‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 69 sur 137 · S KG · texte numérisé non relu

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également sur tunique jaune Mais les reproductions au trait simple des principaux répertoires ne laissent pas

voir cette polychromie.

Au Bas-Empire, une autre dénomination qui semble prévaloir pour les segments ronds, plummia ou TtÀouggta -, parait se rapporter à leur exécution en broderie [purygium oms, p. 449]. Les scutulae sonl probablement des segments en forme de carré long, analogues aux carreaux qu’on obtenait par le croisement des rayures dans le dessin des étoiles tissées 3 [textrina]. Les tabulae OU tabliae, xauXtat OU raêX'ac, xa6Xîa ’, irxuytï “ sont les panneaux carrés largement étalés sur le bord du manteau dont les exemples abondent surtout dans les chlamydes byzantines1'’ (lig. 6281 ; cf. lig. 1420). D’autres, bien plus rares, sont en forme de feuilles7 ou triangulaires8.

Les femmes, tes premières, portèrent des segments ; elles ont continué à pratiquer cette mode, comme le montrent, outre les fresques, les miniatures de la Genèse de Vienne 9; puis les hommes de toute condition (fig. 6282)tü, les enfants aussi11, et indifféremment sur des vêtements longs ou courts12.

11 arriva également que, parmi les chrétiens, on choisît pour segment un découpage d’étoffe formant une lettre de l’alphabet, L, Z, X, I, T, r, H, N, A, GO, R, C, O, etc.13, pratique pour laquelle on a cherché diverses interprétations.

II n’y a pas lieu de s’arrêter au passage oit Jean le Lydien u fait remonter au temps d’Auguste ce qu’il voyait au vi* siècle. Le segment d’or (/puoôff-rjgov), alors réservé à l’empereur et à sa cour (tt,ç aùXîjç), est la tabula ou xiêXtç, unique par personnage, très grande, d’une coudée carrée environ, prenant invariablement du côté droit, et un peu inclinée du milieu du corps vers les jambes; c’est celui que montre la lig. 0281 et qui apparaît en plusieurs exemplaires sur la mosaïque de Saint- Vital, à Ravenne15, porté par les ministérielles du basi-

lig. 628 1 . — Manteau tabula.

1 Perret, III, pl. \. — 2 Chron. Alex. 1, p. 613 ; Procop. Aed. III, 1 ; t. III. p. 247, Bonn. — 3 Scaligcr, Conject. p. 68 ; Salmas. ad Vopisc. p. 571, 361; cf. Plia. //. nat. XXXV, 11, 12; Censorin. fr. 7, p. 24, 14, Jahn. — * Chron. P asc It. p. 217 Dind. : xaSXîa £<',j<xata...yrç,u<râ... nopsupa ; Lonsl. Pot’pli. I)e caerim. Bonn, p. 440, 17; 575, 1 4 : xaS'/.îa, p. 24, 18; 574, 9 : -/puaÔTaSXa vXavtSta.

— ° Lyd. De mag. Il, 13 ; p. 69, 1. 3-4 Wuensch : xwv 8'iv ÿjiaïv X'7-opévcuv xaSXtwv âvxt xoff uxuyi'wv. — 6 La figure 6281 est tirée du disque. d’argent conserve à Madrid, où Théodose est représenté entre ses deux fils: c'est Honorius que l'on voit ici ; Delgado, Kl gran disco de Fheodos. ; cf. Garrucci, Sloriay IV, ccxvii, 3-4 ; ccxix, 3 ; ccxx, 2; ccxxi, 1-2; ccxi.iv, 3 ; ccxlv, 1-2; cci.n, 2 ; III, cxt.vni, 2. — < Riegl, Op. cit. ; cf. ci-dessus note2, p. 1 173 : Bai Met. O. c pl. mv, 4 ; xvu, 3-4. — 8 Garrucci, O l. III, pl cxcxiv, 3. — 9 (jf. v. Hartcl-F. Wicklioir, Wiener Getiesis, Wien, 1894-95, pi. ix, xxv, xxvi. — 10 Ibid.pl. xxix, xxxi, xxxv, xxxvi, xi.ii, xi. v. La fig. 6282 représentant un tailleur de pierre est tirée d’une miniature de Y Iliade de Milan (vc siècle) éd. Mai, pl. xxvu. — il Wien. Gen. pl. xxx ; voir le petit Isaac du sacrifice d'Abraham sur une mosaïque de Rome (Garrucci, Storia, IV, pl. cci.xu, 2).

