‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 71 sur 137 · SO · texte numérisé non relu

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et dans les camps. Les monuments nous montrent, en ell'et, deux types : tantôt chaque paire de pieds est en deux

branches incurvées comme des tenailles, suivant le modèle gravé au revers de nombreuses m o nnaies , notamment d'une monnaie de C y r è n e (ier siècle av.-J.-C.), au nom de L. Lollius 1 ; on a retrouvé un spécimen de cette variété (fig. 6288) dans les fouilles de Pompéi 2; tantôt le pliant est constitué de deux séries de bâtons parallèles et tout droits, renees l une à l’autre, de façon à basculer librement, au milieu de la longueur des bâtons, à la façon des ciseaux.

Tel est le type d’une autre monnaie de la même province, un peu plus tardive d’après le style 3 ; il est exactement reproduit (fig. 6289) sur une pierre tombale du musée d’Avignon \ qui laisse voir le coussin supérieur maintenu par des courroies ; le fond était d’ordinaire tressé, donc à jour 3. C’est à cette variété de sella curulis qu’il convient, selon toute vraisemblance, de rattacher la sella caslrensis qui était placée pour le général en chef 6 sur le tribunal , d’où il prononçait ordinairement toutes ses harangues 7.

La possession de ce siège entraînait les qualificatifs de magistratus curulis 8, honor curulis 3 ; elle allait de pair avec celle des faisceaux et se trouvait dévolue à tous ceux qu’accompagnaient des licteurs : le roi (indépendamment du solium), l’interroi10, tous les magistrats pourvus de Yimperium consulaire ou prétorien, consuls", préteurs12, décemvirs eL tribuns de celte

1 G. Macdonald, Catal. of greek coins in the Bunierian Collection, Glasgow, III (1905), pl. xcn, 19; p. 576, n° Gü ; cf. GG. — 2 B. Quaranta, Mus. Borb. VI, tav. 28. — 3 Macdonald, O, l. pl. xcn, 24; p. 577, n° 75. — 4 Cahier el Martin, Mélang. d'archéol. I. p. IGG. — 5 Feslus, Epit. p. 34G. — 6 Suet. Galb. 18. — 7 Cf. II. de Longpérier, Bev. archéol. 1868, p. 10G sq. — 8 Cic. Ep. ad AU. XII, 32, 3; Liv. IX, 34, 5; XXIII, 23, 5. — 9 Liv. XXXIV, 44, 4 ; XXXVIII, 28, l ; cf. XXIX, 37, 1 : curuli sella sedisse. — 10 Ascon. In Mil. p. 34: magistratus curulis. — H Babelon, Monn. de la Bép. rom. Paris, I (1885), p. 414, n° 49, pièce frappée par O. Pompeius Hufus, consul, en l'honneur de Sy 1 la., ancien consul (droit: s. c. entre lituus et couronne; rev. : s. c. entre flèche et branche de laurier) ; cf. Il (1886;, p. 338-9 ; p. 14s, n° I ; p. 514, n» 13. — 12 Ibid. 1, p. 340, n° 1 ; II, p. 2G0 : un casque sur la chaise. — 13 Liv. IV, 7, 7 : curulis magistratus , add. III, 44, 9. Dans Babelon, I, p. 331, n° 8, une pièce encore inexpliquée : temple de Vesta. à I intér. chaise curule ; Q, Cassius, qui est nommé, devait être alors tribun du peuple. — 14 CL les monnaies des quaestores pro praetore de Cyrénaïque,

espèce13, proconsuls, propréteurs u, dictateur: Vélo, de M. Valerius mentionne qu’il eut dans le ci™.,,» ^

1 111 ^ v u (j UQ Uni.

chaise curule d'honneur ; de son vivant J nies Cr^o.

