‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 94 sur 137 · SIG 13U · texte numérisé non relu

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du general, Crassus, pour permettre de les maintenir solidement, fit couper une partie du bois de la pique1.

La couleur ordinaire duvexille parait avoir été le rouge 2, couleur du sang appropriée à cet emblème de la guerre.

Pourtant ce rouge devait être plutôt celui

de la flamme, si l'on en croit le terme de rttsseum qui le caractérisait et le nom de flammula 3 que Végèce donne au vexille.

Il est vrai que ce nom pouvait venir des languettes triangulaires qui forment parfois (fig. 6423; cf. 4430) le bas du vexillum.

A l'époque impériale, l’or était sans doute employé pour former de lourdes franges — d où l’expression d’Ammien vexilla auro

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Fig. 6421. — Sigaifer d’une ala.

Fig. 6420. —

Vexillum.

rigentiu 1 — ainsi que pour broder le nom de l’empereur s et celui du corps de troupes auquel le drapeau a p parte n ai t.

Quand ilfallut distinguer par leurs vexilla les divisions de certains corps de cavalerie, onfutamenéàleur donner des couleurs différentes6; sans doute, chaque peloton avait la sienne. Ce fut probablement encore pour distinguer les différents corps de troupes qu on dut compliquer la structure du vexillum : ici, des extrémités delà traverse on voit (fig. 6415, 6420) tomber des bandelettes terminées par une feuille de lierre argentée, ou bien ces feuilles garnissent toute la longueur de la traverse dépourvue de drapeau 7 (fig. 6421) ; là c’est

1 Dio. XI, 18. - 2 Serv. AdAen. VIII, I ; Dio, L. c. ; Jsidor. Orig. XVIII, 3, 5, et les gloses ou vexillum est traduit par H„10> élanl ,m, transcription

de russeum. A defaut de mauleau ,1e pourpr e, ou voit des empereurs enveloppés par leurs soldats dans un drapeau ; Capitol, fiord. 8 ; Amm. Marc. XV, 5. Sur la significaLon religieuse du rouge, cf. von Dulin, Archiv f. Beligionwiss. 1906. 3 Veg. II, 1. — 4 Amm. Marc. XVI, 10. Cf. le passage de Cédréuos, p. 1313, n. 15. —6 Tac. ffist.U, 85 ; Suet. Vesp. 6 (les légions de Moesic déchirent les vexillcs au nom de Vitellius pour les remplacer par des drapeaux- au non, de Vespasien); Tac. III, 13 et 31 ; IV, 62 (sous Néron, les troupes ayant donné à Virginius Rufus les titres de César et d Auguste, comme il les refusait, un soldai les écrivit promptement sur les enseignes); Lamprid. Ant. Diad. 3, 1. — 6 Greg. Naz. in Jul. I, p. 75. 7 Lindenschmit, Alt. I, 3, 7, 8 ; Domaszewski, fig. 88 et p. 27 n. l.On connaît aussi des vexilla surmontés par des aigles, Reinacli, Rép. des Reliefs, I, 300, 24 (cf. fig 642*)

~ ,8. u°' Vl' ~ \39’ SaI1’ J“°- 85’ 29 (Cn l07>- ~ ’° Sil XV> 26 • Martin vexilla' opisc. Prob. 5. Sur le sens de hasta pura, voir contradictoirement P. Sleiner BonnerJahrb. 1906, etW. Ildbig, Abhandl. d. Bayr. Alcad. 1908.- 12 Eph. epinr. V, S/, Suel. Aug. 2d ; Dio, LI, 21, Ce vexille aurait élé donné à Agrippa

apres ses victoires navales. — 13 Vopisc. Aurel. 13, 3. — n p. Sleiner On cil 70 = Corp. inscr. lat-, XIV, 3612 ; vex. arg. Il ; n. 71 = X, 135 : vex. arg il (sous Domilien) ; n. 88 = VIII, 9990 : vex. arg. I (sous Trajan); „. 128 = IX *819 ■ “*• “Sf-.1- (Marc-Aurèl«)l »• *3* = III. 1193: vex. argenta insigne) Commode).' bteiner, n. 135 : 4 vex. obsid. (sous Commode). Voir (fig. 6423, d'après

la pointe de la lance qui est remplacée par „n ■ (fig. 6422) ou par l’image d’une divinité (fjg. aigle

constituée par

souvent la hampe s’achève par une extrémité à ^ ’ amincie que des cordelettes relient aux deux !,, TT la traverse. bouts de

Une dernière catégorie de vexilla est ceux qu’on donnait en récompense militaire. Bien que Polybe ne les mentionne pas en cette qualité 8 et que le premier nommé soit celui que Marius reçut, avec des hastae et des phalerae 9, le vexillum peut fort bien avoir été, avec la hasta , autre emblème du dieu de la guerre lü, l’un des plus anciens des doua militaria. Il est figuré sur la tombe d’un pracfectus castrorum (fig. 6423) avec d’autres récompenses, couronnes, hastae purae" . Comme pourcelles-ci, on ne sait au juste a quoi est due l’épithète de pura donnée souvent aux vexilla. Si l’on admet qu’elle se rapporte à l’unité de couleur, on peut faire valoir, j l’appui de cette explication, les autres épithètes qu on donne à ces drapeaux d honneur: caerulea 12 lorsque le bleu de mer remplace 1 écarlate, qui est probablement la couleur ordinaire ; bicolora 13 lorsque les deux couleurs sont mélangées; argentea 11 lorsque des feuilles de lierre en argent y sont suspendues. Les vexilla sont encore appelés obsidiorialia 15, et paraissent si souvent associés avec des couronnes murales ou vallaires (fig. 6423, 6425, 6426 et 3978) qu on peut croire qu ils étaient décernés pour les mêmes exploits, peut-être à ceux qui Vexillum avaient les premiers planté le drapeau SUT donnai des murs ennemis ,6. mihtare.

3° Tabula. Quand l’indication du corps de troupe n était pas écrite sur le vexillum 17, elle parait l’avoir été sur une tablette de bois quadrangulaire (fig. 6424) 18 qui éLait attachée a la hampe. Il semble que la tabula ait été parfois remplacée par un médaillon

4° Coronae. — L’extrémité de la hampe est parfois

Eph. epigr. V, 87 ; mieux ap. Festechrift fiür Denndorf, p. 218. Voir encore le vexillum planté dans une couronne murale sur une stèle, Sleiner, fig. 23-3. De môme dans le il" 72 de Sleiner, où vexilla est traduit non par ojijiiH* mais par captra. On trouve le vexillum donné sans épithète dans Corp. inscr. lat. 111,14387 (Sleiner, n. 39 : 2 vex.) ; V, 53t (n. 41 : 4 vex.) ; X, 0659 (n. 48 : 2rex.); Sitsber. d. Derl. A/c. 1903, 817 (n. 49 : 2 vex.) ; Vlll, 12536 (n. 50, 8 vex.); XII, 3167 (n. 07,

1 vex.). 16 |1 résulte des recherches de Sleiner que les vexilla , à l’époque impériale, n étaient octroyés qu aux officiers supérieurs (préfets, tribuns, légats, personnages consulaires), apparemment lorsqu'ils avaient eu une part prépondérante a la prise d une ville. — 17 Veg. Il, 13 : ex qua cohorte vel quota esset centurie in illo vexillo litteris adscriptum ; cf. fig. 6428. — 18 D'après Gagnai, L’armée rom. d'Afrique, p. 229. I. 'écriteau porte : legioni 111 Aug. Sur les tablettes des enseignes du loml, eau de la Villa Alt, ani (Zoega, B. rilievi, I, 16; Domaszewski. fig. 5) on lit: coh. III pr. — 19 Une iablette d'argeul trouvée au caslellum de Niederbiber en Weslphalic porte, au repoussé : Coh. V; auprès d'elle était un médaillon en argent doré (Dorow, Denkm. rôm. Z cil in U h. Westph. Provins, pl. «*, 9: Bonner Jahrb. 1865, pl. u ; 1866, p. 199) où est figuré un imperator foulant les armes des Germains vaincus comme sur le médaillon de la Coll. VII Baetorvm (diam 0,19 ; en argent doré), ap. I.indcnschmit, Alterth. I, 7, 5, I ; Schumacher, Germanen Darstcllungen im Muséum v. Mains, 1909, p. 32; Corp. inscr. lat., XIII, 7705' Caylus, Recueil, V, pl. xcu, reproduit une extrémité de l’enseigne en bronze formée par deux plialcres séparant trois tablettes. La plus haule porte : Leg. A Vil Class.

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Enseigne avec tabula.

rnie je petites couronnes àla place du fer ; on en voit trois de grandeur décroissante sur la figure6419. Mais c’est ja hampe *, entre les phalères (fig. 6115, 6425, 6429), ie ies couronnes sont surtout nombreuses. Elles sont i ihen enfiléessurla hampe qu’ellesentourent1 2, ou bien accrochées le long de celte hampe 3. Selon les exploits qu’elles doivent rappeler, ces couronnes peuvent être des feuilles de laurier ou de chêne, être murales 4, rostrales ou classicae 5, et val/ares 6 *. Quand aucune ornementation n’est marquée sur ces couronnes on peut se demander si l’on ne se trouve pas en présence de torques \ qui faisaient partie des dona minora.

5° Phalerae. — Les unes sont creuses et sans autre ornement qu’un bouton au centre (fig. 6410, 6414, 6417, 6429), les autres portent, pour la plupart, des portraits en buste (fig. 6415, 6425, 6426, 6429, voy. aussi 3978), ordinairement celui de l’empereur ou des empereurs régnants.

Leur nombre varie de deux à six 8, et elles paraissent avoir été toujours argentées [cf. PHALERAE et IMAGO, p. 411] 9 *.

6° Boucliers. — Des boucliers de dimensions très réduites sont aussi attachés aux enseignes, le plus souvent au sommet (fig. 6425, 6429) ,0. Il est parfois difficile de distinguer des phalères les boucliers ronds, parmae. Il est plus facile de les reconnaître quand ces boucliers sont en forme de scutum ou de pelta.

7° Croissants. — Le bouclier semilunaire ou pelta est à son tour très difficileà distinguer du croissant ;quand ses cornes ne sont pas dirigées vers le sol (fig. 6424), on ne le reconnaît guère qu’à leur allongement 11 . Cet emblème, qu’il faut rapprocher du corniculum qui faisait partie des dona minora, n’a sans doute été à l’origine qu’un amulette formé d’un ou de deux os courbes comme on les rencontre chez tous les peuples12. A l’époque impériale, sous l’influence de l’astrolâtrie, on a dû lui prêter un caractère symbolique et c’est sans doute à ce titre qu’on trouve le croissant accolé à un globe (tig. 6414).

Fig. 0425.

Enseigne à bouclier, couronnes cl médaillons.

1 I rôhner, Col. Traj. pl. xxxit ; Cichorius, pl. iv. — 2 On en trouve cinq dans bomaszweski, fig. 5,20, 62, 63, etc. — 3 Voir notamment fig. 12, 19, 20, 22, 24, 28. ~ 4 Unc ‘lans fig. 20, 59, 60, 63-5, 67-8, 79 b, 80-2 ; Reinach, Jtép. des reliefs, I,

' *--3 (arc de triomphe?). — 6 Une dans fig. 58, 67, 75, 78 : deux dans 73. — G Une •lanslig. 69, 71,7b. — 7 Voir p.1 313, nole7. Le torques est un des ornements distinctifs £a,,de impériale du Bas-Empire ; cf. photkctorks. Voir aussi Y aquilif er de la 8 en trouve 3 dans fig. 5 (tôles radiées et aigles), 6, 36-9, 42-5;

'• dans lig. 12 ; 5 dans lig. 13 ; 7 dans fig. 14 ; 3 dans fig. 15-16; 5 dans fig. 18 a-b ;

3 dans fig. 20 (têtes radiées) ; 6 dans fig. 19, 21, 22, 25; 5 dans fig. 23, 24, 26, 27, 28, 30,

t ' { (*ans fig- 29, 40 ; 2 dans lig. 34-5, 44-8, 52. — 9 La seule phalère retrouvée

' 11 place, (pu porte la tôle de Néron (fig. 6419), est en bronze sans trace d’argent. Pour

jjjpposer que les phalères étaient argentées on se trouve donc réduit à la phrase de

me,iV. hist. XXXIII, 58 : colo i ■c qui clarior in argento est... iiteo militaribussignis

'""liarior quam longius fulget. Une autre phalère d'enseigne avec passant audos,

)""s llc"' c>selé, dans Renndorf, Wiener Vorlegeblatter , C, VI, 3. — tORoucliers en

Jl "letle5c,dnm, f. 71,73 ; de pelta, f. 75, 80 ; ovale avec foudre fig. 81 (notre fig. 4^45).

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8“ Globe. — S’il est permis de rapprocher le globe13 d’un ornement hémisphérique qui se voit fréquemment sur les enseignes (fig. 6444), on peut supposer qu’il a commencé, comme le croissant, par être un amulette; il aurait eu la valeur prophylactique des cloches et vases de bronze14 avant de devenir le symbole de Y or bis romanus.

9° Glands à franges ou autres ornements. — L’objet que j’ai appelé hémisphère est souvent représenté, non avec une surface lisse, mais avec une surface divisée en petites masses qui tombent à la façon de cheveux ou de franges (fig. 6415, 6426, cf. 3978) 1B. Il est probable que cet objet a fini par n’être qu’un ornement comme les glands à franges dorées qu’on n’a pas cessé de mettre aux drapeaux. Mais il a dû commencer par être un fétiche de guerre. Comme on sait que les Thraces et les lllyriens d’une part, les Gaulois et les Ligures de l’autre ont coupé les têtes ou les cheveux deleurs ennemis, je verrais volontiers un scnlp à l’origine de cet emblème 1S.

Ainsi, à côté des décorations dont la valeur comme dona militariu nous estconnue, coronae, phalerae , vexilla, peut -être cornicula , on en trouve d’autres qui, ne reparaissant pas sur la poitrine des légionnaires, doivent avoir une valeur purement symbolique : la juxtaposition d’un globe et d’un croissant (fig. 6414) peut avoir représenté le Soleil et la Lune. Le globe peut rappeler aussi Y or bis rom anus, et le croissant est connu, par ailleurs, pour avoir une valeur apotropaïque qui a dû en recommander l’usage, comme elle a fait survivre, au haut de l’antique manipulus, la main ouverte (fig. 6417). Le caractère religieux des bandelettes n'est pas moins certain; le lierre dont elles sont garnies est la plante de bon augure qui s’enroule autour du thyrse [thyrsus]. Différentes d’origine et de sens, ces décorations forment un ensemble, fort pesant d’ailleurs17, qu’on enlevait en signe de deuil, et dont le soin avait un caractère religieux 18. On parlera plus loin du culte des enseignes.

A côté de ces trois groupes d’enseignes, aquilae, vexilla , signa , l’époque impériale en a encore connu quatre qu’il suffit de mentionner ici. Le médaillon de

P. Steiner, Op. cit. p. 12, donne quelques exemples de boucliers sur enseigucs et montre que les trois formes ont existé comme doua militaria. — 11 Par ex. fig. 42 47, 48, 49, 51. Sur une monnaie de Nicée sous Marc-Aurèle, fig. 52, c’est par un croissant que se termine l’enseigne; il paraît en être de môme sur le trophée reproduit par C.aylus, III, pl. i.xm, cf. notre fig. 6424. — 12 Voir Bonstellen. Jtev. arc h 1883, 11,24; Décheletle, ibid. 1903, 1.245 ; Ridgeway, Journ. of Anthrop. Inst. 1909. — 13 On trouve un globe dans notre fig. 6414, deux dans lig. 13, 42. — 14 Voir A. -B. Cook, Journ. Hell. Stud. 1898. — 15 Notre fig. 6426, basrelief du temps de Traj an dans lare de Constantin; d'après de Rubeis, Vet. arc. pl. xuv; cf. encore fig. 6414-6415, et Domaszewski, fig. 72, 73, 76, 79 6, 80. — 16 Cette manière de voir a besoin d’explications qui seront donnée^ Revue d' Ethnographie, 1910. —17 Sur leur poids, Herodian. IV, 12 (Commode les portait comme preuve de force). Cf. Suet. Cal. 43 (dans une marche rapide, les prétoriens sont obligés de les placer sur des bêtes de somme). — 13 Tac. III, 2 (dans les funérailles de Germanicus) praecedebant incompta signa , Suet. Claud. 13 et Oros. VII, 6. (On voit un omen dans le fait qu'on ne peut 'ni orner ni mouvoir les enseignes.)

Fig. 0426. — Enseignes avec aigle, couronnes, glands à franges.

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131 fi —

1 empereur, que l’on a vu ciselé sur des phalères, était parfois porté seul, surmonté généralement d’une couronne, au haut d’une courte perche confiée ii Vimaf/inif er (fi g. 6427) '. Dans certains corps de cavalerie la

tabula portant le nom du corps était pareillement détachée et confiée à un tablifer2. Lorsque les barbares envahiront les armées de l'Empire, on verra le draco se substituer à la plupart des enseignes ; puis, lors du triomphe du christianisme, les vexilla recevront le monogramme du Christ avec le nom nouveau de labarum.

Répartition des enseignes sous la République — En laissant de côté les vagues traditions 3 qui attribuent;’! Romulus la création d une légion de 3000 hommes divisée en manipules de 100 hommes, chaque manipule ayant son signum , l’histoire des enseignes dans l’armée romaine commence avec la légion manipulaire, que Tite-Live décrit à l’année 340 et dont l’organisation définitive ne date sans doute que du dernier quart du ive siècle. La division essentielle paraît y avoir été celle du corps de bataille formé par les antepilani et celle du corps de réserve4.

Les antepilani comprenaient deux lignes ( acies ), la première de hastati, la deuxième de principes; dans l'une et dans l’autre, l’unité ( ordo ) était le mani palus-] chaque ligne comprenait 13 manipules composé chacun de 00 hommes, 2 centurions et 1 vexillarius ; il faut donc admettre la présence de 30 vexilla

l Domaszewski, fig. 85; Bruce-Blair, Randbook of the Roman Wall , 1907, p. 80 ; Arc/iaeologia, 1884, p.7. La lèle élant radiée, deux questions se posent: les tètes radiées, que l'on a vues sur les signa sont-elles bien celles des empereurs ou celles d’Apollon- Hélios ? Dans le premier cas les rayons n’indiquent-ils pas que l’empereur est déjà divinisé ? Josèphe, Ant. J. XVIII, 3, I, parle de npo To^â; Kalffaço;. — - Voirp. 1318, il 14. Peut-être le médaillon de Mayence cité p. 1314, n. 19, a I il fait partie de l’enseigne d’un tablifer. Peut-être la tabella porlait-elle aussi lu nom des peuples vaincus, comme les tabellae qu’on voit sur l are de Titus et l’arc d’Orangc. — * Liv. I, 52; Orig. gent. Rom. 22; Serv. Aen. XI, 463. — 4 Liv. VIII, 8. Voir la bibliographie dans Marquardt, Op. cil. p. 54, et les additions indiquées dans mon travail sur P Origine du Pilum (Rev. arch. 1907), p. 5 et 47 du tirage à part. — 5 Sub signis sc dit au propre d’une troupe qui marche enseignes déployées, cf. Liv. III, 51, 10. Les soldats d’un même manipule sont dits

dans les rangs des antepilani. Tite-Live eXpli, „f: ce nom : quia sub signis* jam alii quindecim ordh 1° locabantur. Sans conclure de ce passage qU(. y^ doive corriger antepilani. en antesignani , nom " l’on trouvera, en effet, donné aux hastati on admettre que c’est dans l’intervalle qui séparait le cor" de bataille du corps de réserve qu’étaient placés ],* signa de la légion, signa dont le nombre de cinq COm,, pondrait à celui des lignes de la légion. Il est possible aussi que l’historien ait seulement voulu indiquer par celte expression technique, que les troupes du corps de réserve étaient enrégimentées, qu’elles formaient de véritables unités tactiques. L’indication -, pu lui paraître d’autant plus nécessaire que, des 3 sections ( partes ) dans lesquelles se subdivisait ['ordo ( triarii , rorarii, accensi ), les noms des deux dernières étaient connus de ses contemporains comme ceux de troupes légères, de tirailleurs qui n’avaient plus depuis longtemps place dans la légion. En 340, au contraire triarii , rorarii et accensi paraissent avoir formé 3 lignes de 13 sections chacune; chacune de ces 43 sections comprenait fiÜ hommes, 1 centurion et 1 vexillaire ; le vexillum porté en tête0 caractérisait si bien chacune de ces sections que le nom de vexillum. finit par s’étendre à la section qui marchait derrière lui. Les noms de vexilla et de signa sont appliqués indifféremment aux enseignes qui, dans l’attaque, se placent au premier rang \

Deux siècles plus tard, cette légion qui aurait eu un vexillum pour chacun de ses 73 manipules — 85 enseignes avec les vexilla de ses 10 turmes de cavalerie, (sans parler des signa qui ont pu exister pour l’ensemble des manipules) — avait fait place à la légion qui ne comptait plus que 30 manipules — 10 pour chacune des trois lignes des hastati, principes et triarii — divisés en 60 centuries. Bien que la centurie fût devenue l’unité administrative, le manipule demeurait l'unité tactique; il le resta encore quand Marius eut formé sa légion de 10 cohortes, n’ayant plus que l’aigle pour emblème, chaque cohorte comprenant un manipule de hastati , un de principes et un de triarii. On a soutenu en vain tour à tour que la centurie et que la cohorte avaient eu leurs enseignes ; ce privilège parait n’avoir appartenu qu’au manipule, la vieille unité qui, d’après la tradition, devait son nom à la botte de foin portée sur une perche, autour de laquelle elle se serait formée. Les 60 signa que les 22 cohortes d’Antoine perdentà Forum Gallorum sontdesenseignes manipulâmes'- Chacun des 30 manipules a son signum ; la corrélation est si bien établie que signa est souvent dit pour manipuli 9 et que, pour traduire manipule, les Grecs ne trouvent rien de mieux que or, g. ai a qui est proprement

milites unies signi ; (Liv. XXV 23, IC ; XXXIII, 1,2, cf. Varro, Ling. Int. \ , ss manipulas exercitus minimas manus, guae unum secuntur signum. — c Liv. /.or. cil. : primum vexillum triarios ducebat... triarii sub vexillis considv/.u — 1 Cf. Liv. IX, 13, 2 ; X, 36, 10; XXV, 14, 7; XXVI, 5, 15; 6, I ; XX'M, 14, S, 13, 7, XXXIV, 15, 3 ; XXXIX, 31, 9, etc. — 8 Cic. Ad fam. X, 30, I ; 30,

5. 9 Unius signi milites (Liv. XXV, 23, 16; XXXIII, I, 2; Van-. L. lut. '•

88 )\ signa peditum (Liv. XXVIII, 33, 12; XXXIII, 1,2); viginli signorum milites, (XXXI 1 1 , 9, 8) ; hastatorum prima signa (X\X, 8, 5) ; prima signa (VI, 24, ' ■ 1 ^

32, 8; X, 40,12; 41, 7; XXV, 37, 14; XXVI, 6, 1; XXIX, 2, 10; XXy 8, 5; 18, 2-4; XXXVII, 39, 8); ante signa (VI, 7, 1; VII, 16, 5; VIL 3i- 11; XXVI, 6, 5; XXXIII, 8, 3; XXXVIII, 21, 2); inter signa (XXXIII, 9, 6; eum tribus signis a legione sua relictus (XLI, 6) ; ab signis (Caes.

