‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 86 sur 137 · S EH · texte numérisé non relu

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« snobisme » auquel la masse «le la population demeura réfractaire22. Arislotereconnaissaitque.si l’esclaveest une propriété, c’est une propriété qui a une aine, xrq|i.x ti ’ép'ju jyov. Les poètes, ceux du théâtre surtout, plus rapprochés de la nature humaine, firent entendre parfois d éloquentes paroles: «pénei oùBsl; ooüXoç, disait l’hilémon . D’autres écrivains ont même émis cette idee erronée que dans la très haute antiquité l’esclavage n’exislail pas2'* ou qu’il n’y avait pas d’esclaves achetés2'*.

En réalité, les coups de force ont de tout temps produit de nombreux cas de servitude. Dans Homère, les esclaves20 sont généralement des femmes, parce que l’industrie d’alors, une très petite industrie, est surtout familiale, se passe d’accessoires mécaniques compliqués et se pratique principalement à la maison, d où les termes de Bjjuôç, Bgigq, tirés de Bogo;, et non, comme on l’a dit, de BopoUo, de même que famulus dérive de familia 27 . Les tentes d’Agamemnon renfermaient un grand nombre de femmes28; les tragédies qui se rattachent au même cycle font chanter des chœurs de captives. Celles-ci, dans cette civilisation à demi-orientale, rendaient encore un autre genre de services : en OrienL, l’esclavage n’a jamais joué un grand rôle; on avait des esclaves pour ses besoins personnels; lâchât ou le rapt des femmes remplaçaient la prostitution réglée qui se rencontre plus lard29. Les hommes cultivaient le champ du maître, faisaient paître ses bestiaux. Des uns et des autres la situation était douce : Eumée le porcher fut élevé avec Ctimène, fille de Laerle ; il menait une existence presque indépendante dans un coin reculé du domaine3'1. Ces êtres déchus jouissaient au moins de la sécurité ; l’isolement était alors si dangereux qu’on voyait dans son maître un protecteur qu’on ne cherchait pas à fuir; Homère semble ignorer 1 affranchissement 31 .

Dans les temps qui suivirent, l’agriculture continua à être la source principale de richesse; alors naquit le servage ; tel est l’état d’ « une famille de paysans établie de père en fils sur une parcelle de terre, dont elle ne peut jamais se séparer et qu elle exploite, moyennant une redevance annuelle, pour un propriétaire riche32 ». Ce régime est l’œuvre de l’aristocratie; il repose sur le principe de Indivision du travail social ; il fallait deux classes dans l’État; l’une pour gouverner et combattre, l’autre pour nourrir la première. Il y a une analogie frappante entre les obligations de l’affranchi et celles du serf, et c’est une indication pour nous. Un affranchi assumait cette condition pour éviter la misère; des hommes libres aussi, leurs dettes les y acculaient. 11 y eut d’abord une série d’engagements isolés, sporadiques, progressivement étendus au point d’englober une partie de la plèbe. Ce système prévalut longtemps à Sparte (hilotes), en Crète (xXtxpwTaiou à<pàaguôTou et gipvxat33), en Thessalie (Pénestes) [uelotae, apiiamiotai, GYMNÉsioi, tuetes], peut-être même jusqu’à la conquête romaine, où fut enfin réduit à rien le rôle militaire de la classe riche; ailleurs, il disparut au

VI, 776 sq. —21 Wallon, de l'escl., I, p. 3 7 2-392. — 22 Guiraud, O. c„ p. 37,. lu l*’i*ancoUe, L'industrie dans la Grèce anc ., p. 239. — 23 Kragm. 39 ap, Mciueke Com.gr. IV, 47. — 24 Herodol. VI, 137. — 25 Tim. ap. AUieu. VI, 2G4 C el 272 B /«>. hist.gr. I, 207, p. 67. — 20 Cf. Tli. Day Seymour, Lifo in the Uomeric age% New York, 1907, p. 258-281. — 27 M. Brcul, Além. de la Soc. de linguistig. VII, p. 449 Cuir and, p. 15. — 28 il. H, 2 20-228. — 29 Ed. Meyer, Die Sklaverei im AUertum p. 18 cl 25. — 30 Od. XIV, princ. — 31 Guiraud, ibid. p. 16-17. — 32 ld. Dropr. fan ciùre, p. 74 sq., 122 sq. — 33 Alhcu. VI, p. 263; llcsycti. ’Açaj*. ; l’oll. III, 83

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plus tard à l'époque hellénistique *, grâce au développement de la classe moyenne et étant admis que le même homme pouvait s’occuper de la chose publique et de scs affaires privées s.

En Attique, les esclaves l’emportaient de beaucoup en nombre, pour l’agriculture \ surtout pour les travaux viticoles*; dans toute exploitation un peu étendue, les travailleurs étaient placés sous l’autorité d un régisseur, £itiaTXTi)c, èniTp&n&s, île condition généralement servile, dont Xénophon détaille les qualités nécessaires6.

Mais plus nombreux encore furent les esclaves qu’employèrent le commerce et l’industrie ; cette autre activité prit en Grèce, au vme siècle, un développement rapide : le sol du pays, souvent rocheux et privé d’eau, put avec peine soutenir la concurrence du blé d’outre-mer 6. Désormais, on se concentre dans les villes et on y entreprend une industrie. Là on s’était, jadis contenté des produits manufacturés des Phéniciens, auxquels on vendait les matières premières; mais l’idée se fil jour enfin de les imiter, pour se passer d'eux ; ce mouvement se dessine d’abord dans les régions côtières ioniennes, puis dans les villes de la Grèce propre en relations avec l’Ionie; c’est à Athènes qu’il atteignit son apogée. Les pauvres de la campagne cherchent une occupation à la ville, mais on ne transforme pas en un jour un paysan en artisan ; un citoyen jouissant de tous ses droits n aime guère à se mettre à la solde d’un autre ; il coûte cher et produit peu. Un esclave reste mieux dans la main du patron, et il est manifeste qu’en général l’entreprise préférait le travail servile1. La population libre s’émut; les tyrans parfois lin *ent compte de ses vœux ; Périandre, àCorinthe, défendit l’importation d’esclaves de luxe 8 ; mais le mouvement était impossible à empêcher ou à endiguer.

D'abord les guerres se multipliaient; c’étaient des hommes libres que la mort y frappait, en réduisant le nombre, et après la prise d’une ville toute la population appartenait au vainqueur ; mais de préférence on tuait les hommes faits, gardant les femmes et les enfants, plus faciles à emmener, même sous faible escorte; en outre, les enfants pouvaient être plus aisément acheminés et entraînés à la vie qui les attendait. On a parlé plus haut des effets de la piraterie; enfin, il s’établit un immense commerce d’esclaves; l’avantage de ce dernier mode de recrutement était d’ouvrir un choix bien plus large que les captures de prisonniers ; on pouvait ainsi puiser dans des races très diverses, appliquer à l’entreprise projetée les travailleurs les plus aptes9, notamment ces barbares10 qu’une existence plus rude, moins raffinée, désignait, plutôt que des citoyens, pour les besognes grossières ou une domesticité absolue ; d’ailleurs celte servitude était jugée conforme à la nature des choses11, alors que quelques-uns, comme Platon12 ou Aristote, regrettaient l'asservissement de tout homme de race hellénique ; or, les guerres éclataientsouvent entre Grecs; sur le tard,

* En Égypte, vu la rareté des esclaves, les grands propriétaires louaient leurs terres à des tenanciers de condition libre, généralement à bon marché; Diod. Sic. , 74; Waszinsky, Die Bodenpacht , Leipz., 1905, p. 58. -- 2 Thucvd. Il, 40; Guiraud, O. L p. 407-420. — 3 Cf. C. i. ait. 1, 274. I. 7 et Ü ; 275, 1. 3 et 5 ; 27G, 1. 3; 277, 1. 0 (fin du vc s.); Thucyd. VII, 27; Aristopli. Plut. 223-226; Xen. Oecon. XII; Tcrent. U faut. G5 ; Dem. XLVIl, 53; de même en Sicile, lierodot. VI, 23. — '* Ilev. ét. gr. IV (1801), p. 3G1, 1. 9; p. 3G9. — 5 Oc. XX, 1G-17; résumé dans Guiraud, Prop. fonc. p. 455-456.

G Meyer, Op. cil. p. 31. — 7 Francotte, L’industrie dans la Grèce anc., II,

p 7 s<j — 8 Njc. Dam. fr. 59. — '*» Francotte, O. I. 11, p. 14. — 10 A Athènes, dès le v° siècle, il v avait des esclaves nègres (Theophr. Char. 21). — H Dcm. III,

les esclaves grecs furent accaparés par les monarques orientaux et le monde romain; il fallut un apport bar bare pour combler tous ces vides13.

Une preuve de l’importance attachée àl’origi ne ethnique des esclaves est dans leur mode de désignation u. Souvent, on laissait à l’esclave un nom particulier, sans l’helléniser, ou on l’appelait d’après son ancienne nationalité barbare: 0pa?, Kip, 'l>pû; sont typiques pour les sujets paresseux et balourds; pourtant de telles qualifications n’emportent pas toujours un sens défavorable En Attique, les esclaves reçoivent aussi des noms de héros, de dieux inférieurs, de personnages historiques, hormis ceux des Tyrannoctones. Mais en somme, dans les tableaux chronologiques qu’on a dressés, c’est l’ethnique barbare qui permet le plus longtemps et le plus sûrement de reconnaître un esclave. Les documents de Delphes13 sont utiles à consulter sur ce point: dans les actes d’affranchissement livrés par les fouilles, on compte très peu d’individus de souche hellénique; et presque toutes les autres races y sont représentées16.

C’est Chios qui inaugura le commerce servile, d’après Théopompe 11 ; peu après, les Thessaliens installèrent un marché à Pagasai18; sur celui de Tanaïs 19 devaient pulluler les Scythes, les Thraces sur celui de Byzance20. Délos, à cet égard, n’eut un rôle prédominant qu’à l’époque romaine 41 . Dans toutes les grandes villes, d’ailleurs, ce négoce florissait; le marchand suivait les armées 22, achetait à bon compte au soldat vainqueur l’ennemi réduit à merci, et qui obtenait la vie au prix de sa liberté [lytra], débarrassait aussi les pirates de leur butin, se faisait lui-même ravisseur d’hommes, puis, lors des grandes fêtes internationales, venait exhiber sa marchandise23. A Athènes, le marché aux esclaves se tenait mensuellement, au renouvellement de la lune24, sur l’agora, dans les xüxXcu25; les esclaves, dévêtus, étaient exposés sur un tréteau, rpa-areÇa 26; belles filles et jeunes gens paraissaient seulement dans un endroit clos. On faisait marcher et courir les sujets, on s’enquérait de leurs défauts, que le vendeur devait déclarer; mais qui ne devine les scrupules de ce genre de négociants? Malgré les pénalités, plus d’un ne so taisait pas faute de tromper les clients. Les prix de vente variaient naturellement dans des proportions considérables21; la rançon des prisonniers de guerre paraît s’être élevée progressivement de deux mines (v6 siècle) jusqu’à cinq, pour si maintenir vers ce dernier chiffre après Alexandre28. Une inscription attique de -41529 nous donne exceptionnellement une série de prix, qui fait apparaître la préférence accordée aux articles syriens. Les actes d’auranchissement fournissent de nombreuses données pour les derniers siècles avant notre ère ; quelques chitlres sont peut-être fictifs, a-t-on dit30; il est possible, en ellet, que le paiement n’ait pas eu lieu; mais Dévaluation devait correspondre aux fluctuations des cours, et cela nous

24; Ai'ist., Polit. I, I, 5. — 12/ft'S/). V, p. «9. — 13 Guiraud, Main-d'œum, p. I"1' — H Max Larabcrlz, Die griech. Slelavennamen , Wieu, 1907. — Cf. B»una« Die delphischen Inschriften , 1684 sq. — 1(5 Guiraud, ibid. p. 104 sq. 17 Ap. •^I*1 VI, 265 D. — 18 Aristoph. Plut. 521 ; Hennipp. ap. Allien. I, 27 sq. l' Sltf XI, 2, 3, p. 493 C. — 20 polyb. IV, 38. — 2lSlrab. XIV, 5, 2, p. 6G8 C. - 22 *cl1- Dell. IV, 1, 2G. — 23 Pans. X, 32, 15. — 24 Aristoph. Eq. 43. — 2ii Harpocr;^. Hesych. s. v. — 2ü Aristoph. ap. Poil. Vil, II. Celle plateforme est appel' u j les Komains catasta, nom qui vient peut-être de x«Tâo-r«<rt;. — 27 Cl. C'n R • morie deli Accad. dei Lincei, 189G. — 28 ps. Arist. Oecon. II, 2, 20; Pc,n* ‘ j 169; Diod. XX, 84. — 2'J C. i. ait. I, p. 152. — 30 Sur ce point Guiraud, > p. 107, note 1.

