j j v , n ig • reus violatae leqis
-33 Theod. 1 (8.3 80), Cod. Theod. X, 10, li.reu 36 Theod
, V 10 ,c 36 Valent. I (a. 384), Cod. Theod. VI, 5, -
(a. 36.), X, , ■ 31 Theod p (a. 405), Cod. Theod. X, 10, -
l(a' !!] 'm'i ; ^ - « La eonstitulion es, adressée au préfet d Italie
33 lbld. (a. 409), II, 4, 30. L J0 ^ (a 387)> VI, 24, 4.
Eusignius; cf. Borghesi, Œuvres, t. X, p. 50..
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tiquer les choix faits par l’empereur, Valentinien II considère leur conduite comme un sacrilège (, sacrilegii instar) et leur intlige une peine de 10 livres d’or Ed. Guy.
SACRORÜM TURBATIO. — Une loi d’Arcadius et d’Honorius, de 398, contre les injures adressées publiquement au culte chrétien et à ses ministres, punit de la peine capitale tout trouble apporté à l’exercice du culte dans les églises, toute dégradation des édifices1 [sacrilegium, p- 985], Justinien maintint cette pénalité contre la sacrorum turbatio , mais ne frappa plus que de l’exil les outrages aux prêtres2. La violation du droit d’asile des églises était assimilée à la lèse-majesté 3 . O. Humbert.
SAECULARES LUDI. SAECULUM. — Parmi les fêtes de tout ordre, cérémonies religieuses compliquées de réjouissances populaires qui, sous le nom de ludi, se succèdent au calendrier romain [ludi], celles qui sont connues sous le nom de jeux séculaires méritent, malgré la rareté qui en est le caractère distinctif, une mention toute particulière1. Leur histoire, assez sommaire pendant longtemps, a grandi en intérêt du jour où une découverte de premier ordre l’a fait passer du domaine de la littérature dans celui de l’archéologie; cette découverte n’a pas seulement éclairé la question spéciale des jeux publics chez les Romains; elle a jeté des lumières précieuses sur plus d’un problème d’ordre religieux et même politique.
I. Vidée du saeculum. — Ce qui les distingue de tous les autres, c’est qu’en principe ils ne sont célébrés qu’une fois par siècle2. Ainsi que le proclamait le héraut chargé de les annoncer à Rome, ceux qui allaient y assister ne les avaient jamais vus dans le passé, ne devaient jamais plus les revoir dans l’avenir3. Les fêtes séculaires marquent la fin d’un siècle et elles inaugurent un siècle nouveau. Mais la notion du siècle, dans l’antiquité grécoromaine, n’a pas eu universellement la précision mathématique qui s’y attache aujourd’hui. Un premier coup d’œil sur l'histoire des fêtes séculaires à Rome ne rencontre même que confusion et incertitude L C’est qu’il y eut, pour le moins, trois façons différentes d’entendre le siècle et qu’aucune d’entre elles ne réussit à exclure entièrement les deux autres, des combinaisons politico-religieuses continuant de les exploiter toutes.
Il y eut la conception du siècle suivant la nature qui ne s astreint à aucune règle mathématique ; et il y en eut d’autres fondées sur des calculs humains qui prenaient leur point de départ et la mesure de leur durée dans des faits sinon variables du moins contingents. De cette espèce est le siècle juridique [civile], le seul que nous admettions aujourd’hui, et surtout le siècle reli-
1 IbUI. (a. 384), I, 6, 9; cf. Cod. Just. IX, 29, 2.— Bibliographie. Van Vredenjurck, De sacrilegio, 1832; Rein, Das Criminalrecht der Borner, 184-4- ; Albert esjaidins, Traité du vol dans les principales législations de l'antiquité et spéciaement dans le droit romain, 1881 ; Morilz Voigt, Die XII Tafeln. Geschichte und ystem des Civil und Criminal Rechts, wie-Processes, 1883, t. [I, p. 558 ; Mommsen, Rômisches Strafrecht , 1899 (traduction par J. Duquesne, 1907, t. H, p. 272;
3Ut, t. III. p. . j \ye;sg, Christenverfolgungen, 1899 ; P. Allard, Histoire des peiSLcutions, t. pr} éd. 1903 ; C. Callewaert, Revue des questions historiques ,
t. LXXIV, p. 28; 1904, t. LXXVI, p. 5 1 1905, t. LXXVII, p. 349 ; Édouard Uq’ Les institutions juridiques des Romains, t. II, édit. 1908, p, 788.
SACRORUM TURBATIO. 1 C. Th. 16, 2, 31. — 2 Nov. 123, 31. - 3 C. Just.
lud'ECÜLARES LtFDI SAECUÏ.UM. Iludi III, 2, p. 1374. — 2 Fest. Saeculares Il J’ 31 / Epit. p. 284, 285 ; cf. Censor. De die nat. 17, 2, 5, passim ; Zosim.
' ~ 1 ®llot' Claud. 21 ; cf. acta; Ephëm. epigr. VIII, lignes 54, 56. — 4 Varie
Muell 1 V1' U 1 Censor- °P- cit- 17> 13 et 15 ; ef. 8 et 9 ; Aug. Civ. D. III, 18; eeke, Die Etrus/cer, II, p. 332; Mommsen, Chronologie, p. 175 ; Ephem.
gieux, le plus élastique et le plus arbitraire de tous.
A l’origine des liltératures, à Rome aussi bien qu’en Grèce, on mesurait la vie d’un peuple par celle des générations d’hommes qui le composaient. Chez Homère et chez Hésiode, ce sont les mots y sv£7) , yévoçet ouiov, l’un et l’autre se retrouvant chez les Latins, sous les formes généra et aevum , qui exprimentla durée, d’ailleurs indéfinie, d’un ensemble contemporain de vies humaines5. La première tentative en vue de répartir l’existence de l’humanité en général suivant la mesure des vies particulières est à chercher dans la poésie hésiodique ; c’est là qu’on trouve, formulé en mythe, un système de cinq générations successives en qui se résume l’histoire de l’humanité jusqu’au temps du poète 6. De même chez les Latins, mais sous une forme purement abstraite, c’est le mot saeculum, presque toujours écrit saeclum jusqu’au déclin de la République (surtout chez Lucrèce, lequel ne connaît que cette forme),’ qui exprime l’idée des êtres vivants, hommes ou animaux, en tant qu’ils durent ensemble, au cours d’une même période indéterminée 7 . La linguistique moderne a ramené ce mot au radical sa, saat, semen en latin et l’a rapproché de y svoç en grec8. Au point de vue de la signification, les anciens déjà assimilaient saeclum à a’ûov, l’un et l’autre excluant toute notion de durée précise. Cette indétermination même devait éveiller les préoccupations religieuses.
Ce sont les aruspices étrusques qui, les premiers, cherchèrent au siècle un point de départ et une durée mathématique ; et voici comment ils résolurent le problème 9. De même que l’année embrasse la vie et la mort de la végétation, il y a, au regard de la vie des hommes, une période au cours de laquelle s’accomplit, pour tous ceux qui sont nés le même jour, l’évolution totale de leur être physique et moral. Le siècle équivaut comme durée au plus long âge d’un homme ; il commence quand cet homme naît, il est achevé quand cet homme meurt10. Mais si la durée du siècle est ainsi définie, théoriquement, rien dans la succession continue des individualités ne permet d’en fixer le point de départ. Et, de fait, on s’avisa que le siècLe n’existait que par rapport aux nations", de sorte qu’il est, par son début comme par sa conclusion, un fait qui échappe à l’observation ; seule la science surnaturelle des augures est en mesure de dire, sinon quand un siècle commence, du moins quand il doit finir et suivant quelles étapes1'2. Partant de ces principes, les aruspices étrusques attribuaient à leur propre nation une durée de dixsiècles, aux autres peuples une durée variable qui dépendait de leur histoire, c’està-dire de l’arrêt du destin. A la nation romaine ils en
epigr. ibid. p. 252; Preller-Jordan, Roem. Mythol. II, 85 sq. ; Marquardt-Mommsen, Handbuch, VI, p. 390 sq. ; Riese, Rhein. Mus. 1865, p. 295; Helbig, Bullett. delt' Inslit. 1876, p. 227 sq. — 6 Hom. 11. I, 250; II, 707 ; III, 215 et passim ; le pluriel seulement une fois, dans le premier de ces passages; Hes. Op. et dies, 109 sq.; 90-93; et les commentateurs. — 6 Preller, Griech. Mythol. I, p. 67 sq.
— 7 I.ucr. 1, 21 ; 598 ; II, 77 ; V, 340 ; III, 754 etc. ; Cic. Sen. 7 ; Serit arbores quae alteri saeclo prosint (citation d’un vieux poète). Cf. Virg. Aen. VI, 7, 93 : Aurea condet saecula ; et Georg. Il, 295 ; Multa virum volvens durando saecula
vincit. Cf. Buecheler, chez Polie, De artis vocabulis Lurent, p. 57. 8 Vanizoek,
Griech. Latein. Wôrterbuch, p. 970 ; cf. Bréal et Bailly, Dictionn. ctymol. p. 317 : l'idée du siècle est sortie de celle d’âge ; Mommsen, Roemisch. Forschungen, II, p. 59. — 9 Censor; Op. cit. 17, 13 ; cf. Mueller-Deeke, Die Etrusker,
II, p. 309. — 10 Censor. L. c. 17, 2 el 5 : Spatium aetatis humanae longissimum.
— 11 Preller-Jordan, Roem. Myth. Il, p. 85. — 12 Censor. 17, 15; Sidon. Apoll. Carm. Vil, 55; Claud. Bell. Get. 265 sq. ; Varr. ap. Serv. Aen. VIII, 526; Cic, De har. resp. 9, 18. Cf. Mueller-Deeke, Op. cit. Il, 314; Bouché-Leclercq, Hist. de la divination, t. IV, p. 90.
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accordaient douze et ils trouvaient ce nombre dans celui des douze vautours que Romulus vit apparaître sur l'Aventin lorsque, avant de fonder la ville nouvelle, il procéda à Y Augurium Augustum *.
Cependant l’esprit romain ne se contentait pas de cette mesure du siècle qui, tout en définissant l'idée de génération, laissait à l'arbitraire la fixation du point de départ et faisait varier la durée : ils cherchèrent une moyenne et il est probable que c'est la mesure du lustrum, introduite dans l’organisme fiscal et administratif de Rome par Servius Tullius, qui la leur fournit : le siècle au sens juridique ( civile ) fut pour eux une durée de vingt lustres ou cent ans2. Tous les ans, en vertu d'une coutume, venue elle aussi d'Étrurie, le praetor maximus plantait un clou dans la paroi qui, au temple de la Triade Capitoline, séparait la ce/la de Minerve de celle de Jupiter [clavus]. Ce clou qui, au sanctuaire de Nortia à Volsinies, exprimait la volonté immuable de la destinée, servait ainsi chez les Romains à dénombrer les années : indices numeri annorum 8. On manque de textes précis pour le début de cette pratique comme aussi pour la limitation solennelle du siècle, après les cent ans révolus. Cela seul est une preuve que si le siècle juridique était accepté par l'opinion romaine comme ayant une durée de cent ans, le siècle naturel, dont l'art augurai avait fait le siècle religieux, gardait ses droits; et ainsi s’expliquent les variations qui, sans doute à partir de l’an 500 de Rome, où commença la notation régulière par années des prodiges dans les Annales des Pontifes *, brouillèrent le calcul des siècles depuis les origines et firent la partie belle aux combinaisons futures.
C'est, d’ailleurs, à cette époque que la notion du siècle paraît avoir été exploitée pour la première fois par les livres sibyllins et par les magistrats chargés de leur interprétation3. En l’an 505 de la fondation (-49 av. J.-C.), ceux-ci la mêlèrent au culte des dieux souterrains, Dis Pater et Proserpine, pour la célébration des jeux larentins. Avec la date de 737 (17 av. J.-C.), cette année est la seule qui nous offre, pour la détermination des siècles avant l'ère chrétienne, un point d’appui sûr et historiquement garanti6. Mais que Ion calcule en remontant vers les origines ou en descendant vers la fête de l'an 17 av. J.-C., ni le siècle de cent ans, ni toute autre durée régulière du siècle ne saurait expliquer soit la date de 249, soit son rapport avec l’année 17. La confusion s’accroît encore si l’on constate que des jeux séculaires ont pu être célébrés à Rome (la chose n est pas suie) en 1-tG av. J.-C. ; si enfin, au siècle suivant, nous nous avisons que ceux qui auraient dû tomber, soit en 49, soit en 40, selon qu’on se règle sur le point de départ (249) ou sur
1 Romulus et Remls, p. 892; Schwegler, lloem. Gesch. etc. 1, p. 440 sq.; S. Reinach.C. r. Acad. /nscr. 1906, p. 185. -2 Varr. Ling. lat.X I, 11; Censor. 17,8; 13,15; Gaius, Digest. 7, 1, 56; Fest. p. 328 et 329 ; cf. Mommsen, Chronol. p. 175s<|. ; Marquardt-Mommsen, Bandbuch , VI, p. 390. - 3 T. Liv. VU, 3; Hor. Od. I, 35, 18; 111, 24, 5- cf. Cic. Ve r. V, 21,53; Pelr. Sat. 71; Plant. Asin. 1, 3, 4. Cf. PrellerJordan, Hoem. Àlyth. I, p. 258 sq. el II, 189; Mueller-Deeke, Op. cil. Il, p. 309. — 4 Snr l'importance de l'année 500 U. C. au point de vue chronologique, v. Ëernays, RU ein. Mus. iX. sér. XU, p. 436; et pour le détail des divergences et la confusion qui en résulta, Marquardt- Mommsen, L. c. p. 387 sq. ; Mommsen. Ephem. epigr. VIII , p. 234 sq. - 6 Varr. ap. Censor. 17, 8 . T. Liv. Epit. 49; Val. Mas. il, 5, 5 ; Aug. Cir. D. 111, 18 ; Comment. Cruq. Ilor.' Carm. saec. I ; cf. Carier, chez Roscher, Ausf. Lexikon, lasc. 5G, p. 3143 et 3145. Diehls, Sibyllinische Rlaetter , a affirmé, mais non démontré, que c'est en 249 av. J.-C. que les ludi saeculares se sont substitués aux ludi tarentini-, vid. infra. Il; le conflit des deux siècles, celui de cent ans (civile saeclum) et celui de cent dix ( naturelle our eligiosum), date probablement de ce moment. - 0 Les jeux de 146 ,608 V. C.) sont cités par Censor. 17, 1 1 el T. Liv. Epit. 49; Valerius AnUas les plaça, t irois ans plus tôt ; mais ce sont les annalistes subséquents, Pison Calpurmus, Cn.
la dérogation du siècle subséquent, n’ont pas eu lieu du tout, à raison de la guerre entre César et Pompée1. Ce n’est pas tout encore : de nombreux prodiges ayant épouvanté le monde en l’an 88 (006 de la fondation), l’année où avait commencé la grande lutte entre Syllaet Marius, où Mithridate en Orient menaçait la sécurité de l’empire, les aruspices d’Étrurie avaient vu dans ces événements la fin du siècle et le début d’une ère nouvelle s. De même en l’an 44(710 de la fondation)1, le jour des funérailles de César, une comète se montrant dans le ciel, l’augure Vulcatius, dont le nom seul indique son origine Etrusque, déclara devant l’assemblée du peuple que l’étoile signifiait la fin du ixe et le commencement du xe siècle, non pas de Rome, ce qui est impossible, mais d’Étrurie <J. Et pour donner du poids à ses paroles, il annonça sa propre mort, en punition d’un secret qui aurait dû rester celui des dieux. L’histoire rapporte qu’il mourut, en effet, devant le peuple assemblé, après lui avoir ainsi interprété le phénomène céleste. Mais ni sa mort, ni sa révélation ne jettent du jour sur la durée du siècle. La seule chose qui est certaine, c’est que, sous l’influence des livres sibyllins, on délaissa, sans doute à partir de 000, la mesure du siècle par vingt lustres pour adopter celle qui fut consacrée par les jeux séculaires de l’an 17 (737), la mesure de 110 ans10. C’est alors que, en vertu de calculs rétrospectifs, sans souci de la réalité historique, on créa de toutes pièces une ou plusieurs traditions de la répartition des siècles ”, de sorte qu’il nous faut nous orienter entre elles, sans avoir la ressource ni de les mettre d'accord, ni même, le plus souvent, de nous expliquer leurs divergences. A nous en tenir aux deux systèmes principaux (mais il y en eul d’autres), l’un reposant sur la durée de. cent, l’autre sur celle de cent dix ans, nous remarquerons d’abord que leurs points de départ diffèrent. Le premier date de l’an 245 de la fondation de Rome, c’est-à-dire du règne de Tarquin le Superbe ; le second de l'an 298, qui est celui du consulai de M. Valerius et de S. Verginius. Ensuite nous notons que tous les deux aboutissent à l an 738 (10 av. J.-C )12, ce qui prouve qu'ils ont été calculés en vue de cette date, celle des jeux célébrés par Auguste. Il est clair qu'il s’agissait de la légitimer par tous les moyens et de mettre d'accord les siècles sibyllins ou religieux avec les siècles civils; voici le tableau qui permet de comparer:
Saeculum civile ( 100 ans). — Saeculum sibyllinum (110 ansl.
Ann. U. C.
Ante Chr.
Ann. U. C.
Ante Chr.
Gellius, Cassais Hemina qui donnent la première date ; Varron et T.-Live ont suivi Valerius. — T. Liv. ap. Censor. 17, 9 ; Dio. Cass. 54, 18. Mon. Ancyr. 4, 36, 37 Tac. Ann. XI, 11. — » Cic. Harusp. resp. 9, 18 ; Serv. Aen. VIH, 526 ; cf. Mueller- Deeke, Op. c. Il, p. 31 3. Cf. Plut. Syll. 7 ; Suid. citant Tite-Live et Diodore.
— 9 Serv. Bucol. 9, 47, d'après les mémoires d'Auguste (De memoria vitae suae) cf. Carlault, Elude sur les Bucoliques de Virgile , p. 218 sq. — )0 II n est pJ' impossible que la date de 660, si voisine de l'année caractéristique de 666, ait précisé dans certains esprits la mesure du siècle par cent dix ans ; cf. Varr. De génie populi romani, ap. Aug. Civ. D. XXII, 28, sur la période des quatre cent quarante ans durant laquelle se fait la palingénésic, le renouvellement des existences !■"' maines. — 11 V. Carter, chez Roscher, Op. cit. p. 3146 sq. ; Bergk, Augusti rer «’» a se gestarum index , p. 75, croit que les séries n'ont été calculées rétrospectivement que sous Septime-Sévère, lors des septièmes fêtes séculaires, suivant le canon des cent dix ans ; ies chiffres ci-après et toutes les circonstances de l’organisation trouvée sous Auguste plaident pour l'initiative de ce dernier. Four les divergences, v. Marquardt-Mommsen, Handbuch, VI, p. 389. - 12 Vid. infra. III, les raisons qui on fait devancer d’un an la dale de 738 pour la célébration des cinquièmes jeux séculaucs.
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Seule la série sgbilline est régulière, mais iaclice , la série civile repose sur une base historique moins fragile, et c’est pour cela, sans doute, qu’elle déroge le plus souvent à la règle des cent ans. On y surprend l’intervention fréquente de la gens Valeria1, au début d’abord et en l’an o05 de Rome qui a, dans la question des jeux séculaires issus des jeux tarentins, une importance particulière. Pour le surplus, c’est sans doute à expliquer les écarts et les confusions que travaillèrent, à l’aurore de l’Empire, et les historiens et les archéologues. Ainsi Varron, qui écrivit un traité De saeculis 2 et mourut dix ans avant les fêtes de l’an 17 ; puis Vendus Flaccus, dont Festus nous a conservé sommairement l’opinion, et qui mourut l'année même des fêtes a ; enfin Ateius Capito, le célèbre jurisconsulte, qui conseilla l’empereur et réussit, à force d’ingéniosité, à justifier la date souhaitée par lui4. Constatons, d’ailleurs, que celte tradition si péniblement forgée ne s’imposa pas à l’opinion, malgré l’éclat dont devaient briller les fêtes qui en sont sorties sous Auguste. Après comme avant, le calcul des siècles resta livré à l’arbitraire, sous cette réserve qu’au lieu de déroger à la fois à la règle des cent ans et à celle des cent dix, ou voulut bien, sinon en fait, du moins en principe, suivre soit l’une, soit l’autre3.
