‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 32 sur 137 · ROS · texte numérisé non relu

ROS

tenant la lance de la main droite et portant de la gauche un trophée (fig. 5957); en exergue : romulo conditori ou romulo augusto, titres inspirés par le souvenir de YAugurium A ugustum et qui perpétuent les prétentions dvnastiaues d'Octave et de ses successeurs1. Sous la

République, l’art s’est borné à exploiter la légende des Jumeaux et Virgile donne place à la louve sur le bouclier d’Ënée2. Sous l'inMuence de YÉnéide ont dû être peintes les fresques sépulcrales découvertes sur l’Esquilin qui combinent les épisodes de l’histoire de Romulus avec les aventures d’Énée 3. On en peut rapprocher l’ara Casait 4 et l’une des faces d'un autel découvert en 1881 à Osties, qui est daté de 124 ap. J.-C. Il faut citer encore un fragment du fronton du temple de Rome et Vénus bâti par Hadrien, fragment que complète un bas-relief conservé au Musée des Thermes6 où l'on voit la scène des amours de Rhea et de Mars, avec la louve allaitant les Jumeaux. C’est sans doute à cette œuvre que pensait Juvénal (elle était alors dans sa nouveauté), lorsqu’il décrit le casque dont les ornements sont fournis par cette double scène et par les enfants qu’il appelle les Jumeaux: Geminos Quirinos. Le motif paraît avoir été couramment exploité dans l’ornementation, particulièrement des armures et des insignes militaires jusqu’à la fin de l’Empire6. J. -A. Hild.

ROSARIA ou ROSALIA. — Fête des roses, d’un caractère généralement funèbre et qui rentrait, chez les Romains, dans la catégorie des sacra privata célébrés en famille pour honorer les morts1. Grecs et Latins associaient dans une même croyance dont la gravité était tempérée par la grâce, l’éclat des Heurs qui ne durent qu’un jour et le mystère de la mort qui est le principe du renouvellement des existences [cf. parentalia et feralia] 2. Des textes fort explicites démontrent que les fleurs qui poussaient sur les tombes rendaient aux survivants la personnalité même de ceux qui y étaient enfermés3. De là aussi la coutume d’y apporter des Meurs, d’organiser des cepotaphia’* , de sculpter des guirlandes ou des bouquets au faite des stèles. « Le sang enfante les roses et des larmes sortent les anémones », dit un élégiaque grec6; idée qui est développée ainsi par un autre poète gréco-romain0 : « Des Meurs en grand nombre ont poussé sur le tombeau récent, non pas

1 Cohen, Médailles impériales , II, 773, 1095 ; Bernoulli, Iioem. Ikon. I. c.; Plut. Zlom. 16. 2 .Le». VIII, 630 sq ; cf. Robert, Annali. 1878, 235 et A/o»uim. IO,Tab. LX ;

Servais nous apprend que la description de Virgile est imitée d'Ennius. — 3 Brizio, Pitture e sepoteri scoperti suit’ Esquilino , Roma, 1876 [jroy. fig. 2 1 291- — i Wieseler, Ara Casait, 1844 ; du môme, Denkmaeler der allen Kunst. II, 23, 253, 353 a\ I istolesi, Val. Tab. 4, 96; Brunn, Kleine Schrift. I, p. 41 et 45 ; Notizie, t. Il, 1881. — 5 Raoul- Rochette, Monum. Inéd. Achilléide, pl. vin; Ilelbig, Fuehrer, n 1037, Roem. Mittheil. X, 1295, pi. v. p. 244; Amelung-Hollzinger, Muséums and ruins, fig. 80, p. 139 ; E. Slrong, Uoman Sculpture, pl. r.xxu. — 6 Juv. X[’ 104 S(l- Clau<l. Cons. Prob. 96 sq. ; Sid. Apoll. Carm. Il, 395; cl\ Friedlaender, Juvenalis oper. 1895, II. p. 499. — Bibliographie. Nous ne citons ici que les ouvrages qui ont conservé quelque autorité dans la question, parmi la très copieuse littérature sur le problème des origines de Rome en général depuis mebuhr. Blum, Einleitung in Roms aile Geschichte, Berlin, 1828 ; Petersen, Dissertatio de originibus historiae romanae, 1838; Zinzow, De pelasgicis Roman, saens, Berlin, 1851 ; Schweglcr, Roem. Geschichte im Zeitalter der Koenige, ubinguc. 1867-68; Rubino, Reitraege zur Vorgeschichte Italiens, Leipzig, 1868; horchhammer, Die Gründung Roms, Kiel, 1868 ; Mommsen, Rocm. Forschungen , 1864-79, II, t Sq.; Acca Larentia-, Id. Pennés, t. XVI, p. 1 sq. Die Remus-

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