‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 77 sur 137 · Arcli. Jahrb. 4800. p. 133. — *** Ddd- I · texte numérisé non relu

Arcli. Jahrb. 4800. p. 133. — *** Ddd- I

pl. ccc. — *3 Ibid. n. 208.

— 10 (J f. Poulsen, iJifiylonyriïbér, p. 40 si|

17 Cic. Dr. lot/. Il, 00.

ters, loc. cit. p. 13k — 10 Cf. Brucckncr, Arch. Anz gendorlT, Op. cit. p. 200.

18 Cf.

20 Cf. Bra-

SEP — 1221

• tables d’offrande ou vases do culte no sont plus que lies (xvVj (xœxot. sans signification précise.

las monuments figurés forment la série la plus intéressante des c/|(xaTœ que nous étudions. Mais avant eux il faut signaler les aniconiques, qui n’étaient pas

moins nombreux dans les nécropoles grecques : stèle primitive, pilier, colonne. De tels monuments sont aux -irles sculptées ou aux statues tombales ce que les symboles aniconiques de la divinité sont aux statues de

.u]m. La stèle primitive est très éloignée de la forme

achevée que l’ionisme propagera sur le continent grec et principalement à Athènes : c’esl la borne, la pierre grossière et non taillée, allongée eL sans épaisseur, enfoncée dans la terre à côté de la tombe ; c’est encore la homérique, prise souvent comme image de la fixité et de la solidité *. Les monuments de ce genre ont très facilement disparu, ou n’ont point été reconnus: rien ne les signale à l’attention. On en a retrouvé pourtant à Néandria 2, à Amorgos 3, dans la Grèce continentale à Athènes*, Eleusis *. Sur les stèles de Théra c le nom du défunt est gravé sur la partie qui s’élève au-dessus du sol. On constate aussi que l’idée de dresser sur le liuinilus une pierre en forme de cône, peut-être à l’origine avec un sens phallique, est fort ancienne; dans la suite des temps, elle donne naissance à’des variantes, où l’omphalos [ompualos], locône, la pomme de pin même, se perpétuent pendant toute la période classique et se confondent jusque sous l'Empire romain 7. — Le pilier ou cippe quadrangulaire, sans décoration figurée, consliluant par lui seul ou par l’adjonction d’un épithème le monument funéraire, est un type gréco- oriental, qui semble venir lui-même d’une ancienne forme asia iipie, et plus particulièrement du tombeau-pilier qu’on rencontre en Lycie8. De celte forme dérivent, d’une part, le simple pilier carré, sema rudimentaire et approprié aux besoins du commun, et d’autre part les grands monumenls élevés sur degrés de l’époque hellénistique, Mausolée ou tombeau des Néréides. Pas plus que les stèles brutes, et pour les mêmes raisons, les piliers funéraires ne se sont retrouvés en grand nombre. On en peut signaler pourtant plusieurs à Snmos, de l’époque archaïque ; d’autres, d’une date postérieure, en plusieurs points de l’Orient grec'1. Dans la Grèce continentale, à Tanagre, le cippe en tuf ou en pierrenoire est le monument funéraire le plus commun 10 : tandis que les uns ont la forme d’un autel avec une "•arge sur trois côlés, et se rattachent plutôt au type de la Irapésa, et d’autres à la forme de Vhérôon, d’autres enlin sonten forme de piliers quadrangulaires. A Athènes le pilier semble avoir été assez rare dans les nécropoles : il ligure cependant, surmonté d’un vase, sur un fragment de relief funéraire u. Mais à défaut d’exemplaires originaux deces monuments, nous en trouvons lareprésentabou très fréquente sur les bas-reliefs funéraires d’Asie Mineure: le pilier porte alors des épilhèmes variés: la m'ène, lesphinx, le coffret, la corbeille, le lécythe, ecl. 12.

1 l,om- H- XIII, v. 437; XVII, v. 434.- 2 Cf. Koldewey, Neandria, p. 47 IV|'™1, vil, p. 5. — 3 Cf. Ath. Mitth. XI, p. 99. — 4 Cf. Ath. Alitth.

p. 135. — S Cf. E=. ifz. 4S98, p. 86 ; 1889, p. 170, 179. 6 — Cf. llfasciidorlT, Op. cit. p. lus. — 7 Cf. PfulU dans Arcli. Jalirbuch, I9U5, p. 88 sq.

1 1 I luhl, Ibid. p. 72 sq. Sur le culte du pilier à l'époque Cretoise et 'njcêniemie, voir Evans dans Journal of huit. SI udicn, 1901, p. 99-204. Pour 1 poilue mythologique de ce culte, voir l’article de P. Girard sur Ajax dans Revue ■'ud. Qi'ecq. l!)0o. ’ — ‘J Ibid. p. 70. — 10 iiaussoulüer, Op. cit. p. 17 sq.

SEP

Des terres cuites de Myrina 13 et d’autres terres cuites d’Asie Mineure 1 1 représentent des monuments analogues, le mort élant ou non figuré à côté du <r? ipta funéraire. Enfin le pilier tombal est très fréquent sur les vases de la Grande-Grèce, de Tarante et d’Apulie : il est posé sur une base d’un ou de plusieurs degrés, qui prend souvent toute l’apparence de la trapézaiS. Au pilier se rattachent encore les termes, les hennés [uermae ; cf. plus loin lig. 6329] qu’on voit s’élever parfois auprès des tombeaux ie. —

Une colonne dorique fait fonction de stèle dans la nécropole d’Assos ; elle était scellée au centre d’une base ronde taillée à même dans le roc17. Cependant, la colonne n’apparaît guère sur les reliefs funéraires d’Asie Mineure. Mais elle est un des monuments les plus fréquents à /Athènes, après Démétrius de Phalère ; c’est un de ceux que ses lois somptuaires autorisaient18. Une de ces colonnes doriques, de grande dimension (2 m. 3B avec la base), est encore en place, près d’IIaghia Triada ; elle porte les noms de Bion et d’Archiclès ; un vase était scellé à la partie supérieure du chapiteau 19 (fig. 6320). La colonne ionique esL souvent figurée sur les vases de la Grande-Grèce à côté du pilier et sur la Irapésa20. 11 faut signaler enfin les colonnelles ioniques et corinthiennes en terre cuite trouvées dans des tombeaux de Myrina21.

