‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 76 sur 137 · SEP — 1212 — SEP · texte numérisé non relu

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grandes dimensions : 19 mètres de longueur à Argos, à Spata 22 mètres. ITnefois mené jusqu’à son terme l’usage de la sépulture, il était rempli de terre et l'accès du caveau se trouvait interdit 1 .

Le plan est le même dans les grandes tombes à coupole ; seules diffèrent la dimension, la technique et l’ornementation de la façade et de l’intérieur de la coupole (fîg. 6308). 11 s’en trouve sur beaucoup de points du continent grec, à Mycènes et à l’Héraion2 en Argolide, à Vaphio en Laconie3, à Kakovato sur l’emplacement supposé de la Pylos homérique4, en Attique à Eleusis3, à Thoricos B, à Ménidi1, en Béotie à Orchomène8, en Thessalie à Dimini9 et à Volo10, etc.

Les quelques lignes qui suivent, empruntées à MM. Perrot et Chipiez", résument clairement la technique de la tombe à coupole. « On commençait à choisir l’emplacement de la tombe future, soit en plaine, soit plus souvent dans un renflement de terrain, dans la masse d'une colline de médiocre hauteur. On y creusait une fosse circulaire dont le diamètre était un peu supérieur à celui que devait avoir, augmenté de tombe mycénienne, toute 1 épaisseur du mur, la rotonde en projet ; quant au fond de ce trou, on le tenait à un niveau tel que, la construction une fois terminée, la plus grande partie du dôme fût en contre- bas du sol et complètement enterrée. Sur un des points de la circonférence on pratiquait une coupure... Ce corridor à ciel ouvert servait à l’enlèvement des terres pendant l’exécution des travaux ; ceux-ci terminés, ce seraitlui qui formerait l’entrée du caveau. Partout, dans l’intérieur du cercle, le sol était nivelé avec soin. Sur le champ ainsi dressé, on posait la première assise... au-dessus de ce premier lit, on en montait un autre, puis un autre encore, et ainsi de suite jusqu’au sommet ; les anneaux allaient toujours se rétrécissant et les assises diminuant de hauteur... On arrivait ainsi jusqu’à l’assise extrême, qui n’était plus faite que d'une dalle, posée à plat sur la dernière bague de maçonnerie. » Donnons ici quelques indications de dimensions. Le « trésor d’Atrée » a 15 mètres de diamètre, uneliau leur égale (fig. 6309) ; 1 e dromos a 35 mètres de long; à Vaphio, le diamètre de la chambre est de 10 mètres et le dromos a 30 mètres de long. De même que dans les tombes rupestres, on agrandissait l’espace disponible pour les sépultures de deux manières : en adjoignant à la salle principale une chambre rectangulaire taillée dans le roc (Mycènes, Orchomène), ou en creusant des fosses recouvertes de dalles dans le sol delà chambre funéraire; il en est ainsi à Vaphio (où on trouve en plus, creusée dans le sol du dromos, une fosse a olfrandes), à l’Héraion, à Ménidi, à Dimini, à Kakovato. Peut-être un signe extérieur, image symbolique ou stèle, marquait-il le sommet delà coupole. Nous renvoyons à la description

1 Cf. Perrot, Ibid. p. 570. — 2 Ibid. p. 395. — 3 Ibid. p. 405. — 4 cr. Doerpfcld, Ath. Milth. 1908, p. 295 sq. — 5 Perrot, ibid. p. 417. — C Ibid, p 418. — 7 Cf. I.olling, lins Kuppelyr. b. Ménidi ; Perrot, ibid. p. 415. — * Ibid. p. 440. — 9 Ibid p. 448. — tü Cf. ’E», ’A ?/. 1906, p. 211 sq. — U Cf. Perrot, ibid.

p S94. 12 Ibid. p. Û08 sq. — <3 Cf. ibid. p. 415. Cf. aussi, sur la technique

des lombes à coupole, Chr. liclger, Beilrüge z. Kenntniss d. Kuppelgrd'b.

et à la reconstitution faite par MM. Perrot et Chipiez12 <],, deux grandes tombes de Mycènes, pour l’étude de l’orm, mentation sculpturale ou métallique de la façade et de |q rotonde de ces monuments. Notons, d'ailleurs, que h technique achevée et la riche Ornementation d’une tombe comme le « Trésor d’Atrée» apparaît, en somme comme quelque chose d’exceptionnel; même dans des monuments de dimensions assez considérables, comme celui de

Fig. G309. — Entrée d'une tombe mycénienne.

Ménidi, l’appareil est souvent grossier, la technique imparfaite13, et la décoration manque.

Nous devons aussi laisser de côté, dans celle étude toute descriptive, tout le détail de la question controversée de l’origine de la tombe à chambre et à coupole. Ce type est-il un emprunt à l’architecture funéraire de l’Asie Mineure, particulièrement de la Phrygie (Adler11, Perrot’5) ou à celle de l'Égypte (Savignoni16) ? Est-il le développement d’un type né dans la Grèce égéenne, imité lui-même de l’architecture de la maison primitive (Tsountas", Dragendorff18, Bulle19, Paribeni 20)? La seconde de ces théories tend à prévaloir. En tout cas, on ne saurait plus, après les récentes découvertes faites en Crète et à Orchomène, invoquer en faveur de la première ce fait que « parmi les nombreux édifices de ce genre, il n’en est point qui offrent le caractère d’essais et d ébauches 21 ». Tout au contraire, on suit à la trace le lent développement du type, depuis les tombes de Syros et les constructions très primitives d’Orchomène jusqu’aux « trésors » d’Alrée et de Minyas, en passant par les monuments do Crète et de Théra. La grande tombe .1 coupole sur plan arrondi est le terme d’une longue évolution, au début de laquelle on entrevoit l’habitation primitive de même forme; ce serait, d’un type civil primitif, la survivance funéraire et religieuse, . .

surprend encore dans des monuments de même ordre d 1 l’époque hellénistique et romaine.

Premier âge hellénique. — - La solution de continu!1 entre la Grèce mycénienne et la Grèce archaïque est, " moins dans l’état actuel de nos connaissances, plus

apparente dans le domaine des rites et des construction-

funéraires que dans tous les autres domaines de •<

— 14 Cf. Ailler, Pniface à Tirynthe, p. 37 sq. — 13 Perrot, Ibid. p. •** 1 1

d’ailleurs beaucoup de réserves sur celle Ibforic). — 10 Cf. Mon. du XIV, p. C63 sij. — n Cf. Tsounlas, The Mycenaean ai/c, p. iw. — ;

tlorff, Tlier. Grfib. p. 99. — <9 Cf. Bulle. Orchomenos. — 2) ]/on ‘ ^

Lincei , XIV, p. 709; cf. aussi Pinza, ibid. XV, p. 7-0. p. 003.

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jp ,,( de l’art, où l'on tend maintenant à la réduire.

L'affaiblissement de l’animisme primitif, si tenace, d'ailleurs, qu'en reslc la croyance, l’introduction de l’incinération à côté et à la place de l'inhumation [fonds | modilicnl l’idée des conditions de l’existence posthume On ne conçoit pl us aussi nettement le tombeau comme la demeure de l’homme après la mort, bâtie à l’image de la demeure terrestre et pourvue comme il le faut pour cette existence nouvelle Les grandes constructions funéraires sou terrai nés disparaissent complètement, au moins dans la Grèce continentale; la rupture entre les deux époques ne parait pas là douteuse. Ce qui remplace la conception primitive, c’est, par un compromis entre l'animisme grossier et l’idée de survie purement spirituelle, celle de l’eiSttiXov du mort, vivant et vaguant sur la terre, en dehors du tombeau. Dès lors, il faut fixer ce fantôme du défunt. Comme la divinité se fixe dans l'image qu’on lui dédie, dans son looç, l’âme du mort se lixrradanslerrrjua qu’on lui aura élevé 2 — qui sera quelquefois sa statue même — pour y recevoir les hommages et les sacrifices des vivants. En même temps, le <rïju,a signalera pour ceux-ci la pince du tombeau et perpétuera la mémoire du mort; il sera monument , p.vr,pa. Cette seconde conception est la plus claire pour la raison, et les textes, depuis ceux de l’épopée, y font les plus fréquentes allusions; la première peut être l’idée primordiale.

