‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 173 sur 327 · LUDUS · texte numérisé non relu

LUDUS

comme dans la scène suivante , d'après le

Virgile du Vatican. Elle ne se terminait que quand l'un des deux, ne pouvant parvenir à se relever, était obligé de s'avouer vaincu.

LUCTATOR (icaXaiffTrO- Lutteur (Gell. m, 16; Senec. de Ben. V, 3; Ov. Trist. IV, 6, 31). Voy. l'article précédent et ses figures.

LUDIA. Ce mot désignait primitivement une femme qui dansait et jouait en public, comme les hommes que l'on appelait ludii. C'est dans ce sens qu'a dû l'employer Martial (v, 24); mais, dans la suite, on désigna par ce nom la femme d'un gladiateur (Juv. vi, 266), de même que l'on appelait ludus l'école que tenait le gladiateur.

LUDIMAGISTER, Maître d'école , celui qui tenait une école où l'on enseignait aux jeunes gens les éléments des lettres (Ascon. in Cic. Dlv. Verr. 14; Cic. .V. D. 1, 2(i; Mart. IX, 69; X, 62). Voy. la gravure au mot LuDCS.

LUDIO et LUDIUS (XuStwv) Ancien

nom pour désigner un acteur, un danseur de mimes ; mais ensuite à ce mot s'attacha un sens méprisant, tel que celui qu'a chez nous le nom de comédien ambulant. En effet , ceux à qui on voit donner ce nom sont ceux qui jouaient et dansaient dans les rues (Ov. Â. Jm.

112), ou pour l'amusement de la populace, dans le Cirque (Suet. j4ug. 74), où avaient aussi coutume de se rendre de toutes parts des jongleurs , des diseurs de bonne aventure, des saltimbanques ; en un mot , tous ceux qui vivent de la sottise publique. Nous voyons, les jours de nos courses de chevaux, la même chose à peu près se produire encore, après tant de siècles.

LUDUS. Mot à mot, passe-temps, divertissement, jeu , et plus particulièrerement les amusements , les jeux de nature à aider le développement de l'esprit et du corps ; par suite, on est arrivé à désigner par ce même mot l'endroit où l'on se livrait aux exercices nécessaires pour acquérir tous les talents, soit de l'âme, soit du corps.

1. Ludus litteranus , ou simplement ludus (8tSa<jxaXeïov ). École pour l'instruction de la jeunesse ; on y envoyait , dès qu'ils avaient l'âge, les enfants des deux sexes et de toutes classes de la société , chez les anciens comme chez nous, l'éducation publique étant regardée comme infiniment préférable à l'éducation privée (Festus, o). Schola; Cic. ad Fam. IX, 18; Plaut. Pers. ii, 1, 6; Merc. II, 2, 32). La figure représente, d'après

une peinture découverte à Herculanum , l'intérieur d'une école dans cette ville :

les garçons et les filles y sont réunis (cf. Martial, ix, 69 ).

LCHIIfAB.

2. Liidus gladiatorius. Établissement où, sous la direction du lan'ista, ou dressait des gladiateurs et on les formait à la pratique de leur art (Suet, Jul. 31 ; Caes. B.C. I, 14).

3. Liidiis fidiciniis. École où était enseignée la musique instrumentale (Plaut.

JRud. Prol. 43).

4 . J Aldus Trojse. Jeu troyen , sorte de carrousel ou petite guerre , à cheval, exécutée par des jeunes gens de bonne famille (Tac. Jnn. xi, 1 1 ; Suet. ^ug. 43 ; Virg. y£rt. V, 448-587). Cet exercice portait aussi le nom de Decursio. Voy. ce mot. La médaille dont la reproduction accompagne cet article porte l'inscription : Decursio LUDCS TrOJ^.

5. Ludus tatrunculorum. Jeu de combinaisons ressemblant beaucoup à nos dames : il est décrit au mot Latro, 2.

6. Ludus duodecim scriptorum. Jeu de rombiuaison qui se rapproche du trictrac. Voy. Abacus, 2.

7 . Sous le terme général de ludi, les Romains comprenaient aussi les courses de chars, les combats de gladiateurs, les représentations théâtrales qui étaient données à certaines fêtes en l'honneur des dieux, ou offertes au public, pour le divertir, par de riches citoveus.

