‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 60 sur 137 · La sculpture bans la Grèce classique. — La matière · texte numérisé non relu

La sculpture bans la Grèce classique. — La matière

Les matières usitées dans la Grèce classique 1 pour la sculpture sont : le bois, le calcaire tendre, le marbre.

L’usage des roches dures, telles que le trachyte employé (tour les sculptures du temple d’Assos, est tout à fait exceptionnel 8. Les premières statues, celles auxquelles les Grecs donnaient le nom de ;oavov6, étaient en bois. Les plus anciennes œuvres en pierre paraissent être les idoles en calcaire de Théra (tig. 6224) qui remontent à la première moitié du viie siècle 7. L’emploi du marbre, qui commence dans les des à la fin du même siècle 8, devient général dans le courant du vic. Mais bois, calcaire, marbre n'ont pas succédé l’un à l'autre en se remplaçant De même qu’en céramique, la technique des figures noires ne disparait pas après le triomphe des figures rouges9, on a continué à travailler le bois et la pierre tendre longtemps après s’être rendu maître du marbre. Le bois fut conservé en particulier pour certains monuments à caractère religieux : c’est ainsi qu’au vie siècle, Kanakhos sculpte pour Thèbes un Apollon de cèdre 10, et qu’en plein iii“ siècle, à Délos, on commande pour la fête de Dionysos une statue du dieu en bois de cornouiller". 11 n’eût guère été possible de faire ligurer dans les grandes processions les images des dieux si elles n'avaient été en bois 1S. Les divinités modestes des champs et des jardins durent sans doute se contenter souvent d'images en bois [iiermae, tig. 3813]. D’autre part, après que l'usage du marbre se fut répandu, l’emploi de la pierre tendre subsista pour la sculpture à bon marché. Éloignée du foyer de la civilisation grecque, possédant en outre une matière de qualité supérieure, l'ile de Cypre13 resta même exclusivement fidèle jusqu’au vc siècle au travail du calcaire".

Les principaux bois employés16 étaient: l’érable, le poirier sauvage, le buis, le cèdre, le lotus, le cyprès, l’ébène, l’if, le chêne, le figuier, le tliuia, le tilleul, l agnus-caslus, le myrte, l'olivier sauvage ou cultivé, la persea, le sapin, l’orme, le genévrier, la vigne, l’encens, le palmier, le peuplier [ligna, materies]. On les choisissait soit pour leurs qualités propres : dureté ou résistance à l'humidité, soit pour des motifs religieux, le

1 Evans, Ann. of Bril. School in Ath 1899-1900, p. 31. — 2 Evans, Ibid. 1900-1, p. 16,88.— 3 Evans, Ibid. 1899-1900, p. 51; cf. 1901-2, p. 51, les plumes d’un oiseau colorées en rouge, bleu, jaune, blanc, noir ; cf. aussi une lôte mycénienne, Tsounlas, ’ E ® tj p . à?/, 1902, p. I sq. (7 et 8 en particulier), pl. i. — 4 Perrol el Chipiez, t. Vllî, p. 141. — « Ibid. p. 160. — 6 Sur les noms donnés aux slalucs par les anciens cf. Scliubart, Die Wôrter aya). |xa, e Ix «iv, ;<i«vov, àv&pt v-t,, Philolorjus, I. XXIV, p. 561-587 ; Blümner, O. c. I. Il, p. 180; sur le sens particulier de -ôavov cf. E. Gardner, Journ. of hell. st. 1890, p. 133; Léchât, Au musée de l'Acropole d'Athènes , p. 9, n. 1 ; Collignon, O. c. I. I, p. 106, n. I ; Perrot et Chipiez, t. VIII, p. 144, n. 4; Léchât, La sculpt. altique avant Phidias, p. 2, n. 3; Poulsen, Arch. Jahrb. S 906, p. 189. Une inscription d’ Asie-Mineure, d’époi|iie romaine, prouve qu'on a 1res tardivement fabriqué des ;o«va ; cf. Conloleon, Ath. Mitth. 1889, p. 91. — 7 Hiller von Garlringcn, Tltera , l. Il, p. 304; cf. Poulsen, Arc'i. Jahrb. 1900, p. 188. 8 Cf. Collignon, O. c. I. I, p. 128. — 9 Cf. Pollier, Calai,

des vases du Louvre, l. III, p. 647. — 10 Collignon, O. c. ». I, p. 314; cf. à Egine la statue en exprès de la déesse ftlnia que nous fait connaître l’inscription publiée par Furlwimgler, Berliner Philolnq. Wochenschrift , 1901, p. 1597, 1. 6 : ln\

dieu lui-même désignant parfois l'essence qu'il pI.(-,|y, rait16. — Ce que nous appelons tuf et que les Grecs nommaient Tttopoç17, est une sorte de calcaire poreux blanchâtre ou jaunâtre, qui se rencontre, en Grèce un peu partout; certaines qualités, pétries de coquilles el ih> sables, sont extrêmement fragiles et tendres ; d’autres sans coquilles, sont plus dures el de grain assez serré

— Les différentes espèces de marbre ont été étudiées à l’article marmor; il suffit de rappeler que les Grecs de l’époque classique n’ont guère en recours qu’aux marbres blancs ; quelques œuvres archaïques seulement, entre autres la statue du Moschophore en Altique18 et les stèles de Chrysapha en Laconie19, ont été exécutées dans un marbre gris bleu.

IV. Les outils. — On trouvera à chaque nom une élude détaillée sur la forme de chaque outil. Nous n'avons donc qu’à indiquer rapidement quels instruments comprenait le matériel d’un sculpteur ancien 20. Ce sont, du reste, sensiblement les mêmes que ceux du sculpteur moderne : 1" la hache, surtout la hache appelée dolabra [voir aussi ascia] pour l’équarissage du b ois (fi g. 6225);

2° la scie, dont les deux formes essentielles sont : la grande scie pour établir 1rs principaux contours des blocs, et la petite scie à main pour tracer de fines rainures dans certaines parties telles que la chevelure [sera] ; 3° la pointe, dont il existait des types de dimensions très diverses ; 4" le marteau, qui devait se présenter sous deux formes: le marteau à une ou deux pointes pour dégrossir les blocs, et le marteau à extrémité plane pour frapper sur la pointe [malleus] ; 5° les ciseaux, de tailles eide luîmes variées : ciseau carré, rond, à lame concave un gouge , à dents ou gradine [caelum, scalprum]; 6" u»1’ lame de fer tranchante et pointue pour tracer de lue s lignes incisées 21 ; 7° le foret, en particulier le foret appelé violon qui tourne sous l’action d’un archet [tereiira , s L* râpe [lima]. A cette liste il faut ajouter quelques autres outils dont un sculpteur ne pouvait guère se passer h ls que: 9° le compas, y compris le compas à branches recourbées et le compas de proportions [circinus] ; 10" le cordeau [linea]; 11“ la règle [régula]; 12“ le fil à plomb [peri'LNdiculum] ; 13° le niveau [libella]; 14° l’équerre [normaj-

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