— 12 Wien. Gen. pl. xvi, xxvu, xxvin. — 13 Mais la coutume de coudre des

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le us ; il sc détache en rouge avec fils d’or sur des r|, mydes blanches.

Le roi de Lazique avait reçu de Justin la couronin

Fig. 6282. — Tunique d'ouvrier avec segments.

prit la chlamyde de soie blanche et échangea le de pourpre contre le txSXtç d’or impérial, encadrant le portrait de son suzerain ; sa paragaude blanche était encore couverte de nLouggia d’or, portant de même des portraits de l’empereur10. Par là, il se déclarait roi, mais vassal. L’habitude s’était prise depuis longtemps de multiplier les portraits sur les vêtements d’apparat [imago, p. 40ti mais auparavant, la décoration des segments avait subi toute une évolution que l’on peut suivre dans les collections.

d’abord des ornements linéaires, géométriques, méandres cl entrelacs17; passé le début de l’Empire apparaissent de grandes feuilles à demi stylisées ; les représentations mythologiques 18 sonl fréquentes encore, la chasse et les exercices du cirque; on imagine les rehauts de blanc, pour obtenir des fonds sur lesquels se détachent les ligures. La polychromie se généralise vers le temps de Constantin; la pourpre se combine avec le vert, le jaune, de nuances variées; après les cavaliers et les figures bachiques prédominantes19, les symboles chrétiens se répandent, le monogramme du Christ avec A fi la baleine, la colombe, aux ivc-v° siècles, la mythologie cède la place aux représentations purement chrétiennes. Annonciation21, figures de saints, scènes de la vie Ju Chrisl22. Un des plus curieux spécimens, du ivc siècle, a pour sujet un guerrier et une danseuse nue1'; foui autour, en bordure, une rangée de médaillons enfermant des animaux, lions, lièvres, ou des corbeilles de IrwU Ces figures de personnes ou d’animaux étaient app l,,eS

lettres sur les vêlements lie date pas d'eux ; cl'. Apul. il/eZ. \l,43. N" 1(1111 les mosaïques; Garrucci, ibid. IV, pi. ccvn ; ccxi, 2 ; ccxn ; ccxv, •• (

ccxxxix, 2; cçxi. ; ccxli, 2-3 ; ccxi.m. Ou bien la lettre est inscrite dans u" 1 carré : ibid. pl. ccxvm, 2. Simple svastika sur l’épaule et les genoux d ,IU voy. fossor, fig. 3281. Autres svastikas ap. Baillct, O. c. pi. i,5; Cabrol. ^ d’arch. ehrét. I, 2, p. 2239, fig. 782. — H De mag. II, 4; p. 58 ; 1. 18 S(1 \^CJ I

add. II, 13 ; p. 69, 1. 2 sq. — 16 Rev. archcol. XIII (1850), pl. cxi.v-vi 1 ^

Storia, IV, 264; 3 ; add. p. 2t. fig. 12. Cf. encore Cohen, Médailles .’

Paris, VI (1862), pl. xiv. — 16 Chron. Pasch. p. 613-4, Dind. CL imv-1 - I ^ ^

— n Forrer, Reallexikon , pl. xn.fig. 2; pl. xi.ii, fig. 2; Baille** |» 1 ^

— 18 Ibid. pl. xliii, fig. 1 (Pôris et Hélène, ni* siècle); fig- 2 (adoiaii"11 ^ ^

chus) ;pl. xliv, fig. 2 (Hépliaislos travaillanlan bouclier d’Achille). — 11 1 j

lig. i ; pl. xi. iv, fig. 1 ; pl. xi.v, fig. I. — 2° Ibid. fig. U3-145. — 21 1 1 ,]u.0-

— 22 p|. xi.v, lig. 2 (iv° siècle); pl. xi.vi, fig. 3. — 23 PL xi.v, fig- *• |nj ,,n

cher, dans la collection de Vienne (Riegl, Op. cit.)y l’enfant ailé tenant «L ' ^ ^ggUg

canard; des animaux inscrits dans des cercles ; deux cavaliers imbcil"

d’un lion cl d’une panthère (pl. xu, n° 624 ; pl. xin, n° 628) ; Baillct, p- 1

SEG

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.iil[fl' et sigiUata veut monta les cosLu s!!l' .m icc'fts brodées ou cousues. C’élaie

étaient tissees,

les costumes où elles étaient comme des là encore les noms de Sonn-rb?

tableaux ambulants ;

0U ïtwBlWTÀÇ /ITüJV 2.

