‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 97 sur 137 · SIX · texte numérisé non relu

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dans les banquets le cyathus grec avait peu à peu pris la place du simpulum, mais que celui-ci était resté en usage pour les sacrifices. Ce fait montre que, malgré la ressemblance, il y avait entre les deux récipients une certaine différence. Celte différence, en effet, est visible sur les monuments. La cuillère grecque, élégante et longue, offre une très petite vasque, peu profonde, emmanchée à une tige qui se recourbe à l’extrémité supérieure en forme de tète d’animal [cyAtuus, lig. 2237, 2238] *. La cuillère romaine rentre dans une série qui a déjà été étudiée à l’article capis, capedo ; c’est une écuelle ordinaire, de capacité moyenne, à laquelle on a soudé sans art un manche vertical, afin de ne pas toucher le liquide avec ses doigts [capis, fig. 1134] ; plus lard on a perfectionné la forme et l’on a donné au récipient une forme ovoïde que la poignée incurvée accompagne d’une façon plus commode et plus artistique [capis, fig. 1135]. Au temps de Cicéron 2 on opposait à l’élégance de la vaisselle des riches contemporains la rusticité vénérable de ces vases d'argile ou de bois, dont on prétendait faire remonter l’origine au règne du roi Numa. Le simpulum figure sur plusieurs monnaies et bas-reliefs avec d’autres objets du culte religieux [ara, fig. 423 ; patera, fig. 5322] s.

Krause a voulu faire une distinction entre le simpulum et le simpuvium 4, bien que ces mots soient souvent pris l’un pour l’autre dans les manuscrits et dans les textes latins. Le simpulum aurait été l’instrument de banquet ordinaire et usuel, le doublet du cyathus grec ; le simpuvium , l’ustensile réservé aux cérémonies religieuses. Cette division parait assez arbitraire, puisque certains auteurs emploientle mot simpulum précisément pour désigner le vase rituel3 ; on peut seulement dire que simpuvium est plus usité dans ce sens °. Ce qui prouve aussi la confusion habituelle entre les deux mots, notée d'ailleurs par Nonius Marcellus 7, c’est que les mots simpulatrix et simpuviatrix s’appliquent à une femme chargée de la libation dans les sacrifices1*. Parmi les mots qui se rattachent encore à simpulum , notons simpulo et simpulator, se rapportant à un convive, en particulier à un ami du marié qui l’assistait dans le banquet de noces °, et simpulariarius , qui parait être le nom du fabricant de vases de ce genre ,ü. E. Poitier.

SIMPUVIUM [simpulum].

sixnox ( Sivociv). — Ce nom parait avoir élé donné, comme celui de byssus, tour à tour à des étoffes et à des matières différentes. La matière ne peut être autre que le lin pour les plus anciens auteurs grecs chez qui le terme se rencontre, par exemple, pour Hérodote, quand il

1 Vov. un cyalhus de forme grecque avec une inscription latine dans Museo antich. classica , II, p. 4P5. — - Parad. I, 2, il; Hep. VI, 2; Nat. deor. III, 17. Nous relevons aussi dansCic. De legib. III, IG, 30, une expression qui fait allusion à la petitesse de ce vase: excitare fluctus in simpulo, comme nous dirions « une tempête dans un verre d’eau ». — 3 Outre les figures du Dict. voy. encore Duruy, Hist. des Domains , I, p. 97; III, p. 18; Gusmau, Pompéi, p. 108. — 4 Angeiologie , p. 460. — oFeslus, s. v. Simplum (pour simpulum)... quo vinum in sacrificiis libatur; Apul. Apolog. s. de mag. Diis immortalibns simpulo et catino fictili sacrificat. — h Cic. De harusp. respons. 11, 23; De republ. VI, 2 (id. ap. Non. p. 398, 2G) ; Plin. Hist. nat. XXXV, 4G (158); Varr. ap. Non. XV, 12; Jutonal, VI, 343 ; cf. Arnob. IV, 148 et VII, 235. — 7 XV, 12. Simpuvium... usum habuit in sacris : idem omnino guod simpulum aut valde simile. — 8 Fest. s. v. ; Scliol. ad Juvcn. VI, 343. — 9Fulgent. De prisco sermone, 47 ; Isid. Gloss, conviva, amicus sponsi, assiduus cum eo in convivio. — 10 Orclli, Inscript. u°4283 (Rome).

