‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 175 sur 327 · Magister ludi (Plant. Bacch. ni · texte numérisé non relu

Magister ludi (Plant. Bacch. ni

37). Voy. LtJDIMXGISTER.

6. Sous l'empire, magister était un titre que l'on donnait aux chefs de plusieurs des bureaux des administrations de l'État et de la maison impériale.

Ainsi, magister epistolarum, premier secrétaire, celui qui répondait aux lettres au nom de l'empereur; magister lihellorum, celui qui recevait les pétitions et qui y répondait ; magister memorix, celui qui recevait de la bouche de l'empereur ses décisions, et les communiquait aux parties intéressées ; magister scriniorum, celui qui avait la garde de tous les documents et de tous les papiers appartenant à l'empereur; magister officiorum, espèce de chambellan attaché à la cour impériale, qui dirigeait les audiences et y assistait, etc. (Ammian. Cassiodor. Spartian.Lamprid. luscript.).

7 . Le titre de magister militum ou armorum fut donné par Constantin à chacun des deux généraux qui commandaient

en chef, l'un l'infanterie, l'autre la cavalerie romaine (Ammian.).

MAGISTRATUS. La charge de magis trat, c'est-à-dire de toute personne ayant autorité publique pour faire exécuter les lois de l'Etat. Ainsi, pendant la monarchie, le roi ; sous la république, le dictateur, les consuls, les censeurs, les jiréteurs, les édiles, les tribuns du peuple, le propréteur et le proconsul, aussi bien que les decemviri litibus judicandis, avaient chacun autorité de magistrat.

2. Magistrat, titre donné à tous les officiers mentionnés dans le paragraphe précédent. Ces magistrats étaient partagés en plusieurs classes, distinguées par des noms qui exprimaient le rang et la position dont jouissait chacune d'elles.

1 . Majores, principaux magistrats, élus dans lescomices par centuries : cette classe comprenait les consuls, les censeurs, les préteurs. 2. Minores, magistrats inférieurs, nommés dans les comices par tribus, à savoir, les édiles, les tribuns, les décemvirs. 3. Curules, magistrats curules, ceux qui avaient droit à l'honneur de s'asseoir sur une se lia curulis .'cetordic embrassait les dictateurs, les consuls, les préteurs, les censeurs, et les édiles curules. 4. Plebeii, ceux qui dans l'origine ne pouvaient être tirés que de familles plébéiennes, c'est-à-dire les édiles plébéiens elles tri bun? du peuple. 6. Ordinarti, ceux qui entraient en charge pour un temps fixé, comme les consuls pour un an. 6. Extraordinarii, ceux qui, comme le dictateur, n'étaient nommés que dans certaines circonstances particulières et pour un temps indéterminé.

MAJUMA. Jeu de mai, divertissement auquel se plaisaient les habitants de Home pendant le mois de mai ; à ce moment ils descendaient le Tibie jusqu'à la grève de mer à Ostie, et là ils se baignaient dans l'eau salée (Suidas). Quoiqu'on ne rencontre le nom de cette coutume qu'à une époque relativement récente, il est probable que l'usage désigné par ce mot n'est en rien d'origine moderne; car, quand il est question de cette fête, on en parle comme d'une vieille coutume qui reparaît, après avoir été abolie par la loi à cause des excès auxquels elle

MALLEATOR.

donnait lieu (Impp. Àrcad. et Honor.

Cod. Theodos. 15, G, 1 et 2).

MALLEATOR. Celui qui bat et qui frappe quoi que ce soit avec un maillet [mnlleiis) ; ainsi, un batteur d'or, un relieur, celui qui frappe une pièce d'une empreinte, etc. (Mart. Xll, 67 ; Inscript. ap. Grut. 1070, 1).

MALLEATUS. Battu ou comprimé avec un maillet ou un marteau; par exemple, malleati libri, des livres préparés pour la reliure (Ulp. D'ig. 32, 50) ; mallealiim spartum, des ajoncs piles pour servir de fourrage (Columell. Xll, 19, 4).

MALLEOLUS ((J5pOpiov). Diminutif de Malleus (Ceis. VIII, 3).

