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din, etc. 11 ligure d’abord, comme l’hérôon-temple, sur les reliefs funéraires gréco-asialiques 1 ; on y voit quelquefois un simple rideau qui protège les célébrants du culte funéraire, les convives du « banquet funèbre » contre l’ardeur du soleil, en même temps qu’il les isole dans une espèce de téménos artificiel; mais on y voit souvent aussi un mur avec une porte, ou un mur audeSsus duquel apparaissent, à côté des symboles funéraires ordinaires, une colonnade, des arbres; la scène se passe évidemment, dans le premier cas, devantle mur du péribole et en dedans de lui 2, dans le second cas a 1 in¬
térieur d’un portique enclos lui-même dans le péribole. On trouve un ensemble du même genre grossièrement figuré sur des tables iliaques3. Le tombeau d Hector y apparaît comme une construction quadrangulaire élevée sur un soubassement à degrés, au centre d’un péribole clos d’un mur (fig. 6331). L’hérôon-téménos le mieux conservé est celui de Gjolbaschi-Trysa, en Lycie ‘ , c’est un quadrilatère de —0 mètres sur les petits côtés, de 25 mètres sur les grands; les murs, intérieur et extérieur, portent une longue frise sculptée; on peut restituer avec sûreté, contre 1 angle du mur sud, des chambres qui devaient servir non seulement a 1 habitation des gardiens du sanctuaire, mais aussi aux cérémonies du culte. Des textes 5 et des inscriptions, surtout d’Asie Mineure, font connaître des monuments plus considérables encore et mieux pourvus que l’hérôon de Trysa. A Théra, la fondation d’Epictéta comporte à la fois un [Aouffeïùv et un téjlevû; tôv -qpcuûov comprenant lui-même les 7i?(i)ta de chacun des défunts héroïsés ; de même une inscription de Smyrne ü énumère un giand nombre de constructions formant un vasLe ensemble funéraire. Enfin, le téménos d’Antigone Gonatas7 contenait, à côté des constructions funéraires, de véritables installations publiques: stade, portique et bains.
Nous sommes très loin, avec ces immenses et fastueuses constructions, du goût et de la simplicité grecques. Aussi bien, c’est en Asie qu’on les rencontre et elles se ressentent à coup sûr du voisinage barbare. Mais ce n’est pas à dire que dans leur principe même elles soient non grecques. Il y a eu en Grèce, bien avant l’époque hellénistique, de grands téménè funéraires.
» Cf Pfulil, loc. cit., p. 134 sq. — 2 Non comme le pense Wiegand, à l'intérieur de la ’ maison : Ath. Mittk. 1900, p. 182. - 3 Arch. Jahrb. 1894, P )03 __ 4 Cf Benndorf et Nieinann, Berôon von Gjôlbaschi Trysa (Jahrb. d. Kunsthist. Samml. t. IX). - 3 Aman. VI, 29. - « C. inscr. rjr. 3278 ; mentions semblables, n“ 3268, 3281. — 7 Cf. Bhein. Mus. XXIX, p. 29. Sur Ions ces -rends heràa. Benndorf, Op. cit., p. 42 sq. - » Voir le résumé des travaux récents dans B. Modeslov, Jntrod. à l'hist. rom. trad. fr. 1907. — 9 A. Sgurgola
Nous en avons trouvé à Mycènes et aussi dans l’Altique archaïque. A l’époque classique, l’alfaiblissemenl de la religion des aïeux fait le terrain peu favorable à ces grands aménagements. Au contraire, la renaissance, à, l’âge qui suit, du sentiment religieux et mystique, marchant de pair avec un développement du luxe inconnu jusque-là, explique qu’on les ait vus réapparaître, mais hors du continent grec appauvri. Les pieux fondateurs des téménè héroïques ne faisaient que remettre en œuvre des traditions très anciennes.
Italie préromaine. Étrurie. Rome. — L’étude du préhistorique italien, très en faveur aujourd hui8, s’appuie avant tout sur la connaissance des sépultures de l’iLalie la plus ancienne. Mais c’est, plus encore que le type même des tombes, les rites funéraires dont on y retrouve la trace et le mobilier qui les garnissait, qui attirent surtout l’attention des archéologues et palélhnologues. Or, rites funéraires eL mobilier funéraire sont questions qui restent en dehors de notre étude [voir funiis], 11 ne conviendrait pas davantage d’entrer ici dans le détail des discussions sur l’attribution des divers types de sépultures aux divers peuples qui se sont succédé dans la péninsule, et sur les conclusions qu’il y a lieu d’en tirer pour son histoire primitive; nous renvoyons, d’ailleurs, à l’article etrusci. On se bornera à quelques indications générales, rendues nécessaires par la publication des nombreux travaux postérieurs à 1 article cité.
Les plus anciennes tombes italiques sont des grottes naturelles ou des cavernes artificielles creusées dans le roc ou le sol montagneux 9, rondes ou carrées, qui reproduisent peut-être deux types d habitation primitive [domus]; un puits cylindrique donne accès à la chambre ou quelquefois, en Sicile par exemple, c est un droinos ou une antichambre avec ouverture a fornou>. La chambre elle-même est de petites dimensions ; les squelettes y sont déposés sur le côté gauche, avec les jambes repliées". Dans une autre nécropole de la même époque *2, les tombes sont des fosses à ciel ouvert, sur deux rangs réguliers et parallèles ; le fond des tombes est concave, et les squelettes sont étendus, couchés sur le côté droit ou gauclie, les jambes ramenées contre le ventre.
La période suivante de la préhistoire italique est lu période dite des terramares, du nom des amas de terre, restes d’antiques habitations sur pilotis, retrouvés su, deux rives du Pô, dans les provinces de Parme, de lîeggio, de Modène13. Elle est caractérisée par l’incinération, qui remplace l’inhumation des temps néolithiques, c es des fortes raisons de voir dans la civilisation des t 1 1 ■' mares non pas la suite de la civilisation de 1 pierre14, mais l’apport de populations nouvelles, v i 111 du Nord15. Le mode de sépulture qui s’accorde av rite de l’incinération, c’estle puits étroit contenant ! ou l’ossuaire ; c’est, en efl’et, le type dominant en âne jusqu’au développement de la civilisation étrusqm ■ les terramares il n’y a pas de puits creusé pour c uupn ossuaire ou cinéraire, mais tous s entretouchent, lbl' en un même dépôt funéraire, sans cloisons intermé liU1
1 Canlalupo ; cf. Annal, , 1807, p. 23 sq. ; Modestoy, Op. cit. P- • 20 ^ "Uuj8) rsi, Bull, di palctnol. ilal. 1890. 1894; Mon. ant. t. VI. - ■ * bur ^ Rem8.