SINDON. i Herod. II, 86. — 2 Vil, 181. — 3 Thuc. II, 49, 5. V. encore Sopli. Ântig. 1222 ; inventaire des temples de Samos, Michel, Recueil , n. 832, 19. — 4 Theophr. H. Plant. IV, 7, 7 ; Peripl. Mar. Erytlir. 48, 51, G3 ; Strab. XV, p. 093. — i» Papyrus de IG3 av. J. C.,dans Notices et extraits , XVIII, 211, 52 ; Non.

| rapporte1 que les Égyptiens entouraient les morts (]<■ bandelettes stvBdvoç fW<ri'v7]ç ; il se sert des mêmes réunis en parlant des bandages au moyen desquels hv Perses pansaient les blessés2 ; de même pour Thucydide quand il dit 3 que les malades de la peste de 430 ne p0ll’ vaient supporter rien qui les couvrit, pas même de givBovsç. 11 s’agit ici de toiles fines. Le coton, qui est l’autre matière que le même nom désigne, ne peut avoir été d’usage courant en Grèce à cette époque. 11 n’y hq répandu qu’après les conquêtes d’Alexandre. A partir de ce temps, aivBoév désigne des tissus tantôt de colon1 et tantôt de lin8. Chez les Romains, sindon est employé6 pour l’une et l’autre matière et comme otuonè s’applique à des sortes variées de tissus fins1. Les deux motsont quelquefois entièrement synonymes. On faisait surtout en Orient, particulièrement dans les fabriques renommées de l’Égypte et delà Syrie8, des aivooveç: ]e nom de la matière était devenu celui du produit: vêlements légers9, draps délit10, bandages “, serviettes12, etc.

E. Saglio.

SINGILIO (Styyi Xt'wv). — Pièce de vêtement dont on trouve la mention dans une lettre de l’empereur Gallien, où plusieurs sortes sont énumérées. 11 y est question de dix singiliones dalmatenses '. L’édit de Dioclétien sur le maximum en nomme d’autres provenances2: il y a un GiyYiXt'ojv NwptxBç, un TaÀÀixdç, un NouaueoDcoi;, un ‘hpuytay.di; ; mais c’est tout ce qu’on sait de ces tissus, qui paraissent avoir été assez communs, à en juger par leur bon marché. E. S.

SUVGULAR1S. — Dénomination employée pour désigner une catégorie de soldats d’élite attachés à certains états-majors. Leur nom, qui répond à notre terme technique militaire « isolés »*, s’explique par la façon dont ils étaient choisis : on les détachait du corps auquel ils étaient affectés pour les verser dans Yofficium d’officiers déterminés. On en rencontre auprès du préfet du prétoire2, des tribuns des cohortes prétoriennes3, des tribuns des cohortes urbaines4, des tribuns laticlaves légionnaires5, des préfets des ailes de cavalerie6.

Les gouverneurs de provinces avaient aussi sous leurs ordres des singulares, cavaliers ou fantassins1; ils étaient pris dans les troupes auxiliaires du pays et formaient deux corps [numerus], l’un d 'équités singulares , l’autre de pedites singulares* . Ces numeri étaient d’autant plus nombreux, que le rang du gouverneur était plus élevé : tandis que les singulares des procurateurs ne comptaient que 240 hommes9, ceux d’un légat légionnaire arrivaient à l’effectif d’une ala quingenaria " •

