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ancienne que celle loi romaine el remonte à l’indépendance des Samnites. V. Duruy a même reconnu que ce fut, pour ceux-ci, « une cause de guerres continuelles avec les peuples voisins1'* ». Toutes les invasions samnites en Campanie, dans la Lucanie el la plaine de Tarente, n’onl d’autres motifs que la nécessité de mettre les troupeaux à l’abri des froids de l’hiver 1 5, et il est probable que ce furent les Romains qui, ménageant les intérêts opposés des agriculteurs et des pasteurs, canalisèrent cet exode annuel vers les plaines dépeuplées de l’Apulie et la campagne de Diomède16. On y envoyait même les troupeaux de Reate11, ce qui avait été impossible avant la conquête du Samnium par les Romains, le parcours ne pouvant exister que dans les limites d’un même État Avant le traité de 290, les Sabins de Reate et les villes voisines ne pouvaient conduire leurs bestiaux que dans le Latium. Fatalement, cette « large plaine » eut à subir de la part des Sabins les mêmes vicissitudes que les Samnites faisaient éprouver aux plaines de Campanie et de Tarente. Cet état 19 dura jusqu’au jour où les pâtres de Romulus s’installèrent définitivement sur le Palatin. On a prétendu que ces bergers se transformèrent du jour au lendemain en laboureurs et, comme les bina jugera sont insuffisants pour la culture des céréales, on a émis l’hypothèse d’un communisme agricole pratiqué dans l 'ager publicus33 . Par définition même, un terrain de vaine pâture, ager publicus, ne peut être cultivé. Dans tous les pays où existent encore le parcours et la vaine pâture, les propriétaires qui veulent cultiver doivent enclore avec soin leurs champs 21 .
Ce n’est qu’à partir du règne de Numa qu’on commence à trouver les premiers indices d’une culture des céréales, mais les Latins cherchèrent toujours à tirer profit de la nécessité où se trouvaient les Sabins de recourir au parcours et de faire hiverner leurs bestiaux dans la plaine. C’est pour cela qu’on transforma les moins bonnes terres du Latium en prés ou prairies. Caton nous a conservé un modèle de location de prairie pour l’hiver, des calendes de septembre aux calendes de mars22. Le profit était bon; on augmenta les pâturages et quand la petite propriété rurale fit place aux latifundia, i la campagne romaine reprit cet aspect si spécial que nous lui voyons aujourd’hui et qu’elle avait conservé, au moins, jusqu’au règne de Numa.
Troupeaux. — Les. Latins distinguaient : 1° Varmentum formé d’animaux destinés à aider l’homme dans ses travaux : bœuf, mule, cheval, âne23; 2° le grex, composé d’animaux dont on tire un revenu comme le lait, la laine, la viande : brebis, chèvre, porc2'*.
boves , pueri ; submittite tauros (46), elc. — 17 Varr. De r. rust. Il, 2. — *8 C’esl. pour cela que la transhumance n’existe point en Grèce jusqu'à l'unificalion du pays par les Romains. Avant la cession de la Thessalie au royaume de Grèce, les bergers de l’Olympe venaient hiverner dans les plaines de Bithynie ; maintenant, il n'y a plus que les pâtres albanais ou macédoniens qui puissent faire ce parcours.
— 19 C’est ce que montrent les anciens mythes de Saturne, le « bon semeur », de Cacus, de Géryon, elc. L’histoire des colonies primitives du Latium ressemble trop à celles des premières colonies d’Apulie, pour que tous ces récits soient purement légendaires. — 20 Mommsen, H. rom. Paris, I S63, I, p. 250 el 251, cf. p. 50, 95, etc Voir également Puchta, Cursus der Institut. 1893, I, 540 ; B. Büchsenschlüz, Bemerk. ub. die rom. Volkswirtsch. der Kônigszeit} 1886, p. 11 qui ont adopté cette hypothèse. — 21 II est impossible de retracer ici l’histoire des clôtures et de la vaine pâture dans tous les pays qui formèrent jadis l’Empire romain, mais, pour les anciennes coutumes et la législation française, on trouvera un résumé suffisant dans Belèze, Dictionn. de la vie pratique , s. v. Parcours. — 22 De ag. cuit. 149. — 23 Colum. VI, pr. qui ajoute que tous les bestiaux qui forment Varmentum sont appelés jamenta, de juvare aider, ou armenta , de arare , labourer.