échelette, Manuel darch. préhist. 1908, 1, p. 471 sq. jlodeslov,
ello, province de Brescia ; cf. Colini, Bull, di paletn. ita . • , in rfar
, 73. 13 Collection du Bull, di palctnol. ilal. et ilelbig, Bie " J ^ Brl. > oebene ; Mon. Ant. I (terramare de Caslellarzo), etc. — >* rlK01[ \ ioet Scrgi; cf. Modestov, Op.cit.p. 180 sq. — 16 Cf. Modeslov, p.
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On remarque que les nécropoles sont quelquefois construites à part des centres d'habitation, sur le même modèle, comme des colonies isolées’.
La tombe à puits proprement dite et accessoirement la tombe à fosse sont caractéristiques en Italie de la période dite de Villanova 2, du nom de la nécropole de ce nom, à 8 kilomètres de Bologne. Comme il arrive toujours, la désignation primitive s’est montrée inexacLe : des tombes du même type, avec le même ossuaire très spécial en forme de deux cônes tronqués réunis par leur base [etrusci, fig. 2785], ont été trouvées sur tout le territoire entre le Pô, le Panaro, les Apennins et l’Adriatique, également sur celui de l’ancienne Étrurie, entre l’Arno et le Tibre, àOrvieto, Cervetri, Cornelo, Vulci, VeLulonia, Volterra, Chiusi, etc., et même dans l'Italie Méridionale, jusqu’à
Fig. 6332. — Tombe italique à puits.
Cumes et à Capoue3.
La tombe villanovienne est un puits rond, de dimensions variables, mais dont la profondeur est toujours peu considérable; les parois sont nuesou couvertes d’un revêtement de pierre 4.
Quelquefois il y a deux puits cylindriques superposés, dont l’inférieur, de moins grand diamètre, fermé par une dalle de travertin, contient l’urne et le mobilier funéraire (lig. 6332 ; voy. fig. 2783) B ; on a retrouvé quelquelois des pierres grossièrement taillées qui servaient
de cippes. L’urne, en forme de deux troncs de cône (fig. 2786), était déposée au fond du puits ou renfermée avec les autres vases, dans un tonneau de nenfro ou d’argile ( dolio ); par la suite le dolio devient le vasecinéraire lui-même °.
Lestombesà fosse (fig. 6333)Tqui se rattachentà la même civilisation se distinguent des lombes à puits par leurs dimensions plus considérables: elles ont jusqu’à 3 mètres de profondeur et leur forme est quadrangulaire. Les
Fig. 6333. — Tombe italique à fosse.
parois sont constituées par des dalles de tuf posées de champ. Le plus souvent, ces fosses ont un couvercle formé par des dalles de tuf ou de travertin reposant sur un rebord ; quelquefois même, au-dessus du couvercle,
i-l. Pigorini, Bull. de paletn. ilal. 1890, p. 21 sq. ; Mon. Ant. I. — 2Cf. Mar- 1 a ' étrusque, p. 32 sq. ; Modcslov, Op. cit. p. 287 sq. — 3 Cf. sur ce poiut
jstll. Aécr. de Vulci , p. 315 sq. — 4 Çf. Gsell, Ibid. p. 249 sq. ; Marlha, loc. cit.; I xleslov, loc. cit. — B Cf. Gsell, p. 250. La figure est tirée de Modcstov, p. 320, j. ’ *x*,v» n° — 6 Cf. Grenier, Mél. d'archéol. et d’hist. 1907, p. 354. — 7 Cf.
c*f* P* 345 sq.; Marlha, p. 98 sq. La figure est tirée de Modcslov, ibid.
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d’autres dalles de travertin dressées verticalement font une enceinte quadrangulaire. Le rite observé est tantôt l’incinération, l’ossuaire étant d’un type dérivé de celui qu’on trouve dans les tombes à puits, tantôt l’inhumation.
Tel est le type de sépulture qui domine dans toute l'Italie avant le grand développement de la civilisation étrusque, et surtout danslarégioncircumpadaneetapennine. Quelle en est la signification, au point de vue de la préhistoire italienne? La question se pose d’abord de ses rapports avec les nécropoles des terrarnarcs. Pour certains savants (MM. Helbig 8, Pigorini *), la civilisation de Villanova, dans son ensemble, est originaire des terramares. Pour plusieurs raisons10 — absence de nécropoles villanoviennes dans le pays des terramares, différence absolue des deux céramiques, etc. — l’hypothèse ne semble pas plausible. L’une de ces raisons, qui nous intéresse ici, est que la disposition des ossuaires villanoviens, dans une fosse profonde, creusée tout exprès, ne ressemble aucunement à celle des ossuaires des terramares, placés à fleur de terre, sur une vaste étendue commune et très rapprochés l'un de l’autre. Seul le rite de l’incinération se retrouve ici et là; c’est assez pour penser que les « Villanoviens » ne sont pas d’une race essentiellement différente de celle des habitants des terramares, mais non pas pour identifier les deux civilisations.
