‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 96 sur 137 · CP · texte numérisé non relu

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Fig. G455. — Sigyna.

Irer la sigyne. Les nécropoles de l’âge du bronze et du début de l’âge du fer, tant dans Vlllyricum' qu’en Chypre2, fournissent de longues pointes â douille, cylindriques ou quadrangulaires, mesurant de 0m,40 àO”, 80^fig.64o5), qui correspondent peut-êtreau peuque les textes nous apprennent de la sigyne. A. J.-Reinach.

SILENTIARIUS. — Ce nom désigne d’abord, sous l’Empire, des affranchis impériaux et des esclaves de riches particuliers chargés de maintenir l’ordre et le silence aux réceptions 1 .

Au Bas-Empire 2 on trouve à la cour, sous les ordres du praepositus sacri cubiculi et du magister officiorum , une milice composée de trente silenliarii et de leurs chefs, les trois decuriones, sans compter les surnuméraires, placés au-dessous des agentes in rebus. Ils ont pour fonction principale de monter la garde en armes devant le cubiculum de l'Empereur et surtout devant les portes du consistoire, quand il y siège, et de faire faire silence2. Ils sont chargés souvent aussi de missions extraordinaires dans les provinces4.

De 415 à 437 une série de lois 5 leur donne, àleur reirai te, obtenue au bout de treize ans de service, l’entrée au Sénat avec la dispense de la plupart des charges sénatoriales et des mimera sordida °. En Orient, d’après une loi de 499, ils sont sénateurs, étant en charge. Cu. Lécrivain.

SILENUS [SATYRl].

SILICARII. — Ouvriers chargés de paver les roules nécessaires pour le service des aqueducs, et de remettre en état celles qu’on avait dégradées en plaçant les conduits ou en construisant des canaux1. E. Lauatut.

SILIQUA (Kspotxtov). — Unité de la monnaie d’argent byzantine de Julien à Héraclius1. La siliqua pesait normalement 2g,',273 et correspondait comme valeur à une silique d’or, c’est-à-dire 1/1728 de la livre de ce métal ou 1/24 du soliüus. F. Lknormaxt.

Fig. 6456.

Silphium.

les anciens le nom de

SILRIIIIî.M (SïXtptov). — Ce nom désignait chez les Grecs et chez les Romains divers végétaux et produits végétaux dont le plus célèbre est le fameux silphium de Cyrénaïque. Les Grecs l’appelaient aussi silphium de Ratios, Bxttou aOtoiov1, soit parce qu’il était dédié à Rattos, le fondateur de Cyrène, soit parce qu’il provenait de la Cyrénaïque. On le trouve aussi dénommé parfois ouo;, c’est-à-dire suc, le suc par excellence. Le produit tiré de la racine était appelé piÇiaç, celui qu’on tirait de la lige xauXîaç2. Les Romains appelaient d’ordinaire le silphium laserpitium3 ou laserpicium , laser , sirpe 4, el, comme chez les Grecs, ces mots désignaient tout à la fois le végétal lui-même et le produit qu’on en tirait. En dehors de la Cyrénaïque mentionnent aussi d’autres plantes sous silphium: dans l’Inde5, dans la Médie6, dans la Parthie1, dans laBactriane8, dans l’Arménie9, dans la Syrie10. Ces diverses espèces de silphium exlra-cyrénéen, appelées parfois magydaris , servaient à falsifier11 le silphium de Cyrénaïque, de beaucoup le plus précieux.

Ce dernier était le produit caractéristique de la région cyrénéenne 12 qualifiée de utXtpiotpdpoç, laserpicifera *3. Sur la fameuse coupe (tig. 4465) dite d’Arcésilas **, près du roi de Cyrène se tient un personnage dont la fonction, comme l'indique la légende: trXttpogid/oç (pour tïtX<pio|/.â'J/oç), est de faire la récolte du silphium. En outre, le silphium ne figure que sur les monnaies de la Cyrénaïque15, el il y figure si souvent que les documents numismatiques complètent de la manière la plus heureuse les textes littéraires. On y voit en effet représentées la tête16, les feuilles17, la tige 18, la racine l9, el même la plante tout entière20. Les racines étaient nombreuses et épaisses, les feuilles opposées entre elles et semblables à celles de lâche, la fige longue, le fruit cordiforme (fig. 6456 et 6457) 21 . C’est ce dernier caractère qui avait fait attribuer par erreur à la ville de Cardia en Thrace des monnaies anépigraphes dont l’origine cyrénéenne n'est pas douteuse.

Fig. 6457.

I Mitth. aus Bosnien, III, p. 18 ; Vl,p. 81 ; VIII, p. 9 ; IX, pl. xi.v. — 4 G. Colonna- Ccccaldi, J lev . arch. XXXVII (1879), p. 374 ( Monum . antiques de Chypre , 1882, !'■ 1 î0)' proposait de reconnaître la sigyne dans une lame de bronze delà collection Ccsnola ( Cypern , pl. xi) mesurant 0 m. C45. Celle lame en feuille de laurier avec forte nervure centrale qui se prolonge par une lige finissant en crochet est probablement un poignard du type chypriote [primo, p. 5804], On doit plutôt considérer comme une sigyne la broche en bronze terminée par une douille et longue de 0 ni. 79 (fig. G45fi), que Colonna-Ceccaldi dit avoir vue dans la collection Cesnola. J.-L. Myres, luc- eu. p. 273, à qui l'article de Ceccaldi a échappé, voit des sigynes dans plusieurs broches cylindriques à douille en fer provenant de la nécropole de Tamassos, dont la plus grande mesure Û m. 735, et d'autres en bronze mesurant de 82 à 90 cenlimèbes. Iles pointes de ce type, mais dontla longueur nedépassepasOm. 30, se retrouvent dans les lombes des mercenaires chypriotes à Tunis, du vu" siècle (l’Iinders Pelrie, ’iiinis, II, pl. ul et Bronzes British Muséum , p. 345). Myres incline à expliquer l>ar I intermédiaire des envahisseurs indo-européens de la Cappadoce, au vivs siècle, lu présence de la siyyna à la fois dans les régions balkaniques et en Chypre. Sur Cette théorie, cf. R. v. Lichtenberg, Beitrcïye s. ültesten Gesch. Kypros, 1906.

81I.ENTIAK1 1. 1 Scnec. Ep. XLV1I, 3 ; Corp. inscr. lat. VI, 2, 9041-42, 6217. L'in- ' l'I’Ho" Orelli 3193 qui mentionne un sifenfianue parait suspecte. — 2 Cad. Theod. 6, - ' ’ s. 7, a ; Cod. Just. 12, 16. — 3 Ambros. Or. deobit. Valent. 26 -.Salvian. de Guli. ’ b 4’ 06 I Philostorg. 7, 7 ; Agatli. 5, p. 106 ; Evagr. 3, 29 ; Procop. Bel. Per. 2, 2t beAed.i, 8 ; Cyrill. Scylliop. Vit.s.Sab. 51; Rulil. Numat. I, 563 ; Orelh-Henzen,

II U- Le consistoire, soit seul, soit plus lard en Orient réuni au Sénat, s'appelle pour

mison silentium , silentiaricum (Cedren. p. 359, 476; Justin. yVor. 02). ~ Ulhanas. Apol. 2 ; Ainniian. 20,4; Symmacli. Ep. 24; Julian. Ep. a<l sen. pop. Ath.

’C. Th. 6,23, 1-4; il, t8, l’un. ; G, 2, 21 ; C. Just. 12, 16,1-4. —6 C.Just. 12 16 5

SILICARII. l Frontin. Aquaed. 117.

SILIQUA. i Cod. Theodos. XII, 4, 1 ; Novell. Majorian. Ce curial. VII, 16; Cod. Justin. IV, 32, 3G, 1 ; VIII, 13, 1 ; Cregor. Epist. II, 38; Basilic. XXIII, 3, 75; Marini, Cap. diplom. pap. LXXX, p. 125; Boeckh, Metrol. Untersuch. p. 160.

SILPHIUM. 1 Schol. Aristoph.ad Plutum, 925 ; Hesych. s. ii0 Hiitiu «rtXçtov; Suidas s. i>° <rtXoiov. D’après le Thésaurus linguac graecae , les premières mentions du silphium se trouveraient daus Solon et dans Sophocle. — 2 Theophrasl. Hist. plant. VI, 3; Plin. //. nat. XIX, 3, 13. — 3 Forccllini s. v° laser : Isid. Hispal. Elyniol. XVII, 9. — 4 Plant. Bud. v. 630 ; Solin. XXVIII, 48. — 5 Arrian. Exp. Alex. III, 28 ; Isid. H isp. Etymol. XVII, 9.-6 Strab. XI, 3, 7 ; Plin. XIX, 3, 15 ; XXII, 23, 48 ; Dioscorid. Mat. Med. III, 84; Steph. Bvz. s. v°. Euslath.

ad Dionys. Perieg. v. 1017. — 7 Plin. XXII, 23, 48. — 8 Ael. Hist. var. XII, 37; Strab. XV, 2, 10. — 9 Plin. XIX, 3, 15; Dioscor. L. c. — 19 Plin. XXII, 23, 48 ; XIX, 3, 16 ; Dioscorid. Mat. med, III, 84. — H Plaut. Bud. III, 2, 19; Plin. XIX, 3, 16; Diosc. Z. c. — 12 Thcophr. Hist. plant. IV, 3; Autiphan. ap. Alhen. III, 58. — 13 Catull. Carm. VII, 4. — 14 Cf. De Ridder, Catal. des vases peints de la Bibl. nat. lr* partie, 1901, p. 98-102, et Babelon, Le Cabinet des Antiques à la Bibl. nation. 1887-88, p. 37-40 et pl. xu. — 15 Cf. sur les monnaies de la Cyrénaïque : Numism. de l'anc. Afrique ; F. Bonipois, Médailles grecques autonomes frappées dans la Cyrénaïque , 1869 ; et les ouvrages généraux de Barclay V. Ilcad, Historia numorum , 1887, p. 725-735, de Babelon, Traité des monnaies grecques et romaines , 2ni» pat tic, vol. I, 1907, col. 1335-1364. — 16 Muller, I, n° 1. — n |d. I, no 4. m jt no. 15 16, 17, 19. — 19 ld. I,

n° 2. - 20 Id. 1, nos 2, 3, 18, 21-24, 29 ; Babelon, Traité , pl. i.xm. — 21 Theophr. Hist. plant. VI, 3; IX, 1; Plin. XIX, 3,15; Dioscor. L. c. : Miiller, I, 11** 9,11. 25, 27, 31, 32; Bompois, pl. 1, n°* 1, 2, 3, 5, 6, 7.

