‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 53 sur 137 · SAP · texte numérisé non relu

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(pii complètent la forme architecturale : piliers, colonnes, moulures ; et ainsi se trouve réalisé le sarcophage en forme de naos, qui est la forme achevée du sarcophage grec. D'autre part, il y a développement décoratif; on orne la caisse du sarcophage et souvent aussi son couvercle de peintures (Clazomènes), d’appliques (Crimée) ou de reliefs (sarcophages hellénistiques et grécoromains). L’histoire du sarcophage grec et gréco-romain est l'histoire de ces deux développements parallèles. 11 n’y a pas lieu de distinguer, comme fait Altmann, entre les sarcophages « architecturaux » et les sarcophages « ornementés » ; la plupart des sarcophages participent à la fois des deux caractères. L’union en est parfaite dans des monuments comme ceux de Sidon. A l’époque hellénique et gréco-romaine, l’équilibre commence à se rompre en faveur du caractère ornemental et figuré; il sera tout à fait rompu à l’époque romaine.

Dès le vc et le vie siècles, les artistes grecs ont construit et décoré des sarcophages monumentaux. Mais il reste vrai qu’ils n’ont pas travaillé pour la Grèce propre, où on n'a connu, à l’époque classique, que les sarcophages à dimensions modestes et sans ornementation, les simples the'cas dont il a été parlé plus haut. Tout le luxe funéraire se portait alors sur l’extérieur de la tombe souterraine 1 , sur les (T^paTa, qui marquaient l’emplacement de la sépulture, luxe considérable, d’ailleurs, et dont l’excessif développement amena la législation restrictive de Démétrius de Phalère [sepulcrum]. Au contraire, dans l'Orient grec, Asie Mineure et les îles, c’est la demeure immédiate du mort, le coffre, qui contient ses membres, qui de bonne heure a été embelli et décoré. On avait vu les artistes grecs accommoder à leur génie national le type étranger du sarcophage anthropoïde ; ce fut le type hellénique lui-même que les Grecs d'Ionie développèrent, imposèrent au monde phénicien et firent pénétrer jusqu’en Étrurie.

Les deux sarcophages chypriotes d’Amathonte et d’Athiénau (Golgos) montrent déjà, au moins par leur forme, le type classique du sarcophage grec : cuve rectangulaire sur supports, moulures nettes au haut et au bas de la cuve, couvercle bâti comme un toit à double pente, avec fronton et acrotères. Le sarcophage d’Amathonte 2, avec ses bas-reliefs encadrés dans une ornementation compliquée et lourde, où se mêlent les motifs orientaux et les motifs helléniques, a, d'ailleurs, encore un aspect quelque peu barbare. Le sarcophage d’Athiénau 3, plus sobre de lignes, est plus rapproché du goût hellénique; les bas-reliefs des longs côtés représentent une scène de chasse et un banquet funèbre; sur un des petits côtés, figure une légende purement grecque, la décapitation de Méduse par Persée ; sur l’autre, une scène symbolique: le défunt, sur un char, accomplissant le dernier voyage au terme duquel l’attend la vie dont les scènes sont retracées sur les grands côtés du monument.

Les grands sarcophages peints de Clazomènes, pro-

1 Cf. Reinach, Nécrop. p. 183. — 2 Cesnola, Cyprus , p. 256 et pl. xiv, xv = Perrot, Op. cit. p. 608 sq. ; fig. 415 sq. — 3 Cesnola, Cyprus. p. 110 et pl. X = Perrot, Ibid. p. 615 sq.; fig. 410 sq. — 4 Pour la figure voy. bull, corr. hetl. 1895, p. 71. Cf. Joubin, De sarcoph. Clazom. p. 1 sq. ; Reinach, Rev. des ét. gr. VIII, p. 161 sq.; Kjellbcrg, Arch. Jahrb. 1904, p. 151 ; 1905, p. 188 sq. ; cf. Arch. An:. 1903, p. 210. — » Pas même dans la région du golfe de Smyrne, en dehors du pays clazoïnéuicn ; cf. Kjellbcrg, Arch. Jahrb.

1905, p. 201. G Sur la distinction de ces deux séries, cf. surtout Winter,

dans Ant. Denkm. Il, p. 1. — 1 Sur ce point, cf. Meurer, Arch. Jahrb. 1902, p. 65- — 8 D’après Murray, Terrac. sarcoph. p. 19, la cavité inlé-

duits directs de l’art ionien, sont plus anciens peul-êtpe que ceux de Chypre A 11 semble qu’il y ait eu là une fabrication toute locale; du moins, aucun monument de ce genre, de grandes dimensions, n’a été trouvé sur un autre point de l’Asie Mineure (lig. 6104) 5. Les sarcophages de Clazomènes se composent d’un réceptacle en terre N cuite, long de plus de 2 mètres, où était déposé le corps ; la paroi supérieure forme marge, plus large en haut et en bas que sur les côtés et en haut plus qu’en bas. Dans une première série de ces sarcophages B, qui comprend de beaucoup le plus grand nombre de monuments, la largeur du réceptacle est sensiblement plus grande du côté de la tête que du côté opposé; il y a là comme un dernier souvenir de la forme anthropoïde des sarcophages orientaux. De la structure particulière de la cuve M. Meurer a tiré l’ingénieuse conclusion1 que ces sarcophages étaient faits pour être dressés verticalement sur la face antérieure servant de base, ainsi que le corps luimême, lors de la cérémonie delà prothésis 8. Aussi bien, c’est seulement dans cette position que les peintures qui remplissent les quatre marges de la cuve prennent leur valeur 9. Dans l’autre série 10 des sarcophages, plus purement helléniques, la cuve forme un rectangle exact, et c’est le développement régulier, en terre cuite, du type primitif en bois ou en pierre. Le sarcophage du British Muséum, le plus richement orné de tous, a conservé son couvercle en forme de toiture à fronton u. Le décor peint, réparti tout autour de la cuve, parfois même dans l’intérieur et sur le couvercle, comprend des animaux

G 104-. — Sarcophage en lerre cuilc peinte.

du style rhodien, mêlés à des ornemenLs en torsades et en palmettes, de nombreuses scènes de combats, ou de chasses, des jeux et des courses de chars.

Un sarcophage, comme celui du British Muséum, montre déjà presque réalisé, dans la première partie du vic siècle, le type du sarcophage hellénique, avec sa belle construction architecturale et sa riche décoration. Plus récent, mais du vi° siècle encore, est un sarcophage en marbre de l’ile de Samos, connu depuis assez longtemps déjà12, et dont M. Wiegand 13 a donné récemment une description détaillée ; c’est le premier exemple parfait du sarcophage en forme de naos à fronton. Haut et large de 1 mètre environ, long de plus de 2 mètres, c’est un vrai temple ionique en miniature, avec dix colonnes engagées,

eure du sarcophage ainsi dressé aurait figuré la porte mémo de 1 H:ube.

9 Sans cela, la disposition des peintures sur la tranche supérieure de 11 ive eût été chose « singulière », comme dit M. Th. Reinach, Nécrop. P- 1 ' l' ■ 19 Représentée par les n°* 24 et 25 du Corpus de M. Joubin. — 11 Cfn. Op. cit. p. 62 sq. ; Murray, Mon. Piot. IV, p. 27 sq. et fig. 1. l-a tral11 férieurc môme du couvercle est ornée de peintures; il faut donc croire r" rs de la prothésis, il était exposé à côté du sarcophage. — 12 Signalé par rs, Ath. Mitth. p. 224. — 13 Atli. Mitth. 1909, p. 209. Wiegand, Loc. «<•' guale l’cxislence, au Musée de Girgenti, de sarcophages analogues, mais yle dorique.

