‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 144 sur 327 · Horreum publicum (onxoçuXaxelov · texte numérisé non relu

Horreum publicum (onxoçuXaxelov

Grenier public dans lequel l'État gardait des provisionsconsidérablesde grains, afni qu'on eût toujours sous la main, dans les temps de disette , une réserve pour être distribuée aux pauvres ou vendue à un prix modéré (P. Victor, de Reg. Urb.

Rom.; cf. Liv. Epit. 60; Vell. Pat. ii, 6, 3; Plut. Gracch. 5). Nous appre-

nons par ces passages que ce fut à C.

Sempronius Gracchus que vint la première idée de bâtir ces greniers.

5. Magasin d'entrepôt où les personnes de toute classe pouvaient déposer, comme en un lieu sûr, leurs biens et leurs effets, que ce fussent des marchandises ou des valeurs personnelles , telles que mobilier, argent, cautions ou objets de prix de toute espèce. C'était aussi un édifice public, «;omme le dernier que nous avons mentionné, et chaque quartier (regio) de la ville eut à un moment un magasin particulier d'entrepôt à l'usage de tous les habitants circonvoisins (Lamprid. Alex. Sev. 39; Ulpian. Dig.XQ, 14, 5; Paul. Dig. 34, 2, 53; Modest. ib. 32, 1, 82).

HORTATOR (xe>£yaT^<:). Dans un navire, le chef des rameurs , qui dirigeait

leurs manœuvres , et réglait leurs mouvements à l'aide du chant nautique appelé xl z\Ks^o. (en latin celeusma ou celeuma) , auquel était approprié le pied procéleusmatique, de quatre brèves (Isid. Orig. 1, 16). Il aidait les rameurs à frapper en mesure, et, en quelque sorte, les animait à leur tâche (Ovid. Met. iu,6lS; cf. Sil. liai. VI, 360-363; Virg. Ain. y, 177; Serv. «^/.; Val. Flacc. I, 471)'; de là son nom (solet hortator rémiges hortarier. Plant. Merc. IV, 2, 5). Il était assis à l'arrière du vaisseau avec un bâton à la main, dont il se servait pour battre la mesure, comme le représente la gravure, prise du Virgile du Vatican.

HORTULANUS, Pépiniériste, grainetier, ou jardinier en général (Macrob.

Sat. VII, 3; Apul. Met. IV, p. 64; ix, p. 199). Il est probable aussi qu'on se servait du même nom pour désigner un fleuriste, par opposition au topiarius , qui soignait les arbrisseaux et arbres vert#ii

HORTCLCS.

t à Volitor, le jardinier du potager; ar on ne rencontre aucun autre nom our désigner celui qui s'occupait de ette branche de l'art du jardinier. Il est lair, cependant, par la gravure ci-jointe,

opiée d'une fresque du palais de Titus , |ue le soin des fleurs était une occupaion favorite dans sa journée ; et le dessin irigiiial montre encore plusieurs autres ij>érations de jardinage, outre celles d'em- )oter et de transplanter qu'on voit dans e spécimen ci-dessus.

H0RÏULL'S(xr,7tiov). Diminutif d'HoRrcs (CatuU. 61, 92; Juv. m, 226).

HORTUS(x7i7to;). Parc d'agrément ou ardin, qui, d'après les descriptions qui lous en restent, semble avoir été disposé laus le même genre et de la même fa- ;on que celui d'une villa italienne molerne. Là où l'espace le permettait , il îtait partagé en avenues ombragées (gestationes), pour la promenade en chaise ou ;n palanquin (sella , lectica ) ; en allées pour les exercices d'équitation (hippoiromi) ; plus , un espace découvert {xystus), disposé en parterres bordés de buis et parsemé d'arbres verts taillés en formes artificielles ou de fantaisie, avec de grands arbres, des fontaines, des grottes, des statiies , des œuvres d'art placées çà et là aux endroits convenables (Plin. Ep. v, 6). Cette esquisse du jardin de Pline peut passer aussi pour une description fidèle des parcs d'agrément de la villa Pamfili à Rome.