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L’origine de ce précieux végétal est inconnue. Théopli aste et Pline 1 racontent que le silphium fît son apparition, près des jardins des Hespërides (région de Benghazi), à la suite d’une pluie poisseuse, sept années avant la fondation de Cyrène 2 ('environ 630 av. J.-C.). Celte tradition permet de supposer avec Belley3 que les graines du silphium ont pu être apportées de l’intérieur de l’Afrique dans la Penlapole par un de ces vents violents qui soufflentdu midi. D'ailleurs, le fait du recul progressif de la plante vers le sud semble bien confirmer l’hypothèse de l’origine méridionale du silphium. Croissant le plus souvent dans les montagnes, le silphium était rebelle à la culture 4. Transporté en Ionie et dans le Péloponnèse, il ne réussit pas 5. Sans doute, il ne pouvait guère s’accommoder du sol trop riche et trop humide des terrains cultivés. Cependant, au temps de Synésius6 (mort vers 415 ap. J.-C.), il y avait quelques cultures de silphium, mais d’une grande rareté.

L’aire géographique du silphium a certainement varié, et le précieux végétal a reculé progressivement vers le sud. Hérodote, Scylax, Théophraste 7 nous disent que le silphium se rencontrait le long du littoral et à peu de distance de la côte sur les pentes du plateau. Par contre, Posidonius, suivi par Strabon 8, repousse jusqu’en plein Sahara le domaine du silphium. Pline9 et Arrien10 le placent près des oasis de Libye. Tel paraît être aussi l’avis de Plolémée11. Pour expliquer ces divergences, on peut admettre qu’au temps d’Hérodote, de Scylax et de Théophraste, le silphium est encore localisé dans la Pentapole cyrénéenne. Au temps de Posidonius il faut aller le chercher jusque dans les solitudes du désert libyque. Que si, au témoignage de Synésius12, il s’en trouve encore quelques cultures dans les jardins près de Cyrène, il s’agit là de cultures artificielles comme les cultures de plantes exotiques dans nos jardins et dans nos serres.

Ce déplacement vers le sud eut naturellement pour résultat de rendre le silphium de plus en plus rare. Les nomades du désert libyque pillaient les convois de cette précieuse marchandise ou exigeaient des caravaniers des droits de passage exorbitants. En d’autres cas, au cours de leurs razzias ils coupaient les racines l3. D’autre part, Pline14 et Solin15 attribuent, non aux nomades, mais aux habitants de la Cyrénaïque, la destruction du silphium. Pour Pline c’est la faute des publicains. Pour Solin, dontl'explication estbeaucoup plus vraisemblable, ce sont les Cyrénéens qui, pour échapper aux exigences du fisc, arrachèrent le précieux végétal. Quoi qu’il en soit, le silphium devint de plus en plus rare. Au temps de Plaute16 il parait avoir été assez commun, et César

l Tlieophr. Hist. plant. VI, 3; De caus. plant. 1,5; Plin. XIX, 3, 15. — % La date de la fondation de Cyrène ne peut être fixée avec précision. Cf. Busolt, Griech. Geschichte, 1 (1885), p. 343-5.— 3 Mém. Acad. Inscript. Hist. XXXVI (1774), p. 22. — 4 Tlieophr. H . pl. VI, 3 ; De caus. plant. III ; Plin. XIX, 3,

15. — 5 Hippocr. De morb. IV, 34. — 6 Synes. Epist. 106. — 7 Herodot. IV, 169; Scylax, § 108; Theophr. Hist. plant. VI, 3. — 8 Posidon. in Slrab. II, 2,

3 ; Strab. II, 5, 33 ; II, 5, 37 ; XVII, 5, 23. — 9 Plin. V, 5, 5. — 10 Indie. XLIII,

13. il IV, 4, 5. — 12 Epist. 106, 133. — 13 Strab. XVII, 3, 22. — 14 XIX,

3i 15. 15 XXVII, 49. — 16 Bud. III, 2, 629-630. — 17 Plin. XIX, 3, 15.

18 XVII, 3, 22. — 19 XIX, 3, 15 ; XXII, 23, 48 ; Scribon. Largus, De comp.

medicam. LXVII. — 20 Cependant Dioscoride (Mat. med. III, 84) distingue bien

le silphium de Médie du silphium de Cyrénaïque. — 21 Alexandrid. in Fragm . hist.

dictateur en trouva une grande quantité dans Y aéra ritim'1. Mais quelques années plus tard, Strabon 18 nous dit (pie le silphium avait à peu près disparu. Celte dispu rition est chose faite au temps de Pline19. Sans doute des écrivains postérieurs à Pline, tels que Galien, Végèce' Synésius, font encore fréquemment mention du silphium, mais ils en parlent comme d’une marchandise extrêmement rare et par conséquent de très grand prix. Peut-être aussi font- ils souvent allusion au silphium de Médie20, et non au véritable silphium de Cyrénaïque.

Marchandise rare, le silphium de Cyrénaïque était naturellement une marchandise très précieuse. Les habitants d’Ampélos, ville de Libye, en envoyèrent une tige à Delphes21. Les Romains imposèrent aux Cyrénéens un tribut de trente livres de silphium, et cette denrée fut déposée dans le trésor public avec les matières d'or et d’argent. Au commencement de la guerre civile, César dictateur put tirer ainsi de Y aerarium quinze cents livres22 de silphium ! En Grèce l’expression de Ba-riou <j { X <p i o v était passée en proverbe pour désigner de grandes richesses 23. Enfin, au témoignage de Macrobe24, Auguste, jouant sur les mots, appelait Mécène laser Aretinum, c’est-à-dire son très « cher » ami d’Arezzo.

Cette cherté du silphium, qui s’accrut nécessairement avec la rareté de plus en plus grande de la plante, s’explique d’ailleurs par la multiplicité des usages auxquels il était affecté. C’est avec raison que le scoliaste d’Aristophane 25 qualifie le silphium de plante très estimée, |3o ibi) ttoXuti'iatjto;. Toutes les parties du végétal : feuilles, tige, fruit, racine, étaient employées, et à des usages variés 26. En outre, le silphium de Cyrénaïque était remarquable par son parfum, surtout le silphium des terrains secs21. En effet, et Théophraste le remarque avec raison 28, c’est là une loi générale pour toutes les plantes à parfum. Par contre, les silphiums de Médie et de Syrie répandaient une odeur très désagréable29! En cuisine l’emploi du silphium était fréquent. Rôtie ou bouillie la tige était mêlée à des condiments variés. La plante servait aussi pour la préparation de la saumure et d’une espèce de vinaigre fort réputée. Mélangée avec du miel, de l’huile et du fromage elle formait une sauce très appréciée des gourmets [conmmenta]. 11 serait trop long d’énumérer ici les usages culinaires30 si variés de ce précieux végétal. On pourrait en dire autant de ses applications thérapeutiques. Le silphium de Cyrénaïque semble, en effet, avoir été dans 1 antiquité la panacée la plus en vogue. Pline31 consacre plusieurs pages à l’énumération de ses multiples vertus. Comme l’encyclopédiste latin, les médecins Hippocrate, Galien, Dioscoride, etc., font fréquemment mention des vertus médicinales du silphium de Cyrt-

graec. de C. Muller, III, p. 100-107; Scol. Aristoph. ad Plutum, 925. — 22 1 1,11 XIX, 3, 15. — 23 Schol. Aristoph. ad Plutum 925; Hcsych. Suid. s. »" 110 "

<r i X ® i o v. — 24 Saturn. II, 4, 12. — 23 Ad Plutum, 925. — 23 Théophile- Plin. XXII, 23, 48-49.-27 Suid. Favorinus s. »“ : Diosc. L. c.

caus. plant. VI, 18. — 29 Diosc. L. c. — 30 Cf. Aristoph. Equités, 893 sq. 534,1582, Mul. conc. 1171 sq. ; Theophr. Bist. pl. VI, 3; Haut. ^ v. 810; Cato, De re rust. CXVI; Petron. Sut. XXXV; Plin. XIX, 3, P’, 1 ^

L. c. ; Coluin. De re rust. XII, 7; Solin. XXVIII ; Apic. De arte coquin. - II, 1, 2; VII, 1, 9; Suid. s. cüeiov; Athcn. Il, 04, 67, 77 ; » ’

68, 69; VII, 84, 86, 120, 124 ; XIV, 82. A remarquer que le scol. d Ans o|

( Avcs , 534, 1582) qualifie de ^Sûocruov le silphium qui, ailleurs (Lqui reçoit l'épithète de xâxoffuov. — 31 XXII, 23, 48-49.

Fig 6458. — Silphium.

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( uei ]jC bétail lui aussi participait au traitement par ^'"silphium. Théophraste nous dit2 que les feuilles de la ' luite purgeaient les animaux de la race ovine. Aussi pissait-on le petit bétail paître dans la montagne en hiver et au printemps. Les bêtes purgées par le silphium Paraissaient d’une manière singulière, et la qualité de pair chair s’améliorait beaucoup 3. Parfois cependant ces heureux résultats ne se produisaient pas, et sur ce point, comme sur plusieurs autres relatifs au silphium, les textes •Uiciens, surtout ceux de la basse époque, ne s’accordent ‘ s toujours entre eux. A n’en pas douter, certains auteurs de l’antiquité n’ont connu qu’indirectement et d’une manière assez vague le précieux végétal. Enfin, l’agriculture elle-même tirait parti du silphium de Cyrénaïque4. Un peu de laser dilué dans du vin et répandu sur le sommet des grenadiers corrigeait, dit-on, l’acidité

des fruits. . .