Les aï) pat a figurés sont la statue el la stèle sculptée. La statue tombale est vraiment un double, au sens de la statuaire égyptienne, et l’appui matériel le plus immédiat pour l’sïoioA&v du mort ; il ne s’agit pas, au moins à l’origine, de rappeler aux survivants l’apparence et les traits du défunt ; c’est là une conception dérivée. La statuaire funéraire a eu en Grèce un long développement depuis le vie siècle jusqu’à l’époque classique et post-classique [statua]. Son rôle s’est trouvé limité seulement par c^ fait que la commande d’une statue de ce genre était affaire d'importance, et ne pouvait convenir à la moyenne du public ; la stèle était, dans la plupart des cas, d’un travail beaucoup plus médiocre et moins coûteux. Le nombre des statues funéraires connues est cependant assez considérable. Certaines au moins des statues désignées sous le nom d’Apollons archaïques [scuutura,

— 11 Coiue, Alt. Grabret. pl. cci.xxxvi, n. I VOS. — *- l’fuhl hoc. cit. p. 50 sq.

— 13 Cf. Pollier-Uciuach, Myrina , I, p. 242 sq. ; I, n 302. — 14 P. ex. Wintor, Die Typ. U. Ter raie. 2P partie p. 287, n. 3, — >•» Cf. Watiioger, Op. cit. p. 1* sq.

— 16 Voy. Pfuhl, /. c. p. 70 sq. — *7 Arneric. Journ. of arch. 1.N80, p. 267 sq., Perrol, VII, p. 4M, lig. 220. — 18 Cf. Brueckner, Arch. Anz . 1802, p. 23-

— 19 Comte. Att. Grabret. p. 370, d’où est tirée noire figure. — -6 Walringcr,

Op. cit. p. 14 — Pollicr-Reinacli, Myrina , I, p. 242-213. — *’v2 Cf. Gardncr,

Sculpt. tumbs of Hcllas, ch. I X. ; Kurlwangler, Coll. Sabouru/f , iulrod.p. 54 sq.

Fig. G32U. — Colonue fuuéraitc.

SEP

SEI

*'&• 0237] peuvent être en réalité des statues tombales ' : il doit en être ainsi, do par les circonstances mêmes de sa decouverte, de 1 Apollon de Théra 2 ; funéraire aussi

est la statue de xoüpoç trouvée en I!>Ü2, en Attique, à Kalyvia-Kourvara *. D’autres statues funéraires de l’archaïsme attique il ne subsiste que les bases et le scellement des pieds ; l’une de ces statues au moins était consacrée à une femme.

Il suffira de citer, en fait de monuments du même type qui appartiennentà l’époque classique, la prétendue « Pénélope » du Vatican (fig. 6321 *), les statues de femme de Ménidi au musée de Berlin5, et 1 « Hermès » d’Andros avec i faisait pendant 6. La statuaire la conception qui lui avait

Fig. 6321. — Staluc funéraire.

la statue féminine qui lu tombale s’écarte là de

donné naissance et devient comme une statuaire de genre qui admet le groupe et la « scène de famille » ;

ainsi, sur un lécythe polychrome d’Érétrie 7, un groupe funéraire (tig. 6322), composé d’une femme tendant une grappe de raisin à un enfant, est dressé au haut d’un large! pilier, surélevé lui-même sur trois degrés.

Ce qui prouve bien que la statue tombale est un yépaç pour le mortplutôtqu’un monument pour les survivants, c’est quel’image humaine est souvent remplacée par une image symbolique : le sphinx d’abord [sphinx], dont plusieurs figures ou fragments de figures ont été retrouvés

dans les nécropoles grecques 8 ; la Sirène ensuite quj ,,s| proprement l’« oiseau de l’âme » [sihenae] et comine m symbole de lViotüXov9. Beaucoup plus éloignées de"" symbolisme et plus proches du « genre » sont les statu!'" d’animaux, lions, taureaux, etc., dont nous connaisseur parles monuments ouïes textes la destination funéraire (fig. 6323). La statuaire funéraire n'était pas tou joui s réservée aux praticiens de second ordre ; nous savons mr les grands sculpteurs s’y étaient adonnés ; on voyuii Par exemple, près du Dipylon, le groupe d’un cavalier et de son cheval, œuvre de Praxitèle

Toutes les stèles n’étaient pas décorées. D’a laines peintures de vases, on peut se représenter un bon nombre de ces <r/igxTa sous forme d’une dalle dressée tout unie, sans autre addition que celle du nom du défunt l2.

Mais la stèle ornementée et figurée, création de l’ionisme popularisée par l’atticisme, tient le premier rang tant par le nombre que par l’intérêt artistique des exemplaires qui nous en sont parvenus. Aucun inventaire d’ensemble n’en a encore été dressé l3. Mais nous connaissons bien la série attique, de beaucoup la plus importante Dans ce sujet, qui est surtout du domaine de l’archéologie figurée, nous ne nous occuperons, après de rapides indications sur lu forme et 1 ornementation de la stèle, surtout de la stèle attique, que de la nature des sujets qui y sont figures ri de 1 interprétation qu’il convient d’en donner.

La stèle figurée a deux formes nettement distinctes : celle de la stèle proprement dite et celle du naïskos 1S. La stèle proprement dite, qui a pris naissance en Ionie et s est développée en Attique, est une dalle de pierre calcaire ou de marbre, de faible épaisseur, plus haute que large, souvent plus étroite à son sommet qu'à sa base. Le type le plus ancien est celui de la haute stèle, le gsya <jŸ|ga 1 ' d’Homère, couronnée d’une palmette dont lesbords affleurent les deux côtés de la stèle. Plus tard, la palmette ne limite pas elle-même Je champ de la stèle, mais elle est appliquée en relief ou en peinture sur une acrolère arrondie qui la déborde 1S. Les monuments les plus anciens n’ont pas de profil architectonique ; les plus

Fig. G3i3. — Stèle sculptée à décor animal.