"c» uesar recul

une sella aurea et une couronne 16 ; elles sont gnv(sur une monnaie à la légende : Caesar die. per'1 \ "S tons encore le magister equitum 1S, enfin les édiles'e'' rules [aediles, p. 96] 1!1. Pour le praefectus Urbi , qui n ,!', qu’un représentant, nous n’avons pas de renseignement positif: il semble pourtant qu’on puisse, dans l’aflîrnn tive, se prévaloir d’une monnaie20. Dépourvu de licteurs et de pouvoirs judiciaires, le censeur avait toutefois m, moins à partir d’une certaine époque, le siège curule il mais il faut exclure de la série tous les magistrats inlï. rieurs. On y ajoutera, en revanche, les magistrats municipaux, parce qu’ils ont les faisceaux : tel le qualuorvir d’Avignon22 et un duumvir jure dicundo de INuceria-1 Parmi les prêtres, seul le /lumen Dia/is a la sella curulis parce qu’il est investi de tous les honneurs de la plus haute magistrature. Les présidents de jeux, en principe, ne jouissaient pas de celle prérogative21 ; c’est à un autre titre qu’on la conféra, poulies jeux de 714, au triumvir Antoine et à son collègue Octave (fig. 6290) 2\ 11 y a là peut-être un de ces exemples de faveurs exceptionnelles, qui font qu’on voit, en 37-8 apr, J.-C., Ptolémée, roi de Maurétanie, assis sur une sella curulis™, comme la République en avait accordé une à Eumène de Pergame

De par les nombreuses magistratures accumulées sur leur tête, les empereurs ont dû avoir de tout temps le droit de paraître en tous lieux assis sur un siège21; mais bientôt ils n’usent plus de faisceaux et négligent de venir au Sénat. Ils prenaient place aussi, dans les solennités, sur le siège spécial appelé sella aurea [imi’Erator, p. 426J, qui ne différait pas par sa construction de la sella curulis (fig. 6291) 2S.

A défaut de la curulis, d’autres magistrats avaient du moins une sella. Le questeur, en particulier, remplissait à Yaerarium des fonctions pour lesquelles il devait être assis; mais elles étaient attachées au temple de Saturne; il n’avait donc pas besoin de siège portatif; aussi sa sella , également sans dossier, reposait sur quatre pieds droits non échancrés et ne se repliant pas [quaestorj 29. Tous les questeurs, urbains et provinciaux, étaient à ce point de vue sur le même rang, et aussi les proquesteurs30; de même tous

les présidents de tribunaux, civils et criminels, n --y uni

supra, noie l; add. Babelon, I, p. 1179, n°* 48-19; II, p. 195, u° 19. ,1l‘

Malle : B. Head, Hist. num. Oxford, 1887, p 743; Macdonald, Hunier. Loti Htpl. xcv, fl; p. 006, n“ 30. — 15 C. i. Int. I, p. ‘284; cf .Feslus, Epit. p- 34 '*• — 11,11111 Cass. XLV, 6 ; en 712, Octave les exposa devant la foule. — *7 Babelon, 11, P- "■ n» 89; cf. p. 45. — 13 Rio Cass. XI, III, 48. — 19 Biso ap. Oeil. VII (VI),», 6: üf- Verr. V, 1 4, 3C ; Liv. Vil, I, o ; IX, 46, 9; Babelon, I, p. xux ; p. 526, n c p. 312, n° 3. — 20 Babelon, II, p. 112, no 8 : Hegulus /‘(ilius) praef. Ur(ln)curule entre des faisceaux ; ci. p. 1 43-4, n°‘ 9-10. — 21 Liv. XI,, 43, 8 ; l‘oN. - '

53, 9. — 29 V. supra, note 4. — 23 C. i. lat. X, 1081. — 24 Malgré un texte, 5MS doute inexact, de Dion. Hal. VI, 95. — 24 Rio Cass. XLVIII, 31 ; (U.-- ' - 1 11,1 voit Octave assis sur la s. c ., tenant la Victoire (Babelon, II, p- I", 1:

— 2t; Macdonald, Hanter colt. p. 616, u° 5. — 27 Dio Cass. L, 2 ; LU , R* i " ■

LX, 16 ; Suet. Tilt. 17. — 28 Bronze de Trajan, qui commémore I insli I n I i"11 aumkntabii pukri. — 29 Eckliel, Docte. num., V, 317. — 30 Ainsi celui de brui"- Seslius ; Babelon, 11, p. 457, u° 4, voit par erreur une s. cueillis sur ses niOûl|al‘

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vis droit à Ici curulis. Enfin les magistrats plébéiens (,nl le subsellium, siège plus bas, servant à plusieurs a la l'ois' [subsellium].

