SA R
servait d’un bidens SixsXXa, (fig. 854 et 850) à dents rondes et pointues, ou d'un sarculus bicornis 2, crjjLtvûvj 3, ;\ dents larges et plates 4 (fig. 855), comme celles du axaXfc des vignerons de la Grèce moderne. Sorlin Dorignv.
SARISSA (Sapi'ffffx)1. — La sarisse est l’arme caractéristique de la phalange macédonienne3. Comme cette phalange a été rattachée à la phalange homérique3, la sarisse parait descendre des grandes piques de V Iliade, elle r’ÉyyoçèvBsxctuTiyu (5 mètres) d’Hector 4 ; elle ressemble à celles des Chalybes % Sarmates et autres riverains barbares du l'ont6. Peut-être Philippe n’en apprit-il l’usage, comme celui du contus, la pique de la cavalerie macédonienne un peu plus courte que la sarisse1, qu'à la suite de ses guerres contre les Thraces; c’est à ceux-ci qu’il aurait emprunté les formations en coin qu’ils avaient eux-mêmes reçues des Scythes 8. Toujours est-il, que c’est dans la campagne de Philippe contre les Scythes, en 339, que la sarisse est mentionnée pour la première fois9 ; l’année suivante, les sarissophores jouent un rôle important à Chéronée 10. Alexandre, qui maniait luimême la sarisse H, compléta leur instruction 12. Leur phalange, qui lui rendit de si grands services13, ne disparut pas avec lui. Eumène de Kardia, *\ Pyrrhus d’Épire 15 en font usage; les Lagides et les Séleucides heurtent leurs phalanges de sarissophores16 à Raphia; en Macédoine, les sarisses forment un mur hérissé de fer à Sellasie 17, à Cynocéphales18, à l'ydna19. Dans cette dernière journée, on ne les voit pas seulement entre les mains des phalangites, mais aussi des troupes plus légèrement armées20. En même temps, les trois autres nations militaires de la Grèce ont adopté ces piques macédoniennes, les Spartiates sur les conseils de Gléomène21, les Achéens sur ceux de Philopoemen 22, les Étoliens sans doute à l’instar des Achéens 23. Bien que les sarisses ne figurent plus dans aucune bataille après Pydna, le souvenir de cette arme s’est perpétué chez les tacticiens romains et byzantins24.
1 Virg. Georg. Il, 355 et 400. — 2 Pallad. I, 43, 3.-3 Aristoph. Nub. 1486 et 1500; Av. 602; Pac. 546. — 4 Cf . II. de Villefosse, La mosaïq. des quatre saisons (Gaz. Arch . 1879, pl. xxu) ; Artaud, Hist. de la peint, en mosaïq. pl. lvii.
SAIUSSA. 1 Eâpt<x<xa serait une glose macédonienne à la façon de Aaoiatra, dont le rapproche YEtymol. Gudianum , p. 364 (une ville de Gordyène s’appelle Sàpetaa, Strab. XVI, 1, 24), ou bien un adjectif de forme homérique, <ya?t'-E<T<ra (Xôy^) comme le radical devant être rapproché de craiçctv, balayer. Cf.
Hoffmann, Die Makedonen , 1906, p. 87. D'autre part, on mentionne en Etolie une piaule de ce nom, aà.oiaa Xdyyjri itapô|ioio; (Stobae. Floril. 100, 15; Pseudo- Arist. Mirab. 171 ; Pseudo-Plut. de Fluv. 8). — 2 Cic. Ad Herenn. IV, 43 ; Serv. Ad. Aen. VII, 664 ; Arrian. Tact. 3; Liv. IX, 19 ; Encan. Phars. VIII, 298 ; X, 47 ; Fest. Hesych. Elym. mag. s. v. — 3 polyb. XVIII, 29 ; Diodor. XVI, 3. — 4 Jlm VI, 319. Le xyston d’Ajax a 22 coudées (XV, 678); il est intéressant de remarquer que les Péoniens sont précisément qualifiés de SoTu/e^Ea; (XXI, 155).
