VJ
Fig. 6235. — Tôle de l’Eiréné de Céphisodote.
Fig. G236. — Tète de lTIermès de Praxitèle.
Les successeurs de Praxitèle et les sculpteurs hellénistiques, sentant que, par le traitement plastique de la chevelure, ils pourraient la faire concourir à 1 expression pathétique de leurs œuvres, inventèrent ces formes de coiffure compliquées8, aux ombres profondes et aux vives lumières, œuvres exclusives du ciseau et surtout du foret, à l’effet desquelles la couleur ne pouvait guère ajouter.
La façon de traiter les surfaces lisses révèle une évolution tout aussi significative. La râpe9 apparaît très tôt, par exemple sur les figures de Délos ou l’Apollon de Théra (lig. 6237), mais les grands sculpteurs du vc siècle, ainsi Phidias au Parthénon, en ont fait un usage très limité. Les artistes de large inspiration dédaignaient de Fig. IM7. Apollon dissimuler sous le poli de la râpe l’attaque franche du ciseau Au iv* siècle, l’emploi de
grecs, t. Il, 1889-1890, p. 35, cl Furtwangler, Coll. Sabouro/f, pl. ni et » A; Museen su Berlin. Beschreib. der imlik. S/culpturerr, n° 308 ; Kcinadi. il*»-" de têtes, pl. vu et vin. Cf. Perrot et Chipiez, t. VIH, p. 642 et lig. 330, p. ; Léchât, La sculpt. att. p. 27Ô et 470. — s Cf. Collignon, Monuments grecs, i. Ih 1889-1800, p. 42. 7 Cf. pour les frontons d'OIympie : Trou, Olympia, t IIL
p. 433, et Arch. Jahrb. 1805, p. 3 ; P Hermès .de Praxitèle, Furtwiingier, J/r»terwerlce der griech. Plastik, p. 532; cf. encore Pottier, Bull. corr.
1890, p. 453. Cf. sur l'emploi du foret pour la chevelure : FurlwSnglv. ; ' p. .>32, 500, 641. — 8 Cf. Collignon, JJist. de la sculpt. gr. t. Il, P- 1 1
— 9 Blümner, O. c. t. 111, p. 1 07 ; Coeler von Havensburg, Venus von MU o, p Situ, Archüol. der Kunst . p. 398. — 10 Sur la râpe à Olympic, cf. Treu, 0 Jahrb. 1895, p. 3.
par tendance à faciliter le travail, a généralement pratiqué ; le Moschophore, qui a conserve tant de traits de la sculpture en tuf, a la calotte du crâne et la barbe absolument lisses ; quelques boucles seulement sont sculptées au-dessus du front. Mais les artistes des îles 1 adoptèrent le deuxième système qui satisfaisait mieux leur goût pour les minuties et les jolis détails, et il s’introduisit à Athènes avec l'influence ionienne. La tète Rampin (fig. 6230) 2 dans laquelle les cheveux et la barbe sont traités plastiquement3, mais la moustache indiquée par un simple
Fig. 6230. — Travail de chevelure archaïque.
d’OIympie, les deux techniques sont en usage; au Tir scion, la couleur a été posée suides dessous lisses6; ailleurs, par exemple, dans d’autres marbres d’OIympie (fig. 6234), au Parthénon et, d’une façon générale, à la lin du vc et au IVe siècle (fig. 6235,
6236), la chevelure a été limitée au ciseau ou même au foret, mais l’exécution, à l’ordinaire large et simple, est rarement po ussée dans Fl&-0-34- 'rêl«<te.l'Apollôii
I , » , • , 7 . , , d oiympie.
le detail ■, comme si le sculpteur
avait craint d’empiéter sur le domaine du peintre.
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, . )(> rcnj plus d’extension ; on n'en use pourtant V' ilior,! ((lie pour les surfaces d'une certaine étendue ' * ’(|i doivent être recouvertes de couleur, comme les ' i c ■ on se plaît ainsi à obtenir des effets d’op
vètetncniB, i .
(l-,ilion entre le traitement du corps au ciseau et celui
jj"h]a draperie à la râpe C Puis, la sculpture abanibmnant de plus en plus la haute inspiration religieuse . |(,s Sl,jels familiers et les représentations réalistes, la râpe est également employée pour le corps 2 . Hulin' on voit prendre une grande extension au procédé (iV.jâ usité auparavant du polissage 3; on employait üur Cela le sable, en particulier le sable égyptien, le calcaire tendre en poudre, la pierre ponce \ ou encore I , pierre dite de Naxos dont on ne connaît pas exactement l'origine, vu le désaccord des textes qui la font venir les uns de Cypre % d’autres de Crète 6.
le foret 1 a eu une destinée analogue à celle de la Pipe. On en trouve les traces sur les frontons d'Égine et dOlympie, mais l’usage n'en est probablement devenu vénérai que plus tard. Pausanias en attribue l’invention au sculpteur Kallimakhos 8, contemporain de Phidias,
ce dont il faut sans doute conclure que Kallimakhos le premier sut en tirer des effets particuliers. On n’en constate que quelques traces au Parthénon 9.
L’art de Phidias et de ses prédécesseurs ne ressentait pas, en effet, un besoin absolu du foret; à l'agencement assez simple des draperies, au traitement large des détails, le ciseau suffisait (fig. 6238).
11 n’en est plus de même lorsque l’art cherche à tirer un effet dramatique dos plis profonds du vêtement ou se plaît au refouillemenlminuLieux des détails; le foret devient alors un instrument indispensable, et les artistes grecs y acquièrent une telle virtuosité que certains creux très profonds et d accès 1res étroit paraissent irréalisables aux sculpteurs d’aujourd’hui *°.
