LATRO
en même temps de poignée pour porter a lanterne, quand le couvercle était baissé, comme le représente notre dessin.
LATERNARIUS. Esclave qui portait une lanterne devant son maître pendant la nuit (Cic. Pis. 9; Val. Maxim. VI, 8, 1). A l'armée , les soldats portaient de même des lanternes dans les attaques nocturnes (Veg.3//7. IV, 18).
LACTICLAVIUS . Mot appliqué comme adjectif à tout ce qui était orné de la large bande appelé clavus latus; par exemple, à une serviette ( Petr. Sat.Z2); à une tunique (Val. Max. V, 1, 7). D'une manière absolue, il désigne une personne ayant le droit de porter cet ornement (Suet. Nero , 26), tel que nous l'avons expliquéet représenté au mot Clavids, 8.
LATRINA. Dans la langue archaïque, latrina était le nom d'un bain ou d'un lavoir, synonyme de lavatrhta ( Varro , L. L. IX, 68; Lucil. ap. Non. 5. -v. ); mais dans la suite ce mot fut aussi employé pour désigner un cabinet d'aisance dans une maison particulière (Colum.
X, 85; Suet. Tlh. 58; Apul. Met. i, p. 13), comme on peut encore en voir plusieurs à Pompéi, où tous, ainsi que le modèle ci-joint, sont contigus aux cuisines. Les deux petites arcades à droite
sont le fourneau de la cuisine; quatre marches conduisent dans la pièce , et étaient autrefois garnies d'une rampe qui aidait à descendre ou à monter ; il en reste des traces le long du mur. L'enfon-
cement sur la gauche est la latrine, fermée originairement par une porte de bois, qui a laissé les traces de ses gonds et de ses verrous sur la partie de la muraille où elle s'adaptait ; on peut encore observer dans le coin du cabinet, à main droite, la bouche du tuyau qui y fournissait de l'eau.
LATRO (Xârpn). Dans son sens primitif, un serviteur travaillant pour un salaire. Par la suite , ce mot servit à désigner un soldat mercenaire , prenant du service à l'étranger pour une solde convenue , comme les condottieri italiens du moyen âge, et les troupes suisses qu'entretenaient autrefois les rois de France , qu'entretiennent encore le pape et le roi de Naples. Mais comme ces corps commettaient de grands excès dans les pays qui les employaient, il finit par devenir synonyme de voleur, de bandit ou d'assassin (Varro, X. L. vu, 52 ; Festus, s. V. Serv. ad Virg. ^n. xii, 7 ; Plaut. Mil. IV, 1,2; Juv. X, 22 ; Val. Maxim. V, 9, 4).
2. Sorte de jeton qui servait à jouer un jeu d'adresse fort semblable à nos dames (ludus latrunculorum) ; ce jeton portait aussi le nom de miles et celui d'Iiostis , car on pouvait dire que le jeu représentait une troupe de brigands ou de soldats engagés dans l'attaque ou la défense d'une position fortifiée ( Ov. y/. ^m. m, 357 ; Mart. vu, 72; xiv, 20).
Ou distinguait les pièces des deux adversaires par la différence de leur couleur ; d'un côté elles étaient noires, et de l'autre rouges ou blanches, comme le montre clairement la planche, représentant deux Egyptiens jouant à ce jeu. Ces latrones étaient faits de différentes substances, de bois , de métal, de verre, d'ivoire, etc. Les mouvements se faisaient sur des lignes tracées sur la table, et le talent était de se placer de manière à enfeiiner
LAXBUNCULASICS
LEBES.
une des pièces de son adversaire entre deux des siennes , auquel cas elle était prise, ou de la pousser eu tel endroit qu'il lui fût impossible de bouger ; alors ou disait que le joueur était aUigatus ou incitas « en échec » ; car ciere est le mot qui répond à notre mot bouger, se remuer ; de là l'expression ad incitas redactus, littéralement, réduit à l'extrémité , ce qui répond à notre ec/«ec et mat (Senec. Ed. 106 et 117; Ov. A. Am.iu, 357 ; Plaut. Pœn. IV, 3, 86).
