‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 67 sur 137 · VI · texte numérisé non relu

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retrouve surtout dans la coutume des sculpteurs de n’indiquer leur patronymique que s’ils ont été les élèves de leur père 1 ; deux artistes de l’école de Pasitélès 2 remplacent même le nom de leur père par celui de leur maître, La raison de cet usage est sans doute un sentiment de reconnaissance envers ceux qui les ont guidés au début de leur carrière; c’est probablement aussi un moyen de se recommander au public en rappelant l’ancienneté eL l'excellence de l’atelier auquel on appartient3. Un motif analogue explique l’habitude d’indiquer l’ethnique seulement si l’on travaille à l'étranger 1 ; c’est, en même temps qu’une expression de la lier té patriotique, une façon de se réclamer de villes célèbres par le génie de leurs artistes ou l’habileté de leurs praticiens : témoin, à l’époque impériale, la fréquence particulière des ethniques de sculpteurs d’Athènes et d’Aphrodisias5.

Mais cette sorte d'hommage rendu aux prédécesseurs n’exclut pas un sentiment de fierté personnelle en face de l’œuvre accomplie ; l’artiste ajoute souvent quelques mots à la formule de signature soit pour faire son propre éloge comme dans cette inscription du ve siècle : « Eupliron de Paros qui n’est pas inhabile 6 a exécuté », soit pour exprimer l’admiration qu’il éprouve à l’égard de son ouvrage, ainsi sur la stèle d’Alxénor : « Alxénor le Naxien a fait, mais regardez donc7». L’usage de la signature8 parait surtout fréquent aux époques archaïque et hellénistique ; à l’époque classique les grands artistes semblent avoir souvent négligé de signer leurs œuvres, non que le sentiment de leur valeur personnelle fût moins vif chez eux, mais, d’une part, l’auteur de grandes œuvres exécutées pour la cité pouvait, sans graver son nom sur la base9, compter que le peuple conserverait son souvenir; d’autre part, l’artiste, devenu plus difficile pour luimême et soucieux de sa réputation, tient à ne signer que les œuvres dont il est complètement satisfait et qui lui paraissent dignes de lui ,0.

En résumé, un praticien grec ne semble pas avoir été moins estimé que n’importe quel autre citoyen, et la vie d’un grand sculpteur paraît s’être déroulée au milieu des honneurs et de la considération publique ; parfois, sans doute, ces honneurs avaient leur rançon; Phidias luimême, d’abord le favori du peuple athénien, fut la

I Cr. Hirschfeld, Tituli, p. 30 ; Robert, Ber Bildhauer Volylcles und seine Sippe, Bennes, t. XIX, 1884, p. 300; Lôwy, Jnschr. gr. Bildh. p. XVI; Reinach, Traité d'épigr. qr. p. 436 ; cette règle est pourtant loin d’élre absolue, témoin la statistique de Lôwy, p. XVI; elle est très difficile à vérifier, la plupart des noms indiqués par 1rs patronymiques nous étant inconnus. Cf. pour une comparaison avec les céramistes : Reinach, Traité d'épigr. gr. p. 430; Collier, Catal. des vases du Louvre, t. III, p. 695; avec les coroplastcs de Myrina: Bull. corr. hcll. 1863, p. 226; 1886, p. 478. 2 Lnwv, Jnschr. gr. Bildli. n°‘ 374, 375.- 3 Cf. Vilr. III, préf. 1 : Lpsique artifices... si non pecunia sint cnpiosi seu vetustate officinarum habuerint notitiam... pro indus tria studiorum auctoritates nonpossunt habere. — 4 Cf. Hirschfeld, Tituli , p. 42; Lôwy, Inschr. gr. Bildh. p. XI ; Reinach, O. c. p. 437. C'est ainsi que Praxitèle signe simplement son nom à Athènes, mais indique son ethnique dans une inscription de Thcspies, que ceuxde Képliisodote et de son frère se trouvent sur une pierre de Mégarc, mais non à Athènes ; Lôwy, p. X, cite seulement cinq cas où l’ethnique Atir.vaTo; se lise sur des hases trouvées en Attique Cf. pourtant, à 1 époque hellénistique, h Rhodes, les signatures d’artistes rhodiens; Reinach, O. c. p. 348 et n. 3. Il faut remarquer, dans les signatures de sculpteurs altiques.la rareté du démotique : Lôwy, p. XII, relève 2 exemples au v® s.ècle, 6 aux iv® et ni®, 4 aux n® et i®r, 1 à l’époque impériale ; cf. Reinach, O. c. p. 437. Sur l'archaïsme qui consiste à placer l’ethnique après le verbe, cf. Hirschfeld, Tituli , p. 42; Lôwy, Insch. gr. Bildh. p. XV. — 3 Lôwy, Jnschr. gr. Bildh. p. XL — 3 Lôwy, O. c. n» 40. E;îf«v tE«™.V’oâ» liipwî- Cf., à l’époque hellénistique, l’inscription funéraire

d’Kutychidès : Lôwy, O. c. n"550 : flçahivÉxou; qvflouv XaoÇôoç oun yEfEtwv. ï Lôwy, C). c. n° 7 : ’AA;r,vwy Liiyffu à Nà;,o; àx/.’tfilSuTÔE. — 8 Hirschfeld. J ituli, p. 62 , Reinach, Traité d'épigr. gr. p. 438. — 9 Cf. pourtant la signature de Phidias sur la hase du Zeus d’OIvmpie : Paus. V. 10, 2 : <t>E.8iav Si -kv loyaiipivov -rk elvuu xai fvlYp«i ipâ èvtiv l; gapTupfav ; sur la colonnctte de 1 othéna chrysélephantiue d’Athènes : Plut. Pericl. 13, 9.— i» llucian. Jmag. 4 : vt,v Aqpvuxv, yi «ai

victime d’une injuste accusation cl finit peut-être s;t vj(, dans l’exil". Mais, quelque peu renseignés que n,MIS soyons, d’une façon générale, sur la vie des sculpteurs il est permis de supposer que, le plus souvient, la reconnais sance et l’admiration de la cité les accompagnèrenl jns qu’à la fin, et que le peintre Nicias 12 ne fut pas le Sei|| artiste honoré par Athènes de la sépulture publique sur la route de l’Académie

IX. L’Étrurie et Home. — Sur la condition sociale des sculpteurs en Étrurie, nous ne savons rien 13 ; mais il est probable, d’après la nature des œuvres qui nous restent que l’artiste ne s’y distinguait pas de l’artisan et était traité comme lui.

11 est plus facile de se représenter la condition des sculpteurs à Home à l’époque classique. Jusqu’à la lin du iii0 siècle et au début du nc on peut penser que les auteurs des statues nombreuses u élevées sur le Forum furent de simples praticiens, mais, vers cette époque 1S, les progrès de la conquête romaine en Orient ouvrirent la Ville non seulement aux œuvres helléniques, mais encore aux artistes grecs. C’est à partir de ce moment qu’on peut se demander quelle était la condition des sculpteurs à Home, et quelle opinion l’on avait d’eux.

La condition politique. — Un premier point frappe d’abord : à Rome bien peu d’artistes et en particulier bien peu de sculpteurs18 sont Romains; Brunn1 ne peut guère citer comme noms purement romains que Coponius et Décius. L’art est donc presque entièrement aux mains des étrangers 18 ; et si certains, comme Arcésilas, familier de !.. Lucullus19, ou Pasitélès, fait citoyen romain20, jouirent de quelque considération, les artistes rentraient le plus souvent dans la catégorie méprisée des Graeculi ; c'étaient fréquemment de simples affranchis21, parfois même des esclaves à qui ont faisait apprendre les rudiments de l’art pour les rendre capables de décorer la maison ; lorsqu’on les affranchissait, on stipulait avec soin qu’ils continueraient à servir chez leurs anciens maîtres22. — Conformément à l’habitude générale des ouvriers romains, les sculpteurs étaient sans doute groupés en collèges; nous ne connaissons, il est vrai, aucun collège de sculptores , mais nous rencontrons plusieurs fois mentionnés dans les inscriptions des col-

[lyoàAai xoîvoga i 4>iiSI«5 Il semble i|u'o» ait parfois inlerilil an' “u|-

Leurs de signer leurs œuvres; ils recouraient alors à des subterfuges b'1' T11 ;lui de Batrachos et Sauros ; cf. lJlin. Nat. hist. XXXVI, 42 (cf. I lu! ^ 1 . rac. 12, p. 399 F). — 11 Arisloph. Pax , v. 605 et Scliol. ; (’lu1- O"1, 1 ; Diod. Sic. XII, 39,1 ; cf. Collignon, H. de la se. gr. t. I, p. 55(1. — 1 1115 '

15. 13 ci. Mitchell, History of ane. sculpture, \t. 636; fortins.