I ,,' dernier terme, auquel il faut nous arrêter, est celui Wrrnsta. On a pensé qu’il désignait un ornemenlen relief, Obtenu par des segments épais, en bandes ou en petites

,.>• rondes ou carrées ; telles les bractées en somme, Lefieune plaque d’orcirculaire, provenant encore d'Égypte i destinée à être cousue, comme l’indiquent les trous de la périphérie3. On ornait ainsi les murs d’appartements et les fonds de coupes (emblémata, crustae). Malheureusement, celte explication, qui est celle de Du Cange 4 et de Godefroy3, est déduite d’une constitution B de Théodose Arcadius et llonorius (393), où il est dit des acteurs de théâtre : His cjuoque veslibus noverint abstinendum , quasGraeco nomine a Latino crus/as vocant, in quibus alio admixtus colori puri robur muricis inardescit. Or l’ancienne lecture : a Latino crustas \ paraît écartée définitivement par la dernière variante admise: alethinocrustas \ plus conciliable avec l’ensemble du texte. Celui-ci interdit aux mimes l’usage des pierres précieuses et des vêtements d’or ou de soie à figures (sigi/lalis) ; il délendraiten même temps celui de la pourpre, permettant sous cette réserve les couleurs variées, et même l’or sans gemmes, col/o, brachiis, cingulo , et tout ceci paraît comprendre, à la fois, les ornements tissés et ceux d’applique9. Parmi ces derniers nous pouvons précisément compter les calliculae , sortes de boutons d’or ou dorés, que définirait très bien l’expression, un peu postérieure, crépitant lia segmenta'0 . Les segments n’auraient donc pas été maintenus toujours aux mêmes places exclusivement 11 ; les ceinturons étaient fréquemmenls garnis de plaques d’or ou d’argent; cet usage est attesté dès le 1er siècle12, et l’inventaire des objets précieux donnés à un temple de Nemi mentionne une zona cum segmenlis argenteis 13 ; au ni" siècle s’ajoutent les perles et pierreries interdites aux acteurs u.

Au vic, Ennodius15 emploie les mots in segmentis ponere à propos delà nomination d’un consul; or la toge consulaire de ce temps est représentée sur les diptyques décorée de cercles et de carrés, sans intervalles et, en général, tous pareils (fig. 19(J(ià 1913). Segmenta ne doit pas désigner ces ornements, sans doute tissés ou appliques en broderies10; ou bien il faudrait croire à un abus de langage, compréhensible vu la portée très large et très 'ague dece mot. On reconnaîtra, d’ailleurs, si peu qu’on deusele sujet, combien il présente encore d’obscurités.

Ajoutons enfin que les costumes ne recevaient pas seuls des segments; on avait recours au même procédé pour les pièces d'ameublement : lits et couvertures1 , coussins liturgiques ( lora/ia ) rideaux19; les portières servant de fond de tableau sur la mosaïque citée de Saint- Vital, à Ravenno, sont embellies de tabulae, comme les riches habits des personnages20. Victor Ciiapot.

SEISACIITIIEIA. — Avant les réformes sociales introduites par Solon, il existait à Athènes une classe d’individus nommés 7t£ÀaT-/i [pelatai], [hektèmoboiJ

ou Oyjt eç, au profit de qui le grand réformateur accomplit ce que ses contemporains ont nommé la aeicx/ÜEia, expression signifiant qu’il les a débarrassés du lourd fardeau qui pesait sur eux. Mais quel était ce fardeau et.en quoi a consisté précisément la seisachthie? C’est là une question très délicate et très discutée et sur laquelle les auteurs anciens eux-mêmes n’étaient pas d’accord.

