‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 179 sur 327 · xaaiîTrio,vûaaa). Dans une course · texte numérisé non relu

xaaiîTrio,vûaaa). Dans une course

le but autour duquel il fallait tourner. C'était un groupe de trois colonnes à forme co nique , sur une base élevée , et placées au bout de la barrière (spina) dont les chevaux faisaient le tour : chaque course comprenait sept tours de lice (Prop. Il, 25, 26; Suet. Dom. 4). H y avait nécessairement deux melw, une a chaque extrémité de la spina, marquées , l'une c, l'autre D , sur le plan du Cii-que(voy. p. 157).

Celle qui était la plus près de l'extrémité de l'arèiie d'où partaient les chars était appelée meta prima; l'autre, à l'extrémité la plus éloignée, à l'endroit où l'on tournait , meta secunda. Le conducteur de chars, en tournant, laissait toujours les metae à main gauche, ou, comme disaient les Romains, du coté de la roue intérieure, interiore rota (Ov. Amor. m, 2, 12). Le grand art de bien conduire consistait à tourner autour de ces points, et à ne pas laisser entre soi et la meta assez d'espace pour qu'un adversaire pût y passer, sans la serrer de trop près et risquer d'être renversé en touchant la base sur laquelle s'élevaient les colonnes. Les œuvres des poètes sont remplies d'allusions métaphoriques aux chances, aux accidents que causaient les metœ et qui avaient lieu à leur pied (Ov. Trist. iv, 8, 35; Ho. Od.\,\, 5 ; Cic. Cœl. 3l). Comme la course commençait et finissait à la première meta , ce mot est souvent employé, ainsi que notre mot borne, pour désigner la limite, la conclusion de toute chose (Virg. Ov. Stat. etc.). La figure est prise d'un bas-relief romain qui représente un cirque. L'ouverture qu'on voit dans la base, .sous les colonnes, donne accès à une petite chapelle où était placé l'autel du dieu Cousus (Tertull. de Spcciac. 5).

2. Dans un moulin à blé , celle des deux meules qui était inférieure à l'autre (Paul. Dig. 33, 7,18, § 5). Elle avait la forme d'un cône, comme on voit dans la planche ci-jointe , qui présente une

coupe de l'appareil composé des deux meules , et à côté, la forme extérieure de cet appareil, d'après un modèle découvert dans une boutiquede boulanger à Pompéi. La meule extérieure, qui portait le nom de catillus, est faite, il faut le remarquer, en forme de sablier, et la portion inférieure de cette pièce s'a-

daptait ( voy. la figure en coupe à gaiiche) , comme un chapeau, à la tète conique de la meta. La partie supérieure de cette pièce servait de trémie pour recevoir le blé, qui tombait petit à petit par quatre tious percés au fond de cet' entonnoir, et était moulu en farine, pressé qu'il était contre le sommet et les faces de la meta par le catillus tournant autour d'elle. Avant la découverte des moulins de Pompéi , qui ont permis de déterminer la forme réelle d'un moulin romain, il était généralement admis que la pierre d'en haut était la meta, et la pierre d'en bas le catillus, erreur qui subsiste encore dans les meilleurs dictionnaires.

3. Meta fœni. Meule de foin, à laquelle les Romains donnaient la forme d'un cône se terminant par une pointe très-aiguë (Columell. H, 19, 2), comme dans la figure ci-jointe, empruntée à la colonne Antonine. D'autres objets , tels que des fromages à la crème, étaient désignés parle même mot, quand on leur donnait une forme conique (Mart. i, 44, 7; ill, 58, 35).

4. Meta sudans. Fontaine à Rome, près de l'amphithéâtre Flavien, faite de

MKTATORES.

manière à imiter un cône, sur lequel l'eau se répandait et tombait d'en haut (Sext. Ruf. de Reg. Urb. 4), On peut encore voir des restes de celte fontaine entre le Colisée et l'arc de Constantin. II en existe sur plusieurs médailles des représentations qui attestent qu'elle méritait bien son nom. Il fut aussi donné à d'autres fontaines construites sur le même modèle. Sénèque {Ep. 66) en mentionne une de forme analogue à Baies.

METATORES. Officiers des armées romaines qui choisissaient l'emplacement du camp, et qui en déterminaient l'orientation et les dimensions (Cic. Phil.

XI, 5; Lucan. l, 382).