LUMINAR. Probablement un volet ( Cato, R. R. 1 4 ; Cic. ad AH. XV, 26 ) ; mais, dans ces deux passages, on n'est sur ni de la leçon ni de la manière dont on l'explique.

LUNA (ÈTTKTçyptov). Ornement en forme de croissant que portaient les sénateurs romains sur leurs chaussures. Des

différences considérables d'opinion existaient primitivement parmi les saxants sur le sens précis de ce terme; mais maintenant on admet généralement que la luna était une boucle d'ivoire ou d'argent qui l'attachait l'un à l'autre, juste au-dessus de la cheville, les deux bords de la fente du soulier ( Viscouti , Inscript. Triop. p. 83 seqq. ), comme le montre la figure de

droite dans la planche ci-joiute, d'après une statue publiée par Balduinus ( de Calceo, p. 68 ), d'après Casali. La figure droite est copiée d'un ornement en ivoire trouvé dans les catacomijes romaines, et qu'on regarde comme une ancienne luna sénatoriale.

LUNATUS. Orné de la luna sénatoriale ; se dit du soulier (vellis, Mart. i, 50 ), ou du pied (planta, Id. Il, 29, 31) ; voy. la gravure précédente.

2. En forme décroissant; se dit du bouclier des Amazones, échancré en croissant (Virg, JE«. I, 490 ; voy. la gravure du mot Pelta). De là, dans Stace {Tlieb. V, 145) l'expression A^agmen lunatum, corps de guerriers armés de boucliers ayant cette forme.

LUNULA. Diminutif de LtTNA. Petit omemeut en forme de croissant que les femmes portaient suspendu i leur cou ( Isid. Orig. xix, 31 ; Tertull. Cuit. Fem. 10), et les enfants comme souvenir, comme amulette ou jouet (Plaut. Ep. V, 1,33 ; voy. la gravure au mot Crepcndia : on y voit , entre autres objets , une lunula suspendue au cou d'un enfant).

LUPANAR et LUPANARIUM («opveTov ). Maison de prostitution (Quint, v, 10, 39; Juv. VI, 121; Ulp. Dig. 4, 8, 21).

LUPATUM ((TTopiiov irptovwTov. Pollux, X, 56). Espèce de mors très-dur, couvert de pointes ou de dents de scie (éyïvot, TptêoXot, Pollux, I, 148), comme la dent du loup. C'est de là que ce mors prit le nom de lupatum (Serv. a^ Virg. Georg. III, 208 ), et que les poètes le ca-« ractérisent habituellement par l'épithète durum (Virg. /. c; Ovid. A. Jm. i, 2, 15 ; Hor. Ov. I, 8, 6 ; Stat. Iheb. iv, 730).

LUPUS (Xûxo;). Comme Lupatum (Ov. Trlst. IV, 6, 4]; Stat. Ach. I, 281 ; Plut. Quxst. conv. ii, 8, 1 ).

2. Petite scie à main à manche droit (Pallad.i, 43, 2). Comme Serrula MA- PfUBRIATA.

3. Lupus ferreus. Sorte de crampon de fer servant, dans la défense des |)laces, à saisir la grande poutre de la macliine de guerre appelée hélier, ft à diminuer la force de ses coups en la faisant dévier

LYCHNCCHDS.

de la direction qu'on lui imprimait (Liv. XXVIII, 3; Veg. Mil. ii, 25; iv, 23).

LURA. Proprement l'orifice d'un grand sac en cuir ou en peau, appelé culeus, servant à transporter, de place en place.

le vin et 'l'huile , comme le montre la gravure ci-jointe, d'après une peinture de Pompéi ; ou celui d'une outre ordinaire (voy. le mot Uter et la gravure). Par extension , on emploie aussi ce terme pour désigner la peau même de l'outre ou un sac de cuir (Feslus, s. t.; Âuson. Perioch. Od. 10).

LUSTRUM. Purification ou expiation solennelle faite par les censeurs tous les cinq ans avant de sortir de charge, pour tout le peuple. On y conduisait trois fois tout autour du peuple assemblé dans le Champ de Mars, une truie , un mouton et un bœuf, et on les sacrifiait ensuite (Liv. 1, 44; XXXV, 9; xlii, 10).