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f(jt pa moyenne oscillait entre trois et cinq mines pour les deux sexes; les variations les pl us sensibles se rencontrent dans la catégorie des esclaves femmes; pas de limite si elles sont achetées par caprice amoureux; l’une d’elles « monte » jusqu’à 30 mines *. Pour les hommes, l(, ,.jx devait dépendre des talents de l’esclave et de son métier ; des renseignements épars montrent que l’ouvrier mineur s’acquérait sans grande dépense 2 et que l’artisan coûtait beaucoup plus cher3.

(In a essayé d’évaluer le nombre total des esclaves de la Grèce propre 4 : vers 43 2, il y en aurait eu un million environ, et ce chiffre représenterait les trois huitièmes de la population totale; il est sûrement au-dessous de la réalité ; c’est fort exagérer en effet de n’admettre, avec l’auteur de ce calcul, la présence d’aucun esclave dans les contrées de population dorienne ; même en tenant pour trop élevés les chiffres que nous donnent Timée, Aristote pour Corinthe (460000), Égine (470000), et ceux une nous avons pour l’Attique (400000) au temps de Démëtrios de Phalère, en 309 !i, on est conduit à une impression toute différente. De bonne heure, le nombre des esclaves a dépassé celui des hommes libres, c’est tout cequ’on peutaffirmer °. Certes, l’interdiction du mariage, dans l’état de servitude, restreignait grandement la repopulation de l’élément servile, et les c/lx&yevsîç 7 ou oixoïpiês; 8, esclaves nés dans la maison, ne se rencontraient pas dans toutes les familles de citoyens ; pourtant certains indices, procurés par les actes d’affranchissements, donnent à penser que la rigueur de la loi fléchissait bien souvent et que le maître tolérait des redations sans effet juridique, dont il avait, d’ailleurs, le profit : l’enfant, en principe, lui appartenait, et il ne lui déplaisait pas de voir se perpétuer les meilleurs éléments serviles, comme aujourd’hui l’on vise à la reproduction des animaux de bonne race9.

C’est à Athènes que les esclaves, paraît-il, étaient le mieux traités10 ; on peut le croire, en dépit de certaines situations aperçues dans la comédie, où il faut reconnaître sans doute le grossissement habituel au théâtre ". Un mime d’IIérondas 12 met en scène la dureté d’un maître bien vite adouci. En somme, c’est au mauvais serviteur qu’étaient réservés les moyens de correction qui ont été énumérés, plus haut (p. 12G2) Exclus de certaines fêtes, comme les Thesmophories à Athènes13, les sacrifices à Héra dans File de Cos u, ils avaient, dans quelques autres, égalité avec les citoyens, ou même prééminence sur eux : ainsi à Athènes, aux premiers jours des Anthestéries et aux fêtes de Dionysos 13.

11 n’en est pas moins vrai que beaucoup d’esclaves cherchaient à se soustraire par la fuite aux sévices du maître, comme au travail forcé ; plus de 20000 esclaves athéniens accoururent auprès des Spartiates qui venaient d occuper Décélie 10 ; d’autres tentaient, individuellement,

' [Item.] ux, 29 ; Ter. Ad. 191. — 2 Xen. De réel. IV, 2.1; Bœckli, Slciatshaush. éd. Frankel, I, p. 80. — 3 l)cm. XXXVII, 4 el 21. — 4 Beloch, ai-1 lîeeôlkerung der griech. rôm. Wr.lt. Leipz., 1886, p. 506 ; cf. p. 93 sq.

Atlien. VI, 272. — 6 Guiraud, ibid. p. 104; Propriété foncière en Grèce , I’ ,;,s- — 1 Pial. Mm. 82 b\ Polyb. XI., 2, 3 ; Plul. Moral. 277 b. — « Item. 173, 1,1 ; Bekker, Anecd. 1, 286, 16. — 9 Seeck, Loc. cil. — 1° pg. Xeu. Resp. Ath. I, 10; ’1'11 ■ Gec. I, Sur la liberté de langage des esclaves. Dcm. Pliitipp. 111, p. III. — 11 Aristoph. Plut. 21-23 ; Pax. 740-747. — 12 V, lOsq. — 13 Aristoph. Thesm. 294. ~ u Atlien. VI, 202 C. — 1 * Etym. Magn. 109, 16. — 16Thucyd. VU. 27. — n Dein. L,X> 9i Blet. Prot. 2. - 18 Xen. Mem. II, 10, 2; Herodot. IV, 9. — 19 ps. Arisl. 0econ-I|, 2, 34. — 20 i)iod. XXXIV, 2; Polyaen. I, 28 et 43. — 21 Atlien. VI, 267 A. ~ 2S la. XIII, 572 E. — 23 [d. VI, 263 F ; Tliucyd. VIII, 40. — 24 posidon. fr. 35, Muller ; Atben. VI, 272 C. — 26 Oec. VI, 21 ; cf. Mem. Il, 4, 3. — 20 Ilesiod. Dp.

de gagner quelque sanctuaire inviolable, comme le Théseion, le temple des Krinnyes, l'autel d'Athéna Polias, eL plusieurs hors d’Athènes [asyi.ia]. Le fugitif (SiMcer/-,;! était poursuivi par le maître17, qui donnait son signalement el promettait une récompense (cÆuTpa) 18 ; on voit même poindre les commencements d une assurance contre ce risque des patrons19. En dehors de la Sicile et de la Grande-Grèce®8, les révoltes en masse ne furent pas très fréquentes ; pourtant 1000 esclaves quittèrent un jour Samos21 ; autre émeute à Abydos s®, plusieurs à Chios 23 ; au Laurion, en 103, les mineurs massacrèrent leurs surveillants et ravagèrent le pays®4. Il faut retenir ces faits, rapprochés du tableau idyllique présenté par Xénophon26 de la maison d’Ischomachos, pour se rendre compte qu’en Grèce, suivant les maîtres, el suivanl leurs serviteurs aussi, la condition des esclaves était essentiellement variable, très dure ou relevée par une amicale bienveillance.

On les employait à des fonctions de toutes sortes. Sur leur activité aux champs, comme agriculteurs ou gardiens de troupeaux, nous savons fort peu de chose20 [ristica res], mais elle ne fait pas doute ; il se trouve seulement que nos sources mentionnent bien davantage les esclaves occupés dans la maison. La plupart étaient des femmes ; à cet égard, les données de l’épigraphie confirment, dans une large mesure, les témoignages des auteurs27. Les forces féminines suffisaient à broyer ou moudre le blé28, bien que cette pénible besogne fût parfois infligée aux esclaves vicieux 29 ; des femmes encore, d’habitude, fabriquaient le pain et faisaient la cuisine30. La maîtresse de maison, elle-même, filait, tissait, brodait, aidée de ses esclaves 31 . Le personnel domestique comprenait une foule de valets ou femmes de chambre, de préposés dont les attrixutions n’étaient peut-être pas rigoureusement délimitées. Les textes mentionnent ràyopaxxijç, qui allait au marché 3®, le portier (Ouptopô;) [janitor] 3\ l’ûSpotpdpo; 31 pour porter l'eau ; les esclaves cuisiniers, sauf exceptions rares, n’apparaissent pointavantle ive siècle35. Le maître, d’ordinaire, déléguait la direction du ménage à sa femme; mais celle-ci, dans les grandes maisons, s’en reposait sur le Tcpoutix-r,; ou £7ti<7Tarriç, èm'xpoiroç 30, assisté parfois d’un TajAtaç 31ou d'une xapuV38. Elle avait, en général, sa servante préférée (aêpa 39 ou xopquôxpia 40), pour les services intimes; un texte nomme le Àaravo-pdpoç 41, et cette fonction, ajoutée à bien d’autres, atteste le gaspillage de main-d'œuvre. « Un esclave pour chaque chose », conseillait Démocrite ‘L Mêmeles philosophes, comme il appertde leurs testaments, conservés par Diogène Laërce, possédaient un grand nombre d’esclaves, y compris Aristote qui blâmait cet abus43. Les serviteurs vraiment utiles, nourrices (xîxOai), ou pédagogues 44 qui accompagnaient les enfants 40, formaienlla minorité ; laplupart avaient un rôle d’apparat ;

406, 470; Scliol. Tliucyd. I, 141; Lucian. V. nurt. 7, 11. — 27 Guiraud, Maind’œuvre, p. 125. — 28 Lys. I, 18 ; lleroud. VI, 81-81. — 29 Déni. XLV, 33. — 30 Pherccrat. ap. Alhen. VI, p. 263 H ;Tlieoplir. Char. 4; Xen. Oec. X, 10. — 31 Xen. ibid. VII, 6 et 36 ; Polyaen. VI, 1, 4 et 5. — 32 Xen. Mem. I, 5, 2; Oec. VIII, 22. Atlien IV, 171 A. — 33 ps. Arist. Oec. I, 6; Plat. Prot. 314 c; Plut, lie curios. 3.

— 3V Lucian. V. auct. 7. — 35 Atlien. XIV, 658 F; Plut. Alcib. 23; cf. coquus, p. 1499. — 36 plut. Per. 16 ; de nobil. 20 ; Aristol. Polit. I, 7, p. 1255. — 37 Arisloph. Vesp. 613; Eq. 947 ; Diog. Lacrt. II, 74. — 38 Xen. Oec. IX, Il ; X, 10.

— 39 Suid. ; Meu. ( Com . fraym. IV, 87 , 201, 224). — 40 Aristoph. Eccl. 737; Plat. Itesp. II, 373 c. — 41 Plut. Mov. 182 C. — 42Stob. LXII, 45. — 43 p0l. Il, I, 10.

— 44 Pottier et Reinach. Nêcrop de Mi/rina. Paris, 1887, p. 396, pl. xxix, 3, et p. 454-5, pl. xlii, 2; Jalirb. d. Inst. III (1888), p. 253. — 45 Xen. Itesp. Lac. Il, 1; Plat- Leg. VII, 808 d.

généralement, un esclave (àxdXcuÛo;) se tenait aux côtés du maître ou de la maîtresse dans leurs sorties ' ; les gens riches se faisaient suivre de toute une escorte s.

Ajoutons que, comme les demeures particulières, les sanctuaires avaient leurs esclaves [uieroduu]. L’État en occupait très peu [demosioi] ; à Athènes 3, ils étaient balayeurs, bourreaux, archers de police, gardiens des poids et mesures étalons, ouvriers monnayeurs. Sur un chantier d’Éleusis, on trouve aussi des B^jxotnoi 4, mais en somme celte forme du socialisme d’état, qui mettait les professions aux mains des esclaves publics, eut en Grèce très peu d’expansion 5. Quelques exemples en Asie : à Didvmes, des Uoot Ttaïîeç r‘, esclaves sacrés, appartenant en réalité à la ville de Milet, travaillaient à la construction du temple d’Apollon ; Milet encore entretenait des esclaves (S-quoTta'. ou o-qu/ktot Ttaïosî) pour soigner ses troupeaux communaux (origodia upd^ava) et recueillir les laines; peut-être aussi, dans des manufactures, pour la fabrication des étoffes, vêtements et tapis7. Les rois de Pergame possédaient de même leurs paaiÀixot ou ffatn- Xtxat iraîBsç, leurs fabriques de parchemins et d’étoffes, leurs briqueteries, dont les produits faisaient concurrence à l’industrie privée 8. En Égypte, les premiers Ptolémées avaient sous la main de nombreux prisonniers de guerre, de race exotique. De ces esclaves du roi, les uns durent être employés, en même temps que des ouvriers libres, aux travaux publics; d’autres vendus ou loués à des particuliers9 ; un papyrus, de 265 environ 10, mentionne, semble-t-il, la rémunération due au trésor royal pour cette location.

Il serait superflu d’indiquer tous les textes qui signalent des esclaves adonnés à quelque industrie, comme menuisiers, tailleurs, droguistes, forgerons, luthiers, tanneurs, armuriers, ébénistes, cordonniers, etc...". Ce sont des esclaves que les auleurs montrent à l’ouvrage dans tous les ateliers dont ils parlent ; aux mines également, les travailleurs sont presque toujours de condition servile [met alla].