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IVq ni valent de signum. D'après des monnaies’ (fig.6428) d’après des textes 2, on voit que, dans la pratique, les (Inpeaux et leurs porteurs étaient distingués par le nu- . d'ordre ou la lettre du corps auquel ils appartenaient: primi /instati, secundi hastati, etc. C’est seulement sous l’Empire que, l’importance de la centurie se développant aux dépensée celle du manipule, chaque centurie reçut son drapeau: singulis cenluriis, singula vexilla :1. Dès le temps de César, on constate que la cohorte pouvait avoir une enseigne4. Sous l’Empire, la légion

Fig. 6428. — Ënseignes avec indiquant le corps

leUro comprend, au complet, 1 aquilifer,l imaginifer, 10 signiferi de cohorte et GO signiferi de centurie. Les vexilla étant réservés aux pi raies des équités legionis 3 ou des cohortes eguitatae, la légion compte 10 signa, proprement dits. En marche, il semble que les signa des centuries (ou des manipules) restent à leur place dans le rang ; seuls ceux des cohortes viennent se grouper autour de l’aigle, en tête de la légion*. Pour l’ordre de bataille, la question est plus complexe et se lie à celle des antesignani.

Lange1, Marquardt8, Mommsen’1 admettent que ce nom s’est appliqué aux hastati, parce que les signa de leurs dix manipules étaient disposés en arrière des six ondes huit rangs qui formaient la première ligne de la légion. Ce système présente l’avantage de faire protéger les signa par toute l’épaisseur des hastati ; mais il ne peut cadrer avec les textes réunis par Domaszewski ’°, établissant que toutes les évolutions de la légion dépendaient de celles des signa de la première ligne; pour que les hastati pussent suivre leurs enseignes, il est manifeste que celles-ci devaient les précéder. Aussi ce savant place-t-il les signa des hastati au premier rang, sur le front même de la légion ; ce n’est pas à ces signa manipulorum que les hastati devraient leur nom d 'antesignani, mais aux cinq enseignes générales de la légion d’avant Marins, l’aigle, le loup, le minotaure, le taureau, le sanglier, groupées bien à l’abri entre les hastati et les principes. Polybe donne à chaque manipule deux signifères 11 ; d’après Domaszewski, l’un porterait en avant l’enseigne manipulaire, l’autre, en arrière, un des signa legionis. Mais il n’indique pas commentles 5 signa se répartiraient entre les 30 signifères et il me paraît préférable de voir, dans le deuxième porte-enseigne de chaque manipule, l’aide, le suppléant au besoin, du premier, le discens signiferum de l’Empire. Stoffel12 a proposé une théorie intermédiaire : c’est bien aux signa nanipulorum que se rapporterait le terme d 'antesi- 9nfint, mais, les signa étant placés au deuxième rang des

1,1 ,lx P'èces, lune de 83, l’autre de 49 av. J.-C. présentent, sur le ’ * 1 ^ lIn a’eie entre deux signa qui portent les lettres H(astati) et P{rin- 'V«i; Cohen, Med. C0M. 227) , . 32|, J1; Momn.sen-Blacas, 11,375, 449; “Mon, Mann, de ta Bip. Il, p. 254 et 513. — 2 l.iv. XXVI, 5,

wlati .

i5 : secundi

1/1 signum ; <i, 1 : primi principis signum ; XXVII, 14, 8: primi hastati ' ,Jic. Oc divin. I, 3ï, 77 : signifer primi hastati; Ad fam. X, - 1 . ou signa dans deux légions; EpU. ep. Il, 287 : signifer leg. IL ^ ( """ for. Ger. cohor. Il hastati pr. — 3 Vegel. II, 13; Eph. ep. L. c.

1 texte de César, U. gall. II, 25, 1, sur lequel Rüslow, lleerwesen roi q ' ^ 1 ’’ St,s1, aPP“ïé Pour conclure à l’existence d’une enseigne pour la

cou ll"]i,"IC oouleinent que la cohorte pouvait être réduite à un seul signum ^ I oilmelteul. Domaszewski, Op. cit. 23; Mommsen, Eph. ep. IV, 370 ; Frolilicli, |. ! ^ ’ Oâsurs, p. 85. La centurie n’avait pas d'enseigne à l’époque répu-

Guli " 1 1" ’,oniasz(Jwski> Op. cit. p. 21, l'a montré sur la loi do trois tcxées du Bell. ,0 ' - » VI, 34, 6; VI, 40, I. Sous l’Empire, l’existence de l'enseigne de

nisme S* Cïr'a'ne’ <1'ac* et n )( . I, i8, 34; IV, 22 ; Hist. I, 41. C’est par anachro- I"1' li Le- Li ve, XXVII, 13, montre Marcellue reprochant à ses soldats de

hastati, ce terme n’aurait désigné à l’origine que les deux premiers rangs de la première ligne et n’aurait été donné que par extension à l’ensemble des hastati. Mieux qu’une longue discussion des opinions émises par ces savants, quelques textes éclairciront la question.

Dans le récit d’une bataille contre les Étrusques, Tite- Li ve d i L : cadunt antesignani et, ne nudentur propugnatoribus signa, fit ex secunda prima (tries Si lorsque les antesignani ont été taillés en pièces, les enseignes sont découvertes à ce point qu’il faille faire passer les principes en première ligne, c’est qu’on désigne bien sous le nom d 'antesignani l’ensemble des hastati placés en avant des signa. Dans une défaite infligée par les Latins aux Romains, ceux-ci ont perdu hastatos principesgue ; stragem et ante signa et post signa factam u : les enseignes sont donc bien placées entre la lre et la 2° ligne. Dans la surprise de Trasimène, où les légionnaires ne parviennent pas à se reformer ( sua signa noscere), ce ne fut pas un de ces combats réguliers, ut pro signis antesignani, post signa alia pugnaret acies ’5. Quand Scipion l’Africain, à Zama, ne serre pas les manipules delà lre ligne de son acies triplex, chacun devant ses enseignes, ante sua quamque signa, mais laisse entre eux des intervalles qu’il remplit de vélites, inter manipulos antesignanorum velitibus complevit ’6, il ne fait que répéter une manœuvre dont son oncle et son père avaient tiré parti en Espagne contre Asdrubal où, dans une acies triplex, velilum pars inter antesignanos locata, pars post signa accepta ’7.

Ces textes suffisent sans doute à établir que, dans la disposition régulière de l’armée manipulaire sur trois lignes, les signa de la légion étaient placés derrière la ligne des hastati, qui devaient à cette position leur nom A' antesignani. Quand Marius eut groupé les 30 manipules en 10 cohortes en ne laissant que l’aigle comme enseigne générale à la légion, la place des signa fut-elle modifiée? Il ne semble pas qu’il en ait été ainsi, du moins dans V acies triplex. Frontin montre Sylla ordonnant aux postsignanis qui in secunda acie erant (les 4 cohortes des anciens principes) de planter une haie de pieux derrière lesquels Y antesignanorum acies (les 6 cohortes des anciens hastati ) pourrait se réfugier à l’approche des chars à faux d’Archélaos ’8. Ce fut César qui transforma les antesignani'* ; il en fit un corps d’élite d’infanterie légère 20, des hastati allégés de façon à devenir des expediti. Pour soutenir sa cavalerie contre les Numides, il détacha en Afrique de chacune de ses légions un corps semblable de 300 hommes avec signum particulier. Le seul texte indiquant que cette organisation ait survécu au dictateur est le passage des Philip-

s’étre laissé enlever par Hannilial signa alicui manipulo aut cohorti. — & Toutefois le nom de vexilla est donné à des enseignes de cohortes, Tac. Hist. I, 36 ; III, 18 ; III, 82; Ann. 1, 3 1 ; un signifer des prétoriens est nommé vexillarius, Hist. I, il ; quand un corps d'un millier d’hommes ou plus est détaché d’uue légion, il est dit v exillum ou i-exillatio. Cf. Domaszewski, Op. cit. p. 2V-6. — G Jos. II. Jwl. III, 0, 2; V, 2, I ; Tac. Hist. Il, 89; Appian. Expcd. in Al. 5-6. — 1 Lange, Historia mutât, rei mil. p. 19. — 8 Marquardt, Organis. milit. des Homains , p. 45. — y Mommsen, Arch. ep. Mitt. X, 6. — 10 Domaszewski, Fa/inen , p. 10 et, dans Paulj - Wissowa, l’art. Antesignani. — n F‘ol. VI, 24, 6.

— 12 StofTel, Hist. de César , Guerre civile , II, p. 329. — 13 Liv. IX, 39, 7.

— H Liv. VIII, 11,7. — 15 Liv. XXXII, 5, 7. - 1« Liv. XXX, 33, 1-3; Polyh. XV,

9, 9. — H Liv. XXIII, 29, 3. — 18 Frontin, II, 3, 17. Postsignani dans Anun. Marc. XVIII, 8, 7; XXIV, 6, 9. — 19 Caes. B. civ. I, 43, 3; 44,5; 57, 1 ; III, 75,5; 84, 3.

— 20 Caes. B. afr. 75, 78. Tous les commentateurs de César ont étudié cette question ; les plus importants, dont StolTcl, Loc. cit. et Planer, Cùsars Antesignanen, dans Symholae Joachimicae (1880), p. 39-50, sont discutés par Frohlich, Bas Kriegswesen Ciisars , 1889, p. 30.

SIG

su;

Pi<)'<es où Cicéron oppose antesignani et manipulares' . Le prc-mier terme disparaît après lui 2 et subsignani 3 désigne seulement chez lacite les troupes enrégimentées dans la légion, par opposition la cavalerie et aux auxiliaires.

liépartition des enseignes sous /' Empire. — Comme les cohortes des légions, celles des prétoriens — 9 sous Auguste, lü a partir de Trajan — divisées chacune en 3 manipules et G centuries, devaient avoir, pour chaque cohorte et pour chaque centurie, un signifer. I. ensemble des cohortes prétoriennes avaient-elles un aigle comme la légion? Aucun document n’ayant fait connaître jusqu à présent un uquilifer prétorien*, on peut supposer que les aigles qui apparaissent sur les médaillons où l’empereur est entouré de sa garde5 sont destinés à symboliser toute l’armée légionnaire. Le caractère de garde impériale des prétoriens s’aflirmait par le privilège de placer l’image de l’empereur sur leurs signa °. Cette image consiste en un buste en relie! sur un médaillon. Les médaillons, généralement au nombre de deux, sont placés verticalement, séparés par des couronnes; d’autres couronnes les séparent ordinairement d’une phalère terminale où un aigle,

les ailes déployées, est entouré d’une couronne de feuillage 7.

Il est difficile de dire pourquoi, à l’exception des médaillons au type de l’aigle ou de l'empereur, les enseignes prétoriennes ne paraissent point porter de phalères, si abondantes sur les enseignes légionnaires, tandis quelles portent toutes les espèces de couronnes, bien

1 Cic. P/ul. Il, 59, 71; V, 5, 12. —2 Végèce place les antesignani dans la gravis armai ara après les principes, hastali et triarii (I, 2) ou il les assimile aux sigmferi (II, IC). Il explique leur surnom de campigeni parce que leur valeur s'exerce in campo. — 3 Tac. Rist. I, 70 ; IV, 33. Ou pourrai! penser d'après une stèle qui représente un légionnaire armé comme un vélite (Corp inscr. SA. 923 ; Lindeuscl.mit, Alt. 1,9,4) que les antesignani existaient encore au temps de Tibère; la stèle est de ce temps. Au n« siècle, dans l'arsenal de Lambèse, on voit encore les arma distingués en antesignana et postsignana (Carcopino. Hall. arch. du Comité, 1903, p. 243). 4 Voy. praetoiuaki, fig. 5787, 5788. Mais tout le monde n admet pas que ces monuments représentent dos prétoriens a Froehner, Les médaillons de l'Empire romain, p. 132, 182, 186, 193 200 211. — «Cependant les 2 signa, qui, avec 1 vexitlum, entourent Marc-Aurèle reçu par la déesse Home devant son arc de triomphe, ne sont ornés chacun que de deux hémisphères (Strong, Roman Sculpture, pl. i.xxi, 1 ; S. Reinach, Répertoire des Reliefs, I, 374, 4). — 7 Les aigles apparaissent particulièrement nombreux sur les signa des prétoriens, ou bien en médaillon, fig. 62, 64, 67, ou bien placés au sommet de la hampe, fig. 56-7, 77. 80, parfois entourés d'une couronne fi» 69 73

c\î8’ I'' T 8 En’eisnes P^eunes de la col. Trajaue, Domasiewski

fig. 58 = Froehner pl. xxxu ; 20 = xxxv ; notre fig. 6429. On y voit, présidant à la lustration du camp, d'un côté, l'aigle, le vexillun, et les autres enseignes légionnaires ornées de phalères, de l'autre celles des cohortes prétoriennes; 59 — vll. 60 = lvh; 61 = ,.xv ; 63 = i.xxiv; 64 = ,.xxv; 65 = i.xxvi; 66 = ixxvu’ C7 = lxxxvi ; 68 = ci. a : 69 = eu b ; 70 r= cv.n ; 71 = cxvi ; 72 = rxvu-vn. • 73 = cxxix; 74 = cxxxu ; 75 = cxxxv; 76 = cxxx.x; 77 = oui; 78 = cr.x,x. La fig. 79 a-b est extraite d'un relief (conservé à la villa Borghèse) d'un arc de Claude, Monumenli, X, pl. xxi ; Annali, 1875, p. 42- S Reinach Répertoire des reliefs, I, p. 381, I (en parlant du sommet: main, couronné

plus rares sur les signa des légions (fig. C49q,s A chaci|ne des cohortes de l’infanLerie prétorien jomle une centaine d 'équités praetoriani divisé" ^ •i l ormes ; chacune de ces turmes a un vexillun p S ^ A côté de cette cavalerie endivisionnée ]a Ka,.d torienne comprenait 300 speculalores , cavaliers charges de veiller sur la personne de l’empereur rPB ‘ ® MAE cohortes] ; d’où le nom de protectores qu’ils JT', Jes le ...■ siècle. Outre les vexilla qui guidai, turmes, les speculatores paraissent avoir eu trois si du moins a-t-on voulu leur rapporter les trois enscilT,' qui figurent sur les revers des monnaies d’Antoine de Galba et de Vespasien -, Ces enseignes sent CoMî luees (en partanL du bas) par une phalère, un croissant une couronne rostrale, une couronne de laurier vexillum à bandelettes, une main. Sur les monnaies des deux empereurs, l’enseigne du milieu se termine parmi aigle. Comme aucun texte ne fait mention d’un signifer des speculalores prétoriens, et que ceux-ci n’existaientpas encore du temps d’Antoine, l’attribution de ces signa à ce corps paraît douteuse. Pour les vex illiferi à cheval qu’0n voit accompagnant Trajan, Hadrien et Marc-Aurèle sur les bas-reliefs de leurs arcs ", il n’est pas moins difficile de décider s ils appartiennent aux speculatores prétoriens ou aux EQUITES singulares. Cette élite de la cavalerie auxiliaire qui forme autour do l’empereur une sorte de gai de étrangère, n a pas plus d imagini feri que les autres troupes prétoriennes auxquelles elle est assimilée. Mais, comme elles, les équités singulares ont le droit d’orner leurs signa de l’image impériale. Outre le signifer et le vexillarius n, les inscriptions mentionnent

pour tout le mimer us des singulares un tablifer'K.

Les 3 cohortes urbaines avaient été organisées par Auguste sur le modèle de 9 cohortes prétoriennes et, depuis Tibère, vivaient avec elles au Praetorium. Cependant elles n avaient pas le droit de placer l’image impériale sur leurs signa ; elles avaient pour la porter un imaginifer 1 5.

Constituées en même temps que les cohortes urbaines, les 7 cohortes vigi/um , divisées chacune en 7 centuries, avaient 49 vexillarii l6. Pour distinguer ces pompiers des troupes véritables, ils ne reçurent pas de signifer'", 1 imago Augusti était confiée à un imaginifer'* .

tle chêne, médaillon à imago, couronne murale, médaillon à imago, couronne de chêne, gland à frange) ; on y remarque l’absence de l’aigle el du vexillum. La lig. 80 de Domaszewski, pilaslre de l’arc des Orlèvies au Forum Boarium élevé en 204, montre de haut en bas : aigle, vexilla, médaillon de Caracalla, couronne, médaillon de Scplimc Sévère, couronne, médaillon de Géla, couronne, courouue murale, pellé ou croissant, hémisphère, pellé ou croissant, deux glands à franges. Il est possible que les différences qu’on remarque entre les signa s'expliquent par des modifications que la garde prétorienne paraît avoir subies lors de la construction du prietorium pir Tibère et de sa reconstruction par Vespasien, surtout lors de sa transformation totale sous Seplime-Sévère. C’est sous ce prince que 1 enseigne prétorienne aurait reçu la couronne murale el les croissants. — 9 Tac. Bist. H. I '• Corp. inscr. lat. \1, 215,617. Cf. Domaszewski, Fahnen , p. 26; Philologue, LXL 16. — 10 Cf. Domaszewski, Op. cit. fig. 91-3 et Wcsld. Zeitschr. XIV, p. 3, I"- On peut supposer que les monnaies d'Antoine ont servi de prototype ; Galba aurait

adopté les revers du rival d’Auguste pour marquer que c’en était fini de sadynasln . et Vespasien aurait affecté d’imiler Galba. — il Strong, Roman sculpture , !»l. xim, r.xxi, I; xi. i, I. Ce sont probablement les vexilla pourpres qui indiquaient la pi * sence de I Empereur. On voit des vexilla portés par des prétoriens démontés, dans S. Reinach, Répert. des Reliefs , I, p. 374, 4 et 381, 3. Le vexillarius comitantis Galbam cohorlis donl parle Tacite, Hist. I, 41, est sans doute aussi un enseigne a cheval démonté. — 12 Corp. inscr. lat. VI, 225, 228, 3408, 31146. — MC.tJ-* N ’ 622,2329,3404, 3239. - H C. i. l.M I, 31164, 31185. Cf. Besnier, Mélanges Ec. Home, 1897, p. 145. — 1“ Cf. Domaszewski, Fahn. p? 73; Sonner Jahrb. 1008, P ' ‘ ’ — 16 C.i.t., VI, 215, 220-1, 617, 1056-8, 2962, 2965, 2981, 2987, 33038 a; X,

XI, 1438. — U Les inscr. C.i.l., VI, 742 et IX, 1625 qui mentionnent des des vigiles sont probablement falsifiées. — 18 Sur l’interpréialion de IM dans C ■<

VI, 1057, comme imaginifer , voir Domaszewski, Donner Jahrb. 19U8, P-

SIG

Régulièrement, la légion de l’époque impériale devait compter 5600 hommes répartis en 10 cohortes, la première, dite miïiaria, divisée en 5 centuries, les autres, dites quingenariae, en 6 centuries groupées en 3 manipules. Chaque centurie avait son signifer, chaque cohorte le sien, et Yaquilifer marchait à la tête de toute )a légion1, suivi par autant d 'imaginiferi qu’il y avait d'images de divi à porter 2. Comme ces porte-enseignes avaient, pour les seconder dans leurs fonctions religieuses et financières, un discens aquiliferum et un (ou plusieurs) discens signifer uni , la légion devait distraire près de 65 hommes pour le service des enseignes.

Au temps où chaque légion comportait 300 équités , chacune de leurs 10 turmae possédait un vexillum 3. Elles paraissent l’avoir conservé1 quand elles furent divisées en équités legionis attachés à l’état-major de la légion, qui y prenait ses éclaireurs et ses estafettes “, et en cohortes equitatae complètement détachées de la légion et amalgamées avec de l’infanterie légère. De ces cohortes mixtes, les unes, dites miliariae , comprenaient 240 cavaliers divisés en KJ turmes à côté de 760 fantassins, les autres dites quingenariae , 120 cavaliers divisés en 6 turmes à côté de 380 fantassins. Outre les vexillarii, qui étaient ainsi au nombre ou de G ou de 10, et les signiferi des centuries probablement au nombre ici de 4, là de 8, la cohorte comprenait deux imaginiferi , un pour les équités et un pour les pedites6. A côté de cette cavalerie mixte, la cavalerie indépendante était composée d'alae, divisées, elles aussi, en quingenariae et en miliariae , les premières avec 480 cavaliers en 16 turmes, les secondes avec 960 cavaliers en 24 turmes. Ces pelotons se distinguaient de ceux des cohortes equitatae enayant, non un vexillarius , mais un signifer turmae1] outre ces porte-fanions de peloton, l’ensemble de Yala avait un signifer alae 8 et un imaginifer 9 et le praefcctus alae comptait un vexillarius iü dans son étatmajor.

Enseignes des corps auxiliaires. — A partir d’Hadrien, les nécessités de la guerre de frontière firent sentir le besoin de corps légers comprenant, en nombre égal, des bataillons de fantassins et des pelotons de cavaliers. Dans ces nouvelles cohortes auxiliaires connues

oralement sous le nom de numeri , le numerus 1 iail accompagné du nom de la peuplade où ses soldats étaient Wés, soldats non romanisés auxquels les ordres d' ' aient être donnés dans leur langue. Chaque numerus 'à pedites avait son signifer “, chaque numerus 1 équités son imaginifer 12 ; ces équités se décomposaient 111 ,urmue ayant chacune son vexillarius 13 . Il est pro¬

bable que c’est par les numeri que les enseignes barbares ont surtout fait leur entrée dans l’armée romaine. Ce qui facilita aussi cette pénétration, ce fut la constante dispersion des troupes impériales, tantlégionnaires qu’auxiliaires, en petits corps détachés, disséminés aux trontières de l’Empire. Bien que les corps ainsi formés soient connus sous le nom de vexillationes et que les soldats qui les formaient soient dits a signis avocali u, ils n’en comprennent pas moins souvent, non des vexillarii , mais un imaginifer 15 ou un signifer'6, quand la vexillatio est détachée d’une légion, un imaginifer seul n, quand elle est prise aux auxilia.