2. Le même terme comprend aussi le jardin potager, la manière de l'arranger, et les différentes espèces de légumes qu'on y mettait : tout cela est détaillé fort au long par Columelle, xi, 3.

3. Uortus pensais. Estrade mobile pour des fruits, des fleurs ou des légumes, et placée sur des roues, de manière qu'on pouvait la mettre au soleil pendant le jour, et la retirer pour la nuit sous l'abri

d'une serre (Plin, H. N. XIX, 23; cf. Columell. XI, 3, 52).

4. Horti pensdes. Au pluriel, yar<///M suspendus, c'est-à-dire formés par art de telle sorte que les couches, élevées en terrasses l'une au-dessus de l'autre, comme des degrés , soient supportées ou en quel(|ue sorte suspendues sur des gradins de maçonnerie ou de briquetage voûtés, comme les sièges d'un théâtre (Plin. H. N. XXXVI, 14, 20; cf. Quint. Curt.

HOSPITIUM. Terme général pour toute place où un voyageur ou un étranger trouve pour un temps le logement et la table, que ce soit la maison d'un ami, une hôtellerie ou un logement loué (Cic. Plùl. XII, 9; de Sen. 23; Liv. v, 28).

2. Logement de soldat en quartier chez un particulier ( Suet. Tib. 37).

HOSTIÂ (UptTov). Victime sacrifiée aux dieux ; proprement , comme offrande expiatoire pour détourner leur courroux, par opposition à 'victima, victime offerte en remercîment de faveurs reçues. Ces victimes consistaient généralement en animaux domestiques , comme boeufs , bêtes à laine, cochons, etc. 0"3ii<l ^^ les sacrifiait aux dieux de l'Olympe, on les immolait avec la tête relevée, comme dans la gravure, prise du Virgile du

Vatican ; quand on les offrait aux divini-r tés infernales, aux héros ou aux morts, on les immolait avec la tète penchée vers la terre. Les plus considérables étaient d'abord étourdies d'un coup de masse de la main du popa , comme dans la gravure ci-jointe , d après un bas-relief romain ; pour les plus petites, le c«/franuf leur

HUMATIO.

enfonçait le couteau dans la gorge, com-

me le montre la première gravure.

HUMATIO (xaTÔpy^iî ). Rigoureusement parlant, action cT enterrer , c'est-àdire, d'ensevelir dans un tombeau creusé en terre, ce qui était la plus ancienne manière de disposer du corps après le décès, et ce qui fut une coutume bien établie chez les Romains jusqu'à une époque avancée de la république; mais on emploie aussi le même mot dans un sens plus générai pour tout autre mode d'enterrement, parce que l'habitude de jeter un peu de terre sur les os et les cendres fut adoptée quand on eut abandonné celle de mettre les corps en terre ( Cic. Leg. ii, 22; Tusc. i, 43 ; Plin. H. N. vil, 55).

HYDRALETES (•iÔpaXsTr.ç). Moulin pour moudre du grain, mis en mouvement par l'eau au lieu de l'être par des animaux ou par des hommes ; il paraît avoir été employé d'abord en Asie (Strabo, xil, 3, § 30), et n'avoir point été introduit en Italie avant le temps de Jules César au plus tôt , et cela seulement par quelques

Îiarticuliers (Vitruv. x, 5, 2; cf. Palad. R. R. I, 42). La première mention qu'on rencontre des moulins à eau publics est de 398, sous Arcadius et Honprius (Cod. Theodos. 14, 15, 1) : ils étaient alimentés par les aqueducs. Les moulins flottants furent inventés par Bélisaire eu 536, quand Vitigès assiégea la ville et arrêta les moulins en interceptant l'eau que les aqueducs fournissaient (Procop. Goth. I, 9). Du passage de Vitruv e (/. c.) nous apprenons que Vliy-

draletes fonctionnait à peu près comme la roue hydraulique ordinaire ( rota açiiaria ) ; c'était une roue considérable, munie de planches plates [pinnse), qui la faisaient tourner par l'action du courant et agissaient ainsi sur une route dentée attachée à son essieu , par le moyen de laquelle était poussée la meule, comme on l'ex-: plique au mot Mol a. I