L’antiquité gréco-romaine nous a donc laisse sur le silphium de Cyrénaïque des documents assez nombreux et variés : monnaies cyrénéennes antérieures à l’occupation romaine 5, coupe d’Arçésilas, textes littéraires parfois fort détaillés comme ceux de Théophraste et de Pline l’Ancien. Il semble donc qu’il serait facile d’identifier la plante et de la retrouver dans une des espèces de la flore de la Tripolitaine cataloguées ou décrites par Viviani “, Florae Libycae Specimen, Ascherson ' (P.), en appendice à la relation de Rolilfs, Kufra, Cosson(E.) 8, Révision du Florae Libycae Specimen de Viviani. Cependant le problème n’a pas été résolu, et, malgré le nombre considérable des publications consacrées a la question par les archéologues et surtout par les natmalisles, nous ne savons pas encore d’une manière exacte à quel végétal correspond le mystérieux silphium de Cyrénaïque. Du moins, on est en général d’accord pour y reconnaître une espèce d'ombellifère et déclarer que le silphium antique n’a rien de commun avec les silphium de Linné (famille des composées), originaires d’ailleurs de l’Amérique du Nord. Beaucoup de naturalistes croient pouvoir l’identifier avec le thapsia garganica de Linné, que les Berbers de l’Afrique du Nord appellent drias, adrias , derias , derries (bou-nefa en Algérie). Telle est l'opinion du voyageur Délia Cella (1817), de Viviani, qui examina les échantillons rapportés par le précédent, de Pacho, de Barth, de C. Fraas, de Lenz, de Rolilfs, etc. 9. Celte identification, très souvent admise, doit certainement être rejetée, car par tous ses caractères le thapsia garganica diffère profondément du silphium de Cyrénaïque. Le premier est très répandu dans les pays riverains de la Méditerranée occidentale, le second avait, au contraire, une aire géographique très limitée. Les caractères botaniques du silphium : tige allongée, feuilles opposées, graines cordiformes, diffèrent également de

1 Aristoph. Plut. 719 ; Mu.1. conc. 40 V; Hippocrat. De morb. muliebr. passim, De rations vidas in morb. août. (édit. Littré, li, p. 487, 4S9) ; Theoplir. Hist. plant. VI, 3; Columeli. De re rustic. VL 17; Plia. XIX, 3, 15; XX 11, -3, 48-49; Solia. XXVIII ; Aelian. Hist. anim. V, 37; Dioscorid. Mat. med. lit, SV; Nicandr. Alcxaudr. Theriaca v. 84-86, 697 ; Alexipharmac. v. 309, 369. Les index d Hippocrate (édit. Littré, vol. X) et de Galien (édit. Külm, vol. XX) renferment de nombreuses mentions relatives aux vertus thérapeutiques du silphium. — 2 Hist. plant. VI, 3.-3 plia.. XIX, 3, 15; Vcgct. Mulomedicus, 111, 48; V, 46, 59, G4.

— 4 Colurn. De re rust. V, 10; De arb. 23; Pallad. De re rust. IV, 10; Oeoponica. IV, 7; V, 48 ; XIII, 10. — 6 Le silphium ne ligure jamais sur les mounaies de la Cyrénaïque romaine; cf. Muller, I, p. 153. — 6 1824, fol. Gènes.

— 1 Kufra , 1881, in-8, p. 386-559. — 8 In Bull. Soc. botanique de /'rance, XII 11865,. p. 275 ;sr,t 9 Oella Cella (P.), Viaggio di Tripoli, 1817, p. 127; Viviani, Florae libycae specimen, 1824; Pacho (J. R.) Relation d un voyage dans

ceux du thapsia. 11 en est de même pour les propriétés absolument dissemblables de ces deux végétaux. Le silphium avait un goût agréable, le tbapsia est un vésicant, employé pour la préparation d emplâtres liés énergiques. Les anciens usaient du silpbium connue d’un condiment, les produits tirés du thapsia sont des substances dangereuses et à administrer avec réserve. Le silphium engraissait le bétail, le drias est souvent mortel aux chameaux10. 11 est vrai que son action varie d’intensité suivant les époques de l’année et les variétés de drias. Néanmoins, les indigènes musèlent souvent leurs chameaux pour les empêcher de brouter le drias, surtout pendant l’été au moment de la maturité de la graine. Enfin les anciens connaissaient fort bien le thapsia et quelques-unes de ses propriétés. Pline l’Ancien11, qui nous raconte que Néron employait des cataplasmes de thapsia, d’encens et de cire contre les contusions, a bien soin de distinguer le silpbium et le thapsia.

D’autres hypothèses ont été émises. Deniau1- identifie le silpliium avec Yassa foetida. Mais il y a entre ies deux végétaux des différences radicales, et d ailleurs les anciens eux-mêmes avaient eu soin de ne pas confondre les deux plantes. Ils connaissaient Yassa foetida sous le nom de silphium medicum. Dans un mémoire de 1869, OErstedt13 signale une espèce du genre ferula différente de celle d’où l’on tire l’assa foetida de Perse: c’est le narthex assa foetida, ombellifère gigantesque observée en 1838 par Falconer dans le nord du Kachmir. Telle est l’analogie entre cette plante et le silpbium antique que OErstedt suppose au moins une étroite parenté entre les deux espèces. Une autre ferula , la ferula vesceritensis , a été également rapprochée du silphium à cause de ses fruits cordiformes14, indication insutlisante pour justifier une identification plausible. La flore méditerranéenne ne compte pas moins de 70 variétés de ferula , dont plusieurs ( ferula vesceritensis, ferula tingitana) présentent quelques analogies extérieures plus ou moins marquées avec le silphium. Comment assimiler une espèce aussi répandue à une espèce aussi étroitement localisée que le silphium de Cyrénaïque ? Pour le même motif il ne nous parait pas possible d admettre d’autres identifications proposées : avec le laserpitium gummiferum qui produit une gomme aromatique et pousse dans l’Espagne du sud et dans 1 Afrique du nord ; avec le laserpitium siler , ombellifère signalée dans le sud-est de la France et, d’ailleurs, fort répandue dans les contrées montagneuses de l’Europe méridionale. A. Macé15 a invoqué à l’appui de cette conjecture divers arguments : transmission du nom depuis 1 anliquité, analogie de certains caractères botaniques et de certaines propriétés. Le laserpitium siler serait un purgatif, un tonique, il engraisserait le bétail dans les montagnes de

la Marmarique, 1827-29, p. 247, 285 ; Barth (H.) Wanderungcn dnrch die Kùsten- Kinder des Mittelmeeres, 1849, p. 469 ; Fraas (G ), Synopsis plantarum florae classicae, 1845, p. 145-146 ; Lenz (H. O.), Botanik der allen Grieclien and Rômer, 1859, p. 569-571; Rolilfs (G.), Von Tripolis nach Alerandrien, 1871, vol. 11,

p. 7-12, 10 Cf. Délia Cella, p. 127; Pacho, p. 251; Barth, p. 468-9; Rolilfs, I,

p. 121, 145 ; Laltle in Esploralore, V (1881), p. 171. — >1 XUI, 22, 43. — 12 Le Silphium ( assa fœtida) précédé d'un mémoire sur la famille des ombetlifères.... 1868, in-4. XXIV, tCO pages. Celle thèse renferme de nombreuses indications sur les travaux d'aucieus naturalistes relatifs à la question du silphium. — 13 Rericht. der dânisch. Akad. der Wissensch. 1869. L. Muller indique les conclusions do co mémoire dans le supplément de sa Numism. de l'anc. Afrique 1874. — 14 OErstedt iu Millier, O. c. p. 108. — 15 Les voyageurs modernes dans I ta Cyrénaïque et le silphium des anciens in Rev. archéol. XIV (1857), vol. I, I p. 143-160, 227-237, 338, 354.

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la Chartreuse où les botanistes 1 signalent sa présence. Remarquons en passant que le laserpitium si/er est aujourd’hui complètement étranger ù la llore de la Cyrénaïque et même ù celle de l’Afrique du nord. Le promoteur de cette hypothèse ne la propose, d’ailleurs, que sous toutes réserves. Tout récemment, M. Vercoufre a proposé une identification nouvelle2. Le silphium, dit-il, venait de l’Afrique orientale d’où les caravanes le transportaient à Cyrène, et les Cyrénéens l’expédiaient sur les marchés de l’Europe. N’ayant jamais vu la plante, entière, ne la connaissant que par quelques-unes de ses parties, les Cyrénéens n’ont pu ni la décrire exactement, ni la représenter toujours avec fidélité sur leurs monnaies. Ils supposèrent par analogie avec les autres espèces de silphium que ce devaiL être une ombellifère. L’auteur n est pas de cet avis et il identifie le silphium de Cyrénaïque avec un des plus grands palmiers connus, qui peut atteindre 40 mètres de hauteur, le Lodoicea Sechellarum, découvert au xvmc siècle dans l’archipel des Seychelles, au nord-est de Madagascar. Si l’on brise le noyau -du fruit, c'est-à-dire la coque du coco, on y trouve une substance solide, blanche, huileuse, qui correspond au silphium proprement dit. Pour concilier ceLle hypothèse paradoxale avec les données botaniques, l’auteur rejette la plupart des documents anciens comme entachés d'erreur et se borne à signaler quelques analogies peu caractéristiques, et insuffisantes, nous semblet-il, pour justifier son opinion.

Mieux vaut conclure3 que le silphium n’a pas été retrouvé par les naturalistes. En effet, aucune des plantes signalées, jusqu’à ce jour, ne correspond exactement au végétal antique. Par sa localisation très restreinte, par ses caractères extérieurs représentés sur les monnaies cyrénéennes, enfin par ses propriétés si nombreuses et si énergiques décrites par les auteurs grécoromains, le silphium de Cyrénaïque est bien pour nous un végétal à part. On pourrait objecter que les représentations numismatiques ne sont peut-être pas exactes de tout point. Cependant, les monnaies cyrénéennes figurent avec beaucoup de précision nombre d’objets appartenant à la flore et à la faune du pays : l’épi de blé, la datte, la gerboise, la gazelle, le caméléon, etc. Le silphium, plante si précieuse, gloire et richesse de Cyrène, a dû être représenté avec non moins de soin. Nous sommes ainsi amenés à choisir entre deux hypothèses : ou bien le silphium a disparu de la Cyrénaïque, ou bien il n’a pas encore été retrouvé. On mentionne

en effet des plantes qui disparaissent de la llore dm, pays sans qu’il se soit produit de variation apppéciahl,. de climat et en dehors de toute intervention de l’homme 4 D’autre part, certains végétaux ont été retrouvés après une longue disparition, comme le papyrus. A. Rainai „

SILVA. — Les bois et forêts, soit des particuliers, soit de l’État, soit des villes, soit des temples, ont occupé dans le monde romain une surface considérable, mais l’étendue même de la richesse forestière en a fait négliger la réglementation administrative.