L’ornementation des se/lcie est allée se développant, s’exagérant; on en a l'indication par les diptyques du I lias- Empire dont il a été donné ailleurs des exemples I i'unsi l, p. 1476 et s.] 2. Les griffes et Lûtes de lions ont (;t(i introduites dans ce mobilier sous l’influence d’idées chrétiennes. Victor Ciiapot.

SUixA EQUESTRIS '. — Selle de cheval. Le mot | seila dans ce sens particulier n’apparaît pas avant le milieu du ivc siècle de notre ère, et la raison en est simple. A l’origine, les cavaliers montaient à poil; la housse plus ou moins rembourrée qu’on appelait Epiiippioi fut ensuite considérée pendant longtemps, même quand elle fut devenue très usuelle, comme une commodilé dont un homme aguerri devait se passer, d’autant plus que les anciens n’ont jamais connu les étriers. Ce fut seulement sous l’Empire que la housse, par des perfectionnements successifs, dont gémissaient les gens attachés à la tradition, se transforma en un véritable « siège ». Nous avons conservé intégralement, dans sa forme latine, le chapitre de V Édit de Dioclvtien , qui concerne la sellerie : sella, désignant la selle de cheval, ne s’y rencontre pas encore; la selle en usage dans l’armée y est appelée scordiscus2. C’est sous Constan fin que le mot semble avoir été introduit dans la langue3, parce qu'à cette époque la selle devient, en effet, plus lourde et plus épaisse ; et surtout on donne aux deux arçons plus d’élévation et de consistance qu’ils n’en avaient eu jusque-là, de manière à augmenter la solidité de l’assiette ; ils offrent véritablement au cavalier un appui {/‘u/crum)\ qui l’empêche d’être déplacé dans les allures vives.

I <■ bal des bêtes de somme [sagma] avec son armature en bois, ses appuis relevés quelquefois très haut en avant

et en arrière, et couvert de bois et de lapis, réunissait déj.à les éléments d’une selle commode et offrant un soutien solide (fig. 6292) b.

D’autre part, cependant, malgré le silence des textes, on ne peut méconnaître, si on étudie de près les monuments, que la selle a des orien 'eaucouP Pjus anciennes. Il faut sans doute S|- " 111 *t>s ongines en dehors des peuples clas-

enin- ' ,nS *6S pa-ys ô franger s avec lesquels ils sont ivuirr Gn relations. Sur une plaquette en

d iiiuM 'V' *a *4 ussie méridionale, œuvre grecque cn,m rtS Je**e exéculion, qui ne peut pas être de beau- Posll!r'eiire au »• siècle av,J,C„ ou voil, à colé

el Martin, Àlélann » '- lut- 1,3392). — 2 Ch. Lenormant, ap. Cahier

fl'. Mommsen ri,/-, l' ^ ologic, I, p. 137-190, it pl. xxix. — Bibliographie.

SÜI.1.A EoilESTR7’"6 r°m- tr' tT- P 2«-40.

BlümiRT, x (de llS' ' Sldon' APolli"- B put. III, 3. — 2 Edicl. biociel., éd. 'X’IerpK, Baelnvns) v 'î,' dails Nazar. Paner/. Constant. (Paney.

'' ■ Venant Forlun i ,US ’d) leleriti. III, 59; VI, 6, 4; Sldon. Apollin.

Sella et Sella ■■ ’ <‘erm"n à -- I llucange, Glossar. med. et. in/'.