HYDRAULA et HYDRAULES (ûSau- Xïiç). Celui qui chante ou récite avec accompagnement d'orgue hydraulique (Petr.

Sut. 36; Suet. Nero, 54). |

HYDRAULUS (uôpavXoçou ùSpayXi;),' Orgue hydraulique (Cic. Tusc. m, 78; Plin. H. N. IX, 8; Vitruv. X, 13), dans lequel l'action de l'eau produisait sur le soulQet le même effet qu'on obtient maintenant à l'aide d'un grand poids. L'instrument est grossièrement indiqué dans la gravure ci-jointe, d'après une monnaie de Néron. Dans la collection d'antiquités léguée au Vatican par Christine de Suède, il y a une médaille de Valentinien avec une représentation d'un instrument sembla-

ble sur le revers , accompagné de deux ligures, une de chaque côté, qui semblent pomper l'eau à l'aide de laquelle il fonctionne. Il a seulement huit tuyaux ; il est placé sur un piédestal rond , et , comme la figure ci jointe, ne présente aucune trace de clefs ni de personne qui exécute et qui en joue; d'où l'on a induit qu'un mécanisme seul faisait jouer ces orgues, HYDRIA (OÔDÎa). Seau d'eau pour tenir de l'eau propre ; employé plus spécialement pour désigner ceux qui étaient d'un genre plus relevé ( Cic. Verr. m, 19), en bronze ou en argent, et d'une main-d'œuvre précieuse, comme la figure

HYP.«THnOS.

HVPOCACSIS.

ci-jointe, d'après un original de Pompéi.

2. Dans un sens plus général, toute espèce de vase pour tenir de l'eau ; de là employé aussi pour l'urne d'où les noms des tribus et des centuries étaient tirés au sort pour assigner à chacune son tour de voter, appelée d'ailleurs et plus spécialement sitella (Cic. ferr. lU, 51).

HYP.flTHROS (ÛTtaiepoç). Littéralement, sous le ciel ou en plein air ; mot appliqué à un temple ou à tout autre édifice qui n'avait pas de toit pour recouvrir la partie centrale de son area , de sorte que l'intérieur était à ciel ouvert. Les constructions hypèthres étaient généralement les plus considérables et les plus magnifiques ; mais la difficulté d'étendre un toit surune grande surface peut être regardée comme un des principaux motifs pour adopter cette disposition. Le grand temple de Paestum en offre un spécimen encore existant ; mais il n'y en avait pas d'exemple à Rome quand Yitruve écrivait (Vitruv. m, 2).

HYPiETHRlIM. Fenêtre grillée placée

au-dessus de la principale porte d'entrée d'un temple (Vitruv. iv, 6, 1), comme dans le spécimen ci-joint, qui représente la porte du Panthéon à Rome. Un des marbres Xanthiens du musée Britannique donne un spécimen de la même invention , qui a le double avantage de donner de la grandeur au dehors et d'admettre l'air au dedans.

