‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 5 sur 327 · Ruche (Plin. H. N. 13). Voy. Al · texte numérisé non relu

Ruche (Plin. H. N. 13). Voy. Al

ALVUS, comme ALVEARE (Varr. Columell. Plin.).

AMANUENSIS ( ()iioYpa9£Uî). Esclave ou affranchi employé comme secrétaire pour écrire les lettres que lui dictait son patron (Suet. Tït. 3).

AMAZON ( 'A(i.aî;wv). Amazone, guerrière Scythe , dont l'armure se composait d'un casque, d'un bouclier d'une forme particulière, appelé pelta , d'un arc et des flèches, d'une épée et d'une hache à deux tranchants (bipennis) ; on voit tous ces accessoires dans la gravure prise d'un sai'cophage du musée du Capilole à Rome.

Ou fait venir ordinairement ce nom de {jtaÇô;, parce que les Amazones se brûlaient , dit-on , la mamelle droite afin qu'elle ne les gênât point dans l'emploi de leurs armes; mais c'est là une pure fiction des grammairiens, car elles sont toujours représentées dans les œuvres de l'art antique aussi parfaites que les autres femmes (Voir la gravure suivante).

Souvent aussi on représente les Amazones à cheval : dans ce cas elles sont armées d'une lance , comme la cavalerie

ordinaire des autres nations (Voy. la gra-

vure, tirée d'un vase d'argile).

AMBIVIUM (âiiçoSo;). Route ou rue qui tourne autour d'une place (Varro ap. Non. V. Equisones; Aristoph. Fragm.

AMBRICES. Lattes transversales (/egulœ) introduites entre les chevrons et les tuiles d'une toiture (Festus, i. -v.).

AMBUBAIiE. Musicienneset chanteuses d'origine syrienne qui fréquentaient le cirque et les places où s'assemblait le peuple , et qui vivaient de leur musique et de la prostitution (Suet. Nero, 27 ; Hor. Sat. i, 2, 1 ; cf. Juv. m, 65 ).

AMENTO. Jeter une lance ou une javeline à l'aide d'une courroie {amentum) qui y est attachée. D'après les passages cités ci-dessous , il semble qu'on mettait les doigts entre les extrémités de la courroie et qu'on faisait ainsi tourner le trait par un mouvement rapide avant de le lancer. Mais il n'y a pas d'neuvre connue de l'antiquité où soit représentée cette action (Lucan. vi, 221 ; cf. Ovid. Met. XII, 321 ; Cic. de Orat. i, 57).

AMENTUM (tô â!X[j.a twv àxovxitov, Beier. ad Cic. Jmic. 27). Courroie attachée au bois d'une lance ou d'une javeline, vers le centre de gravité, pour

lui donner une plus grande force quand on la jette (Liv. xxxvii, 41; Ovid. i^/<?^ XII, 221; Sil. liai, iv, 14). La figure est prise d'un des vases d'argile de sir W. Hamilton. Dans la célèbre mosaïque de Pompéi qui représente , à ce qu'on croit, la bataille d'Issus , on voit à terre une lance brisée avec un accessoire analogue.

AMICTt'S.

2. Courroie ou lanière, par laquelle les solex, crepidœ et chaussures analogues étaient attachées au pied (Festus, s. v.), comme dans le modèle, pris d'une statue de marbre à Home, où Vamentum est marqué par la large courroie qui passe au-dessus du cou-de-pied, et par les brides {ansx) ûxées aux côtés de la semelle.

Pline mentionne une statue assise de Cornélie, la mère desGracques, qui était remarquable parce qu'elle n'avait sous le pied qu'une semelle sans courroie pour l'attacher ( soleis sine amento insignis , H. N. xxxiv, 14). On remarque souvent dans les peintures de Pompéi l'absence de courroies; il ne faut l'attribuer qu'au caprice ou à l'inadvertance des artistes. AM ICTUS. Terme général pour tous les vêtements dé dessus dans lesquels la jiersonne s'enveloppait réellement (d'amicire), par opposition. aux vêtements de dessous que l'on mettait (induere) ; il comprenait par conséquent Togo, Pallium , Sagum , Aboi la, Paludamentum, etc.

