‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 92 sur 137 · XXXIX · texte numérisé non relu

XXXIX

— * ■ ‘**i ■*« » en», . isilwi. ii, J», 1 1 * , u. L/icia, ujj. ut, jj. i j ; Marquardl- VI, p. 354; Wissowa, Religion und Kultus, p. 4G4 sq. — 4 Sur '-'s points, v. dans les Index les nombreuses mentions faites par Tile-Li\e ^UIS ' an ^ av- J-*C. de la consultation des livres Sibyllins; (lie. de Leq. II, 30; IV ^ ’ k*v* V, 13 : Remedia S ibyllina ; IM ut. Pyth. or. 0; Dion. Hal.

X’ 2; ~ 6 Plin. Hist . N. VII, 35, 1 ; XVII, 38, 3. — 7 Grau. Licin. p. 23, 2. .i , ,C‘ Fam- 2; 7, 4. Lucan. VIII, 824; Dio. Cass. XXXIX, 15, 2; cf. p 17 sq. - 9 T. Liv. XXXV11I, 45. - «0 Sali. Cat. 17, 47 ; Cic. Cat. III, 4 ;

Diels,

IV, 1, 6. Plut. Cic. 17. En Hav. J. C., au moment où César songea à transformer sa dictature en un pouvoir monarchique, Ton répandit le bruit, sur la foi des livres Sibyllins, que les Romains avaient besoin d'uu roi pour vaincre les Parthes; Cic. Divin. II, 54 ; Dion Cass. XLtV, 15 ; Suel. Cars. 75; Plut. Caes. 70. — Sàecl1i.ares i.udi, p. 989, 2 sq. — 12 Pour le détail, v. düumviki, p. 435 sq. — *3 Cf. Wissowa, Op. cil. p.46isq. ; Marquardt-Mommsen, Op. cit. p. 357, avec les textes cités. — 1 ^ Op. cit. le texte établi et annoté, p. 109-124; d’après Phlegon, Mirabilia, cap. X; cf. Mueller, Fragmenta historié, grâce. I. III, p. GI9 n. 39 ; et Emperii Opuscula , édit. Schneidcwin, t847, p. 231 sq.

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on constate que la langue et la versification y sont rudes et incorrectes ; les images heurtées et incohérentes, la pensée obscure jusqu’à en devenir inintelligible *. 11 n'y a pas de fragments de poésie religieuse en langue grecque qui soient d'interprétation plus laborieuse et qui laissent plus de détails indécis. Enfin ces soixante-dix versofTrent celte particularité (ils sont les seuls dans ce cas) d’être compliqués par l’emploi de l’acrostiche: or Cicéron dans un passage du de Divinalione qui a fortement exercé la sagacité des commentateurs et des traducteurs, signale précisément, comme une des caractéristiques de la poésie sibylline, l’emploi de l’ acrostiche2.

Ce procédé, fort en honneur dans la poésie latine de l'époque carlovingienne et de la scolastique, ne remonte pas au delà des débuts de la poésie alexandrine. Les deux oracles conservés par Phlégon de Tralles et édités par Diels qui en a ingénieusement restitué les lacunes, ont réalisé le tour de force d’un acrostiche poursuivi sur des morceaux entiers, dont l’un compte encore trente vers intacts et l’autre quarante. Dans ce dernier, en acceptant la restitution de Diels pour les deux vers qui ont péri, nous obtenons àl’aide des lettres initiales, un hexamètre complet et un incomplet dont voici le sens : « (sous toutes sortes de formes nous menace le malheur ); celui qui échappe à l'un et qui fier sur son coursier rentre chez lui, tombera bientôt dans une nouvelle infortune. Mais alors encore (la Sibylle vous indiquera le remède si vous avez confiance )3 ». Si nous rapprochons ces acrostiches du témoignage controversé de Cicéron sur la forme de la poésie sibylline, nous dirons avec Diels que ce témoignage pourrait être plus clair, mais qu’il devient ainsi suflisamment intelligible : nous constatons, en effet, que l'initiale de chaque vers forme le cadre de la consultation entière et qu’il y a là un moyen de garantir le texte tout entier contre les tentatives d’altération

Le même auteur a démontré que ces deux oracles ont dû être composés (le préambule dont les a accompagnés Phlégon de Tralles nous l’apprend d’ailleurs) à l’occasion d’un prodige (naissance d’un hermaphrodite) qui en l’an 207, c’est-à-dire dans la période où les désastres de la seconde guerre Punique avaient attiré sur Rome « comme une épidémie de superstition 5 »; qu’ils ont dû être rédigés par les interprètes hellénisants qui faisaient régulièrement partie du collège des Decemvirs etqu’enfîn ces morceaux, dans leur expression littéraire, par l’emploi des formules graves et ampoulées, présentent tous les caractères que les auteurs anciens ont relevés dans la poésie sib’ylline. Ils concordent, d’autre part, avec les nombreux passages où Tite-Live, historien des guerres Puniques, raconte, d’après les sources officielles, les prodiges survenus, les cérémonies expiatoires et les conjurations prescrites parles livres Sibyllins. Ces oracles nés

Ibid. p. 64 sq. Diels rappelle avec raison l'obscurité emphatique des fragments de Parménide et d'Héraclite. — 2 Dion. Hal. IV, 62, 6, d’après Varr. fterum Divinarum ; Cic. Divin. II, 54, 111 sq. — 3 Nous savons qu’Ennius s'en est servi pour mettre son nom en vedette, par les lettres initiales de vers successifs. Cic. loc. cit : ut in quibusdam Ennianis q. enmus ff.ciï. Le passage qui suit a été l’objet de nombreuses controverses et naturellement d’iuterprétations erronées ; d'abord de la part deKlausen, p. 255; pour le détail très épineux, v. Diels, p. 26 sq. ; pour l’Iiisloiredu procédé de P acrostiche , p. 3 4- sq. L’auteur de Y I lias Latina forma avec les lettres initiales de scs huit premiers vers le cognomen d’ Italien s qui est le sien ; v. Fr. Plessis, Italici 1 lias Latina, p. 5 sq. — 4 Les parties eu Ire parenthèses traduisent !a restitution de Diels, v. p. 28 sq. — 5 Pour les altérations de ce genre, cf. Ilcrod. VII, 6 et Lobeck, Aglaophamus , p. 334. — 6 V. Polyb. III, 112, 6 ; cf. Diels, p. 85 ; c’est à partir de l'an 249 av. J.-C. dalcoù l’on fixe la première célébration des Jeux Séculaires, que la liste des prodiges donnant occasion à la consultation des livres Sibyllins, fut affichée in albo

eu l’année 125 av. J.-C., marquée par les événements 1,., plus funestes et les signes les plus terrifiants (elle est celle des tentatives faites par les Gracques contre l’ordre public), ont reçu une application nouvelle de la part dos Décemvirs, qui les accommodèrent aux malheurs pr(; senlsr>. L’un et l’autre renferment des détails qui ri(. pouvaient être (exploités que par un auteur pénétré des idées religieuses de Rome et qui, tout en les rédigeant dans la langue grecque, a dû penser en Romain. Ainsi la prière à Perséphone que l’on supplie de ne pas quitter son peupledevant lamenaced’une guerre, est uneallusion transparente à la pratique romaine de Vevocatio1 . Ainsi également la recommandation d’accomplir les cérémonies : à/'aïcT!, rit u yraeco, serait absurde dans la bouche d’un compatriote des Sibylles d’Ionie8. On peut voir chez Diels que cet auteur d’oracles, travaillant au nom et sous la suggestion du collège tout entier, connaissait mieux la différence des deux rites grec et romain que les finesses de la langue et de la versification grecque Convient-il d’accepter la conjecture qui, choisissant enlre trois membres connus du collège, Papirius Manso, Cornélius Lentulus et Cornélius Rufus Sibylla, se décide finalement à ne désigner ni l’un ni l’autre, mais cite comme auteur probable Fabius Pictor l’annaliste qui, à cause de son savoir, fut après le désastre de Cannes envoyé à Delphes consulter l’oracle de la Pythie et qui, pour cette même raison, devait sembler tout désigné pour rédiger à Rome celui que réclamaient des circonstances critiques 3? Il me paraît plus plausible d’en faire honneur à ce Cornélius Rufus qui aurait reçu à cette occasion le cognomen significatif de Sibylla.

Quel qu’en ait été d’ailleurs l’auteur, ces oracles, rapprochés de celui qui prélude aux Jeux Séculaires de l’an 17 et qui prête à des observations analogues, sous la réserve qu’il ne s’est pas astreint à l’acrostiche, portent nettement le caractère du milieu et du temps où ils ont été composés. S’ils reproduisent, dans une certaine mesure, la forme sans charme , sans apprêt et sans fard , qui d’après Héraclite était celle des anciennes Sibylles, ils ont reçu l’empreinte des croyances romaines; ils s’inspirent de préoccupations politiques et sociales qui réclament des remèdes exceptionnels. Finalement, ils démontrent que la divination confiée au collège des Décemvirs opère peut-être suivant des procédés que nous ignorons, sur des textes transmis, mais que le plus souvent ces textes sont fabriqués, sous la pression des circonstances, d’après les indications pieuses données par le Sénat.

On voit, par tout ce qui s’est passé à Rome depuis 1 introduction des livres Sibyllins, avec quelle facilité les oracles se prêtaient à des altérations et à des interpolations de toute sorte. Mais ce n’est pas seulement enlre

par les soins du premier Grand Pontife d’origine plébéienne, T. Coruncamus [Perioch. 18). La seconde guerre punique marque le point culminant de cetle reciudcscence de religiosité maladive ; cf. T. Liv. XXIV, 10, 10; XXVII, H, 4, -> ' * J 1 38 sq. V. pour la même année 217 la procession en l’honneur de Juno Reguia a' c le chœur des 27 jeunes filles; ibid. XXVII, 37, 12; 23,4 et Festus, p. 333 sq. > '*"IX ans plus lard, l’inlroductiou de la Magna Mater venue de Phrygie ; T. Liv. XXIX. 10, 4. — 7 Diels, p. 10t sq. et le vers 28 de l’oracle où est exprimé un \œii c0" cernant les Grecs, par la plume d’un Romain se servant de leur langue. Oi. ((liy Phlégon), v. 9 et 35 : Xy.Oïiv ,5’EXAifjvt<r<n Ttsireiv rc<>Aei>'>; te xai ibid. 1* d

supr. Pour la vulgarisation de cette langue chez les membres de l’aristocialn maiue, v. Plu l. Marc. I et l’exemple de Scipion le 1er Africain. — 8 Plut, é .

3; Val. Max. IV, 5, l ; App. I, 34; Jul. Obs. 27, p. 119. Phleg. Mir. 10 ; cf- D,cS’ p. 5 sq. ; p. 17, 20. — 9 Diels , p. 104; pour les interprètes grecs adjoint collège, v. Dion. Hal. IV, 62, 5.

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lt>g majns d’un sacerdoce régulier qu’ils étaient ainsi •ossis ou modifiés au gré des circonstances ; on peut ^me dire que c'est à Rome que ces abus étaient le moins sensibles et que l’esprit de l’institution des Décemvirs était de se servir des oracles, ainsi que le dira Cicéron : ad deponendas potius quant ad susci- 'rndas religiones ' . Il en était tout autrement dans le monde hellénique; la divination Sibylline y était redevable de son succès à son indépendance vis-à-vis de la divination et des cultes réguliers. En rapport avec la religion d’Apollon, mais livrée, en vertu de ses origines,

•\ l’arbitraire des prédictions individuelles, elle devenait la grande ressource de tous les novateurs en matière religieuse; et comme ses premières manifestations étaient aussi clairsemées que dépourvues de dogmatisme, elles s’ouvrirent d’elles-mêmes aux additions et aux déformations les plus imprévues. De là toute une littérature religieuse qui s’élabora à partir du 11e siècle2 avant notre ère, reçut une impulsion puissante du conflit des systèmes philosophiques et des croyances monothéistes au déclin du paganisme, et finit par constituer, toujours sous le nom de livres Sibyllins, un instrument de prosélytisme et de polémique contre le paganisme vieillissant3. Il y eut alors, comme nous l’avons montré plus haut, des Sibylles chaldéenne et babylonienne qui furent confisquées et annihilées par la Sibylle Judaïque ; et celle-ci aboutit à une Sibylle chrétienne, chacune pour sa part, selon l’esprit de la religion dont elle était l’interprète, rendant des oracles qui furent exploités, jusqu’à l’aurore du moyen âge, pour le triomphe des croyances rivales 4.

Dans ce fatras, où les recherches de l’érudition moderne 11’ont pas réussi encore à faire la lumière, les interpolations et les altérations successives sont d’autant plus difficiles à saisir qu’elles ont été le plus souvent pratiquées de bonne foi ; les prédictions mêmes, faites après l’événement et à coup sûr, donnent à certaines parties une apparence d’autorité qui fit illusion aux premiers lecteurs. Comme l’a justement remarqué Klausen5, il ne saurait même être question de les traiter de supercheries, leurs auteurs étant eux-mêmes les victimes d’une illusion naïve et inconsciente. Il nous suffira de mentionner sommairement ces recueils qui sans doute ne livreront jamais le secret de leurs origines diverses, à peine celui de leur influence sur l’opinion. Ils furent en honneur parmi les apologètes et les Pères dos Églises d’Orient et d’Occident, jusqu’au temps où le christianisme eut réduit au silence la sagesse païenne. Composés en grec, ils renferment des parties qui remontent à l’an 170 av. J.-C., et les plus récentes sont de l’époque de Laclance, du v° siècle0. Il est impossible de

1 1 ■ l.iv. XXV, 2, 1 sr|. ; Macrob. I, 17, 27. Pour le rôle de Fabius Pictor, cf. T. Liv. XXII, 57 et XXIII, 11; pour Cornélius Kufus, iùld. XXVII, 25. — - Cic. Divin. Il, 1U, 112. — 3C. Alexandre, Sibyll. Praef. XXX ; Excursus IV : de Sibyllinis apud Cl.ristianos carminibus, p. 242 sq. ; cf. Bouché- Leclercq, II, p. 194 sq. — 4 D'après Ewald, Op. cit. p. 43 sq., les plus anciens textes remonteraient à 124 av. J.-C. ; les plus récents seraient de l’époque Byzantine, 068 à 072 ap. J.-C. Il n’y a jamais eu pendant ce temps de rédaction officielle, authentique; cf. Lobeck, Aglaophamus, p. 331. — o Bcrnhardy, Grundriss , etc. Il, 1, p. 440 sq., qui donne une analyse assez londue et une appréciation judicieuse de toute cette littérature, avec la bibliographie des travaux qu elle a provoqués. — 0 Op. cit. p. 226. — 7 |.e déclin commence avec extinction de la race prétendue des Aenacdes dont le dernier est Néron; les Sibylles parlent de son retour du lointain Orient ; Tac. Hist. 1, 2 ; II, 8; Suet. "er- 57 ; I)io. Cass. LXIV, 9; Aug. Ci». D. XX, 19, 2. V. chez Klausen, p. 291, les ■ t,acpî’ de 1 influence Sibylline sur les historiens de Y Histoire Auguste, note 413, I ' 1 1 1 111 e 1 1 1 sur Dion. Cassius. — 8 V. Bcrnhardy, Op. cit. Il, I, p. 442 ; Bouché- CIC{D b 199 sq. — 9 De tous les écrivains convertis au Christianisme, Lactance

conjecturer dans quelle mesure ce qui est arrivé jusqu’à nous correspond à la réalité des temps où le mélange incohérent en a été composé, et par quelles phases il a évolué avant de revêtir la forme où nous le voyons aujourd’hui1. Une chose est certaine, c’est que ces livres Sibyllins ne s’adressaient pas aux païens et qu'ils n’avaient pas pour auteurs des païens; l’intelligence, à plus forte raison le goût de la tradition païenne, y fait défaut. Si Lactance les traite encore avec respect s, en les faisant servir à la défense de la religion révélée, saint Ambroise et saint Augustin, qui le suivent à un demi-siècle de distance, font bon marché de leur autorité ; et même le dernier admet que les prophéties Sibyllines qui font allusion à la naissance du Christontélé fabriquées par des chrétiens".

