Même sens que Matula f^Varro, L
L. V, 119) : c'est à cela que tait probablement allusion la plaisanterie contenue dans le passage de Plaute ( Mil. m, 2, 39).
AQUARIUS (uSpo9ÔpoO- Porteur ou marchand d'eau (Cic. ad Fam. viil, 6),
2. Esclave employé aux bains, qui apportait l'eau , la versait sur le baigneur
et remplissait le labrum; il est occupé à ce dernier office dans la gravure, prise d'un vase d'argile. Ces hommes étaient notés pour leurs habitudes licencieuses (Juven. VI, 332; cf. Festus, s. v.).
3. Officier à Rome, attaché au service des aqueducs : il devait veiller à ce qu'il ne fût pas pris une quantité d'eau plus grande que celle qui était concédée par la loi à chaque individu ou à chaque établissement public (Front. Aquœd.).
AQUILA. Aigle , enseigne principale de la légion romaine (Plin. H. N. X, 5), faite d'argent ou de bronze, avec les ailes étendues, comme on le voit dans la gravure, prise d'un original publié par La Chausse [Recueil d'antiq. romaines,y, 5). On voit aussi la manière dont on la portait , au mot suivant.
2. (alsTÔ;, àetôc, àstcotia). En termes d'architecture, face triangulaire com-
AQUILIFER.
ARA
prise entre les corniches liorizontale et transversale d'un fronton, et qui servait de support à ces dernières : sust'inenles fastigium aquilm, dit Tacite ( Hist. m, 71) [si toutefois ces mots ne désignent pas plutôt les modillons en forme d'aigles adaptés à l'extrémité extérieure des chevrons formant les pentes latérales du toit]. Le terme est grec (Pausan. i, 24, 6; v, 10, 20) , et correspond au latin Tympanum; si ce n'est que ce dernier mot était employé lorsqu'il s'agissait d'une simple face nue et sans sculptures , et le premier quand la surface était remplie par un bas-relief. En effet, ce mot venait de l'usage grec fort ancien de sculpter un aigle sur le fronton d'un temple , surtout de ceux qui étaient dédiés à Jupiter : comme dans la gra-
vure , prise d'un bas-relief de la Villa Mattei à Rome. Dans les édifices étrusques ou autres de construction aréostyle , Yaquila était en bois , afin de peser moins sur l'architrave; cette circonstance fut cause de l'incendie du temple de Jupiter Capitolin , quand le Capitole fut assiégé par Vespasien { Tac. Hist. l. c).
AQUILIFER. Principal enseigne d'une légion romaine , qui portait l'aigle (Cœs.
B. G. V, 37 ; Suet.
Âug. 10). Il n'y avait qu'un aquilifer pour chaque légion, quoiqu'il y eût plusieurs jigniferi ou porteenseignes ( Veget.
Mil. II, 13; cf Tac. Ânn. I, 39 et 61 ).. La figure est tirée de la colonne Trajane, sur laquelle un enseigne portant l'aigle est représenté plusieurs
fois, avec la peau d'une béte sauvage sur la tête et sur le dos, de la façon qu'on le voit ici.
AQUIMINARIUM, AQULMINALE ou AQUjEMANALIS. Aiguière avec laquelle on versait de l'eau sur les mains des convives avant et après le repas. Uu bassin y était joint, pour recevoir l'eau qui tombait des mains ; les deux objets ensemble répondent assez à notre pot à eau avec sa cuvette ( Varro, ap. Non. s. a;. ;Ulp. Dig. 34,2, leg. 19, n. 12).
ARA (QuTfipiov, pwixôç). Autel; c'està-dire toute construction élevée au-dessus de terre , en gazon , en pierre , en briques , en marbre sculpté , sur laquelle on plaçait ou on brûlait les offrandes faites aux dieux. Les autels étaient ou circulaires ou carrés , avec une cavité au sommet où on allumait le feu, et un orifice de côté ou au bas, par lequel s'échappaient les libations de vin ou le jus des offrandes consumées. On voit au
sommet la cavité pour le feu et an bas l'orifice pour la décharge des liquides , dans la figure à main droite, prise d'une peinture de Pompéi; la figure à main gauche est copiée d'un vase d'argile et montre le liquide s'échappant par une ouverture placée plus haut. Ces parties sont essentielles à tous les autels sur lesquels on brûlait des victimes ou on versait des libations ; partout où elles manquent, bien que le marbre ressemble en général à un autel , ce n'est qu'un cippus et non une ara. Les archéologues oublient trop souvent cette différence.
2. Des autels étaient élevés aux places qui suivent. Dans un lucus ou bois sacré, devant la statue de la divinité à laquelle il était dédié (Hom. //. Il, 305 ) : ainsi dans la figure, tirée de l'arc de triomphe de Trajan, où les arbres représentent le bois sacré qui entoure une
ARA
Statue de Diane devant laquelle est placé l'autel.
