adonis, Attis, Osiris, 1906, 165 sq.

RHEA SILVIA. l Virg. Aen. V, 137; Macrob. III, 2, 6; cf. Preller-Jordan, Rom. Mythol. II, 345, n. 1 et I, 133; Wissowa, Religion der Romer, 320, n. 3. -j- 2 Pour la divinisation de Rlica par sa chute dans le Tibre, cf. Preller-Jordan. O. c. I, 95 ; elle participe à l’immortalité des di indigetes ; cf. Rohde, Psyché, II, 376, n. 1 et 377, n. 2. — 3 Le nom de Rhea ne figure pas dans la statistique très complète des documents épigraphiques dressée par M. Marrochio, Rev. archéol. 1907, I, 270 sq. — 4 Fasti, III, V, 11 sq. Les textes sont réunis par Preller-Jordan; O. c. II, 347 sq. — 3 Juv. XI, 106. Voir mars, p. 1623, notes 8 et 9. — 6 Cf. Rom. Mitth. X, 1895, pl. v, 224 sq ; Oslervald, Pas romische Denkmal zu Igel,. pl. iv ; Robert, Die antiken Sarcophagreliefs, III, 227 sq. ; Strong, Roman sculpture, 1907, pl. lxxh, p. 239. — Bibliographie : Preller-Jordan, Romische Mythologie , 1881- 83 (voir \‘ Index)-, Mélanges de l'Ecole française de Rome, 1903, 45 sq. et Appendice, I, p. 79 (Maynial); G. Costa, Rivista di storia antica , XI, 1907, fasc. 2, Rhea Silvia et ’Péa I$oua.

RHEDA, REDA. l Sur ccs noms voir Revue de l'instruction publ. en Belgique, 1864, p. 56 ; 1867, p. 390. — 2 Quintil. Or. 1, 5, 57 et 68 ; Ven. Fortun. Poem. III, 17 (22); Cic. P. Milon. X, 28 ; XX, 54. — 3 Cic. Ad Att. I, 7. 1 ; VI, 1, in fine ; Varr. R. rust. II, 7, 15; III, 17, 7; Id. ap. Non. p. 167, 25; Suet. Caes. 57. — 4 Isid. Or. XX, 12. — 3 Cod. Theod. VIII, 5, 8, 17, 28, 30,- 47. — 6 Ajouter l'art, cursus publicus de Seek, dans la Realencycl. de Pauly- Wissowa. — 7 Voir notes 2 et 3.

— 8 Cic. Phil. il, 24; Pro Mil. 28. — 9 Ibid, et Juven. III, 10 : tota domus reda componitur una ; Mart. II l. 47 : plena in reda omnes beati copias trahens ruris.

— 10 Suet. Caes. 57 ; Hor. Sat. 1, 5, 85. — n Suet. L. I. ; cf. Calig. 39. — 12’I1 pouvait y en avoir vingt et plus, Liban. Or. V. 569 ; deux ou quatre, attelés par paire (duplex bijugum ), suffisaient ordinairement ; Ven. Fort. L/c. ; Gell. XIX, 13, 5; cf. Sulp. Sev. Dial. II, 3; Scheffer De re vehiculari, Francf. 1671, p. 347,

— l3Lampr. Al. Sev. 43. — 14 Dig. XXXI II , 10, 4 et 5.

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effets et les courroies qui les attachent. Il semble donc que les tapetia et lintea dont il parle soient des toiles ou des bâches que l’on étendait seulement quand il fallait se mettre à l’abri du mauvais temps.

Nous croyons reconnaître une reda dans le char à bancs découvert, à quatre roues et à quatre chevaux, d'ailleurs simple et sans ornement, que représente (fig. 5939) un bas-relief trouvé près de Langres * . Les personnages qui y sont assis sont vêtus de la lacerna ou paenula cucullata des voyageurs. E. Saglio.