METITORES. Officiers attachés au service des aqueducs, ayant pour fonctions de veiller à ce que l'eau fût conduite régulièrement du réservoir (ca^tellum) dans les tuyaux qui la répandaient par toute la ville , et d'en répartir à chaque quartier de Rome la quantité précise que la loi lui accordait. Pour y parvenir, ils réglaient le diamètre des principaux tuyaux en adaptant à chacun d'eux une mesure (calix) d'une capacité connue (Frontin. ^^. 79).

METOPA (iiETOTtri). Dans l'architecture dorique, métope, c'est-à-dire, uu F anneau qui, dans une frise, remplissait espace libre entre les triglyphes ; ce panneau était quelquefois uni, quelquefois, au contraire, richement orné de sculptures, comme les métopes du Paithénon, maintenant conservées au MuséeBritannique , et celles du temple de Thésée , auxquelles est empruntée la figure cijointe. Les triglyphes représentent à l'extérieur l'extrémité des entrails (^/^/?a); dans

les anciennes constructions en bois , l'espace entre un entrait et un autre (intertignium) restait vide et ouvert , de sorte qu'un étranger pouvait pénétrer par cet espace libre, comme le fit Oreste

dans le temple de Diane enTauride (Eurip. Iph. Taur. 113).

xMETOPOSCOPUS ((jieTWTcoffxÔTroO- Physionomiste, qui annonce aux hommes leur fortune d'après les observations qu'il fait sur l'expression et le caractère de leur physionomie (Suet. Tit. 2; Plin. H. N. XXXV, 36, 14).

METRETA ((xetpriTi^;). L'unité des mesures de capacité , chez les Grecs ; elle contenait cent cotyles ou hémines = 27 litres (Plant. Merç. prol. 76;Columell. xil, 22, 1). Par extension, on appelait metreta un vaisseau de terre de grande dimension qui contenait de l'huile (Columell. XII, 61, 2; Cato, R. R. 100; Juv. III, 246).

METULA. Diminutif de Meta (Plin.

Ep. V, 6, 36).

MICATIO, ou d'igitis mlcare. Jeu de hasard, mêlé d'adresse, encore en usage dans le midi de l'Italie, où il est maintenant connu sous le nom de HJora, jeu de la mourre ( Varro, ap. Non. s. v.', Suet. yiug. 13; Caipurn. Ed. ii, 26).

Deux personnes y jouent de la manière suivante : toutes deux présentent leurs

mains le poing fermé; puis, dans un même moment elles étendent chacune un certain nombre de doigts, et crient en même temps un nombre qu'elles supposent représenter le nombre des doigts étendus par les deux joueurs. Celui qui devine juste a gagné. La figure ci-jointe, qui représente, d'après une peinture funéraire, deux Égyptiens jouant à la mourre, atteste la haute antiquité à laquelle remonte ce jeu, et peut en donner une idée claire à ceux qui ne l'ont jamais vu jouer. La manière dont la pratiquent les modernes est identique à cellequi est ici représentée; seulement ils se tiennent debout, tandis que les joueurs égyptiens sont assis, et que ces Égyptiens semblent

MICATIO.

MILIARIUH.

se servir de leurs deux mains pour jouer, et non de la main droite seulement , comme le font maintenant les Italiens.

Ce procédé augmentait sans doute considérablement les difiicnltés et la complication du jeu, en y introduisant les différentes combinaisons que l'on peut faire avec vingt chiffres, au lieu de celles qui peuvent être faites avec dix seulement.

Le personnage à droite a étendu tous les doigts de sa main droite, et trois de sa main gauche; son adversaire allonge deux des doigts de la main droite, et trois de la gauche ; ainsi le total des doigts étendus est de treize. Si l'un des deux joueurs, au moment où tous deux ouvrent simultanément les mains , crie treize, avant d'avoir pu voir les doigts étendus , il a gagné ; si aucun n'a deviné juste , on referme les mains ; on crie de nouveau un nombre, en ouvrant les doigts , jusqu'à ce que l'un des deux ait rencontré le nombre exact. Ce qui paraît si simple est très-difficile à exécuter avec la moindre chance de succès, et exige plus de calcul et d'habileté que ne pourrait l'imaginer une personne qui n'en aurait pas elle-même fait l'expérience.