(Virg. JEn. v, 421 ; Quint. XI, 3, 137. Voy. Indctcs). Les deux figures ici représentées , d'après des ouvrages étrusques , expliqueront distinctement le sens

de ce terme. Celle qui est debout commence justement à se couvrir de son amlcttu , pièce ample d'étoffe ; un côté est déjà passé par derrière sur le bras et l'épaule gauche du personnage, pendant qu'il glisse son coude droit sous l'autre

côté pour le ramener à son cou ; les deux extrémités pendront alors sur le devant, comme on le voit par la figure à main gauche, au mot Anaboli dm. Il prendra ensuite le côté droit, le tirera sur sa poitrine , et en portera l'extrémité sur son épaule gauche , de manière à envelopper complètement la partie supérieure du corps ; on le voit dans la figure du personnage assis , qui est amictus pallia ( Cic. de Orat. III, 32).

AMICULUM. Diminutif d'AMiCTUS, comprenant tous les vêtements de dessus, plus petits et plus fins, employés par les hommes et les femmes; on les disposait de la façon que nous avons expliquée au mot précédent ; c'étaient , par exemple, Chîamjs, Sagulum, et aussi le Flammeum des fiancées (Festus, s. v.

Corolla ).

AMITES. Couple de brancards : ce mot s'a|>pliquait particulièrement aux deux longues perches , comme celles d'une chaise à porteurs, qui s'avançaient en saillie par devant et par derrière une basterna, et formaient deux couples de brancards pour les bêtes qui portaient la

chaise (Pallad. VU, 2, 3). La figure représente une voiture commune dans plusieurs parties de l'Europe pendant le moyen âge; elle n'est prise d'aucun modèle grec ou romain connu , mais nous l'avons donnée parce qu'elle toffre à l'œil une invention tout à fait semblable à celle que mentionne Palladius(Voy. B.4.S- TERNA).

2. Fortes perches de bois, placées horizontalement entre deux poteaux verticaux : on en faisait une sorte de barrière pour retenir le bétail dans ses enceintes (ColumelL ix, 1,3).

3. Deux tringles parallèles sur lesquelles est étendu chaque côté d'un filet à glace quand on le déploie sur le sol, et qui le lèvent et le ferment sur l'oiseau ,

AMITES.

AHPHITHEAXBCM.

loi-squ'il descend entre elles. De là ce mot peut aussi s'appliquer au filet luimême (Pallad. Vill , 12; Horat. Epod.

Il est hors de doute que les anciens connaissaient les filets à glace ; on en voit représentés sur les tombes égyptiennes et construits précisément sur le même plan que ceux dont se servent maintenant les oiseleurs (Wilkinson's yincient Egjptians, vol. III, p. 37). Il y est fait distinctement allusion dans Plante (As. i,

3, 61-72), et dans Manilins (y^str. v, 371-373), où il décrit les différentes manières de prendre les oiseaux : ^ut nido captare suo, ramove sedentem, Pasceiitemve super surgentia ducere lina (le saisir ou dans son nid ou perché sur une branche ; ou bien encore , pendant qu'il becqueté les graines, tirer sur lui les filets qui se lèvent ). Dans ce passage , les derniers mots désignent de la façon la plus expressive le filet qui se lève sur l'oiseau becquetant les graines que le chasseur a jetées sur le sol (area) entre les tringles, ainsi que le décrit Plante. Enfin Palladius(/. c.)dit qu'on se servait, en même temps que des amites, d'un hibou jiour api^au ; les Italiens modernes l'emploient encore à cet usage. Toutes ces circonstances semblent suffisantes pour autoriser l'explication que nous avons donnée. Il ne faut pas dissimuler cependant que Festus (s. v.) et le scboliasle d'Horace (Le.) font de ce mot un synonyme d'ancones on de -varie, et l'expliquent par la glose furculx aucupatoriœ ; en cela ils sont suivis par Doering, Orelli et la plupart des commentateurs. Mais il est peu probable que les Romains eussent inventé trois mots différents pour exprimer une seule et même chose ; il n'est pas non plus facile de concevoir comment des oiseaux auraient été pris dans des filets élevés au haut de perches sur lesquels ils pouvaient si facilement passer dans leur vol. Il ne faut pas enfin négliger |>our ce mot l'analogie qui ressort de la comparaison de ses autres sens : ceuxci, en effet, s'appliquent à des perches placées dans une position horizontale et parallèle, par opposition à celles qui sont verticales ou plantées dans le sol.

