‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 80 sur 137 · S U II · texte numérisé non relu

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Ou.uil aux actions dérivant du séquestre, on peut •iduipttre, dans le silence des textes, que si le tiers, établi ' inlien je la chose, refusait de la restituer, lorsque la •audition prevue parles parties s était réalisée, il pouvait rlir actionné par la Si xr, irapxxaTxO/jXTiç [depositüm]. Si la difliculté survenait entre les déposants eux-xnèmes, qui ||(, pouvaient s'accorder sur le j To i n L de savoir si la condition à laquelle était subordonnée la restitution de la rliose séquestrée s’était ou non réalisée, la contestation ,1,01 vraisemblablement tranchée au moyen de l’action

ordinaire <ruvOY)Xü)v Trapagxa-eco;

Droit romain. — Le séquestre [séquestre, sequestrum ou sequestralio) est le dépôt fait par deux ou plusieurs personnes entre les mains d’un tiers (sequester) d’un objet, à la charge de le conserver et de le rendre à l’une d’elles sous une condition déterminée2. Le séquestre a presque toujours une origine dans une contestation relative à la chose déposée, et c’est alors au gagnant que la chose litigieuse doit être restituée; mais il suffit d’une simple opposition d’intérêts entre deux personnes pour motiver un séquestre. Le séquestre peut résulter d’une convention des parties; parfois aussi il est ordonné soit par le juge, soit par le préteur3.

Le séquestre est soumis, en général, aux règles du dépôt [depositüm] ; il s’en distingue cependant aux points de vue suivants : 1° le séquestre peut avoir pour objet non seulement des meubles, comme le dépôt, mais aussi des immeubles et même des personnes v ; 2° la restitution de la chose mise sous séquestre ne peut être demandée que par un seul des déposants et sous une condition déterminée ; 3° le sequester peut avoir la possession de la chose déposée, tandis que, dans le dépôt, la possession reste au déposant. Mais le bénéfice de cette possession, par exemple l’usucapion qui peut en résulter, est acquis, en définitive, à celle des deux parties à qui la chose est restituée 5 ; 4° l’action par laquelle le séquestre peut être actionné en restitution est une action spéciale, sequestraria depositi 6.

Le sequester peut, pour des motifs graves, se faire décharger des obligations qu’il a assumées en acceptant le dépôt, et alors la chose est déposée dans un temple en attendant l’arrivée de la condition7.

Le séquestre peut, par suite de conventions particulières, revêtir la nature d’un autre contrat. Il prend ainsi le caractère du mandat [mandatum], lorsque le dépositaire accepte l’administration de la chose déposée ou la missjon de vendre l’objet et d’en verser le prix aux mains de celui des déposants qui triomphera dans l’instance, ou bien le caractère du louage [locatio opekarum], lorsque le sequester reçoit un salaire pour les services qu’il rend8. L. Beauciiet.

SERA. — Sous ce nom dont le sens propre est, en latin, barre de clôture, verrou, nous réunissons ici ce qui

1 ■ sur lo séquestre en droit grec : Cailleincr, Contrat de dépôt dans les Mèm.

'r'- I Académie de Caen , 1876, p. 527 sq. ; Meier, Schumann et Lipsius, Das attisclie l ’ocess, p. ni; Beauehet, t. IV, p. 337 sq. — 2 L. 1 10 Dig. Ve ver b. signif. E. 16;

1 c> 17, Dig. Depos. XVI, 3. -3 E. 22, §8, I). Sol. matr. XXIV, 3; 1. 3 §6, D. De ' GXtiib. XLIII, 30. — 4L. 3 § 6, D. De lib. exhib. — 5 L. 30, D. Ve adg. vel P°SG- XII, 2; 1. 17, § t D. Depos. — 6 L. 12. § 2, D. Depos. — 7 L. 5, l>. Depos. — s L. 9, § 3, D, De dolo molo, IV, 3 ; cf. sut* le séquestre en droit 1 111,1111 ■ Cuq, Ces Institutions juridiques des Domains , t. Il, p. 306 ; Pelil, Tr. de loin. nu 353 ; Maynz, Cours de de. rom.. 4° éd. t. Il, p. 322; A ci arias, Tr. de 1 Domain , l. Il, „« 598 ; Girard, Alan, de dr. Domain , 2» éd. p. 5IS.