La question est beaucoup plus considérable du rapport de la civilisation de Villanova à l’étrusque ; sa solution implique celle de la question même de l’origine des Étrusques [etrusci]. Pour n’en retenir que ce qui louche à notre étude, quel est le lien entre les tombes à puits et à fosse du type de Villanova et les tombeaux à chambre de l’Étrurie (fig. 6334, 6333)? Pour les uns, les tombes à chambre s’enchaînent aux tombes à fosse comme celles-ci aux tombes à puits ; on passe graduellement d’un type à l’autre; c’est la suite ininterrompue d'une même civilisation, et cette civilisation est celle des Étrusques. Telle est la théorie exposée par MM. Helbig11 etündset12, en France par MM. Marlha13 et Gsell14. La grande objection qu'on peut tout de suite faire, c’est qu'il semble bien, d'après les textes anciens, que les Étrusques soient arrivés en Italie par mer; et cependant, dans l’hypothèse de l'identité de la civilisation villanovienne et de la civilisation étrusque, la forme la plus récente de cette civilisation, représentée par les tombes à chambre, se trouve dans l’Étrurie actuelle, c’est-à-dire au point même de l’arrivée des Étrusques. 11 n'y a que deux manières de réfuter cette objection : c’est, ou de prétendre, comme le fait M. Helbig18, contrairement au témoignage des textes etdes fouilles, que les Étrusques sont arrivés non point du tou t par mer, mais parterre et parle nord ; ou, suivant l’ingénieuse hypothèse de M. Pottier ll!, d’admettre que les Étrusques sont bien arrivés par la mer, mais par la mer Adriatique et non par la mer Tyrrhénienne. Leur civilisation, établie aux xe et ix° siècles au nord de l’Apennin, se serait aux vin' et vu' transplantée entre l’Arno et le Tibre, dans YEtruria des Romains. Mais, à vrai dire, la théorie de l'identité entre les deux civilisations, villanovienne et étrusque, n’a pas
n° 3. — 8 Cf. Helbig, Die Italiker, p. 10! ; Annali , 1884, p. 131. — 9 Cf. Bull, de paletn. 1887, p. 75 sq. ; 1890, p. 21 ; Gsell, Vulci, p. 334. — 10 Cf. Brizio, La proveniensadegli Etruschi; Modeslov, Op. cit. p. 298 sq. — U Cf. Annali, 1884. p. 5 sq. — 12 Cf. Annali , 1885, p. 108 sq. — 13 Marlha, Art étrusque, p. 37 sq. — 14 Gsell, Vulci, p. 315 sq. — 1° Cf. Helbig, Italiker in d. Poebene ; Annali, 1884, p. 108 ; Marlha, Op. cit. p. 28. — 16 Cf. Pottier, Cat. des vases ant. du Louvre , p. 297 sq.
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gagné de terrain dans les travaux récents et parait moins en faveur aujourd’hui 1 . Il semble bien que, tant pour le rite funéraire que pour la forme des lombes et leur mobilier, il y ait entre les tombes villanoviennes et les tombes étrusques un hiatus qu’on ne peut combler que par 1 altirmation, dénuée de preuves, qu’on passe graduellement des unes aux autres. Là, l’incinération est le rite observé; ici, c’est l'inhumation; les exceptions constatées 2 s’expliquent très bien par des influences; et le désaccord des deux civilisations sur ce point essentiel ne saurait être nié. Là, des puits ou des fosses; ici des caveaux à corridors d’accès, à chambres multiples, richement décorés, quelquefois surmontés de tumuli de pierre. M. Pottier constate « dans les usages religieux et dans 1 architecture funéraire une modification dont la cause nous échappe 3 ». Admettons donc que ces monuments et ces rites nouveaux sont l'expression d’une civilisation nouvelle, différente de celle qui l’a précédée ? C’est en vain qu’on a cherché la trace de nécropoles de transition entre les villanoviennes et les étrusques. Les recherches faites a Bologne même, où on a retrouvé voisins, mais avec une séparation nette, cimetière villanovien et cimetière étrusque, n ont pas donné de résultats dans ce sens4. Nous conclurons qu il faut sans doute rapporter les tombes à puits et à fosse du Bolonais et de l’Étrurie à une civilisation italique, que
l’immigration étrusque, venue de 1 Orient, aurait peu a peu réduite et supprimée °. A quel peuple convient-il de rapporter cette première civilisation0 ? Probablement a celle des Ombriens, venus du Nord, qui, après avoir occupé toute la région bolonaise, auront passé les Apennins et peuplé la future Étrurie, d’où les auront chassés les immigrants orientaux
L’architecture funéraire proprement étrusque nous est connue, par un grand nombre de monuments8. Elle est représentée par la tombe à chambre [etrusci]. Le plus simple est constitué par une chambre unique, à laquelle on accède par un couloir (fig. 6334)<J.
Le long d’une ou de plusieurs parois de la chambre règne une banquette destinée à recevoir le squelette eL le mobilier funéraire.
Quelquefois les murs du caveau, au lieu d’être simplement creusés dans le tuf, sont en maçonnerie. Les plafonds sont en voûte plus ou moins cintrée ou en échine, avec une imitation des pièces de charpente dans la masse du tuf. Le plan est généralement quadrangulaire. Quelquefois, en face de la porte d’entrée, se détache de la paroi du fond un pilastre formant cloison 111 ; ou bien d autres
Fig. 6334. — Tombe étrusque à chambres et couloir.
1 Cf en dernier lieu Grenier, Mil. d’arch. et d'hist. 1907, p 452 ; et Milan., Italici ed Etrusci (an Congrès arch. de Rome). -909 - 2 Sur ce pou*,
cf Gsell loc. cit.-. Marthe, lue. cit. - 3 Pottier, lb,d. p. 307. - •> Cf. Grenier toc. cit. p. 357. - 5 Cf. Modestov, p. 360 sq. - » Cf. Modestm, „ 30» sq 7 Cette théorie suppose comme un fait acquis que la civilisation a marché du nord an sud de l'Apennin. Or, si le fait est vrai quand on considère , c„Sen.ble des deux civilisations, villanovien, le et étrusque, il n'est rien moins que urouvé par rapport a la seule civilisation villanovienne ; il semble même (cf. Grenier toc cit p 358) que le mobilier funéraire des tombes villanoviennes soit d nue dat„’ plus reculée que celui des tombes du Bolonais. Comment accorder cul te constation avec la marche des » Ombrieus » du Bolonais vers l'Etrune 7 - 8 cf Martha, Art étrusque, p. 183 sq. - 9Cf. ibid. p. 186; Micali, Mon. ined. Flor. 1844, pl. lv sq. ;
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chambres ont leurs entrées sur les côtés du couloir". pa fermeture se compose ou d’une grande dalle de tuf ou de travertin posée de champ devant la porte, ou de blocs quadrangulaires superposés entre les montants12. Ce type général peut être varié dans ses dispositions particulières. La formela plus achevéedu tombeau étrusque est le tombeau à caveaux multiples. Un type particulier aux monuments de Vulci est le type a cassone'3. Le cassone est un vestibule carré ou rectangulaire, à ciel ouvert, dans lequel débouche le couloir, généralement vers le milieu d’un des longs côtés. En face du débouché du couloir s’ouvrent dans la paroi du cassone une ou plusieurs chambres (fig. 6334) u. Quelquefois, il se trouve aussi des chambres sur les petits côtés du cassone, ou sur le côté même où débouche le couloir, ou enfin sur le couloir lui-même. Ce type a cassone, très ancien, disparaît à partir du ve siècle ; il est difficile d’en indiquer l’origine ; en tout cas, l’explication qui y voit une survivance delafosse 1S, devenue ainsi, dans la tombe à chambre, une espèce de vestibule, ne paraît pas fondée. Le plus habituellement, les chambres funéraires sont groupées autour d’une chambre centrale: le nombre en est souvent considérable16. On trouvera ailleurs des renseignements et des illustrations sur la disposition inlérieui t des chambres (etrusci, p. 836, domus, fig. 2512), avec leurs banquettes à un ou deux degrés, les corps étant déposés soit sur ces banquettes, parallèlement ou perpendiculairement au mur, soit dans des niches creusi i dans la paroi tout autour de la chambre à la ressemblance d’un lit, soit, dans le même caveau, sur les banquettes et dans les niches. Les lombes de Cervetri, tombe </« Tarquini 1 \ tombe dei Rilievi 18 (fig. 2802), sont les exemples les plus complets de ces sépultures.