HYPERTHYRUM (ÙTtépevjpov). Membre d'ornement consistant en une frise et

une corniche supportées sur des consoles ( ancones, parotides) et placées d'habitude au-dessus du linteau d'un châssis de porte dans les temples et autres grands édifices (Vitruv. IV, G, 4 ) ; on en voit un spécimen dans la gravure ci-jointe , avec une des consoles en profil à côté ; il est pris du temple d'Hercule à Cora, et construit précisément comme le demande Vitruve au passage cité ; la gravure précédente donne aussi un spécimen d'un ornement semblable, mais dessiné différemment, qui est placé au-dessus de Yhypxtiirum au Panthéon deRome. Ce membre était destiné à augmenter les dimensions apparentes de la porte, afin de conserverie niveau delà ligne horizontale formée par l'architrave du pronaos et des anlas ; c'est pour cela qu'on veut que le sommet de la corniche de Yhyperthyrum coïncide avec les sommets des chapiteaux appartenant aux colonnes et aux antœ du pronaos. Si on donnait cette hauteur au châssis de la porte lui-même, les battants seraient mal proportionnés et gênants à ouvrir.

HYPOCAUSIS (ûitôxauiTtç). Fournaise avec des tuyaux courant sous le pavé d'un appartement, dans une maison particulière ou dans des bains, pour augmenter la température de l'airdans la pièce qui est au-dessus (Vitruv. v, 10, 1 et 2). On la voit clairement dans la gravure ci-jointe, représentant la coupe d'une chambre de bain découverte dans une villa romaine

HYPOCACSTCM.

ICUNOGRAPUIA.

à Tusculum. La petite arche à gauche montre la bouche de la fournaise {pro-

pnigeum ), sur laquelle sont placés les vases [vasaria, Vitruv. /. c.) contenant l'eau chaude et l'eau tiède qu'elle servait à échauffer ; et à droite, sous le plancher de la chambre qui est supporté sur plusieurs tubes bas et creux, est un tuyau d'embranchement partant de Yhrpocausis et servant à échauffer la chambre qui était au-dessus.

HYPOCAUSTUM(07t6xa'j(iTOv).Cham.

bre dont la température est élevée à l'aide d'une fournaise avec des tuyaux (lijpocausis) placée au-dessous , comme le fait voir la gravure précédente (Plin. Ep. Il, 17, 11 et 23; cf. Stat. Sylv. i, 6, 59, où le mot semble s'appliquer aux tuyaux qui sont sous la chambre plutôt qu'à la chambre elle-même).

HYPOGRITA ou HYPOCRITES (0:ioxptT^ç. Acteur ou artiste qui joue un rôle sur le théâtre (Suet. Ner. 24; cf. Quint. XI, 3, 7). Le mot est grec, à proprement parler, et répond au latin histrio.

HYPODIDASCALUS (0ito8i8(Z(Txa).oî).

Sous-maître; dans une école (Cic. ad Farn. IX, 18) ; dans un chœur grec (Plat. Ion. p. 536, a).

HYPOG.(EUM (ÛTtôyaiov, Inscript, ap.

Donat. cl. 8, n. 14; ap. Grut. 1114, 3). Comme

HYPOGEUM (yTtôye-.ov). Partie d'un bâtiment qui est au-dessous du niveau du sol (Vitruv. VI, 8) ; par extension, voûte souterraine dans laquelle les Grecs enterraient leurs morts sans brûler le corps (Petr. Sat. 111), répondant par conséquent au CoNDiTORlUM romain.

HYPOTRACHELIUM (OitoTpaxviXov).

La partie supérieure du fût d'une colonne, là où son diamètre est le plus petit , immédiatement sous le cou du chapiteau (Vitruv. III, 3, 12; iv, 7, 3).

lATRALlPTA ou lATRALIPTES (la- TpaXeiTtTTiç). Médecin qui traitait ses malades selon le système appelé iatraliptique (latraliptice , Plin. N. N. xxix, 2); c'est-à-dire par une application externe de pommades, et par des frictions, combinées avec un régime gymnastique régulier (Plin. Ep. X, 4; Cels. i, 1).