Il en avait été tout autrement dans l’Église d’Orient où saint Justin, Clément d’Alexandrie, Athénagore, Théophile s’en étaient servis de confiance dans leurs polémiques avec les païens; Origène seul et saint lrénée s’étaient montrés sceptiques ,0. Le discours prononcé par l’empereur Constantin au Concile de Nicée pour la définition du dogme de la Trinité, discours dont Eusèbe, qui le rapporte dans son histoire, fut sans doute I auteur, en appelle à l’autorité de la Sibylle d hrythree, à la IV° É g loque de Virgile, toute pénétrée de l’esprit messianique, et au témoignage de Cicéron sur les Sibylles en général, pour persuader à 1 auditoire que la naissance du Christ figurait dans leurs prophéties et que seuls les incrédules pouvaient dire de ces prédictions ou qu’elles avaient été arrangées après coup, ou qu’elles avaient un autre sens “. Combien plus avisé avaiL été le poète Prudence qui célèbre la défaveur, dont l’esprit nouveau frappait la sagesse sibylline, avec un emportement lyrique rappelant pour le ton celui d’Héraclite ,2. « Il n’y a plus de fanatique qui, hors d’haleine et l’écume aux lèvres, déroule les deslinées à l’aide des livres Sibyllins ; et Cumes pleure la fin de ses oracles 13 »>. Nous touchons au temps où les derniers écrivains païens vont exhaler leurs doléances sur la destruction officielle par le Consul Stilicon des oracles conservés à Rome, en assimilant ce crime au meurtre d’Agrippine par son fils Néron : « Quand il a aboli ces gages donnés par le destin à la durée éternelle de l’Empire, Stilicon a frappé la mère du monde; Néron n’avait assassiné que la sienne. »

V. Représentations figurées. — Nous avons signalé, au cours de cette étude, quelques monnaies originaires d’Asie-Mineure et de Cumes que l’on peut considérer comme frappées à l’effigie de la Sibylle. Leur intérêt est dépassé de beaucoup par celui d’une monnaie au nom de Lucius Manlius Torquatus, triumvir monétaire vers l’an 54 av. .J.-C.14. Elles représentent au droit une tête

est celui qui tire le plus parti des oracles Sibyllins contre les païens; v. Pichon, Lactance, Paris, 1901 ; p. 120, 128, 209, 211. Il compose sa démonstration historique do la divinité du Christ à l aide des Sibyllins autant presque que de l'Écriture Sainte; son origine africaine semble l'avoT prédisposé aux prophéties âpres et lugubres et les images des Sibyllins hantent perpétuellement sa pensée. — *° Aug. Ci». D. XVIII, 47 sq.; ado. Faust. XV, ta où son point de vue est nctleinenl défini par celte antithèse: valet guident aliquid ad paganorum vunitutem revincendam , non tamen ad istorum auctaritatem amplectendam. — " C. Alexandre, Sibyll. Praef. XXX ; Excursus IV, p. 242 sq.; Bouché-Leclorcq, II, p. 213 sq. — 13 Eusch. Vit. Constant. — 13 Prudent, ad». Jud. V, 120. Cf. Cels. ap. Orig. Conlr. Cels. VII 368. — U Rutil. Num. Jtin. II, lit. Les derniers témoignages chez Claud. Dell. Get. 231; Symmach. Ep. IV, 34. Rutilius, un des rares païens qui osent plaider encore pour le paganisme « damne Stilicon comme un moine du moyen âge damnerait les Sarrasins brillant l'Evangile » ; Ampère, Hist. litter. de la France, ch. XXII. Pour les discussions dont les vers de Rutilius out été l'objet, v. Vessereau, Rutilius Numalianus, Paris, 190 4, p. 308 sq.

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de femme A l’expression grave, dans un cadre formé de deux guirlandes de laurier; l'exergue porte le nom de la Sibylle ; au revers figure un trépied encadré de deux

étoiles rappelant, l’un le culte d’Apollon, les autres l’astre qui conduisit Énée de la Troade vers l’ilespérie (fig. 6304) ’. En fait, cette monnaie, frappée dans une période où la divination sibylline est a Home plus populaire que jamais, est le seul monument ancien qui nous apporte avec certitude une représentation de la Sibylle. Home, cependant, en connaissait d autres ; nous trouvons en effet, chez Pline l’Ancien -, la mention de trois statues élevées près de la tribune aux harangues sur le forum et représentant la Sibylle; elles auraient été placées l’une par S. Pacuvius Talurus,

La Sibylle.

édile, les deux autres par M. Messala. Pline, qui ne les a certainement connues que par la tradition, les considère, avec celle de l’augure Atlus Navius, comme les plus anciennes qui existent et il semble les faire remonter, sinon à l’époque des rois, du moins aux premiers temps de la République. Elles n’ont certainement rien de commun avec deux statues en marbre dénommées

Sibylles dans les collections où elles figurent, sans que ni leur attitude, ni leurs attributs autorisent à leur donner ce nom 3. Une figure signalée par Robert sur des fresques de PompéUetqui, pourl’une au moins, paraît couronnée de laurier, correspondrait davantage à l’idée que nous nous faisons de la Sibylle. J. -A. Hii.d.

SICA (E’V.a)1. — Comme la copis des Scythes et des Perses-, comme la harpe que les gens de Lycie ainsi que

ceux du Pont prétendaient tenir de leur héros Perse ^ comme les drépana desCariens\ las/ca thraco-illyrj(.ll|]( est un dérivé du couperet ou de la faucille. L’idée d’n instrument de cette forme a pu être fournie par certain éclats de pierre naturels, mais surtout par de grands 0s convexes et tranchants et par les mâchoires d'animaux dont les dents font de si puissants couperets. Dans les grottes de Ligurie on trouve longtemps en usage des cubiti de cerf ou de bœuf apointés qu’on manie p(1. l’olécrâne ou par l’apophyse supérieure6. Un autre pro. totype de la sica, resté en usage au IVe millénaire en Chaldée, paraît avoir été une sorte de bâton de jet ou boumerang , garni, sur sa courbure interne, d’éclats de silex ou d’obsidienne : le souvenir en aurait survécu dans la harpé aux dents aiguës du Kronos hellénique6 C’est seulement en Égypte 7 et au sud de l’Algérie * que la taille du silex atteint une assez grande perfection pour qu’on puisse découper des coutelas en pierre qui atteignent jusqu’à 0m,40 de long. Imités plus tard en bronze, ces coutelas sont restés l’attribut du grand dieu libyen Amon 9 et l’arme favorite des soldats des Pharaons, Libyens ou Nubiens la plupart10 Parmi leurs adversaires, les Hittites", puis les Assyriens 12 en Asie, les Tursha13 au nombre des Peuples de la mer, portent également le glaive falciforme. Lorsque les Achéens, puis les Doriens s’établissent en Grèce, ils semblent avoir dû leurs succès à la supériorité de leurs rapières sur les glaives recourbés tels que ceux que portaient dès lors les Thraces". Comme le gladiusà double tranchantqueles Romains auraient emprunté àl’Espagne contribua de même à leur triomphe, le glaive recourbé a passé dans l’antiquité classique pour un caractère distinctif des civilisations moins avancées: Étrusques 15

1 Cohen, Médailles consul. Manlia, pl. xxvi, n° 6 ; Babelon, Mon. de la République rom. Il, 179; cf. Eckhel, lloctr. Num. V. 244 et Klauscn, I, tab. I, n« 14. (= noire fig. 039 V). La couronne de laurier qui encadre la Icle signifie que la Sibylle n’est pas conçue comme suppliante (Ixct.;), mais comme inspirée par le dieu la to j biiü). On peut rapprocher les étoiles du flambeau qui figure sur la monnaie, citée plus haut, d’Erythrée. Il y a un second type où la guirlande n’existe pas (Babelon, p. 180, n« 12). Servius, Aen. III, 332 c te comme emblème de la Sibylle, parce qu il lest d’Apollon, le dauphin; les Quindecimviri S. E. en portaient une image à la ronde avant la consultation des livres. — 2 p|jn. Hist. nat. XXXIV, 5, 22. Pline les tient toutes les trois pour la représentation de la même Sibylle : v. d’autres interprétations chez Bouché-Lcclercq, 11, p. 16G. Elles ne sout pas antérieures à 491 av. J.-C. — 3 perrier, Jeunes j et Segmenta, etc. Borne, 1038, pl. utzvm; cf. Clarac, 1940 A; A/us. de sculpt. Mus. Borbon. Il" 423; Clarac, 1940 (marbre grec); les deux chez S. Reinach, Répertoire, I, p. 455, 6 ; p. 400, 3. — 4 Hernies , XXII, 434 ; Helbig, Wandgemûlde , n. 1381 et 1391 h ; Raoul Rochette, Choix de peintures, 25 : Arch. Zeitun ;, 1848, pl. xvi ;

Gell et Gandy, Pompeia, pl. xi.i : (iiorn. de Scavi di Pomp. N. 3, 11, pl. xi. Bi-

bi.ioguaphie. Ch. Alexandre, Oracula Sibyllina, 2' édit. Paris, 1809; Excursus ad Sibyllinus tibrus ; Id. I85G, avec le Cataloyus Bibliographiae Sibytlinae et un Supplément dans l’édition de I8G9; Bernhardy, Grundriss der yriech. Litteratur, IIe partie, 1 {3e édil.) p. 447 sq. avec une analyse développée des XIV livres des Oracles et une .revue à peu près complète des ouvrages publiés sur les Sibylles depuis les débuts du xvu" siècle (p. 447 sq.) ; Bloch, art duomviri, t. Il, 2; Bouché- Leclercq, Histoire de la Divination, Paris, 1879-1882, t. Il, 133 sq. ; t. IV, 286 sq. et passim ; divinatio. article du même, ci-dessus, II, p. 313 sq. ; Badt, De oraculis Sib. a Judneis compositis, Pars. I, Brcslau, 1869. Ursprung, Jnlialt und Text des IVten Buclis der Sibylt. Orakel, ib. 1878; Bigonzo, le Sibille e i libri Sibillini di Roma, Genève, 1877 ; Delaunay, Moines et Sibylles dans l'antiquité Judéo-grecque, 2' édit. Paris, 1874, p. 123 sq. ; Divls, Sibylliniscbe R lait ter, Berlin, 1890 ; Ewahl, Entstchung, Jnlialt und Werth der Sibylt. tt.iecher . (dans les mémoires de la4Sociélé pour les sciences de Gœtlingue), 1860, p. 43 sq. ; Fréret, Œuvres, t. XVII, p. 192, et Mémoires de I Académie des Inscriptions ; t-riedlieb, de Codicibus Sibyllinorum, etc, Breslau, Dissert. 1847, et Oracula Sibyllina (récension nouvelle), Leipzig, 1852; Gallaeus Servius, Disputationes de Sibyllis avec l’édition de trois livres de Pseudosibyllma. Amsterdam, 1688 ; Heidebrecde, de Sibyllit, Dissertatin, Bel lin, 1835 ; Klausen, Aeneas und die Penaten, Hambourg et Gotha. 1839, p. 203-311 ; Marquardl- Mommsen, Roemische Staatsverualtung, t. III, 2‘ édit. p. 350 sq. ; Schwegler, Roemische Geschichte, p. 312 sq.; SOI sq. ; Voleman, De Oraculis Sibyllims

Leipzig, 1853; et Philologue, t. XV, p. 318 ; Wissoiva, Religion und Kultus der Roemer, p. 463 sq.

SICA. 1 lsid. Orig. 18,6,8: sicaa secundo. Le mot est d’origine indo-européenne et se rapporte à la racine sec, sac ou sic (sectionner, trancher; comme securis, succspita (pour sece-cacspes, cf. Fay, Classical Quaterly, 1907, 21), secare.sicilire, sacena et peut-être sagitta et sigyna. C’est à tort, sans doute, qu on a rapproché sicani de sica, cl’. Modestov, Jntrod. à l'hist. romaine, 1907, p. 133; b. 3c Sauctis, Storia dei Romani, I, 1907, p. 100. D’après le texte de Maries Victorinus,

I, 4, 6 : sicain , quae secet per cet i scribenda , at si... fistula per i, on apprend que la forme primitive était scica comme celle de pilum était peilum. — 3 \or copis, acinaces et PARAZoaiUM. — 3 Voir harpe. Ajoutez pour la Lydie, Bcnndorf, Gjbl-Baschi , u. p. 3 ; pour la Pisidie, Brilish Muséum, Coins of Pis. p. 1 10 et 115, pour le l’ont, Cumont, Rev. arch. 1905, I, 189. — '* Herodot. VII, 93. Savignoni ( Monum. ant. 1904, 50) a groupé beaucoup de documents relatifs aux glaives courbes des peuples de l’Asic-Mineure. — 3 Isscl, Liguria prdstorica. 11, 20 ; Bull. Palets. XV, 18G; XVI, 98. — « Iles. Theog. 179; cf. Hcuzey, C.-r. de l'Acad. d. Inscr. 1908, p. 419. Les dents sont en obsidienne à Mélos, cf. Bosanquet, Phylakopi, p Perrot, Histoire de l'Art, VI, 149; Blinkenberg, Mém. soc.antiq. du J\ord, I nl> p. 183. —7 Cf. J. de Morgan, Rech. sur les origines de l'Égypte, 1, p ,,f- -1, p. 101 ; J. Capart, Les débuts de l’Art en Égypte, p. 67. — 8 P. Pallary, LAnlluu potogie, 1907, p. 117. Sur les gravures rupestres, les guerriers ornés de la /ir/o portent le sabre, Bull. Comité trac. Hist. 1899, 138. — » C’est ce qui a permis l’identification d’Amon avec Pcrsée. — 10 Maspero, Hist. une. des peuples de 1 "

i, p. 489 ; Wilkinson-Bircb, Mauners and customs of the Egyptians. 1. p 222. — H Maspero, Op. cil. III, 528; Perrot et Chipiez, Hist. de l Art, IIP (l5 et 359. — 13 Maspero, Op. cil. Il, 607 ; III, 7 ; Perrot, 11, p- 537 ; Rev. ai cli. I

II, pl. XX. — 13 Wilkinson- Bircli, Op. cil. I, p. 189. — U C’est sans doute une sica que le oôurvavov ’aoyupôir.Xov xarbv Oçrrpviov qu Achille enlève an chef dis 7

[II. XXIII, 808). Pour la gà/àtÿa, coulelas que les Achéens portent avec la cJM épée, voir les art. machaera et pugio. C’est sans doute le nom qui convi l’arme que tient le fantassin sur la stèle de la tombe V de 1 Acropole de M)1 (Perrot, VI, 359). — 15 Les guerriers étrusques en portent à leur v 1,1 cf. Martha, L'Art Étrusque, p. 255 (stèle de Vollerra); Milani, Monum. in" pl. ix; (stèle de Pomarance) Monumenti, IV, pl. xxxu (sarcophage de " ,m ^ S. Reinach, Répertoire de la Statuaire, III, 58, 2 (statuette de SorrenteP ^ ressemble plus à la harpé sur des monnaies, Garrucci. pl. xxxvi, i.xvi, 1 ^

trouve des sicae en bronze dans les tombes d’Este, Notizie, 1907, ^

Télamon, Milani, Studi e Materiali, 1, p. 130 ; à Tarquinies, Notizie, LUb, donnant la sica aux Osques, Virgile (VII, 730) pense sans doute aux Etiusquc

SIC

SIC

H ligures1 en Italie, Germains 2, Daces et Sarmales3 Ml jelà du Itliin et du Danube, montagnards du Taurus, II,. |-jran et du Dont en Asie-Mineure, surtout les pcu- ].i(|es ihraces et illyriennes des Balkans qui passaient pour l’avoir inventé1.

| es écrivains grecs qui avaient à en faire mention le désignaient sous les noms de machaira ou de copis qu’ils donnaient à toute lame plus ou moins recourbée. C’est seulement à l’époque hellénistique que, choisis à cause de leur férocité naturelle comme exécuteurs des hautes œuvres royales 6, les Thraces commencèrent à être connus par la sica. Elle est mise entre les mains de fantassins illyriens par un vers d’Ennius qui se rapporte sans doute à la guerre istrique de 178 6 : un des cavaliers thraces d’Aristonikos coupe, en 130, d’un coup de sica, la tête du consul Crassus1.