11 suit de là une révolution complète dans l’architecture funéraire. Tout l’intérêt et tout l'effort se portent de l'intérieur du tombeau à l’extérieur; l’histoire et la description des monuments funéraires seront surtout l’histoire et la description des G-q^axa.

I n de ces empara joue un rôle important à l’époque archaïque et classique: c’est le tumulus , Tugê&ç, yùjjjia, lamas de terre élevé au-dessus de l’emplacement du tombeau. 11 semble qu’il soit d’origine gréco-orientale3. ■Nous avons vu qu’il n’avait pas sa place dans l’architecture funéraire du monde égêen et mycénien. Au 1 1 ni traire, il apparaît dans tout le domaine ionien-asiahque, particulièrement dans tous les pays de culture phrygienne* ; et il se montre dans la Grèce continentale,

1 " ^b'que par exemple, à partir du vme siècle 5, à 1 époque même de la grande inlluence de la civilisation 1 ! de l’art ioniens sur les pays de la Méditerranée centrale et occidentale.

et d-qga, ou, plus précisément, le tumulus luimême étant un <r%a à côté d’autres, x ôggoç et trxVjXvi, tel (,st, d abord, le tombeau homérique 6. C'est là le droit du 111111 ^ Ya? yÉpaç 1cm OavcjvTcev 7. La construction en est retracée en quelques mots très précis, dans les derniers Ul!,.de 1 Itiade : il s’agit des funérailles d’Hector 8. On ‘"lnil les ossements dans une urne, X#'pva£; on dépose 111111 ,^lns une fosse, aèjrot 8’àp'èv xotXr(v xoÎ7tsxov Oégxv. "-dessus de 1 emplacement de la tombe on dispose une de grands blocs qui serviront de soutènement au

■ aUTaP U7TEp0e 7TUXVOCCIV X<Xe<J(7t XaTSGTOpSG’av pbeya-

Aj.cnv. Ln(in on amoncelle la terre du tumulus , ptjxcpa 81 V- E/euav. Telle est la tombe homérique; c’est déjà la all'que de Vélanidezza ou de Marathon ; il n’y

p.83Sr..r 'Tb0"8’ V0irc"t‘,‘! 3ull'os Uolulc, Psyché ; Dragendorff, T lier, Grrïb. ce point ff H ’ ‘sl^e^arl< ' II, p. 39; Poulsen, Die Dipylongr/iber, p. tsq.— S Sur p. («..If ' r**e"(l0|-lT. Op. cil. p, âso.;- 3 Cf, DragendorlT, ibid. p. toi. -h Ibid. 1892, p O,, Mitlh. XXIV , p. 38 sq. —0 Cf. Brueckner, Jabb. Arch. Anz.

'Cf. Bucliliolz, Die H orner. Iteal. t. !, 2 AU. p. 297. — 7 Hom. H. 16,

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manque que la m/jÀ-q, que signalent d’autres passages des poèmes homériques. Le tombeau proprement dit n’est plus qu’une simple fosse : toute la piété des survivants se dépense à l’extérieur de la sépulture.

Avant d’en venir aux détails de cette forme, tels qu’on les rencontre à l’époque archaïque et classique, il convient de signaler, à l’âge homérique et « géométrique », d’autres formes qui sont des variétés ou des survivances des types antérieurs. En Asie Mineure on constate l’union du tumulus asiatique avec la chambre funéraire de la Crète ou de Mycènes. Le caveau que les Mycéniens creusaient au flanc d’une colline, les Asiatiques le dissimulent sous l’amas de terres amoncelées 9. Nous n’avons pas à étudier dans le détail un tel type, qui s’est développé dans les pays non grecs de l’Asie Mineure : Phrygie, Lydie, Carie10. Nous en mentionnerons les étapes principales. La première est représentée par les tumu/i de la Phrygie du Sangarios, comme ceux fouillés à Gordion 11 ; l’un d’eux, par exemple, masse de terre de 23 mètres de haut, contient, au-dessus du niveau du sol vrai, une chambre funéraire dont les parois sont faites de fortes poutres de bois, chambre sans ouverture, donc terminée’ après l’introduction du sarcophage et du mobilier funéraire1'2. La chambre est souvent, dans d’autres tumu/i, construite non pas sur Taxe médian de la butte, mais d’un côté ou de l’autre de cet axe, sans doute pour éviter une trop grande poussée des terres l3. Une seconde étape du type est marquée par les tombeaux lydiens à tumulus, dont l’exemple le plus complet est le tombeau d’Alyatle14. Le caveau funéraire, bâti en blocs de marbre et précédé d’un couloir, est à 50 mètres au sud-ouest du centre. Le tertre lui-même se compose d’une xp7|ntç de soutènement en forme de tronc de cône et, au-dessus, d’un cône formé par l’entassement des terres jetées à l’intérieur du cercle.

Une terminaison phalloïde marquait le sommet du tumulus. En fin, dans le tombeau de Tantale, au

Sipyle, le Fig- 6310. — Tombe du Sipyle. dite tombeau de Tantale, type mycéno-

asiatique est au terme de son développement15. Ici encore la forme est celle d’un tumulus avec xpr^tç de pierre et caveau funéraire caché au centre du monument (lig. 6310) ; mais la nouveauté est que le tumulus de terre, au-dessus du socle vertical, est devenu lui-même un cône de pierre, surmonté d’une boule terminale. Cette forme se retrouvera beaucoup plus tard, en Italie, à l’époque classique et impériale10 (v. plus loin).

Un remarquera, d ailleurs, que dans les pays d'Orient

456. — 8 Hom. II. 24, v. 795 sq. Mêmes détails : ibid. 23, v. 255 sq. — 9 Cf. [)ra»cndorlf, op. cil. p. 101. - 10 Cf. l’errolet Chipiez, Met. detarl. t.V, pauim. - U G. et A. Kiirle, Gordion, Berlin, 1904,— >2 Cf. Ibid p. 38 sq. —13 Ibid. p. 99. — H cf l'errot, f/ist. dot Art,!. V,p. 265 sq. - 15 Ibid. p. 48 sq. - to Ainsi le mausolée d'Auguste, le monument do Caecilia Mcte'la. etc. Cf. Dragendorff, Op. cil. p. 103.

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ou avoisinant 1 Orient la forme du tumulus reste classii|ue jusqu à 1 epoque du plein développement hellénique. Dans les colonies grecques de la Chersonèse Taurique, en particulier, dans la Crimée actuelle, on connaît une longue série de tumulus qui ont fourni de magnifiques objets grecs du v et du iv° siècle avant notre ère. I n caveau, parfois précédé de couloris, se trouve à l'intérieur du tertre: il affecte souvent une forme de coupole, comme les t/iotoi de l'Age mycénien, ou bien la chambre est carrée, avec des murs verticaux, et le plafond formé par une série de dalles disposées en encorbellement, laissant au sommet une petite ouverture que peut boucher une simple pierre. Le sarcophage, à l’intérieur de la chambre, est posé sur un socle de pierre. Les murs couverts de stuc peuvent être décorés de peintures. A l’extérieur du tertre ou trouve des stèles sculptées représentant le mort en guerrier, en cavalier, couché sur un lit de banquet, etc. 1 .