\ 11. L’ajustage de la statue. — Les pièces rapportées. — Les accessoires. — Dans le Songe Lucien dit que le
Fig. 6238. — Frise du Parlhcnon.
sculpteur ne doit pas seulement savoir tailler, mais aussi savoir ajuster 11 ; de nos jours les statues sont généralement travaillées dans un seul bloc de marbre; les anciens vantent, au contraire, ce fait comme le résultat d’une habileté rare l2. Dans l’histoire de la technique des pièces rapportées 13 il faut prendre comme point de départ la sculpture du bois. Les statues en bois étaient faites de différentes pièces ajustées et, pour éviter une disjonction qu’auraient nécessairement amenées les variations de température, on faisait couler du nard dans les interstices |i. Les artistes qui ont travaillé le calcaire tendre ,5ont recouru au même procédé d’ajustage; ilelait, d'ailleurs, imposé par la nature de la matière; le tuf n'est pas assez ferme pour qu’on puisse, sans danger de le briser, y tailler de grandes pièces. Cette technique léguée par le bois au calcaire, le calcaire la légua au marbre ; saisie ainsi dans ses origines, elle ne peut nous étonner, et nous comprenons qu’elle fût appliquée même à des œuvres de très petites dimensions ,4. Elle avait, en outre, un double avantage : elle présentait beaucoup plus de commodité pour le transport des blocs”, et elle facilitait la réparation des statues 18 ; arrivait-il un accidenta une partie ou remarquait-on, au cours de l’exécution, un défaut du marbre 19, on remplaçait le morceau endommagé ou défectueux.
Les statues archaïques de l’Acropole ont presque toutes des pièces rapportées 20 ; la statue d’Anténor est la seule d’un bloc. Les parties le plus généralement rajustées sont les bras, les extrémités flottantes des vêlements, elles boucles de cheveux. Lorsque l'avant-bras est tendu, il est toujours rapporté (fig. 6239). « Pour adapter le bras à sa place, dit M. Léchât, les sculpteurs creusaient dans le coude une profonde mortaise, parfois carrée, le plus souvent circulaire ; on prolongeait l’avant-bras par un solide tenon, de forme circulaire, s’emboîtant dans la mortaise; l’on forait un trou, d’environ 1 centimètre, à travers toute l’épaisseur du marbre, par le milieu du tenon, et dans ce trou l’on coulait du plomb en dissimulant les extrémités de la cheville. Parfois l’on se contente de coller le tenon dans la mortaise avec une matière blanche, réduite en fine poudre, pareille à du plâtre, mais qui est, parait-il 21, de la chaux. » Quelquefois la tète et le cou sont rapportés: ainsi, dans la statue 67idu Musée de l’Acropole, « ils sont prolongés par un fort tenon rectangulaire s’emboîtant dans une mortaise de même forme creusée dans le tronc et scellée avec de la
1 l'ar ex. dans l’ilepmùs du i'iaxilèlc, dans dus stèles attiques, ainsi Conze, Atiùeht r: rul, reliefs . n° 3U0, p. 69, pl. i.xxiii. Lf. Bliimner, O. c. I. III, p. 198.
- lae ex. Cotlignon, 7 'etc d'athlète trouvée en Egypte, Hcc. de mém. publié J>ur lu. Société des Antiquaires de France à l'occasion de son centenaire, p. S 2.
I lut. hiscr. adul. et amie. 37, p. 74 F : oî /.i9o;ôoi xù. itÎMrjyÉv xa. *al itEpixoïtÉvra &Y»Xnâ-ujv tittXct/. ivovteç xoù yavotJVTEç. — 4 FM in. Nat. hist. XXXVI, 53 : un sus lliebaica [harena) polituris accommodatur et quae lit c poro lapide aut c pumicc. — o Fliu. Nat. hist. XXXVI, 54: Signis e marmore poliendis geniunsqiic etiam sralpendis atque limandis Naæittm diu plaçait ante alia. lia l'iruntur cotes in Cypro insula genilae. Vicere postea ex Armenia invectae. Sc,'°l- a,l I ’inü . Jst/im. V, 107 ; Sléph. Lîyz. v° Nà£o;; Suid. v° Na;ia Xiôoç ; ' XdJo; •/) KoyjTixq àxovr,. yàç itô/.ij Kpÿjiv);. Cf. Bliillllicr, O. C.