L Les bois des particuliers sont, en général, soumis aux règles du droit commun. On peut distinguer les bois taillés et futaies (si/vac caeduae)' , soumis à des coupes régulières et qui fournissent, en outre, des bois de construction pour le commerce ou les besoins de la ferme2 et les silvae pascuae, dont les meilleures sont les silvae glandiferae , où se pratiquent la dépaissance et la glandée3. On peut ranger dans le second groupe les saltus qui sont à l’origine des bois et des terrains de pâture, silvae et pastiones \ situés dans des territoires montueux et d’exploitation difficile ; à ce point de vue, le saltus s'oppose généralement au fondus 6, quoique ce mot ait fini par désigner les grands domaines en général, composés de bois, de pâturages et de terres arables [latifundia, p. 958]. La plupart des saltus ont appartenu primitivement à l’État romain soit dans l’Italie, soit dans les provinces; mais beaucoup ont été usurpés par des particuliers, par exemple les subseciva 8 [loua relicta] ; les assignations coloniales elles-mêmes ont souvent ajouté aux lots de terres des portions de pascua , de silvae , sur des montagnes, dans des loca aspera , soit pour des propriétaires isolés, soit comme cornpascua pour plusieurs propriétaires réunis7. Les bûcherons ( putatores ) figurent parmi les esclaves des domaines8; la police des bois et des saltus appartient aux esclaves et affranchis dits salluarii [stationarius]. L’usufruitier de bois doit en user en bon père de famille et suivant l’aménagement usité pour les bois taillis; il ne peut couper dans les autres bois que pour l’usage du domaine en y prenant des échalas [pâli), des arbres morts pour les réparations, sans couper les futaies; il a le droit de chasser et de recueillir le revenu des chasses8. Les bois sont soumis à l’impôt foncier, ont, à ce titre, une place spéciale sur les cadastres, soit comme pascua, soit comme silvae caeduae 10 ; au Bas-Empire, en Syrie, les pâturages de montagne constituent la dernière classe et paient leur redevance en argent". Ces terrains com-

1 Cariot, 338-354, Guide du botaniste à la grande Chartreuse, 1856, p. 25.

— 2 Vercoulre, Identification du silphium , 1908. — 3 Comme OErstedt in Muller, O. c. I, p. 107-108; Ascherson in Esploratore, VI (1882), p. 1-5.

— 4 De Candolle, Origine des plantes cultivées , 1883, p. 370-371. — Biblioghaphif.. Pour les monuments figurés voir les notes 14 (coupe d’Arcésilas) et 15 (monnaies), p. 1337. Les textes anciens ont été réunis par J. P. Tlirige, Iles Cyre nensium a pmmor diisinde civitatis usque ad aetatem quain provinciac forniam a Homanis est redacta , 2“e édit., Copenhague, 1828 ; plus complètement par A. Rainaud, Quid de nalura et fructibus Cyrenaicae Pentapolis antigua monumenta cum recentioribus collala nobis tradiderint , Paris, 1894, p. 118-131. Les monographies consacrées au silphium sont fort nombreuses. Dès le xvne siècle on voit citées dans un article de l’abbé Belley ( ffist . Acad, des lnsc. et Belles- Lettres, XXXVI, 1774, p. 18-26) deux dissertations de deux docteurs de la Faculté de Médecine de Paris : Ph. Douté, Diatriba de succo Cyrenaico , 1659, et B. Dieuxivoie, Defensio appendicis de liquore Cyrenaico adversus librum Ph. Douté de succo Cyrenaico , 1659; F. Deniau a passé en revue la plupart des hypothèses anciennes dans su thèse déjà citée: Le Silphium ( assa fœtida).... 1868. En dehors de ce mémoire et de celui de M. Vercoulre signalé plus haut : C. A. Bôttiger, Ueber das Silphium von Kyrene , dans ses Kleine Schriften , 1838, p. 431-440; A. Macé, Les voyageurs modernes dans la Cyrénaïque et le silphium des anciens , in Revue archéologique , 1857, vol. I ; M. C. SchrolT, Ueber eine bei

. 2 Cat.

Kyrene gesammelte Wurzelrinde und liber das Silphion der allen Grieclun , in Mediz. Jahrb. der Ges. d. Aerzte su Wien , 1862; OErstedt in Bericht der dé nisch. Akad. der Wissensch. 1869 ; Dr Laval in Bulletin de la Société dacclivm tation , 1874 ; Daveau in Revue horticole, 1875 ; F. Herincq, La vérité sui b prétendu silphion de la Cyrénaïque , 1876 ; E. Fournier, art. Silphium du R"1 compl. des sc. médicales de Dechambre.On rencontre aussi quelques indications utili dans quelques relations de voyages en Cyrénaïque. Voy. A. Rainaud, O . cit. p- I'1 SILVA. 1 Dig. 50, 16, 30 pr. \ 18, 1, 80 § 2 ; 19, 2,27 § 26 ; 9, 2, 27 § 26.

De re rust. 17 (préceptes sur l’abatage des arbres). — 3 Dig. 50, 16,

Hygin. p. 205 ; Cat. L. c. 1,7; Colum. De re agr. 3, 3, 2. — 4 Festus s. »’• p- ^ Varr. De ling. lat. 5, 36. — 6 V. les textes réunis par Schullen, Die Grime herrschaften , p. 25. La traduction grecque de saltuarius ooeoœû)>ai; (Corp. !/

II, 177, 48) indique le caractère montagneux du saltus. — 6 Sicul. Flacc. De com agr. p. 163 ; Frontin. fr. 55-56. — 7 Hygin. p. 15, 201, 203 ; Frontin. p. 48 ; s" 11 Flacc. p. 1 53 (forêts communes dont les propriétaires ont le droit caedend' p": digue)] Corp.inscr. latAï , 1147 ; 9,1 455 (tables de Veleia et des Ligures Ba< b>^ ^ — » Dig. 33, 7, 12 § 12. — 9 Ibid. 7, 1, 9 § 7, 10, 11, 12, 13 § 4, 59 § 2, 62;

40 § 4; 24, 3, 7 § 7 et 12 ; 22, 1, 26. — 10 Dig. 50, 15, 4 pr. ; Cod. Theod. 9, Hygin distingue dans la Pannonie les bois à glands, les bois ordinaiies pascua (p. 205, 14-15). — H Land, Symbolae Syriacae , Leyde,

Mommsen, llermes , 3, 430; Marquardt, Manuel , X,p. 284-285.

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u>ntt en outre, des prestations de bois pour l’armée,

H 'flotte, les travaux publics, pour les bains de Home et à'-mlres grandes villes, de charbon pour les fabriques

impériales 1 [munus, p. 20*8].

Il Dès l’origine, une grande portion de I’ager publicus ■ consisté en bois, en terrains de pâture, en saltus dont l’étendue s’esl accrue avec la conquête romaine. Il y en ■/,. n dans toute l’Italie, aux environs de Rome, dans la Sabine, le Samnium, le Picenum, l’Apulie, la Calabre, le Bru tti u 2 ; dans les provinces, Germanie, Afrique, Asie Phrygie, Cilicie, Cyrénaïque [patrimoniüm]. Ces terrains ont passé ensuite pour la plus grande partie dans le domaine impérial [latifundia, p. 958-965; patri- MONUjm]. Nous ignorons les règlements d’exploitation des forêts proprement dites. Les pascua , les saltus , les pâturages montagneux ont été loués sous la République par les censeurs, sous l’Empire par les procurateurs moyennant le paiement de la redevance, du vectigal dit scriptura3 [agrariae leges, decuma, scriptura]. C’est sur ces pâturages que s’estdéveloppé, en Italie, le régime de la transhumance4. Quelques forêts étaient affermées à des publicains pour la fabrication de la poix ( picariae ) 5.

HP Une partie du domaine municipal des villes est également constituée par des pâturages et des bois quelles possèdent soit antérieurement à la conquête [prosodoi, p. 704; senatus municipalis], soit depuis la conquête, par l’effet d’usurpations sur des terrains non assignés et laissés comme subseciva , ou de concessions faites sans affectation spéciale, ou avec affectation, par exemple aux besoins des temples, des monuments, des bains publics6; certaines colonies ont reçu des saltus en dehors de leur territoire7 ; ces domaines sont tantôt aliénables, tantôt inaliénables 8, généralement loués pour cinq ans ou cent ans comme les autres terres municipales [ager vectigalis].

IV. L’histoire des bois sacrés a été exposée a l’article locus. Ajoutons qu’ils avaient été l’objet de nombreuses L usurpations9. Ch. Léciiiyain.

SILVANUS. — Ce dieu, probablement originaire des I pays latins et de bonne heure acclimaté à Rome, se I range dans la nombreuse lignée des génies protecteurs des bois, des champs et de la maison rustique; sa destinée le met à une place à part. Analogue par sa physionomie et par ses fonctions à Faunus, Picus, Liber Pater, Paies, etc., mais délaissé par la légende comme une I personnalité de rang inférieur, il ne figure dans aucun calendrier et i.1 ne parait avoir été l’objet d’aucun culte I officiel ni à Rome, ni dans le Latium ; pas davantage d’un I de ces cultes de famille qui, durant la période des rois,

I ont pu imposer à la vénération publique des personni-

’Cod. Theod. H, 16, 17,18; 13,5, 10; Symmach. Ep. 10, 27, 35, 50, 00, 65; I Sicul. l lacc. p. 105. —2 Varr. De re rust. 2, 2, 10 ( montes Reatini); 2, 1, 2; I Sicul. place, p. 137 (montes Romani dans le Picenum et la région de Rcale) ; I v>rgil. Georg. 3, 219 ; Cic. Brut. 22, 85; Liv. 1, 33, 9; 39,29; 28, 45, 19 ; Vitruv. 2, I 5; Slrab. 5,222, 228 ; Plin. Bût, nat. 16, 195 ; Corp. i mer. lat. 9, 784, 334;10, I ''95,1127 ; 5, 5050 ; 3, 536 ; Frontin. p. 21, 1. — 3 Corp. inscr. lat. l,n“200, 1. 82-83 ; I %ian. Bel. civ. 1, 24; Cic. Pro leg. Man. 6, 15; Ad Att. 5, 15 ; \err. 2, 70; De I hg-agr. 2,14,36; Plin. Hist. nal. 18,3,11; 19, 3, 39. Au Bas-Empi.e, c’est la I Pen*io, redevance fixe payée par les particuliers ou les villes, avec la charge de I laisser paître les troupeaux impériaux ( Cod . Theod. 7, 7, I, 2). — 4 Varr. L. c. 2, I -■ 9, 10,10 ; Corp. inscr. lat. 9,2 438. V. Grenier, La transhumance des troupeaux Italie {Mélanges d’arch. et d'hist. de l'École de Rome, 1905, p. 293-328). —5 Di ij. M> 17 S 1 ; Cic. Brut. 22, 85. — 6 Hygin. p. 179, 193 ; Frontin. p. 49, 55. L affectation est dite tutelatum , in tutelam.... — 7 Frontin. p. 49. — » Ibid. p. 54. ~9 Ibid., p. 56-57. — Bibliographie. Dureau de la Malle, Économie politique des Komains, Paris, 1840, 11, p. 64,65, 91, 414; Marquardt, Organisation financière 1 Minitel, t. X,p. 201-202).

ficalions tout aussi modestes que lui L C est sur le tard que Silvanus est enfin adopté par 1 opinion et que sans intéresser jamais l'autorité religieuse à son ride, il conquiert en Italie, plus encore dans les provinces de 1 Empire, à l’exclusion des provinces orientales, une véritable popularité.

