PINCERNA
lad. I, 41, 2), contundere {Ib. 3); tandis que le pilon ordinaire (pistillum) était manié avec une seule main, et qu'on le faisait tourner tout autour du mortier (inortarium) avec un mouvement qui avait plutôt pour résultat de pétrir et de mêler en une pâte des substances différentes , que de les écraser; mais la distinction entre ces deux mots n'est pas toujours observée.
2. ('Judoi;). Le pilitm, arme nationale de l'infanterie romaine. C'était une arme très-redoutable , servant surtout comme arme de jet, mais employée aussi comme pique pour charger l'ennemi quand l'occasion le demandait, et, quoique plus courte que la lance, armée d'un fer plus fort et plus large. II semble qu'elle ait varié un peu de longueur aux différentes époques, la moyenne étant environ l™,y05 millimètres, de l'extrémité du fer à celle du bois. Le bois était de la même longueur que le fer ; le fer dans les deux tiers de sa longueur, était creux ; le manche y entrait, solidement fixé par des clous, et il restait au bout, comme pointe, environ 228 miUim.
de métal massif ( Liv. IX, 19; Flor.
n, 7, 9; Veg. Mil. ii, 15; SU. Ital.
XIII, 308 ; Polyb. vi , 23; i, 40). 11 est remarquable qu'il ne soit pas parvenu jusqu'à nous un seul spécimen authentique de cette arme nationale , que les fouilles n'en aient pas découvert, qu'on n'en ait pas de représentation artistique au moyen de laquelle on puisse en faire comprendre la forme par une image. Mais, comme la pointe du piliim était en fer, substance qui , sous terre, s'oxyde et se mange rapidement, quafld on trouve des armes de ce genre, elles sont toujours si rongées et si défigurées par la rouille qu'il est impossible d'en reconnaître le caractère et la forme primitive. Puis, les figures qui couvrent les colonnes et les arcs de triomphe , qui remplissent les bas-reliefs où sont figurées des scènes militaires, représentent le plus souvent des officiers, non de simples soldats, et par conséquent ne donnent pas de spécimens du pilum; ou, si les simples soldats sont mis en évidence, on les voit occupés à des travaux ma-
nuels, à abattre du bois, à ramasser du fourrage, à transporter des provisions, à élever des palissades et des ouvrages de campagne, occupations qui toutes rendaient impossible à l'artiste, quand même il l'eût voulu, d'introduire dans la scène des armes offensives. De plus, l'effet désagréable qu'aurait produit une forêt de lignes droites , la difficulté pour le sculpteur de représenter de tels objets avec le marbre ou le bronze, enfin la fragilité de ces détails mis en relief, firent adopter aux anciens sculpteurs l'habitude systématique et raisonuée de ne pas exprimer dans leurs œuvres cette sorte d'accessoires, et de se contenter de faire comprendre l'action , de manière que toute méprise fût impossible, par la vivacité et la vérité des attitudes et des gestes. Ces raisons justifieront l'absence de toute gravure à cet article : ce qui, sans ces explications, aurait pu paraître, en un sujet aussi important, une impardonnable omission. Mais on peut croire que l'instrument que tient à la main la figure d'homme que représente la dernière gravure ressemblait fort au pilum du soldat romain et peut en donner une certaine idée : c'est, on peut le remarquer, la même forme carrée au sommet ; c'est , entre le manche et la tête de l'instrument , la même proportion, rapports qui feront comprendre pourquoi le même nom désignait les deux objets.
PINÂCOTHECA (ntvaxoe^xYi). Galerie de tableaux ; appartement que comprenaient habituellement les maisons des riches Grecs et celles des Romains, après que ceux-ci curent reçu des premiers le goût des arts ( Vitruv! l, 2, 7 ; VI, 3, 8; Plin. H. N. xxxv, 2).
PLNCERNA (olvoxôo;). Échanson, esclave dont les fonctions étaient de mêler le vin, de remplir les coupes, et de les passer aux convives couchés autour de la table. C'étaient, en général, des jeunes gens choisis pour les grâces de leur personne et l'élégance de leur tournure, qui portaient leurs cheveux tombant sur les épaules, et une courte tunique ; on donnait à la propreté de leur personne et de leurs vêtements une attention toute par-
ticiilière(Ascon. in Vtrr. ii, 1,2C ;Lamprid. Alex. Sev. 41). Tous ces traits se retrouvent dans la figure ci -jointe, d'a-
près le Virgile du Vatican ; le long'pantaïon et le manteau indiquent un jeune homme de naissance étrangère, probablement Phrygien.
PINNA (7tT£p6v). Le plat, la lame d'un gouvernail [gubernaculiim ) ; celuici, chez les anciens , n'était guère autre chose qu'un grand aviron ayant une large pale qui se terminait, comme les ailes de certains oiseaux, en ce que nous appelons queue d'aronde ; d'où ce nom de pinna. C'est ce que montre le spécimen ci-joint,
d'après un bas-relief découvert à Pouzzoles. Si la pale était arrondie à son extrémitéinférieure, comme celle d'un aviron ordinaire, le nom se conservait, mais alors c'était par comparaison avec une plume, qui a, an centre, une tige cornée, et, des deux côtés, desbarbes qui figurent la pale de la rame (Non. v, Bipennis).
2. Créneaux, au sommet d'une muraille, tout autour de la plate-formed'une forteresse ou d'une tour, etc. ( Varro , L. L. V, 142 ; Claud. Quadrig. ap. Gell.
IX, 1 ; Virg. JEn. vil, 159).Quelquesgrammairiens tirent ce sens du mot pinna d'une ressemblance imaginaire qu'ils croient saisir entre des créneaux et les plumes que portaient de côté les soldats et les gladiateurs samnites à leurs casques (voy. la gravure au mot Samnis); d'autres le déduisent de cette circonstance, que le créneau se termine en biseau, par une lame qui finit par n'avoir plus que l'épaisseur d'une plume ; c'est ce que l'on remarque dans la gravure ci -jointe, qui représente deux créneaux sur les murs de ville à Pompéi, vus de l'intérieur de la ville. Ou remarquera aussi qu'ils sont ingénieusement munis d'uu épaulement, ou angle rentrant, qui protégeait les défenseurs des murs de traits venant obliquement du côté gauche.
3. Palette attachée à une roue hydraulique (/-o^aai/Maria), sur laquelle le couraut devait 'exercer son action (Vitruv.