ICHNOGRAPHIA (Ixvoypaçîa). Carte ou plan fait avec les contours par les architectes, pour servir de guide aux ouvriers ou comme carte à laquelle on se

CVS UCTAVUE CT HE :

r.^rwm.r-r

; ir ■ s

ArOIS IVNONI

réfère (Vitruv. i, 2, 2). La gravure ci-jointe donne un spécimen d'une carte romaine, d'après un plan de la ville gravé sur des tables de marbre qui formaient dans l'origine le pavé du temple de Romulus et de Rémus; plusieurs fragments en sont conservés au Capitole. On suppose que ce plan fut exécuté à l'époque de Septime Sévère; et, quand il était entier, il formait un guide complet de la ville, dans lequel chaque rue, chaque maison , chaque édifice public était à sa place, avec un détail suffisant pour en montrer l'emplacement et la forme : le nom y était toujours inscrit. Le fragment inséré ici présente le plan original du portique d'Octavie qui entourait les temples de Jupiter et de Junon ; il reste des débris considérables de ces édifices près

IGMSPICIUM.

IMAGINES MAJOBUH.

du marché aux poissons d'aujourd'hui.

Les lignes pointées sont seulement des fissures dans le marbre. D'autres spécimens du même plan sont donnés aux mots ATRIUM, DoMUS , et dans d'autres endroits de cet ouvrage : quelques-uns montrent le grand art avec lequel les dessinateurs anciens savaient marquer les formes d'une construction par un petit nombre de contours simples.

IGNISPICIUM. Branche de l'art de la divination qui consistait à prédire les secrets de l'avenir par l'inspection d'une matière enflammée (Plin. H.N.Wl, 57 ; cf. Sen. OEd. 306-330, où les différents aspects des flammes et la signification qu'on leur prête sont détaillés tout au long).

ILLEX ou IIXIX, sous entendu acis (7ra).£"jTT)ç). j4ppeati, oiseau employé par les anciens chasseurs d'oiseaux pour en attirer d'autres dans leurs filets et leurs pièges. A cet effet , ils se servaient à la fois d'oiseaux d'espèces semblables et d'espèces ennemies, comme la chouette et comme le faucon, qui était aussi dressé à saisir les oiseaux qu'il avait attirés à sa portée (Plaut. yls. i, 3, 68; Pallad. x, 12; Mart. xiv, 216; Oppian. Cyneg. i, 65). Les gravures du mot Arundo, 4, donnent deux spécimens de l'emploi de l'appeau d'après des œuvres de l'art antique.

IMAGINARIL Porte-étendard dans les

armées romaines de l'empire, dont les enseignes portaient entre autres dessins

l'image de l'empereur (Veget. Mil. i, 7), comme on le voit par la gravure cijointe, prise de la colonne Trajane, dans laquelle le portrait de l'empereur est en haut, entouré d'une guirlande de laurier.

IMAGINES MAJORUM. Portraits de famille, consistant en masques de cire qui reproduisaient les traits des défunts, et qui étaient conservés avec un soin attentif par leurs parents dans des cases ou des armoires placées autour de l'atrium de leur maison : ils les respectaient comme représentant et perpétuant leurs ancêtres (Liv.

III, 58 ; Sali. Jtig. 85 ; Suet. Vesp. 1). Le masque dans la gravure ci-jointe, prise d'un bas-relief sépulcral où l'on voit une femme pleurant la mort de son époux, est probablement une de ces images dans sa case. L'honneur de se transmettre à la postérité par des figures de ce genre n'était conféré qu'à certaines personnes chez les Romains, c'est-à-dire à celles qui avaient passé par une des hautes fonctions d'édile, de préteur ou de consul ; et, quand avaient lieu les funérailles d'un individu de ce rang et d'une ancienne famille, les masques étaient tirés de leurs cases et portés par des personnes qui marchaient devant la bière avec le costume et les insignes qu'avaient eus durant leur vie les personnages qu'ils représentaient (Eichstaedt , Dissertt. de Imagg. Rom.). On les appelait les effigies [effigies) de la famille , et ils figuraient même des héros de l'histoire traditionnelle, Énée, les rois Albains, Romulus, etc. (Tac. Ann. iv, 9; cf. Polyb. vi, 53 ; Hor. Epod. 8, 2). Il est bien évident qu'il n'a jamais pu exister de portrait authentique ou contemporain d'un individu placé dans une antiquité si reculée , quand on admettrait même que l'original était vraiment un personnage historique; mais il n'est pas douteux que les grandes familles romaines conservaient des représentations caractéristiques de leurs antiques et même fabuleux ancêtres, dont les traitset lecostume reproduisaient quelques types traditionnels bien

