SPECULUM
le spécimen, d'après un original découvert dans un tombeau romain , et qu'il dut son nom à la ressemblance qu'il avait avec une branche de palmier laissant pendre la spatha qui contient la fleur et le fruit.
SPECILLUM ( ji^^Yi ). Sonde de chirurgien, instrument que l'on introduit dans la cavité de certains organes , pour
découvrir la cause cacliée de quelque mal, ou dans le trajet des plaies, des fistules, etc., pour en reconnaître l'état (Cic. .V. D. m, 22; Celsus , vu, 8) VI, 9 ). La figure est copiée d'une sonde antique en fer, longue de 0'",162, que l'on a trouvée à Pompéi, dans la maison d'un chirurgien.
SPECULA (axoTtid,- (Txou^). Tour d'observation , au haut de laquelle veillaient toujours des gardes pour surveiller les environs et transmettre des signaux (Varro, L. L. VI, 82 ; Liv. xxii, 19; Cic, Ad Fam. iv, 3 ; ferr. il, 5, 35). La gravure représente, d'après une
peinture de Pompéi , une côte, avec cinq tours d'observation situées sur autant d'éniinences, et ressemblant fort à celles dont sont maintenant garnies les côtes italiennes de la Méditerranée.
SPECULARIA. Carreaux, faits de plaques minces de talc [lapis specularis), substance transparente, que les anciens, avant l'invention du verre, employaient soit pour garnir les châssis d'une fenêtre (Senec. Ep. 90, et 8C; Q. N. iv, 13), soit pour couvrir des serres, des couches,
etc. ( Plin. H. N. XIX, 23 ; Columell. XI, 3, 52).
SPECULATORES. Terme par lequel on désigne en général tous ceux qui jouaient le rôle d'éclaireurs ou d'espions (Liv. XXII, 33 ; Sali. Jug. 114), mais plus particulièrement un petit nombre d'hommes attachés à chaque légion romaine (Tac. Hist. I, 25; Hirt. B. Uisp. 13; Inscript, ap. Grut. 520, 5 ; Appian. B. C. V, 132), dont le devoir était de se procurer des renseignements sur le nombre et les mouvements de l'ennemi , et d'agir comme aides-de-camp du général, pour transmettre ses ordres aux différents corps de l'armée (Hirt. B. Afr. 31 ).
2. Sous l'empire, on donnait ce nom à un corps d'hommes d'élite uniquement attachés à la personne du prince, qui lui servaient de gardes et marchaient devant lui (Tac. Hist.
1,24; II, 11; Suet.
CalAkyClaud.^b).
Ils étaient armés d'une lance {lancea, Suet. /. c. ; Gale.
18 ; ils sont souvent représentés sur les colonnes Trajane et
Antonine , accompagnant l'empereur ou montant la garde devant sa tente , comme on le voit dans la gravure.
SPECULUM (êvoTtxpov, xâxoTtTpov ).
Miroir, fait primitivement d'un métal blanc formé d'un alliage de cuivre et d'étaia (Plin. B. N. xxxiii, 45 ), puis d'argent
(Plin. /. c; Plant. 7^foJ^ 1. 3, 111), métal
SPICULUH.
moins cassant que cet alliage. On conservait à la surface métallique son poli et son brillant au moyen de poudre de pierreponce, que l'on étendait avec une éponge ordinairement attachée au cadre du miroir par un petit cordon. Le verre servit aussi , à une époque plus rapprochée de nous, pour miroirs. La gravure représente deux miroirs antiques eu argent , trouvés tous deux à Pompéi, l'un de forme circulaire, et c'était là le plus ordinairement employé, avec un manche court pour le tenir quand on s'en servait, comme le montre la figure de femme, d'après une peinture conservée dans la même ville ; l'autre , en forme de carré long, était destiné à être tenu par une esclave devant sa maîtresse, tandis que d'autres esclaves faisaient sa toilette , scène qui est souvent représentée sur les vases grecs et autres œuvres d'art ; mais les miroirs des anciens n'étaient jamais fixés sur une toilette, comme le sont souvent ceux des modernes.
2. Miroir (Plin. H. N.xxx\i, G6), garni par derrière de plomb et d'étain (Beckman, History of Inventions, vol. Il, pp. 69-76), et employé comme décoration d'appartement , de la même manière que nos trumeaux; il était aussi haut qu'un homme (Senec. Q. N . I, 17), tantôt fixé d'une manière permanente au mur ( Ulp. Dig. 34, 2, 12, 8 ), tantôt disposé de manière à pouvoir être levé et baissé comme un châssis de fenêtre (Vitruv. IX, 8, 2).
SPECUS (oTOo;). Proprement, cave ou caverne ; par suite, on transporta ce mot au canal sombre et couvert qui servait à
dans la gravure, qui représente une partie de l'aqueduc d'Alexandre encore subsistante à Rome. Cette galerie était tantôt creusée à travers une colline, tantôt portée sur un ou plusieurs rangs d'arches, suivant que l'exigeait le niveau de la source ou les ondulations plus ou moins marquées du terrain ; dans quelques cas, deux et jusqu'à trois de ces galeries étaient portées l'une au-dessus de l'autre , par le même rang d'arches.
SPH^RISTERIUM ( ffçaipiax^piov).