La littérature des dernières années de la République nous fournit sur la conception du siècle, tout au moins chez les esprits cultivés, d’autres témoignages qui nous ramènent d’une part au mythe des âges suivant Hésiode, d’autre part aux spéculations pythagoriciennes sur les révolutions (âvaxûxWiç), la décadence graduelle (à-rcoxa- TXffxasi ç) et la régénération de l’humanité (iraXi^Yeveata) B. Nous avons cité déjà Varron qui, dans ses Libri rituales, dont faisait partie un traité De Saeculis , semble avoir mêlé les leçons de la sagesse hellénique à l’application de la théorie du siècle suivant les Étrusques. Un écho intéressant de ces idées est à chercher dans la quatrième Eglogue de Virgile qui est de l'an 40av. J.-C., c’est-à-dire quelle succède, à peu d’années près, à la prédiction de l’augure Vulcatius, le jour des funérailles de César1. Dans cette églogue, qui célèbre l’avènement au consulat d’Asinius Pollion, il est question du dernier siècle prédit par la sibylle; d’une nouvelle grande année qui va commencer pour le monde, de l’âge d’or qui s’annonce; de la naissance d’un enfant merveilleux qui doit en être l’incarnation etque Virgilen'a pas autrement déterminé8. Cette églogue est un curieux symptôme de l'état des esprits, à l’heure où la République romaine s’écroule,
où un pouvoir nouveau s'organise et promet la fin d une longue série de guerres et de désastres. Elle prou\ e, pour sa part, que si les livres sibyllins, renouant le présent au passé lointain, invitent à célébrer une ère meilleure, alors que tous les calculs sur la durée rituelle du siècle semblent exclure une idée de ce genre, cette idée était en quelque sorte dans l’air9. Elle va mûrir pendant quelques années encore, jusqu’à ce que Octave, devenu Auguste, inscrive dans l’histoire des siècles la date précise qui y manquait jusqu’alors, date autour de laquelle et parfois contre elle vont entin se déterminer et les siècles du passé, demeurés vagues et incomplets, et ceux de l’avenir. Et c’est ainsi que Virgile, qui n’a pas vu les jeux de l’an 17 inaugurant l’ère nouvelle, y aura collabori pour sa part, vingt-trois ans avant que son ami Horace en écrivit l’hymne officiel.
II. Jeux séculaires et jeux tarentins. — 11 résulte de cet exposé que les seuls jeux séculaires ou soi-disant tels qui aient été célébrés à Rome avant Auguste sont ceux de l’an 249 av. J.-C. (50o U. C.)10. Il furent ordonnés par les oracles sibyllins et organisés par le collège des Deeemviri sarris faciundis 11 , avec la préoccupation de remédier aux maux et aux périls dont la première guerre punique 12 menaçait l’Itafie. Ces fêtes se greffèrent sur un culte de famille propre à la gens Valesia ou Valeria , culte dont la tradition, moitié historique, moitié légendaire, a dùêtre établie par l’annaliste Valerius d’Antium u. Mais à l’imitation des annalistes de son temps (le fait est démontré pour Fabius Pictor;14, il traitait avec une complaisance spéciale et, au besoin, il arrangeait la chronique des événements anciens pour la faire servir a la vanité ou aux intérêts politiques de sa propre famille1'. Ainsi il établit, en remontant vers les origines, une série de fêtes analogues qui toutes peuvent se réclamer d’un haut magistrat appartenant à la gens Valeria. En fait, celles de l’an 249 nous sont connues par des témoignages qui nous mènent seulement aux derniers temps de la République; ces témoignages nous ont été conservés par Zosime, historien byzantin de la deuxième moitié du ve siècle ap. J.-C., qui les avait pris chez Phlégon de Traites, affranchi de l’empereur Hadrien, lequel a dû puiser chez le compilateur grec dont s’est servi Pline l’Ancien pour la composition d’une partie de son Histoire naturelle16 . Les jurisconsultes de l’entourage d’Auguste s’en étaient servis déjà pour la fixation et 1 organisation des jeux de l’an 17 ; mais les oracles ne sont guère antérieurs à cette date !7.
* Sur l'intervention des magistrats issus de la gens Valeria, vid. infra , II ; et Val. Max. Il, 4, 6, sq. ; Zosim. II, 4; 111, 3; Fest. p. 319; Censor. 17, 10; Plut. Popl. 21. Cf. Preller-Jordan, Op. cit. II, p. 86 sq. Pour les fêtes séculaires du règne de Tarquin le Superbe, v. Fest. p. 319 ; ils auraient été célébrés sur les terres mômes du roi, en l’honneur de Mars, par Valerius Publicola, consul (ann. ^45 U. C.). La répartition des quatre l'êtes séculaires apocryphes et antérieures à Auguste, chez Censor. 17, 10 ; cf. Roth, lihein. Mus. N. série, VU, p. 365 sq. ~ 2 Serv. Aen. VIII, 526; Censor. 17, 8, citant Varron. — 3 H y a des traités de errius Flaccus qui, à s'en rapporter au titre, touchaient sûrement à la question des jeux séculaires : Rerum etruscarum (Schol. Veron. Aen. X, 183 et 200) ; Saturnus (Macrob. I, 4, 7). — 4 Festus cite de lui : De pont ificio jure libri , p. 154, mundus. Sa participation juridique à l’organisation des jeux séculaires n’est pas douteuse ; Varron les ayant dénombrés suivant le canon de cent ans (Censor. 17, 9), ccst Ateius Capito qui fit triompher celui de cent dix, et avec lui l’autorité des ivTes sibyllins ; cf. Hor. Carm. saec. 21. — 3 V. la liste complète, avec témoignages à 1 appui, chez Roscher, Ausf. Lexikon. Proserpina (Carter), p. 3147; et ci-après, ’fil l‘‘sLor‘que sommaire des jeux avec les raisons de leurs dates incohérentes.
Il n y a pas lieu de faire entrer dans cette discussion la théorie de la grande année du monde que nous trouvons formulée chez les Lalins, sans doute d'après sastiouoines grecs; Cicer. Hortens. sicede philosophia , Orelli, IV, p. 982; Somn.
Scip. 22; Serv. Aen. I, 269 ; lll, 284 ; Tac. Dial. 10. — ? Virg. Ecl. IV, 12 : lncv pient mayni procedere menses ; Serv. et le Schol. Bern. Ibid. 4: Ullima Cumaei venit jam car minis aet as, avec les commentateurs. Cf. Juv. XIII, 28 sq. V. Mueller- Deeke, Op. c. Il, p. 315 ; et surtout le texte de Varron, chez saint Augustin, Civ. L. XXII, 28. — 8 V. Cartault, Op. cit. p. 217 sq. qui discute les témoignages anciens relatifs à cette œuvre ainsi que les diverses interprétations dont elle a été l’objet chez les modernes. La conclusion est que Virgile s’est moins réglé sur telle tradition précise qu’il ne s’est inspiré d’une idée générale, celle qui avait cours autour de lui et d oit va sortir l’institution des jeux séculaires. — 9 Ibid. p. 233 sq. —10 V. Schoemann, De Roman, anno saecul. { Opusc . Acad. I, p. 50 sq.) et Roth, Rhein. Mus. N. sér. VIII (1853), p. 306 sq. - H V. Carter, Op. c Proserpina, p. 3146 ; Mommsen, Eph. epigr. Vllt, p. 137. — 1“ Aug. Civ. D. III, 18. F. Liv. Epit. 49 , Cruq, Comment. Hor. Carm . saec. 1 ; Censor. Op. c. 17, 8 ; cf. Roth, Op. c. p. 374. — 13 Val. Max II, 4, 6; Plut. Popl. 21; Censor. 17, 10 ; Zosim. lll, 3 ; Fest. p. 329 ; cf. Preller-Jordan, Roem. Mytliol. Il, p. 86 sq. ; Carter. L. c. p. 3145 ; Jordan, Kritische Beitràge , p. 107, 135, 358. — i4Blum, E inleitung in Roms alte Geschichte , p. 71 sq. Cf. Mommsen, Roem. Forsch. II, 9. — 15 Carter, Op. cit. p. 3146 ; cf Hirschfeld, Wiener Studien, 1881, p. 100 sq. — 16 Vopisc. Satura. 7 ; Spart. Hadr. 16 ; cf. Mommsen, Eph. epigr. VIII. p. 234, 236.— 17 V. Ideler, Handbuch der Chronologie, II, 82 sq. ; et les discussions chronologiques déjà citées de Mommsen et de Roth.
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Cette série pseudo-historique de jeux séculaires prenait son point de départ dans la légende d’un Sabin de noble famille au temps des rois, lequel, ayant eu sa maison incendiée par la foudre et ses enfants frappés d’une maladie mystérieuse, consulta l’oracle et reçut le conseil de mener ceux-ci à Tarente, après leur avoir fait boire de l’eau du Tibre chauffée sur l’autel de Dis Pater et de Proserpine. 11 s’embarqua aussitôt pour cette lointaine destination ; mais arrivé au coude du Tibre, près du Champ de Mars, il se vit contraint d’aborder pendant la nuit sur l’emplacement même qui s’appelait le Tarent uw. Là, il s’acquitta des prescriptions de l’oracle; les enfants guérirent après avoir bu, et le père reconnaissant découvrit, en creusant la terre pour élever son ex-voto , un vieil autel déjà existant, dédié à Dis et Proserpine1. Trois nuits consécutives il sacrilîaà ces divinités des victimes de couleur sombre : ce fut l’.origine des jeux dits tarentins ou terentins. Ils se seraient dès lors transformés en jeux séculaires pour aboutir à ceux de l’an 249, dont Valerius d’Antium recueillit la tradition récente 2.
Cette légende, rapprochée de ce que nous savons des cérémonies propres aux jeux de l’an 17, renferme tous les éléments qui donnent à ces derniers le caractère d’une pratique implantée du dehors, en même temps qu’une forme de propitiation en l’honneur des dieux infernaux3. Dis Pater et Proserpine sont d’origine grecque et ont été admis relativement tard dans le cercle des divinités romaines4; le Tarentuin (car tel est le véritable vocable du lieu), l’histoire du voyage vers la la capitale des Messapiens, nous mènent en plein hellénisme8. Ce sont les livres sibyllins qui ont suggéré aux Romains le culte nouveau6, et l’autel élevé aux divinités infernales est au dehors du Pomoerium, tout proche du lieu où, au cours de la deuxième guerre punique, devait aborder la Grande Mère des Dieux venue de Pessinonte, en Phrygie, pour parer aux maux de la patrie romaine \ Quelle que soit, par rapport à l’annaliste Valerius, l’antiquité de ces cérémonies et en faisant la part de ses divagations familiales, il est impossible de méconnaître que les jeux tarentins furent, tout au moins en 249, comme le point de cristallisation sur lequel se déposèrent les croyances relatives au renouvellement des siècles et les pratiques pieuses qui avaient pour but d’y intéresser les dieux A Des fouilles faites en 1887 ont, d’ailleurs, mis à jour, dans cette partie du sol qui garda longtemps la trace de phénomènes volcaniques, sur le Corso de Victor Emmanuel, auprès de la place Sforza Cesarini, un vieil autel enfoui à 20 pieds sous terre, celui-là même dont parle la légende de Tarentum ; ce qui a même permis d’en fixer l’emplacement exact entre les Navaha et le pont
1 Val. Max. Il, 4, 5; Zosim. Il, i sq. ; le premier, en latin, dit que l'autel souterrain portait l'inscription : diti patri et prosf.rpinaf. ; le second qu'on y lisait : "AiSvj «al rtiaassiivTiï. Il y avait à Rome un autre autel, également enfoui et que l'on découvrait pour les fêtes, celui de Consus au grand Cirque [emeus, p. 1 191 ; cossos, p 1484]: Dion. Hal. Il, Si ; Plut. Rom. 14. — 2 V. ci-dessus, I, la suite chronologique îles jeux ; Ceusor. 17, 10; cf. Marquardt-Mommscn, Op. cit. p. 367. — 3 V. Ibid. p. 300 et 391, avec les textes cités. — 4 V. Carter, L. cit 3142 sq. et notre art. proserpina, t. IV, p. 702. — 6 Ibid. p. 3144. Les étymologies varient suivant l’orthographe, Tarentum ou Terentum. Cf. Jordan, Topogr, I, I, p. 181 : Becker, Topogr. p. 128 qui tiennent pour Terentum. V. les textes de Servais, Aen. VIII, 63; Fesl. p. 331. Le lieuélaitde nature volcanique. Censorinus, 17, 7, dit simplement : In Campo Martio. Pour le caractère exotique du culte, cf. Wissowa, Religion uni Kuttus, p. 257. Tarentum esl l'orthographe de l'édit de Septime-Sévère, Eph. epitjr. VIII, p. 284 (fragm. III, 15). — 6 Censor. 1 7„ 8 ; cf. Klausen, Aeneas und die Penaten, 1, p. 264 sq. — 7 T. Liv. XXIX, 14, 13; Dion. Hal. II, 19. — » Ephem. epitjr. VIII, p. 237 sq. — 3 V. R. Lanciani, Monumenti
Aurélien9. C’est là qu’on découvrira trois années plus tard les fragments des pyramides qui devaient consacrer le souvenir des jeux séculaires des règnes d’Auguste et de Septime-Sévère 10. La filiation de ces derniers avec lcs jeux tarentins est donc garantie à la fois par les textes littéraires, par les cérémonies pieuses et par des monuments matériels. On remarquera cependant, en consultant le tableau ci-dessus de la divergence des siècles, que les jeux de l’an 249 font partie de ceux qui ont été calculés par cent ans et non par cent dix, comme le demanderait le canon des livres sibyllins. En réalité, il n’est pas siîr que ce furent des jeux séculaires au sens exact du mot; et, comme les jeux antérieurs, ils durent être classés comme tels par assimilation et calcul rétrospectif11.
111. Les jeux séculaires de l'empereur Auguste. — Jusqu’en 1890, la question des jeux séculaires se dégageait confuse et incomplète de la discussion de quelques textes littéraires, de l’interprétation en partie très incertaine de quelques monnaies des règnes d’Auguste, de Domitienet de Septime-Sévère. Cette année-là12, les travaux entrepris sur la rive gauche du Tibre firent retrouver, à 7 mètres de profondeur dans le lit du fleuve, deux séries de tables de marbre, relatives aux jeux célébrés sous Auguste en l’an 17 av. J.-C.,età ceux qu’organisa Septime-Sévère en 204 ap. J.-C. Le groupe des tables et fragments de tables qui se rapportent aux premiers, de beaucoup les mieux partagés, se compose de huit morceaux qui, mis bout à bout, atteignent une hauteur de trois mètres et comportent cent soixante-huit lignes d’une écriture fine et serrée13.
Cette inscription 11 nous apprend que l’empereur, pour fixer le souvenir de la grande faveur des dieux, ordonna de graver le commentaire de la fête sur deux colonnes, l’une d’airain, l’autre de marbre, et de les ériger sur l’emplacement même où les jeux avaient été célébrés, et aussi qu’un créditspécial serait ouvert aux préteurs pour le paiement des travaux15. Seule la colonne de marbre devait survivre dans le mur qui en reçut les matériaux; c’était en réalité une pyramide quadrdngulaire dont une monnaie du règne d’Auguste, au nom de Mescinius Rufus, nous a gardé le souvenir 1B. Mommsen a démontré que l’endroit où le monument commémoratif a été ainsi découvert, n’est guère distant que de 500 mètres de la place où il avait été érigé n. Du même coup, l’oracle de la Sibylle conservé par Zosime et qui recommande de célébrer les jeux « dans la plaine, là où les flots du Tibre, vers la partie la plus resserrée, coulent à pleins bords », prend son véritable sens 18. 11 s’agit, non de la partie la plus resserrée du Champ de Mars, mais du lieu où le Tibre est le moins large. On a trouvé, en amont du Ponte Sisto
anl. dei Lincei , I, 540 sq. ; cf. Iluelsen, Roem. Mittheil. VI, 127 sq. — 1° Epi i. epitjr. VIII, p. 225 sq. — H Carier, Op. cit. p. 3145 sq. Vid. supra, l,el le tableau de concordance des deux séries. — '2 V. cct historique, par G . Boissier, Revue des deux mondes. 1892, p. 75 sq, '; Mommsen, Monumenti antichi , 1, 1891, fasc. :i, p. 617 sq. ; Eph. epigr. VIII, 1892, p. 225. — U Avec Mommsen, nous désignons par le mot Acta le texte de l’inscription telle qu'elle est publiée dans l'Ephetnens epigraphica ; le premier chiffre renvoie aux lignes, le second à la page du fascicule (227 à 232) — O-Acf. 58-63, p. 229, p. 248 sq. et 226 sq. ; cf. Geoffroy, La science archéot. à Rome , ( Revue des deux mondes ), 1892, p. 591. — 15 Sur ce point cf. l’inscription depuis longtemps connue, sans doute relative aux jeux célébrés sou? Claude ou sous Domitien, C. inscr. lut. VI, 877 a. — 16 Cohen, Méd. impér. u° 461 (Angustus); cf. Dressel, Ephem. epigr. VIII, p. 315, n° 10, tajj. I. — U Mommsen, Eph. epigr. VIII, 253; le texte chez Zosim. vers 5 et 6 ; Prolier, Regionen, p. 24L et Gesner, De annis ludisque saecularibus , p. 34, avaient conjecturé ju9le, bic“ avant la découverte. — 18 Gatti, Bultet. commun. 1887, p. 276 sq. ; Huelscn, MUtheilungen , 1889, p. 263.
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qui mène au Janicule, un autel d’excellent travail et, non loin de là, les fragments de l’inscription. Le lieu delà fête, l’ancien Tarentum, était ainsi nettement déterminé ' .
Les Actes , exhumés et parfois restitués par Mommsen de la façon la plus heureuse, sont d’accord, en ce qui concerne le programme des fêtes, tant avec l’oracle sibyllin (37 hexamètres grecs conservés par Zosime) qu’avec les textes d’Horace, de Valère-Maxime, de Suétone, de Dion Cassius, de Censorinus et de Zosime luimême2, qui nous l’avaient antérieurement fait connaître ou conjecturer. Un renseignement, cependant, y fait défaut, celui qui expliquerait le choix de l’an 737 (17 av. J. -G.), lequel ne cadre avec aucune des dates antérieures, soit que l’on calcule suivant le canon des cent années, soit qu’on se règle sur celui des cent dix. Ce dernier, qui est la mesure du siècle selon les livres sybillins, menait, ainsi que nous l’avons montré plus haut, à l’an 738. Tout ce que l'on sait à cet égard, c’est que toutes les questions de date et d’organisation avaient été réglées par l’empereur, de concert avec le jurisconsulte Ateius Capito, expert en droit religieux3. Si la fête a été avancée d’un an sur la date régulière, ce ne peut être que pour un motif personnel à l’empereur. Le plus plausible a été conjecturé par M. G. Boissier : l’empereur dut vouloir faire coïncider cette fête avec la dixième année de son principat. C’est, en effet, en l’an 27 que le Sénat lui décerna le titre A' Auguste en souvenir de Romulus et de 1 Augurium A ugustum ; et Dion Cassius mentionne la tradition, introduite par les successeurs d Auguste et à son imitation, de fêter le dixième anniversaire de leur avènement4. Tout, d’ailleurs, en ce qui concerne l’organisation des fêtes, se fit par son initiative et les Quindecemviri S. F. chargés de l’interprétation des livres sibyllins n’entraient en jeu que par son ordre.