XXI v‘lA-* ■ 1 Ilmd" Xl1, 121 et 291 ; XIII, 124. — 2 lliad. XXIV, 433. - 3 lliad. 1 1)1 1 * Jliad. XXIV, 567. — OA Troie, petite porte du mur d'enceinte de lu

Vin.

concerne les serrures, les clés, et, en général, tout mécanisme inventé pour assujettir les battants de portes, armoires, coffres et autres meubles qui doivent être soigneusement fermés.

L (jrèce. — Le moyen le plus simple et sans doute le plus ancien dont les Urées aient usé pour fixer les battants d’une porte nous est indiqué dans l 'Iliade. Plusieurs portes du camp des Aehéens se fermaient par un verrou long, p.axpb; ô/eü;1, analogue à Yiizi$Drfi de sapin qui barrait celle du campement d’ Achille 2 et que le poète appelle indifféremment xX-rp;3 ou ôyev; On peut rapprocher de ce verrou colossal, à la manœuvre duquel trois hommes étaient nécessaires, ceux qui étaient eu usage à Troie et à Tirynthe. Une poutrelle ronde glissait dans deux trous cylindriques pratiqués dans les jambages à mi-hauteur de la porte. Pour ouvrir on faisait rentrer cette poutrelle dans le inur d’enceinte à travers un des jambages percé à jour3. Au trésor d’Atrée, en arrière de la porteetà un tiers environ de sa hauteur totale, deux cavités ovales ménagées dans le mur en face l’une de l’autre recevaient un verrou horizontal6. Chacun des montants de Yo. Porte des Lions présente aussi, à une certaine distance de la feuillure, deux cavités rectangulaires, situées l’une au-dessus de l’autre et où s’encastraient des verrous7. Une disposition analogue se rencontre dans l’Uéroon de Gjolbaschi-Trysa. Deux cavités rectangulaires deO m. 07 de côté se font vis-à-vis sur la face intérieure des montants, à 1 m. 35 du seuil. Leur profondeur n'est que de 4 à 5 centimètres. Il n’y a pus d’entrées permettant d’y introduire les deux extrémités d'une barre d’un seul tenant. C’est pourquoi MM. Benndorf et Niemann supposent que ce verrou était composé de deux pièces qu’on engageait séparément dans les gâches et qui se réunissaient vers le milieu de la porte par un assemblage à mi-bois consolidé au moyen d’une clavette*. A l’appui de leur reconstruction, ils citent un passage de l 'Iliade où est décrite la porte principale du camp9. Le système qu’ils proposent et qui a reçu l’approbation deM. Diels lu, était certainement connu des Grecs, car plusieurs des commentateurs anciens d’Homère entendent le mot « ÈTc-r, phot ^o’. » de la même façon 11 . Mais il a l’inconvénient d’être moins résistant qu’une poutre d’une seule pièce. En fait, la porte par où entre Hector, plus grande que les autres, devait avoir deux verrous. On les tirait sans doute en sens inverse, et une cheville verticale les rendait solidaires 12.

Ce premier système très simple de fermeture au moyen d’une poutre horizontale, pénétrant de part et d’autre dans les montants de la porte, fut en usage depuis les temps mycéniens jusqu’à l’époque classique. Sa solidité le recommande pour les clôtures d’enceintes. Quelquefois pourtant on l’a jugé insuffisant et on lui a adjoint un verrou vertical se fixant dans le seuil. Une gâche de

2° période; cf. Pcrrol, üist. de l'Art , VI, p. 188; Dorpfeld, Troja und Ilio », I, p. 66, fig. 17. Tirynthe : v. Schliemann, Tirynthe (Irad. fr.), p. 180. Il existe pcutôlrc des cette époque des verrous en métal. Schliemann croit avoir retrouvé ceux de la double porte de la ville brûlée : / lios , p. 42, fig. 11, 12, et p. 540. Ils sont en cuivre. Un autre verrou (?) de cuivre a été trouvé dans une maison de la même couche, p. 539, fig. 819. — 6 Perrot, üist. de l’Art , VI, p. 611, fig. 261. — 7 Schliemann, My cènes , p. 89, fig. 22 a. — 8 Benndorf et Niemann, Das üeroon von Gjolbaschi, p. 74, lig. 21 et 22; cf. Diels, Parmenides LehryediclU, p. 118, lig. 1.