1 Voir le livre de M. Deonna, Les Apollons archaïques, 1 908. — 2 Perrot, Hist. de l'Art, t. V, p. 310, fig. 133. — 3 e®. \a?z. 1902, p. 1, sq. ; Perrot, Op. cit. p. 402, lig. 189. — * Collignon, Hist. de la sculpt. gr. t. I, p. 407, fig. 210.

— 5 F urtwangler, Coll. Sabouroff, pl. xv-xvn = Deschreib. d. ant. Sculpt. (Berlin) 498-409. — 6 Collignon, Ibid. II, p. 382; Cavvadias, n.uitTâ, 218, 219.

— 1 Cf. Eç. ’A&y. 1886, pl. iv bis ; Rcinacfi, Rcp. I, p 512. — 8 Figures les plus connues: sphinx de Marion (Chypre), Perrot, Op. cit. p. 328 et fig. 142; sphinx de Spata en Allique: ibid. p. 658 et fig. 337. Voir le cratère Vagnonville sphinx assis sur le tumulus; Wiener Jahreshefte , VIII, p. 145; X, p. 118.

— 9 Cf. Weicker, Der Seelenvogel ; Cavvadias, r/Lun-co, n. 775. — 10 Cf. l'énumération des monuments les plus connus, dans Gardner, Op. cit. p. 130-131* Le nom même du défunl, comme dans I cxemple ici reproduit (Duruy, Hist. des

Grecs, I, p. 455), justifie d'ordinaire le symbole choisi. — n Paus. I, 2, 3. — 12 Voy. Tarbell, dans American Journal o/ arch. 1908, p. 428. fig. I. — 13 Elude dosréh'b gréco-asiatiques ; Pfulil, Arch. Ja:,rb. 1905 ; des reliefs alexandrins: Winler, d * ■ Milth. 1901, p. 258 sq. — 14 I.c recueil dus reliefs funéraires aftiques, stèles vases, a été entrepris pur l’Académie do Vienne (Conzc, Attisch . Grabreliefs : les deux parlics publiées contiennent tous ics monuments jusqu’à Démétrius Phalère (1740 numéros). L’achèvement de l'œuvre permettra de faire l'iiistoire complète du relief funéraire en Attique. — 15 Cf. Brucckncr, Ornament h. Form, p. 1 sq. — >0 Cf. Lôscbcke, Ath. Alilth. IV, p. 297 sq. Slèles ioniennes, avec lu représentation de l'homme debout : stèle de Symé, l'crrot, Op. cil. fig. 143; stèle d'Apollonie, Ibid, fig 151 : stèle d’Orchomènc, Ibid. fig. 158. — n Hom. H- lvv. 349. — 18 Brucckncr, Op. cit. p. 7.

SRI»

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l i> 0324. — Slôle à palmolte el à bas-rclicf.

r(r.c(*nts en ont un soit sur la face antérieure seule, soit les deux côtés1. Au-dessous de la palmette le champ, de la stèle porte soit simplement, au-dessus de deux rosettes, l'indication du nom du défunt, soit une représentation figurée peinte ou en faible relief (lig. (1321 2). Au vc siècle s’introduit une forme différente 3. La stèle d’oblongue devient à peu près carrée, et n’est plus surmontée d’une palmette, mais limitée en haut par une surface droite:

un fronton est généralement figuré en relief dans la partie supérieure. Dans un très grand nombre d’exemplaires la terminaison supérieure même est un fronton : c’est un type très commun (fîg. 6325 4).

Cette forme, en se développant, a donné naissance, dès le vc siècle, à un second type essentiel, le naïskos 5 : comme son nom l’indique, c’est un temple en miniature, avec fronton, épistyle et antes ; entre les antes se détachent, en très fort relief, les personnages figurés, quand la stèle est sculptée ( fi g. 6326). Quel est le sens et la raison d’être de cette forme? On a voulu y voir l’intention arrêtée de présenter le mort comme un héros dans le

temple, l’vjpiüov 6, où on lui rend un culte. L’interprétation ne saurait valoir, car les scènes représentées dans les naïskoi sont des scènes familières où les morts se mêlent aux vivants; de plus, il n’y a pas de naïskoi , à l’époque archaïque, c’est-à-dire à l’époque précisément où le culte des héros à été le plus vivace. L’on pourrait y voir tout aussi bien l’intention de re- . , produire l’appa-

11 1 ln|ér ieure de lamaison, où les scènes seraient alors l''1 1 s se passer. En fait, de telles idées ont pu se faire jour

nombreux ^ ,Sq' . ~ 2 A“‘ Grall™t. pl. xcv. - 3 Brueckncr, Ibid. p. Cl. Très Plan„on . mp Cs de ces formes sur les planches des Alt. Grabrcl. — V Stèle de Vue de l'a'ltè^' ** Grecs< *h P- 475 — 6 Cf. Brueckner, (>p. cil. p. 72 sq. Grecs, Il ' lom|»e»l,x. au Céramique d’Athènes, Duruy, l/ht. des

11 . Arvanitopoulos, Ephém. arcli. 1908. — 0 Cf. Milchhoefer,

SRI»

à tel ou tel moment de l’évolution du type ; mais le naïskos est sorti tout naturellement de la stèle à fronton1, à mesure que les figures se présentaient en plus haut relief el demandaient par là même un cadre architectonique plus net . A mesure aussi que le fronton prenait un relief plus res* senti, la nécessité technique apparaissait de l’appuver suides antes ; et ainsi se complétait l’architecture du naïskos.