AMPHIMALLUM (àusi>aVAov). Étoffe de laine épaisse et giossiére, ayant un long poil des deux côtés du tissu ; c'est de là que lui venait son nom. Un s'en, servait \to\\v tapis , pour vêlements de dessus dans les temps t rès-f ro ids ; el le semble avoir été, primitivement du moins , de fabrique étrangère , car elle ne fut pas connue à Rome jusqu'au temps de Pline rAncien(Plin.

H. N. viu, 73), et y fut introduite probablement de la Germanie. Elle est représentée dans un des trophées élevés par les soldats de Marc-Aurèle, après une défaite des Germains, sur la colonne de cet empereur; c'est de là qu'est prise la gravure. On remarquera , là où les bords sont retournés, que le long poil est le même en dedans qu'eu dehors.

AMPHIPROSTYLOS(à|i(pt7tpôaTuXo:).

Ce mot s'applique aux temples ou à tous les autres édifices qui ont un portique ouvert, avançant eu saillie au delà de la cella on corps principal du bâtiment , aux deux extrémi-

lés , sur la façade et aux derrières ainsi qu'on le voit dans le plan ci-joint (Vitr. ai, 2, 4).

AMPHITAPUS (à(i?{Ta7io;). Ce mot désigne une espèce particulière d'étoffe qui, comme Vamphimallum, avait un poil des deux cotés , mais qui était d'un tissu plus fin (Athen. v, 2G), et probablement de fabri([ue orientale. Il y avait certainement entre ces deux étoffes une distinction ; car les amphimalla furent inconnus à Rome jusqu'au temps de Pline , taiulis que les amphitapa sont mentionnés par Luciliiis el par Varron ap. Non. s. v.

AMPHITHEATRUM ( à(i.çi6£axpov ).

Amphithéâtre, primitivement construit pour le s])ectacle des combats de gladiateurs , mais employé par occasion pour les autres espèces de spectacles.

AMPHITHRATRCM.

AMPHITBEATRUM.

L'extérieur était toiijours formé par une muraille ovale, partagée en un ou plusieurs étages d'arcades, suivant la

grandeur de l'édifice , et décorée de colonnes, de pilastres, etc., suivant le goût de l'architecte. On le voit par la gravure qui représente le mur extérieur d'un amphitliéâtre encore parfaitement conservé à Pola, en Istrie.

L'intérieur formait comme une cavité

elliptique (cncea) , entourée pour les spectateurs de sièges qui s'élevaient en gradins l'un au-dessus de l'autre; il «tait divisé en ses parties principales ainsi qu'il suit : Varena, au fond , espace plat et ovale au centre de l'édifice, où luttaient les combattants ; le podium , galerie élevée qui enveloppait immédiatement l'arena , réservée par les sénateurs et les personnages de marque; gradus, les cercles de sièges occupés par le public, qui, lorsque l'édifice était grandiose, étaient partagés en deux ou plusieurs étages, appelés mxniana, par de vastes paliers (prxcinctiones) et des murs élevés verticalement {haltei)', ils étaient divisés en compartiments semblables à

un triangle renversé ou h un coin (ciinei) par des escaliers (scalte) qui commuui- ([uaient avec les avenues d'entrée et de

sortie ( Tomiloria ) dans la carcasse de l'édifice. Au-dessus était nue galerie couverte pour les femmes. On jieut apercevoir

AHPHITHEATBUM.