Chaque joueur a d'abord à décider en luimême combien de doigts il montrera, ensuite à conjecturer combien il est probable que son adversaire en présentera : ce qu'il fait en observant sa manière habituelle de jouer, en se rappelant quels nombres il a récemment criés, et combien dans les derniers coups il a présenté de doigts ; puis il ajoute le chiffre qu'il obtient par ces calculs au nombre de doigts qu'il montre , et c'est ainsi qu'il essaye de composer d'une manière rationnelle le nombre qu'il proclame. Mais comme toutcejeu, si long à exposer, s'exécute dans la réalité très-rapidement, les mains s'ouvrant et se fermant, les nombres se proclamant aussi vite que peuvent se faire ces mouvements et se produire ces sons, il faut à un joueur, pour qu'il ait quelque chance de gagner, une grande promptitude d'intelligence et beaucoup de décision, en même temps qu'un regard vif et une grande sûreté de coup d'oeil, pour voir en un instant le nombre total des doigts décotjverts , de manière

à ne pas laisser passer inaperçu son propre succès , et à ne pas se laisser non plus tromper par un adversaire de mauvaise foi ; aussi les Romains, pour caractériser un homme d'une probité et d'une droiture au-dessus de tout soupçon , disaient-ils de lui, que l'on pourrait jouera la mourre avec lui dans l'obscurité, dignus , quicum in tenebris mices ( Cic.

Off. III, 19).

MILIARlUM(6£p(xavTïip). Chaudière à chauffer de l'eau, d'une très-grande hauteur et d'un diamètre très-étroit , de sorte qu'elle avait la forme d'un vase long et mince {altiim et angustum , Pallad. V, 8). On s'en servait habituellement pour chauffer de l'eau dans les bains (Pallad. i, 40, 3), aussi bien que pour d'autres usages domestiques ( Senec. Q. N. m, 24 ; IV, 9) ; aussi avait-elle , suivant les circonstances, différentes dimensions. La figure, qui 'répond exactement à la description ci-dessus, représente un miliariiim qui se trouvait dans les bains de Pompéi , restauré d'après les traces qu'il a laissées sur le mortier du mur contre lequel il était posé ; l'ouverture carrée en dessous est la bouche du fourneau , existant encore , au-dessus duquel le miliariMOT était placé. Voy. Ahexum, 2.

2. Coljune courte et épaisse, qui, dans un pressoir à olives (trapetum), s'élevait au centre du mortier (mortarium) ; elle est désignée par les chiffres 2, 2, dans la double figure ci-jointe, élévation et

tt

"SHIIL

m lit

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coupe d'un moulin à olives antique, trouvé à Stabia. Elle servait à supporter la boîte carrée {cupa, 5), où était insérée

MILMARIUM.

une des extrémités de chacun des axes sur lesquels tournaient les roues ou meules (orbes, 3, 3), de sorte que quand ces roues marchaient en. tournant dans le mortier (1, 1), cette colonne formait le pivot sur lequel elles se mouvaient avec leurs axes.

MILLIARIUM. Pierre miliiaire. Les Romains en plaçaient de mille en mille pas le long de leurs principales routes , comme on le fait encore dans certains pays , et ils y marquaient la distance de l'endroit où elles se trouvaient par rapport à la ville voisine. Ce fut C, Gracchus qui introduisit le premier cet usage (Plularch. C. Gracc/i. 7). La ligure représente une pierre milliaireromaine, maintenant debout sur le Capitole , mais qui autrefois marquait , sur ime des voies qui partaient de Rome, la fin du premier mille,comme l'indique le chiffre i placé en haut. Le reste de l'inscription est relatif aux empereurs Vespasien et Nerva , qui la restaurèrent successivement.

2. Mil/iarium aitreum. Le mîUiaire d'or; colonne dorée, élevée par Auguste, au haut du Forum romain {in capite romani Fort, Plin. H. N. m, 5, 9; Suet. Oth. 6; Tac. Hist. i, 27), pour marquer le point où toutes les grandes voies militaires convergeaient et aboutissaient (Plut. Galb. 24). On n'en a connu l'emplacement exact que depuis dix ans environ , quand des fouilles, entreprises par le dernier pape, ont mis à découvert, à l'angle nord-est du Forum , tout près de l'arc de Septime Sévère , un piédestal circulaire revêtu de marbre, qui, d'après l'avis unanime des archéologues , a été pris pour la base encore subsistante du milliarium aitreum. Il ne paraît pas que la distance en milles sur les routes ait été constamment comptée à partir de ce point central ; au contraire, des chiffres de distances, inscrits sur des pierres milliaires romaines que l'on a trouvées encore debout à leur ancienne place, prouvent que l'on comptait aussi ces distances à partir de la porte de Rome (Marin, Frat.

yirv. p. 8 ; Fabrett.y^i/. p. 136). Les livres de droit font encore connaître un troisième système pour mesurer les distances : on partait du dernier rang de maisons ( mille passits non a milliario Urbis , sed a continentibus a-dificiis numerandi stint.