RIIEDARIUS. — I. Conducteur d’une rheda ' . — II. Fabricant de rhedae 2 [rheda],

RI1ENO. — Manteau de fourrure. Le renne, animal plus répandu en Europe autrefois qu’il ne l’est de nos jours, a donné son nom1 aux vêtements que se faisaient de sa peau les peuples habitant les contrées du Nord, et ce nom s’est étendu sans doute à des vêtements semblables faits de la dépouille d’autres bêtes*. Le rheno est attribué aux Germains3 et aussi aux Gaulois4. Les Romains l’adoptèrent comme pardessus contre le mauvais temps. C’était un manteau garni de poils épais et impénétrable à la pluie, qui couvrait les épaules et descendait par devant jusqu’au milieu du ventre5. On a essayé de le reconnaître, mais sans preuves suffisantes, parmi les costumes de Barbares représentés sur les colonnes de Trajan et de Marc-Aurèle. E. Saglio.

RHETOR [okimasis, p. 392 sq., educatio].

RIIETRA ('P-ijrpa). — Dans Homère1, ce mot signifie convention , pacte , accord , et il se retrouve avec le même sens dans divers dialectes, notamment à Chypre2, sous la forme Fp>fra, avec chute du second p et à Olympie, sur la fameuse plaque de bronze du British Muséum3, qui porte comme titre : â Fpâxpa xoîp FaXsiot; xal Totç 'Eppaototç (traité entre les Éléens et les Héréens). Mais en Élide le mot a certainement eu aussi le sens de loi, comme le prouvent d’autres textes épigraphiques 4 et les deux significations reparaissent dans la littérature postérieure5. Cela semble indiquer que le sens primitif devait être sentence, précepte , décision.

A l’époque classique, le mot rhe'tra est d’ailleurs employé surtout pour désigner les lois de Sparte, dont les principales remontaient, suivant la tradition, jusqu’à Lycurgue. Citées déjà dans un fragment de Tyrtée 6, ces rhêtrai nous sont connues surtout par Plutarque1 qui, directement ou indirectement, a puisé dans Ëphore, dans Aristote et dans Ilermippe8, et qui croyait avec les anciens, que Lycurgue, dans leur rédaction, avait été inspiré par l’oracle de Delphes [lacedaemoniorum respublica]. Cette tradition, généralement adoptée par les historiens,

1 Bec. Arehéol. XI, 1854, pl. ccxxxvi.

RIIEDARIUS. 1 Cic. Pro Mil. 10. — 2 Capitolin. Max. et Balb «UIEVO. t Interpr. Ad Cae,. BM. Ga.ll. VI, 23 : ’P^v tU^a,

ev uovxai îmon. Gest. franc. I, 3 : Rhenonum. id est nomen animalis , tegumentis sidore, Or. XIX, 23, 4, faisait venir le nom de celui du Rhin. Menus. — 2 Serv Ai Georg. , 383 ; cf. Sid. Apoll. Ep. 20. - 3 Caes. L. c. ; Sallust. ap. Isid. L c 4 Varr. Ling. lat. V, 107. — 6 | sid. L. c.

11 R28E>rV,?t X1V’ M3’ - 2 C0llil2’ SammL Gried - Dial-tmchr.. t. I, 60 , - , -0 , cf. Hoffmann, Grxech. Dialekte , I, p. 275. Cf. aussi Hesych. Pholius c

aiySYc," .. ,C,le!’ Iiecueü' 1 = Ditlenberger, Inschr. von Olympia , no 9, cl

2' 7 rlûl T ’ ’ 2 -4 Michel- cü- 194 el 195- -•> Élien, Var. /lis,

, , 1 emplo e dans e sens de convention. Xénophou, Cyr. I, 6, 33 et Aaub. VI, C

- dans ce u, de f0!. Dans Lucien, Toxar. 35, il signifie simplement parole

- «Bergk Coet. Lyr. Gr. 4- éd. Il, p.p. 8-22. - 7 l.ycurg. C ; De re publ sel ye, . 10, Diodore (VII, fr. 13) cite aussi les vers de Tyrtée. - 8 Fliigel Die Ouellei

wTt V T ^ ^ L>/,“‘ra0S' 1Ia^ourg, 1870. 9Trieber, Forsch. su. spart. Ver/n ssunysyesch. Berlin, 1871 ; Ed. Meyer, Forschungen, I, p. 203 sq Wilamowilz-Moellendorff, Hom. Un, ers. p. 280 s,,. B,buoc«aph,. Goettling

a été combattue par quelques savants modernes3, qui ont été jusqu’à nier l’existence de Lycurgue et à assigner une date très récente aux textes cités par Plutarque. Il ne nous est pas possible d’entrer ici dans le détail de cette controverse. Nous indiquerons simplement qu’une réaction très nette contre les conclusions de l’hypercritique sur ce point se marque dans les travaux de Topffer et de MM. A. Bauer et J. II. Lipsius. Ch. Michel.