— Il lliad. XII, 455 S(J., « ooiot 8 Èvcoo-Oïv o/fjcç eî/ov èitupioioo”, pua 8â xXïjtç ÈitagiqpEiv >*.

— 10 Op . Cil. p. 118. — 11 Àristonic. I; exatÉpaç tva, lit aXXaaao pu v ou; xaià

pûaov xat lut tôt; axpoiç liux^EtopiÉvou; 8iâ t/jv aupiSoAqv pua xAei$i. Cf. Fiuk, p. 9, U. I.

— 1- Suidas, 1, 2, 383,tmr£Xa-]rpiEvoi, <Wte tbv pùv ÈvQev, tôv 8è ÈvOev È?E'XxEirOat.

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0 m. 373 de long sur O ni. 30 de large est creusée au milieu de celui de la Porte des Lions *. Le verrou vertical se trouve déjà dans les palais crétois. A Cnossos, on voit dans le sol, en arrière de la grande porte de l’ouest qui donne accès au palais par le « Corridor de la Procession », une gâche deOm. 039x0,034 2. A Phaestos, leseuil d’une grande porte qui séparait la grande cour du quartier privé présente toute une série de trous rectangulaires oii devaient s’engager des verrous 3. La porte du nord, dans le « sanctuaire des doubles haches », à Cnossos, avait deux battants. Lagache unique est située dans la partie gauche du seuil. Le verrou était tixé sur le vantail de droite qui était plus large que celui de gauche et se rabattait sur lui 4. Dans une porte delà « Villa royale », au contraire, le battant de droite, fixé par l’unique verrou, joue le rôle de dormant. L’autre se fermait, sans doute, au moyen d’un verrou horizontal. Ce verrou horizontal devait être d’un usage très fréquent en Crète, puisque les portes à un seul battant et beaucoup de celles à deux vantaux °, n’ont point de gâches dans le seuil.

Les lourdes poutres de bois qui fermaient les portes et les poternes des enceintes fortifiées ne pouvaient guère être manœuvrées que de l'intérieur. Dans les édifices et les maisons il n’en était pas de même. Les portes du temple d’Athéna à Troie s’ouvrent du dehors au moyen d’un instrument appelé Ce mot, qui désigne

généralement le verrou dans les poèmes homériques (il y est synonyme de q/eüç M, prend ici un autre sens, celui de clé, et nous voyons se constituer par l’adaptation de la clé au verrou un rudiment de serrure. Les éléments en sont indiqués dans l 'Odyssée. Euryclée sort du thalamos. Elle lire le verrou en travers de la porte au moyen d’une courroie9. Cette courroie, attachée au verrou, traversait donc le vantail et pendait à l’extérieur. Elle servait à fermer la porte du dehors, mais non à l’ouvrir, sans quoi cette fermeture n’eût pins eu de sens10. Dans un autre passage11, la manœuvre nécessaire pour ouvrir une porte est minutieusement décrite. Pénélope veut entrer dans le thalamos où sont les armes d’Ulysse: elle détache pour cela la courroie de la poignée (xopwvY,), qui servait à tirer la porte12. Cette courroie, tendue, maintenait le verrou dans sa gâche. Elle était certainement nouée à la poignée par un nœud à secret13. Pénélope introduit ensuite la clé dans la porte, et « elle repousse les verrous en les frappant juste au point voulu » (Oupéwv àvexontev oy-rja;, avxa TtTuaxogsvYi).

On a proposé de cette serrure diverses reconstructions 14. Nous reviendrons sur plusieurs d’entre elles qui ont été réellement en usage chez les Grecs. Mais il n’y en a aucune qui réponde aussi exactement à la description homérique que celle de M. Diels. Elle s’appuie sur deux séries de monuments. Ce sont d’abord les représentations de la clé qu’on a appelée « clé de temple » parce que, comme une survivance hiératique, elle s’est conservée entre les mains des prêtresses dans un temps où d'autres

Fig. 6315.

types plus pratiques, comme la clé laconienne, s’étaient introduits dans l’usage courant15 ». Une statuette iU terre cuite archaïque provenant de Corcyre représente une

femme tenant de la main droite un oiseau et de la main gauche la clé en question 10.