Mais revenons aux tombes de l’époque primitive. Dans la mer Égée, la nécropole de Théra2, où l'incinération domine, offre, à l’époque géométrique, à côté de formes tout à fait rudimentaires, comme le trou creusé irrégulièrement dans la terre pour recevoir le vase funéraire 3, la survivance exacte des chambres primitives de Syros, avec voûte en encorbellement. Postérieures aux tombes à chambre de l’époque mycénienne, ces sépultures de Théra représentent logiquement un stade moins avancé de développement. « Ce qui dans les tombes à coupole deMycènes a été exécuté à grande échelle, avec une façon artistique et une technique accomplie, se trouve là pratiqué de façon primitive A » Laplupartdes chambres funéraires deThéra sont sur plan quadrangulaire ; quelques-unes sont en fer achevai; la forme ronde est exceptionnelle. Les portes, de petites dimensions, sont généralement placées à l’un quelconque des angles ; elles sont faites, comme les murs eux-mêmes, de pierres brutes ou travaillées et égalisées ; le sol est recouvert d’un pavage ou de plaques de pierre; il n’y a pas de dromos, mais seulement une fosse d’accès. Quant aux (n-uara, stèles ou tables d’offrande, qui marquaient 1 emplacement des tombes, nous les retrouverons dans notre étude générale des tr/juaroc funéraires.

Cette forme écourtée de la tombe à coupole se retrouve aussi en Crète, dans des nécropoles comme celles d’Erganos, de Panagiaetde Kurtes 5, que leur mobilier funéraire rattache non à l'âge mycénien, mais à l’âge géométrique; il y a là comme une dégénérescence des types de l’époque précédente ; la forme des chambres d’Erganos et de Kurtes est semblable à celle que nous avons rencontrée par exemple à Mouliana.

Les tombes de la même époque en Attique, dites du üipylon 6 (on en a trouvé aussi au pied de l’Acropole7 et à Eleusis8), représentent une forme de transition entre la fosse de Mycènes et la tombe à cr-rKu.ot de l’époque classique; le (TTjua y est, d’ailleurs, d’un type Lou L spécial . Les tombes du Dipylon sont des sépultures individuelles. La longueur de la fosse est, en moyenne, de 2 mètres, la largeur de 1 mètre à 1 m. 50, la profondeur de 1 mètre; le mode de sépulture à inhumation (c’est le cas de beau-

i Voy. Kondakof, Tolstoï, Reinacli, Antiquités de la Russie méridionale, p. 22 à 30. — 2 Dragendorff, TherüiscUe Grâber , Berlin, i 903 ; el les recherches ultérieures de Pfulil, Ath. Alitth. 1003. p. I sq. ; surtout p. 241 sq. — a DragcndorfT, Ibid. p. 92 ;

quelquefois, le Irou est protégé par une ceinture de pierres. — ^ Ibid. p 198sq. b Cf,

Halbheir, Fhree Cret. necrop., dans Amer. Journ. of archaeoloy. 19UI, p. 259 sq

coup le plus fréquent) ou à incinération ne semble influer sur les dimensions de la tombe. Les disni»cv^'IS intérieures de la fosse varient : à Eleusis les quatre n (h ont un revêtement de pierre et un pavage de cale K D’autres fois la couverture et le sol sont revêtus de pii'n ! non les parois Au Dipylon, un plafond fait de poutres , I,! bois divisait la tombe en une cavité sépulcrale contenant']!, squelette ou l’urne et une fosse supérieure : on voit enri,,', les rainures où s’encastrait cette couverture (fig. 63111' Nous ne nous occupons pas ici du mode de déposition des corps ou de conservation des cendres, ni du mobilier

funéraire [funus]. Mais il faut mentionner à cette place les grands <r% ara céramiques. Le vase était placé dans la partie supérieure de la fosse, reposant sur les poutres qui la séparaient de la cavité sépulcrale, et dépassant la surface du sol. Toute cette partie de la sépulture était l’équivalent de la fosse à libations de l’époque mycénienne, et le vase lui-même, primitivement, jouait l’office d’un autel creux, par où le lait et le miel, l’huile et le vin, peut-être mêmele sangdes victimes parvenaient jusqu’au défunt. Le fait, méconnu d’abord, apparaît hors de doute, après la découverte, en 1891, d’un exemplaire encore eu place, dont le pied était creux et rempli de terre ,0. Avant d être des vases de luxe, des monuments servant essentiellement à la décoration extérieure de la tombe, les vases du type du Dipylon se sont dressés au-dessus des sépultures pour servir à un usage pratique : c’est pourquoi les grands vases richement ornés manquent dans les nécropoles alliques de l’Acropole et d’Eleusis, plus anciennes que celle du Dipylon proprement dit " D autel le vase était devenu monument; il semble, avec le développement ultérieur des autres dr^iTot funéraires, s être changé en un pur symbole parmi d’autres. Pour cotte raison il est peut-être plus exact de faire dériver les vase? a prothésis et les « loutrophores » de l’époque classique des grands vases qui se dressaient sur les tombes duDipy-

*> Cf. Perrot, Hist.de l Art. VII, p. 51 sq. ; Bruecknerct Pernice, Ein titli'1,1 l'rieihof, dans Ath. Alitth. 1893, p. 73 sq. ; Poulsen, Die Dipylongrüber uml du Dipylonvtwen, 1905. — 7 Cf. Berl. phil. Woch. 1898, p. 318. — » Cf. Philios. U 'An- 1889> P- *71 sq. ; Skias, ibid. 1898, p. 89 sq. — 9 Notre ligure = Horrol, L. c. flg. k. — 10 Cf. Poulsen, Op. cit .p. 18. — U Ibid, p, 20. Cf. Poulsen, Ibid. P1"-

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fipc hvdries qu on trouve renfermées dans ces Ion, qUB U<J'’ ■’ 1 „ , ,

.|(H1S i,ombes On trouve enlin, comme autres arniara

l( tombes dipyliennes, soit des clôtures de petites

' Très2, soit des stèles, très simples et non sculptées3.

P" période archaïque et classique. — On a vu plus haut

1 est le caractère général de la tombe grecque à

l'époque archaïque et classique. Il convient maintenant

d’étudier séparément la tombe proprement dite, caveau

souterrain et tumulus, et les (nr)p.aTa architecturaux ou

sculpturaux.

jM tombe. — A l’époque classique, il y a beaucoup de variété dans le réceptacle funéraire proprement dit, qui reçoit les cendres ou le squelette, toutes les fois que celui-ci n’est pas simplement déposé au fond du caveau : vaSes de toute forme, sarcophages de pierre, d’argile, de tuiles, etc., se trouvent concurremment employés [funus, sarco piiagus]. Mais la tombe elle-même, plus ou moins spacieuse ou soigneusement construite, n’est plus que la fosse, xotstoi ;, que nous avons trouvée chez Homère. Souvent même la fosse est absente ou très réduite. Le squelette est alors simplement inhumé dans la terre, à une certaine profondeur, sans que rien le recouvre : quelquefois une simple tuile, bombée en arc de cercle, le protège. De même, le vase cinéraire ou le cercueil de tuiles disposées en triangle sont enterrés dans le sol (fig. 6312), sans aucune construction creusée ou maçonnée toutes ces sépultures se trouvent quelquefois en stratifications superposées. La nécropole de Géla en Sicile 5 offre de très nets exemples de cette disposition,

Fig. 0312. — Vase cinéraire posé en terre.

• ig. 6313. — Squelettes inhumés dans la terre ou recouverts de tuiles.

que la fig. 6313 6 fera bien comprendre. A Théra, dans des sépultures analogues, qui sont d’une époque tardive, d y a bien une fosse, mais la construction en est très l 'alimentaire : quatre petits murs bas, faits de pierres disposées en couches surperposées ; le squelette repose sur la terre ou le sable nu1.

Tlioorie de Brbeckner, Loc. cit. p. 144 ; et Wolters, Arc h. Jahrb. XIV, p. 128 sep Ainsi Skias, loc. cit. p. 86. — 3 Ainsi ï’hilios, loc. cit. p. 17a, 1711 ; Skias, ibid. xemples de celle disposition à Athènes, au Üipylon : Alh. AJitth. p. 159; Wn'108 ^oc^*au> Aus. Ion. Nekrop. p. 13 ; à Géla en Sicile, Mon. dei Lincei , y"; P- *i, fig. 11, d’ouest tirée notre figure ; à Myrina Pottier-Rcinach, Nécr. de ‘ Hr>an I, p. 69, etc. — 5 Cf. Mon. ant. Line. XVII, p. 134-133. — 6 Ibid. Gg. 99 bis.