Un grand nombre de caveaux, à Corneto Chiusi - , Cervetri21, Vulci22, Orvieto23, etc., sont ornés de peintures, disposées sur les quatre parois de la chambre rectangulaire, et sur les deux tympans du plafond simule, elles se déroulent tantôt sur une seule bande, tantôt mu deux, séparées par des bandes parallèles peintes, tympans sont décorés de figures d’animaux ou de monstres marins, les parois de grandes scènes réparties 1 i
Fig. 6335. — Tombe étrusque à vestibule et à chambres.
Canina, Etruria Marit d'où est tirée la fig. 6333 ; Gsell, Op. cit. p. 431 sq. ^
Bullettino, 1874, p. 256 ; Dennis, Cities and cemeter. °f Etrurm , ^ '
Il Cf. Gsell, loc. cit. — '2 Ibid. p. 437. —'3 Ibid. p. 431. * ° ,66.
prise de Gsell, Nêcrop. de Vulci , p. 150, fig. «.-«<*. f dix «■£>*»
10 Huit chambres dans la tombe hrançois a \ulci (fig. -80i) ' Vergers, dans la tombe des Volumnii à Pérouse; cf. pour la première. Des ^ . l’Étrurie et les Êtr. 111, pl. xxx ; pour la seconde, Bull. d. Inst. 18 .r ^ 1841, p. 12 sq. ; Annali, 1842, p. 55 sq. - « Cf. Dcnn.s, Op. cit. I, P- ' Duruy, Bist. des Rom. 1. p. 85. - 18 Ibid. 1, p. 250 sq. - « Cf. Den,‘' pI. s„. p. 305. — 20 Cf. Annali , 1820. p. 116 ; 1850, p. 251; Monum. V, pl. ’ a c,
xv, — 21 Cf. Bullett. 1834, p. 97 ; Annali , 1854, p. 58. — 22 Cf. Des e & ’ 5()
RI, p. ,8; Bullett. 1833, p. 77 -, 1838, p. 249. - 23 Cf. Bull. 1863, P- 41 • >
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mrnenl suivant les cas (fig. 2802). Pour les sujets rc- ■ 'sentes, banquets de fêtes en plein air, danses, jeux, combats de cirque, exposition du mort, banquet funéraire, défdés de morts conduits par les génies funèmythes grecs ou italiques (fig. 2821 et suiv.)
vov- etruscx et aussi pictura].
l'’aspecl extérieur d’un certain nombre de tombeaux , ii usques démontre la parenté de ces constructions avec I,, s grandes tombes archaïques de l’Asie Mineure'; c’est ”vec les textes des anciens, l’appui essentiel de la théorie qui fait venir les Étrusques del’Asie Mineure*. On ii vu plus haut comment l’union de la chambre funéraire j,L j u tumulus paraît cire le fait des populations grécoasiatiques de l’Asie Mineure archaïque. Or, ce type, tumulus dressé sur une xpr^tç avec, à l’intérieur, la chambre funéraire, se retrouve très exactement à Tar- .juinies (fig. 2803), Corneto 3, Cervetri \ Vulci 5, etc. La Cucumella de Vulci 5 est un cône de terre de 70 m. de diamètre, haut encore à présent de 20 m., reposant sur un soubassement en maçonnerie ; deux tours sont engagées dans l’épaisseur de la butte; elles servaient sans doute de supporta un monument qui couronnait l’édifice. Ht de même que nous avons vu en Asie Mineure le tumulus de terre se transformer en un cône de pierre (tombeau de Tantale), en Étrurie, à côté du mausolée de Corneto ou du tertre de la Cucumella, nous trouvons la tour conique de Castel d’Asso7, creusée dans le roc; le célèbre tombeau de Porsenna", le tombeau dit des IIoraces, dont les restes subsistent encore9, étaient des constructions du même genre10. Même ressemblance entre certaines façades de tombeaux étrusques taillées dans le roc ", avec des encadrements simulant des portes, des corniches, des temples12, des arcades [etrusci, lig. 2804] et les façades des grands tombeaux phrygiens, lydiens, lyciens (v. p. 1218).
Soit à l'entrée des tombes, soit au sommet de la construclion funéraire, des « monuments » analogues aux cnjuaTa des Grecs marquaient l’emplacement de la sépulture13. Un type fréquent est celui de la pierre sphérique ou ovale, unie ou ornée de feuillages, quelquefois taillée en pomme de pin, couronnant une colonnette ou un socle carré (fig. 6336) “ ; le socle est parfois orné de tètes de béliers et de guirlandes. Celui de Pérouse que l’on voit (lig. 0337) est orné de bas-reliefs représentant les funérailles"’. Les stèles plusoumoins analogues à la stèle grecque se trouvent également en Étrurie, portant des représentations, guerriers, scènes de banquet, sur des registres superposés 16 [coma, fig. 1834; ethusci, dg. 2813] . Des stèles découvertes à la Cerlosa de Bologne 17
1 Cf. Modeslov, Op. cit. p. 352 sq. — 2 Cf. MoJestov, loc. cil. ; Brizio, la Provcnienza d. Etrusch.; Polti.-r, Op. cit. p. 297 sq. — 3 Cf. DragendorlT, Uw - G'über, p. 103 ; Dennis, I, p. 387. — A Cf. Dennis, Op. cit. I, I*. -7,. b Jfjid. p. 455. Voy. ethusci . — 6 Ibid. p. 452, Micaldi, Op. I. pi. i.v ; '"ruy, Bist. des Itom. I, p, lxxvi; cf. p. 23, 380. — 1 Mon. I, pi. xu, m ; Martl.a, Art F.tr. p. 158 et fig. 420. — « Plin. Bist. nat. XXXVI, 91. - "Annali, 1829, p. 30U; 1837, p. 57 ; Duruy, B. des liom. I, p. 23. — lu Eu Afi-i- 1 14 on trouve aussi le tumulus comme type do sépulture indigène très ancienne avec variantes qui conduisent à la forme de loin- ronde ; Gsell, Les monuments antiq. y 1 p. G sq. — 11 Cf. Marlha, Op. cit. p. 208 sq. — 12 façades de
Dennis, Loc. cit. I, p. 200. — 13 Cf. Marlha, p. 213 sq. — Mar-
ont la forme de dalles ovales rétrécies à leur base, hautes de 1 m. à 2 mètres, cernées d’une bordure ornementale, et couvertes de représentations figurées, divisé en plusieurs zones horizontales séparées par des chevrons [ethusci, lig. 2814, 2815 .