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sur ies grands côtés, deux sur les petits, à hase en l" ’ j(, trapèze ; la corniche est ornée d’un décor folié ; l'!" frontons ont leurs acrotères en volutes; les détails • ■hitecturaux rappellent ceux des édifices archaïques d’Athènes; lacorniche et les acrotères montrent des restes le couleur; peut-être des peintures remplissaient-elles

autrefois les panneaux d’enlrecolonnemenl (fig. GlOo).

On retrouve la même union heureuse de la composition architecturale avec l’ornementation peinte ou sculptée dans un curieux monument qui semble contemporain des sarcophages de Sidon : c’est un cercueil de bois, trouvé en 1874 à Kertch', en forme de cella ionique à antes, ornée de sept colonnetLes sur les grands côtés, trois sur les petits, élevée sur un socle à trois degrés et couronnée d’un entablement architravé ; sur les panneaux, en arrière des colonnettes, étaient fixées des figurines des Niobides, en plâtre colorié. De la même région (tumulus de Koul-Oba, à Kertch) proviennent des restes de sarcophages en bois, décorés d’appliques ou de peintures sur fond blanc2; un cercueil en bois de cyprès et d’if, avec des panneaux à figures peintes et dorées3, est tout particulièrement intéressant pour l’étude de la menuiserie et de la marqueterie dans la Grèce antique Les plus beaux de tous les sarcophages de type grec sont les grands sarcophages à reliefs sculptés et polychromes, découverts à Sidon et transportés au Musée de Constantinople; nous renvoyons à l’élude très complète que leur ont consacrée Hamdy-bey et Th. Reinach5. Outre ces merveilles de sculpture, les deux hypogées contenaient un assez grand nombre de simples thécas et de cuves anthropoïdes qui attestent la prolongation, à travers les âges, de ces formes anciennes. Les quatre grands monuments sont le sarcophage du Satrape, placé vers 4§0 av. J.-C. (départ sur un char, scène de chasse, banquet funèbre) ; le tombeau lycien, de la fin du v° siècle, dont le type rappelle la structure des sépultures monumentales de la Lycie (animaux orientaux, chasse d’Amazones en quadriges, chasse au sanglier par des éphèbes cavaliers), le sarcophage des Pleureuses, datant de la première moitié du ive siècle, où la construction architecturale est réalisée avec le plus de goût el d harmonie dans les entrecolonnements, grandes

figures de femmes traduisant toutes, dans des altitudes diverses, leurs sentiments de tristesse et de deuil ;sur la cuve et sur le couvercle, petites frises décorées de scènes d’enterrement, épisodes de chasse) ; le sarcophage dit d 'Alexandre le Grand (fig. OlOfi) ®, le plus considérable par ses dimensions (3 m. 18 sur 1 m. 67), le plus richement décoré et le plus remarquable par la conservation des couleurs dont il était peint; combats entre Macédoniens el Perses, scène de chasseau lion, où le héros macédonien est représenté trois fois (fig. 39G8). Ce qu il faut noter, c’est que déjà sur le sarcophage d’Alexandre la richesse de l’ornementation sculptée fait quelque tort au dessin

Fig. 6100. — Sarcophage dil d'Alexandre le Grand.

architectural de l’ensemble ; par là s’annonce déjà l’importance toujours plus grande que prendra, dans la suite, la décoration plastique, au détriment du « bâtiment ».

Que sont enfin les sujets représentés sur les reliefs des sarcophages de Sidon, dans leur rapport avec la destination funéraire du monument7? Sur le sarcophage d’Alexandre règne sans conteste ce qu’on peut appeler la décoration biographique , empruntée aux faits et gestes du défunt; sur les autres, domine la décoration réaliste , où les scènes figurées sont de la vie réelle, quelquefois avec une signification symbolique plus ou moins précisée. La décoration mythologique , plus employée qu’aucune autre sur les sarcophages de l’époque postérieure, apparaît à peine ici8.

Le type du sarcophage grec, au profil, architectural nettement accusé, persiste à travers toute l’époque romaine, à côté du type proprement « romain » (voir plus loin, section VI). Ici trouve place un monument qui était autrefois considéré comme le plus ancien de tous les sarcophages à reliefs : c’est le sarcophage des Amazones de Vienne 3 (fig. 6107). La forme architecturale y est encore bien marquée, mais très simplifiée, cependant, et réduite. La composition mythologique, sans rapport précis avec la destination funéraire du monument, a tout envahi : sur les quatre côtés est

'' hoinacli, Antiq. de la Russie mèrid. fig. 46; Th. Reinach, Nécrop. ~ 2 Cercueil avec des peintures représentant l’enlèvement des Leucip- Hes; cl. Reinach. Antiq. du Bospli. p. 127, et pl. i.xxxm. — 3 Ibid. p. 126; u.ui. y gUI. |a technique de ce monument, cf. BUituner, Technol. u. Ter - P' — 5 Chie Nécropole royale à Sidon, texte et planches, 1892. '^non< Sculpt. fjrecq. II, fig. 214. — 7 Deux questions sont controversées : vé ” *a' copl'a£es de Sidon étaient-ils destinés à la nécropole où ils ont été trou- ■ - pour quels personnages avaient-ils été fabriqués? M. Studniczka soutient fail ' Acropole des rois de Sidon et que le sarcophage dit d' Alexandre Q. été I 0,1 r le roi Abdalonyme, allié des Macédoniens (Jahrbucli des deutsch. Inst.

1894, p. 204). M. Th. Reinach pense, au contraire, que ces magnifiques sépultures, primitivement destinées à un satrape perse et à sa famille, ensevelis dans un flérôon funéraire, ont été enlevées, pillées et déposées plus tard dans les souterrains de l’hypogée sidonien {Nécropole royale, p. 368). Le premier occupant du sarcophage d’Alexandre pourrait avoir été Mazaios, gouverneur de Babylone, mort en 328, et le sculpteur serait un contemporain de Scopas et d’Euthycratès, peutêtre Euthycratès lui-môme (/&. p. 341). — 8 Dans le sarcophage « lycien ». sur lcspctitesfae.es de la cuve (combat de Centaures). — 9 Robert, sarkoph. 11. pl. xxvn Wolters, Gipsabtj. 1822; cf. Altmann, Arch. u. Ornam. d. ant. Sar/c. p. 15.

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représentée la même bataille d’Amazones. Par le style des sculptures, le sarcophage de Vienne peut être à peu près contemporain du sarcophage d’Alexandre1. Mais c’est en même temps la tète de série de tous les sarcophages « grecs » d’époque romaine.

Nous n’avons pas rencontré, à l’époque grecque, le type du sarcophage en forme de lit funéraire, de xXt'vvp On en peut noter cependant quelques exemples isolés en pays grec 2. 11 en a été trouvé en Macédoine, à

Palatitza3, et tout récemment dans une chambre funéraire à Érétrie V Nous allons le trouver très fréquent en Étrurie s.

III. Étrurie. — • Comme les Grecs et comme les Latins, les Étrusques semblent avoir toujours pratiqué concurremment l’incinération et l’inhumation [funus], sauf pendant la première période de leur histoire, celle des tombes a posso 6. On trouve donc, dans toutes les nécropoles étrusques, à côté des sarcophages, des urnes linéraires. Nous ne traitons ici que des premiers. Les urnes cinéraires sont, d’ailleurs, souvent, par leur forme, comme des sarcophages en réduction.