Il y a un intermédiaire entre ces sépultures à même la terre et la fosse creusée ou maçonnée : c’est la fosse de la dimension même du réceptacle funéraire, creusée à la surface du sol, dans le roc vif. L’ensemble des tombes de ce genre trouvées dans l’ile de Théra forme une véritable nécropole B. En plusieurs quartiers de Elle, le versant des hauteurs rocheuses est tout entier taillé en sépultures qui se pressent en étage ; le roc estévidé soit, pour l’inhumation, en fosses offrant l’apparence d’un sarcophage, sou-

Fig. 6314. — Tombes creusées dans le roc.

vent anthropoïde, soit, pourl’incinération, en réceptacles cinéraires, quadrangulaires ou arrondis (fig. 6314) ,J. Des plaques de calcaire servaient de fermeture, posées sur l’ouverture de la fosse ou s’encastrant dans une rainure. Quelquefois enfin, encore à Théra, ces sépultures pratiquées dans le roc sont comprises elles-mêmes dans un ensemble architectural plus considérable, taillé lui aussi dans le roc : grandes niches quadrangulaires couronnées d’un fronton ou d’un arc de cercle10.

La forme la plus commune de la tombe dans les pays grecs, à l’époque archaïque et aux époques qui suivent, est le simple caveau, creusé ou maçonné dans la terre ou dans le tuf, et surmonté très souvent, au-dessus de la surface du sol, d'un amas de terre, /ûfjia yri?. Nous retrouvons cette forme sur tous les points du monde hellénique, et d’abord en Attique. Nous connaissons assez bien, par quelques exemples très nets, la tombe attique de l’époque archaïque11, fosse et tumulus. Les tumuli funéraires sont nombreux dans toute l’étendue de la plaine attique 12. Mais tandis que le tumulus ionien, modèle du tumulus attique, apparaît, chez Homère, comme un <rï|ux individuel, il semble, au contraire, qu’il soit à Athènes, dans la réalité, un crvjfxx collectif, élevé au-dessus de tout un ensemble de tombes d’un seul et même yévoç. Un mur d’enceinte servait de clôture àce cimetière familial13. Peut-être y a-t-il, dans l’union du tumulus et du Tépuvoç, une contamination de l’usage ionien et d’antiques traditions de la Grèce continentale: qu'on se rappelle l’enclos funéraire de Mycènes (fig. 6307). Ainsi, à Vélanidezza u — même disposition à peu près à Vourva15 et à Marathon — le tertre, haut de3 m.60àson point central, construit sur une xp7)iuç de pierre, etentouré d’une ceinture de dalles de tuf, abritait dix-neuf sépultures (fig. 6315) 1 6 . Les unes sont au centre de la bulle, les autres à sa périphérie, celles-là sans doute les plus anciennes, antérieures à l’érection

— 7 DragcndorfT, Hier. Gràb. p. 251 sq. — 8 Id. p. 257 sq. — 9 Id. fig. 452-454.

— 10 Id. p. 276 sq. — 11 Cf. Perrot, Uist. de l’Art, t. VIII, p. 72 sq. — *2 Curlius et Kaupcrl, Karten von Attika. — 13 Dèmoslhèiie parle d'enclos de ce genre dans deux de scs discours : cf. C. Macart. 79; C. Eubnl. 28. — 14 AeXt. iç/ouoX. 1890, p. 16 sq.; pi. A, B, T. — 15 Cf. Atli. Mitth. XV, p. 318 sq. — 16 Perrot, t. VIII, p. 84 sq., fig. 45.

même du tumulus, qui fut le couronnement définitif de l'enclos funéraire. Les fosses creusées dans le tuf sont de profondeur assez différente : celles de la périphérie n'ont pas plus de 1 mètre à 1 m.50 dans cette dimension ; celles du centre, pour lequel le travail avait été plus facile, le tumulus n’existant pas encore, se creusent

Fig. 6315. — Enclos funéraire d'une famille.

jusqu à plus de 3 mètres; deux d’entre elles se rétrécissent, à la partie inférieure, en une cuvette qui contenait le cercueil. 11 faut restituer à cet ensemble, pour compléter l'idée qu’on doit se faire de la grande tombe atlique du vne et du vie siècles, les <r/)g axa d’apparence diverse — tables d’offrande, stèles, stalues (v. plus loin) — qui se dressaient au-dessus de certaines des tombes, quand, à l’origine, la butte de terre ne recouvrait pas le tout, ou qui s’étageaient sur les pentes gazonnées du tertre, racontant à tout venant l’histoire même du yevc;. La disposition est analogue à Athènes même, au Dipylon, où, à côté des sépultures de l’époque géométrique, ont été dégagées beaucoup de tombes du v° et du ivc siècle1. Les unes étaient destinées à l’incinération dans la tombe même; elles sont creusées dans le sol sur une longueur de 2 mètres environ, une largeur deO m. 80 à 1 mètre et une profondeur de 3 mètres ; une rainure large de 0 m. 10 servait à activer l'incinération par l’apport d’air. Les autres contiennent seulement les restes du corps incinéré en dehors du tombeau ; souvent, dans ce cas, les vases ou coffrets cinéraires sont simplement posés dans la terre. Les fosses à inhumation ont une longueur de 2 m. 20 environ, une largeur de 1 m. 30, et une profondeur de plus de 2 mètres; le squelette reposait sur la terre nue, quelquefois sur un pavage; les parois sont aussi parfois recouvertes d’une couche de stuc. Les remaniements postérieurs qu'a subis le cimetière du Dipylon rendent, d’ailleurs, ces dispositions assez difficiles à discerner; dans presque tous les cas, les tumuii qui surmontaient les tombes ont disparu aussi bien que les tn)g:x va qui les

1 Cf. Brucckner cl Pornice, Ibid. p. 156 sq. Il ne saurait ôlrc question, dans celi? histoire d’ensemble des sépultures grecques, d’étudier avec un détail particulier les cimetières d’Àllicues el leurs monuments funéraires. Cf. sur ce sujet, Judeich, Topogr. v. Al/ien , p. 356 sq. Cf. aussi les récentes observations de M. Brucckner, ALU. Mitth. 1 1108, p. 193 sq. — 2 L. c. p. 86 sq. — 3 Voy. les recherches faites au tombeau de Koroibos le premier Olympiomke, en Elide; Jahrbuch Inst. V, p. 145

ornaient, Endeux emplacements pourtant MM, Brueckner et Dernice ont pu dégager les restes d’un de ces luniuli*l'un d’eux, sur un diamètre de 10 à 12 mètres, s’élevait jusqu’à 1 m. 30, appuyé sur une xpujiriç de briques Au reste, si, d’une manière générale, les tombes grecques aussi bien en Atlique que dans le reste du monde hellénique 3, ne présentent plus de tumuii visibles, c’est que ces élévations de terrain ont disparu très vile avec les déformations qu’ont subies les terrains des nécropoles En fait, ces /ciga-ca étaient de pratique courante. Lucien dans le Gharon \ les cite sans distinction à côté des monuments funéraires les plus connus; d’un texte de Platon 3 on peut également inférer qu’ils étaient fort communs. D’ailleurs, en Attique, les vases peints eu offrent souvent l’image. Aux exemples connus depuis longtemps déjà 6 il faut ajouter quelques autres: un lécythe d’une collection privée d’Athènes7, une amphore de la collection Bourguignon 8, une amphore du Brilish Muséum °,ces deux derniers représentant le sacrifice de Polyxène sur le d’ Achille, et le curieux cratère Vagnonvi lie, à figures rouges, dont les détails sont encore discutés lu. Sur les vases, le tumulus figure soi L seul, soit auprès de la stèle ; quelquefois , un <r?|ga, une loutrophore, par exemple, le couronne ( fi g. 0316"). 11 est généralement représenté en blanc, ce qui

Fig. 6316. — Tumulus cueillit Je sluc peint cl stirmonlc d’une loutrophore.

a pu faire croire qu’il était de marbre ; maison ne s’expliquerait pas alors la disparition à peu près complète de ces monuments. La couleur blanche indique seulement la présence d’une couche de stuc qui couvrait tout l’extérieur du tertre, rempli de terre à l’intérieur; c’est l’apparence qu’offrait un monument de ce genre dont les débris ont été Lrouvés à Athènes en 1891 i2. Cette couche de stuc est le XsuxiDgx dont, parle un texte de Cicéron13.