L’école socialiste moderne a prétendu que le travail des esclaves ne valait pas celui des citoyens1'2 ; l’exemple de la Grèce ne vient pas à l’appui de cette opinion ; elle parait judicieuse quand on envisage la combinaison très simple suivant laquelle le patron loge, nourrit, habille son serviteur et l’astreint à la tâche ; mais celte combinaison était rare 19 (les esclaves domestiques mis à part) à cause de ses graves inconvénients : les vieillards ou les adolescents travaillaient peu ou mal et, en cas de chômage, l’industriel n’avait pas la ressource de réduire ou de congédier son personnel. Celui-ci ne rapportait rien, et il fallait le nourrir. D’où l’habitude qui se prit de louer des esclaves au lieu d’en acheter ; lorsqu’on manquait île bras, on en empruntait aux gens qui en avaient trop, et on en trouvait en un endroit spécial de la ville où se tenaient les ouvriers, libres ou non, en quête d’ouvrage". Les gerOoiTot mentionnés par les inscriptions devaient être souvent des esclaves loués. Même certains capitalistes achetaient des individus, non pour les em-

i Arisloph. Kccl. 593 ; Lys. XXXII, 16. — 2 Déni. XXXI, 1 57-159 ; X XXV, 45 ; Xen. Mem. I, 7, 2. — 3 Cf. Waszinsky, De servis Âthen. pub icis , Berlin, 1898. — * C. i. ait. Il, 834 b ( add .), col. II, 1. 31. — 5 Guiraud, Main-d'œuvre , p. 122, 135. — 6 Ou oî toù ôeo a narôe; ; cf. B. Haussoullier, Ktud. sur V histoire de Milet , Paris, 1902, p. 158, 162, 167, 172 sq., 2il sq. — 7 Haussoullier, ihid. p. 250. — 8 M. Fracnkcl, Jnschr. v. Dergamon , 249 et commentaire, 251 ; une partie de ces esclaves, les plus anciennement achetas, furent affranchis par le testament d’Attale III. — 9 A. Bouché-

ployer chez eux, mais pour spéculer sur le besoin demain d’œuvre des entrepreneurs et négociants et Xénophon conseillai là l’État d’imiter cette spéculation, en louant des travailleurs aux concessionnaires de mines. 11 n’est pas douteux que beaucoup d’esclaves étaient entièrement chargés de l’entreprise de leurs patrons, auxquels ils servaient une rente lixe, le surplus grossissant leur pécule On a prouvé 10 que l’abondance extrême du travail servile n’avait nullement tué, ni même fort compromis le travail libre dans l’ancienne Grèce. La plupart des cités notamment Athènes, regorgeaient de petits artisans citoyens, d’étrangers ou métèques, de toutes conditions patrons ou ouvriers, et enfin d’affranchis dont la situation, les occupations tout au moins, ne différaient guère de ce qu’elles étaient durant la servitude ; les textes littéraires ou épigraphiques, lorsqu’ils désignent des travailleurs, ne permettent que rarement de reconnaître leur état civil.

En définitive, le travail servile, plus rémunérateur que l’autre, faisait du tort à ce dernier ; on a pu se rendre compte 17 que le salaire de l’artisan, même en dehors d’un chômage prolongé, « était généralement supérieur à ses besoins personnels, mais inférieur à ceux de la plupart des ménages athéniens ». L’expérience qu’il en faisait éLait décourageante; il était fatal aussi que, dans une démocratie où il avait les mêmes droits politiques que les riches, il en vint, à prendre les idées des riches, à dédaigner le travail comme eux et vouloir s’en exonérer. Les besogneux, qui formaient la majorité de rassemblée populaire, et les démagogues, qui la flattaient, organisèrent un système de secours publics pour mettre les classes inférieures à l’abri du besoin. Pour cela, il fallait dépouiller les propriétaires ; à Athènes par des lois fiscales, ailleurs par la violence, on les appauvrit, les ruina; ceux qui les remplacèrent eurent souvent même sort à leur tour. Polybe,8a parfaitement discerné les suites inévitables de ces massacres, exils et spoliations: la paix fut rétablie par l’arrivée d’un despote qui maintint chacun à sa place, le peuple romain 19. Tels furent en Grèce les effets de l’esclavage.

Rome et l’Empire romain. — L’histoire romaine présente ce phénomène étranger à l’histoîre grecque : une cite unique étendant peu à peu ses possessions jusqu’à devenir maîtresse de la plus grande partie du monde alors connu. G ne série de guerres heureuses a amené ce résultat. Si la cité victorieuse avait appliqué le système de l’égorgement des vaincus, sauf pour les femmes et les enlanis, elle eût dépeuplé les territoires conquis et se fût encombrée d’un nombre d’esclaves exorbitant. Dès l’origine, elle usa d’une autre méthode, « conquit des homme:' libres comme on faisait des esclaves20», s’assimila h'* peuples voisins en les associant aux privilèges de la cil' • ou en les laissant d’abord à un degré inférieur, d où i parvinrent progressivement à s’élever21. Primitivement, du reste, le Latium ne connut que l’économie familial' rigoureuse et sans faste; la classe libre était formée paysans, laboureurs-soldats, ne connaissant daulo

Leclercq, flist. des Lapides, IV (1907), p. 121 . — 10 Hiheh Papyri,l9. - " 1,00 raud, O. I., p. 127 sq. — 12 V. notamment Karl Mars, Le Capital , 1, P — 13 Francotte, Op. ait. Il, 8 sq. — U l’hiloclior. fr. 73, Müller; Guiraud, F" p. 130 sq. — 15 Hyperid. fragm. 135 Didol ; Xcn. Ue vect. IV, 14-10. 1,00 ^

ihid. X. — U Guiraud, p. 193. — VI, 9. 8 9. —19 Guiraud, p. 209-21 1 • — - '

loi, Bist. de l'escla u. Il, p. 3. — 2' llcnys d'Halicarnasse (II, 16) signale ce . . i

fécond, qu’il fait remonter à Romulus, en raison de sa liante antiquité.

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richesses que lu len-c cl,scs produits ; pecuniu, pascua désiirnaient la richesse et les revenus publics ; le riche s’appelait locuples , l’homme « qui a du fond1 » ; mais ou l’estimait moins que l’agriculteur éprouvé *, et l’on voulait (pie l’étendue du champ possédé par un père de famille ne dépassât pas la mesure de ses forces3. Régime d’«ÙToupYol> c°mme dit encore Denys d’Ilarlicarnasse \ et où suffisait, bien souvent, un seul esclave par foyer 3. ,\u service intérieur, les femmes pourvoyaient, comme dans la Grèce héroïque6, et les métiers, source de luxe, passèrent pour avoir été d'abord interdits aux citoyens7. Mois les guerres fréquentes ruinaient le plébéien, qu’elles empêchaient de cultiver ses deux arpents ; il devait emprunter, et le champ familial, garantie de sa dette, passait au patricien, parfois avec la personne du débiteur insolvable. Cette extension de la propriété rompit l’équilibre entre le travail libre et le travail servile8 ; on se mit plus souvent à employer les bras de l’ennemi capturé; les guerres du dehors, entraînant les Romains vers une nouvelle civilisation, leur communiquaient le goût du luxe, les habitudes de loisirs, et justement les besoins multipliés d’esclaves coïncidaient avec des facilités plus grandes pour en accroître le nombre ,J.

Dupuis la conquête de la Sicile, les ventes de prisonniers so multiplient; c’est par milliers à la fois que se chiffrent les hommes réduits en servitude 10: Sardaigne et Corse, Gaule Cisalpine, Espagne 1 1 fournirent d’énormes contingents, qui devaient encore être dépassés par ceux que César préleva sur la Gaule12. A ces barbares, la nouvelle aristocratie, plus raftînée, frottée d’hellénisme, commençait à préférer les sujets grecs et orientaux ; les guerres du dernier siècle de la République lui donnèrent ample satisfaction : Épire, Macédoine, Achaïe, Cilicie, Pont, Chypre, etc... contribuèrent à cet enrichissement 13, cl dans une mesure telle que, parmi les récits qui en sont faits, quelques-uns paraissent légendaires. En province aussi, et même chez les princes clients, on perdait la liberté pour dettes : Marins, ayant demandé à Nicomède des auxiliaires, eut cette réponse que presque tous les Hitliyniens valides avaient été emmenés comme esclaves et dispersés par les fermiers de l’impôt14. Enfin, après la ruine des marines indépendantes, carthaginoise, rhodienne, etc..., les pirates, devenus maîtres de la mer, procédaient sur les côtes à de hardis coups de filets et venaient vendre à Sidé 1 3, ou à Délos 1G, leur cargaison, énorme sans doute, quelque réduction qu’on fasse subir aux chiffres invraisemblables de Strabon 17 .

Le système grec de la vente au camp, après la bataille, ne tomba naturellement pas en désuétude18. Les marchands avisés parcouraient de préférence l’Asie Mineure et la Syrie19; Horace donnait à l’un d’eux le nom de « roi deCappadoce 20 ». C’étaient ordinairement des Grecs,

qui se rendaient ensuite à Rome, où la demande et l âchât étaient formidables ; mais des Romains de naissance, comme Caton le Censeur, prenaient part à ce commerce, achetaient de tout jeunes esclaves, et les revendaient à meilleur prix, dressés et éduqués 21 . Comment ces ventes se pratiquaient, l’exemple de la Grèce l’indique; il n’y fut rien changé, sauf que l’adresse des marchands s’y montra plus grande encore, la loi romaine étant plus sévère eL plus ingénieuse pour traquer le mauvais marchand, peu enclin a dévoiler les vices cachés [heduiiutohia actio].

Pour le prix desesclavesà Rome, nous avons une foule de données, si considérables même que l’établissement d’une moyenne en devient impossible32 ; les circonstances étaient pour beaucoup dans la fixation des cours.

La question du nombre total des esclaves, dans la capitale et dans l’Empire, de leur répartition dans les diverses provinces, n’est pas moins épineuse. A l’origine, ce nombre était très faible; Rome, dont le territoire annexé demeurait peu étendu, avait besoin de soldatscitoyens, et devait éviter d’accroître les forces des ennemis campés à ses portes, par une population servile prête à l’émeute, à la fuite, à la trahison. Quand toute l’Italie ne connut plus qu’une seule domination, on prit moins garde au danger, très réel encore. Les révoltes d’esclaves pouvaient fournir aux citoyens ambitieux une ressource précieuse, une occasion et un instrument23. Signalons seulement la conspiration de 319 av. J. -G., qui visait l’occupation du Capitole24, les révoltes de 198 (Latium), 196 (Étrurie), 183 (Apulie)25, les guerres serviles de Sicile, où tant d’esclaves étaient éparpillés sur les latifundia, en 134-2 et 103, et surtout celle de 73-2, dont Spartacus fut l’âme26.

Beloch n’a tenté que des évaluations isolées, de détail 21, tablant timidement sur la proportion d’un esclave par deux hommes libres, qui était celle de Pergame au 11e siècle28; en ce cas, il y aurait eu à Rome, en 5 av. J.-C., 280 000 esclaves; au temps des révoltes, la Sicile en aurait compté environ 400 000 29 ; dans tout le reste de l’Italie, vers la même époque, un million et demi à peine; quanta Spartacus, il ne groupa que 120 000 hommes30, et on en tua 113000 eu trois batailles31. En somme, peu déchiffrés, même vraisemblables. Mais d’une part la multiplication des services d’état, due à l’extension de la puissance romaine, et de l’autre l’influence des mœurs grecques, que la conquête avait propagées en Occident, tendaient à l’accroissement des deux catégories d’esclaves : servi publici , servi privali3'2.

Servi publici. Ceux-ci nous l’avons vu, étaient assez peu représentés dans le monde grec, excepté dans les royaumes hellénistiques; il en va tout autrement dans le monde romain. Le fonctionnement des magistratures et

1 I lin. //. nat. XVIII, 3, 1 1 : loci , hoc est ayri, plenos. — 2 Cal. De re rust. Puni". ; l’im. XVIII, 3, 18 si). — 3 Imbecilliorem at/rum qunm ayricolam esse ’lehere (ColumcII. De re rust. I, 3, 9). — 4 IX, “27, 3 ; cf. Il, 70. — 5 V. lu cas *' i 1 1 ' - u 1 n - au lumps de la première guerre puuique (Val. Max. IV, 4, 0 ; aild. 11 : l“iucos servos). - 6 Plia. XVIII, II, 107; Virg. A en. VIII, 410; ColumcII. ' ' Xù, praef. 7. — 7 Dion. Haï. IX, 2a, 2; cf. Il, 28, I. — 8 Ancicnnciucul’

I '"'(''(''l tcuvre se renouvelait par les rejetons des esclaves ; on s* (Mail accoutumé .( compter sur ce produit, comme sur les autres, chaque printemps, d'où le nom

cerna. 9 Wallon, Op. cit. Il, p. 15 ; 15. Kœser, De capter ts Homanorum , ussae, l.*04. Le droit ne faisait pas de différence entre captivi et servi ; cf. Porn- 1'' " ' 7l,f/' I'. K*, 239. — 10 V. les nomenclatures rapportées par Spcck, llan- "elsguch. des Altertums, Leipzig, 111,2 A (1906), p. 104 s<|. — U Liv. XLI,

II cl Appian. Disp. 99. - 12 Dell. Gall. III, 10. lin une fois il vend

’ 6116 Sommes (i6«L Il, 33, 7). Ajoutez les chiffres, sans doute exagérés, d’Appicn,

vin.

Gall. 2, et Plut. Caes. 15; Pomp. 07, 6. — 13 Liv. XLV, 34 ; Cic. Ai Alt. V, 20, 5 ; Plut. Cal. Min. 39 sq. ; Appian. Mithr. 78 ; dans l’armée de Lucullus on aurait pu acquérir un esclave pour quaire drachmes! — H Diod. Fraym. XXXVI, 3, 1.