Ainsi nous trouvons au point de départ un rescrit de l’empereur au collège, et ce rescrit est aussitôt suivi d une série dédits et de décrets, délibérés en commun,
1 empereur et son gendre Agrippa faisant fonction de magistri Le Sénat semble n’avoir été consulté que pouxla forme et souvent même tenu à l’écart en tant que pouvoir politique et religieux ; il figure à peine dans les Actes et pas du tout dans la mention donnée aux jeux par le monument d’Ancyre c. Il rote cependant, sur la caisse particulière nommée lucar, les fonds indispensable. s a 1 organisation des fêtes et à leur commémoraison par des monuments 7. C’est aussi le Sénat qui lève l’interdit formulé par la loi De maritandis ordinibus contre es célibataires : « afin, dit l’édit, d’ouvrir l’accès des jeux séculaires au plus grand nombre possible tant pour onorer la religion que parce que personne ne doit plus
d e*Poser la découverte pour les savants dans les Monumenti cl. YEplie-
dc Berlin0”""”» •l’1V‘Ul racon,ée au Pand Public dans le journal la Nation, ment »„„,V 0ISSIC,'> Loc. cit. p. 77. — 2 tlor. Carm. saec. avec les com-
l«- Censn ’17CrUq' °lC'; VaK Max- 4' 5; S,,et- 0cl • 3'l Oio. Cass. 54,
' ,7' ‘ 5,‘- ; Zosim- "• 1 «I- : cf. Mon. Ancyr. 4, 36, 37!
suites, Ibid.'TiM L\C't P! 238 Sl|'; Ct P°Ur 'a PartioiPation des juriscondeeet autirn V . ' L auteur ajoute finement: Sacerdotes ejus aetatis, ut
ont été avancé! C"'" aK?“° “ 4 Mommsan croit que les jeux
On. oit D n°UJ que 1 emPPreuc fût libre de partir l’année sujvaule en Gaule, «prés Berçk'cl"H,,'s,.|0|- M1'''), ^ P' 8°’ Ma,tiuai-dt (Uandbuch, VI, p. 3S9, n. 6), être célébrés eu 73 1 ' ^ ] V' CU' P' 77 et l02, caIeu*° 'lue les jeux auraient dû mort de Marcelin! |' -T ,,n*.plu8 tôl H oul «« différés à cause de la Plus plausible de In ai^Uman "'é tles Decennalia par M. Boissier est encore le «on. L.cit. p. 244 ,.8 lD‘°' Us8’ LHI* 16 ; cf- C- inscr- 1 ■ VI, 1203). 6 Momm- 1® membres du cnil \ Dl '’ M'lm’ elc' **’ 2’ P- 430 1 433 et 438, etc., Mommsen, p. 240 ;
dU C°"^- aa nombre de 21. sont nommés cinq fois, ce qui laisse supl
Hg. 6010. — Hérauts des jeux séculaires.
jamais les revoir » s. 11 interrompt de même la durée du deuil légal, notamment celui des veuves fixé depuis les temps de Numaà dix et même plus tard à douze mois9. Tous les édits préliminaires ne témoignent pas seulement du souci d’amener aux jeux la totalité des citoyens de Rome, mais de préciser avec insistance les obligations de chacun et de les mettre en état d’y faire face. Les fêtes devant commencer dans la nuit du 31 mai au 1er juin, ces dispositions s échelonnent entre le 1 7 février et le 25 mai, date à laquelle sont promulguées les ultimes et instantes recommandations, par affiches et proclamations oi’ales, lesquelles ont pour but d'assurer l’ordre en fixant à chacun sa place ’°.
Le détail de la proclamation par la voix du héraut public ne figure pas dans les Actes , mais nous le connaissons par le témoignage de Zosime 11 , et il est illustré par des monnaies des règnes d’Auguste et de Domitien. Ces monnaies qui portent la mention des jeux séculaires, comme la plupart de celles qui s’y rapportent, nous dirent des personnages costumés comme des prêtres saliens [salii], vêtus de la tunique relevée, casque avec opex en tête, un petit bouclier rond au bras gauche, dans la droite un caducée ou un bâLon 12 (fig. G010) : ce sont les serviteurs ou appariteurs du collège des Quindecemvirs. Suétone les mentionne, ainsi que cette phrase de leur proclamation,
plusieurs fois rappelée au cours des Actes : «les jeux que nul n’a vus encore et que nul ne verra plus jamais 13 ». Ces hérauts, appelés îepoxvjpuxeç dans les textes grecs, sont assimilés aux lictores curiatii.
La numismatique impériale nous fournit la représentation de deux autres opérations qui préludent aux jeux : la distribution au peuple des suffbnenta ou substances purificatoires, et 1 offrande par le même peuple des fruges , prémices de la récolte prochaine, blé, orge et fèves. Les suffimenta , qui sont appelés aussi purgamenta et en grec Àépoc-a ou xaôàpixta14, sont analogues aux substances qui s’employaient dans la fête des palilia poui la lustration des étables et des troupeaux : ils consistent, en soufre, torches et bitume15. La distribution s en faisait à des endroits déterminés ; nous connaissons le parvis du temple de Jupiter O. M. et celui du temple de Jupiter Tonans au Capitole, les abords du Palatin, notamment le portique du temple d’Apollon et le temple de Diane sur l’Aventin16. En théorie, c’est l’empereur
poser qu on les a tous, 1 empereur et Agrippa toujours en fêle — 6 \cta I °>3
- X V. histrio III, I, p. 224; C. i. I. VI, 577 n : (pecuniam) Lucaris no mine constttutam (ligue 4) ; Mommsen, p. 245 s.,. ; et Acta, 58. Les Acfes ne mentionnent pas l’intervention sénatoriale ; mais elle survit dans le fragment C i I \<
877 ; et dans le eas de fêtes publiques elle est de droit (Marquardt-Mommsen’ Staatsrecht, 111, 1058). — 8 Acta, 53-58. — 9 Ibid. Il 1-1 14- cf Fest 14ï’
- 10 Acta, 25-28. - 1, Zosim. 11, 5 ; Herod. III, 8, 10 ; Suet. daud. i 1 ; Claudian De sec. cons. Bonor. (ann. 390 p. Chr.). - 12 Rabelon, Monnaies de la République, II, p. 417 (Sanqumms) ; ef. F.ckhel, Docte, nam. VI, 385 ; Cohen. A va j y 188; flonnt. 72, 73; Dresse], Ephem. èpig.r p. 314 el la table I, n°‘ Il y 14’
15; avec la note de Mommsen, Ibid. p. 246, 1. V. phasco, IV, I, p. 610. V.’ Dresse/ h. p. 310 ; Tab. I, n» 2, cf. Colieu, Domit. n» 81. — 13 Suet. Claud. (L c)' cf. Acta d4, 57; et uctoh, 111, 2, p. 1241. - U L'oracle dit 84pax«, v -*5 ■
iTem ,y%À'L "ilf*1 lesitf c'“ emploient purgamenta (36), ’ suffi, nenta el suffiti (60, 68). - 1, Ral.l.a, IV, 1, 283 ; Zosim. Il, 5. - 10 Acta, 9, 10, 31-3- • cl. Lorp. inscr. lat. VI, 877.
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lui-même qui y procède; mais dans la pratique il lui fallait partager cette tâche avec les Quindecemviri Dans les Acta relatifs aux jeux du règne de Sévère, le sort assigne à ces magistrats groupés par quatre des postes dans les divers quartiers de la ville, un entre autres près de Roma quadrata, sur le Palatin2. Il était recommandé aux citoyens de se présenter avec leurs femmes et leurs enfants; même l’oracle sibyllin spécifie que les suffimenta seront remis aux hommes et aux femmes, particulièrement à ces dernières3. Un aureus du règne d Auguste, au nom de L. Mescinius, porte au droit la tète de 1 empereur couronné de laurier ; en exergue IM P. CAESAR. TR ( ibunitiae ) POT [es ta fis) 1 IX ; au revers, 1 image de l’empereur en toge, assis sur une estrade avec
une corbeille à ses pieds; devant lui, deux personnages également en toge : l’un reçoit les suffimenta de la main de 1 empereur; sur la base de l’estrade est la mention des jeux séculaires (LA D. S.); au-dessous : A\rG. SVF. D = Augustus suffimenta dédit. Une monnaie analogue, en bronze, du règne de Domitien, porte au fond un temple d'ordre corinthien; au premier plan, sur l’estrade où figurent deux paniers avec l’inscription SAT. P. D., un personnage assis, vêtu de la toge, qui fait la distribution ;
devant lui. un homme qui la reçoit et un enfant qui remercie d’un geste de la main (fig. 6011) 4 : c’est le commentaire de la recommandation formulée par les Actes : « Que tous les citoyens libres demandent les purifications, mais une fois seulement; qu'eux et leurs femmes ne se présentent aux jeux que purifiés ( suffiti ) 3. »
Mais voici (fig. 6012) les citoyens qui font une offrande à leur tour, celle des fruges 6 ; la scène ressemble singulièrement à la précédente, si bien que l’une des monnaies
qui nous l’a conservée se borne à remplacer, le SVF. P. D. par A P. FRA'G. AC = a populo fruges accepit . Devant un temple à colonnade corinthienne, l’empereur ou l’un des Quindecemviri est assis sur l’estrade; ici, il tient une patère destinée à recevoir l'offrande qu’il déverse ensuite dans les paniers placés auprès de lui; là, il se borne à remercier de la main, tandis que le citoyen qui fait l'offrande, ouvre les plis de sa toge pour déverser lui-même les grains qu’il y a apportés7. Le texte de l'oracle tranche tout litige concernant cette cérémonie, déjà suffisamment claire, sur la mention A P.
Fig. 6012. — Offrande des fruges.
fRA’G. AC ; c'est bien les participants àla fête qui, ayant reçu les purifications, offrent les grains 8. Le même texte nous apprend que ces grains sont, au cours des fêtes, distribués parmi les spectateurs et entre les acteurs qui y ont donné leur concours fl. La double cérémonie dans le dispositif des jeux de l’an 17, semble avoir pris trois jours, du 29 au 31 mai ,0.
C est dans la nuit du 31 mai au 1er juin que commencent les cérémonies religieuses qui sont, à proprement parler, celles des jeux séculaires : dans l’ensemble, elles vont durer trois nuits et trois jours, alternant, durant ce temps, avec des jeux, se continuant ensuite, après un repos fixé au quatrième jour, par des jeux seulement11. La partie religieuse est seule caractéristique ; les jeux par eux-mêmes n’ont de particulier que d’offrir, pour une même fête, toutes les variétés possibles de réjouissances qui sont alors en usage à Rome ; parlons tout d’abord des cérémonies. Elles se divisent en deux catégories, suivant qu'on les célèbre la nuit ou le jour; et ces catégories s’opposent nettement l’une à l'autre, comme les ténèbres et la lumière, comme les dieux de signification redoutable, aux dieux de clarté, de joie et de prospérité 12. Les trois fêtes de nuit ne sont pas seulement graves, mais pénétrées d'un sentiment de tristesse ; elles sont la réédition quelque peu amplifiée des cérémonies propres aux jeux tarentins et elles conti¬
nuent la tradition des jeux de l’an 249 av. J. -G., qui paraissent n’en avoir pas connu d’autres l3.
Pendant la première nuit, l’empereur, doublé par Agrippa, qui est revêtucomme lui delapuissance tribunitienne, tous deux assistés par le collège des Quindeeem-
vu i, uuui vingt et un memDres, y compris Augi gendre, sont nommés par les.4c/es, fait un sacrifice aux Moerae ou Parques, sur l’emplacement du TarentumA Ce sacrifice est offert successivement sur trois autels, avec, pour chaque autel, six victimes de couleur sombre, trois brebis et trois chèvres ; elles portent dans les Actes l’épithète de prodigivas , qui signifie qu’elles doivent être entièrement consumées, après que les autels ont reçu tout leur sang13; et elles sont immolées selon le rite grec, achivo ritu , et plus spécialement athénien, comme, du reste, toutes les cérémonies nocturnes de la fêle16. Une monnaie du règne de Domitien nous permet d’en restituer les principaux détails (fig. 6013) *7. L’empereur procède à la prière et au sacrifice, non la tête voilée comme l’exigerait le rite romain, mais la tête découverte ; et il porte non la toge, mais une tunique longue, brodée au bord inférieur et munie de courtes manches. 11 laisse pendre le bras gauche; sa main droite tient une patère d’où
Fig. 6013. — Sacrifice pour les jeux séculaires.
i V. Zosim. Loc. cit. — 2 Acta severiana ( ephem . epigr. p. 274 sq.) ; les détails relatifs aux suffimenta , II, 1-6; II. 7-14, p. 282 sq. — 3 Acta , 65-68; 73-78 ; Carm. sibyll. 25-26, cf. T. Liv. XXII, 10, 8. — '*■ Babelon, Mann, de la République , II, 221; cf. Cohen. Monn. des emp. I, p. 130, n° 466, frappée en 738-9 ; Dressel, L. c. p. 311, n° 1, tah. I, 1. — 5 Acta, 65-68; cf. Mommsen, Ephem. ( Loe . cil. p. 250). — 6 Mommsen, O. cit. p. 251; çf. Acta , 7-11 ; 30-33; cf. Acta sever. fragm. V, 14; Carm. sibyll. il sq. — 7 Dressel, L. cit. p. 310, n° 3 et lab. I. 3 a; 3 b. L’enfant de la monnaie précédente est remplacé pour toutes deux par un adulte; la scène est orientée en sens contraire ; cf. Cohen, Op. cit. Domit. 83 et 82. — # Dressel, Ibid. p. 311 et Eckhel, ûoctr. num. VI, j). 387 sq. — 9 Zosim. II, 5. — 10 Mommsen, L. c. p. 251. — H Zosim. L. c. ; Hor. Carm. saec. 23 et 24; Varr. ap. Censor. 17, 8; Val. Max. II, 4, 5. V. Mommsen,
Op. c. p. 253 sq. ; Acta, 4; 40-42; 90. Pour l'interruption du quatrième jour* v* Acta , 159. — 12 Carm. sibyll. 14 sq. Le môme oracle parle de supplication aux dieu* ; nsiXtyi'oKxiv, vocable auquel l empereur a donné place dans son rescrit et qui, chez les Grecs, convient aux dieux chthoniens. — 13 Zosim. II, 5 et loracle sibyllin, clioz le même, 16 ; cf. Schülz. Horatius Flaccus. I, p. 291 ; et Mommsen, Eph. ep. p- 237. — I4 Acla, 90-99; Mommsen, Ibid. p. 258 ; cf. Carm. sibyll. V, 7 .et 8 et Zosi"1- L. c.; Hor. Carm. saec. p. 25. — 1*5 Mommsen, p. 260 sq. ; pour prodigivoSy v- Fest. p. 250. — 15 Mommsen, p. 257. L expression se retrouve dans les Act& sever. fragm. VI, 6; cf. Carm. sibyll. V. 16, et Diehls, Sibyl. Blaetter , p ^ Pour la différence du r.itus yraecus et du ritus romanus , v. Macrob. I, 8, i ; cl Marquardt-Mommsen, Handbuch, VI, p. 186; et sacrificium, p. 978. — 17 Dressel, L. c p. 3U,n°4; cf. p. 261, tab. I, n° 4; cf. Cohen, Domit. n° 87; et Eckhel, D. N. VI , 386.
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tombe la libation sur l’autel ; un ministre amène la brebis et la chèvre, tandis qu’un joueur de flûte et un cithaiste accompagnent sur leurs instruments. Le fond est occupé par un temple à quatre colonnes corinthiennes. Le sacrifice terminé, commencent dans le même lieu, c’est-à-dire au Champ de Mars, des jeux scéniques à l’ancienne mode, sur une simple scène en bois, sans théâtre, ni sièges; les spectateurs y assistent debout'. Cette nuitlà aussi, cent dix matrones, dont le nombre correspond à celui des années du siècle, organisent, sur les indications des Quindecemviri , interprètes des livres sibyllins, des seliisternia en l’honneur de Junon et de Diane2.
Auguste interdit l’accès des cérémonies nocturnes aux jeunes gens des deux sexes, à moins qu’ils ne fussent accompagnés de quelque parent âgé 3.
Les cérémonies des deux nuitssuivantes ont été l’objet, avant l’exhumation des Actes , de confusions causées par l’insuffisance ou l’inexactitude des témoignages littéraires*. Il est maintenant établi que la deuxième nuit est consacrée au sacrifice, toujours sur le Tarentum, en l'honneur des Ilithyies , divinités grecques qui président aux naissances et que Horace, dans son Carmen saeculare, ramène à l’unité : Ilithyia , afin de l’identifier avec Junon on Diana Lucina , dontles fonctions dans la religion romaine sont identiques5. C’est toujours l'empereur qui offre le sacrifice et qui prononce la prière ; mais le sacrifice n’a rien de sanglant: il consiste en gâteaux de trois variétés différentes, en liba qui sont d’origine romaine, en popana et en phtoes, ceux-ci de provenance hellénique6. Les popana semblent à peine différents des liba \ quant aux phtoes, ce sont des gâteaux ronds pétris avec du fromage, du miel et du persil; chaque espèce figure pour neuf gâteaux dans l’offrande h II est à remarquer que dans les cérémonies séculaires tout est réglé par le nombre trois, ou ses multiples neuf et vingt-sept : les autels, les victimes, les offrandes, le nombre des adolescents qui ont à chanter l’hymne du dernier jour 8. Les monnaies du règne de Domitien qui représentent le sacrifice de la deuxième nuit sont celles où l’on voit un sacrifice sans victimes vivantes9. L’un des types (fig. 6014) compose ainsi la scène : au coin de gauche, dans la posture habituelle aux représentations sculpturales des fleuves, est étendu le Tibre, tenant „ la corne d’abondance; son image
iiithyics. rappelle que le sacrifice est offert
au bord du fleuve. L’empereur, debout et faisant l’offrande, est vêtu de la toge; devant lui, sont deux musiciens jouant l’un de la flûte, l’autre de la cithare. L’arrière-plan est occupé par un temple à double fronton dont les moitiés sont reliées par un tympan. L’autre type, identique pour tout le reste, diffère du
premier en ce que le temple et l’autel sont de construction différente et que l’image du Tibre en est absente; on a voulu le rapporter au sacrifice de la troisième nuit; mais cette dernière cérémonie est l’objet d une monnaie caractéristique qu’il est impossible de confondre avec aucune autre10.
Les jeux ayant continué tout le premier jour et pendant la deuxième nuit, l’empereur se rend de nouveau, pour la troisième nuit, sur le Tarentum, afin d’y immoler à la Terre, Tellus , appelée Gaea dans l’oracle sibyllin, identifiée avec Cérès chez Horace et avec Déméter chez Zosime 11 . C’est à ce sacrifice que se rattache la monnaie du règne de Domitien (fig. 6015), où l’on voit l’empereur, orienté de gauche à droite, qui fait une libation sur l’autel; à ses pieds, est couchée la figure de Tellus tenant une corne d’abondance; dans le fond, les mêmes musiciens dont nous avons constaté la présence à tous les sacrifices; devant l’autel, un ministre qui amène la truie destinée à l’immolation 12 . Avec cette cérémonie se terminent les actes en l’honneur des dieux helléniques, de caractère chthonien , c’est-à-dire apparentés aux dieux infernaux. Mais il importe de constater que Dis Pater et Proserpine, qui tenaient la place principale, sinon toute la place, dans les jeux tarentins, ont totalement disparu des jeux séculaires et que si le culte des Parques, des Ilithyies et de Tellus-Gaea, célébré la nuit, a un caractère éminemment grave, il exclut toute préoccupation funèbre, toute perspective ouverte sur le monde des morts’3. Cette orientation de la fête, qui se réclame en principe de la filiation avecles jeux tarentins, vers les croyances sereines et confiantes, est encore plus marquée dans les cérémonies célébrées de jour.
Le sacrifice du premier jour est offert lui aussi, quoiqu’il soit en l’honneur de la plus romaine des divinités, à Jupiter, achivo ritu. L’empereur y apparaît (fig. 6016) vêtu de la même robe que la nuit précédente ; il fait des libations dans la même attitude; mais l’autel diffère et le temple est à cinq colonnes u. Nous savons par les textes que la cérémonie se déroule au Capitole, dans le temple de la Triade. L’oracle désigne les victimes qui sont des taureaux blancs; Horace de même, mais l'un et l’autre sans en fixer le nombre; Agrippa, concurremment avec l’empereur, offre un sacrifice analogue. Le poète officiel donne place dans son Carmen àcettecérémOnie qui devait revêtir un ca-
Fit
601 G. — Sacrifice à Jupiter.
Acta, 100-101. — 2 lb. 101-102. Voir lectisteunia, III, 2, p. 1010. — 3 $u Ct‘ 31 ‘ ~ + ^‘ns* chez Marquardl-Mommsen, Hcindbuch . VI, p. 393, où il est dit \\ c sacrifice do la deuxième nuit est en l'honneur de Tellus. — 5 Acta , 115-11 ommsen, p. 258 et 202; Carm. sibyll. 9; Hor. Carm. saec. 13 sq. V. iuth\ , ’ ' ’ p; 38i; el Schütz, Horatius Flaccus, p. 293. — 6 Le Carm. sibyll. Zos!|)aS IM'S Gn VC1S CCS °^ian(*es cl ^es mentionne vaguement : 6u utraiv ott/j Ospii; ; j , ’ ~l Pour les Uba, v. Calo, De rc rust. 75; pour les jiopai
vnts H menS'\1 2 ’ pour lcs Pht°es, Allien. XIV, p. 047 d \ cf. Lobeck. Aglaopl ^mfrî'q10,4' ~ ^ L<3S Partlues et les Ilithyies (cf. Wilamovilz, PhiloU se 1 1 Sl'C l' P‘ ,5’ 18G) sonl c,cs divinités apparentées et groupées par trois. E Apolloi Chiindeccmv irs, pour les jeux de l’an 17, aient constitué la Iri;
Ian'°' I'al°ne, parallèlement à la triade capitoline qui nV figure nt
— 9 Ces monnaies sont chez Dressel, L. cit. p. 312 et tab. I, celles qui portent les numéros 0a, G11 et 7 ; il se peut cependant que celte dernière se rapporte au sacrifice du troisième jour qui ne comporte aussi que des gâteaux (Cf. Cohen, Domit. 85).
