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pendant la durée de leurs exercices. A.u contraire, leur chef, lelaniste, en était toujours muni 1 ;ce n’était pas seulement pour lui un insigne, un bâton de commandement, mais encore une arme véritable, qui devait lui être souvent utile pour réduire à l’obéissance des hommes violents, brutaux par profession et toujours prêts à la révolte. Plusieurs monuments représentent le laniste tenant la /•«rf/sàlamain (fig. 5962 ; gladiator, fig. 3573, 3577,3581). Le jour où le gladiateur lui-même obtient son congé, on lui donne la rudis en toute propriété [rude donatur), parce qu’en général, il n'habite plus au ludus et qu’il ne peut plus y semer le désordre ; on n’a plus rien à craindre de lui; il est rudiarius Ou bien encore il revient au
ludus , mais alors en qualité d’instructeur, il est gradé ; et le bâton, qui ne le quitte plus, est entre ses mains le signe de sa dignité ; il commence par le titre de secunda rudis et peut s’élever ensuite jusqu’au grade de prima ou summa rudis [gladiator]3. D’après quelques textes, il semble bien que le bâton pouvait affecter la forme de l’épée dont il tenait lieu, et la mise en scène de la gladiature était, en général, trop luxueuse pour qu’on n’ait pas cherché à orner aussi cet objet si important. Mais il nous est impossible d’en juger par les monuments qui nous sont parvenus; la rudis n’y est pas autre chose qu’un bâton plus ou moins épais. Georges Lafaye.
RUACINA ('Puxocvt)), rabot. — Cet outil, indispensable aux travaux du menuisier, de l’ébéniste, du charron et, en général, de tous les ouvriers du bois, semble, si l’on s’en rapporte à l’étymologie, avoir été emprunté aux Grecs par les Romains1. La construction du rabot antique ne différait pas sensiblement de celle du rabot moderne ; le
Fig. 5963. — Rabot.
couteau (probablement plana , lâ'tpTj)2 y était inséré obliquement, au milieu d’une monture rectangulaire, dans une ouverture par où
s’échappaient les copeaux [rameuta)3 . On a cru, d après certaines représentations figurées, que le rabot devait être percé de deux ou plusieurs ouvertures4. Mais, outre qu’il serait difficile d’expliquer le maniement d’un outil ainsi construit, les spécimens authentiques qui ont été retrouvés ne justifient pas cette hypothèse. Deux rabots en fer, de l’époque romaine, ont été exhu-
Fig. 5964. — Rabot.
més à Cologne5. L’un (fig. 5963), deOm.363 de longueur, était certainement entouré d’une monture en bois, comme en témoignent les quatre clous verticaux qui ont servi à
l Charis. I, p. 1 13 ; Gloss, lat. gr. Labb. s. v. jiSSo-, Ù tSv UufwtS. xü« „ovo„i,uv — 2 Cic. Phil. Il, “49; Ps. Cic. Epist. ad. Octav. 9; Hor. Epist. f 12- Ov Amor. 11. 9, 22; Trist. (V, 8, 21; Mari. Spect. 29; 111, 36; Juv’ VL 113, Vil, 171 ; Suet, Tib. 7; Claud. 21 ; C. i. I. XII, 4452. - 3 C. i l VI 10170 10201 10202- VIII, 10983; IX, 5906; X, 1928; Allmer et Dissard, 'lnscr.' de Lyon. III, p. 8; Hula et Scanlo, Sitzangber. d.
Akad. in Wien, CXXXII (1895), p. 17, 12, Gagnai el Lafaye, lnscr. gr. rom. III, n. 215.
RUNCINA. 1 Varr. L. I. V, 96, p. 113 M : runcinare a runctna , cujus fuxovr, origo graeca ; Anthol. Pal. VI, 204, 3; cf. 205, 2 (?); Plin. U. nat. XVI, 245 ; Hesycb. s. v. — 2 Arnob. VI, 14; Heysch. Eitou. — 3 Plin. L. c. — 4 Rie h, Dict. d. antigu. s. v. d’après un bas-relief de Rastadt. Voir aussi Grutcr, lnscr. p. 644, 1 ; Helbig, Wandgem. Campan. n. 1408; Blümner, L. c. — 6 Lindenschmit, Alterth. uns heidn Vorzeit, IV, pl. xxi. Couteaux do rabots, Ibid. n. 5 (avec nom du fabri eaot), 6 et I, Heft XII, pl. v, n. 8 - C Niccolini, Mon. di Pompai. I, Casa di Lucrezio. IV, 5 ; Ceci, Piccoli bronzi dcl Museo di Napoli, pl. x, 1. — 1 Varr. L c. ; Arnob V, 28; Minuc. Fel. Oct. p. 23 E; Gloss, gr. lat. s. v. — 8 Garrucci,
la fixer. On peut douter qu’il en fût de même du second (0 m. 325 de longueur). On conserve au musée de Naples plusieurs rabots prove¬
nant de Pompéi (fig. 5 dont le devant a la forme d’une boîte carrée, avec une ouverture au-dessus, par où sortent les copeaux ; le derrière, celle d’une anse servant à pousser et tirer l’outil La figure 5965 représente un menuisier occupé àraboter ( runcinare , puxomÇetv) une planche sur un établi ’. La stèle funéraire d’un ébéniste grec, fabricant de lits (xXstvo7tY)Y<>î, lectarius ; voir lectus)8, nous montre, audessus des autres insignes de sa profession, un outil dans lequel on a cru reconnaître un rabot, quoique la construction en soit assez différente de celle qu’on a vue plus haut. Il semble se composer d’un manche recourbé, qu’une large bande de cuir ou de métal fixe à une lame horizontale; pour s’en expliquer le maniement, il faut supposer qu’il était destiné non pas à polir le bois, mais à y creuser des moulures (fig. 5966) 9.