I III, p. 1 1)8. — 7 Cf. Bliimner, l. III, p. 105; Sittl, Arch. d. Kunst. p. 308; tiirlnhnglcr, Mristcrvrrke der griech. Plaslilc, p. 532, 566, 341. — » I, 26,7 :
■ ,,1U? ■rç'Ùtoç ÈToÛTCr.iTE. Il fa.ii t noter que ce Kallimakhos esl considéré par "‘>a"ias lui même comme un hahile praticien, mais un artiste inférieur : ( ^îwv T,,/ ~?wtwv I; aGtT)v xr,v xi/y tjv. Cf. Brun il, Gescli. der griech. Kiinstler 2, I1, 1m • Collision, !hst. de la sculpt. gr. t. Il, p. CH. — J Cf. Puchslein, ( " Hxchri/t für klass. Philologie , 1090, p. 184; Arch. Jahrb. 1800, p. 110, 1'^' Anzciycr , 1800, p. 110; S. Hcinacli, Chroniques d' Orient t t. I, I 1 ' ■ Collignon, Hist. de la sculpt. gr. L. Il, p. 51, n. 2. Cf. encore pour l'emploi ‘ 11 'oret au v° siècle: Treu, Olympia, t. III, p. 83, et Arch. Jahrb. 1895, p. 3;
Poltier, Bnll. corr. hell. 1806, p. 4 >3. — 10 On csl allé jusqu a conjecturer l’usage îles acides que rien ne nous aulorisc à admettre ;cf. bliimner, Technologie und Terminologie , t. III, p. 100. — H - : tojtov... 'SiSauxE icapa'/.t/?u*v 7u0«.»v èoyuTr.v àyaOôv eTvgu *oti fTuvapiAOfrrqv *«' Ép|AOY^u«£Ïv. — 12 fl. Plin./V at . hist. \XX\ I, 34 et 37. 13 Cf bliimner, O. c. L III, p. -12: Ooeler vou Kavensburg, Venus von MHo , p. 3» ; Sittl. Arch. d. Kunst. p. 300; Furlwangler, Meistcneerke der griech. Plastik , p. 604. — 14 Pim. Nat. hist. XVI, 214 : adjicit (AJucianus) muftis foran inihns nardo riyari ( siinulacrum ), ut mcdicatus umor alat tenealque juncturas. Cf. bliimner, O. c. I. II, p. 330. — 13 Léchai, Au Aiusée , p. 238 (cf. pourtant le Zens en pierre lendre, lig. 4, p 91). — 10 Cf- Léchât, Au musée, p. 228, (pu
cite les slalucs de l’Acropole n”8 007 et 668 (cf. pour celle dernière i?/.
1883, pl. vin, à droite). Cf. pour l'époque hellénistique Wiegand et Sclirader, Priene , p. 367, fig. 461, p. 371, lig. 467, p. 372, lig. 470. La pièce rapportée \ esl tantôt fixée par une cheville, tantôt simplement collée. — 17 Cavvadias, ’Fvr.u.
1886, p. 75 ; F. Gardner, Jonrn. uf hell. st. I8S7, p. 178. — 18 La fréquence de telles répnialious est attestée par les signatures d*arlislcs suivies du verbe tiîE«rxEÛa<TEv ; elles n'étaient donc pas considérées comme diminuant la valéur d’une œuvre, puisque les artistes ne dédaignaient pas de s’en affirmer les auteurs, et les possesseurs, d’en conserver le souvenir gravé sur la base. Cf. Collignou, lier, de mém. publié pur la Société des Antiquaires, p. 85. — 19 Comme sur la tête
d’athlcte, Collignou, Ibid. p. 86, pl. »v. — 20 F. Gardner, Jouni. of hell. si.
1887, p. 177 ; Léchât. Au musée , p. 227. — 21 Ca\>adias, ipy. 1886. p. 76.
SCU
chaux. Les doux surfaces eu contact du tronc et du cou, préalablement polies, adhéraient exactement. Pour consolider cet ajustage on avait foré sur chaque épaule un trou carré descendant obliquement jusqu'à la mortaise: ces
deux trous sont occupés par une cheville de marbre scellée à la chaux, et les deux chevilles s’emboîtent de chaque côté dans le tenon déjà scellé pour le maintenir en place. »
Sont encore rapportés, mais plus rarement, la calotte du crâne, toute la partie supérieure de latète, le bas des jambes et les pieds. Plus fréquemment on trouve rajustée l'extrémité flottante des pans de l'himalion, non collés contre la jambe pour plus de légèreté. « Là oii l’étoffe va se détacher de la jambe, le pan est tranché net et poli avec soin. Le morceau rajouté, muni d’un tenon carré, s’appliquait dans une mortaise creusée dans la jambe et scellée avec de la chaux. Des coulées de plomb complétaient l'ajustage ». En un cas 1 on ne trouve ni mortaise ni tenon, mais seulement un trou foré pour la cheville de plomb. Les bou-
0239. — Sial ne peinte de l’Acropole d’ALlièncs.
clés de cheveux sont souvent rapportées lorsqu’elles vien¬
nent tomber sur les épaules ; elles étaient alors fixées sur la poitrine au moyen de tenons s’enfonçant dans des mortaises et n’adhéraient à la statue que sur une longueur de quelques centimètres. Sur une statue 2 l'artiste a ajusté entre l’oreille et l'épaule des boucles qui, fixées par un tenon au-dessous de l’oreille et sur la poitrine, joignaient la chevelure à l’extrémité des boucles sculptées à même sur la poitrine.
Ce procédé du rapportage n’est spécial ni aux Atliques 3 ni à l’époque archaïque : il apparaît durant toute la période classique \ Dans les sculptures d’Égine 5 il n'y a guère de rajustées que les parties saillantes, mais les statues du Parthénon sont composées
1 Statue G82 ; Léchât, Au musée, p. 230; cf. pour la description d’un proeédé analogue (ajustage au moyen de crampons de bronze et de coulées de plomb) ; Benndorf, l)ie Mc top en von Selinunt , p. i2; Furtwacnglcr, Coll. Sabouroff, notice de la pl. i. — 2 Statue 082 ; Léchât, Au musée , p. 23 4. — 3 On le retrouve sur une statue de Délos, Cavvadias, Cotai n° 22; Paris, Du/l. de corr. hcll. 1889, p. 217, pl. vu. Cf. Léchât, Au musée, p. 227, n. 2; Deonna, A pollons archaïques, p. 44. — • Al. Léchai remarque justement, Au musée , p. 240, n. 1, «pic la grande statuaire chrysélcphanlinc, qui ne pouvait procéder que par compartiments et pièces de rapport, a dû inlluer, à ce point de vue, sur la statuaire en marbre.