Bien que Piaule emploie déjà un diminutif de sica , sicilicula \ pour désigner un petit coutelas de cuisine, il semble que le terme de sica n’ait d'abord désigné à Rome que l’arme des Illyriens. Les pirates de celte nation infestaient les côtes de l’Adriatique ; on comprend que aicarii ail fini par être pris au sens général de bandits, de coupe-jarrets. Si cari us signifiait déjà un assassin en 81, quand fut édictée la /ex Cornelia de sicariis 9. A la même époque, Cicéron, pour désigner des meurtriers et des spadassins, parle de homines sicarii et gladiatores 10 ; il emploie même sica tout court dans le même sens". C’est seulement après lui que la signification de sicarius acheva de se spécialiser. D’une part, ce terme s’appliqua aux meurtriers de profession ou à ceux qu’on voulut leur assimiler pour les discréditer 12 ; d’autre part, il désigna la catégorie de gladiateurs plus ordinairement appelés Threces. Ils avaient gardé l’armement des Thraces réduits à la condition de gladiateurs qui sont mentionnés comme tels, pour la première fois, lors de la révolte du Thrace Spartacus13.

Les nombreux monuments qui montrent ces gladiateurs armés de leur sabre caractéristique [gladiator, lig. 3370, 3373, 3390 permettent de donner ce nom à l’arme que des Illyriens tiennent à la main sur un bas-relief d'Épidamne u et que ceux d’entre eux qui formèrent des corps spéciaux dans l’armée romaine portent sur les stèles funéraires16. Cette arme rentre dans une série de glaives, donllacourburearrivepresque à former un angle droit, qu’on Irouve dans les nécropoles illyriennes dès le ve siècle avant notre ère : il suffit de com¬

parer les spécimens reproduits ci-contre (fig. 6393) 16 à celui que porte le gladiateur de la fig. 3383, pour constater qu’on se trouve en présence de la même arme.

On peut rapprocher de sica le vieux terme latin de sicilis que l’on ne connaît que par deux citations : l'une de Varron, qui aurait comparé la forme de la mer Caspienne à une sicilis ; l’autre d’Ennius dans Festus : Siciles , hastarurn spicu/a lata. Ennius : Incedit ve/es volr/o sicilibus latis ,8. Comme le verbe sicilire s’emploie dans le sens de faucher13, il s’agit sans doute d’une lame en forme de faux, d’une sorle de fauchard analogue à la rhomphaea thrace. A. J.-Reinacb.

SICARIUS [sica].

SICIL1CUS. — Monnaie, de compte romaine valant 1/4 de l’once ou 1/48 de l’as [as]. Sa marque est ) .

F. Levormaxt.

■ La Ligurie fournissant des coutelas dès l’âge de la pierre, c’est à des Ligures t|tio j'attribuerais ceux qui sont figurés avec des bipennes, des pelles et des flèches sur l’arc de Narbonne (Espérandieu, Bas-reliefs de la Gaule , I, G88, 711) cl c’est aussi aux Ligures qu’il faudrait atlribuer le court sabre espagnol dont les spécimens les plus célèbres ont été tiouvés à Almenidilla (P. Paris, Essai sur /' Espagne primitive , II, p. 279 et Archives des Missions , 190G, pl. xiv). Dans les lombes gauloises de l’Italie du Nord, on trouve des coutelas tantôt avec la poiule seule recourbée à la façon de la harpe ( iSotizie , 1908, 10), tantôt avec la lame entière plus ou moins convexe (Monlelius, Civilis. primitive , 1, 65, 10 et 13; Bull. Paletn. 1886, 231 ; Notizie , 1905, 368; 1908, 12). Lorsque, au lieu d’un montant qu’on saisit à pleine poignée, le manche se termine par un anneau [Bull. Paletn. 1891, pl. vin, 6; Bull, monumental , 1875, p. 252,) on se trouve sans doute en présence du machairion mikron que les Gaulois portaient à côté de leur rapière (Posidonios, Fr. Hist. Gr. III, p. 260, 25). — 2 Voir un tics reliefs représentant des cavaliers romains foulant aux pieds des Germains, Lindenschmit, Alterthiimer I, 11, 6, 2 (= Handhuch , fig. 274 et C. I. L. XII, '083), l'enseigne d’argent do Neuwied ( Alterlh . 1, 7, 5, l ; C. I. L. XIII, 7765) où le coutelas ligure parmi des trophées germaniques comme sur la Colonne Automne (Petersen, Markussanle , pl. i.xiv*v). — 3 Coutelas devant la Dacie personnifiée sur les monnaies de. Trajan (Cohen, Trajan , n. 118), dans les mains des Daces de la Colonne (Frœlmer, pl. xci| et sur une dédicace d'une cohorte dace à Birdoswald (bruce, Band/joo/c of lhe Roman Walt , 1907, p. 199'. Voir aussi le coutelas reproduit par Tocilescu, Dacia, pl. iv, 18. Ce sont plutôt des Sarmatcs que des Daces qui portent la sica sur les reliefs suivants, S. Reinach, Bépert. des bas-reliefs , p. 308, 0| i 349, 57; 355, 76 ; 367, 113; 433, 19-20. — 4 D'après Clément d’Alexandrie, Sl,'°m. I, 16, 362 les Thraces ou les Scythes auraient inventé la nà/aipa xa|A7tûXir). S'Tvius, Ad Am. IX, 503 attribue à Persée l'invention du gladium curoum in modum falci et Persée serait, à l’origine, l’Arès, de la tribu thrace des Abanles. Dans les Gloss. Philox : sica, ftaaxixbv £t'®o; lierai****. — B Voir A. J.-Reinach, y?ey- a,'ch- 1909,11, p. 57, 69. — G Paul. Diac. ex Pesl. p. 500, Th ; Ennius, Ann. 504 l(d. Vahlen, 1903). — 7 Val. Max. III, 2, 12. Sur une lampe trouvée à Scardona 011 voit un cavalier illvrien tenant la sica dans la gauche, Mittheil. aus Bosnien, III, p. 108. — 8 Plaul. Hud. IV, 4, 125: sicilicula argenteola. — « Dans l'extrait conservé par Ulpien ( Dig . 48, 8) de la Lex Cornelia de sicariis et vene ficus, le 11 me de sica n'est pas employé, mais le vocable générique de telum (Bruns, Fontes Jlh,s, p. 93). Les premières allusions à la loi sont celles faites par Cicéron, Pro

Bosc. 32 ; Il Fin. 16 ; Il Phil. 4. — 10 Cic. Pro Boscio, 3. Cf. ibid. 14, 32 et 36.

— il Cic. Fragm orat. in toga candida cl Ascon. ad. loc. Cicéron désigne ainsi Catilina et Antonius que Cicéron appelle a pu eritia sicarii dans Petit. Consul. 2.

— 12 Pour désigner la faction révolutionnaire qui apparaît sous le procurateur Félix (57 60) Josèplie emploie le mot aixâç.ot. Jud. Il, 43, 3; 17, 6; VI, 7,2; 9, 5; VII, 8, 1 ; 10, 1 ; 1 1, 1 ; Ant. Jud. XX, 8, 5. Cf. Act. Apos. XXI, 38 ; Suid.

( Etxàçiot *XviffT5v ?évo;) ; PllOt. Etxaç 8è Tà ÈTnxajAurj 'Pwjxaïot xaÀoùtriv or; /&û|Atvoi 1X£Tovto ffixàpiot). Cf. E. Kraus, Griech. und lat. Lehnwôrter im Talmud , II, 1899, p. 392 ; Byz. Zschrft . ] IV, 511., Chez les glossaleurs sica est toujours expliqué comme l’arme des voleurs, Corp. Gloss. IV, l/l et 391. — 13 Plut. Crassus, 8. Pour la sica des Threces, voir gi.adiator en ajoutant aux références : Collection Gréau , bronzes, n. 1133 ; Schreiber, Nekropole von Kom el Schukafa, fig. 4 ; Deonna, Bull. corr. hell. I9u8, fig. 35; Mestmerdt, Bonner Jahrb. 1907, p. 44. — H Hcuzey, Mission en Macédoine, pl. xxx. J ai indiqué Rev. arch. 1909, H, p. 57 les raisons qui me font voir sur ce relief un guerrier dalmale. — 15 Sur une slèle du musée de Mayence, un glaive courbe en (pii il faut sans doute reconnaître la sica parait dans la main d’un cavalier dalmale de l’a/a Claudia (Lindenschmit, Alterth. I, II, 6) et on retrouve celte arme sur les bas-reliefs de Pola, S. Reinach Répert. des Reliefs, l,p. 226).— IG Truhelka, ,\/ ilteil. aus Bosnien, VIII, (nécropole de Gorica de l'époque de la Tène, f. 8. Le glaive, en fer, aurait 40 cent, de long). Des glaives du même type ont été trouvés à Slrabci, Ibid. VI, p. 56 (54 cent.), et à Sauskimost.N I, p. 99 (54 cent.). Dans un autre type de sabres illyriens, le coude caractéristique, au lieu de se trouver au milieu de la lame, se produit après la partie qui sert d’ânie à la poignée. Du côté vers lequel s’incline la poignée, la lame est concave et non plus convexe et c’est sur celte partie convexe qu’est pratiqué le taillant. Le spécimen reproduit fig. 6395 vient de la nécropole de Dolina sur Save, Mxtteil. IX. fig. 10V: long 35 cent. (cf. pl. i-, 3; LXVIII, 7 ; LXXIII, 4). Parfois, avant d'atteindre le maximum de la courbure le taillant s'infléchit vers l’intérieur. La fig. 7 de Truhelka, loc. cil. (32 cent.) répond au sabre qu’on voit entre les mains d’un Thrace sur un vase du Louvre, K, 405. C’est \a macliaira tombée en désuétude en Grèce où Xénophou la recommande pour la cavalerie, De ve eg. XII, 11. — Plin. //. nat. VI, 15, 3. On lit parfois scythici arcus au lieu de sicilis. — 18 Paul. Diac. ex l’est, p. 337 M ; p. 500, Tli ; Ennius, Ann. 507 (ed. Vahlen, 1903). — l'J V'arro, Jt.rust. I, 49 Colum. Il, 22; Plin. XVII I, 67, 1. Les glossaires traduisent sicilis sicila ou sicilum par des mots grecs qui désignent le tranchel de cordonnier «j6r(>.ov <rjxtAï) ou qûçov (txut iw; (Corp. Gloss. V II, p. 264).

SIC

SICLUS (Si'xXo;, a(yXoç). Ce terme, employé par les auteurs grecs et latins, n’est que la transcription du mot sémitique sc/ieqel qui, dans la Bible et les textes cunéiformes, désigné l’unité pondérale : de là vient que le verbe S'pur signilie, à la fois, compter et peser. Dès la Genèse il est fait mention du sicle comme lingot étalon des paiements* ; les Juifs distinguent le sicle du sanctuaire ou sacré, du sicle du commerce ou vulgaire. Ce

fut seulement sous les Perses Achéménides que le sicle devint une monnaie. En même temps qu'il créait la darique d’or, Darius ier, fils d’Hystaspe (521- 483), inaugura une monnaie d’argent qui, bientôt très répandue chez les Grecs d’Asie- Mineure, fut appelée par eux, sicle médique (aixAcç p-^Stxdç ou simplement sicle [daricus], Ce sicle (fig. 6396), qui pèse 5 gr. 60, est en réalité la drachme perse; il est, comme la darique, au type de l’archer perse portejaveline 2. Dans le rapport t à 13 1/3, il fallait vingt sicles pour équivaloir a une darique d’or. Les auteurs grecs donnent au sicle médique une valeur de 8 oboles ou 7 1 - oboles attiques3. Très répandu chez les Grecs d’Asie-Mineure, le sicle médique pénétra, comme la darique, jusqu à Athènes * ; les villes grecques et phéniciennes qui étaient sous la domination des Perses Achéménides,

6396. — Sicle médique.

ou en rapports commerciaux avec l’Orient, frappèrent, à des types variés, de nombreux statères d’argent de 11 gr. 20 qui étaient, au point de vue pondéral perse,

des doubles sicles. Mais chez les Juifs, la valeur du sicle était tout autre. En effet, dans la

Fig. 0397. - Sicle juif. suite des

monnaies juives de la dynastie asmonéenne, le nom esiclee st inscrit sur les pièces elles-mêmes ; or, le sicle d’argent de Simon Macchabée (143-135 av. J.-C.) et de ses successeurs qui porte la mealionsheqel Israël, pèse 14gr.25( fig. 6397). On frappa, en même temps, le demi-sicle avec la mention khatsi hasheqel « demi-sicle », qui pèse 7 gr. 123.

On voit par ces mentions et ces poids que le nom de sicle fut, au nr siècle avant notre ère, en Orient, transféré au tétradrachme considéré comme étalon ou unité monétaire. Les Romains recueillirent cette tradition puisqu’ils estimaient le sicle hébraïque à 4 drachmes atti-

SICI.US. i Gènes.. XXUI, 16, cf. Maddcn, The coinage of the Jews , p. 1 sq. — - K. Balielon, Perses Achéménides, Calai, p. I sq. ; Traité des monn. gr. et rom. Descr. hist. 1. 1, p. 250; t. Il, p. 38 sq. — 3 Xenopk., Anab. 1, 5, 6 ; Fliolius, s. u». ; Hesycli. s. c». — 4 loscripl. d'Athènes, C. I. G. Allie, t. IV, n. 632 b ;Momi»sen- Blacas, Monn. rom. t. I, p. 14. — 6 Madden, Op. cil. p. 15 et 07 ; S. Epiphase assimile le sicle juif du sanctuaire à un didraclime (dans Huliscb, Metrol. script. I. I. p. 268). — 6 Jos. Ant. jud. III, 8, 2. — 7 Madden. Op. cil. p. 202, 239 et 244.

S1CYON1 A. t Her. Mim. VII. — 2 l’ollux VII, 93. — 3 l.ucil. ap. Fest. s. o ; Lucr. IV, 1125; Cic. de Oral. I, 54, 231 ; Virg. Cir. 168.— 4 Hesycli. s. v. ; Cic . L. I. ; Euslath. ad 11. XXIII, 299 ; Atlicnae. IV, p. 455 c. — 6 Lucian. Dial. mer. XIV, 2 deux drachmes. — 6 Tthet . praec. 15; Atlicn. el Euslalh. L. I. — <Clcm. AI. Paedag. II, 11, p. 240 Coller; Stepli. Byz. s. v. Et»uwv.

SIGILLUM. I Marini, Atti d. fralr. Arvali, 1795, p. 357 (sigillum Volkani , pesant 15 livres et 9 scrupules); Corp. inscr. lat. IX, 2996 ( sigilla dédiés aux Lares); ibid. III, 633, I (sigilla, statuettes de marbre, représentant Hercule, Mercure, Bacchus);cf. 6129 A. — 2 Cic Verr. Il, 4,22 (patellam in qua sigilla erant egregia) ; ou peut comprendre dans ce cas des emblemata en haut-relief comme on eu voit

ques ou 4 deniers *. Le sicle d’argent frappé par Juifs révoltés contre les Romains sous Vespasien ,q Titus, puis sous Hadrien, pèse 14 gr. 25 comme l’ancieV sicle asmonéen7. E. Babelon.