Tous les porte-enseignes passés en revue jusqu’ici appartiennent à l’armée active. Mais les Romains ont devancé notre système des réserves. Son temps de service écoulé, le légionnaire passait au rang de veteranus , ou de missicius, quand il avait reçu son honesta missio ; dans cette réserve de l’active il restait quatre ans, suivant le système des seize ans de service institué par Auguste en 13 av. J.-C., cinq ans quand Tibère eut imposé le stipendium de vingt ans. Les veterani de chaque légion formaient un vexillum l8, pourvu d’un vexillarius veteranorum legionis ’9. Celui-ci paraît avoir été pris parmi les vexillaires en activité de service dans la légion avec laquelle, en cas de guerre, les veterani devaient combattre. Ils ne pouvaient être rappelés sous les drapeaux que pour les nécessités de la défense nationale a#. Cependant, quand l’état de guerre est permanent, les vexilla veteranorum sont groupés en véritables régiments de réserve : cohortes ou alae veteranae qui ont les mêmes porte-enseignes que les autres cohortes et alae.

Les evocati constituent une classe privilégiée de réservistes21. Avant Tibère, Yevocatio s’adressait à tous les bas-officiers, non seulement des légions mais aussi des auxilia, s’ils avaient obtenu le droit de cité à la fin de leur service. Tibère la limita aux prétoriens et, assimilant les evocati aux cavaliers de la garde, il leur donna comme tels un vexillarius™ . Comme les réservistes, les recrues, tirones, avant d’être versées dans une légion, forment un vexillum spécial23. Enfin il est fait mention d’un vexillum de brancardiers et, pour les ouvriers militaires, d’un imaginifer et d’un vexillarius scholae fabrum 2t.

L’organisation militaire des Romains étant sensiblement pareille à celle de leurs premiers adversaires — ils estimaient eux-mêmes qu’elle s’en était fréquemment inspirée — on ne doit pas s’étonner de rencontrer des enseignes chez les Latins25, les Samnites 2\ les Sardes2',

„ ... ’! 111 s‘ ' 0,1 en I end parler d’un signifer legionis, Corp. inscr. lat. V, 1 DtCUll1' ' ~ 2 Iniaginiferi de légion, C/L, VU, 195, 14358 ; V, 937 ; 7; XV 4 l ’ l ’214, 11 r<5sulle qne la légion avait au moins 3 imaginiferi. — 3 Po i ’ ‘ ~ * veget. II, 14. 5 Domaszewski, Die Fahnen, p. 36 ; Neuc Heu

S" Wirb. IX, 150 ; Donner Jahrb. 1908, p. 47; von Premerstcin, Klio, CS1 prohdl"0 011 C0DnaIt 3 vexiUarii equitum pour une légion, CIL, XIII, 0948 verili °.Ja ' 1 1"° CCS e1u’tes legionis comprenaient 30 cavaliers en 3 turmes. 7890 "v\\\^UitUm S0Dt menli°nnés dans CIL , III, 1614, 2012, 2745, 3261, 3646: || i0'j . ...' 2,li2"4 > 2tl74> l0G29- — 6 Imaginiferi dos cohortes auxiliaires, C tonum tu-' U,18’ V’ 253 ' VII, 760. De III, 3256 : eques imaginifer cohortis l li Comme |'m" ‘lontanh il ne faut pas inférer qu'il y avait un imaginifer par luidestiné -if lfC^‘teS la ®°*ISrle auxiliaire ont aussi leur imaginifer, ce détail est "!U°j’ qu 11 s aS'l de l ‘imaginifer des équités et dans quelle lurm

lig, 1 --d' VIII, 2094; XIII, 6233, 8094, cippe, reproduit par ne

omaszewski, Bg. 85). Des signa de cavalerie sont mentionnés au 1er

deJulien, Amm. Marc. XXV, I.7-9.XXX1V, 3, 12. — 8 Corp. inscr. Ilhen. 889; C.i.

lat. VII, 68 ; Ephem. epigr. Vll,n. 995. — 9 CIL, VIII, 9291. Cf p. 1975. 10 ( IL, III,

4834, 1 1081. lig. 6421. C’est cette fonction que Domaszewski, Donner Jahrb. 1908, p. 55, attribue au vexillarius alae. Leliner, Ibid. p. 281, veut voir en lui le portrcnscignepour toute l’nla opposé au signifer turmae. —H CIL, III; VIII, 21453 ; XIII 7754. - — 12 CIL, XIII, 7753. — 13 CIL, XIII, 7753-4; Cagnat, Ann. epigr. 1897, n. 147. — 14 Traian. ad Min. 20 et 22. — 1» CIL, H, 2353; XIII, 1895,

— 16 CIL, II, 2552 ; XIII, 1839, 7940-7. — n CIL, XIII, 7705. — 18 Une devait pas compter plus de 500 hommes d’après Tac. Ann. III, 21. Cf. Mommsen, Ephem. epigr. IV, p. 370 ; Domaszewski, Donner Jahrb. 1908, p. 80. — 19 CIL III 2817. 20 Cf. Tac. Ann. I, 36 : retinerisub vexillo... nisi propulsandi liuslis. —21 Mommsen, Ephem. epigr. V, p. 149 ; Domaszewski, Donner Jahrb. 1908, p. 75.

— 22 CIL, VI, 215. - 23 Tac. Ann. Il, 78. — 24Caes. Dell. Hall. VI, 36, 3 ; 40, 4; CIL, III, 3018. — 25 Liv. IV, 8, 14. — 26 Liv. Vil, 87 ; V I, 38-9 X, 14, 20 ; 41-2.

— 27 Perrot-Chipiez, Uist. de l’Art, t. IV, p. 67.

SIG

SIG

Fig. 6430. — Enseigne étrusque.

lus Étrusques (li^c. 6430) les Campaniens (fig. 6431)*. Chez ces derniers, ce sont de longues banderolles ou de grands étendards qui llollent au bout d’une hampe comme nos drapeaux.

Quand ces peuples devinrent les alliés de Home, leurs enseignes les suivirent dans les cohortes qu’ils formèrent à côté des légions romaines. Les exploits des chefs des cohortes des Péligniens, Vibius à Capoue et Salins à Pydna, jetant leur vexillum dans les rangs ennemis, étaient restés célèbres3. Quand les Romains entrèrent en contact avec les Ligures * et les lllyriens 3, surtout avec les Gaulois d’Italie et d’Espagne, soit directement, soit dans les armées carthaginoises G, ils se trouvèrent en présence de peuples qui avaient gardé pour les animaux divins, sous la conduite desquels ils marchaient, la même vénération que leurs propres ancêtres témoignaient à l’aigle, au loup, au minotaure, au cheval,

au sanglier. Le sanglier paraît même avoir été la plus vénérée des enseignes gauloises ; le cheval, le taureau, l’ours, le corbeau se retrouvent sur les trophées et les monnaies de la Gaule. Jurer devant leurs enseignes réunies, c’était pour les Gaulois la forme la plus solennelle du serment 1 . Les enseignes animales n’étaient pas moins sacrées chez les Germains, auxquels appartiennent les Usipètes et les Tenctères que César montre contraints à les jeter dans leur fuite. Tacite dit expressément que les Germains emportent au combat les images et enseignes révérées dans leurs bois sacrés s.

Les auxilia, au 1er siècle de l’Empire, furent organisés, comme l’avaient été ceux de la République, en cohortes ou en alae équipées à la romaine. Il n’y a donc

rien que de naturel à ce qu’on trouve à Bonn (fïg, le signifer cohortis Asttirum9., portant l’uniforme des signiferi des légions et tenant dansla droite une lance avec talon en pointe et croc latéral, qui offre des éléments ordinaires des enseignes légionnaires : couronne de chêne suspendue sous la pointe, traverse avec bandelettes, phalère à bouton, aigle sur un foudre, croissant, globe, gland à franges.

A Trêves, le porte-enseigne d’une cohorte équestre brandit un javelot de la droite, tandis qu’il tient de la main gauche une enseigne formée simplement par une lance, avec une traverse de laquelle pendent quatre feuilles de lierre ( I i g . 6421) in.

A partir d’IIadrien, les auxiliaires barbares, de plus en plus nombreux, restèrent constitués en troupes nationales qui, sous le nom de numeri, ne reçurent qu'une apparence d’organisation romaine. Aussi ne doiton pas s’étonner que, dans les deux reliefs où l’on peut reconnaître leurs enseignes, celles-ci apparaissent comme de simples hampes, supportant ici un taureau (fig. 6433) ft, là un bélier (lig. 6410) l2.

Une tête de taureau à trois cornes apparaît, dès la fin du icr siècle, sur le vexillum que

porte un cavalier Biturige de Valu Longiniana

7FA3TVRÏRANS

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6432. — Signifer d’une cohorte auxiliaire.

Fig. 6433. — Enseigne d’une cohorte auxiliaire.

1 Liv. IX, 32, 8 ; X, 30, 30, 4. La fig. 6430 est tirée d’une procession funéraire où l'enseigne du chef défunt est une hampe surmontée d’un taureau (fresque conservée au BriLisli .Muséum, Joum. helL. stud. X, pl. vm). — - Liv. XXX1I1.35. Il me parait hors dedoule que les guerriers dont l'armement n’eslpas conforme àcelui des hoplites grecs qu’on trouve sur les vases du recueil de Tischbein sont des cavaliers campaniens ou apuliens ; on y relève des cavaliers avec une lance portant un grand fanion, S. Reinach, Ripert. des vases peints , II, p. 319, 6, un fanion rigide et un souple, p. 320, 1, un véritable drapeau orné d’une croix gammée, p. 349, t. Un drapeau semblable dans Millin, Peint, d. vases. 1, 13 et dans les peiuturesde Paestum, Annali , 4865, 26 2 ; Alonumenti , VIII. pl. xxi (d’où esL tirée la fig. 6431). — 3 Liv. XXV, 1 4, 4 ; Plut. Aem. 20. — 4 Liv. XLI, IC ; XLI1, 7.-5 Liv. XLV, 43. — G 11 est difficile de savoir si, dans Liv. XXI, 55, 2 ; XXIV, 16, 2 ; XXVI. 6, 4, il s’agit des Carthaginois euxinêmes ou de leurs auxiliaires espagnols ou gaulois. Il peut même s'agir des Numides, puisqu’on sait qu'ils portaient des signa, Sali. Jug. 49, 4 ; 74, 4 ; 80, 2 ; 99, 4. Pour l’Espagne, il est également difficile de distinguer s’il s’agit d'Ibères ou de Cellibères, Liv. XXXIX, 31; XL, 32, 40, 48, 50; XLI, 31. Pans XXXV, 1, il s’agit de Lusitaniens. — ~i Caes. Bell. Gall. VII, 2,2. Dans la défaite de l’armée de secours, à Alésia, César prit 74euseignes, VII, 88, 4. Les récits dcTitc Live(XXXII, 6,30; XXX11I; 36 ; XXXIV, 15, 20; XXXVI, 38) montrent avec quel désespoir les Cisalpins les défendaient. Pour le sanglier-enseigne voir fig. 1654 et les arcs d’Orange, d’Avignon et de Narbonne, dans Espérandieu, Bas-reliefs de la Gaule , 1, 234, 595, 737; le trophée galate publié Rev. arch. 1889, 1, 201 ; la Gaule le porte sur la cuirasse de la statue de l’Auguste de

Prima-Porta, etc. Pour l’ours, le cheval, le taureau, le sanglier, la grue ou lu cigogne, voir S. Reiapch, Cultes, mythes et religions , I, p. 56, 53, 244; II, p. 243, et Itcml, Lx religion des Gaulois, 1906, passini ; pour le corbeau, A. -J. Reinach, lAntlnopologie,W0$, p. 195 : pour les monnaies, les références données par Cam. Julli tR. Hist. de la Gaule , II (1908), p. 198. — 8 Caes. D. gall. IV, 15, t ; Tac. Geu». g cf. Hist. IV, 22-3. Quand les légions de Germanie se sont livrées aux Rata vis de (■' vilis, Tacite montre (Hist. IV, 62) revulsae imperatorum imagines, inhonora signe, fnlgentibus hinc inde Gallorum vexillis. Grimm a réuni, dans sa Deutsche Mytl"1 logie , tous les textes qui montrent le culte particulier dont les Germains entoui aien I le cheval, le taureau et le corbeau qu’on retrouve sur les enseignes d autres cuvaln seurs du Nord: cf. notamment le taureau des Cimbres (Plut. Mar. 23 ; Caes.

Gall. VII, 2), le sanglier des Aesliens(Tac. Hist. IV, 22), le sanglier et la rouelle <h Coralles (Val. Flacc. VI, 88). — 9 Domaszewski, lig. 86 ; Liudenschmit, Alt. I, I •- D'après Domaszewski la stèle deRaguse, fig. 87 (Musée de Vienne, n° 24), repu"11 unsignumde cohorte auxiliaire : traverse à bandelettes, couronne le long de la ham| phalère à médaillon. La phalère à médaillon et la couronne tombante se voient su' autre monument de Rag use, Archaeologia, 1884, p. 7. — *9 Domaszewski,

= Lindenschmil, Alt. I, 3, 7, 8 (voy. plus haut, p. 1314, la fig. 642t). 11 *)"1 ^

szewski, fig. 90, d après Bruce, Lapidarium septentrionale, n. 930; Rend, hprobablement un Balave; cf. notes 7 et 8. — 12 Domaszewski, fig- 89 ; Col- / Froebner, pl. lxxii ; Cichorius, pl. xlvui. — 13 Lehuer, Bonn. Jalirb., 1908, i C’est sans doute le tarvos trigaranos des Gaulois.

SIG

SIG

La conquête de la Dacie et les guerres parthiques ne tardèrent pas à introduire dans les armées romaines une enseigne barbare qui devait y avoir une fortune surprenante. Comme la plupart des peuplades scythiques, les Daces ', les Sarmates 2 et les Par thés 3 avaient pour enseigne un dragon : on pourrait supposer que cet emblème était brodé ou peint sur un fanion ; mais les monuments* permettent d'assurer qu’il s’agit d’une étoffe qui, dans la marche, portée sur une hampe élevée, se gonflait et se déroulait au vent comme les replis d’un serpent (fig. 6434) E. Le dragon s’est probablement introduit dans l’armée

romaine en 1 73, avec un corps de Sarmates Jazyges. Soixantequinze ans plus tard, il s’était répandu partout. Au moment, en effet, où les Perses, qui avaient aussi le dragon pour étendard0, remportaient leur grande victoire sur Valérien (259), on voit Gallien, son collègue, célébrer à Rome des décennal ia où figuraient les dracones et les signa , tant ceux qui étaient conservés dans les temples que ceux des légions7. Un siècle plus lard, dans les armées de Julien, le dragon est devenu par excellence le signum militare des Romains 8; un dragon de pourpre accompagne l’empereur en campagne et dans les cérémonies publiques3. Végèce attribue des dracones à chaque cohorte, tandis que Vaquila reste l’enseigne de la légion. Us sont places avec les signa près de la porta praetoria ; les draconarii qui les portent sont mis par Végèce sur le même pied que les signiferi10, avec lesquels il semble les confondre 11 . Nous ne disposons d’aucun moyen pour contrôler ses dires, ni pour distinguer le rôle des muta signa qu’il énumère : aquilae , dracones , vexilla, flarnmdae, tuf ne , pinnae *2, en les opposant aux signa vocalia qui sont les ordres ou mots d’ordre donnés de vive voix, et les semivocalia'3, signaux pour lesquels on se servait d instruments [cornu, bucina, tuba].

Le labarum. — On connaît la légende du labarum : un soir d’octobre 312, Constantin, marchant sur Rome, !"11 Ul'r au couchant une croix lumineuse avec cette inscription : sois vainqueur par ceci. La nuit, le Christ

Fig. 0434. — Le draconarius.

lui apparut^enant l’enseigne miraculeuse et lui assura la victoire s’il l’adoptait comme drapeau. Vainqueur, 1 empereur n’eut plus d’autre bannière que le labarum , qu Eusèbe décrit en ces termes : « La lance dorée avait une barre transversale en forme de croix: en haut, à la pointe, était fixée une couronne faite de pierres magnifiques et d’or, qui contenait le symbole de l’appellation salutaire, deux caractères exprimant le nom du Christ par les premières lettres qui le constituent, le P étant coupé par leX en son milieu. A l’antenne qui traversait la lance était fixé un morceau d’étoffe: c’était un tissu de pourpre, avec des pierres précieuses, variées et magnifiques, serties dans la trame. Cette pièce d’étoffe fixée à 1 anLenne avait une largeur égale à sa longueur; la lance verticale était beaucoup plus longue dans sa partie inférieure ; en haut, sous le symbole de la croix et dans la partie supérieure de l’étoffe que j’ai décrite, elle portait 1 image en or, figurée jusqu’à la poitrine, de 1 empereur cher à Dieu ainsi que celles de ses enfants**». Comme on le voit par cette description et comme le confirment les monnaies de Constantin, le labarum n'est que le v ex ilium impérial, celui que portaient les bucellarii, troupe d’élite de sa garde à cheval13; le seul élément nouveau est le monogramme du Christ**. En 312, le monogramme, formé des deux initiales I et X, ne fut placé que sur les boucliers des vainqueurs du pont Milvius ” ; c’est seulement en 317, à l’occasion de l’élévation au rang de Césars des deux fils de Constantin, que l’étendard qui reçut leurs médaillons de part et d’autre de celui de leur père reçut aussi le Après la défaite de Licinius, en 323, l’étendard ainsi constitué devint celui de l’Empire et fut gravé comme tel sur les monnaies. On le voit ici représenté sur une monnaie de Constantin ( fig. 6435), placé entre deux soldats avec la légende GLORIA EXERCiTUS,etsur une monnaie de 326 (fig. 6436) où le serpent est transpercé par la hampe. La croix ellemême que la traverse forme avec la hampe n’a rien de chrétien : on a vu que, à l’exception de l’aigle, elle figurait sur toutes les enseignes romaines, sur les signa comme sur les vexilla. On ne peut affirmer qu'elle y eut, par ellemême, une valeur religieuse ; mais elle participait, au caractère sacré de l’ensemble. Les apologistes chrétiens ont profité de la coïncidence pour prétendre que, incon-

Fig. C435. Fig. 6436.

Le labarum.

J,A-T’ JMt' 35’ 34:Suidas* *• "IM* =«»•«*- ST4»|1«™ p«f?| ««.<

’ ‘ ' ‘ 'a> V*»v tfxMTai. Pour les IndioDs, Suid. p. 119. Un Scythe

J'i un vcïdleaf, anges dans kondakofl-Reinach.AnC de la Russie mérid., fig. 2;

d .o uune T'ajancdchnrius, pl. xvu, x.x, xxin, xxix, xi.t, t.v, i.vn, lvm. Basiliq p, , Remacb- RéP- *5 Bas-reliefs, I, 281. - 3 Colonne Automne, Pelcrso

jesKa,!'„“’l'"XI; A ot l;*VA- Dan. «es trophées, on voit probablement des euseig,, vali r- "'Ü' ' .aZrees {tU1’ binons en 175, durent fournirun conlingeutde 8000 1

pa.uu.iue de COn^'- «• qui « à la gue,

|(5o> ,„|es. | . ’’ 0,1 vo‘l ,cs ^rao0ns des Parlhcs être encore en Grèce l’objet

wr rom,.»-*,*8™" dC 'ira"°"s vivants P°r**s sur do grandes php.es, puis lâcli Une ■ 'UC1.en’ l|ui sait 1ne c est une enseigne, ajoute qu'il croit qu’il y e.

Daces -n /. T" 0 l0°° llomr"cs- 11 est donc probable que ce n’est pas par ] que le dracT '! C°'"’S d° gUerre’ mais Par lcs Jaryges, à partir de t:

es Lombards^ ',"lré d'"’S '’armé® romaine’ Rcncl- °P- cit ■ P- 210, a rappelé q pour la sern ’ .qu' 0ul part,c'Pé aux 'arasions Jazyges, paraissent avoir eu un cul Saule, „ 7, Con,me les Prussiens et les Lithuaniens. - S Petersen. Marcx - «< C’est é , ’ ■ Sq' LXV’ et Ciehorius, Traj.-Saùle, XVII, XIX, XXIX, LV ‘•appiocliei- |L (|UI SPmill° résulter ainsi de la description d’Arrien, L. c. dont il fa Claudia,, ,„S rrSef d'aUt''eS auteul'S’ Amm’ Marc' XVI' *°! Ne'"es. Cynea. 2

vin ' 111 Cons rjonor' l38; Sid- A|>o1’ Carm ■ v 40

Ureg. Naz. Oral in Julian. I, p. 287 ; Suid. L. c. et s. v. et pl,,,,!,.

— 7 Persici dracones, ffist. Auy. Aurel. 28, 3; Codin. De offic. VU, p. 83 C. Uu draco sur l’arc de Septime Sévère (Rcinach, Rip. des reliefs, 1, p. 263) ; dracones perses sur l’arc de Salonique (ihid. 392). — » Gallieni duo, 8, 6. Rien que la lettre d'Aurélien sur le sac de Palmyrc de 273 (Aurel. 31, 7) soit d'autheulicité douteuse, il est à noter qu’elle parle des méfaits d'un nquilifer de la legio III cum vexilliferis et draconario. Domaszewski, Jthexn. Mus. 1902, 511, prétend, à tort, je crois, que les dracones étaient encore à celle épnquç des enseignes barbares. Cf. A. Muller, Philologue, 1905,609. C’est au iv's. que se rapportent les deux draconarii qui nous sont connus par l’épigraphie: Ranlio draconarius (Orclli-Uenzen, 6812 ; Eph. ep. IV, 949) et Fl. Jovianus, ex numéro octaxo Dalmatorum, qui a rang de biax-chus (Ann. épigr., n. 1 05). — 9 Zosim. III, 19, 1; Amm. Marc. XX, 4, 18. Cf. Prudent. Cathem. V, 55, Nemosian. Cyn. 84.

— 10 Amm. Marc. XVI, 10, 7; 12, 39 ; Claud. Cons. Hon. III, 138; IV, 545 ; III, 560. — Il Veg. Il, 13; I, 23, I, 20; ils auraient porté les uns et les autres la liasta. — 12 Veg. Il, 7, signiferi qui siijna pox-tant, quos nunc draconarios vocant. Dans les gloses, Corp. Gloss. Il, 280, 42: Xçax.vtooôço;, draconarius. — 13 Veg. "b 5- — ** Ells<>1)- Vita Const. 1, 28-31. Voir les textes dans l’art. Labarum du Dictionary of Christian antiq. — 16 Eus. Vita Const. II, 7 et 8. — 16 Voir l'arl. Monogramm Christi dans Y Encyclopédie de llauck. — n Lact. Dexnort. Pers. 44.