On peut suivre tout ce développement ; le monument de Dexiléos (fîg. 6326 8), malgré ses dimensions, est encore une simple stèle à fronton non soutenu; d’autres reliefs ont le fronton et les antes, mais sans épistyle9, enfin l’épistyle, portant l’inscription funéraire, s’insère entre le chapiteau et le fronton 10. Nous n’avons pas à traiter ici du détail des formes et des profils architectoniques, et des comparaisons instructives qu’on en peut faire avec les formes parallèles de la grande architecture. — La stèle est quelquefois sans base; la partie inférieure de la dalle est alors laissée rude et enfoncée dans la terre11. Le plus souvent elle se dresse sur une base de calcaire ou de poros 12 ou sur un soubassement à trois degrés, comme il apparaît presque toujours sur les peintures de vases (fîg. 6322). Quelquefoisà la surface de la base sont creusés des trous qui étaient destinés à recevoir des lécythes ou autres vases funéraires. La base est alors vraiment une trapésa unie à la stèle ; deux monuments voisins entre autres, une stèle et un naïskos , appartenant à un même ensemble, offrent cette disposition 13. Les formes générales de la stèle et du naïs/cox ne sont pas différentes en Attique et en dehors de l’Atlique; mais il y a des variantes importantes : ainsi les vases de la Grande-Grèce nous montrent des naïskoi à colonnes non pas doriques, comme en Grèce propre, mais ioniques 11 (fig. 6327).

Pour la décoration des stèles, il faut distinguer

Ath. Mitth. 1880, p. 221. — T Cf. Brucckncr, Loc . cil. — $ Alt. Grabr. pl. ccxi.vm [kquitks, fig. 2722|. — 9 Ibid. pl. i.xtx. — 10 Ibid. pl. i.xvii, i.xvm, i.xxi, xcvn, xcvm, olc. — H Ibid. pl. xv. — «2 lbi<l. pl. cccxix.— *9 Pl. xcviii.pl. c.ccxix )Agallion- K o rail ion). — H Cf. Walzinger, Op. cil. p. 2,8; l'alroni, La cernmica ne II’ Italin méridionales , p. 112, 143. Noire figure = Reinack, llépert. rases peints , II, p. 361.

SEP

SEP

(1 abord les stèles sculptées et les stèles peintes. Celles-ci étaient fort nombreuses, soit stèles proprement dites, soit naïskni. Plusieurs stèles attiques peintes [pictura,

p. 459] ont été conservées jusqua nous 1 ; sur d’autres monuments les peintures se sont effacées : il en est ainsi sur le naïskos de l’athénien Àgalhon 2. Sur beaucoup de stèles sculptées le relief était complété par la peinture, soit pour les accessoires de l’ornementation 3, soit même pour des personnages entiers. D’autre part, un grand nombre de textes signalent des œuvres de peintres grecs qui ne peuvent être que des peintures funéraires1. Enfin, il a été découvert tout récemment à Pagasai, en Thessalie, un nombre très considérable de stèles ou fragments de stèles peintes; leur publication définitive pourra renouveler l’histoire du genre 5. Il apparaît, dès à présent, que les sujets représentés n’y sont pas cl i fié renls de ceux qu’on voit sur les stèles à reliefs : la peinture la mieux conservée de Pagasai montre la scène même de la mort de la femme, peut-être à son lit d’accouchée 6.

La décoration des stèles sculptées se répartit sur l’acrotère et sur le champ de la stèle. L’acrotère des hautes stèles est décoré de la palmette surmontant deux volutes (fig. 6324). Toute schématique à l’époque archaïque, cette décoration se rapproche delà nature, à partir du v'siècle, par l’adjonction de la feuille d’acanthe [cf. DAEMON, fig. 2287], empruntée peut-être à la végétation naturelle des nécropoles7. Dans une première classe de monuments on peut donc ranger, avec MM. Brueckner et Cônze, les palmettes sans acanthes, en deux séries, suivant que la palmette est8 ou non 3 divisée en deux masses ; dans une seconde classe, les palmettes avec feuilles d'acanthe, en plusieurs séries: 1° la décoration se compose de l’acanthe, des volutes et de la palmette10; 2° il y a en plus une rosette de chaque côté de l’acanthe" ; 3° des volutes retournées remplacent les rosettes12 ;

4“ les volutes des côtés sortent elles-mêmes de lapai . .

centrale cL portent d’autres palmettes 13 ; 6° le moin central disparait, et tout l’espace décoré est rempli pari,. palmettes des côtés". Les acrotères sont décorés quel quefois de motifs non plus végétaux, mais figurés - cV-st la sirène, se frappant la poitrine15; c’est le sphinx sont deux boucs affrontés au-dessus d’un canlbare olo u Le fronton des stèles oblongues ou carrées reste généra lemcnl sans décoration sculptée (fig. 6325).

Le corps de la stèle ne porte dans beaucoup de eus d’autre décoration que les deux rosettes qui garnissent le champ au-dessus de l'inscription funéraire. D’autres fois, la décoration est constituée non par des figures humaines, mais par les (j-^gaTa mêmes du tombeau, sculptés en relief, loutrophores et lécythes, souvent décorés eux-mêmes de scènes familières ou d’offrande (fig. 6328 18). Enfin, le plus fréquemment, ce sont des représentations humaines qui remplissent tantôt un champ réservé sur le plat de la stèle, tantôt la stèle tout entière, tantôt toute l’ouverture du naïskos (fig. 6324 à 6330).

On peut ranger les sujets représentés sur les stèles attiques — et le classement vaut, en somme, pour les monuments non attiques — plus sommairement qu’il n’est I fait dans le recueil de l’académie de Vienne, sous quatre chefs principaux : 1° personnages représentés seuls. L’homme ou la femme sont d’abord (représentés assis, dans un siège à haut dossier droit13 ou sur une chaise à dossier et à pieds recourbés, dans une altitude hiératique20, ou familière21 pour les femmes, simple et grave pour les hommes22. Ils sont, aussi représentés debout. Les hommes sont souvent figurés dans une attitude ou avec des attributs qui rappellent leur profession23; les jeunes garçons et les jeunes filles avec leur oiseau ou leur animal familier24 ; 2° groupe de deux personnages avec, quelquefois, un personnage accessoire. Les principaux types sont : groupe simple de l’homme et de la femme avec, ou non, le geste, de la poignée de main2 . femme à la toilette, homme ou servante présentant le colfret ouïe miroir25, groupe d'homme et de femme, ou de femme etservanle, avec présentation de l’enfant27, homme ou femme et jeunes enfants 2\ vieillard contemplant tristement son fils adulte [imago, fig. 3967] 20 ; 3° groupes de famille à plusieurs personnages (fig. 6320 4° représentations particulières : guerriers combattant

Fig. G328. — Fa FouLropItorc funéraire.

