‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 68 sur 137 · H GO · texte numérisé non relu

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sùpù;). Los ôvû/ivot cxûtpoi atteignaient une capacité de doux col yl os, et le skyphos d Hercule contenait jusqu à trois bouteilles de vin (TptkctyuvoQ. C’est sans doute en raison de leur grande capacité que certains skyphoi étaient nommés T,paxXetimxoi 1 ; mais d’autres y voient un ethnique désignant une ville d'Héraclée 2. Athénée ajoute pourtant que ces vases se distinguent des autres par la présence d’un ornement, en forme de nœud, placé

sur les anses, dans lequel il reconnaît le fameux oscgôç •qpixAstoç, sorte d’amulette contre les maléfices [nonus, Gg. 5324 ] et nous avons, en effet, gardé d’assez nombreux vases, pourvus d’anses de ce genre (fig.

6251) 3. Certaines fabriques, en Béotie, à Rhodes à Syracuse, étaient renommées pour ce genre de fabrication4. Le même auteur mentionne encore des skyphoi de métal ornés de reliefs ; l’habile orfèvre Mys avait exécuté un çy.ùtiioç HxpTjXstimxdç d après un dessin de Parrhasios représentant la Prise de Troie 9. Ce sont des vases du même genre que les agents de Verrès pourchassèrent plus tard chez les riches particuliers de Sicile, pour enrichir la collection du peu scrupuleux préteur6. Les scyphi homerici de Néron appartenaient à la même catégorie, et certains vases d’argile, à reliefs, peuvent nous en donner une idée (fig. 2268); mais, d’après Pline, ces pièces précieuses étaient en cristal L Les inscriptions grecques mentionnent aussi parmi les skyphoi dédiés dans les temples des œuvres de grand prix, ornées de ciselures et d’ornements en relief8.

Quelques auteurs modernes ont étudié et décrit une forme de skyphos appelé 7tava0ir)vatxo;, mais nous croyons que cette opinion repose sur une fausse interprétation du texte d’Alhénée9.

En latin, le mot scyphus désignait, par métaphore, les plaisirs de la table; on disait inter scyphos comme inter

i Atlicn. XI, p. 500 B, cf. Panofka, Op. c. p. 27. — 2 La remarque est d’Ussing ; De nom. vas. gaerc. p. 130. Krause (Angeiologie, p. 34G, noie 1) la combat; mais I,etronne (Op. c. p. 425, noie 2) fail observer que ^oaxXeui-nxô; a une forme d'ethnique, el que l' adjectif se rapportant à Hercule est f,',àxXeto; ; cf. aussi Walters, -Birch, Ane. Pottery , I, p. i 84. Cependant la mention faite par Virgile du scyphus herculaneus ( Aeneid . VII, 278 et Fervius ad. h. /.) nous autorise à croire qu'Alhénée a raison rie rapporter ces vases à Hercule. — 3 La figure est faite d'après Bayet-Collignon, Cêramitf. greq. pl. xm, n° 2; cf. Birch, Ane. Pottery , 1873, p. 379; Slcphani, C. rendus St-Petersb. p. 1880, p. 39 sq. — 4 Athen. XI, 89, p. 495 A. — 5 Atlicn. XI, 19, p. 782 B. Cf. dans SlaL 7 heb. VI, 535, la de-cription du scyphus d’Hercule. — 6 Cic. In Verr. Il, lib. IV, 14 (32); jubet me scyphos sigillatos ad praetorem statim ad ferre. — 1 Suct. Nero , 47 ; Plin. Hist. nat. XXXVII, 2 (10). Cf. le «yxjïo; fcutîj; >.tflou, sorte de verre, dont parle Athénée, X, 40, p. 432 C. — 8 Corp. inscr. grec. 2852 (= Diltenberger, Sylloge , 170, lig. 54); cf. Hall. corr. hellénique , VI, 1882, p. 32; VII, p. 115. — 9 Gerhard, Suite forme dei vasiy dans Annali, 183G, p. 155, pl. c, n® 47 ; Krause, Angeiologie , p. 346 ; Birch, Ane. Poil. p. 379, 403. Athénée (XI, 89. p. 494 F), dans le paragraphe consacré au vase n«vaft*)vaï*ôv, cile un passage du philosophe Posidonios où il est question d'omiyivot or/jaot ayant une capacité de deux cotyles et de itavaftijvatyâ. très grands, dont les uns contiennent deux chous et les autres davantage. Mais rien n'autorise ici à lier le <r* jio; au r. or aO^vaixov. Birch ajoute une méprise plus étrange encore, quand il conclut que ce vase portait le nom d’onychios (pour ôvû/tvo;, vase d'onyx), à cause de la forme des anses! Voyez aussi sur la prétendue hydrie panalhénaïque notre article hydria, p. 319. — 10 Cic. Ad. famil. VII, 22. Cf. Horat. Od. I. 27, I Epod. IX, 33 ; Senec. Ep. 83 : intemperantia bibendi et herculaneus

Fig. G25I. — Skyphos de style hellénistique.

pocu/a ,0. Virgile en fait un vase religieux, destiné aux libations, en souvenir dn scyphus herculaneus , apporté par le héros en Italie et dont on se servait dans les sacrifices*1. On mentionne des scyphi en bois de hêtre en argent •*, des scyphi urnales 1J, c est à-dire ayant la capacité d’une urna , une demi-amphore.

De tous ces renseignements, on le voit, aucun ne concerne la structure particulière du vase, et c’est pourquoi la désignation du skyphos comme forme spéciale reste conventionnelle14. 11 est probable que, dans l'antiquité t des vases différents pouvaient porter ce nom et que, d’une façon générale, le skyphos est apparenté au bromias,

CANTUARUS, CARCUESIllM, C1SSÏB1UM, COTYLE, ItECAS 1 ", Mais On

peut dire aussi que le vase, auquel nous réservons le nom de skyphos, rentre bien dans celle série et qu’il correspond aux généralités contenues dans le texte des auteurs. On le voit très fréquemment entre les mains des buveurs sur les peintures de vases 16 ( fig. 6252 ; voy. aussi fig. 4304, 47118) ; il est employé dans les Fig. 6-252. — Homme lmvanl dans un skyphos. libations religieuses

(fig. 2237); il est d’ordinaire de taille moyenne et très maniable, mais il peut être grand et atteindre une capacité considérable 11 ; enfin le nodus herculaneus est parfois appliqué à la décoration des anses (fig. 6251) Cest aussi un attribut usité d’IIercule 19 (fig. 972, 3786), comme le canthare est celui de Bacchus. Macrobe dit ; scyphus Herculis poculum est , ut Liberi Patris cantharus*".

Dans l’histoire céramique, le skyphos a des origines très anciennes. Depuis les gobelets d’IIissarlik et les écuelles mycéniennes jusqu’à la fin de la fabrication des vases grecs, on suit l’évolution de ses formes. * i ^ vase à boire par excellence, le pot a deux anses t , Ins simple et le plus maniable. A l’époque préhellénique, d oscille entre des formes basses et ramassées et une structure élancée; les anses sont tantôt vertu n inniAi hmd/nnlales 2I. Dans la céramique chypriote, "

ac fatalis scyphus. — " Aeneid. VIII, 278, et Ser y. ad h. loc. ; Val. Fl»<-' ■■ J 11,272. Cf. Stat. Theb. VI, 531. - <2 Tibull. I, 11, 8 ; Aul. Uell. III. ' *•

Lron. Fraym. 52, «dit. Burmann. f.f. C. Robert, fjomerische llecher , r " J

— 14 Celle qu’indique Fanofka ( recherches , p. 17, pl. iv, n» 631 '" ) ! "Nws aucune base scientifique, comme 1 a montré l.elrouno (O/i. I. p- .

avons indiqué plus haut (note 2, p. 1159) les auteurs qui ont la forme que nous lui supposons. Mais C. -cmilh, E. Car ncr, a 11 ‘ dans leurs catalogues (Brit. Mus. Vas. Il, p. 4, lig. 2 ; 111, p. I O i'o- ’ .Met Muséum Vas. pl. xxxvi, n“ 230 ; lloston Vas. p. 136, n» 3,2) appi >' ^ ^ ||sc! pluscurs réservent le nom de skyphos à un vase de forme similaire < ^

sont dirigées vers le haut, au lieu d’dlre horizontales. Tous ces choix . • • ^

arbitraires. - « Voy. ce que dit Lelronno sur la synonymie de no"^ h (Op. I. p. 343). - IG Notre figure est faite d'après un original ,lu ), allWS

133, portant le nom de Lysis (Pottier, Catnloy. des vas. p. I|(IT |||t

exemples, voy. Jahrbuch Inst. 1886, pl, xn; Klein, Euphronios, P-^^. 313 ; llarlxvig, Meisterschalen. pl. vin, xn, xx, xxxtv, xxxv, xi.vm, ui». ^ ^ ^ gler-Reichhold, Griech. Vasenmalerei, pl. i.xt, t.xu, i.xm, i-xxi, cm. ^

au Louvre, les skyphoi C 425, 420 atteignent 30 et 33 cent, de liauL'o ^ j .iui diamètre. — 1» Rayel Collignon, Céramiq. ç/recq. pl. x u, n» 2. — V ^ ^ |,j

flild -.rchroniken, p. 40, pl. v ; Stephani, Uer ausruliende Heraktes , p. ^ ^

9q. 20 Sat. V, 21, 10. Il n’y a cependant pas de règle fixe, et on ^ ^ ^ Hercule avec le rnnthare: Furlwaengler-ReiehhoM, pl. xxiv; cl. °'.,la pl. i. chen, p. xctx et noie 717. — *' Furtxvaengler el l.œschcke, Mykeni&cie^ ^ ^ n-' 4, 5; lit, t8 ; VI, 31 ; xxi, 150 ; Schlicmann, llios, Irad. franc, fig- 355, 365, etc.

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, üeu aussi à des essais divers qui annoncent la llo""'i (qassique Enfin les Corinthiens \ les Phéni- 1 " "" .| les Ioniens, et avec eux leurs imitateurs d’Étru-

ciens et

rie,

do

nnent, dans le courant du vuc siècle,

une

U'ucture bien équilibrée et stable (lig. 2781, 2827).

' uljqUes l’adoptent, le perfectionnent et le décorent

tantôt en figures rouges puis ils le transmettent aux

tantôt en ligures noires flic, (>250 ; cf. lig. 3025) *, fabriques de l’Italie méridionale s. Avec quelques modilirations de détail, surtout dans les anses, il arrive à la triode impériale ; de très beaux scyphi de métal ciselé, !c n,.s de reliefs, font partie des trésors d’argenterie romaine trouvés à Bernay, à Hildesheim, à Bosco Houle 6. Ûn les a imités en terre cuite1. E. Pottier.

SCYTALE (Sxuto W^). — 11 a été parlé, ailleurs, de la scvlale prise dans une première acception de ce mot, C’est-à-dire dans le sens de bâton [baculum]1. Nous ne’ nous occuperons ici que de la scytale employée comme m0yen de correspondance secrète.,

„ VxuTâX-ri, flagrum , loreum s. coriaceum », dit le Thésaurus, donnant ainsi très probablement l’étymologie du mot. A Sparte, la cxuTtxAT) a un emploi et un sens particuliers ; elle sert officiellement à transmettre des dépêches secrètes. Les explications que les anciens nous en ont données sont nombreuses; les plus complètes appartiennent à Plutarque 2 et à Aulu-Gelle3. Les éphores font faire deux bâtons ayant même grosseur et même longueur, raclés et préparés de la même manière4; l’un de ces bâtons est remis au général qui part pour la guerre; l’autre reste entre les mains des éphores5. Lorsque les éphores veulent adresser au général un secret important, ils roulent autour du bâton une courroie assez mince6; ils ont bien soin de ne laisser aucun intervalle entre les bords de la courroie, de façon que celle-ci couvre toute la surface du bâton; ils écrivent ensuite transversalement aux bords de la courroie7, les lignes allant d’un bout à l’autre ; ils déroulent alors la courroie empreinte de caractères et l’envoient au général, (fui est au courant du procédé. Ainsi déroulée, la courroie n’offre plus que des lettres tronquées et mutilées, des têtes et des queues de lettres ; elle peut tomber entre les mains de l’ennemi ; il n’y pourrait rien entendre. Au contraire, le général à qui elle est envoyée, la roule autour de son bâton, de la façon qu’on lui a indiquée8 ; les caractères, en tournant, reviennent dans l’ordre où ils ont été tracés, et forment une lettre complète, facileà lire.

Les autres explications qui nous sont parvenues sont plus abrégées, et moins claires9. Elles reproduisent toutes celte idée simple : si l’on écrit sur une bande assez

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mince, de cuir ou d’étoffe, roulée autour d’un objet cylindrique de faible grosseur, elqu’ensuite on déroulé cette bande, l’écriture tracée devient absolument illisible à moins que de nouveau on ne roule avec soin labande sur un corps cylindrique complètement semblable au premier.

11 peut, en effet, en être ainsi. L’écriture, tracée de celte façon, peut être à peu près illisible ; mais deux conditions sont nécessaires : 1° la bande doit être très étroite; 2° les lettres ne doivent pas être écrites sur une seule ligne. De ces deux conditions, l’une est indiquée comme remplie. Plutarque dit que la bande est oi<77rsp egavra gaxpôv xai irrevov10. Celte bande, enroulée autour d’un bâton, y fera des circuits d’autant plus nombreux, d’autant plus étroits qu’elle sera elle-même plus étroite. Il s’en suivra que sur chaque circuit, le nombre des lettres sera très faible. L’idéal serait que chaque circuit ne portât qu’une lettre, qu’un fragment de lettre ; c’est précisément ce que dit Aulu-Gelle11. La superposi tion des lignes n’est pas moins nécessaire ; elle a dû certainement être pratiquée. En effet, si la dépêche n est écrite que sur une seule ligne, on conslaleque, lorsqu on déroule la bande et qu’on la tient verticalement, 1 écriture se lit très facilement, en ayant soin de commencer par le bas. La superposition crée une difficulté nouvelle des plus graves. La dépêche ne peut se lire que si l’on connaît le nombre de circuits que décrit la bande: c’est le problème qui consiste, en géométrie, à calculer le pas de l’hélice, problème qui est compliqué sans doute, mais qui est loin d’être insoluble. 11 est à croire qu’avec des adversaires possédant des mathématiciens exercés, le système de correspondance secrète, adopte par les Lacédémoniens, n’aurait pas présenté toutes les garanties désirables 12.

Nous devons supposer que, pour être porléeau destinataire, la scytale était confiée à des hommes en qui on avait pleine confiance. C’est le cas pour Cinadon. Il n appartenait pas à la classe des homoioi : mais il se distinguait par ses qualités physiques et morales l3. Aussi avait-il été chargé, plus d'une fuis, de missions semblables1*.

Cette façon d’envoyer des ordres secrets à des gens éloignés avait vivement frappé les anciens. Archiloque, le premier, fait allusion à la scytale13. A son tour, cette mention de la scytale par Archiloque avait éveillé l’attention des érudits; Aristophane de Byzance avait même écrit un livre sur l’àyvugévr, <jxut-7/y, io. l'indare, lui aussi, a parlé de la scytale. Dans la 17e Olympique il dit à Énée, son élève, sans doute : <> Tu es le messager droit, la scytale des Muses à la belle chevelure 17 ». Cette ode, que Pindare avait composée à

1 Robinson, Mus. Boston Vas. p. 82, nos 179 à 182. — - Masnor, Samml. (intilc. Vas. Oesterr. Mus. p. 9, (ig. 6. — 3 Robinson, Boston Vas. p. 130, b0' 37i sq.; Poltier, Vases antiq. Louvre , pl. î.xix, F 70 ; p). i.xxvi, F 77. — * Masncr, Op. I. p. 47, fig. 20 ; Robinson, Op. I. p. 148, n°s 413 sq. ; Genick cl Furtwacnglcr, Gricch. Keramilc, pl. xvn, nos 1 et 2 ; Murray, Handbook of arcli. I’,VII> bg. 1. Notre figure 6250 est faite d’après le vase du Louvre, G 150, allribué à 1 atelier .le Brygos (Pottier, Catalogue vas. p. 1006). - 5 Robinson, p. 173, nos 482 P- *85, nos 508 8([ . Wallers, Brit. Mus. Vas. IV, p. 118, F 253 sq. ; p. 198, ^ si| ; Genick et Furlwaeuglcr, pl. xxv, n°* 2 cl 3; Ingliirami, Mus. Etrusc. ( buts. pl. Lxxvin. — 6 Rabelon, Le Cabinet des antiques , pl. xiv el i.t ; cf. pl. xm\ el xxxviii (formes que nous nommerions plu loi colylé ou canUiare;; Winlcr, Jdhrbuch deut. Inst. 1897, Anzeiger, p. 118 sq., fig. 2, 4, 9, 11, 18 ; 11. de Ville- ,<)SSC’ et Mon. Piot, V, 18 >9, p. 52, 55, 79 à 80, 134 sq. ; pl. v, vi, xv, xvi, X'"‘ vxv' “ xxxvi. — 7 Iievue arc II ■ 1903, I, p. 12. Pour la peinture, voir notre

'S* 1^48 (Pompéi).

* ' ULB. 1 Voir aussi pour les rouleaux douton se servait dans les chantiers, I0"1 lu'lc mouvoir de lourds fardeaux, phm.anga cl machina, p. 1403; dans les S’ P°ur ava,,cer les machines de guerre, oppugnatio, fig. 1419 cl tokmenta. La

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règle avec laquelle on faisait tomber le trop plein d’une mesure est aussi appel éo (Txi»T«i).r , pollux, I V, 170 ; cf. MENS011 et HUTK'.LUM. — 2 Lysandr. 19. 3 XVII, 9.

