‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 157 sur 327 · LECTISTERNIUM · texte numérisé non relu

LECTISTERNIUM

LECTUS.

étendait et disposait les lits ( lecti) sur lesquels les anciens étaient couchés pour prendre leurs repas (Piaut. Ps. i, 2, 30). LECTISTERNIUM. Cérémonie religieuse des Romains. C'était un banquet somptueux offert aux dieux, dont les statues étaient tirées de leurs niches et placées sur des lits devant une table char-

gée des mets les plus délicats , par les soins des Epulones , prêtres qui présidaient aux festins des sacrifices (Liv.

XXII, 10; V, 3; XL, 69). Le dessin cijoint représente un lectisternium offert à Sérapis, à Isis, au Soleil et à la Lune, d'après une lampe en terre cuite.

LECTULUS (xXtviStov). Diminutif de lectus ; lit plus petit, plus simplement orné, fait de matériaux d'une moindre valeur, servant, soit à dormir (Cic.

Cat. 1, ^ ; de Fin. Il, 30), soit à manger ( Mur. 36). Le plus souvent , c'était une sorte de sofa, faisant partie du mobilier habituel d'un cabinet d'étude (Plin. Ef). v,5, 5; Ov. Trist. i, 11, 39), et sur lequel on avait coutume de s'étendre tout de son long, pour lire ou même pour écrire, en appuyant ses tablettes contre un de ses genoux , qu'on levait de manière qu'il leur servît de support. Le modèle ci-joint , emprunté à

une peinture de Pompéi , comparé à la description et à la gravure suivantes,

fera mieux comprendre la différence entre le lectulus et le lectus.

LECTUS (XéxTpov). Lit pour dormir { cuhicularis, Cic. Div. il, 65). Les anciens lits étaient d'une hauteur considé-

rable; on avait besoin pour y monter d'un tabouret [scamnum), ou d'un petit escalier de quelques marches {gradus).

Ils étaient faits comme Peux de nos sofas qui ont les plus grandes dimensions , avec un montant derrière la tète (anaclinterium ) , quelquefois un autre aux pieds, et un dossier élevé (pluteus,) sur l'un des côtés du lit , tandis que celui par où y pénétraient ceux qui devaient l'occuper était complètement ouverl [sponda]. Des sangles [fasciw restes, institu ) , passées dans le bois de la couchette, supportaient un épais sommier ( torus, culcita), sur lequel étaient placés un traversin et un oreiller [cubital, cervical). Toutes ces différentes parties du lectus cuhicularis sont représentées par le modèle ci-contre , tiré d'un bas-relief conservé au Musée Britannique.

2. Lectus genialis (eùvt)). Le lit nuptial, auquel la femme était conduite le

soir de son mariage par la pronuba , au moment où elle se retirait de la fête des noces. C'était un grand lit, richement décoré, et élevé à une très-grande hauteur au-dessus du sol , comme l'indique

LECTCS.

LECTDS.

le petit escalier qui mène jusqu'au pied du lit. Ce modèle représente le lectus genlalis de Didon , dans le Virgile du S^atican (Cic. Cliient. 5. Cf. Lucan. ii, 356).

3. Lectus adversus. Sorte de lit nuptial symbolique ; ainsi nommé ( adversus), parce qu'il était placé dans Yatrlum en face même de l'entrée de la maison. Peut-être était-ce le lectus genialis lui-même , qui, après la consommation du mariage, était tiré de la chambre nuptiale et placé dans V atrium. Sur ce lectm adversus , la maîtresse de maison avait coutume d'être assise comme sur un trône, pendant qu'elle surveillait les travaux des esclaves et des servantes occupées à leurs métiers dans cet appartement ( Laberius ap. Gell. xvi, 9,1; Prop. IV, 2, 85).

4. Lectus triclin'iaris. Couche disposée pour recevoir trois personnes étendues pendant le repas, comme ou l'a expliqué au mot AccuBO (Cic. Ferrin. il, 2, 74).

A l'une de ses extrémités, celle qui se trouvait à la gauche d'une personne placée sur le lit la face tournée vers la table, la balustrade qui entourait de toutes parts le lit s'élevait légèrement, de manière que le convive qui occupait cette place pût y appuyer son bras gauche , les deux autres places étaient séparées l'une de l'autre par des oreillers. On peut constater tous ces détails dans la gravure ci-jointe , tirée d'un bas-relief qui représente la visite de Bacchus à Icarius. La place vide , auprès de la balustrade que l'on voit à main droite, est celle que le dieu va occuper, après que le faune sur le premier plan lui aura été ses chaus-

sures , ainsi qu'on avait coutume de 1® faire avant de se coucher devant les tables ; Icarius repose son bras droit sur l'oreiller qui sépare sa place de celle de son hôte. Quand la compagnie était composée de plus de trois personnes, l'usage était de disposer trois de ces couches autour d'une table, de manière que le tout formât trois têtes d'un carré, tan-

Médius.

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dis que le quatrième manquait, et que cette ouverture permettait aux serviteurs d'approcher de la table pour faire leur service. Les lits, disposés comme le montre leplan ci-joint, recevaient les désignations respectives de lectus médius, summus et imus; celui du milieu était considéré comme le plus honorable, tandis que Yimus lectus l'était le moins. Les différentes places sur chaque lit répondaient aussi à certains degrés de préséance , et avaient chacune leur nom. Sur les deux couches latérales , les places les plus estimées étaient celle près de la balustrade (i), puis celle du centre (ii), et la dernière enfin, à l'autre extrémité (m) ; mais sur la couche du milieu la place d'honneur était à l'extrémité opposée à la balustrade : aussi la réservait-on toujours au plus grand personnage, et elle jiortait le nom de consularis . Le maître de la maison occupait la place la plus élevée de la couche la plus basse (imus), afin d'être près du principal de ses hôtes. Enfin , voici les noms respectifs par lesquels étaient distinguées les différentes places sur chacune des couches :

Couche du milieu.

Couche supérieure.

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