RIHEI A ( 'Pista). — La fête des Ithieia est attestée par un texte de Plutarque* et une inscription de Sicyone ®. Elle était célébrée au promontoire de Rhion, sans doute en l’honneur de Poséidon \ et comportait un sacrifice et une panégyrie4, ainsi que des jeux gymniques6. Em. Cahen.

RIIODIAS, RHODIAKÈ ( 'PoStocç, 'PoStax-rj, s. e. tttotXi)). — Vase en forme de coupe; c’est une des nombreuses variétés de la xûXtç 1 [calix]. On en fait mention aussi dans les inscriptions, où il est spécifié que ce vase a un pied et des anses 2. E. P.

RIIOMBUS ( 'P Ofxêoç, pûfzCo;, t poyo;, xpoy iaxo?). — Le nom de rhombe, qui est en géométrie celui d’un corps composé de deux cônes réunis par des bases égales ’, a été donné à divers objets se rapprochant de cette forme qui les rend plus aptes à tourner (psaêw) : tels une quenouille ou un fuseau [fususJ, une toupie [turbo]. De même, le treuil autour duquel s’enroule la corde qui sert à tirer les seaux d’un puits, au lieu d’être cylindrique, est renflé en son milieu et aminci vers ses extrémités, dans quelques représentations antiques [puteus, fig. 3695].

Il semble qu’une idée superstitieuse ait été attachée par les anciens au mouvement de rotation que cette forme facilite.

En Italie, dans les campagnes, il était défendu aux femmes, au temps de Pline2, de se promener sur les chemins en faisant pirouetter leurs fuseaux : On croyait qu’elles pouvaient par là compromettre le succès des récoltes. Le mot rhombus se rencontre surtout employé par les auteurs pour désigner un instrument de sortilège. Des peintures de vases grecs nous montrent en quoi il consistait. C’est une petite roue munie d un double cordon, qui rappelle un jouet autrefois à la mode, variété du « diable » ; les cordons qui la traversent en s’enroulant et se déroulant tour a tour, quand" on en tire les extrémités, lui impri-

Fig. 5940. — Eros jouant au rhombus.

ut-u. aie vie?' i^y/curg. wietren , dans Gesamm. Abhandl. Halle, 1851, I, p. 317 sq.; Bazin <le Bezons, De Lycurgo, Paris, 1885 ; Bouché-Leclercq, Bist. de la Divin. I, p. 301 sq. 111, 113; Wilamowitz. Borner. Unters. Berlin, 1884, p. 280 sq. ; Ilermann-Tlmmser, Lehrb. der griech. Antiquit. 1889, I, p. 148 sq. ; Attinger, Essai sur Lycurgue, Neuchâtel, 1892 ; Ed. Meyer, Forsch. zur allen Gesch. Halle! 1892, 1, p. 263 sq.; Busolt, Griech. Gescltichte, 2’ éd. Gotha, 1893, i,p. 5u Sq.- Busson, t.ykuryos und die grosse Dhetra, Inspruek, 1887 ; Gilbert, Handb der griech. Staatsalt. 2» éd. Leipzig, 1893, I, p. 8 ; Schœmann-I.ipsius, Griech. Altert., Berlin, 1897, I, p. 228 sq. ; TfiptVer, Beitr. zur griech. Utertumsw. Berlin, 1897, p. 347 sq. ; Bauer, Forsch. zur griech. Gesch. Munich, 1899, p. 163.

RI1IEIA. 1 Plutarch. Sept. sap. c ..mu. p. 162 E. -2 Jnscr. Argot... n. 428

- 3 Cf. Nilsson, Griech. Fest. p. 84. - 4 Cf. Plut. Ibid. - 5 Cf. Inzer 4 mol

ibid. . J ■

RIIODIAS, RIIODIAKÈ. 1 Atben. XI, 96, p. 496 ; cf. Krause, Angeiologie, p. 373

- 2 BalL corr • heU- Vl-P- HO VH, P- 112, 115, 119. Ou dit aussi (s. e.

uoTijpiov) ; Ibid. VII, p. 109.

RHOMBUS. i Archimed. De sphaera cl eglindro. — 2 Plin. Bist. nat XX VI II 5, 6.