Le même type de tombe creusée dans le tuf ou maçonnée en terre, suivantes dispositions locales du terrain, se retrouve partout, de l’Orient à l’Occident du monde grec et à toutes les époques de la période classique ; d serait fastidieux de l’y suivre en tous lieux. Nous prendrons quelques exemples, là où les nécropoles ont etc fouillées avec le plus de soin. En Asie Mineure, à Myrmu, les tombeaux de l’époque hellénistique sontgénéralenmni taillés à coup de pic dans une couche de tuf, à moins di

Anzeiger. — 4 Luc. C/iar.22. — 8 l iât .Leyy. XI, p. 958. — liparcx.Gerliard, U Yasenb. 198-199 = Reinacli, IIJp. Il, p. 99-100; Mon. Vlll.pl. v. Cf. Pollier, /U les lécytbcs blancs , p. 59, et les nuLcs. — I CI'. U rch . Jahrb. 1891, p. U'" 1

pl. iv. — 8 Cf. Arcli. Jahrb. 1893, p. 93 et pl. i. — 9 Sacuificium, fi?- — lOWicner Jahreshefte, VI II, p. 145; X, p. 118; XI, p. 107 Anzciyer. - 1 vu nus, tig. 3345. — 13 Cf. Arch. Jahrb. 1891, p. 197. — 13 Cic. /Je leÿ. Ifi -1,

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I mèlre do la surface du sol'; ce sonl. le plus souvent (|(>s fosses quadrangulaires, rondes dans quelques cas, longues de 2 mètres, larges de 0 m. 60, profondes de ,, m> 50 environ. Quelquefois, de larges caisses de tuf contiennent deux ou trois tombeaux juxtaposés ou superposés: dans ce dernier cas, la couverture du plus bas rl je fond à l’autre. La couverture esl faite de plaques de tuf plates ou bombées, dont les extrémités s'appuient sur un rebord qui court sur les quatre parois; dans les sépultures où elle manque, elle était sans doute remplacée, et le corps protégé par un tumulus analogue à ceux dont nous venons de parler2. Les tombes construites dans la terre sont plus rares; semblables au type ordinaire par les dimensions et les formes, elles sont faites de pierres calcaires ou de plaques de tuf posées de champ ,.f jointes sans ciment. Enlin, des caisses de tuf, également maçonnées en terre, contiennent des sarcophages qui s’y emboîtent exactement. — A la même époque, à Aegae, en Éolide, les tombeaux, construits en pierres, sont des caisses rectangulaires de 1 m. 90 pour la longueur,

(l m. 60 pour la largeur et 0 m. 60 pour la profondeur; les parois sont formées d'une ou de deux plaques, ou if' pierres juxtaposées sur deux rangées, la couverture d une pierre ou de deux ; le fond est formé généralement d’une autre grande pierre3. — A Samos* une fosse creusée dans la terre, profonde de 0 m. 60 à 1 m. 60, reçoit le sarcophage de pierre ou d’argile qui est le réceptacle funéraire le plus fréquent : il en était de même à Llazomènes dès le vi“ siècle [sarcopiiagüs].

Les mêmes formes sont en usage sur le continent grec, en dehors de l’Attique. La nécropole de Tanagre en Béolie a été bien étudiée à ce point de vue. Là encore les lombes sont creusées dans le tuf6, ou elles sont façonnées dans la terre en plaques de tuf, formant paroi et fond; lis grands côtés sont souvent formés de deux plaques ; la couverture est d’une ou de plusieurs plaques de tuf. Les plaques de paroi sont quelquefois couvertes d'ornements coloriés. — Mêmes types de sépultures dans les nécropoles des cités grecques de l’Occident, en Sicile6 : Syracuse1, Mégara Ilyblaea8, Gela9, Camarina10. La nature des réceptacles funéraires, amphores, pilhoi, sarcophages de pierre ou d’argile, y est très variée". On a vu qu’ils sont souvent enfouis dans la terre sans protection aucune; d’autres fois, les sarcophages sont simplementposéssur la roche même, au-dessous de la couche de terre is. En tout cas, la disposition des emplacements destinés à les recevoir est presque toujours très simple.

| sont de simples creux de la roche, presque non Iravaillée, ‘où les sarcophages et les vases cinéraires s encastrent ; un grand nombre de ces cavités, formant mitant de lombes, se trouvent parfois juxtaposées13.

1 rès souvent aussi ce sont de vraies fosses quadrangu- Imies, closes ou non par des dalles; les parois peuvent "revoir un enduit. Les fosses sont çà et là doubles, se 1 • 1 1 crissant à leur partie inférieure en une seconde l,l'|h'. Elles sont tantôt de grandes dimensions, larges

‘ lu- ' ' M16c'1 ’ IVrcr. de Afyriiia, p. 57 sq. — 2 Ibid. p. 63. — 3 Cf.

dC COn ' Ml' ,891’ p' 2IÎ- “ 1 Bœhlati, op cil. p 20. — 8 |]aus.

— 7 i l 1 i l"1 ‘ SCP' Tanagr. decorav. p. G3 sq. — * 8 Cf. Perrot, Op. cil. p. 97 sq.

__ U ‘"os Not. deyl. Scao. 1895. — 8 Cf. Orsi, dans Mon. Lincei , 1.

ronfon 1 — 10 Cf. Orsi, Ibid. XIV, p. 757 sq. — U M. Orsi, en

" ,s Momies de tombeaux et les formes do réceptacles funéraires, arrive

il enumérer à e,',i, , . . 1

mc|;t ’ ' ■ P°nr la p Tiodc archaïque, plus de \ ingl types dcnscvclisse-

b,d- XVII, p. 233. — 12 Cf. Ibid. XVII, p. 113, (Ig. 79. —13 Ibid.

VIH.

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et profondes", tantôt étroites et présentant l’aspect d’un puits1". Plus rarement on trouve, construit dans la terre, un caveau rectangulaire en pierre: il y en a un exemple à Mégara Ilyblaea un autre à Géla”, où deux caveaux sont contigus ; les parois sont formées de plusieurs assises de blocs de pierre, l’une de ces parois étant commune aux deux caveaux; même disposition flans des tombeaux de Camarina"; dans l’un d’eux, la chambre mesure 2 m. 37 de long sur 1 m. Il de large ; sur un des petits côtés s’ouvre une porte. L’ensemble d’une tombe de ce genre forme une véritable chambre funéraire.

Aussi bien, si la chambre funéraire n’est plus de pratique courante à l'époque classique, il s’en trouve cependant des exemples isolés dans toutes les nécropoles grecques, surtout celles de l’Orient. A Chypre 10, la chambre esl bâtie en gros blocs à l’intérieur du vide créé par la taille du roc, ou construite dans une large fosse où l’on descendait par plusieurs marches; de même àCamiros.où l’on descend à la chambre funéraire par un couloir en penteA . Samos, la chambre funéraire, à laquelle on parvient par un escalier de cinq degrés et une porte précédée d’une plate-forme, est partagée en trois emplacements formant les lits funéraires, comme il s’en voit dans les caveaux étrusques 20. A Myrina21 une première fosse de tuf, remplie de terre, donnait accès dans un second tombeau en forme de chambre.