— 16 Strab. XIV, 3, 2, p. 064 C. — K» Honiolle, Dutl. corr. hell. VIH (1884), p. 98.

— H XIV, 5, 2, p. 068-609 C. — 18 Liv. XXXIX, 42 ; XLI, 11; Caes. II. Gall. Il, 33, 6. — 19 Plant. Merc. Il, 3, 390 et 415; ou conuait le mot de Juvènal sur rOronle qui se déverse dans le Tibre [Sat. III, 02). — 20 Ep. I, 6, 39. — 21 plul. Cal. Major, 21. — 22 Cf. Wallon, O. I. 11. p 159 sq. ; cf. V. Macchioro, /tir. d, stor. ant. N. S. X. (1906), p. 201 sq. — 2.1 Cf. Liv. III, 15, 16. — 24 |d. IV, 45.

— 26 Id. XXXIII, 30; XXXIX, 29 et il. — 26 Cf. O. Siefcrl, Die Slaecukrieye, Alloua, 1860; Bûcher, Die Aufslünde der unfreien Arheiter, Frankfurt, 1874.

— 27 Die BevSlkerung, p. 404, 413 sq. — 28 Galen. V, p. 49, Küliu. — 28 Beloch, O. I p. 299-301. — 30 Appian. U. civ. I, 177. — 31 Liv. Epit. 96 , 97 — 32 plaut. Ca.pt. Il, 2, 334-335.

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les travaux de l’État comportaient des emplois subalternes, auxquels les citoyens suffirent d'abord; mais quand ceux-ci furent plus régulièrement retenus à l’armée, il fallut pourvoir à leur remplacement; les esclaves y aidèrent. Il n’était pas difficile à l’État de s’en procurer: au lieu de vendre tous les prisonniers, le général victorieux n’avait qu'à en conserver une partie, pour la familia pub! ica ; Scipion en réserva ainsi 2000 en 210 av. ,1. C.. après la prise de Carthagène, promettant la liberté à ceux qui se signaleraient par leur zèle et leur docilité1 ; après la retraite d'ilannibal, divers peuples3 furent réduits à cette condition en châtiment de leur révolte 3. De plus, l’État étant propriétaire des biens des proscrits, les esclaves de ceux-ci devenaient servi publici'. Parfois même il en achetait3, mais il arrivait que l'achat fût une formalité, immédiatement suivie d’affranchissement, pour récompenser des esclaves privés qui avaient rendu service à la nation, dans un incendie6, lors d'une conjuration ’, ou autrement. L’acquisition, sous la République, était faite par les censeurs8; sous l’Empire, quelques princes donnèrent des esclaves à l’État : Auguste disposa ainsi de ceux qu’il avait hérités d'Agrippa3 ; Alexandre Sévère fit de même10. L'affranchissement des esclaves publics élait, en principe, décidé par le sénat; après Dioclétien, par les empereurs".

Ces esclaves ne portaient souvent qu’un nom 12 ; d'autres fois il en avaient un second, celui du général vainqueur qui les avait procurés à l’État, nom auquel s’ajoutait le suffixe anus1'. Exclus des munera et des honores ", les publici P. I{. pouvaient en revanche représenter l'État dans certains actes juridiques13. En règle aussi, le service à l'armée 1,1 leur était interdit17, et seulement dans des cas d’extrême nécessité il fut fait infraclion au principe [dilectus.volones], par exemple après la bataille de Cannes 18 ; mais ils étaient admis dans les bureaux militaires ou, en campagne, à la suite des riches Romains, pour les travaux manuels [calonesJ. On les rencontre en masse au service du culte, comme desservants du culte même 19 ou auxiliaires des collèges des prêtres [augures, fetiales, pontifices, squales], notamment des Arvales [arvales fratres], qu’ils assistaient dans les sacrifices [sacrificium] et les piacula [piaculum], ou encore comme gardiens des temples [aedituus] ; en nombre bien moindre au service des magistrats, principalement des consuls [consul] et des gouverneurs de provinces; ils fournissaient des scribes au tabularium des censeurs à Rome, des lecteurs aux édiles 20, des gardiens pour les sièges des tribuns de la plèbe2’.

Sous le poids des services publics, successivement accrus, les corporations professionnelles, formées par l’initiative privée [artifices, collegium, sodalitas], commencèrent à plier au m” siècle avant notre ère; les corporati trouvaient la charge trop lourde, mais l’État les

1 Polyb. X, 17, 9 ; Liv. XXVI, 47. — 2 On citait notamment les Brultiani, pris longtemps à tort pour des esclaves publics; cf. Ruggiero, Dis. ep. s. v. — 3 Appian. Hann.

61 ; Slrab. V. 4, 13, p, 251 C. — 4 Nombreux exemples à la fin de la République ; cf. Appian U. civ. I, 100 ; Dio Cass. XXXIX, 23 ; Cic. Pro Sest. 20, 57 ; Flor. III, 9, 5 (= I, 44i. — 5 Tac. Ann. II, 30; III, C7 ; Dio Cass. LV, 5, 4; Dion. Hal. I, 40

— 6 Liv. XXVI, 27 — 7Id. XXXII 2G ; cf. XXVI, 33 ; XXVII, 3; Plut .Syll. 10, 2, etc!

— * Mommsen, Dr.publ. tr. fr. IV, p. 135 n. 2.-9 Fronlin. De aq. 98 —10 Lamprid. v. A!. Sev. 34, 2. — H Léon Halkin, Les esclaves publics sous les Domains , Bruxelles, 1897, p. 22-32. — 12 C. i. lat. 2344-2345. — M Ibid. 23o7, 2327 2354, etc.; Dio Cass. XXXIX, 23, 2. — 14 Mommsen, Op. cit. I, p. 3G2

— 15 Halkin, p. 41-44. — 16 On les admettait plus volontiers, dans la marine de guerre [classiarii, clas.vs]. — *7 Sous peine de mort : Marcian. Dnj. XL1X, 16

força par des prescriptions vexatoires, à rester dans I corporations22. Les esclaves d’État concoururent dès I République, à assurer quelques-uns de ces services / les en écarta peu à peu ; leur recrutement devenait />„ les Antonins, assez difficile, et les empereurs s’appln ,, dissaient de leur disparition progressive, car du même coup le sénat voyait se restreindre ses pouvoirs.

Le service des eaux [cura aquarum, aquarii] avait d’abord été confié à des entrepreneurs, qui s’aidaient de servi opifices leur appartenant23. En .‘13 av. J.-C., Agri]i|n y avait généreusement affecté, à ses frais, une familia privata de 240 esclaves, qu’il légua à Auguste ; celui-ci leur maintint cette destination ; Claude créa de nouveaux aqueducs et une seconde escouade d’esclaves, familia Caesaris n. Les inscriptions donnent comme litre général : servus publiais stationis aquarum 23 et distinguent castellarii , circitores, vilici , supra formas ; esclaves (ou affranchis) sont en général les plumbarii , le secrétaire de la ratio aquarum. Après Hadrien, les servi de la familia publica ne durent plus exister23.

Pour l’extinction des incendies, les triumviri capitales avaient sous leurs ordres des esclaves publics, mais trop peu nombreux; aussi quelques particuliers entretenaient à cet effet des familiae privalae 2\ qu’ils prêtaient gratuitement, pour se rendre populaires 2S. Auguste transféra ce service aux édiles curules, assistés de 600 esclaves29, et peu après aux vicomagistri ; chaque région de Rome obtint ses pompiers 30. En 6 enfin, il les remplaçait par 7 cohortes de Vigiles [vigiles].

Les opéra publica eurent aussi leurs publici3', les manufactures de l’État [fabrica] et la poste, au moins à l’époque impériale, sinon avant [cursus purlicus]. Des esclaves publics faisaient fonction de bourreaux [cahnifex] , d’autres composaient le personnel de la bibliothèque au portique d’Octavie [bibliotueca] 3a. 11 y en avait d’employés aux archives et écritures officielles [commentarienses] ou dans l’administration .financière33, maison ne trouve comme exadores tribulorum que des esclaves impériaux 34 ; à la même classe appartiennent les horrearii ou custodes des greniers publics [horrea].

Beaucoup de villes, quelle que fût leur condition (municipe, colonie, etc ..), avaient également leurs esclaves publics 3S, qui les représentaient dans divers actes juridiques, leur servaient de percepteurs (adores) pour les revenus communaux36, assistaient les prêtres ou gardaient les temples ; les assemblées provinciales et les divers koina pouvaient aussi posséder des esclaves1'. Enfin les servi publici des villes tenaient les emplois variés que nous les avons vus remplir à Rome38.

D’une façon générale, les servi publici cédèrent le pus à la familia Caesaris , et même dans les cités ils reculèrent devant les employés de condition libre 39.

Servi privât i. Il y en a plusieurs classes. A l’origine, un

il. — 18 Liv. XXIII, 14. — 19 Culte d’Hercule ( liai kin , p. 49-53). — 20 Gcll. IV- aU. XIII, 13, 4. — 21 Mommsen, Uni. I, p. 368, n. 4. — 92 Wallzing, Corporatio »s professionnelles , Louvain, 1896, II, p. 6-348. — - 23 Fronlin. De aq. 90. — "

116. — 26 C. i. Int. VI, 8489. Moulions expresses seulement pour 1.-1 nio vêtus . 2343, 2345, 8493. — 2ù o. Ilirsclifeld, Die kaiserl. Verwaltungsbeaniten, 2 Berlin, 1905, p. 275-7, 282-3. — 27 pau|. Du/. 1, 15, 16. — 28 l)io Cass. LUI, 24, 4.

- 29 Id. LIV, 2, 4. — 30 c. i. lat. VI, 2342. — 31 Ibid. 23 30-7. — 32 Cf. Caf!"nl- Des bibliothèques publiq. dans l’Empire romain, Paris, 1906 {Mém. de l Acu'l des inscr. XXXVIII, 1). — 33 Mélang. de Rome, XXIII (1903), p. 381 . — 34 lll,‘ sclifeld, Op. laud. p. 75, note I. — 33 Halkiu, Op. I. 2' partie. — 30 D'où l'expression ser(vus) act(or) : C. i. lat. XI, 2714; Eph. ep. IV, 834 — 37 Bull. corr. hell XIV (1890), p. 621 , n° 21. — 38 Halkin, p. 166-191. —39 Halkin, p. 223-230.

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ii([ (igciave servait le maître à la ville et à la campagne \ '■urlouL à la campagne, où vivaient les premiers Romains. Il ,i|ait comme un membre de sa famille (familiuris) ; n ind les esclaves se multiplièrent, ils restèrent des famitiures*, aussi longtemps qu’ils vécurent autour du palerfmnilias- Mais les mœurs changèrent, les riches prirent ,l,.s goûts de citadins, et la maison se scinda en familia rusticael /'amitia urbctna , la première réléguée en quelque sorte loin des yeux du maître, qui lui restait inconnu.

L’esclavage rural n’a pas eu partout le même développement. Très longtemps, l’Italie du nord y demeura étrangère; au iic siècle de l’Empire, dans la région de Côme, j(!S champs étaient encore, sous l’influence des usages celtiques, cultivés par des travailleurs libres3 ; ceux-ci prédominaient au moins dans les contrées élevées de l’Apennin, mais en plaine c’était bien vite le régime des latifundia, notamment en Élrurie4 et en Sicile. Une véritable hiérarchie se constitua dans le personnel agricole : en tète, le régisseur ( villicus ), au-dessous des surveillants de second ordre ( monitores ) 5, les conducteurs de travaux ( magistri operum et singulorum oj]inorum ), gardes des bois6 et des champs ( saltuarii ) \ pour ne citer ici que les titres les plus répandus. Puis une variété, presque infinie dans les grands domaines, de spécialistes chargés dans les champs, les vignobles, les plans d’oliviers, les jardins, les vergers, à la ferme, aux étangs, à la basse-cour, de cultures particulières ou du soin d’animaux différents [villa]; en outre, pour assurer l’équilibre et la régularité du travail, un certain nombre de mediastini “, hommes à tout faire, qu’on transférait, suivant les besoins, d’un service à l’autre. Beaucoup de ces esclaves, punis pour quelque forfait, vivaient enchaînés cumpes], dans des ateliers (ergastula) souterrains, éclairés par d’étroites fenêtres où leurs mains ne pouvaient atteindre5; quelques-uns de leurs pareils faisaient la police, liant et frappant avec des courroies [lorarius] leurs camarades pris en faute. Sur ces exploitations rurales, on trouve des renseignements et des théories dans le De re rusticn de Varron et dans celui de Columelle. Mais l’organisation primitive de la villa, où les esclaves étaient divisés en décuries10 et répondaient à des appels périodiques, vint bientôt à se disloquer. Le prix plus élevé des esclaves, le rendement amoindri du sol amenèrent les propriétaires à émanciper leurs esclaves contre une rente fixe; les travailleurs agricoles se transformaient en serfs de la glèbe. Dès la fin de la République, on voit des esclaves placés sur le fonds comme colons11 ; d’autres à qui le patron loue le fonds et donne les bœufs 12. L’esclave cesse R être un simple instrument matériel aux mains du patron, devient vis-à-vis de lui un contractant13. Sous

l’Empire, en général, le propriétaire réserve la meilleure partie de ses domaines, autour de la villa proprement dite, et la fait travailler par sa familia ou celle de son fermier général. Le reste est divisé en petites parcelles où sont les colons 11 [colonus, latifundia],