2. Projectile employé pour mettre en feu les travaux, les vaisseaux ou les machines de guerre d'un ennemi. C'était une tige de bois droite, garnie à son sommet d'une cage en fil de fer, semblable à la léte d'un fuseau (voy. la gravure au mot CoLUs); cette cage était pleine de matières inflammables, telles que des cordes enduites de poix, et se terminait par une tête de flèche, de sorte que l'instrument tout entier ressemblait au maliens, tel que le représentent les figures de l'article suivant. On enflammait ce trait avant de le lancer, et quand il atteignait l'objet contre lequel il était dirigé, la tète de flèche s'y enfonçait solidement, les cordes répandaient la flamme et embrasaient tout ce qu'elles touchaient et tout ce à quoi elles étaient fixées (Liv. xxxviii, C ; xlii, 64; Cic. Cat. I, 13; Vitruv. x, 16, 9; Veg. Mil. IV, 18; Ammian. xxiii, 4, 14).

MALLEUS (açùpa). Maillet ou marteau à grosse tête de bois, employé par les batteurs d'or, les relieurs, etc., pour réduire les matières qu'ils travaillaient en feuilles et en plaques d'une extrême finesse H. N. XVI, 84 26) ; par les charpentiers, les menuisiers les maçons pour enfoncer le ciseau quand les coups ont besoin d'être modérés et délicats (Plant. Merc. II, 3, 57); comme battoir pour battre le chanvre (Plin. H. N. xix, 13); enfin dans tous les cas où l'on emploie à pré-

uesd'u- ^. j^

sent le même instrument. Les deux modèles que nous donnons sont tirés de pierres funéraires d'artisans romains.

2. Gros maillet de bois dont les bouchers, et le popa dans les sacrifices, se servaient pour abattre le bœuf avant que le cultrarius Ini coupât la gorge (Ovid. Met. II, 625 ; Suet. Cal. 32). La figure est copiée d'une petite construction éle-

vée à Rome par la corporation des orfèvres, comme hommage à Septime Sévère.

Cette masse y figure parmi divers autres objets servant aux sacrifices.

3. Gros marteau dont les forgerons se servaient à leur enclume. La tête en était

ou de fer macsif ou de bois entouré de cercles de fer, comme dans la gravure ci-jointe, qui représente le marteau employé par un des forgerons figurés au mot Ferrarics , d'après un bas-relief romain. L'objet est ici dans de plus grandes proportions (Plin. H. N. XXXIV, 20 et 41).

MALLUVIA et MALLUVIUM (xe-.povMiTpov). Cuvette pour se laver les mains, quasi maniduvia (Festus, s. V.). La gravure représente une cuvette sur son pied, avec la serviette auprès; le tout ressemblant fort aux mêmes objets dans un mobilier moderne. Cette figure est tirée de la célèbre fresque romaine du Vatican, connue sous le nom de Noces Aldobrandines.

MALUS (îffTÔç). Mdt de vaisseau, fait le plus souvent d'un seul tronc de sapin (Plin H. N. XVI, 76). Les navires de dimension ordinaire ne portaient qu'un mât (voy. les gravures aux mots AcTCA-

MAtUS.

MAMPIIUI.A.

RlDS, Cercchi) ; ceux de grande dimension, surtout les navires de commerce, eu avaient deux de la même hauteur, comme dans la figure ci-jointe, d'après une

médaille de Commode ; ou deux, dont un beaucoup plus petit que l'autre et penché hors du bâtiment, comme un beaupré, ainsi qu'on le voit dans la gravure au mot DOLON, 3. Une pierre gravée de la collection Stosch paraît offrir un modèle d'un trois-mâts (Winck. Pierres gravées, p. 5.31, n" 41).

2. Mât, ou forte perche fixée au sommet du mur extérieur d'un théâtre ou d'un amphithéâtre, servant à attacher une tente (velarium) qui couvrait tout l'espace de la cavea, afin de garantir les spectateurs du soleil et de la pluie (Lucret. VI, 110). La planche représente les

assises supérieures de la face extérieure du mur d'enceinte du grand théâtre à Pompéi; elles sont garnies de larges anneaux de pierres faits pour recevoir les mâts, comme dans notre gravure. A Rome, dans le Colisée, édifice plus orné, des consoles, qui subsistent encore, et qui sont placées comme les anneaux ici représentés, étaient employées à même fin.

