S EK
Moins établi encore est l'usage de la pierre de Manie, qui différerait complètement des exemples connus: l’opinion la plus autorisée y voit une sorte d’appareil à liltre ou à lavage qui ne serait pas antérieur au xnc siècle
Il faut, en revanche, rattacher enfin aux exemplaires qui peuvent être qualifiés de romains une intéressante mesure étalon de Kossovo en Bulgarie -, dont non seulement la dédicace, qui émane d’un gymnasijarcha empori Plretensium 3, est rédigée en latin, mais dont les mesures paraissent appartenir à un système romanooriental. I n peu plus seulement de la moitié de la pierre a été conservé. Le milieu en était occupé par deux cavités à orifices rectangulaires, comme sur l'un des exemplaires de Khamissa, désignées par les légendes <jïjgo3i(o)v et po[3io;]. Sur le côté sont quatre cavités à orifice circulaire, superposées deux à deux, deux semblant destinées a 1 huile, q jxaïva, çîtt y,ç èXyjp(o;), deux au vin, Y|gsïva, ;é<mr|; o;v(ou).
Venons maintenant aux mesures étalons trouvées dans le monde grec 4 et auxquelles convient à coup sûr le terme de cY|Xoju.a J. L'un des plus anciennement connus est un bloc de marbre blanc trouvé àOuchak en Phrygie et dont la surface est percée de sept cavités circulaires de grandeur inégale, désignées comme correspondant à des mesures définies, telles, pour ne citer que les plus connues, que le gôoio;, la yotvi;, le otxdxuXov 11 : la face antérieure porte, au-dessus d’une guirlande, la mention ’AXé'xvSpo; Aoxigsù; ÈTrotst, soit Alexandre de Dokimeion, ainsi que l'a compris le premier éditeur M. Wagener, soit Alexandre le Boxqustj;, équivalent de Boxigatrx -Jg, le vérificateur, exactor ou aequator , comme le préfère M. Egger \
Les trois ou quatre autres monuments mélrologiques de provenance athénienne qu’a signalés, en même temps, ce dernier, une sorte de vase cylindrique avec une rigole d’écoulement au fond \ un autre analogue ", un troisième encore, qui ne fait peut-être qu’un avec un des précédents10, et un dernier de forme assez voisine, mais plus petit11, ne sont, M. Egger lui-même le reconnaît, ni d’une antiquité certaine quant à leur emploi, ni d'une destination indiscutable. Le Musée d’Athènes, cependant, possède an moins trois exemplaires en marbre de véritables <7Y,xojgaxa attiques à plusieurs cavités, deux à cinq mesures 12, sur l'un desquels se voit en outre une rigole courant sur deux des bords et aboutissant à une sixième cavité latérale placée en dehors de l’alignement des premières13, et un à quatre mesures u. D’un quatrième il ne reste plus que la face portant la dédicace EÙ7tupioT)ç àyopavouoç yîvôjjievoç xôv Çuyôv xa; xi gsxpa
xvéOyjXev 15. Un cinquième se trouve au Musée du Pirée 16.
Trois autres <7Y,xü>[A*xa ont été découverts en Thrace.
1 Une autre mesure étalon a été découverte à Bregenz sur le lac de Constance [C. r. de l'Ac. des Inscr. 1905, p. 493, note 4). — 2 S boni Ht, l. VIII, p. 84 ; von Domaszewski, Arch. epigr. Alittheil. ans Œsterr.-Ungarn, l. XV, 1892, p. 1 44-150; C. r. de l'Ac. des Inscr. 1905, p. 496-497. — 3 Corp. inscr. lat.