— 10 Cf. Cohen, Domit. n. 91 ; Eckhel, VI, p . 386. — U Acta, lin. 134-130 : Terrae matri ; Hor. Carm. saec. 20; Carm. sibyll. 10 et 11. — 12 pour cette yictime qui est rituelle quand il s’agit de Tellus, v. Fcst. p. 238, et Arnob. 7, 22. V. la mounaic chez Dressel, Tab. I. 9 et p. 313 : cf. Cohen, Domit. n. 84; Eckhel, VI, p. 385.
— 13 Cf. Mommsen, Ephem. epigr. VIII, p. 237 : similia magis fuerunt quam eadem, dit-il justement en comparant les cérémonies célébrées en 249 sur le Tareutum avec les fêles séculaires de l’an 17 : encore cette similitude u’exislc-t elle que pour les fêtes de nuit. — H Acta, 103, 104; Carm. sibyll. 12 ; ilor. Carm. saec. V, 43; Eckhel, VI, p. .380 ; Cohen, Domit. n. 89 ; Dressel, L. c. p. 312, n 5 et tab. 1, 5.
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raetcre des plus imposants. Il en profile pour rappeler l’illuslre descendance de l’empereur, devenu par l’adoption fils de A énus et d'Anchise. De même, il arrange à sa façon, en la poétisant, la prière très simple que nous trouvons dans les Actes C’est encore à une monnaie de Domitien que nous pouvons demander la restitution de l’acte principal, du sacrifice (fig. 6016). L’empereur, debout devant 1 autel, y verse la libation ; devant lui les deux musiciens et plus à gauche la victime maintenue par un ministre, tandis qu’un sacrificateur lève le maillet pour frapper;’ dans le fond, la colonnade du temple à cinq colonnes corinthiennes. Ici encore, les Actes désignent la victime par une épithèterituelle:iormmarm...jorojorm?n,cette épithete se trouvant appliquée pour la nuit précédente aux chèvres et aux agneaux pour honorer les Parques; eile signifie: qui appartient tout entière ou bien : qui est sans tache Le sacrifice olTert, les jeux commencés la nuit précédente reprennent leurs cours ; de plus, sur un théâtre en bois élevé au Champ de Mars, non loin du libre, sont donnés des ludi que les Actes nomment latini, ce qui peutfort bien désigner des représentations dramatiques, atellanes, mimes et exodia, du vieux répertoire national3. Pendant ce temps, les matrones continuent leurs dévotions auprès des sellisternia 4.
La deuxième journée leur est d’ailleurs spécialement consacrée . elle est la journée de Junon comme la précédente était celle de Jupiter °. A la tête des matrones au nombre de cent dix, l’empereur et Agrippa lui offrent chacun un sacrifice ; celui auquel l’empereur préside est précédé d une prière dont la formule est prononcée par lui et répétée à mesure par les femmes agenouillées à ses pieds : les actes nous en ont gardé une notable partie et Mommsen a restitué le surplus 6. Elle demande à la déesse, « d’augmenter l’empire et la majesté du peuple romain des Quirites, en paix comme en guerre ; de défendre sans cesse le nom latin, d’accorder au peuple la sécuiité, la xictoire, la force, défavoriser le peuple et les légions et d’assurer le salut de la République ». La
scène dans son ensemble revit sur une monnaie de Domitien (fig. 6017) qui, jusqu’à l’exhumation des Actes , était restée sans explication plausible '. Auprès d’un temple à quatre colonnes, un personnage en toge (l’empereur au temps d’Auguste, le magister du collège des Quindecemviri plus tard) est debout, un rouleau dans la main gauche : sa main droite est tendue vers un groupe de trois femmes à genoux devant lui, la tète voilée dans l’attitude des suppliantes. Le sacrifice de la vache blanche qui va suivre n’est pas indiqué; c’est que
I V. 30-00, avec les commentateurs. 11 n'y a pas chez Horace d'invocation, an sens propre du mot, ni à Jupiter ni à Junon; mais toute cette tirade de trente vers qui est la plus expressive et la plus personnelle de l'Ode est amenée par la mention de Jupilor et 1 invocation à Apollon. — 2 Mommsen, p. 201. L'expression propria avec une victime revient encore à 136 : cf. Virg. Ecl. VII, 31 ; A en. VI, 872 ; déjà chez Plaut. Capt.
800, etc. — 3 Acta, 108 jcf.Zosim. Il, a. Pour le sens de ludi latini, v. Diomcd. Grammat. latin. (fini), I, 490. - 4 Acta. 109. - S Acta, 119, 120; Curm. sib. la’ 23-25 ; Zosim. Loc. cil. — b Acta, 123-131 ; et. Mommsen, p. 200 sq. ; et les Act. Sever. fragm.
VI A, 7-11. — 7 Ecldiel, VI, p. 386 ; Colicn, Vomit. n. 80 ; Dresse!, O. c. p. 3 13 ■ Tab n. 8. -» Virg. Aen. VIII, 704; Prop. V,0,29; Hor. Carm. IV, 6, qui prélude au’ Carmen saecutare ; cf. Prcller-lordan,' Ilocm. Myth. Il, p. 89 sq. ; I, p. 30 sq. — 9 Acta,
1 39-147. C’est à ce sacrifice qu'on a rapporté parfois la monnaie de Domitien dont nous avons parlé plus liaut fig. 0014, — 10 pour ce culte d'Apollon Palatin qui atteint à sa
1 artiste qui avait choisi l’épisode du sacrifice pour l, jour précédent a voulu varier la scène, en prenant p0lu. le second celui plus caractéristique de l’invocation.
Le troisième jour qui conclut la (etc est aussi celui qui suppose le plus grand déploiement de pompe, afin d’e„ souligner devant les imaginations la signification religieuse et politique. C’est le jour d’Apollon, le dieu lunti neux qui depuis Actium est devenu le dieu dynastique celui qui représente la domination de Rome, incarnée dans l’empereur, sur le monde entier 8. Ce sont les livres sibyllins déposés au sanctuaire du Palatin qui ont ordonné les jeux séculaires : ce sont les magistrats chargés de leur interprétation qui en ont organisé tous les détails et qui, avec l’empereur, le premier des magistri , en président tous les actes. La triade capitoline même s’efface devant ce culte nouveau et elle ne figure au programme que pour en rehausser la splendeur. La journée débute comme les autres par un sacrifice: sacrifice non sanglant qui consiste en gâteaux analogues à ceux de la deuxième nuit '. L’oracle sibyllin conservé par Zosime le dit offert à Apollon : mais les jurisconsultes qui ont collaboré avec 1 empereur ont adjoint au dieu Diane, sa sœur, et Latone, sa mère, avec l’intention manifeste d’opposer à la triade du Capitole celle du Palatin 10 : le lieu du sacrifice est, en vertu de la même pensée, fixé non au Champ de Mars, mais au temple qui est comme le vestibule de la maison même de l’empereur, le temple d’Apollon Palatin11.
Le sacrifice est suivi de la procession solennelle qui, Partant du Palatin pour monter au Capitole et revenir à son point de départ, unit dans la cérémonie finale les grands cultes d autrefois à ceux dont le pouvoir nouveau a fait sa raison d’être et sa sauvegarde. Ce qui distingue cette procession, c est un double chœur de vingt-sept jeunes gens et d’autant de jeunes filles, tous de condition libre et de naissance légitime, tous possédant encore leur père et leur mère12. C’est pour le double chœur que le poète Ilorace composa, sur 1 ordre de l’empereur, son hymne séculaire. L historien Zosime, qui mêle au récit des fêtes d’Auguste les souvenirs des fêtes subséquentes, dit que le Carmen était chanté alternativement en latin et en grec : les Actes , qui sont complets sur ce point, ne disent rien de tel, mais seulement : Carmen composait Q. H or at lus Flaccus ; ils nous apprennent de même qu’il fut chanté d’abord au Palatin, ensuite au Capitole 13. A 1 examiner en détail, il semble bien que les invocations aux dieux aient été chantés par les garçons, les invocations aux déesses par les filles ; mais la répartition est malaisée et peut-être même n’en faut-il tenter aucune1'. En réalité, le poème se divise en deux parties principales : la première, qui s’arrête au vers 32, comporte les invocations spéciales à chaque divinité qui ont une place dans le rituel de la fête, à Apollon et Diane, au Soleil distinct d’Apollon la, à Ilithyia, aux Parques, à Cérès;
plénitude avec les jeux séculaires, v. Preller-Jordan, O. c. I, p. 309 sq. — U Acta, 3,
20 à 23; 1 47-152. Cf. Hor. Car. saec. 3 sq. ; Carm. sib. v. 20 sq.; Zosim. H, 5, G; clics commentateurs d'Horace; notamment C. Fr. llermann, De loco Apollinis in carminé Horatii saeculari, 1848. — 12 Patrimi et matrimi, disent les Actes; Virgines leclas puerosque castos (Hor.) ; v o vr w V navrev îjwovTwv, -rot; àpvi6a).i); etc OÛT/.Ï] ( Carm . sib.)1, cf. Hor. Od. IV, 0, 41 sq. — 13 Acta, 14. — 14 V. Scliülz, édit. d’Horace, p. 291 ; Mommsen, Ephem. epigr. (Loc. cit. p. 250). — 15 L'oracle de la Sibylle fait l'identification, V, 16 : <ï>oïSo; ’ AndXÀwv, -, xtd 'Ht'Xio; xua^ffxeTat. Horace, Ibid. 11, distingue. V. soi. et la note d'Orelli (I, p. 032). Au temps d’Auguste, l'astre était encore honoré, en vertu d’une vieille tradition latine, comme une divinité distincte avec l'épithète des Indigentes [indigitàmentà]. C. i. I. I, p. 398 ; Eph. epi:,r. I V,
8, t ; et les Calendriers au 8 août. L'identification avec Apollon est de provenance hellénique et date de la fin de la République, ce qui peut servira dater l'oracle sibyllin*
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vient ensuite une seconde invocation d’ordre général qui débute par Apollon et par Luna, pour associer toutes les autres divinités dans une prière commune pour le bien de l’Empire. Peut-être aussi le chant s’adaptait-il, dans une certaine mesure, à la religion des localités parcourues, aux temples du Palatin et du Capitole qui sont les stations principales de l’itinéraire1.
Une monnaie de Domitien représente la procession en la simplifiant (fig. 6018) : un groupe de trois adolescents en toge (à la coiffure on reconnaît une jeune fille dans la figure du milieu) s’avance vers la droite en chantant et en élevant au-dessus de leurs têtes des rameaux d’olivier; derrière marchent deux hommes eu toge, l’empereur et le magister du collège des Quindecemvirs; le premier tient un rouleau, sans doute le texte de l’hymne et des prières rituelles2. Rien ne prouve que d’autres que les adolescents aient pris part aux chants : que, par exemple, les Quindecemviri aient fait partie du chœur3. Il y a, d’ailleurs, un précédent, celui de Livius Andronicus, qui composa en 207 av. J.-C., sur la demande du bénat, pour célébrer la victoire de Séna, un hymne en 1 honneur de Junon, hymne chanté uniquement par un chœur de vingt-sept jeunes filles4.
Ce n’est pas ici le lieu d’insister sur les qualités littéraires du Carmen d Horace ; mais il convient de remarquer avec quel scrupule d’exactitude rituelle le poète a tiré parti des données archéologiques de son sujet, mettant chaque détail à sa place et n’omettant rien d essentiel : Apollon et Diane, dans leur signification générale et sous leur aspect particulier de divinités sidérales; IliLhyia identifiée discrètement avec Junon et Diana, Lucina et Genitahs ; les Parques et Cérès, Jupiter nommé en passant, Junon plutôt indiquée que nommée, malgré la place qu’ils tiennent dans les trois journées de la lète; par-dessus tout, d'une part l’empereur Auguste avec. le prestige de la descendance qui le rattache àEnée, fils de Vénus et d’Anchise 6 ; d’autre part, la suprématie de la religion d’Apollon et de Diane, celleci intimement mêlée au culte national par ses temples de Aven tin et de l’Algide 7. Tout aussi caractéristiques ,°n * s d^usions à la lexJulia de maritandis ordinibus, la mention des livres sibyllins, l’hommage aux victoires qui ont assuré la sécurité des frontières, le rappel des momies intérieures et finalement l’évocation de l’âge or qui va recommencer avec le siècle nouveau8. Tout
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Uilhyia; pour lès pèr P°,U!; A|’ollon ; *> 20- ^ 73 pour Diane; 13 sq. poi
allusion au TacdRceTT ( rZZ' ^ 1 30 ; ,UPH“ -ec Junon, dans u,
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60. — 7 Ibid nft r' \ ,, ' stl °pl>cs, les mieux venues de tou les. 36 V. 50 s,,. 4:4 57 Z Z V’ 17 S''- hCf- Sl'et- 34 1 T. Liv. Epit. 59 v. ! P- 87-03 ; Gf Fr Horn ” /, *1' 9 '* pour le sul'plus, G. iBoissier, Op. ci
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favoriser des desordres et des distractions qui navalent rien ,
cela constitue mieux qu’une poésie officielle, dépourvue de conviction et limitée aux circonstances qui l’ont inspirée. 11 est permis d’y voir le manifeste pieux d’un régime, fondé sur le patronage du dieu qui est symbole de lumière, de progrès et de civilisation, pour le rajeunissement des destinées de Rome et pour le bonheur du monde rangé sous ses lois3.
Tel est l’ensemble des cérémonies religieuses, les plus complètes et les plus importantes dont l’histoire des cultes romains fasse mention, par lesquelles l’empereur Auguste et le collège des Quindecemvirs inaugurèrent, plus qu’ils ne la continuèrent, la série des jeux séculaires. La partie populaire de la fête est celle qui lui a donné son nom, les jeux de toute sorte qui, dans le rescrit de l’empereur et dans les édits rendus à son instigation, sont 1 objet d’une sollicitude égale J0. Nous avons vu déjà que de ces jeux certains fonctionnent simultanément avec les actes de piété et cela dès la première nuit et le jour suivant, puis ils se continuent nuit etjour sans interruption jusqu à la fin des cérémonies M. Il y en a de deux sortes, les uns scéniques installés dans les théâtres (il n’existe encore qu’un théâtre permanent, celui de Pompée, le théâtre de Marcellus étant en voie d’achèvement), les autres au Cirque 12. Les représentations théâtrales sont ou latines ou grecques, celles-ci de deux variétés différentes 13. Les premières appelées ludi thymelici dans les Actes , parce qu’elles se déploient non seulement sur la scène mais dans l’orchestre, autour de la thymélé , à la facondes Grecs, étaientdonnéesau théâtre de Pompée14; les autres, nommés astyci , qui sont les représentations ordinaires, sans doute des tragédies et comédies imitées du grec par la génération des vieux poètes latins, dans des théâtres en bois construits exprès13. Nous avons Aru que, la première nuit, il y avait d’autres représentations encore, nommés ludi latini , sur des scènes sans théâtres, et qui devaient être fournies par le répertoire des vieilles farces populaires lc. Quant aux jeux du cirque 17, ils consistaient en courses de chars et en exibitions de desultores ; les Actes ne parlent pas de gladiateurs. Mais ils nomment les magistrats qui présidaient aux départs des courses ; durant les premiers jours, M. Valerius Potitus MessaUa, qui avait été consul en 722, probablement frère de Messalla Corvinus, l’orateur célèbre, l’ami de Tibulle et d Ovide ; plus tard, quand il n’a plus à remplir de fonctions sacerdotales, Agrippa en personne 1S.
A mesure que les cérémonies saintes tirent à leur fin, les jeux se multiplient et comportent toutes les variétés connues [ludi publici], A ceux qui sont obligatoires et dont les frais sont payés par le trésor, s’ajoutent ceux que l’édit des Quindecemvirs appelle honorarii, ce qui signifie
J - UÏ.UA Bc*ca, a munis i [ il lis
ne fussent accompagnés par quelque parent âgé; Suet. Oct. 31. 12 Ibid. lo4 :
metae positae quadrigaeque sunt missae et desultores misit Potitus Messalla. — 13 Acta, to6 sq.; 100 sq. - 14 V. sui- l’organisation de certains grands théâtres de l’ époque macédonienne, qui furent imités par les Romains, où la partie de 1 orchestre située entre le proscenium et la thymélé était changée eu une scène plus basse, sur laquelle paraissaient des mimes et des danseurs, O. Millier Gesch der Griech. Littéral. 1, p. 299. - 1S Acta , 161 : Gracci thymelici in' theatro Pompex, Graecx astici in theatro quod est in circo Flaminio ; cf Vilruv V 7 2 • Suet Tib. 6; Cal. 20. - io Acta, 100: Ludi... sunt commnsi in senena quoi theatrum adjectum non fuit, nultis positis sedilibus. Sur cet usage aux temps
anciens, v. Val. Max. II, 4 »• cf n s n r ■ ;, , , 1
... , , - , Cl. iosim. 11, 5. - n Les jeux succèdent le troi¬
sième jour aux représentations théâtrales; Acta, 153 ; le passage est mutilé et heure manque; cf. Mommsen, Op. cit. p. 271, qui cite, à ce sujet, Feslus, Tarentum, p. 3oi et Suet. Claud. 11. Les Quindecemvirs y jouaient le rôle qu ailleurs jouaient les Freres Arvalcs dans des jeux aualogues en l'an Si. V. Henzen Anal. p. 20. — 18 Acta, 154, 105.
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extraordinaires, de surérogation * . Ils sont organisés par les magistrats, notamment par les Quindecemvirs et sans doute à leurs frais, ce qui les fait appeler, par Festus, liberales. En temps ordinaire, le nombre en était limité à trente jours par an afin qu’ils ne fussent pas ruineux pour les organisateurs 2. Les cérémonies s’étant terminées le 3 juin, il y avait interruption le lendemain ; puis les jeux de tout ordre se succédaient du 5 au 11, pour se terminer par une grande chasse qui n’est pas localisée par les Actes 3; le monument d’Ancyre nomme en bloc, comme emplacements utilisés à cet effet, le cirque, le forum, les amphithéâtres. La chasse spectacle parait avoir été coupée d'intermèdes fournis par des courses de chevaux et de chars A
Il va de soi que tous ces jours de cérémonies et de jeux sont déclarés fériés : les tribunaux chôment, le deuil légal est suspendu, ainsi que l’interdiction aux célibataires visés par la loi Julia. C’était une application d’un cas de dispense plus général et dans lequel rentraient les jeux séculaires : « Il n’y a ni deuil, ni interdiction lorsqu’on dédie un temple, lorsque les censeurs font la clôture du cens, lorsque l’État s’acquitte d’un vœu formé en son nom. » La fête séculaire rentrait dans ce dernier cas8.
Par leur durée, qui est de dix-huit jours entiers, dont quinze de réjouissances publiques, par la variété des cérémonies, sacrifices, prières, processions, lectisternia et sellisternia, par la qualité des personnages qui y président ou qui en sont les principaux acteurs, par leur signification politique et religieuse, par l’immense déploiement de toutes les ressources décoratives et somptuaires, tant pour les actes du culte que pour les amusements populaires, les fêtes de l’an 17 furent les plus importantes de toutes celles dont l’histoire de Rome ait fait mention. 11 n’y en a point dans le passé qui puisse leur être comparée; celles qui leur succédèrent au même titre ont pu les égaler en pompes et prodigalités, jamais elles ne se sont déployées dans l’atmosphère de confiance, de joie, de dignité morale, de distinction artistique et littéraire qu’avait su créer pour les siennes le fondateur de l’Empire.
