C. Le tepidariitm ou chambre tiède
on en maintenait l'atmosphère à une chaleur agréable au moyen d'un brasier qu'on y a retrouvé. Il servait à tempérer le passage soudain du chaud au h'oid, quand le baigneur retournait de la pièce chaude à l'air libre. C'était aussi dans cet appartement qu'on se faisait frotter avec la strigile et oindre après le bain ( voy. la gravure au mot Aliptes ) ; à cet effet, il était garni de deux sièges de bronze qu'on y a trouvés, et dans les murs étaient pratiqués tout autour de petits réduits, qui formaient autant d'armoires ou de placards, pour contenir les strigiles, les huiles, les parfums et les autres objets nécessaires aux personnes qui ne les apportaient pas avec elles. De là une porte conduisait le baigneur dans
D. Le caldarium ou étuve, qui contenait à une extrémité (A) un bain d'eau chaude {alveus), et à l'autre le Laconicum avec son bassin ou lahrum (t). Le parquet de la chambre était creux en dessous , et soutenu par de bas piliers de briques ; les murs étaient garnis de tuyaux, de telle sorte que toute la pièce était entourée d'air chaud, fourni par un fourneau voisin. (Voy. la gravure aux mots SusPENSURAet Hvpocacstcm. )
/. Le fourneau, qui, outre l'usage mentionné ci-dessus , échauffait aussi les chaudières contenant l'eau pour les bains, à savoir r
m. Le caldarium ou chaudière pour l'eau chaude ; et
//. Le tepidarium ou chaudière pour l'eau tiède.
o. La citerne d'eau froide.
p. Chambre pour les esclaves qui avaient soin du fourneau et de ses dépendances : elle avait une entrée séparée sur la rue (4), et deux escaliers : par l'un on montait au toit, par l'autre on descendait au fourneau.
q. Petit passage rattachant la pièce nommée en dernier lieu avec
r. La cour où étaient gardés tous les matériaux nécessaires pour celte partie de l'établissement, tels que le bois , le charbon, etc. Elle avait aussi son entrée séparée sur la rue (5). Les restes de deux piliers qui supportaient dans l'origine un toit ou un appentis sont encore visibles.
La partie du plan qui subsiste est occupée par un autre corps de bain , destiné aux femmes. Il tient moins de place, mais il est disposé d'après le même principe. 11 n'a qu'une entrée (6), qui donne accès dans une petite salle d'attente (s), avec des sièges pour le même usage que ceux qui sont marqués c c dans le plus grand corps de bâtiment.
E. h'apodjterium avec des sièges de deux côtés {t t), et qui, comme le premier que nous avons décrit, communique avec le frigidarium ou bain d'eau froide (F) et avec le tepidarium ou chambre tiède (G), par laquelle le baigneur, comme nous l'avons déjà dit, se rendait à l'étuve (H), pourvue également à une de ses extrémités du Laconicum et du lahrum («), et de Valveus ou bain d'eau chaude (»-) , du côté qui touchait au fourneau et aux chaudières. Celles-ci étaient placées d'une façon si convenable qu'elles fournissaient les deux corps du bain d'air chaud et d'eau chaude avec un seul appareil. Dans ces bains pour les femmes, le tepidarium avait un parquet soutenu sur des piliers et des murs pourvus de tuyaux, ce qui n'existait pas dans la pièce correspondante du plus grand corps de bâtiment.
2. Vitruve ( vi, 5, 1 ) se sert du même terme pour désigner un bain prive' dans une maison particulière ; mais , suivant Varron (l. c.) , ce n'est pas là la siguificatiou véritable du mot. (Voy. le mot suivant.)
BALINEUM ou BALNEUM. Bain par-
BALINEUMt
ticuUer, ou suite de pièces de bains appartenant à la maison d'un particulier ( Vitrro, L. L. IX, 68 ; Cic. adFam. xiv, 20), par opposition au pluriel fialinex, appliqué aux établissements publics, qui comprenaient communément deux corps de bains, distincts et séparés, pour les deux sexes, et par conséquent des dépendances plus étendues et plus nombreuses.
