‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 27 sur 137 · RIP · texte numérisé non relu

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Saint-Pétersbourg (fig. '5947 et 5948)', celui de Tarente au musée de Trieste2, celui de Sofia2, etc.

A l’époque romaine le rhyton, transformé en un meuble colossal, exécuté en marbre et rehaussé de toutes sortes d’ornements, décore les riches villas où il servait de bouche de fontaine [fons, p. G36]4 : on connaît un beau vase de ce genre (fig. 3157) signé par l’artiste Pontios 5, et le Louvre possède aussi plusieurs de ces grandes cornes de marbre qui participent à la fois de la cornucopia et du pu-rov 6. Sous la forme ordinaire, il figure très souvent dans des fresques, statuettes, de bronze reliefs, etc., comme attribut classique des. dieux Lares

(fig. 4343 à 4351) b Le mot grec avait passé en latin sous la forme rhyt i u m 8 . Pendant toute la période romai¬

ne et jusqu’à l’époque mérovingienne, on conserva l’habitude, chez les peuples barbares du nord et du centre de l’Europe, de boire dans des cornes 9 . On connaît un très beau xepaç de verre bleu trouvé dans un tombeau ostrogoth10. E. Pottier.

RICA, RICINIUM. — Pièce de vêtement. On discute sur le sens précis du mot. Les uns y voient un manteau, d’autres un voile ou même un simple mouchoir posé sur la tète1. 11 est probable que les définitions différentes des auteurs correspondent aux étapes successives qui, à travers les âges, ont peu à peu conduit la rica ou ricinium , manteau, à n’ètre plus qu’un simple voile couvrant le haut des épaules ou la tête. Une description fort claire en est donnée par Festus : vêtement de forme carrée, muni de franges, de couleur pourpre ; c’est celui que portait lu flaminica, femme du flamine [flamen, p. 1170) -. D’autres la disent de laine blanche ou teinte de couleur bleuâtre3. C’était donc un très ancien costume, une véritable pal la, qui avait précédé la toge ronde

I Kondakoff-Reinacb, Antiq. du Bosphore Cimmérien , pl. xxxvi d'où est tirée la fig. 5947); Antiq. de la Russie méridionale , p. 85, fig. 115; p. 197,

fig. 184; p. 318. fig. 286; C. Rendus St-Péters'o. 1870, p. 157, pl. iv, n° 8

(d'où est tirée la fig. 5948); 1877, p. 11, 15, pl. i; Jahresliefte de Vieune, V, 1902, pl. il et p. 120, fig. 33. — 2 Jahresltefte , l. c. p. 112. 1. p i. — 3 Ibid.

p. 122-123, fig. 34-35. — 4 On peut rappeler que dés l'époque préliellénique

le grand rhyton de marbre, en tête d'animal, parait avoir eu une destinalion analogue; Annual ofbrit. school, VI, p. 31. — B Rullettino comm. di Rome, III, pl. xn et xiii ; Hauser, Neu-att. Reliefs , p. 8. — 6 Voir l’article fous, p. 1236, note 4.-7 Voir le Répertoire de la statuaire de S. Heinach, I, p. 453; II, p. 493 à 496. — » Épigramme de Martial; H, 35, sur un homme aux jambes torses qui pourrait se laver les pieds dans un rhyton. — 9 Caes. Bell, tjall. VI, 29; cf. Krause, Angeiolog. p. 355, note 2; Aug. Thierry. Conquête de l’Angleterre, I, p. 93; Récits des temps mérovingiens, p. 209. Stephani note 1 emploi du rhyton jusqu à nos jours dans cerlaines contrées, comme la Géorgie, la Catalogne Inolice de la pl. xxxvi des Antiq. du Bosph. Ci mm. ; voir le résumé fait par S. Reinach, édit, franç. du même ouvrage dans Bibl. des mon. figurés, 1892, p. 87). L’usage en persiste aussi dans les pays sauvages, par ex. au Congo; cf. Annales du musée du Congo, à Bruxelles, tome II des Notes analytiques sur les coll. ethnograph. 1907, p. 57. — 10 Monumenti antichi, XII, pl. v, n« 11 ; cf. un vase de verre trouvé à Nîmes, Bull. Comité trav. hist. nouv. série, III, p. 393; Deville, Rist. de la verrerie, p. 37. — Bibliographie. 0. Jahn, Vasensamml. zu München, p. xeix ; Krause, Angeiologie, p. 355 sq. ; Ussing, De nominib. vasor. graec. p. 56 ; Cramer, Styl un d Herkunftd. qriech. Thongef. p. 125 sq.; Panofka, Recherches sur les noms des vasps grecs, p. 31 sq. ; Die griech. Trinkhàrner (dans les Abliandlungen d. k.