Les tombes n fossa 7, intermédiaires entre les tombes à puits et les caveaux funéraires, contiennent déjà des sarcophages. Tantôt, dans les fosses, le corps est déposé à même la terre, tantôt il est placé dans un réceptacle en pierre. Mais c'est surtout des tombes a camere qu’on a retiré un grand nombre de sarcophages. On trouvera à l'article etrusci et à l’article sepulcrum des renseignements sur la disposition de ces tombeaux 8. Tantôt les corps étaient déposés à nu, tantôt ils étaient renfermés dans des sarcophages placés soit dans des niches, comme celles de la tombe dei Tarquinii 9, à Cervetri, soit sur une banquette à fer à cheval faisant le tour de la chambre funéraire, soit sur le sol même de la chambre. La matière des sarcophages étrusques est, comme pour les sarcophages grecs, la terre cuite, le bois, la pierre et le marbre. Aucun sarcophage en bois n’a été conservé, mais on a retrouvé des ferrements et dgs clous ,0. Les sarcophages de pierre ou de marbre sont très nombreux; on y employait toutes les pierres du pays11. ■

Le type le plus simple est la cuve rectangulaire munie d’un couvercle plat. Le premier développement est le sarcophage en forme de maison ou de temple, avec toit à deux pentes, muni ou non d’accessoires décoratifs, acrotères et antéfixes. Mais ce type, si fréquent en Grèce, n'est pas représenté en Étrurie par un très grand nombre d’exemplaires. Les plus intéressants sont le sarcophage de Bomarzo au British Muséum 12, qui porte £fur la crête

1 Cf. Reinach, Op. cit. p. 335 : nombreux rapprochements de détail. — 2 Cf. Altmaun, Op. cit. p. 39. — S Cf. Heuzey, Gaz. des Beaux- Arts, 4873, p. 305-3 1 ü ; 501-514. — 4 Cf. ’Es>. à?/. 1899f p. 221 et pl. xi. — 5 Seul un curieux sarcophage de Cnossos, publié dans le livre d’Altmanu (p. 40 et pl. i), reproduit très exacleincnt la forme et les détails de la xXtvrj, avec un grand drap funéraire cachant tout le fond de la paroi antérieure de la cuve; devant ce drap, postés sur la plinthe en relief, sont figurés quatre personnages : le mort, sous l'apparence d’un squelette, et un serviteur, de part et d'autre d’une table de banquet ; puis un homme qui semble déclamer et un joueur de (lùte. Ce monument, unique en son genre, est certainement postérieur à l’époque grecque classique. — 6 Cf.

du toit une paire de serpents entrelacés, un sphinx \ chaque pignon, et, aux extrémités des tuiles de couverture, des masques de femme en antéfixes ; et un sarcophage du musée de Florence 13, en marbre ou en albâtre-

à chaque coin de la toi¬

ture est une tête de femme ; dans chaque tym.

pan, un groupe représentant un homme attaqué par des chiens; sur les quatre faces est peinte en couleur à la détrempe une bataille de Grecs et d’Amazones.

Le type de sarcophage le plus fréquent en Étrurie est le sarcophage en forme de xXivti, rare dans la Grèce archaïque et classique. Sur le couvercle est figuré le défunt ou le couple défunt, endormi ou étendu au lit de banquet. On peut bien admettre 14 que le sarcophage-lit n’est, en somme, qu'une variante du type ordinaire : on a eu d’abord l’idée de placer sur le couvercle de la cuve l’image du mort endormi13. De là, on a tiré ensuite l’idée de donner à tout l’ensemble du sarcophage la forme d’un lit; il n’y aurait, en somme, là qu’une conception tardive et secondaire ; ce qui le prouverait, c’est que le nombre des exemplaires où cette forme est poussée dans tout son détail est très restreint. Mais on peut penser aussi16 que le sarcophage-lit est fait à l’image de la couche funéraire elle-même, niche ou banquette, des caveaux étrusques. Ce qui vient à l’appui de cette hypothèse, c’est que souvent, sous chaque niche, des traits de couleur dessinent le bois d'un lit n. Dans la tombe dei Rilievi , à Cervétri (fig. 2802), la niche qui fait face à la porte d’entrée, au fond de la salle, est garnie d’un lit

Fig. 6108. — Sarcophage étrusque en forme de lit.

richement décoré, à montants sculptés; sur la paroi, audessous de la niche, sont peintes les figures de Cerbère et de Charon. Les plus anciens et les plus curieux des sarcophages-lits étrusques sont ceux trouvés à Cervétri,

Martha, Art étrusque , p. 32 sq. — 7 Ibid . p. 98 sq. — 3 Ibid, p- ^ s(*‘ — 9 Ibid. p. 191 ; Dennis, Ciliés and cemet of Etr. I, p. 242. — 10 11

Dennis, Ibid. Il, p. 14, 242, 518. — il Cf. Marlha, Op. cit. p. 134, 301

12 Mur-

Ilia, Ibid. p. 198 ; Dennis, Op. cit. I, p. 170. — 13 Cf. Dennis, Ibid. Il, P- ^ Sl* Amelung, FüUrer durch. d. ant. in Florcnz. p. 187; Marlha, Op. cit . p- (pour les peintures). Les peintures sont décrites el reproduites dans Journ. "I hell. stud. 1883, p. 354 sq. et pl. xxxvi-xxxvn. — 14 Bulle, dans Sert, phil- 1894, p. 1302. — 15 Cf. l’urne de Corneto, Martha, Op. cit. fi g. 238. - Altmaun, Op. cit. p. 31. — 17 Ainsi dans la tombe dei Tarquinii à Cervetii Martha, Op. cit. p. 29t.

16 Cf.

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l’ancienne Caere (fig. 0108) '. L’homme et la femme, sur tous ces sarcophages, sont figurés côte à côte, les jambes allongées et le buste droit ; tous deux onL le coude gauche ‘ nl,vA cur un coussin. (Pour la forme du lit et de sa , fourniture », matelas, couverture, coussin, voir 1 article LECTUS.) Quant au type des visages, au caractère de l’accoutrement et de la chevelure, tout rappelle, sur les sarcophages de Cervetri, l’archaïsme gréco-ionicn. Il est vrai pourtant que l’Ionie archaïque ne semble pas avoir connu ce type du sarcophage-lit; mais elle a traité en bas-relief le sujet du banquet, qu’on trouve par exemple sur les bas-reliefs d’Assos, où les physionomies et les attitudes ne sont pas sans ressemblance avec celles des sarcophages de Caere. Il faudrait en conclure que ces monuments sont grecs de facture, et sont l’œuvre d’artistes ioniens établis en Étrurie2. C’est l’opinion aujourd’hui assez communément adoptée 3.

Le lit funéraire ou de banquet est représenté de façon beaucoup moins complète dans les sarcophages de l’époque postérieure. A côté de la représentation du banquet (fig. 2810), on trouve aussi celle du sommeil; ainsi le couvercle d’un sarcophage de Corneto porte un couple embrassé (fig. 2811) 4; ou bien le défunt, complètement enveloppé de son linceul, est couché et comme endormi (fig. 6109) 6. Souvent aussi, à côté du défunt, sont figurés d’autres per¬

sonnages, serviteurs ou génies de la mort, comme surun cinéraire deChiusi du Musée du Louvre6.

