‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 155 sur 327 · LATER · texte numérisé non relu

LATER

Prol. 2; Merc. V, 1, 5; Quaranta, Mus. Borb. tom. XI). Oa croyait de même que leur influence s'exerçait aussi hors des maisons , que leur surveillance et leur protection s'étendaient à tous les lieux habités par des hommes, ainsi aux rues, aux routes, aux champs , aux bâtiments, à la campagne, comme dans la ville ; de là ces épithètes ', qui leur sont fréquemment appliquées : cornpitales, violes, rurales (Suet. ^iig. 31 ; Plaut. Mercat. V, 2, 24; Tibull. i, 1, 20 et 10, 15) ; ceux qui habitent l'intérieur d'une maison sont distingués par le titre de familiares (Plaut. y4ul. l. c). Les divers monuments de l'art antique les représentent toujours comme des jeunes gens couronnés d'une guirlande de feuilles de laurier, vêtus d'une courte tunique (succi/ictis laribus, Pers. V, 31), et levant en l'air une de ces cornes qui servaient de coupes (cornua). C'est ce que montre la ûgure ci-jointe , tirée d'un bas-relief du Vatican, au bas duquel on lit l'inscription suivante : Labibus Au- GUSTIS. Cet attribut, la coupe en forme de corne, a conduit beaucoup d'antiquaires à prendre ces figures de Lares pour des échansons ( pocillalores ) ; mais l'inscription ci-dessus atteste assez ce qu'elles représentent réellement, et on les voit sans cesse reproduitei sur les murs des maisons de Pompéi , dans les cuisines, les chambres à four, sur les portes extérieures, réunies deux à deux, une de chaque côté de l'autel, exactemeut avec les mêmes attitudes et les mêmes draperies que dans notre bas-relief du Vatican. LARVA. Fantôme ou spectre , c'est-àdire, dans les croyances des Romains , un mauvais esprit, une àme, qui, par suite de crimes commis durant la vie, était privée de repos dans la mort, et condamnée à errer çà et là dans le monde , sans demeure fixe, tourmentant, effrayant et maltraitant les hommes. Son influence, toutefois, ne s'étendait que sur les criminels; elle ne pouvait faire de mal à ceux qui n'en avaient fait à personne (Plaut. ^mph. II, 2, 154; Capt. m, 4, 66; Apul. de Deo Socr. p. 689; Augustin.

Civ'u. Dei , ix, 11); d'après les superstitions vulgaires, ces fantômes n'auraient

eu du corps que, le squelette ( Seneca , Ep. 24).

2. ((lopiioXuxeiov). Ëpouvantail à effrayer les enfants. C'était un masque représentant la figure humaine, mais différant de persona en ce «pi'il ne montrait

jamais aux regards que des traits difformes (Hor. Sat.i, 5,64).Lafigureci-jointe, d'après une peinture trouvée dans une fouille à Résina, représente un génie qui en effraye un autre avec un masque de ce genre.

3. Figure imitant un squelette, que les anciens aimaient à introduire dans leurs banquets , comme pour s'avertir de l'incertitude et de la brièveté de la vie, et s'exciter à jouir le mieux possible de l'heure présente ( Petr. Sut. 34 ; Apul. yipol.. p. 507) : coutume originaire de l'Egypte (Herod. ii, 78), d'où elle passa en Grèce et à Rome ( Zonar. m).

LASANUM (Xâffavov). C'est proprement un mot grec, que les Latins rendent par sella familiarica : il désigne ce que nous appelons une table de nuit (Hor.

Sat. I, 6, 109; Petr. Sat. 41 et 47). Comme le mot grec désignait dans l'origine un de ces trépieds destinés à supporter des vases de cuisine, il est facile de se représenter d'une manière exacte un'lasanum grec et romain.