LYCHNUCHUS (Xu/voûxo;). C'est proprement un mot grec qui , dans cette langue, parait avoir désigné plus particulièrement un ustensile ressemblant à nos chandeliers, c'est-à-dire une tige dans laquelle était plantée une chandelle ou une torche, de manière qu'elle fût dressée et haut placée (voy. Candklabrum, 1) ; ou encore unelanterne où l'on mettait une lampe à huile {lucerna, Idfyoç,,) pour la transporter commodément ( voy. Laterna). En effet, dans les passages qui fout allusion à la manière de se servir du lychnuclius, il est toujours question de mettre la lumière sur un pied ou dans une cage, ou de l'en oter (évôei; xôv XOyvov. Pherecr. AoyX. 5 — êÇXùv éx

Toû Xuyvoûyou xh-t Xûyvov. Alexis, Ky)-

pUXT. 1 ).

2. Le mot latin lychnuchus a une signification quelque peu différente de son primitif grec. Il est opposé à cande-

lahritm; il sert en effet à désigner un pied de lampe disposé de manière à en supporter plusieurs (Suet. Jul. 47 ; Dom. 4 ; Cic. adQ. Fr.iii, 7), tandis que le candelabrum n'en portait qu'une. Un grand nombre d'ustensiles de cette sorte, de formes et de dessins différents, ont été découverts dans les fouilles d'Herculanum et de Pompéi ; et c'est sur l'un d'eux qu'est copié le modèle ci -joint; tous ces Ijchnuclù ont ce caractère commun que les lampes y sont , comme dans notre planche , suspendues par des chaînes, au lieu d'être portées sur un plateau [superficies), comme c'est le cas pour les catidelahra. C'est donc encore une particularitédont il faut tenir compte, comme établissant une différence entre les deux objets et entre les mots qui servent à les désigner.

3. Lychnuchus pensilis. Plateau supportant plusieurs lampes et suspendu , comme nos lustres, au plafond ( Plin H. A'^. XXXIV, 8). La gravure représente le dessus d'un de ces pieds de lampes suspendus au plafond, dans la villa Borghèse ; il portait au moins huit lampes , une à chacun des crochets qui en garnissent la circonférence. La surface en est plate et sans orifice. Le petit cercle dans le centre du rond conserve une petite partie de la barre de fer par laquelle le

LYCHNCS.

tout était suspendu au plafond, et les huit

pointes en saillie, entre les crochets, servaient peut être, comme eux, à porter, quand il en était besoin, de nouvelles lampes.

LYCHNUS (Xû^voç). C'est proprement un mot grec qui, dans cette langue, désigne toute espèce de lumière portative, en y comprenant en même temps le pied ou la cage, et le chandelier ou "la lampe, où était placée la lumière (Herod. il, 62, 133; Aristoph. Nuh. 66). Mais les Romains, en adoptant ce mot, parais-

sent lui avoir donné un sens plus restreint, et l'avoir réservé pour désigner une lumière ou une lampe suspendue au plafond, comme dans la planche ci-jointe, d'après une peinture découverte dans la villa Negronià Rome ;carle/jc/irtfM est, par la plupart des écrivains qui emploient ce terme, désigné d'une manière expresse comme une lumière tenue, de manière ou d'autre, en suspension (Ennius ap.

Macrob. Vl, 4, dépendent lychni laquearibus, hémistiche copié par Virg.

Mn. ,730; Lucret. vi, 296, pendentes lychni ; St&t. Theb. I, 521, tendant auratis vincula ijrclinis, etc.).

LYRA (Xûp-n ). Lrre, instrument à cordes, petit et très-ancien, dont l'in-

vention est fabuleusement attribuée à Mercure, quoique sans aucun doute il soit venu d'Egypte en Grèce en passant par l'Asie Mineure. Les cordes étaient à

découvert des deux côtés, sans qu'il y eût de table d'harmonie, et leur nombre variait de trois à neuf. On la touchait avec les deux mains, une de chaque côté, ou d'une main avec un piquant de porc-épic, et de l'autre avec les doigts. Si celui qui touchait était assis, elle reposait sur ses genoux ; s'il était debout, il la portait suspendue en sautoir par une courroie. La forme du bois de la lyre variait suivant les goûts ou les caprices du luthier, mais sans jamais altérer les caractères essentiels de l'instrument, comme le montrent les différences des deux modèles ci-joints, empruntés tous les deux à des peintures funéraires ; celui de gauche représente un tétracorde, celui de droite, un hexacorde.