En Macédoine, à Palatitza22, Pydna23, Salonique21, Amphipolis 2S, et en Eubée, à Érétrie 2", ont été dégagés des tombeaux à voûte d’un type particulier. La chambre funéraire est cachée sous un tumulus, comme dans les tombeaux archaïques d’Asie Mineure et ceux de Crimée; à Érétrie, au sommet du tumulus, une construction en forme de tour joue le rôle de (nj*-* terminal. A la baie d’ouverture fait suite un dromos dallé ou stuqué qui donne accès à la chambre. Cette chambre, de proportions à peu près carrées à Amphipolis et Érétrie (3 mètres environ de côté) est voûtée en berceau ; à Amphipolis treize voussoirs sont posés sans ciment. Elle est toujours meublée de lits funéraires, généralement au nombre de deux [lectus]. Celle du tombeau d’Érélrie l’est plus richement, de trois trônes et deux klinai, et elle a conservé toute uneornemenlation peinte sur fondde stuc. La découverte d’Érélrie montre que ce type de construction funéraire a émigré assez loin du domaine thraco-macédonien.

On vient de voir que la fosse funéraire est tantôt creusée dans le sol même, tantôt ménagée dans le roc. Chaque fois que l’occasion s’en présentait, il est certain que les anciens ont recherché la matière dure et solide pour y cacher leurs morts. Aussi l’habitude de creuser des tombeaux dans le roc a été très répandue en Orient, chez les Phéniciens, les Hébreux, les Héthéens, les Phrygiens, Lyciens et Carions21. Les populations grecques de l’Asie Mineure ne pouvaient manquer de s’y conformer. L’idéêr primitive a été, comme en Égypte, d’assurer au mort une demeiïre sûre et inviolable, en le met-' tantà l’abri derrière l’épais rempart d’une masse rocheuse

p. 99-100, fig. 62. — U Ibid. p. 353. — 15 0. ex. Perrot, Op. cil. p. 101, fig. 08 (Sélinonlc). — l b Ibid. p. 99. — n Mon. Une. XVII, p. 78. — IS Ibid. XIV, p. 804 sq.

— 19 Cf. Olinofalsch-Ricliler, Ktjpros, pl. ct.xxxix. lig. 1-2; Perrot, Ibid, p 88-89.

— 20 Cf. Boolilau, op. cil. p. 19. — 21 PoUier-Rcinacli, Op. cii. p. 67. — 2! Hetizoy, Miss, de Mna'-d. p. 226 sq. — 23 Ibid. p. 213 sq. — 21 Exactement à Niausla Cf. Bull. de. corr. hell. 1891^'p. 330. — 25 Cf. Perdrizel, Bull, de corr. hell. 1891, p. 335 sq. — 26 Cf. Mil. Mitth. 1901, p. 339 sq. — 21 Yoy. les tomes III, IV, V, île l' flist. de l'Art de Perrot et Chipiez.

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et en dissimulant soigneusement l’entrée. Au fond d un puits, dont l’ouverture à la surface du sol était facilement cachée, on creusait un caveau, ou même plusieurs chambres pour y réunir des sépultures de famille'. C est. de cette manière que fut enseveli le roi phénicien Eshrnounazar2, et c’est encore ainsi qu’à l’époque d’Alexandre et de ses successeurs on disposa la sépulture des hauts personnages, satrapes perses ou gouverneurs macédoniens, qui furent déposés dans les célèbres sarcophages de Sidon, aujourd'hui à Constantinople [sarcopiiagus, tig. 6106] 3. Bien que le mot de catacombe s’applique spécialement aux cimetières chrétiens et au prodigieux réseau creusé sous terre par les fosstores de l’Empire4, on peut dire que la chose n’était pas nouvelle, surtout en Orient, et que les architectes chrétiens n'ont fait que développer et amplifier une méthode

Fig. 6317. — Tombeau asiatique taillé dans le roc.

païenne. Les caveaux auxquels on accède par un escalier, les couloirs et corridors, les loculi et les niches pratiqués dans les parois où l’on dépose les morts, tout ce système existait antérieurement, sur un mode plus restreint, dans les nécropoles phéniciennes, et plus tard, soit dans les colonies grecques de Crimée5, soitdans la Grèce alexandrine d'Égypte (voir plus loin, p. 227) G.

Mais dans ces nécropoles invisibles aux regards, la vanité des morts, soucieux de leur renommée, ne trouvait pas toujours son compte et l’on chercha de bonne heure le moyen de désigner à l’attention la tombe princière sans compromettre la sécurité du défunt. Une façade somptueusement sculptée dans le rocher révélait la demeure funéraire, maison cherchait à dépister les voleurs en laissant le rocher derrière celle fausse entrée et en plaçant ailleurs la véritable ouverture du caveau : tels sont en Phrygie le fameux tombeau de Midas et celui de Delikli-Tach Pourtant, cette disposition gênait inévitablement le rituel des funérailles et les visites des survivants ; peut-être aussi en avait-on reconnu l’inefficacité.

1 Perrot et Chipiez, III, fig. 102 à 1 12, tombes de Sidon. —2/bid.p. 160. — 3 Hamdy bey et Th. Reinach, Une nécropole royale à Si don. 1892, et Atlas, pl. ni. — *Voy. sur les catacombes chrétiennes et leurs dispositions le résumé de llora H. Leclercq, Manuel d’arch. chrétienne , i, p. 217 s(|. — 5 Kondakof, Tolstoï, Reinach, Antiq. de la ftussie méridionale, p. 30 sq. — <> Sieglin-Schrciber, Die Nekropole ron Kûm-esch-Schufaka, cliap. iv, p. 160 sq. — 7 f’errolet Chipiez, op. c. V, p. 82-107. — «Ibid. III, fig. 04, 75, 77, 83,84,90,91,02, 1 1 5, 1 36 1 39, 1 40, 149, etc. —9 Cf. Renan,

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Aussi plus nombreuses encore sont les tombes dont la chambre creusée dans le roc s’ouvre directement sur U; dehors; on se liait alors à la solidité des lourds battants de porte, munis de gonds solides en métal et de serrures (fig. 11)8. Le Louvre possède des portes ainsi construites [.ia nu a, fig. -1132] s. Autour de la porte on réunissait souvent tous les éléments reproduisant 1 architecture complète d’un palais ou d’un temple, colonnes, architrave, fronton sculpté, portique 10 (fig. 6317). A mesure que l’influence hellénique devintplus forte en Asie, lesformes architecturales tendirent de plus en plus a rappeler lu structure classique des édifices grecs. On peut déterminer par ce moyen différents groupes de sépultures rupestres, s’espaçant depuis le vne ou le vie siècle av.J.-C. jusqu’à l’époque gréco-romaine et même jusqu’à l’Empire". La nécropole de Cyrène, presque toutentière taillée dans le roc, avec des perspectives de colonnades, de frontons et d’entablements, offre aux yeux un ensemble d’un remarquable pittoresque12. Les élégants monuments de Petra, en Arabie, représentent le dernier stade de cette architecture funéraire dans les pays soumis à la domination romaine, et ils conservent encore un caractère nettement asiatique13.

Dans le même groupe il convient de mettre à part es tombeaux lvciens dont la structure, calquée sur la maison indigène en bois, reproduit les poutres saillantes, les pièces courbées, les rondins, les combles en ogives, sculptés dans le roc avec une précision exacte et pillo-

Fig. 6318. — Tombeau lycicn taillé dans le roc.

resque qui donne à ces monuments un aspect lu gin al (fig. 6318) ". Ailleurs, le rocher, isolé et sépare reste, a été entaillé et aplani de façon à former un un lithe auquel on prêtait la forme d’une maison, (l pilier, etc.15. Le plus célèbre monument de ce genre la tombe des Harpyes, à Xanthos, ornée de bas-reliefs fl"1

Miss, de Phénicie, pl. xi.v. - 10 Voir note 8. Noire ligure d après Hist.de I U L | p. 136, fig. 90. — n Cf. Collier, Bull. corr. hell. 1880, p. 497-505. — - Koner, Vie antique, trad.fr. l,p.l"28sq., fig. 127à 129. — 13 Rc s|!; V,

« la mer Morte, pl. xi.iv, xi.vu, xlvui ; Iluruy, ffist. des Domains, , P ^ p. 86. ,Voy. surtout Domaszewski et Briinnow, Die Provincia Ara ■ ^

14 Perrot cl Chipiez, flist. de l'Art, V. p. 364 384. Cf. Petersen dvl" lieisen in Lylcien, Vienne, 1869. — 1 & ff . de l Art. v. lig-

sui

représentent des offrandes aux défunts héroïsés et les mii'S des morts emportées par les oiseaux funèbres : il date du vi" siècle*.