.3. La colonne verticale d'une presse à étoffes ou d'un pressoir à raisin (pres-

sorïum, /o/*cw/«r), manœuvrant au moyen

d'une vis et d'un écrou ■ ,

(Plin. H. N. xvill, 31, L*? '^'

74). C'est ce que l'on

voit dans la planche

ci-jointe , représentant

la presse employée chez

le foulon à Pompéi,

d'après une peinture

subsistant encore sur un pilastre dans le

local qu'occupait cet établissement.

MAMILLAKE (àitôôeujjLo;). Bande qui servait à entourer le sein, faite en cuir mou (Mart. xiv, 66) et destinée à relever la poitrine ou à la contenir quand

elle prenait trop de développement. Il ne faut pas regarder le mamillare comme tout à fait analogue à nos corsets modernes; car il n'était pas destiné à comprimer la taille de manière à lui donner une finesse, une ténuité contre nature, et toutes les femmes ne le portaient pas, mais seulement celles chez qui un grand embonpoint rendait cette contrainte nécessaire. Le mamillare est très -apparent dans la figure ci-jointe, d'après une peinture de Pompéi, qui, à ce que l'on croit, représente Sophonisbe; il est porté sous la tunique et contre la peau, et l'ampleur des formes de la beauté africaine, fortement accusée par l'artiste, montre comment le mamillare était nécessaire à Sophonisbe, et en indiqueen même temps l'usage.

MAMPHULA. Gâteau fie pain , chez les Hébreux, les Syriens et les autres Orientaux. Lorsque, dans la maison, on cuisait une fournée de pain, d'un mor-

ceau de la pâte on faisait un gâteau que l'on cuisait sous les cendres pour l'offrir aux prêtres (Festus, s. v.). Ce gâteau portait le nom de mamphula dans la langue syrienne, et de là le mot, et probablement aussi la coutume, passèrent chez les anciens Romains (Lucil. Sal. p. 83, 15, Gerlach). Maintenant même c'est, chez nous, un usage universellement répandu, chaque fois que l'on chauffe le four, de faire, avec une partie de la pâte, un gâteau cuit sous la cendre, pour les enfants.

MANDRA ([xâvôpa). Proprement, enceinte servant à enfermer du bétail, parc ou étable; par suite, on a pris le contenant pour le contenu, et ce mot a servi à désigner les animaux mêmes que renfermait la mandra, et même la foule de charrettes, avec les liêtes de somme qui les traînaient et leurs conducteurs, formant un encombrement sur la voie publique (Juv. III, 237 ; Mart. v, 22).

2. Dans l'espèce de damier appelé tabula latrunciilorum, divisions on espaces circonscrits par les lignes sur lesquelles on faisait mouvoir les pièces (Mart. vil, 72; Auct. Pan. in Pis. 190). Le sens primitif du mot semble impliquer que la mandra était un espace carré comme un parc à moutons, semblable en quelque manière à ceux qui forment par leur réunion notre damier et notre échiquier, et qu'elle n'était pas formée par des lignes parallèles {duodecim scripta), comme la table de trictrac (voy. la gravure au mot Abaccs, 2) ; mais, comme toutes les œuvres d'art qui nous représentent des personnes jouant à ce jeu ne nous montrent le damier que de profil, et qu'on n'en a pas encore découvert d'original, il est impossible de rien affirmer de positif sur le dessin du damier.

MANDUCUS. Personnage à masque

grotesque, avec une bouche énorme

garnie d'une double rangée de dents, introduit dès les premiers temps de Rome dans les atellanes et sur les scènes rustiques, pour exciter la gaieté par sa laideur et ses penchants voraces, d'où lui vint son nom (Festus s. v.; Plant. Rud. Il, 6, 51). La figure ci-jointe est tirée d'un original en bronze, où les dents sont d'argent.