LYRICEN. Comme Lyristes.

LYRISTES (X'jpiatiriç ). Joueur de lyre (Plin. Ep. I, 15). On en jouait, soit en pinçant les cordes avec les deux mains, comme le fait, dans la planche ci-

'^l'it^^^jy-''

jointe, la figure de gauche, d'après une statue d'Apollon au Vatican, soit en

MACELLARIUS.

MACHiERA.

frappant les cordes d'une main avec le

{)leclriim (voy. ce mot) , de l'autre avec es doigts, comme le fait la figure de gauche, d'après une peinture romaine conservée aussi au Vatican. La joueuse de lyre prenait le nom de Ijrïstria (Schol. Yet. «af Juv. XI, 162).

MACELLARIUS (ô^I^otiwXyiç). Par opposition à lanio (boucher), marchand de comestibles, celui qui vendait cuites et prêtes à manger des provisions de toute espèce, de la viande, du poisson, de la volaille (Varro, R. R. m, 2,11; Suet.

Jul. 2G; Fesp. 19; cf. ?\ax\i. Aul. ii, 8, 3-5). Sa boutique portait le nom de tabérna macellaria, et son métier était un des moins considérés [sordidissimx mercis, Val. Max. m, 4, 4).

MACELLUM (fiàjteXXov). Enceinte ou bâtiment servant de marché. On y vendait, probablement déjà cuits et tout apprêtés, des comestiljles de toute espèce, de la viande, dn gibier, de la volaille, des légumes, etc. (Varro, L. L. V, 147 ; Plaut. Aul. II, 8, 3 ; Suet. Jul. 43). En effet, anciennement, dans les maisons particulières on n'entretenait pas de cuisiniers d'une manière permanente, et quand, pour apprêter un festin, il devenait nécessaire d'appeler à son secours un homme siiécial, on venait louer un cuisinier au marché (Plin. H. N. XVIII, 28). Le macellum diffère toutefois du forum, qui était une place à découvert entourée de portiques, où, chaque semaine, à certains jours fixés d'avance, se tenait un marché où l'on trouvait, avec tous les fruits de la terre, un grand nombre des objets que fabrique l'industrie. 11 y avait dans Rome deux édifices consacrés à ces marchés aux comestibles, un sur l'Esquiiin, le macellum imanum; l'autre sur le Coelius, le macellum magnum, entouré de deux étages de colonnes, etcouvertau centre d'un dôme élevé (t/tolus, Varro, ap. Non. i'. Sulcus) ; c'est ce dernier édifice que représente la planche ci-jointe, d'après une médaille de Néron, par qui il fut peutêtre restauré, ou décoré, ou agrandi. En avant de la colonnade, la plate-forme car-

rée que supportent deux pieds représente un plateau, une table, sur laquelle étaient mises en vente les provisions. Quant aux

deux objets qui y sont posés, chacun d'un côté, et qui dans notre gravure, par suite de l'imperfection du dessin, ont l'air de balustres, dans l'original on reconnaît facilement qu'ils étaient destinés à représenter une paire de balances.

MACERIA([i.dx.eXovov). Mur brut, sans revêlement, servant à enclore un vignoble, un jardin, un parc à gibier, etc. (Isid. Orig.XV, 9, i;C\c. ad Fam. xvi,18),fait soit de pierres de différentes grosseurs, posées les unes sur les autres, sans ciment (Serv. ad \irg. Georg. Il, 417), soit de briques cuites ou crues, quelquefois de terre et de petites pierres pressées dan» des moules, comme ce que l'on appelle maintenant pisé (Varro, A, /f. i, 14, 4).