4 Berasi atque ornati consimiliter. Aul. Cell. — 0 Gcll. AUerum domi

magistrat us curn jure atque cum signo habebant. — 0 /b. Lorum modicae lenuitatis , tongum autem , quantum rci satis erat. —7 /b. Litterus deinde ineolocoper transversas junctarum oras .. inscribebant. — 8 /b. Proinde ut debere fieri sciebat. — 9 Sch. Aristopli. Ares, 1283; Sch. Tliucyd. I, 131, 1; Pholius, Lexic. p. SaGetSuid. 9xut&Xi| ; Tzetzès, C/iiliad. IX, 141 ; Auson. Epist. XXIII, 23 ; Sch. Piudar. OL. VI, lo 1. — *0 /.ys. 19. — n Loc. cit. Litteras iruncas atque mutilas reddebat , membraque earum et apices in partes diverses inuis spavgebat. — 12 Les dépêches des Lacédémoniens étaient très brèves. Nous connaissons celle qui est relalive à la mort de Miudaros, Xcn. Hell. I. 1, 23. File n a pas été écrite sur une scytale ; ou peut très bien brouiller les Iellrts de celte dépêche au moyen du procédé indiqué. — 13 Xen. Bell. III, 3. 5.

14 Ibid. III, 3, 9. — 18 Fr. »v9 ; Ucmelr. De elocut. 5; Plut. Sept. Sap. Conv *

8 ; Sch. l’ind- Olymp. VI, 154. - 1° Athénée, 111, 85 E : lv tù. iu&y tîr à/vujA£vr(ç <ncuTâ).T|î <T»>YYe<waTl* Apollonius de Rhodes avait aussi parlé de cette scytale dans son livre sur Archiloque (Athénée, X, 451 D'. — l” V. 10-155 (édit. Christ).

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— Mf.2 —

Thèbes, futexécutée chez le vainqueur, Agésias de Syracuse. Cette exécution exigeait la présence d’un envoyé du poète, chargé de ses instructions, l’our la VIe Olympique , ce fut cet Énée; Pindare le compare à la scytale. En elfet, sans lui, l'exécution chorale et instrumentale aurait été impossible ; il connaît l’oeuvre entière du poète, non seulement la poésie, mais les airs de musique, les ligures de danse ; il apporte ainsi un message dont lui seul a le secret: il fait fonction de scytale *.

Certaines allusions, qui nous sont fournies à propos d’événements politiques, marquent aussi l’impression que la scytale avait produite sur les peuples amis ou rivaux de Sparte. « Avec une petite scytale, vous pourrez maintenant gouverner Thèbes », disait Léontiade aux Spartiates, après qu’il leur eut livré sa patrie 2. On retrouvait dans le secret de ces correspondances quelque chose de ce mystère, qui était un des moyens de gouvernement les plus usités à Sparte3. On a parfois cherché, mais sans raison suffisante, à retrouver la scytale sur des peintures de vases1.

Au point de vue paléographique, il faut noter cet emploi de la courroie, du cuir, comme matière propre à recevoir l’écriture. Déjà, longtemps avant l’invention du parchemin, les oti/Ôspat sont mentionnées pour ce même emploi [diputuera, membrana]3. A l’époque classique, en effet, les membranae sont très usitées ; ces peaux préparées servent pour les brouillons. Plutarque, dans la description de la scytale, dit que la bande roulée autour du bâton était du papyrus 6 ; il se trompe ; le papyrus aurait été trop fragile pour un tel service ; c’est une courroie, une sorte de parchemin dont usaient les Spartiates. Nous avons là-dessus le témoignage d’un poète comique contemporain d'Aristophane, Nicophron, qui avait pu voir lui-même des scytales1.

Certains auteurs, entre autres Aristote 8, auraient parlé d’autres façons d’employer la scytale. On dit qu’on fendait le bâton en deux, et qu’on écrivaitla dépêche au milieu ; ou bien qu’on envoyait la courroie par un messager, le bâton par un autre9; il est question aussi de la scytale comme moyen de prouver une dette10. Albert Martin.

SCYTHAE [demosioi, sagittariiJ.

SEBAC1ARIA, SEBACIARIUS. — Ces deux mots ne sont connus que depuis une quarantaine d'années. En 1866, on a découvert à Rome, auprès de l’église Saint- Chrysogone, un corps de garde [excubitorium] de la septième cohorte des vigiles; sur les murs de ce petit édifice se lisaient une centaine d'inscriptions graffites tracées par les soldats eux-mêmes ; les mots sebaciaria et sebaciarius s'y rencontrent soixante-trois fois, diversement orthographiés (variantes : cebaciaria , sebbaciaria , siba-

1 BoecUi, Pind. carm. t. RI, p. 162; Disson, Pind. carm. 2' éd. scct. Il, p. 85.

2 Xen. Hell. V, 2, 31. Autres mentions de la scylalc, Xcn. Ibid. III, 3, 8 ; V, 2,

37; plut. Alcib. 38; Agtsil. 10, 15 ; Artax. 6 ; Corn. Nep. Pans. 3 ; Diodor. XIII, 106 ; Aristoph. Lijsistr. 991. — 3 Tijç noXrwioc; xo xpuicvXv. TIiuc. V, 08, I. — 4 Cil. Lenormanl, dans la Peser, du cabinet Durand, par J. de Witte, p. 76, n. 246.

ô Herod. V, 58 ; Biod. Il, 32 ; Gardthauscn, Griecli. Palaeog. 39. — 6 Lysand.

19 : fnSïubv ûxjsfp Ipivra. Plus loin, vçi p,6Tu,,. 7 Fr. 2 de Kocli, Com. atl. fy. |t p, 775 : ’Ano xoO ff.uxazlou xat iTj; Aeuxôv SiplKx, Scll. Aristoph.

Ares, 1283 ; Aulu-Gelle emploie exclusivement le mot lurum. — 3 Fr. 4u6, éd.

de Berlin. 9 Voir ces diverses explications dans le Scll. de Pind. 01. VI, 154.

10 Dioscorid. Pliot. Lexic. <j«utsA>i ; voir encore llesycliiüs, s. v. — Bibliogkaphik. Meursius, Al iscellan. lacon. 111,4, p. 212; Nitzcli, Hisl. Homeri, 1,75; Raoul- Rochelle, Além. de l’Acad. des Jnscr. t. XIV, p. 416 ; Scliocmann-Lipsius, Griech- Altert. I, 251 ; K. F. Hermann : V. Tliumscr, Lclirb. der Griech. Antiq. I, Slaatsaltert. 248 ; Iwan M üller, Handbuch — Busolt, Griech. Slaats u. Jtechtsall, 2» éd. p. 207; Tli. Birt, die Buchrolle in der Kunst, 1907, p. 273, 270, 280.

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Fig. «253.

Torchère.

ciarius , sabaciarius , etc.)1. Plusieurs explications niq été proposées pour en rendre compte. 11 n’est pas doulrn que le féminin singulier ou plutôt le neutre pluriel sebu ciaria désigne le service confié au sebaciarius, et que ]t,s deux termes doivent être rattachés au substantif sébum d aux adjectifs sebalis et sebaceus\ ils se rapportent évidemment à l’emploi de torches ou de chandelles de suif par les soldats des vigiles comme moyen d’éclairage. On a recueilli aux environs de Yexcu- '•4f» bitorium de la septième cohorte, piazza Monte di Fiore, un grand (lambeau de bronze qui servait à tenir à la main de pareilles torches; il est déposé maintenant au Palais des Conservateurs; il mesure lm,30 de haut et se compose de trois tubes entrant l’un dans l’autre; sa partie supérieure s’évase en forme de flamme; des ouvertures latérales permettaient au suif fondu de s’écouler (fig. 6253) 2. Le sebaciarius serait, d’après Henzen, le soldat chargé de pourvoir à l’entretien des torches de suif à l’intérieur de l 'excubitorium3 \ d’après Desjardins, le porteur de falot accompagnant les rondes de nuit des vigiles4 ; d'après Visconti ’qCapannari11, Nocella \ le fonctionnaire préposé à l’éclairage nocturne d’un ou de plusieurs quartiers de la cité, en particulier aux jours de fête. Peut-être ces hypothèses se complètent-elles plutôt qu’elles ne se contredisent, et 1 a sebaciarius devait-il pourvoir à tous ces offices, pour lesquels l’usage de torches de suif s’imposait. En faveur de la théorie de Visconti on peut remarquer d’abord qu’il est fait mention très souvent, sur les inscriptions graffites, d’événements importants de la vie romaine (proclamations, anniversaires et adoptions d’empereurs, vota decennalia ou vicennalia , etc.), dans lesquels le sebaciarius a joué un rôle8, et ensuite que ces textes sont tous des années 215-245 ap. J.-C., c’est-à-dire postérieurs à la réorganisation des vigiles par Caracalla et à la création du service public d’éclairage nocturne de Rome que cet empereur paraît avoir institué9.

Quarante-trois fois à l’expression sebaciaria fccit ou sebaciarius fccit (celle-ci moins fréquente que l’autre) est jointe une formule qui nous fait savoir dans quel mois le sebaciarius a exercé sa charge ; il faut en conclure que cette charge était occupée à lourde rôle et pendant la durée d’un mois. Lorsque le sebaciarius désigne a dû interrompre le mois qu’il avait commencé et le laisser achever par un autre soldat10 ou quand, désigne pour un mois, il n’a pu s'acquitter que le mois suivant , il prend soin de le rappeler. Parfois il se faisait adjoindre

ivll"

grini, dans le Bullett. dell’lnstit. di corrisp. archeol. 1867, p. 8-12, ctp" 11 Ibid. p. 12-30, et Annali deli lnstit. 1874, p. 1 1 1-163 ; reproduites au Cor/' latin, n0* 2998-3091 et 32751. — 2 Publié par A. Capaunari, dans le r. comun. di Borna, 1886, p. 262. - — 3 Henzen, loc. cit. — 4 Desjardins, d "1 Mém. de l'Acad. des lnscr. XXVIII, 2U parlic, I87G, p. 265-285; O ^

Salir. 78 : patrouille faisant irruption chez Trimalcion. — 3 t1. E- Xstazione delta coorte Vil dei viyili , Rome, 1867. — CA. (.apannari,

p. 251-269. — 7 C. Nocella. Sebaciarius, Emitularius, Rome, I8M*;

1 ’ s Visconti,

yraffite nelX escubitorio délia Vil coorte dei vigili, Rome, 188/. ^

Op. cil., s’est appuyé sur ces graffites pour essayer de préciser la dos événements historiques dont ils parlent (adoption dAlexan/h1 ^ avènement de Gordien III, elc.). — 9 llist. Aug. Sev. Alex. 2a. ail/' illuminations. — 19 Corp. inscr. latin. VI, 3040; cf. ibid. 3060 ; nu ' ; qu’il a été sebaciarius à la place d’un camarade, in loco suc(c)essi.

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rirade pour le seconder «. Le service était assez "" ' exposait à des fatigues 2, à des dangers 3 ; sou- J.aciarius se félicite d’avoir pu accomplir heuv,‘" n;.nt sa tâche, omnia tuta', féliciter \ à son r,'"!,'i.'lire bono suo 6, sans dommage pour ses camarades, comnanipulis\ sans qu’aucune plainte a.t été , contre lui, sine querela 8 ; il avait un réel mente P" ,M D,ir Seul toute sa charge pendant tout un mois \ l ' 'récompense il touchait le frumentum publicum 10. On 1 nue chacune des sept cohortes de vigiles avait sous ^'surveillance deux des quatorze régions de Rome; c’est S' . cela qu’un sebaciarius de la septième cohorte note P°".'l ,t élé de service, non seulement dans la quatorzième ïï'Jion (Transtévère), mais aussi dans la huitième, fUme Atexandriana". Un autre nous fait savoir qu il aTmrni, outre les sebaciaria , de l’huile pour les chaussurPs oleum in caligas 12 ; un troisième énumère tous les objets qu’il a dû procurer : sebacia, les chandelles de smf lucinium, les fanaux; lucernas , les lampes à huile p0Ur éclairer les portes de la ville {ad portas) et le magasin du matériel des processions (ad pompas)'*. Sur une inscription on lit ces mots : Secundinus sebaciaria ferit... Fysgo suo felicissime ; Ilenzen les traduisait niMSi": « Secundinus a fait les sebaciaria à ses frais, très heureusement » ; mais le mot fiscus ne peut s’orthographier de cette façon et ne désigne jamais la fortune privée d’un simple particulier; Fysgo doit être un nom propre, <hu<rxoç, désignant un camarade et un adjoint du sebaciarius u.

En même temps que du sebaciarius , il est question, dans les graffites de V excubitorium , du tesserarius ** et de Vemitularius 16. Le tesserarius est le soldat qui devait donner et rendre le mot d’ordre ; il avait sa place marquée dans les rondes de nuit des vigiles. La signification du mot emitularius, jusqu’ici inconnu lui aussi, est douteuse. Ilenzen, Desjardins, Cantarelli voient dans 1 emitularius l’assistant du sebaciarius , celui qui partage de moitié [henni-) sa lourde corvée mensuelle17. Des explications qui ont été proposées18, nous préférons celle de M . Mowat, qui rapproche emitularius de ew?o, emere , emptus, emtus (d’où viendrait le diminutif emitulus )19 ; Vemitularius est le personnage chargé des menus achats pour le compte du sebaciarius ; on s’explique ainsi très bien que celui-ci, quand il parle de Vemitularius , lui adresse des remerciements20; tout absorbé par les occupations de sa charge, il s’en remettait aux bons soins d un camarade pour l’achat des fournitures d’éclairage et pour ses emplettes personnelles. Maurice Bksnier.

SEBASTA. — (Esêacrdt, SeSacTEta, Ssêacx&t ayiove;, ci

1 C. 1. 1 VI, 3060. — 2 Ibid. 3072 : lassus suffi, successo7'e[m daté]. — 3 Ibid. 3010; ,m sebaciarius rend grâces au Génie de Yexcubitorium , qui l’a protégé. — 4 Ibid. I cl douze autres lois. — î> Ibid. 3001 et quatre autres fois. — Ibid. 3028.

- ■ Ibid. 3029, 3033. etc. — 8 Ibid. 3053. — 0 Ibid. 3067 : intégré. — *0 Ibid. 3001, 3l,l 1. On lit au iv> 3045 : sebaciarius eques factus. Mommsen rejette celle leçon inadmissible et propose : qu{i) es't) factus. — 11 Ibid. 3028. — 12 Ibid. 3053. — 13 Ibid.

3038. Le:

L expression ad pompas est interprétée par Gapannari, loc. cit. comme une désignatif 1 * • *• ~ - • ■ ■ ’* - .

'■«.-’oivu eue jnrmpiis est niteipietee par uapauuai ■, .

«vaigi^Won topographique. Ilenzen et Desjardins croyaient qu'elle se rapportait aux patrouilles, aussi lentes que les processions. — 14 Ibid. 30G7. — Ibid. 3033.

^ Ibid. 3057, 3076. — l" Ilenzen et Desjardins, loc. cit ; L. Cantarelli, dans ,e Üullett. corn. 1889, p. 77-89. — 18 Nocolla, loc. cit. et Osservaz. suif emitulurio di L. Cantarelli , Rome, 1 887 . — 19 R. Mowat, dans le Bull, des Antiq. de France, 1896, p. 163-168. — 20 Corp. inscr. latin. VI, 3057 : ayo gratias emitulario.

SMtASTA. l Corp. inscr. att. 1.1, 1, 457, 613. — 2 Inscr. gr. Aegin... Argot... 586, 58/, 590, elc.— 3 /bid. 795. — 4 i. atl. III, 129. — » Cf. le commentaire de l’ins- <-i ipLion C. i. att. 111, 1 . — ù Quelquefois les jeux sont rapportés directement à tel ou tel empereur ainsi C. i. att. III. 457, 613. Sur la signification exacte de la désignation oi ieoarroî, cf. Dittenberger, Syti. 2 363, n. 2. — 7 Inscr.gr. Sicil. Jtal... 748.

tûv Se6«<rrfiv ày^vE;). Jeux célébrés, sous l’Empire, dans un grand nombre de cités grecques: ainsi à Athènes', Argos2, Trézène \ Byzance1. Leur institution date peutêtre, à Athènes au moins, du début même de 1 Empire Plus lard, ils semblent consacrés tout à la fois aux empereurs défunts et à l’empereur régnant, désignés tous ensemble6 sous le nom de ci EeGairr ci [aucustaliaj. Sans doute étaient-ils isolympigues et célébrés tous les quatre ans, comme les jeux dont on trouve la mention a Naples , ’lxaXtxx 'Pwaaïa aESacxa ido).<ju.7ria, et qui paieissi nt identiques aux Sebasta des villes grecques. Emile Caiif.n.