/ f,s monuments funéraires. — La tombe grecque, depuis l’époque archaïque jusqu’à l’époque post-classique, est, en somme, d’un type simple qui n’a guère évolué. Au contraire, les monuments funéraires qui se dressaient au-dessus du sol et signalaient (<r/|p.axa) le tombeau, sont très variés et ont donné lieu à toute une évolution artistique. Il en est ainsi surtout pour Athènes ; nulle part les Altiques n’ont mieux montré, dès l’époque ancienne, la richesse de leur imagination et la fécondité de leur art. Partout ailleurs, le c-qp-a funéraire semble avoir joué un rôle plus modeste; c’est ainsi que des fouilles très complètes faites dans deux grandes nécropoles, l'une d’Orient, Myrina2, l’autre d’Occident, Géla, ont donné, à ce point de vue particulier, très peu de résultats; il n’a été rien trouvé à Géla:l, et Myrina n’a fourni qu’un petit nombre de stèles très ordinaires.

Lucien, dans un de ses Dialogues , esquissant l’aspect d’ensemble d’une nécropole grecque, énumère quelques-uns des para qui frappaient l’œil du visiteur ’* :

« Vois-tu à l’entrée des villes ces amas de terre, ces colonnes, ces pyramides... » 11 faut noter que de cette indication rapide est absente la forme du a-qpa funéraire que les textes, les peintures de vases et surtout les monuments subsistants vont nous présenter comme la plus fréquente et presque exclusive de toutes les autres : la stèle. La stèle n’est donc qu’un type de monument parmi plusieurs autres; c’est à des raisons d’ordre pratique et technique qu'il doit d’avoir beaucoup mieux que les autres duré jusqu’à nous ; il y avait, dans toute nécropole grecque, autant de tables d’offrande, de piliers, de colonnes ou de statues tombales que de stèles.

Tous ces monuments ne sont pas l’expression de croyances semblables. Les uns semblent se rapporter aux idées primitives sur la survie du mort dans le tombeau et la nécessité de satisfaire à ses besoins; les autres sont nés de conceptions différentes : lieu de séjour pour IVcowXov du mort (v. plus haut, p. 1213) ; rappel du déi uni à la mémoire des survivants. 11 convient, laissant de côté tout ce qui n’intéresse que l’archéologie figurée, de préciser d’après ces données la nature et la signification des principaux /r/jaaTa funéraires.

Mous avons vu, à propos des vases du Dipylon, ce (fui sera plus tard le « monument », p-v-riga, servir à un usage pratique, à l’entretien de l’existence posthume du défunt, be mort a besoin d’offrandes et de libations. De telles ulees n’ont nullement disparu avec le progrès des conceptions sur la vie de l’au-delà ; les croyances animistes 0||t pu s’effacer, mais non pas les pratiques de l’animisme1*; un texte comme celui du traité de Lucien sur ^ Demi montre combien elles étaientvivaces encore, bien ■'près 1 époque classique6. Le i-riga funéraire qui a bien Pu par la suite perdre son sens vrai, mais qui à l’origine correspond à ces idées et à ces pratiques, c’est la table

^ - 1 Colligoon, Sculpt. grecque, p. 261-2GG ; Perrot, VIII, fig. H4-148. — 2 Cf. ^ 1 11 1 -bcinach, Op. cit. p. 111 sq. — 3 Cf. Orsi,A/o?i. Line. XVII, p. 519: « dans "■•gués fouilles je n’ai pas trouvé un seul fragment de monuments extérieurs ___ J0ln*JCau» » — 4 Luc. Char. 22. — 5 Cf. Poulscn, Dipylongraber, p. 8 sq. __ 8 uc* luçtu. II, 12, 19. — 7 Cf. Lœschcke, Arch. Zeit. 1884, p. 93 sq. atl kw-ker-Goll, CUarUcles , 111, p. 147; Brueckner, Ornam. u. Form. d.

1 ubstel. p. | sq.; Dragetidorff, Ther. Grâb. p. 106. — 9 Çs. Plut. Vit.

Slil

d’offrande, -rpairEÇa. On a longtemps mal interprété le mot, voulant y reconnaître la stèle architecturale a piliers, par opposition à la stèle simple’; cette explication ne s’accorde pas avec les textes et les monuments. La T^aireÇa est la dalle de pierre quadrangulaire, primitivement portée par quatre ou trois pieds [mensa], posée a pial audessus de l’emplacement du tombeau et faisant office de table d’offrande8. C’est une xpà weÇa de ce genre, ornée sur ses quatre faces de reliefs, (fui se trouvait sur la tombe d’Isocrate 8, peut-être aussi sur celle de lliémislocle10. De nombreux vases, surtout des lécylhes blancs, la figurent à côté de la

stèle" ; de même des vases de la Grande- Grèce l2. 11 est naturel que les TsobrEÇa*. ne se soient pas conservées nombreuses : leur forme et leurs dimensions en faisaient des matériaux d’usage commode pour

toutes sortes de constructions. De celles trouvées à Théra13, faites de tuf volcanique (O m. 10 de long environ sur une largeur de 0 m. 23 et une épaisseur de O m. Oli) quelques-unes ont exactement l’aspect d une table à trois pieds (fig. 6319) ; d’autres ne sont que des dalles plates,

Fig. G3I9. — Table funéraire.

inscrites ou non; l’exemplaire le plus complet porte sur sa face principale le nom de l’arcbégèle lthexanor, sur les autres côtés les noms des personnages de son clan u. En Attique, depuis l’époq’ue archaïque, la est une

construction massive, en pierres ou en briques, sur plan quadrangulaire; ainsi, à Vourvals, sur 1 une des tombes se dressait une espèce de coffre divisé en trois compartiments par deux cloisons intérieures, le tout en briques crues; le remplissage était fait de terre et de petits cail¬

loux, le couvercle formé de couches d’argile superposées, le bord dessinant une corniche au-dessus des parois, servant à protéger tout le monument contre 1 action des eaux ; dans les parois étaient encastrées des TnVïXEç d’argile ornés de peintures. M. Delbrück16 a pu restituer a Athènes même, à HaghiaTriada, des « tables» du même type ; mais tandis que dans les nécropoles archaïques ces monuments surmontaient des tombes d’un certain luxe, ce sont ici surtout les cr/jp-aTa des tombeaux du commun : un massif quadrangulaire de briques crues est recouvert

à l’aide de tuiles de corniche, dont le larmier écarte, sur un côté tout au moins, les eaux de pluie; l’autre côté restait sans protection, ce qui devait, tôt ou tard, amener la ruine de l’ensemble. Une construction de ce genre ne réclamait que peu de temps et peu d’argent, et pouvait être l’ouvrage rapide des parents mêmes du défunt. Le corps du massif pouvait être en pierre au lieu de briques crues, et recouvert d’une couche de stuc, sur laquelle des ornements sont dessinés. Ceux de ces monuments qui sont d’époque tardive offrent ces caractères et sont d’une grande dimension ; quelquefois, sur un des côtés, une niche sert de logement à un relief portant l’image du

Isocr. p. 838. — 19 Plut. Themist. 22. — Il II faut sans doute reconnaître la trapésa dans la « tombe de forme quadrangulaire » qu’on remarque sur ces lécylbes; cf. Pottier, Et. sur les lécythes, append. n°* 25-31 ; 78. — 12 Watzinger, Stud. z. unterital. Vasenmal. p. 5 sq. — 13 Cf. DragendorCf, Op. I. p. 108. Notre figure d’après la fig. 13. — 14 Inscr. gr. ins. III, 762. — 15 Cf. Perrot, dp. cit. VIII, p. 76. Dans des coffres de ce genre étaient sans doute encastrés les m'vaxt; d'argile peinte du musée de Berliu ( Denkmdl . Inst. II, p. ix à xi). — IG Cf. Ath. Alitth. 1900, p. 292 sq.