Dans une première opinion, qui a rencontré des partisans surtout en Allemagne1, les ÉxT^piofot sont des propriétaires libres, mais endettés, qui n’ont pu remplir leurs engagements le jour de l’échéance, soit de la dette, soit même des intérêts, et qui, en vertu de la loi rigoureuse sur les dettes, sont obligés, comme les lots étaienl inaliénables, d’abandonner les cinq sixièmes de leur récolte à leurs créanciers. La réforme de Solon aurait alors consisté à abolir les dettes de ces sxT7)[Aopoi et aussi la redevance dont ils étaient tenus, ainsi qu’à ôter aux créanciers le droit d’asservir leurs débiteurs. Un certain nombre de textes semblent bien, en effet, borner la réforme de Solon à une abolition de detLes. Telle est la signification que lui donne Plutarque2. C’est également en ce sens que s’exprime Aristote dans sa Constitution des Athéniens , oii il dit que « devenu maître des affaires, Solon délivra le peuple dans le présent et dans l'avenir, en défendant d’engager son corps pour dettes, et il abolit les dettes privées et publiques, ce que l’on nomme csuray fisia » 3. Tel est aussi l'avis de Denys d’Ilalicarnasse, Iléraclide, Dion Chrysostome et Diogène Laërce1. Prétendre, comme on le fait dans une autre opinion, que la réforme de Solon aurait consisté dans l’abolition de la clientèle, c’est perdre de vue que la clientèle n’est guère qu’une conséquence de la conquête et que les clients ne sont que les anciens habitants réduits en servage par des étrangers victorieux. Or, dans l’Attique, ainsi que l’attestent tous les témoignages qui nous sont parvenus, les Ioniens qui y sont établis ne s’y sont point présentés en conquérants ; un accord s’est établi entre eux et les indigènes, qui a rendu possible la fusion entre l’ancienne et la nouvelle

Yirp.nnivo, (Aslerius, in liomit. I de Pmile et Lazaro, p. 3 I!

2 CoUux, VII, 13, IV. 55; cf. Amm. Marc. XIV, 0, 9. — 3 Forr O. ( '' c^" ,sn. Alterthilmer uus dem Graeberfelde von AchmimPcinopol

J'1' 'SOS, p. 18, fig. 14, et sur ia feuille dc ,jtre. /. G/oss. lnt s.

ou. Theod. ed. nov. V, p. «5. — li Ibid. XV, 7, 1 1 . — 1 Ou (IV J * °10pnsé<is iadls : «0 Latino , nu Latini ; v. Godefroy, L. cit. — 8 C. Thei colur ‘i y" *\r0^cr ’ 4'*’l®1»<>s = purpiireus (dans le grec médiéval) el bordure ’’ PAltAnAUDA les mesures législatives concernant les segments

P/iist s ) 11 autorise à les étendre aux autres variétés. — 111 Sidon. Ap(

byzantin'i 7 s‘ôcle). il Les satrapes d’Arménie recevaient de l’emperc

Cts ornemenk ‘!'Slfînes ( un® robe de décorée de toutes paris («avxayotn) bonn) IJI°r " 'I11 011 appelle itXou|*fda » (Procop. aed. III. I ; t. III, p. -2- ~ Il Gall ' 7"’ H' XXXIM’ 11-- — 13 c- »• tôt. XIV, 2215, I. 14appartient •" *l>’ ’ ’ l arln' 1 ! Ilerodian. V. 2, 4. A un objet dc ce gei

jardins Al (Us' "lll|dd"meiit plaque d'or incrustée du musée de Pcslh (D éléments CIT' ^ '*a/'0',ai hoWois, Buda-Pesth, 1873, pl. xnviu, n“ 237 a). Pour p. 45 __ i, ° lei,v‘ Ibionarruotti, Vetri cimit. p. 157 ; Perret, Peser, des possen, p i 4ki7 C ^ 1,1 7 beodoric. IV, p. 260, 1 IJarlel. — m curysographi ' Juv. \1, 8o: Et segmentatis dormisset parvula cun

— 18 Act. Are. 17 mai 117 : discmnlientes toralibus albis segmentâtes ( C . i. I. VI, 2076, 1. 14); 17 mai 183 (2009, II, 1. 16-17); 27 mai 218 (2101,1. 13); 241; loralem segmentatu[m\'{ 2114, 1. 19). — 19 Au musée d’Orléans est une pièce de tenture d’Antinoé (Baillct, n° 45, pl. u), où sont cousues des bandes alternativement monochromes et multicolores. — 20 (jarrucci, Storin. IV, pl. cci.xiv, 2 : cf. ect.xvu, I .