1,9,1 Ure un équivale^ * S"Jo"‘ APollin- c- Fulcrum dans ce passage pouru,le pointure d'Iloi-c i" 0ril*o',e> arçon vient en effet de arcus. — 3 D'après * ''Ërnnlagc à si t "?’ IV> <"■ 43 et II, 12. - 6 »,usée

nurg. S. Reinach, Ant. du Bosphore Cimmêrien ,

tl un cavalier scylhe désarçonné, un cheval couvert d’une housse sur laquelle est posée une selle très nettement figurée r\ Des selles semblables, en usage chez les Scythes,

Fig. 6293. — Selle de eavalier scylhe.

sont représentées (fig. 6299) sur un beau vase en argent du Musée de l’Ermitage, exécuté pour un roi du Pont par un artiste grec du ive siècle7. Les bas-reliefs qui décorent, à Saint-Remy de Provence, le mausolée des Julii nousoffrentl'imaged’unchevalabaltu, portant surson dos une selle avec deux arçons proéminents (fig. 6294 ; auprès de lui est étendu son cavalier, un Gaulois frappé à mort par un Romain ; ce tombeau, d’après une opi- Fig. 6294. — Selle gauloise,

nion généralement acceptée aujourd’hui, date de la fin du Ier siècle avant notre ère8. Deux chevaux sellés sont représentes aussi sur les bas-reliefs de la colonne Antonine, au milieu d’une troupe barbare qui a joué un rôle dans la guerre entre Marc-Aurèle et les Sarmates*. D'après ces exemples, il apparaît clairement que la selle a été en usage dès l’époque classique chez des nations barbares de races différentes et sans rapports enlre elles10. Iles! naturel de conclure que les Romains leur ont emprunté la selle, comme ils leur ont emprunté certains véhicules".

Cette opinion se confirme, si l’on passe en revue les monuments de l’époque impériale représentant des cavaliers qui ont servi dans les corps auxiliaires de l’armée romaine. Trois d’enlre eux ont été reproduits l’article équités (fig. 2738, 2739, 2740). Nous y ajoutons f bg. 6295) un bas-relief sculpté sur la tombe d’un cavalier auxiliaire, qui a fait partie de la garnison de Cologne au 11e siècle de notre ère, peut être à la fin du ioria. Ce qui frappe dans ces monuments, mais particulièrement dans le dernier, c’est la saillie très accusée des deux arçons; tantôt le pommeau est plus élevé que le troussequin, tantôt il 1 est moins; mais ils encadrent très étroi-

p. 121, pl. i.xxix, 9 =; Antiquités de la Ilassie méridionale, lîg. 211. — 7 Compte rend, de la commise, arc h. de S.-Pétersb. pour 1804, pl. il (cf. caei.atura, fig. 973). \. aussi 1 art. equus, fig. 27.39. Vase peint île Sicile : Jutlica, Antichità di Acre, pl. xix. Monument des Néréides à Xantlios (style oriental) : Alonum. delf Islit. di Borna, X, pl. xvi, — 8 Hübncr. Jaltrb. d. arclt. Inst. III (1888) p. 13 et 29; Antike Denkm. I (1888) pl. xvi, I (Nordscile). Moulage au Musée de Saint-Germain. —9 Petersen el Uomaszewski, Marcussaùle, pl. uxvu. — 10,4 l article equitatio est représentée (fig. 27 IC,) „ne selle qui all'ecte la forme d’un véritable fauteuil; mais cest une selle de femme et le monument est asiatique. — U essedcm, hahmamaxa, petobiutum, elc. —12 Musée de Bonn, Jahrb. f. Alterth. in Bheinlanden. LXXXI (1880) pl. m, I.

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temenl le cavalier, et quelquefois même, comme dans la ÜK- 6293, ils se rapprochent l’un de l'autre par une

courbure si p rononcée qu’ils semblent avoir été faits pour livrer tout juste passage au corps de l’homme.

Parfois ils sont ornés, sur le côté, de brides ou de lanières.

Mais il importe de remarquer surtout que la housse est généralement jetée par-dessus la selle, de manière à la dissimuler complètement aux regards ; il est probable que la selle de ces cavaliers se composait essentiellement d'une carcasse rigide en bois ou en cuir, plus ou moins rembourrée de crin ou de laine, sur laquelle la housse était cousue, en sorte que les deux pièces faisaient corps l’une avec l'autre *.