SICYONIA (Stxutivta). — Chaussures fabriquées en Grèce, à Sicyone, portées ou imitées ailleurs. Hérondas les nomme, à Alexandrie, au me siècle 1 ; elles étaient estimées à Home dès le dernier siècle de la Républiques Elles étaient faites surtout à l’usage des femmes3 ] ,,,! hommes qui en portaient passaient pour efféminés* n y en avait à bas prix8; d’autres, très riches et ornées qui étaient une parure6. Lucien parle d'embades [embaj] de Sicyone, en feutre blanc, qu’il recommande au rhéteur qui veut se faire remarquer par son luxe. El|ps restèrent réputées jusqu’àla lin de l’antiquité L E.Sagio,

SIGILLUM (Ztoov, Çojtotov, ayotAgomov, àvSptavuov, xdpo; xdpp vdu.*r,). — Ce mot ne désigne pas en latin une catégorie bien limitée d’objets. Il peut s’appliquer à des statuettes1, comme aussi a des reliefs, à des ornements rapportés, du genre des crustac et des emblemata 11 est difficile de dire si les Tyrrhena sigilla d’Horace3 désignent avec certitude les statuettes de bronze étrusques que nous avons conservées en si grand nombre, ou bien quelque autre série d’œuvres d’art, ornements ou reliefs, sortis des ateliers d’Italie. Comme on a traité dans d’autres articles [caelatuiia, figlinum, forma] ce qui concerne les reliefs, nous nous bornerons à étudier dans ce premier paragraphe ce qui se rapporte aux statuettes, aux petites images en ronde bosse, sigillum étant pris comme un diminutif de signum \ statue [statua],

I. En grec les statuettes sonL désignées par des vocables très variés 8. Dans les inventaires de temples on trouve les mots Çcoov ou Çcotov, Çiotoiov, ^tütSàtptov, avSptâvTtov, àvoptavriotov, àvoptxvrt'dxo;, les uns s’appliquant à tout sujet humain ou animal, les autres plus spécialement aux statuettes de forme humaine6. Les lexicographes 1 emploientencore d’autres termes qui désignent la représentation féminine, xdpT), ou masculine,

xôp&ç el xoiipo;, et les jouets d’enfants, 7tXayyojv, correspondant au mot latin pupa [pupa]. Le fabricant est le xopo7rXâ0oç ou xopoTrXaaTYji; 8 ; en latin sigil/arius et sigillator 9 [figlinum, p. 1134]. A Rome, le quartier ou la rue où l’on s’approvisionnait de ces petits ex-voto s'appelait Sigi/laria *°. Une des journées de fête des Saturnalia portait le même nom, parce qu’on offrait des figurines en cadeaux à ses amis et aux enfants [saturnalia] 11 .

Les matières dont on faisait ces statuettes ne sont pas moins variées que les mots pour les désigner. Comme métaux, l’or et l’argent sont souvent mentionnés pour

dans les patères (lu trésor d'Hildesheiin (fig. 973, 974) et du trésor de Bosco Reale (fig. 3970). — 3 Horat. Ep. Il, 2, t80. — 4 Les deux mois sont parfois pris luit pour l'autre. Bans l’inscription citée du C. i. Int. 111, 633, I, le rédacteur dislingue des sigilla d’aulres slalues de bronze qu’il appelle statua et signum: mais ailleurs, ibid. Il, 210.1, des slaluelles de la Fortune et de Mercure, en or, pesant cinq livres, par conséquent de petites dimensions, sont désignées par le mol signum.

— t» Voy. H. Blümner, Technologie und Terminologie der Gewerb. und Künste, II, p. t23-I24 cl les noies; K. Potlier, Quam ob causam Graeci sigilla in sepulcris deposuerint , p. 49 et les notes. — G Ilomollc, BuLl.corr. hell. VI, p- ' XV, p. 157, 163. — 7 Ilarpocral. p. 114, 27 ; Hesych. s. v. ; Suidas 5. 1 ■ xo'.e’AàOoi ; Etymol. magn. s. v. xopoTcXâdTïj; ; Bekker, Anecd. p. 272, 31. — 8 *,al pocrat. Suid. Etxjm. magn. II. cc. \ Pial. T/ieaeth. p. 147 A ; Isocrat. De permutait 2. Le mot s'applique ordinairement aux modeleurs d’argile; cependant Harpon a lion, /. C. spécifie: èx r.ï)*Ao7 ïj yïjçoü rj tivoç ToiaÛTïjç ÛA»jç it).ttTtovTaç , *1

~ — 9 Voy. Forcellini, Lex. lat. s. v. ; II. Blümner, Op. I. p. P25; Orelli, Inscr. ,42 ■ 4280. — 10 Macroh. Sa/. I, 11 ; Suel. Ctaud. 16; Nero, 28; Digest. XXXII, K1-

— il Suet. Claud. 5 ; Senec. Epist. XII, 3.

SIG

SIG

1rs images que l'on déposail dans les temples Ensuite vjcnt )e bronze, qui est le mieux connu à cause des innombrables spécimens que nous avons conservés de cotle catégorie et qui ornent les musées ou collections particulières (fig. 63U9) *. Nous nommerons ensuite le IVi-3, beaucoup plus rare et d’ailleurs difficile à préserver de la rouille, et le plomb (fig. 6400/ [plumbum, p. 514]. Parmi les pierres, les matériaux les plus employés sont le marbre5 et le tuf ou calcaire8 ; parfois sont mentionnées des pierres précieuses, XîOot ripuoi, agate, calcédoine, obsidienne, cristal de roche, etc, 7 . On peut citer aussi le verre8, le jais9, l’ambre10; parmi les matières plus tendres, le bois11, l’ivoire (fig. 2026, 6403,) et l’os 12, le cypse 13, la cire “, et surtout la terre cuite (fig. 596, 1936, 2091, 2188, 2623, 6401, 6404, 6405) 15 ; on sait que cette dernière a donné naissance à une industrie très développée qui a véritablement inondé le mondeancien de sesproduils [figlinüm]. Le prix de tels objets était natu¬

rellement tout à fait variable, suivant la valeur de la matière employée. Les statuettes d’usage courant se vendaient très bon marché : un Eros en cire pour 1 drachme10, une figurine de Zeus pour la même somme17, une statuette de Bacchus en marbre pour 25 deniers "L La destination de ces petites images est indiquée par les emplacements où on les recueille. Les textes, les inscriptions et les fouilles elles-mêmes s’accordent à montrer que l'on s’en servait surtout comme offrandes religieuses [donarium]. Elles prenaient place en nombre considérable dans les sanctuaires, grands et petits. Au fur et à mesure que les pèlerins les apportaient, elles finissaient par encombrer à tel point le 'parvis et les abords des temples, que les prêtres, à certains moments, après avoir mis de côté les ex-voto les plus précieux pour les disposer dans l’édifice, prenaient le parti de rassembler les autres et de les enterrer en masse dans de grandes fosses préparées à cet effet [favissae]. De cette

i Corp. inscr. Attic. I, 174-175, p. 69, Hecatomped. a, 5 : xôpvj /ovo^ lui (tt^Xyi;. 0» dit xaTtt/çuffo; ou lui^çuTo; quand la slatuelte est simplement dorée, mais non en or; ibid. xôpv j xaTâyptxroç; ibid. p. 73, upôirwitov 5 ttâçyuçov xarayoutrov; llomollc, Comptes de Délos , Bull. corr. hell. VII, p. 127, ’AuôUwv ypuioi 7;,

«ySpiàvitov cjuXcvov lutypiMTOv, etc. ; ’AitoXXwv àpybpoijç, àvSpiatiffxo; àpyupouç, de.

Dans les monuments conservés, c’est surtout comme pendeloques et comme bijoux que les sigilla figurent dans les collections publiques et privées ; voy. i values ; cf. L. Pollak, Klass. nnlik. GoUJschmiedarbeiten (Collect. de Neliclou'), 1903, — 2 Voy. les catalogues des grandes collections d'Athènes, Olympie, Paris, Londres, Berlin, Vienne, etc. ; de Riddcr, Cat. des Bronzes de la Soc. nrcli. d'Athènes , 1894 ; Cat. des Bronzes trouvés sur i Acropole, I89G; A. Furtwaengler, Die Bronzen von Olympia , 1890 ( Olympia , tome IV); Babelon et Blancliel, Cat. des Bronzes antiques de la Biblioth. nat. 1895; A. de Longpérier, Xolice des Bronzes antiques du Louvre , réimprimé en 1879; S. Reinacli, Bronzes figurés de la Gaule romaine ( Descr . du musée de Sl-Germain), 1894 ; Walters, Cat. of the Bronzes Brilish Muséum , 1899; C. Fricderichs, Kleinerc Kunst and industrie , 1871 (bi'onzes du Musée de Berlin , p. 380 sq.) ; von Sacken et Kenner, Die Sammlungen der K. K. Münz. u. Anti/c. Cabinetes , 1866 ( bronzes du Musée de Vienne, p. 238 sq.) ; von Sacken, Die antiken Bronzen des Ii. K. Münz. u. \nt. ('ab. Vienne, 1871 ; Schumacher, Besclireibuny der Sommlung antiker Bronzen , Karlsruhe, 1890, etc. Pour les collections particulières, voyez les catalogues faits par M. Frœhner sur les bronzes des Collections Gréau , Tysz/ciewicz , Butait , etc. — 3 Cf. Bevue arch. 1902, II, p. 137, avec les indications bibliographiques; Schaaffhausen, Jahrbücher de Bonn, LXXXVI, 1888, p. 285. — 4 Outre les références données à plumbum, cf. II. Blünmer, Teehn. u. Terni. IV, p. 374; 0. G. Hogarth, The archaic Artemisia, 1908, p. 153, pl. xx, 5; Jahrbuch Inst. 1902 p. 102 (Balbek) ; cf. ibid. 1898, p. 198 A nzeiger; 1892., p. 112 Anz.\ Jahreshefte Wini, 1904, p. 195; Wace, Sparta Muséum Catalogue , p. 228 ; Hawkins, Annual Britisli School, XII, p. 320 et sq. ; XIII, p. 87 et sq. — 5 Une inscription citée plus haut [Corp. inscr. lat. III, 633, I) mentionne des siyilla marmuria (sic). Parmi les rouvres célébrés de cette série on peut citer des répliques de l’Athéné Parlhénos de Phidias et de l’Hercule Epitrapé/.ios de Lysippe (Collignon, Sculpt. grecq. I, h? -O, 272, 273 ; II, fig. 221). Voir au musée du Louvre la Salle des petits marbres, dite Salle de Clarac, Catalogue sommaire des marbres antiques , 1896, 1»; 1 ~ 0 Cette matière a été fort employée à l'époque archaïque, avant la grande

dilîusion du travail du marbre (Léchât, Au Musée de t’ Acropole, fig. 1, 4, 12 à 14, C, etc. , cf. Sculpture attique avant Phidias , chap. I et 11). Pendant toute la |"iiodc classique elle est restée en usage dans les pays qui manquaient de marbre, pai exemple en Phénicie et en particulier à Chypre qui a produit, en extiaordinaire abondance, des statuettes de calcaire ou pour mieux dire de grès fin (Perrot et Chi- |ro /, Hist. de l Art , III, chap. VI et Vil ; cf. Cesnola, Cyprus , et le Descriptive b/y o/ Cypriote Antiquities, 1885). — 7 J| est difficile de ne pas considérer comme légendaire la mention d’une statuette en topaze de la reine Arsiuoé, femme " 1 toléméc, hautede quatre coudées (Plin. XXXVII, 108); peut-être s’agit-il d’une 111 couverte de topazes (Eliminer, Op. I. III, p. 238). Mais il n’y a pas de ISOIiS de douter de 1 existence d’autres ex-voto que Pline dit avoir vus à Rome : des de M S ' ^u£us^e 011 obsidienne, des statuettes d’éléphants en môme matière, une m l " ^ *'n’ ^XXVl, 196). On faisait aussi des statuettes et des amulettes en

oii( ' 11 "* XXXVII, 114). Les musées et certaines collections particulières nous

d C0llsc,ve des spécimens de ces précieux monuments; Krause. Pyrgotelcs oder d,s r',n StGine ^ Cr ^ len ’ P* 51 nole 2 » v(m Sacken ct Kenner, Die Samml. /(i l| ^ ^üns. u. Antik. Cabinetes , p. 451 sq. ; Babelon, Le Cabinet des MèdaillJ7 VXXVII> l'i’oehncr, Collection Tyszkiewicz , pl. xxxiv, n° 3 ; L. Urlichs, dans yo " llbi'cfter des Vei'eins von A Lterthumsfreunden im JRh. IV, 1844, p. 185, pl. v. Holl Tr[ ^ s,a*,ue^e do Vénus en calcédoine saphirine, de la collection E. de cil T ' 1 pu,’,i6c Par Bakclon, Gaz. des B.- Arts, mai 1899, p. 360-368 et planh'ouvi du Cinquantenaire, à Bruxelles, voir un lézard en cristal de roche

AlOrii * anS UU tumu,us dc CortiUNoirmont (Brabant). — 8 Kisa, Das Glas im yui'tè p* stl*> c^‘ Deville, Hist. de l’art delà verrerie dans l-anti-

*/J>pl. lu; H. Blümmer, Techn. und l'erm. IV, p. 403 ; Frœhner, La Ver¬

rerie antique , 1875, pl. lu ; H. Blünmer, Techn. und Term. IV, p. 403; Frœhner, la Verrerie antique , p. 57 sq., pl. ix et xv ; de Ridder, Catal. dc Clercq, VI, p. 157 sq., n0# 279 sq. — 9 Al. délia Scta, La Coll. Barberini , p. 3i sq., fig. 24, 25, 26 (ex-voto de Préncste) ; Jahrbücher de Bonn, XIV, 1849, p. 46 sq. pl. iv et v.

— 10 A Ephèsc, probablement une figure d’Artémis; L).-G. Hogarth, The archaic Artemisia , 1908, ’p. 214, pl. xlvih, fig. 20, 21 . D’autres figures en Hongrie, en Gaule ; L. Bella, dans V Archaeologiai Ertcsitô , 1895, p. 392-400 et figures; Cochet, La Normandie souterraine, 2° édit. 1855,p. 137, pl. vi, 2; F. Mazauric, Mém. de C Acad, de Nîmes , XXX, 1907, p. 300-302; Chabouillet, Catalog. des Camées , u° 3489 ;

H. de Villefosse, Bull, de la Soc. des antiq. de France , 1888, p. 21 1. etc. — H Inscription de Délos, llomollc, Bull. corr. hell. VI, p. 127, notes (àvSp-âvx tov ÇûTuvoy, iiti/ovao v, ÇwtStov çjXivov Irctypufrov) ; cf. Hogarth, Op. I. p. 217, pl. xliii, 6-7. Vov. aussi Thcophrast. V, 3,7; Varr. Hist. rom. fragm.éd. Roth, p. 404 ;éd. Peter, p. 96;Serv. Commentar. III, fig. Il, appendix Serviana, éd. ThiJo et Hagen, 1902, p. 428-429 : deos Penates ligneis sigillis vel lapideis, terrenis quoque Aenean umeris extnlisse. Rapprocher encore le texte de Pline, XXXIV, 34, lignea potius aut fictilia deorum simulacra. On a trouvé plus de deux cents petites figures taillées dans du hois près de la source du Pré-Martin à Luxeuil, dans la Haute-Saône (Musée de l'établissement); cf. Quicherat, Mélanges d'arch. et d'hist. I, p. 161 (Vendée). Voy. la poupée en chêne, publiée dans notre fig. 58S3. — 12 Dès la plus haute antiquité on trouve des statuettes d’ivoire dans 1rs tombes; Perrot, Hist. de l'Art, VII, p. 143, pl. ni. Aux funérailles d’Alexandre on offrit des statuettes d'ivoire et d'or cfitüAa 8i’ iXÈoavro; xat ypu<rou (Diod. Sicul. XVII, 114); cf. Hcrodiaii. Histor. IV, 2 funérailles dc Géla, èXesavTÎvoiî àvàX;ia<rt. Dans le tombeau de l'impératrice Marie, femme d’IIonorius, on a recueilli des poupées d ivoire (Arrighi, Borna subterranea, 11, p. 270). Pour la consécration dans les temples, voy. Hogarth, The archaic Artemisia, p. 156, pl. xxii ; cf. des statuettes d’animaux, pl. xxi, xxv (Ephèse) ; ivoires provenant de Camiros et dc Naucratis (ibid. pl. xxx et xxxi); ivoires trouvés dans les fouilles dc Sparte, Dawkins, Annual british School, XII, p. 320, 328 ; XIII, p. 87, 89, 94, 96,99, 101 ; A. délia Sela, La Collezione Barberini, 1909, p. 12 sq. fig. 6 à 1 1 (ivoires dc Prénestc). Dans les inscriptions. Corp. inscr. graec. 1, 150 R,

I. 3 et 24; 151, 1. 43; Koehlcr, Corp. inscr. att. II, 652, 1. 64; voy. H. Blünmer, Technol. H, p. 364 et dans le Dict. l’article ebur. Pour l’os, voyez pupa, p. 769.