LATRUNCULARIUS. Voy. Tabula.
LATRUNCULUS. Diminutif de latro, employé dans tous les mêmes sens.
LATUMI^. Voy. Lautdmijî.
LAUTIA. Présents qu'on avait coutume d'offrir aux ambassadeurs des nations étrangères envoyés en mission à Rome. C'étaient des provisions et des objets qui leur étaient nécessaires pendant leur séjour dans la ville (Liv. XXVIII, 39 ; XXX 17 ■ XLV 20).
LÀUTUMIiE'ou LATOMLE (XaTOixt'ai). Mot à mot , carrière à pierre ; comme , pour châtier les esclaves, on les jetait dans les carrières et on les y faisait travailler (Plaut. Pan. IV, 2, 5; Capt. m, 5, 65), ce nom fut aussi donné à toute prison creusée dans la roche vive et audessous de la surface du sol. Ainsi, par exemple, la prison d'État à Syracuse (Cic. Verr. II, 5, 27; Dorvill. Jter.
Sicil. tom. I, p. 181), et celle que Servius Tullius, à Rome, fit creuser sous le mont Capitolin (Varro, L.Z,.v, 151 ; Liv.xxvi. 27 ; XXXII, 26 ; xxvii, 3) : on en voit une coupe et une vue intérieure aux mots Carnificina et Garcer, t.
LAVACRUM (XoviTpôv). Bain d'eau opposé à bain de vapeur ; se dit également d'un bain froid ou d'un bain chaud (Spart. Hadr. 18; Aul. Gell. i, 2, 1).
LA'VANDRIA. Linge sale, étoffeàla ver ; mot vulgaire employé seulement par le bas peuple (Laberiusa/>. Gell.xvi, 7, 2).
LAVATIO. Dans son sens primitif, l'action de laver ou de baigner; puis ce mot fut appliqué en général à tous les objets dont se sert ime personne qui prend un bain (Cic. ad Fam. IX, 5 ; Piiaedr. iv, 4, 22 ; Ulp. Dig. 34, 2, 26), ainsi qu'à la chambre de bain même (Vitruv. v, 11).
LAVATRINA. Voy. Latrina.
LEBES (Xéêric). Vaisseau ou bassin profond à flancs rebondis {curvi lebetes , Ovid. Met. XII, 243), fait de bronze ou de métal précieux, et destiné à être placé de manière à recevoir l'eau lustrale qu'un serviteur versait au commencement et à la fin des repas sur les mains ou les pieds des convives.
Le vase qui servait à verser était une sorte de broc (gutturnium, irpcxéoç (Serv. ad Virg. JE».
III, 466; Hom. Od. i, 137; xix, 386).
Des vases de ce genre étaient souvent donnés comme prix dans les jeux (Virg.
jEn. V, 266); et, par suite, on en voit représentés sur des monnaies et des médailles contenant des branches de palmier, emblèmes de victoire , comme dans l'exemple ci-joint, tiré d'une médaille de Gordien. L'inscription placée sur le vase atteste qu'il représentait un prix offert dans les jeux pythiques , tandis que le broc placé auprès de lui révèle l'usage auquel il était destiné , et permet d'y reconnaître une fidèle image du lebes.
2. Chaudière de cuivre, ou plutôt de bronze, d'une forme et d'un caractère semblables, mai s qui servait à faire bouillir de la viande et d'autres substances alimentaires. Elle différait de Yolla seulement en ce qu'elle était plus petite et faite , non de terre, mais de métal (Serv. ady\T%. Mn. m, 446 ; Isid. Orig. XX, 8, 4 ; Hom. //. passim). La planche, empruntée à un vase grec en marbre couvert de bas-reliefs, représente un /ebes dont la forme ressemble beaucoup à celle du lehes dessiné plus haut. Sous le vase est allumé du feu pour cuire le cochon placé au-dessus; et comme ces chaudières n'avaient pas de pieds , celle-ci
LECTARICS.