— 2'» Le porc est rangé dans cette catégorie non pour sa viande, mais pour le revenu des cochons de lait.
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Bœuf(bos). — Il est possible que la race des bœufs à longues cornes, que l’on voit dans la campagne romaine, provienne des bœufs d’Épire dont parle Aristote1. En tout cas, elle diffère complètement des taureaux et des vaches représentés sur les monuments dans lesquels on peu treconnaître des types italiens, notamment les lingots servant de monnaie marqués à l’empreinte du bœuf [as, fig. 546] ou les scènes de sacrifice [voir iig. 2474, 2488, 4692, 4872], sacrificium] a . Columelle compte quatre races bovines en Italie : 1° la campanienne , pelage blanc, taille petite, peu de force ; 2° l’ ombrienne , pelage blanc, parfois rouge, grande taille; 3° Y étrusque, animaux massifs et forts; 4° Yapennine, moins belle que les précédentes, mais plus forte et plus rustique. Toutes ces races étaient si peu laitières qu’on faisait venir des vaches des Alpes, des revue pour allaiter les jeunes veaux italiens3. Quand on n’avait point cette ressource, on donnait aux petits un supplément de nourriture composé de fèves broyées et surtout de vin, mais il était de règle de les laisser téter pendant un an pour qu’ils devinssent plus forts1 *. On comprend que ces vaches italiennes fussent incapables d’allaiter leurs petits pendant douze mois, puisqu’elles devaient vêler chaque année. Elles mettaient bas au printemps et on les accouplait à nouveau, au mois de juillet3. C’est qu’en Italie, comme en Grèce, les bœufs ne sont pas, à proprement parler, des animaux de boucherie, mais des bêtes de trait, et Virgile compare toujours l’élevage de ces animaux à celui des chevaux6.
Quand toutes les vaches du troupeau avaient vêlé, on triait les jeunes et on en faisait trois lots7: 1° les animaux destinés à repeupler le troupeau, pecori submittere habendo)\ 2° les victimes des sacrifices ( aris servare sacros ), ou les prémices ; 3° les bœufs de travail ( scindere terram ), dont la vente constituait le principal revenu des éleveurs. Les veaux, ainsi classés, étaient marqués de signes spéciaux au fer rouge 8. A un an, les veaux cessaient d’être subrumi 9, c’est-à-dire de téter ; c’est alors que, dans certains pays, on les châtrait; il semble cependant qu’en Italie, on ait attendu qu’ils eussent acquis plus de force et qu’on ne faisait subir cette opération qu’aux bovillons de deux ans10; c’est alors qu’on commençait à les dresser à la charrue11, afin de pouvoir les vendre à quatre ans. C’est à cet âge que les cultivateurs les achetaient pour les faire travailler. Ces bœufs de trait étaient tenus à l’étable et on les nourrissait comme Caton l’indique en détail l2.
Mouton ( ovis ). — - On élevait les moutons pour leur laine [lana] (si tibi Innitium curae... 13).
Les races de choix étaient donc celles qui avaient la toison la plus blanche et la plus fournie. Les moutons devaient avoir de la laine autour du cou, sur la tête jusqu’au nez et, surtout, sous le ventre11. Toute brebis, ventre glabro, était appelée apica 13 et rejetée du trou-
1 Hist. anim. III, 10; cf. Aelian. H. an. XII, 2; Plin. H. nat. VIII, 09.
2 Cf. S. Reinach, ftépert. de la statuaire , I, p. 108 sc| . Il, p. 730 sq ; III,
P- 211- sq. — a Colum. VI, 24; Virgil. Georg. III, 170-177. — 4 Colum. VI,
-K 3 Columelle admet cependant que si les pâturages sont peu abondants,
la vache ne doit vêler que de deux ans l'un. — 6 Georg. III, 49-209. — 7 Vir¬
gil. Georg. III. 157-101. — 8 Virgil. Georg. I, 203; 111,158. — 9 Varr. De
r. rust. Il, 1. — 10 Colum. VI, 26. — n Virgil. Georg. III, 163. — 12 De
ug. cuit. 60. — 13 Virg. Georg. III, 384. Le parallèle entre la brebis et
la chèvre se continue et le vers 394 commence par ; At cui lactis amor qui
concerne les chèvres, puisqu’il est question non des agni mais des haedi au
vers 398. — 14 Varr. De r. rust. II, 2. — 15 Festus ap. Paul Diac. s. v. ; cf.