SEBASTEION, AUGUSTEUM. — Noms donnés parfois aux temples dédiés à un empereur; c’est uniquement de ces qualifications que nous devons ici nous occuper . Elles se présentent rarement dans nos sources. La pu mière est employée par Phi Ion 2, pour le temple d Au guste à Alexandrie, et, en éphigraphie, sous des formes diverses : aTtô toU SeSoc'txeiou vxoü dans une inscription d’Aphrodisias 3 ; le célèbre temple provincial dAncyre, achevé en l’an 10 ap. J.-C. l, est dit tô ieÇaix^ov , nu me variante dans le texte de Néoclaudiopolis qui commémore le serment de fidélité à Auguste6 et atteste que l’expression s’appliquait et au temple de cette ville et aux autres sanctuaires d’Auguste, dédiés dans les divers districts de Paphlagonie7; elle convenait. aussi bien aux temples municipaux et aux temples provinciaux. On lit Vs oxcx-qov et Augusteum dans un texte bilingue d Ephèse, de 1 an o a\ . J.-C. 8. En latin, deux autres exemples : dans le décret des décurions de la colonie de Pise sur les honneurs à rendre à L. César défunt (2/3 apr. J.-C.)9 et dans une inscription de Catina (Sicile)10, contemporaine sans doute d’Auguste, sous le règne de qui la ville devint colonie, probablement en 733 u. [Se6a>xEÏov parait plus tardivement dans un décret du koinon de Lycie, de Lid , mais vise un temple municipal. L’un ou l’autre des deux termes a dû couramment servir pour le temple d’»« Auguste, d’un empereur quelconque ’3. Mais, en gênerai, on use plutôt d’une périphrase, comme vaôç xùjv Seëa<jxiôv ll, ou aedes Romae et Augusti ", templum Augusti". Passé le ne siècle, le terme de Sebasteion ne laisse plus de traces, mais au ive siècle AùyoucteTov 1 ' désigne une grande place de Constantinople, dans la III région, où se dressait la statue d’Hélène. Victor Chapot.

SEBUM. — Le suif était appelé <rxÉap en grec 1 et sébum en latin ’2. Dioscoride et Pline nous ont laissé la recette de sa préparation : la graisse des ruminants était d abord débarrassée des fibres nerveuses qui s’y mêlent, lavée dans de l’eau de mer ou de l’eau salée, et pilée dans un mortier; puis on la faisait fondre plusieurs fois jus-

SEBASTEION, AUGUSTEUM. I Pour le sujet môme, voir iugüstai.is, sacfrdos, AnnUFRFUS, etc. -2 Leg. ad Uaium, Mangey, II, p. 567, 1. 46 s,,. : v5 L.yd.wov Elfa™ï.., «*. cr. Dio Cs». LVIl, 10, s = T.Wre ne fil aucune

construction nouvelle. nn,v voî A jyou-iTEtou. 3 6. ». gi ■ ->36, I. — . .*

Guillaume. Rev. aval, 1870-1, p. 347 s,,. - 6 C. i. gr. 4039,1. il, et Add. p. 110».

C Fr Cnmont, Rev. des ilud. gr. XIV (1901), p. S6-46. - 7 Vo.r I. 38 el 41.

8 C i lat III, 0070. - 9 Ibid. XI, 1420, 1. 1. - Ibid. X, 7024, fragm. II,

1 8 ■ [Auqysteum opes. - " Dio Cass. LIV, 7. - <2 Lœwy,ap. Petersen et von Lusd.au, Reken in Lykie n, p. 70 sq. XIX, I. 33. - » Lydus {De mens. IV, 138 Wuensch) rapporte qu'on appelait Aùyvuovitov l'endroit du marché aux vivres ou l'on dansait en octobre, en l'honneur de Tibère. — 11 Ane. gr. mser. m tlie Dr. Mus 498 15 C. i. lat. XIV, 353. - '0 Suet. Tib. 47. — <7 Ou AJt,u<™To-, A0ïOùcT.i., Augusteum {No I. urb. Const. 5, 7), suivant les textes, cités par Obcrhunamer (Pauly-Wissowa, II, p. 2349).

SIORUM. l Honi. Od. XXI, 178-183; Aristot. Hist. anim. III, 17, 3; Départ, anim. Il, 5, 2; Tbeopbr. De caus. plant. V, 15, 0 ; lliod. V, 17 ; Geopou. V, 30, 1 sq.. Poil. H, 233; VI, 53 ; X, 150. - 2 Plaut. Capt. II. 2, 31 et les textes lat.ns cités dans les notes suivantes.

qu’à ce qu’elle eût perdu toute odeur, et finalement on la laissait blanchir au soleil1. On employait à cet effet la graisse du bœuf et du veau, de la chèvre et du bouc, parfois même celle aussi d’animaux sauvages, tels que le lion, la panthère, le chameau, etc 2. Le suif jouait un grand rôle dans la médecine humaine et vétérinaire des anciens *; le plus souvent, on prenait soin de l’aromatiser en l’arrosant, après fusion, d’un liquide parfumé4. 11 entrait dans la composition du sapo6. On enduisait le ciment hydraulique des thermes avec du suif fondu mélangé de cendres passées au crible8. Enfin les Romains se servaient pour s’éclairer de torches et de chandelles de suif \ sebaceac candelae 8; ou seba/es faces 9 [fax], en même temps que de lampes à huile [lucerna], de torches de bois résineux et de chandelles de cire [candela]; ils les fichaient, comme ces dernières, dans des flambeaux ou des candélabres de bronze dont nous connaissons, par quelques documents archéologiques, la forme et la disposition [candelabrum, fig. 1080, 1083; sebacia-

ria, fig. 0253]. Columelle range la fabrication des chandelles de suif, candelas sebare , parmi les occupations auxquelles la religion permet de se livrer les jours de fête 10. Maurice Besnier.

SECESPITA. — Couteau de sacrifice. — La secespila 1 n’est connue que par deux textes, mutilés l’un et l'autre, de Festus et de Servius, extraits du traité De jure Pontificin de M. Anlistius Labeo2. Dès l’époque de Labeo, contemporain d’Auguste, ce couteau n’était plus employé que pour des usages religieux. Il était réservé aux vieux cultes officiels que desservaient les Flamines, les Flaminiques, les Vestales3, les Pontifes4 ; c’est à la chapelle d'Ops Consiva r‘, dans la Regia, que les exemplaires sacrés paraissent avoir été déposés avec les trompettes et le praefericulum de bronze. Le même métal sacré a dû servir, à l’origine, à la fabrication de la secespila; au temps de Labeo, il avait été remplacé par le fer, mais les clous de bronze [aere Cyprio ) qui fixaient le manche sont, sans doute, un souvenir du métal primitif. Suivant le passage de Labeo, il semble que lalame de fer, allongée, n’avait qu'un seul tranchant; la majeure partie de la face opposée s’encastrait dans un manche en ivoire, rond et plein, qui formait poignée; des fils d’argent et

i Dioscor. De mat. mcd. II. 89; Plin. Nat. hist. XXVIII, 143. — 2 Dioscor. Op. cit. 11, 8G-94 ; Plin. Op. ci/. XXVIII, 160, 167, 174, 185, 192, 206, 214, 222, 234 (suif de bœuf); XX, 162; XXVIII, 150, 161, 165, 169, 175, 185, 206, 215, 216, 223, 254; XXXI, 99 (suif «le veau); XXII, 124 (suif de chèvre); XXII, 59; XXIV, 53; XXVIII, 188, 208, 219 sq. ; XXX, 30, 111 (suif de bouc) ; XXVIII, 144 (lion, panthère, chameau). — 3 Dioscor. L. c. ; Plin. XXVIII, 265; XXX. 120, et les textes cil és à la note précédente. — 4 Dioscor. Op. cit. Il, 91 et 92; Plin. XXVIII, 144. — 5 plin. XX VIII, 191. — G Pallad. 1, 41, 3. — 7 ||. Blümmer, Tec final. und Terminol. der Gewerbe und Künste ici Griechen und Rômern, II, Leipzig, 1879, p. 162-163. Columelle (V. 5, 13) recommande d’arroser les plaies des brebis avec du suif fondu dégouttant d’une torche enflammée. — s Apul. Metam. V, 19, p. 281. — 9 A mm. Marcell. XVIII, 16, 15. — l°Co!um. 11,21, 3.

SKC88HITA. — Labeo retrouve déjà la racine sec de secare , sueur is dans secespila ( secespila a secundo, Paul. Üiac. ex Festo.) Mais on ne sait s’il faut rapprocher la seconde partie du terme de caespcs ou de spat'ui. Voir Walde, Laleinisches etijmol. Wôrterbuch , 1906 s. v. — - Pour le texte de Servius, Ad Aen. IV, 262, voir l. I, p. 513 de l éd. Tliilo ; pour celui de Festus, voir p. 348, éd. Millier : p. 522, éd. de Ponor. Parmi les essais de restitution, il faut ciler lluschkc, Jurisprud. Antejust. p. 120 et Jordan, Topographie der Stadt Rom, II, p. 275. Voici comment je lis la description : sccespitam esse Anlistius Labeo ait cuttram ferreum oblongum, manubrïo ebumeo , rotundo , solido , vincto ad cap ni am argenlo auroque fixant , davis aeneis aere cyprio, quo Flamines, Flaminicae , Xirgines Pontificesque ad sacrifie i a utuntur. Deux gloses de Paul Diacre, l’une simplement cxliai'c du texte précédent (p. 528 P), l’autre témoignant de l’incertitude des grammairiens : secespilam, alii seenrim , alii dolabram acneam , alii cultellum esse pulant (p. 336 M, 500 P), enfin, le passage où Suétone (776. 25). montre Tibère, sacrifiant avec les pontifes, substituant à la secespila de Libo, dont il redoute les desseins, un couteau de plomb. — 3 La scie dont les Vestales se ser-

d’or, îles clous de hronze retenaient la lame dans poignée. 11 faut rapprocher de cette description Icn'1 peretqui figure fréquemment parmi les ustensiles n | gieux, sur des temples0, des autels1, des monnaies • sulaires8 (fig. 211(1) ou impériales 9. Des différents tv !" reproduits à l’article cui.ter i0, aucun ne saurait être désigné avec certitude comme étant la secespila. On croit pouvoir la reconnaître (fig. 6254) parmi les instruments du culte représentés sur la frise du temple de Vesta " C’est certainement le couperet dont les Vestales étaient tenues de se servir. A. J.-Reinach.

SECESSIO PLEBIS. — On appelle ainsi dans la lutte des patriciens et des plébéiens les retraites en masse que faisait la plèbe en dehors de Rome pour obtenir des concessions politiques. La tradition en mentionne trois, dont deux n’appartiennenl vraisemblablement qu’à la légende Dans la première, provoquée par les dettes, en 494 av. J.-C., après la tentative infructueuse de conciliation du dictateur Valerius, la plèbe se retira, selon des textes près de CrusLumina, sur une colline appelée depuis mon sacer ‘, selon d’autres sur le mont Aventin2, et obtint la création du tribunat de la plèbe [tribunus pleuis], La deuxième retraite, provoquée par les abus de pouvoir des seconds décemvirs, et dirigée par Virginius et Icilius, eut lieu d’abord sur l’Aventin, puis sur le montSacréet aboutit aux lois Valeria-Horatia de 443 [patricii, p. 348] 3. La troisième retraite, probablement la seule historique, placée entre 589 et 286, sur le Janicule, aboutit à la loi Hortensia qui établit la validité complète des plébiscites1. [patricii, p. 348; comitia]. Ch. Lécrivain.

SECRETA UIUM ou SECRETUM, SECRETARIUS. - On appelait secrctarium ou secretum (asxper&v) sous le Bas-Empire, la partie retirée du tribunal où le magistrat siégeait, séparé du public par des barrières [cancelli | ou dos rideaux [vélum]. [Pour le secrétariat n senatus , voy. forum, p. 1293. Pour celui de la préfecture urbaine, PRAEFECTUS URBI, p. 620].

A la même époque, secretarius devint le nom des huissiers et greffiers qui faisaient le service du secrelariumK

vaient pour broyer le sel sacré était pareillement en fer, serra ferrea (Varro, ap. Non. 223, 10 ; cf. Festus, 344 M). — 4 Ceux qui considéraient la secespila comme une bâche faisaient apparemment confusion avec la scena sive sacena, lolabra pontificalis ( Festus, 318 M) ; cf. securis. — 5 Cf. Jordan, lue. cit. C’est probablement avec ces secespitae que les chefs des gentes s'ensanglantaient le front en arrivant à la Regia après la course des Lupercales (Plut. Rom. 21). — G Voir iiolamment la frise de Varcus argentarius élevé par SepLimc Sévère sur le forum boarium, reproduite par Clarac = Rcinach, Répertoire , pl. ccxx, cccvu, et haunieis- 1er, Denkmâler, art. Opfer , fig. 1306. Un fragment de frise semblable, provenant du temple de Vespasien, est conservé au Tabularium, cf. Rcber, Die Ruina1 1863, p. 82 ; Thédenat, Le Forum , 2e éd. p. 159. — 7 Voir notamment, Iliibner, Wesldeutsche Zeitschrift , (II, p. 120; ISspérandieu, Ras-reliefs delà harh. I, 314; Catalogue du Musée d' Epinal, n. 96; ObergermanischC'i Limes , K-isi'H Niederberg, pl. vm. — 8 C’est 1111e monnaie de la gens Sulpicia, Babelon, V"" naies de la République , II, p. 473. Dans cet ouvrage de Babelon et dans Colien. Médailles consulaires, on retrouve le même couteau sur les monnaies de* '/ Jttlia, Junia , Mar ci a, Maria, P api a, etc. — ,J Cohen, Monnaies impérial pl. xv (Marc-Aurèlc) ; III, pl. x (Caracalla) ; IV, pl. iv (Maxime). — l" Ai ' l 'J' plaircs signalés dans cet article, on peut ajouter un beau couteau en f°r poignée de bronze se termine en tôle de lion, Musée de Langres , ""

— H Jordan, Der Tempel von Vesta , 1 886, pl. vu h.

SECESSIO PLEUIS. 1 Liv. 2, 23-32; Dionys. 6, 22-71 ; Varr. Ling. 1 Plut. Cor. 6; Dio, f>\ 13. — 2 Cic. De rep. 2, 33. — 3 Liv. 3, 50-55; " • '

De rep. 2, 37; Dionys. Il, 43-49. — 4 Liv. Ep. il ; Plin. Hist. nat. U’> 1 Dio, fr. 42 ; Gell. 15, 27, 4. — Bibliographie. Voir la bibl. de gens.

SECRETARIUM, SECRETUM, SECRETARIUS. l Glossar. nomiciw' Eéxoetov ; Zonar. Concil. Carthag. can. 108 ; Cod. Theod. I, 7, 1 avec 11 mentaire de Godefroy; Valois, ad Amin. Marc. XV, 7,

Fig. G254. — Secespita.

SEC

„ fonctionnaires ne se confondent pas avec les servi- LlS. cl employés dont les attributions répondaient à le'l'n '(1,un secrétaire, tant dans la vie publique que dans /V.-jvée. 'Ceux-ci sont désignés par des noms très la ''^' auxquels nous renvoyons [actis (ah), actuahius,

VI" 'nTkNSIS COMMENTARIIS (a), EPISTULIS (ab), NOTAHU1S,

schhia, stcdiis (a), etc. Voy. aussi servi. Pour les grecs, crammateis. E. S.

Sl'XTIO BONORUM [bonorum sectioJ.

sir.TOR. Celui qui coupe. — C’est le nom donné, a de leur emploi, aux ouvriers de divers métiers.

( jumelle1 appelle un faucheur sector foeni. Materiarius ( ouvrier qui débite le bois soit pour ceux qui doivent le travailler [serra], soit pour le marchand qui le met en vente [materiarius]. Les scieurs de pierre {sectores serrnrii ja étaient, à Rome, organisés en collège. Une inscripüon3 où le mot sector n’est suivi d’aucune autre détermination, parait se rapporter à l’œuvre de Yopus secti/e, c’est-à-dire au découpage des marbres ou pierres destinées à ce genre de mosaïque [musivum opus].

Le même nom, sector , désigne, dans la langue du droit romain, l’acquéreur de biens vendus publiquement au nom de l’État [bonorum emptio, bonorum sectio]. E. S.

SECURIS (itéXexui;, ai;ivT|) — Les formes les plus spécialisées de la hache ayant été étudiées dans les articles ascia, bipennis, dolabra, malleus, on se bornera ici à montrer comment ces types divers se sont successivement différenciés. Après avoir retracé ainsi l’évolution de la hache d’après les exemples fournis par la Grèce et par l’Italie, on en indiquera les principaux usages, religieux, militaires et industriels.

Les types. — A la fin de l’époque néolithique, au moment où l’apparition du cuivre va activer si puissamment l’évolution de la civilisation dans le bassin oriental de la Méditerranée, la hache, premier instrument du travail humain, s’y présente déjà sous plusieurs formes. Ces formes peuvent se répartir, selon l’emmanchure, en deux catégories :

1° Les haches qui s’emmanchent par leur base (le côté opposé à celui qui doit frapper) dans un morceau de bois ou de corne de cerf évidé, emboîté lui-même dans une tige droite coudée. Pour mieux s’encastrer, la base

SECTOR. I XI, I, 12. — 2 C. ins. lat. I, 1108 ; une statio serrariorum à Rallia, Cil Espagne, 1b. Il, 1131, 1132. — 3 Mommsen, Jnsc. Neapol. 0704; lit. Promis, Vocnb. d. architett. p. 156.

SECURIS. 1 Le mot securis, qu'il faut rapprocher du nom iranien de la hache | sayaris.se rapporte certainement à la racine sec , sectsre. Car contre, msexur ne sc rapproche d'aucune racine indo-européenne; on a supposé que ce mot dérivait du nom assyrien de la hache qui serait arrivé en (Ire ce par Chypre (P. Meyer, Lriech.