T^^-TTi^ h i^
3. Sur les degrés au pied du portique d'entrée ou au-devant d'un temple, cooime dans la gravure ci-jointe, qui représente les restes du temple de la
Fortune à Pompéi, où l'on voit l'autel au bas des degrés qui conduisent à la porte d'entrée.
h. Dans les rues d'une ville (Plaut.
j4ul. IV, 1, 20; Most. v, 1, 45), et près des murs d'une maison, devant une peinture ou une image des Lares violes, comme dans la vue ci-jointe d'une rue de Pompéi. Le compartiment supérieur du bas-relief, au-dessus de l'autel , contient la figure de deux Lares, exactement semblable à celle que nous avons donnée à ce mot; et les deux serpents placés au-dessous étaient un signe pour
ARA. 45
avertir le public « de ne déposer aucune
ordure, »' comme nous l'avons expliqué au mot Angdis.
5. Enfin , ils étaient placés près de Vimpluvium ou sur Ximpluvium même des maisons particulières; c'est sur ces autels que In famille sacrifiait aux Pénates. La figure représente une restaura-
tion d'une partie de Vatriuin, dans la maison des Dioscures, à Pompéi; ou y voit Vimpluvium sur le premier plan , avec l'autel sur le bord. On en découvrit les traces en faisant des fouilles.
6. yira turicrema. Autel sur lequel on répandait et on brùhtit de l'encens (Lucret. 11,353; Virg. JEii. i\, 453).
La gravure, d'après une ancienne peinture découverte au pied du mont Palatin , montre une femme occupée à répandre de l'encens sur un autel allumé qui , à en juger par ses proportions restreintes, semble n'avoir été fait que pour de telles offrandes ; mais les passages de Lucrèce et de Virgile cités ci-dessus
ARACQKE.
ABATRCM
paraissent indiquer que l'épithèle luri-
crema élait aussi appliquée en général à toute sorte d'autel , parce qu'on y brûlait toujours de l'encens.
7 . Ara sepulcri ou ara funeris. Bûcher sur lequel on brûlait les morts (Virg. ^M. VI, 177 ; Ov. Trist. m, 13. 21), ainsi appelé parce qu'il consistait en bûches de bois disposées en carré , comme un autel. La figure est prise
d'un bas-relief représentant l'histoire de Y Iliade; on suppose que ce bas-relief date de l'époque de Néron et représente le bûcher allumé pour consumer le corps de Patrocle.
ARACHNE. Espèce particulière de cadran solaire ; son nom dérive d'une ressemblance avec la toile de l'araignée, produite par l'intersection des lignes des heures et des cercles de l'équateur et des tropiques qui y sont tracés. On n'en a pas découvert de spécimen ancien (Vitruv. IX, 8).
ARjEOSTYLOS(àp«t65VjXo;). Ârêostyle ; ce mot s'applique à un édifice ou à une colonnade où les colonnes sont placées à de grands intervalles et séparées par 3 fois 1/4 ou 4 fois leurs diamètres; comme dans la dernière ligne de la figure ci-jointe, qui montre la largeur relative des différentes espèces
d'entre-colonnement adoptées par les anciens. La construction aréostyle était particulièrement employée dans l'ordre toscan et pour •■'*• des lieux fréquentés par un #~a-^ grand concours de peuple : •— 'i-# on ne voulait pas occuper 0—3—^
trop de place par une mul- ^ ^ a
titude de colonnes. Cette construction exigeait une architrave de bois : ni la pierre ni le marbre n'eussent pu soutenir un |)oids considérable |)ortant sur des appuis si éloignés. La colonnade qui entoure le forum de Pompéi est dans ce genre. En faisant les fouilles on y trouva des vestiges d'architraves de bois (Vitruv. 111,2).
ARATOR (àpoT^p ). Laboureur (Piin.
//. N. XVIII, 49, 2 ) ; quelquefois bœuf de
labour, car le mot s'applique également aux animaux (Ovid. Fast. i, 698). On voit l'un et l'autre dans la figure, tirée d'un bas-relief romain.
2. Fermier qui cultivait de vastes portions du territoire public, en payant un dixième du revenu ; en général , ces aratores étaient membres de l'ordre équestre , et ils sont mentionnés par Cicéron comme une classe d'hommes utile et excellente (Cic. Agr. ii, 31 , 2; Verr, III, 55).
ARATRUM (âpoTpov). Charrue. La charrue représentée d'ordinaire sur les anciens monuments est d'une grande simplicité : elle se compose de la branche d'un orme courbée naturellement ou artificiellement en un croc [biiris] qu'on aiguisait en pointe, que l'on revêtait de fer, et qui servait alors de soc (-vomer)', une autre branche, saillant de la branche principale, dans une direction opposée à celle du soc, servait de manche (stiva) pour guider la machine et enfoncer le
ARBUSCCLiE.