Silvanus n’est pas un nom, mais un vocable adjectif, qui en rappelle un grand nombre d’autres de même terminaison figurant sur la liste des indigitamenta . il signifie te Forestier2 . Comme il est cité dans un des textes les plus anciens que nous possédions ’, à côté de Mars, divinité champêtre, on en a conclu qu il désigne une des faces de l’être complexe de ce dieu : il serait le Mars silveslre ou agreste, faisant pendant au Mars guerrier ( Gradirus ) et au Mars civil ( Quirinus)', puis il s’en serait détaché pour former une personnification spéciale, par un phénomène dont 1 histoire des religions grecque et romaine offre de nombreux exemples4. Rien dans la légende et dans le culte ultérieurs de Silvanus ne confirme cette interprétation toute conjecturale. 1 lus plausible est celle qui le considère comme un dédoublement du Faunus Silvicola , avec l’être duquel il offre de frappantes ressemblances6. Sans doute il commence à s’en distinguer à l'époque où par le défrichement des forêts, l’agriculture gagna sur le domaine de la végétation sauvage6. Alors Silvanus représente la clairière où paissent les troupeaux, les champs à la lisière desquels s’élève l’habitation du laboureur, les plantations et les ensemencements qui pourvoient à une nourriture plus variée de l’homme. C est par là qu il devient, à côté des Lares et des autres divinités champêtres, un des protecteurs du travail rural ou, pour être plus exact, de cette partie du travail qui, par la hache du bûcheron, a frayé la voie à la civilisation des bourgades et des villes. Mais ce trait, qui va rester le trait dominant de sa physionomie, n effacera pas ceux qu il tient de ses origines, c’est-à-dire de sa parenté avec Faunus. Comme ce dernier, il est doué de l’esprit prophétique, et sa voix se fait entendre au fond des bois 7 pour donner des avertissements dans les temps critiques; tutélaire et bienfaisant quand l’homme a su gagner ses faveurs, il est à l’occasion tracassier et malin8. S’il est, par première destination, le génie de la forêt, il devient en la défrichant celui de l’arboriculture en général, plus encore celui des arbres à fruit qu’il émonde avec sa serpe et qu’il greffe9. Et enfin, comme Faunus, il est un dieu pastoral, puisqu’il a créé les prairies et qu’il préside aux pâturages sous bois 10. A tous ces points de vue, il donne prise à l’hellénisation par les poètes et les artistes ; les uns et les autres précisent sa physionomie et la varient

SILVANUS. 1 Par exemple Faunus Laperais, avec lequel il a clé confondu, en l'honneur duquel des fêtes ont été instituées. Voy. faunls ; lopeucalia (11, 2. p 1022 s„; 111,2, p. 1399 sq ). — 2 III, I, P- 470 sq. Silvanus figure parmi ces dieux chez Bo’uciié-Leclerq, ibid, p. 471, 2, mais il est absent de la liste de Peler, chez Roscher, Ausf. Lexikon , etc. Il, I, p. 223. Les inscriptions doublent fréquemment son nom par le vocable de Silvestris , Corp. insc. lat. 111, 12367, 4412, 4534, 1155, 3177 sq. etc. — 3 Cal. De Agric. 83. — 4 llartung, Religion der Borner, II, p. 170. Cf. Warde Fowler, The Roman Festivals of tlie period ot the Republie, p. 5o. — 6 Virg. Aen. X, 551; Silvicolae Fauno Drgope quem Nympha crearat-, Ov. Met. 1,193; Nom. Eclog. Il, 55. Cf. Wissowa, Religion und Kultut, p. 175. 6 Prèller-Jordao, Rôm. Mythologie , 1, p. 395 ; cf. Klauscn, Aeneas und die Penaten , p. 845. -7 T.-Liv. 11, 7, 2 ; Diou. Hal. V, 16 ; Val. Max. 1,8, 5. Cf. Cic. Divin. I, 15: Nal. Ü. 11, 2 ; III, 6; Aur. Vict. Orig. I ; et vaonos, p. 1022, 2; notes 17 à 22; note 6. — « Aug. Cio. D. VI, 9 ; XV, 23; Acta Fratr. An. P 76, 9 Virg. Georg. I, 20, el Scrvius à ce vers : primum instituisse p/antationes dicunt. — "> Virg. Georg. Il, 493 ; Aen. VIII, 600: arvorum peconsque deo ; cf. Wissowa, p. 175.

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en exploitant les légendes et les représentations de Pan, de Priape, de Silène, des Satyres’, lit, comme d autre part, il ressemble aussi à vertumnus, il s’ensuit que dans l'être de Silvanus, tel que nous 1 ont livré la littérature et l'art, nous trouvons réunis les trails et les attributs qui ont servi à caractériser, en Italie et en Grèce, les dieux mâles que la piété prépose à la vie des champs, à celle des forêts en tant que la culture a empiété sur elles ou qu’elles forment la limite protectrice de son domaine.

A ce titre, le premier de ses attributs et même son plus ancien sanctuaire, le seul à vrai dire où il ait reçu des hommages à travers les siècles, est l’arbre lui-même, synthèse de la forêt 2. Les poètes qui ont gardé le sens de la piété primitive, les artistes qui s’inspirent de la tradition manquent rarement de mettre dans la main du dieu, soit un replant d’arbre qu’il va confier à la terre3, soit une branche de pin qu’il porte comme un sceptre, soit une souche ou un fort gourdin sur lequel il s appuie pour s’en faire une arme au besoin : incullo Silvanus termite gaudens * . On abrite ses autels sous un arbre, dans un fourré ou dans une clairière. Sa tête est couronnée ou de pommes de pin ou de branches de pins entrelacées dans sa chevelure, quelquefois de fleurs sauvages 5. Boetticher, avec raison, a signalé quelques-uns de ces monuments en l’honneur de Silvanus comme des spécimens de l’antique culte des arbres5. Le plus expressif est le marbre du Musée de Berlin qui porte une inscription en l’honneur du Silvanus sanctus et sur lequel un pin aux branches mutilées, orné d une guirlande que retiennent des bandelettes, ombrage un autel où brûle la flamme du sacrifice 1. Dieu de la forêt sauvage, Silvanus devient, quand la hache y a pratiqué des coupes dont profite l’agriculture, celui des limites8. Un fragment d’un arpenteur romain qui paraît avoir écrit sous la République, pose cette question9: pourquoi dans toute propriété rurale est-il d’usage d honorer le dieu Silvanus? Farce qu’il fut le premier à enfouir dans la terre une pierre qui en marque la limite; et l’auteur ajoute que « chaque propriété compte trois Silvanus, l’un appelé domesticus, qui est préposé à la garde de la maison; le second nommé agrestis qui a soin des troupeaux; le troisième orientalis, à qui est consacrée une clairière ( lucus ) fournissant la ligne de démarcation entre les propriétés voisines ». C est à cette fonction que fait allusion Horace lorsqu’il invoque Silvanus comme tutor /inium, gardien des bornes et frontières en compagniede Priape. Virgile, en termes plus généraux, l’appelle le dieu des troupeaux et des champs et le comprend au début des Géorgiques dans l’invocation aux divinités

1 Haut. Aul. 674; 766 ; Acc. Fragm. 405 chez Cic. Nat. D. Il, 35; Tib. Il, b, 27; Slat. Theb. VI, 111; Virg. Georg. li, 494; Ov. Met. X, 106 sq.; XIV ' 637- Cf. Prob. Virg. Georg. I, 20. Voir l'article pan, p. 298. et sq. ; cf. Reiffersch’eid, Am, ali delV Instit. XXXV11I, p. 213, note. - 2 Boetticher, Baumkultus, p. 76, 79, avec les fig. 6, 16, 18; cf. Millin, Galerie, 116, fig. 289; Clarac, Musée, etc., pl. ceux, fig. 567. — 3 Virg. Georg. I, 20.— 4 Grat. Falisc. Cyn. 20. — 6 Virg. Aen. VIII, 597 sq. ; Hor. Od. III, 29. 22; Mart X, 92, 5.

6 Zoc. cit. fig. 6, pl. il ; marbre du Musée de Berlin, avec 1 inscription

votive : sacrum sancto Silvano, le commentaire, ibid. p. 39 sq. — 1 Les fig. 16. et 18 chez le même représentent l'arbre sacré de Silvanus, la première reproduite à Part heumae, fig. 3819, simplement ornée de la syrinx, la seconde auprès d'un terme du dieu barbu, à la chevelure épaisse elcouronnéc d'une branche de pin ; cf. p. 538 et p. 76, 79; celle-ci avec une dédicace: silvano d. d. — « Tutor /inium, llor Fpod. Il, 27. — 9 Blume-Lachmann, Die Schriften der lioem. Feldmesser, p. 302 (ex libris Dolabellae). Cf. Preller-Jordan, op. cit. p. 395. Pour les forêts, servant de frontières, v. Grimm. Deutsche Mythologie, p. 455. — 10 V. supra, toc. cit. Georg. I, 21. — U Aen. VIII, 597 sq. et Serv. à 600. Cf. Mueller-Ueeke, Etrusker, II, p. 63. — 12prop. V, 4, 3 sq. : Sürnni ramosu domus ; cf. Hor. Od.

qui ont ù cœur de protéger les labours: studium qui. bus arva tueri10. Mais dans un passage de l'Enéide, inspiré par une vieille tradition locale", le poète cite comme le plus ancien de ses sanctuaires, au voisinage de Caeré en Etrurie, une clairière en amphithéâtre formée par des collines boisées, où les Pelasges, premiers habitants de l’Italie, avaient célébré des fêtes en son honneur. A Rome même subsistent les vestiges d'un culte du même genre, tant sur la colline du Viminal que J sur le Capitole, dans le bois qui aux temps anciens couvrait la roche Tarpéienne ’2. C’est à Silvanus aussi que pense Tibulle quand il dépeint Délia offrant au dieu \

laboureur une grappe de raisin pour la prospérité de ses

vignes, des épis pour celle de sa moisson et un plat cuit ( dapem ) pour celle de son troupeau; sous le nom de dieu silvestre, identifié avec le Fan des Grecs et associé à Falès, il lui fait hommage d’une syrinx qu’il accroche aux branches d’un arbre13. Plus caractéristique encore est la petite épitre dans laquelle Martial recommande à un ami, alors que lui-même va quitter l'Italie, sa mo- I deste villa, avec l’autel rustique que le fermier y a érigé à Silvanus, dieu à la voix tonnante et à la tète I hirsute". Citons enfin une inscription en vers dont l’auteur est un procurator Augustorum sur le point de I retourner à Rome : il supplie Silvanus, gardien de son jardin, de ramener heureusement dans la patrie lui et les siens, il le prie de présider désormais à la culture I qu’il va entreprendre dans les plaines de 1 Italie; là il lui consacrera un millier de grands arbres15.