SIG

SIG

sciemment, les soldats romains, bien avant l’adoption du labarum, marchaient sous l’enseigne de la croix. Le nom donné à ce vex ilium surmonté du chrisme, nom qu’on connaît sous les formes / abourum , laborum, labavum , reste mystérieux. Des diverses étymologies proposées, les meilleures sont probablement celles qui nous reportent vers l'Espagne ou la Gaule1; il faut se rappeler que c'est de ces contrées que venaient les légions qui virent, les premières, le chrisme ajouté à l'enseigne impériale. Dans l'histoire de la propagation du labarum , que la numismatique permet de reconstituer - (v. aussi fig. 1.102 et 3027), on voit que cet étendard ne fut d abord, en effet, que celui de l’empereur, alternant avec les anciennes enseignes conservées des corps de troupes ; celles-ci ne l’adoptèrent que très lentement; sous lhéodose encore l’étendard simple se rencontre aussi souvent que le labarum ; la croix ne triomphe qu’avec Valentinien III . c'est la fin de l’histoire de Home et de ses enseignes.

/{ôte des enseignes et des porte-enseignes. — On a vu que, sous la République comme sous l’Empire, bien des incertitudes subsistent quant à la répartition exacte des enseignes. Mais ce qui ne laisse aucun doute, dans ces deux périodes de l’histoire de Home, c’est 1 importance des enseignes dans l’armée romaine. Elles ont une si grande place dans toute la tactique de la légion qu’on voit le terme de signa prendre, dans les derniers temps de l’Empire, le sens d'actions militaires par opposition aux plans, consilia 3. Comme, dans la bataille, chaque porteenseigne reste sur le front de l’unité a laquelle il appartient \ tandis que l’aigle va se placer derrière la lre cohorte et que les porte-fanions suivent 1 état-majoi auquel ils sont attachés, on comprend que tout le vocabulaire spécial de l’armée romaine se soit développé par rapport aux enseignes. Une liste de ces termes techniques permettra de se rendre compte rapidement de ce rôle prépondérant des enseignes :

Signa conferre 8 = Se mettre en bataille, s’ordonner, se former. Signa confundere 8 = Mettre le désordre dans le rang.

Signa constituerez ou consisterez = Faire halte.

Signa couver tere 9 = Faire deiui-tour.

Signa e /ferre >» ou proferre ' 1 = Opérer un mouvement en avant, une

charge ou une sortie.

f Mmuc. Félix, 29, el Tertullien, A)iol. 16, nomment parmi les enseignes romaines les cantabra-, le nom de cantabrarii est donné dans le Code Théodosien, XIV, 7, 11, au corps qui, dans les cérémonies, a le privilège de porler le pavillon impérial. Dans ces trois lexles, on a proposé de voir ou une corruption de labara ou une forme parallèle qui indiquerait que le mot est d origine ibérique. M. A. B. Cook a rapproché le labarum de la labrys crétoise (Oxford Congress, t. Il, p. 193).— 2 Les données qu’on trouve dans Rend, Op. cit. p. 273, doivent être' corrigées d’après J. Maurice, Numismatique Constantinienne, t. 1 (1908); Bull. Soc°. Ant. 1903 et 1904; Compt. rend. Ac. Jnscr. 1909. 11 faut remarquer que sur les enseigues de l'arc de Constantin on voit seulement le dragon, Hercule, la Victoire - 3 Büclielcr. Ithein. Mus. 1908, 323. - 4 Cacs. II. gatl. VI, 34, 4 : continere ad signa manipulas, ut instituta ratio et consuetudo exercitus Bornant postulabat ; B. afr. 73,1; Veg. Il, 13. — 3 Liv. U, 50, 2; 04, 5 ; V, 19, 7 ü Liv. XXX, 34, 10, signis collatis in unum locum désigne au contraire

le rassemblement confus des enseignes; Caes. B. civ, 1, 71. 3 -, B. gatl. Il, 25, 1.

- 7 Caes. B. gatl. VII, 47, I; Liv. XXII, 30, 2; XXXI, 30, 8; XXXIV, ,20, 5; Tac. Hist. IV, 34. — 8 Caes. B. civ. I, 79, 4; Liv. XXVIII, 10, 5.-9 Caes. B gatl I «S 0 ■ II, 20, 1 ; B. afr. 17, 2 ; Liv. II, 14, 7 ; 111, 54, 10 ; XXXI, 27, 7 ; XXXIV” 28, 10. - m Liv. XXII, 42, 8; XXIV, 40, 7; XXVII, 2, 5; XXIX, 21’ 5 . XXX, 5, 3; XXXIV, 40, 9; XL, 28, 2. — U Liv. IV, 9, 13; 32, 10; IX, 43,’ 8 ; XXII,’ 42, 3 ; XXXVII, 39, 5. — <2 Liv. XXV, 13, 11. — 13 Tac. Hist. I, 31.

- H Caes. B. gatl. I, 39, 7; VI, 37, 6; Liv. V, 43, 2; X, 51 ; XXVII, 47, 10 ; XXV11I 10, 1 ; Tac. Hist. II, 00; Front. Strat. II, 8, 8. — 13 Liv. XXV11I, 1, 9.

- 16 Liv.’ VI j 8; 1; VIII, 39, 2; IX, 23, 15; XXXV, 5, 12: XLI, 4, 1 ; Caes. B. gatl, II. 25, 2 ; Front. Strat. Il, 1, 9. — '7 Liv. XXII, 38, 6; XXV, 9, 1 ; XXXVI, 19, 8 ; Suet. Claud. 13. - 18 Tac. Ann. Il, 17. — 19 Liv. VIII, 38, 10 ; X, 40 12 •’xXXVlL 38 , 9. — 20 Liv. XXII, 42, 10 ; XXV, 25,2; XI.II, 59. —21 Liv. VIU,

3g* io.’ 82 Caes. B. civ. I, 71, 3. - 23 Liv. III. 27, 8, XXIII, 35, 0 ; XXX, 35, 6 ;

Tac. Ann. II, 45. — *4 Caes. B. Alex. 57, 1 ; Liv. XXII, C, 10; XXVIII, 2, 15.

Signa expedire 12 uu parure 1,1 — Se préparer au combat.

Signa ferre *4 = Avancer, marcher.

Signa ad laevam ferre 15 = Marcher vers la gauche.

Signa inferre '« = Marcher à l’ennemi, en venir aux mains.

Signa niovere u — Quitter la position, lever le camp.

Signa o'àcere 18 = Opérer une contre-attaque.

Signa promovere 19 = So porter on avant.

Signa referre 20 - Se replier.

Signa rétro recipere» = Battre en retraite, reporter en arrière la ligne de bataille.

Signa servare 22 ou sequiw = Rester dans le rang, rester ferme it son poste.

Signa tollere » ou convellere 25 = Se mettre en marche.

Signa trans ferre 26 = Évoluer (parfois : déserter).

Signa lurhare n = Mettre le désordre dans le rang.

Ad signa recipere 28 = Se reformer.

Ad signa continere™ = Conserver sa formation.

Ad signa deducere 30 = Enrôler.

Ad signa vocare *1 = Appeler aux armes.

Ab signis discedere 32 ou procedere 33 = S’avancer en ordre dispersé, Sub signis ducere 34 = Marcher en ordre de bataille, enseignes déployées.

Ante signa e guitare 33 = Passer en revue.

Ce vocabulaire militaire suffit à faire voir à quel point toute la tactique de la légion dépendait des enseignes. Aussi importait-il que les ordres pussent être communiqués aux porte-enseignes, là même où la voix du commandant ne pouvait se faire entendre. C est à ce besoin que répondaient les sonneries des eornicines n. Equipés comme eux 31 [cornu, fig. 1953], les cornicines marchent à côté des porte-enseignes 3,1 dans la colonne 3\ On ne sait quelle place ils occupaient dans la bataille : pour leur permettre de transmettre efficacement les ordres, il semble qu’ils devaient se diviser, les uns allant se mettre à la disposition du commandant en chef et des commandants des légions, les aulres

restant auprès des signa 40.

Des porte-enseignes de la légion, Yaquilifer, institué par Marius41, est naturellement le plus considéré. Il est enrégimenté à la 1" cohorte, dans, la centurie du primus pi/us 42, derrière laquelle il se tient dans la bataille ,J, en marche, il s'avance en tète de la légion, derrière 1 étatmajor 4t ; il a été signifer* ou discens aquiliferum avant de recevoir l’aigle ; il peut être nommé centurion ’. il tmiphp une solde annuelle de 2250 deniers ; il a 1 arnn -

-25 Cicor. Dediv. I, 77; Liv. V, 37, 4; XXII, 3, Il ; XXV, 21, I ; Suet. Cto«L » ; Tac Ann l 20. — 26 Caes. fi. civ. 1, G0, 4; Tac. Hist. IV, IG.

39, 4; XXIV, 10, 2. - 28 Caes. B. gatl. V, 34, 4; B. civ I, 43, 5 Sua «» «oacere parait pris dans le même sens. Liv. XXII, 5 3. - « Caes. ILgaUNU », ■ 30 Luc. Pbars. V, 349 ; Juv. V, 109. - 31 Luc. Phars. 1, 290. — - Caesr . J V 16. t ; B. civ. I, 44, 4 ; Front. I, 5, 3. — 33 Cacs. B. Afr. 15, . ’

Allie. XVI, S, 2. -33 Liv. VI, 7, 1. - 38 Vegel. 11,22: cormemes quoi, ’ canunt , signa ad eorum obtempérant nutum. Cf. Domaszewski, «Ane m P- ’ Gagnai, Année rom. d’ Afrique, p. 470 et KH o, 1907, 183 - «CaL Froelincr, pl. xxxn, i.xxxm ; éd. Cicl.orms, pi. v, xl, lxi. 09 ' ' ■ on

1 ; cf. III, 0, 2. - 38 C’est ainsi que j'expliquera.s le chiffre de 36 e ^ trouve dans la légion campée à Lambèse, Corp. inscr lai. \ U ^

Loc. cit. : un pour chacun des 30 manipules, 6 pour 1 clal-major. ! n faut

ci ne restent pas à leur place réglementaire et se rassemblent, sigmsco ^ ^ }

que l'armée soit profondément démoralisée, Caes. B. gatl. Il, - , , - lpair0

Dans Frontin. Strat. IV, 7, 33, signis collatis urgere parai se d.reau ^ ^

d’un mouvement enveloppant. Parfois aussi, quand I arm e Caes. /f. -I/' -

lignes allongées dos à dos, les signa sc trouvent entre les deux 1 gn , w 17 i. — 41 Votscli, Marius ats Beformator des Hecrwesens Sut.

B. civ. III, 64; Val. Max. 1, 0, Il ; Tac. Hist. III, »! «»• ^ Wesld.

XIV, 197 ; Veget. H, 8; Corp. inscr. latAU, ,7591, 14995, 15 . ^ .y II, 6.

Zextscbr. XI, 204. - 43 Caes. B. cm. III, 04; lac. Hist , , 8’et les reliefs,

44 Jos B.Jnd. 111,6, 2; V, 2,1; Arrian. Exped. m AL , 5882.

Froelincr, Col. Traj. pl. XXXV, LXXIL - 43 Corp. ^

46 Corp. inur. lut. VIII. 2568, 2790, 2988. CL Cagnat Armée d’Atrioue p. 122. - 41 Corp. inscr. lut. XII, 2234; XIII, OOvG, 695-. ^

aigles semblent avoir tenu à honneur de remplir leur charge jusq leur service, comme on peut l’inférer du nombre des vétéran, ex s, g , trouve aux indices des t. 111 et VIII du Corpus.

SIG

SIG

t complet du légionnaire1, mais, sur la colonne Tnjane, il ne porte ni lorica, ni cingulutn.

les imaginiferi, ou imaginarii gui imperatoris imagines ferunt , viennent immédiatement, dans l’ordre officiel du temps de Végèce, après les optiones, avant les aquiliferi ï- Comme ces derniers, ils prennent rang ,mj [es soldats de la lre cohorte. Au-dessous des optiones viennent les signiferi transformés en draconarii au milieu du ivB siècle. Le signifcr a commencé par être discens signi/'erum.

I /équipement du signifcr ne paraît pas avoir différé, soit qu’il appartint aux cohortes d'une légion ou à celles des prétoriens ou des auxiliaires. Mais il semble avoir éié uniformément modifié au début du 11e siècle. Tandis que les stèles rhénanes montrent jusque-là le signifcr 3 armé de toutes pièces comme l’ aquilifer, la colonne Traita* et les monuments postérieurs attestent qu’on lui a ôté, ainsi qu’à Yaquilifcr , la cuirasse de métal, le casque, le bouclier, le cingulum et le poignard, qui ne pouvaient que l’encombrer (lig. 6432); il garde seulement le justaucorps de cuir, oit le baudrier retient l’épée sur le liane droit ; tandis que Yaquilifcr porte sur son justaucorps un manteau de laine, le signifcr est coiffé d’une peau de bêle qui lui descend sur les épaules (lig. 6415) 5- Comme l' aquilifer , le signifcr est compté au nombre dessous-officiers ( principales ): le commandement de détachements importants lui est parfois confié 6. Mais sa fonction ordinaire en temps de paix était le soin de la caisse d’épargne des légionnaires placée sous la protection des signa. Aussi exigeait-on du porte-enseigne qu’il sût lire et écrire 7, et l’on pouvait être nommé à ce grade après avoir été beneficiarius d’un tribun de cohorte auxiliaire ou optio ou lesserarius ; on passait souvent par un apprentissage spécial8. Les élèves porte-enseignes, comme l’élève porte-aigle, apprenaient probablement surtout les règles de la comptabilité

et le signifcr , s’il peut devenir aquilifer ou centurion, reste de préférence dans la trésorerie comme fis ci curator1 , tandis que le porte-aigle devient curator veteranorum.

Les porte-enseignes, qui peuvent recevoir des ordres directement du général10 ou de-son legalus 11 ou du tribun ,2, sont placés hiérarchiquement sous ceux du centurion 13 qui est responsable de l’enseigne et puni pour sa perle14. Le priinipile a la garde de l’aigle auquel le sort de la légion est comme lié13. Toute légion qui a perdu son aigle est supprimée16 : on sait que ce fut le cas des trois légions de Varus (XVII, XVIII, XIX)11. L’anxiété des Romains ne fut pas apaisée avant que leurs aigles eussent été retrouvées par Germanicus18 ; de même le retour des aigles perdues par Crassus et par Antoine chez les Parthes fut l’un des succès dont on sut le plus de gré à Auguste19. Ce prince eut aussi le bonheur de reconquérir des enseignes prises à C. Anlonius par les Bastarnes, d'autres enlevées par Mithridate20 et par les peuples de l’Espagne, de la Gaule et de la Dalmalie21. On voitencore Pyrrhus enlevant onze enseignes àAsculum et Persée cinq à Phalanna22 ; Hannibal, outre celles qu’il conquit dans ses trois grandes victoires, en prenant (en 209) deux aune légion, quatre à Yala des -alliés23; les Ligures enlevant, en 186, trois signa à la 11e légion et onze vexilla aux alliés latins21; les Gaulois en capturant plusieurs fois en Italie 23 et les Nerviens en prenant une à la XIIe légion26. César en perdit encore trentedeux à Dyrhachium21, et Antoine deux aigles et soixante signa à Forum Galloruin 28. Enfin, lorsque Corn. Fuscus périt en Dacie (86), dans le plus grand désastre que Rome eût subi depuis celui de Varus, l’aigle devint le trophée des Daces, à qui Trajan le reprit vingt ans plus tard29.

La religion du drapeau était si développée chez les Romains qu’il suffisait de le jeter dans les lignes ennemies pour que les soldats, dans leur effort désespéré pour le reprendre, rétablissent le combat ; car il y avait

1 Veget. Il, 16 :1e porte-aigle diffère par les loricae minores et les casijues en peau donrs. Sur la stèle de Domaszewski, fig. 3, il est nu-tête, mais porte la cuirasse et le ceinturon (lig. 6426). De même, Y aquilifer de la IV Flavia cf. Atti Acc. di Torino, 1884. — 2 Veget. II, 7. On connaît maintenant un imaginifer dans l’armée d Afrique, Besnier, Bull, du Comité , 1 906, 1 33. — 3 Domaszewski, fig. 12, 86. — 4 Ibid. fig. 13, 14, 19, 58. Comme le signifer coh. V. Asturum de la fig. 86 porte en même temps que la peau de bête, cingulum , lorica hamata et pugio (fig. 6432), on doit se demander si la différence ne provient pas seulement de ce que, sur leurs stèles, les signiferi se faisaient représenter avec toutes leurs armes, cclles-mêmes qu’ils ne portaient pas en campagne. Ils paraissent avoir reçu plus tard la hasla, qu’ils portaient dans la main gauche selon Veget. 1, 20. Le signifer sesquiplicarius numeri Divitensium (Deutz, Corp. i. tat. III, 7415; cf. Kalinka, Denkmûler Bulgariens, 4"3) a le corps caché par le bouclier et une hampe (de lance ?) dans la droite. Des signiferi paraissent porter la lance sur des monnaies, cf. Babelon, Monn. de ta République, I, 221. — G On reconnaît la peau sur la colonne de Marc-Aurèle, Reinach, Bép. des reliefs , I, 296, n. 7. On sait que le calerus était en peau de *0llP : ^ egèce, *1 1 , 16, montre les ga/eas du signifer ad terrorem hostium ursinis pcllibus teclas. Une stèle d’un signifer de la leg. XI sous Claude (Hofman, Milihu grabsteine, fig. 10) montre que Furtwacngler a prétendu à tort que les signiferi “ont commencé à porter des peaux qu’à l’époque flavienne ( Abhandl . d. Münch. Ak'id. XXII, 3, 479). — g Ainsi, 2 signiferi de la leg. I V Scijthica commandent chacun 2 vexilla de celte légion détachée aux carrières d’Esnch en Cyrrhcstique, Coip. inscr. lat. III, 14396 B; Cumont, Bull. Acad. Belg. 1907, 562. Lorsqu’il n’y a 'lutin rexillum (ou vexillatio) détaché, il est commandé par le vexillarius dont *a P°siti°ii semble avoir été la même que celle du signifer. — 7 Veg. Il, 20.

^oir le tableau de Cauer, Eph. Ep. IV, 479, reproduit dans Marquardl, Op. cit. L G et Domaszewski, Die Bangordnung des rom. Heeres , dans Donner Jahrbû- C"/, I DOS . —9 p. ex. Eph. Ep. IV, p. 421. Pour les descentes signiferum , Gagnai, nHl e ^ Afrique, p. 220. Ailleurs, le signifer se trouve nommé curator maeelli n optto navaliorum. On connaît une schola vexillariorum à Brixia, Corp. inscr.

’ Les vexilla prennent un tel développement au ni0 s. qu’il existe alors 1 jnunus dit vcxillis regendis qui paraît donner accès au sénat ( Vit. Pert. Il, 4). - Hiv. VI, 8, 1 ; Val. Max. 111,2, 19. — H Liv. XXVI, 6, I. — 12 Liv. XXVII, 14, 'j ,1, 8' *• — 13 Liv. V, 55, 1 -, XXV, 14, 7; XXVI, 5, 4; Val. Max. I, 5, I . — H La J '*cs enseignes pouvait être punie de la peine capitale, Liv. Il, 59; XX VII, 13, 7. poilc-drapeau tombe sous le coup de Y exsecratio, quand l’enseigne qu’il a juré

de défendre reste aux mains deseuuemis, Liv. XXV, 14. — l»Tac. I/isl. III, 22; Val. Max. I, 6, 11. Veg. Il, 8; Corp. inscr. lat. VIII, 2634. — 16 Voir Domaszweski, Arch. ep. Mitt. XV, p. 18'L Il y a des exceptions sous l’Empire comme celle de la XXI Rapax qu’ou retrouve, bien qu’elle ait perdu son aigle àBédriac, Tac. Hist. II, 43. Pour une légion révol tée, on emploie aussi la formule : signa submittere piomenque abolere , Front. IV, 1, 43. — 17 Deux de leurs aigles tombèrent aux mains des Bructères (Tac. Ann. l,60)etdes Marses (Ibid. 25). On asupposé que la troisième avait élélaproiedes Chattes, mais, selon Florus, II, 30, son porteur aurait eu le temps de la cacher dans son baudrier et de la jeter dans un marais. Cf. Gardlhauscn, Augustus, II, 3, p. 799. Brulius enterre son aigle à Trasimène d'après Sil. liai. VI, 500. — 16 On sait par Tac. Ann. II, 41, et Corp. inscr. lat. VI, 906 que, lorsque les aigles curent été rapportées par Germanicus en 1 7, on éleva un arc de triomphe propter aedem Salurni ob recepta signa (cf. Thédenal, Le Forum, 3° éd. p. 157). Le sénat fit aussi frapper des monnaies signis receptis, Cohen. Monn. imp. I, p. 138, 5. On rapporte encore à cet évènement l’aigle présenté à un jeune imperalor sur l’épée trouvée près de Mayence, [gi.adius, fig. 1936]. — 13 X/onum. Ancyran. éd. Mommsen, p. 124; Vell. Il, 91 ; Oros. VI, 21,29 ;Ovid. Trist. Il, 228; Suet. Tiber. 9 ; Aug. 21 ; Liv. Per. 141. Seuls ces deux derniers textes mentionnent le retour simultané des enseignes de Marc-Antoine, qui avait réclamé en vain de Phraatèsles aigles de Crassus (Dio, XLIX, 37), mais avait obtenu en 35 d’Artavasde de Médieles aigles perdues en 36 par Oppius Stalianus (Dio, XLIX, 44). Les signa furent placés, dit Augusle, in penetrali quod est tn templo Alartis Ultoris (cf. Thédenat, Le Forum 3, p. t82). Les monnaies frappées alors (Cohen, I2, p. 70) ont été discutées par Borghesi, Œuvres, il, 96, et Bahrfcld, Wien. Num. Zeitsch. 1886, p. 4. Cet épisode est représenté sur la cuirasse de la slatucde l’Auguste de Prima Porta. — 20 Celles des Badarnes ont été reprises par Crassus en 730-1, Dio, XXXV1IL 10 ; LI, 36. Celles qu’Agrippa a rapportées du Bosphore Cimmérien en 737-8 y avaient été probablement envoyées par Mithridale, Oros. VI, 21, 28. — 21 Monum. Ancyr. p. 124. — 22 Oros. IV, 1 ; Liv. XLII, 66, il.

— 23 Liv. XXVII, 12, 17. En 301, enseigues prises par les Etrusques, Liv. X, 3-4.

— 24 Liv. XXX1X,20, 7.- 25 Liv. XXI, 25. — 26 Caes. D. gatl. 11, 25, i. — 27 Cacs. B. civ. III ,67, 3 ; 71, 2. — 28Cic. Ad fam. X, 30, 5. De Front. Strat. 5, 3, on peut conclure que Sparlacus avait pris 5 aigles et 26 signa. — 29 Jordan. Gel. XIII, 77-8; Sud. Dom. 6; Dio, LXVIII, 9. Froelmer, Col. Traj. pl. xxxn, suppose que le porlccuseignc représenté auprès de l’empereur avec uuc hampe où l’aigle manque est celui de la légion qui avait perdu le sien en 86. Ce serait la leg. V\ Alauda d'après B. Filow, Die Leg. Moesiens, 1906, 34.