C'esL dans la familia uvbana que l’esclavage prend sa physionomie la plus caractéristique. A vrai dire, l’influence de la Grèce est ici très sensible ; elle se fait sentir dès l’époque républicaine, le théâtre nous permet d’en juger13 : esclaves, hommes et femmes, y abondent, tiennent généralement les fils de EinLrigue. Dans la comédie nouvelle, chez Ménandre en particulier, el dans toutes les œuvres grecques ou latines qui en dérivent, que trouve-t-on invariablement? « Courtisanes de condition servile, rêvant de conquérir à Lout prix leur liberté; esclaves gourmands, grossiers, égoïstes, menteurs, indiscrets, extraordinairement impertinents, au demeurant susceptibles de fidélité el d’attachement à leurs maîtres16. » Quand Rome eut conquis tout l’Orient grec, le luxe de la domesticité devint extravagant. Il faut renoncer à énumérer tous les noms sous lesquels on trouve désignés les mille emplois 11 entre lesquels se partageait le service au dedans et au dehors de la maison. Comme la familia rustica , la familia uvbana est divisée en décuries commandées par des décurions18. Les chefs sont choisis parmi les hommes de confiance ( ordinarii ) |,J, ceux-ci secondés au besoin par des lieutenants ( vicarii )20. Toutes les fonctions sont hiérarchisées. En tête, si le maître ne gère pas lui-même, est un procurator21 , fondé de pouvoirs, dont le principal agent (' actor ) est ordinairement un comptable22; les comptes de la maison sont tenus par le dispensait)!' urbain 23, qui règle les dépenses et a sous sa dépendance le conclus promus ou cellarius, qui s’occupe particulièrement de l’approvisionnement et a les rapports direcLs avec les boulangers, les meuniers, dont sont pourvues les grandes maisons 21 , et avec le nombreux personnel de la cuisine [coquus] . Toutes ces attributions étaient réunies anciennement dans les mains de I’atriensis, 1’ atrium constituant alors à peu près toute l’habitation [domus] ; quand elle se fut agrandie, il resta chargé de la garde et de l’entretien des appartements et de leur mobilier, ayant sous ses ordres d’autres esclaves dont les noms indiquent les fonctions : diaetarius ou diaetarcha 25, scoparius 26, ad imagines ”, a sacrario 25 supellectiearius [supellex], ab argento, ab auro 29, a crystallinis 30, etc., ou bien ils sont désignés simplement comme alriarii3'.

A Rome, le portier [janitor, ostiarius] est un esclave inférieur, qui a de bonne heure remplacé le chien de garde à la porte d’entrée sur rue et. comme lui, il est enchaîné 32.

1 fün. a. ml. XX XIII, 6, 10 : Juven. XIV, 07 cl 108. — 2 Son. Ep. XLVII, 14; Plut. I oriol , 24; Colun). I, 63 cl IS ; Macrob. I, 1 1, II. — 3 plin, Epist. III, 10, 7 ; nam ncc /'■ imirjuam vinctos habeo , nec ibi quisquam. Par deux l’ois il emploie colonorum.

I lut. li. Or. 8, 5 ; Martial. IX, 22, 4: Et sonet innumera compede Tuscus l]"' 5 Colum. I, 9, 4 et 7 ; Paul. Soit. III, 6, 35. — 0 Colum. I, 8, 9 et 17 ;

M, 1,27. 7 c.i. lut. V, 5548, 5702, etc.; Dig. XXXIII, 7, 12, § 4; VI 1,8, 10, § I.

* Co[um- h I U, 12, 7.-9 Col. I, 6, 3 et S, 10 — '0 ld. I, 9, 7. 1 ■ Uremer, Jurisprudentiae antehadrianae quae supersunt, Lipsiae, 1896,

r iri i (%. XXXIII, 7, 12, 3-0». — Ci Ibid. p. 201-2 (Dig. XV, 3 et 16).

. nlc 1 ^ ■ ml. X VU I , G, 36) écrivait : Coli rura ab ergastulis pessumum est ‘ '/ mlquid agitur a desperantib us. — Ad. Schullcn, Die rôm. Grund/ierrscliaftim, Weimar, 189G, p. 93. •

travail

L’élégant dédain de la classe riche à l’égard du 17 l-i ■*ÎC,8*Sla nalurcl,cme|d sous l'Empire; cf. Cic. Pro Flacco, 8; De benef. VI, ^ I yÏI0SI,‘ ^ Apoll. IV, 32; Plut. An seni gerenda, 4; Pericl, 1-2; Lucian. I,

X, 12. io i*|, g Legrand, Rev. d. ètiul. anc. X (1908), p. 10-17 ; cf. Ovid.

AniOr I 15 n • ' 1

1 > * 1 » vo*r» surtout, dans Plaute, le Pseudolus , le Pcrsa et Y Epidicus,

— 17 Wallon, II, p. 105 sq.; Marquardt, Vie privée, I, p. 1 GG sq. et dans le Corpus inscr. lat. part. VI el VII, les monumenta columbariorum et les tituli o/ficialium et artificum. — 1# Petron. Sat. 47 ; Marquardl, II, p. 181. — 19 Ulp. Di g. XLVII, 10. 15 ; cf. XV, 1, 17 ; Senec. Ep. CX, 1 ; De benef. III, 28. — 20 ||or. Sat. III, 7,79 Plant. Asin. Il, 4, 28; Cic. Verr. III, 2S ; Diy. XV, 1, 7; Mart. 11,18,7. Le viearius est quelquefois appelé suppromus , Plant. Mil. glor. III, 2, 13 et 32 ; subcustos, 1b. 54. — 21 Bccker-Gôll, fiallus, 11, p. 13 * sq. ; Marquardt, 1, p. 169, 182.

— 2 -i Ibid.-— 23 Plant. Pscud. 11,2, 14; Marquardt, L. c. et p. 168. — 2 i Dig. XXXI11, 7, 12, 5 ; Paul. Sent. 111, 6. 37; Varr. ap. Gell. XV, 19. — 26 paul. Sent. III, 6, 58 ; C. i. I. VI, 5187, 5196, 8043 sq. — 2G Diy. XXXIII, 7, 8, I. — 27 C. i. I. Jb. 3972. — 28 7è. 4027. — 29 C. i.l. VI, 4431 sq. 5121 sq. ; ad argentum , ib. 3941, 4425, 8730 ; praepositus argenti ou auri potori, ib. 8729, 8733, p. auri escari , ib. 8732 sq. ; Marquardt, I, p. 168. — 30 C. i. I. III, 53G (celui-ci est un affranchi).

— 31 Diy. IV, 9, 1, 5; Phèdre, II, 5, 11, les appelle atrienses alticincti •

— 32 Suet. De rhet. 3; Ovid. Am. I, G, 1 ; Colum. I, pr. 10; Scnec. De ira , III, 37.

SE R

.\-L-on pénétré dans la maison, on est reçu par des serviteurs (esclaves ou affranchis) qui attendent les hôtes pour les introduire et pour les nommer ( ab hospi/iis ab admissione [admissio, velarii], nomenclatores cubicularii 2). Les cubicularii, qui sont ainsi en rapport avec les hôtes ou qui approchent, à toute heure, du maître ou delà maîtresse, dans la chambre à coucher, au bain, à la promenade, sont, hommes ou femmes, choisis avec un soin particulier pour leur beauté, toujours soigneusement entretenue, et pour les talents qu'on leur a donnés

[belicatus, paedagogium]. Les uns veillent à la toilette, à la coiffure, à la parure, l’habillement, aux parfums, à tous les soins de la personne [ornator, calamistrum tonsor, unctorj, les autres sont chargés de la garde-robe (a veste 3, ad vestem , vestispicus, vestispica vesliplicus, vestipliea 5) ou des bijoux et parures [ab ornamentis 6, a fibulis 7, ad margaritas 8).

Des fresques du Palatin3 nous présentent (lig. 6383) le vestibule d’une demeure somptueuse, où des esclaves attendent les invités ; l’un de ces serviteurs, sans doute le serras ab hospitiis 10, s’avance avec son bâton vers la porte d’entrée, faisant de la main droite un geste acueillant ; à l’autre extrémité, le servus a pedibus" va recevoir les chaussures desconvives(cf. fig 1696 et 1706) ; un troisième tient en main une guirlande, peut-être doit-il parer les hôtes pour le feslin ; d’autres portent une serviette [mantele. mappa (v. aussi fig. 1705)], une cassette.

Le service de la table est des plus raffinés; les détails sont multipliés à plaisir ; chacun en est confié à un valet spécial [coena, triclinium]; d’autres esclaves remplissent les salles, ils ont été choisis parmi les plus beaux et les plus rares, pour rehausser par leur présence l’éclat du festin12. Des musiciens, des danseurs des deux sexes, des acteurs, des bouffons y apportent d’autres amusements; ils ne font pas toujours partie de troupes recrutées par quelque entrepreneur 11 ; beaucoup ont été achetés parle maître, qui en tire plaisir et vanité etse faitaccompagner par eux, meme dans ses voyages 14 ; puis, le goùL s’abaissant, on en vint sous l’Empire à avoir pour

l C. i. I. VI, 4040, 9474. — 2 Cic. Ad Att. VI. 2, 5 ; Juvcn. X, 21 G ; Sen. De const. 14 ; Macrob. Sat. I, 7, 1. — IMin. Ep. III, 16 : Servulos, a quitus vestiatur , a quibus calcietur. — * C. i. I. VI. 4041, 5200, 0374, etc. V. Marquardt, I, 108, n. 10. — 5 Nonius, p. 12 M. — « Quintil. Inst. 303 ; C. i. L VI, 7301, 9901, 9981, IX, 3318. — 7 C. i. L VI. 3991 sq., 8952 sq. A fibulis, ib. 111, 536. — » 76. VI, 9884. — 9 Marchelli, A 'otiz. deyli scavi , 1892, p. 44-8 ; lliilsen, Rom. Mit t II. VIII (1893), p. 290-1. — 10 Cic. Ad Att. VIII, 5: C. i. L VI, 7920, 9474. — H Ces peintures, où sont visibles les chaussures que le dessin des Mittheilunqen n'a pas reproduites «lliilsen, L. c.), viennent à l'appui de l’opinion selon laquelle le soin de la chaussure des convives appartenait aux esclaves du logis; selon d’autres, il était réservé aux serviteurs que les convives amenaient et qui restaient près d eux pendant le repas, Scncc. De bencf. III, 27,4; Ep. XXXVII, 0; l'elron.

SER

le divertissement des êtres disgraciés, nains, monstre idiots [nanus, morio, fatuus].

S’ils sortent à pied ou en litière, le sénateur, le rich publicain, ou leurs femmes, veulent être entourés d’un nombreux cortège d’esclaves13 qui les suivent [pedi s eg ai) 16 ou qui les précèdent [anteambulones) n ■ (|,,s adversitores les ramènent et, le soir, éclairent la mardi,, avec des lanternes ou des flambeaux18; le nomenclatok vient en aide à leur mémoire absente ou paresseuse 19 |) faut encore pour les voitures, si l’on sort de Home, et pour

les écuries !0, pour l’escorte [cursores], un autre personnel.

L’aristocrate romain, sous l’Empire, affiche généralement des prétentions littéraires 21 : il compose, déclame des vers ou improvise dans ces recilationes dont la vogue est si répandue [lector] ; scs esclaves [tabellarii] portent aux amis l’invitation à y assister ; d’autres se tiennent dans la salle pour applaudir.

Beaucoup d’esclaves étaient gens instruits ; la Grèce déjà avait eu ses esclaves philosophes 2Î. A Rome, des femmes mêmes en eurent à leur service, aussi bien que des grammairiens et autres lettrés 23 ; la plupart des patrons possèdent leurs lectores ; on voit, sur un sarcophage du Louvre24, un personnage lisant dans le livre déroulé que lui présente un esclave (fig. 6384) ; un riche Romain gardait chez lui un esclave chargé de lui réciter les vers d’Ilomère, un autre pour Hésiode, d’autres encore pour chacun des

58, 04, 68; cf. 31; Mari. XII, 87. — 12 Juv. V, 52-65.-13 D6s 187 av. !»■ XXXIX, 8.; Dig. XXI, I, 34; Fricdlilndcr, Sittcngisch. 5, II, p. 424. — Cic. l’ro Mil. 21,55; Verr. V, 29, 64; pro Rose. Am. 40, 134 ; Gell. XIX, 6, 3 ; Capilol.