Voilà pour le rôle du dieu au sein de la forêt et sur les terres qu’elle a fournies pour la culture des champs. | 11 est beaucoup moins question de l’action qu’il exerce I directement sur la vie des bergers et des laboureurs; I il protège leurs travaux, il assure la santé et la pros- I périté des troupeaux : Caton le mêle a la prière archaïque I qui implore Mars: pro bubus uti valeant 16 ; dans ce I rôle Silvanus reproduit certains traits de Faunus, il ressemble encore à ce dernier quand, génie malin, il s’introduit dans la maison rustique pour y pratiquer des ■ maléfices et des tracasseries n. Saint Augustin, sans doute sur la foi de Varron, mentionne une croyance I populaire selon laquelle trois divinités sont nécessaires pour garantir la fermière en couches contre les atteintes I de Silvanus cherchant à se glisser auprès d’elle durant I la nuit. Ces divinités veillent à cet effet au dehors, l’une I avec une hache, l’autre avec un pilon, la troisième avec un balai, trois symboles de la civilisation, puisque avec I la hache on abat les arbres, avec le pilon on fabrique e 1 grain en farine, avec le balai on ramasse les fruits des I

111, 29, 21, que Propcrcc parait avoir imité ; Preller-Jordan, Op. cit. I, P- 3'’*' ^ bosquets voués à Rome par la piété privée (v. Wissovva, Op. cit. p. *75) sur 0 J Orelli-Henzen, Inscript. 4956 ; Corp. mscr.lat. Z. VI, 691 ; datée de 111 a . ■ , (

l’Avcntio, Ûrelli, 1596 ; 2518 ; Corp. inscr. la/. VI, 543, sur la Collts l G. Gatli, Builett.arch. com. XVI, 1888, p. 402. V. les inscriptions Corp- ■ VI, 576 ; 597 ; 607 ; 659 ; 656. — 13 Tib. I, 5, 27 ; II, 5,27.— Jélriju»

— 15 O relli, 1613 ; Corp. inscr. faf.XIl, 103. Il existe une autre inscnpi Monl|n. (17 hexamètres) trouvée à Capistrano, dans les Abruzzes : Orelli-Henzen , ‘ ^

seu, Inscript. Hegn.Neapol. 6010 et Annali delV Instit. 1834, p. ,56'E *

de 157 ap. J.-C. ; mais elle est l'œuvre d'un versificateur maladroit, qui. • auS piant Virgile, mêle de façon fort incohérente des fables d or.gine > | !

hommages à Silvanus latin. - <0 Cat. De agric. 83. Cf. une ins“’‘Pl'°" f °;|vaI1'usll„1,S Gilles (Gard) : Silvano votumpro armento, Corp. inscr. lat. VIII» - clll.

les inscriptions est appelé «afufarà : (Orelli, 1596,2518, Corp. inscr. a . ■ ’ ^

tos: Corp. inser. lat. VI, 640 ; consenator : Orelli-Henzen, 5742 ; Corp. ^ ^ ^ III, 7087; il est invoqué pro salute, pro reditu, ib. 1507 à 1017. — 1 aS- , ^

9 ; Cf. Preller-Jordan, Op. cit. I, p. 376. On peut rapprocher la poésie de >

Riesen und die Bauern, et Grimm, Deutsche Mythol. I, P- I

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champs : or Silvanus, envisagé sous la face mauvaise (l’un (lieu incarnant la vie sauvage, déteste ces outils hostiles à son empire.

Le culte, de caractère toujours privé et accommodé x seuls intérêts domestiques1, est des plus simples. Ou offre à Silvanus des victimes prises à l’étable du laboureur, un porc, un chevreau. Horace mentionne même, en lui donnant une place dans les réjouissances champêtres de la moisson à côté de la Terre Mère et du Génie, une offrande de lait2. Pour le sacrifice du porc qui fait aussi partie du culte de Mars, il était interdit aux fouîmes d’v assister, tout comme les hommes étaient exclus des cérémonies en l’honneur de Bona Dca, autre divinité agricole3. Pour ce culte, point de mise en scène autre que celle du travail champêtre qui y a donné lieu : une clairière, un arbre isolé, un autel formé de pierres grossières ou de mottes de gazon y suffisent4. A Rome même, dans les parcs et les jardins, il arrivait qu’il y eût en plus un portique et des bassins où coulait une eau vive 6. Une inscription mentionne la défense, au nom de la piété, d’emporter quoi que ce soit du lieu consacré à Silvanus6. L’image du dieu était anciennement (c’était le cas pour celle qui se dressait sous le figuier de Navius devant le temple de Saturne) grossièrement taillée dans une souche 7. On en peut conjecturer les traits par un buste en pierre (fig. 6459) où se retrouvent les caractères de cette sculpture primitive. Le dieu barbu est couronné d’une branche de pin ; à sa droite est le chien, gardien de la maison rustique ; des pommes de pin et d’autres fruits variés sont à sa gauche 8.

Le répertoire des inscriptions latines est une source particulièrement précieuse pour la définition de l’être et du culte de Silvanus : c’est par centaines que se comptent les monuments tant en Italie que dans les provinces de l'Europe occidentale et centrale ; ils montrent la faveur dont le dieu a joui depuis la fin de la République jusqu’au déclin du paganisme dans les milieux populaires5. Il y est invoqué comme un dieu tutélaire et de nature bienfaisante, pourvoyant à la sécurité, au bien

‘Wissowa, Op. cit. p. 1 75 ; Corp. viser, lat. VI, 576, 597,607, 629,656. — 2JUv. 'I. it. ; Mart. X, 92, in fin. aras... Quas tinxit agni saepe sanguis et haedi. Hor. U ' ' ■ *43 : Tellurem porco, Silvanum lacté piabant. — 3 Cal. de agr. Loc.

til. Scliol. )uv. VI, 44-7 ; cf. C. I. L. VI, 579 et Jordan, Vindiciae Serm. lat. snhq. 1882, p. 5. pour l’exclusion des hommes, v. Cic. Har. resp. 37, etc.

’ 1 10p. v. 4, 3; Hor. Od. III, 29, 21 ; Virg. Aen. VIII, 597 ; il est vénéré en costume de fermier, c est-à-dire vêtu de la tunicaet chaussé du gros brodequins, »"s les fermes; C. i. I. VI, 615, 619 ; 623; 666, etc. — 5 C. i. I. VI, 690 (msciipt. dont l’authenticité n’est pas certaine et dont le texte est fortement 11 1 I! ne manque pas d’ailleurs, en ce qui concerne Silvanus, d’inscriptions suspectes ; ainsi. Orelli, 1614, peut-être 2407 et toute la série, C. i. I. 7, 6, p. 269, Orelli: 1615: extra hoc limen aliquid de sacro Silvani efferre fas non ”sx- î,1 m™lion d un sacellum Silcani, C. i. I . VI, 31021 ; Bullett. Comm.

Il’" 7 P*'11- Hist. iV. XV, 77. — 8 Buste du Musée Pio-ClemenLin, VII, ir.n / ^^crsclieid, Op. cit. p. 222 ; Tab. d’Aggr. K, n» l ; cf. Baumeister, Denknù , P’ 1730. — 9 V. le recueil des Inscript. d’Orelli-llenzen,

Hcrc 'l * *■ L VI, 641 sq. passim ; cf. p. 1344. — le Orelli-Henzeu . avec

on I, " * • ' i*JCr *>aler' ,e12; Silvanus représenté avec Hercule auprès d'un autel

nn , ^'U ' U '" e sacr<-‘ sur un très beau relief d i Muséedu Capitole. Voir G. Tom-

Soi , ^amPa9na Romana, Roma, 1909, p. 93; Mus. ChiaramA, 21 ; avec

plies' ' ^,LT ^aler : t893 ; avec les Njmphes : 22C0 ; avec Apollon et les Nym- <le la i ' aVGC ^Cl l t Vlaler et Hercule : 5720 ; cf. 5732 ; avec Diane et les dieux 689 ""lao"e : 5944. Cf. l’arc de Bénéveut, Jahresheft. der Oestr. arch. Mittheil. i lsl, et le relief du Louvre, Clarac, Musée de sculpture, 164, 63; Jaliu

être, il la santé de ses fidèles. Quand il n’est pas, ce qui arrive fréquemment, invoqué pro salute, pro reditu des dédicants, il porte les vocables de sanctus, de sa/utaris, de conserva/or, de custos, de domesticus, etc. Il est, d’autre part, associé «à des divinités qui ont pour fonction spéciale de garder la maison, la source, les champs et les bois, aux Pénates, aux Lares, aux Nymphes ; il est même invoqué sous le nom de Lar Agrestis 10. Souventil est nommé en compagnie des plus grands dieux et mis au même rang qu’eux, Apollon, la Terre Mère, Hercule, Liber Pater, Diane, la Divinité des Empereurs11. 11 figure, avec les Jumeaux fondateurs de Rome, Mercure et Faustulus, dans la représentation de YAugurium Augustum, au fronton du temple de Quirinus 12. Un officier de cavalerie lui voue un autel avec le vocable d 'inviclus, parce qu’il lui a aidé à abattre un sanglier de grande taille13. Toute une série d’inscriptions donneà Silvanus des vocables qui l’identifient avec le propriétaire ou le domaine dont son inlluence défend les abords et assure la prospérité : il y a un Silvanus des Caesars, des Flavius, des Naevius, des Staius, des Veturius, etc. u, sans compter les vocables dont la signification nous échappe: ainsi celui de Sinquatus qui figure sur le piédestal d’une statuette mutilée en bronze, trouvée dans la Gaule Belgique et qu’un père avait vouée pro salute Emeriti filii suir°.