— Bibi.iographie. Saumaise, Godefroy, Loc. cit . ; Fr. Wieseler. Pas Piptycbun Quirinianum zu Brescia , Güllingen, 1868, pp. 37 sq., 44, note 58 ; Marquardt, Vie privée des Humains, tr. IV. Il, p. 188-190 ; C. Jullian, A/élany. de Home, Il (1882), p. 12 sq. ; Forcer, ouvr. cités; Jules Baillet, Les Tapisseries d'Aiitinoé au musée d'Orléans {Al ém. dc la soc. arcbèul. et List . de l’Orléanais. XXXI (1907;. p. 95-164).

SOSACHTIIEI A. 1 Schœmaun, Antiquités grecques (trad. Galuski), l. l,p. 376; liermann-Tbumser, Hechtsalterthmer , p. 375 ; Bockb, Pie Staatshaushaltung der Athener, t I, p. 578, noie a; tirole, Hist. delà Grèce , II, p. 77 sq. ; Curlius, Hist. de la Grèce , t. 1, p. 405 sq. ; Müller-Busolt, Handbuch der ktassischvn Altertumswissenschaft , I. IV, I, p. 145; Gilbert, Handbuch der griechtschen Staatsaltertümer, l. I, p. 141; Martin, Cavaliers athéniens , p. 40; Guiraud, La propriété foncière en Grèce, p. 421. — 2 Plutarcb. Solo, 617. — 3 Arist. Athen, resp. c. 6.

— 4 Dion. Halic. 5, 65; Heraclid. I, 5; Üio Chrysost. 31, 69; Diog. I.aert. I, 2, 1.

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population. L'institution de la clientèle ou du servage n'y aurait donc aucun fondement historique.

Voici alors quelle aurait été, dans ce premier système, la cause de, la réforme opérée par Solon. Les Eupatrides, les nobles, possédant des richesses mobilières considérables, ainsi que les meilleures terres situées autour d’Athènes, avaient refoulé vers le nord, dans la partie la moins fertile, nommée Diacrie, les petits propriétaires. La situation de ces derniers était devenue de plus en plus misérable. Peu à peu, appauvris et ruinés, ils ont dû emprunter aux riches, aux nobles, et comme la terre est inaliénable et insaisissable, le créancier a le droit, s'il n'est pas payé à l’échéance, de saisir tous les ans les cinq sixièmes de la récolte, ce qui entraîne, à brève échéance, la ruine complète et, en outre, l’esclavage de la dette. Mais les opprimés devenant tous les jours plus nombreux et plus redoutables, la guerre sociale menaçant à l’intérieur, alors qu’à l'extérieur Athènes était impuissante et humiliée, on se décida à confier à Solon la mission de résoudre ce grave problème social, et la solution qu’il y donna en 594 consista dans l’abolition des dettes et de la redevance des cinq sixièmes. Ce fut la seisachlhie. La terre est délivrée et cette délivrance se manifeste par l’enlèvement des bornes hypothécaires, des opot. Cette délivrance est, d’ailleurs, accompagnée de celle des citoyens vendus comme esclaves.

Dans une autre théorie, proposée par Fustel de Coulanges ’, les sxTY|jj.opot délivrés par Solon étaient les clients qui cultivaient les terres des Eupalrides ; ils finirent par obtenir, non pas la propriété, mais la possession de leurs lots, moyennant le paiement d’une redevance tixée, à l’époque de Solon, au sixième de la récolte. La réforme de Solon aurait alors consisté dans l’abolition de la clientèle et de la redevance et dans la reconnaissance du droit de propriété personnelle conféré à ceux qui n’étaient auparavant que les clients ou, en quelque sorte, des serfs.

D’après Fustel de Coulanges, l’institution de la clientèle ou du servage, si elle ne peut, à Athènes, comme dans d’autres cités grecques, être le résultat de la conquête, y esL la conséquence naturelle de la constitution du ysvgç. La famille attique aurait compris, en effet, sous l’autorité d’un chef unique, deux classes de rang inégal : d’une part, les individus naturellement libres; d’autre part, les serviteurs ou clients, inférieurs par la naissance mais rapprochés du chef par leur culte domestique. A l’origine, quand les familles vivaient isolées, les clients demeuraient avec la famille. Mais quand la cité fut fondée, ils cherchèrent à sortir de la famille. Le maître leur assigna un lot de terre qu’ils finirent par cultiver non plus pour lui, mais pour leur propre compte, moyennant paiement d’une certaine redevance. Les Diacriens, qui labouraient péniblement les flancs de la montagne où on les avait relégués, finirent par devenir si menaçants, que l’on dut, par l’intermédiaire de Solon, leur donner