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sacrilège à l'abandonner1. C'est un exploit que les historiens latins ont souvent prêté à leurs héros: à Servius Tullius contre les Sabins3, à Furius Agrippa contre les Èques en 444 3, àQuinetius Capitolinus contre les Falisques en 4v29l, à Camille contre les Volsques en 3826, à Postumus au lac Régille6, à Valerius Flaccus à Capoue7, aux chefs des cohortes péligniennes à Pydna et à Capoue8. Au siège de Capoue encore, le légat Atilius 3, comme Sylla à Orchomène10, saisit le drapeau pour entraîner les soldats; César, en Afrique", ramène de sa main, et le dictateur Servilius Priscus n’hésite pasàtuer12 un porte-enseigne qui lâchait pied. Planter l’enseigne sur les murs d'une ville assiégée11, c’est la livrer en quelque sorte aux dieux de la légion ; les colonies militaires arrivent, enseignes déployées, au lieu où leurs dieux doivent s’établir avec elles.

Culte des enseignes. — Quand on parle de la religion du drapeau chez les Romains, il faut prendre cette expression dans son sens propre. Les signa sont les dieux des légions. Tacite, dit M. Renel ", appelle les aigles les véritables divinités des légions1 LDenys d’Halicarnasse insiste sur le culte rendu aux signa , que les Romains considéraient comme sacrés au même titre queles statues des dieux 16 ; Josèphe 17 se sertdu terme -i. leoà pour désigner l’aigle et les enseignes; enfin Tertullien 18 déclare que le culte des signa constitue en quelque sorte toute la religion de l’armée et qu’on leur donne le pas sur tous les autres dieux; religio Rornanorum Iota castrcnsis signa veneratur , signa jurât , signa omnibus diis praeponit. Si les enseignes sont l’objet d’un pareil culte, c’est que les unes consistent, essentiellement, en une lance en chêne, la quiris , symbole et incarnation du dieu de la guerre, et que les autres n’ont été à l'origine, à Rome comme en Orient, que le support des animaux sacrés de la tribu13; elle marche en guerre sous leur protection et les tourne vers l’ennemi qu’ils frappent, signis infestis. Si l’aigle est resté le seul témoin de cette phase zôolatrique, on sait que, jusqu’à Marius, il avait pour compagnons le loup, le cheval, le sanglier et le minolaure. L’enseigne ellemême hérita bientôt de toute la sainteté qui résidait d’abord dans l'animal qu elle supportait ou dans la hampe de chêne qui en restait l’armature. La plupart des éléments qui s’y ajoutèrent participaient, d’ailleurs, à ce caractère religieux : la pourpre du vexillum , le chêne ou le laurier des couronnes, les bandelettes gar-

l Ovid. i'ast. 111, (signa) quae magnum perdere crimen eral ; Plut. Aem. 20: où 6tj*ttôv où5’o?tov. Lue véritable interdictio est prononcée contre les cohortes qui ont perdu leurs signa en 301, Liv. X, 4. — 2 Fronlin. Strat. Il, 8, 1.

— 3 Front. II, 8, !?; Liv. IV, 29. — 4 Front. II, 8, 3. — 5 Front. II, 8, 5; Liv. VI, 8, 2. — 6 F'orus, I, 5, II.— 7 Val. Max. III, 2, 20. — 8 Plul. Aem. 20 ; Front. Il, 8 ; Liv. XLIV, 41. — 9 Liv. XXVI, 6, 1 et XXVII, 14 : le tribun Flavus, signo arrepto primi hastati , manipulum ejus signi se sequi jubet , Liv. XXXIV, 46; XLI, 4; Front. IV, 5,3. — 10 Plut. Syll. 21.— U Val. Max. III, 2, 19. —12 Front. 11,8, 8; Liv. IV, 4G. — 13 Joseph. Dell. Jud. VI, 403; Amm. Marc. XXV', 9. Pour les colonies militaires, cf. Plut. C. Gr. 11. — 14 Ch. Renel, Les Enseignes, p. 23.

— 15 Tac. Ann. II, 17 ; cf. I. 39; XV, 24; Hist. 111, 10. — 16 Dion. Halic. VI, 45. — 17 Jos. B. Jud. III, 6, 2. — 18 Terlul. Apul. III, 6, 2. Voir déjà Minuc. Félix, Apol. 29, 7 : signa ipsa et cantabra et vexilla castrorum adoratis. — 1J Sur les cinq enseignes primitives des Romains comme dieux totémiques, voir Renel, Op. cil. cliap. 11. Pour leur oiigine, son étude l'amcne à l'hypothèse suivante : le loup est l'enseigne de la tribu romaine proprement dite, l'aigle est sabin ou étrusque, le sanglier est sabellicn, le cheval représente sans doute l’adjonction très ancienne de clans albains, le minolaure celle des Campauiens au iv® siècle. Cf. la critique des idées de Renel par Poulain. Et. de religion et d’histoire , 1909, 50 et par A. Van Gcunep, lie liy ions , mœurs et légendes, 1910. — 20 Je crois avec E. Maass, Die Tagesgôtter , 1902, p. 26, que Domaszewski a exagéré la part des conventions zodiacales. — 21 Corp. inscr. lat. V ! I, 1031 : Genio et signis ; VII, 1030: Genio domini

nies de feuilles de lierre, avaient, de toute antiquiir une valeur rituelle ; l’influence des religions de la <;,,, et de l’Orient se fait sentir avec le globe et le croissani ' les Vicloires ailées et les têtes radiées. Parmi ces lèt(.s’ le culte impérial, important surtout dans l’armée n<! larda pas à faire dominer celles des empereurs, les gines , qui formèrent une nouvelle catégorie d’enseignt.s sacrées. Enfin, sous la double action de l’Orient et des barbares, chaque légion se choisit un symbole particulier qui participe à la fois de l’astrolâtrie et delà zôolàtrie 20 Toutes les phases qu’a traversées la religion romaine ont donc marqué leur action sur les enseignes qui sont, pour le légionnaire, comme un abrégé portatif du monde divin Aussi, dans chaque unité militaire, élève-t-on desautels aux enseignes de cette unité : une cohorte rendaitcet hommage au Génie et aux Enseignes de la cohorte31; une légion Dis militaribus : Genio, Virtuti, Aquilae Sanctae Signisque legionis 23. C’est devant elles, opud signai qu’on juraitles traités. Sous la République, on devaitramener, après chaque campagne, les enseignes dans Yaerarium du sanctuaire de Saturne et d’Ops, où les questeurs allaient prendre et porter cette partie mobile du trésor public24; elles étaient sous la garde des questeurs. A parLir de la consécration du temple de Mars Ultor par Auguste, c’est ce sanctuaire qui reçut les enseignes des triomphateurs. Sous l’Empire, les temples de Rome continuèrent à recevoir des signa 25 ; mais il fallut que, dans chaque camp, dressé suivant les règles religieuses du templum , les enseignes eussent leur chapelle, refuge inviolable, où étaient aussi adorées les imagines des empereurs. Quand on campait, c’était les enseignes qu’on plaçait d’abord26; si elles se montraient satisfaites de l’emplacement choisi, on leur élevait une chapelle, probablement au milieu du prétoire, entre le tribunal et Yara , l’autel de gazon sur lequel s’ouvrait la lente augurale du général21. A Lambèse, la chapelle des enseignes s’élève au milieu du portique qui forme le fond de la seconde cour du praetorium (n. -4 sur. la fig. 5491). C’est la disposition adoptée dans la plupart des camps romains de l’Occident; généralement la chapelle est à abside et repose sur une crypte voûtée destinée à abriter l’épargne des soldats. Autant pour veiller sur ce dépôt que pour honorer les enseignes, un poste était placé devant la chapelle28. On ne sait trop si l’aigle légionnaire était adorée an milieu des enseignes des cohortes ou dans un édicule spécial/3: le meilleur argument contre la dis-

nostri et signorum cohortis (cohortes germaniques du temps do Gordien'. — 22 toijn inscr. lat. III, 622ict7591 (224ap. J.-C), Il llalica. — 23 Liv. XXVI, 48 ;Tac. An». XV, 16. — 24 Liv. III, 69 ; IV, 22; VII, 23. Ce sont apparemment des enseignes prises sur les ennemis que celles qui garnissent le péristyle du temple de Jupiter Capitol in 1 1 que le censeur Lépidus enlève eu 178, Liv. XL, 51. — 2o Dio, LV, 10» 1

d’autres temples aussi devaient les recevoir d’après Treb. f’oll. Gall. 8. 20 ^ 1

11, 10. Lorsqu’une garnison romaine occupe une ville conquise, c’csl a la cilailelb que sont placés les signa, Sali. Jug. 67. — 27 Liv. XXII, 29-30; lac. I, 3.)» ^ ' Ann. XV, 30: Hist. I, 36; Suct. Tib. 48 ; Stat. Theb. X, 176. Joseph. B. Jud.

5, 2 ; VI, 6, I ; Dio, XL, 18; Herodian. IV, 4, 5; CIL, III, 3526. Séjan ne peut obliger les légions de Syrie à mettre son imaginem inter signa (Suel. Tib. 48). Jolia l'1""111 est une des rares impératrices qui l'obtiennent (cf. Williams, Am. J. Arch. I - 262). D’après Pline, loc. cit., au u® s. av. noire ère, il devait déjà existe» «I " camp un lieu sacré où on laissait les quatre enseignes animales qu’on u enipoi lait I au combat. — 28 Une liste des chapelles d’époque impériale est donnée par M. ("V Les deux camps de Lambèse (Mém. de l' Acad. d. Inscr. 1908), p. 32. A U p. étudie la place de la salle de rapport ménagée contra aquilam (Hyg. De mun-

29 Renel, Op. cit. p. 287, a combattu celte distinction soutenue ici parM. u|-|'

legio, p. 1006. 11 est certain qu’on ne voit que l’aigle au milieu d un lenipl' ^ style sur certaines monnaies d’Auguste et sur l’épée dite de Tibère, [legio, II- ^ Mais c’est qu’elle y fait surtout allusion aux aquilae receptae. A Carnunlum on ^ (fig. 4411) un taureau dans une édicule de la leg. X Gemina\ cf. Arch.ep. Mdt. ■

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ii notion de ces deux chapelles peut se tirer des textes (|Uj parlent du temple du camp 1 comme d’un endroit bien connu, surtout dupassageoii Tacite montre le chef d'une députation, menacé par les soldats, se réfugiant auprès des enseignes et de l’aigle qu’il tient embrassées, pendant que Xaquilifer s’oppose aux violences de ses camarades2. A partir du 111e siècle, le culte de Mars s’introduisit dans la chapelle des enseignes et le Genius castrorum y eut sa place depuis Dioclétien3.

On a vu que les porte-enseignes, formés en collège dont le chef était qualifié d 'optio signiferorum \ gardaient et administraient le pécule des légionnaires dans Xaerarium qui, au camp comme à Rome, se trouvaiL sous la protection des enseignes 3. Lorsque les soldats recevaient une gratification extraordinaire après un succès, ils devaient, pour associer la divinité des enseignes à leur récompense, en déposer la moitié dans la caisse que chaque cohorte possédait au pied de l’aigle6 ; chez les prétoriens, les libéralités impériales allaient accroître ces deposita ad signa’. Aux jours de fêtes, ce sont les signifèresqui enduisent les enseignes de parfums8 ; ce sont eux aussi quiofficient quand les rois barbares viennentadorer les signa 9. L’anniversaire de l’aigle, dies natalis aquilae, apparemment le jour où la légion avait été constituée, était sans doute pour eux une grande solennité10. Seuls, ils avaient droit de toucher aux enseignes et celles-ci ne manquaient pas de manifester leurs volontés divines. Avant Trasimène11 et avant Carrhae l2, les enseignes refusèrent de se laisser arracher; quand Crassus passa l’Euphrate, un vexille qui portait son nom fut enlevé par le vent et jeté dans le fleuve; à Dyrrhachium, les enseignes de Pompée se remplirent d’araignées ; les flammes qui brillent la nuit sur les enseignes sont également un présage funeste13; il suffit qu’on ne puisse parer les aigles et soulever les signa pour que les légions, qui s’apprêtaient à rejoindre le légat Scribonianus révolté contre Claude, restent dans le devoir l4. Aussi, pour propitier les enseignes, leur offre-t-on un

sacrifice dans la lustratio avant de partir en campagne16.

Les enseignes sont naturellement portées dans toutes les cérémonies militaires : adventus et profectio de l'empereur, où elles le précèdent 16 ; adlocutio11 et lustratio l8, revues et triomphes 19 où elles l’entourent. C’est devant elles qu'il reçoit le serment des soldats20 ; il se fait représenter en adoration devant elles21. Dans les médailles commémoratives de cérémonies de ce genre, une aigle entre deux signa suffit d’ordinaire à représenter la participation de l’armée impériale (fig. 64 1 5)22. Bientôt une enseigne, avec ou sans aigle, devient un des symboles de la puissance de l'Empire: c’est comme telle qu’elle figure non seulement entre les mains de divinités militaires comme Mars2*, Victoria 2i, Disciplina™ , Virtus S6, Gloria 27, le Genius d’une armée 28, mais aussi dans celle du Génie du peuple romain29, de Concordia{ fig. 1S92)30, de /'/des31, de Pietas32, des provinces, des villes personnifiées33. Le besoin d’animer et de personnifier le culte trop froid des signa lui substitua, à partir du iiC siècle, celui du Genius Signorum. Rome reçut sans doute alors le vexillum auquel resLait attachée, au temps de Charlemagne, la suzeraineté de la capitale3’*. Les troupes des confins de l’Empire ne faisaient pas preuve d’un moindre attachement à leurs drapeaux. Ne voit-on pas, bien après la défaite de Syagrius, les soldats romains, perdus au fond de la Bretagne, traiter avec les Armoricains et les Francs, à condition de garder, avec leurs coutumes, les enseignes impériales sous lesquelles ils continuèrent à marcher au combat35? A. J.-Reinacu.

SIGNATOR. — - Nom du contre-maître qui, chez les Romains, dirigeait les opérations de la frappe des espèces 1 [monetarii], F. Lenormant.

SIGNUM (STjgeïov). — Signe, signal et, en général, tout ce qui sert ù annoncer ou à faire reconnaître. Nous devons nous arrêter sur quelques sens de ce mot.

L Signum, sigillum , cipayi;, (rqgstov, sceau, cachet, timbre. — Il n’y a pas de différence essentielle entre sceaux et pierres gravées : les fouilles ont fait apparaître,

1 llerod. IV, 4, 5 ; 1 , 8 ; V, 23, il s'agit du camp des prétoriens. - 2 Tac. Ann. I, Domaszowski, Die Religion des rom. Heeres , p. 34 et Neue Heidelb. JaUrb. IX, p. 149. —4 Corp. iriser, lat. III, 1124, 1202; XII, 2922. — STac. Ann. 1,37,9; Suel. Domit. 7; Veget. II, 20. Amm. Marc, XXV, 20; Dans CIL. III, 33-0. un vétéran de la le g io 11 Adjutrix élève au camp d' Aquincum un excubitorunn ad tutelam signorum et imaginum sacrarum. On trouve encorcdes chapelles à enseignes sur les reliefs de Condcrcum et de Viminacium (Doinaszewski, Westd. Leilschr. XIV, 11, 17). Qn croit en avoir découvert les traces dans le camp de Masuila (Neue Heidelb . Jgtlirb. X, 145) et dans le camp de Novaesium (Bonn. Jahrb. ' Al, p. 165). — 6 Vegel. III, 20. Domiticn doit interdire de mettre en dépôt plus 'h- l ‘ion sesterces par soldat, Suet, Dorn. 7. — 7 Von Premerstein, K Ho. III, p. 12. I lin. //. nat .XII, 23 ; XIII, 4 ; Jos. B. Jud. VI, 6,1. — 0 Des rois Sarmates, dans i-hit. XIV, 3608; les Parthes P&rthamasiris, Dio Cass. LXVIII, 17-26 (cf. Cohen, H’ P' 34) ; Artaban, Suet. Cal. 14. et Tiridate, Tac. Ann. XV, 29; Suet. Ner. 13. Ainsi, C,i. Lit. Il, 2552 (en 163) : Joui Optimo AJaximo , pro salule de Marc ne f cl Vécus ob natalem açuilae vexillariorum leg. Vil Gem. sub cura d'un ' nluilon el ^ un antesignanus , elc. Le sacrifice el le banquet qui célèbrent Tauni- Msaiie de 1 empereur ont également lieu coram signis legionis (Ruinart, Acta «inc. IG89, p. 319). - Il Liv. XXII, 3 ; Cic. De div. I, 35, 77. — 12 Dio Cass. XL, ' ' SlTV' ^cn- XI, 19. — 13 pour les flammes cf. Plut. S g lia, 7 ; Caes. B. afr. 47 ; j aC* An'\ • Xll< 64 i Pour les araignées, Dio, XLI, 14 (ou abeilles, Val, Max. I, 0, 12),cf. \V| 1+Suet. Claud. 13. Or. VII, 6. — 16 Doinaszewski, A rch. ep. Mitt .

' *9' ~ 10 Voiries monnaies dans Cohen, p. 502, 361 ; 505, 370 :

-i7Col.Tr

rajane, Cichorius, iexle, 11, p. 55, 134.208, 253, 342, 367, elc. Cul. Anto- '>‘nM’ctereeu, pl. xvi a. Cf. Amm. Marc. XV. 8, 4 ; XVII, 1 3, 25 ; XX, 5, 1 ; XXVI, 2, nier ' * raja,îe» Ifi P- 46, pl. ix-x ; p. 248, pl. xxxvm, xxxix, lxxvii ; Col. Anlo-

llrui V 61 l,xxxlv A' — 19 Froohner, p. 13 (revue), p. 100, IS6, 238 (triomphes) ; de H’ * ^ ^cs reliefs, I,p.291 ( decitrsio ). — 20 p. ex. dans Froehner, Médaillons 162(GM^' ’ P* 22 (Trajan), p. 174 (Sept. Sévère). — 21 Jbiil. p. 42 (Hadrien), a)' ~~ Adlocutiones, Froehner, p. 10, 13, 99, 129, 153, 184, 192, 211, 217, îoo' ÏR ~.23 s’ Reinac,l> RéP- des reliefs, I, p. 241, 242 , 243 , 244, 246, 248, [jj 3 ”3+’ 919’ 334. 350, 358 ; Cohen, I, p. 266, 73; p. 275 (Vespasien) ;

I (Caiacalla). Déjà sous Auguste, I, p. 101, 511, on trouve Mars remplacé

par des signa P. R. Macs Victor tient un vexillum sur une tcssrre, Roslowzew, Tesserarum Sylloge, 163. — 24 Cohen, I, p. 68-9 (Auguste). Un vexillum est tenu par une des Victoires de l'Arc de Titus et de celuijde Bénéveut, Reiuach, Hép. d. reliefs, I, 276 et 66 ; sur une cuirasse historiée, Matz-Duhn, 1,4392. — 2» Cohen, IL p. 125, 197 (Hadrien), p. 360 (Antonin). — 2r. Cohen, VI, à Constantin 1 et II ; VIII, à Magnence, Maxime, Julien, Constance Galle, etc. ; C. i. I. VII, 1135. — 27 Cohen, VI, p. 138 (Constantin 1), 232 (Constantin H), 244 (Coustaul I) , VIII, p. 34 (Constance Galle), p. 155 (Théodose). — 2s Sur ces genii militaires, Doinaszewski, Religion des rom. Heeres, p. 96 ; Toutain, Les cultes païens dans l'Empire romain , I (1907), p. 460. Le retour au fétichisme qui se marque dans le remplacement du culte des signa par celui du Genius signorum et de ses innombrables collèges a été bieu mis en lumière par Rend, Op. cit. p. 308. — 29 Cohen, 11, p. 483 (Marc-Aurèlo). — 30 Cohen, I, p. 274 (Vespasien) ; II, n. 707 (Hadrien), 5US (Antonin); V, pl. 5 (Aurélien). — 31 Jb. Il, p. 3u2 (Antonin); III, p. 135 (Commode), p. 367 (Caracalla), etc. — 32 Jb. IV, p. 13 (Alex. Sévère). — 33 Cf. Jalta, Le rappresentanze figurate dette provineie romane (Rome, 1908). On trouve portant un vexillum les provinces suivantes: Rrilannia. Cappadocia, Cilicia, Dacia, Judaea, Maurclauia, Moesia. Noricum, l'annonia, Africa. — 34 Rome porte un vexillum devant le char d'un triomphateur, Helhig, Guide, I, n. t59. Cour le vexillum de Rome envoyé à Charlemagne, cf. Hartmann. Gcsch . Italiens im Mittelalter, II, 2, p. 332. — 35 Crocop. B. 6 lotit. I, 12. — Bibmourapuie. l.a Chausse, (Causacus), De signis milit. ap. Graevius, Thés. ant. rom. X, p. 1528, lu. 1 ; Le Beau, Mtm. de l’Acad. des Jnscr. et Bl. XXXV ; Lange, Historia mutationis rei milit. rom. p. 23, 47, 89; Harbcl, Ueber die Feldzeichen d. rôm. Heeres, daus Ann. d. JSassauer-Alterth. 11, 3, p. 118 ; A. von Doinaszewski, Oie Fahnen im rômischen Heere, Abhandl. d. arch. epigr. Seniinars, Wien, 1885; Id. Die Tierbilder der signa, Arch. epig. Mitt. XV, fréponse à la erilique de Mommsen, ihid. X) réimprimé dans ses Abhandlungen sur rôm. Religion, 1909, 1-16 ; ld. Die Religion d. rôm. Heeres, Westd. Zeitschrift, XIV, 1896; Froelich, Dus Kriegswesen Caesars, Zurich, 1889, 90 sq. ; Marquardt, Manuel des antig. XI, Organis. milit. trad. fr. 1891 ; Millier ap. Baumeisler, Denkmüler , 111, 2063; Ch. Rend, Les Enseignes, Lyon, 1903 (avec les critiques citées p. 1324, n. 19).

SIGNATOR. 1 Grulcr, p. 1066, n" 5 et 1070, n» I ; Orelli, 3229.

SIG

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par centaines, des estampilles sur argile faites avec des pierres trouvées dans le même gisement 1 ; la gemme simple ou grossière n'avait sans doute pas d’autre destination ; perfectionnée et faite de riche matière, elle devint en outre un ornement. Négligeant ici ce dernier point de vue [gemmae] et la fabrication de ces objets [sculptera], nous insisterons sur leur emploi comme sceaux, et sur les exemplaires de dates très lointaines découverts dans

les toutes dernières années.