Un type plus récent encore est représenté par deux monuments qu’on ■peut dater, avec sûreté, de la fin du me siècle 7. La morte estétendue sur le couvercle, relevant son voile de la main droite, tenant un miroir de la main gauche (fig. 1216). La caisse du sarcophage est de la forme d’un autel plutôt que d un lit; elle est ornée, comme une frise dorique, de piliers triglyphes séparés par des métopes, dans le champ desquelles sont des rosettes ou des patères.

Il n’y a plus ici, à proprement parler, de x/aVr,, mais seulement, sur le couvercle, une statue couchée. C’est, avec la cuve ornée de bas-reliefs, le type des nombreux ! sarcophages ou urnes cinéraires du ive et du me siè- , des8. Ces statues-couvercles ont souvent un caractèie individuel assez marqué; on peut croire qu’elles cLiûnl laites à part de la cuve, qui souvent même n’est

[ci/ [MarLlla' °P' CiL >’■ "■ Mon- Ml /»*<. VI, pi. lix ; Dennis, Op.

Mnsriiu Longpévier, Musée Napoléon, pl. ixxx. D'exemplaire du British doit a) ^ sllsPRct par certains détails, surtout des bas-reliefs de la cuve; on du Loti 11,1 ,out au nl0‘ns fiuïl a subi de profondes retouches. L'exemplaire '« Lincei <*1.,1* C6l6br° sarcoPllagc Campana (fïg. 2812). M. Savignoni \Mon. du même !' ,S ,S’ P Xl,i-xiv) a publié récemment un autre monument

0S( a ’ Pur de toute restauration et d'une grande finesse de travail, qui

du Loun m 1,1 Savignoni, Loc. cit. p. 530 sq.; Pottier, Catal. des vases I'. 34G "l 5 P’ 414' ~ 3 Mon- PioL >V. P- 20. — 4 Cf. Martba, Op. cit. Vl.pl IX J7^/0n d' Inst' VIH> P1- XVI“- — 6 iïid. 340; Mon. d. Inst. X|[ „[ '[X' .. ' Cf’ Jtoem- Hitth. I, p. 217 ; Ant. Denkm. I, pl. xx ; Mon. d. Inst. I — k Qf (| . I"‘lnn’ ®P- cit. p. 35 et fig. 11 ; Amelung, Filhrer, p. 189, v° 212.

10 Cf )/ la’ Cd' 344 5fl* — 9 tjf. Dennis, Op. cit. I, p. 480. Mon. ined T' VUI’ P'' X'X' — 11 Marllla. Art. étr. p. 355. - 12 Ainsi Mieali, Martin 4,./ : Xl'"'’ *' dfon. per sera, alla stor. d. ant. pop. ital. pl. lx — P lig. 248. 13 Cf. Mon. d. Inst. IV, pl. xxxu ; Dennis, Op.

Fig. 6109. — Sarcophage étrusque.

pas de la même pierre, ou que le travail n’en était qu’ébauché dans l’atelier du marbrier, pour être ensuite parfait à la ressemblance du mort 9. Les bas-reliefs se déroulent surl’une des faces longitudinales etsur les deux faces latérales. On peut, avec M. Martba, distinguer trois séries de ces reliefs. La première comprend les représen tâtions réalistes, tirées delà vie quotidienne: mariage (fig. 2844) 10, cortège de magistrat ”, de juge. La seconde est celle des représentations symboliques, qui se rattachent directement à l’idée de la mort et des funérailles (fig. 3359), et où la sombre imagination des Étrusques se donne libre carrière : la jeune fille ou la jeune femme arrachée à ses parents ou à son mari par les démons de la mort12, le voyage vers le monde infernal ou la procession funèbre13. La troisième série comprend les représentations mythologiques : ce sont les plus nombreuses. Comme sur les sarcophages romains, les sujets sont empruntés aux traditions héroïques de la Grèce, popularisées en Étrurie, dès l’époque archaïque, par les vases peints u. La question se pose du rapport entre les mythes représentés et la destination funéraire des monuments. Il n’est pas niable que les marbriers étrusques choisissaient de préférence ceux qui, parleur caractère tragique, combats, morts de héros, rendaient le mieux l’idée de la fragilité terrestre et du risque perpétuel où vit l'humanité. Et la présence, souvent inattendue, des démons et des génies de la mythologie étrusque dans ces scènes grecques, montre que les Étrusques en avaient pénétré et se plaisaient même à en accentuer le sens religieux. Les sarcophages étrusques à sujets mythologiques sont de la période la plus récente de l’art étrusque ; ils en marquent la décadence et en annoncent la disparition devant l’art romain.

IV. Rome. — L’inhumation semble avoir été le mode de sépulture pratiqué à Rome aux temps les plus anciens [funus]. Mais la pratique commune de la Rome républicaine était l’incinération; il n’y eut sans doute que quelques grandes familles pour conserver plus longtemps que les autres le rite primitif; nous trouvons par exemple que, dans la gens Cornelia , Sylla fut le premier qu’on brûla au lieu de l’enterrer ,Si. Le cercueil, area ou capulus , de bois, de pierre ou de plomb, était donc rarement employé comme réceptacle définitif du corps. On a

cit. II, p. 432, interprète le bas-relief comme représentant le retour d’une expédition guerrière, avec les captifs enchaînés. — Voir la liste dressée par M. Martha.O/). cit. p. 362, note 1. Enlèvement d’Hélène, Sacritîce d’Iphigénie, Philoctèle à Lcinnos, Télcphe au camp des Grecs, Funérailles d’Antilochos, Mort de Troïlos, Paris menacé de mort par ses frères, Hector traîné derrière le char d’Achille, Combat autour du cadavre d'Achille, Cheval de Troie, Prise de Troie, Mort d’Aslyanax, Ulysse et le Cyclope, Ulysse et les sirènes, Ulysse ci Scylla, Ulysse et Circé, Massacre des prétendants ; Mort d’Agamemnon, Orcstc et Electre au tombeau d’Agamemnon, Orcste et Pylade en Tauride, Mort de Néoptolème, Mort de Clytemneslre et d’Egisthc, Orcstc et les Furies, Mort de Laïus, Supplice d’Ocdipe, Sept devant Thèbcs, Mort d'Amphiaraüs, Eléoclc et Polynicc, Centaures et Lnpilhes, Grecs et Amazones, Thésée cl le Minolaurc, Mort d’Hippolyte, Alceste et Admète, Mort d’Ocnomaos, Sanglier de Calydon, Le héros (Cadmos ou Jason) combattant avec un soc de charrue, Actéon dévoré par scs chiens, Massacre des Niobides, Hercule et . Glancos, Pollux et Amycos. — 15 Plin. Hist. nnt. VII, 187.

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trouvé dans des fouilles à Rome, sur l’emplacement d’une nécropole archaïque \ des cercueils de pierre, faits de pièces rapportées, et munis d'un couvercle plat. D’autres fosses à cercueils ont été dégagées sur le mont Esquilin2. C’était encore dans un capulus du même genre que le corps était placé, dans le cas de l’incinération, lors du transport au lieu où elle était pratiquée 3 [funus]. Le seul grand sarcophage, à caractère monumental de l’époque républicaine, est le sarcophage en péperin de

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Fig. G 1 1 0 . — Sarcophage de Scipio Barbatus.

Cornélius Scipio Barbatus, consul en 298 (fig. 6110) A Les volutes ioniques qui ornent le couvercle, à ses deux extrémités, donnent à tout l’ensemble la ressemblance d’un autel, avec son soubassement où est gravée l’inscription en vers saturniens. Ce type semble emprunté à des monuments de la Grande-Grèce; il se retrouverait sur deux sarcophages du Musée de Girgenti, signalés par Wiegand 3.