Les numeri singularium étaient parfois employés

Marc. p. 537, 20; Auson. Eph. parecb. 2; Galen. Ve san. tu. III (t. VI, p. ]*'!•

G V. noie précédente, — 7 11 a été élendu à d’autres plus grossières. Ainsi à une

voile de navire, Eur ,1’haet. fr. 36, Dind. — » Bliimner, Gcwerb. Thâtigkeit , p. *• — 3 Mari. IV, 19; Pollux, VII, 72. — 10 Edict. Diocl. XVIII, 12 et le papyrus déjà cité; Galen. L. c. j Poil. IV, 20; Vil, 16, 72, 73. — 12 Alciplir. III,

Diog. Laert. VI, 90 ; Anlh. pal. VI, 307. — Bibliographie. Mongez, Rech. sur les mbillements des anciens, Mém. de l'hist. (hist. et lilt.), t. IV, ISIS, p- 1 ^

Textrinum antiquorum, Londres, 1843, p. 280 ; Rilter, Ueber d. geot/ibreitung d. Ihuimirollein Abhandl. Berlin Acad. 1851 ; Brandes, Ueb. d. Zt Nomen und Verbreit. d. Baumwolle, l.cipz. 1866; Marquardt, Manuel des ■ '

Vie privée, trad. V. Ileury, II, p. 121 ; Olck, art. Flachs dans la Real-Rno] de Rauly-Wissowa. , ,

S1NGII.IO. 1 Treb. Poil. Claud. 17. b. - 2 XIX, 47, 50 ; v. Blüimier, ad SINGULAttlS. 1 Lydus, De mag. 111,7.— 2 Corp. inscr. lat. 111, 7334; . -■ ’

XI, 5640. - 3 Ibid. III, 7334; X, 410. - b Ibid. VI, 2914; IX, 1C17’ ~ , ,,3.’

3339. — G Ibid. 111, 12 356, — 7 Ibid. 111, 14 387 f; VIII, 9763.- s lbld- '.i 10 360 ; 7395; XIII, 7299, 7709. — ,9 Ibid. V, 8660; 21567. Cf. von "°',,asl J Die Rangordnung des rômischen Eeercs, p. 36. — Von Doniaszcns 1,

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comme combattants au cours d’une guerre ou d’une expédition, dans les provinces où ils existaient; ils devenaient alors ailes ou cohortes et figuraient ensuite dans les cadres réguliers de l’armée; à ce titre l’Empereur pouvait les envoyer en garnison dans d’autres provinces ; c’est le cas des pedites singulares Britannici qui sont ultérieurement affectés à la garnison de Dacie1.

R. Cagnat.

SINUM ou SINUS1. — Genre de vase à contenir le vin2; Varron3 le décrit comme un récipient assez grand, ayant une capacité supérieure à celle des coupes. C’est probablement une sorte de jatte ou de grand bol, dans lequel on pouvait mettre autre chose que du vin, car Virgile* dit aussi sinum lactis,e t Martial5 représente les porcs suivant la fermière qui tient la terrine contenant leur nourriture. E. P.

SIPARIUM1. — Dans les théâtres romains, en arrière du rideau principal, aulaeum, qui s’abaissait au début de la représentation et ne se relevait qu’à la fin [machina, p. 1469], il y avait un petit rideau, siparium 2, qui, manœuvré de la même façon ou plutôt tiré simplement d’un côté à l’autre3, se déployait à chaque entr’acte, laissant visible la partie extérieure du proscenium , tandis que Y aulaeum une fois relevé cachait la scène tout entière. Devant ce petit rideau l’on jouait les intermèdes [embolta] et le divertissement final [exodium], bref, tout ce qui n’était pas la grande pièce, tragédie ou comédie, ou bien, à l’époque impériale, pantomime. Ces divertissements accessoires étaient surtout des mimes. D’où la désignation périphrastique mimicum vélum * et l’emploi métaphorique de siparium pour signifier la scène sur laquelle on donnait ces spectacles cl ces spectacles eux -mêmes5. L’usage de Y aulaeum ne remontait pas très haut, à plus forte raison celui du siparium. Les comédies de Plaute ne contiennent aucune allusion ni à l’un ni à l’autre. On croit, d’après un témoignage fort confus de Donat6, que l’innovation de l 'aulaeum fut postérieure à la mort d’Attale, roi de Pergume (621 = 133). En tout cas, aulaeum et siparium étaient déjà usuels au temps de Cicéron1.

