ARCA
soc à une profondeur suffisante dans le sol. On voit distinctement ces parties dans l'ensemble et dans les détails par la gravure précédente.
2. La figure suivante représente une charrue d'une construction perfectionnée, d'après un bas-relief découvert dans la presqu'île de Magnésie. Elle avait, à l'exception du contre, toutes les parties essentielles énumérées par les auteurs grecs et latins , à savoir A A , buris (yOyjî), la tige recourbée en queue dont l'extrémité formait le timon (temo, 1(ttoêoEÛ;) ; B. dentale (éXviixa), la pièce de bois où s'enclavait le soc; C, vomer
(Gvvt{), le soc ; D était un lien qui rattachait plus fortement la pièce de bois du soc au timon, et que quelques archéologues distinguent par le nom de fulcrum, mais sans citer leurs autorités ; E Ë , mires (TtTepâ), les oreilles; F, stiva ( àyÉT^r, ) , le manche par lequel le laboureurdirigeait la charrue (Virg. Georg, 1, 169-176).
3. La gravure suivante représente une charrue à roues {ciirrus) d'après Caylus ;
outre les parties énuméréesci-dessus, elle est aussi munie d'un contre {ciilter), pareil à une lame de couteau , attaché au timon du devant delà charrue.
4. Àratrum aiiritum. Charrue à oreilles (Pallad. I, 43, 1); voy. la gravure n° 2, E E.
5. Âratrum simplex. Charrue sans oreilles (Pallad. /. c); voy. la gravure au mot Arator.
ARBUSCULit: (àitaÇôitoôe;). Forts colliers de bois , ou anneaux , attachés sous un chariot [plaustrum) ou sous
une machine de guerre , pour recevoir l'essieu qui tournait avec ses roues dans ces colliers, comme on le voit encore dans un chariot d'enfant ( Vitruv. x, 14, 1 ; Ginzrot, Wagen und Fahrwerke, i, 91 , 3). Quand les roues tournaient sur leur essieu, comme c'était l'habitude pour les chars (currits), naturellement l'essieu était fixe et les arbctisculie n'étaient pas nécessaires.
ARCA (xiêioTÔ;). Tout coffre ou coffre-fort où l'on gardait des habits, de l'argent et toute sorte d'effets (Cat. R. B. 2, S; C'ic. Parad. VI, 1; Juven. xi, 26; Suet. Cal. 49) ; malle, caisse, etc. La
figure ci-jointe est un modèle remarquable de coffre-fort , découvert dans l'a^ trium d'une maison à Pompéi ; on croit , avec une grande apparence de raison , que c'était une caisse où le questeur gardait l'argent de l'État. Elle repose sur des piédestaux élevés, revêtus de marbre ; la caisse est de bois, doublée de i)ronze au dedans et plaquée de fer au dehors. Elle est décrite en détail dans Gell, Pompeiana, t. II, p. 30-31.
2. Boîte de bois, commune , où les restes de ceux qui ne pouvaient fournir à la dépense d'une bière étaient portés au lieu de la sépulture (Hor. Sat. i, 8, 9; Lucan. m, 736; Caii Dig. ii, 7, 7 ).
3. Bière où le cadavre était déposé entier pour être mis dans la terre ou dans une tombe , quand il n'était pas brûlé (Plin. H. iV. xill, 27; Val. Max.
I, 1, 12). La figure ci-jointe représente
ARCVBALLISTA.
le plan et la perspective d'une bière en terre cuite ( Uggeri , Capo di Bove, pi. 19). La partie ombrée dans le plan était une sorte de degré pour recevoir la tète du mort , et le trou qui y est pratiqué était une cavité pour les parfums qu'on y versait par un orifice correspondant ; on le voit sur le côté de la bière dans la figure supérieure. Le tout était fermé par un couvercle.
k. Cellule de prison , dans une maison particulière, où l'on mettait les esclaves (Cic. M/. 22).
5. Caisse de bois dont on se servait quand on établissait des fondations sous l'eau. C'était une boîte carrée, sans couvercle et sans fond, qu'on enfouçait dans le sol ; on en pompait l'eau de l'intérieur, et le vide était alors rempli de pierres ou d'autres matériaux qui composaient les fondations (Vitruv. v, 12, 3).
ARCARIl. Officiers qui tenaient les comptes du trésor privé de l'empereur (fiscus), d'où leur venait le nom de Caesariani; leurs bureaux étaient situés dans le forum de Trajan (Lamprid. yilex. Sev. 43; Fragm. Juris antejustinian. a Maioc^. p. 38).
2. Dans les familles particulières, caissiers ou domestiques qui tenaient les comptes et surveillaient les recettes et les déboursés de leurs maîtres (Inscript. ap. Grut. 641,7, 8; Scaev. Dig. 40, 6,41).