On retrouve celleci portée par des prêtresses, généralement sur l’épaule, dans un bas-relief funéraire attique17 et dans des peintures de vases de style libre

(fig. 6348, 6349; cf. fig. 3989, 5990) 18, pujs h j^t isolé, comme symbole, sur des pierres funéraires uniques de l’époque romaine 10. Ces clés étaient formées d’une barre de métal, courbée deux fois à angle droit comme on le voit sur nos figures. Les tiges parallèles sont inégales. La plus courte est quelquefois arrondie en haste ou terminée par une boule (fig. 6349, 6350).

La plus longue, au contraire, s’élargit vers l’extrémité, où est ordinairement attachée la bandelette, signe de consécration *°. En outre, dans un bel exemple, gravé sur la pierre funéraire d’IIabryllis, prêtresse d’Athéna Uolias (n° siècle av. J.-C.) 21 , une courroie est nouée à Fjg C350.clédc

temple avec courroie.

l’angle de la liasle longue (fig. 6349;.

Ce ne peut être, comme l’a vu Diels, q uelacourroie qui servait à fermer la porte du temple. Le musée de Boston possède une clé en bron/.e de celte forme,

d’une longueur de

0 m. 405, trouvée dans lesanc.Luaire d’Artémis Héinéra à Lousoi22. Daprès la forme de 'inscription23, ce serait la copie assez exacte d’un original remontant au ve siècle. Voilà « la clé d’airain bicu

iScbliemann, AJycènes, p. 195. — V-Ann. of brit. School, IX (1902-1903), p. 14, n°6, üg. 6. — 3 Alonum.antichi, XIV, p. 302-363, fig. 19. — 4 Ann.of brit. School, IX, p. 14, fig. 0, n° 2. — 5 Ibid. n° 3.-6 Mon. ant. XII, p. 52 et 79 ; XIV, p. 358, fig. 17. — 7 Iliad. VI, 89. — 8 lliad. XIV, 108; XXIV, 318, 455 et les scliolics; Odyss. I, 441 ; XXI, 24ü. — 9 Odyss. I, 442. — Diels, Lehrgedicht, p. 127. — il Odyss. XXI, 46 sq. — 12 Cf. Odyss. I, 441 : OüpTjv S’ÉTcepucrae xoowv>). — 13 Diels, p. 128; cf. Odyss , VIII, 443 sq. Cette clé est en métal avec une poignée d’ivoire. — *4 Diels, p. 129-135. — 15 Diels, p. 123. — 16 Rull. corr. hell. XV, p. 32, u. 12 = Diels, fig. 4. — I7 Conze, Grabreliefs , n° 812 = Classical Review,

II, 290 =: Diels, lig. 5. — 18 Compt. rend. Saint-Pêtevsb. 1803, p. 213 el I'1 Diels, p. 123-124, fig. G à 13; Rom. Mitt ., 1906, p. 100. Voy. aussi la dissertation de J.-L. Ussiug sur Y Athéna Kleidouchos de Phidias ( Mém . de lAcac- Danemark, Copenhague, t. IV, n“ 5, 1898, p. 332 sq.) Celle clé esl ' 1 ^ portée par les prêtresses à l’époque romaine; voy. la fresque dune mai'O.i Transtévère (J/on. de l'Jnst. XII, pl. xxxiv). — 19 Diels, p. 125-120, (ig- 1 ''

— 20 Ibid. p. 126. — 21 Kôhlcr, Ath. Mitt. IX, p. 301 = Diels, fig-

— 22 Diels, Sitz. ber. d. Berl. Akad. 1908, I, p. 27, pl. 1. — 23 A?ti.|Utî5 taç èv Aoûffoiç.

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■héeàla poignée garnie d’ivoire », que décrit Homère \ ^plusieurs peintures de vases nous offrent l’image de rle du thalamos a. Dans l’une d’elles une servante

nuvre cette porte à l’aide de la grande clé de temple 3. On remarquera sur le battant de droite

Xtrée 'garnie de métal, sur celui de gauche, en bas, la boucle pendante de la courroie.