; Etym. I, p. 51 ; Prellvvilz, (irirch . Etym. Wôi'terbuch , s. r.). Peut-être vaut-il , mieux penser au- carien ; c'est apparemment à celte nationalité qu appartient le Pélékus Oudamuu quia inscrit son nom sur le colosse ilA 1 KOli-Si uibcl. La ai'/, ex us paraît désigner originairement la hache double. C’est de cet idéogramme, qui se rencoulrc I sur les inscriptions proloélamitca ol sur les tablettes de la Crète minoenne, que dérive le sayin sémitique qui signifie armes , d'où le zêta grec. 'Acô'vx,, qui, dans les parties les plus anciennes de Y Iliade, parait désigner la tôle de la hache par opposition au : manche (kêIexxov) ou la hache simple par opposition à la hache double (héXexus)

doil être rapproché de ascia (axl en allemand ; ce qui est aigu, ùïù;). — 2 Hache j do néphrite, Schliemann, llios , fig. 105 (= Perrot, I/ist. de l'Art, VI, lîg. 0; c est nutre fig. (1255) ; d'aulres en jadéite, II' à la V” ville; 4 haches en pierre polio à Chypre, Dussaud, lier. Ec. Anthrop. 1907, p. 152 (la plus grande, long. 93 mm.

I Ù>-20mm.);I à Mégatopolis, 'Ex. in. 1905, pl. v, p. 84. De nombreuses haches I di ce type ont élé trouvées par Tsounlas, Les acropoles de IJimini et Ses/clo (Athènes, 1908) pl. xxxix, p. 310; elles sont en jadéite, ophite, jaspe, granit et I mesurent depuis 40 sur 39 mm. à 93 sur 45 mm. Je compte reproduire les princi- P»h's ainsi que celles du Musée de Sl-Germain dans l' Anthropologie, 1909. Finlay a | possi , I, ■ mi certain nombre de pièces semblables, 2 en serpentine trouvées à Athènes I Perrot, VI, fig. 12); t en granit noir, du Pirée et 1 semblable d'Orchomènc; I 1 ™ jaspe rouge de la Grèce du Nord (Perrot, VI, lig. 7 ; = fig. 6256) ; I en serpeu- I l111" d l.ubée. Elles ont été versées au Musée de 1 1 niversité d Athènes uù Dumont

SEC

tend à s’amincir, tandis que, pour mieux frapper, le

2° Les haches qui ne s’encastrenl pas dans le manche, mais qui sont forées en leur centre de façon que le manche puisse y pénétrer. Pour que ce trou central ne diminuât pas la solidité de l’arme, il fallut l'élargir dans la partie médiane. Du milieu, où la

la hase.

plus grande épaisseur, les faces opposées allaient en se rapprochant vers les extrémités. Au lieu de la forme plus ou moins triangulaire de la hache simple, qui frappe par un seul tranchant légèrement convexe, on se trouve donc en présence d’une hache double, de plan losangique, qui peut frapper

Fig. G257 à 6259. — Haches perforées.

alternativement par les deux extrémités, généralement moins larges que le centre et plutôt aflutées qu arrondies (fig. 6257 à 625'.)) J.

Tels sont les deux types principaux qu’ont imités les premiers fondeurs. Le cuivre fut, pendant longtemps, assez rare pour que les haches aient continué, bien après la découverte de ce métal, à être taillées en pierre. Quand la transformation du cuivre en bronze eut permis de perfectionner les armes de métal, ce sont les haches du sud de l’Europe qui paraissent avoir bénéficié les pre-

a vu en outre une dizaine de haches, ayant en moyenne 19 cm. de long, et 5 cm. de larg. provenant de Koumi en Eubée. Cf. Rev. arcli. 1867, 1, 358 ; 1809, 1, p. 298. D'autres sont signalées ibid. 1867, I, 147 et 260 (Kamiros, Orchomène, Gythium, Mégalopolis). Dans la collection Rayei, Catalogue, 1879, n. 4-9, on relèvedes haches de pierre polie de Kéros près Naxos ; 3 autres d Imbros sont publiées pai C. hiedrich, Ath. Mitt. 1908, 102 qui eu signale quelques autres de Naxos et de Mégarc conservées à Heidelberg; enfin Chr. Blinkenkerg, Archeol. Studio n (Copenhague. 1904) p. 16, éludie quelques spécimens, 2 cil néphrite (Samos, Epidaure), 1 en basalle (Corinthe), I en diorite (Phénéos), 1 en trachyte (Cléones). En Italie, citons celles du Brabbia (près Cômc), Monlelius, Civilisation primitive de l'Italie, pl. iv ; Reinedcllo (près Brescia) ibid. pl. xxxvi, 2; Vellcia, Pigorini, Rev. arch. 1674, II, 298 (aniphibolite) ; grotlcs de Sarzanaot Pollera (Ligurie), Bull. d< Paletn. III, 129 ; XIX. 58, 173 ; Issel, Liguria Preistor. pl. XXVII; grottes de Montc-Asperano (Labour), Bull, di Paletn. 1, 91 ; Val de Suse, Taramelli, Bail di Paletn. 1903, pl. i, V (jadéilc, long. 143 mm., larg. 43 mm., ép. 21 mm.) 5 (cliloromélanile, long. 125 mm., larg. 37 mm., ép. 28 mm.). Nombreux spécimens en Egypte, cf. de Morgan, Origines de°V Egypte, p. 98; Pétrie, Abydos, 1902, pl. xx. — 3 Schliemann, /lias, fig. 199 (= Perrot, VI, fig. 9, 1 0 et 1 1) (ce sont nos fig. 6257 à 0259) p. 306. Haches semblables à Dimini et à Sesklo, Tsounlas, Op. cit. pl. xu,p. 318 (granit, diorite, ophite, porphyre)^ Sicyone, Blinkcnberg, Op. cil. p. 93 (serpentine); à Thyateira en Lydie, Perrot VI, fig. 8; en Serbie, Yinca, Memnon, 1907, p. 178. On les trouve en grand nombre en Egypte et en Italie où leur centre de diffusion paraît être dans les palalîttcs de Laveno, Bodio, Caslcllazzo, Arqua Pctrarca, se répandant au S. jusqu'à Ancône et Forli, Cumarola et Sgurgola (Latium), ail N. en Savoie, Suisse, Bavière. Bohème. Cf. Colini, Bull, di Paletn. 1892, p. 235, 249 ; 1901, p. 12; 1903, p. 150. Les spécimens qui ne présentent qu'une cavité circulaire sont apparemment des pièces où la perforation n'a pas été achevée; clic s'obtenait sans doute en faisant tourner du sable humide à l'aide de bâtonnets dans la première dépression.

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niièrrs de ce progrès; de la région qui s’étend des péninsules grecque, italienne et ibérique aux vallées du Rhône et du Danube, les haches de bronze allèrent servir de modèle aux haches de pierre dans les pays septentrionaux'. Aussi, tandis que ces modèles permettent aux haches de pierre d’atteindre dans le Nord la plus grande perfection, le développement de la métallurgie arrêta de bonne heure, dans le Sud, celui du travail de la pierre. C’est au milieu de pièces néolithiques qu’on y rencontre les premières haches de cuivre. Ces haches plates ( fiat cclls, fîarhcelte )2 peuvent se distinguer suivant que leurs côtés longs sont presque parallèles3 (fig. 6260) ou qu’ils se rapprochent d’un côté, tandis que le côté opposé s’évase en demi-cercle*. Ce dernier type est celui que la Babylonie avait adopté, le côté du tranchant étant largement développé, le côté de l’emmanchement étant réduit à une courte saillie". Parfois, le côté destiné à s’emmancher s’évase à son tour; les côtés longs prennent alors une forme légèrement concave, et la hache est directement introduite dans le manche fendu à cet effet. La hache votive deîhoutmès III (xvie siècle av. J. -C.) peut donner une idée du lacis de lanières nécessaires en ce cas

Fig. 6260.

Hache piale.

pour maintenir la lame dans le manche (fig. 6261) 6. Ce type de hache et celui où, supprimant les côtés longs, la lame s’arrondit au sortir même du manche, se dégagent

en Egypte, dès les premières dynasties, du lingol ^ cuivre primitif.

Ces premiers lingots de cuivre sont souvent si petit, ou si informes qu’on a pu croire qu’on ne se trouviii pas en présence d’armes ou d’instruments, surtout qUaill| ces lingots sont pourvus de trous de suspension | haches seraient alors, ou bien des amulettes1 dnm l’usage s’expliquerait par ce culte de la hache qM; remonte aux origines de l’humanité, ou bien de véri tables lingots dont la rareté du bronze aurait fait la va leur monétaire, et dont les monnaies dites pélékeis et mipélekka, en Chypre et en Crète, conserveraient 1,. souvenir8.

Sur l’emploi comme haches de ces lingots, toute hésitation disparaît quand le rehaussement des côtés longs donne naissance au type dit des haches à bonis rehaussés ( flanged ' cells, kragencelte). Les deux bords commencent par subir, dans toute leur longueur, un léger relèvement uniforme 9 ; puis le relèvement s’accentue dans la partie centrale où il tend à se limiter; plus les ailettes que forment les bords ainsi repliés se rapprochent du manche qu’elles finissent par enserrer, plus se dégage la lame dont le rebord s’évase en demi-cercle. Dès lors, on peut distinguer dans la hache une face inférieure et une face supérieure, un tranchant arrondi terminant une lame aux côtés légèrement concaves et une base qui sert à l’emmanchure avec ailettes maintenant la hampe. A l’extrémité opposée au tranchant se développe un évidement plus ou moins prononcé recevant le coude même de la hampe I0. Bientôt, pour empêcher lu hampe de se déboîter, on ménage, à la naissance des ailettes, une sorte de cran d’arrêt11. Mais cette hache à talon ( stop-ridge ce.lt, leistencelt ), avec ou sans un ou deux anneaux destinés apparemment à recevoir des lanières, ne parait pas s’être développée en Grèce et en Italie comme dans les pays plus septentrionaux où elle a reçu le nom de palstab 12.

1 Voir Montelius, Die Chronologie der Bronzezeit , p. 1 14. —2 Je crois utile d’incliquer les désignations qu’emploient les savants allemands et anglais. Ce nom de celt , souvent usité en France, est un mot de bas latin, celtes ou ccltis (rattaché parfois à caelare, ciseler), qu’on trouve employé par saint Jérôme dans la traduction du livre de Job, XXIX, 24, au sens de gouge plutôt que de hache. Beger, dans son Thésaurus Brandenburgicus (IG9o) III, p. 418, aurait été le premier à s’en servir pour désigner une hache de bronze. Sur le caractère et la répartition des celt s, cf. J. Evans, L'âge de bronze , p. 29-178. — 3 Une dizaine à llion (3e et 5F ville), Schliemann, Ilios, fig. 80G-10;2 à Mycènes ; une dizaine en Chypre. Perrot, III, fig. G35 (long. 150 mm. Idalion; c’est notre fig. G2U0) ; Dussaud, Bev. Ec. Anthrop. 1907, p. 193 (le n° 10 a 97 mm. de long, 11 mm. d’ép. et pèse 203 gr.). Voir encore, Ridgeway, Earlij âge of Greece , I, fig. 22 a (Kythnos), 28 (Mélos) ; Furtwaengler-Loeschke, Myken. Vasen , p. 32 (Chios) ; British School Annual , IX, p. 333 ; A ntiquary, 1905, p. 323 ; Mosso, Le arm i più antiche di rame c di bronzo ( Accad . dei Lincei, 1908), p. 33 (Crète). Pour l’Ilalie, cf. Bull, di Paletn. XXXII, pl. v. 5-G (Remedello) ; XXIV, pl. xiv, 3 (Villa Chiozza, Emilie); Verhand. d. Berl. Antbrnp. Ges. 1900, p 547 (Ombrie) ; Mortillel, Attisée préhistorique , pl. xcvm, 1316 (Sienne) ; en Palestine, Montelius, Die Chronologie der Bronzczeit , p. 140. On a considéré Chypre comme le centre de diffusion de ce type de hache, cf. Modestov, lntvod. à Vhist. romaine , 1908, p. 92. — 4 Pour la Grèce, outre plusieurs des haches citées d’Ilion, voir Tsounlas, ’E®. àp/. 1898, pl. xn, 7 (Amorgos) ; Walters, Journ. hell. Studies, XVII, p. 04 (Nisyros); Mosso, Op. cit. p. 32 (Crète). Pour l'Italie, Montelius, Op. cit. IV, 7; XIV, 2 (terramare de Brabbia et de Castione) ; Mosso, Op. cit. p. 31 (Pouilles), p. 33 (Sicile); Bull, di Paletn. 1904. 159 (Sicile); 1905, p. 149 (Vilerbe). Pour l’Espagne, Siret, Premiers âges du métal en Espagne, pl. xn ; Atlas, pl. x-xi, xvi. Pour la Syrie, Myres, Journ. Anthrop. Inst. XX VI I, p. 112; Antiquary , 1903, p. 195; Arch. Jahrb. 1908, Pcibl. 14 (Tell Hesy). Pour la Russie méridionale, E. v. Slern, Die praemykenische Kultur in Sudrussland (Moscou, 1905), p. 08. Pour l’Asie-Mineure, Winckler, Alilt. d. Orient Ges. 1907, n° 35, p. 9 (Boghaz-Kcui); — 5 Longpérier, Œuvres, t. I, p. 170 ; de Clercq, Catalogue de la Collection , I, pl. xxxni,

„o 3Go 0 D’après Maspero, Histoire ancienne, t. I, p. G0. Des haches d’apparat

de ce l\pe nous sont restées d’Aalunès (Daressy, Bull, de l'inst. ég. 1899, 110) et d’Aah-hotep (Mariette, Album du Musée de Boulaq, 1871, pl. xxi); Maspero, Guide au Musée du Caire , éd. anglaise de 1908, p. 350. Cf. encore de Morgan,

Origines, I, p. 203-7; Pctrie, Nagada , pl. i.xy, 6; Abydos, 1903, pl. xv; Garstang, Bêt-Khallaf , 1902, pl. xvi. Ce type de hache de bronze étant <!cvenu sacré, on le retrouve dans les dépôts de fondation de temples ptolémaïques, |> ex. Pelric, Naukratis , I, pl. xxv, 1. Quant au manche, il peut être entièrement i ('couvert de lanières de cuir, cf. Arch. Survey of N ubia, 1908, pl. xxxvm. — ’-nr la hache amulette, voir p. 1IG8, n. 11. — 8 Déjà émise par Morlillct, celte théorie a été reprise par Ridgeway, Origin of metallic currency (1899), et par Svoronos, Journ. international d’arch. num. 190G, p. 147-237, qui ont voulu expliquer ainsi la présence de bipennes sur les monnaies de Ténédos, Maroneia, etc.

Si leur valeur sur ces monnaies reste bien plutôt religieuse, il n’en est pas moins vraisemblable qu’un certain nombre des instruments considérés jusqu ici comme des haches de cuivre doivent être rapprochés des saumons de cuivre à rôles légèrement infléchis que les Kefli (Crétois on Chypriotes) apportent en tribut sue 1 11,111 beau de Rckhmara, vizir de Thoulmès lll et d’Aménophis II (v. 1430), ‘p" ,c’l‘a raissent, 250 ans plus lard, dans l’hypogée de Ramsès lll et dont on a relrouv 'l|S spécimens certains à Scrra-Ilixi en Sardaigne, Enkomi à Chypre, Ilagio I nada ( n Crète, Cbalcis, Mycènes, Alliènes (cf. Forcer, Jahrbuch. d. Ges. f. /. olhriuijisd a Altertumskunde, 1906 et Mosso, Op. cit. p. 49). Comme c’est encore I.» fmme qu'affectent les lingots romains de Dierstor (Willers, Bronzeeimer nus II'"11 pl. xi), Lissauer a cru pouvoir leur assimiler tonies les bipennes en cm'11’ présentant au centre un orifice trop faible pour avoir servi à assujettir le |,,ai" qu'on trouve en Allemagne, Suisse cl France. Elles auraient été exportées i1 91 | comme lingots à valeur monétaire. (Z. /'. Ethnol. 1905, p. 519 et 1007 Congrès archéol. d’Athènes, 1905, p. 205 ; cf. Dussaud, Bev. Ec. Avilir . r'IL.P 1 ^ — 9 Pour l’ Italie, voir notamment, Bull, di Paletn. I, 1875 (Basilicate ; cf 203) ; XIII, pl. v (Bcrgame) ; XIV, p. 135 (Aquilée. cf. 1903, p. «4); XIX, P- (Sgurgola) ; XVI, p. 105 (Famé) ; XXIV, p. 103 (Valle délia Vibrala), pl- ' ^ dello) ; XXVI, p. 141 (Arezzo) ; XXXII, pl. v (Lomcllina près Pavie) ; Noli- n • p. 1 15 (dépôt de 7 haches à Vestini dans le Samnium). — 10 De type est con 1 11 ^ Ligurie, Montelius, Die aelteren Kulturperiodcn im Orient und Europ' ^ Stockholm), p. 23-24 ; en Ombrie, ibid. p. 22 ; en Élruric, Milaui, Studi e >" '

en signale un spécimen trouvé y"

° .2 Voir Morille

.oui citer

II, p. 219. Morlillet, Op. cit. pl. lxxi, 805,

Rome. — il Montelius, La Civilisation primitive , pl. xv, 2.