tous ces points dans la gravure suivante , qui représente l'intérieur de l'amphithéâtre de Pompéi tel qu'il existe maintenant ; mais, comme notre dessin est nécessairement fait sur une échelle très-réduite et que les parties qui ont été dévastées s'y distinguent mal, on le comprendra mieux en recourant au plan qui va suivre et qui donne une coupe et une élévation restaurées d'une partie de l'amphithéâtre de Pola par le chanoine Pietro Slancovich (yinfiteatro di Pola, tav. 4) : tout y détaillé avec plus de perfection. Les spectateurs pénétraient dans le théâtre par les arcades du rez-de-chaussée à main gauche de la gravure. A, est le podium , qu'on ahorde par un petit escalier qui déhouche du troisième corridor ou corridor intérieur, au centre de la gravure ; ce podium est élevé au-dessus de l'arène par un mur nu, surmonté d'une balustrade sous laquelle on voit une des portes par lesquelles les bêtes sauvages ou les combattants entraient dans l'arène. L'escalier qui commence immédiatement à l'entrée de p!ain-pied conduit directement au premier mxnianum (1), où le spectateur arrivait par les ouvertures (a'owiVoria) B : il descendait alors les degrés qui partagent les rangées de sièges qu'ils enferment en compartiments à forme de coin {cuneus), jusqu'à ce qu'il fût venu à la rangée particulière où son siège était réservé. Le haut mur nu, dans lequel s'ouvre l'entrée (B), est le halteus : il devait séparer les , différents mxniana, et empêcher les classes qui n'avaient droit de s'asseoir que sur les sièges supérieurs de descendre à ceux d'en bas. Un escalier d'embranchement, détournant à gauche, conduit au corridor formé par les arcades du mur extérieur ; de là il tourne à droite et même au second mxnianum (2), qui avait même entrée, même distribution que le mxuianum inférieur, et était séparé du supérieur par un autre halteus (C). D'autres escaliers, mais qu'on ne peut indiquer dans une seule coupe, conduisent de la même manière au troisième mxnianum (3), et à la galerie couverte pour les femmes qui le domine (D). Les trois arches solides , au centre de la gravure ,

construites dans le briquetage principal du bâtiment , forment une succession de corridors enfermant tout l'édifice, d'où les différents escaliers débouchent ; en même temps ils supportent les sièges de la cavea et les escaliers par lesquels les spectateurs pénétraient dans l'amphithéâtre ou le quittaient.

AMPHORA (à|i(pop£Oî). Large vaisseau de poterie , avec une anse des deux côtés du cou , et terminé en pointe : il pouvait se tenir droit si on l'enfonçait dans le sol ou rester immobile si on l'appuyait simplement à une muraille. Il servait surtout à tenir du vin en réserve ; et la petitesse de son diamètre, comparée avec sa hauteur, montre qu'il fut inventé pour contenir une grande quantité de liquide et n'occuper que peu de place. La gravure représente deux am-

phores de la forme la plus commune, l'une enfoncée dans le sol , l'autre appuyée à une muraille , telles qu'on en trouva à Pompéi ; elle montre aussi la manière dont on les transportait de place en place. Elle est prise d'un bas-relief en terre cuite qui formait l'enseigne d'un marchand de vin à Pompéi.

AMPULLA. Bouteille. Terme général qui désignait un vaisseau de toute forme ou de toute matière, mais plus exacte-

ment un vaisseau de verre , au col étroit et au corps enflé comme une vessie. De

AMPULLABIUS.

ANABOLIDM.

là ce mot a été pris figurément pour désigner un langage boursouflé (Hor.

A. P. 97). La gravure donne un spécimen de différents modèles trouvés dans des fouilles à Rome.

2. Ampulla olearla. Fiole d'huile dans laquelle on portail aux bains l'huile qu'on versait sur la strigile pour en adoucir les effets , et qu'on employait encore à d'autres usages. Cette fiole est décrite par Apulée {Flor. Il, 9, 2) exactement comme elle est représentée dans la gravure, d'après un original qui appartint d'abord à Lorenzo Pignori (De Sert', p, 84)^, avec sa forme de lentille, son col étroit et ses côtés un peu plats; lenticulari forma, tereti ambitu, pressula rotunditale.

3. Àrnpulla ruh'ida. Flacon couvert de cuir, comme nos flacons de chasse ; il était employé par des voyageurs pour conserver du vin, du vinaigre, de l'huile (Plant. Stich. Il, 1, 77; Festus, s, v. Rubida).

AMPULLARIUS. Artisan dont le métier était de couvrir de cuir des bouteilles de verre (Plaut. Rud. m , 4, 51).