I. III, 12415. — 4 H ne sera pas parlé cependant d'un trouvé à Sélinoulc
(Mau-Kelsey, Pompei , p. 93) sur lequel toute indication fait défaut. — 6 M. Clcrmont-Ganneau a publié, d'après le P. Germcr-Durand ( Echos d' Orient, 1901,
I. V, p. 74), une plaque de marbre trouvée eu Palestine, percée d’ouvertures reclangulaires «pii la Iraversent de part en part, en indiquant, mais à Litre très hypothétique, qu'on pourrait penser à tiu «rqxwpia ( Réc . d'arch. or. t. VIII, § 27, p. 208-212. — L’un des angles porle en outre une mesure de longueur d'un système indéterminé. — 7 Wagener, Not. sur un mon. métrai, découvert en Phrygie , exlr. das AJém. des sav. étrang. de l'Ac. de Brurelles, t. XX VH ; Bœckh, Klein., Schrift. t. VI, p. 261 ; Egger, p. 90-99 et fig. 2 ; Hultscli, p. 572, note 3. — 8 Egger, p. 100, fig. 3. — 9 Ibid. p. 100-101. — *0 Ibid. p. 101-102. — H Ibid. p. 102,
I ig. IV. — >2 Sybcl, Katal. d. Sculpt. su Alhcn , n°‘ 925 cl 928. — 13 Ibid. n° 928; Koumanoudis, ’K».4pg. 1862, p. 23, pl, ix, 1. — H Sybcl, n° 927 ; Kekule
SE K
L’un à Ganos, au nord de Gallipoli, taillé avec soin portant la mention iep 6;, a quatre mesures, savoir -J]ut(exTov, une Tpt(xo-nMT)), une xo(xéXvi) et une -y ;jl/ tôXyi) Deux autres, à Panidon, sont : l’un, un fragment ne comportant plus qu’une petite mesure marquée ; fAixoTÙX-rt), avec un monogramme et le mot âyopafvogoçj l’autre un «rrjxwga qui comprenait originairement i moins cinq cavités, mais dont trois seulement Sllll| aujourd’hui entières : nulle indication de valeur m ,, sur la tranche antérieure la mention eiù àyopocvôgou q, -, , v 7rou suivie d’un caducée19.
Du Péloponnèse vient le (njxtopta de Gythion ( fig. qui est plus qu’une simple dalle, une sorte de meublé
Fig. 6286. — Sékoma de Gythion.
porté par deux chambranles latéraux et excavé en avant, et dont les cinq cavités disposées en quinconce sont désignées comme un yoîi:, un gooioç, un ■/igtexxov, mie xoxùXyi et peut-être une vjgiva20 ; la dédicace noim apprend qu’il fut consacré aux dieux Augustes, sans doute Marc-Aurèle et L. Verus, par un agoranome du nom de
KarpOS, é)eoï; Ü£j|3a<7X0!(; xat xŸt TioXst Ivxp7toç [ . àjyopotvop.rôv
àvéÔYixev xi géxpa21. Un autre c/jxtopLx consistant en un bloc de marbre façonné en forme de cuvette a été découvert à Trézène22.
Naxos et Délos, enfin, ont fourni toute une série de CT^Xüigaxa. Le xçxiop.a de Naxos était fait pour six mesures, dont cinq sont des mesures très petites et sont réunies dans un même rectangle où le trop plein répandu s’écoulait dans une cuvette ménagée à cet effet : il a encore ceci de particulier qu’il porte dans deux angles deux matrices rectangulaires qui recevaient évidemment des poids étalons et que l’une de ses extrémités est occupée par une ligne de signes numériques constituant un abaque ou table à compter23. La riche collection des <7Y|X(ou.ata de Délos, réunie au Musée de Myconos, napas
Die ant. Bildw. im Theseion, m 30k — 13 Koumanoudis, ’Emif. UXr - I'1'1' p. 20 ; Cm'tius, Pltilol. t. en, p. 7UI ; Corp. inscr. ait. t. III, OS. — U* Uaitssoulliri. Athènes et ses enrir. (guide Joamie), p. 170; Fougères, Athènes et ses enm (guide Joiiune), p. 162. — n Dumont, Bev. arch. 1800, t. Il, p. 200, où ii le ‘loune comme vu à Cliora, Arch. des Miss. 2e sér. I. VI, p. 400, 3* sur. t. Ht P C'1' Met. p. 118, 153, 207, 4- i 9-420, il" 88 ; l’appadopoulos Keramcus, 'O !v Kwvr tivouhoX. ÉXTtïjv. ® tXoXoy. EOX /tov, t. XVIII, 1866, p. 101. — 18 Dumont, Arch. des Miss. 2® sér. I. VI, p. 468, 3e sér. t. III, p. 159 = Mél. p. 1 18, 208, 4(>- 11
— 19 Musée d’Athènes: Sybcl, il» 925; Dumont, Arch. des AJiss. 2e si' 1
p. 467, 3° sér, t. III, p. 159; lier. arch. 1869, L II, p. 265, 18'"-. t. Il, p- - 1
MA. XV, p. 116-119, 151-152, 207-208, 407, n1* 82. — 20 Musée d’Athènes S'1"'1, n° 924; Euslratiadis, E:. A p /. 1870, n" 41 t> ; Curlius, Philol. L I1 Arch. Zeit. t. 28, p. 17; Le Bas-Foucart, Inscr. du Péloponnèse , p 11 11 n0 241. — 21 Le supplément 0eoi; est confirmé par un poids en bronze <1 D*'1'1 conservé au Britisli Muséum (Walters, Cat. of the br. in the Prit. Aies.