— *» Furtwangler, Die Aeginelea, p. 46; Aegina, p. 290. — 6 Ravaisson, La Vénus de Milo , p. 6. — 7 Colligiion, Decueil de métn. puhl. par la Soc. des Antiq. p. 85.
— x Couve, Dali, de corr. hell. 1895, p. 480, fig. 11. — 9 Heuzcy, Monuments grecs, l. I. 1873, p. 9; S. Reinach, Dull. corr. hell. 1882, p. 467, pl. î, et 1883, p. 371, n. I, p. 465 (rajuslage à l’aide d’un crampon), p. 466 ; Dec. de tètes antiques, p. 160-161, pl. cc ; et lier. arch. 1894, t. Il, p. 282, pl. xvii-xviu ; Treu, Arrh. Jahrb. 1895, p. 2 et 4; Loi lier, Dull. corr. hell. 1896, p. 453 ; Couve, Dull. corr. hell. 1895, p. 4>0, 482, 484; cl Dev. arch. 1897, l. II. p. 25 ; Héron «le Villefosse,
SCU
de plusieurs pièces. La Vénus de Milo est formée de deux blocs principaux réunis autrefois par deux f0l.|s tenons 6 ; les surfaces des deux blocs ont été taillées i la gradine et au ciseau ; les parties centrales à la gradin» et un peu en creux relativement aux bords ; les bords plus finement et au ciseau afin que les surfaces s’appliquassent juste. Il y a des traces certaines de rapiéças» dans la draperie de la Victoire de Samothrace h Les exemples de rapportage sont surtout fréquents au ve siècle et à l’époque hellénistique, pour la tète ou des parties de la tète, en particulier pour la calotte du crâne. Lorsque le raccord ne se fait pas exactement les vides sont comblés avec du ciment 8. Souvent les morceaux rajustés ne sont pas fixés avec une cheville, mais simplement collés ,J.
Les artistes grecs tenaient si peu à dissimuler ce rapiéçage qu’ils ne craignaient pas de sculpter les divers morceaux dans des matières différentes. On connaît les àxpoX;0&t [acrolituus] que les sculpteurs ne cessèrent jamais de fabriquer, témoin au iv° siècle l’Apollon de Daphné de Bryaxis 10 et, plus tard, les acrolithes de Damophon de Messène ". Un procédé fréquent était de tailler la tète dans une pierre de qualité supérieure et le reste du corps dans une matière plus commune. Dans les métopes de l'Héraion de Sélinonte 12 la tète, les mains et les pieds des figures féminines sont en marbre blanc, le reste du corps en calcaire. Le plus souvent la qualité seule du marbre diffère, la partie supérieure de la statue étant d’un grain plus fin, par exemple dans la Vénus de Milo13 ou la Déméter du Cnide u. La sculpture gréco-égyptienne de l’époque ptolémaïq.ue a rapporté des chevelures de plâtre peint sur des tètes en calcaire ou en marbre 16.
Une fois achevés la taille et l’assemblage de la statue, il reste au sculpteur à ajouter un certain nombre d’accessoires de matière différente. Les yeux 16 sont le plus souvent peints, mais quelquefois, par un procédé ein-
Fig. 0240. — Yeux avec prunelle Fig. 0241. — Yeux avec globe eiilirr
rapportée*. rapporté.
statuaire égyptienne 1T, ils sont figurés par une maliére étrangère (fig. 6240 et 6241) [ocularius, fig- 5375] : ain^i
Monum. Piot , t. I, p. 71 et n. I ; Furtwangler, Meisteriver/ce der gricch- / p. 482, n. 1,647, n. 2 ; Collignou, Mon. Piot, t. X, p. 14 (tenon tic marbre), 1 ^ de mém. pub. par la Soc. des Ant. p. 81, pl. iv; (1. Perrot, Mou. Piot . 1 p. 117, pl. x; Mayence et Leroux, Dull, cor. hell. 1907, p. 390. Tclcs s ^
un buste Iravaillé à part : Collignou, Mélanges Perrot , p. 53, pl. ». et h" ^ 1903, t. I, p. I, pl. na; Miller von Garlrin'cn, T liera, l. I, p. 227 et 22* nicrs.de l'époque des Anlonins). — ,n Egger, Dev. des ét. gr. 1889, p. H»i . 1 1 //ist. de là sculpl. gr. I. Il, p . 308; S. Reinach, Dev. arch. 1902, t. IL|’ lung, Dev. arch. 1903, t. Il, p. 187. — U Colligtron, O. c. I. IL P- 626; I'11 1 nual ofthebrit.se/iool , 1906-7, p. 400. — 12 Benndorf, O. c. p. ( ^