ARCERA. Chariot couvert et tout revêtu de planches qui lui donnaient la forme d'un vaste coffre ( arca ) ; on s'en servait à Rome pour transporter les invalides ou les personnes âgées et infirmes, avant l'invention des litières et des autres moyens de transport plus élégants (Varro, /. A. v, 140). On s'y étendait
de tout sou long : à cet effet , il était
muni en dedans de coussins et d'oreillers. L'extérieur aussi était ordinairement couvert de draperies qui le rendaient plus agréable à l'œil et en cachaient l'apparence grossière (Gell. xx, 1, 8).
La gravure est prise d'un marbre funéraire conservé au musée de Baden , et publié par Ginzrot ( IVagen uiid Fahrwerke, tab. 19, 2) : elle peut être regardée comme le seul modèle connu de ces voitures primitives, dont la haute antiquité est établie par la mention qu'en font les Douze Tables (Gell. /. c). Dans l'original on voit des draperies placées sur le haut du chariot , pour le couvrir tout entier, comme nous l'avons dit cidessus.
ARCHIMIMUS ( àpxt|xi(io; ). Chef d'une compagnie de bouffons qu'on engageait aux funérailles pour danser et faire des tours de paillasse. Le chef de ces mimes représentait en charge la personne et le caractère du défunt ( Suet. Fesp. 19 ; voir aussi MiMUS, 2).
ARCUARIUS. Ouvrier qui fait des arcs et des flèches ( Aur. Arcad. in Dig. 50, 6,6; cf. Veget. M/. Il, 11).
ARCUATIO. Construction en arches, propre à supporter tout ouvrage, comme une roule, un pont ou un aqueduc (Frontin.^y. 18 et 21 ). Voy. la gravure au mot AqujEDUCTus.
ARCUATUS. En général tout ce qui a forme d'arche ou qui est bâti sur des arches (Plin. Ep. X, 47, 2). Voyez la gravure d'AQUiEDUCTUS.
2. Arcuatus currus. Char à deux roues avec une tente demi-circulaire au-des-
sus (Liv. I, 21 ). La figure est tirée d'une peinture trouvée dans une tombe étrusque et publiée par Micali (Itatia avanti il Dominio de' Romani).
ARCUBALLISTA. Machine pour lan-
ARCCBALLISTARIITS.
cer des flèches, réunissant les propriétés de l'arc et de la baUista. Le nom indique une arme de l'espèce de Y arbalète moderne; mais il est difficile d'en donner une description précise; on n'est pas non plus suffisamment renseigné sur le caractère de la. baUista (Vegel. Mil. II, 15).
ARCUBALLISTARIUS. Celui qui employait Varcuballista (Veget. Mil. IV, 21).
ARCULA (xiêwT'.ov). Diminutif d'y^rca. Le mot arcula a aussi les sens particuliers qui suivent :
1. Boîte de couleurs d'un peintre, partagée en un certain nombre de compartiments ; elle était employée particulièrement par les peintres à l'encaustique, qui y gardaient ^^<g> <g> <s>^ séparément les différentes cires colorées en usage pour leur art (Varro, i?. B. m, 17, 4). La figure est tirée d'un bas-relief romain qui représente la Peinture engageant M. Varro à illustrer son livre de portraits.
2. Petit tombeau ou cercueil en pierre, employé par les Romains convertis au christianisme et déposé dans les catacombes quand les corps étaient ensevelis sans être brûlés (Inscript, aj?. Grut.
1031, 4). La figure représente un de ces cercueils trouvés dans les catacombes de Rome ; on n'en a supprimé qu'une jMirfie, pour laisser voir le squelette.
ARCULARIUS. Ouvrier qui faisait des arculœ, des cassettes , de petits coffres, des écrins, etc. (Plaut. Jul. m , 5,45).
ARCULUM. Guirlande faite d'une branche de grenadier courWe en cercle et attachée aux extrémités par un cordon de laine blanche ; elle était portée par la Flaminica Dialis dans tous les sacrifices , et aussi , dans certaines occa-
sions, par la femme du Jiex sacrificulus (Serv. fltiVirg. Mn. iv, 137).
2. Ou Arciilus. Coussinet de porteur; surtout le linge , roulé et plié en cercle , que les jeunes femmes plaçaient sur le haut de leurs tètes, comme on le pratique encore dans la campagne en Italie, pour soutenir les corbeilles (canistra, cistse) qu'elles portaient dans les Panathénées et autres fêles (Festus, s. v.) Uarculus est fréquemment représenté dans la sculpture au-dessus des figures qui portent toute sorte de fardeaux sur leurs têtes , comme les Canephorœ, Cariatides, Telamones ; la figure ci-jointe en présente un modèle d'après les bains de Pompéi. L'arciilus est souvent confondu avec le modius , auquel il ressem- « bla en effet, mais qui serait un ornement bien mal approprié dans une telle position.