IBIMOLATUS.

familiers et immédiatement reconnus par le peuple, tels qu'on les rencontre sur des monnaies, des médailles et des pierres gravées (comme la tête de Numa au mot Barbatcs). C'est ainsi que nos représentations modernes de Jésus-Christ ont le même caractère, la même tournure , les même traits, et, sans prétendre être des portraits fidèles , sont encore faites sur un modèle traditionnel de très-haute antiquité.

IMAGINIFERI (Veget. Mil. ii, 7; Inscript, ap. Grut. 1107, 1). Comme Imaginarii.

IMBREX (xa^uTiTiQp). Tuile faîtière faite pour recevoir la pluie (imber) , et d'un forme demi-cylindrique, par opposition à la tegula, qui était plate (Isidor. Orig. XIX, 10, 16; Plaut. Most. 1, 2, 26). Uimbrex était destiné à couvrir la jonction de deux tuiles plates, et en conséquence était plus étroit par une extrémité; de celte façon les imbrices pouvaient se recouvrir l'un l'autre et former le long des côtés du toit unearétecontinue (voy. la gravure du mot Imbricatus) qui rejetait l'eau pluviale de la partie en dos de cochon dans le canal formé par les tegulx entre chaque rangée à^imbrices.

Les architectes italiens modernes se servent de tuiles du même genre ; deux sont représentées dans la gravure ci-jointe, où l'on peut voir leur forme et la manière dont elles étaient adaptées l'une à l'autre.

2. Imbrex supinus. Rigole formée par une série de tuiles faîtières ajustées l'une à l'autreet placéessur leur dos (Columell. IX, 13, 6 ; cf. II, 2, 9), comme dans le spécimen ci-joint, qui montre une con-

duite d'eau dans la ruine vulgairement connuesous le nom àeX&grotte d'Égérie, près de Rome.

IMBRICATIM. En ondulations pareillesàcellesdes /m^ricw d'un toit (Plin. H. N. IX, 52 ; voy. la gravure suivante).

IMBRICATUS. (d'imbrico , xaXunTrj-

pîÇto). Imbriqué, en architecture, c'està-dire dont le toit est couvert d'une série de tuiles plates et de tuiles faîtières (/e^«lae et imbrices) ; manière habituelle dent les Grecs et les Romains protégeaient la charpente des toits de leurs édifices, et dont on voit un spécimen dans la gravure

ci-jointe, représentant le toit du portique d'Octavie à Rome : les tuiles de ce toit sont en marbre blanc.

IMMISSARIUM. Bassin, auge ou autre récipient construit sur le sol , en pierre ou en brique, et devant servir de citerne pour conteuirune provision d'eaufournie par le réservoir (castellum) d'un aque-

duc pour la commodité du voisinage (Vitruv. VIII, C, 1). 11 diffère de la cisterna, qui était au-dessous du sol, et on en a un spécimen dans la gravure ci-jointe, prise d'un modèle àPompéi. Le haut bâtiment voûté est le réservoir, d'où l'eau coulait par la petite ouverture sombre du bas dans l'auge de pierre carrée (immissarium) au niveau du pavé. La ville de Pompéi renferme plusieurs autres bassins de ce genre.