■urs italiens, t. I, p. 6 (Irait. Haassoullicr). — " Cf. Dezobry, Jtam- " 'Auguste, t. III, p. 49; Marquardt, Vie privée des Boiuains, I- H- I1

- 15 Tile-Livc, XXV, 40,2, date l'introduction de l’art grec k Rome de O r" ^

yracuse par Marcellus : Inde primum inilium mirandi Graecarum ai ^

centiaeque huic sacra profanaque omnia vulgo spoliandi factum est. 1 tarcell. 21 ; Marquardt, O. c. t. Il, p. 256. - 16 La peinture, en f*-** voir été plus en faveur : Clin. XXXV, 19 23; Friodlümler, Cmhsatvm . ' (mutines t. III, p. 321 (trad. Vogel); Marquardt, O. c. l.ll, p. 264; Cour '■<» ■ ^ elief romain, p. 314, n. 2. - « Gesch. der gr. Künstleri, t. I, p. (

lirschfcld, Tituli, p. 02. — « Brunn, O. c. t. I, p. 425, 43! ; Frie. ^ t mœurs rom. t. lit, p. 321 ; Courbaud, Le bas-relief romain, p- 3h>. ■

ilés par Pline, XXXVI, 38, comme ayant rempli de statues très es ^

; ssimis signis, le palais des Césars sur le Palatin, ont Ions des \ VXV.

culpteur Diogène, qui décora le Panthéon d’ A grippa, est un Athénien :

S — 19 Plin. XXXV, 155 ; Arcesilaum L. Luculli fœmlurrem . ' ^

l rkesilaos, p. 4. - » Plin. XXXVI, 40: Notas hic (Pastteles) ^ ^ taliae ora et civilate Rmr.ana donatus cum his oppidis. — 2 1,1

jus Euander: Brunn, Gesch. der gr. Kunstlerî. t. I, p. 382; M. »ss ^ |!;Cf. ». Cincius Salvius : Brunn, O. c. t. I, p. 425. 22 Hiy ■ XI > ' (|

litchell, Hist. of anc. sculpt. p. 056 ; Friedlander, O. c. • * J

- 23 Cf. Waltzing, Et. histor. sur les corporations professtonne tumains, t. IV, p. 29 et 98.

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|.i(,es c|e marmorarii [marmorarius] et, pratiquement, U ne devait guère y avoir grande différence, à Rome, entre la condition du marbrier et celle du sculpteur.

In fortune. — De même que le prestige attaché au dire de citoyen romain, manquait aux artistes celui que donne la fortune. Que demandait-on, en effet, à un sculpteur? Avant tout les statues dressées pour des motifs politiques soit à Rome, soit en province1; or cette habitude d’élever des statues à un très grand nom Dre de magistrats et de fonctionnaires entraînait la nécessité d’une fabrication plus rapide que soignée2. |jt. goût des empereurs romains pour les grandes constructions triomphales, arcs et colonnes, dans l’exécution desquelles ne pouvait se faire jour la personnalité des nombreux ouvriers employés, aboutissait au même résultat. Quant aux amateurs, lorsqu’ils étaient riches, ils achetaient des œuvres grecques authentiques; lorsqu'ils ne le pouvaient pas, ils se contentaient de répliques; mais, sauf lorsqu'il leur fallait un portrait, ils ne recherchaient guère les œuvres d’une inspiration originale 3. A l’artiste créateur succédèrent donc le praticien et le copiste. La conséquence économique fut que les sculpteurs ne purent se faire rétribuer comme de véritables artistes. Ils avaient, en outre, à lutter contre une très forte concurrence, et le travail servile, en particulier, nuisait beaucoup au travail libre. Si Arcésilas exigea 1000000 de sesterces. pour une statue de la Félicitée! 1 talent pour le modèle d’un cratère en gypse4, ces prix extraordinaires sont dûs à un engouement passager pour l’artiste grec. Mais le prix courant d’une statue semble avoir baissé, surtout si l’on songe aux habitudes de la prodigalité romaine ; de 3000 drachmes sous Alexandre, il tombe sous Hadrien à 500 ou 1000 5; le chiffre de 8000 sesterces indiqué par une inscription du midi de l’Espagne 6 comprend toute une parure de bijoux ; la somme la plus forte relevée par Friedlander est 1(1000 sesterces '. Aussi, certains ne se contentaientils pas d’être sculpteurs, et ajoutaient-ils à ce métier celui, peut-être plus lucratif, de restaurateurs de statues et de courtiers en œuvres d’art : tel ce C. Avanius Ëuunder, Grec d’Athènes, ancien esclave, qui refit une tète pour l’Artémis de Timothéos et vendit des statues

à Cicéron Ainsi ne s’attachaient aux artistes ni le mérite de la beauté réalisée ni celui de la fortune acquise; c’étaient de simples industriels le plus souvent fort modestes, presque toujours des étrangers ou des esclaves récemment affranchis.

L’opinion. — Ces circonstances expliquent la dureté des jugements émis sur eux par les écrivains latins alors même que se fut développé le goût de l’art et de la critique d’art 9. La pensée romaine resta toujours celle qui est exprimée dans les fameux vers de Virgile lü. « On ne me déridera jamais, dit Sénèque11 * * V, à placer au nombre des arts libéraux ni la peinture, ni la statuaire, ni lasculpture, ni tous ces métiers qui se mettent au service du luxe »; et ailleurs 12 : « Tout en adorant les idoles on méprise ceux qui les façonnent ». Celte idée se répand si bien qu'elle modifie la conception grecque chez les Grecs eux-mêmes. Au ivc siècle, lejeune Hippocrate de Platon 13 rougissait de devenir sophiste à l’école de Protagoras, mais acceptait de devenir statuaire à celle de Phidias ou de Polyelète ; Plutarque déclare qu’après avoir contemplé le ZeusOIympien ou la Iléra d’Argos aucun jeune homme bien né ne désirera devenir ni Phidias ni Polyelète, car une œuvre peut être agréable sans que l’ouvrier soit digne d’estime14. Ce préjugé contre l’artiste s’exprime mieux encore dans le Songe de Lucien : « Suppose même que tu sois Phidias ou Polyelète et que tu fasses de nombreux chefs-d’œuvre, dit l’Éducation libérale (IlatSsta) au jeune homme, tous admireront ton art, mais personne de sensé ne souhaitera te ressembler ; car tu seras toujoursconsidéré comme un artisan et un ouvrier manuel, et l’on dira que tu gagnes la vie avec tes mains15. » Quelques lignes plus haut, il est vrai, la Sculpture ( 'Epp.oy/,u<pix7] ré/v-q) a déclaré que Phidias, Polyelète, Myron, sont adorés comme, des dieux lü, et Galien11, à la même époque, partageait les arts et les métiersen deuxelasses: d’unepart ceuxqui fatiguent le corps et qu’on appelle manuels ; de l’autre les professions augustes et intellectuelles: médecine, rhétorique, musique, géométrie, auxquelles il ajoute la peinture et la sculpture qui occupent les mains sans demander un grand emploi de la force physique. Chez certains esprits, les idées romaines n’avaient donc pas complètement éliminé l’ancienne conception grecque; il n’en est pas moins vrai

11 i.ourbaud, O. c. p. 38 et n. 4, p. 64. — 2 D'autant plus quêta plupart des sU

ni'», a part celles destinées aux pays grecs, semblent avoir été fabriquées à Rome

I (‘ i , O. c. I. III, p. 286. pa nécessité de faire vite dut probablement donne " 1 < Ile division du travail dont témoigne la mention de fabri ocidnrii : CLI v

V ' " 3 Vl -’ UtOj), ouvriers chargés uniquement de la fabrication et de I mise tli-s yeux aux statues. Cf. Marquardl, Vie privée, l. Il, p. 346; Fricdliinder, O. i

•III 4 p'*' 3 a' Fl'iedlRndcr. °. c- (• (II. I'- 290; Courbaud, O. c. p. 4’

’ l lln' XXXV> *56 : eidem (Arcesilao) a Lucullo HS. X signum Fel <j<ntum... Octavio cquiti Jtomano cratera facere volenli exempta factum talento. — ü L'io Clirysost. AU Hkodian. XXXI, t. I, p. 3i: J""'1 Cf. Friedlander, O. c. t. III, p. 308, 313. — s Cil, n, 2000. — 7 lb et - î|W 5C 1 Al^ 1500 O't'amugas). — 8 Cic. Ad fam. VII, 23 ; XIII, : flei. { r h !ll , et Scbol. ; Clin. Nat. hist. XXXVI, 32 ; cf. Bruun, Gesci

de il '“natter-, t. |, p. 382; Boruecque, De tignis, p. 20; Collignon, Dis 47) \11' "’ P- 6"' — 9 L“'ullus dJ|i'F /.'‘c. 30, 2) et C’sar (Suct. Cac .