Quintilien 8 nous fait connaître une autre sorte de siparium , un rideau qui, de son temps, servait, semblet-il, a garantir contre le soleil le tribunal du préteur, mais que certains avocats utilisaient aussi pour y étaler des tableaux propres à émouvoir les juges. Pu. Fabia.

I Corp. inscr. lat. III, p. 2501. — Bibmogkaphib:. Mommsen, Epliem. epig P- 4ü6 Von Domaszewski, Die Iiangordnung des rômisclien ffeeres ( Donm Jatirbüchcr , CXVll),p. |8, 21, 22, 35, 40, 50, 03, 06, 73.

S|-\UM OU S I N L S*. 1 Oïl a voulu le rapprocher du mol grec Srvo; [voy. omos U Forcellini, Lexic. lat. s. v. — 2 Haut. Cure. 1, 1, 82; 1, 2, 13 ; cf. ltud. V, ; 3I; ~ 3 Lin9- lat- V, 123, édit. Nisard ; cf. IX, 21 ; Nonn. Marc. XV, 34, p. 547 M ■Uium et galeola, rasa sinuosa. Voy. gai.boi.a. — » Eclng. VII, 33 ; cf. Servius a 1 Antltol. net. lat.poet.éd. Burniaun, 11, p. 363 (description du mois de Mars]

. \ll, 8, 2. 1) après le Gloss. Jsid. s. v. c'est le vase où l’on bat le beurn

- 5 Mart. 111. 58, 20.

A lu ijm . 1 Mot de la mémo famille que supparum , qui signifie tantôt un véli lantot une voile d® navire; cf. en grec mç».po;. — 2 Donat. De cou

f !- (IteilTersclieid) : siparia... Est autem mimicum vélum, quod populo obsish , ôi'liy! Iulmlarm* actus commutantur. — 3 Apulée, Met. I, 8, emploie deux terme l: Pol,i signifier la manœuvre des deux rideaux : Aulaeum tragicum diim ' On et siparium seenicum complicato. De même, ibid. X, 29: Aulaeo subducto fiirm- SIPaTi‘s- A llotcl' aussi le pluriel sipariis : le siparium était peut-êlr ^ ' )IU '*L deux parties que l'on tirait l'une à droite, l'autre il gauche. — 4 Douai l'esLus !iCU "limicum Heifferscheid adopte la variante mal autorisée minutum ) pi'i'iiT ^'ac-)> P- 341 0. Muller) : Siparium genus veli mimicum. Dans I

son, |' ,laisase d Apulée, aulaeum tragicum s'oppose à siparium seenicum : il fan bvnu "l' (i "nUr a ccl adjectif le sens do comicum ou mimicum, si toutefois I ■ninteii" "r. |ias. corron’Pue- - 5 Juv. VIII, 185 sq. : (la scholie est à peu pré L 'ft'ùle) ; Sen. Tranq. an. Il, 0. » De coin. p. 12, Donat prétend que le sipa

SIIMIO (Eùptov). — Siphon et tout appareil dans lequel l’eau s’élève contrairement, en apparence, aux lois de la nature, itaoà tbon iv 1 .

I. Siphon recourbé, b xaiATtéAo; <répa>v !, circinus aegyptiacus3. C’est le siphon à deux branches inégales décrit dans tous nos manuels* et inventé par les Égyptiens qui, dès le commencement de la XX' dynastie, l’employaient pour décanter les liquides et, probablement, pour rendre potable l’eau fortement limoneuse du Nil5. Dans une petite salle du tombeau de Ramsès III 6, on voit trois siphons transvasant une liqueur contenue dans trois

Fig. 6462. — Usage du siphon en Égypte.