— 5 Xenoph. Anab. IV, 7, 15 ; lance de 15 coudées. Le Mèdc Arsace a une lance de 20 coudées, Lucian. Dial. mort. XXII, 3. — 6 Les piques des cavaliers Sarmates figurées dans S. Reinach, Antiq. de la Russie Méridionale, passim, ont au moins
15 coudées. On peut rappeler les «raptV<raç (xaxpàç des Politiques à Chéronée (Plut. Sylla , 19, 6) et les Bistonias sarissas d'Ovide, Pont. I, 3, 58. — 7 Vegct. 111, 24 : sarisas , hoc est longissimos contos. Il semble résulter de Lucien, toc. cit. qu’on donnait aussi le nom de sarisse à la pique de la cavalerie macédonienne. Cf. note 2 de la p. 1077, la mosaïque d’issus — 3 Arrian. Tact. XVI, 6. — 9 Didyme (In Philipp. col. III, 1. 7), d’après Mars) as, 'tonne aux compagnons de Philippe la sarisse qui aurait blessé le roi ; Justin, IX, 3, d’après Trogue- Pompée, attribue la blessure aux Scythes. — 19 Plut. Pelop. 18,7. — H Plut. Alex. 68, 3; Arrian. Anab. IV, 8. — 12 Arrian. Anab. I, 6, 2. — 13 Arr. Anab. I, 13, 6 ; III, 14; Polyb. XII, 19 et 20; Diodor. XVII, 88 et 100; Curl. III, 2, 10; VIII, 14, 16. Alexandre donne aux barbares qu'il reçoit dans son armée Sôpata MaxeSovixà, Arr. Anab. III, 6, 5; VII, 6, 1. — Plut. Eum. 14, 6. — i& Plut. Pyrrh. 21,8; Polyaen. Il, 29, 2.
— 16 Polyb. V, 85, 9. La phalange syrienne est de 20 000 hommes à Raphia; de
16 000 à Magnésie; de 20 000 dans la revue de Daphné; la phalange égyptienne est de 25 0U0 hommes en moyenne (cf. P. M. Meyer, Hcerwesen der Ptotemàer , p. 5). — 17 Polyb. Il, 69, 9; Plut. Philop. 6, 2 ; Cleom. 28, 4. — 18 Liv. XXXI, 39, 12; Plut. Flamin. 14, 1 ; Polyb. XVIII, 24. — 19 Plut. Aemil. 19, 20 et 32. La phalange de Pcrsée comptait 20 000 hommes (Liv. XLII, 51). — 20 Liv. XLIV, 40:
Théophraste, qui écrit à l’époque des Diadoques, nous apprend que lesplus belles branches du cornou i 11 ier màb> longues au plus de douze coudées (18 pieds, 5 m. 40) atteindraient la hauteur des plus grandes sarisses2' Polybe26 et, d’après lui, Élien27 affirment, par contre que la sarisse, qui aurait mesuré d’abord seize coudées (7 m. 25), aurait été réduite en pratique à quatorze coudées (6 m. 10). Polyen28 et Arrien 29 lui donnent également seize coudées. Tenues droites, la pointe en l’air3» les sarisses étaient abaissées d’un seul coup, au moment d’entrer en ligne, probablement à la façon des piques des lansquenets qui mesuraient pareillement de 5 à 7 mètres. Aussitôt l’extrémité inférieure, garnie d'un talon, appuyée en terre de manière à ce que les mains pussent saisir la hampe à la quatrième coudée31 les sarisses du premier rang le dépassaient de 12 coudéescelles du deuxième rang arrivaient à 10 coudées de la première ligne; celles du troisième à 8 coudées ; celles du quatrième à 4 coudées; celles du cinquième à 2 coudées. Seul, Arrien mentionne l’abaissement des sarisses du sixième rang en ajoutant qu’on allongeait parfois celles des rangs postérieurs pour leur permettre d’atteindre le front. D’après Polybe et Élien, du sixième rang inclusivement au dix-huitième, les sarisses élaient seulement appuyées sur l’épaule du phalangite de la même file au rang précédent. Ce véritable hérisson de fer, ilia velut ferrea saepes , devenait plus redoutable encore quand on serrait les rangs, ne gardant que trois pieds d intervalle dans la m îxvtom;, qu’un pied el demi dans le auvauTnagd;.