i Fuslel de Coulanges, Cité antique, liv. IV, IG, 20 ; Nouvelles recherches, p. 50 et supra, Voir attica rf.spliii.ica, p. 535. V. dans le môme sens Clerc, Métèques athéniens, p. 340 sq. ; Beauclicl, ffist. du droit privé de la République athénienne, l. Il, p. 529 sq. — 2 Plularcli. Solo ; 13. — Ibid. 15. — 4 Arist. Athen. Ilesp. c. 10. — & Cf. Scliœmann Galuski, t. I, p. 377 ; Martin, p. 57 ; Gilbert, p. 142 ; Grolc, Ilsit. t. I, p. 78; Hermann-Thumser, p. 375. V. toutefois Hnllscli, Griech. u. rom. Metrol. p. 200 sq. ; Curtius, t. I. p. 310; VVaclismuLh, fjell. altert. 1. I, p. 472 ; Üroysen, Zum Afünzwesen Athens, in lier, der Berl. Alcad. 1882, p. 1195.

SEKOM 4. — 1 Sur les mesures étalons chez les anciens, voy. Bieckli, Melor' yol.

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satisfaction en abolissant la clientèle et en donn-,.,.

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pleine propriété aux clients la terre dont ils n 'avaient , la détention précaire. Quanta la redevance du si x ièi!,'',* Solon la supprima ou peut-être la réduisit à un t {l , , x | j que le rachat en devint facile. La conséquence d,, | réforme fut aussi l’enlèvement des ooot, mais consitlér1 comme des bornes saintes et attestant que le champ ,, ,n à la famille de l’Eupatride par un lien sacré, ne ponrraii jamais être aliéné.

Ce système de la clientèle a. pour lui de nombreuses analogies, lise concilie parfaitement, d’autre part, avec ce que raconte Plutarque2 de la situation des t hèles libérés par Solon, qui, dit-il, labouraient pour les riches en leur payant une redevance de la sixième partie du produit Sans doute, certains auteurs anciens font consister la seisachlhie dans l’abolition des dettes. Mais la raison en est que, faute de documents, qui ne pouvaient, d’ailleurs exister, ils n ont pu comprendre quelle était la servitude dont Solon a libéré une partie de la population, surtout que le régime de la gens avait disparu après Solon, au point qu’on en avait perdu même la notion.

Une dernière explication de la seisachthic a été donnée par certains auteurs anciens, au nombre desquels se trouve Androlion3. Cette réforme, d’après eux, aurait simplement consisté dans un changement apporté au titre des monnaies, par suite duquel 10U drachmes nouvelles équivalaient à 72 drachmes et demie. Solon aurait, en même temps, réduit le taux des intérêts pour alléger le fardeau des débiteurs. Mais celte explication est généralement rejetée par les partisans du système de la redevance, comme par ceux de la théorie de la clientèle, (lu ne comprend pas, en effet, comment la seisachlhie, réduite à cette simple signification, aurait été un soulagement suffisant, soit pour de malheureux propriétaires à qui on n’aurait continué de laisser que le sixième de leur récolte, soit pour des clients endettés à qui on aurait toujours refusé le droit d’être proprietaires du sol qu’ils cultivaient. La réforme attribuée ;i Solon, en ce qui concerne le changement dans le litre des monnaies, est vraie, sans doute. Mais Aristote ‘ 1 atteste formellement, elle est bien distincte de la seisarhlliie. Elle l’a suivie et complétée dans un sens favorable aux débiteurs5. L. Beaucuet.

SEKOMA (2vjxo)p.a). — Ce mot désignant des mesures étalons1 figure sur un marbre de Délos qui porte la dédicace d’un épimélète à Apollon 2. Une inscription de Pouzzoles semble employer de même l’adjectif sinomarius : deux défunts y sont qualifiés de mensor iih'in el sacomarius *. Sncoma , toutefois, qui se rencontre deux fois chez Vilruve, y a, au contraire, la signifient i"ii dt

peson de balance, contrepoids4. Le substantif au . . .

n’a donc pas été latinisé dans le sens du grec.