Par là on se représente assez bien comment Yephippium gréco-romain s’est peu à peu modifié sous l’infiuence des modèles étrangers. Nous voyons parfois cette housse relevée en avant ou en arrière par un nœud ou un froncement de l’étoffe [epuippium, fig. 2691], qui lui donne plus d’élégance -. En substituant à ces ornements des bourrelets et des coussinets adhérents à la housse ’,

on est arrivé insensiblement à faire de l’ ephippium une véritable selle, quoiqu’on ait continué à cacher la selle

Fig- 6295. — Selle romaine avec arçons el lioosse.

V. encore, dans cette série de monuments. A. de I. aborde. Mon. de la France , I, pl. xcv ; A. Millier, Die Grabsteine der équités sinqulares, Philologus , t. XXXV ; Arch. epigr. Alittheil. ans l Ester . V (t 881-82), p. 207, pl. v. - 2 Très apparent dans Brunn, Bilievi d elle urne etrusche. pl. lm, 18. — 3 Comparez caiipo, fig. 1258; kquites, lig. 2735, 2736, 2737, les colonnes Trajane et Anlonine, passim.... Quand le cavalier n’est pas sur sa monture, il n est pas toujours facile de distinguer la selle du bât. \. sagma et de plus de Vogué, Syrie centrale, pl. ii, 4; S. Rcinach, Ant. du Bosphore, pl. i.xxi, 6 ; Heydemanu, Satyr u. Bacchennamen , s. v. àoTfôôr,. — '* Autres exemples d’arçons: Labus, Museodi Mantova , t. I, pl. xxxix ; Lyson, Behq. Britann. rom. I. — 6 D’après les dessins conservés au Musée du Louvre = Meneslrier, Columna Theodos. (1702); Ginzrot, pl. lxxx, 3; Ricli, Dict. des ant. s. v. — 6 Grammat. in Baclim. Anecd. Il, p. 3G1, 6: « ’E®iuittov xat É®E<rrpî; xaî àffiçàSïi raûTov h xatvi; aikko. ». Scliol. Lucian., Navig. 30 : <« T/,v àffTçâoïjv or, (71V r'toi xr,v iœE<rrpi$u, Vjvvuv a ik'k av xaXofftrc ». — 7 Cod. Theodos. VIII, 5, 47 et Golliofred. ad li. I.; Cod. Justin. XIII, 5*, 12. — Biiu.iographik. Ginzrot, Wayen und Fuhrwerke d. Gr. u B. (1817), t. Il, p. 446.

S LM II ELLA. 1 \ arro, De ling. lut. IX, 3; Mommsen- Blacas, Monn. romaine, t. I, p. 240 sq.; E. Babelon, Traité des monn. gr. et rom. Première partie, t. I, p. 594 et 757.

SEMENTIYAE FER IA E. 1 Fest. Sementinae s. v. et Sementinae s. v. concep-

sous la housse, peut-être pour ménager les susci des gens attachés à l’antique tradition 4. 1 ;[ J,, " l lls empruntée à la colonne de Théodose 3, nous nm ''296, que la selle était devenue dans les derniers |(, l’Empire, lorsque personne ne songeait plus à hii"i'a '' le nom de sella ni à s’indigner qu’il lui convînt ' fait0. Une constitution de Théodose (17 juin de 1- .

défend d’employer les selles trop lourdes sur les ch'. affectés au service de la poste d’Ëtat [cursus pu,,,,'""* leur poids ne doit pas excéder soixante livres, ];1 '

comprise; en cas de contravention, la selle doit être' !lé' Imite '. Ce texte dit assez quel développement la s,!]j' avait pris, particulièrement en Orient, où on a tou jiMn-s eu du goût pour les hauts troussequins et les liain '" surchargés d’ornements. Georges Lakaye.

SELL1STERNIUM [lectisternium],

SEMBEI.LA. — Nom par lequel on désignait à Home entre l’an 269 et l’an 217 av. J.-C., une petite monnaie dè compte d’argent évaluée au vingtième du poids du sesterce. Elle équivalait à un semis de bronze ou demi-as übral et on l’exprimait dans les comptes par la siale IIS S [ DENARIUS] .

S eut bel la est une contraction pour semilibella. On disait aussi singu/a, par une corruption plus forte encore1. F. Lenormant.