La Vénus de Milo , p. 67. — «4 Collignon, O. c. t. Il, p. 362. — >5 Von Bissing, ^ Anzeiger, 1901, p. 20 -,n° 23, lig. 8 ; Kubensolm, Arch. Ans. 1902, p. ' lung, Dev. arch. 1903, l. Il, p. 182, n. 2. — IC Cf. sur la reproduction de* V Conze, lie ber Darstellung des tnensch. Aug. in der ant. S/culj , | || Dcrl. Akad.der Wiss. 1892, t. I, p. 47 ; S. Reinach, G as. des B. -Arts, l 1 p. 453; Deonna, O. c. p. 98 ;cf. Polticr, Calai, des vases du Louvre , •• 1 ^ 5,
— 17 Cf. Perrot' et Chipiez, t. I, p. 647, 648 ; Frœhncr, Musées de Franc ■ I
SCIÎ
SC U
]rS yi'iix il" Moschopliore 1 onl été préparés pour une incrustation ; sur la statue de l’Acropole 1182 2 les parties rajoutées ont disparu, mais, à l’angle des paupières, on •cni'irci ucî u n petit trou où s’enfoncait une cheville desti- , , .y maintenir une pièce de rapport ; dans la statue ,1 \nlonor le globe des yeux, serti entre deux feuilles de liDin/.e dentelées pour imiter les cils, est formé d’une pâle vitreuse colorée. Ailleurs, des marbres de diverses coul|i(irs» ou des pierres précieuses 4 enchâssés dans l’orbite figurent les yeux. Les cils sont souvent représentés par de petites lames de bronze. Les boucles de cheveux sont parfois aussi en bronze (ou en cuivre rouge) 5 ou en plomb
légalement en bronze, surtout en bronze doré, sont certains objets de parure ou d’armement. Les colliers des corès de l’Acropole 1 qui sont quelquefois taillés dans le marbre, mais le plus souvent peints, sont dans
de rares cas rapportés en bronze ; leur présence primitive se reconnaît aux trous de scellement. Les pendants d’oreilles qui sont, eux aussi, le plus souvent en marbre et peints de vives couleurs (tig. 0242), sont parfois en bronze 8. Dans la grande figure d’Athéna de la Gigantomachie ainsi que dans la Nike archaïque de Délos (tig. 6231) le pendant d’oreille est fait d’une rondelle de marbre percée au milieu d’un trou qui fixait une rondelle supplémentaire. Les sléphanès de marbre a, par exemple celle de la statue d’Anténor, portent parfois, régulièrement espacés, des trous d’où sortaient de longs et fins boutons de lotus en bronze; ailleurs, des fleurons d’or sont insérés sur la tranche; dans un cas 111 la couronne elle-même était en bronze doré. Enfin, pendant toute la durée de la sculpture grecque, les accessoires tels que armes", rênes de chevaux, sceptres ", même cuirasses 13,ont dû très souvent être en bronze probablement doré.
1 I.eclial, A u musée, p. 107, n. 1. Cf. Collier, Huit. corr. hell. 1890, p. 45:
- I.eclial, Au musée, p. 242 cl fig. 22, p. 203 ; Studniczka, Arch. Jalirb. 188’ p. I . . .1 l'Ale (]e Dionysos <Jc la collection Jacobsen : Armll, Glyptolh. Nt l in y. pl. xi ; Joubin, La sculpt. grecque cuire 1rs guerres médiques et l'êpogu
/ rrirles, p. |ii7 ; d. Carapanos, Dodo ne, p. 113, 218, pl. i.x, n" 0. — 4 LApollo 4 "■Tlll,l\ >lo Bryaxis (Bibl. p. 1141 n. 10) ; cf. liculé, Journal des Savants, 1801 L ’ ll I.eclial, An musée, p. 23G, n. 2 ; Dconna, A potions archaïques, p. 1!
l'iirlwhnglor, Die Aeginelen, p. 40 ; Aeyiim, p. 299. — 7 I.eclial, Au musé , P -I- i I errot et Chipiez, 1. VIII, p. 001. — 8 Cf. cil dehors des corès une lôte c ,‘,|'IS' Cavviidias, Calai, n» 23; Bull. corr. hell. 1879, pl. vm, I; poi ! " 1 1 L0 gréco-romaine, Collignon, Ber. arch. 1903, t. I, p. 2, pl. n a. — 9 |,i ' 11 ui usée. p. 209, — 10 Slalue 079 ; Léchai, Au musée, lig. 31, p, 32;
- 11 I mlwanglcr, Die Aeginelen, p . 47; Aegiuu , p. 297 ; Bull. corr. hell. 189:
' 1 l"':’or (lc Cnidc); Conzc, Attische Grahreliefs, n° 1151, pl. ccm.v; 115!