8, M ; C. i. I. VI, 11)122, 8003. cic. — K Sencc. Ep. LXXXVII, 8 ; cf. Mari. M1. ' ■ 3. 16 Plant. Asin. I, 3, 31 ; Aid. III, 5,27; Poen. prol. 41 ; C. Ncp. Alt. 13; >- ' l. VI, 4003 sq. ; 6332 sq. ; 8992 sq. — O p|in. Ep. III, 14, 7; l.ucian. Nignn.

— m Suet. Oct. 20: Servus praelucens ; Cic. in Pis. IX, 20; lanlernarius . 0. i. I. X, 3970 ; Juv. III, 285. — la Cic. Ad Att. IV, 1,5; pro Mur en. 36, 77; Sa|lK- De henef. I, 3, 10. — 20 C. i. I. VI, 4033, 4888, 7409, 8542 cic.; Paul. Sent. Ut 72; Dig. XX XI II, 7, 12, 9; Sud. Cl. 2 [v. agaso, STRATon], — 2< Cf. Orlando, ' letturé pubh ichc nella ftoma impériale. Facuza, 1907. — 22 Gcll. Nnrl."11 18 sq. — 23 Luciau Mere. cond. 36. — 21 Claiaç, Mus. de scplpt • pi* I U t "

lyriques grecs '■ Les servi amanuenses , notarii ab cpistaHs ou sr ri p tores librarii écrivent, les lettres [scriba] soiis la dictée <1 n patron, qui n’écrit pas lui-môme s, foui des lectures à ses visiteurs \ tiennent sa bibliothèque, copient pour lui des manuscrits 4 [i.ibrahius] ; p poinpnnius ALticus dresse a cette dernière tâche toute su fnmilia, en vue d’une véritable industrie, car il vend |lW exemplaires ainsi exécutés 8. Le literalus accom-

• pagne partout le patron homme de lettres ; l’activité érudite de Pline l’Ancien a sa source dans les dépouillements et compilations que ces auxiliaires accomplis- > saient pour lui ; Calvisius Sabinus en acheta un 100000 sesterces °. Des esclaves grecs ( mngister graecus, litterator 7) dirigent l’éducation des fils de la maison [paedagogus] et quelquefois des filles 8 ; dans un milieu plus modeste, un capsarius tout au moins, portant la boite qui contient les tablettes et les livres, les accompagne à l’école 9. L’enfance continue à être aux mains de domestiques serviles [nutrix, paedagogus,

ERl'l'ATIO].

il y avait enfin, chez beaucoup de riches Romains, des esclaves médecins [medicus, p. 1672] pour la famille ,0, pour l’infirmerie de la maison [valetudinarium], et ceuxci avaient pour aides d’autres esclaves ( mediastini , iairaliptae, unctores 11 ).

Pour compléter le tableau sommaire de la famille servile, il faut parler encore des esclaves qui exerçaient au dehors un art, un commerce, un métier, car outre I ceux qui travaillaient,. comme les boulangers cl les meuniers nommés plus haut, pour la nourriture de la maison et pour l’habillement, les lani/icae qui filaient dans l’ancien temps sous la surveillance de la domina , plus lard sous celle d’un lanipcndus ou d’une lanipenda 12, auxquels s’ajoutèrent des tisserands (textores)13, des tailleurs (»esfiy ex, vesti ficus, sarcinatoru), des foulons13, des cordonniers 18 ; pour les constructions ou la réparation des bâtiments, des architectes, maçons, charpentiers, menuisiers, couvreurs, peintres, plombiers, etc.17, on eut aussi de ces ouvriers que l’on trouva avantageux d instruire pour les louer. Quelques-uns commençaient I de très bonne heure leur apprentissage sous la conduite d un pracceptor l8. Caton l’Ancien déjà 10 prêtait de 1 argent a d’habiles esclaves qui en dressaient de plus I jeunes; ceux-ci étaientrevendus. Crassus tirait de grands I revenus de la location de ceux qu’il avait fait instruire20. (,null;i plus loin: des esclaves exercèrent, d’une manière I" n dante, une industrie, un métier, un commerce, •p1 un mettant en vente des marchandises pour le compte . du maître [institor], soit en faisant fructifier son capital moyennant redevance, ou même le pécule qui leur était abandonné [mercator p. 1737],

11 u craint plus d’une fois d’exagérer le nombre des

u"1-’ accumulés à Rome et en Italie; de ce que les

Oeil ||[ ,/ Sl% ”7,’ f'' Suct. Tit. 3. 3Cic. Ad AU. I. 12, 4 ( puer anagnostes ) ;

xill. il V. 7» H°rat- Ars v°et • 3S4I Cic- Ad An- IV, 4 a; XII, *0, I;

fi’pièr. Il , !■ "’ Aï Ad /“”1' XVI’ 21 : Suet- c<-aud. 28; Dom. lu ; Mari. Maxim sVep‘ A“ • 13, 3' ~ 0 Senoc. Epist. 27, 7. - 7 Capilol.

-10 Dos dan , Jmen' Sat- X, 117 I Suct. Ne,-. 36. - 9 Quintil. |, 2, g. \lisnc. C||CZ cl!e9 UD(! mediea ou obstetrix. Ambros. Ep. V, 3 p. 932,

25 , 2 • V i Vvi ’ °n325'8711' ctc- Marquardt, I, p. 183, n. 8. - n Diq. XXXVIII, I, XXXIII. ] j» . ’ , “v„f' Pelr0n- Sal- 28 : ,,|in- H- nnl- XXIX, I, 2. -12 Di, J.

quaaillurwr r ° ’ *’ 31 P1'- ; *• b VI, 3970; elles sont aussi nommées

ute, G. t. /, VI, 0339-46 — 13 Varr fl I J si c , n

U c. j 1 vi n,,. .. vau. 1 1. rust. I, 2, il , Suet. Gramm. 23.

V|, 0287 SCI .-a], ’ ’20<i’ 63*9, f,438> 9037 sq. ; 9965 si|. — 16 I. c.; C. i. I.

~ 5|>aul- Sent. 111,6, 37; C. i. I. 0355, 906.- 17 Varr. L. I. Paul.

SER

textes signalent des serviteurs aux attributions étroitement délimitées, il ne résulterait pas évidemment que celle spécialisation était la règle, et l’esclave à tout faire une exception. Mais ce qui prouve l’énormité de celte population servile, ce sont certaines nécropoles réunissant les restes d’une seule et unique /atnilia [cou mbarium] ; ce sont encore plusieurs dispositions légales interdisant les affranchissements au delà d’un total déjà fort élevé [manumissio]. Pline, sans méconnaître le mal qui en résultait, compte cette multitude pour une richesse de l’Italie 2I. Tacite 22 signale la diminution progressive de la race ingénue, dont Rome commençait sous Tibère à s’effrayer. Un jour, le Sénat avait décidé d’imposer un vêtement distinct aux esclaves ; on y renonça: «celait un danger grave qu’ils pussent nous compter » 23.

Il y eut encore des familiae ambulantes, des bandes serviles d’artistes dramatiques, dont il a été déjà question, que leurs maîtres promenaient de ville en ville, et qui se vendaient en bloc21 : troupes de gladiateurs [gladiator], acteurs de tous genres donnés en spectacle dans les jeux du cirque et de l’amphithéâtre [ludi], combats d’hommes et d’animaux [venatio]. On pouvait, à ces rudes fonctions, compromettre sans crainte des existences aussi peu précieuses. C’étaient des esclaves aussi qu employaient surtout, dans le monde romain comme dans le grec, les mines et les carrières [metalla,

La situation de fait de l’esclave devait varier infiniment suivant sa tâche, son savoir-faire et le caractère du maître20; les témoignages contradictoires se heurtent dans nos sources; il faut se garder de confondre avec l’image de la réalité les conseils que donnent les théoriciens en la matière, Caton, Varron et Columelle. Les scènes de théâtre nous montrent des jeunes gens ou des vieillards que les passions asservissent à leurs valets, mais ces derniers y apparaissent aussi roués de coups27.

Coups de poing et coups de bâton, ce sont là les mauvais traitements journaliers, marques d’humeur et d’emportement, auxquels, suivant la volonté ou le caprice du maître, peut s’ajouter toute la série des châtiments ordinaires, les verges, les fouets de toutes sortes [flagellum], le carcan ou les fers aux pieds et aux mains [COMPES, MANICA, NUMELLAE, NERVUSJ, l’envoi h.\'ePQ(lStuluni du domaine rural ou au pistrinum [pistor, p 500], les carrières (lapicidinae) [metalla, p. 1866], le supplice de la fourche [furca] et enfin la mort, c’est-à-dire la mise en croix [crux] ; car le maître a tout pouvoir et il condamne sans procès et sans contrôle. Nous ne parlerons pas d’autres supplices pouvant entraîner la mort, ni des inventions d une cruauté raffinée qui se déchaînait sous le moindre prétexte. Les servantes occupées à la toilette de leur maîtresse avaient le buste nu, afin que celle-ci pût,

' ' - i . ’ ■’ r* ■ ~ — ■ l'iy. i, i, i/, j.

— 19 Plut. Cat. A/a/. SI. — 20 Jd. Cross. 2. — 21 //. AI. XXXVII, 13, SOI. Note toule différente dans Appien, U. cin. I, 7, 9. — 22 Ann. IV, 27. — 2.7 Senee De clem. I, 24, I. — 21 Dig. XXI, 1, 1. 34; Plant. Asm. prol. 2-3 : Casin. prol. 83 sq. — 25 cil. Dubois, Etude sur Vadministr. et l'exploit, des carrières dans le monde romain , Paris, 1908, p. XXXV sq. - 2,1 |.es gens de haute culture avaient souvent l'esprit débonnaire, comme Cicéron ; Pline le Jeune «gaiement ne discute pas la légitimité do l'esclavage, mais se montre bon pour ses esclaves (Eug Allai,, l‘line le Jeune et ses héritiers , Paris I (i90l), p. 110. On a aussi maint exemple de fidélité et de dévoùmenl d'esclaves bien traités par leurs maîtres. Son. De b, -nef. III, 22, 23, 25, 26 ; App. B. ci v. IV, 29, 43, 45, 40, 47. — 27 Wallon, Op l p. 234 sq. ‘

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si elles commettaient quelque maladresse, les frapper, les piquer avec une aiguille, les déchirer à coups d’ongles Auguste fit clouer un procuralor au mât d’un navire; Hadrien creva les yeux d’un esclave avec un stile à écrire a. Ce fut cependant cet empereur qui retira aux maîtres le droit de faire mourir leurs esclaves 3 et voulut que ceuxci fussent mis en jugement; et son successeur, Antonin, condamnait le maître qui avait tué son esclave, comme le meurtrier d’un esclave étranger \ Dès le haut empire, l’humanité a commencé à rentrer dans le droit.

Pour conjurer le danger dans l’intérieur des familles, une coutume atroce rendait tous les esclaves d’une même, maison pour ainsi dire solidaires. Coupables de n’avoir point deviné le crime, de ne l’avoir point prévenu, quand le maître périssait par violence, ils étaient tous conduits au supplice. Cet usage fut consacré, au temps de Néron, par un sénatus-consulte, et à la mort de Pédanius, sous le même règne, on exécuta la loi avec une inflexible rigueur, en punissant de mort quatre cenls hommes dont le seul crime était de s’être trouvés sous le même toit que leur maître assassiné 6. Lesjurisconsultes étendaient l’esprit du décret au cas du suicide, et ils voulaient que les esclaves qui n’empêchaient pas leur maître de se tuer fussent aussi punis de mort6.

Comme en Grèce, beaucoup d’esclaves cherchaient à fuir; aussi, pour que le premier venu pût les reconnaître et les ramener, le maître leur mettait un collier7 [collare, fig. 1712-1713] portant le nom du servus , celui du dominas et son domicile ; on les marquait d’un fer chaud ( inscriptus ) 8, ou on leur rasait tout ou moitié de la tète (semirasus, semitonsus )9.

Les libertés que certains esclaves savaient prendre leur étaient accordées à tous en quelques occasions, dans des solennités religieuses : aux compitales ludi, aux fêtes instituées en l’honneur de Fortuna [fortuna, p. 1209] par Servius Tullius, à qui l’on attribuait une naissance servile, à celles d’Hercule au cirque Maxime, de Junon Lucina sur l’Esquilin. Feronia était la protectrice de cette basse population, qui célébrait les ides de sexlilis consacrées à Diane sur l'Aventin et, aux saïurnalia, était placée avec ses maîtres sur un pied d’égalité10.

Les moins misérables étaient sans doute les esclaves impériaux; le rang suprême de leur maître mettait à haut prix leur influence, dont ils tiraient parti, et ils pouvaient avoir, dans les bureaux, des situations de tout repos et avantageuses. Le souverain avait besoin d’auxiliaires ne vivant pas d’une vie entièrement autonome, mais raLtachés à lui par un lien d’étroite dépendance; à ce besoin répondaient les affranchis et aussi, dans des conditions moins relevées, la classe servile. Parmi les

esclaves impériaux, quelques-uns atteignaient à q(,s r, ( tunes et à des situations prodigieuses; ceux-là nain,"' lement avaient des vican'i".