IV. Les jeux séculaires après Auguste. — On pourrait croire que l’éclat même des fêtes de l’an 17, joint au prestige d’Auguste qui en fonda la tradition, fixerait à tout jamais la règle de leur périodicité; ce fut le contraire qui arriva. Les empereurs subséquents semblèrent regretter de ne pouvoir célébrer des jeux séculaires chacun à sa manière. Claude, le dernier de la lignée d’Auguste, trouva le moyen de les renouveler soixante-trois ans après, en l’an 46 ap. J.-C. Il calcula que cette année-là Rome achevait le vin' siècle de son existence et qu’en se réglant sur la durée juridique du siècle, le droit à des jeux solennels se trouvait établi. Comme il y avait encore des survivants de la fête précédente, que même des acteurs qui y avaient figuré reparaissaient, bien vieux évidemment, sur la scène, ces jeux de Claude parurent sur-
i Acta , 156 : Ludos quos honorarios dierum VII adjccimus ludis solemnibus.... Cf. Mommsen, Loc. cit. p. 269. Four l’expression de ludi honorarii, v. Fest. Epit. p. 102, el Suet. Auq. 32. Mommsen rapproche Cic. In Pis. 35,
8G, et Isidor. Orig. XX, 3, 8 : Honorarium vinurn quod regibus et potentibus honoris gratia defertur. — 2 Ludi, p. 1375. — 3 Acta , 159; 163. Cf. Suet. Claud. 21. — ^ Acta, 165; Mon. Ancyr. 4, 36 sq. — 5 Acta , 13, 14, 111-114; cf. Fcst. p. 1 5 i ; justitium, III, 1, p. 780. — 6 plin. Hist. nat. VII, 49, 6; Tac. Ann. XI, 11; Suet. Claud. 21 ; Ccnsor. 17, 11; cf. Mommsen, Chronologie , p. 192. 0. Hirschfeld, Wiener Studien, 111 1881, p. 101 sq. a cherché d’autres raisons à celte fixation des nouveaux jeux par Claude . j’avoue ne pas bien les saisir. I
tout ridicules : ils n’ont, d’ailleurs, laissé aucune trace6
Quarante ans plus lard, Domitien voulut en célébrer pour son compte : il invoqua le canon de cent-dix ans celui des livres sibyllins, qui menait àles fixeren 92 ou 93 si l’on calcule à partir de l’an 17 ou 16, mais qui aurait permis de les mettre déjà en 61, sous Néron, si l’on s’était réglé sur l’an 49 av. J.-C., où les jeux de l'an 17 auraient dû être célébrés7. Domitien les donna en 87. Pas plus que ceux de Claude, ils ne firent sensation, mais nous leur sommes redevables de la curieuse série de monnaies dont nous avons pu tirer parti pour l’interprétation des jeux d’Auguste. A s’en tenir à ce témoignage, il est établi que Domitien suivit fidèlement, pour leur organisation, les exemples donnés par son prédécesseur, comme il suivit, à peu près, son calcul du siècle8. Un témoignage unique, qui n’a sans doute pas grande valeur, nous apprend qu’Antonin le Pieux, reprenant le canon de cent ans et se réglant sur l’archéologie de Claude, célébra en 1 46 ap. J.-C. le neuvième centenaire de la fondation de Rome*.
Désormais, il n’est plus question de jeux séculaires jusqu’au règne de Septime-Sévère qui, suivant le canon des livres sibyllins, réédita ceux de Domitien et d’Auguste en 204 de notre ère 10. Dans les Actes gravés sur un monument analogue à celui que nous avons décrit, l’empereur les appelle : ludos saeculares septimos, alors que Censorinus leur donne le huitième rang; c’est que la chronologie officielle ne tient aucun compte de ceux de Claude et paraît ignorer ceux d’Anlonin le Pieux11. Ils ont été commémorés, comme les jeux d’Auguste ; et l’exhumation qui a mis au jour l’historique de ceux-ci, nous a rendu également les fêtes de Sévère, sur des fragments de tables enfouies au même lieu, dans les mêmes conditions. Mais ces débris sont si morcelés et de restitution tellement difficile, qu’ils n’offrent qu’un assez pauvre intérêt12. Il s’en dégage toutefois cette constatation: si les jeux célébrés par Auguste donnent à l’empereur toute l’initiative et le rôle principal, faisant bon marché de l’autorité religieuse du Sénat, ceux de Septime-Sévère consacrent l’effacement à peu près total de cette assemblée. Le Sénat ne décrète même plus, sur l’invitation de l’empereur, que les jeux auront lieu; mais il demande au souverain de vouloir bien les ordonner. Le collège des Quindecemvirs a gardé son rôle, mais le magister déclare qu’il exerce ses fonctions sacrées : jussu mandatoque imperatorunv, et il n’y a plus qu’un seul magister , alors que les Actes du règne d’Auguste en nomment cinq. La qualité d’Auguste et d’Agrippa se retrouve dans celle de Septime-Sévère et de son fils M. Aurèle Antonin, et tous deux continuent à être revêtus de la puissance tribunitienne 1S.
, , , . , Fig. 0019. — Jeux do
Outre les actes ou nous relevons ces de- Scptirae.Sév6rc. tails, il nous reste, comme monuments des jeux de l’an 204, diverses monnaies en or (fig. 6019), argent ou bronze, frappés pour commémorer les fêtes.
— 1 Tac. Ann. XII, il; Mart. IV, i, 7; X, 03, 3; Slat. S Un. I. 4, 17; IV,
1, 37; Suet. Domit. 4; Zosim. II, 4; Censor. i7, 11. Tacite y prit part en qualité De XV Vir S. F. Domitien y fit de véritables folies dans l’organisation des courses de chevaux. — 8 V. Drcsscl, Ephem. epigraph. VIII, p. 310 sq. Tal>.
I ; toutes les monnaies sont du règne de Domitien, à l’exception des no* 1, 13 et I1
— 9 Aurel. Vict. Caes. 15.— 10 Censor. 17, 11 ; Zosim. Il, 4; Herodian. 111,8, 1"-
— il Acta Sever. 17 ( Eph . epigr. VIII, p. 283). — i- Eph. epigr. ( L . cit. p. -1' sq. Une table composée par Huclsen permet de se rendre compte de l’état fragmentaire et de la faible proportion des fragments recueillis par rapport à cc que nous n’avons plus. — 13 V. Mommsen, L. c. p. 29 4 sq.; Acta Sever. passim, p. 278 sq.
SAE
SAG
Fi". 0020. — Jeux de Philippe.
Tellus-Cérès et le Tibre y rappellent le dispositif religieux observé aux lemps de Domitien et d’Auguste; à ces vieilles divinités sont associés Hercule, Bacchus et la Concorde, empruntés aux cultes du temps *.
Les dernières fêtes séculaires organisées par les empereurs païens furent celles auxquelles présidèrent, en 246 ou 247, suivant le canon de cent ans, Philippe et son fils : leur caractère distinctif, c’est qu’elles célébrèrent le millénaire de la fondation de Rome 2 : c’est ce que rappelle le grand bronze ici reproduit (fig. 6020). Cassiodore nous apprend qu’à cette occasion il y eut au Champ de Mars, pendant trois jours et trois nuits, des représentations théâtrales et que le peuple passa les nuits en réjouissances; les jeux du cirque surtout y furent magnifiques : on y vit une profusion de combats de gladiateurs, d’exhibitions de bêtes rares et féroces qui figurent à leur tour sur les monnaies (fig. 6021) 3 .
L’empereur qui y présidait était un Africain, fils d’un chef de brigands; il satisfaisait par les sacrifices et les cérémonies à la tradition polythéiste, quoiqu’il fût très probablement chrétien. M. Boissier cite à ce propos la réflexion mélancolique de l’historien Zosime, resté païen convaincu : « Si les saintes cérémonies avaient été religieusement observées, ainsi que l’ordonnait la Sibylle, l’Empire romain aurait conservé sa puissance; mais comme on les a négligées, il est tombé sous la domination des Barbares. » J. -A. IRld.
SAEPTUM. — Dans un sens général, ce mot signifie toute espèce d’enclos aussi bien que l’enceinte, le mur, la cloison, la barrière qui l’enferme. On appelait particu-
Fig. G021. — Exhibition de bôtcs rares.
lièrement de ce nom au pluriel, saepla, la partie du Champ de Mars où le peuple, à Rome, s’assemblait pour voler [comitia, p. 1385 sq., 1395 sq.], et qui était aussi nommée ovi/e , parce que les tribus et les centuries y étaient séparées et comme parquées entre des claies ou des planches, au moment où elles allaient déposer leurs votes 1 .
Cette installation primitive ne disparut qu’à la fin de la République. Jules César 5 commença, pourla remplacer, la construction de galeries de marbre qu’il n’eut pas le temps d’achever. Agrippa inaugura les nouveaux saepla, qui furent appelées les saepta Julia 3. E. Saglio.
SAGA. — Devineresse, magicienne [magia, p. 1500] L Ce nom était donné aussi aux entremetteuses, parce que les magiciennes en faisaient souvent le métier2.
SAGENA [rete, p. 852].
SAGITTA1 (T 6g, ciïctôç2, to;ov, -rdçEuga) *. — La flèche, à laquelle s’applique souvent le nom générique des armes de trait, telum (jîÉÀo;), comprend une hampe, calamus, arundo (xâXajxoç, ôdvaÇ), pourvue à un bout d’une encoche empennée, pennata yXu^fôs;),
et, à l’autre bout, d’une pointe, spiculum (àxt;), appelée parfois ferrum (cfSTjpov), du nom du métal dont elle est faite à l’époque classique'; cette pointe peut être munie de barbelures, unci, liami (Syxot, byxivot), et d'un nombre variable d’arêtes tranchantes, acies (yXio/tve;).
Structure et évolution de In flèche. — La flèche est, essentiellement, un trait le plus léger et le plus facile à lancer qui soit. Aussi a-t-elle dû commencer par être taillée dans un bois, un roseau ou un os mince et rigide, et, si l’on n’a conservé que de rares pointes en ces matières friables, nous connaissons nombre de peuples qui se servent encore, à l’époque classique, d’une flèche de roseau avec pointe d’os8. Cette différenciation de la tige de la flèche, toujours facile à remplacer, et de la pointe, d’autant plus précieuse qu'elle est mieux acérée, constitue le premier progrès dans l’évolution de cette arme. Dès le début de l’époque énéolithique, dans le bassin de la Méditerra-
1 Eph. epigr . ( Loc . cit. p. 274) ; cf. Eckhcl, VII, 185 ; Cohen, Méd, xmpèr. I\ p. 14, n. 105-110; 1b. p. 147, n. 48-52; p. 65, n“‘ 023-620; p. 201; 555, 550 p. 2/2, n. 1/9, 180. — 2 Eutrop. 9, 3; Capitol. Gord . 33; Aur. Vict. Caes. 28 cl. Eckhcl, Doctr . Numm. VII, p. '323 ; Corp. inscr. lat. V, 488; les chronogi p. 647, édit. Mommsen et Hiex'onym. Chron. anno 247 ; cf. G. Boissier, 0[ cit. p. 94 sq. 3 Eckhcl, O. I. VII, p. 332. Il y a des monnaies se rappoi tant aux années 1012 et 1051 de la fondation de Rome qui, faisant allusion des jeux séculaires, prouvent que Ton exploitait jusqu’à cette date le doubl canon des cent et cent dix ans, mais divisés par deux, pour obtenir plus fréquerr ment l’occasion d'en célébrer. V. Eckhel, VII, p. 409 et VIII, p. 20 sq. ; ceux d 1 an 1051 {U. C.) furent les derniers. — Bibliographie. Citons pour mémoire le anciennes dissertations de Petrus Taffinus, De veterum romanorum anno saecular (Tournai, 1041), et d On. Panvinius, De ludis saecularibus, l’une et l'autre elle Graevius, Thésaurus, VIII, p. 466 et IX, p. 1001; Bergh, Augusti rerum gesl tld. Halle, 1873, p. 74 Bq.; Boissier, La religion romaine d'Auguste aux Anto nms, I, p. 30 sq. (4e édit.) ; Id. Les jeux séculaires d'Auguste (Revue des Deux ondes, 1892, p. ,5 sq.) ; Bouché-Leclcrcq, Histoire de la divination , t. IV p. 300 sq., p. 300 sq. ; Conrad, De saeculo Romanorum , prog. Posen, 1900; Diehls jyllinische Blaetter , 1890, p. 127 sq. ; GelTroy, La science archéol. à Rom ( tevue des Deux Mondes, 1892, p. 590 sq.); Hirschfcld, Wiener Studien, 1881 P; 9 Sq’;..les éd‘tions d’Horace, d’Orelli, 11, p. 626 sq.; de Mitseherlich, il, p. 643 C ^c lütz, I, p. 290 sq. ; Ideler, Handbuch der Chronologie , II, p. 82 sq. ausen, Aeneas und die Penaten, I, p. 262 sq. ; Marquardt-Mommsen, Handbuci p. Ufrthümer (2° édit.), t. VI, p. 385 sq. ; Mommsen, Roem. Chronologie v ] P ' 7 ' Sri’ ’ *d. Die Saecula der Etrusker, dans le Rhein. Muséum ‘l"®’*11’ P’ 53 i ld- Ephemeris epigraphica,v ol. VIII, p. 225 sq.; Muelleret 66 "' "f j ]n,5^eïh U, p. 29 ; 309 à 315 ; Pau] y, Realenctjklopaedie, t. VI, p. 474 sq look'' II t édU' n°UYelle- IV’ 2 Sfi’; 2374i P^Uer-Jordan, Roemische Mxjthoserninn , ,Sf'' \ R°S°hor’ Ausf' Eexikon d. Mythol , elc„ art. Pro. Mus nouv'1' 0r yR SIT ■ RoU', Ueber die Roem. Saecularspiele, Rhein. Omise T' Ul’ P' 363 Sq’ ; Schoemaon, De Roman, anno saecul. (dans les SU ■ Wi a ' ;,P/ 50 sqJt Usener’ -Wtein. Muséum, t. XXX (nouv. scr.), p. 204 Wa’ Iieh'Jion und Kultus der Roemer, p. 303 sq. Pourla partie numis¬
matique, v. Dresse!, Epliem. epigr. t. VIII (1892), p. 310 sq. ; avec les ouvrages de Cohen et d’Eckhel cités.
SAEPTUM. 1 Serv. Ad Ecl. 1, 34 ; Septa propria sunt loca in Campo Martio inclusa tabulatis, in quibus stans populus romanus suffragia ferre consueverat, sed quoniam haec septa similia sunt ovilibus duo liaec invicem pro se ponuntur. Les saepta avaient été inaugurés : Cic. Pro Rabir. IV, 2. — 2 Dio Cass. LUI, 23. — 3 Voir Gilbert, Topograph. d. Stadt Rom, III, p. 143 et 152 ; O. Richter, Top. d. Stadt Rom, p. 230 ; Jordan-Hülsen, Top. d. St. R. II, p. 498; III, p. 479.
SAGA. 1 Cic. Divin. I, 31; Horat. Od. I, 2, 21; Ep. II, 2, 208 ; Tib. I, 2, 42; Apul. Met. I, p. 106, etc. — 2 Non. Marc.' p. 23.
SAGITTA. — .1 Sagitta, rattaché à tort par Grôber ( Arcliiv . f. lat. Icxicogr. 1888, 457) à sagxim, semble désigné par la terminaison itta, etta comme un mot lydo-étrusque (cf. S. Reinacb, Oriental records, 1892, 85); la racine sag , seg se retrouve dans nombre d’armes tranchantes : sagaris, securis. Le mol fut grécisé par les Byzantins; aug ira, sa yivtàTtup, augnoSçô^tor, trayitoSokî)* — 2 ‘13; est la forme primitive (épique et lyrique) d onrxk; (oc-nrco;); piôç, désignation homérique de l’arc, est peut-être à ’idî, ce qu’est à “mi; la forme éolienne pHu;. Sur la possibilité d'une racine commune entre (□v-zù/tt/i; et cf. p. 1000, n. 14. — 3T3;„v-Tdtrjp« sont des dési¬
gnations qui, comme pidç-Iôç, paraissent avoir passé à la flèche de l'arc dont ils désignaient le bois, taxus, l'if, bois dans lequel est déjà taillé l’arc préhistorique de la tourbière de Cambridge et dont le nom anglo-saxon, yeœ, est devenu celui de l’arc en Angleterre. Seul, Td;ov se trouve chez Homère où il désigne à la fois l'arc et les flèches. Le surnom âTjaxTo; sous lequel on désigne la flèche (Thuc. IV, 40; Esch. fr. 129 ; Soph. Pli. 290; Tr. 714), s'il faut le rapprocher de la racine de torquere, se rapporle ou au bandement de Parc ou à l’enroulement qui maintenait la pointe. — 4 ’ a jS,-, semble se rapporter à l’âge où elle était de bronze, ers. — 5 Pour la classification des pointes de flèches néolithiques, voir, outre les Alluvions et Cavernes de S. Reinach et le Musée préhistorique Ae G. de Morlillet, une étude de Th. Wilson dans F Anthropologie, 1901, 568 . Des pointes de flèches triangulaires à pédoncule et barbelures en os eten corne de cerf ont été trouvées en grand nombre dans les terramares italiennes de Gozzano, Caslione et Montalc (Montelius, Civilisation primitive en Italie, pl. XIV, 20 ; XVII, 4; XIX, 4), de Polada (Modestov, Introduction à l’hist. romaine, pi. xn, 8) et dans lc9 grottes de Pollera, Farnè, Arène Candide ( Ballet . di. Paletn. XVI, 98; XIX, 30).
S.Ul
SAG
née, on fixe sur des tiges des pointes foliiformes 1 aiguisées à l’extrémité, arrondies à la base. La difficulté qu’on éprouvait à les fixer amen? à tirer de cette pointe primitive les deux formes qui devaient se maintenir depuis:
1° En supprimant la partie arrondie et en la remplaçant par une base droite, on allégeait la pointe devenue triangulaire, mais on ne la rendait pas plus facile à insérer dans la tête fendue d'une tige; c’est en substituant à la base droite une base concave- qu’on obtint un creux où la hampe s’encastrait d’autant plus solidement que les angles inférieurs étaient mieux effilés et rabattus; ces ailerons furent les rudiments des barbelures 3 (fig. 6023).
2 En taillant la partie arrondie en un angle semblable a celui de 1 extrémité perforante, on obtint une pointe losangique , en développant l’angle destiné à frapper et en réduisant l'angle destiné à s’emmancher, elle donna naissance à la pointe à pédoncule1, qui ne tarda pas à se compléter par une sorte de cran d’arrêt formé par les angles inférieurs de la partie perforante ; quand ces angles inférieurs ne formèrent plus un angle droit avec le pédoncule, mais un angle de plus en plus obtus, on eut la pointe à pédoncule et à barbelures5; un trou pouvait la compléter, permettant le passage d’une attache6. En même temps, la succession d’entailles qui forment les tranchants du silex éclaté sont retouchés, ou bien de façon à obtenir une arête unie et polie, ou bien de façon à développer, au contraire, ces irrégularités en une
série de dents de scie ou barbes qui rendront la pointe plus difficile à extraire. Ce sont les pointes à bords denticulés, dont les angles inférieurs sont effilés de façon Fig. 6022. — Pointes en obsidienne. à en faire les plus Saillantes
de ces barbes, qui semblent avoir dominé en Grèce, surtout parce que l’obsidienne, qui y remplaça de bonne heure le silex, paraît y avoir
1 Palafitlc de Rodio, Monlclius, Op. cil. pl. m, 5 ; cr. Brizio, Notizic ls!U, 243. — 2 Palalitlc de Peschiera, Montclius, Op. cit. pl. ,x, 16 Type semblable à Rcmedello, B. di Palet,,, pl. x,, XXIV. - 3 Mycèncs, Schliemann Myccnes, p. 334 ; Perrot. Bist. de l’art, VI, p. 116. Cf. Modcstov, Op. cit. pb x.i, 1 1-2 - 4 Silex coloré au cinabre de Sgurgola dans le Latium, l'inza. Mon.antichi, X\, pl. i, 11. Un cran d'arrêt très net se voit sur un silex de Cumarola, Monlclius, Op. c,t. pl. xxxvt, 22, un silex de Remcdello, B. di Paletn. XXV pl. n. — o palatine de Codio, Montclius, Op. cit. pl. ni, 6-7. Cf. Ibid. X, 13- CXVIl’ 3 ; B di Paletn. X, 148; XIV, 133 ; XV, 83. - 6 Acropole de Kakovato, près Samikon (lylos de Nestor?), Docrpfeld, Ath. Miltheil. 1907, p. 7 Voir pour s* production cl sa dispersion, Bosan,|ucl, Explorât, at Phylakopi of Mélos (1904)' p. 228. Les pointes en obsidienne se trouvent des grottes du Portugal (Canaris prehist. intern. 1889, p. 556) aux Kourganes du Caucase (Z. f. Etlinol XXXIII 87 92; XXXIV. 150, 176 ; Jlev. arch. 1890, 11, 186).- 8 35 pointes en un seul ias dans la quatrième tombe de Mycèncs, Sclilicmann, Mycènes, p. 354 (15 reproduites par Schliemann, lîg. 435; 3 par Perrol, VI, p. 116 = (fig. 6023); une dizaine de pointes beaucoup plus grossières de Tiryntlic sont reproduites par Schliemann, Tirynthe p. 162. qui dit en avoir vu d'autres à IHéracum d'Argos et à Asinè; 8 dans un,’ tombe a fosse de l'Acropole d'Athènes (Skias, 1902, 128). On eu signale
encore dans des tumidus d'Apbidna (Ath. Mitth. 1896, 391} et de Marathon (Z f Ethnol. 1884, p. 85 e. p. 16 des de Finlay); ce sont sans douto'les
pointes en silex noir que Dodwell attribuait à la bataille de 490, Tour throuqh Oreece, II, lo9 ; une douzaine à Dimini et Scsklo, près Volo M/an, 1902 76)peut-être à Ilion (Schliemann, Ilios. p. 309); à Phaoslns en Crète (Mon ont' 190‘>’ 22), et a Knossos (British School. A, muai. Vil, 44 ; VIII, 123). Elles sont longues
/'• !’°IC m/ -;’038' 3 ’ ,>err01’ VI’ P' 1,6 d aprùs Dumont' Collect. prehist. de J mlay (Mélangés d’arch. 1892, p. 21). Cf. en bronze, British Muséum, n. 2804 Sardaigne), 2805 (Kertch), 2806 (Marathon), 2811 (Corfou), 2813 (tliérapolis \. aussi Déchelclle, Archéol.prêhist. I, 1908, p. 509. - 10 Ainsi, on signale une
pointe en silex dans la tholos de Thorikos en Atlique (irP*„T,*à, 1893, 15) ; une en silex dans un tumulus macédonien (Z. f. Ethnol. XXXIV, 73); une en silex et une en obsidienne dans celle de Vaphio (Musée d’Athènes, n. 1846) ; d'aulres à Mélos m cl ces à des pointes de bronze ( Bosanquct, Op. cit. p. 104). Des flèches en silex à extrémité tordue, trouvées au pied de la forteresse de Lrinia, en Crète, proviendraient (Ausoma, I, 119) d un siège subi par cette place au v« siècle; mais la forteresse est
prêté. Cette matière éruptive, dont les coulées ne se manifestent en Méditerranée que dans la seule île do Mélos1, se débite naturellement en petits éclats triangulaires, d’une apparence vitreuse et noirâtre que l’on connaît, dans les tombes énéolithiques des acropoles de Mycènes, de Tirynthe et d’Athènes, sous toutes les formes que nous venons de passer en revue, notamment sous forme de lames minces à bords légèrement convexes et à angles inférieurs très saillants (fig. 6023) ; mais on les trouve aussi sous lu forme de triangles à pédoncule plus ou moins développé (fig. 0022) 8 et sous la forme tout à fait primitive du carreau à triple arête (fig. 6024) \ qui se développera aux âges des métaux.