Op.cit. pl. i.xxii; Leissauer, Z. f. Ethnol. 1905, 793. Pourtant, on eu I1 en Sardaigne, Notizie, 1882, p. 310 et en Rhélique (Oberziner, 1 Beli, p ■

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h fin de l’âge du bronze, dans le domaine de l’anli- . ■ ' înecimip on voit les ailettes, en se limitant au 1 . p0Stérieur de la lame, donner naissance au type

ri de fi» hache à ailerons (wimjed celt, lappencelt), qui ' ' rait avoir été en usage vers le vm-vii0 siècle, tant l1lU" 1 en Grèce1 qu’en Italie, où il

est un produit caractéristique de la civilisation dite de Villanova. Dans les tombes et les dépôts des environs de Bologne2 (fig 6262), à Este3 et en

pig gjgj, — Hache à ailerons.

Étnirie \ on retrouve cette même arme longue de p; à 20 centimètres, comprenant une lame massive de 7 10 centimètres et un talon plus mince séparé de

la lame par une sorte de ressaut; contre ce ressaut, la tête fendue d’une hampe de bois coudée venait buter, maintenue par les ailerons; au-dessus de l’aileron supérieur, un anneau servait à faire passer les liens qui consolidaient l’assemblage. Pour le rendre plus solide encore, on fut amené à faire joindre les ailettes qu’on finit par souder ensemble. Ainsi se constitua la hache à douille ( socketedcelt , hohlcelt ), haclie pourvue latéralement d’un ou deux anneaux ou

crochets et où des ailerons simulés ornent parfois les côtés de la douille (tig. 6263; 8. Avec la lame très développée aux dépens du talon et ornée d’une décoration linéaire6, on atteint le dernier terme, en Italie du moins, de l’évolution du type des haches de bronze où c’est le manche qui s'engage dans la tète

de l’arme.

Pour éviter les inconvénients du manche coudé et pour allégorie poids de la hache, on paraît avoir, en Égypte, dès le début du Moyen-Empire (vers 2 000) 7, pratiqué un double évidement dans la partie de la lame qui s’encastrait dans le manche (tig. 6264). Quand ces évidements se prolongeaient jusqu’à la face opposée au tranchant, la hache prenait ainsi une forme semblable à celle de la pelle amazonienne, forme si ordinaire dans les haches de bronze égyptiennes que c’est d’elle que dérive le signe déterminatif du métal. La triple languette de

1 British Muséum Bronzes , p. 335, n. 2026-9 (Olympic, Grande-Grèce). — 2 M011tclius, Civilisât ion primitive en Italie, pl. xxxv, 2-3, i.xvii, 3; A. Grenier, Rev. arch. •Mq I, p li (= fig. G262). Une carie de répartition de la hache à ailerons a été dressée par Lissauer, Z. f. Ethnol. XXX VI II, 817. — 3 Garlailhac et Chantre, AJatériaux, 18S4. — IMorUllct, pl. xi.vm, 1307-9 (Rimini); Osborne, Op. cit. XIII, 5 (Voici); Falclti, Yetufonia, X V 1 1 1 , 20 ; Notizie, 1907, p. 318 (Grosselo). — 8 A. Grenier, loc. cit. tire la fig. 0263 du dépôt de la Fonderie à Bologne où il y aurait 400 haches à flomlle pour 1700 haches à ailerons. On en signale encore à Herculanum (Babelon, Uiun^cs de la Bibl, nul. p. 667), à Dodoue (Carupanos, Üoclone, pl. liv, 4), en Toscane (Mortillet, Op. cit. pl. xlvjii, 1305) et en Vénétie {Notizie, 1906, 429). Les deux G|" s apparaissent dans les deux dernières des quatre périodes de l’âge de bronze Mien, Cf. Bull, di Paletn. 1873, p. 42; 1876, p. 242; 1882, p. 118; 1886, p. 57.

I ’ Mo'ilelius, pl. lxxxii, 12; lxxvii, 3 et 4 (nécropoles bolonaises). Le type de la '•"lie à douille manque en Grèce (pourtant ou connaît un exemplaire en bronze à j a" Ia,‘s’ fetrie, Naukratis, I, pl. xi, 24) et en Asie-Mincure, mais apparaît dans < ,uicasc d en Hongrie. — 7 C’est à celte époque que se rapportent les soldats des tMl>i( s de Beni-Hassan, Rosellini, Alonumenti deli Eijitto, U, pl. xix ; Arcelin, M&- H P*- xix î Wilkinson-Birch, Manners and Custorns, l, p. 215 ; Maspero,

l'11" a,<c,ennc, B P- 453 ; 11, p. 213; VV . M. Millier, Asien and Europa , p. 8.

( l' " *10 semblable est maniée par le charpentier, de la tig. 6265- (= l’errol, I, I n i * " U *'ie sescou^l‘es sc servent d'ordinaire d’une hache dont la lame forme I' " ta première dynastie ou voit qu'on perçait celle-ci d'un trou pour y

l»^ ' 11111 *a,n‘^1>e *a maintenant contre le manche ;cf. Morgau, Oriijines , 1 1 . p. 250 ; letlu °/ 1 l>C II, pl. m, v, 76. — « A Kadcsch et à Beiroulh, cf. Déclic-

iiiôiiic i ' n^lroP°l°ftie, 1903, p. 660. Les sculpteurs égyptiens ont représenté cette l,lC H a ^aiual' entre les mains des Syriens que Touthmès III assomme et entre

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bronze, qui subsistait seule ainsi sur la face opposée au tranchant, était ou bien fixée par (les rivets dans les fentes du manche, ou bien repliée de façon à former une douille où s’engageait le manche. La hache de ce type, répandue àl époque mycénienne, en Syrie8, en Lydie9, à Vaphio 10 (fig. Vlfà;,

Fig. 6264. Fig. 6265. — Hache évidée.

à Mycènes11, parail ne s’être maintenue, a 1 époque classique, qu’à Carthage12 où elle est 1 attribut d un dieu.

Tous les types que l’on vient de passer en revue présentent le même système d’emmanchure : c’est la hampe coudée qui vient s’engager dans la partie métallique. Pourtant, l'époque néolithique avait légué aux âges suivants un autre type de hache, qui devait puissamment contribuer au progrès de l'arme. Lorsqu on sut, en coulant le bronze, réserver au centre un évidement circulaire, on put produire des haches à deux tranchants. Par réduction de la largeur de la partie centrale et par développement des tranchants en demi-cercle, ces haches donnèrent, de bonne heure, le type classique de la bipenne. Parmi les exemplaires de bronze qui présentent encore la forme losangique des haches de pierre, le plus beau, qui provient de Phaestos en Crète, mesure 22 centimètres de long et 6 de large ; l’épaisseur au centre est de 24 millimètres. S’éployant sur la partie centrale, un papillon (ou une abeille) se détache en si fin relie! qu il faut supposer que la lame a été fondue à la cire perdue (fig. 6266) 13.

Fig. 0200. — Hache à deux tranchants.

celles des Cananéens qu'écrase Séthos I. Si même cette hache est d'origine syrienne, elle parait dès le Moyen-Empire aux mains do soldats égyptiens, cf. Newberry, Boni Hassan, 1, pl. xxxu ; HlBersheh, pl. xm et xxix. -9 l’er.ot. IV, 074(Euiuk) V, p. 297 (Traites) ; de ltidder. Bronzes de la Soc. archéol. (t'Atliènes, p. 104 (Pergaine), p. 101; Bronzes deClercq, 111, p. 343; Forrer, Healencyclopcïdie , p. 07 (Sinyriic). — 10 Tsountas, ’E®. in. 1889, pl. vin, p. 150 : (d'où Perrot, VI, p. 978, fig. 5 >3 cl notre fig. 0265) ; cf. S. Reinach, l'Anthropologie, 1890, p. 554. Même hache sur une sardoino de Vaphio, Perrot, VI, p. 847. — U Schlicmanu, Mgcinee, p. 177, fig. 102. Elle semble portée par uu prêtre sur un sceau de Knossos, British Scltool Annual,

VU, p. 20. 12 Cf. Déchelette, Loc. cit. — 13 Mosso, Op. cit. pl. u. 11, p. 28.

Outre les pièces Cretoises que reproduit Mosso, pl. u-iv, voir l'énumératiou que j'en donne, Archices des Missions, 1909, s. v. Rhctymno. Les plus anciennes sont contemporaines de la XI h dyn„ époque à laquelle la bipenne ne parait pas avoir été connue eu Égypte (les 2 bipennes de broiuo du Musée du Caire, Cat. of qreek bronzes, p. 63, sont probablement de fabrication grecque). Mais on les trouve en Hongrie d'une part, eu Assyrie de l'autre et en Syrie (notamment entre les mains des chefs qui abattent les cèdres du Liban pour Séthos 1, v. 1300, Rosellini, Mon. H, pl. xi.vi). Pour le monde gréco-latin, Schliemann, Tirqnthe, fig. 100 (long. 205 mm., larg. 45); Mycènes, fig. 173; Jlios, n. 1429-30 (6- ville): Uussaud, Beu. lie. Anthrop. 1907, p. 194 (Idalion et Eiihomi de Chypre); Xanlhoudidis, E®. in- l906> 133 (si,eia en Crète, fin du Cycladique; long. 170 ou 130 mm., larg, 50 mm.); Carapanos, Dodone , pl. i-vu, 6; Bosauquct, Pliylakopi of .1/e/os, 7, 191 ; Ridgeway, Early âge of Greece , 1, f. 27 (Chios) ; Montclius, Die Chronologie, fig. 48-9 (Oiympie) ; fig. 46 (Cividalc) ; Montclius, Archiv. f. Anthrop. XXI, „ 3fl (Sardaigne). Vers 3700, Naram-Sin d’Agadé porle déjà une hache d’armes perforée (cf. Lindl, Cyrus , fig. 8).

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Ce type de hache aboutit, d’une part, à la bipenne amazonienne [amazones] qui paraît avoir servi de hache de guerre aux peuples scylho-perses 1 ; d’autre part, il suflit de ne donner à l’une des ailes ou branches de la hache que la moitié de l’épaisseur de l’autre et d’en aplatir l’extrémité pour obtenir un instrument dans le genre du pic, avec un tranchant parallèle et une pointe perpendiculaire à la direction du manche; comme arme, on trouve cette hache-pic également en usage chez les peuples italiques et scythiques (cl’, lig. 1275) où le tranchant est parfois droit, parfois convexe (lig. 6267) 2. Si, de l’extrémité parallèle à l’extrémité perpendiculaire, on ménage une courbe continue, si la largeur de la hache va donc en décroissant à mesure qu’augmente la hauteur, on obtient un instrument très pratique, puisque les deux tranchants sont dirigés en sens Fig. 6268. Huche à tranchants opposé (fig. 0268) 3. En modi-

opposés. 1 r

fiant les dispositions respectives des ailes, on donne naissance à toutes les variétés de la

hache double : une massue, en adaptant une sorte de chapeau de bronze plein au-dessus du trou d’emmanchement (lig. 6269) 1 ; une hache- marteau en aplatissant l’une des extrémités en une surface parfois circulaire5; une hache-pic en recourbant vers le manche la pointe qui lui est per-

1 Voir p. 1 17u, noie 1. Un trouve parfois des Amazones ou des Scythes porlaul des haches qui ne sont évasées en pelté que d’un côté, l'autre se terminant en pointe ( Album des vases du Louvre , pl. xm, et Mon. a. Inst. I, pl. iv ; c’est notre lig. 6267) ; àSélinonle, celte pointe est recourbée, lig. 6270 et note 7. — 2 Pour Phacslos Mosso, Op. cit. pl. ii, 10 (long, 182 mm. ép. 30 mm., larg. du tranchant, 42 mm.), pour Vaphio, Tsounlas, ’Eç. àoy 1889, pl. vin, 2 ; pour 1 lion , Montclius, Archiv. f. Anthrop. XXI, p. 20; pour Delphes, Perdrizet, Fouilles de D. Bronzes , V. p. 5; pour la Thracc, Mitth. aus Bosnien, 1,316; 111,519; IV, 180; VI, 147; X, 4 , pour la Sardaigne, Montclius, Die Chronologie, p. 100. — 3 Xanlhoudidis, ’Eo. àpy. 1906, p. 134 (Sileia, ép. cycladique) ; Mon. Antichi , XV, 467 (Phacslos) ; Docrpfeld, Troja and Ilios, p. 401 (7° ville). Les paysans crétois nomment encore ;ivàç,i (axinarion) celte sorte de cognée. — 4 Perrot, III, p. 867, lig. 634. Idaliou de Chypre a fourni une seconde hache de ce genre où la boule est remplacée par une tête de griffon, ce qui laisse croire que la boule jouait plutôt un rôle décoratif ( Bronzes de Clcrcq , 111, p. 3 42). L’habitude d’orner de tètes d'animaux sauvages les haches parait d’origine scytho-perse (S. Reinach, Antiquités de la Russie méridionale, lig. 369; Canon Greenwcll, Journ. Anthrop. Soc. 1907, p. 200; Much, Die Kupferzeit in Europa , 1896, fig. 76). Dans Wilkinson-Birch, Manncrs and Cusloms of ancient Egyplians. t. I, p. 215, deux exemplaires en bronze avec lame en forme de pelté se terminant en tôle de lion sont cités comme trouvés à Tlièbes et à Béni Hassan. — 5 Plusieurs instruments de ce type provenant d’Uion dans Schmidt, Schliemanns Sammlung , p. 242-3, 272-3, et Goetze, Die Kleingerûle aus Metalt, p. 373; c’est à ce type qu appartient l’exemplaire de la nécropole de Jorlan en Mysic (Collignon, C.-R. Ac. Inscr. 1901, p. 814). On peut comparer celui publié dans Pétrie, Naukratis, I, pl. vi, 95. — 6J.-L. Myres, Journ. Anthrop. Jnst. 1897, p. 176 (Phigalie). On peut rapprocher celle hache de la hache en bronze de Glasiualz et de celle en fer des environs de Milan, dans une tombe de Trezzo (cf. Montclius, La civilis. primitive, pl. xlvi, 18). — 7 Une hache de ce type est tenue par une Amazone sur une îles métopes de Séliuonle du vie siècle et il s’en serait trouvé trois semblables dans une tombe

Fig. 6270. - Ilaclie-pic.

pendiculaire0, ou on la ramenant contre le nianchp r demi-cercle 1 (fig. 6270), etc,. En supprimant ]’une ()|1 l’autre des ailes, on obtient une nouvelle série de hachettes 8. Ce sont ces formes diverses qu’il a suffi de reproduire en fer (ce qui se faisait sans doute en Grèce dès la fin de la période mycénienne et dans l’Italie des terramares, xu''-xie siècle) 5 pour obtenir les variétés qu’on a étudiées sous les rubriques ascia, bipennis,

nOLABRA, MALLEUS*0.

Les Usages. — Usages religieux.

— Instrument des premiers progrès de l’homme, la hache n’a pas tardé à recevoir un caractère divin.

Les pierres qui présentent naturellement une forme de hache ont été, de tout temps, regardées comme des pierres à foudre des kêraunies , et vénérées comme les éclats de l’arme dont les coups sur l’enclume du ciel produisaient le tonnerre (fig. 6271) H. Dans la région de la Mésopotamie, le culte de la hache, dressée sur une hase ou sur un autel comme emblème religieux, nous est connu par des représentations gravées sur des cylindres 12.

Dans le bassin méditerranéen c’est surtout la hache double qui, en Grèce et en Asie-Mineure, paraît avoir été considérée d’abord comme celle des dieux. Sur nombre d’objets religieux qui remontent à la civilisation égéenne, la hache présente même, de part et d’autre

semble que deux haches, semblables mais de dimensions différentes, aient été associées, sans qu’on puisse préciser le sens de ce symbole. Quand quatre haches de ce type sont groupées autour d’une rosace, on doit

ti Oi'v ieLo du v® siècle (lielbig, l' lïpopée homérique, p. 452, noire lig. I J lo. Ml‘ densclunit, A Ulierthûmer, U, 2,pl.n, 17 (Italie); Orsi, Bull, di Paletn.XW'-V !"1 XVI, p. 40 ; XXIII, p. I PJ; XXVI, p. 107 ; XXIX, p. 14, 119; XXX, p. 55; XXXI, p. 128 (Sicile) ; Ccsnola, Cyprus , pl. v (Alambra de Chypre) ; Montclius, F 1 nologie , p. 153 (Chypre). — ,J Ainsi une hache double en 1er a été trouvée dans une tombe à tholos de Crète, Journ. hcll. Stud . 1807, p. 320. Il est diflicile de se prononcer sur l’àgc de la bipenne en fer du Lumulus de Loggio l’epe et d, ,;lu ques monuments similaires trouvés en Élrurie, Mosso, Mem. II. Acc. Lincu XII. p. 511 ; Milani, Studi e maleriali , IV, 1909. Huit haches à douille en feront ,0 trouvées à Lovere (Transpadano) en même temps qu'une épée du type l,al:nl Notizie, 1 908, p. 12. — >9 Voy. aussi lig. 3373, et pour la hache ou pic t'1- 111 riers et mineurs, mutai. i. A, p. 1852, u. 5, 1867. — U Cette pierre à foudre lide, avec symboles mystiques milhriaqucs, est reproduite d après Perrot. ^ VI, p. 110. Sur les traditions relatives à ces pierres, appelées këraunta pu

•tropétë/cia par les Grecs modernes, voir pour 1 Italie, I"

dans les

Grers anciens et astropélékia par les Grecs modernes, voir pour Qti amuteti (Pérouse, 1007) et, ou général Cartailhac, L’âge de pierr ^ ^ ^ souvenirs et superstitions popu'nircs (Paris, 1877). Pour la Gaule, voy I1'

Manuel d'arch. prêhistoriq. I, p. 610. Les cerauniae , similes secirt distinguées en noires et eu rouges: « par leur moyen on prend les v"1,

que Galba ayant va G

bus. étaient et les

surit (Isn-

flottes » affirme Solacus, ap. Pli». XXX VU, 51. On sait qu foudre tomber dans un lac des Canlabres, le fit fouiller; repertne ^

decim secures, haud arnbiguum sirnmi imperii signnm (Suel. Galba. bâches se trouvaient sans doute dans le lac, par suite de la mémo sup< 1 1 ^ ^

en a fait découvrir à Tlioune consacrées aux Maires «lu lac et dans I» i'1 ^

dédiées à Jupiter (Mommsen, Inscr. Helv. n° 21 1 ; Corp. inscr. lat. XH I, ^j(l

Sur les pierres à foudre et sur le culle de la hache dans I antiquité ila I ^ ^ A. J. - Reinach, Revue del’Hist. des Religions, 1909, p. 400, et Ardu' / gionsicissenschaft. — 12 Longpéricr, Œuvres , t. I, p. 170 ; Heuze) , D'orientales de l'art, p. 194.