Entre tous ces serviteurs de la classe riche, dont n(1|l avons donné une énumération fort incomplète, les eschvlsans doute formaient la majorité; mais il est certain ( les affranchis n’étaient pas rares, et il pouvait mêiii!'" avoir des hommes libres, que le dénuement avait réduit aux plus humbles métiers. Un fait indéniable est lu Inil| Liplicalion des affranchissements sous l’Empire, lanmil,. s’en mêlait, la vanité y trouvait son compte, et le maitic ne faisaitpas un abandon pur et simple, sans restriction il se débarrassait de toutes les charges que lui occasionnai! son esclave, et celui-ci gardait des devoirs envers lui Désormais, l’affranchi prenait sa part des distributions publiques, et il entrait dans la clientèle de son ancien patron, cette clientèle si utile aux ambitions des nobles et que le pouvoir impérial voyait d’un œil inquiet. Encore la plupart des esclaves vivaient-ils à la ville ; aux champs au contraire, ils disparaissent graduellement devant les colons l2. Qu’il en fût autrement sous la République les lois agraires, desGracques à César, imposant une certaine proportion de travailleurs libres, le prouvent surabon. damment. Pourquoi ce changement un siècle plus lard?

11 a pour cause, a-t-on dit, la médiocre qualité elle faible rendement du travail servile13. Celle explication ne peut suffire. Remarquons, d’ailleurs, que le plus formidable apport d’esclaves en Italie s’accomplit juste au moment le plus propice à l’expansion de ce fléau. La guerre favorise le négoce de chair humaine ; or c’est le citoyen qui est aux armées, où Marins a fait entrer les prolétaires; et les guerres sont continuelles; les généraux victorieux deviennent chefs de partis, agitateurs ; la plèbe turbulente, entre deux expéditions, accourt auprès d’eux, à Rome, désertant les campagnes, car la populace espère toujours quelque bénéfice de la guerre civile. Au contraire, dès le commencement du ne siècle, les expéditions se font plus rares ; les limites de l’Empire sont à peu près fixées; les légions restent aux frontières, et le recrutement nouveau, régional, en exclut presque entièrement les Italiens, à qui il faut un emploi et un gagne-pain u. Ils trouvent l’un et l’autre à bas prix: le fâcheux usage des distributions gratuites leur permet de vivre, aidé de la mendicité. Il se forme de la sorte une classe inférieure : esclaves, affranchis, prolétaires, entre lesquels, cerlrs, les distinctions juridiques se maintiennent, mais vont perdre de leur importance l5, grâce à l’adoucissement de la législation à l’égard des premiers et aux mesures de contrainte édictées contre les autres.

On s’explique alors parfaitement l'attitude de l'Epçlise

* Juvcn. Sat. VI, 490-5 ; Ovid. Amor , I, 14, 14-18; Ars. amat. III, 239 sq. Ces exemples sont du temps des Césars, mais la distinction des époques serait ici une explication illusoire. Le canon du ConcHe d’Elvire (vers l’an 305) frappe d’une pénitence prolongée celle qui, par colère, a tué une servante, accidentellement ou non (Cf. H. Leclercq, L’ Espagne chrétienne, Paris, 1900, p. XXVII et 05). Ex. Clirys. Ep. ad Ephes. IV, HomiL. XV, 3, t. XI, p. 113 sq. éd. Alontfaucon.

— 2 Galen. De propr. animi cujusque, V, p. 17 sq. Kühn; Plut. Apopht. Aug. 4.-3 Spart, Hadr. 187. —4 Dig. I, 0, 1. Pour ces changements, Wallon, III, 47, n. 1; Marquardt, I, 221. — 5 Tacit. Ann. XIV, 42, 44. — c L. I, 822, Cod.

— 7 De Bossi, Dali. arch. crist. 1874, p. 41-67; Dull. com. 1887, p. 280; Dressel, C. i. I. XV, p. 897 sq. ; Hülscu, Rfim. Mitth. XXV ^1 905), p. Il ; Arch. Anz. XXII (1907), p. 166. — 8 Sen. De ira , III, 3, 6 ; Quintil. VII, 2, 74; Pctron. Sat. 103; Clem. Al. Paed . III, 10: Cod. Just. XIII, 47, 17. — 9 W. Kowler, Roman Festivals of the period of the Republie , London, 1899, p. 38, 162, 193, 199, 253, 272, 280. — 10 Catull. LIX, 3; Arlemid. Oneir. I, 21 ; Cyprian. Ep. LXXVI, 2.

— il H. Erman, Servus vicarius, l’esclave de l’esclave romain (Rec. publ. par la

Fac. de droit de Lausanne à l’occas. de /’ Expos, nation, suisse, 1890, p. 391 1 — 12 Seul, Voigt ( Handbücher d’Iw. v. Miiller, IV, 2, p. 451) a émis I lij p°*l" qui ne supporte pas l’examen, d'une augmentation de la classe servile durant '*■ Haut-Empire. — 13 C’est la thèse fondamentale d'E. Ciccotti, Il tramonto /l' schiavitû nel monda antico , Torino, 1899. On peut, d’ailleurs, tenir compte de ms statistiques, basées sur lcpigrapliic, tendant à montrer l’élimination progrès"1' *■ dans les métiers de l’élément servile par l’élément libre. — *4 CL L. M. Harliminib Arch.-ep. Mitth. XV'Il (1894), p. 125-134. — En Égypte, avant les Lat."il y avait peu d’esclaves et leur situation se rapprochait fort de l’homme libre, car ils pouvaient posséder et fonder une famille légitime-

de Tout

ceci put changer temporairement au début de la période hellénistique, >i 1 talion de la vie athénienue ( C.R . Acad, des Inscr. 1908, p. -7 sq). 1,1,11 ^ est probable qu’ensuile, sous l’action constante des mœurs égyptienne esclaves se sont peu à peu confondus dans les rangs des prolétaires, affranchissement formel (Bouché-Leclercq, Ilist. des Lagides , l^> P'

les Kl IIS

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( ln'('Licnne en face de l’esclavage. Le désarroi économique j se manifeste dès le iii" siècle avait inspiré aux empen'iirs des mesures néfastes, inspirées par un idéal social mal conçu : la stabilité. La production se ralentit et les objets de première nécessité renchérissent; Dioclétien promulgue l’édit sur le maximum. Les activités veulent s'abstenir, effrayées par les risques, par l’état général du monde ; alors les empereurs les astreignent à la tâche en renforçant le système des corporations. Chacun maintenant doit rester dans sa situation : ruraux, colons, ouvriers, artisans, même les décurions qui ont la responsabilité de l’impôt *. Le chrysargyre [chrysargyrum] va bientôt peser lourdement sur le travail libre; les riches sont accablés de charges ; l’esclave livré à un maître généreux n’a pas le sort moins enviable.

Les stoïciens, déjà, avaient bien reconnu les effets désastreux de l’esclavage : mépris du travail partout répandu; le prolétaire enclin à attendre des riches sa subsistance, à les flatter pour l’obtenir [parasitus, spor- •ixi.a!, les habitudes de dureté et de cruauté développées chez le maître, de duplicité, de fausseté chez l’esclave, pourtant chargé de l’éducation de l’enfant; l’immoralité des deux sexes encouragée par les facilités qu’elle rencontrait. Mais ces philosophes, indifférents au monde extérieur, ne visaient qu’à la sérénité de l’âme; l’homme libre est celui qui triomphe de ses passions 2, dont la volonté s’affranchit de toute influence étrangère 3. Le christianisme adopte cette conception, mais l’élargit: l’empire sur soi ne suflit pas ; la bienfaisance envers autrui est obligatoire. Mais elle est possible à chacun, quelle que soit sa condition : le maître doit se montrer meilleur pour l’esclave, l’esclave dévoué au maître; et alors aucun des deux ne sera privilégié : la véritable servitude est celle du péché ; des théologiens ingénieux 4 font môme dériver l’esclavage du péché originel ; ils s’expliquaient par là que les apôtres n’en eussent point exige I abolition 6. En réalité, ceux-ci n’étaient préoccupés que de perfection morale ; le christianisme concevait les hommes comme assujettis les uns aux autres par le lien de la charité, et cette organisation divine n’excluait aucune combinaison humaine, s’appliquait sans effort à tous les systèmes des constitutions politiques °. Les •dn'cs eux-mêmes ont des esclaves, au ive siècle encore7; mais cette servitude est légère, la qualification de servus n apparaît presque pas dans l’épigraphie chrétienne8; mi n est esclave que de Dieu. L'Église, d’ailleurs, dans ur premiers temps, avait d’autres luttes à soutenir, et I1 us urgentes ; elle ne négligea pas cependant les moyens 11 iminu's (IU‘ s’offraient d’adoucir l’esclavage et d’en l:|m'.les sources : elle flétrit les jeux de l’arène et les JM"1 tentations scéniques, la pratique de la castration, mute, entraînant la pire déchéance, donna l’exemple ' 1 '-ommunauté de biens et préconisa le travail uni- 'ursel5, qui rendait l’esclavage superflu10. Mais il fallait " li mPs Pour établir l’égalité civile, dont le triomphe

cil. ||„,^^ 48.— S Scnec. Epiât, moral. V, 6 (47). — 3 Ciccotii, Op.

Civ, X1X * raL,an; Contr- Graec. c. 1 1 A. B; Augustin. De Genesi , XI, 50 ; g’en |jenl . ’ 1 ’■ 0 “ esclavage niulére<se pas dogmatiquement l'Église, qui

ll'Ol „ ,7,& CUre de la d°etrine apostolique » (Ch. Guignebert, Tertullicn, Paris, Inter. ehL y- ~ ° Wallon' “b P' 338' ~ 1 Cad. Just. I, 3, 1. 1. 8 Le Blanl,

1 Thèse IV, / ? Gaule’ h P- 1,9 SII- — 9 C’est surtout la doctrine de saiut Paul, -10 vira|i on n, 'lIThess- "b 6-13 ; Il Cor. XIII, 13-1-4 : Act. Apost. XX, 33 sq. public dans I ’ P' 3 356, 3r'0’ 373> 377> etc- — 11 Ce mm us, vêtement des esclaves topl, . y ' ys °"ctlons' n'est l>as porté que par eux. — 12 ps. Xen. 1, 1 1 ; cf. Aris- 3 Üe clem- b **, *■ — 14 Phot. 50 ; Uesycli, -Et£fo|iiet«)io{ ■j.ti..

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même dans le monde gréco-romain dépasse les périodes de l’histoire où nous devons nous renfermer.

Représentations d'esclaves. — II en existe fort peu de certaines dans l’art antique, et cela pour deux raisons :

L’esclave n’a pas de costume distinctif véritable 11 ; le fait est garanti pour Athènes par le traité anonyme de la République des Athéniens'2, et pour Rome par Sénèque 13 ; ces témoignages limitent la portée de certaines gloses des lexicographes14. On admetqu’il avait sou vent la tète rasée* s; mais ce n’est point une règle, car le contraire s’observe souvent [coma, p. 1366] : on a vu plus haut (fig. 6382), enchaîné à un poteau, un esclave dont les cheveux sont calamistrés. Le théâtre avait pour les rôles d’esclaves des masques qui les faisaient reconnaître par les divers arrangements de leur chevelure [persona, p. 412 et fig. 5600] .

On les reconnaît dans des scènes de comédie (fig. 1882), en particulier dans les phlyaques [pulyakes] *6, parce qu'on y devine leur rôle, plutôL qu’à leur extérieur qui ne diffère pas de celui d’autres personnages.

D'autre part, les fonctions qui sont d’ordinaire celles de l’esclave pouvaient aussi bien être remplies par des personnes libres. Il est difficile néanmoins de voir autre chose que des esclaves dans ces jeunes gens nus ou court-vêtus qui, dans tant de peintures et de bas-reliefs, se tiennent debout auprès des convives pendant le repas [coena]. Voit-on unefemme à sa toilette, aidée d’une suivante (fig. 103, 282, 429), celle-ci est probablement de condition servile, mais rien ne l’atteste positivement17. On hésitera peu cependant devant cette servante au nez camus, aux grosses lèvres et aux cheveux frisés,

mais courts, Fig. 6386. — Servante chaussant, sa maîtresse.

vêtue d’un

simple cliiton et portant sur la tête un Sùppoç, que nous montre (fig. 3685) un lécythe de Berlin18. Sur la belle stèle athénienne d’Amenocleia 19, une servante est de même reconnaissable à son vêtement aussi bien qu’àson attitude devant sa maîtresse; elle est agenouillée pour la chaus-

SsuAt.Xî 1PT«T1»0,: Pollux, IV, IIS, donne pour babil aux esclaves et gens vulgaires l exomide, tunique courte, laissant l'épaule découverte [tunica, khcomboma] : l iant. MiLglor. IV, 4, 4; Ucll. N. AU. VII, 12; add. Douât. Comm. de com. p. il sq. Reiflerscheid. - 15 Furtwiingler, Arcb. Ans. V (1890), p. 91, n» 3. Ou au moins le dessus de la tête; ainsi peut-être Xanthias, esclave du centaure Chiron, (voy. plus haut notre fig. 5632). — 16 Wieseier, Denkm. d. Bilhne , pl. ail, 3-8, 11, 14, 17,

29, 31-38. — n Nombreux exemples dans les Grabreliefs de Corne, pl. xxviu, et sq. ; mais sur certains reliefs, la présence de la servante n'est pas douteuse; ibid. pl. xcm. — 1» Bosanquct, Journ. of hell. stud. XIX (1899), pl. ni, p. 173 sq.