Bien que les pointes de silex et d’obsidienne persistent à l’époque des tombes à coupole *°, les lames de bronze apparaissent dès avant Fig. 0021. cette époque proprement mycénienne, dans des couches prémycéniennes qui remontent au moins au début du 11e millénaire ; longtemps, elles se bornent à imiter les formes des silex11 en facilitant seulement l’attache par 1 ouverture de deux trous où passeront des lanières 12 ou en échancrant en A la base du pédoncule ; avec ce pédoncule biiurqué, la poinle s'adaptait mieux â un manche fendu, et les angles inférieurs de la lame, inutiles désormais pour 1 assujettir, étaient réservés au rôle de barbelures aggravant la plaie13. L'allongement et l’amincissement progressifs du pédoncule permirent de développer la laine sans craindre qu’elle rompit au moindre choc 11
construite sur des débris mycéniens. A Rome, on a Irouvé une pointe de silex allacliée par un lil de bronze (Monlclius, Op. cit. pl. ccci.v, 13). — 11 Surtout la forme à barbelures dans les lerramarcs cl dépôts de luge de bronze (Montclius, Op. cil. p’. xv’ 6 i 'XX, 6 ; cxiv, 13 ; cxxvi, 4-5, 10, 18 ; Modcstov, Op. cit pl. xvn, 5. cl 11); a Mycèncs (Tsountas, ' Es. ’àn. 1888, pl. ix, 22; Mycenean Age, p. 20G), dans la sixième cilé de Troie (Troja, fig. 1527 ; Troja und Ilion, I, p. 323), à Phylakopi de Mélos (Bosanquct, Op. cit. pl. xxxvm, 7-9), même dans la grotte du Iliktè (A, muai Brit. School, M, 110); la pointe àbarbelure en crochet sur la douille, dans la palalitte de Bodio (Monlclius, pl. m, 20, avec deux Irons pour attaches), à Athènes cl a Mycèncs (Ridgeway, Eurly âge of Greece, 1, p. 302), dans la quatrième ville de Troie (Ilios, n. 1240); la pointe foliiforme avec grand pédoncule et saris barbelurc, dans la 6” ville de Troie (Ilios, n. 1423). — 12 Evans, Prehist. tombs of Knossos, 1900, f. ‘28. Pondes de cc type et du type suivant, mesurant de 0,0045 à 0,0047, trouvées dauune tombe à puits des xiv-xm» siècles. Voir encore Brit. School. Ann. X, 01 ; Anhquary, 1905, 440). Huit pointes semblables dans une tombe de Phaestos (de 0,00:« à 0,0018, Savignoui, Necropoli di Ph. fig. 21); d'autres, dans la ville basse de Mycènes, en deux paquets de dix (Tsountas, Mycen. Age, p. 200). — 13 La note préccdentc s'applique aux deux types. - 14 Bosanquct, Phylakopi of Mélos, pl. xxxvm, 6 (long. 0,11). Pointes semblables à Chypre (Ridgeway, Op. cit. p. 302: Cesnoln, Cyprus, pl. x ; Cyprus Muséum calai. 563-71, British Muséum, n. 2809), à Ilion (Troja and Ilion, 1, 345 ; Ilios, fig. 103, 3« ville), à Delphes (Perdrizet, Bronzes de Delphes, 1008, fig. 330 c; cf. Froehncr, Coll. Gréau, p. 142), en Égyph' (J. de Morgan, Bech. sur les orig. de l’Égypte, 1896, p. 210; Garstang Bel- Iihallaf , pl. xxui). On la retrouve cuire les mains d'Héraklès sur une des plaques de bronze de Pérouse (Ant. Denkmüler, II, pl. iv). C'est une forme qu'affcclcnl souvent les pointes en os (Troja und Ilion, I, p. 371. u'-v" strates; terramarc de Caslionc. Monlclius, Op. cit. xiV, 20). Dans Montelius, pl. xxxv, 13 (près Bologne), le pédoncule était encore entouré d'un fil de bronze. Le même type avic les angles inférieurs moins accentués à Dodone (Carapanos, Dodone , pl. i.vm, 181, à Olympic ( Bronzen v. Olympia, pl. xr.iv, 1093, 1090), à Égine (Furtwaengler, Aegina, pl. cxvu, 45), à Delphes (Perdrizet, Bromes de Delphes, p. 97, 330 b). Cf. Frochner, Coll. Gréau, p. 142 ; de Ridder, Coll, de Clercq, III, 347 . Dronzes British Muséum, n. 2813 (Uiérapoüs). On possède des spécimens égyptiens semblables, en ivoire, de la première dynastie (Pétrie, Abydos, I, pl. 1.11 ; Royal tombs , II, pl. xxxiv).
Fig. G023. — Poinlcs (.rouvres à Mycèncs.
SAG
SAG
\ux lames plates, acérées seulement sur le pourtour, succèdent les lames où la partie saillante, au centre de l’une des deux faces, se développe à son tour en arête.
Fig. 6025. — Pointes de (lèches en bronze trouvées à Olympic.
Ces lames à quatre ou à trois arêtes (fig. 6025), le TpiyXw/i; ô'ùrroç homérique, prennent un poids tel, qu’il devient nécessaire d’enfoncer dans la hampe le pédoncule entier, ce qui empêchait de rendre l’arme plus meurtrière en détachant une barbelure sur le pédoncule. Au contraire, en creusant davantage le pédoncule bifurqué, il devenait possible d’enfoncer la hampe dans le pédoncule et non plus le pédoncule dans la hampe. C’est ainsi que se développa la pointe à douille.
La douille cylindrique est simple avec une lame lancéolée 1 ou triangulaire avec deux arêtes2, ou triangulaire avec quatre arêtes 3 ; elle est plus rarement composite ou avec double cran d’arrêt sous une lame à deux arêtes4 ou avec barbelure latérale sous une lame à trois ou quatre arêtes 6. Il semble même qu’on ait parfois disposéjusqu’àquatre barbelures métalliques à la partie supérieure de la hampe u.
Avec les pointes à douille, qu’on coule d’une pièce dans des moules7, la tête de flèche atteint une perfection qu’elle ne dépassera guère. Aussi, les pointes de fer, qui apparaissent siècle 8, ne pourront-elles que reproduire
Fig. 002G. — Pointes de (lèches eu bronze.
vers le vte
les formes de celles de bronze. Les pointes grecques telles qu’elles nous sont connues par les monuments, semblent être des lames triangulaires, à douille ou à pédoncule, aux angles inférieurs prononcés ; la grotte du Diktè et Dodone ont livré deux spécimens (fig. 6026) de la pointe foliiforme 9 et de la pointe pyramidale à pédoncules allongés i0.
Italie. — Les nombreuses pointes de pierre, de bronze ou de fer rencontrées dans les tombes suffisent à attester
l’usage de la flèche dans toute l’Italie primitive “. Du vu' au ivesiècle,à défaut de textes, des œuvres d’art et des monnaies montrent que l’arc reste une
Fig. 6028. — Archer élrusquc.
des principales armes des Ombriens ”, des Lucaniens13 et des Sardes14 (fig. 6027); des peintures (fig. 0028) ”, des bas-reliefs 16, des empreintes monétaires” confirment le vers où Virgile met les flèches aux mains des Étrusques 18. C’est d’Étrurie peut-être que Rome a reçu le mot même de sagitta ; mais les archers n’apparaissent pas dans ses armées jusqu’aux guerres puniques.
Dans l'Italie primitive, les premières pointes de fer appartiennent aux types des lames à douille avec lame lancéolée 19 ou triangulaire 20. Les flèches de l’armée romaine, depuis les premiers spécimens qui proviennent du siège d’Alésia (an 52) 21 et du siège d’Os-
' Furtwaonglcr, Olympia , pl. lxiv, 1070, 1078, 1080, 1091, Aegina, pl. cxvu, 1 ntish Muséum, n. 28 ta (Ephèse); Mus. d’Athènes, 8638-0. — 2 Montelius, l tiC pl. xxxv, 9 et 11 (lerramare près de Reggio). — 3 Olympia, pl. xuv, 1089. Mil ype dans Aegina, fig. 4i (3 cm.; fig. 42, cm. 7, 7 et (provenant de Môgalopol reproduil dans Hclbig, Epopée homérique, p. 437). — 4 Montelius, Op. cit. pl. xi (uoltolengo, près Brescia). - 5 Cf. Olympia, pl. xuv, 1077 (Ibid. 1002) ; Br on, V - fyLeS' 337 ’ Coil- p. 142 ; Bronzes British Muséum, p. 347, fig. 1
fi nis, pl. xxxv, 10 (Reggio d Emilie). On retrouve le même croc caractér
joue a Kalvmna (Kemble, Horae ferales, VI, 3, 4, cl British Muséum, n. 2803) •1 S a (backcn, Hallstatt, p. 37), à Muzna (Tociicscu, Dacia, pl. ni)), et en Égyi vi^ ■'otTr L°C ^ ~ 0 Voir la nècllc qu'Artémis lient à la main sur un vase .la,, n 1 0llZe’ ' asen ans Milo, pl. iv). Une pointe triangulaire toute sembla! „ r°n;7 f 3o0 a. — 7 L'un de ces moules a été retrouvé dans
' c dP‘on (Bios, fig. 103). A Delphes, on a exhumé deux flèches cucc
de br S PS1 1 I'!’ne coulée (Fouilles de Delphes, t. V, p. 97. — 8 Les poinl
Ynrla e'm|Ui al’l,araissent dès 1 époque éuéolilhique (ainsi dans la nécropole les lomi? ÏSle: Collign0n’ c- Ac. inscr. 1901, 814) et qui abondent da
’iw"‘Æ(r,lr,7Ita cilécs’ r' 938’ "■ l0, voir pour SpiUa’ siamaiak
Tour ihL s ’ n ' ( CSC0Ddcnt jusqu’aux champs de bataille de Marathon (Dodwe p. 2043) B'9.1 'eece' 'h P- 75n) Pt de Platées (Denkmûler do Baumcister, I Plutôt être à il ‘.|uc ccs dermeros flèches, si leur provenance était certaine, dusse
auraient été " Pcl-scs (Walter*, Ath.Mitth. XV, 233; 10 flèches de I
383); u. . 0I1'‘CS 0,1 ls30 dans une tombe de Marathon, Jahrbuch, Anz. 19( Bisenzio en 9,r ' ° °l dl‘ D‘Uô C‘ de Dodono e11 Grèce, celles de Sesto Caleude Diktè JUusen Pe)lven't guère être antérieures au vi" siècle. — 9 Grotte
- ’t Lapins al n 7"?’ *’ P' T64' ~ 10 CaraPanos> dodone, pl. ivni, 14 (long. 0,11 n an c co"0CGon de pointes de fièche ilalienncs préhistoriques est i
J/useo Preistorico de Rome, salles XXVU-XXXV. Au Musée des Thermes, à Rome, sont les (lèches votives en bronze des temples de Junon à Norba et de Diane à Némi, les plus anciens documents pour l'emploi de la llcelie dans le Lalium à la période historique, Cf. Maman, antichi, 1903, 333. — 12 Garrucci, Mo net e antichi d'Italia, pl. I.VI. — 13 Ibid. pl. eu et l'hippotoxote lucanien ou campanien dans S. Reinach' Ripert, de la stat. II, 530. — 1* Perrot, Hist. de l'Art, IV, p. 07, 68 (notre fig. 6027), 73; Taramelli, Notizie d. scavi, 1905, p. 228. Pour la Sicile, on ne peut distinguer entre les indigènes et les Grecs, voir p. 1002, a. 17. — 13 Au Louvre, Mon. d. Inst, arch. 1859, pl. xxx. (Marlha, L'art, étrusque, pl. iv (notre fig. 6028). A côté de ces iresques de Caere, il faut citer les archers semblables de celles de Chiusi ( Annali 1850, 259). — 16 Sur des urnes (Brunn, Rilievi d'urne etrusche, I, pl. i.xxu, 8) ; des plaques de ferre cuife de Tarquinies (R. Rochelle, Mo», ined. pl. rxxvi, v), do Voile fri (Helbig, Rhein. Mus. 1903. p. 500) ; une slaluette de bronze (Babelon et Bfanchet, Bronz. de la Bibl. nationale, p. 395); une coupe de Palcstrina (Montelius, Op. cit. pl. cccl, XYIII, 5); un fourreau du trésor do Préneste ( Monumenti , X, pl. xxxi, 5); un bronze de la Cerlosa (Bullet. di Corresp. arch. 1872, 1 IG). A ces archers à pied, on peut ajouter comme exemple d’archers à cheval Monum. V, 25 et Bull, du Musée de New-York , 1907, 37.
— H Monnaie de Populonia, Garrucci, Op. cit. pl. t.xxiv, 3, et Sambou, Mann, antd'Italie, (1003), p. 71. — 18 Aen. X, 108. Sur Vediovis, archer, cf. p. 1002, n. 1.
— 19 Bisenzio, près Rome, Montelius, Op. cit. pl. cclvii, C. — 20 Sesto Caleude, Moir
telius, Op. cit. pl. lxii, 5. 21 Quatre types ; triangulaire à scelion carrée; folii¬
forme ; barbelé de part et d'autre ; croc d'un seul côté. Longueur variant de 0 00 à 0,08 (au Musée de Saint-Germain, salle XIII, vilrine 26). Le type triangulaire se retrouve dans les oppida gaulois (cf. Mém. de la Soc. des Antiq. 1007, 3) et dans celui de Stradonilz (Pic-Décheleltc, Stradonitz, pl. xxix, 11); le type à croc laléral dans les tombes de Hallstatt (Sacken, Hallstatt, p. 37)
SAG
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suna (43) 1 jusqu'à ceux des postes du limes-, se répartissent entre des types différents qu'illustrent les figures 002!) et 6030 : pointes pyramidales et coniques à douille ou petit pédoncule3; à quatre arêtes et pédoncule plus développé 4 ; triangulaires à petite douille s, à grande douille 6
Fig. G029. — Pointes de flèches romaines.
fm
mà
et à fort pédoncule \ 11 semble même qu’on se soit borné parfois à entourer la tête de la
hampe d’un cercle
de métal pourvu d’un dard acéré8; enfin, l’on connaît des pointes en plomb5 (peut-être les plumbatae) , type d’où est issu ce mattiobarbulus dont les soldats des légions d’Illyrie portaient cinq exemplaires à l’intérieur do leur bouclier (fig. 6031) 10.
Fig. 6031. — Mattiobarbulus.
Sur un sarcophage romain (fig. 6032) on voit des flèches armées d’un fer en croissant employées à la chasse
aux autruches : c’est ainsi que Commode les décapitait dans l’amphithéâtre ,2.
On est malheureusement très mal renseigné sur la matière dont était faite la hampe des flèches : elle était en bois de cornouillier chez les Lyciens et les Sarmates 13, en bois d'if chez les Anglo-Saxons, les Irlandais et les Scandinaves, eL, si l'on en croit l’explication de to;ov par taxus, chez les Latins primitifs. S’il n’y a pas de trace que xd'ov ait désigné également l’if en grec, il est possible que tôç, qui semble un nom plus ancien de la flèche, et la forme dérivée ôv< jto; (ôs-kjt <k), soient en rapport avec oigo;, ôtcûa, qui désignent ou le saule, le bois flexible et résistant par excellence u, ou certains roseaux. C’est au roseau que nous ramènent aussi
1 Cf. P. Paris, Archives des missions, t. XIII (1906), pl. xxx elxxxvn. La plupart sont des pointes à pédoncule avec fer plat en forme de feuille lancéolée ou do fuseau allongé. fera i|uatre faces avec arêtes barbelées ; rares exemplaires à douille. La longueur varie de 0,0(5 àO, 10. On rcnian|ue sur la plupart (fig. 11030) rpiun côté est plus développé que Tau ire ; celte asymétrie est sans doute intentionnelle ; les pointes en silex biseautées d’un seul côté accompli-sent un mouvement giratoire (Wilson, Anthropologie , 1901, p. 564). — - On ne connaît bien que les pointes du limes germanique publiées dans Jacobi, Saalbury , pl. xxxix et dans Ver Obergermanisclie- Uaetische limes (lit, p. 13 ; IV, p. 8 ; Vil, 24 ; X, 13 [prôsde 800 dans Varmamenlarium de Bucb]; XII, 8 : XIII, 15 ; XIV, 25, 37, 74 ; XV, 14 ; XVI, 18 ; XVIII, 13; XIX, 13; XXII, 32; XXV, 3fi ; XXVI, 34. 39 ; XXVII, 27 ; XXIX, 21) : de 5 à 1 0 centimètres, avec deux, trois ou quatre arêtes, un ou deux crocs latéraux, pédoncule ou douille. Dans son Handbuch der üeutseh. Alterth. p. 153-4, l.indenschmit public une série de pointes de basse époque romaines ou barbares se rapporlanl à ces différents types. — 3 Lindcnschmit, Tracht und Dewaffnung. pl. xi, 20 (40 millimètres), Mayence (= 0029 c,\ Ibid. pl. xi, 24 (88 mm.); Mayence (= 6029 o).— 4 Grollcr, Der rôm. Limes in Oesterreich, VIII (1907). p. 138 (55 millimètres), Lauriacum. — 5 Lindcnschmit, Op. cit. pl. xi, 25 (15 millimètres), Mayence (= 6027 b). — 6 p. Paris, dp. cit. pi. xxx, 13 1110 millimètres;, Ossuna; Cf. Lindcnschmit, AUertliilmer, II, VIII, pl. v, 9 ; Groll. r, Loc. cit. (65 millimètres). — 7 P. Paris, Op. cit. pl. xxxvu, 9 (110 mm.), Ossuna (= 6030). — 8 Lindenschmit, Alterth. heidn. Vorzeit. I, XI, pl. iv, 8 (30 millimètres). — 9 Babelon et Blanchet, Bronzes de la Dibl. nat. p. 671 (55, 57 et 04 millimètres), avec inscriptions mutilées sur les bases. Des inscriptions grecques se lisent sur la face de pointes de bronze de la Collection de C/crcq, III, 347. Les flèches garnies de plomh (pour souder la pointe?) étaient déjà connues du temps d’Aristote. De caelo, II, 7, 298. Cf. Win. Nat. hist. X, 50, 2 : plumbatis sagitlis nidos avium deeuliunt.
Sovalj, xâXago;, aruudo , calainus. Si ces désignations de la hampe ont fini par passer pour poétiques, l’antiquité classique ne conservait pas que le souvenir du temps où la hampe de la flèche était faite d’un roseau . Pline, après avoir énuméré les peuples archers de l’Orient, conclut que la « moitié du monde vit sous un Empire imposé par les roseaux » ; il ajoute que le roseau de l’Inde est trop fort, celui de Belgique trop ligneux, mais que ceux du Rhéno, dans le Picénum, l’emportent même sur ceux de Crète par leur rigidité qui, grâce à l’abondance de la moelle, n’exclut pas le poids nécessaire pour n’èlre pas emporté par le vent i5. On emmanchait donc, encore au iCI' siècle, les pointes de flèche sur des roseaux : c’étaient sans doute seulement des flèches de chasse, puisqu’on trouve souvent des fragments de bois à côté des pointes, dès l’époque du palais de Knossos10, et qu’on voit, à Orchemène, les archers de Mithridate se servir de leurs flèches, comme de poignards, dans la mêlée, ce qui implique une hampe plus résistante qu’un roseau n.