Voici comment il faut, d’après ces divers documents.

se représenter la serrure homérique (fig. 6352 et 6353).

A l’intérieur de la porLe un verrou de bois glisse dans deux embrasses fixées au vantail de gauche et pénètre dans une gâche disposée sur celui de droite. Ce verrou porte sur sa face supérieure une barbe, sans doute do métal, d’une assez forte saillie 4. La tête de la clé, en frappant sur cette barbe, poussait le verrou hors de sa gâche. 11 fallait une certaine adresse pour l’atteindre du premier coup; le poète n’a pas négligé ce détail tout à l’honneur de Pénélope 5. La clé, on l’a constaté sur les monuments, s’élargissait souvent vers l’extrémité ; la manœuvre en était ainsi plus aisée. Enfin le choc violent delà tige de métal sur la plaque de bronze qui garnit le verrou et le glissement à force de celui-ci dans ses embrasses de bois, produisaient un bruit, qui, amplifié et prolongé par la résonnance des lourds vantaux, pouvait être compare au mugissement d’un taureau paissant dans la prairie \ La clé, on le voit, servait uniquement à ouvrir la porte, la courroie, uniquement à la fermer.

L’entrée de serrure figurée sur les vases [janua, fig. 4128, 4129; fig. 6351] est très étroite. Elle ne permettait donc qu’un déplacement fort court de la clé en ligne droite. Plutôt que d’admettre qu’on ait imprimé à celle-ci un léger mouvement de rotation autour de la branche transversale prise comme axe, (on pourrait penseren effet que c’est à ce mouvement de bas en haut que le mot ivéxoTTTsv fait allusion', M. Diels croit que le verrou portait plusieurs barbes que l’on frappait successivement, ee qui doublait ou triplait la longueur de sa course '.

La serrure du thalamos d’Ulysse avait deux verrous.

1 Odyss. XXI, 6. — 2 Cf. Diels, p. 133, 130, 147 sq. — 3 Hydrie du Musée de '."lin, ri1* 2382 (Gerhard, Trinksch. pl. xxvui) Diels, fig. 22. — 4 Diels, p. 136. — "*»« T>™»xo|x£y).,. — 6 Odyss. XXI, 48. — 7 Arch. Zeit. Anzeiger , XIV, 1899, !'■ n. — 8 Diels, p. 138, fig. 27, 28. — 9 Cf. Wilkinson, Manners and Cnstoms , 1, 333 0 X, iig. 121 == Diels, fig. 25, et relief en Dois du Musée égyptien de Berlin = l'iels, fig? 26. — 10 Jliad. XII, 455. — il Cohausen, Die Schlôsser und Schlüssel ,ler ^tmer, p. 138-139. — 12 C'est ce que n'a pas vu Autenrieth, qui a combiné à

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Peut-être étaient-ils solidaires. Dans celte hypothèse, la reconstruction proposée par M. Diels 8, suivant laquelle ils auraient été fixés chacun à un vantail dillérent et se seraient déplacés en sens contraire, n’est pas sans vraisemblance. Elle a été suggérée par un système de fermeture en usage dans l’Égypte ancienne °. Elle s’accorde, d’autre part, avec la mention que nous avons rencontrée dans Y Iliade'0, d ’iyqe; knr^odioî. Un autre système de fermeture, très simple, en usage dans certaines régions de l’Europe", se compose comme la serrure homérique d’un verrou de bois muni d’encoches ou d’ailettes. Une tige de métal courbée à angle droit et dont la hasle la plus longue se termine par une poignée en anneau, pénètre dans le vantail et par un mouvement de rotation fait avancer ou reculer le verrou. La courroie homérique n’est plus ici d'aucun usage". On a découvert

line Clé de cette forme, Fig 6354. — Clé grecque archaïque.

sur le Lycée, avec des

figurines archaïques (fig. 6354) 13 . La poignée se termine par l’anneau caractéristique. Une autre plus petite s’est rencontrée en Élrurie dans le sacellum de Bolsena, en compagnie d’objets sacrés; elle daterait de l’époque républicaine". Ce type avait aussi bien en Grèce qu’en Italie sa place dans les sanctuaires à côté de la « clé de temple ». On l’employait aussi dans les appariements. En effet, sur les vases peints plusieurs portes de thalamos ne présentent pas trace de courroie1, [janca, fig. 4131].