Grèce. — Les Orientaux, dès la plus haute antiquité, avaient des pierres gravées servant de cachets 2 ; on admet généralement [anulus] qu'ils en transmirent l’usage aux Grecs. Celte hypothèse n’est point indispensable, vu l’époque très reculée à laquelle remontent certains sceaux de la Grèce propre : en Thessalie, on a mis au jour des cachets de terre cuite, qu’il y aurait peut-être imprudence à dater, avec celui qui les a publiés3, des débuts de l'âge de pierre, mais qui sont vraiment des cachets de sauvages, dont l’empreinte consiste en simples rayures parallèles1, ou en marques profondes, dyssymétriques 5 ou vaguement rayonnantes6; une sorte d’oreillette permet de les saisir ; elle est percée d’un trou où passait le fil de suspension '. Ces objets n’ont aucun caractère décoratif; il en est déjà autrement des sceaux trouvés en Crète8, dont plusieurs remontent jusqu’au HP millénaire ayant notre ère. Les tombeaux de la première époque minoenne, fouillés à Haglna Triada, à Phaestos, ont livré des exemplaires généralement en ivoire ou en os, plus rarement en pierre (stéatite);

les formes sont très variées:

cônes, pyramides, prismes, cylindres 0 ; les représentations, où se marque déjà une certaine habileté technique, ne se bornent pas aux signes géométriques ou simples lettres ; on y remarque des êtres vivants (oiseaux, animaux, idoles), même parfois des hommes ; il y faut ajouter une curieuse représentation (fig. 6437) en spirale, peut-être du labyrinthe *°. Pendant la deuxième époque minoenne, ce qui domine, ce sont les formes prismatiques, à trois ou (plus rarement) quatre faces, offrant chacune un type différent gravé dans la stéatite, matière que le pays fournissait “. Entre beaucoup d’exemples12, on en peut relever un où apparait un nouveau témoignage du culte de l’arbre 13 . Les points de contact sont plus sensibles alors avec les autres civilisations; par contre, chose singulière, la technique devient plus grossière. A la fin du minoen, qui coïncide avec la période mycénienne, se vulgarise 1 usage

Fig. 6437. — Sceau crétois.

SIGNUM. 1 Xanthoudidès, àç/. 1907, p. 142, note 2.— 2 Cf. fig. 3484 à 3486,

6153-0154, et cylikdrus. — « Nécropole de Sesklé, Clir. Tsoundas, Ai u?or<rtoPixa\ 4>e,*ac„ *«', Efa-Oum, Athènes, 1008, col. 330-343. - * Ibid. fig. 270.

5 pjg 271.-6 Fig. 272. — 7 Ibid, et fig. 273 ; ce dernier ex. est peut-être un peu

plus récent (simples marques circulaires sans ordre). — «Ils sont au Musée de Candie ; cf. Xanthoudidès, riooOrcofixai o-sçaitHii TO’J Mouaetou 'ilçax^ecou ( Eœï)|i.. ù.o/. 1907, p. 141-186; pl. vi-jx). — 9 Le cylindre est oriental, sans doute; seulement, dans les spécimens crétois, les figures qui constituent le cachet sont aux deux extrémités, et non sur la surface courbe. — 1(1 Ibid. pl. vi, fig. 7, et p. 150. 11 Le sceau

prismatique se retrouve également en Égypte : ex. de Karnak fort analogue aux types crétois A. F. Evans, Journ. of hell. stud. XVII (1897), p. 3G2, lig. 28).

12 Xanthoudidès, pl. vi, lig. a. S, y et suiv. — 13 Ibid. 25 a. l’I. vu, 43-45.

15 Recueil considérable de ces types dans Milani, Studi c matcriali^ 1, 2 (1901),

p. 161-234; II (1902), p. 1-96; 111(1905), p. 1-142 ; cf. p. 249-297. — 16 Xanthoudidès, pl. vu, 85, p. 173. — 17 Ibid. 98, p. 175 ; add. deux bœufs couchés, dont les

des pierres dures et précieuses, taillées en forme de lentille ou d’amande u ; on y voit parfois des signes symboliques, en général des scènes de la vie quotidienne. Aux nombreux exemplaires mycéniens déjà connus antérieurement (fig. 3490 à 3500) 1S, on en joindra d’autres caractéristiques: un prêtre ou sacrificateur tenant la hache16, une lionne mordant un taureau11, et surtout un char traîné par deux chèvres sauvages, animaux indigènes de file 1S.

Il n’est donc plus soutenable que la civilisation mycénienne « n'était pas mûre pour l’usage du sceau » 10 ; l’évidence ressort nettement de la grande trouvaille de Zakro, oii I 44 empreintes différentes ont été reconnues dans des noyaux d’argile. Les types sont très divers; il n’y faut point chercher une pensée artistique, mais le dessein tout pratique de donner à chaque sceau une individualité marquée; la plus incroyable fantaisie a multiplié les types de monstres ; multiplicité voulue, afin de varier les cachets, d’aider à les distinguer et de dépister les contrefaçons 20. Ajoutons que certains noyaux d’argile d’Haghia Triada présentent un trou, où devaient passer la ficelle ou les libres végétales rattachant le sceau à l’objet dont il assurait la conservation ou le secret-1. Ce noyau d’argile était peut-être fixé sur un ballot de marchandises, et conservé ensuite, en témoignage de quelque opération commerciale22.

Les poèmes homériques ne contiennent aucune mention expresse d’un usage semblable ; il est seulement question de lots ayant reçu une marque distinctive, non précisée 23. Les héros d alors ne portent pas d anneaux, comme Pline le fait observer2*; or, 1 anneau servit à protéger le cachet avant d être considéré comme un ornement25. Il importe peu que, dans des œuvres de fiction, où entrent des idées plus récentes, les anciens personnages mythiques soient décrits avec des anneaux aux mains26; ce sont anachronismes littéraires. Le cachet fut-il d abord au doigt, en bague? Hérodote21, a-ton dit28, n’indique point comme une particularité l’usage babylonien de le porter au cou ou au poignet.

N’en concluons pas trop vite qu’il en était de même dans la Grèce d alors ; des sceaux archaïques (fig. 6438), d’autres du plus beau temps de l’art29, ont comme moyen de préhension un arc métallique comparable à un anneau, num qui n’est pas toujours arrondi. Est-ce donc le système le plus commode ? Nullement, on profère aujmu d’hui un manche droit sur lequel appuie la paume ' • la main, et on en a trouvé de semblables en rt

Fig. 6438. — Cachet à monture métallique.

télés et les pieds s’opposent (103, p. 176). — « PL îx, Ififi, p. M. 1 1 “5 p“ 3))) téméraire de Furtwacnglcr (Die antiken Gemmen, Leipzig-Berlin, l.u , . r

qui ajoute : Cet usage concorde avec celui de l’écriture, l’as de diurne , t où ;)

tiquer; les affaires juridiques setrailaient de vive voix; empruntées a ^

en était autrement, les pierres gravées furent réduites a servir de ij xx||

lettes. - 20 D. G. Hogarth, The Zakro sealings (Journ. of he ■

(1902), P. 76-93, pl. vi-x) ; cf. p. 91. - 2. K. Halbherr Monum.

(1903), p. 30, fig. 17-20. 22 Bosauquet. Journ. of hell. s « • - ..

p. 339. Pline (H. n. XXXV, 3, 33) fait allusion plus tard aux marcha ^

diées par mer en paquets cachetés. — 23 II. VII, 1,3. Le c ip yque ^ ^ ^

r.iv« (VI, 169), devait être tout au moins entouré d u» îen-

XXXIII, I, 12. — 2“ Macrob. Sat. Vil, 13, 12. — 26 Eiir. Iph. ■

862; Pans. I, 17, 3. - 27 I, 195, 2. - 2S King, üandbook of e"f^pfle„l,.

Lond. 1885, p. 3. — 29 Ant. du Bosphore, pl. xvi, Il ; 6. rendu c pour 1870, p. 220; Lenormant, Gaz. arc/i. 1877, p. 188.

SIG

SIG

(34.39), qui sont contemporains de l’âge mycénien1; pourrions donc conjecturer qu’on imitait un anneau ni-ceque, d’habitude, le cachet était attaché à une bague*.

' y('.;lnrnoins, les résultats des fouilles, rapprochés de ce

que nous montre l’épopée homérique, indiquent que le sceau est antérieur à l’anneau. 11 devait donc y avoir, aux

Fig. 0439. — Cachet crétois.

premiers temps, des cachets portés ailleurs qu’à la main. Les inventaires du Parthénon mentionnent plus d'une fois des sceaux pourvus d’anneaux, d’or ou d’argent, ou dorés («Ttppacytç Xi0tvï| y p ucroùv SaxtiiXtov ’lyouaa, etc.) ; on a mis en doute3 que ces SaxTÛXtoi fussent réellemenl des anneaux de doigLs, munis d’une pierre enchâssée; ils pouvaient être de simples anses arrondies, mobiles, dont on enfonçait les extrémités, au moment de cacheter, dans deux trous pratiqués dans la pierre. Le trésor, en effet, comprenait aussi des <7^pay't8e< aven SaxTuXûov5 et des XtOivat 'JuXou, c’est-à-dire des pierres dépour¬

vues de leurs appendices de préhension, dont le dépôt était inutile, en raison de leur valeur insignifiante5. Dans des inventaires analogues, de date plus récente, comme les archives (hellénistiques) de Délos, on constate un singulier renversement des formules : ce n’est, plus la pierre qui a un anneau, c’est l’anneau qui a une pierre, oaxTilXioç XiOov (ou uififayîoa) eyiov6. C’est que désormais, à partir du ive siècle, le port du 3axrdXto; s’est beaucoup répandu7; pourtant, pendant la guerre du Péloponnèse, c’est encore une parure qui distingue les notables et les raffinés8: Eupolis, voulant accuser, et exagérant le luxe des Cyrénéens, dit que chez eux le moindre bourgeois porte des cachets de dix mines9, et pour les sophistes, qui cherchent à éblouir, Aristophane 10 trouve ce sobriquet: 'rtppayiSovuyapyoxop.’/jTai;. Dans les inventaires déliens les plus anciens, on voit mentionnés des cachets sans anneaux " ; il est difficile de juger de leur valeur : presque toujours on jugeait superflu de les peser 12.

Avant Alexandre, c’est le plus souvent de la même matière que sont faits et l’anneau et le cachet; on n’a guère conservé intacts que des spécimens d’anneaux des riches, en or 13 ou en électrum1''; ceux d’argent ont été

pour la plupart détruits par l’oxydation15, qui, sans anéantir les exemplaires en bronze, les a endommagés au point que les types sont rarement reconnaissables111. Ces derniers sont les plus nombreux, ce sont ceux de la classe moyenne; de bronze étaient probablement les sceaux dont on a retrouvé tant d empreintes dans les ruines d'un des temples de Sélinonte; elles sont marquées dans de l’argile et s’espacent chronologiquement de 350 environ à 249 av. J.-C. ; les types courants sont assez simples: tètes humaines, masques, animaux, des symboles, comme la foudre, le caducée ailé, la corne d’abondance, des épis ou pavots, etc.17. Quelques spécimens très curieux de ces cretule ont reçu plusieurs timbres (fig. Ü440)18 : au milieu une marque aux types du dauphin et de la massue (d' Hercule), qui doit provenir d’un sceau public, de la ville ou des prêtres du temple ; tout autour, des cachets de particuliers19. Quant aux gens de peu, ils se contentaient de pâtes de verre20, enchâssées ou non dans une feuille d’or21, peut-être aussi de vieux morceaux de bois, où la morsure des vers avait dessiné comme des figures 22.

A Athènes, de pratique courante, tout propriétaire ou intendant cachète ce qu’il veut mettre en sûreLé; les choses du ménage sont ainsi tenues à l’abri des esclaves pillards23; la précaution est de règle surtout en cas d’absence 2Q Dans la coutume de l’échange des fortunes, en vue d’échapper à la triérarchie [antjdosis], les deux parties apposent leurs timbres sur leurs biens mobiliers, pour la sincérité de l’opération2'. Les documents2’’, notamment les lettres21, sont reliés par un fil (Xfvov), sur lequel s’applique une pincée de terre, à un endroit choisi de telle façon qu’on ne puisse ouvrir sans rompre l’estampille qu’elle a reçue [epistolae] ; on employait à cet effet une argile asiatique très adhérente, a7jp.avTptç28, pÛTtov, pÛTtoç29, cretula 30, analogue à la cire31.

Pour que les sceaux offrissent une garantie sérieuse, l'idéal était qu’il n’y en eût pas deux semblables : on connaît la loi de Solon interdisant au fabricant de garder une empreinte du sceau qu’il avait vendu32 ; loi inefficace, enfreinte pour un triobole 33, et facile à tourner même sans complicité du marchand : on coupait la cire au-dessous de l’empreinte, à l’aide d’une aiguille rougie,

Fig. 6440. — Empreintes réunies de trois cachets.

1 A. Evans, Journ. of hell. stud. 1897, p. 342 sq. — 2 D’où la formule: oeçayî&iov xîçxov e^ov /çuaouv (Bull. corr. hell. XIV (1890), p. 400, 1. 50).

— 3 Furtwacngler, Die antilcen Gemmen , 11!, p. 129 sq. — 4 Add. ovu£ avtu

SctxttAtou. — o [) autres articles : irœpayïSE; dvû^ivat, là<rrct$Eç, a-tpçay'iç tâo-itiç ueçixe- /^uawjAivuj, S e$e |aé vc/. i tàffrttSe?, ffaçSta àpyupcut SeSEpiÉva, ne sont pas for¬

cément des anneaux: on peut supposer des médaillons, camées, broches, pendeloques, etc. - 0 Th. Homolle, Bull. corr. hell. VI (1882), p. 122. — 7 Plut. Hmol. 31,5.- 8 S??arT$«Çe>vTe< (Aristoph. Eccl. 632). — 9 Aelian. V. h. XII, 30.

- 10 Nub. 332, et Sch. ad. I. — il Schulhof, Bull . corr. hell. XXXII (1908), P- 11 , I. 10 ; -rcpçay't; uepr/çuaoç (vers 300), comme soixante ans plus tôt (Homolle, ibid. X (1886), p. 463, 1. 53). — 12 Inventaire d’HypsocIès (279), 1. 49-50,

7.Pu<uvSetoç auxaToç, <rsçocytSiov £Çu<xÉvSetov atxtaxov (Homolle, Bull. CO)'r . bch. XIV (1890), p. 406); il en est ainsi môme pour des pierres précieuses comme 1 émeraude : <r®payiç <T|i.aç>[àySou aajxaxo; (ibid. XXXll (1908), p. 64, 1. 25). ~~ 13 Furtwacngler, Op.cit. pl. ix, 35-48; x, 10, 14, 19-20, 27, 33-37, 43, 45-47, ^0, lxi, 27, 28, 32, 35. — 14 Ibid. pl. ix., 41 ; x, 10, 27, 35-37; quelques-uns de " s exemplaires ont l’anneau seul, non le cachet, en électrum. — 15 Cf. cependant pi. lxi, 31 et 33. — *6 Olympia, IV, Bronzen , p. 186 sq. Ex. de Kertch (C. r. comrn. arch. 1877, pl. u, 21-23). — 17 Salinas, Aotiz. degli scavi , 1883, P- 288-314, tav. VII-XV ; Furtwaengler, p. 109, 130, 169. — laSalinas, tav. VII; 125

et \ 30. — 19 H existait d’ailleurs des bagues à plusieurs chatons ; cf. fig. 355., Sceaux publics, ou privés v. Curlius, Ueber Wappengebrauch , Acad. d. Wissenschr. zu Berlin, 1874. — 20 EœçayîSeç uàXtvai (C. i. att. Il, 2, p. 313, I. 70).

— 21 Bull. corr. hell. XIV (1890), p. 406, 1. 50 : ff.paflStOV làXtVOV £P«(T£v8eTOV.

22 Arislopii. Thesm. 427 : «Ifiîitt toiKrAeeva ; Hesycli. s. u. BçirôSfwt'-.ç; Luciau.

Lexipli. )3 : <r»-.ayïS(î 8,.; il est vrai qu’on a proposé une autre interprétation : des sceaux finement ciselés comme des morceaux de Lois mangés des vers.

— 23 Aristoph. Tliesm. 415; Eq. 947 : Xen. Itesp. Lie. VI, 4; Hut. Alex. 9, 1. l.a maîtresse de maisou peut aussi avoir son sceau: Aristoph. Lys. 1195 sq.

— 24 Aesch. Agam. 609 ; Hat. Lcg. XII, 954; Alheu. I, p. 34 A ; de même cliex les Romains : Cic. de Orat. Il, Cl, 248 : Juv. XIV, 132; add. les textes cités à ANur.ps, p. 295, note 55. — *5 Dem. XI. Il, 2. - 20 On a retrouvé des cachets d'ar. gile sur des papyrus plolémaïques du Fayoum (Arch. Ans. XXlll (1908), p. 193).

— 27 Eurip. Iph. Aul. 325; Tliuc. I, 132, 5; Luciau. Timon, 22. — 2» Herodot. Il,

38t 3, 29 Aristoph. Lys. 1200 ; l’Iiot. Lex. s. v. — 30 Cic. Pro Place. 10, 37 ; ln

Yerr. IV, 20, 58. —31 Mais les Romains se servaient aussi de cire: Haut. Bacch. 714, 748 ; Quint. Inst. or. XII, 8, 13; Justin. Inst. Il, 10, 3. — 32 Rio». Laert. , 2, 57. —33 Aristoph. ïViesjn.425. Argillos, messager de Pausanias quand celui-ci intriguait en Perse, se procura le double d'un sceau, afin de lire une lettre qui lui inspirait des soupçons (Tliuc. I, 132)

SIG

SK

puis on rapprochait les deux fragments en chauffant â nouveau Une empreinte de sceau pouvait encore servir de pièce d’identité. On en remettait aux messagers politiques, privés2 ou galants3; un anneau, ou sa marque, tenait lieu aussi de mot de passe en temps de guerre*. Ce sont des sortes de cachets que les tessères d’hospitalité [hosihtium, p. 298], que les tablettes ou jetons qui servaient de moyen de reconnaissance dans les assemblées, aux jeux, aux théâtres, etc., et les tessères de plomb que l'on possède en si grand nombre [tesserae]. Voulant honorer Straton, roi de Sidon. la boule athénienne lui offre, entre autres dons, un certain nombre de sugoo/.a, devant servir à identifier ses envoyés à venir5 et qui reçurent apparemment l’estampille de l'Etat

(àxTtxôv cYjueïov). Celle ci se retrouve, par exemple, dans plusieurs timbres sur les tablettes d’héliastes [ueliaea]

(hg

.6441) où l'on voit une chouette de face, une double

chouette à tête unique, accompagnée des initiales du nom d’Athènes et un Fig. 64*3. masque de Gor-

jetons de présence. gOne, toutes

marques de contrôle de l’État; de même sur une tessère d’héliaste enplomb(fig.6442)estimprimée uneehouette G ; c’est un jeton deprésenceaussibienquele plomb (fi g. (3 4 43) timbré de deux chouettes et du motnPYTANEA, que le prytane échangeait contre son salaire (gerOôçpouXeuTtxoi;) 7.

Le garde des sceaux, à Athènes, était l’épistate des prytanes8. On voit un plaideur demander que les prytanes interrogent les esclaves publics et transmettent au tribunal leurs réponses cachetées9. Un décret de 435/4, relatif à l’élection des trésoriers publics [tamias], spécifie que les trésoriers d’Athèna se joindront à eux pour fermer et sceller les portes du trésor10. En matière de justice surtout, le sceau public a un grand rôle: on l’appose sur les pièces de procédure M, sur les biens confisqués12; les magistrats d’ordre judiciaire, au surplus, usaient de leurs cachets personnels13, quelquefois aussi les juges **.

Dans bien des circonstances même, à côté du sceau public, chaque citoyen était libre d’apposer le sien 15 ■ ]. multiplicité des cachets était une garantie qui se IV|| contre dans divers décrets athéniens16. Dans une affaire d’oracle intéressant la confédération des Magnètes, les dix stratèges, les dix nomophylaques et un prêtre encore mettent leurs cachets 11 . Dans une i nscription de Smyrne 18 stratèges et exëlastes cachètent avec le sceau de la vil],, et leurs cachets particuliers. Le timbre de la cité est souvent aux mains du trésorier (Tapiaç) 19.

Le sceau public, rougi au feu, marquait les esclaves publics d’Athènes 20, peut-être aussi les victimes sacrées • nous ne savons dans quelle mesure on s’inspirait en Grèce de la pratique égyptienne, suivant laquelle le prêtre marquait les bœufs à sacrifier avec une bande de papyrus cachetée autour d’une des cornes21. La garde des troupeaux sacrés et, pour les particuliers, la nécessité, de bonne heure sentie en Grèce, d’envoyer paître au loin les animaux [restica res], devait amener la pratique de la marque, comme on l’a vu pour les chevaux [écris, p. 800, nota].

Bien que la loi n’imposât pas cette formalité, les contrats étaient d’ordinaire revêtus des sceaux des parties qui y intervenaient, en présence de témoins; les testateurs cachetaient de même leurs actes de dernière volonté [testamentum] 22, et par mesure de précaution on enveloppait le cachet d'une coquille protectrice ;

ouvrir le testament se disait par suite àvaxoY/uÀiâÇstv 23. Les témoins aussi, peut-être, ajoutaient leurs sceaux personnels2*, mais nous n’en avons aucun indice probant25. L’intérêt de cette formalité n’était point tant dans la garantie du secret qu’elle semblait donner, car les Grecs étaient habiles à déjouer ces précautions'26, que dans les avantages accessoires qui en découlaient: une personne, dont le nom ne figurait pas à l’acte, était pourtant tenue comme caution, si un témoin affirmait qu’elle avait accepté cette qualité et si elle avait apposé son sceau 27 . 11 a pu et il a dû arriver que l’empreinte figurât au bas du texte mèmejrnaisen général les sceaux, en Grèce, s’appliquaient sur les documents pliés et enveloppés, pour en empêcher l'ouverture frauduleuse28.

rome. — Que ce soient ou non les usages orientaux29 et grecs qui aient influencé à cet égard les habitants de l’Italie, il reste indubitable que, de très bonne heure, ils s’habituèrent à porter un anneau, non ornatus, sed signandi causa30. En effet, dans la Rome ancienne, si les femmes ont des bijoux d’or, les hommes n en ont pas ; l’ anneau-cachet que porte chaque citoyen esten 1er '•

1 Lucian. Alex. 21. Le philosophe Lacydès scellait son garde-manger avec un anneau qu'il dissimulait dans un trou de la porte; ses serviteurs, l'ayant observé, purent le voler et recacheler à son insu iDiog. Laert. IV, 8, 59). — 2 Cléarchos, arrêté sur les instances du roi de Perse, donna à Ctésias, jadis à son service, son sceau, comme <tù|a9oXov fiiio e vous lv AaveSatgovi mjyyEveri;

(Plut. Arlax. 18, 1). — 3 Plaut. Pseud. I, 1, 55 sq. ; Athen.