Macer. Dig^. 50, IG, 154). Cela montre que la méthode employée pour compter les milles varia aux différentes époques de la domination romaine , et donna lieu à des discussions chez les Romains eux-mêmes.

MILLUS. Collier de chien de chasse , fait en cuir, et armé de pointes de fer saillantes (clavis ferreis eminentihus) ; il servait surtout pour les chiens que l'on dressait à chasser les bêtes féroces, afin que leur cou et leur gorge, parties très- vulnérables, fussent protégées contre ces formidables adversaires (Scipio i^milian. ap. Fest. s. v.). Le spécimen donné ici représente un des chiens de Méléagre , d'après une peinture trouvée à Herculanum.*

MILVINUS. Ce mot s'appliquait aux flûtes. Voy. Tibia.

MIMA (Cic. Pliil, II, 24 ; Hor. Sat. i, 2, 56). Mime, comédienne. Voy. MiMUS, MIMALLONES ([xi(AaXXôv£0, Mot grec qui désignait les Bacchantes (Stat. Tlieb. IV, 660); Strabon toutefois établit une différence entre le mot Mimallones et celui de Racclix {x, 3, 10).

MIMALLONIS (Ov. A. Am. i, 541).

Mot tiré du grec ; même sens ou à peu près que Baccha. Voy. ce mot.

MIMULA. Diminutif de jW/wrt, avec une nuance ironique ou méprisante.

MIMULUS.: Diminutif de Mimus. Ce mot impliquait aussi une idée d'infériorité (Arnob. ii, 38).

MIMUS. Ce mot désigne en général toute |iersonne qui reproduit et imite les manières, la démarche, le langage d'une autre personne par ses gestes, le jeu de sa physionomie, ou en simulant le son de sa voix. Dans un sens plus restreint, ce mot s'appliquait à l'acteur qui jouait un rôle dans une espèce particulière de drame, désignée aussi par le nom

de mlmus. C'étaient des farces d'un fort gros sél , et en général très-indécentes , dauslesquelles on traduisait sur la scène et on ridiculisait des particuliers. L'acteur qui jouait ces rôles se faisaitcomprendre surtout

par ses gestes et sa pantomime , quoique l'usage du dialogue ne fût pas entièrement banni de ces ))ièces.

Dans l'origine , il exécutait sa pantomime sur un parquet situé au pied de la scène, non sur la scène mème,et il n'avait pas de masque; aussi,dans le spécimen ci-joint, tiré d'un anneau gravé, on peut reconnaître que la figure presque tout entière est exposée aux regards ; le masque, différent de celui que portent habituellement les acteurs comiques , ne cache qu'une portion des joues; nu bonnet de fourrures couvre le dessus de la tête (Cic. de Or. Il, 59; Ov. A. Am. i, 501; Trist. II, 497 ; Diomed. m, 487 ; cf. PlarriPEs).

2. Bouffon, Des mimes de cette espèce étaient aussi employés hors du théâtre, surtout aux funérailles des grands {indictiva funerà), où ils suivaient les Prseficve,

ext-cutant des danses grotesques et faisant les paillasses , comme le représente la figure ci-jointe, d'après une lampe funé-

raire trouvée dans une tombe mise à découvert par une fouille faite à la villa Corsini. Le chef de la troupe de ces mimes (arch'imimus) affectait de représenter le mort (Dionys. vill, 77 ; Suet.,A^«/;. 19; voy. ExseqijIjE, p. 257). Les instruments que tient le mime que nous représentons ici sont des crotala (voyez ce mot, p. 205); sa tête est surmontée d'un bonnet de fou qui convient parfaitement à son rôle.

MIRMILLONES. Classe de gladiateurs qu'on faisait ordinairement combattre contre les Tliraces ou les retiarïi ; ils portaient le casque gaulois, orné, en guise de panache , de l'image d'un poisson, comme on le voit dans la figure ci-jointe, tirée d'une tombe près de la porte d'Herculanum , à Pompéi. On croit que ces mirmillones étaient primitivement des Gaulois ; mais l'origine du mot est très-douteuse, ainsi que le sens primitif (Cic. Phil. VI, 5; Suet. Dom. 10; Juv. viii, 200 ; Festus, v. Retiarius).

MISTARIUS ou MIXTARIUS. Vase servant, comme le cratère, à mêler l'eau avec le vin : il était de grande dimension, et muni d'une poignée de chaque côté (Lucil. Sat. V, 16, Gerlach).