Venv» '7" |deS 6tat"eS 1,1 des lablca"x (‘-f. H or. Sut. II, 3, «I; Ep. Il, 2, 180

lue cou»''l i° ° ^iciTÜI1 ‘'àgrelte que ses concitoyens ne cherchent pas dans l’a

Insi xj , . j Q'nt’ 1 Ancien donne une place importante aux artistes ; (Juiutilioi

leuiif. /. , n'."''’ rFsun,c rapidement l liisloirede la sculpture grecque ; l’line Betiius /' ’ °’ aV0Ue’ avec rfSpel seiuble-l-il, n’élre pas connaisseur. C

//,,,, L , * SCU pt' ilal- *■ t P- l!l; Bornecque, De signis, p. 17 et lu; Colligno Weber Uen r 9r- L P’ 1,11 ' F,’i°d(ander, O. c. t. III, p. 327; Ucrmani Bî:i. H dl"[ R6mer- — 1,1 Aen. VI, 847; cf. Hor. De arle ,,oe

artium pictor 'l S8, ls : iXün Lnnn adducor, ut in numerum liberaliu

■sferos "rtS ,eciPiam I non mugis quant statuarios aut marmorarios ai Cic. Tusc. cf- Vellcius l'aterculus, I, 13; Val. Max. VIII, 14, f

’ .C. bezobry, Home au siècle d'Auguste, t. III, p. 56 ; Friedlnndc

O, c. t. III, p. 319; Marquurdl, Vie privée, t. Il, p. 255. — Dans Lacluiiec, Inst, dtiv. H. 2, 1 4 ; cf. Scn. Ep. ad Luc. 115, 8. — *3 Prolag. p. 311 C-312 A. — 1» Pe~ rict. 2,1 : K at oùde’tç eùiuijç veo? fj xôv èv Ilhn) 0Eaad|AEvo; Aîa yeveg Oat «l'Etâta; tixtO j jar/ tev rj tïjv 'lloav xr,v ev Açytt rioXûx'AEtxoç, oj8 Avax^Éoiv r, '1,,/Artxà; r, ’Apytî.oyoç r(<rOcl; aiitîov xotç Tïotïi[Aa(riv. Uj yàp àvayxaTov, e* x/oiîei xô E&yov û>; yâç iev, àçtov ernouS^; Eivat

xhv Et^yafTiAE'vov. — 9 : El Sè xai ‘freiSta; r; IIo'aûxXeixo; yEviio xat Gau|xa<Txâ noXXà

È^Eçyâoaio, t/jv (aèv x£/vifjv &7iavxEÇ ÈitatvÉ(70vTcct, oùx t<j~i Sè oaxiç X'<»v iSôvxwv, tl voüv i/oip E'jÇaix dv ojAoici; <jo t YEvÉaûai. Uioç yàp dv pâvauao; xat -/EÎçù»va$ xat àrto/Etpo“ wxo; vojAtaOqiTTi. — 8 : Tlboaxuvojvxat yoCfv ojxot jAExà xù>v Oe«T,v. — Pl'Otrcpt . 1-1,39 ; cf.

I *li iloslr. Apollon. Tyan. VIII, 7, p. 155. — Biulioguapihf;. Nous rappelons seulement ici les ouvrages principaux : A. Technique de la sculplure : Bliimmer, Tcc/inoloyie und Terminologie der Gewet'be : und Künste bei Gricchen und Ilômer n, t. II, p. 104-296, 334-347, t. III, p. 187-226; Silll, Archéologie der Kunst, t. VI du Handbuck der Jdassischen Altertums- Wissenscbaft, d’iwan Muller, p. 39i-403; E. Gardner, The processes of yreek sculpture , as shown by sonie unfinished statues in Atliens , Journal of Ivdlenic étudiés, 1890, p. 129-142, et Handboolc of yreek sculpture , p. 15; Léchai, Au musée de V Acropole d' Athènes, Annales de l'Université de Lyon , Nou\el!e série: II, Droit, Lettres , fascicule 10, p. 5-25, 227 264; Collignon, La polychromie dans la sculpture grecque, /tevue des Deux- Mondes, 1895, t. |, p. 823-848, et Leroux, 1898; Perrot et Chipiez, Histoire de l'art dans l’antiquité , t. VIII, p. 141-236. — B. Condition sociale des sculpteurs: Bruun, Geschichte der griechischen hünstler , 2° éd., 1889 ; Bazin, De ta condition des artistes dans l' antiquité grecque, 1866 ; Bliimner, Lebens-und Bildungsyany emes griechischen Kunst 1er s, Oeffenlluclie Voit ni gu g e hait en in der Sclureiz , l. IX, cahier 8; Friedlander, Civilisation et mœurs romaines , trad. Vogel, t. III, p. 282, 313, 318.

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que les paroles de l’Éducation libérale concordent trop bien avec le jugement de Plutarque et des écrivains latins pour ne pas exprimer une opinion courante alors en Grèce et, à plus forte raison, en Italie. Charles Dugas.

SCURRA. 1. L’étymologie du mot est incertaine1. C’est chez Plaute que nous apparaît sa signification la plus ancienne. 11 y désigne, d’une façon générale, les beaux messieurs de la ville, les citadins. En un endroit le poète qualifie ainsi un citadin, habitué à ses aises et à la mollesse, par opposition à un homo militarisé', ailleurs, un homme de manières élégantes et distinguées, par opposition à un paysan mal appris3 ; ailleurs encore, un oisif qui est au courant de toutes les nouvelles et de tous les bruits de la ville, un « nouvelliste » Mais ce sens s’était déjà, semble-t-il, complètement éteint dès le temps de Cicéron. Par une dérivation toute naturelle, ce terme désigne, à cette époque, un homme d’esprit (urbanus ), un facétieux ou même un bouffon5. C’est en ce sens que Cicéron, traduisant un mot de Zenon, appelle Socrate scurra atticus , par allusion sans doute à l'ironie perpétuelle dont usait ce philosophe6. Puis, comme c’était l’habitude des grands dans la Rome de la décadence, d’avoir à leur table un bouffon, chargé de divertir les convives, le mot scurra finit par désigner un bouffon de métier, un parasite 7. C’est ainsi également qu’en grec y£X(OT07t&tôç est synonyme de TtapâcnTGç [parasitus]. Mais, l’esprit n’étant pas à la portée de tous, les parasites y suppléaient souvent par la flatterie; d'où le sens nouveau de flatteur, flagorneur. Horace nous montre un de ces scurrae, qui, relégué au bas bout de la table, paie son écot, en relevant les paroles les plus insignifiantes du maître pour les faire admirer8. Enfin, d’autres scurrae remplaçaient l’esprit par des grimaces et des tours de charlatan9. Scurra devint un synonyme de mimus.

II. Dans les derniers temps de l’Empire, nous trouvons le mot scurra avec une toute autre signification: il désigne les gardes du corps de l’Empereur, les soldats de la garde10. O. Navarre.

SCUTALE. Lanière ( habena , xtoXa). — Courroie de la fronde, ou, plus particulièrement, l’en droit où elle s’élargit pour former la poche où est déposé le projectile [funua] 1 .