P • '"v|" , Trou, Arch. Jahrb. 1895, p. 31 (Oljmpic). — « Michaclis, Der Pai
^ - - > Newton, Guide lo the Mansoleum Boom, p. S ; Smith, Calai, i
~ "I t' Mus. 1. U, p, go. — Laloux el Monceaux, Bestaur. d'Olympi < ,li ,l I1- ' 4; Uolhgnon, Hist. de lasc.gr. t. I, p. 437, pi. vii-vm (où l’o
(,||i 1 1,IS lj*on les trous ou s'enfoncaient les chevilles d'allache). — IV L;
" tnus*L‘* P- 107. — lu Purtwhnglcr, Mcisterwerke, p. 529 ; Ausgrab. ve „||()|| 1 ^ ^ ' 4 ’ I1" '• l® "L par ex. la hase d'OIympic en forme d'osselet, Coll P 3PI- ,,L I" SC‘ fJr‘ 1 b 1)- l'I1"- — " Cellignon, Ibid. t. I, p. 135. et n. ilunun Ull)"ii"Slei'' hJeisterwerlee, p. 35 ; Léchât, Sculpt. ait. p. 329, Perrot ri n — 0<’ P' 14' — 18 Hoinolle, Fouilles de Delphes, t. II, pl. xn lliithr ^ ^ b l'.r. IS5, p. 395 (rapprocher la coupe Wiener \ orlgg
h, Vase’. SN|I; pl’ v,"> tig- 6, et Perrot et Chipiez, t. VIII, lig. 180, p. 397 ; cf. encoi uiach, Bev. des ét. gr. 1907, p. 409, les amphores panathénaïiiues, et
A ce moment de l’exécution, le sculpteur fixe sur une base la plinthe généralement ménagée à la partie inférieure <le la statue (fig. (i227). La base est fréquemment taillée dans une matière plus commune, ainsi la base du Moschopliore est en calcaire, alors que l’umvre est en marbre14; quelquefois, les blocs qui la composent nesontpas de même nature: l’Hermès de Praxitèle a une base dontla partie inférieure est en calcaire bleu noir, la partie supérieureen calcaire blanc1 1 La base peut affecter des formes très diverses 10 ; le plus souvent, c’est un simple reclangle ou un tambour circulaire sur lequel la statue est soit fixée avec des tenons, soit simplement posée ; parfois, en particulier pour les ex-voto, tels que les corès de l'Acropole11 ou le Sphinx des Naxiens,à Delphes 18, c’est un pilier carré ou une colonne dont la polychromie s’accorde avec celle de la statue 18 ; la Victoire de PaioniosdeMendé, à 01ympie,se dressait sur une haute base triangulaire20. — La base était elle-même souvent ornée de sculptures en relief; la base d’Ipikartidès trouvée à Délos 21 témoigne de l’ancienneté de cet usage; celles du Taureau Farnèse 22 ou du Nil 2\ de sa durée jusqu’à l'époque hellénistique. Ces sculptures figurent parfois des objets rappelant la profession du personnage représenté : c’est ainsi qu’on trouve des instruments de chirurgie sur la base d’une statue probablement dédiée à un chirurgien 24.
Mais la base servait surtout à recevoir l’inscription faisant connaître l’auteur de la statue ou les motifs de son érection (fig. 3958, 4082) 3S, inscription parfois assez longue, en certains cas rédigée en vers 2G. La signature prenait généralement place 27 (fig. 2528) sur la face antérieure de la base, mais on la trouve aussi sur le côté, sur la surface horizontale (à Olvmpie avant le iv° siècle), entre les cannelures de la colonne servant de support (usage archaïque), sur la plinthe (usage tardif), ou même sur des parties de la statue 2S.
Quant aux statues de fronton 20, elles étaient souvent fixées au tympan par derrière 30 ; en tout cas, la plinthe à laquelle elles étaient généralement adhérentes 31 était adaptée à la corniche par des chevilles de plomb et des crampons de bronze 32. Les grandes compositions, frises ou frontons, ne sont généralement pas signées;
— 19 Léchât, Au musée , p. 257. — 20 Collignon, Hist. de la sc. gr. t. I. p. 456, (ig. 239. — 21 Ibid. t. I, fig. 65, p. 131. — 22 Ibid. t. II, fig. 277, p. 534. — 23 Ibid. t. II, fig. 287, p. 563 ; Helbig, Guide dans les musées d'arch. class. de Home , n° 47, t. I, p. 28 (Irad. Toulain) ; Amehing, Die S/culpt. des Vatican. Muséums , n» 109, t. I, pl. xviii. — 2V Anagnostakis, Bull. corr. hell. 1877, p. 212, pl. ix cf. Girard, L' Asclépieion d'Athènes, p. 17. — 2b Statues d’Evénor, d'Eulhxlikos, d’Anlénor, etc. — 2f> Lôwy, Jnschr. gr. Bildh. p. XII, comptait 18 inscriptions métriques contre 387 en prose ; cf. par ex. la base d’Arkliermos : Lôwy, Jnschr. gr. Bildh. n" l ; Collignon, Hist. de la sc. gr. t. I, fig. 68, p. 136 et n. 2 ; inscription gravée sur la hase de l’Eros de Praxitèle (inscription attribuée à Praxitèle lui même) : Athén. XIII, 59, p. 591 A; Overbeck. Ant. Schrift-bucllcn, n° 1255; etc. — 27 Lôwy, Jnschr. gr. Bildh. p. VII; S. Rcinach, Traité d'épigr. gr. p. 440. — 28 Statue de kliarès, IléradcSamos, etc. — 29 Les statues de fronton (cf. Trou, Arch. Jahrb. 1895, p. 19) étaient naturellement terminées dans l'alclicr (cf, sur riçïcurw.friov des sculpteurs: Rel'rasse et I.eclial, Epidaurc, p. 61 ; Laloux et Monceaux, Bestaur. d'Ohjmpie, p. Ht) avant d'étre mises en place. La tecliniquo en est la môme que celles des autres statues sauf que le revers des figures, caché aux regards, est parfois assez grossièrement travaillé ; le sculpteur va même jusqu’à ne pas donner d'épaisseur aux parties de figures recouvertes par d’autres ; l'exemple des chevaux dans les frontons d'OIympic est Irès caractéristique: Laloux et Monceaux, Bestaur. d'Ohjmpie , p. 76 et 78 ; Collignon, Hist. de la sc. gr. I. I, p. 440, fig. 226 et 227. Sur les corrections aux statues qu'amenait la mise en place dans l’espace triangulaire, cf. Trou, Arch. Jahrb. 1895, p. 20. — 30 Cf. Treu, Arch. Jahrb. 1895, p. 222. — 31 Cf. Treu, Arch. Jahrb. 1895, p. 14; cf. pour des statues de fronton sans plinthes fixées directement sur la corniche les sculptures d’Epidaure: Fnrtwàngler, Sitzungsher-der philos. philolog. und d. histor. Klasse der Àkad. der Wissensch. su München, I9u3, p. 442. — 32 Fnrtwàngler, Die Aeginelen, p. 46; Acgina , p 203, 296.