Les sujets, départ du mort sur le char funèbre, scènes de banquet, etc., sont semblables à ceux figurés sur les urnes et sarcophages étrusques [sarcopuagus]; l’exécution en est très médiocre. Il faut signaler enfin les sphinx et les lions qui étaient placés devant les tombes ou dressés sur leur sommet13; c’est encore un trait de ressemblance avec les constructions funéraires archaïques de l’Asie Mineure.
Les fouilles et les découvertes récentes sur le territoire du Latium ont permis d’étudier les sépultures archaïques de Rome et leur rapport avec le plus ancien passé de l’Italie l3. Ces sépultures sont, d une part, celles des monts Albains, d’autre part, celles de 1 Esquilin etdu Forum. Dans les nécropoles des monts Albains 20 le rite de beaucoup le plus fréquent est 1 incinération; la fosse, peu profonde, ayant la forme d’un puits, est revêtue ou non en pierres et recouverte d’une dalle; dans la fosse
on trouve le ilolio d’argile, contenant l’urne (très souvent de la forme de l’urne cabane ; voir domus, fig. 2308 à 2510) elles autres vases du mobilier funéraire. Les nécropoles romaines proprement dites otlrent concurremment les deux rites. Les puits à crémation et les fosses à inhumation s’avoisinent. Voici, par exemple, un de ces groupes, emprunté aux fouilles de 1 Esquilin (tig. 0338) 1 . La fosse esta plan rectangulaire (I m. 20 sur 2 m. 50); tout autour du fond court une banquette, sur laquelle prennent appui des pierres disposées en voûte, protégeant
Ilia, p. 213; Mitsui, Stud. e mater. II, p. 230; Fotizie, 1903, p. 353; 1908, ., ]|o. Cf. Dennis, 11, p. 42, 52. Sur ces >■ pommes de pin », leur caractère décoratif ou symbolique ; cf. Miss Ilarison, Jauni. Iielt. st. 1899, 228 ; Sctirodcr, Stud. z. d. Grabdenkm. d. rôm. Kaisers. 1902, p. 25 sq. ; il n'y faudrait voir qu'une déformation d’une représentation originelle de ïomphalos et du tumulus, cf. Rôm. Millli. XVIII, p. 40 sq., p. 185 et 312. — '5 lnghirami ,1/on. Etr. VI, P 22. — 16 Martlia, Ibid. p. 215, 307. — 17 Zanuoni, Scari délia Cerlosa ; cf. Martlia, p. 308 sq. — ls Sphinx ; Annali, 1832, p. 273; Dennis, il, p. 300. Lions : Dennis, I, p. 33 ; p. 250; Martlia, p. 110. — *9 Cf. Modeslov, O. r. p. 220 sq. ; piuza. Mon. Ant. t. XV. — 20 cf. en dernier lieu, Nat. d. Scav. 1905, p. 135 sq. — 21 Cf. Piuza, p. 51 et tig. 121.
I ig. 6336. — Tombe étrus(|uc de Bologne.
J;ig. 6337. — Tombe étrusque de Pérouse.
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le dépôt funéraire contre le poids des terres; le cadavre repose sur lesol nu. A 1 ni. 30 de celte fosse est un puits, profond de 1 mètre, dont la cavité est occupée par une urne ovoïde couchée sur le côté — Mêmes groupements dans la nécropole archaïque du Forum découverte en 1902 près du temple de Fausline 1 ; une quarantaine de tombes ont été dégagées, les unes à incinération, les autres à inhumation; les premières sont souvent coupées par les secondes, par là môme plus récentes. Les tombes à inhumation sont des fosses rectangulaires longues de 1 mètre à 2 mètres, larges de 0 m. 75 à 1 mètre ; quelquefois l’un des petits côtés est curviligne2; des plaques de tuf forment une voûte protégeant le squelette, quelquefois renfermé dans un sarcophage taillé dans un tronc d’arbre, et les vases funéraires; dans d’autres fosses, le fond est creusé d’un côté du rectangle, pour recevoir le sarcophage (fig. 0339), et de l’autre, au-dessus de cet étage inférieur, une espèce de niche fermée par des plaques de tuf renferme le mobilier funèbre*. Nous laissons de côté la question relative au fameux « tombeau de Komulus » ou « de Faustulus », découvert en 1899 dans le Forum et devenu l’objet de tant de controverses savantes. Même si c'est un tombeau ancien, il est surtout un monument religieux, un sanctuaire consacré à des reliques nationales, et par là même il est en dehors de la série régulière 4.
L'aspect d’ensemble de cette nécropole du Forum, qui remonte sans doute, au delà de l’influence étrusque, à l’époque même de la fondation légendaire de Rome, avec ses fosses oblongues et ses puits cylindriques, associés et enchevêtrés, fait saisir sur le vif l’existence parallèle, dans la Rome des origines, de deux traditions funéraires différentes, appelant avec elles deux formes distinctes de sépultures. Nous laissons de côté la question de la source même de ces deux traditions 8 ; disons seulement qu’il n'est guère douteux qu’il n’y ait eu, sur le sol latin, juxtaposition d’une civilisation d’aborigènes, où le rite observé était l’inhumation, et d’une civilisation d’immigrants du Nord, qui pratiquaient l’incinération. D’après beaucoup de savants6 ces immigrants seraient les habitants des lerramares. En tout -cas, leurs rites et leurs constructions funéraires auraient en partie supplanté ceux et celles des premiers habitants du Latium. En partie seulement; car les uns et les autres subsistent, nous venons de le voir, même à l’époque la plus ancienne, et n’ont pas cessé de se perpétuer dans la Rome historique. On y a toujours pratiqué l’inhumation à côté de l’incinération [funus], beaucoup pi us répandue d’ailleurs, au moins jusqu’au 11e siècle ap. J. C.