IMMOLATUS. Proprement saupoudré de farine {mola salsa) ;se dit d'une victime destinée au sacriûce : c'était une des cérémonies habituelles avant de l'égorger (Calo, ap, Serv. ad Virg. £n. x, 541);

IMPAGES.

de là ce mot a été employé dans le sens moins spécial d'immolé ou égorgé on sacrifice (Hor. Od. IV, 11, 7),

IM PAGE S . La large bande transversale, dans une porte qui s'étend d'un montant à l'autre et sépare horizontalement les deux panneaux, appelée, en termes techniques, \atrai>erse (Vitruv. IV, 6, 5 ; voy. le motJANUA, où les parties qui forment le battant d'un porte sont figurées et expliquées).

IMPEDIMENTUM , IMPEDIMENTA f Ta axeOïi). Le bagage d'une armée, qui était transporté dans des chariots ou sur des bêtes de somme (Caes. B. G. i, 26 ; Liv. XLIV, 27); comprenant aussi les chariots de transport et les bêtes qui les menaient (Caes. B. G. vii, 45; Front.

Strate^.n, 1, 11).

IMPEDITI. En langage militaire, soldats qui marchaient avec une charge pesante d'armes, de provisions et de bagage personnel (sarcina), comme c'était l'habitude dans les armées romaines (Caes.

B. G. I, 12), etcofBme le montre le spécimen ci-joint, pris de la colonne Trajane. Le soldat porte son armure pesante : son bouclier sur le bras gauche , son casque pendu en devant sur l'épaule droite, tandis que son attirail personnel, ses instruments pour faire la cuisine, les vases pour manger et boire, sont réunis en paquet et portés au haut d'une perche. Les hommes ainsi chargés sont opposés aux EXPEDITI. Comparez ce mot.

IMPILIA (è(x.7i{Xta, Hesyçh.). Couvertures épaisses et chaudes pour les pieds, en feutre (Plin. H. N. XIX, 2, 10, et Ulp. Dig. 34, 2, 25, où elles sont distinguées des fascise crurales et des pedules) ; mais étaient-elles de la nature des bas , des chaussettes ou des souliers , il n'y a pas de données suffisantes pour le décider.

IMPLUVIATUS. Terme employé pour désigner une espèce particulière de vêtement porté par les femmes ( Plant.

Epid. II, 2, 39). Mais comme il n'a rapport, dans ce passage, qu'a une mode accidentelle, il est impossible de dire de quel

caprice il est venu ou quel trait particulier il devait rappeler. Quelques-uns 'le rapportent à la forme, carrée , comme Yimpluvium d'une maison (Turneb. ^dvers. XIV, 19); d'autres à la couleur, foncée et sombre, comme celle de l'eau qui tombe du toit d'une maison dans V impluvium (Nonius, s. v.). Ces deux conjectures ont peu de valeur.

IMPLUVIUM. Large bassin carré, s'enfonçant dans le plancher .de V atrium d'une maison particulière, et destiné à recevoir les eaux pluviales qui tombaient par le compluvium ou ouverture pratiquée dans le toit (Varro, L. L. v, 161 ; Festus , s. V.; Plaut. Amph. v, 1, 59; Liv. XLIII, 13; Cic. Verr. Il, 1, 23). La gravure représente ïimpluvium tel

qu'on le voit maintenant dans la maison de Salluste à Pompéi : on n'a restauré que le toit pour montrer comment la pluie devait entrer d'en haut par le compluvium.

2. Dans quelques passages, le mot semble être employé avec le même sens que compluvium (Plaut. Mil. II, 2 , 4 ; Ter. Eun. m, 5, 41 ; Vitruv. vi, 3, 6) ; mais il y a de bonnes raisons pour douter de l'exaclitude de ces leçons, et la plupart des meilleures éditions ont adopté à la place compluvium.

INARCULUM. Comme Arcclum , 1 (Festus, s. 1'.).