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ment par leur torsion un mouvement rapide qui la fait ronfler et siffler La position des mains est clairement indiquée dans plusieurs peintures (fig. 5940; cf. fig. 4862)2, où l’on voit la roue mise en mouvement; on en distingue mieux les détails, le bord perlé ou dentelé, les rais ou les cercles concentriques qui en remplissent, le tour dans celles où elle est figurée au repos3 (fig. 5941). S’il s’agit d’un simple jeu peut-être dans quelques-unes des scènes ainsi représentées, il n’est pas douteux que dans d’autres on a voulu rappeler le sortilège dont usaient les femmes ou les magiciennes auxquelles elles avaient recours , croyant par le tournoiement du rhombe ,

accompagné de paroles ou d’incantations, pouvoir appeler à elles des plus grandes distances un amant rebelle 4.

Le rhombus est aussi appelé iynxÇiu'fi). Ce nom désigne tantôt l’objet dont il vient d’être parlé, tantôt un oiseau 6. lynx, fille d’Écho, avait été changée, disait-on, en cet oiseau par Héra, qui voulut la punir d’avoir, à l’aide de philtres, détourné vers Io, ou vers elle-même, l’amour de Zeus. Après sa métamorphose elle gardait pour contraindre les cœurs un pouvoir dont la magie s’empara en l’ajoutant à celui de la roue6. "Iuy? est devenu dans la langue courante un nom commun appliqué à tout ce qui a le don de séduire et d’entraîner, au charme de la parole ou de la poésie aussi bien qu’à l’attrait de la beauté et aux incantations1. Il est possible que l’oiseau et le rhombe ne soient dans beaucoup de peintures que des symboles assez vagues des enchantements de l’amour, mais dans quelques-unes, leur signification est précise : par exemple lorsqu'on voit la roue mise en mouvement par une jeune mariée ou par une des femmes qui font

partie du cortège nuptial 8 (cf. fig. 4862', et quand elle est mise dans les mains d’Ëros (fig. 5940' ou dans celles d Aphrodite \ qui, la première, dit Pindare, apporta de l’Olympe aux hommes « l’oiseau qui rend fou, fxatvâS’ opviv », et l’attacha aux quatre rais de la roue 10 Dans la figure 5941 une jeune femme laisse pendre le rhombe immobile; ses mains sont chargées de présents; l’Amour la couronne; un jeune homme, assis à quelque distance, se tourne vers elle eL saisit l’oiseau par une cordelette attachée à sa patte.

L’explication fournie par les vases peints concorde avec les termes dont se servent plusieurs auteurs quand ils décrivent la roue tournant sous l'action de fils ou de cordons (fili,

Vicia) 12 ; d'après d’autres, il semble qu’on lui donnait en la frappant l’impulsion (nspupspEÏ; juvVjffeiç) qui la faisait tourner et résonner; onia fouettait comme un sabot d’enfant 13 (cf. fig.

3087). En effet, comme on le verra ailleurs, ce jouet, le turbo, a aussi été employé dans les enchantements; les noms turbo, rhombus, prjpZoz, pujj.6tov, Tpo/dç, Tpojjdffxiov, ont été pris souvent l’un pour l’autre.

Le mot rhombe désigne encore un autre objet ressemblant à celui dont il vient d’être parlé, en ce qu’il tourne et qu’il résonne, mais ayant une destination et un aspect différents. Des auteurs le mentionnent avec le tympanum comme un instrument en usage dans les mystères de Bacchus, de Cotytto et de la Mère des dieux u. C’est, dit l’un, une planchette ( Taviocov) que l'on agite en l’air pour lui faire faire du bruit15 (on peut penser à une crécelle); pour Fig5942. d’autres16, il est en bronze, en or ou même taillé dans une pierre fine. Sa forme n’est pas nécessairement celle du rhombe, mais aussi bien celle de la sphère, du cylindre ; il peut même être triangulaire. Peut-être possédons-nous encore deux spécimens de ces objets : l’un d’eux (fig. 5942; est au Musée du Louvre17. Comme on peut le voir, il consiste en une boîte creuse faite de deux cupules rapprochées par leur bord ; la surface bombée en est ornée de reliefs représentant de chaque côté deux personnages assis tenant des thyrses. Cette boite pivote, comme le rhombe, qu’un commentateur appelle a zpocpo; ou cTpd^aXoç 18, autour d’une tige dont les bouts sont posés sur les branches d’une petite fourche placée au. sommet d’une mince colonnette servant de manche. On devait donc tenir l’instrument et l’agiter comme un sistre ou comme un hochet [crepitaculum] 19. E. Saguq.