Appartement pour jouer à la balle , qui était attaché aux gymnasia , titermœ, et autres endroits publics, ainsi qu'aux maisons des riches particuliers ; et, comme ceux qui jouaient ce jeu étaient ordinairement dépouillés de leurs vêtements, souvent cette salle était chauffée par des tuyaux de calorifère ( liypocausis ) qui couraient sous le plancher (Plin. Ep. il, 17, \2; y, 6, 27 ; Suet. Fesp. 20 ; Lamprid. Alex. Sev. 30).
SPHiEROMACHIA ( «rcpaipotxaxîa ).
Défi et lutte au jeu de balle ( Senec. Ep, 80 ; Stat. Silv. iv, Prmf.).
SPICA TESTACEA. Brique oblongue qu'employaient les Romains pour faire des planchers (Vitruv. vil, 1, 5), ainsi nommée parce que ces briques étaient disposées de manière à imiter l'arrangement des grains dans un épi de blé [spica), comme le montre le spécimen ci-joint,
conduire l'eau dans un aqueduc ( Front. Aq. 17, 21, 91 ; Vitruv. viii, 7 ), comme le montre la portion marquée A
d'après un plancher antique conservé dans les Thermes de Titus. On appelait les dessins de ce genre spicata testacea (Vitruv.
VII, 1,4; Plin. H. N. xxxvi, 62); ce qui correspond à ce que les Italiens modernes nomment spina di pesce, frappés de la ressemblance qu'il présente avec la disposition des os d'un poisson venant se rattacher à l'épine dorsale.
SPICULUM ( Aôyx^ )• Le fer barbelé d'une flèche ou d'une lance ( Ov. Met,
VIII, 375; Hor. Od. i, 15, 17 ; Celsus, VII, 5, 2; Ammian. XXV, 1, 13), qui
âPIRA.
présente plusieurs pointes semblables aux barbes d'un épi (spica), comme ou le voit dans le spécimen cijoint, d'après l'arc de Constantin. De là vient que le mot grec et le mot latin sont souvent employés au pluriel pour désigner la pointe avec toutes ses barbes.
2. Plus tard, spiculnm devint synonyme de PiLCM (Veg. Mil. n, 15.)
3. (aaupwTïip, oOptaxo;, ctûpaÇ). La pointe qui garnissait le gros bout, la poignée d'une lance (Gloss. Vet. ap. Alstorp.
^ — -r^Jpnj^
de Hast. p. 68), qui servait à la ficher en terre (Virg. JEn. xil, 130), ou dont on pouvait se servir comme d'une arme offensive, si la véritable pointe (cuspis) venait à se trouver endommagée ou brisée (Polyb. VI, 25). Nous n'avons, pour donner ce sens au mot latin, d'autre autorité que celle du glossaire cité ci-dessus ; mais les noms grecs sont parfaitement authentiques, ainsi que l'objet qu'ils désignent , représenté par la figure supérieure de la gravure , d'après un vase peint, tandis que celle d'en bas nous montre la lance tout entière, avec sa véritable pointe à gauche , et son manche pointu à droite. Dans les premiers temps de Rome, la lance romaine n'était pas munie de cette pièce additionnelle; les Romains l'adoptèrent par suite de fréquents rapports avec les Grecs ( Polyb. /. c.) ; c'est ce qui peut-être explique comment il n'y avait pas dans la langue romaine un mot spécial pour la désigner.
SPINA (Cassiodor. f^ar. Ep. lll, 51 ; Schol. Vet. ad Juv. Sat. vi, 588) ; long mur bas qui s'étendait au milieu d'un cirque dans les trois quarts environ de sa longueur, et qui devait son nom à l'analogie qu'il y avait eutre sa position dans l'arène et celle de l'épine dorsale dans le corps des animaux. La j/j/na servait à déterminer la longueur de la course et à empêcher les chars de se heurter face à face : ils devaient en faire sept fois le tour. Les bornes {metx), autour desquelles ils
tournaient, étaient placées à une très-petite distance des deux extrémités de la spina, et ce mur, dans toute sa longueur était
décoré à son sommet de différents ornements, d'un obélisque au centre, de statues de divinités, d'un autel, de colonnes sur lesquelles on élevait des œufs ( ova curriculorum) et des dauphins {delphinoruni columnœ) qui devaient annoncer aux spectateurs à chaque moment le nombre des tours déjà faits. La réunion de tous ces détails d'architecture se trouve dans la gravure ci-jointe, d'après une pierre gravée qui représente une élévation de la spina, avec un côté de l'arène et les chars qui y disputent le prix de la course.
Quant à la position qu'elle occupait et à la longueur qu'elle avait relativement au reste de l'édifice , on les trouvera, eu se reportant au plan du Cirque de Caracalla, au mot CiRCCS; la spina y est marquée B.
SPlNTHER((j(piY)ta:Qp). Espèce particulière de bracelet que les femmes portaient au bras gauche (Festus, s. a».) ; ce bracelet était en or (Plant. Men. m, 3, 7), et n'avait pas de cadenas ; il restait en place sur le bras de celle qui le portait, par sa propie élasticité et la pression qu'il exerçait sur les chairs. Ce fut de celte particularité que lui vint son nom , par allusion au muscle constricteur appelé sphincter.
La gravure est tirée d'un original en or, qui possède toute l'élasticité dont nous avons parlé.
SPIRA (ffitelpa). Courbe qui forme ime succession de replis et d'entrelacements ; d'où les sens particuliers suivants :