Sous les autres rapports, la distribution et la disposition des appartements étaient les mêmes dans les deux cas, comme on le verra en comparant les pièces de la gravure ci-jointe , qui présente le plan des bains appartenant au suburbanum d'Arrius Diomède à Pompéi, avec celles des bains publics que nous avons décrites et expliquées dans l'article précédent. Les bains
et leurs dépendances occupaient un angle à une des extrémités de l'édifice, et on y entrait de Vatriiim par une porte a.
Immédiatement sur la droite de l'entrée est une petite chambre [b), servant peutêtre de salle d'attente , ou destinée aux esclaves attachés à cette partie de la maison. Derrière est Vapodjterium ou chambre où l'on se déshabille (A), située entre les bains froids et les bains chauds, etayant sur chacun d'eux une entrée distincte.
B est une petite cour triangulaire, couverte en partie de deux côtés par une colonnade; au centre , et en plein aii', était le bain d'eau froide (c), piscina in area (Plin. Ep. V, 6, 26).
C'est la chambre tiède (tepidarium), avec un siège dans un coin sur lequel le baigneur s'asseyait pour être frotté de la strigile et être oint après le bain.
D. Caldarium ouétuve, disposé exactement comme dans les bains publics , avec le Laconicum à l'extrémité circulaire, et un alveus ou bain d'eau chaude à l'extrémité opposée.
d est le réservoir qui contenait une provision d'eau tirée de l'aqueduc; e, chambre à l'usage des esclaves attachés aux fourneaux , avec une table de pierre (e), et un escalier conduisant à un étage supérieur ou au toit ; f, la citerne pour l'eau froide; g, la chaudière pour l'eau tiède ; h, la chaudière pour l'eau chaude; /, la fournaise : toutes choses disposées de la même manière que dans les établissements publics, avec la même prévoyance pour ménager le bois et l'eau.
Voy. Caldarium, Tepidarium, Fhigi-
DARIUM.
2. Quelquefois on se sert du même mot dans un sens plus restreint pour désigner le bain d'eau chaude ( alveus ) ; on le voit à l'extrémité carrée de la chambre D dans la dernière gravure et à la lettre h dans celle qui précède (Cic. ad AU. II, 3 ; Petr. Sat. 7 2 ; Ceisus, m, 24 ). BALLISTA ou BALISTA ().tOo66Xoî ou Xt6o66>ov). Machine donton se servait dans les sièges pour lancer des pierres très-iiesantes(Lucil. Sat. xxxviii, p. 6), 23 Gerlach.; Cic. Tusc. ii, 24; Tac.
Hist, IV, 23). Ni les descriptions des auteurs latins ni les monuments de l'art ne nous mettent en état de nous former une idée bien nette de la manière dont ces machines étaient construites, et les différentes tentatives qu'ont faites les antiquaires modernes pour en restaurer un modèle d'après les termes de Vitruve ( X, 11) et d' Ammien Marcellin ( xxiii , 4, 1-3 ) sont trop incertaines et trop conjecturales pour avoir la moindre autorité. Ces machines cependant étaient de dimensions différentes et appelées majores et minores (Liv. xxvi, 47). Quelques-unes servaient comme machines de campagne : elles étaient placées sur des voitures et tirées par des chevaux ou des mulets, de telle sorte qu'on les pouvait facilement transporter sur tous les points du champ de bataille; de là leur nom de Carrobal listas : on en voit une représentée sur la colonne de Marc-Aurèle. Nous
BALUSTARIUH.
l'avons donnée à ce mot : elle |M)urra montrer à peu près à quoi ressemblaient ces machines ; mais les détails en sont trop imparfaits et trop défectueux pour faire parfaitement comprendre le principe même d'après lequel elles étaient construites.
BALLISTARIUM ou BALISTARIUM.
Arsenal ou magasin dans lequel on gardait les balUstx (Plaut. Pœn. l, 1 , 74).
BALLISTARIUS ou BALISTARIUS.
Soldat qui servait et manœuvrait la balliste ; il était rangé parmi les troupes armées à la légère ( Ammiaa. XVI, 2, 5 ; Veget. Mil. ii, 2).