gargoulettes placées à hauteur d’homme sur un piédestal et la déversant dans un large récipient posé sur un petit escabeau1; le serviteur placé à gauche amorce le second siphon ; à droite, un autre serviteur fait effort pour remplir les gargoulettes (fig. 6462) 8. On ignore si les Grecs de l’Hellade employèrent ce siphon ; en tout cas, ce sont les Alexandrins qui le décrivirent, en étudièrent les diverses applications, et formulèrent les différentes théories de son fonctionnement. Mais, pour comprendre les différences essentielles qui séparent les explications de Philon de celles de Héron, il faut se souvenir des hypothèses fondamentales que l’on avait faites sur la constitution de la matière et le mouvement. Pour les anciens, qui raisonnent en physiciens et non en chimistes, tout corps est composé d’un ou de plusieurs des quatre éléments9: feu, air, eau, terre; ces éléments peuvent s’unir, se combiner, se transmuer de l’un en l’autre10. Mais n’ayant pas même nature, ces quatre éléments ne peuvent avoir même forme. Laissent-ils entre

rium remplaça Y aulaeum: Aulne a... pro çuiûus siparia aetas posterior accepit. Mais ilajoule presque aussitôt que le siparium n’est que le rideau des entractes. D’ailleurs, la coexistence de 1 aulaeum et du siparium résulte d'autres témoignages cités. — 7 Pro Cael. 27, 65 ; De prov. cons. G, 14. — 8 Or. inst. VI. I, 32 ; 3, 72. Dans le premier passage la leçon est incertaine. — Bibliographie. Arnold, Das allrômische Thcatergcbüude, Leipzig, 1873, p. 19 sq. ; Reich, Der Alimus, Berlin, 1903, p. 608 sq. ; A. Muller, Das Bühnenwesen in der Zeit von Constantin il. Gr. bis Justinian , p. 48 (dans Neue Jahrb. f. d. Klaus. Altertumsw. XII, 190'»). A peu près tous les textes relatifs au siparium se trouvent réunis dans la note de Hildebrand à Apul. Met. X, 29 (Lipsiae, 1842i, mais les conclusions de ce savant paraissent erronées.

SI l*HO. 1 Hero Alex. Pneumat. 1 (éd. Schmidt-Teubner, 1899, p. 10,36, elc.

— 2 lb. I, 1, p. 28. — 3 Traduction médiévale de Philon de Byzance, De Spirit. \ 1 (éd. Schmidt-Teubner, p. 470).— 4 F. T. D. Physiq. Lyon, 1900, p. 92. — 5 YVilkinsou-Birch, Mann, and.cust. of the anc. Egypt. 1878, 11, p. 31t. — 6 1 sam ber t Jtim'r. Joanne de L’Orient , 1860, p. 1046. C’est la tombe n. Il dite des Harpistes ou de Bruce qui la découvrit (Bruce, True, to discov. the source of the Aile , 1813 11, p- 35). — 7 Champollion, Monum. de l’Egypte , I. p. 406. — 8 Wilkinson-Birch, O. c. Il, fig. 433: A. de Rochas, Les orig. de la science, 1884, p. 49, fig. 3[.

— 9 Lucret. De rerum nat. I, 713 sq. Epicure, le moins savant des philosophes grecs, n'admet point celte hypothèso. — 10 Th. H. Martin, Et. sur le Tim. de Platon, 1841, 11, p. 250. Héron (O. c. praef.) démontre que l’eau, consumée par l’action du feu, se transforme en air qui s’évapore, et en terre qui reste au fond de la chaudière.

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eux des vides dans les corps qu'ils composent ou se combinent-ils entre eux de façon à ne point laisseï d’espaces vides entre leurs molécules? Question primordiale, non encore résolue, qui divisa les physiciens de l’antiquité et donna naissance aux différentes écoles.