Avec l’Empire, l’inhumation prit de nouveau place, à côté de l’incinération, dans l’usage normal. Aussi, a parLir de cette époque, les sarcophages se multiplient. Un texte de Macrobe dit que, de son temps, l’incinération n’était plus en pratique 6. Les progrès du christianisme en amenèrent la disparition complète. La foule des sarcophages à reliefs qu’on trouve dans les collections est donc contemporaine de l’époque impériale, particulièrement de l’époque des Antonins '.

Il faut mettre à part des autres sarcophages de l’époque impériale un type qui se trouve reproduit à de nombreux exemplaires, mais qui ne dérive pas de la forme rectangulaire commune à la plupart des sarcophages antiques. C’est le type des sarcophages « striés » ou à « strigiles » 8, ainsi désignés parce que toute leur surface est décorée de sillons parallèles creusés dans le marbre, en forme d’S distendus et allongés °. Leur forme est celle du bassin ovale à presser le raisin, àtjvôç ; à l’époque grecque déjà, ce mot se trouve comme synonyme de sopdç10. La décoration comporte ordinairement, en plus des stries parallèles, deux têtes de lions qui représentent les bouches par où s’évacue le moût dans le pressoir11. Quelquefois, à la place des têtes de lion, on voit deux lions

i Cf. Lanciani, Dali. d. comm. arch. munie. III, p. 193. — 2 Cf. Bail. d. comm. 1885, p. 39. — a Ainsi, pour les funérailles d'Auguste. Cf. Oio Cass. 50, 34. 4 Voir ET.AOIOM, p. 584. Cf. llelbig, f'ührer , |2, p. 73 ; AUmaun, üp. cil. p. 44. S Cf. Wiegand, Alh. Mitth. 190U, p 309, et les deux sarcophages de Sciauti cités plus haut, note 14, p. 1070. — « Macr. Sat. VII, 7, 5. — 7 La publication d'un Corpus de ces monuments a été entreprise par M. Cari lîobert ; ce n'est qu’après son achèvement qu'on pourra éludicr en détail toutesles questions relatives à l'évolution des formes, au choix des sujets, au caractère artistique des reliefs. Ont paru : le tome II, contenant les « cycles » ; deux parties du tome III, contenant les légendes particulières (Einselmythen) ; le tome 1 comprendra les reliefs à sujets empruntés à la vie réelle ; les autres tomes, les reliefs décoratifs ou relatifs à Dionysos et à son lliiase. — « Cf. Altmann, Ojp. cil. p. 40. — 9 Clarac [Mus. de scutpt. Il, p. 990), pense que ces cannelures, qui ont assez de rapport avec la forme des stri-

tournant de chaque côté sur l’ovale de la cuve, et attaquant un agneau ou un bélier12; ou bien le milieu d’une des grandes faces est occupé par un groupe plastique ou, plus simplement, par un médaillon reproduisant les traits du défunt. Sur quelques exemplaires enfin, c’est l’ornementation striée qui disparait, remplacée par ]a décoration ordinaire à sujets mythologiques; il ne reste du type du sarcophage X-qvôç que la forme ovale et les tètes de lions13. Beaucoup de sarcophages à strigiles appartiennent àl’époque chrétienne et sont décorés d’emblèmes chrétiens 11 . Un curieux bas-relief représente la fabrication d’un sarcophage à strigiles13: le sarcophage est surélevé sur deux

blocs; un ouvrier, assis sur un siège à plusieurs gradins, tient en main deux

longues tiges munies à leur extrémité de pointes de fer, qu’avec l’aide d’un autre travailleur il dirige le long de la cuve pour y creuser les stries parallèles (fig. 61 H).

Depuis Matz, on divise les sarcophages de l’époque ro-

GUI. — Fabrication d’un sarcophage.

maine en deux classes10. Les sarcophages « grecs » qui sont les moins nombreux, produits de l’art des pays grecs à l’époque impériale, conservent les particularités du sarcophage grec classique. Le profil architectural est nettement dessiné; de fortes moulures encadrent la cuve. Le couvercle est généralement en forme de toit à double pente et à fronton, avec décoration « écaillée ». Les basreliefs s’étendent sur les quatre côtés du monument, destiné, au moins en principe, à l’exposition en plein air, le petit côté gauche étant associé pour la représentation avec le grand côté antérieur, le petit côté droit avec le long côté postérieur ”. Quelquefois deux côtés sont occupés par une représentation mythologique, deux autres par des motifs ornementaux18. Sur un certain nombre de monuments qui semblent former groupe, ainsi sur un sarcophage du Musée de Constantinople' (histoire d llippolyte), qui est un des beaux exemples du sarcophage « grec », la représentation figurée est encadrée, aux deux extrémités de la face principale, par des caryatides ou par'des personnages qui jouent un rôle analogue 50. Enfin, sur le sarcophage grec, le relief même, par le petit nombre des figures bien isolées, leur disposition classique sur un même plan, rappelle directement la tradition grecque. Les sarcophages « romains » P1'1' sentent des caractères opposés21. Le profil architectm*

(jiles , pourraient bien avoir un sens symbolique et désigner la pureté U, 1 ^

10 Poil. X, 130. — U Ainsi sur un bas-relief du Louvre, Clarac, Mus B

,,1. cxxxvi = Rcinacli, Itép.l. p. 33, 2.- «2 Cf. sur ce type Robert, Journ. of** Slud. 1900, p. 97; un exemplaire au Louvre, dans Clarac, Mas. de sculpt- l>

= Reinach, Dép. 1. p. 120. Clarac pense (76. 11, p. 991) que c étaient •' ^ ^ emblèmes très expressifs de la mort et de l'abus de la force sur la ■ "

— 13 Ainsi sur un sarcophage avec la représentation du mythe d Kndynuon, ^ ^ Sur le. rel. III', 83. — 14 Exemple sur la pi. cci.vi de Clarac = Reinach, Ilcp, . F ^ ^

— 16 Cf. Jahn, Ber. d. Siïclis. Gesells. d. R'iss. 1802, p. 295 sq. pi.

dans 11. Blümuer, Techn. u. Termin. d.Kunst. III, p. 220. — « Matz, Arcn-^ ^ 1872, p. Il sq. Cf. Altmann, Op. cit. p. 86 sq. — 11 Robert, Sark. Il, ^[(

exemple, le sarcophage de Constantinople avec la légende d llippoè 1 I Sark. 1112, u. 144.-19 Ibid.-™ Ibid. 1112, 152, 154.-21 Cf. Robert, Sara- 1

SAR

t presque entièrement effacé; il n’y a ni plinthe ni l'S |c|ie; on pourrait dire que la cuve se compose simplement de quatre plaques ouvragées, adaptées en rec- Lmle. Le couvercle plat, peu élevé, orné de masques aux extrémités, offre une composition décorative sur la paroi antérieure très rarement en rapport avec celle qui fi o-ure sur la cuve. Les bas-reliefs de celle-ci ne s’étendent ®e sur ie long côté antérieur et les deux côtés latéraux, mii complètent la représentation principale, ou qui tous deux lui restent étrangers. Le long côté postérieur reste fruste, le sarcophage étant destiné cà être appliqué contre le mur de la chambre funéraire. Un certain nombre de sarcophages romains ont, au lieu du couvercle plat, le couvercle-statue imité de la xÀcvr, étrusque (fig. 6112) \ mais il est plus rare qu’en fitrurie de voir le motif du personnage couché comme sur un lit (fig. 2302). Enfin,

les reliefs s’écartent de la tradition grecque par la complication des groupes, la multiplicité des plans qu’ils forment, et qui donne à la représentation, dans un certain nombre de sarcophages 1 2, l’apparence d’être à plusieurs étages: emprunt fait, selon Robert, à l’art de la mosaïque 3 * S.