— 13 Pausan, IX, 33, l; Clem. Alexandr. p. 117, scliol. KopoxcÎTfua, icXâo}i<r:a lx

xvj pou y) vujxoùîv yJ xapôevwv tiv^jv &yaitXaTvô;AEva ; Etymol. Magn. p. 718. Cf.

H. Blünmer, Technol. II, p. 140 et p. 145-146 sur vuW'.ql*t»j; pour xofonXâoTYj;.

— 14 Les textes sont rassemblés par Pottier, Quant ob causant Graeci sigilla, p. 56 sq.; cf. H. Blünmer ; Op. I. II, p. 155, et dans le Dict. l’article cera. — 15 Les ouvrages contenant des terres cuites antiques sont extrêmement nombreux. Nous citerons seulement les principaux recueils : Panofka, Terracotten des kôniglichen Muséums, Berlin, 1842; Biardol, Les terres cuites grecques funèbres, texte et atlas, 1872; Kekulc, Griech. Thonfiguren ans Tanagra, 1878 ; Griec/i. Terracotten nus Tanngra und Ephesos im Berl. Muséum, 1878 ; von Rohdcn, Die Terracotten von Pompeji, 18S0 ; Ileuzcy, Catalogue des figurines antiq. du Mus. du Louvre , I, 1882; et album des Figurines antiq. du Mus. du Louvre, 1883 ; Kekule, Die Terracotten von Sicilien , 1884; Furlwacngler, La Collection Sabouroff, II, 1883-87 ; Pottier et Reinach, Catalogue des teri'es cuites et autres antiquités de Myrina, 1S86; et La Nécropole de Myrina , texte et planches, 2 vol. 1887 ; Pottier, Les statuettes de terre cuite dans L'antiquité (Bibl. des Merveilles , 1890; Dumont et Chaplain, Céramiques de la Grèce propre, H, 1890 ; Rlanchet, Étude sur les figurines dc terre cuite de la Gaule romaine, 1891 et 1901 ; C. A. Hulton, Greek Terracotta statuettes, 1899; Wmler, Die Typen der fig ür lichen Terracotten ,ï vol. 1903; Ausgeivühlte griech. Terracott. in Antiquarium zu Badin (Pernice), 1903 ; Walters Catalogue of the terracotten in the British Muséum , 1903; Deonna, Les statues de terre cuite dans l'antiquité , 1908; [Mendel], Catalogue des figurines grecq. du Musée de Constantinople, 1909 ; Pottier, Diphilos et les modeleurs de terres cuites grecques , 1909. Nous n’avons pas cité les publications de collections particulières qui sont nombreuses, mais dont la plupart contiennent des terres cuites fausses.

— 16 Anacreontea, 10, éd. Bcrgk, p. 812. — 17 Aesop. Fab. 137; cf. Froehner, Terres cuites Coll. Gréau, I, p. vu. — 18 Corp. inscr. lat. III, 633, I.

SIG

SIG

manière on respectait l'intention pieuse des donateurs, les droits de propriété de la divinité, et on évitait les larcins qui auraient rendu à la circulation commerciale

un objet devenu sacer et inviolable. Il est du reste probable que l’usage des favisssac a découlé d’un rite plus ancien, car il semble que dans la religion préhellénique l’usage était d’aménager une fosse faisant partie du sanctuaire même, un repositorium , où l’on conservait les objets oll’erls à la divinité (fig. (3398) 1 . Soustraits ainsi aux regards et confiés à la terre, ils faisaient partie intégrante de la propriété sacrée. Les dépôts souterrains d'Ülvrnpie, de Tégée, du Kabirion de Thèbes, de Corfou, etc., ne sont que le développement de la même idée 2. Mais, naturellement, on conservait les plus beaux de ces ex-voto pour parer la demeure du dieu ou pour les exposera l’admiration des fidèles dans des petites chapelles spécialement construites à cet effet [temflum, thésaurus]. Les inventaires des temples nous donnent une idée de la disposition de ces objets, que les hiéropes cataloguaient par rangées, les uns alignés sur des tablettes (pugot), d’autres placés dans des vases, dans des boîtes, dans des armoires 3, éparpillés et disséminés au gré du personnel chargé dece soin, partout où il y avait un emplacement disponible, égayant de leurs couleurs ou de leur éclat métallique la pénombre du lieu saint. C’était, comme le dit M. Homolle, une sorte de galerie de musée*. Les sigilla ainsi offerts sont souvent accompagnés d’inscriptions dédicatoires, indiquantle nom du donateur et celui de la divinité à qui l’offrande est faite (fîg. 6399)5 [donarium, fig. 2536], Il est naturel que la statuette ainsi offerte représente la divinité elle-même et c’est évidemment le cas le plus fréquent. Sur l’Acropole d’Athènes, Athéné est représentée par de nombreuses idoles; à Eleusis on trouve surtout des figurines des grandes Déesses, Déméter et Coré ; au temple d’Artémis de Corfou, des images d’Artémis; à Tarente, Dionysos et

l Voy. a Cnossos, de Crète, les coffres de pierre encastrés dans le pavement d une cliamlire du palais découvert par M. Arthur Evans ( Annual Uritish School, IX, p. 39), avec la série des ex-voto de pierre, de lerre cuite, de faïence, d'ivoire et d os, qu ils contenaient ( id . p. il-94) ; c’est de là que viennent les fameuses statuettes en terre émaillée représenlanl la déesse ou la prélresse aux serpenls ( id. p. 75 à 79 = notre figure 6398) et les simulacres de robes brodées de fleurs (id. p. 82). Voyez aussi les petits coffrets disposés dans les corridors des magasins, servant sans doute de cachettes pour les objets précieux (id. p. 3U, 32; cf. X, p. 31). Jlais, à l’époque créloise, dont la civilisation était très brillante, on avait déjà l’habitude d’exposer les ex-voto dans une chapelle du culte (Annual, VIII, p. 97). Cf. encore pour a Crète les dépôts fails dans les grottes du Mont Ida (Ilalblierr et Orsi, Museo di antich. class. Il, avec un atlas de planches) et du Mont Dicté (Hogarth, dans Annual, VIII, p. 9t sq.). — 2 M. Pierre Paris a dressé la liste des dépôts de terres cuites dans les

Eig. 6398. — Statuette de terre émaillée.

les Dioseures, elc. 6. Mais il n’y a pas lùde règle absol et l’on introduisait aussi dans un temple d’aulres div n i lés que celle qui y était honorée en particulier o peut citer un bronze d’Apollon dédié à Esculape, un I1m cule consacré à Apollon1. Le philosophe Asclépiade dépose aux pieds de la statue d’Apollon, dans le lern|)|,, de Daphné, une figurine d’argent de la Dca Coc/estis s, et l’on pourrait multiplier les exemples (lîg. 6400) 9. Mais ce ne sont pas seulement les images d’autres dieux qui variaient le mobilier religieux. Il faut compter que l’on consacrait aussi toutes sortes de stalueltes représentant de simples mortels, des hommes, des femmes, des enfants, images réelles ou conventionnelles des donateurs eux-mêmes ou des personnes pour lesquelles ils venaient prier. Les fouilles de M. Paris dans le temple d’Alhèna Cranaia, àÉlalée, ont fourni sur Eig.0400. — tx-voio de plomb, ce point un témoignage décisif

(fig. 6401) 10. Outre les images de la déesse, on y a recueilli toutes sortes de terres cuites figurant Aphrodite et Eros, Artémis, Léda, des danseuses, des femmes drapées ou nues, des jeunes filles, des enfants, des grotesques et des comiques, des animaux : nulle catégorie n’est exclue de la collection.

Aucune peinture, aucun monument ne nous a gardé

fig, 0401. — Terres cuiles trouvées dans un temple.

l’aspect de ces intérieurs de sanctuaires ainsi garnis d’offrandes. Mais on a souvent cité une peinture de vase où l’on voit l’image plushumble d’une fontaine consacrée aux Nymphes et décorée de petites tablettes peintes et de statuettes féminines déposées en ex-voto [aquae, fig. 393] ■ Sur un relief grec du Péloponèse une femme est assise devant un arbre sacré, qui porte â la fourche de la

sanctuaires, à Athènes, Corinthe, Arcadie et Péloponèse, Béolic, Délos, Curie Chypre, Italie, etc., dans son livre sur Elatée^ p. 141-157. Ajoutez Priene de Wieg-""1 et Sclirader, p. 154, 157 sq. — 3 Suidas, .s. v. x-cr.crto; ; Etym. magn. s. v. à?i*«Ç‘c,v’ Allien. XI, p. 473 B et C ; Plat. Conviv. XXXIII, 210, — 4 Homolle, Bull. corr. hell. VI, p. 105 sq. ; cf. Lalo.ix et Monceaux, Il est duration d'Olympie, P- Defrasse et Léchât, Épidaure , p. 94. — 5 Notre ligure 0309= Duruy, Hist- d. Grecs , I, p. 299 (statuette de Laconie, dédiée par Charilos à Apollon Ma,talL

— C Cf. Paris, Elatiie, p. 141 sq. — 7 Babclon et Blanche!, Calalog. des Oiu"^

Bibl. nat. no 98 ; A. de Longpérier, Notice des br. antiq. du Louvre , » ^

— » Amm. Marcel!. XXII, 13. — Notre figure 0400 représente un ex-voto 1

plomb trouvé dans l’Artémision de Sparte ; c'est une image d’Athéné armée ( a Annual Prit. Sch. XII, p. 323, fig. 3, n® C). — 10 Paris, Op. L P- 259 sq. pl- 1 c 1 ’ x à xin. Notre figure 0401 = Duruy, Hist. des Grecs , III» P- 210.

SIG

gse branche une statuette de femme; une autre T"J-ine est debout sur un autel placé au pied de l’arbre (arbores SACRAE, fig- «8]. Dans le décor du vase en N dit des Ptolémées, sur une table chargée du mobi- . religieux on remarque une statuette de femme portant (J^1X torches [abacus, fig. 6J. Les nombreuses représenl l l ions du Palladium de Troie, ravi par Ulysse et Diomède, nous montrent l’aspect de l’antique idole sous forme |j'un sig ilium [minerva, p. 1924]. Les monuments romains nous fournissent aussi quelques exemples de ces ex-voto religieux. Dans la peinture d’Herculanum qui représente Oreste et Pylade amenés devant Iphigénie, la mensa du sacrifice porte avec quelques vases une statuette d’Artémis enfermée sous un petit tabernacle [aedicula, fig. 433]. Sur un bas-relief du Vatican, de chaque côté d’un autel, dont le feu est allumé, un homme et une femme, lu main étendue, présentent des statuettes de dieux Lares Mig. ii'i()2) 1 . lin médaillon de l’empereur Commode est

décoré d’une scène analogue2. Sur une pierre gravée du Cabinet des Médailles, Caracalla offre à Mars une statuette de la Victoire 3. On a vu plus haut [compitalia, fig. 1880] une cérémonie dans laquelle un camillus porte une statuette de dieu Lare, que l’on va déposer dans la chapelle du compilum *. Tous"ces exemples nous montant en action l’offrande et la consécration religieuse des s if/ il ta [consecratio, dedicatio]. Dans les inscriptions latines on mentionne parfois l’autel sur lequel est placé la statuette ( ara cum sigillo)°.

Remarquons que les figurines ainsi consacrées ne représentent pas seulement des divinités, des hommes et des femmes, mais aussi des animaux. A Olympie, ce sont de véritables troupeaux de bêtes, chevaux, taureaux, béliers, qui remplissaient la favissa creusée près de

1 Nolro figure 01,02 = Masco Chiaramonli , IR, pl. xix, n° 2. — - Millin, Gale r'e ""Jtlioloi/iq. I, pl. XXSIi „0 107. 3 Duruy, Hist. Rom. VI, p. 257. — 4 Voy. ™core Mounmenti Inst. 1881, pl. xxxiv, 5tl5n. — 7 C.orjt. iriser, lut. III, 0120 4,

I ui7 3, ; y, 0357. — G Purtwaenglcr, Oie Rronzen von Olympia, p. 28, pl. x sq. ;

' I erdi-isEot, Fouilles de Delphes, tome V, p. 45 sq. — 7 Graef, Atlienisclte Mittheilln!jen, XV, p. 365 sq. ; C. iriser. Graec. sept. llQS 2457, 2450, 357;) k 3594. — x\oy. l'ixsi { or p. viser . Int. XIII, 2840, mulet de bronze dédié Deo Segomoni (trouvé à "-"d, près ,le Noils). — 9 Voy. Homolle, Les archives de l’ Intendance sacrée à l:is' *S87. — in Voy. l'article de S. Reinuch, L'art et la magie , dans Cultes, l!llh< s et religions , l, p. 125. — il Voir donakium. Noire figure 0403 est un ex-

niéraion 6. Au Kabirion de Thèbes 7 les petits taureaux de bronze sont sortis en grand nombre des fouilles. On a vu plus haut [donarium, fig. 3744, p. 373] la variété de ces représentations d’animaux dont plusieurs portent des dédicaces inscrites sur leur corps (fig. -a. 17, 2338 18. Le sens de ces offrandes est assez complexe. Le bétail fait partie de la richesse du dieu qui est propriétaire, qui possède des terres, des champs, que ses prêtres administrent et font valoir pour lui 9. A l’origine, les représentations d’animaux n’ont pas d'autre but que de symboliser cette richesse, de l’augmenter par des simulacres qui aideront à la multiplication réelle des troupeaux Mais, de plus, le dévot y mêle naturellement une idée qui lui est personnelle; en faisant plaisir au dieu, il attire sur lui sa bienveillance, et le dieu, à son tour, fera prospérer la maison et les biens du fidèle ; c est un contrat de réciprocité. Enfin le simulacre de l’animal rappelle le sacrifice réellement fait ou remplace, pour les pauvres, le don de l’animal qu’ils n’ont pas pu apporter en réalité. On offre à la divinité tel animal qui lui est spécialement consacré, qui passe pour son attribut personnel, le bouc à Dionysos, la colombe à Aphrodite, etc. On trouve aussi des ex-voto d’un caractère plus énigmatique, des lions, des sphinx, un lièvre (fig. 2537), une grenouille (fig. 2538), une tortue (fig. 6403), etc. “. Toutes les idées se superposent et se mêlent dans les offrandes de celte nature.

