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mouvement circulaire autour de l’axe, de manière à augmenter par la congestion la douleur des extrémités tendues1. D’autre part, ce supplice di fierai L de celui que l’on pratiquait encore en France, sous le même nom, jusqu'au milieu du xvme siècle; d’après nos anciennes lois, le condamné que l’on rouait devait avoir les os rompus à coups de barres de fer : raffinement de torture qui rendait la mort plus atroce. Chez les Grecs, au contraire, la roue n’entraînait pas nécessairement la mort. Le but semble avoir été surtout d’étirer les muscles jusqu’à provoquer une souffrance intolérable sans mettre en danger la vie du patient2. Aussi est-il très rare de voir appliquer à la roue un condamné qui doit expier son crime par la mort3. C’est, en général, un moyen d’arracher des aveux à un prévenu ou à un témoin4, et, pour cette raison, c’est par excellence un supplice fait pour les esclaves. Il est peu probable que les Grecs l’aient jamais infligé à un citoyen, pas plus qu’aucun autre genre de torture [tormenta] ; du moins, la tradition ne nous en a conservé aucun exemple6. Les Romains n’ont connu le supplice de la roue que par les Grecs; ils l’appelaient « un supplice grec » et s’ils l’ont pratiqué eux-mêmes, ils ne l’ont pratiqué que très tard, à la fin de l’Empire6. On raconte que l’empereur Élagabale faisait attacher ses parasites sur une roue hydraulique, rota aquaria [machina], qui tournait dans l’eau; il les appelait par dérision « ses amis Ixioniques »’. Ce récit même prouve que c’était là une fantaisie inspirée par la légende grecque. En réalité, les upplice de la roue chez les Romains n’apparaît pour la première fois que dans le récit des souffrances endurées parles confesseurs de la foi chrétienne8.
III. — Roue hydraulique ( rota aquaria ) [machina, p. 1467 9 ; metalla, p. 1859, 1860],
IV. — Roue de potier ( rota figularis )10 [figlinum opus, p. 1121, 1122, fig. 3033, 3034] .
La figure de la roue a eu dans l’art des peuples anciens un sens symbolique ; attribuée, par exemple, à la Fortune, à l’Occasion ou à Némésis [fortuna, kairos, nemesis], elle exprime la rapidité avec laquelle se succèdent les vicissitudes de la destinée humaine. Sans parler ici du dieu gallo-romain, qui a pour attribut une roue11, on pourrait mentionner toute une catégorie de monuments, trouvés en Grèce et en Italie, sur lesquels est figurée la roue symbolique ; mais les explications qu’on en a données sont jusqu’ici assez confuses et n’emportent pas la conviction <2.
Pour la roue servant aux enchantements, voir riiombus et TROCHUS. G. Lafaye.
RUBRICA. — Bol rouge, sanguine1, terre dont les anciens se servaient pour colorer en rouge, soit en l’em-
1 Le passage le plus siguificalif est Plaut. Cist. Il, 1, 4. Cf. Martyrol. rom. 23 april. — 2 C'est ce qu'a bien vu notamment Baronius ad Martyrol. roman. 23 april. Cf. Ducauge, s. v. Rota. — 3 Peut-être Anacr. fragm. -1, 3 (ap. Atlien. XII, p. 534 A). — 4 Plut. Aticias , 30, ne fait pas exception. — o Guggenheim. L . c. ; Hermann et Thalheim, Lehrb. d. gr. Antiqu.
H, p. -9, not. 2 ; p. 124, note 4. — f> Ritu graeciensi rota, Apul. Met. ni, 9 ; cf. X, 10 ; Cic. Tusc. V, 9, peut contenir une glose ( rotam-qraecos ), mais elle confirme la tradition. Plaut. Cist. Il, 1, 4, peut être traduit du grec. Il n est question que d'Ixion dans Tibull. I, 3, ,74; Virg. Georg. III, 38; I\, 484; Acn. VI, 610; Sen. Herc. far. 750; Herc. Oet. 1011; Claudian. Rapt. Proserp. II, 335. — 7 Lamprid. Heliog. 24. — 8 Martyrol. rom.