1 Cf. Fbschckc, Ath. .hiltb. 1879. p. 3f» gq. 289 sq. ; Alt. Grabrel. pF i (Fyséas) ; î (Arislion) ; 13 Anliphanès, clc. — 2 Grabrel. n° 3413. — 3 II faut donc dire (pie toutes les stèles étaient peintes. CF Brueckner, Op. cil. Par exemple, quand une loiitropliorc est représentée sur la stèle, les anses le plus souvent étaient indiquées au moyen de la peinture ; AU. Grahrel pl. xciv. — 4 Réunis dans l’étude d’Arvanilopoulos, ’Eç. Apy. 1908, p. 1 sq. — 3 Ibid. ctpl. vi. — 6 II faut donc Bien sc faire à celle idée que dans les nécropoles grecques les stèles peintes étaient -aussi nombreuses ou même plus nombreuses que les stèles sculptées. Cf. Fcclial, lien, des Kl. anc. 190s, p. KÎ4. — 7 Cf. Brueckner, Op. cil. p. 4 sq. ; Furtwiinglcr, Coll. Sabouvoff, inlr. p. 8. — 8 Alt. Grabrel , pl. cccxvi, cccxvii. — 9 Ibid.

pl. cccxiv. — 10 Ibid. pl. cccxxi, cccxxm. — H Ibid. pl. cccxxix cccxxx. — "

pl. cccxxx in, cccxxxiv. — 13 Ibid. pl. cccxxxvin, cccxxxix. — 14 Ibid, pl- CC(AI cccxi.vii. — 10 Ibid. nn* 1602 sq. — 10 Ibid, n08 1680 sq. — 1^ Ibid. n° 1

— 18 Ibid. pl. clxxvii! ; noire figure = loutrophohos, p. 1320. — ,!* Ibil- P*

— 20 Ibid. — 21 Ibul. pl. xvn, xvm, xix. — 22 Ibil. pl. cxvm, exix.

pl. exix, clxxxiii. — 24 Ibid. pl. ci.vi oi.viii ci. xi. — 25 Ibid. pl. xliv, x, y- n l, clc. — 26 Ibid. pl. xxx, xxxi, xxxii, etc. Exceptionnellement, poignée I1 11 1 entre deux enfants, pl. ccxxvi. — 27 Ibid. pl. i.xiv, i.xv, i.x vu. etc. pl. cxxxiii, ccxx.xiv, ci.xx, ci.xxv. — 20 /bid. pl. ccx, ccxi, ccxn, ccxxi. pl. Lxxvur, i.xxix, i.xxx, xevu, pl. xcvm, etc. — 31 Ibid. pl. gcxlv, ccxi vhl

SEP

SEI

naufragés \ femmes défaillantes (lig. 0525 *), hommes

couchés devant une table de banquet3.

Ici, à propos de ce dernier sujet, nous devons faire une importante remarque. Nous n’avons pas à nous occuper desrepésentalionssi nombreuses du « banquet funèbre » ilmil le sens exact a fait l'objet de tant de discussions 4 niCHOsl. La forme même de ces reliefs — plaques rectangulaires beaucoup plus larges que hautes — suffit à mon- Ircr qu’iis ne sont point des monuments funéraires, luits pour trouver leur place au-dessus du tombeau, mais bien des monuments votifs destinés au culte, en dehors

même de la nécropole, des morts héroïsés" ; de même les inscriptions qu’ils portent ont toujours un caractère de dédicace, et non, comme celles des reliefs funéraires, desimpie indication de la personnalité du défunt. Seules doivent rentrer dans la catégorie des reliefs funéraires, an moins à l’époque classique, les représentations de ce type qui sont sculptées sur des stèles oblongues de la h>nne habituelle. Il y en a quelques exemples parmi les slèlys alliques6; le « banquet » y est, d’ailleurs, très simplifié; on n’y voit pas les attributs et accessoires spéciaux qui figurent sur les banquets funèbres. Mais il •igure sous sa forme complète et avec un grand luxe décoratif d’accessoires sur certains reliefs hellénistiques d t\sie Mineure7. Pour les mêmes raisons, nous laissons I;n dehors de notre élude des s/jp-axa funéraires, les reliefs laconiens représentant, soit des divinités, soit des morts héroïsés, et tous les reliefs où est figuré le type du

cavalier. Pour tous ces monuments, on se reportera à l’article héros.

On a beaucoup discuté sur le sens précis à attribuer aux représentations que nous venons d’énumérer, particulièrement à la « poignée de main » et aux « groupes de famille » (lig. (1524). — La scène se passe-t-elle sur la terre ou au séjour des morts? Les personnages se disent-ils adieu dans ce monde, ou se retrouvent-ils dans l’autre? Les reliefs sont-ils un souvenir de la vie dudéfunl, ouune allusion à son existence d’au-delà la tombe? Il y a pour et contre l’une et l’autre de ces opinions des raisons très spécieuses s. Il est d’une part certain que beaucoup de reliefs se rapportent à la vie passée du défunt. Il en est ainsi qui rappellent sa profession: nous avons le cordonnier Xanthippos ,J, le fondeur Sosinos le marchand de vin (?) Tokkès", le pancratiaste A gaklès 12, l’archer Gétas *3. D’autres monuments rappellent, d’une manière générale, la bravoure guerrière du défunt (Arislonautès)1*, ou même, de façon plus précise, un de ses hauts faits (Dexiléos, fig. 632fi) l5. Quelques reliefs mettent sous les yeux la scène même de la mort : stèle de Tbéophanlé16, stèle de Plangon 17 (fig. 6325), stèle de Mallliaké1*, stèle peinte trouvée à Pagasai ,9. On y voit une femme défaillant sur une chaise, ou, avec plus de réalisme encore, sur un lit. Même scène sur un relief mutilé du Louvre20, ou, très illogiquement, la scène de la présentation du coffret est associée à celle de la défaillance. Nous sommes, on le voit, bien loin de l’existence héroïque d’outre-tombe. N’est-il pas naturel d’expliquer de même les scènes de toilette, qui elles aussi ne peuvent se rapporter qu’à la vie, et enfin la « poignée de main » et les groupes de famille? C’est le souvenir de la tendre union qui régnait entre le mort ou la morte et les survivants, non leur rencontre dans l’IIadès, que l’artiste a voulu exprimer ; c’est dans l’intimité de la maison athénienne qu’il nous introduit ; rien qui s’accorde mieux avec le caraclère d’humanité et de familiarité de l’art grec. Les inscriptions elles épigrammcs funéraires rappellent toujours la vie du défunt; c’esL aussi ce que font les reliefs. Telles sont les raisons qu’on peut faire valoir en faveur de la première théorie.