Les précédentes observations feront comprendre aisément le rôle qu’ont joué les sigilla dans la religion funéraire. Le sens de ces offrandes a été obscurci par toutes sortes d’exégèses, parce que l’on a voulu considérer la déposition des figurines dans les tombeaux ,

des morts comme un fait isolé et Fig- ««3- - d'ivoirc-

particulier12. Au contraire, ce

fait se rattache aux conditions générales et ordinaires du culte religieux chez les anciens. Le mort est considéré comme un dieu ; le défunt est héroïsé. S il est favorable aux survivants, ceux-ci bénéficieront de sa puissance protectrice ; s'il est irrité contre eux, ils pâtiront de son ressentiment; de là vient la nécessité de lui apporter des offrandes. C’est l’idée fondamentale qui a réglementé la religion funéraire, si compliquée et si méticuleuse, des Égyptiens. C’est aussi celle qui domine dans les pratiques moins précises et moins détaillées des Grecs. Le dieu dans son temple, le mort dans son tombeau sont deux termes assimilables. Tous deux, avec des différences d’importance attachée à leur rôle, de richesse dans le choix des cadeaux, sont honorés de la même façon. 11 n’est pas besoin d’imaginer ni des formes spéciales d’offrandes, ni un sens différent pour les images apportées aux morts comme aux dieux. 11 faut seulement comprendre que tout objet devient sacer. du moment qu’il leur est offert et qu’il fait partie intégrante de leur mobilier. Les

volo d'ivoire provenant Je l'Arléiniséon de S; arte ( Annual Brit. Soit. XII, p. 328. Il» 5 a). — '2 Pour la discussion sur ce point et l'exposé des anciens systèmes relatifs à l’inlerprétation des figurines Irouvécs dans les tombeaux, voy. K. Polticr, Q„am ob causant Gracct figtina sigilla in sepulcris deposuerint. 1883, et lu résume en français dans Les stataetles de terre cuite dans l'antiquité, 18‘H), p. 2(13 sq. L’ensemble de la même théorie a été adopté par M. llaussoullicr, Qaomodo septtlcra Tanagraei decoraverint, 1884, p. 88; Duemmlcr, Annali Inst. 1883, p. 193: Carlaull, Collection Lécuyer, pl. et; Babelon, Gazette arch. 1884, p 323- Dielil, Excursions arch. en Grèce, 1890, p. 367 ; lîlanchet, Etude sur Us figurines delà Gaule, 1891, p. 86; Paris. Elatêe, 1892, p. 101.

SIC

SIG

sigilla ne peuvent pas se séparer, ni dans les temples, ni dans les tombeaux, du reste du matériel religieux. Ils ont même destination: enrichir la propriété de celui ou de celle que l’on veutse rendre favorable, lui procurer une vie plus confortable et, par réciprocité, attirer sur le donateur la protection d’un nutnen tout puissant.

Le mobilier funéraire, ainsi interprété dans son ensemble, s'explique sans difficultés [fi nus, p. 1379]. Les sigilla funéraires correspondent aux statues cl aux statuettes placées dans les sanctuaires. Ils se divisent en deux catégories : images religieuses, images familières. Les images religieuses comprennent les représentations des divinités spécialement affectées au culte des morts, surtout Déméter et Coré à l’époque archaïque, puis d autres qui, dans la suite des temps ont pris un rôle de plus en plus important et se substituent peu à peu aux grandes Déesses, comme Dionysos et Aphrodite L Les images familières ont au début un rôle pratique et bien défini, qui est de nourrir le mort, de le laver, de l’entourer de servantes et de femmes qui lui permettront de continuer confortablement sa vie matérielle2 ; le cortège funéraire s’accroît aussi de compagnons, de cavaliers et aussi de soldats qui perpétueront dans la seconde existence la joie des exploits guerriers3; au vi- siècle on voit encore se multiplier les maquettes représentant les cuisiniers, les coiffeurs, les boulangers et pélrisseuses de pain (fig. 6404)1. Puis un changement se fait; l’évolution des idées et des mœurs purifie, au vc siècle, ces superstitions grossières et, sans renoncer à l'idée de compagnie donnée aux morts, on abandonne ou on adoucit l’expression des jouissances purement matérielles.

Ce sont des scènes de banquets 5, ou plus simplement encore, des statuettes de jeunes hommes et de jeunes femmes qui, mêlées aux images des divinités, montrent, comme dans les stèles sculptées funéraires, la famille et les amis accompagnant le défunt jusque dans la mort et lui rendant hommage6. On arrive, de proche en proche, et sous la poussée d'inlluences artistiques qui de plus en plus développent le caractère familier et réaliste de la plastique, aux gracieuses et pimpantes figurines du ive et du m' siècle, dont la fabrique de Tanagre a produit les types les plus célèbres (fig. 6405) ', et qui, au 11e et au Ier siècle avant notre ère, prennent avec les modeleurs de Smyrne, de Tarse et de Myrina une allure encore plus variée, plus libre et un peu sensuelle8. Depuis les origines jusqu’à l'Empire romain, les formes et les sujets, le style et la technique ont changé, mais les idées directrices et fondamentales, le sens et la destination des

Fig. 6404. — Le cuisinier du niorl.

sigilla n’ont pas varié6. Il est naturel que le ni|t des morts, comme le culte des dieux, ait dnn,,/. sance à certaines catégories d’ex-voto plus spéciaux. De même qu’aux abords d'Eleusis, les pèlerins rencontraient des boutiques remplies des images des grandes Déesses, de même aussi les abords des nécropoles devaient se garnir de dépôts d’offrandes où l’on trouvait des sujets particulièrement funéraires :

les déesses assises, les grands masques de Déméter, les Sphinx, les Sirènes pleureuses, les Eros aux mines funèbres, y .formaient sans doute une partie essentielle des étalages 1C. Mais il est évident aussi que. telle statuette de femme drapée, telle figurine d'enfant, telle Victoire aux ailes déployées n’a nullement été fabriquée dans une intention funéraire, puisque les mêmes types se retrouvent dans le temple d’Ëlatée, dans les maisons de Priène ou de Pompéi 11 , comme dans les tombes de M yrina. Remarquons seulement que parmi les ex-voto déposés dans les tombeaux on ne trouve jamais, du moins à notre connaissance, des statuettes de bronze ni de métal. Est-ce une simple raison d’économie? V avait-il quelque rite ou quelque superstition qui interdisait l’offrande d’images de métal? Nous ne saurions le dire avec précision. Rappelons seulement qu’à Rome la Loi des XII Tables interdisait de déposer de l’or dans les sépultures, sans doute pour une raison économique et peut-être aussi pour les préserver de violations sacrilèges [funus, p. 1394].

Nous tiendrons compte, dans la fabrication des sigilla, des jouets que l’on faisait pour les enfants, ifÀxYYwv ,2. Dans les tombes mêmes on recueille des terres cuites qui ont sans aucun doute ce caractère13. La poupée de bois, de terre cuite ou de cire, chez les Grecs comme chez les Romains, aux bras articulés ou non, a le plus souvent l’aspect qu’elle a encore de nos jours, celui d’une femme nue que l’enfant peut habiller de chiffons [pupa. satuhnaliaJ. Quelques stèles funéraires attiques, d’un beau style, nous offrent 1 image d’enfants ou dejeunes filles tenant dans leurs mains une petite idole, une poupée, qui est à la fois le symbole de leurs amusements passés et le rappel de l'ex-voto usuellement offert aux défunts [pupa, fig. 5882] ll.

La consécration des sigilla dans les chapelles domestiques, dans les laraires, dans l’intérieur même des maisons, prête à certaines observations. Bien que la religion des lares, des penates, des mânes, ait pris chez les Romains un caractère encore plus intime et rus

1 Cf. Pottier, Les statuettes de terre cuite, p. 57 sq., 93, (93, (19. — 2 Bull, curr. hell. 1900, p. 510 sq. — 3 Poltier, Dp. p. 20 à 28 ; Winter, Die Type n fig. Terrakotten, I, p. 7, 12 à 15. — 4 Poltier, p. 40 sq. (notre figure 0404 = ibid. p. 47, fig. 17), et Bull. coït. hell. I. c. pl. îx à xi ; Winter, p. 33 à 35. — 5 Winter, p. 192 sq. — <i Id. p. 178 sq. —7 Poltier, p. 79 sq. (notre fig. 0405 = ibid. p. 82, fig. 27) ; Winter, planches du tome II. — 8 Pottier, p. 155 sq. ; Winter, ibid. — 9 L’évolution des types céramiques et les motifs des offrandes funéraires sont étudiés avec des développements analogues dans le nouveau livre de E. Pottier, Dip'iilos et les modeleurs de terres cuites grecques, 1909.

— 10 Pottier, Quam ob causant, p. 81, 82; Les statuettes, p. 200 ; Poltier et nach, La Nécropole de Myrina, p. 149 sq. — n Pottier, Les statuettes, p- - 11 ^ ^ cf. pour Priéne, Wiegand et Sclirader, Priene , p. 329 sq. — 12 Mesycli . s. l ' ^ cian. Somm . 2; Ha.lc.yon. 4; Rio Clirysost. Oral. XXXI, p. "60. CL ^ Quam ob causant, p. 52. - 13 Pottier et Reinach, Nécropole de Myrina, >>- j 245, 262. — 14 Voy. la bibliographie citée, à l’article pupa, p. '68, note O, 1 ^ ajouter Journal Hell. studies, VI, 1883, p. 17, pl. B, et un livre récent: Hoorn, De cita algue cultu puerorum, Amsterdam, 1909,’ avec le chapilit | de pupa.

SIG

,livi(luel, créant dans chaque demeure une chapelle de ir"ll'(' cl jU>sque dans la cuisine un emplacement consacré Cu\'dieiix protecteurs du foyer [culina, lig. 2096], on s'i'il que les Grecs n'ont pas été moins attentifs à observer m ciilte des ancêtres, mais en lui donnant une physionomie plus générale et plus civique, conformément aux |(’,L.S de leur race : ce sont les Saiixove; xaxa/Oovioi, les xaTûtxiSiot 0 eot [daemon, p. 16], les *ipa>eç ittt-roffioi qui, d’abord représentant l’héroïsation des morts illustres, l'appliquent plus tard aux défunts de tout rang [héros,

* ' ! y,7^ 155] et jouent le rôle de véritables Lares. 11 '' a aussi chez les Grecs des dieux, comme Hermès, qui ^instituent les gardiens du foyer Que l’intérieur des maisons grecques ait contenu tout autant de sigilla que les maisons de Pompéi, c’est ce que nous savons maintenant avec précision par les fouilles de Priène 2. Mèq|e si ces statuettes n’ont pas été réunies dans une petite chapelle spéciale, semblable au lararium latin, même si elles ont iué placées aux carrefours des chemins ou auprès des portes des habitations 3, ou bien disséminées dans des niches, à l’intérieur de la maison \ ou placées dans des armaria 5, on ne peut pas douter de la valeur relimeuse qu’il convient de leur attribuer. Il en est de même, d’ailleurs, pour les maisons romaines. Non seulement les sigilla du culte familial trouvaient place dans la chapelle domestique, mais on sait qu’à Pompéi des loculi aménagés dans les murs pouvaient recevoir des statuettes c. L’idée de décoration s’ajoutait alors naturellement à l’idée de protection de la maison. De même,

les peintures mythologiques si nombreuses qui ornaient les villas n étaient pas seulement faites pour récréer les regards: elles attestaient aussi la dévotion du propriétaire envers telle ou telle divinité dont ces peintures retraçaient l’image et les aventures. 11 ne faudrait donc pas s’imaginer que le souci d’art et le désir d’embellir la demeure suffisent seuls à expliquer la présence des sigilla dans les habitations antiques. Sans doute il faut tenir compte de la manie qui s’empara des riches Romains à la lin de la République et sous l’Empire pour collectionner des œuvres d’art; les folies criminelles de Verrès en Sicile sont bien connues et Horace ou Martial ne manquent pas de décocher leurs railleries à l’adresse des « amateurs » de leur temps". Mais ce sont là des modes et des goûts de luxe, permis seulement à un petit nombre, qui ne rendraient pas compte du sentiment général d’où sont issus les sigilla.

En ce qui concerne les laraires romains, on a vu plus haut qu’ils étaient abondamment garnis de figurines, généralement en bronze [lares, fig. 4344] 8. On ne se contentait pas d’y placer les images des dieux protecteurs du foyer ; on y rassemblait toutes les divinités que le chef de la famille vénérait en particulier. L’empereur Alexandre Sévère avait, dit-on, réuni dans sa chapelle

1 Scliol. Arôlopli. A res, 43G. — 2 Wiegund el Sclirader, Priene. p. 330 sq. - 3 Plat. Ug. XI, p. 033 ; Antholog. Palat. IX, 366. — 4 Môme disposition à l)êlos. Bull. corr. hell. 1895, p. 495; 1906, p. 511, 512, 650; à Tliéra, Ililler von Gaertringen, Thera, III, p. 189. — 6 Cf. Poltier, Quant ob causant, p. 60 el notel.

G H . von Rohdcn, Terracotten rôti Pompeji , p. 47, 62 ; cf. Poltier, ibid. p. 72, 73. — 7 lloral. Sat. Il, 3, 20-25; cf. Epiai. I, 6, 17 ; Martial, VIII, 6. — s Von Rohdcn, dùrl. p. 24^ 7(1 . cj- I> o VL i i; r , ibid. p. 73; H. Thédenat, Pompéi , I, p. 69; P. Gusman, Pompéi, p. 129, 131 ; Guida illustr.del Museo di Napoli , 1908, p. 362. — 9 Laminai. Alex. Setter. 29, 31. — 10 Poltier et Reinacli, Nécropole de Myrina , p. 172 sq.; "iegand et Sclirader, Priene , p. 364 sq. — n Blancliel, Figurines en t. cuite de a Gaule romaine, p. 23 sq., 50 sq. — >2 Martial. IX, 43 et 44 ; cf. Collignon, Pist. sculpt. grecq. Il, p. 424. — '3 Martial, XIV, 171 ; cf. Plin. Uist. nat. XXXI V, s i cf. Frochner, Terres cuites Coll. Gréau, I, p. vin. — 14 Hcuaey, Mémoires

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privée l’image du Christ à celle d’Orphée, d Abraham et d’Apollonios de Tyane ; il honorait aussi d un culte Achille, Alexandre le Grand, Cicéron et \ irgile J .

Les sigilla sont, en général, des œuvres anonymes. Cependant, dans certaines régions, en particulier en Asie- Mi neurc (Myrina, Cymé, Priène)10 et en Gaule", les fabricants ont pris l’habitude d’apposer leur nom ou leur marque particulière sur les terres cuites, sans doute pour des raisons commerciales, plus que par considération pour la valeur artistique de 1 œuvre [signem]. Les petits bronzes ne sont pas signés. Pourtant, c esl dans cette série, comme dans celle des petils marbres, qu on a pu réaliser des morceaux de prix. Dans 1 antiquité même on citait un petit bronze de Lysippe, Hercule Epitrapézios qui ornait la table d’Alexandre le Grand et qui aurait appartenu ensuite a Ilannibal, à Syl la, avant d’arriver aux mains de l’amateur Nonius \ index On vantait aussi à Rome la statuette d’un jeune favori de Brutus, exécutée par Apollodore13. De très belles figures comme la Minerve de Chantilly", comme l’Hercule du Louvre15, comme le cavalier combattant de Naples [uetairoi, fig. 3833] '°, peuvent donner une idée de la perfection qui fut atteinle en ce genre.

II. Les mots sig ilium , sigillatus, s’appliquent à des reliefs de métal ou d’argile qui décoraient des vases ou des margelles de puits ou tout autre objet11. Sigilla désigne aussi des ornements de stuc posés sur les parois des habitations18. Pour cette catégorie des bas-reliefs nous renvoyons aux mots caelatura, figlinum, forma et tectorium. Le même terme est employé au sujet d étoffes ornées de broderies 19 [segmentum, p. 1174].