SEM EXT I VA E ou SEMENTINAE ' FERIAE. - | ète

romaine, annuelle2 et mobile3 que l’on célébrait après les semailles pour obtenir une bonne récolte1. Les semailles ne se terminant qu’en décembre5, les Sernentinae avaient lieu dans le courant de janvier0, mais pas à date fixe, parce que, comme le remarque Lydus, la lin des semailles pouvait dépendre des circonstances climatériques7. Elles appartenaient donc à la catégorie des feriae conceplivae , dont les pontifes fixaient eux-inèmes la date chaque année. C’est pourquoi, comme le fait observer Ovide, on les chercherait vainement dans les fastes8. Elles ne duraient qu’un seul jour3, ou, s'il faut en croire Lydus10, deux jours de Nundines1*, séparés par un intervalle de sept jours. On sacrifiait une truie pleine1* à Cérès et à Tellus13, à la première parce qu’elle fait croître la moisson, à la seconde parce qu’elle en abrite la semence u. On purifiait le pagas par des lustrations1”, et l’on répandait des libations sur l'autel commun On couronnait les bœufs de fleurs17.

Essentiellement rustiques, on les a souvent, et volontairement, assimilées aux paganicae feriae ou /wjrflnalia 18, qui, elles-mêmes, sont quelque chose comme les

tirae feriae; Varr. Ling. lut. VI, 20, Sementinae; Ov. Fast. t, ii> Microli- I, 16, Sementinae ; Lydus, de Mens. 3, 6, oi}fjtav?î6ai. — 2 Fesl. s. v. Coucptme feriae ; Macrob. 1, 16, 6; Ov. Fast. 1, 672, annua liba. — 3 Fest. Luc. eih\ Macrob. Loc. cit. ; Ov. Fast. 1, 6 »8 sq. — 4 Fest. s. v. Sementinae. Van’, b. I VI, 20; Ov. / jOC . cit. — B On semail le froment el l’orge en novembre, les 'r'es‘n décembre. Varr. 1t. rust. I, 31; Plin. H. n. 18, 204 ; (ieoponic. 3, 1-, ' -

14, 3. Menol. rustic. Corp. inscr. lat. I, p. 359. — 6 Ov. Fast. 1, 657. — 1 l.ydu'’ mens. 3, 6. — 8 Ov. Fast. 1, 657. — 9 Varr. L. I. 6, 2G, Sementinae dies is qui a ponti/icibus die tus. — >0 Ljdus, de Mens. 3, 6, r,v ow. -5i

■qiAÉoaç, OJX èsEVqq, {AéO’OV ytvo|AÉvw titra. — 11 IllIScIlke, DaS TÔtll. J» ' ■ I'

— 12 Ov. Fast. I, 672. — î3 Ov. Fast. 1, 673. C’est dans le temp e de Telles au jour des Sementinae que Varron a placé- son dialogue sur rAgricull«'c» Varr. I(. r. 1,2. Il semblerait que de son temps les Sementivae furent II,0II1S fêtées que précédemment : Quid vis hic, inguam , num feriae Semer, liv«' ",ll,s"s hue adduxerunt , ut patres et aves solebant nostros ? — Aros vero, inqw-t Ayin ut opinor eadem causa quae te, rogatio aeditimi. Varr. Loc. cit . — 14 ,h 1, 673. — 15 Ov. Fast. 1, 671. — 16 Ov. Fast. 1, 672. — « Ov. Fast. I "" Tibul. II, 1, 8. — 18 V. feriae, paganai.ia; Bouché- Leclercq. Man. des insl- 1 ^ p. 499, mais cf. p. 526; Mommsen et Marqnardl, Man. antiq. Le L p. 240, trad. fr. ; Preller, Bôm. Myth. Il, p. 5 distingue les deux fêles-

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f(!tes patronales des pagi. 11 est incontestable en efl'et, (,n rajson des cérémonies quelles comportent, que les Senieiitivae dont Ovide certainement 1 et Tibulle peutêtre, nous ont laissé la description, présentent les caractères d'une fête des pagi. Néanmoins, nous ne pensons pas qu’elles doivent être confondues. En effet, Varron 2 et Macrobe 3 les distinguent nettement l’une de l’autre. Le texte du premier, en particulier, nous semble ne laisser subsister aucun doute à cet égard: « Sementinae feriae (lies is t/ui « ponti/icibus diclus; appellatus a semente, qaod sationis causa susceptae. Paganicae ejusdem agriculturae causa susccp/ae , etc ». Ainsi donc les Sementivae et les Paganicae , étant également consacrées à

l'agriculture, comportent des lustrations analogues, mais ne se confondent pas.