Un dernier trait achève de montrer l’importance de la religion de Silvanus. De nombreux collèges etassociations, tant à Rome que sur divers points de l'Italie, se revendiquent de son patronage et célèbrent leur fête spéciale par des sacrifices et des repas annuels organisés en son honneur16. A Aquilée c’est une corporation de charpentiers qui rappelle qu’il est le bûcheron par excellence ; à Rimini un collègede zélateursetd'adorateurs(o//ec7o;’es et cultores Silvani ) l’associe au souvenir de l’empereur Nerva 17. A Rome même une vaste propriété a été affectée par donation privée, devant la porte Capène, à des sacrifices et à des repas périodiques au bénéfice d'un collège dont Silvanus est le patron18. Du même genre est la fondation dont le titre a été découvert àCaposele et qui, pour la santé de l’empereur Domitien, dispose d’un domaine et de ses revenus, en vue d'assurer la célébration de l’anniversaire par les membres du collège constitué à cet effet19. Quelques-unes des inscriptions de cette catégorie émanent d’associations qui ont pour objet

Arch. Beitraege, Tab. IV, 11g. 2 cl p. 62. V. encore Mus. Pio Clem. VII. 14 ; Millin, Galer. Myth. 81, 476, Tab. IV, 1. A citer l’inscription 5761, qui relevée sur un vase d argent trouvé en t852, associe Silvanus aux cures par l’eau d’Apollinaris. Cf. salus, p. 1058, fig. 6681. Appelé Lar agrestis, C. i. I. 646; associé aux Lares et aux Pénates : Orelli, 1587, C. i. I. VI, 582 ; 630 ; 692 ; cf. 597- 607 ; 629 ; 645 ; 656, etc. Cf. Bulletl. dcll' Instit. 1873, p. 15 sq. Pour Rome, v. la série des inscriptions. C. i. I. VI, 1, p. 109 ; n” 575 à 698. V. Silvanus, identifié avec Jupiter Ammon, Comptes rendus de C Acad, des Inscript. 1907, p. 156, note 16 et Gauckler, Bullet . arch. du comité, 1899, p. 159. — il Nommé lui-même Augustus , protecteur de l’Empereur et de sa maison, Marini, Atti, p.542. C. i.l.

I. Il, 4089; 4615; 5338; silvano aog. pko sai.utk... antomxi p. Ibid. 11,111, 1140 ■ cf. Orelli, 1596, datée de 115. p. Chr. ndmini domus augustae et sancti silvaxi sacrum. — 12 V. Roem Mittheilungen, XIX (1904), p. 29 et Tab. III et IV. Il n’est pas douteux que nous avons là Silvanus, honoré de toute antiquité sur l’ Aventin- (Hartwig. L. I.). Le bas-relief date de Caracalla. — 13 Orelli, 1603;

C. i. I. VII, 451 (à Slanhope). Cf. pour Silvanus, dieu des chasseurs, Toutain, les Cidtes Païens, p. 264 sq. et les textes cités. — 14 Orelli, 1605; 1607; C. i. I. VI, 644; 645 ; IX, 2113; 1552; XI, 4289, etc. Cf. Ueifferscheid, Op. cit. p. 214. - 15 S. Rcinach, Répertoire, II, p. 41, 1 ; d’après Gcromonl, Société Luxemb. 1850, t. VI. pl. v, 1. — 16 Liebcnani, Zur Geschichtc und Organis. des roem. Vereinsmesen, p. 293 ;cf. Wissowa, Op. cit. p. 176; Marquardt-Mommsen, Handbuch.X I, p. 136 sq. V. les inscriptions chez Orelli-Henzen, 2386; 2407 ; 4947, 6085. C. i.l. VI, 612 630 ; 631, 632, 647, 3713; X, 444, 5709 ; XIV, 309 ; associé au Genius du collège : VI, 693; 3712. — 17 Orelli, 4278, 2406. — 13 / b. 4947. — 19 /A. 6085; C. i. I. X, 444.

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de garantir à leurs membres les honneurs funèbres ( col legia funeraticia)' ; l'idée d'une telle fonction attribuée à Silvanus a pu être suggérée par l’emblème de la branche de pin ou de cyprès que le dieu porte sur les monuments et dans les descriptions des poètes2. Si nous remarquons qu’il reçoit aussi le vocable de Dendrophorus et que des dendrophori ont voué en commun un autel en son honneur, la coutume de mettre des collèges funéraires sous son patronage s’explique par une association d’idées toute naturelle3.

Ce n’est cependant pas en Italie, où Silvanus n’a joui d’aucun culte public, que les inscriptions privées en son honneur sont les plus fréquentes4. La religion de ce dieu s’est vulgarisée chez les peuples situés hors de l’Italie, plus spécialement chez les peuples de race celtique. Comme au pays même d oit il est originaire, il s est confondu avec Faunus au point de l’éliminer de la vénération populaire (il n’existe aucune inscription en l’honneur de ce dernier dieu), il s est identifié lui-même, grâce à sa signification humaine et sociale, avec un grand nombre d’autres génies de la vie agricole et silvestre, principalement avec le Pan des Grecs 5. Poètes, artistes et mythologues s’accordent pour donner à Silvanus les attributs du dieu de l’Arcadie, pour le douer de l’esprit prophétique, accentuer sa physionomie de chasseur et de berger, lui prêter des instincts sensuels \ pour transporter, dans le semblant de légende qu’ils lui forgent, certaines aventures de Pan, et même pour essayer de lui adapter la signification cosmologique de ce dernier1. Enfin nous voyons Silvanus, comme Pan et Faunus, se constituer à l’état de divinité multiple et fournir au cortège dionysiaque des figures mâles ou femelles, Silvani et Silvanae , à qui les inscriptions rendent d’autre part des hommages cultuels8. Dans les pays celtiques, les Silvanae ne sont autre chose, à la faveur d’une vague ressemblance de mot, que les Suleviae Matres, protectrices des champs, des forêts et des carrefours. D’une façon générale, l’être de Silvanus, après avoir absorbé celui de Pan, de Priape, de Silène, des Satyres sous l’influence de la littérature et de 1 art helléniques, s accommode avec la même facilité aux divinités rustiques de la Germanie, de la Gaule, de la péninsule balkanique, où sous son nom latin il devient Tobjet d’un culte populaire aux derniers siècles du paganisme 9. M. Toutain a recueilli et classé, selon leur

1 V. Marquard t*M ommsen , Op.eit. Il, p. IM- — 2 Cf. Preller-Jordan, Op. cit. p. 307. Silvanus Dendrophorus, Inscr.Or. 1602 ; Corp. inscr. lat. 641, 649 ; pour les collèges de bendrophores , v. les Inscr. Or. 2385 ; pour Silvanus, portant le cyprès, Virg. Georg. I, 20; Script, rer. myth. lat. I, 0 et 178. — 3 l/inscript. .le Saint-Maur, Orelli, 2407, est à comparer avec la grande inscription sur deux tables, C. i. I. VI, 631, G32, dalant de Commode (117 p. Chr.), et vouée par les isitiai.es colleci silvani aoreuani, pour gladiateurs (trouvée à Korne en 1755). Il est probable quelle n'en est qu'une réduction apocryphe: mais toutes les deux ont pour objet un fait caractéristique : c’est que Silvain devint sous l’empire une des divinités favorites des soldais, des chasseurs, des gladiateurs, à Rome et dans les provinces. — * J. Toutain, Les cultes Païens dans l’Empire Romain , p. 600 sq. ; cf. p. 243. — 6 pan, p. 298, 2 sq. ; cf. Preller, Op. cit. p. 397 sq. ; Reiflerscheid, Op. cit. p. 213 et les représentations figurées avec l'attribut du pedum de la syrinx, de la chèvre ; pour celle-ci, v. Prob. Virg. Georg. I, 20 ; Reinach, Répertoire, 11, p. 71, m> 8 et 72, m> 1. C. i. I. III, 1906 ; 12790 ; sur la première Silvanus tient le pedum dans la main gauche, dans la droite un raisin qu'un bouc cherche à atteindre en sautant. — » Ov. Met. XIV. 637 sq. cf. I, 193 ; où Silvanus est cité en compagnie des Satyres, des Panisques, de Priape et assimilé à eux : Silvanusque suis semper juvenilior annis. quoique le dieu soit d'ordinaire nommé senex, pater (Virg. Georg. II, 494 ; Hor. Epod. Il, 21), les représentations figurées le tiennent dans les limites de la virilité vigoureuse. — 7 Pour ce dernier, v. Serv. Aen. VIII, 600 : Prudentiores... dicunt eum esse SXivtv 9«lv, lioc est deum zf,; Sat.î... nec incongrue , cum materia silvarum est. Cf. dans les inscriptions les épithètes Caelestis, Pantheus, vocables de sens identique,

provenance, toutes les inscriptions qui montrent cette diffusion de Silvanus dans les provinces d’Europe et d’Afrique soumises a l’influence de Rome. Si l’Espagne et les Gaules l’ont en somme peu connu10, on le rencontre assez fréquemment dans la Narbonnaise et la Bretagne ; ici nous le trouvons en rapport avec le culte de Diane et des nymphes ; souvent les hommages rendus à Silvanus y émanent de soldats et d’officiers qui les ont voués dans les villes de garnison et dans les postes militaires “. Il en est de même le long du Rhin et du Danube : un temple en son honneur existait à Carnuntum, au nord de la Pannonie12. En Afrique il est surtout en rapport avec Mercure et Jupiter; et il avait un temple à Lambèse où il était honoré par la Legio 111 Augusta ,3. Mais sa terre de prédilection fut la péninsule des Balkans, tout spécialement la région connue sous le nom d’Illyricum, qui comprenait les provinces de Dalmatie, de Dacie, de Mésie et de Pannonie : sur 240 in¬

scriptions connues, 170 environ, se rapportant à ce dieu, y ont été recueillies14. On a supposé que le culte du dieu y a été propagé par les équités singulares qui, recrutés parmi la population de l’Illyricum et familiarisés avec les institutions de Rome, avaient reconnu dans le génie latin des bois et des champs une divinité locale i:. M. Toutain croit que c’est la qualité de dieu de la chasse" qui acclimata Silvanus parmi les peuplades qui en faisaient leur principale distraction, ce qui n’exclut pas 1 assimilation avec une divinité indigène.