XIII, p. 585 d. — * Aristoph. Av. 1213 et schol. ; Plaut. Capt. Il, 3, 90. — 5 L>il-

tenberger, Sglloge 2, 118, 1. 20 sq. (a. 370-362 av. J.-C.). — 6 Rayet, Ann. de l'Ass. pour l'Encour des étud. grec. 1878 ; Lluruy, Hist. des Grecs, I, p. 396 ; cf. sur le sceau d'Athènes et sur celui d'autres cités, E. Curtius, Ueber Wappengebrauch in Abhand d. Berlin, Akad. 1874, p. 88 ; C. i. ait. II, 2, p. 347-35* et 537, n«* 875-940 ; Et. Michon, Bull, de la soc. des antiq. de Fr. 1908, p. 352-360 et 371, o» 6. — 7 A/on. dell' Inst. arch. VIII. pl. xxxn, n. 57 ; Duruy, Hist. des Grecs,

II, p. 202. — 7 Benndorf, Beilrüge sur Kenntniss ait. Theaters, pl. xxxix; Mon.

dell' Inst. VIII, pl. xxxu, n. 2846 : Duruy, H. des Grecs, I, p. 204. — 8 Aristol.

AS. i:oV.. 44, 1; cf. Suid. et Dittenberger, ibid. 789, 39. Les prytanes estampillent les urnes où la boulé dépose les noms des juges, pour les concours des Diony; Isocr. XVII, 34). — » Dem. LUI, 24. — 10 Dittenberger, 21, 1. 15 sq. ; Suidas s. ». (U-jinrs^at'vsaWi) signale une loi de Lycurgue ordonuant aux prêtres de

sceller les déposés dans les temples. — 11 Dem. XVIII, 250; Dareslc,

Haussoullier, Th. Reiuach, Inscr. jur. gr. Paris, I (1891), p. 159, L I -•

— 12 Aristoph. fr. 378 ; Xen. Hell. II, 3, 21 ; 4, 13. — 13 Aristot. 'AS. «>. 53, -•

— 14 Ainsi dans les instances capitales (Plat. Leg. IX, 856 A). Voir linsci. [ Daulis (C. i. gr. 1732), où les auteurs d’une sentence signent ainsi :

31-2, 30-7), i<rî?àWai (1. 43), ioîfày,x« (I. 48). —.16 Décret trouvé à Eleusis |C • att. supp. 104 a), 1. 39-40 : napa(n]|Ai]vâ»llar... û pouLônsvo;. P* 1 • 1 oucarl, corr. hell. XIII (1889), p. 451 sq. — n Inscr. gr. IX, 2, 1109, 1. 42-45. - 18 <- ■ '■ gr. 3137, I. 87-88. — 19 Ibul. 2152 b, I. 25 (Carystos). — 80 Xen. Vect. IV, D 'ivSpàxoXa aiar,g.ueg.î:u xiü S^uoetw <rx,jJLttvxp(ü. — 21 llerodol. H, 38, 3.

XXXII. 7; Diog. Laert. V, 2, 57. Théophraste ht dresser quatre copies de ^ son entament, toutes cachetées. — 23 Aristoph. Vesp. 589. — 24 Dem. XXVIII, 5 , N et 21. — 25 Robert J. Ronner, Classic. Philol. III (1908), p. 403-404; L.

Hist. du droit privé de la Bépubl. athén. 1897, III, p. 659, 662. 0

réflexions de Polybe, VI, 56, 13. — 27 Dem. XXXV, 15; XLI, 22. 28 Bonne!, ^ ^

p. 40 6-407. — 29 Voir fig. 6156, un scarabée italiote. — 30 Macrob. Bat. V IL J *

— 31 Plin. H. nat. XXXIII, 1, 9 sq. ; Plin. jun. Epist. VIII, 6, 4 ; Sial. s“''

3, 144 ; Appian. Pun. 104; Delochc, Le port des anneaux , Mém. at. /use. XXXV, 2 (1896).

SIG

SIG

(hl suit que les Romains de qualité dédaignaient IVs rire eux-mêmes et préféraient dicter a un secrétaire; d ite écriture impersonnelle il fallait la garantie d’un (Viü Ensuite l’anneau fut, en outre, un ornement, ou .-être y eut-il bientôt deux sortes d’anneaux 1 ; du moins des textes de basse époque donnent à penser qu’on distinguait celui qui servaità signer par des qualificatifs : afiulus signatorius 2 on sigillaricius3 .

l’.ct anneau imprimait le caractère d'aulhenlicité aux actes les plus graves de la vie4: fiançailles, labulac nuptialcs'\ testaments; il ne suffisait pas pour faire une institution d’héritier, mais il ajoutait une force considérable à tout acte écrit dans ce sens. L’anneau sigillaire, vu son importance spéciale, n’était pas confondu avec 1rs autres bijoux ; et en cas de legs des ornamenta, il n'élait pas compris sous cette formule globale 6. Au temps des mœurs simples1, le cachet n’était apposé que sur les actes importants et exceptionnels, ou sur les choses très précieuses; plus lard, comme en Grèce, on prit l’habitude de tout mettre sous scellés dans la maison8 ; aussi l’anneau des fiançailles n’était-il pas donné comme bijou, mais comme symbole de la surveillance à exercer dans tous les recoins de la demeure conjugale9. Ce n’est pas, juridiquement, le signaculum particulier delà femme ; c’est celui du maître qui l’a confié en garde à son épouse; parfois, avant de mourir, il le lègue à sa fille ainée 10, ou en même temps à sa femme et à sa tille11. On a au Musée britannique, provenant d’Égypte, une serrure en bois qui présentait, à l’extrémité d'un couvercle mobile, une cavité où devait être insérée l’argile ou la cire cachetée servant à garantir que la gâche n’avait pas été tirée12. On possède également quelques boites de bronze à charnière, percées, sur les côtés, de deux trous pour le passage d’un fil (?) , et que plusieurs tiennent pour des boîtes à sceller (une porte de coffre ou d’appartement) 13 ; mais d’autres y voient plutôt des boites à parfums, sans pouvoir expliquer tous les détails H.

Étant donné ce qu’on sait du faste et de la complication que les riches Romains mettaient dans leur existence, il est fort probable que chacun d’eux gardait sur lui un sceau de grand prix pour ses lettres et les actes publics15, laissant à quelque intendant, pour fermer les coffres16, un cachet vulgaire auquel la clef était souvent attachée (fig. 349). Le premier pouvait avoir quelque type en rapport avec les fonctions exercées par son détenteur : on a retrouvé deux pierres gravées (fig. 6045-6046) qui devaient appartenir à des Salions; elles représentent lé transport des boucliers sacrés. Les figures et légendes de ces sceaux offrent la variété qu’on a déjà

1 Ht-aucoup eu portent plusieurs (Horal. Sat. II, 7, 9) ; Trimalchiou en a cinq O'ctron. 71); cf. fig. 351-352. — 2 (Jlpian. Dig. XXXIV, 2, 25, tO ; Paul. ibid. L,tG, 74.— 3 Vopisc. Aurelian. 50, 2 Peler. — 4 pli,,. //. nat. XXXIII, I, 27. — "Juv. I[, 119 sq, — G Paul, loc. cit. — 7 Pliu. : Quae fuit ilia vita pris-

corum, qualis innocentia , in gua nihil signabatur. N une . — 8 fies esclaves,

toujours suspects, y étaient en plus grand nombre que jadis. — 9 Clem- Al- Paul. III, h (Migne, Pair. gr. VIII, col. 302). — 10 Dig. XXX, 77,21.

Ainsi fit Aurélien, « comme s’il eût été un simple particulier », donc sui- U"l 1,110 pratique très répandue. — 12 A Guide Lo tlie Exhibition illustrating t""/, and Itoman Life , London, 19q8, p. 160, fig. 177 a. — 13 Ibid. I) ,tl’ S(l‘ ttg- 177 d. — H Hill, Aluni. Cbron. 1897, p. 293 sq. — 15 plaul. Bac- Cl''^ 1 18 ’ Cic. Cal. III, 5, 10; Juv. XIII, 137 sq. ; Suct. Claud. 29; Sen. De r.. III, io, ) . Ovid. Amor. Il, 15, 15 sq. — 'G korninann, De triplice annulo, .( ' 'tb-L P- 47. — n Cic. In Catil. 111, 5, 10; De fin. V, 1, 3; Suel. Tib. , ’ ^ Max. III, 5, 1; — 18 Add. FuPLwaengler, Gemnien, III, p. 304; Milani, ""A, sigillo d'Auyusto col tipo delta sfinge ( Studi e materiali di arch.

M (1902), p. 172-180). — 1» Dio Cass. LXV1, 2, 2. — 20 Justin. Ilist.

rencontrée à l’époque grecque [gemmae] ; ce pouvaient être simplement les noms du propriétaire ou des portraits d'ancêtres, d’amis, des objets religieux, des allusions à l’histoire, réelle ou mythique, de la famille r‘.

Sous la République, le cachet en or des magistrats faisait partie des objets d’équipement nécessaires, compris dans le vasarium, et qui leur étaient fournis avant leur départ, par voie d’adjudication publique [salaripm . On connaît par les auteurs les sceaux de la plupart des césars [anulus, p. 295; gemmae, p. 1 484] 1 8 . L’Empereur permettait quelquefois l’usage de son anneau officiel à ceux qu’il voulait qu’on regardât comme ses représentants19; on a même pensé qu’une magistrature, la cura anuli , était affectée à la garde du sceau du prince ; mais ce titre n’apparaît qu’une fois, du temps de César20, et semble une redondance, car la cura epistularum y est ajoutée ; et pratiquement, cette magistrature n’était point nécessaire21.

Après la conversion de Constantin, les anneaux de luxe deviennent plus rares. Clément d’Alexandrie 22 recommande aux chrétiens de ne point choisir pour leurs cachets le signe de la croix ou la représentation de quelque mystère religieux, qui pourraient les trahir33, ni des images idolâtres, car il y aurait péché; mais des figures allégoriques ou des emblèmes convenus, comme l’ancre et le poisson (fig. 322) 24.

De même qu’en Grèce les sceaux furent d’usage courant dans tous les actes de la vie juridique25 ou commerciale. Du sol de Pompéi on a exhumé bon nombre de ces tabulae ccralae 26 constatant l’acquittement d’une dette, et réunies le plus souvenL en triptyques : deux des tablettes se rabattaient l'une sur l’autre, de façon à recouvrir le texte ; des cordonnets les liaient ensemble ets’engageaient dans une rainure pratiquée au dos de l’une d’elles ; on appliquait sur eux les sceaux des témoins21 et en face de chaque cachet étaient inscrits, sur la troisième tablette, les noms du témoin correspondant (fig. 6444) 46 . La loi d un collège funéraire29 prévoit ledécèsd’un membre habitant à plus de vingt milles de Rome; celui qui aura pris soin des funérailles pourra obtenir le f uneraticium , moyennant précaution semblable : testa[tor rem tabu\Us signalis sigillis civium Romanor. VII.

XI. III 12. — 21 Peul -être cependant riirieroAoTçàaoç hellénisliquo èlail-il en

outre tu! vçpayïSoç ; de là dériverait celte cura anuli (Rostowzew, ap. Pauly- Wissowa, VI, 1, col. 210 sq.), qui sans doute n'a pas duré. — 2 1 Ibid. col. 633. — 23 |\ y eut naturellement des imprudents ; uu sceau syrien du Louvre porle cette inscr. : ti; (fiés {Arch. An;. XVI (1901), p. I5Î, n» 67). — 24 Nombreux spécimens dans le Victionn. d’arch. chri’t. I, 2, p. 2177 sq. s. v. Anneaux (H. Leclercq),

I yo7. — *5 Les effets d'un accusé au criminel étaient mis sous scellés, ainsi que ses papiers domestiques (Cic. In Verr. Act. 11, I, 19, 50). — 26 Corp. inscr. lat. IV, p.27Ssq.; add.Tli. Mommsen, Jurist. Schr. Berlin, 111(1907), p. 221-274. — 27 Tout cela est l'application d'un sénatusconsulle : Paul. Sent. V. 25, 6 : Awplissimus ordo decrevit, eas tabulas, quae publici tel privati contractas scripturam continent, adhibitis tes tib us ila signari, ut in summa [et ima] marginis ad mediam partem perforatae triplici lino constringantur , atque impositae supra linum cerae signa imprimantur ; cf. Gaius, Inst. 11, 181; Glpian. Dig. XXXVIi, H, I, 10-11; Inst. Just. Il 16, 3; Suet. Ner. 17. — 28 A. Mau, Pompei in Leben und Iïunst, 2' éd., Leipz., 1908, p. 517, fig. 293. Procédé analogue pour les diplômes militaires. 29 Corp. inscr. lat. XIV, 2112 (Dcssau, Inscr. lat. sel. 7212). 1,1. 31 sq.

Fig. 6444. — Tablettes et scellés.

SIG

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11 est souvent fait mention des cachets apposés par les sept témoins sur un testament* [testamentum, cf. diploma, p. 2681. En droit prétorien, leurs cachets et signatures sont la seule formalité requise2, et le préteur considère le testament comme révoqué si le testateur a rompu les cachets. Le testament tripartite, introduit sous Théodose le Jeune, impose, outre cette adscriptio ou superscriptio, la subscriptio, à l’intérieur, du testateur et des témoins3. Un papyrus de Ravenne1 nous donne un procès-verbal d'ouverture de testament (en -474 apr. J.-C.) 6. 11 constate la demande d’ouverture adressée par la veuve du testateur aux magistrats municipaux, la reconnaissance par les témoins présents de leurs cachets 6 et l’explication fournie par eux de l'absence des autres. Une curieuse représentation figurée d’une telle

par la justice *3. Ces exemples suffisent à montrer le rôle des sceaux dans la vie publique16 ; ajoutons que les hi silications ou destructions de sceaux étaient durement réprimées *’. Le sceau romain peut avoir une double uti lité : garantie d'origine, garantie du secret, el un seul assure les deux quand il couvre un document destiné ù n’être ouvert qu’une fois, une lettre particulière, jmr exemple, ou un testament. Mais pour un diplôme appelé à être souvent présenté, ainsi une lettre du prince conférant le droit d’user de la poste impériale, la force probatoire ne résultera plus du sceau extérieur ou de clôture, mais du cachet au bas de l’acte, qui certifie la provenance. C’est ce dernier qu’appose un dominas ou un curator approuvant un acte, et les responsa prudentium recevaient sans doute aussi ce cachet de signature

Fig. 6445. — Ouverture d'un testament devant le magistrat.

opération nous est fournie (fig. 6443) par un bas-relief de Rome7: au milieu le magistrat assis, ayant auprès de lui ses licteurs et, derrière, des curieux ; à droite les sept témoins qui viennent reconnaître leurs sceaux, et à la suite le jeune héritier. Il pouvait arriver, d’ailleurs, que les sceaux fussent endommagés et impossibles à reconnaître ; on en vint sans doute à admettre, en raison des autres formalités de garantie, que le consensus signantium 8 était néanmoins acquis9. Lorsque, dans toute autre affaire, les documents originaux ne pouvaient être présentés au tribunal, comme il arrivait si souvent avec les tabulae honestae missionis, les signcitores attestaient que la copie était bien conforme10.

Quand des particuliers obtenaient des autorités compétentes des copies de rescrits impériaux11 ou de sénatusconsultes, l’authenticité du texte était certifiée par sept s ignutores privés qui mettaient leurs sceaux12.

Dans un procès criminel, le tribunal ordonnait souvent la saisie des papiers de l’inculpé même dans les archives des autorités municipales l3. Dans la mesure où il le jugeait ‘nécessaire, le demandeur faisait mettre ces pièces sous scellés et les envoyait à Rome. Le magistrat dirigeant le procès les recevait, et, assisté de jurés, les faisait placer à nouveau sous scellés11. Le demandeur avait vraisemblablement ensuite la faculté d’en prendre connaissance, en les faisant ouvrir et replacer sous scellés

1 Voir le testament égyptien de 189 ap. J.-C. : Berlin. Griech. Urk. I, 326, 1. 18 sq. (ffopaytovat). — 2 Gaius, Inst. II, 119 et 147 ; Ulpian. XXlil, 6. — 3 Cod. Just. VI, 23, 21 pr. — 4 Biblioth. Nationale, Ms. Lat. 8842. — 5 Bruns, Fontes juris , p. 301 sq. — 6 Ego in hoc testamento interpii , agnosco anuli mei signaculum, superscriptionem meam, sed et in tra] subscripsi, elc. — 7 'II,. Mommsen, Bail, detr Inst. 1845, p. 141-144; la (ig. dans Annali, 1810, tav. L, et mieux dans les Jurist.Schr. du môme, III, p. 316; Matz-Dulin, Ant. Bitdw. in Itom, III, p. 77,

n" 3603. 8 Quinlil. Inst. or. V, 7, 32. — 9 Mommsen, Jurist. Schr. III, p. 278

sq. 10 Cic. In Verr. II, 2, 77, 189 ; Mommsen, L. c. p. 500 sq. — U BrassloIT, ap. Pauly-Wissowa, VI, 1, col. 209.— '2 Cf. Lebas-Waddinglon, 1627, X, 7 ; Corp. inscr.

Fig. 6446. — Cachot d’un propriétaire.

et non de clôture, contrairement à l’opinion courante [lex cornelia testamentaria] 18.

Plus d’une maison de Pompéi a été dénommée d’après les signacula qu’on y a découverts ; ce sont des cachets en pierres précieuses, ou en or, argent, verre, quelquefois des lamelles de bronze attachées à l’anneau19; tel le cachet que l’on voit (fig. 6446), qui a fait changer le nom de la maison appelée d’abord maison des Princes russes en celui de maison de Siricus. Les empreintes portent, souvent, comme ici, en écriture rétrograde, le nom, au génilil, du possesseur, qui les apposait sur les denrées alimentaires. S’il était commerçant, il appliquait son cachet sur ses produits. La pratique de l’estampille, a 1 époque romaine, prend un développement extraordinaire 2 ■ I'11 céramique, la plupart des ornements sont estampés, c’est-à-dire obtenus par une série de moules minuscules, fort analogues à des cachets, d’où l’expression terra stgillata. Bien entendu, le procédé servait notamment a timbrer l’objet au nom de Yofficina [doliare opus, figl1 num opus, fig. 3042]. Cette habitude de marquer les po teries est fort ancienne : on la trouve chez les Phaumns d’Égypte21, les Babyloniens et les Assyriens ; les Étrusques etles Italioles usaient aussi d’instruments à esUm piller22. Sur les vases grecs, les signatures sont plul 't

lat. 7852, 1. 25. — 13 Cic. In Verr. II, 4, 63, 140 ; Pro Place. 32, 78. - ld- ^ Place. 9, 21. — *5 Mommseu, Dr. pénal rom. lr. fr. Il, P- 96 scï • — 16 • ' ' les donations, Fragm. Vatic. 249, i : Omnes earum species signis ac> ^

imprimendas. - n Paul. Sent. V, 25, 1, - « Cf. H. Erman, Zetlscn Savigny-Stift. fitr Ilechtsg. 116m. Abth., XX (1899), p. 182 sq. —

X, 2, p. 915 s,,. - 20 Cf. W. Ludowici, llômisch. Tôpfer in und 111 Polge dort gefundencr Stempel-Namen und Stempel-Bilde\ t Ausgrabungen, 1905-08. — 21 Voir une marque de Ramsès II au Britisli IV u ^

Rea llexikon, Berlin, 1907, p. 74, fig. 58). — 22 Cf. S. Gsell, I oui/ es

Ausgrabungen , 1905-08

)07, p. 74, fig

Nécropole de Vulci, Paris, 1891, p. 260, 377, 450, 477.

SIG

SIG

.,iLes ou gravées à la pointe; pourtant, déjà alors, on |)"l|'in, parfois avec un moule ; il a même été soutenu 1 que !""r.„0ps se servaient, pour marquer les amphores, de lettres mobiles réunies dans une sorte de composteur. La chose reste assez douteuse [inscriptiones, p. 534-535] ; au dos des figurines trouvées à Myrina2, on lit quelques inscriptions visiblement produites par le moule, puisqu’elles se rencontrent, exactement pareilles, sur plusieurs exemplaires (fig. £447) 3 ; mais cet usage paraît propre à l’art gréco-romain. D’autre part, sur les lateres romains, au moins sur ceux qui présentables lettres en relief, ces dernières se coupent quelquefois, et on voit des corrections, des surcharges, toutes choses qu’expliquerait mal l’emploi d’un composteur".

La plupart de ces signacula commerciaux étaient en Lois dur (peut-être en buis 5), car des fentes y apparaissent; au reste, les timbres en bois sont très anciens G ; ce type a pu venir dans le Latium 1 ou la Campanie, d’Égvpte, où l’on en a trouvé surtout dans le Fayoum; ils servaient à marquer le pain ou les cruches 8. Les

les

formes sont très variées 9, principalement carrées, rondes, en demi-cercle, ou en croissant de lune, avec un petit orbiculus, tangent au grand cercle, et qui se fait de plus en plus petit dans la suite chronologique. Ces estampilles s’imprimaient, en relief ou en creux, sur toutes sortes de matières et d'articles : sur l’argile principalement, par suite sur les vases, les tuiles, les briques10 figlini'm opus], le plomb (fig. 5710), notamment sur les tuyaux [fistula], sur les lingots d’or (fig. 5020) ou d’argent (fig. 5018), même sur le verre [vitrum] “, pour lequel on devait employer des cachets en métal. Une variété considérable, étudiée ailleurs [medicus, p. 1678] est celle des cachets d’oculistes12; ils étaient faits de matière tendre, schiste ou stéatite.

Des timbres en bois, comme bien l’on pense, il ne s’est guère retrouvé que des empreintes; en revanche, les collections renferment un Fig. 6448.— certain nombre de timbres de bronze, en partimarqucr. culier le Cabinet des médailles13: la plupart sont

rectangulaires et ont les lettres en relief u, quelques-uns ont l’aspect de croissants15 ; on noiera des formes plus singulières : une amphore16, un dauphin1 1 ; beaucoup sont découpés en semelle18 ; un exemplaire du Musée de Naples 19 représente même un pied complet — avec les cinq doigts, jusqu’à la cheville que surmonte une anse. Voici enfin (fig. 6448) un fer à marquer dont les

caractères, portés par des tiges séparées, devaient être chauffés avant d’être imprimés. Ce fer a été trouvé avec d’autres objets romains en Suisse20.

Byzance. — L’immense majorité des sceaux byzantins est d’époque très basse, mais quelques-uns remontent assez haut ; du reste, avec le temps, leurs représentations changèrent, mais non les façons d’estampiller.