L’ornementation sculpturale des sarcophages de l’époque romaine estdécorative ou figurée. Le type essentiel des sarcophages à relief décoratif est le type des sarcophages à guirlandes U La forme la plus simple est la guirlande unique, soutenue aux deux extrémités par des bucrânes, ou redoublée B ou même triplée 6. Mais cette forme élémentaire est rare. Elle se complique de telle manière que la guirlande n’est plus que le moins important dans la décoration, où l’attention est attirée surtout par les figures, traitées comme de petites statues en haut-relief qui, au lieu des bucrânes, soutiennent les guirlandes; ces figures sont des Amours, des Victoires, des Satyres. Quelquefois un groupe apparaît au milieu du relief; le caractère purement ornemental de la décoration s’efface. De ce développement dérivent les sarco-

1 C(. Altmaim, Op. cit. p. 41. Notre ligure d'après Duruy (Hist. des Romains, VI, p. 329 — d’Escampes, Descr. des marbres Musée Campana , cvui).

- Exemples : sarcophage d'Endymion, (Roherl, 1111 83) ; sarcophage de

®r* et Kllca (Robert, ma, 188, 190). — 3 Cf. Robert, Arch. Jahrb. 1890, lo ""''T'" ^aDS Prcra‘er diurne publié du Corpus des sarcophages, M. Robert une série spéciale de sarcophages « gréco-romains » qui, couservanl la nation architecturale des sarcophages «grecs», se rapprochaient par la

V ^,n’lt'10" *a technique des reliefs des sarcophages « romains ». M. Altmann c- P- 38) a montré que ces sarcophages ne sont qu’une subdivision de la série

S enpie ». Exemple de ces sarcophages de type mixte dans le sarcophage

SAR

pliages à guirlandes avec sujets figurés dans les deux ou trois compartiments que la courbure des guirlandes laisse libres. Ces reliefs minuscules sont d’un style analogue à celui des bas-reliefs dits hellénistiques, avec leur observation réaliste du monde champêtre, des animaux et des plantes 7. Ce type forme la transition entre les sarcophages à décoration ornementale, qui remplissent le icr siècle ap. J.-C., et les sarcophages à décoration figurée, qui se multiplient à l’époque des Antonins.

Parmi ces derniers, les uns sont décorés de scènes de la vie réelle, les autres de scènes mythologiques. Les

Fig. 6113. — Sarcophage romain.

scènes de la vie réelle sont très variées ; scènes des diverses professions, scènes de chasse ou de guerre (fig. 6113) 8, scènes de la palestre, scènes de la vie littéraire. Sans doute, les reliefs de ce genre étaient choisis parmi les modèles existants, en accord avec la personnalité du défunt; ainsi Trimalcion, dans le Satyricon \ demande qu’on sculpte pour lui « des nefs voguant à pleines voiles », et qu’on le représente « siégeant au tribunal, vêtu de la prétexte, avec, aux doigts, cinq anneaux d’or, et versant au populaire un sac d’écus »... Il est vrai qu’il s’agit ici expressément d’un mausolée funéraire et non d’un sarcophage ; mais on peut conclure de l’un à l’autre. Certains reliefs figurent, en succession idéale, une série de scènes de la vie : épisodes de la vie enfantine ,0, allaitement, première enfance, jeux, instruction (fig. 2608, 2603, 2611), mariage (fig. -4871, 4872), chronique de la vie d'un Romain de haute condition, à l’armée et dans la vie civile et familiale u . Sans doute, tous ces types existaient dans l’atelier du marbrier ; il suffisait de donner aux têtes, laissées frustes, la physionomie convenable pour approprier exactement tout l’ensemble à sa destination. 11 faut signaler ici, comme intermédiaires entre les représentations de vie réelle et les représentations mythologiques, tous les reliefs de sarcophages où l’on voit des amours se livrer aux diverses pratiques de la vie humaine; Amours chasseurs, Amours ouvriers (fig. 6112), Amours luttant dans le cirque, combattant, banquetant 12 ; etc... .[cupido, p. 1609], Ils figurent très souvent aussi sur les reliefs du couvercle l3.

d’IIippolyte à Arles (Robert, lll2, 160). — * Altmann, Op. cit. p. 59 sq.

— î> Ainsi sur un sarcophage de Berlin, d’un beau style. Cf. Beschr. d. ant. Sculpt. n. 843 (d’aucuns y voient un travail de la Renaissance). — 6 Forme fréquente en Orient; cf. Bissiug, Arch. Jahrb. 1901, p. 207 sq. — 7 Clarac, Mus. de sculpt. pl. cxui ; Reinach, Rép. I, p. 3; Robert, Sark. Il, 1, lll2, 196.

— S Musée du Capitole, Mon. d. Inst. pl. xxx; Hclbig. Führer 112, n. 430.

— 9 Pctr. Satyr. 69. — >0 Arch. Zeil. 1885, pl. xiv. — 1* Ameluug, Führer , p. 18 ; A. Rossbach, Rom. Ehcdenkmàler , Leipz. 1871. — *2 Cf. un sarcophage de Sparte, Arch. Zeit. 1880, pl. xiv. — *3 Cf. Altmann, Op. cit. p. 96 et lig. 30; E. Slrong. Rom. sculpt. p. 264.

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SAU

Les reliefs à sujets mythologiques, empruntés soit aux grands cycles héroïques, soit aux légendes particulières des héros grecs, sont les plus nombreux de tous. On les trouvera classés dans le Corpus de M. Robert ; les reliefs se rapportant à Dionysos et à son tliiase (fig. 691, 692, 6931 doivent former une division à part. Ce n’est pas ici le lieu d’indiquer d’après quels souvenirs d’œuvres d’art, suivant quels types et quelles variantes, les artistes ou les artisans ont exécuté leurs compositions. On trouvera, d'ailleurs, des indications sur ce sujet dans les articles de mythologie de ce Dictionnaire, où les sarcophages sont mis à contribution pour l’étude des représentations figurées des mythes grecs1. Les représentations les plus nombreuses se rattachent à l'idée de la fragilité des choses d'ici-bas: mythes d’Hippolyte, d’Alceste, d’Adonis (fig. lia), de Méléagre, de Proserpine (fig. 1 300) , où l’on voit la vie humaine tranchée à la fleur même de l’âge; d’autres mythes très populaires, comme celui d’IIercule (fig. 6115) 2, sont cependant moins souvent traités. Il est donc certain que ce n’est pas au hasard que les fabricants de sarcophages puisaient dans le trésor de la mythologie grecque, sûrs que leurs clients cherchaient dans ces représentations plastiques des suggestions religieuses ou philosophiques. Il importe seulement d’être prudent dans ce système d'interprétation, et de ne pas oublier qu’à côté de scènes significatives, un grand nombre d’autres ne le sont à aucun degré. Quel rapport, par exemple, établir entre la légende de Dionysos, si fréquemment représentée, et la destination des sarcophages? Appliquera-t-on à cette série d’ouvrages le mode d’interprétation symbolique qu’on a depuis longtemps rejeté poulies vases peints et les terres cuites? Voudra-t-on y voir l’espérance des joies élyséennes ou le souvenir du Dionysos infernal? Nous admettons que si, dans certains cas. le sujet des reliefs a fait l’objet d’un choix raisonné chez le fabricant comme chez l’acheteur, souvent aussi on s’est plus soucié de son rôle décoratif que de sa signification religieuse.