Mais on peut demander comment il se fait que dans ces scènes « d’adieu » ce soit précisément le mort, celui qui prend congé des survivants, qui soit représenté assis, tandis que les autres sont debout21. Puis il y a des stèles archaïques où le mort ou la morte sont représentés dans une attitude solennelle qui semble montrer qu’ils sont figurés en tant que morts22. Un relief montre même, comme les lécythes blancs, le mort à son tombeau21. La représentation du banquet funèbre est rare sur les stèles attiques, parce qu’elle ne s’applique au juste qu’aux héros, et que, au moins à l’époque classique, les morts ne sont pas généralement considérés comme tels; mais, le fait qu’elle existe suflit à prouver que c’est bien l’existence d’oulre-tombe qui est visée. Des textes sur la vie

■Oc Grabrel. pl. cxxu. — -Ibid., pl. xlvi, t.xxv. — 3 Ibid., pl. ccu, cclvii. — 4 Ou "vera la bibliographie ù l’article héros. — 3 Cf. Brueckncr, op.cit ., p. 83 ; Gardner, Sc"ll’L i'ombs, p. «7 si|. — « Cf. Alt. Grabrel. p. 257, note. —1 Pfuhl, Arcli.

l!" * 005, p. lait Sl|. — s La bibliographie sur l’une ou l’autre île ces théories

^ onsidérable; citons seulement, pour la première, Brucckinr, Sitzunysb. Wien. > 1» 514 sep; pour la seconde, Furtwiiogler, Coll. Sabouruff , intr. p. 44 sq. ; 1 loefcr, Grâberkunst d. IJcllencn. Nous signalerons ici seulement la théorie ' °xa*c ^ Holwcrda, Die attisch. Grdber d. Bliltczeit , Lcyde, 1899, 1 1 ’ qui il n y aurait pas de rapport entre les Inscriptions et les persou-

nages figurés; ceux-ci seraient simplement des amis du mort ou des passants. Cf. la critique de Bulle, Berl. Phit. Wochenschr. 1900, p. 1485. — 9 AU. Grabrel. pt. exix. — 10 Ibid. cod. loc. — U Ibid., pl. uxx. — 12 Ibid., pl. ui.xxxui. — 13 Ibid., pl. uclxxvii. — *4 Ibid., pl. cuxi.r. — 15 Ibid., pl. ccxlviii. — a lliid., pl i.xxv . — O «on altique, Ibid. , à propos de la pl. i.xxv. — l *lbid., pl. xi.vi. — 19 ’Ei. Apy. 1908, pl. i. — so Chirac, pl. ci.xi B, u. 511 A = lleinach, Hcpcrt. de la stat. I, p. 55, u. 4. — - 1 Pour toutes ces observations, cf. Milchbocfer, Op. cil. — 23 AU. Grabr. xv, xx ; cf. Mb. ilttth. VIII, pl. xn. — 23 AU. Grabrel.

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des enfers parlent de la oeÇîcoa-tç 4 , de 1’ « accueil », qui pourrait bien être la scène figurée sur les stèles. Enfin et surtout, s’il est vrai, comme nous l’avons admis, que la stèle, comme tous les autres a/ipara, est essentiellement un y pour le mort et qu’elle est faite à son usage, il faut bien en conclure que, en principe, les scènes qui y sont sculptées doivent intéresser le mort eu tant que mort. Toutes ces raisons nous inclineraient donc vers la seconde théorie, moins attirante pour notre tour d’esprit moderne, moins en harmonie avec l'idée que nous nous faisons de l'art grec, et surtout de l'art attique.

Mais la vérité est qu’il ne faut pas vouloir exprimer en une formule une réalité très nuancée et très complexe. Il faut d’abord tenir compte de l’évolution des idées et de l’art; elle permet d’autoriser des opinions contradictoires. 11 peut être vrai qu’à l'origine les reliefs funéraires aient présenté le mort dans son existence solennelle d’outretombe, et vrai en mémo temps qu’ils aient plus tard figuré de préférence sa vie passée; l'idée qu’au mort seraient un jour réunis les vivants permettait de passer sans heurt d’une conception à l’autre. Le fait que le mort est souvent représenté assis, avec les vivants debout autour de lui, ne s’expliquerait-il pas comme une survivance du temps où le mort, considéré comme un héros, trônait en face de ses adorateurs? Et il se peut bien aussi que les scènes sculptées sur les reliefs ne soient, strictement, ni des scènes d’adieu sur la terre, ni des scènes d’accueil dans les Champs Ëlysées; il se peut que le mort y soit représenté réellement comme mort, et les vivants qui sont à côté de lui réellement comme vivants. 11 y a là un mélange très particulier de réalisme et d’idéalisme, qu’on retrouve dans les « banquets funèbres » et dans les scènes de théoxénie, et où l’esprit grec se mouvait avec facilité. 11 en serait des reliefs funéraires exactement comme des reliefs votifs, où des personnages humains sont représentés à côté des dieux ; mais comme le mort n’est pas proprement une divinité, il n’est pas figuré avec une taille supérieure à celle des vivants. Dans cette conception, les reliefs funéraires seraient, suivant une ingénieuse comparaison de M. Milchhœfer % tout à fait analogues aux santé conversasioni des peintres italiens. La majesté de la mort et la grâce de la vie s’y fondraient en une teinte unique.