— 22 Bull. corr. hellén. t. XXIX, 1905, p. 298-300. — 2.1 Musée d,All>*,||cs 1 Sybcl, n° 92G ; Dumont, Bev. arch. 1873, t. Il, p. 43-47 r Mél. XVI, |>- I-" 1 '
SEL
SEL
i)1(,ore publiée 1 : signalons, outre un 'r/jxwga intact H deux fragments sur lesquels nous n’avons pas ,1,. renseignements 2, un <rr(x<ou.a d’un demi-médimne (|(. j;| mentionné en lêle de cc-t article pour le mot de ç-rxoïg# qui y est inscrit3, trois autres <j-/)xiôgaTa également d’une seule mesure, l’un portant une dédicace de Qains) Julius C(,aii) f(ilius) Caesar, père du dictateur, jcs deux autres consacrés à Apollon par Ariarathès l[7ug] £Àv, Tfg] êgicopt[&u] \ un fragment d’un c/jxwga à deux cavités s et deux <77, x. égara à quatre mesures, dont
l'un (lig. 0487) montre bien comment les quatre mesures, munies chacune d'un trou d’écoulement, sont ellesmèmes placées dans une dépression où le liquide, qui avait pu déborder lors du jaugeage, était recueilli ®.
I ii; caractère sacré des cTjxtégara résulte expressément, au moins pour celui de Ganos, celui de Gytliion et trois de ceux deDélos,de la mention Updç ou 0eoîi; Es^as-rof; ou ’AnoXXcovt. Étienne Micron.
SELEIIItEIA (SeXsuxsia). — - Fête célébrée à Erythrées, en Ionie, en l’honneur d’un Séleucide; elle est mentionnée, concurremment avec des Dionysia , dans deux inscriptions de Delphes1 et une de Rhodes2, toutes trois gravées par les soins du peuple d’Érythrées. Em. Cahen.
SLLIQIIASTIUJM. — Variété de siège. Les auteurs qui le nomment n’en ont pas déterminé la forme *.
SELLA. — Ce mot, contraction de sedula , tirée de sedco, comme sedile, sella, désigne, en général, un siège et comporte autant de variétés de sens que le grec Éopa. La plupart des types de sièges en Grèce ont déjà été décrits a cathedra, ainsi que divers types romains; d’autres seront étudiés à solium; restent à voir ici ceux que désignait plus spécialement le terme sella, seul ou précisé par une épithète.
l e thronus était un solium habituellement à dossier H hras ; la cathedra avait un dossier sans bras ; la sella n’avait ni dossier ni bras. C’était la forme de siège la pins commune, employée, dans toutes les classes, par el femmes1. Nue ou ornementée, mais jamais apissee, on la couvrait d’un coussin [pulvinus] avant ' 1 1 1 1 ’ " (1 re place. La sella gestatoria ou chaise à por-
'"ls’ llans laquelle on se tenait assis, s’oppose à la 11 1 r|CA, ou l’on s’étendait, et il a été traité des deux à la
n" n»a°Ur la Se/,(' (amiliarica 0U perf usa, voir latrina,
' " ’ po,lr 'es sièges de bain, balneum, (ig. 7(18.
" ''l'lH'lait parfois sella le siège du cocher dans son
char- [currus] ; mais, en pratique, le mot s'appliquait le plus fréquemment au siège officiel de plusieurs magistrats romains, sous le nom de sella ruru/is.
De ce dernier mot, l’étymologie la plus vraisemblable est celle que Gavius Bassus3 tire précisément (le carras1. La disposition des villes anciennes ne permettait pas à tous de circuler librement en voiture dans les rues; les magistrats en avaient le droit dans certaines cérémonies ; a 1 origine ils jouissaient probablement sans restriction de cette prérogative. Entre toutes les attributions du pouvoir, la plus essentielle était la fonction de justice. Or elle restait attachée à la personne, non à un lieu détermine; d’autre part, le magistrat agissant comme juge se plaçait toujours dans un endroit élevé sur une estrade [sucgestus, tribunal], et il officiait assis5. Sur 1 estrade on posait la sella 6; tribunal et sella, d’après les textes, paraissent aller nécessairement ensemble; cela fait antithèse à la formule de piano. Le magistrat a le droit de procéder assis à toutes les affaires qui le comportent, telles que l’administration de la justice, la levée des troupes \ la prise des auspices; peut-être même étaitce une obligation, à peine de nullité.