Sur quelques exemplaires les physionomies sontpous-

sées à la ressemblance du défunt3 ; du moins ont-elles une expression réaliste et individuelle très marquée. Souvent aussi, ces intentions biographiques se résument dans un médaillon qui reproduit les traits du mort (fig. 6114 4 ;

1 Voici une liste, empruntée à la thèse latine de Martha, Quid significaverint sépulcrales Nereidum figurae , p. Ut. Histoire d’Achille, Actéon dévoré par ses chiens, Mort d’Adonis, Lutte d’Ajax et d’Ulysse pour les armes d’Achille, Alceste, Combats d’Amazone, Ariane enlevée par Bacchus, Castor et

Pollux, Diane etEndymion, Enlèvement d’Europe, Ganymède, Travaux d’Hercule, Mort d'Hippolyle, Enlèvement des Leucippides, Jason et Médée, Chasse de Méléagre, Massacre de Niobides, Oresle poursuivi par les Furies, Fuite d’Hellé eide Phryxos, Orphée et Eurydice, Fuite d'Hélène, Hippodamie et Pélops, Penlhée cl les Méuades, Mort de Phaéton, Priam aux pieds d’Achille, Promélhéc, Bapt de Proserpiue, Psyché et l’Amour, les Sirènes. — 2 Les représentations des Travaux sout très peu nombreuses ; la plus connue est celle du sarcophage Torlonia (Robert,

III1 , 126), où les exploits du héros» sont figurés dans des arceaux formés par des colonnes, peut-être souvenir tardif de l’ancien sarcophage naos à colonnes. — 3 Exemple : sarcophage de C. Junius Euhodus, avec la représentation de l’his-

cf. 1873) ; quelquefois, elles se retrouvenl sur les reliefsdu couvercle, où sonl sculptées des scènes sans rapport avec les scènes retracées sur la cuve5, el qui doivent fajre allusion à la profession ou aux goûts du défunt6 Souvent enfin, à partir du nc siècle, le couvercle porte, en son milieu, une plaque où est inscrit le nom du personnage inhumé, et qu’encadrent des emblèmes appropriés à sa condition 7. Sur quelques couvercles où la paroi antérieure esL divisée en une série d’arceaux juxtaposés, l’un des arceaux est occupé par un portrait du mort 8.

Il faut mentionner ici un type très particulier dont les exemplaires semblent s’échelonner du nc siècle ap. ,J..p jusqu au iv° ou au vc : c’est le sarcophage monumental à niches et àcolonnetles (fig. 6113) “. Un sarcophage delà

Fig. 6115. — Sarcophage romain à niches.

collection Torlonia, sans appartenir précisément à ce type, l’annonce déjà 10 : en forme de xXiv7), il porte sur son couvercle les statues couchées des deux époux; aux angles sont sculptés des amours. Trois des faces de la cuve sont divisées en compartiments par des colonnes corinthiennes à spirales, surmontées d’arceaux dont les retombées portent directement sur les chapiteaux; dans chaque enlrecolonnement est représenté un des travaux d’IIercule. Les exemplaires principaux du type à niches et à colonneltes sont : un sarcophage de Séleucie", un sarcophage de Melfi12, un sarcophage du palais Riccardi à Florence13 et le grand sarcophage de Sidamaria il. On trouvera dans l’article de M. Th. Reinach, avec ladescription complète du sarcophage de Sidamaria, la liste de tous les autres monuments ou fragments connus du même type. Rappelons seulement ici, d’après MM. Slrzygowski 18 et Reinach, les caractères communs à tous ces monuments : 1° surface à décorer (sur un ou deux côtés) divisée en une série de « tabernacles » à coquille supportés par des colonnes et surmontés d’un fronton

loire d'Alceste (Robert, III, 1, 26). — 4 Maffei, Museo Veron. p. ccccxx, 2. — Cf. Altmann, Op. cit. p. 96. — 6 Ainsi sur le couvercle d'un sarcophage de Berlin ( Beschr . d. ant. Sculpt . n. 844) sont représentées des scènes de la vie littéraire. — "• Exemple : le sarcophage d’Alceste mentionné ci-dessus, n-

— 8 Exemple : le sarcophage d'Endymion déjà mentionné (Robert, III1» W’

— y Cf. Altmann, üp. cit. p. 52. Notre fig. 6115 d’après un sarcophage do la villa Borghèse ; Duruy, Hist. des Romains, VI, p. 580. — 10 Cf. Robert, A’ lir ^ III, 1, n. 126; Duruy, üp. I. V, p. 419. — 11 III Cf. Joubin, Cat. des mon. f'inC1' p. 39, et Mon. Piot. IX, p. 215, fig. 4. — 12 Cf. Arch. Zeit. 1857 ; Anz. |> et Mon . Piot. IX, p. 209, fig. 2. — 13 Cf. Dütschke, Ant. Bildw. Il, l^5 et Mon. Piot. IX, p. 215 et fig. 5. — H Cf. Th. Reinach, dans Mon. Piot. ^ p. 189 sq. et pl. xvn-xix ; et X, p. 91 sq. Cf. aussi un important article de M. Mendel, dans le Bull. corr. hell. 1902, p. 232 sq. — 1E» Cf. Strzygowski, 0i'ùn ^ oder Rom.

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triangulaire ou cintré 1 : les personnages sont placés ilternalivement en avant des niches et entre les niches2 ; g„ coionne cannelée en spirale, et chapiteau à volutes dédoublées ; 3° entre le chapiteau et le fronton est une imposte à prolil convexe, divisée en deux registres, l’ornementation de l’imposte se continuant sur le nu du nnir; 4° feuillages du chapiteau et de l’entablement exécutés à la virole, non au ciseau. On retrouve, en somme, dans ces sarcophages le principe tout hellénique de l’union de la construction architecturale et de l’ornementation sculptée (sarcophage des Pleureuses à Sidon); mais l’application est loin d’en être heureuse dans le détail. La provenance géographique et artistique de ce groupe de monuments fait débat entre les archéologues : pour M. Strzygowski 3, tout le groupe est d’origine gréco-asiatique ; pour d’autres, il est italique 4. M. Th. Reinach aboutit à des conclusions éclectiques. S’il est indéniable que l’idée du type est hellénique et constitue une réaction « contre la tendance qui avait prévalu dans le sarcophage purement romain du ne siècle, à sacrifier complètement l’élément architectural de ce genre de monuments funéraires, à n’en faire qu’un prétexte à basreliefs », par contre, la forme précise qu’elle revêt est romaine : les « tabernacles » du sarcophage de Sidamaria et de ses congénères seraient une imitation des niches abritant des statues, employées par les architectes romains pour la décoration intérieure et extérieure des édifices. Ainsi ces monuments funéraires, plus frappants pour l’œil que satisfaisants pour l’esprit, seraient des exemples d’une espèce de contamination artistique6.