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tonnorro

doute lus considérer comme des symboles du associés à celui du soleil *. Des ornements linéaires ou de petits cercles 2 sont souvent gravés sur les ailes de l’arme sacrée. Sur le fragment de vase de style géométrique reproduit (ig. 6'27t2 on voit la bipenne suspendue par un anneau, comme un objet votif11. Tel étaitprobablement le rôle des minuscules bipennes

de bronze ou d’or trouvées à

i - Manche Je hache avec Knossos et à Mycènes, à Sparte amica"- et à Delphes '*. Bipenne ou

rpiadripenne B, la présence de cette arme auprès d’une uHe (je bœuf r’ (fig. 0273), au-dessus d’une chèvre \ d’une colombe 8 ou d’un poisson 9, sur une urne funéraire10 ou sur une lame d’épée11, suffît à donner à ces objets un caractère religieux. Comme le labyrinthe peut s’expliquer par le nom carien de la Double Hache, labrys 12, et que des rapports nombreux paraissent exister entre la Fi*- " Brac' Crète primitive et la Carie, on a proposé de voir, dans les bipennes gravées sur les murs de Knossos et dans celles qui faisaient partie de son sacrarium, la preuve que ce palais était celui du dieu de la Double Hache et des rois-prêtres issus de lui 13. Le taureau était l’animal sacré de ces rois. Ses cornes présentant une certaine analogie avec la forme des haches doubles, on peut expliquer ainsi l’association fréquente de la bipenne et du bucràne et imaginer le grand

dieu de la Crête minoenne “ sur le modèle du Zens I.abrandeus de Carie ou du Jupiter Dolichenus de Coinagene, monté sur un taureau et brandissant une bipenne (lig. 21811, 24U0)15. On rapproche également la grande déesse guerrière de la Cappadoce Ma, Cybèle ou Bellone10, dont la hache est un des attributs (lig. 815), de la divinité Cretoise que la tablette (h; Sileia montre exaltant, unebipenne danschaquemain 17. Si ce n’est pas là une déesse, c’est du moins la prêtresse portant la hache divine, et l’on a supposé que les Amazones, dont la bipenne est l’attribut caractéristique, n’étaient que des suivantes ou des lidèles de la déesse asiatique à la double hache18. De la Scythie, leur patrie, jusqu’au Noriq-ue où Latobios 19 est armé de la hache comme ses frères du Nord-Ouest Sucellus, Tarann et Odin, des divinités à la bipenne sont disséminées chez les Thraces, les lllyriens et les Celtes.

Sans qu’on puisse faire encore la part des influences de Thrace, de Crète ou d’Asie, et bien que, en raison de son antiquité même, la hache se soit effacée dans le culte devant des attributs plus nouveaux, la religion de la Grèce classique en conserve encore le souvenir. Dionysos reste le dieu de la bipenne comme du taureau, et il est adoré à Pagasessous le vocable de Pélékus *°. Arès, venu de Thrace comme Dionysos, aurait tué Halirrhotios d’un coup de hache21 ; Héphaistos, qui possède à Lemnos un des premiers sièges de son culte (fig. HOU), est armé de la hache à litre de forgeron divin. Non loin de Lemnos, Ténédos (fig. 861) grave la bipenne sur ses monnaies et associe celle arme au souvenir de son héros éponyme Tennès22. Parmi les divinités déchues au rang de héros dont la bipenne est l’attribut, il faut rappeler Hercule

i Voir les gemmes reproduites dans Schlicmann, Mycènes. p. 218 el 3G2 ; Tirynthe , p 108; Tsounlas, Rev. arch. 1900, 1, 8: Furlwacngler, Olympia, pl. xxvi ; Antike Ccmmen , pl. n, 42; Dritish School Animal, VIII, p. 53, fig. 01 ;lX,p. 114. — 2 Sur tin vase tic Knossos, Dritish School. Animal, VII, p. 53, fig. 15 a ; les haches du même type ont élé trouvées dans la grotte du Diklè, ihiil. VI. p. 109 ; VII, p. 53; IX, p. 1 1 >. Les plus giandes mesurent 28 cm. de long. ; les unes sont en bronze d’une seule pièce, avec trou pour le manche (p. 109, fig. 40, 3 el 5) : d’autres sont faites de (leux pièces ipi’une pièce centrale réunit de part et d’autre avec 4 rivets (fig. 40, 2). Les plus helles haches de ce genre sont celles de Trallcs en Lydie (Duruy, Hist . d s fines, I, p. 34 , l’errot, V, p. 290, fig. 201), celle de llallslall en Basse-Autriche (Nickeii, Halls! ait, p. 41) et celle d’Italie publiée dans Morlillcl, pl. xcvm, 1307 et dans les Bronzen du Musée de Karlsruhe, p. 28. Lignes géométriques et petits cercles centrés se rencontrent sur les bipennes que représente la tablette de Sileia, Milani, Studi e materiali, I, p. 176, 198 el sur celles du trésor de Tral es. — 3 Bliukonherg, Archdolog. Stndien, 1904. p. 4G, fig. 28. — 4 On signale une bipenne en or dans les couches profondes du temple d’Artémis Orlhiaà Sparte, Memnon, 1907, P- -4'» ; d’autres à Mycènes, Schlicmann, Mycènes , fig. 3G8 et à Knossos, Evans, Ih'itish School Annual, 1902, p. 101 ; les bipennes de Tralles sont du même métal, l‘< rrol, V, p. 295. Celles qui onL été recueillies à Delphes sont en bronze, Pcrdrizcl, /‘oui lia s de Delphes, V, p. Il et 120. Avec le nom du héros Labys, elles semblent attester à Delphes un culte primitif de la double hache. Le culte de la Magna Mater guerrière explique les bipennes d’ivoire minuscules trouvées au temple d’Ephèse, cf.

Pour la fig. 6273, voir note G. — 5 La présence de quadripennes est très m ile sur des chatons de bague publiés par Schlicmann, Mycènes, p. 437 ; Perrot, \l. P- 841 (notre lig, G273). — 6 Voir la quinzaine de brac lé • s en or représentant un uicrane surmonté d’une bipenne provenant de la quatrième tombe de l’Acropole, Se h I immun, Mycènes, p. 320; Perrot, VI, p. 823; Karo, Archiv. /’. Rcligionswiss.

I m,E p. 131 ; cf. un vase du Diklè, Annual, VI, 108 ; des entailles de Knossos, Lagiangp, La trùte ancienne, p. 83; une gemme de l’Hcraeum, Furlwacngler, Ant. Gcmmen, pl. n, 42. — 7 Lagrange, La Crète ancienne , p. 50 (Diklè); Animal, VI, P- 1"- et 104. Sur une amphore de Kurium en Chypre, Perrot, III, fig. 5l4;(Kurium h 1 I pas loin de Kitium où on adore précisément un couple nommé Keraunios et '""/oiia, c*’ ^ev' arch. 187G, p. 381). C’est plutôt sur un cheval que la bipenne est M-pnidue comme dans Blinkenbcrg, Archaeol. Stndien , 1904. p, 4G (notre lig. G272).

* a colombe juchée sur le pilier terminé en quadripenne du sarcophage de llagia '•ada. Paribeni, Mon, Ant., 1908, p. 31 ; A. J.-Bcinach, Rev. arch. 1908, II, p. 285. ‘ tu des objets de culte crétois, Dritish School annual, V 1 1 1 , p. 197, |f. 04; IX, * ^ ~~ ^ur un pithos de Paleokasl.ro, Dritish School annual, IX, p. 3 40. p.( ( ‘ uno raP>ére en bronze de Théra, Tsountas-Manalt, Mycenean Age , p. 235. j. "l" *iac*,e simple. — 12 Sur celle hypothèse soutenue par Krelschmer, lîvaus, ^ 1 ^ I "llu apologie, 1902, p. 2G), cf. en dejnier lieu, Vollgraff, Rhein.

' Lonway, apud Burrows, Discoveriss in Crete, appendice B. — 13 Cf.

A. J.-Reinach, Revue des Etudes grecques, 1905, p. 78; Dussaud, Revue hist. des Religions, 1905, p. 29 ; Burrows, Discovcrics in Crète (Londres, 1907), p. 25, 110, 158 ; Lagrange, La Crète ancienne (Paris, 1908), p. 10, 69, 79-81. — 14 Le personnage qui porte une bipenne sur la gemme de Knossos, Dritish School Annual, VII, p. 20, est plutôt un prêtre qu’un dieu. Legrand nombre de haches votives de la grollc du Diklè, qui aurait abrité l'enfance du Zens crétois, implique que la bipenne était son attribut. C’est un des Daklylcs Idéens, prêtres de ce Zens, qui aurait purifié Pylhagore t/j *ep*uvt’a Tu'Ou, (Porphyr. Vit. Pyth. 17). — 15 Le plus connu des dieux du type «lu Zeus carien, très influencé sans doute par le Haniman babylonien et IcTcchoup b i Hile, est celui «le Dolichèen Commagène (cf. cidessus, t. IL 329). En dehors de Jupiter Dolichenus, la bipenne se voit entre les mains du lladad Ramman de Damas, du dieu cavalier de Lydie et de Plirygie et de la déesse sa parôdre. Outre le relief publié Journ. Hell. Stud. 1888, p. 235 et Bull. Corr. Hell. 1880, pl. x, voir les monnaies d’Euniéncia, Tlivateira, Ancyre, Blaundos, Moslcnc, Dionysopolis, lliérnpolis, etc., dans le Catalogue of Grcek coins in the Dritish Muséum, Lydia et Phrygia; pour la bipenne du Zeus de Mylasa, ibidem, Caria et l’art. Lambraundos du Lexikon de Bosdier. — 16 Voir surtout Pholius et Et. Magn. : vuSiriVaai* «e'Xcxfjvai : Tzelzes ad Lycoplir. v. 1169; Anth. Pal. VI, 94; libull. I, G, 47; Apul. Met. p. 2GG. D’après les monnaies alléguées à la n. préc. la plupart des Maires phrygiennes porteraient aussi la bipenne. — 17 Lagrange, Op. cil. p. 69; Milani, Studi e materiali, 1, 2, 17G. Cf. une gemme de Knossos, Annual, IX, p. 8. C Et. Magn. 707, 18 rapproche sagaris de Sangarios. On peut également alléguer un vase «lu Musée de Naples, d’importation ou d’imitation créloise, où une série de danseuses portent alternativement une bipenne et une flèche (S. Rcinach, L‘ Anthropologie, 1896, p. 539). — 18 Voir les articles Amazones de notre Dictionnaire , du LeoriAon de Roschcr, de la Realencyclopadie de Pauly-Wissowa. — 19 Sur Latobios. une des formes du Dispater celtique, lloral. IV, 4, 18; C. i. I. III, 2, 4815 et Hôlder, Kelt. Sprachschats, s.v. — 20 Sur Dionysos Sç Éxa'/.eTto ntXexu;(.S'cAo/. ad II. XXIV, 428 ; Fragm. hist. gr. I, p. 332) voir Stcphani. C. rendus St-Petersb. ISG3, p. 1 28 et Wroth, Classical Revieu \ 1892, p. 472, 1893, p. 82 qui allèguent la bipenne des monnaies des rois Odryses el d’Alexandre de Pltères, adorateurs de Dionysos. Bien que Maas, Dermes 1888, p. 70, veuille corriger en «cXâyto; le vocable du Dionysos de Pagases, de nombreux monuments mettent la bipenne entre les mains de Dionysos (voir ci-dessus 1*‘S lig. G59, 702, 87G, 2020).— 21 Et. Magn. p. 590, 43. — 22 Monnaies de Ténédos dans Mionncl, II, 671,264; Suppl. V, 584 (cf. à Maroncia, Mionnet . S uppl. II. 338). On sait par Plutarque (De Pyth. Or. 12) que Ténédos avait dédié à Delphes une bipenne. Comme explication de ce culle, les anciens ont proposé : lu l'existence à Ténédos d’une race de crabes portant une bipenne empreinte sur leur carapace; 2° le châtiment par la hache qu’un roideTénédos aurait institué contre les adultères; 3° Tennès coupant d’un coup de hache l’amarre «lu bateau de son père Kyknos, (ils d’Arès. Voir le comin. de Frazer ad Pans. X, 14*.

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qui l’aurait conquise sur les Amazones’ et qui l’aurait laissée, comme insigne de leur pouvoir, aux Iléraklides de Lydie; Thésée qui, suivant un autre récit, l'aurait reçue d'Ilercule*; les Lapithes, alliés de Thésée3; Lycurgue, une des hypostases du Dionysos [baccuus, p. 007 sq.] ou de l’Arès thrace, dont la bouplêx reste légendaire 4. Cette bouplêx est la hache qui sert à assommer les bœufs6 ; à ce titre, la hache est restée en usage en Grèce parmi les ustensiles de sacrifice [sacrificium, p. 96N, n. 4; dipoleia, fig. 2453]. Les exemplaires retrouvés dans les temples de Dodone6, de Delphes 1 ou d'Olympie8 sont en bronze; il y a lieu de croire qu’il en était de même des haches qui servaient au sacrifice.

L’Italie primitive, aussi bien que la Grèce, ne paraît pas avoir ignoré le culte de la pierre à foudre, divinisée à Kom,e sous le nom de Jupiter Lapis, tandis que des kéraunies figurent dans le diadème de la Junon du Capitole9. La hache de pierre de la forme la plus ancienne se trouve imitée en bronze dans ces pendants qu’on nomme tintinnabula , sans doute amulettes destinées à protéger de lafoudre Cette hache simple (fig. 6274) “ ; ou la hache à double tranchant [bipennis) 12 apparaît tour à tour sur les monnaies des villes étrusques Fig. 6274. — Hache et couteau lulg sorte de maillet à double

de sacrifice. face ^ paUr[|)ut dieu ChthO-

nien que les Etrusques ont assimilé à Disputer ou à Charon (fig. 1358-1360). La sacena 13 des pontifes, la securis des licteurs avaient été sans doute à l’origine la marque du caractère sacré de leur office. Cette hache ne fut par la suite, entre les mains des licteurs, qu’un instrument de justice militaire [lictor], entre celles des prêtres, qu’un ustensile du sacrifice. Les popae en sont pourvus dans toutes les scènes où l’on sacrifie des taureaux ou des

1 Plutarch. Qaaest. gr. 45. Cf. Radet, La Lydie, p. SI ; Willamowilz, Herakles, I, 315. 2 paus. I, 27, 7; Slephaili, Vases de l'Erm. 100; ilusco ital. III, p. 261. — 3 Cf. entre autres monuments, Annali, 1800, pl. 1 ; Concstabilc, Mon. di Derugia^ pl. iaix. — 4 Sur Lycurgus bipennifer (Ov. Met. IV, 22) voir l’art. Lykourgos au Lexikon de Rosclier. D’autres héros dionysiaques, Térêc, Atliamas, Polytechnos s'arment de la bipenne dans leur fureur. Pcut-ôtre Orion, le dieu chasseur de la Béotic, portait-il également une bipenne en outre du pedum , d’où son surnom de «rxeiîa pvéuç ( Etym . Magn. A, 581, A). Pour la bipenne employée à fendre le crâne de Zcus ou l'œuf de Léda, cf. Romagnoli, Ausonia , 1908, p. 259. —5 Des monuments et des textes postérieurs, il ressort que la {SquicXt,!; ( Il . VI, 135) doit s interpréter comme une hache double de sacrifice du type dont on trouve un ex. Bôm. Mitth. 1 890, p. 08,

6 Carapanos, Dodone , pl. uv. — 7 Perdrizet, Fouilles de Delphes , V (1906),

p. 5, 120. Des réductions de bipennes en ivoire ont été trouvées au Temple d’Ephôse. Hogarth, The archaic Artemision , 1908, p. 170, 337. — » Furlwaengler, Olympia, pl. xxvi. Peut-être faut-il également considérer comme objets de culte la bipenne de bronze publiée par Cesnola, Salaminia of Cyprus , pl. m, 11, en la rapprochant de celle qui figure sur les monnaies d'un roi de Marium (Babelon, Perses Achéménides , p. cxi.vn) ; les 4 bipennes en fer de la grotte du Diktê, Museo Ital. Il, p. 1 1 2 ; celle enfin qui porte un dédicace à Héra de Crotone, Roelil, lnscr. Gr. Antiquiss. 543. — 9 Mari. Cap. 1, 07 et 73. Bien qu'on retrouve des kéraunies dans le diadème d'Isis, ce rite est probablement à Romo originaire d’Élrurie où celte Junon était la compagne d’un Dispater, armé do la hache ou du maillet; cf. Müller-Deecke, Die Etrusker, 11, p. 8G, 108 — 10 Montelius, La Civilis. primitive en Italie , p. 392; Notizie , 1890, p. 229. Les mômes amulettes-pendeloques se retrouvent à Chypre (Ohnefalsch-Richler, Dihel , Kypros vnd Borner , pl. xux, 8; R. von Lichtenberg, Beitr. z. ait. Gesch. K y pros, pl. m, 24) et l’on doit sans doute leur assimiler les hachettes rasoirs carthaginoises dont un côté s'évase en tranchant et dont l autre s’amincit en tôle d'oiseau; l’une d’elle montre le dieu phénicien solaire Resef tenant d’une main une hache double (Gsell, Mélanges de Borne , 1901, p. 196; Déchetclte, L’Anthropologie, 1903, p. 609). — il Bull, di corr. arch. 1839 ; p. 122; Garrucci, Monete d'Italia , ; L1V (Luni ?) LXXIV, 10 (Velulonia-Populonia). Ces monnaies impliquent apparemment l’cxislence d’un dieu de la foudre comme le Kéraunios des monnaies de f’elilia (Stephani, C. -rendu, 1872, p. 86). — 12 (Jarrucci, l. c. LX,4 (Firmum) ; LII (incertain). — 1 3 Quintil. I, 4, 42 ; Isid. Orig. XIX, 16 ; Feslus, p. 318 M : scena sj ce sacena, dolabra pontificalis. Sur la pinna (pour pic-na, de la racine pik, d'où

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bœufs [sacrificium, p. 1259; pontifices, p. 5(18, ÎIJl( fig. 4495] ’L Une hache de forme particulière est p(,|lh;’ sentée à l’époque impériale sur les tombes, souvent ac eompaguéede la formule su b ascia [ascia]; on a proposé récemment d’y reconnaître la dernière survivance (|u culte de la bâche ’6.