Jusqu’ici nous n'avons pas trouvé de serrure véritable. Dans les deux variétés que nous venons de décrire, il n’y a pas de secret. La clé est d’une forme trop commune pour être une garantie contre la fraude. Un nœud compliqué paraissait plus sûr. Nous avons vu Pénélope dénouer la courroie de la poignée de la porte 16. Plus lard, Philoitios, sur l’ordre d’Ulysse, après avoir fermé au verrou les portes de la cour, les liera avec un câble de Byblos ’7. Ulysse entoure d'une corde le coffre à couvercle qui contient les présents d’Arété, et il y fait un nœud savant que lui enseigna Circé18. Les sceaux étaient encore un moyen decontrôle plus efficace. Dans le palais de Cnossos on en a rencontré un grand nombre qui avaient été apposés sur des coffres contenant des archives de terre cuite [signumJ. Quelques-uns conservent la trace des cordes qui liaient ces coffres10. Les Grecs s’en servaient aussi bien pour s’assurer d’une porte, et, en particulier, paraît-il, pour enfermer les femmes dans le gynaeconitis 2#. La serrure ne fut vraiment créée que par l’adaptation au verrou de la balanos. C’était une cheville de bois de forme variable que l’on plaçait dans une boite, appelée paXavoS^xvp fixée sur la porte au-dessus du verrou. Quand on poussait celui-ci dans sa gâche, un trou creusé

tort cc système avec la description de l'Odyssée ; Autenrieth, Wôrterbueh zu d. hom. Ged. 4 p. 3.5, pl. vin. Cf. Diels, p. 130. —13 ’Ë«. Aoy.. 1904, p. 165 et 172, fig. 2. — 14 Mon. Ant. XVI, p. 190, fig. 17. — 15 Cf. Diels, fig. 42, 43, 47, 48. — i6 Odyss. XXI, 40. — U Odyss. XX. 240-241, 389-391. — 18 Odyss. VIH, 443 sq. ; cf. Diels. p. 128-129. Cf. Ilcrodot. III, 123. — m Ann. of brit. Sch. VI, p. 29; cf. Ibid. Vil, p. 28. — 20 Aristopli. Thesmogh. v. 414 sq. ; Eurip. Donne, v. 58 ; Menand. ap. Slob. Senn. LXX1V, 27 ; l.ucian. Timon, 13 et 14; cf. Becker- Coll , (. barikles , III, p- 332.

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sur sa face supérieure venait se placer sous

l'ouverture inférieure de la paXavoBox-q. La poiXavo; y descendait alors par son propre poids et immobilisait le verrou1. La serrure à une seule piXavo; était en Grèce d’un usage fort ancien. Suidas la considère comme archaïque2. Eustathe croit à tort que c'est elle qu’Ilomère a voulu décrire dans le chant XXI de l 'Odyssée 3. Peutêtre l’auteur do la Ato; iztzTti y fait-il allusion, quand il parle du verrou secret qui fermait les portes du thalamos d’Héra, et que nul autre dieu ne pouvait ouvrir1. Mais il le donne encore comme une création merveilleuse d’IIéphaistos. Au v* siècle, cette serrure simple est en usage aussi bien aux portes des maisons 5 qu’à celles des villes c. Elle s'est conservée jusqu’à l'époque hellénistique, car on a retrouvé dans des maisons du Fayoum, contemporaines des Ptolémées, un verrou de bois percé du TpÛ7cr,pLa 1 et une glissière qui peut être un fragment de paXavoBdxTj 8. Elle est même employée encore aujourd’hui dans certains cantons de la Grèce. M. Dawkins la signale à Karpathos, où elle porte le nom de gxvxâXa 3. Pour l’ouvrir du dehors, il faut deux clés, une qu’on introduit dans une fente pratiquée le long de lapaXavoSdxv] et avec laquelle on soulève la piXavoç, l’autre, analogue à la clé archaïque à anneau, décrite plus haut, qui déplace le verrou. La première était également connue des anciens. Eustathe dit qu’elle ressemblait à une faux *°. On en a retrouvé quelques exemplaires à Dodone11 et en Étrurie12.