LATER (ii).iv6o;). Brie/ue. Les briques sont faites de terre argileuse façonnée dans un moule et séchée au soleil ou cuite au four. Les briques des Grecs et des Romains étaient beaucoup plus grandes et aussi beaucoup plus minces que celles dont nous nous servons , et chaque brique portait empreints le nom de celui qui l'avait fabriquée et la

LATERARIA.

LATERNA.

date de l'année où elle avait été faite. On faisait, dans des moules de toute figure et de toute dimension, des briques qui imitaient les formes de toute nature que pouvait dessiner le ciseau dans un édifice de pierre ou de marbre ; mais les briques à bâtir ordinaires avaient pour la plupart la forme d'un carré, d'un carré long, d'un triangle, et les figures et les dimensions relatives que reproduit la planche ci-

contre, d'après des modèles choisis dans les ruines de Rome.

La pins grande, appelée pentadoron, a 22 pouces carrés sur 21 lignes d'épaisseur ; celle qui vient ensuite , appelée tetradoron, environ 16 pouces carrés sur 18 à 20 lignes d'épaisseur ; la plus j)etite, placée au-dessus d'elle, a 7 pouces 1/2 carrés sur 1 ligne 1/2 d'épaisseur. Le petit carré long , à l'extrême droite de la planche, a environ 1 pied 1|2 de long sur un demi-pied de large : il portait le nom de lydiiis. Les briques triangulaires sont de différentes tailles, et forment un triangle, soit isocèle, soit rectangle. On peut voir au mot Diamicton la manière dont on les employait (Vitruve, m, 2, 3; Plin. H. iV.xxxv, 49).

2. Later crudiis (Tt)>îv6oi; à)(ir,). Brique séchée au soleil sans être cuite ( Varro, R. R. 1, 14, 4 ; Plin. H. N. xxxv, 49).

3. Later coctus ou coctilis (•kXîvÔo; hTZVTi). Brique cuite au four (Varro, R. R.i, 14, 4).

4. Later aureus , argenteus. Lingot d'or ou d'argent en forme de brique (Plin. H. N. XXXIII, 17 ; Polyb. x, 27).

LATERARIA. ^/-/./t/fi/^ne (Plin. H. N.

VII, 57). La figure, empruntée à une peinture de Thebes en Egypte, représente une briqueterie égyptienne, et nous montre l'emploi de procédés exactement les mêmes que les nôtres. Les hommes qui sont en bas enlèvent avec lu pioche la terre à briques et la chargent dans des

paniers, tandis que celui qui est en haut

met les briques déjà faites dans des moules de bois.

LATERCULUS (nXivQtov). Diminutif de later. Brique de plus petite dimension que le pentadoron ou le tetradoron, et par suite toute espèce d'objet de forme rectangulaire et fait en figure de petite brique, comme certaines pièces de pâtisserie (Plaut. Pœn. i, 2, 115 ; Cato, R. R. 109).

LATERICIUS (7rXiv8ivo;). Bâti en briques : oDui/fl/er/c/wm, construction en briques (Vitruv. ii, 8, 9 et 16 ; Columell. IX, 6, 4). Voyez Paries.

LATERNA ou LANTERNA (Ittvô;, çàvoç). Lanterne, hes parties transparentes de la lanterne étaient faites d'abord de vessie ou de corne, plus tard de verre (Plaut. Jmph.

Prolog. 149; Mart, XIV, 61 et 62; Isid.

Orlg. XX, 10, 7). La planche ci-jointe montre une coupe long! lu- , dinale d'une lanterne ronde en bronze trouvée à Herculanum. Le cylindre bas , au fond , contient la lampe; les côtés sont faits de corne transparente , sans aucune ouverture; mais le couvercle, en forme de coupole, est percé en plusieurs endroits pour recevoir l'air, et permettre à la fumée de s'échapper. On pouvait le lever au moyen de la barre transversale qui surmonte la lanterne et de la chaîne qui y est attachée, et cette barre servait

LATERNABICS.

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