MANES. Ombres des morts. Les anciens eux-mêmes paraissent avoir attaché à ce mot une idée vague et mal définie, de sorte qu'il n'est pas aisé de déterminer d'une manière précise son sens véritable. Voici pourtant l'interprétation qui semble donner le résultat le plus satisfaisant. On croyait qu'à la dissolution des corps, les âmes des hommes étaient changées en esprits, qui continuaient â exercer une influence sur leurs descendants; les unes devenaient des génies bienfaisants, appelés /«rw, les autres des esprits malfaisants, nommés larvœ. Mais comme les survivants ne pouvaient savoir lequel de ces deux sorts avait été assigné aux âmes de leurs parents morts, ils faisaient usage de l'expression wa«w comme d'un mot indéterminé, qui ne désignait pas l'une des deux conditions à l'exclusion de l'autre, et les comprenait toutes deux ; cependant la répugnance superstitieuse des anciens pour tout ce qui sonnait mal , pour tout ce qui était de mauvais présage, les conduisait généralement à attacher à ce mot une idée favorable. En conséquence, dans le plus grand nombre de cas, il est employé pour désigner des génies bienfaisants, qui sont supposés résidersous terre, dans l'empire des morts, et auxquels il est permis de revenir trois fois par an sur la terre visiter leur postérité avec les traits et le costume qu'ils portaient pendant la vie. Ainsi, dans le Virgile du Vatican, l'esprit d'Anchise, quand il rencontre Énée aux enfers, est représenté en costume troyen ; et dans le même ouvrage, Hector, quand il apparaît à Enée, porte le même vêtement, et les mots Hectoris mânes sont écrits sur la figure. Dans ce cas, aussi bien que dans d'autres, ce mot mânes est employé pour désigner l'esprit d'un individu ; on s'en sert aussi pour désigner les

régions souterraines où habitaient les mânes, que l'on regardait aussi comme des divinités inférieures; c'est à cause de cela que, dans les inscriptions funéraires, ils portent |)resque toujours le titre de D'à mânes (A|)ul. de Deo Socr. p. 689; Augustin. C. D. ix, H. Cf.

Serv, ad Yirg. jEn. ni, C3 ; Festus, s. v.; Isidor. Orig. vill, 11, 100; Virg. JEn. IV, 427 ; Georg. i, 243).

MANGO. Marchand d'esclaves (Mart.

I, 69), surtout celui qui, par des moyens artificiels, tels qu'une nourriture excitante, du rouge, des cosmétiques, cherchait à rendre plus séduisante la personne des jeunes esclaves qu'il mettait en vente, et à augmenter ainsi leur valeur en leur donnant l'apparence de qualitésqu'en réalité ils ne possé<laient pas (Quint, ii, 15, 95; Plin. H. N. XXIV, ?2). Par extension, ce mot, dans un sens plus général, désigne toute sorte de revendeurs, tous ceux qui essayent de donner de l'apparence à des marchandises vieilles et de mauvaise qualité. Pline {H. N. xxxvil, 1 6) l'emploie en parlant de marchands de bijoux.

MANI^. Loups-garous, monstres que les nourrices inventent pour effrayer les enfants (Festus, s. v.; Aruob. adf, Nat. VI, 26).

MANICA (xctpî;). Longue manche tombant jusque sur le poignet, particulière aux nations étrangères, surtout aux

peuples de l'Orient et du Nord, mais regardée par les Grecs et les Romains des

beaux temps comme marque d'une grande mollesse, quoiqueà une époque plusavancée elle ait été généralement ajoutée aux tuniques des deux sexes (Virg. jEn. ix, 616; Tac. Gcrm. 17). La gravure représente une figure tirée du groupe de Niobé, et que l'on supi)Ose être le gouverneur des eahuts (pxdagogiis) , par suite, comme l'indique d'ailleurs son costume, un esclave et un étranger, probablement un Asiatique.

2. Brassard, pièce d'armure défensive que quelques-uns des gladiateurs romains

portaient sur le bras droit, de l'épaule au poignet, comme une manche (Juv. vi, 256), ainsi qu'on le voit dans la figure cijointe, d'après un bas-relief dans la rue des Tombeaux, à Pompéi. L'apparence de cette pièce de l'armure indique qu'elle était faite soit débandes d'étoffe [fasc'iœ), soit de lanières de cuir, soit de ces plaques de métal que les soldats légionnaires portent si souvent sur les colonnes et les arcs de triomphe. Voyez LORICA, 7.

