‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 166 sur 327 · Lorica plumata (Justin. XLI · texte numérisé non relu

Lorica plumata (Justin. XLI

Corselet formé, comme les deux précédents, d'un grand nombre de pièces rapportées ; seulement les plaques de métal dont il est composé sont disposées de manière à imiter les plumes d'un oiseau (plumx, Virg. ^n. XI, 771; Sallust.

Fragm. ap. Serv. ad t.), et non les écailles du serpent ou du poisson. C'est ce qu'on voit dans le modèle ci-joint, d'après un bas-relief de l'arc de Trajan ; on

y remarquera que les plaques de métal ne sont pas aussi anguleuses à leur extrémité que dans la dernière figure , ni aussi régulièrement disposées que dans celle qui la précède.

6. Lorica séria, ou hnm'is conserta (Nepos, Iphicr. 1 ; Virg. Ain. m, 4G7 ; V, 259 ; Sil. Italie, v, 140). Corselet composé aussi de plaques en forme d'écaillés, mais où ces plaques d'os ou de métal, au lieu d'être cousues à un pourpoint de cuir piqué, étaient attachées les unes aux autres au moyen d'anneaux ou de hameçons de fil de fer. La figure ci-jointe, d'a-

près une peinture de Pompéi , offre un spécimen de cette sorte de cuirasse. Les

plaques sont d'os, et chacune , près de son extrémité supérieure , est percée de deux trous, à travers lesquels est passé le lil de fer qui les rattache les unes aux autres, comme le montre pour une large plaque la partie droite de la figure ; seulement, quand ces plaques sont réunies, chaque rangée d'attaches ou liami est couverte et protégée par les extrémités circulaires des plaques de la rangée supérieure, comme le fait voir la série de petites plaques que représente la partie gauche de la figure.

7. Cuirasse formée de deux larges plaques de métal couvrant la poitrine, et de longues bandes d'acier [laminx) couvrant les épaules et entourant la taille. Elles étaient arrangées de telle sorte que, tout en s'adaptant exactement aux formes et à la taille de celui qui portait la cuirasse, elles pouvaient glisser les unes sur ou sous les autres , quand les bras étaient levés on le corps courbé, comme le montre le modèle ci-joint , d'après la colonne Trajane. Le nom particulier par

lequel étaient désignées des cuirasses de cette espèce n'est pas parvenu jusqu'à

LOHICA.

LOBICATITS.

nous, mais l'objet lui-même se présente souvent sur les ares de triomphe et les colonnes. Il paraît avoir constitué l'armure habituelle du soldat légionnaire sous l'empire ; car les ofliciers supérieurs ne portent jamais cette cuirasse , mais toujours les simples soldats , dont on devine le rang d'après les occupations auxquelles ils se livrent quand ils ne sont pas aux mains avec l'ennemi : par exemple, d'abattre du bois pour faire des palissades, de bâtir des forts, de transporter des provisions , etc. Quelques écrivains ont cru que cette cuirasse était celle que l'on appelait cuirasse à écailles de serpent (ooXiôwTÔç, n° 4 ) ; mais la ressemblance n'est pas assez grande pour justifier cette assimilation.

8. (ôcipaÇ à^uffiSwTÔç). Cotte de mailles, formée par une suite de petits anneaux métalliques , rattachés les uns aux auti-es et formant une chaîne continue (iXufftç : molli lorica catena, Val. Flacc. VI, 2ZS). Les hastati la portaient sous la république (Polyb. vi, 23 ) ; elle est représentée dans les ligures de cavaliers qui couvrent les plaques de marbre enlevées à l'arc de Trajan, pour décorer ce-

lui que construisit Constantin, près du Colisée, ainsi que dans la figure ci-joiute, d'après la colonne Antonine, où la finesse des hachures, ainsi que la souplesse que l'artiste a donnée au lissu, et la précision avec laquelle il lui fait serrer le corps et s'y ajuster, font reconnaître sur les épaules et la poitrine du guerrier une colle de mailles.

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