Stèles inscrites, peintes ou sculptées, édicules, statues funéraires, pierres tombales, piliers ou colonnes, l’assemblage de toutes ces formes monumentales devait donner aux nécropoles grecques un aspect pittoresque et varié ; les arbres et la verdure le complétaient heureusement G. Cette diversité se retrouve dans les ensembles formés par les monuments d’une même famille, ensembles dont la limite était marquée, semble-t-il, par des Spot7. Si quelquefois les irrjgzxa en sont identiques — les trois trapésai des Messéniens — d’autres fois ils diffèrent tous. Ainsi, à Athènes, la stèle portant les noms d’Agathon et de Sosicralès, haute de 4 mètres, se drossait entre les deux naïscoi moins élevés, l’un consacré à Agathon lui-même et décoré d’une peinture, l’autre à sa femme Korallion et portant en relief la scène de famille du type ordinaire.

• Cf. Furlwangler, Coll. SabourofJ \ introd. p. 4G, où les textes sont cités, particulièrement Hyper. Epitaph. 13. — 2 jVülclilioefer, Op. cit. — 3 Sur ce point, cf. Potlier, Et. sur les lécyt/ies , p. 50. — 4 Exemple d un de ces oçoi : lécythe funéraire avec l’inscription oço; jA.viqpi.aTo; : Jour'n. of hell. stud. 190G, p. 233. — 5 Cic. De leg . Il, 26. — fi Vov. Walzinger, Studien z. unterital. Vasenmal. ; il faut

Il faut restituer beaucoup d’ensembles analogues pour avoir une idée complète de ce qu’était une nécropole comme le Céramique d’Athènes, avec les luxueux monuments que Cicéron désigne par l’expression amplitud,inc% sepulcrorum 8. Les nécropoles des autres cités grecques devaient rester très au-dessous de celles d’Athènes pour la richesse et la variété des monuments funéraires. Pour la Grande Grèce, pour les villes comme Tarente, Nola Gapoue, nous sommes bien renseignés, à défaut d» monuments encore existants, par les peintures de vases apuliens et campaniens. On y voit dominer, à côté de la stèle simple ou de pilier funéraire, la forme du naishos qui contienL, en général, l’image du mort, debout ou assis, parfois accompagné de son cheval ; c'est souvent un édicule élégant avec fronton supporté par deux ou quatre colonnes ioniques, autour duquel les suivants se groupent etapporlent leurs offrandes 9 (fig. 6327). La primauté d’Athènes, en ce domaine, dure jusqu’à l’époque de Démétrius de Phalère, de qui la législation somptuaire porte un coup très grave à l’architecture et à la sculpture funéraires lü; la situation pécuniaire de la bourgeoisie athénienne ne devait plus, d’ailleurs, lui permettre ces coûteuses constructions. Les grands monuments de la période suivante ne sont plus attiques ni proprement grecs, mais gréco-orientaux.

Il n’y a pas lieu de faire une étude d’ensemble spéciale de l’époque hellénistique. Pour la moyenne de la société grecque, ni la tombe ni les m onuments qui la surmontent n’ont dû changer de nature ; l’étude de l’extension dans le monde grec et aussi de la décadence de la sculpture funéraire attique n ’ i n téressent que l’histoire de l’art. Mais il faut tenir compte de l’aspect pittoresque et compliqué que prennent les représentations funéraires dans

les cités grec- Fig. 6330. — Stèle hellénistique.

ques d’Asie

Mineure. Tout en s’inspirant des stèles attiques, elles introduisent dans la composition des accessoires de toule& sortes, piliers surmontés de statuettes, tables et meul ' ustensiles de travail, arbres et autels, indications déni"' *

consulter tous les grands recueils de peintures de vases et les catalogues <li s rcnls musées céramiques, eu particulier celui du Musée de Naples par Hcydi n Pour les rcchercfics d’ensemble voir S. Reinach, Répertoire de vases (

Furtwaengler et Reichhold, Griech. Yasenmalerei. — 7 Cf. les observai .

Brueckner, Arch. Anz. 1892, p. 23.

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(,t d’édifices, qui donnent une couleur particulière aux sujets rappelant la vie du défunt et prêtent un caractère gréco-asiatique au style de ces œuvres (figG330) Si l'on pousse plus loin dans le monde grec oriental, on trouve naturellement des variantes qui s’éloignent davantage de la règle attique et qui montrent l’esprit grec en lutte avec l’élément étranger, tantôt s'imposant à lui, tantôt absorbé ou incorporé. Itien n’est plus instructif à cet égard que letude des nécropoles gréco-égyptiennes. Celle de Kômesch-Schukafaen particulier a fourni pour la période hellénistique et romaine les plus précieux renseignements *. Dans la période ptolémaïque, les habitudes grecques résistent victorieusement ; on distingue nettement les formes funéraires connues, le lit, la banquette, le sarcophage, l’urne cinéraire. Le Grec alexandrin aime à reproduire dans son tombeau la disposition de sa maison ou de son palais, avec escaliers, couloirs, antichambres et chambres, piliers etcolonnes. Quand un même tombeau réunit une famille grecque avec une domesticité indigène, la séparation se marque dans les modes d’ensevelissement, comme dans l'architecture ou le plan des caveaux Mais peu à peu les formes décoratives tendent à se rapprocher et à se confondre. De petits naoi, où le buste du mort habillé à la grecque apparaît dans une sorte de niche, prennent l’aspect d’un temple grec, mais avec des détails égyptiens, des corniches ornées d’uraeus dressés, des colonnettes lotiformes 4. Certaines grandes constructions offrent dans les chapiteaux de leurs colonnes un style étrange et composite, audacieux mélange de grec et d’égyptien \ Les autels à offrandes surtout permettent de suivre avec précision l’évolution chronologique; d’abord rigoureusement grecs de structure, ils deviennentplus tard des petits édifices à pylônes, décorés d’uraeus. L’élément hellénique a été peu à peu recouvert par la couche égyptienne °.