Win. U. nat. VIII, 75.— 10 Virgil. Georg. III, 387-390.— n Varr .De r. rust. Il,
peau; preuve qu’on estimait plus la quantité de la laine que sa qualité. On rejetait également les béliers qui avaient des taches noires dans la bouche, à la voûte palatine, parce qu’on craignait que leurs agneaux n’eussent la laine noire ou bigarrée16. C’est encore pour mieux ménager la toison et la préserver de toute souillure qu’on changeait si souvent la litière des bergeries17 et qu’on menait paître les moutons dans des endroits où il n’y avait ni ronces, ni épines 18.
On a vu précédemment le système suivi par les pasteurs pour l’élevage du mouton. Les agriculteurs, au contraire, gardaient les moutons dans la ferme et les nourrissaient toute l’année, soit à l’étable, stabulum , soit aux champs, où on les parquait après la moisson 10 . C’est le même système que nous suivons dans la Brie.
Chèvre ( caprn ). — Les Italiens élevaient des chèvres pour avoir du lait [lac]. Les troupeaux devaient donc rester près des villes où le berger allait, dès l’aurore, vendre la traite de la veille au soir20. Columelle recommande de n'avoir que cent chèvres là où on pourrait élever commodément mille moutons21; les étables, stabula, devaient être tenues avec le plus grand soin ; on les balayait chaque matin; on enlevait les déjections, la boue et tout ce qui pouvait y entretenir l'humidité. Les chevriers étaient choisis parmi les bergers les plus robustes et les plus actifs22, contrairement à ce que l’on faisait dans les pays grecs.
On s’arrangeait pour faire naître les chevreaux au printemps i> quand les taillis se couvrent de bourgeons et les bois d’un tendre feuillage23 ». De deux chevreaux, on réservait le plus robuste pour recruter le troupeau : le plus faible était vendu ; cetera mercantibus traduntur '2i.
Cochon (sus). — Il y avait deux races de porcs25; les uns, véritables cochons domestiques, à peau glabre ou à soies blanches, étaient choisis par les petits cultivateurs qui voulaient élever un ou deux porcs avec les débris de cuisines et les résidus de laiterie26. Les animaux, qui vivaient en troupeau, dans la montagne, ressemblaient davantage au sanglier ; ils avaient les soies noires, dures, épaisses. L’été, ils restaient dans les forêts et s’y nourrissaient de caroubes, d'arbouses, de cornouilles, de prunes et de poires sauvages; ils revenaient à la fin de l’automne 27 pour passer l’hiver dans des porcheries où on leur donnait à manger des glands fumés ou conservés, soit sur des planchers, soit dans l’eau des citernes 28.
On cherchait à ce que les truies eussent leurs petits en juillet ; les éleveurs qui tenaient à avoir deux portées par an, devaient vendre les porcelets de la seconde portée, non comme sacres, mais comme cochons de hiil, porci2'2 [ciBARiA, p. 1159], car ces jeunes animaux supportent difficilement les froids de l'hiver. Les verrats n’étaient châtrés qu’à l’âge de trois ou quatre ans 30.
Al. Sorlin Dorigny.
2. — 18 Virgil. Georg. III, 385. — 19 Cat. De ag. cuit. 30; Varr .De r. rust. I, 53;
II, 2; Plin. H. nat. XVII, 9 et XVIII, 23. — 20 Virgil. Georg. III, 402. — 21 vil, 6.
— 22 Jb. — 23 Jb. cf. Plin. H. nat. VIII, 70. — 21 Colum. VU, 0. — 25 Colum. De r. rust. VII, 9. — 20 Dans la location des troupeaux de mouton, on stipulait que le petit lait de dix brebis serait réservé pour la nourriture d'un porc (Cat. De ag. cuit. 150). — 27 Virgil. Georg. 11, 520. — 28 Colum. VII, 9. — 29 Varr. De r. rust.
I, 2, cf. De ling. lat. \, 97, où Ion indique une étymologie Sabine ou grecque.
— 30 Colum. VII, 9; pour les détails sur la castration, cf. Jb. 11. — Bibuo- % ouaphie. Outre les ouvrages déjà cités, ou doit signaler : généralités : Mongez,
Sur tes instruments agricoles des anc. (Mém. de l’acad. des inscr. II.
1815, p. 616; III, 1818, p. I); F. -G. Schulze, Antiquitates rusticae, leu. 1829; P.-W. Forchhammer, Landuoirthschaftl. Mittheilung. a. d. class. Alterlh. (Ciel.