1 Archytas. ap. H. Steph. Thés. s. v. et Meineke, Com. gr. frag. p. 160 Didot. — 2 Vase du British Muséum; Walters. Catalog. IV, F 223; de môme Tischbein, Engravings , IV, pl. x ; Comptes rendus de la commiss. archéol. de Pétersbonrg, 1862, pl. x; Stackclberg, Grüber der Hellen. pl. xlv, 2; Gerhard, Etrusk. Spiegel. pl. cccxxviu ; cf. 320 ; Milani, Monum. scelli di Firenze , pl. v.

— 3 Dubois-Maisonneuve, lntrod. à l'étude des vases , pl. xl ; Monum. de l’Jnst. arch. 1836, pl. xxx ; 1837, pl. vi -, Minervini, Mon. ined. pl. xvm ; voir la fig. 941, d’après Millingen, Peint, vas. pl. xlv. O. Jahn, Berichte d. Sachs. Gesellsch. d. Wiss. 1834, p. 156. — 4 Theocr. Idyl. II, 30; Lucian. Dial. mer. IV, 5; Propert. II, 28, 36 ; Anthol. Pal. v, 205 — & Ils sont souvent pris l'un pour l’autre. Servius (Ecl. VIII, 20) traduit u>y; par turbo ; Sujd. s.v. fuy!;, etc. ; voir turbo. — 6 Schol. Theocr. II, 17; Sch. Pind. New. II, 56 ; £^>t. et Suid. s. v. Il y a d’autres versions ; voy. Engelmann, lynx , dans Roscher, Lexik. d. Mythol. — 1 Pindar. Nem. IV, 55 ; Aesch. Pers. 990; Xen. Memor. III, II, 17; Aristoph. Lys. 1111; Suid. s. v. tuy£.

— 3 Stackelberg, L. l.\ Dumont et Chaplain, Céramiq. de la Grèce propre , pl. xi.

— 9 Mon. ined. de l'Inst. ; Minervini, Walters, Milani. L. c. Dans ce dernier exemple,

le rhombe est tenu par Himéros ; cf. Jahn. L. c. note 62. — 10 Pind. Pyth. IV, 214 et schol. — 11 Millingen, Peint, de vases, pl. xlv. Voy. aussi le vase de Florence, Milani, L. c. — 12 Lucan. Phars. VI, 2, 52, torti vertigine fili-, Ovid. Am. I, 8,

1 : torto concita rliombo linea ; Id. Fast. II, 575 : cantata ligat cum fusco

licia rhombo-, Propert. VJ, 26: staminea rhombi ducitur ilte rota; Anth. pal. V, 205: fuy£... jAoâaxq xçv/\ |*£«y<ra SeOeraa ; Hesych. £Ô|aSoç...$u)^Piov ou ayrotviov, «ai év raï; Te^exarç SiviTtai. Ordinairement le rorabe est d’airain ; Theocr. II 30. — 13 Schol. Apoll. Rhod. I, 1139; IV, 144; Eustath. Ad. Od. p. 1387.

— H Apoll. Rhod. 1139 ; Diog. tr. ap. Athen. XIV, p. 636 A ; Etym. M. s. v. £Ü|a6u> ; Phot. et Suid. pô|aoo? ; Phalaec. ap. Anthol. Pal. VI, 165. — 15 Etym. M. I. c.

— 16 Nicephor. ad Synes. De insomn. p. 362; Psellus ad Orac. C/iald.;

Marin. Vit. Procli , éd. Boissonade, 1814, p. 122 ; Etym. M. I. c.; Anthol. Pal. V, 205. — l"? Bull. Soc. des Antiq. de France, 1899. Acq. du Louvre, n° 14. L’autre, peu dilTérent, au musée de Berlin ( Jahrbuch , 1894 Anzeiff, p. 117). Tous deux passent pour provenir de Corinthe. Ils sont entièrement en bronze. — 18 Nicephor. L. I. — 19 Phalaecus ap. Anthol. L. I.

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