SCURIIA. 1 Verrais R accu s (l’es lus, s. v. scurrae, p. 294, éd. Müller) faisait venir scurra du verbe sequi, « quod et tenuioris fortunae hommes , et ceteri alioqui , qui honoris gratia perseq uerent ur quempiam , non antecedere sed sequi sunt soliti. » Meme étymologie chez Isid. Orig. 10. 253. D’après Kibbek, Agroi/cos, p. 65, ce mot latin viendrait du dorien trxûÔoa. — 2 Epid. I, 1 , 13. — 3 Mostell. I, 1, 14. — 4 Trin. 1, 2, 165 ; Truc. 2, 6, 10. Cf. Poen. 2, 3, 35; 5, 5, 2, Cure. 3, 2, 17. — 5 Cic. Verr. 2, 3, 62; llor. Sat. 1, 5, 52 ; Plin. Ep. 9, 17, I.

— 6 De mit. deor. 34 ; Lac tant. 3, 19. — 7 Hor. Sat. », 8, Il ; Ep 1, 15, 27 ; 1, 18, 24; Cic. Quint. 3, il. — 3 Ep. I, 18, 10 sq. — 3 Juv. 13. 110; Capitol. Ver. 8 s. f. Pour plus de détail, voy. paras, tes. — 10 Lamprid. Alex. Se v. 61, 62, Elog. 33; cf. 16. Muralori, Thés, voter, inscr. 843, 2. La filiation entre ce sens cl les précédents reste obscure. Saumaise, ad Lamprid. L. I. pensait que ces soldats avaient été ainsi appelés « quod non magis ab latere domini discederent quant scurrae et parasiti ab iis quorum mensas sectabantur ». — Bibliographie. Forcellini, Lcxic. s. v. ; Ducange, Glossar. s. v. ; Otto Bibeck, Agroi/cos , eine ethologische Studie , Abkhandl. d. philol. hist. Cl. d. Sachs. Gcsbellsch. d. Wissench. X, p. 55, 66.

SCUTALE. 1 Tit. Liv. XXXVIII, 29. Voir J. Lips. Puliorc. IV, 3; Saumaise ad Pèse. Nig. 10.

SCUT A H1US. 1 Plaut. Epid. I, 1, 35. — 2 Corp. insc.lat. III, 14188. — 3 C’était évidemment la qualification donnée aux hommes des cohortes dites scutata.

— 4 Not. Dign. Or. XXXI, 23, 24. - SOr.XXXIX, 12. — Mjr, XL, II, 13, 16 ; XLII, 15. 7 Or. XLll, 20. — 8 Oc. XXXII, 22. — « Oc. VI, 38 ; VII, 197. — 10 Oc. VII, 201. — il Or. XXXII, 18. - 12 Or. XXX11I. 16. — 13 Or. XXXIV, 20. - H Or. XXXVI, 19. — 15 Or. XXXVII, 14. — 16 Or. V, 38; VI. 38, 39; Vil, 28 ; Oc. VI, 20, 38 ; VII, 195, 20 1 . — 17 0r. XI, 4, 5, 7 ; Oc. IX, 4, 5, 8 ; Corp. ins. lat. V, 43C9 ; A mm. Marcel. X I \ , 10, 8; 11, 11, 24; XX, 2, 5; XXI, 8, 1 ; XXX, 1, 11; XXXI, 8, 9. Mommsen, Hermes , XXIV (1889 , p. 222sq.; Cod. Thcod. XIV, 17, 9.

SCUTHA. 1 Cat. R. rust. 157, 11; Plaut. Pers. I, 3, b; Caecil. ap. Non. p. 1 3 i ,

SCUTA R IUS. — Le mot désigne: 1° un fabricant <1,. scutum'. C’esl le nom que portaient au Ras Empire les ouvriers de tout grade attachés aux fabricac scuturiae ■■ 2° un soldat armé du scutum.

Le mot ne se rencontre guère avant Constantin, dans les textes techniques3; mais ensuite, on trouve de nombreux exemples de scutarii\ ce sont toujours des cavaliers. Les uns sont groupés en cunei et répartis dans les différentes provinces (ThébaïdeS Scythie B, Mésie8 Dacie7, Pannonie8, Afrique9, Bretagne10, Phénicie11 Syrie12, Palestine13, Mésopotamie u, Arabie15); d’autres sont attachés à la personne de l’Empereur et à la gaule impériale soit comme comitalenses *°, soit comme schalares ,7. R. Cagnat.

SCUTICA. — Fouet de cuir [flagellum].

SCUTRA. — Vase à faire cuire des aliments1.

SCUTIJLA, SCUTELLA (SxoutéXXiov). — Nom donné à différents objets dont la forme rhomboïdale rappellerait celle du bouclier romain, scutum, en quadrilatère allongé [clipeus, p. 1254] Il désigne, en particulier, un plat long, un plateau, analogue au catinps, discus, lan.\, mazonomon, etc., dont on se servait pour apporter des mets ou sur lequel on groupait un service de table 2. Certains textes le représentent comme un ustensile léger et de médiocres dimensions 3. Mais à l’époque byzantine, au contraire, les (jxGGTéÀXia apparaissent dans le mobilier des empereurs comme des plateaux magnifiques et richement ornés, sur lesquels on apporte le dessert dans les repas, etoù l’on dispose les cadeaux en argent monnayé

Le même nom s’applique à des carreaux de pavement [pavimentum, p. 3611 ; à des morceaux de marbre ou d’autres matières, découpés en losanges dans une mosaïque [musivum, p. 2094] 5 ; à des ornements de même forme placés sur des vêtements [segmentum] °. E. r.

SC V LL A (SxüXXa). — Éeueildu détroit deMessine’, personnifié par la fable en un monstre féroce. 11 fait pendant à Charybde, autre écueil redoutable, mais qui a I aspect d’un gouffre où la mer s’engloutit avec traças, en absorbant tous les objets et les êtres placés a sa portée, puis les rendant plus tard dans un remous en sens contraire.

Scylla est probablement d’origine sémitique3, G sa

15. Quelques-uns l’assimilent à la chytra ; kiausc, Angeiolog ., 1 ‘

SCUTULA, SCUTELLA. 1 lsidor. Il isp. Etymolog ; XX, 4 : sculella as<utotp<nl diminutionem ; cf. Cledonius, De partib . ovation . , dans les ti ram ni al U . l<" édit. Lulsch, 1605, p. 1896; Conseul. ibid. p. 2027; Cf. Consonn lr. l». 1 hi

Jalm : scutula id est rhombos quod lat er a paria habel nec anyulos reclos. d'autres, le mol scutula ne pourrait pas venir de scutum , la première -) élant brève dans scutula et longue dans scutum ; il serait à rapprochai <|( d’où scutula et scutulataveslis , ornement cil handc longue et étroite; voy. ' uU>’ Dans le même sens et avec la même origine, César emploie le mol scidid'i pout désigner les rouleaux de bois avec lesquels on déplaçait de lourdes chai • -*1 ' civ. III, 40; voy. phalanga. — 2 Cic. Tuscul. III, 19, 46; Ulp. Diyesl .Y' 1 ’()ï B, 10. Cf. Krause, Angeiologie , p. 413, 450; Beckcr-Gôll, Gallus, HL ’’

3 Martial. VIII, 71, 7 ( bessalem scutulam) ; XI, 31, 18 (teves 11

— 4. Constant. Porphyrogen. De cerenion. aul. byzant. Il, 15, ad (p- J

Reiskc). 11 est question aussi (ibid. p. 582, 17) des |Aiv<roûpa ^ (

à P y o p à gEyàXa àvâyXusa, qui ornent la salle à manger. Cf. A. \ 1 1 niv

Trésor de Pètrossa, p. 179 et note 2; Du Gange, Glossar. s. v. scutella . - ^ 1 ^

VU, 1 ; Pal lad. I, 9, 5. — 6 Saumaise ad Vopisc. Aurel. 46. Cl. Juvcn. H>

Thcodos. XV, 7, il. On dit aussi scutulalus de la robe tachetée duu Pal lad. IV, 13.