Nous sommes, d’ailleurs, mal informés sur les instruments qui servaient à extraire la pâXavoç du xpân-qp.a et aussi de la paXavoSôx7|, car elle était primitivement amovible12. On les appelait paXœvâYpaiu. Le passage où Aencas le Tacticien raconte la construction d’une paXavaypa de fortune par les ennemis d’une certaine ville, est resté jusqu'ici inintelligible * Du moins, le chapitre que cet auteur a consacré à la fermeture des portes d’enceintes fortifiées nous permet-il de suivre les perfectionnements de la serrure à [ilâXxvo;. La pâXavoç était primitivement en bois et sortait à volonté de sa boite. On pouvait la couper, l’entailler, la lier à un fil que l’on retirait plus tard, la soulever petit à petit en versant du sable fin dans la flaXavoSdxTj. On en prenait des moulages, même quand elle était en place, avec de la glaise. On 1 arrachait avec des pinces. Aussi Aeneas conseille-t-il de la garnir de fer ainsi que le verrou l0. On prit bientôt l’habitude delà faire en métal'1. Il vaut mieux, dit-il encore, qu’elle ne puisse s’enlever18. On l’entourera donc d’une chemise de fer; et on la soulèvera (tel du moins paraît être le sens de la phrase) au moyen d’un crochet passant sous le verrou. Aeneas recommande aussi d’insérer dans le verrou trois ftiXav&i de forme différente'9. Qu’on pût les soulever

1 Cf. Aon. Tact. 18 (ed. Ilerscher, p. 42). — 2 Suid. s. v. Awivmul «XiTSt;... *sP!?cî»|T<K 8 i s'aiv aurai... T* fio if/aTa povo?àkavà çaaiv — 3 EllslaUl. 1900,

60. — 4 11. XIV, 108 ; cf. Diels, p. 143. - 5 Arisloph. Vesp. 155, 200;

Eccl. 301; Xcnopli. (Jecon. 9, 5 (maisons). — G Tliucyd. Il, 8, 3; Aon. 'lac! 18; Arisloph. Av. 1160 (portes de villes). — 3 Bull. corr. hell. XXV (1001), p. 300, fi?. Il, n" 3. - 8 Ibid. n« 2. — 9 Ann. of brit. Sch. IX, p. 192 sq. fig. 8 et 9. T io Eustalh. 1900, 00; cf. G. Fink, p. 18. — U Carapanos, Dodone, pl. un, 25. 12 A Mariahotlo près Bologne, Mon. Ant.l, p. 311-312, pl. v, n» 22-23. - la Aen. Tact. 18, 2 sq.; Thucyd. Il, 4, 3; Aristoph. Vesp. v. 200. - U Aen. Tact. 18; llerod. III, 155; Xenoph. Hell. V, 2,29; Polyaeu. SI rat. I, 38, 1; II, 36. L’emploi que f'olybc (Z. 16, 5) fait du mot pour désigner, semble-t-il, les glissières de la pàXavox, est tout à fait exceptionnel. Cf. Fink, p. 30. — 15 C. 18, 9 à 11. — 1° C. 20 1. — 17 Scbol. ad. Tliucyd. II, 4, 3, pàïavci; Lru là paUopivov eïç TÙv po/kàv 18 Aen. Tact. 20, 3. - 19 Ibid. 20, 2. - 99 Ann. of brit. Sch. IX, sp. 190 q. fig. 7. — 21 Olincfalscli Iticliler, Kypros, die Bibel und Homer, p. 490,