On a calculé qu’une sarisse en frêne de 14 coudées, ayant inférieurement 5 cm. et supérieurement 3 cm. de diamètre, pèserait 5 kg. 631 32. En cornouillier, le poids serait beaucoup plus considérable, le poids spécifique de ce bois étant de 0,81 contre 0,59 pour le frêne. Aussi, le fer même ne devait-il pas être très développé. C’est ce qui engage à rapporter à la sarisse des poinLesà douille
caetrati Macedones et ipsi sarissas gerentes. — 21 Plut. Cleom. Il et 23. Les Spartiates ont la sarisse à Sellasie (Polyb. Il, 69, 9) etàMantinée (Polyb. XI, 15, (i). — 22 Plut. Philop. 9, 2. Les Achéens l'ont à Mantinée (Polyb. XI, 15, 6). — 230n la voit entre leurs mains en 189, Polyb. XXI, 28. — 24 En dehors des auteurs cités note 2, voir les anonymes byzantins publiés par Koechly, Griech. Kriegs • schriftsteller , II, 254, 257, 323; 111,215, 223. La sarisse y est qualifiée «le Sôou ttEpijAr]xE<TTc'pov. Voir encore Scholia ad Lucianum , éd. Rabc, p. 263, 7 el 283, 26. Dans ce dernier passage, la sarisse est qualifiée de pic'vaiAov. Cet apax, formé sut’ le modèle de |AEva{/|4.»iç j«*e'y/.ïiî» signifie probablement : à la douille, à la pointe inébranlable. — 25 Pist. plant. III, 12, 2. L’absence de moelle de ce cornouillier, abondant en Macédoine, qui lui donnait la résistance el la solidité de la corne, selon Théophraste, devait augmenter encore son poids ; on pourrait invoquer cette raison pour expliquer les 12 coudées; mais, Théophraste parlant de tSv aapuxwv ÿ| |AtD<r™ii il est vraisemblable qu’une erreur de copiste a donné 12 à la place de 10 coudées. — 26 Polyb. XVIII, 29 (12). — 27 Aelian. Tact. XIV, 2. — 28 polyaen. IL 29 , 2. — 29 Arrian. Tact. XII, 7. — 30 C’est par le commandement macédonien a.Y/ocç;xov (ava jràppiav, pointe en l’air) qu’on obtenait opOàç t àç (rapi'naa; (l’olyb* XVIII, 26, 9). Leur abaissement s’exprime par Tatç a apt'<roou; xXt6ef<rat<; (Plut. Aen. 19, 1), inclinât isq ue vno sarissis (Liv. XLIV, 40). — 31 La tenue de la sarisse avec les deux mains résulte du texte de Polyaen, II, 29, 2, et du fait que les boucliers des sarissophores étaient attachés au col par un baudrier (Liv. XLIV, 40). L’existence d'un talon est mentionnée dans des Anecdota byzantins, Kœchly, Gr. firiegssclirifd- III, 215. La description ci-dessus est Lirée des textes cités de Polybe, Elien cl Arrien qui sont très clairs dès qu’on ne modifie pas en uoùç certains *%uç des textes, comme l’ont fait Rüstow et Kœchly, Gesch. des griech Kriegswesens (Aarau, 1852), p. 238. La plupart des auteurs ont compliqué la question par ‘des modifications pareillement arbitraires ; Droysen, U eerweien der Griech. p. 159; fiauci, Griech. Kriegsalterth. p. 425; Delbrück, Gesch. der Kriegs/cunst , I, P * Giessing, Fleckeisens Jahr bûcher , 1889, p. 141 ; Ed. Lammert, Polybios und die rom. Talctik (Leipzig, 1889), p. 19; Rud. Schneider, Légion und Plialun1' Berlin, 1893, p. 89. Je ne pense pas qu’on doive se fonder sur un texte imprén* de Strabon (X, 1, 12) pour admettre l’existence d’une sarisse réduite llu011
pouvait lancer comme le pilum. — 32 Lammert, O, cit. Il, aurait pu santon*11 pour celte recherche du vers où Slace parle des [raxineas Mucetuni 8iiTlSi<"s (Theb. VII, 269).