Quelques textes mentionnent, en effet, une sorte de rabot dont se servaient les sculpteurs sur bois pour fabriquer les statues des Fig. 5966. - Outils d’ébéniste.
dieux10; on ne peut guère voir là
autre chose que le « bouvet », dont la lame, sillonnée d’une ou de plusieurs gorges, est propre à l’exécution des moulures. Georges Lafaye.
RUNCO. — Instrument d’agriculture appelé aussi falcastrum parce que sa forme est analogue à celle de la faux1. C’était, en effet, une lame de fer infléchie (fig. 5967), ajustée à un long manche grâce auquel on pouvait l’introduire dans les broussailles épaisses'2. La runcatio, ainsi se nommait l’opération3, consistait, quand elle ne se faisait pas à la main,4 à enlever, au moyen du runco, les ' mauvaises herbes6 et les ronces6 dans les moissons1, les fourrages8; les légumes, comme les asperges9, les fèves10. Elle devait se faire avec dis-
Pt. ii des énormes déterminées12, plus parti -
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Fig. 5967.
Scrpo.
Vietri ornati di figure in oro , pl. xxxm; O. Jahn, Ber. d. Sachs. Gesellsch. d. Wissensch. 1861, pl. xi, 1 ; f’erret, Catacombes, IV, 22, 14; Blümner, Op. cil.
34 j, fjg 5g> n. 4 9 Provient de l' Archipel. Musée du Louvre, Michon, Bull, de la Soc. des Antiquaires de France, 1900, p. 98, 100 et 300; Héron de Villefosse, Ibid. Mém. LXII, p. 206. Stèle d’un charron de Chypre; Michon, L. c. p. 101 ; cf. Bull. 1901, p. 249 (’?). — 10 Minuc. Fel. Octav. 23 ; Tcrtull. Apol. 12; Arnob. VI, H ; Augustin. Civ. De i, IV, 8 ; Brunck, Anal. 1, 427.
RUNCO. 1 Isidor. Orig. XX, 14, 5. — 2 ld. Ibid. ; cf. Pallad. I, 43, 3. La fig. 5967 reproduit un de ces outils trouvé dans les fouilles de la villa Pisanella. près de Pompéi : .Vonum. d. Accad. dei Lincei, Vil, p. 439, fig. 39. Autres : Musée de Naples, Ceci, Piccoli bronzi , pl. x, 53 ; Mittheil. d. Antiq. Gesellsch. in Zurich, XV, pl. xu 29 el 30. — 3 plin. XVIII, 50, 1 ; Colupiell. Il, 12, 9. On appelait aussi runcatio \es herbes et les ronces qu’enlevait le runco ; Columell. H, 12, 6. —.4 Colum. V, 4,
7 5 II, 11, 5; 12, 6. — 6 Cato, H. 7'ust. 11,4; Pallad. I, 43, 3. — 7 Varro, B.
rust. 1,30 ; Plin.’ Nat. hist. XVIII, 50, 1; Colum. II, 12, 1; XI, 2, 4. - » ld. XI, S, 4; Pallad. III, 6. — 9 Cato, B. r. CLXI, 2. — lOColum. Il, 12, 6. — n ld. Ibid, et ,[' 12, 9. — ' 12 Varro, B. rust. I, 30; Plin. XVIII, 50, 1 ; Colum. XI, 2, 40.
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lièrement au mois de mai 1 ; il faut cependant, comme le fait observer Columelle, exterminer en tout temps les mauvaises herbes2; la runcatio devait donc être frequente3. Régulièrement elle se faisait après la sarritio 4, ou sarclage [sarculum], qui, elle-même, était précédée de l’occaffo[RASTER].L’ouvrierqui maniaitle runco s’appelait runcator 5. Henry Thédenat.
RUMEX. — Arme connue seulement par la mention qui en est faite à côté duspARUM gaulois1.
RUMIIVALIS FICUS [romulus et remus, forum],
RUSTICA RES. — Par cette expression, les auteurs opposent souvent les choses de la vie rustique à celles de la vie urbaine, elles profits qu’on tire de la terre aux gains que l’on fait à la ville, principalement par le commerce et par l’usure *. Rus, c'est tout ce qui, sur terre, n’est pas enclos dans les murs d une ville; c’est la campagne comme la montagne, ce sont les champs et les terres incultes, ce qu’on nommait jadis la friche et ce qu’on appelle aujourd’hui la brousse dans les pays à demi-peuplés2. Rura ne devint l’équivalent de arva que par synecdoche et à une époque relativement récente.
Labrousse défrichée prenait le nom de ager. Selon la façon dont on appropriait cet ager , on avait l’une de ces quatre formes3 qui correspondent aux grandes divisions des traités agronomiques anciens4, comme aux plus récents 3 :
I. Ager sationalis. — Champs ensemencés de céréales, de plantes sarclées alimentaires ou industrielles (Agriculture).
II. Ager consilus. — Terrains plantés d’arbres fruitiers, vergers, oliveraies, vignes, etc. (Arboriculture).