L’élude artistique des reliefs de sarcophages ne rentre pas dans notre cadre6. Pour être souvent des œuvres médiocres, ces reliefs n’en forment pas moins une imposante série, fort utile pour l’étude chronologique du style décoratif et plastique dans l’Empire romain. Beaucoup d’entre eux témoignent de Teffort des artistes pour « romaniser » les légendes grecques et y introduire ce réalisme très prononcé qui est un des caractères saillants et vraiment originaux de l’art latin. Ce qui fait aussi l’intérêt de ces monuments, c’est qu’ils sont une des voies par où l’antiquité païenne s’est le mieux perpétuée au sein même du christianisme. Les sarcophages chrétiens ', que nous n’étudions pas ici, continuent les sarcophages romains que nous venons de passer en revue, ht aux jours de la Renaissance, les moins imparfaits de

Il \ a souvent sur la face principale trois de ces tabernacles, celui du milieu élan |i lunlon Uiangulaire, les deux autres à fronton cintré (ainsi àSidamaria). — 2 Su iaicophagc Riccardi, chaque personnage ou groupe de personnages repose sur 111 oc c pailiculier et forme ainsi comme un tout indépendant. — 3 Cf. Strzygowski u^' C'L p' 51 8fl- ~ 4 Ainsi pour M. Graef; cf. Mon. Piot. X, p. 92; M. Grae 11 '"nen I. du couvercle eu forme de xXtvïj étrusque qui apparaît dans beaucoii| «'COS monuments. - b Cf. Mendcl, Loc. cit. p. 245. - « Cf. Altmann, Op. cil ' :,0£1’ Die Spatrôm. Kunst-industrie, Vienne, 1901; WickhofT, in Jahrb — de Faiserhaus, Vienne, 1895 = Trad. angl. Rom,ant. 1900

Blanl / Sm ,0U^ <jrousse^ Étude sur l'hist. des sarc. chrétiens. Paris, 1885, et L< point le 6 Sai C0^la9es chrétiens de la Gaule , Paris, 1886. — 8 Nous avons sur ci Bisano6- m0 Snagede VaSaii’ ^ P' 13G(,e ,a traducL Weiss, parlant de Niccoli f'isans ,1 ouva Parmi une multitude de marbres amenés parla llotle dci

v*He Sur p UrS sarcol)l,a£es antiques qui sont aujourd'hui au Campo Santo de cell< Calydon : d eux, extrêmement beau, était sculptée la chasse du sanglier di

Parfait Jt d'1"5 S^.'e a^m'*'able, car les nus el les draperies étaient d'un dessii

C- Robert ■ il 1A (cu !'0Ii merveilleuse — [C’est le no t(14 du tome lit du Corpus di <1°,, 1 Nj'CC0|C*>ll'SCnle 'a ^Se,ll^u d’Hippolyte et non celle de lâchasse de Caly avec laid ,|t. ’ <ons"'''rai|l la beauté de ce monument qui lui plaisait fort, l’étudii

ornant d'autr 0m ^°"r en ’m^f'r 'a manière, ains» que celle de belles sculpturei de son temps S S'lrc ;°phages, qu il fut bientôt regardé comme le plus habile sculpteui ion est celui !’ 'Biographie. Le seul travail récent sur l’ensemble de la ques Hmaun, Architektur und Ornamentik der antiken Sarkophuye ,

SAR

ces monuments contribuèrent à révéler aux premiers sculpteurs italiens la beauté antique8. Émile Cahen.

SARCULUM. — Sarcloir. Instrument d’agriculture* servant à couper, entre deux terres, les mauvaises herbes des champs et des jardins2, les racines de poireau8, les racines superficielles des oliviers4, etc.; à nettoyer les prairies et à curer les fossés pour faciliter l’écoulement des eaux pluviales 6.

Le sarculum se compose d’un manche en bois et d’un large fer plein, tranchant et quadrangulaire comme celui de nos bêches; mais le manche, au lieu d’être dans Taxe du fer, forme avec celui-ci un angle plus ou moins aigu: l’Antinous Richelieu6 tient un sarculum dont le tenon du manche pénètre, presque à angle droit, dans la mortaise forée dans une languette pyramidale qui surmonte la lame (fig. 01 16) 7 ; l’angle est plus aigu dans les sarcloirs de Pompéi (fig. 5452), parce que la languette de la mortaise est légèrement tor- Fig. 6116. — Sarcloir,

due sur l’axe; enfin, un

troisième type (fig. (3117) est muni d’une douille recourbée en tiers ou en quart de cercle8, comme celle de nos sarcloirs.

Les montagnards, cultivant

Fig. 6117 et 6118. — Sarcloirs.

des terrains graveleux où les bêches et les socs s’émoussent facilement, employaient un sarculum 9 à fer plein et triangulaire (fig. 6118) *°, semblable à celui de l’outil que les paysans des îles rocheuses de l’Archipel nomment encore cxà.TT'xvri “.

Pour planter, déchausser et nettoyer les vignes, on se

Berlin, 1902. Cf. aussi Fredrich, Sarkophagstudicn (Nachr. d. k. Gesells. d Wiss. su Gôttinyen, Phil. hist. Niasse , 1895). — Pour la Grèce, v. Becker-Goll, Charikles , III, p. 139 sq. ; II. Bliimner, Griech. Privatalt. p. 376; et pour chacune tics divisions du sujet (sarc. de Clazomènes, de Sidon, etc.), les ouvrages et articles signalés dans les notes. — Pour PÉtrurie, Marllia, L'art, étrusque ; Dennis, The cities and cemeteries of Elruria, 2e éd. Londres, 1878. — Pour Rome, en attendant l'achèvement du Corpus de C. Robert, cf. les catalogues des diverses collections d Italie, de Beundorf et Schoene, Helbig, Malz-Duhn, Dütscbke, etc. ; Espéraudieu, Bec. général des bas-reliefs de la Gaule romaine , t. I, 1907 ; cf. aussi Springcr-Michaelis, Handb.d. Kunstgesch. I, p. 362; Overbeck. Gesch. d. griech. Plastik 112; E. Slrong, Rom. Sculpture , 1907, c. xi.

SARCULUM. 1 Ilorat. Carm. I, 111; Ovid. Metam. XI, 36; Fast. II, 927.

— 2 Colum. De r.rust. II, 11; X, 91; Plin. H. nat. XVII, 41; XVIII, 65,2; Pallad. Il, 14. — 3 Plin. H. nat. XIX, 33, 2. — 4 Cal. De ag. cuit. 61 ; cf. lb. 10. — 5 Colum. 11,17 ; Cat 1ü5. — 6 Au Louvre, Bonaffé, Rech sur les coll. des Richelieu , 1883. p. 1 1 1 et 130 ; Mougez, Mém. de l'Institut. Hist. et litt. III, 1812, p. 13, pi. u.

— T Mougez, L. I. — 8 Exemple découvert en Espagne ; IL Saudars, The Linares basrelief (Archaeologia. London, 1905, vol. 59, pi. i.xx, fig. 2); autre en Suisse, Mittheil. d. Antiq. Gesdlsch. in Zurich XV, pi. XII, n°38. — 9 Plin. H. nat. XV11I, 49, 4.

— 10 IL Sandars, O. c. pi. lxx, fig. 4. — H Ce mot désigne indistinctement aujourd'hui des outils tranchants ou piquants : Ranghabé,dans sa traduction du Dict. d' A ntiquités de Rich, a rendu dolabra fossoria par axaitâvY) (s. v. opûx-cï)<; = fossor)-, le sapeur, dans l’armée grecque, sc nomme axaitaveti; ; cf. Ch. Byzantins, Dict. Fr .-Grec.

— 107 fi —

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