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défunt1. Enfin, de même que la Ira pesa était souvent adjointe à la stèle (v. plus loin, p. 1223), à la trapésa pouvait s'adjoindre le vase funéraire. Au Céramique, les trois trapésai de Philoxénos do Messène et de ses fils Dion et Parlhénios2, qui sont, d ailleurs, les exemplaires les plus parfaitement conservés de ce type de monuments, portaient chacune en leur milieu un lécylhe de marbre, dont l’attache du pied subsiste encore. La trapus a itinéraire s'est conservée en Asie Mineure jusqu'à l'époque hellénistique 3.

L autre <rï|u.a qui, à côté de la trapésa, répond à la conception animiste de la vie d’outre tombe est, en ell'et, le vase funéraire. S il n’a plus guère, à l’époque classique, que le sens vague de « monument », il faut admettre qu’il en a eu un plus précis à l'origine. De même les grands vases en terre cuite de l’époque géométrique d’Athènes, d abord instruments pratiques du culte, étaient, dès cette époque même, devenus monuments symboliques. Et 1 emploi funéraire de ces grands dvjgaTa céramiques s’est perpétué en Altique au delà de lage du Dipylon; la destination était analogue, semble-t-il, des vases « protoatliques » tels que le vase de Nessos ou l’amphore du Pirée‘. Par l'intermédiaire de ces vases et des vases « à prothésis » on passe des <rf,gaTa céramiques du Dipylon aux <7Yju.otTa en pierre et en marbre de l’époque classique, comme on passe des trapésai de briques crues de Vourva et de Vélanidezza aux trapésai de marbre des trois Messéniens, au Dipylon d’Athènes. Certains vases archaïques montrent encore un vase funéraire de terre cuite dressé au sommet du vùg6oç (lig. 0310) 6.

Les vases funéraires placés au-dessus de la tombe, sur la trapésa ou même sur la base de la stèle (v. plus loin) sont de deux types: le lécythe et la loutrophore. Un trouvera aux articles lkcytiius et loutrophouos toutes indications sur la nature, l’usage et l’histoire de ces vases. Le symbolisme du lécythe est clair: c’était le vase destiné à contenir les parfums qu’on répandait sur la pierre tombale ; on a passé tout naturellement à l’idée d’élever en marbre le lécylhe lui-même au milieu de la trapésa 0 ; c’était perpétuer la pieuse offrande, comme la statue du sacrifiantpeut perpétuer aussi la vertu du sacrifice. Puisle sens primitif du monument s’est effacé, et il n’en a plus eu d'autre que celui delà stèle ordinaire; aussi, le plus souvent, les lécythes de marbre sont décorés des mêmes scènes que les stèles, avant tout celle de la réunion de famille et de la poignée de mains. Souvent deux lécythes appariés étaient placés soit sur deux trapésai voisines, soit sur la même trapésa1. Dans ce cas, les mêmes pers’onnages, désignés par les mêmes inscriptions, dans des altitudes identiques, sont figurés sur le corps du vase 9 ; morts et vivants sont ainsi rassemblés sur chaque relief, et seule l’inscription qui se trouvait à la base de chaque trapésa renseignait sur celui des personnages pour qui chaque s-riga avait été sculpté. On a pu réunir un certain nombre de ces couples de lécythes9.

La signification de la loutrophore est moins claire. On verra à l’article loutropuoros comment M. Woltersa cru pouvoir établir avec certitude que les loutrophores en

1 [Mk-ück, Mil. Alitth. I9U0, p 301, fig. 7. —2 Cf. Brucckncr, W ien. SUzungsber. 1888, p. 513 ; Coiue, Àtlische Grnlnliefs, p. 37». — 3 Pfulil, Jahrbuch dm I. Inst. ItluS, p. 9 i. — 4 A ni. Dcnkm. I, pl. i.vn ; ’!i«. in. 1897, pl. v et vi.

— 5 Cf. Alun. VIII, pl. v [funos, lig. 33*5J. — 6 Cf. lirucckner, loc. cil. p. 513.

— 7 Ibid. p. 535. — » Exemple : les deux lécythes de Philourgos et de sa famille :

Alt. Orabrel. il”' 710 et 758. — 9 Cf. lirueckuer, Op. cil. p. 501 sq. 10 Cf.

marbre décoraient à Athènes les lombes des jeunes non mariés, et uniquement celles-là10. M. Milclihoer» met la règle en doute". Défait, sur quelques louti-o phoressont figurés des personnages dont l’âge eU’ap parence s’accordent mal avecla condition qn’on leur sii|, pose (fig. 6328) 12 ; dans un ou deux cas, il semble mèm» qu’on ait affaire à des couples t3. Ce serait donc l’us:i(,.(, le plus courant, non une règle de principe, qui aurait réservé ce <rrtga aux jeunes gens morts avant mariage Aussi bien c’est M. Wolters lui-même " qui a montré que le bain du mort est une coutume très ancienne [pyélos sarcopuagus], et on a retrouvé à Ménidi JS des Xout -fai jÿ terre cuite qui ont dû servir à cette pratique du culte funéraire. La loutrophore, vase de bain, serait donc un instrument de ce culle, comme le vase-autel du Dipylon ou la table-autel de Théra ou d’Athènes, et plus tard comme eux aussi, un monument purement symbolique Mais c’est un fait constaté que les traditions funéraires se sont conservées plus religieusement à propos des morts enfants ou jeunes gens10; on sait quelle place tiennent dans les monuments, dans les textes poétiques ou épigraphiques, cette idée et ce sentiment vif de la mort prématurée. Or, dans le cas de la mort d'un jeune homme, il ne se pouvait pas que l’idée générale du bain du mort n’entralnât avec elle aussi l’idée particulière du bain nuptial. La confusion entre les deux pratiques expliquerait bien que la loutrophore, originairement vase de bain pour tous les morts , fût devenue gvTjga symbolique pour les morts avant mariage.

Peut-être même y a-t-il eu des a^gaxa funéraires a.vanl la forme de la baignoire elle-même. Un texte de Cicéron 11 semble en témoigner, d’après lequel Démélrius de Phalère, voulant arrêter l’excès du luxe dans les constructions funéraires, autorisa seulement trois formes de ces monuments, les plus simples de toutes : la colonnelle, columella , la table, mensa , la baignoire. labellum. Nous avons vu ce. qu’était la mensa ; nous trouverons plus loin la colonne ; qu’esl-ce que le labellum 18? Précisément, M. Brueckner cite deux monuments 19 à peu près contemporains de l’époque de Démétrius qui, autant qu’il en reste, semblent avoir eu la forme d’une vasque avec son pied et sa coupe évasée [lauiium]. Ce seraient là des exemples nets de label/a et comme les traductions tardives en marbre des Xoux'qpix de Ménidi. Si l’on n’admettait pas celte interprétation, il n’y aurait qu’à reconnaître dans les loutre— phores eux-mêmes les lubella de Démétrius.

Nous formons une seconde classe de monuments funéraires — la stèle en est le type essentiel — avec ceux qui se rapportent, non plus àl’idée de l’entretien dun dans le tombeau, mais à celle du lieu20 de séjour, du point d’appui nécessaire pour son JBwXov. Là encore le monument est, en principe, un yéoaç pour le mort ; il 1 sa chose à lui, non un simple moyen matériel d entretenir le souvenir que lui gardent les vivants. Mais avec l’affaiblissement des vieilles croyances, avec le dr\r loppement des sentiments de famille et d’humanih le sens originel s’efface ; piliers et stèles aussi bien

Wollcrs, Alh. AJitlh. XVI, p. 378.

il Cf. Milciilioefer, Die Grüherkunst Uellenen , K ici, 1809. i- (.onze, Alt. Grabrel. pl. xxvii (n. »0) ; pl. •x,:l' ; Sl"'

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