Platon n’admettait ni le vide, ni même la possibilité d’un vide intermoléculaire De là, ses hypothèses sur une sorte de cristallisation géométrique des molécules élémentaires et sur l’attraction, tpiXca, qui détermine la cohésion des solides ou des liquides2 ainsi que l’adhésion des liquides aux solides 3 : tous les éléments s’attirent entre eux, mais d’après certaines affinités. Philon de Byzance est platonicien; il ne croit pas que le vide soit possible 1 et il considère 1 attraction comme cause du mouvement, comme seule raison de la montée des liquides dans le siphon : <> Quand on a mis la bouche sur l'extrémité du tube et aspiré doucement, l’air qui était dedans est tiré et avec lui le corps liquide qui se trouve en bas, parce que ce liquide est adhérent à l’air; qu'il y soit adhérent a la façon de la glu ou par tout autre mode d’attache »5. Vitruve se servira de cette adhérence entre l’air et l'eau pour expliquer le jeu de la pompe de Ctésibiosc. Mais déjà la théorie de Straton7 l’emporte : Sénèque3, Pline 1 Ancien3, Pline le Jeune1 s’en servent couramment à propos du siphon . tous les corps sont pesants, les plus légers sont chassés en haut par les plus lourds comme le noyau que 1 on presse entre les doigts11; ce que Cicéron formule : « a gravioribus leviora natura repelluntur » 12. Ce n’est plus 1 attraction hypothétique de Platon, mais la répulsion, la propulsion telle qu'on pouvait la voir se produire dans la pompe la plus simple. Connaissant la pression, pressura l3, .et ses effets, les Romains seraient peut-être parvenus, par le seul empirisme de leurs habiles fontainiers, à une meilleure notion de la pression atmosphérique, vis spiritus , si la décadence scientifique n’était rapidement survenue. Héron n’est plus qu un compilateur éclectique14; il nie la possibilité d’un vide continu15, mais il admet le vide intermoléculaire 16 qui permet d’expliquer la compressib il i téde 1 air 1 ' , dont Ctésibios avait découvert les effets18; il professe également la théorie de Straton

mais voici comment il s’en sert pour expliquer l’ascension d’un liquide dans un siphon dont on aspire l’air avec la bouche: « Quand nous avons reçu dans notre corps l’air qui se trouvait dans le siphon, nous sommes devenus plus pleins qu’auparavant et nous pressons l’air qui nous touche; cet air presse lui-même de proche en proche jusqu’à ce que la pression arrive à la surface du vin; alors le vin comprimé s’élève dans la partie du siphon qui a été vidée, car il n’y a pas d’autre lieu ou il puisse se porter sous l’influence de la pression13 ». Loin de s’en tenir à cette influence de la pression, pour expliquer, dans ses nveuacmxx, tous les phénomènes du siphon, il fait appel à la géométrie ou à la mécanique: si le liquide reste en repos dans une pipette ou dans les branches d’un siphon suspendu en l’air, c’est à cause de la réciproque d’une proposition d’Archimède20; si le liquide s’écoule par la grande branche du siphon, c’est parce que le liquide contenu dans celle-ci est plus lourd que celui qui est dans la petite branche, il l’emporte donc et l’entraîne21 ; cependant quelques lignes plus loin, Héron réfute par une expérience facile les savants qui ont soutenu que la branche la plus longue attirait la plus courte parce qu’elle contenait plus d’eau22. Mais de touLcs les affirmations de ce compilateur relatives au siphon, la plus funeste fut son induction imaginaire de l’impossibilité d’un vide continu, xevov àOpouv 23, d’un vide parfait, -th 7r/pc<7tav xsvdv 24 d’où provient le sophisme d’analogie sur l’horreur du vide qu’éprouverait la nature,

II. Siphon à écoulement uniforme. — L’effort que fait dans la fig. (54(32, le serviteur qui lève le bras pour remplir les gargoulettes montre qu’on savait déjà que la vitesse d’écoulement dans un siphon est d’autant plus rapide que la différence de longueur est plus considérable entre la grande branche et la partie émergente de la petite branche25. Pour conserver cette différence, on ajustait, comme on le fait encore, un flotteur, Xe^vapiov, à la petite branche20. On trouva même le moyen de rendre à la fois l’écoulement variable, mais uniforme et constant pour chaque variation par l’immersion du flotteur à une profondeur donnée où on le maintenait à l’aide d’une vi> ■

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