Le caractère symbolique de la sella du magistrat tient à celui de la position assise: on est en devoir de la quitter et de se lever en présence d’un homme plus âgé ou honoré8. Le public agissait ainsi quand le magistrat faisait son entrée dans l’amphithéâtre, pendant les jeux9. A César dictateur fut conféré en 708 le droit de s asseoir sur la sella curulis dans" la curie, à côté des consuls10; en 710 celui de s’en servir en tous lieux11. On 1 accusa d’ailleurs de prétendre au pouvoir royal, quand il refusa de se lever devant le Sénat12. Les empereurs témoignaient de leur autorité en s’asseyant entre les consuls.
Ainsi le magistrat avait toute liberté pour le choix du lieu où il rendrait la justice, et son siège lui était nécessaire, d’où la forme de la sella, siège pliant, facile à emporter et pouvant suivre le dignitaire, comme la hache et les verges; et il n’est pas besoin de faire fond sur la tradition 13 d après laquelle ces. altae enraies auraient été introduites, pour la première fois, à Vétulonie par Tarquin l’Ancien, qui les emprunta aux Étrusques. Les rois ont du se servir du solium (ôpdvoç) à dossier14; on retira le trône et le char aux magistrats de la République, héritiers de leurs attributions; mais le nom de curulis resta au siège du magistrat le plus élevé, en tant que juge; puis, même après avoir perdu toute juridiction sur la capitale, les consuls gardèrent et le tribunal et la sella ; tous deux se rencontrent plus tard, à litre isolé de simple distinction, en dehors de toute idée de juridiction.
La sella curulis était toujours carrée 1B, probablement en ivoire 16 et d’habitude soutenue par des pieds recourbés1", de hauteur sans doute variable. La forme en a pu être plus simple quand ce siège servait hors de Rome
note ; n ! L XXIX- ,903' P- '*• -
Bull. corr. hellén. t. Il, 1878, p. 10, n»3;
- r, , ! C0Tf ■ heUn- XXIX, 1905, p. 18-19. - a
WLsuim’ !'?"■ '' XXX' ,90ti' P' ««*. «<?• «
— 2 ... ' "• PiUenliorgcr, Sy/1.2 250, 251
SIC! IOEASTn'"' #i Cf‘ Foucai'1- «» 'Chêol. 1805
i«;lii!». ' Var1' Ling- lat • v- 128 ;
2 Dumont, Aîél. p. HS, t. III, 1870, p. 374, 15.
Ibid. t. VIII, lS84,p. 160.
et note 1 .
= Michel, liée. 506, 507.
p. i62 ; Hygin. Astr. Il,
- - t 2 Pliaedr. 1
'8. restus, Epit. p. 49, v» Curules. - 4 Cf les f
i. gr. 1133).
sella ac de l
p . . Clm,r IS’ }nt- p- w< v° f««'«
formes Je , ( ' '■ laL x- 53h I «oxpoàU,., (C.
• loco superiore (Cic. Yerr. Il, 42, 102) ; de
[ibid. IV, 40, 85) ; de sella ac tribunali (ibid. II, 38, 94 ; III, 59, 1351..— 6 Dion, liai. VIII. 45; Tac. Ann. I, 75. V. un médaillon de Sévère Alexandre (H. A Grueber et R. S l'oole. Roman Médaillons in the Brit. Mus. London, 1874, pi. xxxvin 5 : p. 38) et un autre do Valérien et Gallien (pl. xlyii, 2, p. 61). — 7 Liv. III, 11, I ■ consules in conspectu eorum positis sellis delcctum habebant. — » Cic. de Se n. I S, 63; Juven. XIII. 55. — 9 Suct. Claud. 12. — 10 Rio Cass. Xl.lll, 14. — 11 Excepté Iv T«ï; navï|Tù9i»i. (Id. XLIV, 4). — 12 |d. XLIV, 8; Liv. Epit. CXV; Suet. Caes. /8. - 13 Sil. \ III, 487 si|. — 14 Mais l'ancienne histoire aura représenté la s. curulis comme ayant remplacé le solium, mémo pour les rois (Liv. I, 20, 2 : curuti régit i sella). — v- La sella des particuliers fréquemment ronde. — 10 Sil. Lac. cil.
r l’lut. Mar. 5 ; ày.oXénou;. Dion Cassius emploie partout pour la désigner les mots eut àfyixoO" Si’efcu.