Usages militaires. — La hache était une des armes ordinaires du soldat égyptien: le plus souvent sa lame s’allonge jusqu’à un tranchant arrondi avec les deux côtés longs droits ou légèrement concaves; parfois elle est formée d’une lame qui, dès sa sortie du manche se recourbe en demi-cercle; parfois, au lieu d’èlro pleine cette lame est évidée, à la jonction avec le manche, île deux ouvertures en croissant ,r’. Jamais on ne voit la bipenne entre les mains de troupes égyptiennes; c’est donc par erreur qu’Hérodote la leur attribue11, à moins qu’elle n’ait été adoptée à Limitation des mercenaires cariens des Psammétique. En Asie-Mineure, en effet, s’il n’est pas certain que les Hittites aient porté à la guerre la double hache qu’ils donnaientà l’un deleurs dieux, les Cariens et les Phrygiens 13 en étaient armés. C’est à eux queparaissent empruntésles noms de pélèkus cl de la brin, sans qu’on puisse décider s’ils doivent cette arme à l’inlluence des populations égéennes, des Chaldéo-assyriens ou des tribus scytlio-perses. Parmi celles-ci, celle arme des Amazones paraît avoir porté le nom de sagaris chez les Massagètes19, les Scythes20, les Saees21 les Ilyrcaniens22, les Perses23. Peut-être est-ce sous l’influence de ces peuples que les Thraces ont donné la double hache à leurs dieux; les Thraces ont pu en répandre l’usage dans la Grèce primitive. Les deux mentions qui en subsistent seules dans Ylliade suffisent à indiquer que le guerrier homérique portaiL fixée à l’intérieur de son bouclier une hache qui, depuis le triomphe de la javeline et de la ra pière, ne lui servait plus comme arme qu’à la dernière extrémité. Auprès des vaisseaux, le combat se pour-

pingo et Picumnus), cf. A. J. Reinach, Ilevue de l'hist. des Religions, 190/, l>. 225. — 44 Voir notamment Mélanges Home , 1884, pl. vi ; 1880, pl. m: 1 894, p. 432 ; 1903, pl. iv ; 1907, pl. v; Hclbig, Guide de Home I, n. 660; Ivlri'i/n, Ara Pacis, pl. vu, p. 96, Thédenat, Le forum, p. 139; Mau, Pom/in lie. L- La securis est parfois remplacée par la doi.auiia (fig. 2488 et 4495 ; von la frise du temple de Vesta, Jordan Tempel v. Vesta, pl. vu, et Mas. Dorb. XV, 34, ou par le maillet mai.i.kus (fig. 4803). La securis est portée par un sacrificnleiir sur une urne étrusque, Coneslabile, Mon. di Pcragia, pl. xiv, I. '

les monuments étrusques allégués par Milani, Museo topogrufico deühtum, p. 36. Pour des haches-amulettes dans des lombes, cf. Mon. anlichi, P"1". I’ 1 — 16 L'évolution de la hache en Egypte est indiquée par Peine, Metbeds i» archaeology , p. 14. Dans Gizeh and Hifeh, 1907, pl. sii xmil a publié ce T" «t sans doute le plus ancien spécimen delà hache allongée à côtés concaves (X'-M dia.). A la mémo époque des soldats se servent aussi de la hache à lame en demi ‘ pleine (cf. Naville, The XI dyn. temple al Deir el Haliri, 1907, pl. w b) 6"' J voit encore dans les peintures de la XlPdvn. à Beni-llassan el El beisfi'l’ ' railla lame à échancrure. — 17 Herod. VII, 89. — 13 Voir p H09, n i> 1 pélékus et labrus voir p. 1 165, n. 1 et 1169 n. 12. Pour la bipenne dans la primitive, voir Ed. Meyer, Sumerier und Semiten. 1906, V, p. 296. Il de savoir si ce sont des divinités ou des guerriers que représentent les comme celui du cavalier à la bipenne sur- l'épaule de Knramanly (confins o> .< gie et de la Pisidic), Bull. corr. hell. 1880, pl. x ; Atli. Mitth. 188 ’, I1 1 ^

des Éludes anciennes, 1906, p. 188. Pour les Thraces, outre l'analogie | ^ frères do Phrygie et les indications tirées aux n. 3 et 4 de leurs culte- i ' 1 ^ ^ légendes, on doit rappeler que, dans les nécropoles Ihraco-illyricmu - ' ' ^

fer, la hipenno apparaît encore comme l'insigne du chef, cf. Serb. An ’ ^

p. v ; Mitth. ans Bosnien, I, p. 77, 1<>5. - l» Herod. I, 215. Leurs haches scia ^ bronze. — 20 Herod. IV, S et 10; Poilu*, 1, 10, I3S. Entre autres monum ^ Maspero, Hist. ancienne, III, p. 475; S. Reinach, Antiquités delà » ^ ^ dion ale, fig. 151, 158 ; Répertoire des vases peints , I, p. 106, 18- " J|(, (jl

VII, 04. Le nom des Saces, comme celui des Sagartiens de la région ^ ^ ^

probablement en rapport avec sagaris. — 22 Curt. Il, i, 4: ' (. j Df.

23 Xenopli. Aimé. IV, 4, 17; Strabo. XV, 734; Joseph. Ant. Jk

Oest. Jahresh. 1899. p. 15. Les Assyriens la portaient déjà, cf. «« ,llc. -impie, fige great monarchies, I, (1873), p. 459; mais plus généralement la Maspero, Histoire ancienne, 1, p. 662; III, 60.

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(|j| (| avec los haches doubles et les hachettes acérées » *, "i |;ls ayant bondi le glaive en main sur Peisandros,

' (!(, lai-ci, sous son bouclier, saisit sa bonne hache (àîjivT,) Il un beau bronze, empoignant le long manche (TtéÀexxov) d’olivier bien taillé » 2. C’est aussi avec « une grande l)iiche /uÉ'Aexu;) de bronze à double tranchant, à manche d'olivier » 3 qu’Ulysse travaille à son navire. A celte exception près, c’est en fer que sont les haches que l’Épopée mentionne entre les mains des charrons4, Pu- i rons 6, bûcherons ou charpentiers 8. bien qu’on sût tremper le fer \ la description des douze haches qui servent à l’épreuve à l’arc dans ['Odyssée ne permet guère de reconnaître ni le métal dont elles citaient laites, ni k> type auquel elles appartenaient. On a pensé tour à (,nir à une bipenne amazonienne du type classique (la flèche passant par l’écrancrure supérieure), à la bipenne que porte une Amazone sur un relief archaïque de Sélinonle (fig. 0270 ; la Mèche traverserait l’ouverture formel' par la courbure d’une des ailes), à une bipenne do forme primitive suspendue par un anneau(fig. 6272 ; c’est |,ar cet anneau que passerait la (lèche) ; on peut enfin imaginer Ulysse visantpar le trou d’emmanchure d'une bipenne de plan losangique. En tout cas, le nom depélél(ii, Sq donné aux armes qui ont servi à son exploit, s’applique proprement à la bipenne. L'Iliade nous la montre emportée par les pionniers pour aller couper du bois 8. C’est, de même, à abattre des arbres aux abords d’une place assiégée que des haches doubles sont employées sur la patère d’Amalhonte (fig. 9:27) et, dans les campagnes d’Alexandre, on voit des doloires servira briser la glace ou à renverser des murs 9. Pour l’emploi de la hache simple ou double dans la chasse aux fauves, contre les sangliers et les éléphants notamment, voy. venatio, VENABÜLUM 10.

Si l’on ne peut affirmer que la hache ait servi en Grèce d’arme de guerre depuis l’invasion dorienne, il n’en est pas de même dans l’Italie antérieure à la prépondérance romaine. On connaît des cavaliers" et des fantassins 12 étrusques portantla hache simple ou double perforée pour recevoir la hampe (lig. (>275) 13 ; d’autres guerriers Etrusques ", Picenlins18, Lucaniens Sardes", sont armés de la hache à ailerons ou à douille. Ce dernier

type a pu être perfectionné, sinon importe en Italie, par les cavaliers et les fantassins qui portent une arme semblable sur la silule de la Certosa18 ou sur le ceinturon de Watsch19 (fig. G27G). C’est sans doute la cateia, qui servait de jet comme d’estoc, et qui semble avoir été l’arme caractéristique des Celtes de Rhétique et de Norique [cateia]. La Liguris securis 2,1 don t parle Catulle était-elle semblable à cette arme, ou était-ce une bipenne comme celle qui figure

sur des trophées du Fig. 0275. - Guerrier étrusque.

sud de la Gaule 21 ? Toujours est-il que les Germains paraissent avoir employé une hachette de jet analogue22, et c’est une arme toute semblable à la cateia qu on retrouve, à l’époque des invasions, sous les noms de leutona et de francisca 23 .

Si Virgile mentionne des secures parmi les armes avec lesquelles les Latins combattent les Troyens 2t, la hache ne paraît jamais avoir été une arme régulière des Romains, et les pélékophores qu’Arrien nomme parmi les corps de cavalerie de l’expédition contre les Alains 2ü à la fin du règne d’Hadrien ont sans doute été constitués a 1 imitation de en- pjg, tma. — Figure du ceinturon valiers barbares, probable- de Wal5cl'-

ment Parthes ou Perses28. C est

seulement dans des cas exceptionnels que les légionnaires se servent de haches dans la bataille : contre les

* II. XV, 711, o^ÉiTi Sr, iteXÉxE<riTi vat à;ivTi<Tt. Ce qui atteste que les pele Iceis sont des haches doubles, c’est que, dans les jeux en l'honneur de Palrocle, dix pelélceis et dix hemipéleklca de fer figurent parmi les prix (XXIII, 851). - 2 IL XIII, GI2. — 3 Ocl. I, 234. — 4 H. IV, 485. — & Od. IX, 391 [ferrum, P- 4093]. - g /i. ni, 60-2; XIII, 391 ; XXIII, 114; Od. V, 243. - 7 Üd. IX, 391.

- s II, XXIV, 114 ; Vaotôiaouç ireXÉxea;. Le môme terme est employé dans tous les

parsages concernant l’épreuve de l’arc. Od. XIX, 578, 857; XXI, 3, 75, 81, 97,

HL 227, 328, XXIV, 168, 177. Helbig, L'Épopée homérique , p. 453, liésilc entre la bipenne ordinaire proposée par Goebcl [Jahrbuch KL Philol. t. CXlll, p. 171), el la baclic-pic de Sélinonte proposée par Murray ( ap . Lang et Bulchcr, The ’kljssey, p. 416). Après un nouvel examen de la question, Bliakenbcrg, Archüo/og. ^ Indien, 1904, p. 40, a proposé une hache du type de celle reproduite d’après ,ui dans notre fig. G272. — 9 Curt. VIII, 4, Il ; IX, 5, 19. — 10 Voir les divers

monuments relatifs à la chasse de Calydon, notamment Concstabile, Mon. di

l Mugi a, pl. lxv-lxvi et la chasse au lion d’Alexandre op. Collignon, Hist. de la Sculpture grecque , 11, 313. — n Diodor. III, 20. Cf. Loeschcke, Jahrbuch, III, I». 1*5. — 12 Milani, Studi e materiali , I, p. 104 (relief de Vellctri). Des bipennes ' 11 bronze semblables à celle de ces cavaliers ont été trouvées en Élruric ( Annali ,

1 ' 1 » P • -53; 1863, p. 339; Pasqui, Notizie 1907, 317; Grenier, Mélanges de 1 1-‘- h t'allé. 1907, p. 411; voir p. 1170, n. 11-4.]. — 13 Micali, Monttm ined.

1 1 *’ P* Xxv (cippe de Chiusi) ; pl. xxxvm, 5 (bncchero nero) ; Marllia, | C/ Etrusque, p. 422 (fresque de Veïes) ; Notizie, 1895, p. 25 (stèle de l l,l on‘a): PL xxv, 2 (relief du vc s.). Des haches simples ou doubles sont ^ P1 • scnlées sur des fresques de Caere (Noël des Vergers, L' Élrurie et les ■ ‘"sques, pl. m). ync bipenne sur la stèle d’un fantassin de Vctulonia, Milani, scclti, 1909, pl. ix. — 14 Pollier, Album des rases du Louvre , pl. xxv, * ' (bucchero nero); Milani, Monitm. scclti , 1909, pl. ix ; voy. aussi ci-dessus

des chasseurs, fig. 278 (cf. Springer-Michaëlis, Gesch. d. Kunst, 1, fig. S2G';.

A côté des haches de ce type (outre les références données; cf. Springer- Michaëlis, Op. cil. fig. 743. Milani, Studi e Materiali , II. p. 221 ; Forrer, Bc itraege zur praehist. Arch. 1802, pl. vu, 4), l Élruric a encore livré une curieuse ■ tache de fer d'un seul tenant avec le manche trouvée près de Trasimèue ; Forrer (Op. cit. pl. vm, 2) pense qu’elle pourrait être carthaginoise. C'est précisément à Trasimcnc que Silius Italiens, Pim. V, 498, montre Sychaeus armé d'une bipenne. — l;i On peut alléguer les monnaies do Fermum l'iccnnm (fiarrucci, pl. i.x, 4), celles des Vestins (LXI, 6) et une slatuclle trouvée dans le l'iccnnm (liabclon, Bronzes de la Bibl. nnt. p. 401). - « S. Rcinach, Répertoire des vases peints. II, p. 532. — n Les Sardes ont des haches à simple et à double tranchant, Pais, Üullettino Sardo, 1884, p. 140. - 18 Monlclius, Civilisation primitive, I, pl. cv, 2. — 19 Outre l'art, catf.ia, voir Bertrand cl S. Reinach, Les Celtes dans la vallée du Po, appendice C ; A. L renier Rev. arch. 1907, 1. p. 10.

— 20 Cat. Carm. XVII, 19. l'ourla hache des Liburnes, Flor. 1, 21. Dans une série de stèles ligures l’une représente un guerrier armé de deux javeluls el d'une, cateia, Mazzini, Giorn. di storia délia Lig. 1908, pl. i, 2. - 2> Espéraudieu, Recueil des bas-reliefs de la Gaule, p. 181 (Carpentras) ; p. 443 (Narbonne). Ex-voto de 2 haches au dieu Mars dans le Vaucluse (Rev. épigr. du Midi II, p. 283). — 22 Lindensclnnil, Alterthïimer, I, Vil, pl. v. La hache des Daces est du même type. Cf. Froeliner. Col. Trgjane, pl. vu; Bienkowski, De siniiilacris barbarorum 1890, p. 30.

— 23 Cf. S. Rcinach, Op. cit. p. 194, 198 ; Lindons. hinil, ' Hnndbuch, p. 188, Bonner Jahrbùclier, 1906, p. 137. - 2t Virg. Aen. VU, 627. - 25 Arriau. Contr. Alan, il et 30 ; Tact. IV, 9. La principale arme des Alains étant une sorte de lasso, on comprend qu'il ait fallu des haches pour les trancher. - 26 U bipenne figure sur les trophées perses des monnaies frappées en 242 par Alexandre Sévère, Dresscl, Abhandl. d. Berl. Alcad. 1906, 11, pl. i.

S El )

— i nâ —

crupellarii bardés de fer de Sacrovir, ils s’ouvrenl un passage correptis securibus et dolabris 1 ; à Bédriac,

la fureur des Othoniens est telle que otnisso pilonna jactu, gludiis et securibus yaleas et loricas perrumpere 2. Ces haches qui font partie de la charge du soldat romain, sont employées d’ordinaire, sur les colonnes Trajane et An touille, à forcer les portes des villes 3, à abattre les arbres nécessaires au retranchement (tig. 6277, cf. dolaisra) \ aux travaux de pionniers et de sapeurs ou à tous autres usages de la vie de campagne ou de garnison; c'est ce qui explique leur abondance dans les établissements militaires de la région rhénane5.