INAURES (èUôêta, êvwxia). Boucles d'oreilles, fixées à l'oreille par un trou {fenestra) porcé dans le lobe, et généralement portées par les femmes de Grèce et d'Italie (Isidor. Or/^. xix, 31, 10 ; Plaut. Men. 111,3, 17), mais non par les hommes, comme cela avait lieu chez quelques nations barbares; cependant

mCEBMICCLCH.

IITCITEGA.

Isidore dit (/. c.) que les jeunes Grecs en portaient une simple à une oreille. Ces ornements différaient à l'infini pour la forme et la valeur : on les faisait V t?

en or, en perles, en pierres précieu- -^ ses, etc., avec ou sans pendants {stalagmia), commeon peut le voirpar les nombreux spécimens conservés dans la plupart des cabinets d'antiques. Le m odèle cijoint montredes boucles d'oreilles du genre le plus simple , d'après une peinture de Pompéi, consistant en un simple anneau d'or de dimension considérable, comme ceux que portent communément aujourd'hui les paysannes italiennes ; mais on rencontrera dans ce volume beaucoup d'autres spécimens plus travaillés et plus précieux.

INCERNICULUM (Tn^îa). Traduit d'habitude par tamis ; mais Lucilius (Sat, XXVI, 70), et Caton (R. R. \7>) font tous deux une distinction entre les mots crihrum et incerniculum, quoique ni l'un ni l'autre ne donne assez de détails pour faire entendre en quoi la différence consistait. Un passage de Pline (H. N.

VIII, 44, 69) comparé avec Aristote (Phys. VI, 24) suggère uue explication plus satisfaisante, et même à conclure que Vincerniculum n'était pas du tout un tamis, mais un large plateau, un coffre ou peutêtre un panier, dans lequel les marchands de grains apportaient leurs échantillons au marché , après qu'ils avaient été criblés et séparés de la menue paille,

INCILE. Conduit ou fossé tributaire , soit pour amener de l'eau d'une source commune dans les terres pour l'irrigation, soit pour la conduire des différentes parties du sol dans le canai principal (Festus, s. v.\ Cato, R. R. 155; Columell. V, 3, 13; Apul. Met. ix, p. 182).

INCINCTUS. Dans un sens général , ceint ou entouré par quelque chose (Cic. j4cad. IV, 38) ; par extension, qui porte une ceinture autour de la tunique (Ov.

Fast. II, G34 ; (voy. CiNGULUM et les gravures), et surtout qui a la toge dispo-

sée autour du corps de la manière particulière dont la portaient les Cabini (Liv. Vin, 9; voy. CiNCTus, 3, et la gravure). INCISURA. Terme employé par les peintres romains pour désigner ce que , dans la langue technique , nos graveurs et nos artistes appellent maintenant liacliures (Plin. H. N. xxxill, 57) ; elles sont produites par des traits séparés faits avec la brosse, comme ceux d'une gravure ou d'un dessin au crayon , sur les teintes plates, pour augmenter les tons, donner de la transparence à l'ensemlile

et former une demi-teinte entre la lumière et l'ombre. On n'a jamais recours aux hachures dans une peinture à l'huile, parce que là les couleurs se fondent facilement d'elles-mêmes, mais les peintres à fresque des vieilles écoles romaines et des écoles d'Italie modernes s'en servent communément. La gravure , qui est un fac-similé d'une portion de pavé sculpté dans la cathédrale de Sienne, expliquera bien ce que signifie le terme. Si c'était une peinture à fresque au lieu d'une gravure, la teinte la plus sombre à main droite, entre la tète de l'enfant et la draperie de la femme, serait traversée par des hachures en lignes fortement marquées comme ici, dont chacune formerait une incisura : le mot étant transporté de son sens original, celui d'une ligne dentelée comme celles de la paume de la main (Plin. H. N. XI, 114), à des lignes qui lui ressemblaient par leur effet.

INCITEGA (èyYuOïixti ). Porte-bouteilles ou case pour tenir des huiliers, des

INCOMHA.

Page 1