MISSILIA. Présents de différentes sortes, jetés au peuple, du haut d'une plateforme élevée, par les empereurs romains ou par d'autres personnes riches qui cherchaient à gagner la faveur de la multitude par des largesses (congiariiim) ; de là est venu l'usage moderne de jeter de l'argent à la foule lors du couronnement des princes ou dans d'autres solennités. Les missilia étaient ordinairementlesobjets mêmes que l'on jetait, et ils appartenaient à ceux qui avaient la chance de les saisir. Mais comme plusieurs denrées alimentaires, telles que le blé et le vin , ne pouvaient être distribuées de cette manière, et que d'autres se seraient endommagées en

tombant et en étant disputées par des mains avides , on jetait à leur place des billets ou des bons (tessecœ), sur lesquels était inscrit le nom de la substance que l'on devait recevoir, ainsi que la quantité à laquelle on avait droit. Ces bons étaient payables au porteur sur présentation aux magasins dn donateur (Suet. Ner. 1 1 ; Turneb. Jdvers. xxix, 9).

M1TELL\ ([AtTpiov). Diminutif de Mitra. Coiffe on bandeau en forme de pointe (Ceisus, vili, 10, 3), porté par les femmes grecques ( Virg. Cop. 1 ) autour de la tête , comme le représente le spécimen ci-joint , d'après un buste conservé au Musée Britannique , et beaucoup de vases de terre et de peintures de Pompéi, où l'on voit cette coiffure. Les hommes , dans l'intérieur de leurs maisons ou à table , quand il fallait beaucoup boire, s'attachaient souvent autour de la tête une pièce d'étoffe du même genre pour combattre les effets du vin (Aristof . ap. Athen. XV, 16) ; et Cicéron {Rabir. Post. 10) raconte qu'à Naples, en pleine rue, il a vu souvent des jeunes gens et des vieillards de la première qualité porter la mite lia,

2. Écharpe servant à soutenir un bras cassé , faite d'une bande d'étoffe ayant la même forme (Ceisus, /. c).

MITRA ((JLtTpa). Dans son sens général et primitif, ce mot désigne une longue écharpe garnie à son extrémité de liens ( redimiciila ) qui servaient à l'attacher selon les différents usages auxquels elle pouvait servir. Cela ressort clairement d'un passage de Callixène {ap. Athen. V, 28), qui , dans la procession que conduit Ptolémée aux fêtes de Bacchus, décrit la figure colossale du dieu comme |)ortant dans la main gauche un thyrse, autour duquel est roulée une mitra, précisément de la manière représentée par le spéci-

men ci-joint, tiré d'un bas-relief du musée Pio-Clémentin , où sont sculptés différents personnages et différents objets appartenant au culte de Bacchus. Par extension , les écrivains grecs appliquent ce mot à la ceinture d'une vierge ( Callim. H. in Jov. 21 ; voy. Zona) ; à une large bande portée sous lesein (Apoll. Rhod. m, 867 ; voy. Strophicm) ; et chez Callimaque {H. in Dian. 14) l'épilhète âiAirpo; désigne une jeune fille qui n'a pas encore pris son développement, qui n'est pas encore nubile, c'est-à-dire qui n'a pas encore besoin de la zona ou du stropliiitm. On appelait aussi mitra le ceinturon que les soldats portaient autour de la taille, au bas de la cuirasse , pour protéger le ventre (Hom. //. iv, 1 37 ; voy. ClN«u- LUM, 4).

2. Conformément au sens primitif du mot mitra, tel que nous l'avons donné plus haut ( écharpe munie à ses deux extrémités de cordons servant à l'attacher), les écrivains appliquèrent ce nom à une espèce particulière de coiffure que portaient les habitants de la Perse, de l'Arabie, de l'Asic-Mineure, et les femmes de Grèce, et qui était disposée de manière à envelopper toute la tête, du front à la nu-, que, et à couvrir les joues et le menton, sous lequel elle passait. Aussi disait-on de la personne qui portait la mitra queUe en était voilée (mitra 'velatus, Claud. de Laud. Stilichonis , i, 156). On en a trouvé un exemple frappant dans la figure ci-jointe, qui représente une mitre persi-

que, portée par un des compagnons de Darius, dans la grande mosaïque de Pompéi. La mitre d'Asie, que portaient les Phrygiens et les Amazones, était un bonnet de laine qui couvrait la têteaussicom-

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