Nous ne connaissons pas, d’autre part, d . .

proprement latin. Seuls les métrologisles modernes un créé à cet effet l’appellation de mensa ponderaria, ou 11 1

Untersuchung. p. 12 cti88-190, et Slaatshauslta.lt. t. 111, p. 330. U se . 1

mentale esl pour Athènes l’inscription Corp. inscr. graec. 1, 1511 = Coq)-

' -J les II-111 ’s ‘

] | 470. Ilullscli (Griech. und rôm. Aletrol. ed. p. 100), il après hs h

de celle inscription : a! hi àç/où «Tç o! vd|*“t n;,o<TTàTrr>u,iiv «çXs xaTSixiu«|' ,| ,™all „Tix,.WoTa. Tïot[ïi]iA!**xat « sà uffixoïÎT* SAP’/, distinguerai! des mes uh ^ ^ sens strict, qualifiées de aùpp.la, les mesures simplement cunlrolei- u ^ ^ s’appliquait la désignation de e rjx.ûixaxu. — 2 Bit II. corr. heltcn * 0 | . -

n“ 3 ; t. III, 1879, p. 374, n" 15... »,[p]o; AiiSil-cu MctpaSdxio; tui|»OnT^ ^ u0

us,,; a^xu|i« m-ripoCr nusSi'pvou ’A liUm. — 3 Corp. inscr. lat. I. X, passage obscur de saint Jérôme, In Ion. 4, (i. — 4 Vilruv. IX, 3 e

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■ ))onderar ium 1 , qui, on l'a vu [pondehahium], dans '' [■ ;i/, ilr-si unait en réalité tout autre cliose, l’èdi-

, o(l (liaient conservés les poids et mesures étalons2. Il , J donc difficile de dire quel était le nom vrai, sans ! ^ simplement mensurae , mensurae exaequatue 3 ou 'mi,lru * des mesures étalons qui ont été découvertes dans ](, |non.,îe romain d'Occident. Nous ne pouvons pourtant, cl ins cette notice d’ensemble, les passer sous silence.

Il n’est, d’ailleurs, question dans ce qui suit que des mesures étalons établies à poste fixe, non des mesures contrôlées mais maniables et transportables comme par exemple le célèbre conqius Farnèse s ou tel vase cylindrique en terre rouge très line, portant l’inscription îr^dffiov et deux timbres, l’un avec une double chouette ,1 les lettres AB, l’autre avec la tète casquée d’Athéna, qne M. Dumont a publié comme étant une choinix atlique 6.

ha première en date des mesures étalons romaines et

Fig. 6283. — Mesure étalon de Pompéi.

la plus remarquable par sa forme exceptionnelle est celle qui a été recueillie en 1816 au forum de Pompéi 7 et qui est conservée au Musée de Naples (fig. 6283). Le bloc

du tu I oii elle a été creusée présente deux tables sur chambranles superposées s, creusées, la table du bas de

( m le mot ■ porulerarium, voy. I Vomis, Voc. lat. di architet. poster. n Yitruvio j S( ^em' d- Acc. d. Sc. di Torino, sc. mor. slor. c filol. scr. 11, t. XXVIII,

loi ' — 2 Voy. t. IV, lru pari, p 5+7-548. — 3 Exemplaires de

|, , ' ' ' nnoad, de Kliamissa, de Kossovo cités ci-dessous, inscriptions de

’uTVr°rp‘ inscr‘ laL L V>4468)» de Lambèse (Ibid. t. Vllf, 3294 et 18177), de ^urn( ' ' * ^ III, 9666), d Albacina (Ibid. t. XI, 5695). — 4 Exemplaire de Min-' . ^°Y- ^ part., p. 1444, fig. 1898. — *» Dumont, C. r. de

cham t*® lnh cr‘ 18G7» P- 255-2 “6, Rev. arch. 1872, t. Il, p. 297-303, Jnscr.

noie i Pv '' S(|- = Mél- d'ârch. et d'épiqr. XVII, p. 126-133; Hullseh, p. 109,

me r /°" encorc Vasqucz-tjueipo, Essai sur les sgst. métr. et monét. des é'shscr 'S\r' P' 525; <,C WiUe’ ü-ev- arch ■ ,862> L L P- 333-335, C. r. de l'Ac.

I m ( et 1866, p. 383-386. — 7 Mazois, Ruines de Pompéi ,

I M P'- xi.; Mancini, Giorn. d. scan, nuov. ser. t. Il, p. 144 su.;

vin.