AMUSSIS. Instrument employé par les maçons et les constructeurs pour s'assurer de l'égalité, de l'exactitude et de la régularité de leur ouvrage, comme la règle , l'équerre et le plomb par les charpentiers. Le sens exact de ce mot est assez douteux, car il résulte des différents passages ou il se rencontre qu'on l'appliquait également à un niveau pour s'assurer de l'égalité parfaite d'une muraille ou d'une assise de maçonnerie (Festus, s. V. Amussim et Examiissim ; Varro ap. Non. s. v. Examussim) ; à l'équerre pour vérifier un angle droit (Auson, Idyll. XVI, 10) ; au cordeau et au plomb pour garder une perpendiculaire exacte (Sisenna ap. Charis. ii, p. 178); mais, dans tous ces cas, c'est toujours le même sens général et la même idée; de quelque façon qu'on emploie ce mot, il désigne toujours un instrument qui servait à constater que l'ouvrage était fait avec exactitude et régularité. De là l'expression adamusslm ou examussim signifie exacte-

ment ^ mot à mot, d'après le cordeau et la règle (Macrob. Sat. 1,4; Aul. Gell. 1 , 4, 1).

AMUSSITATUS. Fait avec exactitude et précision , comme si l'on disait vérifié à Vamussls. De là, au figuré, dans Plaute (Mil. m, 1 , 37), exact, précis.

AMUSSIUM. Tablette de marbre dont la surface était exactement nivelée et vérifiée à Vamiissis, et sur laquelle était marquée la direction des vents. Elle était alors fixée au mur extérieur de la maison , comme un cadran , pour montrer de quel côté le vent soufflait (Vitrnv. 1 , 6, 6; Marini, ad /.).

ANABATHRUM (àvàgaôpov). Généralement, toute rangée de sièges qui s'élèvent l'un au-dessus de l'autre comme dans un escalier : c'était une disposition habituelle dans tons les édifices construits pour placer une nombreuse compagnie , tels que les théâtres, le Cirque, etc.

(Voy. les gravures au mot Amphitheatrum). Mais le seus exact et rigoureux du mot implique quelque chose de plus déterminé , c'est-à-dire une rangée de sièges de bois placés sur le même plan , et loués pour une occasion spéciale , comme un concert, une lecture, etc.; ils étaient rangés autour de la chambre pour une nombreuse assistance. On en use encore ainsi de nos jours pour des réunions de cette nature (Juv. Sat. vil, 46).

ANABOLIUM (àvaêôXaiov ). Expression grecque qui s'applique aux habitudes de ce peuple; mais elle est devenue un terme général , employé également par les Romains pour désigner un usage semblable à celui des Grecs ( Inscript. ap. Don. cl, 1 , n. 91). Ce mot vient du grec àva6àX).w, rejeter; on l'employait pour désigner une manière particulière de porter le pal Hum ou tout vêtement de dessus , qu'il appartînt aux hommes ou aux femmes. Elle consistait à en relever l'extrémité de manière à couvrir l'épaule (Isidor. Ori^, xix , 25, 7), comme on peut le voir par la figure de femme de la gravure ci-jointe, prise de la villa Pamfili, à Rome. La figure d'homme, o'après un vase d'argile, montre la disposition la plus simple , et nous ne l'avons

ATCACLINTEBICM.

ANALGMMA.

donnée que pour expliquer plus claireraenl commeiit on s'y prenait pour reje-

ter le manteau. On relevait le pan de ce vêlement qui tombait derrière le bras droit, on le |)assait sur la poitrine et on le jetait au haut de l'épaule gauche ; l'extrémicé pendait alors |»ar derrière, au lieu de tomber par devant; les deux bras étaient couverts , et toute la personne était plus complètement protégée contre la température. Dans ce but, on décrochait d'abord l'agitife près de la gorge, pour ada|)ter plus étroitement la draperie et on tirait tonte la couverture beaucoup plus sur le coté droit qu'on ne le voit dans notre ligure ; on avait ainsi un plus ample vêtement à jeter par-dessus l'épaule. On peut remarquer que les habitants de l'Italie ajustent aujourd'hui leurs manteaux de ces deux façons, suivant que la température est plus ou moins rigoureuse. ANACLINTKRIUM (âvaxXivcripiov ).

Dossier d'un sofa ou d'un lit de repos

pour appuyer la tête (Spart. j¥J. Ver.

6). La gravure est prise d'un bas-relief de Kome qui représente la mort de Méléagre.

ANADEMA (ivsSriJia). Bandeau pour la tête, mais plus particulièrement bandeau

sur lequel portaient le coussin et l'oreiller

de pur ornement, tel qu'en portaient les femmes et les jeunes gens chez les Grecs, par opposition à diademn , vltta, on antres bandeaux de tête qui étaient le signe de distinclionsroyales, religieuses ou honorifiques (Eur. Hippol. 83; Lucret. IV, 1 126 ; Paul. Dig. 33 , 2 , 27), La gravure est prise d'une peinture de Pompéi.