L’architecture funéraire de la Rome classique, républicaine et impériale, appareil très disparate. Chambres funéraires, constructions monumentales, tombeauxautels, simples dépôts en terre, tous les types y sont
• Cf. l’in/.a, Ibid. p. -73 s<|. ; llucl^cu, Le L'or, romain , (trad. Carcopino) j). 'iti sq. ; Thédenat, Le Forum romain, 4" édit. p. 334. — 2 Cf. l’inza, (). I. fig. |08. — 3 Ibid. fig. 115. La figure est prise ibid. p. 185, fig. 77. 4 Yoy. la bibliographie à l'article kkgnum, 8i5, noie l ; pour l'csseuliel voir
représentés. Il faut, pour y mettre quelque ordre, l'aii u p, part des diverses influences qui les ont constitués h juxtaposés. C’est celle d’abord des traditions primitives telles (lue nous venons de les voir pratiquées dans les nécropoles archaïques. Le simple caveau creusé dans la terre en forme de puits ou de fosse, pour contenir Punie cinéraire ; un « monument « [monumentum) au-dessus du sol pour marquer la place de la sépulture, tel est le type de construction funéraire avec lequel ces traditions semblent s’accorder. Mais l’influence étrusque, considérable aux premiers siècles delà Rome historique, devait dominer son architecture funéraire comme, au moins au début, son architecture religieuse [templum] et la mener dans une tout autre voie. Les vastes hypogées funéraires de l’ÉLrurie, faits pour l’inhumation des corps sur des banquettes ou dans des sarcophages, furent adaptés au rite de la crémation qui semble, logiquement, n’avoir que faire d’espaces aussi considérables. Elus tard, enfin, l’influence grecque introduisit à Rome, en même temps que l’idée de l’héroïsation du mort, très répandue, on l'a vu, dans l’hellénisme de cette époque; des types nouveaux d’architecture funéraire, celui surtout du teinplc-hérôon,
à la fois réceptacle des corps ou des cendres, et monument de la piété des survivants.
De là résulte une grande diversité de formes sépulcrales. Très différentes, d’ailleurs, par leur luxe et la dépense qu’elles entraînent, elles trouvent leur emploi naturel chez les diverses classes de la population romaine, riches ou pauvres, aristocratiques ou populaires. D un côté, les sépultures les plus humbles, à la mode archaïque, puits ou simples dépôts en terre; louL à l’opposé, pour les grandes familles, les constructions à l’étrusque, niveaux souterrains ou vastes monuments de type asiatique, mausolées; enfin la grande masse des monuments funéraires moyens, souvent décorés à l’hellénique, et dont une caractéristique est l’union en une seule construction de l’emplacement pour le dépôt funéraire el y du monument»; le type le plus répandu, elle plus vraiment romain, en est le tombeau-autel, le cippr. Il nous reste, après ces indications générales, a décrire brièvement chacune de ces catégories de monuments.
Les puits de l’époque primitive semblent s’être per;" tués, à l’usage de la classe pauvre, dans les pulkcli de l’époque classique. On les a retrouvés a Rome, s'il l’Esquilin7, là où les témoignages antiques signalai""1 leur présence À Les commentateurs rattachent le l:wl même de pulicoli au nom des puits, putei. Ce son 11 effet des fosses rectangulaires de -4 mètres sur a. parois sont en pierres taillées; chacune des fosse.-- 1 indépendante de ses voisines. On y jetait les cnn brûlés ou non, comme dans une fosse commune.
A côté de cette sépulture du bas peuple, la plus sied qu’on trouve à Rome et dans 1 Italie est le di |» l’urne en terre, la place du dépôt étant marquée a 1 rieur par une pierre tombale, en forme de stèle,, ■ laquelle est inscrit le nom du défunt, (.elle disp11 apparaît très clairement à Pompéi, à côté des mon me beaucoup plus considérables que nous signalerons à l’heure. La pierre tombale y est très souvent
Thédenal, /'unnu ruvutin. édil., 1908, p. 77 ul îii. 'OU ,u
p. £44 8f|. — GSurloul l'igorini ; cf. liullet. d. Inst. 1885, p. . ü g(|.
Lincci , 1800, p. 449 sq. — 1 Cf. lia Uct. comunale, 1874, p. M s,l- ' l'S/'^ v , — 8 Hor. Sut. I, 8, 8 sq. et Comm. Cruq. ad toc. ; Varr. De
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d’une manière toute particulière (fig. 6340) 1 : le haut de l-i partie postérieure est taillé en un buste humain, avec 1rs tresses de cheveux rcLoinbant sur les épaules; l’inscription est gravée sur la partie antérieure. Un exemple très net de ce genre de sépulture est le tombeau des trois affranchis de la famille des Isl.acidii 2 : un enclos ceint de murs, sans porte, avec trois de ces pierres tombales. La disposition est la même dans d’autres cimetières pompéiens3. Dans la plupart des cas un ingénieux artifice supplée à la chambre funéraire et permet aux survivants de témoigner leur piété envers le mort. Le dépôt funéraire est en effet relié à la surface du sol par un conduit d’argile qui aboutit, en un orifice caché par une dalle, au pied de la pierre tombale, et par où les libations pouvaient parvenir jusqu’à l’urne elle-même ‘. A côté de ces pierres tombales simples, il faut placer ici celles, très nombreuses, qui portent des représentations figurées5, l.eur aspect est différent de celui des stèles funéraires grecques ; par leur masse, leurs dimensions, leur forme carrée, la place qu’y occupe l’inscription, elles sont tout à fait analogues aux autels funéraires que nous étudierons plus loin; les sujets représentés sont les mêmes. La seule distinction à faire est que la pierre tombale n’est jamais que « monument » commémoratif, tandis que l’autel funéraire peut servir au culte et même contenir l’urne. On retrouvera donc les pierres tombales dans la suite de cette étude.