LECTISTEBNIATOR.
est posée sur de grosses pierres qui la maintiennent au-dessus du feu.
LECTARIUS ( xXivoTtoiôç. Faiseur de couchettes et de bois de lits (Inscript. ap. Murât. 956, 7).
LECTICA ( çopeTov , xa(vv). Palanquin, litière : meuble de l'Orient intro-
duit en Grèce et en Italie. D'abord ce ne fut qu'un objet de luxe pour les femmes ; dans la suite, la litière devint d'un usage général pour les hommes et pour les femmes également (Sulpic. ap. Cic. adFam.
IV, 12; Suet. passim; voy. la Clavis de l'édit. de Baumgarten-Crusius, .?. 'v.). Le corps de la litière consistait en une boite de bois dont les côtés étaient très-bas, comme ceux de la civière ( capulus, feretrum), sur laquelle on emportait les cadavres , des supports verticaux partant des quatre angles de la boite soutenaient un ciel de lit en bois, comme le pluteus (Isidor.
Orig. XX, 11,4, Lectîca, sive lectus pluteus). Ce toit était couvert de cuir (Mart. XI, 78), et des rideaux (vêla, plagx , /?/ao^«/a;) y étaient attachés. On pouvait ainsi ou s'enfermer de tous cotés dans sa litière (Suet. TU. 10; Senec. Suas.
I, 6), ou tirer les rideaux, comme dans la gravure; alors on disait quela litière était ouverte [aperta, Cic. Pinl. Il, 24) ; mais, dans quelques cas, c'était une voiture fermée [clausa], dont les côtés étaient garnis de châssis ou percés de fenêtres qu'on pouvait fermer ou ouvrir à volonté ( Juv. m, 242 ; IV, 20). Celui qui occupait la litière était couché sur un matelas moelleux ou sur un lit de plumes (Juv. I, 159), avec un traversin pour soutenir le dos [cervical , Juv. vi, 353) : ainsi posé, il pouvait y lire, y écrire ou y dormir. Suivant la richesse du propriétaire
et les dimensions de la litière , elle était portée par deux , quatre , six ou huit esclaves d'une stature élevée ( lecticarii ), comme on l'a décrit et figuré au mot As- SER. Nous n'avons aucune représentation authentique de la litière sur aucun monument de l'art grec ou romain ; mais les détails de sa structure nous sont assez connus par maints passages des auteurs , où ses différentes parties sont accidentellement mentionnées et décrites, pour que nous puissions garantir l'exactitude générale de la figure ci-jointe, dont le dessin est donné par Ginzrot ( JVagen und Fahrwerke, vol. II, tab. 65), et peut servir à donner une idée claire de ces moyens de transport.
2. Litière qui servait à transporter les malades et les blessés, d'un caractère semblable, mais plus simple , et ornée avec moins de recherche (Liv. Il, 36 ; XXIV, 42 ; Val. Maxim, ii, 8, 2).
LECTICARII ( «popetoçôpôi, xXtvYiçôpot). Porteurs de litière. Il y en avait de deux espèces : ceux qui appartenaient aux particuliers et ceux qui servaient au public. Les premiers étaient des esclaves que leurs maîtres entretenaient exprès pour ce service (Cic. ad Pam.
IV, 12; Suet. Cal. 58). Les derniers étaient des hommes libres de la classe pauvre , dont on louait les services , moyennant un prix convenu , sur quelques places de Rome , où se trouvaient pour les litières des stations comme celles que nous avons dans nos villes pour les voitures de louage. Dans ces endroits, connus sous le nom de castra lecticariorum, on était toujours sûr de trouver à louer des litières et des porteurs. Il en était de même, il y a deux siècles , pour les chaises à porteur dans les villes de l'Europe moderne (P. Victor de Reg.
Urb. Rom. \n, 49).
LECTICULA. Diminutif de Lbctica.
Litière pour transporter les malades ou les blessés (Cic. Div. i, 26 ; Liv. xxiv, 42)1; ou civière à emporter un cadavre (Corn. Nepos, Att. 22).