ANAGLYPTA ou A^'AGLYPHA (àvà- Y),y7rTa, àvâyAya). Objets en bas-relief : bas-relief de marbre, de métal, d'ivoire (Mart. IV, 39; Plin. ti. N. xxxill, 49).

ANAGNOSTES (àvavvoffTTic). Esclave dont la fonction était de faire la lecture à son maître dans son cabinet ou aux hôtes à table (Cic. ad Àtt. I, 12; Corn. Nep. ^//., 14; Aul. Gell. m, 10). C'était aussi une personne qui récitait au théâtre ou dans les places publiques des passages de poètes favoris (Aul. Gell. xvni, 5, 1), comme les recitatori ou spiegatori de Naples moderne.

ANALEMMA (àvàXr|(i(ia). Mot grec employé pour désigner tout ce qui sert de soutien, et particulièrement le mur, la pile ou le contre-fort qui consolide un édifice (Dion. Hal. m, 69). Le terme latin correspondant est suhslructio. Les Romains adoptèrent le mot giec pour désigner le piédestal sur lequel on élevait un cadran solaire. On le voit souvent dans les peintures et les basreliefs, et il a la forme d'un piler carré ou d'une colonne basse (Winckelm.,3/o«. ant. îned..

ANANC^UM.

ANCLABRIS.

n°' 157, 186). Vitrine, qui se sert de ce mot, l'applique incorrectement au cadrau lui-même (Vilruv. IX, 1, 1; Sclineider ad L). Dans la gravure, prise d'une cotipe d'argent trouvée à Porto d'Anzio, on n'a dessiné qu'une partie de Vanalemma, mais elle suffit pour montrer ce que c'était. Le tout se compose d'un pilastre carré haut d'environ 1 m. 52 c. avec une base à l'extrémité inférieure qui correspond à la corniche du sommet.

ANANC^EUM. Vaisseau pour contenir des liquides (Varro ap. Non. s. v, Creterra ) ; mais quelle en était la forme précise, ou l'ignore. On prend ordinairement ce vase pour une coupe d'une assez glande capacité dont on se servait dans les festins, et qu'il fallait vider d'un trait : cette explication est fondée sur l'autorité de Plante {^Rud. ii, 3, 33) ; mais la leçon est douteuse. Weise donne àva-

ANATHEMA (àvàevjtia). Mot grec qui comprend tout ce qu'on expose comme offrande votive dans un temple, un trépied, une statue, etc. : il est employé par Prudence avec une forme latine {^Psychoin. 540).

ANCILE ( àycOXiov). Bouclier sacré ♦rouvé, suivant la tradition, dans le palais de Numa , et que l'on croyait tombé du ciel. Suivant les grammairiens, il était fait de bronze : il avait une forme oblongue et ovale , mais avec une échancrure demi-circulaire de chaque côté , semblable à celle du haut de la /Je/^n (Varro, L. L. VII, 43 ; Festus, s. v.

Mamiir.), On le voit dans la pravure , prise d'une médaille d'Auguste, qui porte aussi à côté une représentation de Vapex salien. Le nom d'ancile est évidemment formé du grec ày-x-vl-n, le pli du bras; ce que les grammairiens cités ci-dessus rapportent à l'échancrure des deux côtés du l)ouclier : mais il est clair que le mot a plutôt trait à Yanse demi-circulaire (voy. Ansa et Ansatus) attachée au haut pour suspendre les boucliers à la baguette sur laquelle les Saliens les portaient dans la ville. On le voit dans le dessin ci-joint d'après une pierre gravée, où

la courbure des deux côtés est beaucoup

moins prononcée et où la forme générale s'accorde plus avec le langage d'Ovide (Fast. III, 377) : Idcjue ancile vocat, quod ah omni parte recisum est ; Quaque notes oculis , angulus omnis abest (il l'appelle ancile parce qu'il est taillé de tous côtés : les yeux n'y sauraient découvrir aucun angle). Il est difficile en effet de voir là une description de la figure que porte la médaille d'Auguste , figure qui fut probablement inventée par le dessinateur de la médaille, d'après l'étymologie admise par les antiquaires romains. Peut-être aussi l'effet du temps a-t-il modifié la forme et fait apparaître les échancrures plus distinctes et plus prononcées qu'elles ne l'étaient dans leur état primitif.