MACHit^RA ((j.âxaipa).Épée qui n'a qu'un tranchant (Isid. Orig. xvill, 6, 2) et qui, par suite, est faite plutôt pourcouper que pour percer; caries passages où se piésente ce mot, aussi bien que tout l'ensemble des textes qui peuvent faire comprendre la manière de se servir de cette arme, impliquent quelque chose d'analogue à l'action de fendre ou de couper avec un couperet (Plaut. Mil. ii, 5, 51 ; Suet. Claud. 15 ; Senec. de Ben. v, 24). Les Grecs d'Homère portaient la machxra à côté du glaive, et s'en servaient comme d'un couteau de chasse pour immoler les victimes et pour couper leur viande à table; mais elle venait originairement des Orientaux, auxquels on l'attribue comme une arme qui leur appartient en propre (.f^sch. Pers. 5G). On la distingue aussi du glaive en forme de feuille de glaïeul,

MACHiEBIDM.

M-XAMOEK.

à deux tranchants, coupant et perçant {^i^oÇfgladius, Xen. Symp. Il, 1 1 ; Plato, Symp. p. 190, a). Tous ces faits con- (fuisent à croire que la maciteera avait une grande analogie avec le couteau de chasse (culter -ve/iatorius), et que c'est bien elle qui est représentée, avec la forme qui lui était propre, dans la gravure ci-

joiute, d'après une pierre gravée (Agostini, II, 26), où elle est entre les mains d'un gladiateur, évidemment d'origine barbare. Dans un bas-relief romain reproduit au mot Bestiarius (T* fig.), un éej//aire luttant contre un léopard se sert de cette arme.

MACHitlRIUM ([Aaj^atptov, (Axj^atpii;).

Diminutif de (iâyapipa. Couteau de pêcheur (Plant. Aul. n, 9, 1); scalpel ou bistouri (Aristot, Ge/i. An. v, 8, 13); rasoir (Aristoph. Eq. 413). Tous ces sens impliquent un instrument semblable, avec des proportions différentes, à celui que nous avons décrit et représenté dans l'article ci-dessus, et conflrmenl ainsi les conjectures que nous y avons faites sur la forme particulière de cette arme.

MACHiEROPHORUS ((iaxaipoçôpoi;).

Armé de la (mj^aipa ou couteau de chasse: trait donné comme caractéristique des nations étrangères à la Grèce ou à Rome (Cic. adq. Fr. Il, 10). Hérodote (ix, 32) applique cette épithète aux Égyptiens ; Eschyle (Pcri. 56), aux Perses; Thucydide (il, 96), aux Thraces.

MACHINA ([ATij^avTi). Terme général, comme notre mot machine, pour désigner toute espèce de moyen artificiel inventé par les hommes pour les aider dans leurs opérations, tout instrument propre à faire mouvoir, à tirer, lever, traîner, lancer quelque chose, ou à mettre en jeu quelque agent naturel, comme le feu, l'air l'eau, etc.; par exemple, une machine à lever ou à remuer des objets pesants (Vitruv. X, i), à dresser des colonnes (Cic. f'err. Il, I, 65), à tirer des vaisseaux sur le rivage (Hor. Od. i, 4, 2), à lancer des projectiles (Liv. Sali.) etc.; ou encore les échafaudages des maçons ou des déco-

rateurs (Ulp. Diff. XIII, 6, 5 ; Plin. H. N. XXXV, 37); les tables sur lesquelles les esclaves étaient exposés pour la vente (Q. Cic. Pet. Cons. 2). Toutes ces différentes machines sont décrites et figurées à l'article particulier de chacune d'elles.

MACHlNAMENTUM.(Liv. Tac. Cels.).

Comme Machina.

MACHINARIUS. Tout ouvrier travaillant sur un échafaudage (Paul. D'ig. 9,2, 31); mais ce mot est plus souveut>mployé comme adjectif pour désigner et qualifier tout ce qui est fait par une machine, ou ce qui en fait marcher une : ainsi, mola maclùnaria (Apu\. Met. VII, p. 143), moulin à blé qu'une bète de somme fait marcher (voy. Mola, 2); asinus maclùnarius (Ulp. Dig. Il, 6, 1), âae qui fait marcher un moulin.

MACROCHERA. Mot formé du grec (xaotpô/etp (à longs bras), employé pour désigner une tunique à longues manches (Lamprid. Alex. Sev. 33) : ce n'est qu'un synonyme de Chiridota. Voy. ce mot.

MACROCOLUM ouMACROCOLLUM.