Peut-être serait-il possible de concilier les deux opinions.

Nous avons remarqué que Varron semble n’attribuer qu’un jour aux Sementivue , tandis que Lydus en mentionne deux. La contradiction ne serait qu’apparente si Sementivae et Paganicae n’avaient formé qu’un seul groupe de fêtes dont une partie aurait été plus particulièrement la fête des semailles, et la seconde celle des pagi, une journée distincte étant consacrée à chacune. Ce n’est là qu’une hypothèse, mais elle a l’avantage de laisser subsister la distinction nécessaire entre les Sementivue et les Paganicae , tout en expliquant l’extrême analogie qui existe entre ces deux fêtes. André Raudiullart.

sons. — Pièce de bronze romaine valant la moitié de lus. Sous la République, le semis avait pour marque distincte de sa valeur, la lettre S, et Pour types au droit la tète de Jupiter (fig. 6297), au revers une proue de navire [as].

La taille du semis de bronze cessa sous Caracalla.

A partir de Sévère Alexandre, le quinaire d’or prit le nom de semis ou semissis [auhevs, p. 565] et l’on créa, en même temps, le triens d’or ou tre- ' be semis lut aussi une division du solidus d’or o!',!' !-.',1 Lonstantm; so» poids théorique fut alors de l ^ oi persista sous les Mérovingiens et

loti rTr’ inaiS Ü futmoins S°™1 frappé que le

V II.IORIATOS — Nom d une monnaie d’argent romaine en usage depuis av- J --C., jusqu’à la dictature de César et formant la moitié du viclorialus. Elle a pour types au droit la tète d Apollon et au revers une

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SK»IS. I Um’prM. .SVp ir-"' ~ * Varr- Vl> - 3 Macrob. I, 10, 6.

lr>r|ie, t. |, p S3* sr| ej" ' 2 E’ Baljclon' Trnilé des monn. gr. et rom.

Vl' Su Dion' HaI' <*■ **■

*iTwl- "d ‘W'Vo'a ’J'r3’ f’v,,al' Pun ' vil,’«0; Cf. Laclant. I, 15, je*b"*’ ln '"'■•os éponyme dos ' X[ "'' °" aVail f°''gé ccU<! fallle <lue

'eUrH^lo ayant rJnrco J!, “‘"'T' ,4U,t fils de ,ui-mcmo serait

i'xemmddie Pe„J"„ eon,mero> et phi* tard '

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t1 l'est, p.

i élevé au rang de dieu ; cf. Kiausen,

- i- an ,v„lS95' 7 3 VT' U Cit' cl V' 52;«f°Varr. ap. No», p. 20 i : 31,1 ft- P- 107, |à5 H,sL nal ■ Vllli »«•; l'ion, liai. IV, .18 IX

d‘«locta„x du, V' l0L Lyd’ °e >»''»*• 'V. 58 ;cf. Ernout Les "l0'" **"»■*, r,oem.Ge^.lMn- ^ ~ ‘ Sl"' ^ncatioVv.

, ■ , . ‘ •vn iuinutumii v.

I «> I, p. sut S<| . ; et HKnuoi.ts 111, I, p. |2.H, 2:

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asiatique de Dyrrachium d’IIlyrie, le semivictoriatus valait à l’origine 3/8 du denier, mais en 104 la loi Clodia lui donna le poids et la valeur du sesterce, c’est-à-dire du quart du denier [denahius]. F. Lknohmant.