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on relève pourtant quelques exceptions : ainsi l’auteur ou un des auteurs de la frise du trésor de Cnideà Delphes a peint sa signature sur le bouclier d'un des géants 1 ; on a également déchiffré quelques signatures d’artistes sur la moulure supérieure de la frise du grand autel de l’ergame 2.
11 ne reste plus ensuite au sculpteur qu’à ajouter sur la tête de certaines statues l’accessoire appelé p.7)viG>coç (fig. 4902) [meniskos] et à passer son œuvre au peintre.
VIII. 1 jA polychromie. — Personne ne songe plusmaintenant à contester que les statues antiques fussent peintes3 [pictura, p. 466J. A défaut des monuments, les textes seuls seraient assez probants ; Pline rapporte 4 un mot de Praxitèle touchant sa collaboration avec le peintre Nicias ; Platon parle 5 de la coloration des yeux ; Plutarque fait allusion 6 aux peintres et doreurs de statues ; Euripide 7 et Y Anthologie palatine 8 mentionnent des bas-reliefs peints. Mais à ceux que les textes, si nombreux et si décisifs fussent-ils, ne réussissaient pas à persuader, des découvertes récentes ont apporté un témoignage irrécusable. Les sculptures archaïques de l’Acropole qui, au moment où elles sont sorties de terre, avaient conservé toute leur vive polychromie, nous permettent d'en étudier le caractère et la disposition.
On peut, sans risque, assurer que les premières statues en bois étaient coloriées; non seulement les Grecs primitifs ont dû, comme tous les peuples enfants, aimer les vives couleurs, mais encore il importait d’assurer, par un enduit extérieur, la conservation d’une matière aussi sensible que le bois aux influences atmosphériques. Des inscriptions de Délos9 nous apprennent, d’ailleurs, qu’au lu” siècle la statue de bois offerte annuellement à Dionysos était peinte.
Nous sommes parfaitement renseignés sur le système de coloration du tuf10. Les couleurs employées dans les grands groupes de l’Acropole sont avant tout le rouge et le bleu; ils ne se pénètrent pas, mais sont étendus par larges plaques nettement séparées. On trouve aussi, mais rarement, le jaune, un brun indéterminé, le noir, le blanc. Il arrive souvent11 que les parties nues des personnages sont rouges, les barbes, cheveux, sourcils, bords des paupières et pupilles, noirs; le globe de l’œil est blanchâtre, jaunâtre ou couleur de la pierre; dans un cas, l'iris est vert12. Le corps du taureau, dansle groupe du taureau et des lions, est bleu, alors que les lions sont
1 Bull, corr.hell. 1895, p. 537. — 2 Frankel, Inschr. von Pergamon, nos 78-85 ; Collignon, fJist. de la sc. gr. t. Il, p. 524. — 3 ftlünnner, O. c. t. III, p. 203; Siltl, Arch. d. Kunst. p. 413 ; Treu, Sollen wir unsere Statuen bemalen ? Collignon, La polychromie dans ta seul / t. grecque, Rev. des Deux-Mondes , 1895, 1. 1 , p. 823 (réimprimé chez Leroux, 1898); Dimier, Bev. arch. 1895, t. I, p. 347 ; IL Girard, La peinture antique , p. 277 ; Perrot et Chipiez, Hist. de l'art , t. VIII, p. 211 ; Cros et Henry, L'encaustique, p. 52 ; Léchai, A oie sur la polychromie des statues grecques , Bev. des Etudes anciennes , 1908, p. 161 ; Dconua, A po lions archaïques , p. 47.
— 4 A rat. hist. XXXV, 133 : hic est Nicias de quodicebat Praxiteles interrogatus quae maxime opéra sua probar et inmarmoribus : quittas Nicias manum admovisset , tantum circumlitioni ejut tribuebat . — “ llép. IV, p. 420 C : <1> iTirep ouv àvj el ÿ)|a«ç ÇvSptâvxa; -jpacovra; icpooVXOuiv xiç fltft X£ywv -ott où xoïç xaAAirroi; xotï Çûou xà vùXKiattt. eâppiava 7rpo<rn#E(iev, oi yàp ôçla^|ioi xâVAio-xov ov ojx <J*7TpEitp è>a'/r,/.ijji|ÀE'voi eTev àV/.â (xÉ/.avi, piETpiwç «v èSoxoü|aev Ttpôç aûxôv àuoXoYEÏffOat XÉyovxEç* w Oau|i.â<ri£, |atj oîou Se”,
outm xuXoùç osOaXjAGÛ; ypâsEiv, ««ute \li jSe ôsOuAjaoù; ç'/tvEoOat, (*r,S au xaAAa (A£pT,v àU" adpEt eî xà lîpoffqxovxa éaàffxoïç àitoSiflovteç xo oAov va Abv i:oiojjaev. — C GloV. Athen. 6, p. 348 F : àyaXiAàxwv lyxavcrxat xat /pjuwx atxat fiaztïq. Cf. Liiwy, O. C. Il0 551 : àyaxjAaxotcciôç èyxauaxq; ; et d’au 1res textes dans Blümmer, O. c. t. III, p. 205, n. 2.
— 7 Frag. 766 (Nauck2) : ■vpairroùç...xûnou;. — 8 VII, 730,2 : ypairxb'...TÛ7ioç.