SER

en même temps avec une seule clé et voilà constitué le type de serrure qu’on trouve encore aujourd’hui en usage à Karpathos20, à Chypre21, en Galicie2', et jusque dans les îles Féroë22. Dans ce système, les [îaXavoi (appelés (ixXxvtaà Karpathos) sont percées de fenêtres disposées en ligne, et formant une sorte de couloir où l’on introduit la clé. Celle-ci est en bois. Elle a des dents qui s’ajustent exactement au bord supérieur de chaque fenêtre. En la soulevant, on soulève du même coup toutes les BiXavoi; le verrou est affranchi, et on le tire à la main21. Quelquefois il est creusé en longueur. On y enfonce la clé et c’est elle qui, après en avoir chassé les fiœXavot, le ramène en arrière. Des clés semblables en bois ou en métal existaient dans l’antiquité. On en a trouvé en Égypte-5. Saint Augustin y fait allusion20. Dans les « tombeaux des princes », à Tamassos (Chypre), on voit sculptées à l’intérieur des portes des serrures du type que nous venons de décrire27. On ne. pouvait les ouvrir, comme celles qui existent de nos jours à Karpathos28, qu’en passant le bras par un trou pratiqué dans la porte ou dans le mur. Enfin les xXr|ï8eç àgcuêoique Parménide met aux mains de Diké29 sont peut-être des clés de bois.

Mais M. Diels30 y reconnaît la clé laconienne. Celle-ci, fondée sur le même principe que la précédente, est formée d’une fige de fer ou de bronze, courbée à angle droit, sur la partie transversale de laquelle s’élèvent trois dents (vog^ot). On applique cette clé sous le verrou, de façon à enfoncer les dents dans les trous à pàXavot; elle sert à l’affranchir, puis à le tirer hors de sa gâche. Elle a l’avantage sur la précédente que sa poignée reste toujours perpendiculaire à la surface de la porte, et qu’on peut l’employer aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur. Les Grecs la connaissaient déjà au commencement du v° siècle.

A l’époque d’Aristophane on commença sans doute à construire en métal le pêne et les pâXavot. Cela permit de réduire le volume de la clé. Les femmes dans les Thesmophoriasousae se plaignent de ne plus pouvoir pénétrer dans la chambre aux provisions, parce que « les hommes maintenant portent sur eux de vilaines clés secrètes, de l’espèce laconienne, avec trois D0' :l(‘^ dents21 ». Une clé laconienne à quatre dents, longue < <’ 14 centimètres (fig. 6355), a été trouvée à Mycoi" Plusieurs viennent d’Égypte; une en particulier 1 1,11 tombeau de Thèbes fort ancien23. Il est donc vraisci blable que la clé laconienne est une invention p-'1' d’Égypte, importée en Ionie, puis de la dans la 1 continentale n. Pline en fait honneur à Théodore.' Samos35, dont on connaît les relations avec Spait

Fig. 0355. - Clé

laconienne.

5g. 267. —22 Coliauscn, op. !.. p. 136-137, fig. 1-3. — 83 Pilt-Uivers, On Ù' ^ ment oflocks and Iceys, fig. ifi.A. — 2t Cf. Iliols, fig. 31, 32. ' Hiv ■

Le système avec ÿ&Xuvoi otclédcmélal est encore employé en Egypte cl i 4i>» 1

iln Nord ; Ucnon, Voyage dans la liasse et la Haute Égypte , I aiii-, 1 ’j fr Allas, pl.cMxix, n" 13 cl Ifi ; E. W. Une, Sitten und Gabrduclie derheutig. t-l/M ^ Irad. Zei.kcr, Leipzig, 1882, I, p. 14, pl. vin; Marqnardl, l ie 2’8 p^kins,

— 20 Doclr. christ. IX, 1 1 (26). — 81 Olinefalsch-Riclilor, O. I. p. . v

Ann. of brit. Sch. IX. p. 190-191, fig. 7 (M «.t«i>i). - 29 Dehrget ic i > ’ ^

— 30 O. I. p. 145. — 3' v. 421 sq. La xxsï; iviitanrroî (Corp. inscr. a • ’ ^olr4

n° 682 c) doit être du type laconien. — 32 Scldiemann, M y cènes, p. 1 4-, l'o* ^ d’Olympie, Bronzen Dhjmp., Atlas, pl. r.xvn. — 33 Diels, p. l,Sj( licirac sclioliaste ad. Arat. Plioen. 192, rapproche la clé laconienne de la c r. ^u|,

ancienne. - 39 l*lin. H. nat. VII, 198. Il s’agit évidemment de la c

„ -qfi n v avait eu"

Thcodoros était célèbre comme fondeur cl comme orlevre. ï

la Skias, l’ausan. 111, 1-, 8".

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