Revenons aux pays grecs. Dans la grande architecture funéraire, une tendance nouvelle introduit un type nouveau. Cette tendance consiste à donner de plus en plus d’importance à l’idée de Y héroïsation des morts, du culte et des honneurs presque divins que leur doivent ceux qui sont restés sur terre. C’est un renouveau d’un sentiment très antique7. De nombreuses inscriptions mentionnent des fondations pécuniaires destinées à assurer des honneurs permanents aux morts héroïsés. Un document célèbre, trouvé dans l’ile de Théra, le testament d’Epictèta8, est un témoignage très frappant de ces idées nouvelles, de ce regain du vieux culte des morts.

L héi'ôon est le type de construction funéraire qui le traduit matériellement; c’est l’union en un seul monument de la sépulture et du temple où l’on rend un culte aux défunts. Les héràa sont souvent des monuments considérables, tant par leur architecture compliquée que par leur riche ornementation sculpturale, et les détails varient beaucoup : ce sont des constructions où la part d invention de l’architecture peut être considérable. I ar là même, il est hors de notre sujet de les décrire; n°us renvoyons, pour des monuments comme le tomheau des Néréides et le Mausolée, et à l’époque romaine,

'“Y. les deux articles de Pfuhl, Arch. Jahrb. 1905, p. 47 et p. 130. Not ru|o-i4id pl. v (Musée du Louvre). — 2 Siegtin-Schreiber, Die Necropole v< Jim-esck-Schuicafa, (908. — 3 Ibid. p. 105 sq. — 4 Ibid. p. 174, fig. 109. tt fud.chap. XIX, p. 275 sq. pl. vu. —b Ibid. p. 241 sq. -7 Cf. Dragcndorff, The moiM ^ ’ a°^e’ Tbiyche, IL p. 600 sq. — 8 Inscr. gr. ins. III, 330. — 9 Pour

"'tient des Néréides et le Mausolée, voirCollignoo, Hist. scul.pt. grecque , II, p. 2

comme le monument de Philopappos à Athènes, aux reconstitutions qui en ont été tentées et aux histoires générales de l’architecture et de la sculpture ,J. .Nous n’avons ici qu’à définir un type général et à le montrer sous sa forme la plus simple et la plus claire. A remarquer que ces monuments ne se rencontrent guère sur le territoire de la Grèce propre, au moins à l’époque alexandrine; encore que des fragments d’une frise ornée de figures de pleureuses semblent provenir d’une grande construction funéraire attique en forme de temple10, qui même ne serait pas postérieure au ive siècle.

Distinguons deux types l’Aeroon-temple et Vhérôontéménos. L’hérôon-temple est. un édifice élevé sur un soubassement qui constitue comme un étage inférieur. La cella du temple est partagée en un certain nombre de chambres; le même plan se retrouve à l’étage inférieur, les sépultures se plaçant dans les chambres du haut comme dans celles du bas. Un exemple très net est le petit hérôon découvert à Miletu,au lieu dil-ri Mâpuai*. C’est une construction dorique carrée, de 12 mètres de côté, en calcaire recouvert d'une couche de stuc peint. Trois côtés de l’édifice sont entourés chacun de six colonnes appuyées contre la paroi. Sur le quatrième côté est l’entrée, entre deux demi-colonnes. L’intérieur de l’édifice est partagé en deux chambres. A ces deux chambres correspondent, dans le soubassement, sur lequel s’ouvre une petite porte, deux chambres de même dimension, où ont été retrouvées six sépultures. Des édifices analogues 12, de dimensions modestes et d’architecture élégante, devaient se rencontrer aux abords de toutes les villes hellénistiques. Beaucoup de reliefs funéraires gréco-orientaux montrent, semble-t-il, très sommairement, l’intérieur même de ces hérita, avec les statues, ici véritablement statues de culte, qui les ornaient, et les offrandes habituelles aux morts disposées sur une corniche régnant tout autour des chambres intérieures13. Les grands monuments funéraires de l'Asie Mineure, tombeau des Néréides tombeau de Cnide15, mausolée d'Halicarnasse 16, sont des hérita du même type porté à un très haut degré de magnificence. Quelque incertitude qu’offre, en effet, leur restauration complète, il n’est pas douteux que c’étaient des temples à péristyle, dressés sur un soubassement très élevé renfermant la chambre funéraire. Il semble, d’ailleurs, qu’il y ait là un souvenir de l’antique architecture funéraire de l’Asie. Le caveau est dissimulé sous une masse épaisse de maçonnerie, comme il l’était dans les monuments archaïques sous la masse du tumulus, et le haut soubassement quadrangulaire qui porte le temple rappelle l’ancien tombeaupilier de la Syrie.

L’hérôon-léménos, tel que monuments et textes nous permettent de l’imaginer, est constitué par une enceinte consacrée, un vaste përibole qui abrite le tombeau luimême, souvent en forme de temple funéraire, et avec lui un ensemble de constructions et d’emplacements nécessités par la pratique compliquée du culte des héros : abris pour les gardiens ou les prêtres, chambres de culte, espaces couverts pour les repas d'anniversaires, jar-

el sq. p. 321 et sq. Pour le monument de Philopappos, voir Th. Ucinach, Histoire parles monnaies, 1902, p. 233 sq. — 10 Cf. Wolters, AU,. Mit h. 1893, p. Isq. etpl i. — H Cf. Arch. An s. 1 902, p. 50. — 12 Sur un édifice de Théra, cf. Drageudorff, Op. cit. p, 240 sq. — 13 Cf. Pfuhl, Arch. Jahrb. 1905, p. 125 sq. — '4 Cf. Catal. of sculpt. in Br. Mus. U, p. 1 sq. avec la bibliographie. — 15 Ibid. p. 214 (bibliographie). — 10 Gf. Ibid., p. 64 sq. avec toute la bibliographie et les restauralious.

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