Papier de la plus grande dimension, comme celui que nous appelons royal (Cic. adAtt. xvi, 3; xiil, 25; Plin. H. N. XIII, 24). On ne sait pas bien si ce papier était fabriqué en une seule grande feuilleou si l'on agrandissait la feuille ordinaire en en collant plusieurs ensemble, ni si ce nom était formé du mot xûXov, membre, ou du mot x6X),a, colle, combiné avec l'adjectif [laicpô;.

MACULA. Maille d'un filet (Ov. Her.

V, 1 9; Varro, R. R. m, 11,3; Cic. Ferr. II, 5, 11). Voy. Rete.

M^ANDER,Mit;ANDROS,ou M^AN- DRUS (MatavSpo;). Dessin d'ornement destiné, à ce qu'il paraît, à imiter le cours particulièrement sinueux du fleuve Méandre, auquel il avait emprunté son nom (Festus, s. V.; Serv. ad Virg. JEn. V, 250; strabo, Xll, 7, 16). Ce dessin est souvent employé dans les bordures des vê-

tements, autour des bords des vases d'argile, et comme oruemeut d'architecture :

M^NIANUU.

c'est de ce dernier emploi du méandre que la gravure donne un exemple, d'après une petite constructipn en briques, près de Rome, connue sous le nom de temple del Dio Ridicolo.

M^LIUM. Voy. Melium.

MiENAS ( jxaivà;). Proprement, mot grec, signifiant une femme eu délire ; par suite, les poètes romains adoptèrent ce mot pour désigner une bacchante (voy. Baccha) rendue furieuse par les cérémonies du culte de son dieu (Sil. Ital. m, 395;Senec. Troad. 675); un eunuque prêtre de Cybèle (Catull. 63, 23), ou une prophétesse transportée par l'inspiration (Sen. Agam. 719).

M^NIA COLUMNA. Colonne dans le Forum, auprès de laquelle les triumvirs criminels {capitales) jugeaient les délits des voleurs , des mauvais esclaves et des gens de basse condition qui, sans être citoyens, habitaient la ville (Cic. Div. Ferr. 16; Ascon. adl.).\oy. CotC- MNA, 5.

MiENlANA, M^NIAN^ SCHOL^.

Ecoles Méniennes, à Autun, fondées par Auguste et restaurées par Constance- Chlore après la dévastation de cette ville par Tetricus. Ces écoles, célèbres dans la Gaule, sous les empereurs, par la beauté des constructions comme par le nombre des étudiants, pulcherrimo opère et studiorum frequeiitia célèbres et illustres (Eumen. Or. pro instaur. schol. 3; cf.

Tac. Afin, m, 43), paraissent avoir dû leur nom au caractère même de l'édiûce, bâti peut-être avec des balcons ou galeries en saillie {jnœniana, éÇwoTaî), du genre de celles dont il est parlé dans l'article suivant (Interpp. ad Eumen. Or. pro inst. schol. in Panegg. Vett. éd. Arntzen. ; cf. Trad, des Discours d^Eumène par MM. Landriot et Rocket, Autun, 1854, in-S", p. 27-54). On écrit aussi Meniana ou Mœniana , moins exactement.

MiENlANUM. Balcon faisant saillie an-dessus de la rue de l'un des étages supérieurs d'une maison ou de quelque autre édifice, et soutenu, soit par des tasseaux attachés aux murailles, soit par des colonnes reposant sur le sol (Festus, s. v. ; Val. Max. ix, 13, 17; Cic. ^ca^. Il, 22).

Ces balcons couvraient souvent les colonnades des forums, ou étaient jetés au-dessus de la porte d'entrée d'une maison(Isidor. Orig. xv, 13, 11), comme dans le modèle ci-contre, d'après une maison dé-

couverte à Herculanum. A une élévation du balcon est joint le plan de la rue et de la partie adjacente de la maison ; il se trouve à droite de la planche.