De la grande architecture funéraire à forme étrusque il y a, à Rome surtout, des exemples nombreux. Ce n’est pas ici le lieu de décrire dans le détail les monuments de ce type; une telle description ne serait à sa place que dans une étude spéciale des monuments de Rome6. Marquons seulement les deux formes essentielles : le tombeau-hypogée, creusé dans le roc, et le mausolée ou tombeau-rotonde, sur le type des grands monuments archaïques de l’Asie Mineure ;v. plus haut, p. 1213), transmis à la Rome classique par l’intermédiaire de 1 Élrurie. A la première forme se rattachent d’abord les grands tombeaux collectifs ou columbaria. Il en a été trouvé un très grand nombre, certains richement décorés, sur toutes les voies sortant de Rome; c’est, une création toute romaine, heureuse adaptation du caveau étrusque a la sépulture par incinération. Nous renvoyons pour la description de ces monuments à l’article columbarium. En dehors des columbaria, un grand nombre de sépultures de famille sont du type de l'hypogée: une porte cintrée conduit au caveau funéraire voûté, souvent subdivisé en
1 Cf. Mau, Pompei 2, p. 437 ; Ovorlieck, Pomprji, 4" édit. p. 421 (noire ,[h- 6340); Gustnan, Pompei, p. 00. — 2 Mau, O. c. p. 442, n, 21 ; Ovcrbcck, P- 410 ; cf. p. 40s. — 3 Mau, ibii). p. 448 , 449. — 4 Ibid. — 6 Cf. Sctirôder, -''hid. eu der Grabdenkm , 1902. — 6 On trouvera les principaux monuments funéraires énumérés dans Rieliler, Tupotjr. d. Stadt lium , pusuim, surtout p. 300 Sll- — 1 Cf. Canina, Via Appia, 1, p. 40; II, pl. 111. — 8 Pull, ernnun. 1885. P 101 sq, — 9 Cf. Bull, comun. 1876, p. 120, pl. xu. — 10 Cf, pirancsi, Antich.
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G34o. — Pierre tombale avec inscription.
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chambres et en couloirs. De ce type est le tombeau des Scipions1, sur la voie Appienne, retrouvé en 17SO ; il était composé de deux parties superposées, dont seule la secoude subsiste; à l’intérieur du tombeau étaient placés un grand nombre.de sarcophages, parmi lesquels celui de Cornélius Scipio Barbatus [sahcopuagus, fig- MO);. Le tombeau des Calpurnii *, près de la porte Salaria, est de même un caveau de 3 m. 60 de long sur 1 m. 30 de large, à 6 mètres au-dessous du niveau du sol; celui des Sempronii 9, datant des dernierstemps de la République, est d’apparence semblable à celui des Scipions, avec une voûte d’entrée en arc de cercle, au-dessus de laquelle court une frise élégamment travaillée Comme les tombeaux étrusques, ces hypogées, columbaria , tombeaux de famille, étaient décorés de peintures ou de stucs. Ainsi, dans le tombeau de L. Arruntius 10 sont figurés des génies, des sphinx, et la légende du rapt des Leucippides. La chambre funéraire des Pancratii " est décorée de paysages, de figures empruntées aux légendes troyennes, de centaures, de griffons, etc.; celle des Valerii'~, de sujets du même genre ; on y voiL aussi une figure humaine voilée, emportée sur un griffon ailé. Dans un tombeau découvert à Cumes13, les parois présentent des reliefs en stuc qui figurent diverses scènes où revient le même personnage central, une danseuse. Des peintures murales provenant de deux tombeaux d’Ostie11 représentent la légende d’Orphée et d’Eurydice16, celle du rapt de Proserpine et une scène de tragédie. Ces exemples suffiront pour donner une idée de la décoration des grands tombeaux romains. On voit assez que les sujets de cette décoration sont assez analogues, dans leur mélange de symbolisme, de mythologie, de représenta tions familières, aux sujeLs sculptés sur les sarcophages de l’époque impériale, et doivent sans doute être expliqués de même sorte [saiicopuagus].
A la seconde forme, celle du tombeau-tumulus, dont on a vu la lointaine origine, se rattachent des monuments funéraires très connus. C’est d’abord celui de Caecilia Metella, le plus considérable des monuments dé la voie Appienne, datant de l’époque républicaine (fig. 6341) 16 : un tumulus de pierre sur soubassement quadrangulaire; le diamètre de la rotonde est de 29 m. 50; au centre du tumulus est une chambre funéraire avec haut
/?om. Il, |1 xu. — H Cf. Mon. 18G1, pl. xi.ix-i.m. — 12 Qf. Mon. VI, pl. xi.m-xi.iv. — 13 Cf. sur co « lombeau do la danseuse », connu et étudié par Gœllic (1812), Sxanto, dans Wien. Jahrcsh. 1808, p. 07 sq. — Cf. Hclbig, / ühn-r-, p. 722 sq. — 1° Cf. Mon. VIII, pl. xxvm. — Cf. Canina, Via Appia ; les plans donnés sqpt inexacts. Le premier relevé offrant un caractère scientifique est celui des Mon. d. Lincei , XV, p. 71 1, fig. 211, d’où est liréc noire figure.
Fig. 6341. — Coupe du tombeau de Caecilia Metella.
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plafond voûté, à laquelle on accède par un couloir. La voie Appienne, ainsi bordée de constructions fastueuses dont les vestiges subsistent encore1, constituait aux abords de la Ville une avenue de tombeaux dont l'aspect monumental caractérisait bien l’esprit romain, en opposition avec 1 élégante petitesse et la finesse des sépultures grecques dans la voie du Céramique athénien. Les mausolées impériaux sont plus considérables encore, mais du même type. Le mausolée des Césars sur le Champ de Mars, élevé en 28 av. J.-C.2, était une construction ronde de 38 mètres de diamètre, couronnée de terrasses de forme pyramidale3; l’entrée, du côte sud, conduisait dans la chambre sépulcrale. Le mausolée d’Hadrien4, devenu le Château Saint-Ange, était de même un monument cylindrique de 64 mètres de diamètre, sur un soubassement carré, de 84 mètres de côté; une base portant une statue colossale couronnait l’édifice, à l’intérieur duquel s’ouvrait la chambre funéraire6. Toutes ces constructions imposantes, si variées soient-elles dans leurs détails, se réduisent à un plan architectural identique : le cône ou la tour de pierre sur soubassement, la chambre à l’intérieur; c’est la traduction étrusco-romaine de l’ancien type asiatique. Une variante exceptionnelle de la même forme est la pyramide de Cestius0, sur la via Ostiensis , de l’époque d’Auguste; elle est large de 30 mètres à la base, haute de 37 mètres; la chambre funéraire voûtée, de petites dimensions, communiquant avec l’extérieur par un soupirail incliné, à mi-hauteur du côté nord, était décorée de peintures aujourd’hui effacées.