Pour remédier à la légèreté du roseau. primitif et l’empêcher de tourner sur lui-même dans sa course, on garnit de bonne heure l’extrémité qui reçoit l’encoche de plumes disposées le plus souvent en deux rangées opposées, parfois réparties une par une 18. « Ailée » (7tupôsiç) est une épithète ordinaire de la flèche chez Homère, et, Hésiode, décrivant les flèches d’IIéraklès, parle de « leurs grands bois lisses que couvrent, par derrière, les plumes du vautour solaire »19.
Ainsi empennée et pourvue d'une pointe fixée, par un clou si elle est à douille, par un boyau ou un fil de métal si elle est pédonculée, la hampe ne dépasse guère SU centimètres, donc 60 centimètres pour la flèche entière en prenant les pointes les plus longues. Cette dimension ne résulte d’aucun texte positif; Homère lui donne le nom deTrqyu; (une coudée, 0,48), mais elle est facile à constater sur les monuments et l’on sait que les anciens s’étonnaient de la grandeur des flèches des Indiens ou des Carduques, longues de 90 centimètres 20 ; enfin, les plus petites flèches que lancent les machines ont de 46 à 67 centimètres 21 . A. -J. Reinach.
SAGITTARII (ToijoTai). — Les archers dans les armées grecques. — C’est en Égypte qu’un trait de roseau apparaît pour la première fois lancé, non pas à la main, mais sur la fibre ou le boyau reliant les deux bouts d’une tige
— 10 Reconstitution lenléc par Lindcnschmit (4 Iterlh. I, V, pl. v), d’après la pointe (fer engagé dans du plomb) de 206 millimètres et le texte de Végècc (I, 17)- B‘cu <|u’il compare aux sagittarii les soldats des deux légions qui ont reçu de Dioclétien le nom de mallio-barbuli à cause de celte arme, il est probable qu’on les jetait a la main, mais ils peuvent donner une idée des plumbatae. Il y a lieu de croire que le-' cestrophendonue qui apparaissent dans l’armée de Persée sont des flèches semblables qu’on lançait avec une fronde [cesthosphendonk] peut-être aussi les célosphendonac des Romains à Chéronée, Plut. Sylla , 18. — H Annali d. Inst. 1863, pl. a ; Ilelbigi Führer (1891), p. 403. — 12 Herodiau. I, 47. — 13 Hcrodot. Vil, 69 ; Paus. I, 21, a.
— C’est à une idée de flexibilité que parait su rapporter la racine de ces différents mots. Cf. les Dictionnaires étymologiques, grec de Prclwilz s. v. îrj;, et latin ‘1° VValdc, s. v. vimen. Si tô; est apparenté à yr, yew , ibar qui désignent à la fois 1 il et l’arc en Scandinave, anglais cl irlandais, l’if ne poussant pas à l’est du 23e dcgi’é do longitude, iva eu slave, désiguc le saule ; il dut en être de mémo pour îo; en Grèce.
— lo Plin. H . n. XVI, Go. — 16 Voir p. 998, 11. 12. — Plut. Sylla , 21 . — 18 C esl ce qu’on voit notamment sur une amphore d’Amasis, Americ. journ. archaeol- 1907, pl. xu. La cestropheudone a trois ailes courtes (Liv. XLJI, 65). Sur ladilbcullé et les moyens de rendre et maintenir droits les bois de flèche : Schumacher. Archiv. f. Anthropol. 1877, 300. — 19 Aspis, 133-4. Plumes d’aigle : Acsop. bnh- 4 Halm; Aeschyl. Fragm, 135; 011 sc contenlait de pennes plus modestes rognées en demi-cercle, cf. p. 2, Annali , 1871, pl. f; Gerhard, Auserl. Vasenb. pl cxi‘v [fig. 247J. De Luyncs, Description, pl. xxiv. — 20 flerod. VII, 69; Xen. Anab.
Les pointts des flèches indiennes auraient eu 4 doigts de long sur 3 de large ; Pb’1 De fort Alex. 345 a. — 21 Textes cités pas Droysen, H cerwesen der Griéch . p- 1 Diod. XVI. 74; Arrian. I, 5, 8 ; I, 20, 8 cl 22, 2; Alhcn. p. 538 B. Pour les flèches empoisonnées, voir venknum et A. -J. Rcinaeh, L’ anthropologie, 1908.
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suffisamment élastique1. Dès le vie millénaire, en pleine période néolithique, on y voit deschasseurs posant, sur des arcs d’une seule pièce, légèrement concaves, de grosses flèches, empennées et encochées à l’extrémité inférieure ; à l’autre extrémité, la hampe est fendue pour recevoir la pointe d’une lame de silex dont le tranchant transversal ira déchirer plutôt que percer les chairs de la victime 2. L’arc restera l’arme favorite des chasseurs 3 égyptiens, et les archers la force principale de leurs armées 4. Durant tout l’ancien Empire, jusqu’à l’invasion des Hyksôs, l’arc et son trait ne diffèrent guère en Égypte de ceux que les monuments égyptiens ou les gravures rupestres d’Algérie prêtent aux Libyens3. C’est au même type que se rattachent l’arc du chasseur d’un relief en sléatite de Knossos 6, et celui que tiennent, sur des sceaux et des gemmes de la Crète minoenne, les dieux archers prédécesseurs d’Apollon et d’Artémis ’. C’est encore le même arc qu’on retrouve sur des monuments bien connus des tombes de l’Acropole de Mycènes, le sceau de la Chasse au cerf8, le poignard de la Chasse au lion (fig. 5867), surtout le fragment du vase d’argent représentant la Défense d’une ville par des frondeurs et des archers (fig. 3322) 9, tous monuments dont il y a lieu de croire qu’ils ont été exécutés en Crète vers le milieu du u° millénaire. L’auteur du Bouclier d'Héraklès, dans sa description de la ville assiégée, paraît avoir eu sous les yeux une représentation semblable à celle du vase des archers. Teukros, dans Y Iliade, qui décoche sa flèche à l’abri du grand bouclier d’Ajax10, n’agit pas autrement que l’archer de la dague de la Chasse au lion. Dans l'ensemble des poèmes homériques, malgré les transformations qu’on leur a fait subir pour les adapter au goût de la société achéoéolienne qui tenait l’arc en mépris, le fond premier de l’épopée exalte les hauts faits d’une époque où c’est cette arme, et non la lance, qui domine. Non seulement', la masse des Achéens tire de l’arc11, mais les Locriens d’Ajax Oiléide 1 3 , les Phtiotes de Philoctète 13,les Pæoniens
SAGirTARII. 1 11 csl probable que, dans une phase intermédiaire, on a lancé ce Irait avec une longue lanière semblable à Vamentum dos javelots. Un grand os (telle était d après Tacite. Germ. 40, la (lèche des Finnois), auquel étaient attaches plusieurs mètres de fil de bronze, trouvé près de Miel, est publié par M. Jâhns, Entwicklungsgeschichte der Trutzwaffen , 1890, pl. xxxm, 3. Les plus anciens débris darcs apparaissent en Occident, dans les stations lacustres (à Cambridge, Robenliausen, Sulz et Castione). Sur les origines possibles de l’arc et la diffusion des deux types asiatique (composite) et africain (simple), voir surtout, Balfour, Journ. antlirop. Inst. XIX et XXVI; Ratzel, Abhandl. d. Sachs. Gesellsch. d. ~Wissenschaften, 1891 et Berichte, 1887 ; B. Adler, Int. Archiv. f. Anthrop. suppl. au t. XIV (1901); Longmau et Walrond, Archery, 1901, p. 55; L. Frobenius, Weltgeschichte des Krieges, 1903, p. 20-2. - 2 Heuzey, Ballet, de la Soc. des antiquaires de Fr. 1890, p. 182 ; A.-J. Rcinach, L’Égypte préhistorique, 1908, p. 51. Pour la diffusion des pointes à tranchet, voir Déclielelte, Archéol. préhistorique, I, 1908, 501 ; pour le plus ancien monument égyptien représentant une chasse avec des flèches do ce type, J. Capart, Les débuts de l’art en Égypte, 1904, pl. i, p. 223. On trouve des flèches à pointes arrondies entre les mains d'Amazones, Monument i, 1833, pl. i.. — 3 Voir Maspero, Hist. anc. des peuples de l’Orient, passim. 4 Maspero, Ibid. — 5 Pour les monuments égyptiens, voir R. Macver, Libyan notes, 1901; pour les gravures rupestres, Tissot, Géographie de la P> oi . d Afr /que , I, p. 337, 379, 491. Comme la Numidia des images des nationes à orne ( Arch . Jahrb. 1900, 13), les Kefli-Crétois ou Chypriotes sont représentés le carqums au côté sur les mon. égyptiens (Virey, Le tombeau de Itekhmara, pl. v).
»,L vn Lagrangc’ La Créu ancienne, 1908, fig. 85. Cr. Annual British scliool. VII, P-- , III, p. 44. —7 Annali, ISO, pl. S ; Mosso, Escurs. in Creta, 1907, p. 53 ; Furtwaengler, Antike Gemmen, pl. u, 24 (Mycènes). Dans une des caves ouvertes sous la par le t u palais de Knossos que M. Evans considère comme sacrée, on a trouvé une réucl îom olive en ivoire avec coche et pennes, et d'autres pennes en os ( Annual , IX, 41). nttQiV)?nt0 seJ^CllC ™ °r’ ogalertlenl voUve, provient de la 3» ville d llion (Ilios, -10 // VIII bC1 lemann> Mycènes, n. 334 - 9 perrot, Hist. de l’Art, VI, fig. 85.
■ U, 269, passage dont paraît se souvenir Tyrtée, IX, 35. Comme Pandaros XVI Tau aPPr,S 1 ar° d AI'0"0n 621 ; XV, 441). 11 U. m, 79 ; XI, 85 ; XV, 313 ;
- H l’r elC' ’ dC mÔmC 'eS Tr°5’ens’ X[> 810- - ,3*l- XIII, 710.-13 U. H, 713.
danls O d ’vvii 7 !" C<iUe p0sllion est cclle dübsse dans le massacre des préten- . ■ X AU, 4. L épreuve fameuse qui précède cette scène appartient lien à une
de Pyraichmès 14 conservent l’équipement des archers mycéniens : court vêtus, sans casque ni bouclier, une peau de bête pour toute arme défensive, ils tirent, un genou en terre, les flèches à leurs pieds dans la position qui restera classique pour l’Héraklès du relief d’Olympie ou les guerriers du fronton d'Égine 13. De part et d’autre, les héros qui conservent leur caractère d’archer, Philoctète, Teukros, Mérionès, Ulysse parmi les Achéens, Pàris, Pandaros, Dolon chez les Troyens, placent, sur le boyau de bœuf 16 d’un arc simple qu’ils ramènent de la droite contre leur poitrine11, l’extrémité d’un roseau profondément encoché et garni de plumes 1 8 ; un autre boyau maintient, à l’extrémité opposée du roseau, une pointe de bronze à pédoncule et à triple arête 19; parfois, des barbelures viennent augmenter encore le poids de la pointe20 qui, la hampe brisée par le choc, s’enfonce dans la plaie sans qu’on puisse l’en arracher. Le poison, dont on l’imprégnait à l’origine, achevait de rendre la blessure mortelle 21 . La mésestime que professaient pour l’arc les conquérants achéens et doriens n’amena pas seulement à effacer de l’épopée toute trace des flèches empoisonnées, à faire expier cruellement à Philoctète la possession des flèches envenimées d’Héraklès ou à incriminer comme une preuve de lâcheté la préférence de Pàris pour le combat de l’arc; l’arc lui-même disparut peu à peu comme arme de guerre pour ne se maintenir, semble-t-il, qu’en A ttique, où on croit le retrouver à l’époque du Dipylon22, en Crète, qui resta la pépinière des archers mercenaires, en Chypre, où le voisinage de la Syrie avait introduit le char pour archer avec l’arc asiatique23.
C’est, en effet, au cours du nc millénaire, que divers envahisseurs, Assyriens24, Scythes 2\ Ilétéens, Hyksôs20, étaient venus apporter, dans les vallées du Nil et de l’Euphrate et dans toute l’Asie Mineure, l’arc asiatique, plus puissant par la détente de ses cornes qu’il faut, pour tirer, ramener d’avant en arrière, et qu’on ne manie plus seulement à pied, mais à cheval aussi et en char. Reprenant l’œu-
epoque où Tare est en grand hçnneur. Pour lesarciiers d'Égine et leurs prototypes, voir en dernier lieu Furt\vaengler,Aepfnn, p. 299.— IG Netfja pdEux, II. IV, 122. — 17 Sur la question de l'arc homérique, je ne puis que renvoyer à F. v. Lùsclian, Festschrift Benndorf , 189; W. Reichel, Homer. Waffen, 1901, p. 112 ; Th. Day Seymour, Life m the homcric âge, 1907, p. 609 et à un travail sur Les archers d'Homère à paraître dans la Beu. d. ét. grecques. — 1S H. IV, i [7 : TOf^IlÇi 122 ; taUç;Seî (cf. Eurip. Or. 274, to;uv ntiftitAs ,1 ujuSiî). La hampe elle-même se dit (d; ou Sdva;, ce qui implique quelle était en joue, ou -è/.'jç, ce qui lui donne une coudée (0,48).
— 19 C’est ainsi qu'on parait devoir interpréter l'épithète xjir).dlZi; (cf. Simonid. Tel7W 248 Miller) ; 011 trouve aussi TavjvX^L;, d«u6ttr,{. — 20 C'est à cause de ces oyxot que la flèche est dite 1/J.}.xrlçrlrl' , yasro ôapr.ç. Il n'est question qu'une seule fois, par adjonction tardive, d’un aiSr,^ do flèche (II. IV, 23). — 21 Ce fait ne résulte pas seulement de 1 analogie avec tous les peuples primitifs qui empoisonnent leurs flèches, mais de la légende d'après laquelle Ulysse serait allé demander du poison au roi d'Éphyra, qui le lui aurait refusé, puis au roi des Taphiens, Od. I, 260.
— 22 Combats d'archers du haut d'un navire sur des vases du Dipylon, Monumenli, IX, 4, 34, 35, 40 (40 = Hirschfeld, AufsdtzeE. Curlius, p. 364); Gazette arch. VII, pl. vu ; ’E®. è?z. 189S, pl. v ; Polticr, Album des vases du Louvre, pl. xx, A. 06O et 519. U11 archer est également figuré sur un vase chalcidien du vi« siècle, ap. Ridder, Vases Bibl. nationale, p. 109. — 23 Perrot, Op. cit. 111 717 ■ Helbig, L’épopée homérique, p. 175. Cf. Ibid. p. 51 ; Cesnola, Cyprus, p’ I55- Murray, Enkomi, pl. v, p. 12. - 24 Bas-relief du palais de Nimroud, xers SSk’ au British Muséum, souvent reproduit; bas-relief de Sendschirli (v. 750), cf'. Alélanges Benndorf, pl. vin ; cf. plus haut. fig. 2199 et Maspero, Hist. anc. des peuples de l’Orient, II, 625, 636 ; III, 9, 11, 203, 297, 407, 412 (archers à pied) ; II, 021, 026 ; 111, 37 (en char) ; III, 8 (à cheval). 25 Q. Loèschke, Bonne,- Studien, p. 256. Cf. p. 1003, n. 3-5 et, eu général, les monumenls indiqués à l'article amazones ; elles sont toujours armées de l'arc ou de la bipenne. Pour les représentations des dieux et héros archers, je me borne à renvoyer aux articles apollo, DIANA, heucules. — 20 Outre les figures de The Hittites de Sayce et de Messersclimidt et, pour les Hyksôs et aulres nomades syriens, Maspero, Histoire, I 469, voir von Lùsclian, Verhandl. Berliner Anthrop. G es., 1893, 206. C’est après la soumission des Hyksôs et pendant les guerres avec les Hittites que l'arc asiatique apparaît dans les armées de la xvni” dynastie, surtout dans la chàrrerie, cf. Maspero, Hist. anc. des peuples de l'Orient, II,
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vre de ces conquérants, les toxophores médo-pcrses eurent bientôt fait de réunir sous leur domination le monde oriental. Il ne leur restait à conquérir que la Grèce, qui avait si bien conscience de leur supériorité comme archers qu'elle faisait de Scythes ou de Persée l'inventeur du tir de l’arc1.
Sur la cinquantaine de peuples que Xerxès menait contre la Grèce, près de lamoitié étaient pourvus d'arcs2 : les Perses, d’abord, qui se mettent àl’abri pour tirer derrière de grands boucliers d’osier3, à l’intérieur desquels est suspendu le carquois dont ils extraient les flèches de roseau qu’ils placent sur leurs grands arcs4: tel était l’équipementdes insulaires du golfe Persique, des Ariens, des Saranges, des Hyrcaniens, des Mèdes5 surtout, de qui les Perses l’auraient reçu 6 . A côté des arcs composites de ces peuples, des roseaux indigènes suffisaient à constituer arcs et flèches des Parthes, Saces, Chorasmiens, Sogdiens, Gandariens, Dadices, Pactyens, Utiens, Myces, Paricaniens 7 ; ces mêmes Paricaniens fournissent, comme les Médes, des hippotoxotes à la cavalerie8; à sa suite, marchent les dromadaires du haut desquels les Arabes manient leurs longs arcs qui appartiennent au même type que les arcs scytho-perses 8. Les arcs des Indiens ne sont pas moins longs in, bien qu’ils soient faits de roseau ainsi que leurs llèches à pointe de fer". Ce sont, par contre, des pointes de silex que les Éthiopiens placent sur leurs arcs en palmier hauts de 4 coudées12. Enfin, les Ciliciens delà Milyatide, comme les Lyciens montés sur cinquante vaisseaux de la Hotte13, portent des arcs en cornouillier avec des traits de roseau.