ANCLABRIS. Petite table dont on se servait dans le sacrifice comme d'un autel. On y plaçait les instruments du sacrifice aussi bien que les entrailles de la victime pour l'inspection des devins ( Festus, s. V,; id. V. Escariœ). La gravure repré-

sente une petite table trouvée à Pompéi, que l'on regarde, en raison de ses proportions et de la cavité qu'elle forme au sommet, comme ayant été employée aux usages ci-dessus indiqués. Elle a un peu plus de 0 m. 20 c. de haut; elle est un peu moins longue et a environ 0 m. 17 c. de large. Dans une des peintures de Pompéi,

AKCON.

un prêtre est représenté portant une de ces tal)les au saciiQce (Piiture di Ercolano, IV, tav. i ).

ANCON ( àyxwv ). Littéralement coude, c'est-à-dire le pli ou l'angle formé par les deux os du bras (juand ils se plient vers l'articulation du coude.

Par extension , on s'est servi de ce mot pour désigner plusieurs autres choses qui ont la même forme ou qui s'en rapprochent; et, comme cette forme implique deux parties ou côtés sépaiés, ce mot s'emploie généralement au pluriel.

1 . Branches de l'équerre ( norma ) , dont se servent les tailleurs et les charpentiers pour mesurer les angles droits ; elle était foi-mée de deux ré- \ — gies plates réunies comme l'articulation du coude (Vitruv.

III, 6, 14). Notre dessin représente une équerre ainsi formée : elle est sculptée sur un marbre sépulcral parmi plusieurs autres outils du métier de charpentier (Fabretti , /Iqitœd. 72).

2. (napwTÎç-ouî Tw ÛTtspôOpw. Inscript, dans la collection Elgin du Musée Britannique).Consoles qui soutiennent audessus d'une porte une corniche d'ornement ( liypert/irrum) ; on leur donne ordinairement la forme de la lettre S et

on les attache sous chaque extrémité de la corniche , à angle droit avec elle ( Vitr. IV, 6 , 4). La petite figure à main gauche offre une vue de côté d'une de ces consoles , prise du temple du Dio Redicolo, comme on l'appelle maintenant, près de Rome ; l'autre représente la corniche qui surmonte la porte du temple d'Hercule, à Cora, et donne une \ue de face des ancones pendant de cha- «jue côté de la corniche.

3. Crampons de bronze ou de fer dont on se servait dans les constructions , pour relier ensemble de gros blocs ou

des assises de maçonnerie (Vitruv. x, 13, 21). On les employait au lieu de mortier dans les bâtiments considérables, et ils expliquent la quantité de trous qu'on remarque dans la maçonnerie des anciens édifices, d'où l'on a retiré les crampons au moyen âge pour s'emparer du métal.

La ligure supérieure dans la gravure montre la forme d'un ancon de bronze du Colisée,et l'inférieure la manièredont on l'appliquait pour rattacher deux blocs de pierre dans le même édifice.

4. Bras d'une chaise à bras attachés aux montants qui formaient le dos et composant avec eux un angle droit comme l'équerre d'un charpentier ( Cœl. Aur. Tard.

II, 1 ). La gravure est prise d'une chaise de marbre dans un bas-relief qui était primitivement au palais du cardinal Mazzarini , à Rome.

5. Griffes ou fourches à l'extrémité des étais (rara?) dont les anciens chasseurs se servaient pour suspendre leurs filets (Grat. Cyneg. 38 ). On les enfonçait par leurs extrémités pointues dans le sol, à peu de distance l'une de l'autre, autour du lieu qu'on désirait enfermer, puis on suspendait les filets sur la fourche.

Voy. lemotVARAjOÙl'on montre la manière de placer le filet.

6. Espèce particulière de bouteille ou de vaisseau pour contenir du vin , dont on se servait dans les tavernes romaines (Paul. Dig. 33, 7, 13), et à qui, d'après leur nom, on peut supposer sans invraisemblance un col recourbé , à peu près comme une cornue. Il ne manque qu'un modèle pour confirmer cette conjecture..

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