Les Byzantins paraissent avoir très peu pratiqué l’usage de sceller avec de la cire 21 : « Les conditions climatériques, a-t-on-dit22, les chaleurs prolongées de l'été, s’opposaient à l’emploi d’une matière aussi molle et fusible ». Médiocre raison ; les chaleurs ne sont pas moins fortes dans l'Italie méridionale qu’a Constantinople, et on y scellait à la cire dès la République ; le vrai motif de celte préférence est inconnu23. D’ailleurs, les chrysobulles, réservées aux bnsileis , Se composaient d’ordinaire de deux feuilles très minces enveloppant de la cire21. C’étaient les sceaux de solennité; l’Empereur n’usait, pour correspondre avec les bureaux, ou dans ses relations personnelles, que de plomb et quelquefois de cire26. Ces bulles diverses étaient toujours circulaires.

Comment les fabriquait-on? Il y eut certainement deux procédés, successivement ou simultanément en usage. Dans le premier26, on appliquait l'une contre l'autre deux minces lamelles de métal, creusées dans le milieu d’une rainure formant canal ; on y passait les lacs du document à sceller; puis on plaçait le sceau entre les deux coins du (3ouXA<o-r/jpiov, sorte de pince rappelant nos fers à gaufrer; les mors gravaient les types et immobilisaient les fils par la seule compression. Deuxième méthode : on perçait d’un trou, dans le sens du diamètre, un plomb d’une seule pièce déjà façonné ; la preuve en a été fournie par deux bulles de Carthage, prêtes pour des empreintes qu’elles n’ont jamais reçues ’27. Le fil était sans doute introduit dans ce canal à l’aide d’une longue aiguille ; la frappe s’opérait comme dans le premier cas.

Ces petits monuments, qui nous font passer en revue la société byzantine, avec ses coutumes, son administration, ses cultes et son art, ont des dimensions variables : les plus grands sont les sceaux officiels ; les autres atteignent rarement moins de 8 millimètres de diamètre. Us avaient mêmes destinations que les cachets grecs ou romains ; nouveauté à signaler : quelques-uns étaient suspendus aux cous des pauvres désignés pour prendre part à des distributions pieuses28. Tous les Byzantins d’un certain rang avaient à leur disposition, pour la correspondance privée, un ou plusieurs sceaux anonymes ; beaucoup portent le nom du titulaire ; néanmoins, neuf fois sur dix, on ne trouve qu’une invocation religieuse, accompagnée ou non d'une image

* A. Dumont, Inscr. cdramiq. p. 45-47, 395 sq. ; H. Léchai, Bull. corr. Ml. XI (1887), p. 208. — 2 Poltier et S. Reinach, O. I. VH (1883), p. 224; Nécrop. de Myrina, Paris, 1887, p. 187 sq. ; add. 223 sq. — 3 Nécrop. * Myrina, fig. 10, p. 187. — 4 Dresse!, Corp. inscr. lat. XV, 1, p. I sq. ; cf. P- «1 sq. (Monte Testaccio), cl pour les timbres sur poteries gallo-romaines Md. XIII, 3, 1. — 6 Colum. VII, 8, 7. — 6 Voir le sceau égyptien du Musée de Florence (Pcrnier, Mon. ant. XIV (1904), p. 488, fig. 92). On cachetait, en Égypte, les suaires des momies ; cf. Leclercq, Diclionn. d’arch. d‘rit. I, 2, p 2334 ct (;g 785. t Qf üatii, Bull, comun. XXXVI (1908), P- 48-52. — 8 Rubensolni, Jalirbuch, XX (1905), p. 12; add. p. 25, note 30. ~ 1 Voir C. i. lat. XV, p. 703, le tableau de celles qui se rencontrent sur les poteries « arrétines ». — 10 Eslampilles sur briques du mur d’Aurélien à Rome (Eghert, Suppl. Papers of the Americ. Sc/iool in Borne , Il (1908), p. 276-8), à inscriptions rectilignes (fig. 31-32) ou en cercle (33-34) ; Desremet, Inscr. doliaires (LihlioU,. des Écoles d'Athènes et de Rome, XV). — U A. Kisa, Das Glas im Allertuntc, Leipz., 1908, III, p. 921-967. — 12 Héron de Villefosse et Thédenat,

Cachets d'oculistes rom., 1887 ; Espérandieu, Bec. des cachets d'ocul. rom., 1894, C i lat. XIII, 3, p. 501-000. — 13 Babelon-Blanchet, Catal. des bx’onz. antiq. Paris, 1895, p. 719 sq. — U En creux les n01 2329, 2339, 2346. — 1» Ibid. 2333, 2344,

2348 2351. 1,1 Ibid. 2358, avec anneau de suspension. — 17 Ibid. 2390. — 18 Ibid.

2376, 2385, 2388, 2394; Forrer, Reallexikon, p. 258, fig. 198. — 19 Gusman, Pompéi, Paris '[1900], p. 28. — 20 A bh. d. Zilrch. Gesellsch. XV, pl. xtt, 30.

21 Qu a conservé quelques matrices de sceaux byzantins à cire, et même quelques

échantillons de ces cachets qui peuvent être du temps de Justinien (S. Petridès, Échos d'Orient, 1906, p. 216 ; 1907, p. 84 et 222). — ?2 G. Schlumbcrger, Sigillographie de l'Empire byzantin, Paris, 1884, p. 8. — 23 Peut-être avait-on remarqué que le plomb offre plus de résistance, car il ne se casse pas, et qu'un sceau avait ainsi plus de chances de durée. — 24 Schlumbcrger, Op. cit. p. 9. H y avait aussi des bulles de plomb enveloppées d'une feuille d'or ou dune feuille d'argent: ce sont celles dont se servaient parfois les grands personnages. — 25 Codin. De off. p. 34, Bonn.

2«Schlumberger, Op. cif.p. 10; P. Monceaux, Bull.de la soc. des axxtiq.de France,

1908, p. 223. — 27 Monceaux, p. 165. — 28 Schlumbcrger, Op. cit. p. Il et 13.

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de dévotion 1 ; les documents de quelque prix sont l'infime minorité.

Bien peu de ces sceaux sont antérieurs à Justinien (fig. 6449) s ; quelques-uns ont une légende de transition, latine d’un côté, grecque de l’autre 3. C’est que, bien qu’on les qualifie de byzantins, les sceaux de plomb n’ont pas été inconnus de l’Empire d’Oceident. C’est même en Italie que les plus anciens ont été frappés ; l’expression est de mise, car ils ressemblent à des monnaies ; ce sont de vraies effigies monétaires qui permettent de dater les premiers que l’on connaisse du milieu du ne siècle (fig. 6450)*.

D’autres ont été émis en Occident à l’effigie des princes de Constantinople: tel estle plomb, à légende latine, qui donne au droit le portrait de Galla Placidia, fille de Théodose, déclarée Augusta en 424 5. Les formules, très brèves, ne comprennent habituellement que le nom du titulaire, parfois accompagné du titre de sa fonction ; les dimensions sont moyennes, mais le flan très épais 6. Les papes ont imité ces modèles ; nous avons un spécimen d’Adéodat Ier (615-619) 7.

On trouve fréquemment dans les textes byzantins cette expression: ucppayU SoAogtovoi; ; elle désigne sans doute ces talismans, d’origine judéo-chrétienne, au type de Salomon transperçant le génie du mal figuré sous les traits d’une diablesse 8.

IL Signum , insigne , enseigne commerciale9.

Quelle que fût l’étroitesse des rues antiques, malgré les faibles dimensions des places publiques servant de marchés [agora, forum], l’utilité d’une enseigne, en façade d’une boutique de vente, ne pouvait faire doute : il fallait attirer 1 attention distraite, même l’arrêter sur un genre de réclame ingénieux. Pourtant nous n’avons pas un seul exemple àciter antérieur à l’époque romaine 10. Comment expliquer cette pénurie?

A l’origine, tout le commerce se fait sur une place, en plein air [mercator, pp. 4 733, 1733] ; au iv' siècle encore, le magasin s appelle cx-qv-ij 11 (tente-abri mobile)

1 Id. p. 14, 29-30, 56. — 2 Id. p. 80; cf. p. 418, deux spécimens : l’un, à légende latine, est au nom de Justinien ; l’autre, du vu" siècle, représente Héraclios avec ses deux fils. — 3 Ibid. p. 73. — 4 Fr. Ficorom, / piombi antichi, Roma, 1740, p. 2! sq., pl. iv, 6-8 (Marc-Aurclc et L. Vcrus), 9-10 Sept.-Sévère cl Caraealla), Il (Caracalla et üéla', 12-13 (Alexandre-Sévère). Aid. J. Sal.atier, Iconographie d'une collection choisie de 5000 médailles romaines, byzantines et celtibériennes, Saint-Pétersbourg, 1847-1860 ; Id. Ilev. arch. 1858-59, 1, p. 87 : sceau au nom de Jovin; R. Paribeni, Bull, dell’ Arcliioio paleografico italiano, I (1908), p. 77-94 ; bulles latines du Musée Kirclier, qui nomment entre autres un palriceetun exarque d’Oecident. —3 Ficoroni, pl. xi, 2. — OSclilumberger, p. 82, note I. — 7 Sabatier, Bev. arch. 1858-59, 1, p.98. — « Cf. P. Perdrizel, lier, des et ud. grecg. XVI ( 1903), p. 42-61. - Bibi.iogiiaphif. du paragraphe I.'Curtius] Ueber Wappengebrauch im griech. Alterth. dans Ahh. d. Berlin. Akad. 1874 ; G. Longus, Deanulissignatoriis antiquorum , Lugd. Balav. 1672 ; Kornmann, Betriplici annulo, Lugd. Balav. 1672 ; Ad. Furtwaengler, Die antiken Gemmen, Leipzig-Berlin, 1900; Ern. Babelon. Catal. des Camées antiques de la Bibl. Nationale, el Introd’. au Catal. Paris, 1897; Id. Coll. Pamert de la Chapelle, Paris, 1899; Xantboudidès, hn. 1907, p. 141-186; IL G. Hogarth, Journ. ofhell. stud. XXII (I902|

p. 76-93: Robert J. Bonner, The Use and Effect of Attic Seuls ( Ctassic . Phi-

vi te dressé ; dans l’économie .Agricole, il n’y ;i ni(-1|n marché qu’à certains jours ; une boutique de plancli... suflitau détaillant ;en latin, labernau[detabulae) rappelb ces modestes débuts de la vie commerciale. Plus Lan] on mil la boutique de planches en avant de la maison enfin le magasin fit partie de la maison ,3. 1] est probable aussi que le colportage, l'étalage improvisé des ambu lants (fig. 4923) ne furent point exceptionnels comme chez nous ; et enfin la réclame à plein gosier paraissait peut-être meilleure qu’un écriteau11. Ces raisons ne suffisent que pourLépoque ancienne ; mais nous connaissons mal la maison grecque. Beaucoup d’enseignes pouvaient être en terre cuite, ou autre matière, mais 1res sujettes à destruction. Sur la maison romaine, au contraire, les ruines de Pompéi nous ont renseignés. Les magasins sont presque complètement ouverts du côté de la rue, et l’entrée est délimitée de droite et de gauche par deux piliers où doivent, d’habitude, avoir été placés les signa 15. Souvent ils sont peints, et plus d’un a permis de reconnaître la destination de l’immeuble; les aubergistes et hôteliers [caupo] particulièrement ont recouru à ce procédé. Parfois néanmoins on lit une mention très simple : Hospitium Hggini Firmi 16. Mais voici plus d’invention : un marchand de vin a fait peindre Bacchus pressant un raisin17. Certaine auberge 18 élait ornée sur le devant de la peinture d’un éléphant, enserré dans les nœuds d’un reptile et défendu par un pygmée ; au-dessous : Hospitium hic locatur , triclinium cum tribus Jertis , et à côté de la grossière image: Sittius restiluit elephantu[m], nom du propriétaire qui l’avait fait restaurer sans doute. On désignait familièrement la taverne par l’animal représenté à la porte

Mais les représentations ne sont pas toujours claires pour nous : un combat de gladiateurs indique peut-être que des gens de cette classe se donnaient là rendez-vous ; une sorte de damier ou d’échiquier, figuré au seuil d’un cabaret, laisse à penser que c’étaitaussi un tripot20.

Cabaret encore, sans doute, la boutique que signalaient (fig. 6451 !

deux hommes portant sur leurs épaules une grande perche d’où pend une

lolog. 111(1908), p. 403 sq.) ; M. Ilcloclic, Z; Port des anneaux dans l'antiquité romaine, dans Mém. de l'Acad. des Inscr. XXXV, 2 (1896) ; Diclionn. d’arcli. chrét. I, 2 (1907), s. v. Anneaux (H. Leclercq); G. Schlumberger, Sigillographie de l Empire byzantin, Paris, 1884; voir en outre à anulus, gemmae et scai.ptcha.

9 (Juintil. Inst. or. VI, 3, 38: scutum illud signi gratia positum. — 19 Une inscr. de Santorin , (fuser, gr. XII, 3, 1027) porte cette simple formule: toT; - Ia b i g , au-dessous d’un phallus. Dédicace, dit-on, à leurs confrères, faite .par les membres d une association sous le patronage de Priape ; ou comme à Pompei, enseigne d’un mauvais lieu. — n Dem. XVIII, 169. — 12 Fcstus, p. 356; Isi'b Orig. XV, 2 — 13 11. Nissen, Pompejan. Studien, l.eipz., 1877, p. 634 i.

— 14 '-a e0Pa de Virgile danse devant sa boutique et invite les voyageurs. — 15 Ndsen, Op cit. p. 377, 3,9 ; voir la restitution d’une façade de magasin de comestibles dans A. Mau, Pompei in I.eben und Kunst 2, l.eipz. 1908, p. 280, fig. '4S-

— 15 Côté O. de Ins. IX, 7 (Mau, O. I. p. 419). — n Helbig, Wandgémtllde Campaniens, l.eipz. 1868, p. 9, n" 25 (monument détruit); Mus. Borbon. III, S0.

— '* O. de Ins. VII, 1 (Mau, L. e. ; Nissen, p. 379 ; Helbig, p. 400, n. 1601 ; Fiorelli, Giorn. d. seau. XIII, p. 24; Overbeck, Pompei 4, Leipz. 1884, p. 379); Corp. inscr. lat. IV, 806-807. — 18 c. i. lat. IV, 538, — 13 Ainsi Arlcmid. Onirocr. I, L çevoSoytïov ô îj v licwvùpov x«[a-/]7oç. — 20 Nissen, Ib.

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■impliore '. Vospitalis a gallo gallinacio de Narbonne 2 estsans mystère. Voici uneautre annonce qui devait surmonter une porte d’hôtellerie à Lyon : Mercurius hic lucrum promitlit , Apollo-salulem. Seplumanus hospitium cuinpritndio. Qui venerit, meli usutetur ; post hospes , ubi maneas, prospice3. Autres métiers: une chèvre indique un commerce de lait4 ; sur un relief, apposé par un boulanger, on voit un moulin que fait tourner un mulet6. Un tailleur de pierre [marmorarius] étale une annonce sans image (fig. 4833); un lapicide de Païenne-, en latin et en grec, cherche une clientèle cosmopolite6. Au mur extérieur d'une maison de Pompéi, où travaillait un menuisier, on voyait, d’un côté de la porte, Dédale (patron de

la corporation) devant Pasiphaé, de l’autre deux artisans sciant une planche 7. Un bas-relief8 signale un chaudronnier; un autre, montrant cinqjambons al ignés (fi g. 8432), a dû pendre au-dessus de l’étal d’un charcutier".

D’autres cas restent douteux 10 : ainsi deux bas-reliefs de Florence 11 représentent chacun, semble-t-il, un grand magasin d étoffes, où des acheteurs font leur choix, a la pièce ou ù l’échantillon (l’un d’eux est notre lig. 4920) ; on estime, en général, qu’ils rentrent dans la même catégorie. On a reproduit ailleurs (fig. 4924) un autre monument12 : une femme, armée d’un couteau, est assise dans un local que garnissent aux murs des oies, des porcs, un lièvre, et semble débattre un marché. Au-dessus des têtes, sont gravés, sans doute à l’éloge de la marchande, des vers de V Enéide13 qu’on s’étonne de rencontrer dans un marché de comestibles14. De son vivant, un cordonnier de Trêves fît sculpter la représentation des formes qu’il employait (fig. 3198) sur une stèle qui devint sa pierre tombale, mais auparavant avait peut-être signalé sa boutique l6. Après la vic- 1 " n '' l^e P- JDecius Mus, les boucliers dorés provenant 'lu butin passèrent aux mains des argentarii , qui les placèrent au-dessus de leurs boutiques ad forum ornan-

' Iicclcr, Gallus 3, III, p. 28 ; Gulil-Koner, Leben der Griech. nnd /loin. 5, lîcrlii p. 774 ; Gusman, Pompei, p. 217,-2 Corp. inscr. lat. XII, 4377 ; L. Frie, A™ e'; S,tten'ncU. noms C, Leips. Il (i889;f p. 42-43, rapproche à lort Cor,

"m '■?' 4IUi (‘nvite au rcpos S0,1S uu lois SMré)- - 3 Corp. inscr. lat. XII - • Guld-Koner, /oc. cit. — 5 Ovcrbeck, Üp. I. fig. 186, p. 379. — 6 Cor

lat. X, 72U3 ; Dessau, 7680. — 7 Ann. dell’/nst. X (I838|,p. 168. — a Gerliar! Bildw- p- 13°- «I ; •>“>>„, Verhandl. d. Sachs. Ges. d. Wiss. ph.n Ili, Il I ,/?’ P' 330 S<1' Visconti> Atti detc Accud. Ilom. XIII (4845). p. 251 ■ e Inst. 1861, p. 20; Jalm, toc. cit. p. 353. - 10 Ainsi le relief (Jaln ’ <|U° rreu ( Areh; A »*■ ‘V (1889), p. 101-2) donnait dubilativement poi 'lit H~h"m'irt °U 1 °" VOlt la Louli(lu<: d’ul1 charcutier, est sûrement funérair, Jalm o " ' L P' l ’,î' "°te 11 Uori> Inscr- ctr. Flor. 1734, II, p. 20-21

Koma i *» 3'1’3’ pl; u’ 2‘3- ~ 12 Uid. P1- Xl"> Zoega, Bassiriliev

Ul, f.' contra,rement Winckelmann y voyait, sans vraisemblanc,

L.onf.J", d° sarc°PhaSc i Oall. Giustin. Il, 112. -13 i, 007 sq. - 14 fins-.. 3S(i - ' '“clor’ Mau-Kelsey, Pompei, ils life and art, New-York, 1899, p. 37!

1 887 „ P!a être que la sigaature d'un ouvrier — 15 Sic Gatti, Bull, con ’ p' 6- — 16 Liv- IX, «h *6. - ” Cic. De orat. Il, 66, 206 ; Quin

dum 10 ; l’un d’eux devint très célèbre à Rome ; plusieurs auteurs, en effet, se rencontrent pour en fixer le souvenir 1 11 dominait l’une des tabernae novae 18 ; sur ce bouclier (in scuto cimbrico) était peint un Gaulois tirant lit langue'". Peut-être l’avait-on placé, ainsi que les autres boucliers, entre les deux étages des magasins, au-dessous des balcons [pehgula, maenianum], ou à la hauteur même des maeniana ; ceux-ci, aux tabernae veteres, avaient été peints par Sérapion, selon le témoignage de Varron 20 ; il s’agit peut-être des réclames de commerçants qui s’y adossaient. Un bas-relief en marbre 21 représente (fig. 6433) trois femmes nues, debout devant une autre assise et d'aspect matronal qui semble faire un signe engageant; il n’est pas défendu de penser avec Jordan 22 que c’esL là l’enseigne de quelque satax taberna 23 ; au-dessous du sujet, l’inscription bizarre: adsorores UH, en caractères qui indiquent l’époque des Flaviens. On a imaginé un lien de parenté entre les meretrices enlacées dans l’attitude des trois Grâces ’24 et leur patronne (lena ou conciliatrix)'*3 ; ou bien il faut rap-

Fig. 6453. — Enseigne des quatre sœurs.

procher ce monument de quelque autre, de nous inconnu, situé dans un carrefour et donnant son nomà une maison voisine. Tel était l’usage antique ; une maison n’avait généralement pas de numéro comme aujourd’hui ; même un domicile particulier, sans magasin ni trafic, était souvent nommé d’après une particularité de la rue ou une enseigne choisie par le propriétaire. Auguste naquit ad capita bubula 26 (dans la maison aux têtes de bœuf), Domitien admalum punicurn !1(n la gre-

Inst. or. VI, 3, 38 ; Plin. H. n. XXXV, 25. — 18 Quinlilien parle des tabernae veteres ; aussi H. Thédenal (Le Forum romain , Paris, 1908, p. Ui) suppose deux panneaux peints au môme sujet, se faisant vis-à-vis sur la place publique. — 19 Telle est l'interprétation la plus répandue. H. Laurent-Vibert ( XJélang . de Home , XX VI 1 1 (1908), p. 353-361) estime, avec quelque vraisemblance, que les boucliers pris à l’ennemi ne durent orner les tabernae qu’au jour du triomphe; le Gaulois peint, ce serait une décoration cimbrique, non romaine. — 20 Ap. Plin. H. n. XXXV, 113 ; cf . Vitruv. V, 1, 2. — 21 Gerhard, Berlin’s ant. Bildw. 1836, p. 125, n° 340 (prov. Komc), paraît croire à un relief funéraire. — 22 Archüot. Zeit. XXIX (1872), p. GG sq. ; la fig. à la p. 65 ; signum , disait aussi déjà V»sconti (Aid delV Accad. Rom. ibid.) ; Bull. d. Inst. 1861, p. 20 ; Jalm, loc. cit. noie 242. — '23Catull. XXW1I, 1.— 24 plulôlque les très Fortunae, xçt<r«witTix«t (Ant/i. Plan. IV, 40) ; cf. Jordan, O. c. p. 77 sq. — 2o Pour les lupanars, les insignia les plus fréquents étaient : les serpents symboliques (et prophylactiques), quelque genius loci , ou un phallus (Gusman, Pompéi , p. 259 sq. ; add. Üverbeck, Pompei, p. 380) ; mais il ne faut pas oublier que le phallus est un 'üitotoonaiov de portée très générale [amui.etum, fascinum], — 26 Suet. Aug. 5, 1. — 27 JJ. Dom. 1,1. Domo quant postea in templum gentis Flaviae convertit.

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natle). Ces expressions désignent peut-être il la fois la maison même 1 et le viens avoisinant, l’un ayant emprunté son nom à l’autre. Le marchand ab Hercul(e) Primig(enio) 2 avait un Hercule à sa porte ou dans son voisinage ; on ne saurait rien affirmer de plus. Visconti a cité 3 nombre d’exemples analogues. On peut rapprocher des noms de stations qui figurent dans les notices géographiques et les itinéraires : ad aquitain majorent (ou minorent), ad Mercurios , ad yallum gallinaceum, etc.1, sans doute des lieux-dits, qualifiés d'après l’enseigne de l’auberge et relai, qui y était le principal (ou le seul) vestige de vie humaine.

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