SAR
longues de 0 m. 38 (fig. 6119), dont les tranchants sont distants au plus d’une dizaine de centimètres, qui ont été trouvées dans le tombeau des Macédoniens tombés ;'i
Chéronée \ et qui rappellent les proportions des lames des piques données aux cavaliers macédoniens figurées sur la mosaïque de la bataille d’issus2. A. -J. Reinach.
SARONIA (Sapcovia). — Les fêles des Saronia étaient célébrées annuellement au temple d’Artémis Saronia, situé au bord de la mer, près de Trézène Nous ne savons, d’ailleurs, rien sur les rites de cette fête, qui pourraient nous éclairer sur le sens primitif du mythe du chasseur -oîpiov 2 (il d’Artémis Eapuma3 ; cette légende semble apparentée à cellede l’Artémis Dichjnna de Crète [diana), en l’honneur de (pii on célébrait également, dans un temple situé sur un promontoire laconien, une fête annuelle4. Em. Cahen.
S ARRACHAI. — Mot populaire1, par lequel on désignait une sorte de chariot lourd, de la même catégorie que le plaustrum, servant surtout au transport des récoltes, des matériaux de construction, etc.2 Juvénal se plaignait qu’on vil tropsouventpasser dans les ruesde Home, qu’il encombrait, ce véhicule « chargé d’un long sapin3 ». D’où l'on peut conclure que le sarracum différait du plaustrum par sa forme ; comme notre baquet, il devait, par l’allongement du train, se prêter spécialement au transport des poutres, des troncs d’arbres, etc. Comme beaucoup d’autres véhicules lourds et grossiers, il pouvait, à l’occasion, être utilisé pour le transport des personnes 4.
L’Edit de Dioclétien5 fait mention d’un chariot qu’il appelle frapiyapov; ce mot a vraisemblablement le même sens que sarracum ou son diminutif sarraculum, sarraclum6. Le tarif vise d’abord le bois du chariot ouvré, sans pièces de fer (yoiplç Tioqpou), notamment sans les bandes qui protègent le cercle des roues [currus, rota]. En second lieu, les prix varient suivant que le cercle est fait d’un seul morceau de bois courbé au feu ( vitus , ïtuç et fttxüç)1, ou qu’il se compose de plusieurs jantes (i-^Toeç) s assemblées par des tenons ; dans le premier cas, la roue est dite Pitwto; ou à-nb (L'tou ; dans le second, à'jnoüjTo; ; le prix du chariot est beaucoup plus élevé si
les roues en sont pt-rw-roi, parce qu’elles durent davantage. Le tarif est donc établi comme suit : 1° baquet du plus beau travail, avec cercles des roues d’une seule pièce, sans fer, 6000 deniers (219 francs): 2° baquet avec jantes assemblées, sans fer, 3 500 deniers (127 francs).
Enfin, viennent les véhicules pourvus débandés (xavéof, canthi )9 sur les cercles des roues, et autres pièces de fer. Les haquets avec cercles de roues d’une seule pièce, et autres chariots avec bandes et fer, doiventse vendre, fer compris, 7 000 deniers (255 francs). G. Lafaye.
SARTAGO. Tqyav&v. — Poêlon1, poêle àfrire, ordinairement en métal, cuivre, fer2, argent3. On conserve dans les musées4 des poêles de bronze semblables à celles qui sont encore en usage, rondes ou allongées, avec un rebord pourvu d’un bec pour l’écoulement des liquides et une queue fixe. L’exemplaire qu’on voit ici, en bronze, trouvé en France, à Reims3, est pourvu d’une queue mobile qui peut se rabattre sur le bassin (fig. 0120). Celle queue joue, comme sur une charnière, autour d’une goupille qui traverse l’appendice placé à l’une des extrémités; on peut la fixer, quand on veut s’en servir, au moyen d’un coulant qui glisse le long de la lame.
E. Saglio.
SAT1SDATIO (actio].
SATRAPA. —