[pallium, p. 292], et qui pouvait être même attribuée aux hommes ; les mimes au théâtre la portaient encore et étaient riciniati * [mimus, p. 1906, fig. 5036]. On l’assimile aussi à la toge prétexte [toga] avec le c/avus de pourpre5. Une très ancienne statue de Jupiter le représentait riciniatus 6. Les quatre jeunes garçons patrimi [patrimi] , qui assistaient les frères Arvales dans leurs cérémonies, étaient riciniati1 . Les femmes romaines mettaient ce vêtement dans les funérailles ou dans les deuils publics pour exprimer leurs sentiments graves et douloureux 8. On ne peut donc pas douter que nous ayons affaire à un manteau d’origine fort ancienne, à un pallium porté en forme de châle, analogue, comme nous l’avons déjà noté, au ma fors ou mavortium [mafors, p. 1494] 9. D’autres textes, parlant du ricinium , que l’on porte double et que l’on rejette en arrière, confirment le fait10.

Mais tout le monde sait que dans les temps anciens, à Rome comme en Grèce, les femmes, pour s’abriter contre le soleil ou les intempéries, avaient l’habitude de ramener leur manteau en voile sur leur tête (fig. 2822, 3684, 4862, etc.)11. Par conséquent, on pouvait être insensiblementamené, unefois la pallae t las/o/« adoptées pour le costume féminin, à ne donner à l’ancienne rica ou ricinium que l'aspect d’un voile, d’une sorte de mantille, comme le xpvjBsgvov et la xaXÛTrxpa des Grecs [vélum], ou même d’un mouchoir de tète. De là, les textes qui représentent les ricae , riculae et ricinia comme des palliola, abritant seulement la tête12, ou comme un simple sudarium'3. C’est une transformation et une réduction de l’antique vêtement. E. Pottier.

RI PENSES, RIPARIENSES. — A partir de Dioclétien et de Constantin, l’armée romaine est définitivement partagée en deux groupes principaux : d’un côté, l’armée de campagne qui comprend la nouvelle garde ( scholae ), les palalini et les comitatenses, répartis dans les alentours des capitales et les villes de l’intérieur ; de l’autre, l’armée sédentaire des frontières, des confins militaires, les ripenses ou riparienscs, appelés aussi limitanci, castellani, castriciani1, auxquels on peut joindre les pseudocomitatenses 2. Cette seconde armée, considérablement augmentée par Dioclétien, parait avoir été diminuée par Constantin au profit de l’autre3; à celle-là elle est inférieure pour la solde qui comporte un tiers en moins d'annonae et de capitus, pour la retraite, obte-

Akad. d. VCiss. Berlin, 1850, II, p. 2 sq.); Lelronne, Œuvres, III* série, I, p. 418 sq. (= Journal des Bavants, 1833, p. 693); Becker-Gôll, Cliarikles, III, p. 91-92.

RICA. 1 Voir le commentaire de Godefroy daus les Commentarii in Paul . Dtac. excerpt. édit. Lindemann, p. 657-658.; Becker-Gôll, Gnllus, II, p. 29; 111, p. 204; Marquardt, Vie privée des Rom. trad. Henry, II, p. 218-219 ; Wilpert, dans YArte, II, 1899, p. 6-8; Wuescln r-Becclii, dans Bullettino comm. arch. di Roma, XXIX, 1901. p. 108. — 2 Festus ap. Paul Diac. édit. Lindemann, p. 139, De significat. verb. XVII, s. v. rica-, cf. Fest. Fragm. ibid. p. 229 et 237. — 9 Fest. ap. Paul. DiaC. L. c.

4 pest. Fragm. ibid. p. 229, reciniati vtimi planipedes. — » Ibid. Voir ci-dessous

note 7. 6 Arnob. Adv. gent. VI, 25 (p. 1213 de la Patrolog.). —7 Marini, Fralr. Arval. p. 279; Henzen, Actafratr. Arv. p 36, 38, 42. Celui-ci fait remarquer (p. 38), avec Mommsen, qu'entre la praetexla et la rica il devait y avoir peu de différence, puisque dans ces Acta les jeunes garçons, servant d'assistants, sont dits tantôt praetextati, tantôt riciniati. — 8 Non. Marcelt. XIV, 33 (p. 542 M) ; cf. Cic. De legib. Il, 23. 9 Non. Marcell. L. c. — 10 Varr. Ling. lat. V, 132; Isidor. Urig. XIX, 25 ; Serv. ad Virgil. Aen. I, 286. — U Varron, Op. I. V, 130, indique le geste, quand il montre les femmes se voilant avec la rica, au moment du sacrifice. — 12 Fest. édit. Lindem. p. 136, 229, 643; Aul. Gell. X, 15. Voir le commentaire et les textes réunis par Godefroy, Op. I. p. 657. — 13 Non. Marcell. XIV, ta, 16 (p. 539 M.).

RIPENSES, RIPARIENSES. 1 Cod. Th. 7, 1, 18 ; 7, 13, 7 ; 7, 20, 4 ; 7, 22, 8 ; 7, 4 14; 8, 4, 17 ; Cod. Just. t, 27, 2 (rétablissement des limitane ton Afrique par Justinien) ; Nov. Theodos. Il, tit. 24; Vit. Aur. 26 ; 38, 4; voir Godefroy Ad. Cod. Th. 7 1 (g. 2 C. Th. 7, 1, 18; 8, I, tO. D’après Mommsen ils auraient été séden¬

taires à l'époque de Dioclétien et rattachés plus tard aux comitatenses, sans cependant les égaler. — 3 Zos. 2, 34 ; Lactant. De mort. per. 7 ; Suid. s. v.

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