— 9 Homolle, Bull. coït. hell. 1890, p. 396 et 497. — 10 Léchai, Au musée. , p. 244, et Sculpt. att. p. 79; Collignon, Hist. de la sc. gr. t. I, p. 210 ; FurlwSngler, Aegina , p. 304. — H Fronton de l’Hydre, fronton rouge, fronton occidental de 1 Hécatompedon. — î- Tôle dite Barbe Bleue : Léchât, Au musée ,
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rouges. Le tympan des frontons gardait la teinte nahi. relie de la pierre ou revêtait une couleur jaune pe„ différente. La polychromie du tuf était donc 1:1 : t» ,U) polychromie totale , puisque même les nus étaient peints, ce qu’exigeait, d’ailleurs, la mauvaise «lualiié de la matière dont les trous et les fissures avaient besoin d’être dissimulés11; 2" une polychromie conventionnelle , puisque le rouge et le bleu étaient les couleurs essentielles, ce qui s’explique par la nécessité d’accorder les teintes des statues avec celles de l’architecture environnante.
En passant au marbre15, l'artiste grec modifia son système de polychromie. Le marbre est une matière assez belle pour ne pas être cachée sous une couverte; on peut aussi supposer que le goût public, s’affinant, devenait plus sensible à la beauté des formes et à l'harmonie des teintes qu’à la vivacité des couleurs. Dans la coloration des frises il se produit un phénomène analogue à la substitution des figures rouges aux figures noires dans la peinture de vases 16 ; les « valeurs soutenues » sont réservées au fond qui, dans le trésor des Cnidiens, est bleu11; les chairs sont sans couleur, seuls les armes et les vêlements sont légèrement coloriés. Sur les statues archaïques de l’Acropole un cinquième seulement de la surface est peint18; on ne trouve plus de grandes couches uniformes: la couleur se réfugie dans les détails de la tête et sur les bandes brodées des vêtements. Pour la tête, les lèvres sont rouges, les sourcils noirs, les paupières bordées d’un trait noir imitant l’aspectdes cils, l'iris de l’œil, forinéd’un cerclerouge ayant pour centre la pupille noire, est limité extérieurement par un fin Lraitnoir ; les boucles d’oreilles et la Stéphane portent des dessins rouges et plus souvent bleus ; la chevelure est rouge sauf en deux cas, dont l’un douteux, où elle serait jaune d’ocre18. Les couleurs principales sont donc toujours le rouge et le bleu; le jaune et l’or sont exceptionnels ; le noir est limité à l’œil et aux sourcils. Sur le vêtement, la couleur se restreint aux bandes brodées; dans le corps de l’étoffe, il n’y a que de rares et petites taches rouges et bleues, mais les bordures inférieure et supérieure et la wtyjfrç du chiton sonL ornées de méandres, points, rubans, toujours en rouge et en bleu (fig. 6239). Pourqueles couleurs ne risquent pas de s’étendre, le dessin des ornements était gravé au burin avant l’applicaLion de la couleur Ce détail de technique n’est pas particulier aux marbriers
p. 245, et Sculpt. att. p. 81 ; cl'. Ant. Denkm. I, 1889, pl. xxx; Collignon, Uni. de la sc. yr. L. i, pl. u ; Perrot et Chipiez, t. VIII, pl. m. — ,3 Collignon, h' Deux-Mondes , 1895, t. I, p. 828. Cf. nussi à Delphes les métopes en fut du irr-oi «les Sicyoniens : Bull. coït. hell. 1894, p. 188. — *4 M. Purgohl a supposé (’E ® rj n . àç>y. 1885, p. 249; cf. Léchât. Au musée , p. 35, n. t) sans raison. blc-l-il, qu’on appliquait un enduit au-dessous des couleurs; les trous île la 1III|IC devaient être simplement bouchés avec un mastic. — 1& Léchai, Au muse y, l1- et jSculpt. att. p. 316 ; Collignon, //. de la sc. gr. t. I, p. 347 ; l ui t" ' Aegina, p. 304. — 16 Collignon, Bev. des Deux- Mandes, 1895, t. L P ‘ Léchât, Sculpt. ait. p. 323. Sur les rapports avec la peinture de vases, cl 1 son, American Journal of archaeqlogy, 1893, p. 28; Pollior, Calai, des du Louvre, t. 111, P- 631 ; Furtw'nngler, Aegina, p. 341. — 11 Bull, cou- 1894, p. 194; 1895, p. 535; 1896, p. 589; Fouilles de Delphes, L IV, P1xxiii ; Furlwiingler, Aegina p. 306. I)c môme au ive siècle la frise du Mau?"1 Newton, Guide to the Mausolcurn Boom. p. 8 ; Smith. Calai, of sculpt- MusA. Il, p. 97; Collignon, Hist. de lasc.gr. t. Il, p. 332, n. 1; cl- Laloux et lionceaux, Bestaur. d'Olympie , p. 92; Conze, Attische Ci" ^ nu 1, pl. i ; 2, pl n ; 15, pl. ix, 2. — 18 Léchât, Au musée, p. 255 ; cl. È*ul l"'1 ^
Aegina , p. 305. — 19 Statue n° 687; Léchât, Au musée , fig. 12, p ,l’1, *' p. 254 et n. 1. Tôle d’éphôbe, n° 689 : Léchât, lb. fig. 39, p. 375, p Collignon, Hist. de la sculpt. gr. t. I, fig. 184, p. 362 ; Perrot et Chipiez ^ pl. xiv. Pour quelques lôles viriles bleues, cf. Léchât, Au musée, I ^ ^ u. 2. — 2') N04 5 9 4 et 682 de l’Acropole ; cf. Léchât, Au musée , p- -