SCYLLA. 1 Nom. Odyss. XII, 85 t-q. ; cf. 430 et sq. ; cf. Bératd, > s ^

ciens et l'Odyssée , t. Il, p. 349 sq.; Holm, Geschichte Siciliens vu 1 ||0

(1870), t. 1er, p. 53, 54. Les inib'clioiis fondeçs sur la topographie du ' 1 ^

sont plus contrôlables aujourd’hui, le récent cataclysme ayant modd'* lieux. — 2 Hom. Odyss. XII, 101 sq. ; cf. Bérard, p. 357 sq. ; bloH ( ^"jendrail kon der Mythologie de Roscher, art. Charybdis, I, p. 887. — 3 ^cj ^ j apns de « scol », danger de mort, selon Boc hardi, Phaleg et Canaan , p. 1 ''

U. Le w y, dériverait de l’hébreu sakbal ou sakhula signifiant être euh v ^

P h U. 1892, p. 181 (Lewy) et Mythol. JSaclitrdge et Wochenschri/l

SCY

. . . . csi fort confuse. Dans Y Odyssée, Circé con-

Ulysse d’invoquer la mère de Scylla, Cratéis1. Ion d'autres mythographes, ce n’est pas Cratéis qui Winère de Scylla, mais Hécate2, Echidna3ou Lamia4. 0„ donne comme père à Scylla, Phorbas-Phorkys8, Triton6 Typhon’, ou même un mortel, Tyrrhénos8.

°Xo’us trouvons dans Y Odyssée ,J la première descri-

. . sCylla. C’est un monstre épouvantable qui aboie

comme un chien; il est muni de douze pieds et de ouS démesurés portant chacun une tète horrible "yniie de trois rangées de dents. 11 émerge d’une sombre n ver ne. be monstre est anthropophage et dévore six d‘es compagnons d’Ulysse1". Des poètes dramatiques 3n eiies poètes latins 12 reprennent ces traits essentiels, mais on observe chez eux une tendance à donner à Scylla une forme plus humaine. D’après Virgile13, on voyait sortir de l’antre de Scylla le buste d’une belle jeune fille, dont le corps se terminait par une queue de dauphin, et dont la ceinture était garnie de tètes de chien. Lucrèce14 et Juvénal13 prennent Scylla comme 1 exemple des exagérations de la légende et des égarements de la superstition.

11 ne manqua pas non plus d’explications rationalistes. Selon Palaiphatos, Scylla serait simplement un vaisseau ! corsaire tyrrhénien qui infestait les côtes de Sicile10 ; selon Iléraclite 11 et saint Jérôme18, Scylla serait une hétaïre qui dépouillait ses hôtes. On trouve encore l’écho de cette explication chez Isidore d’Espagne 19. Strabon 211 voit dans Scylla et Gharybde des repaires de pirates, I et il explique les aboiements des chiens de Scylla parles hurlements des chiens de mer à la chasse des galéotes dans le détroit de Messine21. D’autres écrivains ne voient

dans Scylla qu’un simple écueil particulièrement dangereux ’2. Scylla joue aussi un rôle dans la légende d’IIéraclès. Elle est châtiée et mise à mort par le héros dorien pour avoir volé quelques pièces de bétail du troupeau des béants23. Son père Phorkys la ressuscite avec des torches24. Les savants modernes voient volontiers dans Scylla lapersonnification d’un écueil ou d’un céphalopode gigantesque 2S.

A l'époque alexandrine 20, la légende de Scylla se fondit avec des légendes voisines d’origine sicilienne, ou italienne, comme le mythe de Glaucus. Le dieu marin [glaucusj27, amoureux dédaigné de Scylla, s’adresse à

1S!)3, p. 18 et lüi-24; O. NVascr, 67 cylla und Chanjbdis un dur Litt. und Kunst der Gri'-clien und Jlômcr , p. 1 sq. Pour Bérard, les Phéniciens et l'Odyssée , t. II, !’■ " I étymologie de Scylla, toujours de môme origine, serait tout autre et dériverait de skoula, de la racine ski = la pierre. Chez Homère, Scylla est nommée " itexpaiYjv. r> Odyss. Xll, v. 231 ; cf. Hcnning, Homers Odyssée Kristicher

Commentar. 1803, p. 3G1. — 1 Odyss. Xll, 124, 5; Hygin. Fab. 188; Koscher, Ltxilc. d. Uythol. 11, p. 1408-0. — 2 lies. frag. (Didot), p. 54, n» 03; Schol. m Apollon. lihod. IV. 828; Koscher, Lexik. d. Alythol. I-’, p. 1899. — 3 llygiu. Fih. 123 cl 151 ; cf. Waser, Skylla und Chanjbdis, p. 25. — 4 Schol. Odyss. Xl1’ 124; Euslath. p. 1714; 34. — 5 Rosclicr, Lexik. d. Mythol. III, p. 2424 ct 2431 ; Scliol. Apollon. Jlliod. IV, 828. — G Schol. in Odyss. Xll, 124.

UjEin. Fab. 425 et 141; cf. Ciris, v. 07. — 8 Apollod. Epist. 7, 20; Rhein. *m- ls'JI’ P- 178. — 9 Odyss. Xll, v. 85 sq. — 1» Odyss. Xll, v. 245-250.

1 -cliylc, Agamem. v. 1240 sq., la Irailo de chienne odieuse et de serpent à Wlos- — 12 Virg. Aeneid. 111, v. 420-433; Ovid. Metam. XIII, v. 729-740 ;

I d»i". kleg. III cl IV, v. 89. - 13 Virg. Aeneid. III, 420 sq. — 14 Lucrct. V, 888,

. '■ <31 sq. ta Jn ven. Sut. XV, 17, 19. — 10 Palaiphatos, a.,! inlew., 21 ; ^ t ' f ! c ■ p. I< ; Miiller-Deeke, Etrusker, I, p. 182. — U Heracleilos, ceçI ., ‘ c- -■ — *8 llierouyinus Euscb. Chron. Il, p. 54 (Schoue). — 19 Aligne, ,8i’ ,3~ - 20 Strab. I, 11, 9. — 21 Strab. I, 15 ; Polyb. XXIV, 2; 12, 3; 9. m "j,1"1' m“- naL tv, 74; Pomp. Mel. Il, 7; Sen. Epist. ad. Lucii. V. 45. 79; Icnk ~ 23 Scho1- T*®l*e* aJ. Lyeophr. Alex. 44 à 49. — 24 Ibid. 4<. Cf. (Issu ’'"scllcr< a,l- Phorkys, p. 2433. — 25 (Corner, Oie homerische Tienoelt. mu., '/j 1 c1' Leuz, Zoologie der allen Gricchcn und Rômer, p. 012 sq ; Heu-

omer s Odyssee, Kritischer Commenta)', p. 361 sq. — 25 Waser, O. c.

SCY

la magicienne Circé, qui, par ses drogues, métamorphosé la jeune fille en un monstre aflreux, mi-femme et mi-poisson. Scylla se venge de Circé en faisant périr six des compagnons d’Ulysse; elle allait faire subir le même sort aux compagnons d’Énée quand elle se vit changée en rocher. Selon une autre version, Scylla aurait été métamorphosée par Arnphitrite, jalouse de l’amour que lui témoignait Neptune48.

Dans une légende mégarienne, ou crétoise, Scyllaest la lille du roi deMégare, Nisus. Éprise du chef des envahisseurs crétois, Minos, la jeune fille trahit son père et sa patrie. Elle est changéeen un oiseau fabuleux, \edris-9.

Représentations figurées. — Les monuments mycéniens connaissent un monstre semblable a Scylla mais les artistes grecs ont surtout emprunté à 1 Odyssee les traits principaux de Scylla, en éliminant ce qu ils contenaient de trop sauvage pour convenir à une création artistique **.

Une pierre gravée du Cabinet des médailles 3', des bas-reliefs de Mélos33, des monnaies de Cumes3" et de Cyzique 35 nous ollrent le type le plus ancien C est un buste de femme vu de profil, vêtu du chilon à longues manches ; elle porte, en outre, à droite cL a gauche, sur ses épaules, une tête de chien. Le corps se termine, à partir de la ceinture, en unequeue de dauphin ou de poisson. Ses mains ont la forme de nageoires. Sur les monnaies d’Àllibanon 30, elle est représentée nue jusqu’à laceinture. Elle a encore sur les épaules les tètes de chien, mais ses mains sont humaines. Les monnaies de Cumes”, d’époque plus récente, nous ollrent une curieuse évolution du type de Scylla (fig. 6244) : sa ceinture est garnie de prolomesde chien.