A. Le balcon, partant de l'étage supérieur (c) , construit au-dessus de l'entrée de la maison (e dans le plan), et porté sur trois pilastres carrés (B dans l'élévation, pour en indiquer la hauteur ; b dans le plan, pour en marquer la place) : ces pilastres étaient assis sur le bord du trottoir, de sorte que le balcon faisait sur la rue une forte saillie. Dans un temps, les lois de l'ancienne Rome, à cause de l'étroitesse des rues, défendirent qu'on ornât les maisons de pareils balcons; mais, par une loi postérieure sur les constructions, ils furent permis, pourvu qu'on laissât à côté d'eux, libre de toute construction, un espace quelquefois de dix, quelquefois de quinze pieds ( Impp.

Honor. et Theodos. Cod.^, 10, II).

2. Dans un théâtre, amphithéâtre, ou cirque, un mœnianum, c'est toute une rangée de banquettes s'élevant les unes au-dessus des autres en cercles concentriques, comprise entre deux des couloirs (prxciiictiones) qui faisaient le tour de l'amphithéâtre et y donnaient entrée. Le mœnianum était partagé en un certain nombre de compartiments égaux les uns aux autres (cM«et) par les degrés [scalœ) qui le coupaient perpendiculairement, et qui servaient aux spectateurs à monter à leurs places ou à en descendre (Inscript, a^. Marin. Fr. Arv. p. 224 sqq.) Le nombre des mœniana variaitsui vaut les dimensions de l'édifice. Le Colisée en conte-

MAGALIA.

HAGISTER.

uait trois, avec un portique couvert pour les femmes au sommet de l'enceinte. Le théâtre de Pompéi, auquel est empruntée

la vue ci-jointe, n'en avait que deux.

Notre gravure ne montre que trois cuiiei de chacun ; mais comme on comprend aisément que cliaque mœnianum faisait tout le tour du théâtre, cela suffit pour rendre la chose parfaitement claire.

MAGALIA et MAPALIA. Mots carthaginois désignant dans cette langue les chaumières des gens de la campagne (Serv. a^^Virg. £n. i, 421 ; IV, 259); c'étaient des huttes faites de branches d'arbres et de roseaux, quelquefois de forme circulaire ou conique (Sil. Ital.

XVII, 88-89; Cato, Orig.ap. Serv. /. c. ; Hieron. in prol. Amoa), d'autres fois de forme oblongue, avec les côtés renflés comme la quille d'un vaisseau (Sallust.

Jug, 21). Ces deux types se trouvaient aussi fréquemment dans d'autres pays.

Les Romains désignaient ce genre d'habitations par les mots Cas^b et CasuljE : voy. les figures à ces articles. Celle que nous donnons ici, d'après la colonneAntonine, représente un village germain

lia et mapalia, pensant que le premier de ces mots servait à désigner des huttes fixées au sol et à demeure, et le second celles que l'on mettait sur des chariots pour les transporter d'un endroit dans un autre (Heyne «^ Virg. jEn. i, 421). Quoi qu'il en soit, la première syllabe de magalia est longue, et la première de /wapalia est brève.

MAGIDA et MAGIS. Espèce de grand plat dont on se servait à table, mais sur lequel on ne sait rien de précis (Varro, L. L. V, 120; Plin./T. N. xxxiil, 52).

MAGISTER. Mot appliqué en général à toute personne qui, comme chef, a le commandement et l'autorité sur un certain nombre d'autres hommes; ainsi, par exemple, magister popiUi, le dictateur {ÇÀc. Fin.iil, 22); magister eqtiitum, l'officier qui, sous les ordres du dictateur, commandait la cavalerie (Liv. m, 27); magister morum, le censeur (Cic.

ad Fam. m, 13).

2. Dans la marine, le magister était un officier dont le grade et les fonctions répondaient à celles de notre maître d'équipage; ainsi, c'était lui qui dirigeait la navigation du vaisseau, qui donnait des ordres au timonier, aux marins, aux rameurs; il se tenait assis dans la cabine {thronus) à l'arrière du bâtiment, comme dans la figure ci-jointe, d'après le

composé de huttes de ce genre. Quelques savants fout une distinction eutie masa-

Viigile du Vatican (Liv. xxxix, 25; XLV, 42). Dans la marine marchande, le même titre désignait ce que nous appelons le capitaine du navire, celui à qui le bâtiment et l'équipage étaient confiés par les armateurs, qui lui donnaient des instructions auxquelles il devait se conformer (Ulp. Dig. 14, 1, 1) ; mais ces distinctions précises ne sont pas toujours observées.

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