ARCUMA. Petit chariot (plaustrum ) qui ne pouvait porter qu'une seule per sonne. (Festus, s. v. ) La figure repré-
sentée ici d'après un bas-relief de tombeau à Rome, s'accorde si exactement avec la définition de Festus , qu'il n'y a point à hésiter sur son nom réel.
ARGUS (Ptôç, t6$ov). Arc pour lancer des flèches, dont l'usage était généralement restreint aux plaisirs de la chasse et aux luttes d'adresse , à part quelques exceptions pendant l'âge homérique (//. xil, 350), après lequel on ne le trouve plus mentionné comme arme de guerre. Les Romains l'employaient de la même manière pour chasser le gibier et les oiseaux ; mais il ne fut jamais introduit dans leurs armées , si ce n'est par des auxiliaires dont il était l'arme nationale.
Les arcs des Grecs avaient deux for-
mes différentes : les uns consistaient en deux cornes, jointes ensemble par une pièce droite au milieu de l'arme , comme la figure supérieure dans la figure ci-
jointe , d'après un vase d'argile ; les autres , quand ils étaient détendus, avaient nne forme circulaire, comme une baie (sinus), ainsi qu'on le voit par la figure inférieure , tirée aussi d'un vase d'argile. Quand l'arc était tendu , il se pliait en arrière dans le sens inverse de sa courbe; ce qui devait lui donner une force terrible : ainsi s'explique le vrai sens de l'épitbète homérique iia)îvTovov (Iliad.
VIII , 2C6). Les deux formes sont aussi distinguées chez les écrivains latins par les épithètes de palulus (Ovid. Met.
VIII, 30), et de sintiosus ou sinuatus (Id. Met. yni, 380; Am. i, 1, 23).
2. L'arc des Romains , comme on le voit dans leurs jieintures, ne différait pas de l'arc des Grecs.
3. Arcus scytliicus. L'arc des Scythes mentionné par les auteurs grecs et latins avait une forme toute différente de l'un et de l'autre des deux modèles précédents comme on s'en convaincra par la gravure, prise de la base d'un candélabre de la villa Albani, qui représente Hercule emportant le trépied sacré du temple d'Apollon (Voy.Hygin. Fai.
32). On voit un a!c de forme semlilable entre les mains d'Hercule, sur une pierre pré
cieuse'dans la galerie de Florence, sur une autre du cabinet Stosch ; et sur la base d'un candélabre à Dresde, représentant la même querelle entre Hercule et Apollon.
La figure en demi-lune, dans la première gravure, a souvent été citée par des philologues comme spécimen de l'arc des Scythes; mais les détails suivants établiront d'une façon satisfaisante qu'une telle supposition est sans valeur : 1" Hercule se servait de deu.c arcs (Herod. IV, 10) ; l'un , qu'il avait reçu d'Apollon (Apollod. Il, 4, 1 1 ), était nécessairement un arc grec ; l'autre, qu'il tenait de Teutarus, berger scythe (Lycophr. 56 ; Tzelz. ad Lycophr. 50 ; cf. Theocr. /d. xiil, 55), était nécessairement un de ceux dont se servaient les indigènes; 2° Lycophron (v. 917) assimile l'arc scythe à un serpent ; et Becker, en décrivant la figure du candélabre de Dresde (Augusteum, pi. 5), par une erreur singulière, prend l'arc pour un serpent, quoique le carquois qui est à côté témoigne clairement de son caractère réel; 3° Strabon (n, p. 332 Siebenk.; cf. Ammian. XXII, 8, 5|) dit que les contours du Pont-Euxin ressemblent à ceux d'un arc scythe ; un côté , qui est presque droit, formant la corde; l'autre, qui, comme il le dit, s'enfonce en deux ha'ies, l'une plus large et plus circulaire, l'autre plus petite et d'Mwe courbe moins prononcée, est l'arc lui-même; 4" Euripide [ap. Athen. x , 80) introduit un paysan qui avait vu le nom de Thésée, qu'il ne pouvait lire , inscrit quelque part ; il essaye d'expliquer les caractères dont ce nom est composé par des ima{;es familières, et il compare la quatrième lettre , le sigma grec, à une mèche de cheveux qui forme boucle comme les vrilles de la vigne, p6(TTpu)(o; etXtytiévoç; tandis qu'Agathon (a/>. Athen. ihid.), en rapportant la même histoire, fait comparer par ce paysan la même lettre à un arc scythe ; or le caractère le plus ancien pour représenter le sigma grec se traçait ainsi, il, ou 3, on le voit par les marbres de Sigée , monument d'une très-haute antiquité ( Chishul. Inscr. Sig. p. 4 et 41), et non