‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 2 sur 327 · III · texte numérisé non relu

III

AGGER (x<^|Aa ). En général , toute chose qu'on amoncelle {quod adgeritur) pour remplir an vide ou pour former un tas, ou de terre, ou de bois, ou «le décombres ; on en a dérivé les sens plus particuliers qui suivent :

1. Retranchement ou rempart artificiel dont les Romains entouraient letucamp ou les positions.qu'ils voulaient occuper un certain temps pendant la guerre. C'était ordinairement une vaste levée de terre , surmontée de palissades (vallum) , et protégée extérieurement par une tranchée (fossa), qui n'était autre chose que toute l'étendue de terrain creusée pour former Vagger. Lorsque la nature du sol ne permettait pas de faire une levée de terre, on avait re-

cours à d'autres matériaux faciles à trouver; Vagger était alors construit d'une enceinte de troncs d'arbres qu'on remplissait de broussailles, etc., comme on le voit dans la gravure , prise de la colonne Trajane. Le sommet en est cou-

vert par un vallum ou palissade et une galei ie de planches qui doit protéger les soldats. La figure fera comprendre tout d'abord le sens des passages où il est dit que l'a^^er fut brûlé {Cx&.Bell. Ch\ II, 14). 2. Âgger murorum (Virg. jEn. X, 14). Levée sur laquelle étaient bâtis les murs et les tours d'une ville fortifiée : elle servait aussi comme d'un rempart où se |K)stait la garnison pour défendre la place. Elle était formée de terre entassée de la façon que nous avons décrite tout à l'heure; mais de plus elle était revêtue de maçonnerie et on y montait de l'intérieur par un escalier, comme on le voit dans la gravure, qui donne une

section de l'agger et des murailles snhsistant encore à Pompéi , avec une des tours en partie restaurée.

3. Terrasse de terre, de bois, ou d'autresmatériaux communs partout , élevée contre les murailles d'une ville assiégée : elle servait à porter les batteries de siège (tormenta l>ellica)el à meti re les assaillants de niveau avec les remparts. Comme les parallèles dans la guerre moderne , on la commençait à quelque distance des mui'S

AGITATOR.

de la ville, puis on comblait de plus en plus l'intervalle jusqu'à ce qu'on les atteignît : c'est ce que signifient les expressions telles que agger promotus ad iirhem (Liv. V, ' ).

4. Agger l'iœ, proprement la chaussée, c'est-à-dire le milieu d'une rue ou d'un grand chemin, destiné à la circulation des voitures et du bétail (Virg. JSn. v, 273) : elle était pavée de pierres assujetties avec du ciment, qu'on posait sur plusieurscouches de décombres (Voy. Via), et légèrement élevée au centre. Cette partie de la chaussée figurait alors une surface elliptique , comme on le voit dans le plan ci-joint , présentant une coupe du pavage de la via Sacra qui menait au temple de Jupiter Latialis. Le plan sur lequel elle

àiàààm

était construite explique pourquoi cette partie du chemin fut appelée a^o-e/*(Serv. ad Virg. /. c. ; Isidor. Orig. XV, 16, 7 ) ; ce mot s'emploie néanmoins quelquefois , dans un sens plus général, comme synonyme de ■via; ainsi on trouve Aurel'tus agger au lieu àe ma Aurélia [^ntil. Itiner. 39).

6. Levée artificielle ou digue sur les bords d'une rivière , pour défendre le pays des inondations (Virg. ^n. ii,

496) ; et aussi rebord en maçonnerie qui formait le quai d'un port et auquel on attachait les vaisseaux (Ovid. Met. xv, 690; Trist. m, 9, 13). La gravure représente une digne de pierres brutes élevée au confluent de deux rivières, d'après le modèle de la colonne Trajane.

AGINA. Châssis ou œil auquel est attaché le fléau d'une balance et dans lequel le curseur vertical {examen, ligula) oscille pour montrer la correspondance

exacte de l'objet pesé avec le poids que le plateau opposé contient (Festus, s. v. ;

Tertull. ad Hermog. 41). On voit Yagiiia et le curseur fixés perpendiculairement au centre du fléau dans la gravure, qui est prise d'un original en bronze (Caylus, IV, 96, 4).

AGITATOR. En général celui qui met une chose en mouvement; mais ce mot s'applique plus spécialement à ceux qui poussent le bétail, et dans les cas particuliers qui suivent :

l.Agitator aselli (àvYjXàtYi;), un ânier (Virg. Georg. i, 273). D'après une

lampe d'argile que possédait primitivement Fabretti ( Cul. Traj. Addend. p.

ult.).

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