Un dehors même de l’Italie, dans toutes les provinces de l’Empire, l’influence des architectes romains a répandu fort loin le Lype du mausolée, sous forme de tour ronde ou carrée, de temple et de grande chambre funéraire. Rappelons dans cette catégorie les types les mieux connus, comme ceux du Tombeau des Jules à Saint- Rémy \ celui des Secundinii, à lgel, près de Trêves 8, d’autres encore en Allemagne, en Espagne et jusqu’en Afrique9.
Il faut faire une place à la colonne qui devient exceptionnellement un monument funéraire, comme la colonne Trajane, ayant à sa base le tombeau de l’Empereur [columna, p. 1852]. N’oublions pas pourtant qu’en Orient et en Grèce le haut pilier et la colonne ont été des (jVjgaTa funéraires très usités.
Dans ces grandes constructions c’est, on le voit, une tradition étrangère, venue de loin dans le temps ou dans l’espace, qui revit sur le sol romain. Mais la grande masse des monuments funéraires qui garnissaient les « voies des tombeaux » des villes de l’Italie est d’invention et d’exécution plus proprement romaines. Ils sont à la fois dépôL funéraire et « monument », au sens étymologique du mot. Par là, cette tombe romaine moyenne se distingue de la tombe grecque, au moins de la tombe grecque classique — car il y a dans Vhérôon hellénistique la même fusion des deux éléments — où la sépulture et le .TT, g* qui la surmonte sont nettement séparés et doivent
1 Pour l’aspect actuel ou la restitution des monuments de la Voie Appienne, voy. outre l’ouvrage cité de Canina, Duruy, Hist. des Romains, I, p. 289; II, p. 350, 382, 406, 421 ; III, p. 667; IV, p. 207, 355, V, p. 322, 417 ; Vil, p. 24. — 2 Suct. Au//. 100. — 3 Cf. Riclitcr, Op. cit. p. 250. — 4 Cf. ttichlcr, p. 279 ; Bauineister, Denkmüler , p. 608, pl. xi ; Springer-Michaelis, Handbuch Kunstgesch. I, p. 421, fig. 743; Duruy, Hist. des Romains, V, p. 101. — b Cf. Borgatti, Castel S. Angelo , Rome, 1890. La restauration «le Canina était très différente; Rodocanachi. le Château Saint-Ange , 1 900. — 6 Cf. Ricliter, O. I. p. 355. Sur celle forme en pyramide; Raoul-Roclielle,
être étudiés à pari. Ici, ce n’est que par exception que l’urne funéraire est déposée en pleine terre auprès du « monument » ; elle a sa place habituelle dans une chambre étroite, ouverte à l'intérieur même de l’édicule.
La forme la plus simple des monuments funéraires, qui ne comporte pas, à proprement parler, de » chambre », est l'autel funéraire. Les exemplaires de ce type, communément désignés sous le nom de cippes , sont très nombreux dans tous les musées et collections d’Europe. Rassemblés et étudiés comme monuments épigraphiques, ils ne l’ont pas été encore dans leur ensemble comme monuments d’art10; ils sont cependant très précieux au point de vue de l’histoire de l’art romain, constituant une série considérable de monuments, qui souvent peuvent se dater assez exactement. Nous n’avons à retenir ici que ce qui concerne leur forme et leur aspect extérieur, et les sujets qu’on y trouve figurés.
Les autels funéraires romains reproduisent le lype ordinaire de l’autel à coussinets et à volutes [ara], de forme quadrangulaire ; les exceptions sont très rares". La hauteur moyenne de ces monuments est de 1 mètre à 1 m. 20. Les pierres tombales, que nous étudions, en raison de l’analogie de leurs représentations figurées, en même temps que ces cippes, sont de même forme paralléli pipédique et de dimensions semblables; mais ce sont uniquement des plaques carrées a terminaison droite. Les autels funéraires étaient destinés soit à être exposes en plein air, soit à être renfermés dans les columbaria ou les tombeaux de famille. Comme ils font ainsi très souvent partie d’un ensemble architectural plus considérable, leur face postérieure reste sans ornements cl porte des appendices servant à fixer l’édicule à la muraille où il s’appuie. Ces cippes non seulement pouvaient servir d’autels à libations, mais aussi pouvaient effectivement contenir le dépôt funéraire; dans ce cas, sur la face supérieure une ouverture ronde conduit par un canal jusqu a l’urne12; on a vu plus haut, à Pompéi, des dispositions analogues pour des dépôts funéraires en pleine terre. Les cippes sont à la fois inscrits et décorés. L’inscription est gravée sur une plaque rectangulaire creusée dans la pierre, entre les guirlandes dans les autels à guirlandes, remplissant loule la face antérieure quand celle-ci est simplement bordée d’une frise, au-dessous des buste» dans les cippes à portraits, etc. Elle est généralement très soigneusement gravée, nettement encadrée, soign t , en un mot, dans son exécution matérielle comme dans »a rédaction précise et détaillée13. C est un des point - i où le cippe romain, à la fois « monument » et édicu funéraire à destination pratique, se distingue de la R1, " grecque, pur <7Y|p.a à signification toute ideale.
La décoration des cippes est double, ornemental' figurée. Il n’y a pas lieu d’établir deux séries absolue: distinctes: les cippes ornementaux comportent en ■ ’ 1 presque toujours quelque représentation figurée, le L " petit nombre seulement n’ayant que l’ornement et cription. Mais il reste que dans une première class<
„ r„ o(W 1 Duruy,
Acad, des Jnscr. t. XIII et append.; cf. bust.iar.us, «g. 89». ^
Hist. des Hom. III, p. 188, 406; Springer-Michaelis, Op. I. 'g- -
Inst. 1888, p. 1; Denkm. Inst. I, pl. xm-xv; S. Kemach,^ g [)iir„yj