Fig. 6285. — Plaque de bronze mobile.

cinq cavités de grandeur décroissante de droite à gauche (lig. 6284) et en outre sur les côtés de cavités plus petites dont l’une est à demi-couverte par un chambranle, la table supérieure de deux cavités seulement. Un trou, que pouvait fermer une plaque de bronze mobile (fîg. 6285), de même qu’une autre plaque de métal servait de couvercle, est percé au fond de quatre des cavités principales et procurait l’écoulement des matières jaugées. 11 reste, près des différentes cavités, des traces de caractères d’où l’on peut conclure que le monument, dans son état premier, remontait jusqu’à l’époque préromaine. Sur la tranche supérieure se lit en outre l’inscription suivante qui paraît pouvoir être datée de l’époque d’Auguste : A(ulus) Clodius A{uli) f{ilius) Flaccus A' (unie rius ) Arcaeus A'(umerii) f(ilius) Arellia(nus) Caledus | d( uum)v(iri) j(ure) d\icunduj mensuras exaequandas ex dec urionum) decr(eto )9.

Naples possède encore une autre mesure, trouvée à Minturnes en 1811 10, établie à leurs propres frais par les soins de deux autres duumvirs, L. Gellius Poblicola et L. Caedicius, qu’un sénatusconsulte avait chargés de procéder à la vérification des poids et mesures, pondéra et métra exaequarunl 11 : elle consiste en une pierre rectangulaire portant cinq cavités dont trois sont munies d’un trou d’écoulement.

Telle est aussi, et c’est la forme d’un usage constanl, une mesure récemment exhumée à Timgad et que la libéralité d’un édile du nom de Celerinus avait fait exécuter pour ses concitoyens12. Trois grandes cavités, percées par le bas, sont disposées dans la longueur : elles mesurent respectivement U m. 39 de diamètre sur O m. 20 de profondeur, 0 m. 35 sur O m. 20, 0 m. 26 sur Om. 15, et correspondraient à l’amphore, au modius et au demi-modius; dans les intervalles laissés libres ont pris place deux cavités plus petites, non percées, de 0 m. 14 et 0 m. 10 de diamètre. Les fouilles poursuivies sur un autre point de l’Algérie, à khamissa, ont en outre fait découvrir, reposant encore sur des supports dans un angle du forum, deux autres tables anépigraphes, dont l’une porte, comme les exemplaires précédents, des cavités hémisphériques au nombre de quatre, et l’autre, au contraire, présente la particularité que les cavités, également au nombre de quatre, y sont à ouverture carrée et en forme de parallélipipèdes légèrement arrondis à la base, les cavités les plus grandes ici encore étant percées d’un trou qui communique avec la surface inférieure de la pierre13.

Les deux prétendues mesures signalées en Gaule, l’une à Agenu, l’autre à Maule15, sont trop douteuses pour qu’on s’y arrête. De la première, en admettant que ce soit bien une mesure, le caractère antique n’est pas certain.

Brelon, Pompeia, p. 117; Ovcrbcck, Potnpcii , p. 55, 56; Ibid. 4e éd. rcv. par Mau, p. 63-G4, fig. 23 ; Vasqucz-Queipo, t.ll, p. 375; Eggcr, Mém. de la Soc. nat. des Ant. de Fr. 1. XXV, 1858, p. 87-90, fig. I = Mém. d'/iist. anc. p. 197 sq. ; Mau, Pompéi , p. 92 ; Ibid. Irad. Kelsey, p. 92-93, fig. 34; Cusman, Pompéi, fig. p. 156 cl p. 2G5-266 ; Tliédenal, Pompéi, Vie publique, p. 50-51, fig. 31; .Ni^son, Pomp. Stud. p. 71. Il semble qu’on ail encore découvert au forum de l’ompêi un aulre exemplaire formé de « deux peliles labiés posées de mémo l une sur Faillie el contenant aussi des mesures » (Breton, Pompeia , p. 118). — 8 La labié supé rieurc est aujourd’hui détruite; une copie moderne se voit à l'ompéi. — 9 Corp. inscr. lat. t. X, 793. — 10 Ruesch, Guida d. Mus. di Napoli, nu 1254 ; Uull. d. Instit. 1841, p. 180; Eggcr, p. 103 et fig. V. — H Corp. inscr. lat. t. X, 6018. — 12 Cagnat, C. r. de l'Ac. des Inscr. 1905, p. 490-495. — 13 Ibid. p. 495-497. — H Uull. de la Soc. Ant. de fr. 1906, p. 162-166. — 15 Ibid. 1905, p. 181-183.

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