En face de ces masses profondes d’archers qui, aux Thermopyles ou à Platées, allaient obscurcir le ciel de leurs traits14, la Grèce, depuis la conquête dorienne, avait relégué l’arc au rang des armes de chasse. Sans doute, peut-on trouver cette arme plus en honneur, au ve siècle, dans les cités de la région pontique et hellespontique en contact immédiat avec les archers scythes ou
l Plin. H. n. VI, 56. Plus tard, les Grecs donnèrent à l’arc comme inventeurs ou Apollon, ou Eurytos, père de To\os, bien qu’Héraklès Peut vaincu à Parc (c’est à cause de son nom, équivalent de gorytos Apollod. II, 4, 9 ; Anecd. ox. IV, 255) ou Krotos, Pilsde Pan (Hyg. F ah. 224; Poet. astr. 11,27). Les Romains mettaient des flèches dans la main de leur Vcdiovis qui fut identifié à Apollon, Gell. V. 12 ; Ovid. Fast. II, 437, 599. — 2 Les indications suivantes sont tirées d’Ilérodote, VII, GO. — 3 C'est une habitude assyrienne ; cf. notamment, Maspero, Histoire , III, p. 203. — 4 En marche, le carquois, reçoit Parc détendu : voir les frises des archers de la garde de Suse et de Perscpolis (Perrot, IFist. de l'art , VI, p. 541 , 828 ; cf. plus haut, les fig. 671, 927, 930). Outre la mosaïque de Pompéi et le sarcophage de Sidon, voir dans Maspero, Op. cit. III, 58, 475, 421, 077 ; dans Perrot, Op. cit., les cylindres et sceaux, p. 851-4 ; et les dariques, p. 800-3. L’archer, dont sont frappées ces pièces perses, leur valurent en Grèce le nom de xoÇô-rai (références dans Babelon, Traité de num. I, p. 471). — 3 Sur les toxophores modes, cf. les épigrammes de Simonide (137 Bergk) et de Bakis (ap. Uerod. IV, 43). Les Mèdes et Elamitcs sont représentés comme archers sur les monuments assyriens (Maspero, Op. cit. III, 250, 406-9). — 6 Selon Hérodote (I, 103), c’est Cvaxare qui aurait organisé le premier les toxophores dans son armée. — 7 A ces peuples appartiennent encore les archers géto-scythes en général (cf. Herod. IV, 94; Curt. VII, 1,2), les archers mardes (Arr. Exp. Alex. III, 8), les archers kosséens (Strab. XI, 524); les Soanes du Caucase, qui se servent de flèches empoisonnées (Strab. XI, 429); les Arméniens (Oppian. Cyneg. III, 22 ; Luc. Phars. VIII, 221 ; Zosim. II, 51, etc., les Partyens (Herodian. I, 15, 4; Arrian. Tact. 4), et les archers cardouques, que Xénophon (Anal. IV, 2, cf. Diodor. XIV, 27) montre lançant sur des arcs de près de 3 coudées des flèches de plus de 2 coudées. — 3 Sur ces hippotoxotes, Aeseh. Pers. 20, 235. — 9 IleùîvTova, dit Hérodote (cf. Aesch. Choeph. 1 G0, ZxuOixâ itaKvTova). II y aurait eu deux toxotes par dromadaire ( Cyrop . VIII, 5, 5). Le bois de ces arcs est le nabach , sorte de grande épine. Leurs flèches sont parfois empoisonnées (Pollux, I, 10, 138), les Arabes s’en servent également sur mer (Plin. VII, 10). — 10 Sur leur habileté au tir, Plut. Apopht. 181 B; Ctcs. Ind. 23; Apul. Flor ,
I, 6. Quinte-Curce (VIII, 9, 28; 14, 19; IX, 5, 19; 8, 20, donne 2 coudées à leurs flèches ; longs en proportion, les arcs devaient être appuyés à terre, sans doute avaient-ils 1 m. 85, comme les arcs des Wcddahs de Cevlan, qu'on peut bander avec le pied ( Anthropologie , 1891, 307). — H Hérodote ne spécifiant ce détail que pour les Indiens, il faut en conclure que les pointes de3 autres peuples n’étaient pas en fer, mais en bronze, comme il le dit de celles des Massagèles (I, 215) et des Scythes (IV, 81), ou en os, comme Pau=anias le dit des Sarmates (I, 21, 5) et
thraces, si l’on en croit les sagittaires gravés sur les monnaies de Thasos (fig. 477), d’Héraclée. de Phanagorie, de Cyzique, ainsi que dans les grandes colonies doriennes de l’Ouest où les luttes avec les indigènes ou avec les Étrusques et les Carthaginois ont pu développer l’usage de l’arc qu’on connaît à Corcyre 15, à Camarine 16, à Syracuse surtout, où Gélon proposera d’aller se mettre à la tête des Grecs avec les 2 000 archers17 qui devaient contribuer à la victoire d’IIimère. D’ailleurs, si Lacédémone s’obstine dans son mépris de l’arc18, l’expérience de Marathon1'1 a bientôt fait de convaincre les Athéniens de son utilité. Par une tradition qui remonte peut-être aux garde-côtes de l’époque du Dipylon, chacun des quatre-vingts navires athéniens est muni de quatre archers à Salamine20; ce sont eux qui massacrent les Perses de Psy Italie et c’est peutêtre en souvenir de leurs exploits que les héros archers, IléraklèsetTeukros, figurent sur le fronton d’Ëgine. A Platées, les 000 archers athéniens, les seuls de l’armée, font merveille contre les hippotoxotes perses21. Si l’on peut faire fond sur ce chiffre, il semblerait que, dans chacune des dix tribus, on ait levé parmi les thêtes 30 archers, tandis que les trois premières classes fournissaient 600 hoplites et 10 cavaliers par tribu. Cette répartition par tribu parait confirmée, en 460, à la fois par l’inscription de quatre toxotes à la suite de la liste des décès que la tribu Erechtheis avait subis en Égypte22, et par la mention, dans une garnison garnison envoyée par Athènes à Érythrées, d’un toxarque sous les ordres duquel seront placés 10 toxotes, sans doute 10 par tribu23. Avec l’augmentation de la population athénienne vers le milieu du ve siècle, il devint possible de porter à 160 la quotité des archers que devait fournir chaque tribu ; le chiffre de 1600 archers, que Thucydide24 et Aristote 23 donnent pour l’an 431 doit correspondre aux 16000 hoplites inscrits alors sur les rôles 26. C’estapparemment par exception que ces toxotes étaient appelés ù un service de
comme semble l’impliquer le nom iranien de la flèche asti (ô<mov). Hans les lu mu lu s des chefs scylhes, on a trouvé à la fois jusqu'à cinq cents flèches de roseau à pointe, de bronze [B. archéol. 1904, I, 11). — *2 Sur les archers éthiopiens, cf. Diod. III,
8 et 33 (il donne également 4 coudées à leurs arcs qu’ils banderaient avec le pied* Strab. XVII, 3, 7 ; Plin. VI, 35, 16; Claudian. Stilich. I, 254, 351; Nupt. Bon. 221 ; Cons. Hon. 21. Les pointes des Pygmées seraient en os (Plin. VII, 2, 19). On connaît plusieurs représentations de nègres comme archers (Reinach, Ripert. Vases , I, 412 ; Ath. iMitth. 1890, 214). — 13 Les Lyciens sont vantés comme archers par Yirg. -Aen. VIII, 166, et représentés comme tels sur les monnaies tic Soloi et sur le monument de Golbaschi (Benndorf, Pas Hcr'oon von G. 142). C'est sans doute à eux qu'il faut rapporter les passages de la Bible, /os. LXVI, 19 ; 1er. XLV1, 9. Sur les flèches des Hébreux, habiles archers comme plusieurs peuples syriens ; les Ituréens, notamment, fourniront à Rome une bonne part tic ses sagittaires, voir l'art. Archers du Dicl. de la Bible (Vigouroux). — *4 Herod. VII, 218, 225-6; IX, 61, etc. Plut. Arist. 326 F. — ™ Thuc. IV, 49. 11 s’agit de la bataille de Sybota (433) où les 110 vaisseaux corcyréens et les 150 corinthiens sont également chargés d’archers. — 1C Thuc. VII, 33. — 17 Herod. VII, 158. Cf. Thuc. \ h 20, 67, 69 et Liv. XXII, 45, 7; XXVII, 38, 12. — l» plut. Apopht. Lac. 234 E. C’est par exception que Sparte lève 400 archers après Pylos (Thuc. IV, 35); comme ceux quon trouve dans leurs armées au ivc s. (Xcn. Hell. III, 4, 16; IV, 2, 16; 7, 6), ce sont des périoeques, des h ilotes ou des Crétois (avec qui ils sont alliés depuis les guerres de Messénie, à en croire Pausanias, I, 23, 4; IV, 8, 3, 1 2), en tout cas depuis Agis en 331 (Üiod. VVII, 62, 7) jusqu a Nabis (liv. XXXIV, 279, Polyb. XXXIII, 14G). — 19 Hérodote (VI, 112) constate que leur infériorité venait de cc qu’ils n’étaient pourvus oute tincou oute To;eujiiâTwy. — 20 Plut. T/iem. 44. Cf. Escli. Pers. 739 ; Timoth. Pers. 32. Dans le vers cité d’Eschyle, on voit les Grecs faire périr toçixîîç rà-rc b OûiAtyyoç les Perses de Psvttalie ; or Hérodote (VIII, 95) nous apprend que ce fut un exploit des Athéniens. Plusieurs fois, dans les Perses , le ToçôSajivoç "Apï)ç, l’ài/jA/j to;ou'axo; de l’armée de Xerxès sont opposés aux **?'/.*) <r:a8a'i* des Grecs 5ouptx).uToi. — 21 Herod. IX, 22 et 60. C’est en souvenir de leur rôle que Simonide composa l'épigrammc Anth. pal. VI, 2 (143 Bergk). — 22 Corp. i. att. 1. 433 =: Dittenberger, Syll. 2, 9. — 23 C. i. a. I, 9 = Ditlenbcrger, Syll. 2, 8. La division par tribus est certaine dans C. i. a. I, 54-5 et IV3, 26 a. — 24 Thuc. Il, 13, 1 — 25 Arist. Politeia Athen. 24, 12. — 20 Sur ces questions numériques, outre les références indiquées à l’article exbucjtus, voir Ed. Meyer, Forschungen , II, Wilamowitz, Aus Kydathen , p. 73 et Aristoteles und Athen , I, 212; Busoll,
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garnisaires comme à Érythrées ou de gardes, comme à Athènes même pour surveiller, en 447, les travaux de PAcropole 1 . Ces fonctions de police étaient assignées à un corps d'esclaves publics [demosioi]2, formé à cet effet, corps
qu’on a généralement confondu avec celui des archers d’origine athénienne. Ce sont ces archers d’origine servile et étrangère, dits aussi Speusinioi , du nom de celui qui avait eu l’idée de les constituer, qui sont surtout connus sous la désignation de Scythes 3. La plupart sont, en effet, des barbares, achetés en Thrace ou sur les côtes du Pont, d’abord au nombre de 300, vers -450 ; vingt ans après, ils furent portés à 1200. Casernes au début sur l’Agora, ensuite sur l’Aréopage, chargés de maintenir le bon ordre dans les rues, les places, les assemblées et les tribunaux, exécutant les ordres des magistrats de police et
des présidents du Conseil, ces Scythes, dont le costume national excitait la verve des comiques 4 et des céramistes (fig. 6033) 5, ne semblent avoir été qu’une gendarmerie, parfois montée, le plus souvent à pied.
Ce n’est pas à ces esclaves publics, mais seulement à des corps de citoyens que pouvaient être confiées la garde de l’Acropole et des arsenaux, l’occupation de certains points fortifiés de l’Attique, de ses colonies ou des états alliés ; on a vu que les toxotes ont tenu garnison à l’Acropole et à Érythrées G. Pour la surveillance de l’Attique même et des frontières, on ne se borna pas à porter les hippeis à 300, puis à 1 200, en même temps que les archers scythes subissaient la même progression 7, ce qui laisse supposer que les Scythes servaient d’écuyers aux cavaliers, sinon en campagne lointaine, au moins en Attique 8 [équités]. On leur adjoignit encore un corps spécial de 200 hippotoxotes athéniens9, qui sont probablement, par rapport aux cavaliers, ce que les toxotes sont par rapport aux hoplites.
Si l’on peut chercher au vmc siècle les premières traces des toxotes, les hippotoxotes remontent peutêtre au temps de Pisistrate10; qu’ils aient été ou non
Fig. G033. — Archer scylhe.
Griech. Gcsch. III, 2, 879 ; Bcloch, Klio, 1906, 350. Pour comprendre comment on ne levait que 1 600 archers sur les thetes qui étaient au moins 30 000, tandis qu’on demandait 16 000 hoplites aux trois premières classes- qui ne devaient guère dépasser 25 000 hommes, il faut rappeler que c’est sur les Ihèles que reposait le service de la llolte qui réclamait au moins 20 000 hommes. Dans la guerre du Péloponnèse, les toxotes astoi paraissent avoir surtout le caractère de soldats de marine: Ot)te; ’eTtiSaxai. On signale comme une exception l’occurrence où 700 d’entre eux sont équipés en hoplites (Tliuc. VI, 43). Les textes et monuments seront réunis dans un mémoire Toxotes et hippotoxotes athéniens auquel je me permets de renvoyer par avance pour toutes les questions que je ne puis qu’indiquer ici. — 16. 6 a. IV, 3 26 0, = Syll. 16 : ©û).axa; eïvai tçeFç to^ÔTa; ex tîJî ©u/.fjç ttputaveuoûffï};. C’est probablement à tort que M. Foucart (Bull. corr. hell. 1890, 177), considère ces toxoLes comme des Scythes; s’ils étaient tels, ils ne pourraient être membres d’une phylè,(c[. Wilamovvitz, Aristoteles und Athen , II, 202; Wernickc, Mermes, XXVI, 51 ; Keil, Anony mus Argent. 146). Il paraît très probable que les gardes appointés pour cette surveillance spéciale sont prélevés sur les iv rîj nd).et ©poiiçol mvTï-xovxa dont parle Aristote, Loc. cit. — 2 Outre cet article, voir Waszinski, De servis publicis Athcniensium (Berlin, 1898) p. 25. — 3 Pollux, Mil, 132. ExùOtu exaXojvxo xat ro^oxai vat EitEUtriviot à"ô toJ itow tou <ruvxà;avToç ; Scliol. Aristoph. A ch. 54 : Etal Sè oî toçôtcu S/i^daio*. ùit»iplToct, Harpocralion, Suidas, Pholius, Lexic. Seg. Etym. magn. s. v. Toiorat. Scythe finit par caractériser, comme Tarentin, la désignation d un armement spécial d’archers à cheval (cf. Asklepiodolos, ap. Koechly, Griech. Kriegschriftst. II, 134). Quelques-uns menaient de Thrace, dont les habitants étaient réputés comme archers (Virg. Aen. V, 311; VIII, 725); mais la plupart des rives scythiqucs du Pont. Dès 428, on voit Lesbos attendre pour se révolter l’arrivée d’archers du Pont (Tliuc. 111, 2); les mille archers de Polycrate de Samos venaient pcut-ôLre aussi de Scythie (lier. III, o9, 45), inépuisable réserve d’esclaves et de mercenaires. Sur l’adresse comme archers des Scythes qui auraient mémo adoré l’arc sous la forme de leur dieu ou îéios Toxaris, identique à Scythès, l'inventeur de l are, sur leurs arcs de cornes, lcuis flèches de roseau à pointes de bronze, leur art de tirer des deux mains, à pied, à cheval, en fuyant, les textes sont nombreux : Aesch. Choeph. 160 ; lleiod. I, 214; 1\ , 81, 131; Plalo, Leg. Vil, 795 A ; Xcnoph. Anab. III, 3, 9; 4, 10 1 Hor- -9» *0; Plin. VI, 56, 201 ; XI, 53, 115; Curt. VII, 8, 17; X, 1, 31 ; PluL SePL saP • conu. 1G3 F; Amm. Marc. XXII, 8, 37 ; Eustath. Ad Dion. 157. t + Aristophane se plait à les montrer escortant les prytanes (Ach. 54; Thesm . lh*0) ou les probouloi ( Lysistr . 441). — 5 La ligure 6033 d’après Gerhrard, Auserl.
0S' pl. ccxxiv , voir aussi la coupe d’Orviélo, Dokimasia , fig. 2484 et les vases à Scythes dans les Antiquités de la liussie Méridionale de Tolstoï et S.
oinach (fig. 150, 158, 164, 179, 192, 338, 359, 373, 379, 386). Outre les références indiquées à l’art, argus p. 389, n. 3, cf. Jahrbuch. Arch. Inst. 1888, pl. iv ; 894, p. 180; 1895, p. 71 ; 1899, p. 67 ; Itôm. Mitth. I8S7, pl. ix ; S. Reinach, Ré peroi>'e. I, 55, 4; 120, 1 ; 310, 2; 428, II, 97, 1 ; 131, 4; 219, 237, 3. — 0 Comme nstolc, Loc. cit. énumère, pour le milieu du v« siècle, 50 gardes pour l’Acropole pour les arsenaux, 2 000 pour les garnisons, les 1 G00 toxotes ne peuvent IGuin asSUrer ccs t^vcrs services. On a 'donc nécessairement recouru aux 10 à 'Mi Hoplites. — - Le synchronisme de ces deux séries de faits est attesté par Amloc.de, Depace, 5 et 7 (répété par Eschine. Fais. leg. 173-4). Après l’armisv .. , * P‘u*ov tote Tpiaxoïriou; i-naîct; xaTter-r,ffâjAEOa xai -ro;ôia; -cptaxocrîou;
» ™ ; après la paix de Trente ans conclue en 445 : Xàt'ouç val Siaxoa-ou;
’ Xai *°'ÜTaiî TcaoÛTou; va.-zttjiriaa.\xVJ (cet encore autant ne peut se
ppcrlCT t,u au nombre précédent, 1 200, et non, comme on l'a dit [euuites, p. 750],
470 et i(>0' tn°nC<’ '■ *>'US *laut)' Malgré ce texte formel qui place entre
v , . [ . a consHlulion du corps des Scythes, Gilbert ( Bandbuc) fi I, 192) a aire descendre jusqu à 1 expédition de Périclès dans le Pont qu’il place,
avec Duncker, en 444; mais Bcloch (l, 504) et Busolt (III, 1, 585) ont montré que cette expédition n'avait pu avoir lieu avant 4.38-7, date à laquelle on s’accorde à placer 1 achèvement de la frise du Parthénon où la procession des cavaliers ferait allusion à celte réorganisation. Par sa réussite financière, il est donc possible que l’expédition du Pont, placée en 438, ait permis à la fois l’achat de 900 nouveaux Scythes, la solde de 900 nouveaux cavaliers et une reprise des travaux du Parthénon. Si l’organisation des 1 200 peut être fixée à 438, celle des 300, vu les erreurs chronologiques d’Andocide et le rôle de la cavalerie athénienne à Tanagra ( tJ7), peut remonter jusque vers 4G5 ; il y avait, d ailleurs, des écuyers scylhes à Athènes depuis le lemps de Pisistrate (cf. Helbig, Sitz.-ber. d. Bayer. Akad. 1897, 11, 200). Outre la coupe figurant la revue passée par Pisislrate (Reinach, ftépert. des Vases, I, 182), il faut surtout citer une amphore chalcidienne de la fin du vi" siècle où l'on voit de même des archers scythes mêlés à des cavaliers (Pollicr, Catal. des vases du Louvre , II, 551). — 8 f)es archers scythes apparaissent fréquemment sur les vases peints du v" siècle ou bien accompagnant par' deux un cavalier athénien (cf. S. Reinach, Répertoire , II, 220) ou hien isolés assistant à l’armement ou au départ de cavaliers ou d'hoplites (Ltépert. I, 31 1 ; II, 109, 8 ; 131, 4, 8, 10 ; Pottier, Op. c. II, pl. i.xxv, 151 ; pl. lxx.xvii, f. 388). il. Helbig a essayé de démontrer que, depuis le temps des Pisistratid’es, des archers scythes, à pied ou à cheval, servaient d'in^at aux cavaliers athéniens; ceux-ci ne seraient que des hoplites montés, pour lesquels le cheval serait plus uu moyen de transport que. de combat. Cf. Helbig, Les athé¬
niens (Mem. ,4c. insc. XXXIII, 1902). Aux objections de Petersen (Oest. Jalireshefte, 1005, 77), Helbig a répondu (Ibid. 1905, 183); cependant, s'il a montré que les hippeis ont parfois combattu à pied et qu'ils sont parfois accompagnés d'archers scythes, ces deux faits semblent encore plutôt exceptionnels que réglementaires. — 9 Comme Périclès, en 431, estime les brner; à 1 200 ;ùv iic-oTo-S-ai- et que le chiffre réglementaire de 1 000 cavaliers parait assuré par Philochèros (fr. 100 do Millier), Aristophane ( Eq . 225), Xénophon (Hipp. 9, 3) et Démosthène (XIV, 13), on en a conclu avec vraisemblance que les 200 cavaliers qui viennent s ajouter à ce millier sont les hippotoxotes; mais c'est certainement à tort que, à la suite de Bœckli (13, 204), on a généralement identifié ces hippotoxotes aux Scythes. S'il est certain que la cavalerie athénienne, affaiblie de 300 hommes par la peste de 430 (Tliuc. 111, 87), a dû faire appel, pendant la guerre du Péloponnèse, à des cavaliers thessaliens ou thraces [cf. mercekaru, p. t7SS] et si Xénophon, vers 370, conseille aux Athéniens, pour se refaire une cavalerie de 1 000 hommes, d'enrôler 200 W5 U.ou; (Bipparch. IX, 3), on ne peut s'appuyer suides faits pareils pour considérer les hippotoxotes comme des mercenaires S'i's étalent tels et, à plus forte raison, s'ils étaient esclaves, Thucydide ne les énumé rerail pas parmi les citoyens athéniens et ils ne figureraient pas, précédant l’hip parque, dans les processions de la cavalerie (Xen. Mêm. III, 1). En admettant ce chiffre de 200 hippotoxotes, il faut supposer qu'Andocide et qu'Eschine (Loc cit.) les comprennent parmi les 1 200 cavaliers dont on a placé l'institution en 438 • d ailleurs, il résulte de leurs textes comme de celui de Pl.ilochoros que la force des hippeis a varié. Le premier témoignage formel sur les 1 000 cavaliers étant celui d Aristophane en 424, il n'est pas impossible qu’entre ce chiffre et les 300 cavaliers antérieurs à 445, il ne faille placer les 600 cavaliers dont parle le schol d Aristophane (Eq. 024). Si telle était la force des hippeis de 443 à 430, c'est une force égalé de 000 hippotoxotes qu'il faudrait supposer dans les textes de Thucydide cl d Andocide. Toutefois, il est possible que ces 000 cavaliers doivent s'appliquer a la période antérieure à 445 (300 hippeis , 300 toxotes scythes).
- °Lest la théorie développée par W. Helbig. Op. laud. Il s’appuie surioul sur une amphore du dernier Hors du vi« s. (pl. , de son mémoire), ou il croit voir un combat entre deux hoplites montés, accompagnés chacun d'un archer scylhe monté; sur une coupe de môme époque où se voit un hippoloxote en