Des monuments figurés 11 nous permettent peut-être d’affirmer que le dieu romain a été ou associé ou même identifié avec le dieu celtique au maillet ou marteau qui n’est autre que Taranus-Thor-Donar, que 1 on a, d autre part, identifié soit avec Jupiter soit avec Vulcain. Simplement possible pour l’autel de Mayence où un dieu chevelu, barbu, d’allure majestueuse, dont la main droite s’appuie sur une façon de sceptre qui monte à la hauteur de la tête et se termine par un maillet, fait pendant a Diane chasseresse 18, cette identité est tout a fait probable sur les autels de Rottenburg et de Wildberg, ou aux pieds du même personnage on remarque (fig. 64bt>) un animal qu’on a pris tantôt pour un loup et tantôt pour un porc, et qui n’est autre que le chien, compagnon habituel de Silvanus19. Ici encore Diane fait parti'' du groupement et avec elle Apollon. Ces autels sont dilhrents, ainsi que M. Gaidoz l’a montré, de ceux s m

■ { i vi 638, 095. - 8 Ov. Met. 1, 193; l.ucan. III, 403 ; Win. Hxst. A - *«•

; If. Ori l^cr. 2099 ; 2.00 : 2.0, ; 2,03 ; C. i. ,. IL. 4141, 4534. 339: UU »,

I 4499. L’assimilation de Silvanus et de Pan a amené celle des .S ulemae v. vec les Nymphes; V. ib. 111, 9754, 13987 etc. ; III, 9754: 10460 etc. Les Sx < iluriel, ib. 4034, 10847 ; avec le vocable de Silvestres , 4442, 453 , e • • ^

11, 2, p. 4089. - 9 Toutain, Op. cit. I, 2; Wissowa, Op. cit. p. 176, ' ’ 4|CJ

er, Op. cit. I, p. 394. - Pour le midi de la France, v. C. x 162 • XIII, 1780 (Lyon) ; celle-ci voue à Silvain : aram et signum in ci i du.

■um aedxcula. - " C. i. L. 4089 ; 4015 ; 5388, ete. - '2 Cf. Toatom^- '■

■ l VIII 1 1<»->7 2646, (M ercuri Silvani), 6355; hommages a ./ou • ml; 5933, 19199. J» C. i. «. VIII. 267,-7* ;, 8239. » lé

o plus souvent avec le vocable de domestxeus ; v. xbxd. Index, p. - ^ y

loine une association lui a élevé un sanctuaire avec deux statues en ' ^ ^ ^ isl honoré eu compagnie de Mercure cl d Hercule, i b. 633. Cf. loutam, y(eret l’autrcs inscriptions citées. - '5 Domaszewski, die Religion des ’w<

Westdeulsche Zeitschrift , XIV, p. 52) Toutain, xbxd. P- «*, cU ' , (890i Mélanges Ecol. fr. de Rome, XXIX, p. 346. - n Revue Archéologique. • ^

,. 154 sq. (art. de MM. Flouest et Gaidoz) : Le Dieu Gaulois au maille j y

le Mayence; les autels de Stuttgart’, avec la conclusion, p. 176- |3,*,r

Fati. VU, le groupe de droite (autel de Mayence), avec le comme" an , ^ [/explication du dieu au maillet par Dis Pater ne me parait pas a mism ^ ^ ^ , le h. Gaidoz rectifie heureusement celle de M.FIoueslsur ce pom • ^ \yurtem-

[ig. 1 ; 1'iulerprélation par Silvanus déjàadmise parHang, lias I\œn'!t' 1 , ,7„

berg 1 p. 151 et 49. Cf. Gaidoz, ibid. De même pour l’autel de Wildbei g, „• ■

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ie]g flgure incontestablement Vulcain qui est reconnaissable aux outils du forgeron1. Les monuments de

ce genre s’éclairent à la lumière des inscriptions, tellement nombreuses qu’il en existe à peine davantage en l’honneur des dieux de premier rang, en pays celtiques2.

Le type de Si 1vanus dans l’art romain fut créé sous l’influence hellénique; peutêtre, au début, les artistes tinrentils compte de certaines images archaïques en bois, notamment de celle qui, placée sous le figuier de Navius près du temple de Saturne, devait représenter Jupiter Ruminusel fut confondue avec lui3. Reilïêrscheid, après llelbig4, a mis en relief avec beaucoup de sagacité cette ressemblance du dieu silvestre avec le maître de l’Olympe ; mais il est excessif de vouloir l’expliquer par une prétendue similitude de leurs natures respectives. Le vocable de paier donné à Silvanus par les poètes et les inscriptions n’est pus davantage un argument. La barbe fournie, l’épaisse et ondoyante chevelure, l’air graveet majestueux s’imposèrent par eux-mêmes, lorsqu’il s’agit d’idéaliser par l’art la figure hirsute et le caractère tutélaire du dieu champêtre. Il résulte d’ailleurs de l’inventaire comparatif des représentations de Silvanus que les images votives, statuettes ou bas reliefs, lui donnent plus rarement les traits d’un genie silvestre que ceux d’un planteur et d’un jardinier. C est même celle raison qui a fait désigner par le nom de vertumnus, des figures qui sont manifestement à interpréter par Silvanus5. Il s’est créé ainsi un type intermédiaire entre celui de Faunus, que Reifl'erscheid le premier a nettement déterminé, et celui de Jupiter caractérisé par la barbe, les cheveux abondants et 1 expression imposante et souvent mélancolique du v‘saSe- Les plus remarquables spécimens sont ceux que l'Iurae dénomme faussement Vertumnus (la description pittoresque que fait de celui-ci le poète Ovide proteste contre une telle attribution6), dont le premier nous est

Fig. 6460. — Silvanus et sou chien.

Couclui

Salle

^ p. 172 sq. ; et F rôliner, Die Grosshevzogliche Sùmmlang , etc. Karlsruhe, p. 8 sq. — 2 V. les inscriptions citées par Toutain, Op. cit. p. 270 sq. et la lï,‘on’ P- — 3 V. p. 1343, note 7, et Rciffcrschcid, Annali , 18G6, p. 210-225, 'mayini del dio Silvano e de!. Fauno , lab. d’agîr. I-N. L'auteur n'a pas 111 11 lairc un calalogue complet de toutes les représentations du dieu, travail 1 111 s superflu, puisque les différences sont insignifiantes et que le môme type sc tl),^,"l partout. Cf. Baumcisler, Dcnkmacler , 111, p. 1665. — 4 Bullett. 1864, ^ < où est décrit tin petit bronze de Si I vain : pour ces bronzes, v. S. Reinacli,

'I' P- ^ stl* et 781, fig. 2. Les figures 6 et 7 de la page 43 et lig. 4 de la

j ^ sont à rapportera Faunus archaïque; d'autres, p. 46 et 47 qui représentent ^ - ines de I Abondance sont à tort dénommées Silvains. La fig. 7. p. 47. statuette

'y ' >t l«ome porte sur la base une dédicace : silvano sanc(Io) sacr. cf. Curp. iriser. hit. y | (;q v . • . , r

^ ’ • pour aes monuments votifs avec représentations de Silvanus, v. Curp.

^ 3tSo, 040, 65S, 072, 000 où il a pour compagnon un porc comme

Hercule, à moins que le porc ne soit un chien mal dessiné. — 0 Erreur 1res

SIM

donné par un bas-relief du Musée du Louvre ; le second par une statue qui fut longtemps, dans son ensemble, la représentation du dieu la plus idéalement belle qui soit parvenue jusqu’à nous (fig. 6461 j1. Si le type de Silvanus, dans la légende rustique et chez les poètes qui l’ont recueillie, est un vieillard hirsute, l’art hellénisant l’a embelli comme tous les vieillards divins, en le douant de vigueur noble et harmonieuse. Il a même trouvé l’occasion de lui donner, le charme de l’adolescence. Tel est le cas de l’Antinous découvert en 1907 aux environs de Lanuvium, que son auteur, le sculpteur Antonianos d’Aphrodisias, a représenté en Silvain, avec la chevelure couronnée de feuillage, avec la serpette et le chien, auprès d'un petit autel ombragé de pampres et chargé de fruits, parmi lesquels figure la pomme de pin. Alors qu’ailleurs Silvanus peut être confondu avec Pan,

Silène et Priape, ici il se rapproche visiblement, sans qu’il y ait doute sur son identité, d’Aristée, de Paris et des autres bergers héroïques de la légende gréco-asiatique8.

Représenté en pied, Silvanus est d’ordinaire un homme dans la vigueur de l’âge, le plus souvent nu, l'épaule gauche couverte d’une peau de bête dans les plis de laquelle sa main soutient des fruits variés.

La main droite tient la serpette qui sert à la greffe et à l’émondage des arbres ; elle est remplacée quelquefois par le bâton pasloral ; aux côtés du dieu est un chien qui, la tète tournée vers le maître, semble guetter ses ordres. Souvent les cheveux sont couronnés ou de pommes de pin ou de (leurs sauvages9. Le bas-relief du Louvre et certaines statuettes votives remplacent les fruits ou les compliquent par une branche de pin. Le même type figure sur des monnaies d’Hadrien Nous avons dit à l’article faunus, pour quelles raisons il convient d’attribuer à ce dernier dieu, et non à Silvanus, d’origine et de nature semblables, les statuettes en bronze que caractérisent la couronne radiée, la corne à boire, labrancbe d’arbre et la draperie contournant le torse sans renfermer des fruits11.

J -A. Hild.

SIMPULUM. — Nous avons dit, en parlant du cyathus (p. 16771, que ce petit vase à puiser, pourvu d’un long manche, comme une cuillère, est semblable à celui que les Romains ont nommé simpulum. Varron 1 constate que

fréquente : ainsi chez Clarac, Musée de sculpt. n° 153, pi. ccxxvi; Reinach, Répertoire, I, p. 113, n° 93 ; cf. Clarac, pi. cccxi.v, n° 817; pl. cdxlviii, n° 818; pi. cdxlyii, n® 619 etc. De môme chez O. Mueller, Handbuch, fig. 240. — Ov. Met. XIV, 642 sq. et 763 ; cf. Reitfersclicid, (Jp. cit. p. 217. —7 Clarac. Musée , pl.ccxxiv, fig. 93 ; Rcinaeh, Répart. I, p. 143, 93 ; Clarac, Musée de sc., pl. cnxi., n° 818; Répertoire , 1, p. 220, 4. — S C. rendus de L'Acad. des Inscr. 1908, p. 338 sq. Article de M. Gatickler. — *J Rcmnlorf, La ter Mus. n« 551, mosaïques d'Oslie;cf. 1 45 ; cl Ami. Instd. 1864, Tav. L. M. n° 3. Pour le chien qui au cô'é de Silvanus est aussi bien le compagnon du chasseur «pie le gardien de l’enclos rural, v. Yisconti, Bullett. Arcli. Comm. Il, 1874, p. 182 sq. Le chien dans le culte des i.arks, 111, 2, 945, et plus haut, Silvanus nommé Lar Agrestis. — 10 Duruy, llist. des Rom. I, p. 135; Cohen, Monn. imp. Vil, p. 123, 68 et pl. m. — 11 faunus. Il, 2, p. 1023.

SIM 1‘IILCM. 1 Ling. Lut. V, 124; cf. IX, 21, où Varron remarque la transformation des anciens vases romains, sous l’influence des formes nouvelles venues do Grèce.

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