C’est l image traditionnelle ([Il OH ob- Fig. 0244. — Scylla emblème monétaire.

serve ensuite sur les

vases peints, les bas-reliefs, elc. Sur une monnaie de Lipara38 on voit une Scylla déjà complètement humaine, assise sur un chien de mer.

Scylla décore le casque d’Athéna sur certaines monnaies grecques de l’Italie méridionale. Cette innovation provient de Thurium (tig. 6245)39. On associa à la figure

p. 39. — 27 Hygin. Fab. 198; Ovid. Metam . XIII, v. 898-908; XIV, v. I à 74; Annali, 1843, p. 144 sq ; cf. Lexikon der Myth. de Rosi lier, ai l. Glaukos, p. 1684. — 28 Ovid. Met. XIII, v. 733 ; Tzelz. ad Lyeophr. 648. — 29 l'aus. 1,195; \irg. Ciris ; Servius, Ad. Aeneid. VI, 74; cf. Roscher, Lexikon der Mylli. art. Nisos, t. III, I, p. 426. — 30 Ath. Mitth. 1906, p. 50. — 31 Wascr O. c. p. 78, 79 sq. — 32 Ferrot et Chipiez, Histoire de l’art, III. 444. 33 Schône, Griceh. Reliefs, pl. mr, 134 T. — 34 Read, Hist. num. p. 31 ; Imhoof lilumer et Otto Kellcr, Tier-und Pflanzenbilder auf Milnzen und. Gemmen, pl. xiu. 2 ; Rrit. Mus. Cal. liai. p. 87, n” 27, p. 90,

uo :p;. 35 llcad, O. c. p. 452; Grrmvell, Numism. Chron. (1887), VII, 73, 40,

pl. n, 28. Sur une gemme contemporaine, on voit aussi Svylla vêtue du chilon; cf. Furtwiingler, Antiken Gemmen, pl. un, n" 32. — 35 Imhoof-Blumor cl O. keller, O. c. pl. xui, n° I, s.; Rrit. Mus. Cal. tlaty. p. 73, 74; cf sur dos gemmes, Furlwiingler, Antiken Gemmen, pl. xxxiu, n" 5t ; pl. xvxin, 11“ 44-45. — 37 llead, Hist. Nam. p. 31 ; Rrit. Mus. Cal. ltahj, p.90, u»1 36 à 38. Notre lig. d’apres Duruy, Hist des Romains, 1. p. CL — 38 Seslini, Peser, d'alc. med. gr. del peine ip. Crist. Fed. di Danimarca , p . 21, pl. 1, n" 15. Scylla est aussi représentée sur les tétradrachmcs de Syracuse et d'Agrigcnle, Rrit. Mus. Cal. Sicily, p. 9, n»» 53, 54 ; lnihoqf ISIuinrner et O. Keller, O. c. pl. mu, u» 3 et p. 74; C. K. Hill, Coins of ancimt Sicilg, pl. xui, n° U : Rrit. Mus. Cat. Sicilg, p. 107, n" 152, 153 ; Imhoof lilumer et O. Keller, pl. xui, 11» 3; C. K. Hill. Coin* of ancient Sicily, pl. vu. u« t7. — 39 Voir calea, lig. 3474. Ü. Garucci, Le Monete del Jlalia Antica, pl. 106 ; planche!, pes Monnaies greegues, pl. vu, ni 4; Cab. des médailles. Inc. de Lin/ nés, 11”* 598. 603, 8, 9, 11, 12, 13, 14 et Mon. dcll. lnsl. 111, 52, 2. Cf. un casque aiec garde-joues portant Scylla, Reinacb, Ant. du Üosphor. Cimn.er. pl. xxvm et p. .7.

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I Athéna celle de Scylla, pour rappeler que ce monstre redoutable se plaisait à errer sur le rivage de l’antique Sybaris1. Comme motif décoratif, Scylla apparaît sur des monuments de genre divers, miroirs2, casques3, appliques4, et sur la cuirasse sculptée d'une statue d'Athènes B. Les vases peints d'époque plutôt tardive nous offrent d’assez nombreuses représentations de Scylla seule ou accompagnée d’autres personnages mythologiques, semblable au type des monnaies. Sur un fond de coupe altique à figures rouges6, Scylla apparaît de face, la main droite sur sa tète; son buste se prolonge en une double queue de poisson; de sa main gauche, elle tient une rame. Elle figure aussi sur un vase d’Assléas7 entre un triton et un dragon. Sur un vase apulien8, Scylla élève les deux bras d’un geste violent; de la main droite, elle tient une rame et de la gauche un poulpe; on la voit aussi, sur une autre peinture, entre l’ersée et une Néréide9.

Signalons encore un beau rhyton plastique et un médaillon de terre cuite. Scylla est aussi fréquemment

figurée sur des vases à reliefs Enfin, deuxaskossupportent des statuettes de Scylla12.

On voyait à Rome, dans le temple de la Paix, le tableau d’un peintre grec, Ni comach os, représentant Scylla.

On a voulu, sans raison suffisante, en retrouver l’imitation dans certaines peintures pompéiennes13. Androkydès de Cyzique avait également peint une Scylla u. C’est de

1 Lei.ormanl, Monnaies et Médailles , p. 140, (ig. 43. On retrouve ce type de Scylla représentée sur le casque d'Alliéna, sur les monnaies des villes suiv au tes : Garucci, <>. c. pl. cxcix. Taiiente : llead, Hisl. num. p. 54. Metapoxte : Uni. Mus. Cal. liai. p. 238, s.; Cab- des Médailles, Inv. de Luynes, n» 542. I1ekaci.ee : llead, llist. num. 1 p. 50; Carellino-Cavadenius, Mem. Ital. v et. p. 156, 137. Cab. des Médailles, Inv. de Luynes : n“ 449, 448, 447, 407. Hippon ion ; Bril. Mus. Cal. Jtalxj, p. 358, u» 9. — 2 C. II. St.-Pélersb. 1880, pl. ni, u» 13, p. 85, n. t ; Gerhard Kürle, Jitruslc. Spieg. pl. i.u. — s Antiquités Bosph. Cimm. pl. xxvui. — 4 Gaz. archêol. 1880, p. 48 ; cf. le décor d'un poêlon de bronze, Monamenti anlichi Lincei, XII, 1897, p. 514, fig. j5. — s Ath. Mit/l. 1889, p, 162. — G Ad Furtwaugler, Beschreib. der Vasensamm. im Antiquar. (1885), n" 2894. — 7 Bull arcli. A cap. n. s. III, 3, 14 ; Heydcmann, Neapel Vasensamm. n» 3412; Kayel-CoUignon, Hisl. de la Cêram. gr., p. 31 i; Klein, Meislersijn. 208, 3. — 8 Ile Witle, Cab. Durand , n” 210 ; Cat. of. V ases, II, 76, il» (372 (Newton); Lcnormant cl de Witle, Elite des Alot.. Céramogr, t. III- IV, pl. xxxvi et p. 87 à 89 du texte ; Mon. Inst. IX, 1872, pl. xxxvm. - » Ciov. jaila, Collect. Jatta (1869), u" 1500; Heydemauu, Gratul. Schrift der rom. lnstit. (1879), t. III et IV ; Mon.d. Inst. IX, 1872, pl. xxxvm. — 1» Hernie archéol. 1845, pl xxxvi (Vinci). Cf. une figurine du Briiish Muséum ; Wallcrs, Catalogue of terracotlas of tlie Br. Mus. 0. 201, fig. 69; I-rolmtr, Musées de I- rance, p. 63, 1,0 (g, il Lagxjna npulienne : Furlwàngler, Beschreib. Vasensamm. im Anti¬

quar. (1885). n" 3592 ; Walters, Bril. Mus. cal. Vases, vol. IV p. 266 ; G. 179 ; Bull, del Inst. 1842, 56 ; KurlwSngler, Vasensamm. im Antiquar. u" 3882. De Witle, Cab. Durand , no 1380 ; Ovcrbcck, Gai. Iicroisch. Bildw. I, 793, n° 63; Baumeisler, Denkm. t. III, lig. 1675. Sur un askos de lace, en relief; De Kidder, Cat. Vases peints de la Bibt. Na t. 1. Il, p. 53U, il" 899 ; Milliet-Gir, union, Vases antiques de ta Bibl. Nat. III, pl. cxxiv. — 12 Bal . arch. Neap. III, 38 ; Ann. del Inst. XXIX, 220-32, coll. Avellino ; Bull. 1842, 35; Ann. 1843, 199. a. 3 ; Ibid. 1857 222-24; Frôhuer, Gr. Vasen and Terracollen des groszhers. Sammlung (1860), il" 656. — 13 Cf. Overbéck, Schriftquellen, n» 1771 ; Plin. Dis/. Nat. XXXV, 108; Helbig, Wangdexn. Comp. n" 863. Voir plus loin noire fig. 6247.

