XXXIV
2. Bâton se terminant par une sorte de boule ou de bouton, et dont se servaient les gladiateurs et les soldats quand
on leur apprenait l'attaque et la défense, ou qu'ils faisaient des armes pour s'exercer et s'amuser (Suet. Cal. 32 ; Liv.
XXVI, 51; Ov. u4mor.\i, 9. 22; A.
Am. m, 515). 11 était d'usage de présenter un de ces instruments au gladiateur en lui donnant sottcongé ; par suite, l'expression rude donari signifie être affranchi du joug des affaires, être remis en possession de sa liberté (Hor. £f. I, 1, 2; cf. Suet. Claud. 21). La figure est empruntée à une pierre gravée ; on croit qu'elle représente un gladiateur tenant dans ses mains la radis; conjecture que la forme ronde de l'objet, et sa ressemblance avec la cuiller à remuer, décrite
notiA.
fttJtËLLbM.
Ma
au premier article de ce mot , rendent très-vraisemblable.
RUGA (^uTiç). Proprement, nWe ; par suite, pas de vis (Plin. H. N'. XVIII, 74 ; cf. Cochlea) ; petit pli irrégulier dans une draperie, par opposition à sinus, pli profond et lâche, et à contahulatio, pli droit et régulier {VYm.H. N. xxxv, 34 ; Macrob. Sat. Ii, 9 ; voy. les gravures aux mots CONTABCLATIO et SINUS).
RULLA. Voy. Ralldm.
RUMEX. Arme du même genre que le Sparum (Festus s. v.\ Lucil. ap. Fest.; Aul. Gell. X, 25).
RUMPIA. Voy. Rhomph^a.
RUNA. Arme du même genre que le PiLUM (Festus .f. T.; Ennius ap. Fest.); c'est peut-être un ancien nom du PiLUM tombé en désuétude.
RUNCATIO (PûTftvtfffxoi;). L'action d'éclaircir et de sarcler les blés en enlevant les tiges mal venues et les mauvaises herbes, qui étouffent les bonnes et absorbent les sucs nourriciers qui leur étaient destinés (Columell. il, 12, 9; Plin. H. N. XVIII, 50). Cette opération s'exécutait quand les blés étaient encore verts, ordinairement après la façon donnée avec la houe {sarritio. Columell. II, 11, 9); on la faisait surtout avec la main (Id. v, 6, 7), qu'aidait quelquefois une sorte de crochet (runco), pour enlever les racines ou les tiges qui tenaient trop fortement au sol.
RUNCATOR. Celui qui éclaircit un champ de blé, qui le purge des plantes étrangères et des mauvaises herbes , comme cela est expliqué dans l'article précédent (Columell. Il, 12, 1; xi, 3, 19).
RUNCINA (^uxàvYi). Babot de menuisier, servant à aplanir et à égaliser les surfaces du bois (Plin. H. iV. xvi, 82). Le spécimen que nous en donnons est emprunté à un marbre funéraire qui se trouve à Rastadt; ce rabot est garni d'un manche, et on y voit les ouvertures par lesquelles jaillissaient et sortaient les copeaux (rameuta). On j^
donnait aussi le même ^'
nom au bouvet, qui servait aux ébénistes et aux menuisiers à faire des rainures, et aux
sculpteurs sur bois à marquer les creux entre les plis saillants de la draperie (Tertull. y4pot. 12; Augustin. Cic Dei, IV, 8).
RUNCO. Crochet à sarcler (Pallad. i, 43, 4), servant à déraciner de dedans les jeunes blés les ronces et d'autres pousses aussi obstinées, dans le cours de l'opération nommée runcatio. Il était formé d'une lame tranchante et recourbée comme la faix (Isidor. Orig. xx, 14, 5) , et paraît devoir l'origine de son nom au mot grec ^ÛYXOç,le museau d'un animal ou le bec d'un oiseau, par allusion, suit à sa forme, soit à la manière dont on l'employait en donnant pour ainsi dire des coups de bec à la terre, et en la retournant comme font les oiseaux. Dans l'Italie moderne, les mots ronca et roncone désignent une sorte de serpe.