3. Gaîne ou brassard porté par les archers au bras gauche, entre le coude et le poignet, comme dans le modèle ci-coutre , tiré de la colonne Trajane. C'était eu effet cette partie de ,^ leur corps qui était particu- Il lièrement exposée, et la na- ' ture de leurs armes ne leur permettait pas l'usage du bouclier (Veg. Mil. \, 20).

4. (;(£ipîç). Gant ou mitaine ne couvrant que la main, et faite de cuir onde fourrure (Pallad. 1, 43, 4). Les Perses et quelques nations du Nord portaient ces sortes

is I

MANICATUS.

MANIPCLUS.

de gants bien plus généralement que les Grec» et les Romains, chez qui cette partie du vêlement n'était guère à l'usage que des chasseurs, des laboureurs (Hom.

Od. XXIV, 230), ou des personnes diélicates (Cic. Plul. XI, 11) dont les ma«ns souffraient du froid (Plin. Ep. m, 5, 15). Xénophon distingue expressément les deux mots yv-çic, etSaxxuXriôpa {Cyr. VIII, 8, 17), qui répondent aux expressions latines manica et digitale, quoique tous les deux désignassent des objets enveloppant la main; de là on peut inférer que la manica, comme nos mitaines, n'avait pas de doigts, tandis que le digitale en avait comme nos gants. Voyez ce dernier mot et la gravure.

6. Au pluriel, menottes, fers attachant les mains, par opposition à compedes

!(Virg. Mn. II. 146; Hor. Ep.i, 16, 76). La figure est tirée d'un bas-relief romain.

6. Grappin deferemployédansla guerre maritime (Ltican. lii, 5(i5), et, comme l'implique son nom, construit à l'iniitaition de la main humaine. Il devait resisembler par l'ensemble de sa forme à la \manus ferrea et à V/iarpago. Voyez la fijgure à ce dernier mot.

MANICATUS. Garni de longues man- Iches, se dit des tuniques (Cic. Cat. ii, ilO). Voir Manica, 1.

2. Manicatx pelles (CohxmeW. I, 8, 9 ; |xi, 1,21), es|)èce de gants longs, manicx de pelUhus (Pallad. I, 43). Voir Manica, 4.

MANICULA ou MANIBULA. Barre transversale en haut de la stiva, ou manche de la charrue. Le laboureur la tenait dans ses mains pour aider le soc à péné-

trer dans le sol, comme le montre la gra-

vure ci-jointe, d'après un vase étrusque (Varro, L. L. Vf, 31).

MANIPULUS ou MANIPLUS (6pàYlia, ôfiaXXa, ou/ o;). Littéralement, une poignée de quoi que ce soit, mais surtout la quantité de tiges de blé que le moissonneur prend dans sa main gauche pendant que sa droite porte la faucille au pied de ces tiges : ceque,dans certaines provinces de France, on appelle une manvée.

Comme toutes ces poignées de blé étaient ensuite rassemblées en javelles et liées en gerbes, ainsi qu'on le fait encore maintenant, ce mot sert aussi à désigner une gerbe de blé, une botte de paille, ou plus ordinairement de foin, que, dans l'antiquité, les paysans bottelaient sur le terrain même, avant deremporterengrange(Plin. H.N.

xyi\l,12;0\. Rem.am. 191 ; Varro,/?. /f.

1, 49, 1 ; Columell. Il, 18, 2 ; xi, 2, 40). La gerbe de blé ici représentée est copiée d'une lampe eu terre cuite.

2. L'étendard, l'enseigne d'une compagnie. On dit que, dans les |>remiers temps de Rome, c'était une poignée de foin attachée à une [)erche, et portée devant la troupe; dans la suite, pour en conserver et en rappeler le souvenir, on plaça au haut de l'étendard une main humaine , comme dans le spécimen cijoint, tiré de la colonne Trajane (Ov. Past. m, 115- 118; Serv. ad Virg. ^n. v,870; Aurel.

