‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 228 sur 327 · L'expression insistere rôtis (Virg · texte numérisé non relu

L'expression insistere rôtis (Virg

Georg. m, 1 14), mot à mot, se tenir de-

bout sur les roues, n'est pas une simple figure poétique, mais une description pittoresque de la manière dont le char antique (currus) était conduit par celui qui le dirigeait. Le conducteur de char était toujours debout et non assis, comme le montre le spécimen ci-dessus, d'après une lampe en terre cuite. Ainsi la traduction que donne Martyn du vers cité de Virgile : « s'asseoir victorieux au-dessus des roues rapides », n'est pas seulement incorrecte quant à la manière dont est rendue l'expression latine, mais suggère une image tout à fait opposée à celle que le poète a voulu présenter.

3. Roue, instrument de supplice qu'employaient les Grecs; la victime était attachée aux rayons , et on la faisait tour-

ner rapidement avec la roue jusqu'à ce que mort s'ensuivît, comme le montre la figure ci-jointe, empruntée à un basrelief grec représentant Ixion , que Jupiter condamna au supplice de la roue pour le punir de son ingratitude, ainsi que d'autres actes criminels (Cic. Tusc. V, 9 ; Apul. Met. m , p. 48 ; TibuU. i, 3,74).

4. Rota aquar'ia. Roue hydraulique, servant à puiser de l'eau dans un courant et à l'élever au-dessus de son niveau, et marchant elle-même par l'action de l'eau (Lucret. V, 517). Des roues de ce genre, d'un mécanisme très-simple , mais auxquelles se rapporte exactement en tout point la description de Vilruve (x, 5), sont encore employées au même usage dans plusieurs contrées. La figure ci-dessous, qui représente une roue à élever de l'eau, très-commune en Chine, en donnera une idée claire. La roue même est tout entière en bambou, et la circonférence en est formée par deux cercles concentriques peu éloignés l'un de l'au-

tre, et de l'un à l'autre desquels vont de petites planches plates ou palettes (pinnse), qui font tourner la roue dans le

sens'où les pousse le courant. Sur le cercle extérieur ( frons) sont placés un certain nombre de vases (haustra), formés ici de simples tiges de bambou, en place de quoi les Romains se servaient de boites de bois (modioli) ou de jarres en terre (rotarum cadi. Non. v. Haustra). A mesure que la roue tourne, ces vases s'emplissent par immersion dans le courant, et quand ils sont arrivés au sommet derévolution, ils se trouvent renversés, et comme ils sont placés sur la roue en sens oblique, ils laissent, tomber à côté d'elle leur contenu dans une auge qui conduit l'eau au réservoir ou aux canaux qui la distribuent au sol altéré.

5. Rota Rgularis. Roue de potier (Plaut. Epid. III, 2, 35), couchée horizontalement, comme une table. La masse d'argile dont on voulait former un vase était posée sur la roue et façonnée par les mains de l'ouvrier, tandis que le mou-

vement de rotation (currente rota, Hor.

A. P. 21) l'aidait d'une manière très-efficace à donner soit à l'intérieur, soit à l'extérieur du vase, une forme circulaire.

fiOTULA.

fiCDlâ.

L'opération se comprend aisément à l'aide de la figure ci-dessus, empruntée à une peinture égyptienne ; c'est un potier assis à terre devant sa roue, sur laquelle la masse d'argile (la partie ombrée de la gravure) est en train de prendre forme ; le pouce de la main droite creuse l'intérieurdu vase, pendant qu'à l'extérieur la paume de la main gauclie en arrondit les contours ; procédé parfaitement semblable à celui que nous pouvons tous les jours observer chez nos potiers.

ROTULA. (TpoxiCTXoç). Diminutif de Rota ( Plant. Pers. iii, 3, 30; Plin.

H. N. xviii, 48).

RURRICA, Ocre rouge; par suite r«iWy«e, titre ou article des lois de VEtat, par exemple, des Douze Tables, par opposition à l'édit du préteur, aux règlements des cours de justice [album), parce que les titres des lois, et peut-être la loi tout • entière, étaient écrits avec de l'ocre rouge ; tandis que ces décisions et ces règlements des préteurs et des tribunaux étaient inscrits sur un fond blanc, dans la forme ordinaire (Quint, xil, 3,11; Pers. V, 90 ; cf. Juv. xiv, 192).

RUDENS (xàXwç). Corde; s'emploie plus particulièrement pour désigner les cordages d'un navire les plus légers (Pacuv. ap. Cœl. in Cic. ad Fam. Viii, 2 ; Virg, Mn.i, 91),paroppositionaux plus lourds, aux gros câbles, aux amarres; se dit, par exemple, du cordage qui servait à hisser une voile (Catull. 64, 235), et le long duquel le marin glissait de la vergue au pont (Ovid. Met. m, 616), des cargués (Virg. jEn. m, 682), des écoutes, ou peut-être des bras de vergue, ou indifféremment de ces divers cordages (Id.

ib. X, 229).

RUDIARIUS. Gladiateur à qui on avait présenté la radis, comme marque qu'on lui donnait son congé (Suet. Tib. 7).

RUDICULA (joûxYiOpov). Diminutif de RcDIS, cuiller de bois (Columell. XII, 46, 3J, servant à battre, à remuer, à mélanger différents ingrédients, pendant qu'ilsbouillaient, qu'ils cuisaient au four, ou qu'on en faisait une décoction (Calo, B. n. 95; Plin. H. N. XXXIV, 54).

Le spécimen, emprunté à un tableau de nature morte à Pompéi, nous présente

un plat d'œufs, accompagné du vase et

de la cuiller qui doit servir à les battre.

RUDIS (jiûxïjôpov). Instrument qui servait à remuer et à mêler des liquides ou tous autres ingrédients, pendant qu'ils cuisaient d'une manière quelconque, analogue à celui qui est représenté dans l'article précédent, mais de plus grande dimension (Cato, R. R. 79; Plin. H. N.

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