RUSSATUS. Vêtu de rouge; s'emploie surtout pour désigner un cocher (auriga) qui disputait le prix dans les courses du Cirque, et appartenait à la faction des Rouges (factio russata) ; il portait une tunique rouge pour se distinguer de ses compétiteurs, dont les couleurs étaient, pour les uns le blanc, pour les autres le vert, le bleu pour les troisièmes (Plin. H. N. VII, 54 ; luscript. ap. Reines, c/. 5, n. 63).
RUTARULUM. Pelle à feu, qui servait aux boulangers et aux forgerons à jeter dans leurs fours et leurs forges la braise et le combustible (Festus, s. v.; Isidor. Orig. XX, 8, 6); c'est ce qui fait qu'on la mentionne souvent avec les pincettes {forceps. Cato, R. R. 10 et 11 ; Suet. Aug. 75).
2. Pelle de bois, servant à remuer et à mêler le vin doux (mustum) avec le vin cuit ((/p/'r«/MTO) et avec d'autres substances que l'on y mettait infuser pour lui procurer artificiellement du corps et du montant (Colmnell. xil, 20, 4, et 23, 2). RUTELLUM (ô|jiaXiaT^p). Diminutif de Rdtrcm, racloire ou radoire, planchette qui servait à racler le dessus d'une mesure, telle qu'un boisseau de blé, pour faire tomber le grain qui s'élève au-dessus des bords, et ne donner à l'acheteur que juste la quantité qui lui était due (Lucil. Sat. IX, 18, éd. Gerlacb).
SACCIS.
RUTRUM. L'instrument avec lequel , suivant la tradition, Rémus aurait été tué (Ov. Fast. IV, 843); c'était une large lame de fer ayant à peu près la forme d'un carré long, tranchante surtout à son extrémité inférieure, et à laquelle un manche s'adaptait, comme celui de nos hêches ; elle tenait à la fois de la bêche et de la pelle, et servait à gratter, à creuser et à remuer la terre, à mêler différentes substances; ainsi on l'employait pour briser des mottes de terre (Varro, L. L. V, 134); pour détacher du sable du fond d'une rivière et le jeter sur le bord (Festus, s. v.) ; pour mêler et gâcher du mortier (Vitruv. vu, 3; Pallad. I, 15), et dans tous les cas analogues où un pareil instrument pouvait servir. La figure représente le fer d'une pelle de ce genre, découverte à Pompéi parmi d'autres outils de maçon.
SABANUM ((Tàêavov). Pièce de toile, servant de serviette pour contenir quoi que ce soit (Pallad. vil, 7, 3), de toi-chon pour frotter et sécher quelque chose de mouillé (Veg. f^et. V, 46, ) 1), de peignoir pour entretenir la transpiration en sortant d'un bain de vapeur (Marcell.
Empir. 26).
SABULO (Macrob. Sat. ii, 1) . Celui qui oue d'un certain instrument de musique que nous ne connaissons pas. Du reste l'orthographe de ce mot, et par suite le sens qu'on lui donne, sont très-contestés.
SACCELLUS. Diminutif de Saccc- Lus. Très-petit sac (Petr. Sat. 104; Cels. IV, 4).
SACCEUS. Fait de toile grossière ou de toile à sac (Hieron. f^'it. Hilar. 44).
SACCIPERIUM f(iax)to7tT]pa). Grand sac fait de cette toile, et dans lequel on déposait le sac plus petit (socculus) qui servait de bourse (Plaut. Ritd. ii, 6, 64).
SACCULUS ((jaxxtov). Tout petit sac (Apul. Met. ix, p. 200) ; et surtout
celui qui servait à porter de l'argent
(Catull. 13, 7; Juv.
XIV, 138 ), comme on
le voit dans la gravure ^"
ci-jointe, qui repré- md /,
sente un sac de ce genre
avec un tas d'argent tout contre, d'après
une peinture de Pompéi.