Fig. (Ï245. — Scylla ornement de casque.

l’époque hellénistique aussi que datent les fragmpm d’un groupe colossal de Scylla en lutte contre les com pagnons d’Ulysse13. On le rattache communément aux écoles de Pergame ou de Rhodes. Scylla était figurée sous les traits d’une femme nue, aux forim, opulentes, dont le corps se terminait, à partir ,], hanches, en une queue de poisson.

Des feuilles enveloppaient la ceinture d’ou surgissaient trois prolomes de chien engloutissant chacun une proie humaine; une quatrième victime était saisie par la main gauche de Scylla qui brandissait le gouvernail de la main droite. Nous^ n’avons conservé de ce groupe que des

torses16 et des têtes Fig. G247. — Scylla furieuse.

isolées11. Le style

de ces fragments offre de l’analogie avec le Laocoon, la tète du Géant mourant de Naples et le prétendu Sénèque. Des pierres gravées nous présentent lemèmc motif dans son intégrité18; il n’est pas rare dans les bas-reliefs décoratifs (fig. 6246) 19, et une belle fresque de Stabies (fig. 6247) en reproduit probablement l’allure générale, pleine de fougue et d’invention pittoresque ~ . Fig. — 021-8. Scylla sui- monnaie romaine.

Scylla est associée

aux Centaures sur un pied de table de Naples

A Rome, les monnaies de la République (fig. G2 is -

- H Ovcrbcck, <1. c. 11° 1732 ; Allicn. VIII, p. 341 A. — ls Sclliilie, Ardu Zeit. 1866, p. 153 sq. ; Arndl, Einzelaufnahmen , n“‘ 556 et 1080 (telle'.

— 10 Torse de Païenne, in Arch. Zcü. 1870, pl. xxxiv, s. p. 57,8; Hcinadi.

Ripert, de la statuaire,' t. II. vol. I. p. 410 ; Journ. Iicll. stud. XII, p. lis " Arndl, Einzelauf , n° 555. Torse Torlonia , in Abb. Turlonïa , 167, Archncol. Zed. 1870, pl. xxxiv, p. 57,8; Keinacli, llép. p. 411. Torse d'Oxford ; Micliaelis, Aucient Marbles in G. Bril. n° 33; Journ. of hell. Stud. XII, 1891, fig. 4rt ->• 1>- 'Torses du Musée Britannique, De Bargylie : Cat. Brit. Mus. Stat.a0 1542 Anzeiger. 1866, 203 ; Keinacli, Bépert. I. III, p. 123, 1. De Civiln Lavini.i Uni. Mas. Cat. n" 1543 ; Kcinacli, Bépert. t. III, p. 123, n» 5. Une réplique à bonslauliuoplo; Arndl, Einzelauf. n” 555; cf. Nachtrâge zu Série, 111. — 1 *

Chiaramonti (Vatican). Helbig, Führer, I, il- 68, p. 39 ; Arch. Zeit. XXIV, H'1-

t. 208, p 154-9; ibid. 1870, p. 57; Jahrbuch des arch. Inst. X (1895), An .

An z. p. 217. Tète de Païenne : Arndl cl Amelung, Einselaufnalimen, n" ”1'- La Icle de Hanovre, Athen. Mittheil. 1889, p. 163. est considérée par tiraeu'i ( Arndl et Amelung, Einzelaufnahmen, n" 1080) comme faisant partie d un -

do lutteurs. — )s FurtwSngler, Antiken Gemmen, pl. xxxm, n» 344-4 >, 1 d. Inst. 11. pl. in, u” 5; cf. Annali, 1843, 201. - 19 Ingliirami, GM. Orne’ pl. eu; Overbock, fig. 2646, Gai. her. Bildw. 1. 797, n» 79; Winckelmanu > -u“" ined. I, 43, n° 37 ; Mus. Borbon. I, t. 48; Gerhard et Panofka, Neupe ' 1

Bildwerke, p. 68-9 ; Mon. del. Inst. III, pl. lii, il” b (d'où est tirée la ligure n-' j -

Athen. Mitlh. 1889, p. 160-9; Syhel, Cotai. Sculpt. Athenisches Muse""1 '' ' Epherner. Archeol. 1892, p. 241-7. — 20 Notre figure 6247 est tirée de I ^

des Boni, de lliiruy. V. Il, p. 699 ; voy. Helbig, Wandqem Campnn. n” 1 ' ,

Herculanum et Pompéi, IV, p. 147, pl. exxii. — 21 Mon. del. Inst III |'l

22 Notre fig 6248 d’après Babclon, Monnaies de la Bépubl. rom. I1 1 ^

denier de Sextus Pompée; Cohen, Méd. Cous. I. XXXllI,n° 7 ; Momie- Monnaie romaine, IV, XXXII, 14 ; Baumeisler, Denkm. fig. 1 180 ; Ini lioo I - Ul u n’e'

O. Kcller, O. c. pl. xm, n" 5 et p. 75 ;G. F. Hill, O. e. pl. xv, 7. Monnaie d Vd'I’M Babclon, Monnaies de la Bép. Boni. p. 556 ; Sabatier, Descript. general' ' ^ ,

dallions Contorniates, p. 86, pl. xin,n’ 1 ; Imhoof-BliiincretO. Keller, O.c- P

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,1,. l'Empire 1 représentent très souvent Scylla. i.Mp fait partie du répertoire des mosaïstes 2, et elle apparaît aussi sur les médaillons conlorniates 3 (tig. 6249).

Une mosaïque du Vatican montre la lutte de Scylla et des compagnons d’Ulysse V Une autre mosaïque, récemment exhumée à Sila en Algérie, représente Scylla en compagnie des Néréides 5.

Les artistes étrusques ont souvent représenté un monstre féminin ailé qui offre de grandes analogies avec la Scylla grecque. Toutefois, il est probablement le résultat de la fusion d’un démon marin des Étrusques avec notre déesse 6. Ces figures ornent une stèle1, des cistes8, des miroirs 9et des vases peints10. Le type de Scylla aboutit enfin àdes représentations de jeu nés guerriers marins sur le monument de Saint-Rémy 11 .

Pour le mythe de Scylla et Glaucos voy. claucus et flg. .‘{630 1 2 . Quant à la fille de Nisus, elle a une place parmi les grandes amoureuses figurées sur une fresque de la Bibliothèque vatican'e 13. Gaston Uarieb.

SCYPI1US (Sxutp&ç, ffxtiirçoç) ’. — On donne couramment, en archéologie, le nom de skyphos à un vase à boire, en forme de tronc de cône renversé, à hase plate et solidement établie, à large embouchure, muni de deux courtes anses horizontales et attachées près du rebord (fig. ti-250)2. On le distingue ainsi d’autres vases à boire usuels comme le eantharus , le carchesium, le ciborium , la cotylè fig. 1128, 1185, 1460, 2035), caractérisés par un pied mince ou par des anses longues et verticales. Mais, comme nous l'avons fait remarquer bien des fois en étudiant les noms de vases3, les descriptions antiques n’ont pas la même précision, ni la même fixité que nos dénominations modernes, qui restent le plus souvent conventionnelles 0

Dans Homère, Eumée prépare pour son hôte Ulysse un cysxibium rempli de vin que le héros boit pendant le

repas et, quand il s’est rassasié, Eumée lui offre le vase dont il se serf lui-même, son sxûcpo; 5 ; on peut penser

qu’il s’agit d’une simple écuelle de berger. De même, dans le Cyclope d’Euripide G, Ulysse fait boire Polyphème dans un <7xû<poç 7. Aussi quelques archéologues ont assimilé ce skyphos à une écuelle, à un bol rond, le p.a<jToç [mastos, cymbé] 8. Mais, d’autre part, Homère décrit sous le nom de Séiraç àjAœixiJTreXXov un vase à boire célèbre, que Nestor avait rapporté de Pylos 9 et que, plus tard, les auteurs désignent sous le nom de Txdcpo; Nectopeioç, N É'TTQpoç TcoT'/jpiov ou NsiTTOpiç10. De l’étude détaillée que M. Helbig a consacrée à ce vase [dépas, p. 103], il résulte qu’il avaiL la forme de ce que nous appellerions plutôt un canthare ou une cotylè, ayant un pied élevé et de longues anses verticales ". Stésichore dit aussi cxiiirtpetov BÉitot; 12, en parlant du vase à boire d’Hercule, ce qui lie encore le terme sxûcfoç à celui de SÉTtas, applicable à toute sorte de vases à deux anses. Pollux l’assimile au

XOtÔGÇ [CADUS] 13.