Usayes industriels. — Pour ces usages, nous ne pouvons que renvoyer aux noms des métiers dont la hache est l’instrument, ou aux noms spéciaux que lui font donner une forme ou un emploi déterminés, securis étant le terme général sous lequel, quels que soient cette forme ou cet emploi, toutes les variétés de la hache peuvent être comprises [ascia, bipennis, dolabra, malleus]. Rappelons seulement que la hache servait aux ouvriers de la ville ou de la campagne fi, non seulement pour la coupe ou le travail du bois1, mais encore pour la fabrication des objets de métal 8 ; qu’elle était employée pour les terrassements, les travaux de sape ,J, la taille des pierres10; qu’elle figurait dans l'outillage des pompiers de Rome [vigiles]. Toutes les formes connues aujourd'hui, hache proprement dite, cognée, herminette, doloire, bisaiguë, pic, marteau, se trouvent représentées sur les monuments de l’antiquité grecque et romaine. A. J.-Reinacii.

SED1TIO MA.JESTAS, p. 1558, vis].

SEGMENTUM. — On peut désigner, sousce terme général, des ornements rapportés sur une étoilé, cousus par-

SEG

dessus, ou, par extension, insérés après coup dans u trame. Saumaisc en donne une définition incomplète'en réalité, il y a deux sortes de segments : les bandes' en nombre variable, fixées au bord du vêtement, et des ornements, de petites dimensions d’ordinaire et de forme géométrique, qui y sont apposés presque toujours aux mêmes endroits, en haut aux épaules et en bas plus ou moins à la hauteur des genoux. L’explication d’Isidore2 donne place aux deux catégories : segrnentala sortis qui. busdam et quasi praecisamentis ornaia ; nam et partira, las cuicumque rnateriae abscissas praesagmina vocnnt.

La racine du mot (seco) indique, de prime abord, la différence entre le segmentum , pris strictement, et le clavus, dont on ne l’a pas toujours distingué3: c'est un morceau coupé dans une étoffe et appliqué sur une autre. Rien de commun donc avec le laticlavc [clavus]; quant à l’angusticlave, qui n’était réservé à aucune classe, il a pu se confondre pratiquement avec le segment-bordure, pour lequel la couleur rouge n’était pas plus interdite qu’une autre; en effet, formé de lils de pourpre tissés avec l'étoffe, le clavus pouvait être exceptionnellement cousu. Ce ne sont naturellement pas les monuments livrés qui font remarquer cette différence; certains tissus de basse époque, exhumés dans les fouilles, la facilitent au contraire; mais les éditeurs ont souvent omis de la signaler b Nous aurons du moins des exemples pour la seconde des variétés de segments indiquées plus haut.

La décoration par segments ne resta peut-être pas ignorée de la Grèce classique5; à Rome, elle n’apparait dans les textes que vers le commencement de l’Empire6. Le premier témoignage certain est celui d’Ovide1, et il semble indiquer, par une opposition aux vêtements de pourpre, des segments d’or. Vu la somptuosité de cette ornementation, qui la lit apprécier aux derniers siècles de l’antiquité, on serait tenté d’en chercher l’origine du côté de l’Orient. C’est bien un usage oriental que celui des bractées en or [bkattea], qui ne diffèrent des segmenta que par la matière et étaient comme eux fixées après coup sur le vêtement, ainsi que des médailles hes découvertes d’Achmim-Panopolis, d’Antinoé, qui ont renouvelé la question, et les nombreux exemplaires des collections provenant des fouilles montrent que dans l’Égypte romaine on a, sinon imaginé, du moins employé à profusion le segmentum. Au icr siècle de l’Empire, a

'Tac. Ann. III, il. — * Tac. Uisl. Il, 42. — 3 l’olyb. X (siège de Carlingène); Liv. XXI, 11, 8; Virg. Aen. Il, 479; Tac. Ann. 111,40, 13; Hist. III, ‘20, 14; 29, 8. Josèplie {Dell. Jud. III, 95) emploie le terme de itAtxu; pour désigner la hache reglementaire du légionnaire. — 4 Vegcl. II» 25. C est ce » I ii on voit sur la colonne Trajane, pl. xxxix-xu, i.xxv— vm, xc, xcm. c, exiv cl cxvi; sur la colonne Anlonine, pl. xxix, cv, cxvi. Lucain, P hors. 111,420, la donne aux soldats abattant une foret; ils s’en servent encore pour détruire un pont (Frochuer, Médaillons romains , p. Oll, pour élargir des chemins, Vegel. 111*6; Fronlin. Strat. IV, 7, 2. — 3 Voir, entre autres, O. Hauser, Yindonissa (Zurich, 1904), pl. xtfi et xxv ; L. Jacobi, Saalburg, p. 200, pl. xxxm, fig. 27 ; Wesldeutsche Zeitschrift , 1907, pl. m (Saalburg); ibidem , 1907, p. 290 (Heddernheim) ; Donner Jahrbücher, 1801. p. 174 (Kim); 1879. p. 282 (Krctz) ; 1889. p. 17 (Cobern-Gondorf) ; Obergerm.-LimeSy VIII, 8; XIII, p 10 (long. 0,38); XIV, pl. xvi, 37; XX, p . v, 19, 2i,23 ; XXV, pl. ni; XXVI. pl. x. — fi Cf. le texte alexandrin publié par II. Weil, liev. des et. grecques , 1898, 241, où la pélekus qui sert au travail des champs est dite *a/-j;. Les paysans africains révoltés se servent de haches, llero diau. VIII, 10, 23 ; de même ceux de Sicile, cent ans auparavant, L)iod. XXXIV, 10. — 7 Virg. Geortj. IV 331 ; Aen. Il, 027: Horat. Carm IV, 4, 57; Ov. AI et. VIII, 700 ; F’haedr. Fab. IV, 7, I ; Val. Flacc. Art/. I, 122; Sil. II. P un. X, 529. Hache sur la stèle d'un constructeur de vaisseaux, Dut/. Corr. Dell. 1902, p. 330. — 8 \'oy. fehrum, i.apidarius, p. 1091, mktai. la, p. I S52. Je me home à rappeler les exemplaires figurés sur la slèlc <1 un forgeron, Altmauu, Domische Grabaltàre , 1905, lig. 139 et ceux trouvés dans une forge romaine a Kreimbach, Lindenschmil, Altert. I, pl. lx xvi. — 9 Liv. IX, 37 ; Juv. VHL, 248 ; Colum. IV, 24, 4 ; Pal lad. H, , 2 ; III, 21. Ou se servait pour ameublir le sol daus le gymnase du skupheion

[skapheion et gymnastica, p. I74J. — '0 na.x.rv sc dit en grec pour tailt'. 'Ira pierres, ’E,. ip/. l'IOO, p. '.14, ). 50 et les haches employées à col elTel se

«lnT.01 (Diltenbcrgcr, Syüotje 2, 540, 1. 171. Une hache gallo-romain! . M

(long. 0,15), tranchante d’un côté, offrant de l'autre une surface ronde ■M'"11 où on lit C. Yib(ius) Poti(tus) servait probablement à marquer les nom de ce propriétaire {Rev. arch. 1803, I, 71). Peut-être 1 A t tiens M" ^ gnalc gravé sur une des faces d’une hache pic en bronze trouvée dans l>‘ ^

romaine de Newslead avait-il même destination. Soc. of Anliq. o / Scoll"11 ■ p 115.

SEGMENTUM. — 1 Saumaisc, ad Script, hist. Ait!/. Ui P* JG9 sq. • h"1 ^

voce inteiligunt lora aurata vel fascias auratas vestibus et praecipue mu> ^ praelexi consuetas , et eas maxime quibus summa ora vestis jiracl <•" ^

— 2 ()rig. XIX, 22, 18 ; vestes segmentatae ; add. Symm. Epist. IV. *- ' ^

tati amictus. — 3 Confusion faite par Mongez, Recherches sur les Im1"11' ' ^ des anciens [Mém. de V Inst. , Lett. et R. -A., IV (1818), p. 2/2 sq.) . ^’"1 Edit de Dioclétien , XVI, 46 (Paris, 1804, p. 33) ; et plus récemment par " 1 Reallexikon der Alterlürncr , Berlin, 1907, art. clavus. — '+ l'orrer s mi ^ ^ habituellement, mais il spécifie que bien des fois les vêlements sont d< 1 ^

bordures ou tabulae en laine. Ces préoccupations sc (ont jour dans I i'1'1 " t,c

J. Baillet, Tapisseries d’Antinoé au musée d’Orléans , p. 105 sq. — * ^

n’est pour les segments en forme de galons ou de bandes-lisières M" habilité; v. clavus. - 0 D’après Val. Max. V, 2, l,dôs le temps de C®ri0“^ce dames romaines furent admises purpurea veste et atireis uti segnuutt médiocre compilateur a dù commettre un anachronisme.

109 ; rapprocher l'allusion d’Hor. Ars. poet. 15.

__ 7 Ars. (""■

SEG

SEG

I ,ll.aiiî on enveloppe des momies dans de grandes •|ol,Vs A bandes et à disques de pourpre ' ; il s’est aussi ! 'l'piiivé à part des fragments d’étoffes, carrés ou rectan- "r ,1,'iire.s ou lancéolés, de couleurs variées, dont la sur- *?"' ||ioyenne est de 10 à 30 centimètres carrés2. Dans lfnombre, beaucoup sont encore fixés aux vêtements, et les répertoires négligent à tort d’indiquer, pour la plupart, si ces ornements sont cousus sur le fond, tissés avec lui ou posés en broderie [uiiRYGioj. D’Égypte nous n’avons du reste aucun spécimen antérieur à Auguste, sous le règne duquel cette mode s’implanta en Italie. Dans une peinture de Pompéi, aujourd’hui au Musée du Louvre 3, on voit (fig. 0278) la Muse Tbalie vêtue d’un manteau sur lequel est fixé, audessus du genou, un segment de la forme d’un carré long.

Dans le principe, les femmes seules portaient des segments ,f; une parure très en faveur consistait en bandes dorées disposées autour de la gorge et faisant comme 5 un collier [patagium, fig. 5519, oo'iOj. Le luxe progressant, celle mode s’étendit aux vêlements d’hommes ; il yeutdes tuniques dorées {auratae) 6, c’esl-a-dire pourvues de bandes brodées à fils d’or, ou de soie et or cousues sur les pans, ht celle élégance fut démocratisée dès le ni® siècle, s’il en faut croire Vopiseus, au point qu’Aurélien ne la jugea pas excessive pour ceux de ses soldats qu’il voulait récompenser : il leur donna des tuniques à deux, trois, même cinq segments 7. Lorum n’est d’abord qu’une des très nombreuses désignations employées pour -ces bandes décoratives, dont Saumaise a laborieusement relevé la

nomenclature: paSooi, 7rxpucpaï, piggaTa OU Trep'.p7.|Ji.{AaT(x, xfoasoi, àxavôot, Xwp-axa, xâXap.oi, paragaudes [paragauija], viri/ae, institue, margula ou murgella , limbi, parmi ; termes peut-être équivalents, dont les différences du moins nous échappent s. A vrai dire, cette multiplicité des rayures, au bord du costume, paraît une exception, à en juger par les monuments. Une seule suffit d’habi-

hole, surtout dans les premiers temps; une seconde s’y «joule tout au plus °. Plus tard, on en orne même les vêtements de dessous10, dont celui de dessus, relevé par un bout, laisse apercevoir la garniture. On variait

[ oii-L'r, ()jjt cj{ (j,^ 1 47 — j [ijjij. pi xi i, fig. I ; Al. Ricgl, Die aegypt. Tex- ^ fonde im le. k. oesterr. Muséum , Wien, 1889, p. VIII ; pl. 1, 4; iv, 372; x, ^ Vl' 603 i A- Uayel, Ann. du Musée Guimet , XXVlll (1908), pp. 90, 100, 105, ’’ lm. cf. Karabacck, Die Theod. Grafsclien Funde in Aegypten. — 3 Vitait 1 Co^un0, 3> Helbig, Wandgeniatde , 878; Müller-Wicscler, Denlcm. d. U u ïimst' U’ 735. — 4 J„v. Il, \U ; Ovid. L. cit. — 5 Servius, ad Aen. I, 654:

7"' niQuile , ornamentum gutturis , quod et segmentum dicunt — 6 Cf.

r,rr " i,jid\ ,,p' m ct stü ; po,,i°’ Gaiueni du° » io*4» ^v. — 7

• paragaudes vestes ipse primus militibus dédit etquidem l'ince ’ 111)1 HS' ll’dore8 aliis, et usque ad pentalores. — 8 Une marque de latum lUe l <’,"uc 0,1 Ct*Ue matière est celte remarque «le Corradini ( Le.ricon s ' M,,e rien 11e justifie: paragauda intexebatur , non , ut instita , * 0ur * cx tension de la signification «le lorum, v. Wilpert, I n capitolo late <l'1 ' ustiaî'io. Borna, 1898, p. 26. — 9 Hor. Ars poet. 15 : Purpureus ‘pannl.s l l"xd(iat xmns et aller adsaitur pannes. Mais dans Ter. Heaut. 294, c«/qi / / ^ ^es 'éléments rapiécés. — 10 V. Bonos. 13, 8 Peter : inter-

c, cf. Paul. Diac. IV, 23. — U O. M. Ualton, Calai, uf early '-quitms 0f the lirit. Mus. Uoudon, 1901, p. ltiS-9, n" 951. Autre

les couleurs d’une bande à l’autre, or, pourpre, etc.

Mais, d’autre part, nous l’avons dit, on donnait le nom de segments à de petites pièces décoratives fixées dans le vêtement aux épaules et à la hauteur des genoux 11 n’en faut pas chercher de représentation dans les monuments de la sculpture, car les artistes ont omis de les indiquer, en raison du défaut de relief; mais les peintures, murales ou sur parchemins, les mosaïques et verres dorés y suppléent largement. Pourtant, en général, ces représentations ne donnent qu’une idée imparfaite des segmenta', elles en indiquent les dimensions et la forme, mais rarement le détail du décor. Souvent, du reste, ils ne consistent qu’en pièces découpées dans une étoffe unie; tel est le cas pour une tunique de lin du Brilish Muséum", qui présente les divers éléments indiqués par Isidore : le ruban du pourtour [zonae) et les petits fragments [particulae], deux à la naissance des bras, un sur chaque épaule ’2, une paire aux angles inférieurs des pans de devant 13 ; parfois encore on trouve une autre paire par derrière, au-dessus des talons ".

. . I ig. 8279. — Tunique av® u g-

Par exception, on voit une femme ,m,lltsrfe couleul,

avec deux segments sur la poitrine10, un homme avec deux bandes au dessus du coude 16 . Sur l’exemplaire du M usée Britannique, les segments sont circulaires et appartiennent à la variété des orbieuli'1 , comme ceux qui ornent les vêtements de jeunes esclaves • lansdesfresquesdéjàcitéesailleurs (fig .112711, 2300,2301 ; cf. 1084, 3077), découvertes à Rome au xvme siècle10. Les recueils d’art chrétien (Perret, Garrucci, etc.) désignent d’habitude ces pièces de décor du nom de ca/lieulae, se fondant sans doute ,a sur deux passages, uniques, je crois, de la Passion de Perpétue et Félicité, où il est question d’un costume habens multipliées calliculus ou calliculas multiformes ex aura et argento fartas20. Mais ce mot barbare, corruption d egallicula (xpo/àç), ne pouvait convenir qu’à des pièces d’ornementation mobiles, faisant comme un bruit « de galoches », et non à des fragments d’étoffes 21 .

Une fresque du cimetière de Sainte-Agnès montre (fig. 6280) un ornement avec deux orbieuli bleus et blancs aux épaules, sur une tunique jaune 22; une figure du cimetière de Sainle-Priscille a quatre segments bleus,

ex. de tunique complète dans Bai Met, op. cit. p. 139, no 10 ; pl. x, sq. — 12 Ceux-ci sont dissimulés dans bien des cas par le manteau qui recouvre la (unique.

— 13 Garrucci, Storia delC arte cristiana , Prato, U (1873), pl. xxxvi, 1 ; lvi, 4 ; IV (1877), pl. ccxcu. — H Forrer, Die Graeber und Texlilfunde von Achmim-Vanopolis , Strasbourg, 1891-, pl. vu î, 10-15 e( 17; p. 14 sq. ; pl. xm, I.

— 15 Garrucci, 11, pl. xv, 2. — 16 ld. III (1873), pl. clxi, I. — 17 A eux s'applique probablement l’expression de Tcrlull. de pud. 8 : v estes purpura oculare.

— 18 Cassini, Pilt. ant. ritrovate net scavo aperlo 1780, Borna, 1783. pl. iv.

— 19 C’est ce que fait expressément F. Buonarruolli, Osservazioni sopra alcuni frammenti di vasi antichi di velro . Fircnze, 1710, p. 33; cf. II. I,eclcrc«j, Manuel d'archéoL chrétienne , Paris, 1907, I, p. 87 : « Calliculae , ornements d'étoffe ou de métal pour la tunique >►. — 20 Passio SS. Perpetuae et Felicitatis, III, Il (Act. Sancl. Vil Alartii , p. 035). — 21 On a cherché des interprétations rilualistes de ces accessoires : Séroux d’Agincourt ( Hist . de l'art , VI, ad pl. îx, lig. 7) supposait «pie les ornements circulaires, au bord inférieur de la tunique, élaient, dans les premiers siècles, les insignes des dnpiferi ct des diaconesses ! — 22 L. l’erret, Catacombes de Home , Paris, 1851, II, pl. vu.

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