23 april. et Baron, Ad. h. I. Martyres des SS. Félix, Fortunat et Achillée à Valence en I au 212 ap. J.-C. — 'J Ajoutez aux sources Lucr. V. 517. — 10 Xen. Conv. VII,
2; Plat. Rep. IV, p. 4-20 E; Autiphon. X, p. 449 B; Polyb. XII. 15, 6; XV, 35,'
2; Plut. Mor. p. 588 F; Atlien. I, p. 28 C ; Plaut. Captiv. Il, 3, 9; Ep’id. 111. -<[
■>o ; H or. Ars poet. 21. — U Voir la bibliographie de la question dans S. Reinach, Bronzes figurés de la Gaule rom. p. 31-30, 18 Voir en particulier de Wilte, Descr
I ployanl directement sous forme de crayon 2, ou en en frottant un cordeau à tracer [linea], soit en la mélangeant à d’autres substances [inscriptiones]3 destinées à la peinture, à la teinture, aux fards; les potiers faisaient parfois entrer la rubrica ou le (jdX-roç dans la composition de la terre dont ils faisaient leurs vases4.
L’habitude que l’on prit d’écrire en rouge, dans les livres, les initiales et les premières lignes ou tètes de chapitres établit, comme on l’a déjà expliqué [cinnabahis], la synonymie entre les mots rubrica et titulus, qui s’est perpétuée, notamment dans les recueils législatifs, et conservée dans le français « rubrique » 6. E. Saglio.
RUlilS ('PaëSo;), baguette. — 1° Agitateur (xûxvjôpov), baguette dont on se servait dans la cuisine et dans l’industrie pour mélanger les divers éléments d’une préparation liquide ou pour retourner des corps .solides sans y mettre les doigts1. Cet instrument fort simple remplissait à peu près l’office d’une cuiller à pot. Mais il était tout droit et ne se terminait pas par un cuilleron2; par là, il se distinguait de la spatua, très employée aussi pour des usages analogues. Ce n’étaitrien de plus qu’une tige de bois léger, telle que pouvait en fournir, par exemple, la férule ( ferula , vcfpO rfc3). Cependant, on en faisait aussi en fer, notamment pour mélanger le soufre et le plomb en fusion4. A la rudis on substituait, suivant le besoin, la rudicula. plus petite 5.
2° Baguette , bâton , canne , qui jouait dans l’escrime des anciens le rôle d’un fleuret. On dut l’employer d’abord dans les armées pour exercer les soldats au maniement del’épée6. Delà, la rudis passa dans les' troupes de gladiateurs ; elle y devint l’outil indispensable à leur instruction ; c’est avec la rudis en main qu’ils faisaient chaque jour au ludus l’apprentissage de leur art difficile et périlleux [gladiator] 1 . Mais comme ils ne devaient avoir aucune arme offensive à leur disposition avant le jour du combat, il est probable que ce bâton même ne leur était confié que
de la coll. Beugnot. p, 24; Gaidoz, lie o. arch. 1884, II, p. 23, 136, 141 ; 1885, 1, p. 195, 200, 365.
RUBRICA. i La rubrica terra est sou veut confondue avec l’héiuatite, aussi bien qu’avec le minium, jacXto; ou cinabre [color, p. 1329, cinnararisJ ; voir Bliimner, Techn. d. Gewerbe , IV, p. 479 sq. — 2 Hor. Sat. II, 7, 98. — 3 plaut. Truc. II, 2, 39. — 4 pli», Hist. nat. XXXV, 152; Suid. s. v. KtuWSo;
Bliimner, O. c. Il, p. 36; Pottier, Catalog. vas. du Louvre , p. 653. — 6 Schol. ad Pers. X. 90; liubricam vocanV minium quo tituli legum adnotabantur ; Quinlil. Inst. or. XII, 3. 11 ; Cic. In Verr. II, 1, 45, §116, 117 ; Dig. XLII1, 16, etc.
RUDIS. Aristopli. Pac. 654; Bekker, Anecd. p. 48, 28 ; Joseph. Ant. Jud. XVII,
5, 8 ; Cat. li. 79 ; Plin. H . n. XXXIV , 50, 4. — 2 Saus quoi Caton, L. c. ne dirail pas : uersato duabus rudibus. — 3 Plin. L. c.; Diosc. V, 103. — 4 Plin.
B. c. — o Cal. fi. r. 95 ; Plin. H. n. XXXIV, 54, 2 ; Colum. XII, 48. — 6 T. Lit XXVI, 51, 4; XL, 6, 6, çtAtvv) r*-*/.011?* dans Polyb. X, 20, 3, source de T. Liv. XXVI, Si, 4. — 7 Suet. Calig. 32; Ov. Ars am. III, 515; Cic. De opt. gen. orat. 6; Lucil. ap. Cic. De or. 23 ; Tac. Dial, de or. 34; Juv. VI, 248 et Schol. Ad. h. /. : Dio Cass. LXX1I, 19 (S'OOÇ ÇuXivov, vàçÔTjS).