Les renseignements plus détaillés que nous devons à Athénée ne sont pas beaucoup plus clairs pour la détermination delà forme14. Ildécritleskyphoscommeun vase à boire le vin, muni d’anses (oùaTÔEtç),- en bois (Soupdieo;) ou en argile (xspâjAEoç), en matière précieuse, argent, or, ou même onyx. Ce vase peut être grand, large (jAaxpcç,

1 Duruy, 11: st. des Grecs, I, p.- 136. — 2 Duruy, f/ist. des Romains , II, p. 699. — 3 Conlorniale d’Hadrien (Corinthe), Rrit. Mus. Cat. Coins, t. p. 86, n° 855 et

I XXI. 17 ; Duruy, Hist. des Grecs , I, p. 136 (d’où est tirée la figure 6249) ; Sabatier,

’ ' ' P- 86. (Monnaies de Néron, Trajan, Alexandre-Hercule, Mon. del Inst. III, pl. r.tu, n° 14 ; Imhoof-Blumer et Otto Keller, O. c. pl. xm, n° 7 et p. 75. Scylla sur monnaie de (Septime-Sévère) (Corinthe) ; (Scylla figure de fontaine: Revue suisse de Numism. texte p. 275 (imltoof-Blumer), tome XIV (1908), pl. x,n° 14. — 4 Helbig, l'ührer , 1. p. i j Pistolesi, Il Vaticano descrilto IV, I; Braun, Ruinen und Musent, p. 258, n. 22 ; Ovcrbcck, Galerie lier. Rildwerke, p. 786, n. 6, p. 798 ; p. 794

II oi, n. 82. b Recueil, de Notices et Mémoires de la soc. arc/téol. de Cons- "uilnte, 1905, t. XXXIX (Gscll), pl. n» 1. — 6 Waser, O. c. p. 90 à 98.

Aotizie dei Sctuii, 1890, p. 140, pl. i. — 8 Gerhard, ffyperbor. rtimische Studien, |, 225. — 9 Gerhard, Etruskische Spiegel , pl. cccui, t. IV, 76; V, P1- "i: .Don. del Inst. VII, 29, s. 1 ; Annali, 1859, 135 f; Bull. 1800, 204.

W, Frnhncr, Cottert. Gréau, pl. n. n" 87 ; Jtlhr/t. des arch. Instit. 1892, P O'-i- Sur 1 ensemble des représentai ions étrusques, v. Waser, O. c. p. 90-98.

I Autile Üenkmfiler , I, pl. xv. — 12 Penna, Viagtjio délia Villa Adriana, IV, [ 1 1 Mon. del Inst. III, pl. lu, G ; Michaclis, Arch. Zeit. 1875, 13 ; Ancient

arbl,‘‘ Gr- Brit. (1882), p. 232, 3, n" 36. — n Raoul-Ilochette, Peint. XXIV *830’ U- "h P- 399; Helbig, Fûhrer, II, 189, no 950 ; Are/i. Zeit.

’ lM,lh P- 198. — Bibliographie : Vinet, Annali dei Instituto , 1843,

! 1 1 Jl’’ ’ ^aumeister, Renkmliler des Iclass. Alterth. art. Scylla, p. 1082, 33 ; ^ lls' f'inwus der Al ergot t . Gôtlingen, 1860; Furtwangler, Goldfund von ' ,,i' 188 G P- -o sq. ; B. Siecke, de Niso et Scylla in ares mutatis , i’ro ■

u/i'a a" ' l l I Otto Waser, Skylla und Charybdis in der Litteratur

^ t ls" 7 Griechen und Rômer (Dissertation de Zurich, 1894): Leuschke, De \V ii V'Ioston in Sdinlu Vergilianis fabnlis (Dissertation de Xlarburg, 1895);

1 1 ’ J'iomodo monstra :

Vergilianis fabulis (Dissertation de Marbur : marina artifices graeci fixerint (Dissertation de Bonn,

1‘IIUs 1 [ »

' Le m°t cst le plus souvent masculin, quelquefois neutre; A thon. ’ c^* ^ei‘ron» édition d'Homère, Odyss. XIV, 112, note de la page 40.

La forme (txûtîço; est employée par les poètes, Hésiode, Anacréon, Stésichore, etc. cf. Alhen. XI, p. 408 B et C. Eschyle dit irxj®ti^a-:a (ibid. p. 409 A). Les Epirotes disaient Xuçtôç et les habitants de Méthymne «rxûOoç (ibid. p. 500 B).

— 2 Lctronne, Œuvres, 3° série, I, p. 445. n° 24 de la p'anche) ; Gerhard, Annali dell Instit. 183G, p. 154, pl. c, n° 25; Dennis, Cities and Cemetries, I, pl. cxvm, fig. 40 ; Birch, Ane. Pottery , édit. 1873, p. 3G5, fig. 145; cf. fig. 116; Bottier, Catalogue des vases du Louvre , pl. ni, n° 24, etc. Noire figure est faile d'après un skyphos du Louvre, G. 156, attribué à la fabrique de Brygos (cf. Boîtier, Catalogue, p. lOOGj. — 3 Voir en particulier notre article hydhià, p. 310.

— 4 Krause, dans la préface de Y Angciologie, p. 8, a essayé de réagir contre le scepticisme critique de Letronne, mais le mémoire de ce dernier (Observations sur les noms des vases grecs, dans le Journal des Savants, 1833, réimprimées dans ses Œuvres choisies, 3° série, t. I, p. 33V) reste, à notre avis, ce qu’on a écrit de plus scientifique sur la matière. — J Odyss. XIV, 78, 109, 112. — 6 Cyclop. 256, 4M, 556. Bolyphèmc possède aussi un arûsoç en bois «le lierre (»i<r<roij), large de trois coudées el profond de quatre (ibid. 390). — lit la statuette d’Ulysse offrant à boire au Cyclope ; Annali dell' Inst. 1863. = Baumeisler, DenkmCder , fig. 1251. Mais sur la coupe cyréuéennedu Cabinet des Médailles (Duruy, Ilist. des firecs, 1, p. 563), le vase que lient Ulysse a plutôt l’aspect d’un canthare. — 8 C. Robert, Homerische Ilecher , (50c ~\\'inckelrr,amms Programm), p. 4 cl note 10; Koumanoudis, dans Epheni. arch. d’Athènes, 1884, p. 59 el pl. v. — 0 Jliad. XI, 632. — H) Lucian. Hermol. 12, Alhen. XI, 16, p. 781 D; XI, 76 et 77, p. 487 à 489. Banofka a voulu reconnaître la vec-opr; dans une forme d’amphore lucaniennc (Recherches sur les noms des vases , p. 37 pl. n, nos 104 et 105), qui ne me parait nullement répondre aux textes cités. M. Walters (Prit. Muséum Vases, IV, p.6, fig. 3, p. 88 sq.) a cru pouvoir adopter cette dénomination, mais je n’en vois aucune raison solide. — H Helbig, Y Epopée homérique, trad. française, p. 477 sq. ; voir la figure 188 (coupe d’or «le Mycènes).

— 12 Alhen. XI, p. 499 B. — 13 Poil. X, 166. — 14 Voir le chapitre spécial au <rxii®o;, XI, 99 à 102, p. 498 à 500. Il fait dériver le nom de <rxaç«$, mais nous n'avons pas pu accepter ce rapprochement [scaphium].

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