BALNEiE: voy. Balixe^.
BALNEARIA. Ce mot servait pour exprimer collectivement tous les ustensiles, les vases et les objets nécessaires qu'on employait dans un bain , tels que les strigiles, l'huile, les parfums, les serviettes, etc. (Apul. Met. m, p. 51; cf.
Lamprid. Alex. SevA2; Paul. Dig. 34, 2,33).
2. Corps de bains ou pièces où l'on prend un bain(Cic. ad Q. Fr. III, 1, 1). Voy. Baline^ et Balinevh.
BALNEARIUS (sous-entendu fur. Catull. XXXIII, 1 ). Individu qui faisait métier d'aller voler, dans les bains publics, les vêtements des pauvres gens qui n'avaient pas d'esclaves à eux pour les garder pendant qu'ils prenaient le bain. A Rome, en effet, tout le monde était obligé parla loi de dépouiller ses vêtements dans V apodjterium avant de pouvoir entrer dans les pièces des bains ( Cic. Cœl. 2G) : c'était pour empêcher qu'on ne pût dérober les ustensiles de l'établissement et les cacher sous ses vêtements.
BALNEATOR. Celui qui était chargé de la garde des bains (Cic. Cœl. 26).
BALNEATRIX. Femme propriétaire de bains ou chargée dans un bain de la surveillance du côté des femmes ( Petr. ap. Serv. yfirt. XII, 169).
BALNEU.V1. Voy. Balinecm.
BALTEARIUS. Maître ou garde des baudriers [baltei), oflicier de la maison impériale , dont la fonction était de soigner et de conserver dans la garde-robe ces objets d'utilité et de parure ( Inscript.
ap. Reines, cl. 8, n. 69; Spon. Miscell. Erud. Ânt. p. 263).
BALTëOLUS, diminutif deBALTECS.
BALTEUS ou BALTEUM (atXajjLwv).
Baudrier passé sur une épaule et sous l'autre pour suspendre l'épée , de la même façon que nos soldats portent les armes qu'ils ont au côté (Quint. XI, 3, 140). Il était attaché sur le devant par une boucle (Virg. JEn. y, 314), et souvent enrichi de clous d'or (bullœ) ou de pierres précieuses ( Virg. /. c. ). On peut voir distinctement ces détails dans la gravure, prise d'un trophée de Rome, qu'on appelle communément trophée de Marias, mais qui appartient, en réalité, à l'époque de Trajan.
2. Les soldats grecs de l'âge homérique se servaient d'un baudrier semblable pour porter leurs boucliers ; ils en portaient deux en même temps (Hom.
3. On se servait encore d'un baudrier semblable , qu'on désignait aussi par le même nom , pour suspendre un carquois sur les épaules ( Virg. ^n. v, 313 ; Nemes. Cjneg. 91 ), ou un instrument de musique, comme une lyre ou une guitare, au cou ( Apul. Flor. ii, 15,2). Voy. les gravures, aux mots Pharetratds, 3 , et Lyristria , qui présentent des baudriers employés de ces deux façons.
4. Baudrier ou bandeau de parure, décoré parfois de clous d'or et d'argent ou de broderies, qu'on plaçait autour du cou et du poitrail d'un cheval, au-dessous du monde ou sous-gorge, et auquel on attachait souvent des gielots.
( Apul. Met X, p.
224). La figure rijointe est prise d'un vase d'argile ; comparez celle du mot TlPiTlNNABCLATCS, qui est plus simple et
BAPTI8TEBIUM.
qui représente un grelot suspendu au baudrier.
6. Ce mot désigne moins exactement , surtout chez les poètes, un ceinturon (Lucan. II, 361; Sil. Ital. x, 181, Cf. Cmgulum) , ou encore une sangle passée autourdu corps d'un cheval (Claud. Ep. xxi et XX. Voy. Cingula).
(î. Large bande plate dans la sphère , qui contient les douze signes du zodia-
que et représente la course du soleil qui les traverse (Manilius, m, 334), comme on le voit par la gravure , qui est copiée d'une peinture de Pompéi.