SEMO SANCUS. — Pour Varron, Denys d’Nalicarnasse et les poètes qui ont suivi leurs enseignements, Semo Sancus est un dieu venu à Rome avec T. Tatius le Sabin, aux débuts de la royauté, et installé par lui dans un sanctuaire sur le Quirinal, en face de celui qui avait reçu le dieu Quirinus, leur Mars national2. Il serait de même identique au dus fidius (II, 2, p. 29L), personnification de la bonne foi et garant des serments prêtés sous la voûte claire du ciel3. Les mythologues modernes ont piis texte de celte identité pour le moins contestable, en remarquant que O Lus Fidius est d’une part semblable à 1 Hercule romain, que d’autre part, il se confond avec 1 Héraklés des Grecs qui a absorbé dans son être un héros de la primitive religion des Romains ; et ils croient apercevoir enfin ce héros dans le Semo Sancus des Sabins*. Pour mettre quelque clarté au milieu de celte confusion, le meilleur moyen est encore d’étudier Semo Sancus en lui-même, a l’aide des témoignages qui lui sont personnels.

Le mot Semo nous est connu par le Chant des Frères Arvales, où, pris au pluriel, il sert à désigner une catégorie de génies apparentés aux Lares et invoqués de concert avec eux“. Les Semones , ainsi que leur nom l’indique (le catalogue des indigitamenta mentionne parmi les divinités agricoles une Semonia 6) peuvent être classés à côté des Lares, des Pénates et des Mânes, comme un groupe de forces divines qui président à la germination des graines et à la prospérité des semailles.

L importance de cette notion dans la primitive religion des Romains nous est attestée par les vocables de Consivius, Consivia , donnés à Janus et à Ops, par les noms de Saturnus, de Consus, etc. ; Semo est avec serere, seminare dans le même rapport qu egenius avec gereee = gignere , generare\ Les Semones du Chant des Frères Arvales se retrouvent dans une inscription votive de Corfinium sous la forme de Semunu* ; plus tard, leur nom survit dans l’œuvre de Martianus Capella qui l'interprète, d’ailleurs, en se référant au grec \ ut'Oeot et au radical latin semis, par demi-dieux : c’est une erreur évidente 3.

Pour la désignation du dieu Semo, le vocable Sancus a une valeur limitative; il exprime la fonction spéciale d un génie de la classe des Semones. Sancus est en rapport avec les mots latins sancio et sanctus, ce dernier le remplaçant même dans divers textes; dès l’époque classique, on le trouve sous la forme Sancius et même, dans les manuscrits de Tite-Live, sous celle, qui paraît erronée, de Sang us Sancus sera donc légitimement interprété par : gui sancit, celui qui confirme, garantit (le

ivosciicr, L.eæiKon.

UCrClUCS, I, 22D0 x

,• 1,1 noire article junonks, III, I. p. 69|. > Arvauùs, 1, i, p. 452, I ; sf.munis Ai.TK.iNK, AiivocAP.r ccnctos = Semones alterui adoocabile cunctos. Ilai lung, Religion der Ltoemer, I, 42, soutient à ton ,,»c les Semones sont I objet >1» chant des Salions; v. Jordan, A'rit. Reitraeue » >04 n

938* r " '■ 471’ '-7 '•«'•er.Jor.U», Uoem. Vgt!,\ p. „

et 91. Cf. Hartung, dp. cit. I, p. 42 et l'inscription ombrienne d Agnone où llei’oule porte le vocable de gênait»; Mommsen, Unteritalische Ltial.L-te p

7 ®UeCl‘ele'' ZT' ’'nT’"’XXXI"’,)' “* : Cf' Wissowa- *«%<'<>« undKultus de, ftoener, p. 120. - 0 Mart. Cap. Il, 156 et Fulgent. De abstr. senn. p. 561 ■

t . chez I 101 1er, Op. cit. la noie eriliquc de Jordan, I, p. 9o, note 2 — 10 Aus-i avec sacona, v. IV, p. ,007. I.a charge .les Fétiaux etlcur action sociale : fi, lc,

pubhcae praeerant, sont eu rapport avec la religion du Dius Fidius; Varr L,„ lut. V, I.,. Cf. Fines, II, 2, p. MIS et uekios, ih. p. I w«.

SEN

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