III. Sigillum désigne encore le sceau avec lequel on marquait dans une matière molle l’empreinte de son cachet, bague ou pierre gravée20. Nous renvoyons a signem. Ad. Blanciiet. — E. Bottier.

SIGMA. — Lit en forme de sigma lunaire grec [lectus,

SIGNA MILITARI A. Enseignes militaires.

Orient. — Partout où l’on voit de nos jours des clans de demi-civilisés partir en guerre, on constate qu ils emportentavec eux, pour les guider et pourles protéger, la divinité tutélaire du clan. Tel était le rôle du cheval blanc que les Perses et les Germains emmenaient en campagne, de l’arche des Hébreux, du taureau de bronze des Cimbres. Comme le montre ce dernier exemple, à défaut de l’animal divin, son image suffisail, d’après cette idée primitive que l’image n’est, en quelque sorte, qu’un moule où la divinité est tenue de se manifester. La façon la plus commode de porter en campagne une image de ce genre est, assurément, de la hisserai) sommet d une. perche, d’où la divinité dominera la troupe de ses fidèles, verra mieux et sera mieux en vue. C’est le procédé que l’on trouve déjà en usage dans l’Égypte prédynastique1,

et Mon. Piot , IV, pl. i et n, — Collignon, Op. I. pl. ix. — ™ ht. lig. 2.8. — n Cic. Verr. U, 4, 14; ad Attic. 1, 10, 3. — i» Pliu. Uist. nat. XXXVI, 59, 2; cf. Collignon, Revue de l'art anc. et mod. 1897, 11, p. 97-107 cl 204-212. — 19 Ovid. Metam. VI, 85. — Cic. Acad, prior. Il, 2G; Horat. Kp. I, 20, 3.

SIGNA MILITARI A. t Voir, pour l’époque primitive, l.oret, Les enseignes militaires dans Revue égyptologique, 1902 cl l'Égypte au temps du totémisme , dans Conférences au Musée Guimct , 1906; P. Newberry, E nsi y ns on the prehistoric potlery, dans les Annals of Archaeology de Liverpool, 1908 ; A. J. Reiuacli, l’Egypte préhistorique , 1908. Pour l’époque historique, voir les figures de Wilkinson, Mannersand customs of the anc. Egyptians , l, p. 294 el de J. Harris, hieroglyphical I Standards , Londres, 1852; cf. aussi de Rongé, Monnaies des Nomes de l'Egypte, I Paris, 1873. Le premier des cinq noms du pharaon est inscrit dans un rectangle * qui est considéré par certains comme une bannière à franges.

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SIG

•>000 ans peut-être avant notre ère. Chaque village apparaît, sur les vases primitifs, dominé par une poutre elancée au liautde laquelle est fixée l’enseigne A lâchasse ou a la guerre, c’est cette enseigne que le clan emporte. Sur les palettes qui nous ont conservé l'histoire des guerres des premières dynasties, les exploits de chaque clan sont représentés comme ceux de son animal sacré. Ainsi, sur des enseignes qui portent un chacal, un lévrier, un ihis, un faucon, un boumerang, une palme, une paire de flèches croisées car certaines armes et certains végétaux peuvent servir d enseignes aussi bien que les animaux), on voit des cordes attachées à la planche transversale qui supporte ces figures, cordes qui servent à suspendre ou a traîner l’emblème du clan vaincu. Ailleurs, la perche elle-même se termine inférieurement par une main qui saisit la victime ; ailleurs encore, des bras humains semblent sortir de la planche transversale pour enchaîner un captif ou attaquer une place; c’est de même par une main que se terminera l’enseigne romaine. L enseigne est si respectée qu’elle a été portée d’abord par le chef féodal, puis par le général, avant d elre confiée a un porte-enseigne, qui a une paire de lions pour armoirie. Au sommet d une longue hampe, il élève ou 1 animal sacré d’un nome, ou le symbole d’un des grands dieux de 1 Égypte, ou encore, précédent curieux de 1 usage romain, le cartouche du pharaon. Quel que soit 1 emblème porté en tête des troupes, on voit s’affirmer toujours la même idee religieuse qui est toute la raison d être de 1 enseigne aussi bien en Égypte qu’en Assyrie et qu à Rome : intéresser directement à la victoire des siens la divinité tutélaire, bénéficier de la force magique qui émane de son image, décupler ainsi la force de ses fidèles par le devoir de protéger et défaire triompher le dieu qui les guide. C’est ce que les Égyptiens avaient entrevu quand, pour expliquer pourquoi l'on retrouvait sur leurs enseignes les animaux adorés dans leurs temples, ils disaient à Diodore de Sicile 1 : « Les habitants de 1 Égypte étant, au début, souvent vaincus par leurs voisins à cause du désordre de leur armée, ils eurent l’idée de se donner, dans les batailles, un signe de ralliement ; or, ces signes sont les images des animaux qu’ils vénèrent aujourd'hui et que les chefs portaient fixés à la pointe de leurs piques, en vue de chaque rang de soldats. Le bon ordre dù à ces enseignes contribuant beaucoup à la victoire, on se figura que le salut venait d elles ; aussi établit-on la coutume de ne tuer aucun des animaux représentés, et cette coutume se transforma ensuite en culte ».

Dans .tout l'Orient antique, ce sont des dieux ou des symboles divins qu’on retrouve sur les enseignes : si le iutur monothéisme juif nous a laissé ignorer quelle

image portail 1 ôt/i de chaque tribu et le r/,, chaque groupe de trois tribus 2, et s’il a même olXw^ troupes romaines à retirer de leurs enseignes |es ,S daillons des empereurs quand elles entraient à lem3, on voit sur les enseignes chaldéennes l’Tl* aux ailes éployées, les lions ou les taureaux passant des symboles comme le croissant ou le disque sot que l’on retrouvera à Rome5, ou encore un '-'l'' table vexillum. Deux mille ans plus tard, chaque bataU~ Ion des charriées assyriens se rallie autour d’une gram|(' perche que porte un des chars, perche qui se termine une rosace où la foudre est représentée par des faisceaude lignes brisées, soit par le dieu Assour sous forme d’un aigle à buste humain qui tire de l’arc, soit par l’archer Mardouk debout sur un taureau bondissant, ou placé au-dessus de deux taureaux adossés (fig. 6406)*.

Le dieu tonnant, monté sur un taureau ou s’élevant au-dessus des taureaux adossés, a été introduit par le culte de Jupiler Dolichenus dans les légions romaines (fig. 2489). Sur leurs enseignes, à la rencontre des deux taureaux, on voit parfois une rosace à sept branches qu on connaît Fig. 6406. — Enseigne assyrienne, déjà en Assyrie ; à la

naissance du disque des enseignes assyriennes pendent deux glands à franges qu’on retrouvera aussi sur les

enseignes romaines. Un char sacré suit l'armée assyrienne, portant les enseignes ; dans le camp, il est placé au milieu et un autel est aussitôt aménagé devant lui ; c’est ce qui se fera pareillement dans le cainp romain. Les camps égyptiens ont également leur sanctuaire portatif et leurs chars de guerre sont surmontés de même par l'enseigne divine7.

Chez les Perses, l’enseigne royale est un grand aigle doré, porté au sommet d’une forte lance*. C’est un aigle — ou peut-être un coq — qu’on croit voir brodé ou peint au milieu du drapeau des cavaliers perses qui entourent Darius Codoman sur la mosaïque de la Bataille d’issus9. Tout comme le vexillum romain, ce drapeau est un carré d’étoffe pourpre, muni inférieurement de franges et attaché à une traverse sous la pointe même qui termine la hampe. Sur une coupe de Douris, un porte-enseigne perse porte une sorte de double vex il-

1 Diod. I, 86. — 2 Schwally, Semitische Krieqsaltertümer, I (1901). p. 16, et l’article Ensigns de Y Encyclopaedia biblica. — 3 Jos. Bell. Jud. Il 0, 2; Ant. XVIII, 3, 1. — 4 Sarre, Die altorient alise hen Feldzeichen , dans Klio , 1903, p. 337 ; Perrot, Hist. de l'Art , II, p. 592 (Tello); Ilcuzey, Catalogue des anliq. chaldéennes , n. 10 B 2 (stèle des vautours) ; Armoiries chaldéennes (Paris, 1894) et C.-r. Ac. Inscr. 1908, p. 15; Mon. Pioi , XVI, 13. — 5 DcClercq, Catalogue méthodique , pi. xxvn, p. 284; J. de Morgan, Mémoires p. 157. — 6 Sarre, Op. cit. p. 338 d’après Layard, Ninive, I, pl. n, xw, xiv, xmi, xxvn (Assurnasirabal) ; Botta et FJandin, Niniue,U, pl. ci.vui (Surgon = Perrot, V, 509), d’où est prise la fig. 6406 ; 12 rayons dans Andrae, Mitt. d. Orient-Ges. 1906 (Assour). C’est ce qu’on voit aussi dans le relief en bronze de Pcslh, sur le registre inférieur, de part et d’autre, d’une édicule où est figuré Jupiter debout, le foudre à la main ayant «H sa gauche un autel et, à droite et à giiuclic, deux enseignes, aigle, traverse à bandelettes, sept pbalères, un croissant (Domaszewski

Wcstd. Zeitschrift , XIV, pl. iv.) D’après Hérodote. I, 19 1, chaque noble assyrien portait un sceptre surmonté d’une pomme, d’une rose, d’un aigle ou de tout autre tpisemon. — 7 Voir 11. Scliafer, Klio, 1906, p. 394. — 8 Xenopli. Cyr. VII, 1, 4 : xb <y»w^ " àîTÔ; youffo;ji; e-i Sôpeuoç (laxpoô àvaTerajJUvo; ; Anab. I, 10, 12; to fSutri'l.tiov nr.a '• àe-tôv ypuffouv èiet -jçéÀ-ciqç ; Philostr. lrnag. II, 31: o-ïjiieïov xb pam'Xeiov ô yjwK in\ x r,ç iïéattjç 6;. Pclté , s’il n’est pas pris pour palton, lance, doit désigner un demi-cercle de bois ou d'étoffe rigide. Cf. Fickelscherer, Neue Jahrbücher , I^8i p. 480, et Williams Jackson, The national emblem of Persia , dons Jovrn. Ai>i! rican Oriental Society, 1899, 56. — 9 Sarre, Op. cit. p. 349, a essayé de prouver qu il s’agissait d’un coq, anim il sacré dans la religion de Zoroastre. C'est de c« I animal qu on a dérivé le triskèle, symbole si répandu dans la Grèce primitive, qu’on retrouve sur des monnaies de Pcrsépolis (Cf. A. -J. Peina h. WAnthropoloyic , 1910). Sur ces monnaies (reproduites fig. 15-16 de Sarre), on a un véritable vexillum carré divisé par deux diagonales.

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/( . ,]eux carrés divisés par les diagonales en quatre niupartiments, deux blancs et deux noirs, s’agitent de rl d’autre d’une hampe j(fig. 0407)'. Peut-être, comme tous les peuples qui ont subi l’influence des Scythes, les Perses avaient- ils aussi un serpent comme guidon. A côté de l’aigle et du faucon, insignes royales2, les Parlhes, qui ont subi profondément cette influence, marquent à l’image du dragon leurs fanions de soie3 ; le même dragon, dont le domaine s’est étendu jusqu’en Cliine, enseigne nationale des Scythes, des Risaltes 4, des Sarmates, des Daces, a passé de ces peuples dans l’armée romaine.

Grèce. — On voit par cet aperçu que tout l’Orient a connu les enseignes.

En Occident, celles de Rome ne diffèrent pas essentiellement de celles des Étrusques ou des Sabelliens, des Ligures ou des Gaulois. Au milieu de tous ces peuples chez qui l’usage des enseignes est avéré, la Grèce classique parait l’avoir ignoré. Le mot a-qjxstov , qui servira à traduire signum, désigne, en langage militaire, le signal qui marque le début du combat, signal qui peut consister aussi bien à embraser une torche 5 qu’à hisser une étoffe6. ’EiciCTipov est le nom de l’armoirie7 qu’on peignait au centre des boucliers, tantôt attribut de la divinité nationale — la massue d’IIéraklès en Béolie \ le trident de Poséidon à Mantinée9 — tantôt initiale du nom du peuple — a chez les Lacédémoniens 10, a/, chez les Messéniens “, £ chez les Sicyoniens 12 [clipeus p. 1230]. Bien que l’introduction de ces emblèmes sur les boucliers soit attribuée par Hérodote aux Carions 13 etqu’il faille descendre jusqu’aux céramistes du vie siècle et jusqu’à Pindare pour les voir attribués aux héros de l’épopée11, il est difficile d’imaginer que des chefs qui sculptaient leurs armoiries sur leurs portes ou les gravaient sur leurs sceaux comme ceux de Mycènesne s’en servissent pas aussi pour reconnaître et pour rallier leurs fidèles dans la bataille. En rapprochant de quelques passages homériques l’objet inexpli-

Uarlwig, Meisterschalen , 612 ; Poltier, Douris , (Ig. 20. O» peut voir encore '' nx fragments céramiques : Arch. Jahrhucll, 1869, p. 1401 (où l'enseigne esl identique à celle que reproduit Rawl inson, A ivv Monarchies , 14, p. 460) et IJull. com. <li Borna, 1884, p. 136 (identique à celle des monnaies de Persépolis). — 2 Cf. Sare, U/i. cit. p. 383, — 3 l-'lor. III, 11,8 : signa auro sericisque vexillis vibrantia ;

;l Ann. XV, §9 : termes partîtes insignibas patriis. — 4 Voir plus loin p. 1321. i "in les Bisaltes, Val. Flacc. Arg. VI, 156. Le même auteur, VI, 72, nous montre Cangarides élevant sur leur enseigne la biche qui leur sert d'oracle ; sur la plaque du musée de Pesth, citée à la p. 1308 n. G, il est curieux de voir, en face de o iclienos sur son taureau, une déesse debout sur une chèvre [dolichsnus, fig. 2490. J ~ 1 riiuc. 1, 49 ; 11,90; 111,22,91 ; IV, 42, il I ; VI, 31; VII, 34; VIII, 93 -6Thuc. ’ ' ~ ’ On sait qu’on a reconnu l'existence de véritables armoiries pour les villes

K" "'lues; cf. Bernd, Dus Wappenwesen der Griechen und Borner (Bonn, 1841); // ' ' * ’ ’ 3 d. Berl. Ak. 1874 ; Macdonald, Coin types , 1905, p. 75. — s Xen. . ' Peut-être les Béotiens, comme les Arcadiens et les Thessatiens (cf.

Lcinach daus Corolla numismatica , 1907, p. 270), avaient-ils j orlé la massue ^ aime nationale. D’après Xénophon, ce serait pour montrer leur sympathie , ' lltîs Ihébains que les Arcadiens auraient peint des massues sur leurs bou-

II J Pacchyl. fr. 4| Bergk. — 10 Phot. s. v. kà[*6S« ; fr. d’Eupolis, Com. fr.