19 Le Bas, \syage arc/l pl. lxvii ; Conzc, Gr . Grabreliefs,' pl glxxvii.

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ser, et celle-ci prend son appui en posant la main sur sa tète (lig. G38<>). Les petits servi leurs, debout auprès de leur maître, sont fréquents sur d’autres reliefs attiques1. On considère comme un esclave le « rémouleur » de Florence, qui est le Scythe, écorchcur 2 de Marsyas, et avec raison sans doute, à cause de sa qualité de barbare. Les étrangers domiciliés à Litre de métèques étaient gens de condition moyenne, des négociants ayant euxmêmes une domesticité ; quiconque se livre à des occupations vulgaires et offre une physionomie barbare a toutes chances de mériter la qualification d’esclave 3.

Certaines postures humiliées suggèrent la même interprétation % par exemple celle de personnages fréquemment représentés assis à terre ou sur un escabeau très bas (Gg. 5085) 5, comme l’« esclave » à la lanterne de Mayence6. Le collier semble aussi un indice à retenir7; il est donné à une figurine d’Athènes*. La cangue [numellae, lig. 5310] indique avant tout un condamné; pourtant on la met de préférence au cou el aux poignets des esclaves 9. Les représentations de nègres sont fréquentes dans l'art10, (fig. 6387)

surtout celles d’Élhiopiens ou de Nubiens11, mais c’est le type ethnique surtout qui a intéressé l’artiste. Ces représentations appartiennent pour la plupart à l’époque hellénistique et romaine où l’on prend intérêt aux sujets familiers et réalistes. En somme, on ne peulguère parler que d une probabilité plus ou moins grande dans toutes ces identifications12. Victor Chatot.

SER\ 1 1 US ( lerme de droit) grège. — Le droit attique a certainement connu les deux espèces de démembrements de la propriété que nous nommons, d’une part, servitudes réelles ou prédiales, ou encore services fonciers et qui consistent dans l’attribution à un fonds déterminé d’une portion des avantages compris dans la propriété d’un autre fonds, d autre part, servitudes personnelles, consistant dans 1 attribution à une personne déterminée

Échansou nègre.

1 Conze, O. I. pl. ce cl sq. : cf. Ffulil, Jahrb. d. arch. Inst. 1905 p. 55, 158. etc. — 2 S. Remacli, Répert. de la slat. I, p. 586 ; cf. satyri, fig. 6438. — 3 Par exemple, Scbreiber, Ath. AJitth. X (1885), pl. xi, 2, p. 383; Rciuacli, Op. cit. R, p. 502, 4; cf. un bronze de la Bibl. Nat. [Babulon-Blauclict. Calai. 1010 ; Reiuacli, II, p. 3G3, 2); adil. Arch Anz. XI (1894), p. 121; Reinach, II. p. 455, 9 (Louvre) et III, p. 166, 3 ; Reinacli. Hé péri, des vases peints, II, p. 340 ; Rép.stat. Il, p. 566, 2 ;l!l, p. 158,3.-4 Rcinacli. II, p. 563, 8 (Berlin). — 6 V. encore Reinach, II, p. 562. 3 (Brit. ,1/us).— « Id. Il, P* 516, 3.— ^ On le voit sur un vase à forme humaine, du Brit. Alus. (Reinach, III p. 158, 12). — sDcRidder, Bull.corr. hell. XXIV (1900), p. Il, fig. 7; Reinach, III, p .62, 2. — » Coll. Dutuit (1897), pl. xt, 39; Reinach, II, p. 562, 5; Le Caire ; v. Bissing, Arch. Anz. XVIII (1903), p. 149, fig. 4 h ; Reinach, III, p. 273, 3. — 10 V. S. Reinach et Ed. Bottier, La Nécropole de Myrina , Paris, 1887. p. 474, pl. xi.vi = notre fig. 63867 ; cL Theophr. Char. 21. — Il Babelon-Blanchct, Bronzes, 1011, 1013, esclaves accroupis ; 1014, autre esclave «à la lanterne» ; 1015, 1018, bustes; 1025, éthiopienne. — 12 D’où certains désaccords ; cf. Arch. Anz. VIII (1893), p. 96, n“‘ 27- 2S (esclaves ou palcslrilcs); üuliar (Bull. arch. du Comité, 1904, p. 180) et A. Schullrn (Arch. Anz. XX (1904), p. 79 : esclave cum corona ehrius ), etc .. — Buu.roghaphik. L. l’ignorius, l)c serais, ap. Polcni. l'hesaur. III (1737) ; l'opina, üeoperib. seruorum, Anlverpiae, 1608 jCreuzer, I briss '1er rom. Antii/. p. 34sq.; Schumacher, De servis puldicis populi Romani, Alloua, 1806 ; B'air, An Enquiry into the State of slavery amonyst the Romans, Edimb. 1833 ; Ed. C. Biot, De C abolition de l’esclavage en Occident, Paris. 1840 ; Wallon, flist. de l'esclavage dans l’ Antiquité, 2' éd., 1879; Schômami, Griech. AHerthümerl, Berlin, 1871, I, p. 42, 1 1 1, 36s ; Uesjardins. L’esclavage dans l'antiquité, Caen, 1857 ; Büchseiischiilz, Resilz and Ericerti un griech. AUerl. Halle, 1869; Caqueray, De l'esclav. chez les Rom., Paris, 1861; Boïssicr, La religion rom. Il, 343-405 ; Marquardt, Manuel des antiq. rom. L XIV, Vie privée. Irad. V. Henry, t. I, 1892; Beekcr-Gôll, Charikles, II, 1882. A. Tourmagnc, Hist. de l'esclavage ancien et moderne, Paris, 1880 ; Becker'

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j d’line P01-*’011 des avantages compris dans la pr0D •. d’nn meuble ou un immeuble. Malbeureusemenl " V matière des servitudes est une de celles sur lesquelles | sources sont les plus pauvres. Il est, en conséquent bien difficile, non seulement de connaître les iv q,']! relatives aux différentes servitudes qui pouvaient et admises et pratiquées à Athènes, mais encore de . " stituer une théorie générale des servitudes.

Laissant de côté les servitudes personnelles dont .

nous occuperons ultérieurement [ususi’uijcTusj'nous rt porterons seulement les quelques notions que if possédons sur les servitudes réelles, quelles soiiqq établies par la loi, ou par le fait de l’homme.

1° Servitudes réelles établies par la loi. — |l(; laleur athénien s’était occupé, de très bonne heure^ibrégler les rapports entre les fonds contigus, de manière à prévenir, autant que possible, les difficultés et ],.s

inimitiés qui seraienlnées fréquemment de l’état de voisinage, si chacun des deux propriétaires voisins avait voulu user de son droit absolu de disposition et d’usage sur son propre fonds. Solon déjà avait compris dans ses lois les objets les plus importants de la police rurale louchant les rapports de voisinage 1 ; et Platon, dans son Traité des lois, pose un certain nombre de règles tirées ou inspirées des lois de Solon ou de la législation postérieure qui les avait étendues ou développées.

Borna (je. — Il ne semble pas qu’en Grèce, et notamment à Athènes, le bornage ait jamais eu un caractère obligatoire. On procédait généralement avec un soin minutieux à la délimitation des propriétés, surtout lorsqu’il s’agissait de terrains appartenant à l’Étalon aux dieux. Les particuliers n’étaient pas moins allenlifs ù délimiter leurs domaines, et les opot qui les entouraient avaient vraisemblablement un caractère sacré. Pour établir une ligne de démarcation, on pouvait, au lieu de planter simplement des bornes, environner un terrain d un fossé qui l’isolait des fonds voisins 2, ou créer tout autour un fossé circulaire 3, ou bien établir un mur de grosses pierres ou en pierres sèches *. Le plus souvent, la délimitation s’opérait simplement au moyen de bornes 8.

Solon décidait que, si quelqu’un plante une haie le

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— 2 Tliucvd. I, 106. — 3 Lysias, VII, 28. — 4 Dcmoslli. C. Callicl. §§ M ct :lu’

— 5 V. notamment Dareste, Haussoullier et Reiuacb, Recueil des insc. n grecques , p. 32, 78, 244; Bulletin de corr. hell. IV, p. 138 Theophrasl. Char. I" Cf. Guiraud, La prop. foncière en Grèce, p. 184.

long d’un fonds étranger, il ne pourra pas dépasser la ligne des !>ornes; s’il construit un mur1, il devra laisser la distance d’un pied eL, s’il creuse un rossé, iino distance égale à la profondeur du fossé s. La loi de Solon ne concerne toutefois que les clôtures établies par la volonté d un seul des deux propriétaires. Ceux-ci pouvaient très bien se mettre d’accord pour construire un mur ou pour creuser un lossé à frais communs, et alors la clôture pouvait cire établie sur la ligne même de démarcation et être mitoyenne 3. Les distances légales à observer ne concernaient point, d’ailleurs, les murs de clôture élevés sur la voie publique; il n’était point nécessaire alors qu’il y eût un intervalle quelconque 4.

rianlations et fouilles. — La même loi de Solon fixait les distances à observer entre les plantations faites sur un fonds et la limite des fonds voisins. Celte distance était de 5 pieds pour les arbres ordinaires, de 9 pieds pour les liguiers et les oliviers, les arbres de cette seconde catégorie poussant plus loin leurs racines 5.

Poor les constructions, la distance était réduite à - pieds. Lorsque les distances ci-dessus n’étaient pas observées, le contrevenant devait certainement réparer le dommage Le propriétaire lésé pouvait aussi couper les racines ou les branches qui empiétaient sur son terrain. On peut même supposer que les branches qui dépassaient l’alignement appartenaient au propriétaire du terrain au-dessus duquel elles se trouvaient, et que celui-ci pouvait en récolter les fruits 7.

La loi de Solon se préoccupait aussi des fouilles. Pour évier que le curage d’un fossé ne provoquât des éboulemenls.au détriment du fonds voisin, elle exigeait que le propriétaire qui creusait un fossé sur un terrain ne 1 clabliL qu’à une distance égale à la profondeur du fossé. S il s’agissait de creuser un puits, il fallait même laisser lin lntervalle de 1 orgye (6 pieds environ). On voit, '1 mire part, que, pour empêcher des fouilles trop rappiocliees de tarir les sources publiques, on traçait quel- 'i'mfois autour d’elles, avec des bornes, une” sorte de per! mètre de protection a. Mais, en dehors de ces limites, l,""l<:sll;'s Veilles étaient permises, même si elles avaient l""ir résultat de détourner, au profit de leur auteur des eaux jaillissant sur un fonds voisin et n’ayant point - destination publique9.

Régime des eaux [aqua].

Droit de passage. - L’existence, dans le droit attique,

1 a servitude légale de passage pour cause d’enclave . üf Pas douteuse10. Platon », qui s’en occupe, la règle (h x !‘!a!1,6rC Sll'vante- P°ur l’enlèvement et le transport , * "f" li:S’ 011 iHHI 1 passer partout, même sur les fonds dn nm anl àa,llrui’ a condition qu’il n’en résulte aucun ln • ;'g, pour les Propriétaires de ces fonds, ou que du aiI. <J, ' y passe n y gagne trois fois plus que les

" y perdent. Il y a lieu, dans tous les cas, à une

en est r-1 ! ,ï>0l,r 10 t0rl causé Par le passage; l’évaluation damn '' sur los ll0ux Par les agronomes, et la connu,, ] ' |',U.n l sli Prononcée, soit par les agronomes, soit supérip" * ’ SUIVantque Ia som>ne esL inférieure ou ' IUe a rnines- A supposer que la règle du

1 Gains, c P- 160. — 3 (]f

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1 Guiraud et p. |2

Beauchet, But. du dr. privé de la liépubl. atlwn. t. III, P- 185; Beauchet, l. III, p. 160. -4 Démosth. C. Callicl ~ S Plutarcl,- Sol°< - « Plat. Loges, VIII, p. 843. Beauchet, t. III, p. 161. - 8 Corp. inter, ait. p. 51, ■ — 9 Guiraud, p. 188. — 10 Dareste, Plaid, civ. de Dé-

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