Vict. de Orig. P. R. 22).

3. Manipule de fantassins, c'est-à-dire troupe d'hommes rangée sous un seul

MANNULU8.

MANTICA.

étendard. Un manipule de principes, de hastati ou de 'velites, était formé de 120 hommes; un manipule de triaires seulement de 60; quatre manipules formaient une cohorte (Cœs. Tac. Virg. etc.). Dans quelques cas aussi ce mot désigne une troupe de cavalerie ;mais cela est contraire au sens exact du mot(Sil. Ital. IV, 316).

MANNULUS (Plin. Epist. iv. 2, 3).

Diminutif de

MANNUS. Bidet, cheval de race gauloise, très-petit, mais marchant très-vite, et très-estimé par les Romains pour sa légèreté (Lucret. m, 10T6 ; Hor. Epod.

IV, 14; Prop. IV, 8, 15; Petr. Sat. 45; Isidor. Orig. VU, 1, 55).

MANSIONES(<7Ta6[j.ot). Stations lieux de repos placés à certaine distance les uns des autres le long des grandes routes ; ils étaient plus particulièrement destinés à servir d'étapes aux corps de troupes en mouvement : mais les simples voyageurs y trouvaient aussi des bâtiments pour rafraîchir leurs bêtes et prendre de la nourriture. Par suite, la distance d'un lieu à un autre est quelquefois supputée en indiquant le nombre de mansiones qui se trouvaient sur la route entre ces deux points.

2. Mansiones camelorum. En Orient, stations, lieux d'arrêt où se trouvaient des puits, et où les chameaux s'arrêtaient pour prendre de l'eau (Plin. H. IV. xil, 14, 32).

MANSUETARIUS(Ti9a(T(TeuT^;).Domp-

teurde bétes féroces, homme qui avait le talent non-seulement de rendre ces animaux Iraitables et dociles, mais aussi de leur enseigner à exécuter certains exercices et certains tours (Lamprid. Elag. 21 ; cf. Senec. Ep. 85). La figure que nous donnons, d'après une pierre gravée , représente un de ces hommes dressant ou montrant un ours savant. Son bras droit, qui fait claquer un fouet, est tout à fait nu; mais son bras gauche, qui présente à l'ours deux morceaux de viande, est protégé par une manche formée d'anneaux de métal ou de cuir. Une ceinture du même genre entoure le ventre du mansuetnrius.

MANTELE, MANTILE, et MANTE- LIUM (j(Eip6|j.aotTpov, èjtixayelov). Primitivement, serviette pour les mains ou la figure, dans les repas. FJn ce sens, le mot mantele devait être à peu près synonyme de /way7/)a; mais plus tard, quand on prit l'habitude d'étendre une nappe sur la table, on employa ce mot dans le sens de nappe. D'ailleurs, les passages cités ci-dessous indiquent que le mantele était plus large, plus rude, et d'un tissu plus grossier que la mappa, et que c'était l'hôte qui l'offrait à ses convives ; un seul peut-êtreservait à toute la compagnie, tandisqu'il était d'usage que chaque in vite apportât avec soi la mappa (Varro, L. L.

VI, 85; Sei-v. «<^ Virg. Georg. iv, 37 7 ; Mart. XII, 29, 12; xiv, 138; Isidor.

Orig. XIX, 26, 6).

MANTELLUM ou MANTELUM. Ce qui servait à dérober aux regards quelque chose que l'on portait; de là sont venus l'italien /»a«/e//o, l'anglais mantle et le français mawfe/, puis/nan/eau (Plaut. 6'a/)Mll,'3,6).

MANÏICA. Bissac, servant soit aux fantassins, soit aux cavaliers (Apul, Met. p. 14; Hor. Sat. I, 6, 104). Il était formé de deux sacs joints l'un à l'autre par une courroie. Quand c'éfaient des voyageurs à pied qui le portaient, on le jetait sur l'épaule de manière que l'un des sacs pendît par devant et l'autre par derrière (Phsedr. iv, 9; Catull. 22, 21 ; Pers. iv, 23). A cheval, on le plaçait derrière le cavalier, en travers des reins de l'animal (Hor. /. c).

MANTICCLA.

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