• PI ausanias, IV, 28, 5 parle, mais sans préciser, de Aaxuvia à. — 11 Phot.

c‘ ~ 12 Xeu. Hell. IV, 4, 10. — 13 lier. I, 171; Strab. XIV, 661. ixi'C '<S renseignements donnés par les textes et les vases ont été réunis n fl " ^lase’ Sideld-devic.es of lhe Greeks ( Harvard Studies, XIII, 1902, I, el Par Greger, Schildschmuck bei den Griechen (Erlangen, 1908), 1 ’ Pnrtwaengler-Loeschcke, Myken. Vasen , pl. xlu. A la lance

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que qui pend au haut de la hampe de la lance que portent les guerriers d’un vase bien connu de Mycènes (fig. 3440), on a voulu conclure à l’existence de fanions à la fin de l’époque mycénienne u. Toujours est-il qu'on peut reconnaître un pavillon à la poupe des navires représentés sur certains vases du Dipylon 1G. Ce serait l’ancêtre delasG/O’s, hampe cruciforme dont la traverse portait peutêtre une flamme, qui paraît avoir orné régulièrement l'arrière des galères athéniennes [stylis]. C'est seulement avec Alexandre qu’un drapeau apparaît dans l’armée. Aussi a-t-on pensé que c’est à la Perse que le conquérant avait emprunté l'étendard pourpre qu’on brandit au haut d’une sarisse pour donner le signal de la bataille n. Je préfère voir dans cette phoinikis l’antique insigne du roi en tant que chef de guerre, insigne qu'on retrouve à Rome. La phoinikis flotta au haut du corbillard d’Alexandre 18 et l’on doit probablement l’imaginer d’après le drapeau qu’un roi hellénistique tient à la main [claves, fig. 1618] sur une fresque de Pompéi 19, imitée sans doute d’une peinture de Pergame : fixée sur une traverse, l’étoffe forme inférieurement quatre pointes ; de ses extrémités deux cordons partent pour s’attacher sous le fer delà lance à laquelle elle est fixée ; leur point d’attache est caché par un objet rond, pommeau ou peut-être médaillon avec la tète du monarque, comme on en trouvera à Rome sur les enseignes impériales. L'enseigne royale n’était pas la seule dans les armées hellénistiques. Arrien montre la chiliarchie des hétaires « conduite par l’enseigne telle qu’elle avait été faite sur les ordres d’Héphestion 20 ». Bientôt chaque bataillon dul avoir la sienne. On pouvait déjà l’inférer des textes où Tite Livc parle du grand nombre des enseignes gagnées par les Romains dans leurs victoires sur Philippe V ou sur Antiochus III 21 . Les découvertes récentes faites en Égypte22 y montrent, peut-être par une tradition remontant à l’armée pharaonique, chacune des unitésqui correspondent aux manipules romains ayant son sémeiophoros\ c’est ainsi que (rqasïov prit le sens dans lequel Polybe l'emploie pour traduire manipule ou cohorte 23.

Rome. Nature et éléments des enseignes. — Jusqu’au dernier siècle de la République, on est réduit, pour se figurer les enseignes romaines, à quelques textes dont les auteurs ne s'en référaient eux-mêmes qu’à la tradition. Manipulas a été expliqué par une étymologie

d’Epamiuondas on relrouve flottante une xatvia (Diod. XV, 52, 5) ou infula (Front. I, 12, 5). Un voit déjà use lianderolle aux lances des guerriers d'Eannalum de Lagash (Sarzcc el Heuzev, Découv. en Chaldée, pl. lu bis.) — 16 Annali , 1880, pl. vi, 2 ; Wallers, Catal. B rit. AJus. Gree/c vases , p. 372, f. 85. — 17 C'est ce qu’on voit dans l’armée macédonienne à Sellasie, l’ol. Il, G6, 10-11; Plut. Philop. 6, 2. — 16 Diod. X V 1 1 1 , 26, 00. Cf. C. F. Millier, Der Leichenioagcn Alexanders , 1905, p. 51 ; Reuss, liltein. Mus. 1906, p. 409. — 19 Museo Borbon. VII, 7; Helbig, Gemülde, n° 941. —20 Arr. VII, 14, 10 ; tô <r»i{AtTov... tb ’Hsatotiuvo; ireitoiïjjiÉvov. Le drapeau portail sans doute le nom ou les armes d’Héplicslion. — 21 Tite-Live, XXXIII, 7, 10, attribue à l’exagération coutumière de Valerius Anlias les 240 enseignes prises à Cynocéphales, les 230 des Thermopyles (XXXVI, 19 ; XXXVU, 44), les 234 de Magnes e (XXXVIII, 59); mais les 27 signa de Plialanna n ont rien d’invraisemblable (X LU, 60) ainsi que les 53 de Pyrrhus à Asculum (Oros. IV, 1). Je ne crois pas qu'on puisse attacher de l’importance aux expressions de langage courant qucmploic Tite-Live quand il moulre la plialauge de Persée s'avançant à Kallinikos sub signis (XL1I, 59) ou Séleukos marchant contre Élaia signis investis (XXXVII, 18, 20). Si l’on admet que l’arc d’Orange commémore la victoire de César sur les Marseillais et les peuplades gallo-ligures alliées, c’est à ces Grecs qu’il faut rapporter les vexil/a qu’on voit sur les trophées à côté des enseignes à animaux des barbares (S. Reinach, Répertoire des Reliefs, I, 203). — 22 Cf. P. M. Meyer, Bas Heenccsen der Plolemaer , p. 80 ; Lesquier, Rev. de Phil. 1908, p. 215, et A. J. Rcinacli, Jtev. d. èt. grecques , 1909, p. 300. Les signa mililaria du roi de Thrace Rhoinielalkcs sont les enseignes romaines (Flor. Il, 7). — 23 Un des premiers exemples de cet emploi se trouve dans les Amherst. Papyri , 39.

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qu'on n'a pas do raison sérieuse pour contester : Romulus aurait divisé ses compagnons par groupes de cent hommes ayant pour enseigne une perche surmontée d’une poignée de branchages ou d'herbe, particulièrement du foin

L'étymologie du mot vexillum n’est pas moins transparente il s'agit d’un petit vélum , d’une étoffe flottante. On rapporte que, lorsque les Romains se réunissaient en armes au Champ de Mars, un drapeau rouge tlottaitsur la citadelle3. En cas de lumultus, on hissait deux vexilla, le i ouge et le bleu, qui appelaient respectivement aux armes les fantassins et les cavaliers *. Au temps de Crassus 8 comme au temps de Fabius6, le drapeau rouge flottait dans le < amp sur la tente du général. Enfin, Pline nous apprend qu avant Marius, la légion était conduite au combat par cinq enseignes portant des figures d’animaux qu’il énumère dans 1 ordre suivant : aigle, loup, minotaurc, cheval, sanglier . De ces enseignes, Marius n’aurait conservé que 1 aigle, devenue le symbole même de la légion [legio], Le vexillum survécut sous sa forme, apparemment primitive, d’une étoffe carrée, attachée a une traverse fixée sous la pointe d’une lance; le souvenir du manipulus s’est peut-être conservé dans la main ouverte qu on voit souvent au haut des enseignes manipulaires et dans les couronnes de verdure qui les décorent. Nous avons à considérer ce que les monuments de l’époque impériale apprennent sur ces trois catégories d'enseignes.

Vaquila , insigne de la légion8, consiste essentiellement en un aigle, les ailes éployées, tenant dans ses serres le foudre. A l’époque républicaine l’aigle était en argent, le foudre en or ,J ; sous l’Empire l’aigle luimême fut doré in. D après les exemplaires retrouvés, il faut croire que 1 argent ou l'or n’étaient qu’appliqués sur du bronze, métal de bon augure. Quand la légion a reçu une couronne, celle-ci, fondue probablement dans le même métal que l’aigle, est placée dans ses serres11 ou sur ses ailes; quand ce sont des phalères dont elle a été honorée, elles sont fixées sur la hampe. Cette hampe, parfois argentée, est munie inférieurement d’une forte pointe, avec cran d’arrêt qui sert à l’enfoncer12 et, vers le milieu, un crochet qui permet de l’arracher (fig. 6408'.

Elle se termine à la hauteur de l’épaule de Vaqui/ir, qui la tient dans la droite, par une sorte de h’ piteau (fig. 6410) ,3.Sur ce chapiteau vient se fixer la 1, creuse placée entre les serres de l’aigle ; parfois un trou ou un passant, ménagé dans le corps même de l’aigle, permettent d’en consolider l’attache. Ailleurs, le chapiteau est ciselé de façon à faire corps avec le foudre, en un de ces longs fuseaux d’où s’échappent des éclairs (fig.

6408, 6409, etc.), telsqu’on les voit dans les foudres représentés au centre du bouclier du légionnaire [legio, fig.

4416, fulaien].

Dans les signa manipulorum, ce qui semble essentiel c’est la lance elle-même, l’antique symbole du dieu de la guerre, pourvue de sa

pointe et de son talon ( cuspes ) u. Un cran d’arrêt l’empêche de s’enfoncer trop en terre18 se trouve une petite traverse d’où pendent des bandelettes de pourpre terminées par des feuilles de lierre en argent ; quelquefois la hampe ne dépasse pas cette traverse 10. Sur la hampe sont fixées diverses décorations:

les unes, appartenant à la catégorie des donn militaria, ont été conférés pour certains faits d’armes, comme on décore encore de nos jours les drapeaux ; les autres consistent en représentations d’ani maux. Celles-ci apparaissent sous les Flaviens, pour se développer surtout sur les monnaies légionnaires de Gallien, qui passa la meilleure partie de son règne (253-68) à combattre sur le Rhin et sur le Danube et qui parait y avoir régularisé l’emploi des brigades de cavalerie barbare Elles furent imitées par l’usurpateur gau

Fig. 0409. — Aigle sur le foudre.

I Ovid. Fast. III, 115. Cf. Isid. Orig. IX, 3, 50; XVIII, 3, 5; Serv. Aen. XI, 870; Plut. ftom. 8. Tous ces textes dérivent de Varron. Une antre étymologie de manipulus dans Vegct. II. 13. - 2 Festus, s. n. p. 377 Al. ; Serv. Aen. VIII, I; Isid. Or. XVIII, 3, 5; Priscian. I, p. 20, 13; 110, 3 flerlz.

Cicéron, ürator, 45, voit dans vélum une contraction de vexillum. 3 Liv.

XXXIX, 15, II; Alacr. Sat. I, 16, 15; Festus, p. 103 Al. — 4 Serv. Aen. VIII, 1 : unum russeum quod pedites evocabat et tinum caeruleum quod état equitum. — 5 Diu, XL, 18 : arpetov -C.7.V peyâÂuv... xat som.à yoàppa-ïa. — - 6 Plut. Fab. 15: On parait l'avoir, sinon arboré, du moins déployé de façon

particulière pour annoncer la bataille, Caes. D. gall. Il, 20, I ; B. hisp. 28, *2 ;

B. alex. 45, 3. — 7 Plin. Nat. hist. X, 5 : Bomanis eam [ aquilam ] legionibus

C. Marius in secundo consulatu suo proprie dedicavit. Erat et antea prima cum quattuor aliis : lupi, minotauri , equi aprique singulos ordines anteibant. Paucis ante annis sola in aciem portari co-pta erat, reliqua in castris relinquebantur. Mariusin totum ea abdicavit. Festus, p. 148 et 234 AI, confirme les dires de Pline pour le minotaure et le sanglier. C'est par anachronisme que Titc-Livc, XXVI, 48, montre au siège de Carlhagène les soldats et les marins prêts à jurer par leurs signa militaria et aquilas, comme il parle en anticipant d'un siècle de signa ■cohortis, XXVII, 13. — 8 L',ie aigle par légion et pas de légion sans aigle: Caes. B. qall. IV, 25; Tac. Ann. I, 39; Hist. I, 61,80, 100; Hygin. De limitibus const. ip. 176 L: Joseph. B. Jud. Il, 16, 2; V, 2, 1 ; Plin. X, 16; Arrian. Exp. in Al. 5, 6 ; I t*o, XL, 18; Veget. Il, 6, 8 ; Lact. Inst. I, 11, 19. Sur l'arc de Trajan à Bénévent, Virtus qui présente un soldat à Trajan tient un vexillum surmonté de cinq aigles qui personnifient les cinq légions (Doraaszewski, Oest. Jabr. 1890, 1881).

— 9 Cic. Cat. I, 9, 24 ; Sali. Cat. 54 ; Appian. B. Civ. IV, 101 ; llio, XLIII, 35. Ou [préférait l'argent, dit Pline ( H . nat. XXXIII, 19, 1,) parce qu'il brille de plus loin.

— 10 Dio, XL, 18 (aigles d'or déjà dans l'armée de Crassus) ; Herodian. IV, 7, 7.

(àva0rm<xTa de l’enseigne dorés) ; Dexipp. fr. 24 ap. F. hist. gr. III, G82. — 11 Voir un exemple dans Caylus, Recueil, III, pl. i.xv, 3. La couronne est percée dans lobas. L aigle pouvait se détacher; un soldat de Varus sauve le sien intra baltei tatehros (Flor. IV, 12, 38). — 12 Dio, XL, 18, 2. — 13 Plusieurs aigles dont la provenance est inconnue dans Causse de la Chausse, Romanurn Muséum (Rome, 1090), pl- xv et xvu ; Rec. d'ant. rom. V, 15 ; dans Graevius, t. X, p. 1528 (repr. dans Durny, Hist. des Romains , II, 484) et dans Caylus, Recueil , I, pl. xcjy, 1 ; VI, pl. xcii, Notre ligure 6409 (cf. 642(1) est tirée d'un bas-relief d’un arc de Marc-Aurclc, encastré danscelui de Constantin, Bellori et Rubeis, Vel. arcus, 17. Aux musées du Louvre, (Longpérier, Bronzes du Louvre , n. 938) de Saint-Germain cl de Spire sont conservés trois exemplaires douteux d’aigles aux ailes éployées; un autre semblable

trouvé au Val de Ruz, Antigua, 1884, pl. xxxvu, et une aile d’aigle en bronze provenant probablement d’une enseigne trouvée à Cézéria et conservée au Afusee de Lons-le-Saulnier [Annuaire du Jura, 1859, pl. v). Un aigle de bronze qu'une couronne surmonte porlant les lettres S. P. (J. R. aurait été trouvé à Solana de los Barros (Eslramadure), cf. lioletin de La real Acad, de Hist. 1907 p. 2*1- A“ caslellum de Schiercnhoff ( Ohcrgerm . Limes, VII, pl. ni, 9) on a trouvé une pointe de lance percée de trois trous où sont passes des anneaux apparemment destines a recevoir une des décorations du signum. Peut-être faut-il voir aussi uncaiglc de légion dans celle qui a été trouvée au forum de Silchesler, Archaeologia, XLVI, pl. xV" (l 1 Reinach, Bronzes figurés, p. 291). Les représentations sculptées les plus fidèles sonl indiquées par Domaszewski, Die Fahnen , fig. 3-10 (notre fig. 6408) notamment le? fig. 3 et 4 que donne aussi Lindenschmit ,7'racht, 11,1-2. — I4ÿuet. Caes. 1,62; l’h" Hnat. XIII, 3 (4), 23 ; Appian. Bell. civ. 62. — Holmunn, Militürgrabsleine de lln

naulânder, p.20(= Corp.ins. lat. V. 5586).— 16 Hofman, .Loc. ct'L Voir aussi les po'-

lions de hampes d'enseignes rclrouvées, Weckerling, PaulusAJus. su Worms, l1**1 5; Lindenschmit, Centralmus. pl. xxvm, 22; Jacobi, Saalburg, pl. xxxvm, 2o, p '■

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lQjg victorinus (268) et par l’usurpateur breton Carauius (286-293) *. On peut induire de ce lait que l’influenee de l’Orient et de ses cultes zodiacaux, qui ■ilteint son apogée sous les Sévères, a moins contribué ni développement des enseignes animales que l'invasion de l’armée romaine par ces barbares qui pratiquaient la zoolâtrie et marchaient au combat sous la conduite d’un taureau ou d’un bélier sacrés, comme l’attestent les signa des auxilia constitués par eux. On n’ignorait sans doute pas à Rome que cette coutume était celle des légions d’avant Marius, coutume dont l’aigle avait conservé le souvenir. Aussi ne dut-on guère s’étonner de voir chaque légion adopter, à côté de l’aigle

Fig. 0410. — Enseignes à figures d’animaux.

devenu l'emblème général de l’armée impériale, un animal pour attribut particulier (fig. 6410) 2, qui pouvait servir de lien aux multiples détachements dans lesquels la légion était décomposée. Chaque légion pouvait avoir plusieurs de ces emblèmes et plusieurs légions le

même emblème, comme le monlre le tableau suivant:

/. Adjutrix I. Italien

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